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COURS TECHNOLOGIE PROFESSIONNELLE / BEP1- ELECTROTECHNIQUE

PROGRAMME

PARTIE : I. PRODUCTION-TRANSPORT- DISTRIBUTION

CHAP. I. PRODUCTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

CHAP. II. TRANSPORT DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

CHAP. III. DISTRIBUTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

PARTIE II. APPAREILLAGE ELECTRIQUE

CHAP. I. LES APPAREILS DE COMMANDE

CHAP. II. LES APPAREILS DE PROTECTION

CHAP. III. PROTECTION DES PERSONNES CONTRE LES CHOCS ELECTRIQUES

CHAP. IV. DESIGNATION DES CONDUCTEURS ET CABLES

CHAP.V. MODE DE POSE DES CONDUCTEURS ET CABLES

PARTIE III. REGIMES DE NEUTRE

p. 1
PARTIE I. PRODUCTION –TRANSPORT –DISTRIBUTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE
CHAP. I. PRODUCTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

1. LES SOURCES D’ENERGIE


On désigne par énergies primaires les formes d’énergie telles quelles sont captées dans la
nature. Les principales ressources énergétiques sont résumées dans le tableau suivant :

2. LES TRANSFORMATIONS DE L’ENERGIE

Les quatre formes d’énergie libre sont l’énergie rayonnante, l’énergie thermique (ou chaleur),
l’énergie mécanique (ou cinétique) et l’énergie électrique.

p. 2
3. PRODUCTION DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
1. INTRODUCTION
L’énergie électrique est un facteur essentiel de développement économique, dans tous les
pays du monde. Son importance relative s’accroit avec les progrès techniques,
l’industrialisation et le besoin de confort moderne. L’augmentation de sa production est
synonyme d’amélioration de la qualité de vie et de création de richesse. La production
d’électricité, ramenée au nombre d’habitants, est donc un bon indicateur permettant de
mesurer les écarts de développement entre les différentes régions de monde.

2. MODES DE PRODUCTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE


Une des souplesses signalées du système électrique est de pouvoir disposer de moyens de
production alimentes par les sources d’énergie les plus diverses
Les modes de production se classent en grandes catégories selon le principe de la
transformation en électricité de l’énergie primaire utilisée. Les plus courantes sont
brièvement décrites dans le schéma ci-dessous.

3. LES DIFFERENTS TYPES DE CENTRALES DE PRODUCTION D’ELECTRICITE

3.1 LES CENTRALES THERMIQUES A VAPEUR

p. 3
3.1.1 Principe de fonctionnement
Dans une centrale thermique, une chaudière chauffe de l'eau et la transforme en vapeur. L'énergie
calorifique est obtenue en brûlant le plus souvent du charbon, du pétrole ou du gaz. La chaleur dégagée
par la combustion vaporise l'eau qui atteint alors une très haute température. Cette vapeur se détend
progressivement dans les corps haute, moyenne et basse pression de la turbine avant de se liquéfier
dans le condenseur et d'être renvoyée dans le générateur de vapeur. L'énergie mécanique engendrée
par la vapeur circulant dans la turbine, entraîne l'alternateur qui la transforme en énergie électrique.
Les centrales thermiques produisent l’électricité à partir de la chaleur qui se dégage de la combustion du
charbon, du mazout ou du gaz naturel. La plupart ont une capacité comprise entre 200 MW et 2000 MW
afin de réaliser les économies d’une grosse installation. On la trouve souvent près d’une rivière ou d’un
lac, car d’énormes quantités d’eau sont requises pour refroidir et condenser la vapeur sortant des
turbine

1. Immense chaudière
2. Réservoir, contenant de l’eau et de la vapeur à haute pression..
3. Turbine haute pression (HP) qui permet une première expansion de la vapeur.
4. Turbine moyenne pression (MP) semblable à la turbine HP sauf qu’elle est plus grosse pour permettre
à la vapeur de se détendre davantage.
5. Turbine basse pression (BP
6. Condensateur qui provoque la condensation de la vapeur, grâce à la circulation d’eau froide venant de
l’extérieur et circulant dans des tubes
7. Réchauffeur. Dans cet échangeur de chaleur, une partie de la vapeur qui est passée par la turbine HP
réchauffe l’eau d’alimentation, après quoi, la vapeur se condense aussi dans le condensateur.
8. Pompe d’alimentation PR 3 R qui refoule l’eau d’alimentation contre la forte pression régnant à
l’intérieur du ballon (2) et complète ainsi le cycle thermique
9. Brûleurs provoquant la combustion du gaz, du mazout ou du charbon pulvérisé projeté à l’intérieur de
la chaudière.
10. Ventilateur soufflant l’air requis pour la combustion
11. Ventilateur aspirant les gaz brûlés qui s’échappent par la cheminée.

p. 4
3.2 LES CENTRALES NUCLEAIRES

3.2.1. Principe de fonctionnement

Les centrales nucléaires produisent l’électricité à partir de la chaleur libérée par une réaction
nucléaire. Ce phénomène est provoqué par la division du noyau d’un atome, procédé que l’on
appelle fission nucléaire. Une centrale nucléaire est identique à une centrale thermique à
vapeur, sauf que la chaudière est remplacée par un réacteur contenant le combustible nucléaire
en fission.
Une telle centrale comprend donc une turbine à vapeur, un alternateur, un condenseur, etc.

p. 5
3.3 LES CENTRALES HYDRAULIQUES

3.3.1. Principe de fonctionnement


Les centrales hydroélectriques convertissent l’énergie de l’eau en mouvement en énergie
électrique. L’énergie provenant de la chute d’une masse d’eau est tout d’abord transformée
dans une turbine hydraulique en énergie mécanique. Cette turbine entraine un alternateur
dans lequel l’énergie mécanique est transformée en énergie électrique.

3.3.2 Puissance disponible


La puissance P que met en jeu une chute d’eau, d’une hauteur h et d’un débit q est donnée
par

Le choix de l’emplacement d’une centrale hydro-électrique dépend donc de ces facteurs.

p. 6
3.3.3. Les différentes centrales hydrauliques

a) Les centrales à haute chute


Elles sont situées en montagne. L’alimentation eau des turbines s’effectue grâceà une
conduite forcée. Les turbines utilisées sont de type Pelton.

b) Les centrales de moyennes chutes : 30M < h < 300M


Elles sont situées en moyenne montagne. L’énergie par ces centrales sert à la régulation
quotidienne ou hebdomadaire de la production.
Elle utilise des turbines de types Francis

p. 7
c) Les centrales de basses chutes : h < 30M
On les appelle aussi centrales au fil de l’eau. Elles sont caractérisées par une faible chute, et un
débit important. Ces centrales fournissent de l’énergie en permanence. Elles utilisent des
turbines de type Kaplan

3.3.4. Parties principales d’une centrale hydraulique

Une centrale hydro-électrique comporte essentiellement :


 BARRAGE
Les barrages de retenue sont établis en travers du lit des rivières ils servent à concentrer les
chutes près des usines et à former des réservoirs d’emmagasinage. On peut ainsi créer des
réserves d’eau pour compenser l’insuffisance de débit pendant les périodes de sécheresse et
assurer à l’usine une alimentation en eau plus uniforme. Les barrages peuvent être en béton, en

p. 8
enrochement ou en terre. Les barrages du type poids sont les plus utilisés, ils s’opposent à la
poussée des eaux par leur masse même.
 CONDUITE D’AMENEE
Elle conduit l’eau du barrage jusqu’aux turbines. A l’extérieur de l’usine, elle est constituée par
un canal, un tunnel ou un tuyau, la partie intérieure appelée conduite forcée est en béton, en
acier ou en fonte. On dispose à l’entrée de la conduite forcée, des vannes qui permettent de
contrôler l’admission de l’eau. Ces vannes sont commandées par le régulateur de vitesse.
 CONDUITE D’ECHAPPEMENT
Après être passée dans les turbines, l’eau retourne dans la rivière par la conduite
d’échappement. Cette dernière comporte une cheminée de succion et un canal de fuite qui peut
être le lit même de la rivière.
 SALLE DE COMMANDE
Les appareils de commande et de contrôle sont groupés ensemble dans une salle d’où le
personnel peut surveiller la marche des groupes générateurs.

3.4. LES CENTRALES SOLAIRES PHOTOVOLTAIQUES

3.4.1. Principe

 Cellule photovoltaïque
La cellule photovoltaïque constitue l’élément de base des panneaux solaires
photovoltaïques, il s’agit d’un dispositif semi-conducteur à base de silicium
délivrant une tension de l’ordre de 0,5 à 0,6 V.
L’effet photovoltaïque est la création d'une force électromotrice liée à
l'absorption d'énergie lumineuse dans un solide.

p. 9
C’est le seul moyen connu actuellement pour convertir directement la lumière en
électricité.

Fig.1. Vue d’une cellule PV

Lorsqu'un photon de la lumière arrive, son énergie crée une rupture entre un
atome de silicium et un électron, modifiant les charges électriques. Les atomes,
chargés positivement, vont alors dans la zone P et les électrons, chargés
négativement, dans la zone N. Une différence de potentiel électrique, c'est-à-dire
une tension électrique, est ainsi créée. C'est ce qu'on appelle l'effet
photovoltaïque
A la surface, le contact électrique (électrode négative) est établi par la grille afin de
permettre à la lumière du soleil de passer à travers les contacts et de pénétrer
dans le silicium. Les cellules solaires sont recouvertes d’une couche antireflet qui
protège la cellule et réduit les pertes par réflexion. C’est une couche qui donne
aux cellules solaires leur aspect bleu foncé.

 Module solaire ou photovoltaïque


Association des cellules en série Les caractéristiques électriques d’une seule
cellule sont généralement insuffisantes pour alimenter les équipements
électriques.
Il faut associer les cellules en série pour obtenir une tension plus importante :
le module solaire ou panneau photovoltaïque. Un panneau photovoltaïque est
un assemblage en série de cellules permettant d'obtenir une tension de 12
volts. La puissance d'un panneau solaire est fonction de sa surface, c'est à dire
du nombre de cellules photovoltaïques. Un panneau constitué de 24 cellules
photovoltaïques va donc délivrer une tension U de 12 V, et cela quel que soit
l’ensoleillement. Mais pour faire fonctionner des appareils électriques, c’est
l’intensité I du panneau, variant en fonction de l’ensoleillement, qui va
déterminer l’énergie électrique.

p. 10
Fig. 2. Constitution d’un module PV

 Champ photovoltaïque
Un champ photovoltaïque est une association de plusieurs modules solaires.
Afin d’obtenir la tension nécessaire, les modules sont connectés en série formant ainsi
une chaine de modules appelée aussi string.

Fig. 3. Constitution d’un champ PV en trois strings


Pour augmenter le courant, les strings sont ensuite associés en parallèle.

p. 11
Fig.4. Montage de deux strings en parallèle

3.5. LES CENTRALES EOLIENNES

3.5.1. Définition
L’énergie éolienne qui doit son nom au dieu grecque responsable des vents nommé Eole, est
produite par la force exercée par le vent sur les pales d’une hélice.
Il est possible ainsi de produire deux sortes d’énergies.
Premièrement, l’hélice peut se relier à des systèmes mécaniques servant à moudre le grain ou à
pomper l’eau (il s’agit du principe des moulins à vent).
Il est aussi possible de rattacher l’hélice à un générateur transformant l’énergie mécanique en
énergie électrique.
3.5.2. Principe de fonctionnement d’une éolienne
L’éolienne, appelée aussi aérogénérateur, permet une transformation de l’énergie cinétique
produite par le vent en énergie mécanique de rotation dans le but de produire de l’électricité. Il
existe deux types d’éoliennes : certaines ont un axe horizontal, parallèle au sol, et d’autres avec
un axe vertical, perpendiculaire au sol.
L’éolienne à axe horizontal est munie de pales (généralement deux ou trois) qui tournent dans
un plan vertical. Ainsi l’éolienne doit s’orienter face au vent pour une bonne efficacité. Les pales
des éoliennes à axe vertical tournent quant à elles dans un plan horizontal et prennent alors le
vent plus facilement.

p. 12
Fig.5. Eolienne à axe vertical

 Avantages et inconvénients de l’éolienne à axe vertical


Avantages
 Générateur au sol
 Stabilité de la structure
 Construction simplifiée
 Peu bruyantes, plus petites et esthétiques

Inconvénients
 Résistance forte aux variations climatiques
 Démarrage à faible vitesse (Savonius)
 Rendement faible
 Masse non négligeable

p. 13
Fig. 6. Eolienne à axe horizontal

 Avantages et inconvénients de l’éolienne a axe horizontal


Avantages
 Stabilité de la structure
 Bon rendement
Inconvénients
 Bruyantes
 peu esthétiques

Fig. 7. Constitution d’une éolienne à axe horizontal

p. 14
3.6. LES CENTRALES A BIOMASSE

3.6.1. Définition

Le terme biomasse comprend une grande diversité de matières organiques, d’origine végétale
ou animale, parfois insoupçonnées. La plupart sont en fin de vie et peuvent être transformées
pour produire de l’électricité, de la chaleur ou du carburant. Il s’agit d’un gisement d’énergie
local, renouvelable et propre.
3.6.2. Principe
Les centrales à biomasse solide mettent en œuvre une combustion directe de biomasse au sein
d'une chaudière, afin de produire de la vapeur à haute température et à haute pression. Cette
vapeur entraine une turbine qui génère de l'électricité via un alternateur.
Une grande majorité des centrales à biomasse produisant de l’électricité fonctionnent en
cogénération, en valorisant l’énergie thermique contenue dans la vapeur en sortie de turbine.
L’utilisation d’un fluide de travail organique, alternative aux cycles vapeur, peut-être plus
adaptée dans certains cas d’application (température de vaporisation plus basse, etc.).
La biomasse solide regroupe le bois, les déchets de bois, les granulés et autres déchets végétaux
et animaux (graisses).
Les centrales de taille industrielle privilégient les plaquettes ou les granulés de bois comme
combustible qui facilitent le stockage et les opérations de manipulations.
3.6.3. Constitution d’une centrale biomasse

Fig. 8. Principaux éléments d’une centrale à biomasse

p. 15
3.7. LES CENTRALES GEOTHERMIQUES

,
.

ENERGIE GEOTHERMIQUE

3.7.1. Définition
L’énergie géothermique est un mot composé (du grec géo = la terre et thermie = la chaleur) qui
désigne l’énergie provenant de la chaleur naturelle présente dans la croûte terrestre et dans les
couches superficielles de la terre.
Actuellement, le développement durable s'intéresse à d'autres filières énergétiques, plus
respectueuses de l'environnement et quasiment inépuisables pour l'homme, comme la géothermie.
3.7.2. Origine de la géothermie
La chaleur de la Terre provient essentiellement (90%) de la désintégration d’éléments radioactifs
(uranium, thorium, potassium) présents dans les roches et du noyau terrestre qui génère un flux de
chaleur vers la surface.
La chaleur produite par les réactions nucléaires varie avec la composition chimique des roches
mais aussi selon l'âge des roches, raison pour laquelle les gradients géothermiques sont plus
élevés dans les plates-formes jeunes.
Plus la profondeur est grande et plus la chaleur est élevée, elle augmente en moyenne de 3,3 °C
tous les 100 m, mais ces valeurs peuvent être nettement supérieures dans certaines zones
instables du globe et même varier de façon importante dans des zones continentales stables.

p. 16
CHAPITRE II. TRANSPORT DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

II.1 Introduction.
Après avoir étudié les principes de bases de la production d’énergie électrique, on va passer à
son acheminement jusqu’au consommateur final.
Intermediaire entre la Production et la Distribution, le réseau de transport d’énergie électrique
se compose de lignes et de postes haute et très haute tension permettant d’acheminer l’énergie
produite depuis les centrales vers les centres de consommation dans les conditions optimales.
Au Burkina Faso, le transport d’énergie électrique se fait en 90 000 volts, 132 000 volts et 225
000 volts.
p. 17
On distingue deux types de réseau : le réseau de transport et le réseau de distribution

Fig. 1. Schéma d’un réseau d’interconnexion

II.2. Les fonctions d’un réseau d’interconnexion


Le réseau de transport assure plusieurs fonctions :
 Il rassemble toutes les énergies électriques produites sur le territoire, il répartit
ces énergies en fonction des besoins des régions
 Il assure la sécurité de l’ensemble,
 Enfin, et de plus en plus il assure l’interconnexion avec les pays voisins.
II.3. Les lignes de transport

Une ligne aérienne haute tension compte en général 3 câbles électriques les uns à côté des
autres. Lorsqu'une ligne est composée de 6 câbles, il s'agit en fait de 2 lignes différentes
(3 câbles par ligne). Un câble supplémentaire, appelé câble de garde est généralement disposé
au-dessus de la ligne de transport et la protège de la foudre.

 Pylônes Très Haute Tension et Haute Tension

Des pylônes ou supports maintiennent ces câbles à une certaine distance du sol, de façon à
assurer la sécurité des personnes et des installations situées au voisinage des lignes.

Il existe différentes catégories et modèles de pylônes en fonction de :


- la tension ;
- l'aspect des lieux ;
- le respect de l'environnement ;
- les conditions climatiques.

p. 18
 Lignes aériennes et souterraines

Le parcours d'une ligne électrique aérienne suit rarement une ligne droite car il tient compte de
différents paramètres :

 Environnementaux : les forêts, les parcs naturels… ;


 Humains : les villages, les exploitations agricoles, etc.

Les lignes peuvent aussi être souterraines ou enfouies. La mise en souterrain des lignes de
transport présente notamment l'avantage de protéger les lignes des effets du climat (tempêtes,
chutes de neige, foudre ...) et de respecter certaines exigences environnementales.

II. 4. Utilité de transporter l’énergie électrique sous très haute tension.


Une étude sommaire montre que les pertes par effet joule dans un conducteur augmentent en
fonction du carré de l’intensité du courant y circulant. A énergie transportée constante, si on
augmente la tension, on diminue ces pertes.
Le choix d'utiliser des lignes à haute tension s'impose dès qu'il s'agit de transporter de l'énergie
électrique sur des distances supérieures à quelques kilomètres.
Le but est de réduire les chutes de tension en ligne, les pertes en ligne, et également
d'améliorer la stabilité des réseaux.
Les pertes en ligne sont dues à l'effet Joule, qui ne dépend que de deux paramètres :
la résistance et le courant (P = R. I2).
L'utilisation de la haute tension permet, à puissance transportée (P = U.I) équivalente, de
diminuer le courant et donc les pertes.
Par ailleurs, pour diminuer la résistance, aux fréquences industrielles, il n'y a que deux facteurs,
la résistivité des matériaux utilisés pour fabriquer les câbles de transport et la section de ces
câbles.
Ainsi ,le transport de l’énergie électrique sous tres haute tension présente les avantages
suivants:
- La reduction des pertes en lignes
- La reduction du coût du transport
- La reduction de la section des cables

II.5. Les différents domaines de tension des réseaux

Selon la norme CEI38, les tensions dans le réseau électrique sont classées en
trois categories:
Haute Tension (HT)
Moyenne Tension (MT)
Basse Tension (BT)

p. 19
HT (THT et HT): pour une tension composée comprise entre 40 kV et 1000 Kv. Les
valeurs normalisées sont: 45 kV - 66 kV - 110 kV - 132 kV - 150 kV - 220 kV
MT: pour une tension composée comprise entre 1000 V et 35 Kv. Les valeurs
normalisées sont: 3,3 kV - 6,6 kV - 11 kV - 22 kV - 33 kV
BT: pour une tension composée comprise entre 100 V et 1000 V Les valeurs normalisées
sont : 400 V - 690 V - 1000 V (à 50 Hz)
De nouveaux domaines de tension sont définis actuellement, et selon UTE C 18-510, ils
sont :

p. 20
CHAPITRE III. DISTRIBUTION DE L’ENERGIE ELECTRIQUE

III.1 structure d’un réseau MT

L’énergie électrique, après la production et le transport doit être distribuée pour les besoins de
consommation. Cette distribution peut se faire en réseau aérien (en zone rurale) ou en réseau
souterrain (en zone urbaine).
Le réseau de distribution s’effectue à travers des postes de transformation HTA/ BT
Ainsi on distingue différents schémas d’alimentation des postes de transformation.

1) Alimentation en simple dérivation


Elle s’effectue généralement en zone rurale en réseau aérien. En cas de défaut sur un
tronçon de câble ou dans un poste, les utilisateurs sont privés d'alimentation le temps de la
réparation.

Fig. 1 Schéma de distribution en simple dérivation


2) Alimentation en coupure d’artère ou en boucle
Il est utilisé en zone urbaine. En cas de défaut sur un tronçon de câble ou dans un poste,
on isole le tronçon en défaut par l'ouverture des 2 appareils de protection ou de
sectionnement qui l'encadrent et on ré-alimente la boucle en refermant le disjoncteur.

Fig.2. Schéma de distribution en boucle

p. 21
3) Alimentation en double dérivation
Il est utilisé pour assurer une continuité de service optimale.
En cas de défaut sur l'une des lignes, l'alimentation de l'abonné est permutée sur la
seconde. Les deux arrivées sont différentes mais peuvent être issues du même poste
source. On ne peut se connecter sur les deux arrivées en même temps’ grâce au
verrouillage mécanique présent entre A1 & A2.

[Link]éma de distribution en double dérivation

III.1.1. Lignes aériennes MT


1.1.1. Domaine d’utilisation
Les lignes ou canalisations aériennes beaucoup plus économiques que les
canalisations souterraines sont utilisées pour les réseaux d’éclairage, la
distribution en BT et MT pour le transport d’énergie en HT et THT.
1.1.2. Constitution générale

Fig.4. Différents éléments d’une ligne aérienne MT

p. 22
a) Le support ou poteau
Il existe des supports en bois, en béton et en métal. Le support en métal est historiquement le
plus courant au Burkina Faso, mais le support en bois et le support en béton sont de plus en plus
utilisés aussi. Ces supports métalliques sont surtout des profilés type H.
La distance minimale entre deux poteaux est de 45 m. en BT et MT Elle peut attendre 100 m en
fonction du relief du terrain
b) Les conducteurs
Le choix des conducteurs tient compte de la conductibilité électrique, du coût de revient en
fonctionnement, des qualités mécaniques et des qualités chimiques du matériau.
Les matériaux conducteurs utilisés pour les lignes sont:
 Le cuivre (Cu), bon conducteur mais présentement abandonné du fait de l’augmentation
progressive des sections dans la construction des lignes aériennes, ce qui le rend lourd.
 L’Aluminium (Alu) moins bon conducteur que le cuivre (2,5 fois moins) présente
l’avantage d’être plus léger. Sa tenue mécanique est plus faible, ce qui fait que sa mise
en œuvre délicate constitue une autre difficulté.
 Les alliages d’aluminium (Almélec), le recours aux alliages a permis la généralisation de
l’aluminium dans la construction des lignes de transport et de distribution. C’est
principalement un mélange d’aluminium, de magnesium et de silicium, avec un
traitement thermique spécifique permettant d’accroitre la tenue mécanique du
conducteur.
c) Les isolateurs
Ils ont un rôle de fixation des conducteurs et d’isolation protégeant contre les lignes de fuite.
Ceux-ci sont réalisés en verre, en céramique (composite), ou encore en porcelaine.
Ils ont généralement la forme d’un empilement d’assiettes avec un nombre variant selon le
niveau de tension:
- Les isolateurs rigides, constitués d’assiettes collées pouvant être utilisés en position verticale,
horizontal ou oblique;
- Les isolateurs suspendus ou chaines d’isolateurs constitués d’assiettes emboitées, offrant
l’avantage d’établir une liaison souple entre les conducteurs et leurs supports et permettant
ainsi de mieux repartir les efforts entre les portées.
d) Les armements des supports
Un armement est un ensemble d’accessoires permettant la fixation du conducteur sur un
support. Il a une fonction électrique, empêchant le contact entre les conducteurs nus et le
support et une fonction mécanique, lui permettant de résister à l’éffort du câble (poids /
pression du vent).
Ferrures, herses, matériels de fixation, etc., sont autant d’éléments qui composent l’armement.
D’une manière générale, on rencontre plusieurs types de ferrures d’armement de différentes
formes et dimensions. Ils se caractérisent par leur fonction ou par l’écartement des
conducteurs. On peut en citer:
- Les armements en nappe-voûte.
Ils sont utilisés comme armements des supports d’alignement dans les zones avec assez
d’espace, en rase campagne par exemple
- Les armements en alternés

p. 23
Ils sont généralement utilisés dans des agglomerations en system suspendu ou rigide, et
permettent de restreindre l’espace qu’occupent les conducteurs.
- Les armements en drapeau
Ils sont également utilisés dans des agglomérations près des bâtiments, en system suspendu ou
rigide, et permettent de réduire l’espace qu’occupent les conducteurs.

Fig.5. Exemples de types d’armements des supports

1.1.3. Construction d’une ligne aérienne


Pour construire une ligne aérienne on exécute les taches suivantes :
a) Le projet
A partir :
- des données électriques (tension, puissance à transporter, nature du courant)
- des données environnementales (obstacle naturel, lignes existantes, routes, rivières, voies
férrées.
- du lieu à raccorder (milieu urbain et rural
On détermine :
- le type de conducteure et les sections
- les supports utilisés et leurs accessoires
- le tracé de la ligne sur une carte à échelle
b) le piquetage ; il consiste à reporter l’emplacementdes poteaux sur le terrain
c) la préparation ; il s’agit de commander le matériel (poteau, ferrures, câble) et de
faire exécuter les travaux préparatoires tels qu’abattage d’arbres, fondation.
d) la pose des poteaux ; selon le type de poteau et les emplacements, on effectue les
travaux de levage, de réglage et de fixation de ferrures et isolateurs.
e) le montage des câbles ; il comprend le déroulage, le tirage et le réglage de la tension
des câbles en tenant compte, de la flèche.

p. 24
Calcul de la flèche d’un câble

2
f =(p × a )÷ 8 T
Avec: f – fleche en m; p – masse du cable par unites de longueur en daN/m;
a – distance entre deux poteaux en m; T- effort de traction sur la ligne en daN

cable
Poteaux

terre

Exemple : une ligne BT a une portée de 80 m. L’effort de traction maxi est de 500 daN. Le câble
torsadé comporte 3cables alu de 35mm2 et un neutre de 54,6 mm2, sa masse est de
0,65 daN/m. Calculer la flèche

III.1.2. Ligne souterraine


2.1. Domaine d’utilisation
Les lignes ou canalisations souterraines sont particulièrement utilisées dans les villes à proximité
des aérodromes et surtout chaque fois que, pour des raisons de sécurité ou d’esthétique, il n’est
pas possible d’installer d’autres types de canalisations.
2.2. Modes de pose

p. 25
2.3. Règles générales de pose
Les canalisations souterraines doivent être protégées contre les détériorations causées par :
- Le tassement des terres
- Les actions chimiques dues au sol
- Le contact des corps durs
- Le choc des outils à main
Et aussi protégées contre la proximité d’autres canalisations telles que:
- Croisement de deux câbles d’énergie 20 cm au moins
- Tracé parallèle de câbles d’énergie à 20 cm au moins
- Croisement avec câble de telecommunication20 à 40 cm
- Parcourt parallèle énergie télécom 50 cm

III.2. Structure d’un réseau BT (≤ 1000V)

Il existe différents schémas de distribution en réseau BT :


a) Schéma de distribution radiale
C’est le schéma de distribution le plus employé dans les installations industrielles
Avantages :
- Seul le circuit en défaut est mis hors service, sa localisation est facile.
- Il est possible d’effectuer des opérations d’entretien sans coupure générale
Inconvénients :

p. 26
- Un défaut sur un circuit du tableau divisionnaire affecte tous les autres circuits en aval

Fig. 6. Schéma de distribution radiale arborescente à 3 niveaux par conducteurs

b) Schema de distribution en peigne


Il est surtout utilisé pour les installations peu étendues et de faible puissance
Avantage:
Dans le cas d’un défaut autre que celui du disjoncteur general, seul le circuit en défaut
sera coupé
Inconvenient:
On se retrouve avec un grand nombre de circuits séparés, implicant de grandes
longueurs de lignes.

Fig. 7. Schéma de distribution en peigne

p. 27
c) Schéma de distribution avec alimentation de remplacement
Certains circuits appelés circuits prioritaires doivent permanemment être alimentés même en
cas de coupure du réseau ; exemple : salles d’opération, salles de laboratoires, chambres
froides, etc…
Pour pallier à cela plusieurs modes d’alimentations sont utilisés.
 Alimentation sans coupure
Elle se fait d’onduleur et de batteries de secours

redresseur ~
Circuits non prioritaires

Batteries de sécours
onduleur ~

Circuits prioritaires

Fig.8. Schéma d’une alimentation sans coupure

p. 28
 Alimentation double
Deux postes sources différentes alimentent l’installation.

Alimentation Alimentation
normale de secours

Circuits non prioritaires


Circuits non prioritaires

Circuits prioritaires

Fig. 9. Schéma d’une alimentation double

 Alimentation de remplacement par groupe électrogène

Alimentation
Groupe générale
G
alternateur

Circuits non prioritaires Circuits non prioritaires


p. 29
 Fig. 10. Schéma d’une alimentation de remplacement par groupe électrogène

p. 30

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