La Résolution 1325 adoptée par le Conseil de Sécurité à sa 4213e
séance le 31 octobre 2000 portant sur «les femmes en
l’an 2000 : égalité entre les sexes, développement et paix pour le
XXIe siècle» engage «le Secrétaire général à appliquer
son plan d’action stratégique (A/49/587) prévoyant une partici-
pation accrue des femmes à la prise des décisions concernant
le règlement des conflits et les processus de paix».
Malgré les différentes déclarations et lois sur l’égalité homme/
femme (par exemple dans la Constitution de 1958 «la loi ga-
rantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à
ceux de l’homme», malgré plusieurs lois plus récentes sur la
parité, les femmes ne représentent que 25,7% en 2016 des
parlementaires français. Dans l’Europe de 327millions d’ha-
bitants, dont 51,5% de femmes, les femmes n’occupent que
25,6% des sièges des parlements nationaux. Malgré le fait
qu’au niveau mondial, depuis 2002, le taux de scolarisation
des filles dans l’enseignement supérieur a dépassé celui des
garçons, la conduite des affaires publiques et notamment tout
ce qui touche à la «sécurité» est affaire des hommes, avec
une vision guerrière des relations humaines. Un champ d’ac-
tion immense s’ouvre aux luttes des femmes appelées à prendre une
place originale avec les hommes dans les instances
gouvernementales et notamment dans les préventions et règlements
des conflits. Ces combats ne sont pas ceux des
femmes seules mais des combats menés ensemble hommes et
femmes. Comme le pouvoir partagé n’a jamais existé, il
peut se révéler très prometteur pour la société notamment pour
l’appréhension de la Paix. Gisèle Halimi confie : «Et que dit
l’histoire ? L’avancée des femmes a toujours renforcé la démocratie».
«Le corps des femmes est devenu un champ de bataille pour les
soldats des guerres d’au-
jourd’hui.» Elisabeth Rehn, co-auteur de l’ouvrage intitulé «Les
femmes, la guerre et la paix : évaluation indépen-
dante d’experts concernant les conséquences des confl its armés sur
les femmes et le rôle joué par les femmes
dans la consolidation de la paix»
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I-B-9 Le changement climatique : un réel danger pour la paix
Le réchauffement climatique, qui conduit à l’extension des déserts, au
tarissement des nappes phréatiques, à une éléva-
tion du niveau de la mer n’a rien de naturel. Il est pour une part le
résultat d’un système productiviste marqué notamment
par des conduites cupides et des pratiques irresponsables et
criminelles de non-respect de la nature. Il risque d’aggraver
la situation avec notamment une nouvelle augmentation du nombre
d’affamés et de conduire à de nouveaux conflits et de
nouvelles guerres. Le monde doit faire face à une nouvelle catégorie
de réfugiés : les «réfugiés climatiques». Les paci-
fistes du sous-continent indien expriment de fortes craintes face à ce
phénomène.
En effet, de l’avis de tous les scientifi ques aujourd’hui, le
réchauffement climatique est bien prévisible dans les 5 rapports
du GIEC et, c’est certain, il sera source d’une augmentation des
inégalités sociales et économiques et un facteur de
multiplication des menaces et des conflits sur terre.
«La paix sur terre dépend de notre capacité à protéger notre
environnement» a déclaré Wangari Muta Maathaï, prix Nobel
de la Paix en 2004. De nombreux Prix Nobel de la Paix et de
nombreuses personnalités mettent l’accent sur les relations
entre Paix et Environnement. Federico Mayer, Biologiste et ancien
Directeur de l’UNESCO, a fait remarquer très justement
«Signer des traités de paix n’aura pas grand sens quand les terres
émergées seront désertiques et les océans stériles».
Dès sa création, les Nations Unies, qui ont la responsabilité du
maintien de la paix et de la sécurité internationale, ont incité
les Etats «à ne détourner vers les armements que le minimum des
ressources humaines et économiques du monde». (article
26 de la Charte). Et pourtant, «la militarisation du monde est la cause
principale de la détérioration de nos environnements,
sur terre, en mer, et dans l’espace. Notre planète, qui mérite des
soins intensifs, est de plus en plus abîmée par ceux-là
mêmes qui s’en font les défenseurs autoproclamés : les forces
armées» (Ben Cramer : Guerre et Paix…et Écologie)
Or actuellement, la dépense par habitant est en moyenne de 250
dollars par an pour armer notre planète et environ 1,2
dollars pour la prémunir des conflits. 1800 milliards de dollars de
dépenses militaires au niveau mondial pour soi-disant
assurer sa défense ! 200 fois plus que pour l’organisation de l’ONU qui
se doit d’œuvrer pour la prévention des conflits,
8,7milliards.
Pour faire respecter les accords de la COP21 signés à Paris en 2015, il
faut trouver 100 milliards de dollars par an
jusqu’en 2030. L’ONU, quant à elle,
prévoit un budget de 3000 milliards de
dollars par an pour mettre fi n à la famine,
à la pauvreté dans le monde. (Dans les
169 objectifs qu’elle s’est fixés jusqu’en
2030, sont prévus 17 champs d’action
dont la protection de l’environnement, la
lutte contre le réchauffement climatique,
l’égalité homme-femme…
Etre en sécurité sur notre planète c’est
déjà lutter contre les catastrophes
naturelles qui ont toujours existé sans
y ajouter des catastrophes d’origine
humaine, les conflits de basse ou de
haute intensité, les guerres, qui entrent
pour une part non négligeable dans les
causes des dérèglements climatiques, de
la détérioration de notre environnement.
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En effet, les conflits et l’entraînement des armées, jamais évoqués
dans les 5 rapports du GIEC, dévastent notre terre et
détruisent les êtres vivants : dévastation des sols par l’accaparement
des terres par les armées, (par exemple, le domaine
dit «réservé» pour l’armée, 1er propriétaire foncier de France,
représente 265 000 hectares soit 0,5% du territoire national)
par le pillage des ressources naturelles et des matières premières, le
gaspillage de l’énergie, les émissions importantes de
dioxyde de carbone (un char et un avion de chasse consomment
énormément de carburant), les pollutions des eaux et des
sols, par l’utilisation de produits chimiques toxiques (et ce malgré les
traités d’interdiction), la pose de mines et déminage,
les puits de pétrole en feu…
Quelques exemples (d’après «Guerre et Paix... et écologie» de Ben
Cramer) : lors de l’Opération «Tempête du désert»
en Irak, plus d’un million de litres de pétrole ont été déversés dans le
Golfe Persique. L’extinction des incendies des puits
de pétrole a duré 6 mois et a coûté 10 milliards de dollars. Au
Vietnam entre 1961 et 1971, 80 millions de litres de produits
chimiques ont été déversés par l’armée américaine et ont détruit 3,3
millions d’hectares de terres cultivables et de forêts.
De plus, les conséquences écologiques et humanitaires dues aux
conflits ne se manifestent pas uniquement pendant un
conflit mais aussi avant et après leur déclenchement, et pas
uniquement sur le lieu des hostilités.
Avant leur déclenchement, par le coût du budget militaire au
détriment des budgets de santé, d’éducation, de recherche
civile… par les entraînements militaires de tous ordres.
Après leur déclenchement par les conséquences médicales : séquelle
physiques et psychiques chez les victimes et les
soldats, maladies et malformations génétiques sur plusieurs
générations, par les accidents dans les zones non encore
déminées, par la pollution des eaux et des terres dont souffre
l’agriculture liée au changement climatique. La pollution, elle,
n’a pas de frontières.
A cela, il faut ajouter que la puissance des armes nucléaires actuelles
est telle que l’utilisation de ces Armes de Destruction
Massive détruirait notre planète