Chapitre Premier
GENERALITES SUR LES STOCK
Dans ce chapitre, nous traiterons les problématiques suivantes :
• Comment définir le concept de stock et ses différentes fonctions ?
• Quelle est l’utilité d’un stock ?
• Quels sont les problèmes posés par les stocks ?
Plan du Chapitre
Section 1 Notions fondamentales du stock
Section 2 Fonctions et inconvénients des stocks
Section 1
Notions fondamentales du stock
1) Définition
Sur le plan étymologique le stock désigne un « Ensemble des marchandises disponibles sur un
marché, dans un magasin1 ». Pour l’office québécois de la langue française, les stocks
représentent des « Biens qu’une entreprise détient à un moment donné et qu’elle a l’intention
de vendre ou d’utiliser pour fabriquer un produit ou rendre un service »2.
Plusieurs définitions ont été proposées. Une première définition évoque le lien entre le stock et
le délai : « le stock comme un ensemble des marchandises ou des articles accumulés dans
l’attente d’une utilisation ultérieure plus ou moins proche et qui permet d’alimenter les
utilisateurs au fur et à mesure de leurs besoins sans leur imposer les délais et les à-coups d’une
fabrication ou d’une livraison par des fournisseurs3».
Une deuxième définition met l’accent sur le concept de flux : « Le stock est défini comme
l’accumulation d’une différence de flux4 ».
Les flux matières peuvent être regroupés en flux internes, qui représentent les flux de matières
subissant les transformations au sein de l’entreprise et en flux externes, associés à
1
Le Larousse, dictionnaire de français, 2012.
2
Office québécois de la langue française, 2007
3
A. Rambaux, Gestion économique des stocks, Dunod, Paris, 1969, cité par M. Nedzela, Modèles probabilistes
d’aide à la décision, Presses de l’université du Québec, Montréal, 1987, P 224.
4
G. Baglin & al., Management Industriel et logistique. Concevoir et Piloter la supply chain, 5 ème édition,
Economica, Paris, 2007, P59.
Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement 2
l’approvisionnement des matières premières et à la livraison de produits finis aux clients.
L’image la plus courante est celle d’un réservoir, dont le niveau traduit la différence accumulée
entre un flux entrant et un flux sortant (voir figure n°1)
Figure n°1.1 : Représentation d’un stock
Adapté de : F. Mocellin, Gestion des stocks et des magasins, Dunod, Paris, 2011, P. 6
C’est le rythme du flux sortant (ventes, consommations ou livraisons aux ateliers) qui régule le
flux entrant (achats ou fabrications). La maîtrise de la gestion des stocks est directement liée à
celle du flux des entrées1.
La définition proposée par Zermati et Mocellin2, « le stock, est une provision de produits en
instance de consommation », renforce le rôle du stock pour réguler les délais. De cette dernière
définition, découlent deux notions importantes en gestion des stocks : Produits (nature des
articles stockés) et Consommation (sorties du stock).
Enfin, selon le système comptable financier « les stocks représentent :
- des actifs détenus pour être vendus dans le cadre de l’exploitation courante ;
- ou bien des en cours de production en vue d’une telle vente ;
- ou bien sous forme de matières et de fournitures devant être consommées au cours du
processus de production ou de prestation de services3 ».
Selon ce système, « les stocks sont des actifs courants, contrôlés, procurant des avantages
économiques futurs et évalués de façon fiable4 ».
2) La nature des stocks : Produits
Les articles détenus par les entreprises industrielles sont très variés, et habituellement classés
en catégories.
Selon la nature articles
P. Fournier et al., proposent une première classification suivante5 :
1
F. Mocellin, Gestion des stocks et des magasins, Fonctions de l’entreprise, Dunod, Paris, 2011, P6.
2
P. Zermati, F. Mocellin, Pratique de la gestion des stocks, 7ème édition, La nouvelle Usine, Dunod, Paris, 2005,
P5.
3
Adapté du JORA n°48 du 25 Mars 2009.
4
Conseil National de la comptabilité, note méthodologique de première application du système comptable
financier, Ministère des finances, 2010, P3.
5
P. Fournier et al., Gestion des approvisionnements et des stocks, Gaëtan Morin, Montréal, 1999, PP170-177
3 Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement
- Les matières premières qui représentent des matériaux de base utilisés par les ateliers de
fabrication. Dans le cas des entreprises de distribution, la matière première deviendra un
produit prêt à être vendu : On parlera alors de marchandises, que l’on définit comme « tout
ce que l'entreprise achète pour revendre en l'état ou en détail ».
- Les produits en cours qui sont des produits qui ont subi une ou plusieurs transformations.
On distingue les produits semi-finis qui constituent des pièces élaborées en plusieurs stades,
mis en magasin pour la fluidité entre les ateliers ou des raisons de groupage. Les en cours
de fabrication, qui sont à la fois, les pièces ou les matières sorties du stock et livrés aux
ateliers. Ce sont des pièces que l’on est en train de fabriquer et les pièces nouvellement
produites qui n’ont pas encore été rentrés en magasin.
- Les produits finis sont des articles élaborés par l’entreprise (qui ont atteint un stade
d'achèvement définitif dans le cycle de production) stockés en attendant d’être vendus.
- Les composantes qui sont des pièces ou sous-ensembles qui sont inclus dans le processus
de transformation du produit ou la construction d’un appareil.
- Les produits d’entretien et de réparation industriels, mis en magasin afin d’être disponibles
pour la maintenance et l’entretien de l’outil de production (machines). Il s’agit de pièces de
rechange ou de produits d’entretien (lubrifiants, huiles).
- Les produits d’entretien de bureau et les fournitures : : très variés, rassemblent des articles
que l’on tient en magasin (gant de travail, chiffons,) et des articles que l’entreprise détient
sans organiser un véritable stockage (matériel de bureau, papeterie, imprimés…)
- Les surplus : qui représentent l’ensemble des débris de matière récupérés dans les ateliers,
pour être revendus ou réutilisés
Figure n° 1.2 : Approche systémique de la fonction gestion des stocks
Intrants Processus de Extrants Missions et
Matières premières transformation Produits finis objectifs
Composantes Produits en cours préétablis
Produits d’entretien Composants
et de réparation
Equipements
Machinerie
Budget
Rapports des mois
antérieurs
Energie
Rétroaction
Surplus (déchets et rebuts)
Adapté de : P. Fournier & al., [Link]., P 176.
Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement 4
Selon la nature de leur consommation
En parallèle à cette classification, Zermati et Mocellin, distinguent cinq catégories d’articles en
stock selon la nature de leur consommation1 :
- Articles de consommation courante : correspondent à des articles dont la consommation
est régulière et continue. Sont considérés articles de consommation courante : les
marchandises dont le stock est régulièrement renouvelé, les matières premières et
consommables dont le stock est régulièrement renouvelé, les produits finis (fabrication
sur stock) et les pièces de rechange d’usure ;
- Les pièces de rechange de sécurité stockés afin d’assurer la continuité ou la sécurité de
l’exploitation2 ;
- Les articles en transit approvisionnés pour les besoins de travaux bien déterminés et non
renouvelables ;
- Les articles déclassés car techniquement dépassés ou démodés ;
- Les déchets de fabrication.
L’objectif de cette classification est de permettre au gestionnaire des stocks d’avoir une
connaissance précise et anticipée de l’utilisation des articles afin de mieux planifier les
différents flux au niveau des magasins3.
Selon les fonctions du stock
En outre, nous pouvons classer les stocks selon leur rôle. On distingue alors :
Les stocks de transit (ou d’amorçage) : Selon M.G Delfosse4, entre le moment où apparaît le
besoin de lancer une commande et le moment où cette dernière est livrée au magasin, s’écoule
un temps pendant lequel le magasin recevra des commandes. Ces dernières seront satisfaites
par le stock de transit. De manière plus générale, les stocks de transit jouent un rôle d’amorçage
du système de production et du réseau de distribution. Leur existence s’explique par la nécessité
de déplacer les matières d’un lieu à un autre5.
Les stocks cyclique (ou de lotissement) : Ce stock est lié au caractère cyclique de la demande
(cycle de production, demande saisonnière). Ainsi, une entreprise garde un stock en fonction
de cette demande. Plus la demande est importante, plus le niveau du stock est important.
Les stocks de protection : Ces stocks constituent pour l’entreprise une protection contre les
aléas : variations de la demande et des délais de livraisons.
Les stocks tampon (ou de découplage) : Généralement les entreprises disposent de divers stocks
en plusieurs emplacements de sa chaine logistique. L’objectif recherché est de permettre une
indépendance dans le fonctionnement des opérations. Ainsi, à titre d’exemple, un arrêt
1
P. Zermati, F. Mocellin, Op-cit., PP 9-10.
2
M. Nedzela, [Link]., P225.
3
P. Zermati, F. Mocellin, Op-cit., P10
4
M.G. Delfosse, Les stocks et les magasins, 3ème édition, Entreprise Moderne d’Edition, Paris, 1974, P 18.
5
5 Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement
d’activité temporaire au niveau d’une opération, ne se répercute pas sur toute la chaîne (arrêts
des autres opérations, sous-emploi du personnel).
Pour Baglin & al., « le stock permet d’assurer une circulation continue du flux dans un système
logistique tout en autorisant un certain découplage entre les différentes parties. L’avantage est
de permettre à chaque sous-système d’optimiser séparément ses performances, compte tenu des
contraintes qui lui sont propres1 ».
Les stocks d’anticipation (ou de prévision) : Exceptionnellement, une entreprise peut constituer
des stocks pour anticiper : la volatilité des marchés (hausse des prix), les tensions et climat
social (grèves, pénuries), le caractère saisonnier de la production (produits agricoles, par
exemple) et de la demande (périodes de fêtes…)
Selon l’activité de l’entreprise
Enfin, la classification des stocks peut se faire selon l’activité des entreprises : entreprise
industrielle et entreprise de distribution. De manière simplifiée nous distinguons :
Figure n°1.3 : Nature des stocks selon l’activité de l’entreprise
Entreprise Industrielle Entreprise de distribution
Matières Premières Consommables Produits Marchandises
finis
Adapté de : M. Benkaci, & al., Gestion commerciale et comptable, Berti éditions, Alger, 2011, P 108.
3) Consommation ou sorties du stock
Le concept de consommation renvoie aux sorties de stocks. « Un produit est consommé dès
qu’il est sorti du stock2». Ainsi, on parle de ventes dans le cas des produits finis, de
marchandises ou de déchets, de « consommation interne » dans le cas de sorties vers les ateliers
de productions de matières premières, de composants ou de produits semi-finis.
Dans ce qui suit nous regrouperons sous le vocable de « demande » les concepts de
consommation ou de sorties.
4) Les différents lieux de stockage
En reprenant le schéma du processus classique d’une activité industrielle (figure n°4) on peut
analyser les différents types d’entreposage de stocks au sein d’une entreprise :
Figure n°1.4 : Processus d’une activité industrielle
Réception et Stockage et Production Distribution
Contrôle entrepôt
1
G. Baglin & al., [Link]., P 63.
2
P. Zermati, F. Mocellin, Op-Cit, P 7.
Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement 6
a) La réception et le contrôle1 : la réception des approvisionnements représente l’acte par
lequel l’entreprise prend possession de ces derniers au moment de leur livraison par le
fournisseur.
Le contrôle consiste à vérifier la conformité qualitative (tests, normes) et quantitative
(nombre, état des colis) des produits reçus comparativement à la commande passée.
b) Le stockage en magasin ou entrepôt2 : les conditions de stockage dépendent du choix
du magasin général (dimensions, personnel affecté, moyens de manutention,
emplacement géographique), de la nature des produits stockés et de l’organisation de
l’entreprise (un ou plusieurs magasins).
c) Les en-cours de production : En fonction du cycle de production et de l’organisation de
la chaîne logistique d’une entreprise, les stocks en attente sortis des entrepôts de
stockage, représentent des matières nécessaires pour une période déterminée3.
d) Les stocks de produits finis : Le choix des magasins dépend de la nature du produit fini,
du circuit de distribution adopté par l’entreprise et son organisation interne (voir figure
n°5)
Figure n°1.5 : Stockages avec un ou plusieurs magasins
Matières premières
Réceptions
Approvisionnements Ateliers de
Production
Produits finis
Expéditions Emballages
Approvisionne Production Produits Semi- Finition
ments Finis Montage
Magasin 1 Magasins 2 Magasin 3
Adapté de : [Link]
1
Cf. Chapitre troisième
2
[Link] [Consulté le
15/10/2014]
3
[Link] [Consulté le
15/10/2014]
7 Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement
Section 2
Fonctions et Inconvénients des stocks
1) Les fonctions des stocks
Selon Baglin & al., les stocks assurent 4 fonctions principales dans une entreprise1 :
Fonction de service : Cette fonction a pour objectif de limiter l’attente du client en lui assurant
une livraison immédiate.
Fonction de régulation : Les délais d’approvisionnement et de production sont, par nature,
irréguliers. La constitution d’un stock diminue le risque de rupture d’un cycle de production.
La présence d’un stock permet aussi de faire face à la variation et la saisonnalité de la production
(produits où le caractère saisonnier est fortement marqué, les produits agroalimentaires, par
exemple) ou de la demande (la saisonnalité de la demande est un phénomène observé sur
plusieurs marchés avec une intensité variable (saisonnière, mensuelle, hebdomadaire)).
Fonction de circulation : Le stock permet d’assurer une circulation continue du flux dans un
système logistique.
Fonction technologique : Le stockage préalable de certains produits est parfois nécessaire pour
satisfaire les exigences techniques du processus de production (les pièces en cours sur une
machine, les pièces en cours de séchage…).
Les trois premières fonctions renvoient au rôle du stock comme régulateur de délais dans
l’ensemble de la chaîne logistique, comme le montre la figure suivante :
Figure n°1.6 : Lien entre le stock et le délai
Produits Délai traitement de
Finis commande
Matières
Première Délai de Fabrication
s
Délai
d’approvisionnement Temps
Adapté de : F. Mocellin, [Link]., P 7.
Le choix d’un niveau de stock dépend de la stratégie industrielle ou commerciale de
l’entreprise, mais aussi de la nature du produit (produit de large consommation, produit
1
G. Baglin & al., Op-cit., PP 62-65
Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement 8
industriel…). Pour les produits de large consommation, alimentaires par exemple, seul le délai
de traitement de commande est imposé au client : l’entreprise anticipe les opérations
d’approvisionnement et de production.
De manière générale, l’entreprise doit choisir entre deux logiques : vendre des produits
disponibles, donc sans imposer au client un délai d’obtention ou bien vendre des produits « à la
commande » sur lesquels l’entreprise exerce un délai d’obtention. Ainsi, le choix stratégique
qui en découle doit permettre une segmentation des familles de produits : familles gérées en
stock et celles gérées « à la commande ». Cette segmentation permettra à l’entreprise de mieux
structurer son organisation logistique et de minimiser ses coûts de stockage.
A ces quatre fonctions classiques, nous pouvons aussi associer d’autres fonctions économiques
(profiter des remises accordées par le fournisseur, regrouper les commandes afin de minimiser
le coût de transport, le stockage de spéculation et le stockage d’anticipation des hausses de
prix…).
2) Les inconvénients des stocks
Le stock présente des inconvénients. Le premier est lié aux différents coûts relatifs au stock :
charges financières et frais de magasinage et frais de dépréciation1 : Les stocks reviennent chers
à l’entreprise.
Un deuxième inconvénient renvoie aux risques de pertes liées au fait que les articles détenus en
stock peuvent se périmer (notamment pour les produits qui se conservent peu ou mal), se
détériorer (de la « casse » enregistrée dans les lieux de stockage du fait des opérations de
manutention, des risques d’inondations ou d’invasion de rongeurs dans les magasins ou
entrepôts).
Un troisième inconvénient est relatif au risque de se retrouver avec un stock important d’articles
invendus qui auront un double impact : perte comptable et encombrement des lieux de stockage.
Ce phénomène d’invendus peut être amplifié par le mauvais choix d’une politique
d’approvisionnement de l’entreprise (stocks pléthoriques) ou bien par le phénomène
d’obsolescence pour les articles à forte technicité, et le phénomène de mode dans le secteur de
l’habillement, par exemple.
En contrepartie, le choix d’un stock réduit pour un article peut conduire à une situation de
rupture de stocks ce qui va engendrer des conséquences négatives pour l’entreprise. Pour les
produits finis ou marchandises cela se traduit par des pertes d’opportunités de ventes ce qui
aura pour effets, si le phénomène est répétitif, une perte de la clientèle.
Dans le cas de rupture de stock pour les matières premières ou composants, c’est tout le système
productif de l’entreprise qui sera à l’arrêt. Ce qui va se répercuter sur le volume et les coûts de
production (chômage technique partiel, arrêt de l’outil de production).
Enfin, les stocks requièrent un suivi régulier des flux d’entrées et de sorties, un espace de
stockage approprié et un service de manutention. Ce qui génère des frais de magasinage, et un
alourdissement de la structure de l’entreprise.
1
Cf. Chapitre Quatrième
9 Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement
Les stocks présentent des inconvénients mais en contrepartie ils sont utiles et remplissent des
fonctions importantes au niveau des entreprises, industrielles ou de distribution, comme le
montre la figure n°1.7.
Figure n°1.7 : Synthèse des avantages et inconvénients d’un stock
Les stocks permettent Les stocks évitent : Mais les stocks présentent
des inconvénients
- Achats par - Attente des - Immobilisation
quantités, consommateurs, coûteuse de
- Productions en - Délais capitaux,
série, d’obtention et - Encombrement
- Groupements des arrêts d’activité du magasin
transports, des services de (espace),
- Répartition production. - Risques de
temporelle des détérioration, de
productions, périssabilité,
- Saisie des d’obsolescence…
opportunités
(remises).
3) Problèmes posés par les stocks
La présence d’un stock au niveau d’une entreprise peut avoir des effets négatifs sur la gestion
de l’entreprise : immobilisation de capitaux et d’espace, risques de dépréciation et de
détérioration, mobilisation du personnel1…
Cependant, le stock est nécessaire pour faire face aux différents aléas et répondre aux besoins
des utilisateurs ou consommateurs. Se posera alors la question des quantités à détenir en stock
pour chaque article ou en d’autres termes quel est le niveau de stock optimal ? nous y
répondrons à cette question dans les prochains chapitres.
Dans un premier temps, il serait intéressant d’opposer deux situations contradictoires en matière
de gestion des stocks (comme le montre la figure n°1.8) ; la première situation est celle d’un
niveau élevé de stock mais qui aura pour conséquences la hausse des coûts de stockage,
l’encombrement des magasins et la multiplication des risques de détérioration, de périssabilité
et d’obsolescence. La deuxième situation est celle d’un niveau réduit de stock afin de minimiser
les coûts de stockage, mais qui va augmenter le risque de rupture de stock, la perte
d’opportunités de ventes2 ou encore des clients ou utilisateurs non-satisfaits.
1
P. Fournier et al., Op-cit., P170
2
Ibid, P 170
Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement 10
Figure n°1.8 : Problèmes posés par les stocks
Deux situations à éviter
Le sur-stockage ou stock trop Le sous-stockage ou stock trop
important : réduit :
- alourdissent les charges - la rupture et ses fâcheuses et
de l’entreprise, coûteuses conséquences
- augmentent le besoin de
financement,
- nuisent à la trésorerie de
l’entreprise
Je retiens
En se référant aux définitions et aux enjeux du stock on se rend compte de l’importance
stratégique de la fonction stockage au niveau de l’entreprise et de l’intérêt pour cette dernière
de disposer d’une gestion saine et rigoureuse de ses stocks :
✓ Le stock est une accumulation de différence de flux ; Le stock est un produit que l’on
détient en vue d’une utilisation ultérieure ;
✓ Les produits stockés sont très variés et de nature différente ;
✓ Les stocks assurent quatre fonctions principales au niveau de l’entreprise : de service de
régulation, de circulation et technologique
✓ Le stock permet de réguler les délais dans l’ensemble de la chaîne logistique
✓ Le stock génère des coûts de magasinage et présente des risques qui peuvent fragiliser
la situation de l’entreprise.
Je m’exerce
✓ Pour quelles raisons les entreprises industrielles stockent-elles ?
✓ Pourquoi le stock occupe une place prépondérante dans l’entreprise ?
✓ Donner des exemples pour chaque type de stock.
✓ Quelle est la classification adoptée par le système comptable financier ?
11 Chapitre huitième Les systèmes de réapprovisionnement
✓ En général, un service n’est pas stockable. Existe-t-il cependant des cas où le travail
peut être préparé à l’avance ? À quoi correspond, dans ces conditions, le concept de
stock 1?
Je concrétise
1. Compléter le tableau suivant en donnant des exemples concernant les objectifs d’un stock :
Objectifs Exemples
Technique
De régulation
Economique
Commercial
De sécurité
Je consolide
P. Zermati, F. Mocellin, Pratique de la Gestion des stocks, 7ème édition, La nouvelle usine,
Dunod, Paris, 2005, PP5-34.
G. Baglin & al., Management Industriel et Logistique. Concevoir et Piloter la supply chain, 5ème
édition, Economica, Paris, 2007, PP59-65
F. Mocelin, Gestion des stocks et des magasins, Dunod, Paris, 2011, PP5-8.
1
Adapté de [Link] [consulté le 12/12/205]