LES MURS
Définitions :
Définition générale (courte) :
Un mur est un élément vertical (ou quasi vertical), continu et allongé, construit pour séparer,
enfermer, protéger un espace ou reprendre/transmettre des charges. Il peut être porteur
(structurel) ou non porteur (de séparation/fermeture).
Définition technique (précise) :
En construction, un mur est un ouvrage plan qui travaille principalement en compression (et
au besoin en cisaillement), destiné à transmettre les charges verticales (poids propre,
planchers, toiture) et horizontales (vent, séisme, poussée des terres) vers les fondations ou
la structure principale. Selon sa fonction, il peut supporter le bâtiment (mur porteur/voile),
retenir un terrain (mur de soutènement) ou clore et isoler (mur de façade, mur de clôture,
mur rideau).
Les rôles des murs
1. Rôle structurel :
Supporter les charges verticales : poids de la toiture, des planchers et des étages supérieurs.
Transmettre les efforts aux fondations : assurer la stabilité globale du bâtiment.
Résister aux charges horizontales : vent, séisme, poussée de terre (pour les murs de
soutènement).
Participer au contreventement : empêcher les déformations de la structure sous l’effet des
forces latérales.
2. Rôle fonctionnel :
Séparer les espaces : murs intérieurs servant de cloisons, créant des pièces distinctes.
Délimiter les parcelles : murs de clôture, murs mitoyens entre voisins.
Canaliser ou contenir : murs de soutènement, murs de barrage ou de retenue.
3. Rôle protecteur :
Protection contre les intempéries : pluie, vent, soleil, variations de température.
Sécurité : empêcher les intrusions (murs d’enceinte).
Résistance au feu : certains murs retardent la propagation d’un incendie.
Isolation : thermique (garder la chaleur ou la fraîcheur), acoustique (réduction du bruit).
4. Rôle esthétique et architectural :
Aspect visuel : habillage, parements, couleurs, textures.
Image de solidité : un mur donne une impression de protection et de stabilité.
Création de style : murs rideaux en verre, murs décoratifs, fresques murales.
Les grands types de murs
1. Selon la fonction structurelle
Murs porteurs :
Supportent le poids des planchers, de la toiture et redistribuent les charges aux fondations.
Ex. : murs de façade porteurs, murs de refend, voiles en béton armé.
Murs non porteurs :
Ne supportent pas les charges de structure, servent surtout à séparer ou fermer un espace.
Ex. : cloisons intérieures, murs rideaux (façades vitrées).--
2. Selon la fonction spécifique
Murs de soutènement
Retiennent des masses de terre ou d’eau.
Types : mur-poids (gravité), mur en console, mur avec contreforts, mur en gabions,
palplanches.
Murs de clôture
Délimitent un terrain ou protègent une propriété.
Murs mitoyens
Partagés entre deux bâtiments ou deux propriétaires.
Murs coupe-feu
Conçus pour résister et limiter la propagation d’un incendie.
--
3. Selon la position dans l’ouvrage
Murs extérieurs (ou de façade)
Protègent contre les agressions climatiques.
Murs intérieurs
Servent de séparation ou de renforcement.
Murs de refend
Placés à l’intérieur pour soutenir et stabiliser la structure.--
4. Selon les matériaux
Mur en maçonnerie de pierre : traditionnel, durable mais lourd.
Mur en briques : bon isolant, facile à mettre en œuvre.
Mur en blocs de béton (agglo) : très répandu, économique et solide.
Mur en béton armé (banché ou préfabriqué) : haute résistance, utilisé pour les
grands ouvrages.
Mur en bois : plus léger, utilisé surtout dans les constructions écologiques ou
temporaires.
Mur métallique (acier, aluminium) : souvent sous forme de murs rideaux modernes.
Mur en verre : esthétique, apporte la lumière (ex. : façades vitrées).
Outils pour exécuter un mur
1. Outils de préparation
Pelle, pioche, houe : pour creuser les fondations.
Brouette : transport des matériaux (sable, ciment, pierres, blocs).
Seau ou bassine : transport de l’eau et du mortier.
Truelle : étaler, lisser et projeter le mortier sur les blocs ou briques.
2. Outils de mise en œuvre
Cordeau traceur : alignement du mur au sol.
Fil à plomb : vérification de la verticalité du mur.
Niveau à bulle : contrôle de l’horizontalité et de la planéité.
Équerre de maçon : vérifier les angles droits (90°).
Marteau de maçon : tailler les briques ou ajuster les blocs.
Taloche : lisser les enduits.
Règle de maçon (alu ou bois) : contrôler la rectitude du mur.
Cordeau de maçon : guider l’alignement des rangées de blocs ou briques.
3. Outils de coupe et de mélange
Tronçonneuse à disque (meuleuse) : couper blocs, briques ou ferrailles.
Bétonnière : malaxer le béton ou le mortier (sinon, mélange à la main sur aire de gâchage).
Truelle langue de chat : utile pour les petits joints et finitions.
4. Outils de sécurité et accessoires
Échafaudages ou échelles : pour travailler en hauteur.
Gants, casque, lunettes, bottes : protection individuelle.
Seaux de maçon : pour lever le mortier ou les blocs en hauteur.
En résumé, les indispensables pour monter un mur sont : truelle, niveau, fil à plomb,
cordeau, équerre, règle, Marteau de maçon + outils de préparation et de coupe.
Méthode d’exécution d’un mur
1. Implantation et préparation
Tracer l’emplacement du mur au sol avec cordeau et piquets.
Vérifier les dimensions et niveaux par rapport aux plans.
Préparer les fondations (déjà coulées ou en cours)
2. Réalisation de l’assise (soubassement)
Poser une couche de mortier sur la fondation.
Monter la première rangée de blocs/briques avec un alignement parfait (c’est la plus
importante, car elle guide Tout le mur).
Vérifier horizontalité avec le niveau.
3. Montage du mur (élévation)
Monter rangée par rangée :
Étaler le mortier avec la truelle.
Poser les blocs/briques en quinconce (croiser les joints pour la solidité).
Vérifier la verticalité avec le fil à plomb et l’aplomb avec le niveau.
Tendre un cordeau entre deux guides pour garder la rectitude.
Faire les joints verticaux en remplissant bien de mortier.
Prévoir les chaînages horizontaux (au-dessus des ouvertures, à la base et en haut du mur) et
les chaînages
Verticaux (aux angles, jonctions et extrémités).
4. Ouvertures et linteaux
Réserver les emplacements pour portes et fenêtres.
Poser un linteau en béton armé ou préfabriqué au-dessus de chaque ouverture.
Contrôler l’alignement et les dimensions des baies.
5. Élévation jusqu’au niveau prévu
Continuer l’élévation en vérifiant régulièrement :
L’aplomb (fil à plomb),
L’alignement (cordeau),
L’épaisseur des joints (uniforme, 1 à 2 cm).
Arrêter au niveau prévu (plancher, poutre, chaînage supérieur).
6. Chaînage supérieur et finitions
Réaliser le chaînage haut en béton armé (ceinture de rigidité).
Refaire les joints visibles.
Appliquer les enduits (extérieur et intérieur) ou autres revêtements.
En résumé :
Tracer → Poser l’assise → Monter en croisant les joints → Vérifier aplomb et alignement →
Poser linteaux →
Chaîner → Finir.
Méthodes d’exécution selon les types de murs
A. Mur en béton armé banché
Utilisé pour les murs porteurs et les voiles (immeubles, sous-sols, réservoirs).
Étapes :
1. Préparation :
Mettre en place l’armature (ferraillage) selon le plan d’ingénieur.
Installer des banches (coffrages métalliques ou en bois) des deux côtés.
2. Coulage du béton :
Verser le béton dans le coffrage par couches successives.
Vibrer le béton pour éviter les nids d’abeilles.
3. Cure :
Arroser le béton pendant plusieurs jours pour une bonne prise.
4. Décoffrage :
Retirer les banches une fois le béton durci (24–48 h selon le dosage).
Résultat : un mur monolithique, très solide et étanche.
B. Mur de soutènement
Conçu pour retenir des terres (talus, routes, terrasses).
Étapes :
1. Étude du sol : vérifier la poussée des terres et dimensionner le mur.
2. Fondation : réaliser une semelle large et armée pour supporter la poussée.
3. Montage :
Mur-poids (pierre, béton massif) : poser blocs/pierres en couches épaisses.
Mur en béton armé : coffrage + armatures + coulage comme un voile.
4. Drainage :
Placer des tuyaux « barbacanes » pour évacuer l’eau derrière le mur.
Prévoir un remblai drainant (graviers).
5. Finitions : talus, enduit ou parement.
Particularité : doit être lourd et bien drainé pour résister.
C. Mur rideau (façade en verre ou métal)
C’est une façade non porteuse (bâtiments modernes).
Étapes :
1. Structure porteuse : installer une ossature en aluminium ou en acier fixée à la charpente
du bâtiment.
2. Pose des panneaux : insérer des panneaux de verre ou aluminium dans les profilés.
3. Fixations : sceller avec des joints silicone, parcloses ou attaches mécaniques.
4. Contrôle : vérifier l’étanchéité à l’air et à l’eau.
Particularité : le mur rideau ne porte pas le bâtiment, il sert surtout de clôture esthétique et
isolante.
D. Mur en bois (ossature légère ou massive)
Fréquent dans les constructions écologiques et maisons préfabriquées.
Étapes :
1. Ossature : poser une charpente en bois (poteaux, montants, traverses).
2. Remplissage :
Ossature légère : panneaux OSB, contreplaqué, isolant.
Ossature massive : madriers empilés, poutres collées.
3. Fixation : clouage, vissage, collage ou chevillage.
4. Finition : bardage extérieur (bois, métal, enduit) et revêtement intérieur.
Particularité : nécessite un traitement contre l’humidité, insectes et feu.
E. Mur en pierre (traditionnel)
Encore utilisé en zones rurales ou patrimoniales.
Étapes :
1. Fondations solides (pierre ou béton).
2. Montage à sec ou au mortier :
Poser les grosses pierres en assise régulière.
Combler les vides avec petites pierres (moellons).
3. Chaînage d’angle avec pierres plus longues pour renforcer.
4. Finition : rejointoiement ou enduit à la chaux.
Particularité : esthétique et durable, mais lourd et long à exécuter.
Donc, selon le type de mur :
Maçonnerie → bloc, brique, pierre.
Béton armé → coffrage + ferraillage + coulage.
Soutènement → masse + drainage.
Rideau → ossature métallique + remplissage verre/métal.
Bois → ossature + isolant + bardage.
Conclusion
Les murs constituent des éléments fondamentaux de la construction, aussi bien sur le plan
structurel que Fonctionnel.
Ils assurent en même temps la stabilité d’un bâtiment, la séparation des espaces, la
protection contre les Agressions extérieures et la mise en valeur architecturale.
On distingue plusieurs types de murs : porteurs, non porteurs, de soutènement, de clôture,
rideaux, en bois, en béton, en pierre… Chacun répond à un rôle bien précis et nécessite une
méthode d’exécution adaptée :
Maçonnerie : élévation rangée par rangée avec mortier.
Béton armé banché : coffrage + ferraillage + coulage.
Soutènement : stabilité par le poids et drainage.
Rideau : ossature métallique et panneaux de verre/métal.
Bois ou pierre : mise en œuvre traditionnelle ou écologique.
L’exécution d’un mur exige l’usage d’outils spécialisés (truelle, niveau, fil à plomb, équerre,
cordeau, coffrage, bétonnière, etc.) et un strict respect des règles de mise en œuvre
(alignement, verticalité, chaînage, étanchéité, sécurité).
En définitive, un mur n’est pas seulement une clôture physique, mais un élément vital qui
traduit à la fois la Solidité, la sécurité et l’identité architecturale d’un ouvrage. Sa bonne
conception et sa bonne exécution conditionnent la durabilité et la qualité de toute
construction.
Biographie / Historique des murs
Depuis l’aube de l’humanité, le mur accompagne l’homme dans son besoin de se protéger
et de s’abriter. Les Tout premiers murs remontent à la Préhistoire, lorsque les hommes
utilisaient des pierres empilées à sec ou de la terre battue pour construire des abris
rudimentaires. Ces murs primitifs répondaient essentiellement au besoin de se protéger
contre les intempéries et les animaux sauvages.
À l’Antiquité, les civilisations ont perfectionné les techniques. En Égypte, les briques crues et
cuites servaient à bâtir maisons et temples, tandis que les Grecs et les Romains ont introduit
des techniques avancées de maçonnerie. Les Romains, en particulier, ont marqué l’histoire
avec l’invention du béton romain (opus caementicium), qui a permis de construire des
ouvrages gigantesques et durables tels que les aqueducs, amphithéâtres et murailles.
Durant le Moyen Âge, les murs massifs en pierre dominaient l’architecture des châteaux,
forteresses et cathédrales. Ils jouaient un rôle de défense et de structure, tout en étant un
symbole de puissance et de protection. Avec l’architecture gothique, les murs porteurs ont
évolué pour laisser place à de grandes ouvertures, renforcées par les arcs-boutants.
À la Renaissance et à l’époque moderne, la brique et la pierre taillée se sont généralisées,
permettant d’ériger des bâtiments plus harmonieux et esthétiques. Les murs sont devenus
plus fins grâce à la maîtrise des arcs et des voûtes, tout en gardant leur rôle de support.
Le XIXᵉ siècle a marqué un tournant avec la révolution industrielle et l’apparition du béton
armé, mis au point par François Hennebique. Ce matériau a permis de concevoir des murs
beaucoup plus résistants, ouvrant la voie à la construction d’immeubles de grande hauteur
et d’ouvrages d’art.
Aux XXᵉ et XXIᵉ siècles, les murs se sont modernisés. On voit apparaître les murs rideaux
(façades en verre et métal), les murs en béton préfabriqué, les murs en bois lamellé-collé et
les murs à haute performance énergétique. Aujourd’hui, le mur n’est plus seulement une
clôture physique, mais un élément technologique qui assure la stabilité, la protection,
l’isolation, la durabilité et l’esthétique des bâtiments.
Ainsi, l’histoire des murs montre qu’ils ont toujours évolué avec les besoins de l’homme et
les progrès techniques. Du simple empilement de pierres aux façades intelligentes et
écologiques d’aujourd’hui, le mur reste un élément central et incontournable de
l’architecture et de la construction.