Gina
Gina
J’étais à
mon premier cours de français de la classe de
6ème. Quelques fois, en classe, un vent très froid
et brutal venait taper mon visage noir ; lisse et
peu poussiéreuse. Il m’arrivait de me blottir
contre le mur sec ; quoique humide. Le
professeur faisait des va et vient dans la classe
tout en assurant le calme et le bon déroulement
du cours. Il y avait cependant, autour de moi
quatre garçons : Jean, Célestin, Nicolas et Gislain.
Ils discutaient d’un sujet dont je ne voulais pas
m’en mêler. Ma nouvelle voisine de table quant à
elle s’était déplacée pour se mettre au fond.
Après avoir fini de recopier le dernier item elle
me lança : « N’as- tu pas remarqué qu’il fait
froid ? Parce que moi j’ai froid ». En guise de
réponse je haussai les épaules. A la fin de l’heure
je suis rentrée en compagnie de quelque trois
camarades. Arrivée à la maison je pris du pain
avec de la confiture d’abricot. Tout à coup une
coupure de courant s’annonça. J’ai dû annuler
mon programme de télé novelas « la force du
cœur. »
Je me suis assise à la terrasse pour contempler la
cour afin de ne pas m’ennuyer. Toute muette, je
regardais : l’air qui passait ; les feuilles sèches
qui parterre se tortillaient ; le grand colatier qui
faisait des vagues avec ses feuilles vertes ; et
une soulevée de sable qui, forma une petite
colline non loin de moi. Un instant, le courant
revint et, fiouuuu, le courant se coupa. Alors en
manque de lumière ma mère sortit de grosses
lampes torches. Elle mit une au fond du couloir,
l’autre à la salle à manger, une troisième au
salon, le quatrième à la cuisine et la dernière
près de moi pendant que je m’étais
profondément endormie. A mon réveil tout était
lugubre sauf l’endroit où j’étais couchée. Peu
après papa rentra du travail. Tout à coup un
violent vent vient le bousculer comme pour
l’accueillir méchamment. Le tonnerre gronda si
fort que l’on croirait que Dieu allait descendre sur
terre. Une étonnante poussée fit presque
déraciner le grand colatier. Une goutte d’eau
tomba. Puis en voilà une seconde ; enfin tout un
ensemble de puits commencèrent à jaillir du ciel.
Pantois, mon père et moi regardèrent ce
spectacle pluvieux. Inconsciemment, mon frère
Silas se mit à crier : « la pluie va tomber,
tchokoto va déchirer et les enfants vont
danser ».Comme pour me moquer de lui
j’avançais ces quelques mots : «tu n’sais même
pas bien parler français, après c’est pour avoir
deux œufs en dictée. Je le chassais en disant :
bobbbbbb fous ton camp. »
Le courant revint avec une grande fumée au
niveau de l’onduleur de la télé. Il était grillé. Le
lendemain s’était un mardi. On dû alors prendre
celui de la chambre de mon père et ça avait
marché. Je me suis servie un bol de bouillie.
Avant même de commencer à boire mon frère
jeta mon petit déjeuner sans même s’excuser il
se mit à rire. Cela m’a énervée mais j’ai déserté
la salle à manger pour m’apprêter car je ne
voulais pas être en retard. Même si Silas est un
garçon bête ce n’était qu’un enfant. Il avait pour
réputation d’être le caïd de la maison. Jouer était
son habitude. C’est pourquoi il ne travaillait pas à
l’école. Et pour moi ces enfants sont des bombes
à retardement. Mais l’on peut encore faire
quelque chose pour eux. Il faut
malheureusement beaucoup de temps afin de
leur faire acquérir le savoir et ceci devrait être
notre préoccupation : les aider dans le but de
faire croître leur intelligence. Malgré le travail
acharné de mon père pour le faire changer il est
resté invariable. Après tout ce n’était pas comme
si il n’allait pas se ressaisir et prendre le taureau
par les cornes, devenir une personne importante.
Deux mois plus tard tout se passait toujours
normalement. Il n’y avait rien à signaler
seulement avec mes parents. Depuis un certain
moment il y avait dans la zone du restaurant de
ma mère des vols et des blessés pendant la nuit.
Par peur que ça lui arrive, elle en parla à mon
père qui n’y accorda pas trop d’importance. Plus
les jours passaient et ces crimes furent réduits ;
plus le temps passait et mes parents
commencèrent à se disputer. Quelques fois ils
venaient même aux mains. Cela m’affectait
beaucoup. J’en avais les larmes aux yeux. Par
moments il m’arrivait de vouloir m’interposer,
leur crier dessus pour qu’ils cessent. Je pleurais
tout le temps. Un jour un des clients de ma mère
insista pour la ramener parce qu’il se faisait tard.
Cette dernière ne refusa pas et n’y trouva pas
d’inconvénients puisqu’elle avait déjà peur. Le
client la déposa devant la maison. Dehors on
entendait une voiture se garer. Mon père était
curieux. A peine eut-elle mit pied au salon que
mon père lui sauta aux yeux et a voulu savoir qui
l’a déposée. Celle-ci lui dit directement que
s’était un client qui lui mettait la pression à cause
de l’heure. Père fut rassuré mais avait des
doutes. Un matin une personne confirmait que
notre mère avait une liaison avec un de ses
clients. Tout en écoutant en cachette, je n’en
croyais pas un seul mot parce que à midi et à dix-
sept heures jusqu’au soir mon petit frère et moi
étions toujours à la sortie des classes au
restaurant. Disait-elle la vérité ? Mentait-elle ?
J’étais toute muette. Je ne savais que dire face à
cette énigme troublante. J’étais embrouillée. Il
fallait que je fasse quelque chose mais je n’avais
aucune idée. Ma tête était vide. J’ai alors laissé le
temps faire ce qu’il devrait faire. Peu de temps
après mon père tomba malade. Ce jour-là, ma
sœur était en Côte-d’Ivoire. Et nous étions mon
frère et moi avec nos parents qui ne
s’entendaient guère. Père était allongé sur un
divan au salon. Ma mère n’était pas affolée, elle
ne montrait aucun signe de panique et aucun
sentiment. Cette attitude m’étonnait beaucoup.
Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. Je
pensais à l’inconcevable de la part de ma mère.
J’étais horrifiée à l’idée qu’elle le laisse mourir au
lieu de l’amener aux urgences. Le chauffeur de
mon père rapporta à ma mère qu’il l’avait déposé
à la banque et qu’il y prit de l’argent. Maman
fouilla alors dans ses poches et y découvrit cent
vingt mille francs. Alors elle alla s’habiller et
demanda à la fermière de l’aider à porter papa
jusqu’à la voiture. Le chauffeur déplaça la voiture
au niveau de la terrasse. Le trio mit papa dans la
voiture et allèrent illico presto à l’hôpital de
zone. La nuit vers les vingt et une heures ma
mère revint à la maison et prit quelques
vêtements de mon père et un coussin. En même
temps j’ai compris qu’elle ne pouvait pas rester
et que mon père non plus n’allait pas rentrer
d’aussitôt. Je n’étais du tout pas tranquille. Des
fois je demandais à notre domestique d’appeler
ma mère mais celle-ci insistait pour que je
dorme. A chaque fois que je dormais il fallait que
je cauchemarde. Je me réveillais soit par une
porte poussée par le vent ; soit par des animaux
nocturnes, des chauves-souris. Ces choses-là ne
faisaient aucun bruit. Juste pour tout dire je
réfléchissais en dormant. Puis quand j’ouvrais les
yeux… une sueur froide me parcourais les os des
pieds et remontais au cerveau, continuais. Je
frissonnais. Mes pieds ne se comptaient plus dans
mes membres. Je n’avais jamais ressenti cela.
L’on se croirait dans un film d’horreur. Je me
débattais comme si je luttais avec quelqu’un.
Rien n’a changé. Certes je vivais encore. Je
respirais toujours. Je ne rêvais pas. Je restai là,
bouche bée en attendant qu’il fasse jour. La seule
nouvelle que j’avais envie d’entendre c’est que
mon père va bien et qu’on puisse lui parler. Trois
jours se sont écroulées et aucune information par
rapport à la santé de papa. Enfin un soir à la
sortie des classes le chauffeur vint nous chercher
comme d’habitude mon frère et moi. A notre
grande surprise maman attendais qu’on rentre
pour visiter papa. A cet instant grande fut ma
joie. J’étais toute excitée à l’idée qu’on revoie
père. Lorsque nous fûmes à l’hôpital, mon Dieu
comment étais-je agitée! Je ne pouvais plus me
retenir ; tellement j’étais pressée. Dans la salle
d’attente il y avait beaucoup de personnes.
Certains riaient et d’autres souriaient quand ils
me voyaient. Mais je m’en foutais absolument.
Du moment que je revoie mon père tout irait à
merveille. Quelques personnes me crièrent qu’il
n’est guère recommandé de courir dans les
couloirs de l’hôpital. Bla bla bla taisez-vous leur
ai-je répondu. C’est vrai d’était humiliant de la
part d’une enfant. De mon côté je m’emballais les
couilles de leur règlement ou loi. C’était mon
humeur et pas la leur. De quoi s’en mêlaient-ils ?
Ma mère nous conduisit dans la chambre où
s’était installé mon père. Sans avoir eu le temps
de lui dire bonsoir, je me jetai dans ses bras tout
en le serrant fort car j’étais heureuse qu’il aille
mieux. J’y trouvai aussi ma première et ma
troisième grande sœur. Ouf quel soulagement de
retrouver toute la famille, enfin presque autour
de papa. J’appelai ça des retrouvailles. Après
avoir passé un bon et super temps avec notre
père, le chauffeur nous ramena à la maison et
rentra chez lui. Une heure après ma grande sœur
nous rejoignit. Mon frère s’était mis à courir dans
tous les sens en me raconta comment il avait
passé la soirée avec père et cela m’a comblée de
le voir aussi tant rire sauf quand je lui raconte
mes blagues. Je suis allée au salon pour regarder
la télé en compagnie de ma grande sœur. Ce fut
une sacrée journée. L’importance c’est de m’en
être sortie. Quand mon père fut sorti de l’hôpital
il nous expliqua qu’il avait eu une crise de
diabète et que ce n’était pas la première fois d’où
l’attitude aussi détendue de ma mère lorsqu’il
était tombé malade. Il n’y avait plus aucun
problème, tout était rentré dans l’ordre mais il
restait quand même un problème. Comment
réconcilier mes parents ? Dans tous les ces deux-
là semblaient être incorrigibles. Une légère
pensée me traversait la tête. La solution revenait
puis s’en allait. J’étais totalement bouleversée. La
solution revenait puis me fuyais. Je m’absentais
temporairement et je redescendais sur terre.
J’avais l’impression de devenir folle. J’ai deviné
alors un jour le moment de la fin pour ma mère. A
chaque fois qu’il y avait un souci j’imaginais
toujours l’histoire : le commencement, les débuts
et la fin. Cela devrait être un don d’anticiper ce
qui allait se passer. Comme dans un texte
narratif, chaque phase à ses caractéristiques ;
l’introduction, le corps du devoir et la conclusion.
A ce genre de phénomène ma matière grise est
entre la virtualité et la réalité. Ces éléments ne
me quittaient point. Soit je déraisonne ou je
deviens complètement folle à force de creuser. A
force de chercher cette solution qui finalement
s’est consumé. J’ai compris que ce fut ma
descente aux enfers.......
∞
Un mardi dans l’après midi
∞
Un mardi dans l’après midi
C’était le lundi de la rentrée des classes. J’étais à
mon premier cours de français de la classe de
6ème. Quelques fois, en classe, un vent très froid
et brutal venait taper mon visage noir ; lisse et
peu poussiéreuse. Il m’arrivait de me blottir
contre le mur sec ; quoique humide. Le
professeur faisait des va et vient dans la classe
tout en assurant le calme et le bon déroulement
du cours. Il y avait cependant, autour de moi
quatre garçons : Jean, Célestin, Nicolas et Gislain.
Ils discutaient d’un sujet dont je ne voulais pas
m’en mêler. Ma nouvelle voisine de table quant à
elle s’était déplacée pour se mettre au fond.
Après avoir fini de recopier le dernier item elle
me lança : « N’as- tu pas remarqué qu’il fait
froid ? Parce que moi j’ai froid ». En guise de
réponse je haussai les épaules. A la fin de l’heure
je suis rentrée en compagnie de quelque trois
camarades. Arrivée à la maison je pris du pain
avec de la confiture d’abricot. Tout à coup une
coupure de courant s’annonça. J’ai dû annuler
mon programme de télé novelas « la force du
cœur. »
Je me suis assise à la terrasse pour contempler la
cour afin de ne pas m’ennuyer. Toute muette, je
regardais : l’air qui passait ; les feuilles sèches
qui parterre se tortillaient ; le grand colatier qui
faisait des vagues avec ses feuilles vertes ; et
une soulevée de sable qui, forma une petite
colline non loin de moi. Un instant, le courant
revint et, fiouuuu, le courant se coupa. Alors en
manque de lumière ma mère sortit de grosses
lampes torches. Elle mit une au fond du couloir,
l’autre à la salle à manger, une troisième au
salon, le quatrième à la cuisine et la dernière
près de moi pendant que je m’étais
profondément endormie. A mon réveil tout était
lugubre sauf l’endroit où j’étais couchée. Peu
après papa rentra du travail. Tout à coup un
violent vent vient le bousculer comme pour
l’accueillir méchamment. Le tonnerre gronda si
fort que l’on croirait que Dieu allait descendre sur
terre. Une étonnante poussée fit presque
déraciner le grand colatier. Une goutte d’eau
tomba. Puis en voilà une seconde ; enfin tout un
ensemble de puits commencèrent à jaillir du ciel.
Pantois, mon père et moi regardèrent ce
spectacle pluvieux. Inconsciemment, mon frère
Silas se mit à crier : « la pluie va tomber,
tchokoto va déchirer et les enfants vont
danser ».Comme pour me moquer de lui
j’avançais ces quelques mots : «tu n’sais même
pas bien parler français, après c’est pour avoir
deux œufs en dictée. Je le chassais en disant :
bobbbbbb fous ton camp. »
Le courant revint avec une grande fumée au
niveau de l’onduleur de la télé. Il était grillé. Le
lendemain s’était un mardi. On dû alors prendre
celui de la chambre de mon père et ça avait
marché. Je me suis servie un bol de bouillie.
Avant même de commencer à boire mon frère
jeta mon petit déjeuner sans même s’excuser il
se mit à rire. Cela m’a énervée mais j’ai déserté
la salle à manger pour m’apprêter car je ne
voulais pas être en retard. Même si Silas est un
garçon bête ce n’était qu’un enfant. Il avait pour
réputation d’être le caïd de la maison. Jouer était
son habitude. C’est pourquoi il ne travaillait pas à
l’école. Et pour moi ces enfants sont des bombes
à retardement. Mais l’on peut encore faire
quelque chose pour eux. Il faut
malheureusement beaucoup de temps afin de
leur faire acquérir le savoir et ceci devrait être
notre préoccupation : les aider dans le but de
faire croître leur intelligence. Malgré le travail
acharné de mon père pour le faire changer il est
resté invariable. Après tout ce n’était pas comme
si il n’allait pas se ressaisir et prendre le taureau
par les cornes, devenir une personne importante.
Deux mois plus tard tout se passait toujours
normalement. Il n’y avait rien à signaler
seulement avec mes parents. Depuis un certain
moment il y avait dans la zone du restaurant de
ma mère des vols et des blessés pendant la nuit.
Par peur que ça lui arrive, elle en parla à mon
père qui n’y accorda pas trop d’importance. Plus
les jours passaient et ces crimes furent réduits ;
plus le temps passait et mes parents
commencèrent à se disputer. Quelques fois ils
venaient même aux mains. Cela m’affectait
beaucoup. J’en avais les larmes aux yeux. Par
moments il m’arrivait de vouloir m’interposer,
leur crier dessus pour qu’ils cessent. Je pleurais
tout le temps. Un jour un des clients de ma mère
insista pour la ramener parce qu’il se faisait tard.
Cette dernière ne refusa pas et n’y trouva pas
d’inconvénients puisqu’elle avait déjà peur. Le
client la déposa devant la maison. Dehors on
entendait une voiture se garer. Mon père était
curieux. A peine eut-elle mit pied au salon que
mon père lui sauta aux yeux et a voulu savoir qui
l’a déposée. Celle-ci lui dit directement que
s’était un client qui lui mettait la pression à cause
de l’heure. Père fut rassuré mais avait des
doutes. Un matin une personne confirmait que
notre mère avait une liaison avec un de ses
clients. Tout en écoutant en cachette, je n’en
croyais pas un seul mot parce que à midi et à dix-
sept heures jusqu’au soir mon petit frère et moi
étions toujours à la sortie des classes au
restaurant. Disait-elle la vérité ? Mentait-elle ?
J’étais toute muette. Je ne savais que dire face à
cette énigme troublante. J’étais embrouillée. Il
fallait que je fasse quelque chose mais je n’avais
aucune idée. Ma tête était vide. J’ai alors laissé le
temps faire ce qu’il devrait faire. Peu de temps
après mon père tomba malade. Ce jour-là, ma
sœur était en Côte-d’Ivoire. Et nous étions mon
frère et moi avec nos parents qui ne
s’entendaient guère. Père était allongé sur un
divan au salon. Ma mère n’était pas affolée, elle
ne montrait aucun signe de panique et aucun
sentiment. Cette attitude m’étonnait beaucoup.
Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. Je
pensais à l’inconcevable de la part de ma mère.
J’étais horrifiée à l’idée qu’elle le laisse mourir au
lieu de l’amener aux urgences. Le chauffeur de
mon père rapporta à ma mère qu’il l’avait déposé
à la banque et qu’il y prit de l’argent. Maman
fouilla alors dans ses poches et y découvrit cent
vingt mille francs. Alors elle alla s’habiller et
demanda à la fermière de l’aider à porter papa
jusqu’à la voiture. Le chauffeur déplaça la voiture
au niveau de la terrasse. Le trio mit papa dans la
voiture et allèrent illico presto à l’hôpital de
zone. La nuit vers les vingt et une heures ma
mère revint à la maison et prit quelques
vêtements de mon père et un coussin. En même
temps j’ai compris qu’elle ne pouvait pas rester
et que mon père non plus n’allait pas rentrer
d’aussitôt. Je n’étais du tout pas tranquille. Des
fois je demandais à notre domestique d’appeler
ma mère mais celle-ci insistait pour que je
dorme. A chaque fois que je dormais il fallait que
je cauchemarde. Je me réveillais soit par une
porte poussée par le vent ; soit par des animaux
nocturnes, des chauves-souris. Ces choses-là ne
faisaient aucun bruit. Juste pour tout dire je
réfléchissais en dormant. Puis quand j’ouvrais les
yeux… une sueur froide me parcourais les os des
pieds et remontais au cerveau, continuais. Je
frissonnais. Mes pieds ne se comptaient plus dans
mes membres. Je n’avais jamais ressenti cela.
L’on se croirait dans un film d’horreur. Je me
débattais comme si je luttais avec quelqu’un.
Rien n’a changé. Certes je vivais encore. Je
respirais toujours. Je ne rêvais pas. Je restai là,
bouche bée en attendant qu’il fasse jour. La seule
nouvelle que j’avais envie d’entendre c’est que
mon père va bien et qu’on puisse lui parler. Trois
jours se sont écroulées et aucune information par
rapport à la santé de papa. Enfin un soir à la
sortie des classes le chauffeur vint nous chercher
comme d’habitude mon frère et moi. A notre
grande surprise maman attendais qu’on rentre
pour visiter papa. A cet instant grande fut ma
joie. J’étais toute excitée à l’idée qu’on revoie
père. Lorsque nous fûmes à l’hôpital, mon Dieu
comment étais-je agitée! Je ne pouvais plus me
retenir ; tellement j’étais pressée. Dans la salle
d’attente il y avait beaucoup de personnes.
Certains riaient et d’autres souriaient quand ils
me voyaient. Mais je m’en foutais absolument.
Du moment que je revoie mon père tout irait à
merveille. Quelques personnes me crièrent qu’il
n’est guère recommandé de courir dans les
couloirs de l’hôpital. Bla bla bla taisez-vous leur
ai-je répondu. C’est vrai d’était humiliant de la
part d’une enfant. De mon côté je m’emballais les
couilles de leur règlement ou loi. C’était mon
humeur et pas la leur. De quoi s’en mêlaient-ils ?
Ma mère nous conduisit dans la chambre où
s’était installé mon père. Sans avoir eu le temps
de lui dire bonsoir, je me jetai dans ses bras tout
en le serrant fort car j’étais heureuse qu’il aille
mieux. J’y trouvai aussi ma première et ma
troisième grande sœur. Ouf quel soulagement de
retrouver toute la famille, enfin presque autour
de papa. J’appelai ça des retrouvailles. Après
avoir passé un bon et super temps avec notre
père, le chauffeur nous ramena à la maison et
rentra chez lui. Une heure après ma grande sœur
nous rejoignit. Mon frère s’était mis à courir dans
tous les sens en me raconta comment il avait
passé la soirée avec père et cela m’a comblée de
le voir aussi tant rire sauf quand je lui raconte
mes blagues. Je suis allée au salon pour regarder
la télé en compagnie de ma grande sœur. Ce fut
une sacrée journée. L’importance c’est de m’en
être sortie. Quand mon père fut sorti de l’hôpital
il nous expliqua qu’il avait eu une crise de
diabète et que ce n’était pas la première fois d’où
l’attitude aussi détendue de ma mère lorsqu’il
était tombé malade. Il n’y avait plus aucun
problème, tout était rentré dans l’ordre mais il
restait quand même un problème. Comment
réconcilier mes parents ? Dans tous les ces deux-
là semblaient être incorrigibles. Une légère
pensée me traversait la tête. La solution revenait
puis s’en allait. J’étais totalement bouleversée. La
solution revenait puis me fuyais. Je m’absentais
temporairement et je redescendais sur terre.
J’avais l’impression de devenir folle. J’ai deviné
alors un jour le moment de la fin pour ma mère. A
chaque fois qu’il y avait un souci j’imaginais
toujours l’histoire : le commencement, les débuts
et la fin. Cela devrait être un don d’anticiper ce
qui allait se passer. Comme dans un texte
narratif, chaque phase à ses caractéristiques ;
l’introduction, le corps du devoir et la conclusion.
A ce genre de phénomène ma matière grise est
entre la virtualité et la réalité. Ces éléments ne
me quittaient point. Soit je déraisonne ou je
deviens complètement folle à force de creuser. A
force de chercher cette solution qui finalement
s’est consumé. J’ai compris que ce fut ma
descente aux enfers.......
∞
Un mardi dans l’après midi
C’était le lundi de la rentrée des classes. J’étais à
mon premier cours de français de la classe de
6ème. Quelques fois, en classe, un vent très froid
et brutal venait taper mon visage noir ; lisse et
peu poussiéreuse. Il m’arrivait de me blottir
contre le mur sec ; quoique humide. Le
professeur faisait des va et vient dans la classe
tout en assurant le calme et le bon déroulement
du cours. Il y avait cependant, autour de moi
quatre garçons : Jean, Célestin, Nicolas et Gislain.
Ils discutaient d’un sujet dont je ne voulais pas
m’en mêler. Ma nouvelle voisine de table quant à
elle s’était déplacée pour se mettre au fond.
Après avoir fini de recopier le dernier item elle
me lança : « N’as- tu pas remarqué qu’il fait
froid ? Parce que moi j’ai froid ». En guise de
réponse je haussai les épaules. A la fin de l’heure
je suis rentrée en compagnie de quelque trois
camarades. Arrivée à la maison je pris du pain
avec de la confiture d’abricot. Tout à coup une
coupure de courant s’annonça. J’ai dû annuler
mon programme de télé novelas « la force du
cœur. »
Je me suis assise à la terrasse pour contempler la
cour afin de ne pas m’ennuyer. Toute muette, je
regardais : l’air qui passait ; les feuilles sèches
qui parterre se tortillaient ; le grand colatier qui
faisait des vagues avec ses feuilles vertes ; et
une soulevée de sable qui, forma une petite
colline non loin de moi. Un instant, le courant
revint et, fiouuuu, le courant se coupa. Alors en
manque de lumière ma mère sortit de grosses
lampes torches. Elle mit une au fond du couloir,
l’autre à la salle à manger, une troisième au
salon, le quatrième à la cuisine et la dernière
près de moi pendant que je m’étais
profondément endormie. A mon réveil tout était
lugubre sauf l’endroit où j’étais couchée. Peu
après papa rentra du travail. Tout à coup un
violent vent vient le bousculer comme pour
l’accueillir méchamment. Le tonnerre gronda si
fort que l’on croirait que Dieu allait descendre sur
terre. Une étonnante poussée fit presque
déraciner le grand colatier. Une goutte d’eau
tomba. Puis en voilà une seconde ; enfin tout un
ensemble de puits commencèrent à jaillir du ciel.
Pantois, mon père et moi regardèrent ce
spectacle pluvieux. Inconsciemment, mon frère
Silas se mit à crier : « la pluie va tomber,
tchokoto va déchirer et les enfants vont
danser ».Comme pour me moquer de lui
j’avançais ces quelques mots : «tu n’sais même
pas bien parler français, après c’est pour avoir
deux œufs en dictée. Je le chassais en disant :
bobbbbbb fous ton camp. »
Le courant revint avec une grande fumée au
niveau de l’onduleur de la télé. Il était grillé. Le
lendemain s’était un mardi. On dû alors prendre
celui de la chambre de mon père et ça avait
marché. Je me suis servie un bol de bouillie.
Avant même de commencer à boire mon frère
jeta mon petit déjeuner sans même s’excuser il
se mit à rire. Cela m’a énervée mais j’ai déserté
la salle à manger pour m’apprêter car je ne
voulais pas être en retard. Même si Silas est un
garçon bête ce n’était qu’un enfant. Il avait pour
réputation d’être le caïd de la maison. Jouer était
son habitude. C’est pourquoi il ne travaillait pas à
l’école. Et pour moi ces enfants sont des bombes
à retardement. Mais l’on peut encore faire
quelque chose pour eux. Il faut
malheureusement beaucoup de temps afin de
leur faire acquérir le savoir et ceci devrait être
notre préoccupation : les aider dans le but de
faire croître leur intelligence. Malgré le travail
acharné de mon père pour le faire changer il est
resté invariable. Après tout ce n’était pas comme
si il n’allait pas se ressaisir et prendre le taureau
par les cornes, devenir une personne importante.
Deux mois plus tard tout se passait toujours
normalement. Il n’y avait rien à signaler
seulement avec mes parents. Depuis un certain
moment il y avait dans la zone du restaurant de
ma mère des vols et des blessés pendant la nuit.
Par peur que ça lui arrive, elle en parla à mon
père qui n’y accorda pas trop d’importance. Plus
les jours passaient et ces crimes furent réduits ;
plus le temps passait et mes parents
commencèrent à se disputer. Quelques fois ils
venaient même aux mains. Cela m’affectait
beaucoup. J’en avais les larmes aux yeux. Par
moments il m’arrivait de vouloir m’interposer,
leur crier dessus pour qu’ils cessent. Je pleurais
tout le temps. Un jour un des clients de ma mère
insista pour la ramener parce qu’il se faisait tard.
Cette dernière ne refusa pas et n’y trouva pas
d’inconvénients puisqu’elle avait déjà peur. Le
client la déposa devant la maison. Dehors on
entendait une voiture se garer. Mon père était
curieux. A peine eut-elle mit pied au salon que
mon père lui sauta aux yeux et a voulu savoir qui
l’a déposée. Celle-ci lui dit directement que
s’était un client qui lui mettait la pression à cause
de l’heure. Père fut rassuré mais avait des
doutes. Un matin une personne confirmait que
notre mère avait une liaison avec un de ses
clients. Tout en écoutant en cachette, je n’en
croyais pas un seul mot parce que à midi et à dix-
sept heures jusqu’au soir mon petit frère et moi
étions toujours à la sortie des classes au
restaurant. Disait-elle la vérité ? Mentait-elle ?
J’étais toute muette. Je ne savais que dire face à
cette énigme troublante. J’étais embrouillée. Il
fallait que je fasse quelque chose mais je n’avais
aucune idée. Ma tête était vide. J’ai alors laissé le
temps faire ce qu’il devrait faire. Peu de temps
après mon père tomba malade. Ce jour-là, ma
sœur était en Côte-d’Ivoire. Et nous étions mon
frère et moi avec nos parents qui ne
s’entendaient guère. Père était allongé sur un
divan au salon. Ma mère n’était pas affolée, elle
ne montrait aucun signe de panique et aucun
sentiment. Cette attitude m’étonnait beaucoup.
Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. Je
pensais à l’inconcevable de la part de ma mère.
J’étais horrifiée à l’idée qu’elle le laisse mourir au
lieu de l’amener aux urgences. Le chauffeur de
mon père rapporta à ma mère qu’il l’avait déposé
à la banque et qu’il y prit de l’argent. Maman
fouilla alors dans ses poches et y découvrit cent
vingt mille francs. Alors elle alla s’habiller et
demanda à la fermière de l’aider à porter papa
jusqu’à la voiture. Le chauffeur déplaça la voiture
au niveau de la terrasse. Le trio mit papa dans la
voiture et allèrent illico presto à l’hôpital de
zone. La nuit vers les vingt et une heures ma
mère revint à la maison et prit quelques
vêtements de mon père et un coussin. En même
temps j’ai compris qu’elle ne pouvait pas rester
et que mon père non plus n’allait pas rentrer
d’aussitôt. Je n’étais du tout pas tranquille. Des
fois je demandais à notre domestique d’appeler
ma mère mais celle-ci insistait pour que je
dorme. A chaque fois que je dormais il fallait que
je cauchemarde. Je me réveillais soit par une
porte poussée par le vent ; soit par des animaux
nocturnes, des chauves-souris. Ces choses-là ne
faisaient aucun bruit. Juste pour tout dire je
réfléchissais en dormant. Puis quand j’ouvrais les
yeux… une sueur froide me parcourais les os des
pieds et remontais au cerveau, continuais. Je
frissonnais. Mes pieds ne se comptaient plus dans
mes membres. Je n’avais jamais ressenti cela.
L’on se croirait dans un film d’horreur. Je me
débattais comme si je luttais avec quelqu’un.
Rien n’a changé. Certes je vivais encore. Je
respirais toujours. Je ne rêvais pas. Je restai là,
bouche bée en attendant qu’il fasse jour. La seule
nouvelle que j’avais envie d’entendre c’est que
mon père va bien et qu’on puisse lui parler. Trois
jours se sont écroulées et aucune information par
rapport à la santé de papa. Enfin un soir à la
sortie des classes le chauffeur vint nous chercher
comme d’habitude mon frère et moi. A notre
grande surprise maman attendais qu’on rentre
pour visiter papa. A cet instant grande fut ma
joie. J’étais toute excitée à l’idée qu’on revoie
père. Lorsque nous fûmes à l’hôpital, mon Dieu
comment étais-je agitée! Je ne pouvais plus me
retenir ; tellement j’étais pressée. Dans la salle
d’attente il y avait beaucoup de personnes.
Certains riaient et d’autres souriaient quand ils
me voyaient. Mais je m’en foutais absolument.
Du moment que je revoie mon père tout irait à
merveille. Quelques personnes me crièrent qu’il
n’est guère recommandé de courir dans les
couloirs de l’hôpital. Bla bla bla taisez-vous leur
ai-je répondu. C’est vrai d’était humiliant de la
part d’une enfant. De mon côté je m’emballais les
couilles de leur règlement ou loi. C’était mon
humeur et pas la leur. De quoi s’en mêlaient-ils ?
Ma mère nous conduisit dans la chambre où
s’était installé mon père. Sans avoir eu le temps
de lui dire bonsoir, je me jetai dans ses bras tout
en le serrant fort car j’étais heureuse qu’il aille
mieux. J’y trouvai aussi ma première et ma
troisième grande sœur. Ouf quel soulagement de
retrouver toute la famille, enfin presque autour
de papa. J’appelai ça des retrouvailles. Après
avoir passé un bon et super temps avec notre
père, le chauffeur nous ramena à la maison et
rentra chez lui. Une heure après ma grande sœur
nous rejoignit. Mon frère s’était mis à courir dans
tous les sens en me raconta comment il avait
passé la soirée avec père et cela m’a comblée de
le voir aussi tant rire sauf quand je lui raconte
mes blagues. Je suis allée au salon pour regarder
la télé en compagnie de ma grande sœur. Ce fut
une sacrée journée. L’importance c’est de m’en
être sortie. Quand mon père fut sorti de l’hôpital
il nous expliqua qu’il avait eu une crise de
diabète et que ce n’était pas la première fois d’où
l’attitude aussi détendue de ma mère lorsqu’il
était tombé malade. Il n’y avait plus aucun
problème, tout était rentré dans l’ordre mais il
restait quand même un problème. Comment
réconcilier mes parents ? Dans tous les ces deux-
là semblaient être incorrigibles. Une légère
pensée me traversait la tête. La solution revenait
puis s’en allait. J’étais totalement bouleversée. La
solution revenait puis me fuyais. Je m’absentais
temporairement et je redescendais sur terre.
J’avais l’impression de devenir folle. J’ai deviné
alors un jour le moment de la fin pour ma mère. A
chaque fois qu’il y avait un souci j’imaginais
toujours l’histoire : le commencement, les débuts
et la fin. Cela devrait être un don d’anticiper ce
qui allait se passer. Comme dans un texte
narratif, chaque phase à ses caractéristiques ;
l’introduction, le corps du devoir et la conclusion.
A ce genre de phénomène ma matière grise est
entre la virtualité et la réalité. Ces éléments ne
me quittaient point. Soit je déraisonne ou je
deviens complètement folle à force de creuser. A
force de chercher cette solution qui finalement
s’est consumé. J’ai compris que ce fut ma
descente aux enfers.......
∞
Un mardi dans l’après midi
C’était le lundi de la rentrée des classes. J’étais à
mon premier cours de français de la classe de
6ème. Quelques fois, en classe, un vent très froid
et brutal venait taper mon visage noir ; lisse et
peu poussiéreuse. Il m’arrivait de me blottir
contre le mur sec ; quoique humide. Le
professeur faisait des va et vient dans la classe
tout en assurant le calme et le bon déroulement
du cours. Il y avait cependant, autour de moi
quatre garçons : Jean, Célestin, Nicolas et Gislain.
Ils discutaient d’un sujet dont je ne voulais pas
m’en mêler. Ma nouvelle voisine de table quant à
elle s’était déplacée pour se mettre au fond.
Après avoir fini de recopier le dernier item elle
me lança : « N’as- tu pas remarqué qu’il fait
froid ? Parce que moi j’ai froid ». En guise de
réponse je haussai les épaules. A la fin de l’heure
je suis rentrée en compagnie de quelque trois
camarades. Arrivée à la maison je pris du pain
avec de la confiture d’abricot. Tout à coup une
coupure de courant s’annonça. J’ai dû annuler
mon programme de télé novelas « la force du
cœur. »
Je me suis assise à la terrasse pour contempler la
cour afin de ne pas m’ennuyer. Toute muette, je
regardais : l’air qui passait ; les feuilles sèches
qui parterre se tortillaient ; le grand colatier qui
faisait des vagues avec ses feuilles vertes ; et
une soulevée de sable qui, forma une petite
colline non loin de moi. Un instant, le courant
revint et, fiouuuu, le courant se coupa. Alors en
manque de lumière ma mère sortit de grosses
lampes torches. Elle mit une au fond du couloir,
l’autre à la salle à manger, une troisième au
salon, le quatrième à la cuisine et la dernière
près de moi pendant que je m’étais
profondément endormie. A mon réveil tout était
lugubre sauf l’endroit où j’étais couchée. Peu
après papa rentra du travail. Tout à coup un
violent vent vient le bousculer comme pour
l’accueillir méchamment. Le tonnerre gronda si
fort que l’on croirait que Dieu allait descendre sur
terre. Une étonnante poussée fit presque
déraciner le grand colatier. Une goutte d’eau
tomba. Puis en voilà une seconde ; enfin tout un
ensemble de puits commencèrent à jaillir du ciel.
Pantois, mon père et moi regardèrent ce
spectacle pluvieux. Inconsciemment, mon frère
Silas se mit à crier : « la pluie va tomber,
tchokoto va déchirer et les enfants vont
danser ».Comme pour me moquer de lui
j’avançais ces quelques mots : «tu n’sais même
pas bien parler français, après c’est pour avoir
deux œufs en dictée. Je le chassais en disant :
bobbbbbb fous ton camp. »
Le courant revint avec une grande fumée au
niveau de l’onduleur de la télé. Il était grillé. Le
lendemain s’était un mardi. On dû alors prendre
celui de la chambre de mon père et ça avait
marché. Je me suis servie un bol de bouillie.
Avant même de commencer à boire mon frère
jeta mon petit déjeuner sans même s’excuser il
se mit à rire. Cela m’a énervée mais j’ai déserté
la salle à manger pour m’apprêter car je ne
voulais pas être en retard. Même si Silas est un
garçon bête ce n’était qu’un enfant. Il avait pour
réputation d’être le caïd de la maison. Jouer était
son habitude. C’est pourquoi il ne travaillait pas à
l’école. Et pour moi ces enfants sont des bombes
à retardement. Mais l’on peut encore faire
quelque chose pour eux. Il faut
malheureusement beaucoup de temps afin de
leur faire acquérir le savoir et ceci devrait être
notre préoccupation : les aider dans le but de
faire croître leur intelligence. Malgré le travail
acharné de mon père pour le faire changer il est
resté invariable. Après tout ce n’était pas comme
si il n’allait pas se ressaisir et prendre le taureau
par les cornes, devenir une personne importante.
Deux mois plus tard tout se passait toujours
normalement. Il n’y avait rien à signaler
seulement avec mes parents. Depuis un certain
moment il y avait dans la zone du restaurant de
ma mère des vols et des blessés pendant la nuit.
Par peur que ça lui arrive, elle en parla à mon
père qui n’y accorda pas trop d’importance. Plus
les jours passaient et ces crimes furent réduits ;
plus le temps passait et mes parents
commencèrent à se disputer. Quelques fois ils
venaient même aux mains. Cela m’affectait
beaucoup. J’en avais les larmes aux yeux. Par
moments il m’arrivait de vouloir m’interposer,
leur crier dessus pour qu’ils cessent. Je pleurais
tout le temps. Un jour un des clients de ma mère
insista pour la ramener parce qu’il se faisait tard.
Cette dernière ne refusa pas et n’y trouva pas
d’inconvénients puisqu’elle avait déjà peur. Le
client la déposa devant la maison. Dehors on
entendait une voiture se garer. Mon père était
curieux. A peine eut-elle mit pied au salon que
mon père lui sauta aux yeux et a voulu savoir qui
l’a déposée. Celle-ci lui dit directement que
s’était un client qui lui mettait la pression à cause
de l’heure. Père fut rassuré mais avait des
doutes. Un matin une personne confirmait que
notre mère avait une liaison avec un de ses
clients. Tout en écoutant en cachette, je n’en
croyais pas un seul mot parce que à midi et à dix-
sept heures jusqu’au soir mon petit frère et moi
étions toujours à la sortie des classes au
restaurant. Disait-elle la vérité ? Mentait-elle ?
J’étais toute muette. Je ne savais que dire face à
cette énigme troublante. J’étais embrouillée. Il
fallait que je fasse quelque chose mais je n’avais
aucune idée. Ma tête était vide. J’ai alors laissé le
temps faire ce qu’il devrait faire. Peu de temps
après mon père tomba malade. Ce jour-là, ma
sœur était en Côte-d’Ivoire. Et nous étions mon
frère et moi avec nos parents qui ne
s’entendaient guère. Père était allongé sur un
divan au salon. Ma mère n’était pas affolée, elle
ne montrait aucun signe de panique et aucun
sentiment. Cette attitude m’étonnait beaucoup.
Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. Je
pensais à l’inconcevable de la part de ma mère.
J’étais horrifiée à l’idée qu’elle le laisse mourir au
lieu de l’amener aux urgences. Le chauffeur de
mon père rapporta à ma mère qu’il l’avait déposé
à la banque et qu’il y prit de l’argent. Maman
fouilla alors dans ses poches et y découvrit cent
vingt mille francs. Alors elle alla s’habiller et
demanda à la fermière de l’aider à porter papa
jusqu’à la voiture. Le chauffeur déplaça la voiture
au niveau de la terrasse. Le trio mit papa dans la
voiture et allèrent illico presto à l’hôpital de
zone. La nuit vers les vingt et une heures ma
mère revint à la maison et prit quelques
vêtements de mon père et un coussin. En même
temps j’ai compris qu’elle ne pouvait pas rester
et que mon père non plus n’allait pas rentrer
d’aussitôt. Je n’étais du tout pas tranquille. Des
fois je demandais à notre domestique d’appeler
ma mère mais celle-ci insistait pour que je
dorme. A chaque fois que je dormais il fallait que
je cauchemarde. Je me réveillais soit par une
porte poussée par le vent ; soit par des animaux
nocturnes, des chauves-souris. Ces choses-là ne
faisaient aucun bruit. Juste pour tout dire je
réfléchissais en dormant. Puis quand j’ouvrais les
yeux… une sueur froide me parcourais les os des
pieds et remontais au cerveau, continuais. Je
frissonnais. Mes pieds ne se comptaient plus dans
mes membres. Je n’avais jamais ressenti cela.
L’on se croirait dans un film d’horreur. Je me
débattais comme si je luttais avec quelqu’un.
Rien n’a changé. Certes je vivais encore. Je
respirais toujours. Je ne rêvais pas. Je restai là,
bouche bée en attendant qu’il fasse jour. La seule
nouvelle que j’avais envie d’entendre c’est que
mon père va bien et qu’on puisse lui parler. Trois
jours se sont écroulées et aucune information par
rapport à la santé de papa. Enfin un soir à la
sortie des classes le chauffeur vint nous chercher
comme d’habitude mon frère et moi. A notre
grande surprise maman attendais qu’on rentre
pour visiter papa. A cet instant grande fut ma
joie. J’étais toute excitée à l’idée qu’on revoie
père. Lorsque nous fûmes à l’hôpital, mon Dieu
comment étais-je agitée! Je ne pouvais plus me
retenir ; tellement j’étais pressée. Dans la salle
d’attente il y avait beaucoup de personnes.
Certains riaient et d’autres souriaient quand ils
me voyaient. Mais je m’en foutais absolument.
Du moment que je revoie mon père tout irait à
merveille. Quelques personnes me crièrent qu’il
n’est guère recommandé de courir dans les
couloirs de l’hôpital. Bla bla bla taisez-vous leur
ai-je répondu. C’est vrai d’était humiliant de la
part d’une enfant. De mon côté je m’emballais les
couilles de leur règlement ou loi. C’était mon
humeur et pas la leur. De quoi s’en mêlaient-ils ?
Ma mère nous conduisit dans la chambre où
s’était installé mon père. Sans avoir eu le temps
de lui dire bonsoir, je me jetai dans ses bras tout
en le serrant fort car j’étais heureuse qu’il aille
mieux. J’y trouvai aussi ma première et ma
troisième grande sœur. Ouf quel soulagement de
retrouver toute la famille, enfin presque autour
de papa. J’appelai ça des retrouvailles. Après
avoir passé un bon et super temps avec notre
père, le chauffeur nous ramena à la maison et
rentra chez lui. Une heure après ma grande sœur
nous rejoignit. Mon frère s’était mis à courir dans
tous les sens en me raconta comment il avait
passé la soirée avec père et cela m’a comblée de
le voir aussi tant rire sauf quand je lui raconte
mes blagues. Je suis allée au salon pour regarder
la télé en compagnie de ma grande sœur. Ce fut
une sacrée journée. L’importance c’est de m’en
être sortie. Quand mon père fut sorti de l’hôpital
il nous expliqua qu’il avait eu une crise de
diabète et que ce n’était pas la première fois d’où
l’attitude aussi détendue de ma mère lorsqu’il
était tombé malade. Il n’y avait plus aucun
problème, tout était rentré dans l’ordre mais il
restait quand même un problème. Comment
réconcilier mes parents ? Dans tous les ces deux-
là semblaient être incorrigibles. Une légère
pensée me traversait la tête. La solution revenait
puis s’en allait. J’étais totalement bouleversée. La
solution revenait puis me fuyais. Je m’absentais
temporairement et je redescendais sur terre.
J’avais l’impression de devenir folle. J’ai deviné
alors un jour le moment de la fin pour ma mère. A
chaque fois qu’il y avait un souci j’imaginais
toujours l’histoire : le commencement, les débuts
et la fin. Cela devrait être un don d’anticiper ce
qui allait se passer. Comme dans un texte
narratif, chaque phase à ses caractéristiques ;
l’introduction, le corps du devoir et la conclusion.
A ce genre de phénomène ma matière grise est
entre la virtualité et la réalité. Ces éléments ne
me quittaient point. Soit je déraisonne ou je
deviens complètement folle à force de creuser. A
force de chercher cette solution qui finalement
s’est consumé. J’ai compris que ce fut ma
descente aux enfers.......
∞
Un mardi dans l’après midi
C’était le lundi de la rentrée des classes. J’étais à
mon premier cours de français de la classe de
6ème. Quelques fois, en classe, un vent très froid
et brutal venait taper mon visage noir ; lisse et
peu poussiéreuse. Il m’arrivait de me blottir
contre le mur sec ; quoique humide. Le
professeur faisait des va et vient dans la classe
tout en assurant le calme et le bon déroulement
du cours. Il y avait cependant, autour de moi
quatre garçons : Jean, Célestin, Nicolas et Gislain.
Ils discutaient d’un sujet dont je ne voulais pas
m’en mêler. Ma nouvelle voisine de table quant à
elle s’était déplacée pour se mettre au fond.
Après avoir fini de recopier le dernier item elle
me lança : « N’as- tu pas remarqué qu’il fait
froid ? Parce que moi j’ai froid ». En guise de
réponse je haussai les épaules. A la fin de l’heure
je suis rentrée en compagnie de quelque trois
camarades. Arrivée à la maison je pris du pain
avec de la confiture d’abricot. Tout à coup une
coupure de courant s’annonça. J’ai dû annuler
mon programme de télé novelas « la force du
cœur. »
Je me suis assise à la terrasse pour contempler la
cour afin de ne pas m’ennuyer. Toute muette, je
regardais : l’air qui passait ; les feuilles sèches
qui parterre se tortillaient ; le grand colatier qui
faisait des vagues avec ses feuilles vertes ; et
une soulevée de sable qui, forma une petite
colline non loin de moi. Un instant, le courant
revint et, fiouuuu, le courant se coupa. Alors en
manque de lumière ma mère sortit de grosses
lampes torches. Elle mit une au fond du couloir,
l’autre à la salle à manger, une troisième au
salon, le quatrième à la cuisine et la dernière
près de moi pendant que je m’étais
profondément endormie. A mon réveil tout était
lugubre sauf l’endroit où j’étais couchée. Peu
après papa rentra du travail. Tout à coup un
violent vent vient le bousculer comme pour
l’accueillir méchamment. Le tonnerre gronda si
fort que l’on croirait que Dieu allait descendre sur
terre. Une étonnante poussée fit presque
déraciner le grand colatier. Une goutte d’eau
tomba. Puis en voilà une seconde ; enfin tout un
ensemble de puits commencèrent à jaillir du ciel.
Pantois, mon père et moi regardèrent ce
spectacle pluvieux. Inconsciemment, mon frère
Silas se mit à crier : « la pluie va tomber,
tchokoto va déchirer et les enfants vont danser
».Comme pour me moquer de lui j’avançais ces
quelques mots : «tu n’sais même pas bien parler
français, après c’est pour avoir deux œufs en
dictée. Je le chassais en disant : bobbbbbb fous
ton camp. »
Le courant revint avec une grande fumée au
niveau de l’onduleur de la télé. Il était grillé. Le
lendemain s’était un mardi. On dû alors prendre
celui de la chambre de mon père et ça avait
marché. Je me suis servie un bol de bouillie.
Avant même de commencer à boire mon frère
jeta mon petit déjeuner sans même s’excuser il
se mit à rire. Cela m’a énervée mais j’ai déserté
la salle à manger pour m’apprêter car je ne
voulais pas être en retard. Même si Silas est un
garçon bête ce n’était qu’un enfant. Il avait pour
réputation d’être le caïd de la maison. Jouer était
son habitude. C’est pourquoi il ne travaillait pas à
l’école. Et pour moi ces enfants sont des bombes
à retardement. Mais l’on peut encore faire
quelque chose pour eux. Il faut
malheureusement beaucoup de temps afin de
leur faire acquérir le savoir et ceci devrait être
notre préoccupation : les aider dans le but de
faire croître leur intelligence. Malgré le travail
acharné de mon père pour le faire changer il est
resté invariable. Après tout ce n’était pas comme
si il n’allait pas se ressaisir et prendre le taureau
par les cornes, devenir une personne importante.
Deux mois plus tard tout se passait toujours
normalement. Il n’y avait rien à signaler
seulement avec mes parents. Depuis un certain
moment il y avait dans la zone du restaurant de
ma mère des vols et des blessés pendant la nuit.
Par peur que ça lui arrive, elle en parla à mon
père qui n’y accorda pas trop d’importance. Plus
les jours passaient et ces crimes furent réduits ;
plus le temps passait et mes parents
commencèrent à se disputer. Quelques fois ils
venaient même aux mains. Cela m’affectait
beaucoup. J’en avais les larmes aux yeux. Par
moments il m’arrivait de vouloir m’interposer,
leur crier dessus pour qu’ils cessent. Je pleurais
tout le temps. Un jour un des clients de ma mère
insista pour la ramener parce qu’il se faisait tard.
Cette dernière ne refusa pas et n’y trouva pas
d’inconvénients puisqu’elle avait déjà peur. Le
client la déposa devant la maison. Dehors on
entendait une voiture se garer. Mon père était
curieux. A peine eut-elle mit pied au salon que
mon père lui sauta aux yeux et a voulu savoir qui
l’a déposée. Celle-ci lui dit directement que
s’était un client qui lui mettait la pression à cause
de l’heure. Père fut rassuré mais avait des
doutes. Un matin une personne confirmait que
notre mère avait une liaison avec un de ses
clients. Tout en écoutant en cachette, je n’en
croyais pas un seul mot parce que à midi et à dix-
sept heures jusqu’au soir mon petit frère et moi
étions toujours à la sortie des classes au
restaurant. Disait-elle la vérité ? Mentait-elle ?
J’étais toute muette. Je ne savais que dire face à
cette énigme troublante. J’étais embrouillée. Il
fallait que je fasse quelque chose mais je n’avais
aucune idée. Ma tête était vide. J’ai alors laissé le
temps faire ce qu’il devrait faire. Peu de temps
après mon père tomba malade. Ce jour-là, ma
sœur était en Côte-d’Ivoire. Et nous étions mon
frère et moi avec nos parents qui ne
s’entendaient guère. Père était allongé sur un
divan au salon. Ma mère n’était pas affolée, elle
ne montrait aucun signe de panique et aucun
sentiment. Cette attitude m’étonnait beaucoup.
Je n’arrivais pas à croire ce que je voyais. Je
pensais à l’inconcevable de la part de ma mère.
J’étais horrifiée à l’idée qu’elle le laisse mourir au
lieu de l’amener aux urgences. Le chauffeur de
mon père rapporta à ma mère qu’il l’avait déposé
à la banque et qu’il y prit de l’argent. Maman
fouilla alors dans ses poches et y découvrit cent
vingt mille francs. Alors elle alla s’habiller et
demanda à la fermière de l’aider à porter papa
jusqu’à la voiture. Le chauffeur déplaça la voiture
au niveau de la terrasse. Le trio mit papa dans la
voiture et allèrent illico presto à l’hôpital de
zone. La nuit vers les vingt et une heures ma
mère revint à la maison et prit quelques
vêtements de mon père et un coussin. En même
temps j’ai compris qu’elle ne pouvait pas rester
et que mon père non plus n’allait pas rentrer
d’aussitôt. Je n’étais du tout pas tranquille. Des
fois je demandais à notre domestique d’appeler
ma mère mais celle-ci insistait pour que je
dorme. A chaque fois que je dormais il fallait que
je cauchemarde. Je me réveillais soit par une
porte poussée par le vent ; soit par des animaux
nocturnes, des chauves-souris. Ces choses-là ne
faisaient aucun bruit. Juste pour tout dire je
réfléchissais en dormant. Puis quand j’ouvrais les
yeux… une sueur froide me parcourais les os des
pieds et remontais au cerveau, continuais. Je
frissonnais. Mes pieds ne se comptaient plus dans
mes membres. Je n’avais jamais ressenti cela.
L’on se croirait dans un film d’horreur. Je me
débattais comme si je luttais avec quelqu’un.
Rien n’a changé. Certes je vivais encore. Je
respirais toujours. Je ne rêvais pas. Je restai là,
bouche bée en attendant qu’il fasse jour. La seule
nouvelle que j’avais envie d’entendre c’est que
mon père va bien et qu’on puisse lui parler. Trois
jours se sont écroulées et aucune information par
rapport à la santé de papa. Enfin un soir à la
sortie des classes le chauffeur vint nous chercher
comme d’habitude mon frère et moi. A notre
grande surprise maman attendais qu’on rentre
pour visiter papa. A cet instant grande fut ma
joie. J’étais toute excitée à l’idée qu’on revoie
père. Lorsque nous fûmes à l’hôpital, mon Dieu
comment étais-je agitée! Je ne pouvais plus me
retenir ; tellement j’étais pressée. Dans la salle
d’attente il y avait beaucoup de personnes.
Certains riaient et d’autres souriaient quand ils
me voyaient. Mais je m’en foutais absolument.
Du moment que je revoie mon père tout irait à
merveille. Quelques personnes me crièrent qu’il
n’est guère recommandé de courir dans les
couloirs de l’hôpital. Bla bla bla taisez-vous leur
ai-je répondu. C’est vrai d’était humiliant de la
part d’une enfant. De mon côté je m’emballais les
couilles de leur règlement ou loi. C’était mon
humeur et pas la leur. De quoi s’en mêlaient-ils ?
Ma mère nous conduisit dans la chambre où
s’était installé mon père. Sans avoir eu le temps
de lui dire bonsoir, je me jetai dans ses bras tout
en le serrant fort car j’étais heureuse qu’il aille
mieux. J’y trouvai aussi ma première et ma
troisième grande sœur. Ouf quel soulagement de
retrouver toute la famille, enfin presque autour
de papa. J’appelai ça des retrouvailles. Après
avoir passé un bon et super temps avec notre
père, le chauffeur nous ramena à la maison et
rentra chez lui. Une heure après ma grande sœur
nous rejoignit. Mon frère s’était mis à courir dans
tous les sens en me raconta comment il avait
passé la soirée avec père et cela m’a comblée de
le voir aussi tant rire sauf quand je lui raconte
mes blagues. Je suis allée au salon pour regarder
la télé en compagnie de ma grande sœur. Ce fut
une sacrée journée. L’importance c’est de m’en
être sortie. Quand mon père fut sorti de l’hôpital
il nous expliqua qu’il avait eu une crise de
diabète et que ce n’était pas la première fois d’où
l’attitude aussi détendue de ma mère lorsqu’il
était tombé malade. Il n’y avait plus aucun
problème, tout était rentré dans l’ordre mais il
restait quand même un problème. Comment
réconcilier mes parents ? Dans tous les ces deux-
là semblaient être incorrigibles. Une légère
pensée me traversait la tête. La solution revenait
puis s’en allait. J’étais totalement bouleversée. La
solution revenait puis me fuyais. Je m’absentais
temporairement et je redescendais sur terre.
J’avais l’impression de devenir folle. J’ai deviné
alors un jour le moment de la fin pour ma mère. A
chaque fois qu’il y avait un souci j’imaginais
toujours l’histoire : le commencement, les débuts
et la fin. Cela devrait être un don d’anticiper ce
qui allait se passer. Comme dans un texte
narratif, chaque phase à ses caractéristiques ;
l’introduction, le corps du devoir et la conclusion.
A ce genre de phénomène ma matière grise est
entre la virtualité et la réalité. Ces éléments ne
me quittaient point. Soit je déraisonne ou je
deviens complètement folle à force de creuser. A
force de chercher cette solution qui finalement
s’est consumé. J’ai compris que ce fut ma
descente aux enfers.......
∞
Un mardi dans l’après midi