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Explication Lineaire 3 Olympe de Gouges

Cet extrait du postambule d'Olympe de Gouges appelle les femmes à se réveiller et à revendiquer leurs droits, en soulignant leur responsabilité dans leur situation actuelle. L'autrice utilise des questions oratoires et des métaphores pour inciter à la prise de conscience et à l'action collective, tout en critiquant les injustices persistantes après la Révolution française. Elle conclut en affirmant que les femmes ont le pouvoir d'émancipation et peuvent renverser les inégalités par leur volonté et leur courage.

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Explication Lineaire 3 Olympe de Gouges

Cet extrait du postambule d'Olympe de Gouges appelle les femmes à se réveiller et à revendiquer leurs droits, en soulignant leur responsabilité dans leur situation actuelle. L'autrice utilise des questions oratoires et des métaphores pour inciter à la prise de conscience et à l'action collective, tout en critiquant les injustices persistantes après la Révolution française. Elle conclut en affirmant que les femmes ont le pouvoir d'émancipation et peuvent renverser les inégalités par leur volonté et leur courage.

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Explication linéaire 3 (début postambule) Olympe de Gouges depuis le début

jusqu’à « ,vous n’avez qu’à le vouloir »

Cet extrait se situe au début du postambule (mot inventé certainement par Olympe de Gouges)
placé sitôt après les 17 articles de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791)
comme une réponse féministe à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen publiée en 1789
et qui signe l’aboutissement de la Révolution française. Cette revendication de droits nouveaux pour
la femme se justifie par la condition injuste qui s’abat encore, après la Révolution sur cette moitié de
la population française. Et même si les femmes ont prouvé qu’elles étaient capables de s’intéresser
et de débattre sur de grands sujets de société, les Révolutionnaires les écartent peu à peu, et de plus
en plus, du pouvoir. C’est pourquoi Marie Gouze, qui prendra le pseudonyme d’Olympe de Gouges,
rédige une parodie engagée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, pour demander
l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Il s’agit ici pour l’autrice de montrer aux femmes
qu’elles peuvent être maîtresses de leur destin , en unissant leurs forces. Ce passage est composé de
trois mouvements distincts. Dans un premier temps, l’autrice dresse le constat d’une époque qui a
changé sous l’influence des Lumières qui éclairent le siècle. Dans un deuxième mouvement, une série
de questions vient remettre en cause les avantages que les femmes ont acquis lors de la Révolution
française. Enfin, le troisième mouvement est un véritable appel au soulèvement des femmes.

PB : nous étudierons les moyens par lesquels Olympe de Gouges tente de créer une prise de
conscience forte dans l’esprit des femmes, quitte à les mettre en position d’accusées

Premier mouvement : début…envers sa compagne : l’appel au sursaut et à la révolte

La phrase liminaire s’ouvre sur une apostrophe : la femme est directement prise à parti, avec
d’autant plus d’engouement que le verbe qui suit est conjugué à l’impératif présent « réveille-toi ».
Cette injonction fait écho à la manière dont l’autrice invectivait l’homme dans le texte précédant la
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne( cf lecture linéaire 1). Le substantif « femme » ,
au singulier,prend ici un sens général. La demande formulée « réveille-toi » suggère une critique dans
le comportement des femmes qui ont une part de responsabilité dans leur situation. La troisième
proposition est bâtie autour d’un autre verbe à l’impératif présent « reconnais-tes droits ». Il s’agit
de signaler que l’injonction faite aux femmes est légitime. Le mot « droits » se trouve ainsi mis en
opposition avec le terme « usurpation » utilisé dans la phrase suivante. Olympe de Gouges se
positionne ainsi comme la voix de la raison et cherche à provoquer une réaction chez ses
interlocutrices, c’est-à-dire l’ensemble des femmes . La métaphore « le tocsin de la raison » fait
référence à la Révolution française et au fait qu’elle s’appuie sur les principes des Lumières comme
l’égalité et la liberté. L’époque dans laquelle vit la femme est ainsi environnée du bruit du
changement ,suffisamment puissant pour permettre le réveil de la femme (le tocsin est une sonnerie
de cloche destiné à donner l’alerte en cas d’évènements graves, catastrophe naturelle, mobilisation
générale, incendie…). On peut relever des termes qui montrent que l’époque dans laquelle vit
Olympe de Gouges est une époque d’avancée dans le domaine des connaissances. L’usage de
l’adverbe de négation « plus » dans « n’est plus environné » montre que l’époque ancienne (Ancien
Régime) est révolue et que le changement s’est imposé à toute la société. L’hyperbole « dans tout
l’univers » permet de donner à ce changement une portée qui dépasse les frontières même de la
France. Ainsi, l’appel de l’autrice doit pouvoir concerner les femmes du monde entier. Un ensemble
de termes dépréciatifs et péjoratifs caractérise l’époque désormais révolue des temps qui ont
précédé la Révolution : « préjugés », « fanatisme », « superstition », « mensonges » « sottise » et
« usurpation ». Par antithèse, la métaphore « le flambeau de la vérité a dissipé tous les nuages de la
sottise » souligne des temps nouveaux. Les substantifs « superstitions et « fanatisme » peuvent être
vus comme des attaques contre l’Eglise. ; De plus, Olympe de Gouges rappelle combien le
changement de situation de l’homme est en lien avec l’action de la femme. Ainsi, « l’homme
esclave » a pu atteindre la liberté en unissant les forces de tous, mais aussi de toutes. L’autrice insiste
bien sur le rôle de la femme dans l’accession à la liberté. L’expression « avoir besoin » souligne
combien l’homme est redevable à la femme. La dernière phrase de ce mouvement est fondée sur un
parallélisme de construction « Devenu libre, il est devenu injuste »qui met en évidence l’opposition
entre les mots « libre « et « injuste » . Ce parallélisme dévoile combien le rapport de cause à effet
est immédiat : la liberté se trouve ainsi associée à la pratique de l’injustice. On retrouve donc ici un
acte d’accusation adressé directement à l’homme.

Deuxième mouvement : une accusation pour une prise de conscience efficace « ô femmes…Tout
auriez-vous à répondre »

D’emblée, on remarque la ponctuation forte utilisée dans ce passage. Il s’agit essentiellement de


phrases interrogatives, souvent oratoires. On conclura à la manifestation d’une très forte
expressivité dans un texte qui a tout d’un discours oral , au ton vif. Ce deuxième mouvement débute
par une interjection vocative « ô », souvent convoquée en poésie et qui donne ici un ton
emphatique au texte. Les femmes ainsi apostrophées retrouvent, comme au début du texte , une
place d’accusées. Cette fois, l’autrice utilise le pluriel , d’autant plus marqué que le mot « femmes »
est répété à deux reprises. La question oratoire « Femmes quand cesserez-vous d’être aveugles »
est marquée par la tonalité polémique. Olympe de Gouges sous-entend en effet que les femmes
sont en partie responsables de leur sort, et les incite à plus de clairvoyance. L’accusation
d’aveuglement rappelle le reproche formulé dans le premier mouvement : dans les deux cas, il s’agit
de mettre l’accent sur les yeux clos des femmes qui n’ont pas su œuvrer suffisamment à
l’amélioration de leur condition. Leur passivité est implicitement soulignée. Bien que la question
« quels sont les avantages que vous avez recueillis dans la Révolution ? » soit oratoire, Olympe de
Gouges propose deux réponses, peu flatteuses à l’égard des femmes, construites sur deux groupes
nominaux qui se répondent par leur parallélisme de construction « un mépris plus marqué, un
dédain plus signalé ». On peut remarquer que le « mépris » et le « dédain » sont des termes de
sens proche : mieux que deux éléments de réponse, Olympe de Gouges a voulu insister sur la place
de la femme dans la société, et ce, même après le grand bouleversement que représente la
Révolution. On trouve ensuite deux termes exprimant la puissance de la femme « régné » et
« empire », mais cette position qui aurait pu sembler avantageuse se trouve réduite à néant par le
milieu sur lequel règne la femme puisqu’il s’agit d’un monde de corruption » , caractérisé par la
« faiblesse des hommes ». La négation restrictive « vous n’avez régné que sur la faiblesse des
hommes « souligne davantage l’insignifiance de cet « empire ». La succession de questions suivantes
met en valeur l’infériorité de la position des femmes subissant « les injustices de l’homme » qui
passent entre autres par l’impossibilité pour elles de jouir de leur « patrimoine ». La « réclamation de
votre patrimoine » renvoie aux droits des femmes, à savoir le statut égal avec le sexe masculin dont
elles devraient bénéficier. Par le choix du terme « patrimoine » qui fait référence à un ensemble de
biens hérités collectivement, Olympe de Gouges souligne que ces droits sont naturels. Ensuite,
Olympe de Gouges fait référence aux noces de Cana de manière ironique puisqu’elle détourne la
parole biblique pour souligner que, s’il y a bien une différence entre les hommes et les femmes, cette
différence se fait en défaveur des hommes. La périphrase « les bons mots du législateur des noces de
Cana ? » est construite sur une antiphrase, soulignant ainsi l’ironie de l’autrice. L’allusion à l’épisode
de la vie du Christ lors des noces de Cana est reprise par la question finale qui serait posée par les
« législateurs » : « qu’y a -t-il de commun entre vous et nous ? ». Il s’agit ici d’une interprétation des
paroles du Christ qui aurait déclaré à sa mère Marie, qu’il était de nature divine quand elle n’était
qu’humaine. Olympe de Gouges affiche peut-être là son esprit anticlérical en concluant à l’expression
d’un mépris du Christ pour les femmes. Elle critique ainsi les préceptes de la religion chrétienne, qui
pourraient légitimer l’inégalité des sexes et continuer à influencer la vie politique du pays, comme
pendant l’Ancien Régime « longtemps accroché aux branches de la politique mais qui n’est plus de
saison ». Olympe de Gouges souligne une nouvelle fois que la période que vivent les femmes est une
période de changement : la Révolution marque l’abandon des temps révolus. La réponse à la
dernière question est formulée explicitement par l’autrice. La brièveté de celle-ci s’oppose à la
longueur de la phrase précédente dans un souci d’insistance. Le conditionnel présent « auriez-vous »
montre combien cette réponse reste hypothétique. Pour que « tout » soit commun entre l’homme et
la femme, l’autrice suggère que la femme doit prendre son avenir en main.

Troisième mouvement : des revendications placées sous le signe de la raison : « s’ils s’obstinaient…
qu’à le vouloir »

De nombreuses expressions associées aux hommes sont péjoratives « faiblesse », inconséquence »,


« vaines prétentions de supériorité », orgueilleux » serviles adorateurs rampant à vos pieds ». Alors
qu’ils pensent occuper une position supérieure, les hommes apparaissent ici comme des êtres faibles
et soumis. Olympe de Gouges rappelle que les hommes, auteurs de la Révolution, ne sauraient aller à
l’encontre des intérêts des femmes sans être « en contradiction avec leurs principes ». Faibles, les
hommes seraient, en outre, incapables de respecter leur propre parole. L’autrice incite les femmes à
défendre leurs droits « opposez », « réunissez-vous » « déployez » comme le suggèrent les verbes
conjugués à l’impératif présent et à se soulever ensemble. L’adverbe « courageusement » insiste sur
la force des concitoyennes. L’esprit des Lumières semble dominer ce passage ; tandis que les
hommes pourraient renoncer à l’idéal d’une société vraiment juste, les femmes doivent faire appel à
des armes intellectuelles : « la force de la raison » et « les étendards de la philosophie », la
philosophie étant présentée ici comme une allégorie. Les conséquences d’un tel soulèvement se
trouvent formulées au milieu de ce troisième mouvement : « vous verrez bientôt ces orgueilleux, nos
serviles adorateurs rampant à vos pieds ». Ainsi, l’union des femmes suffirait à renverser la position
de chacun dans la société. Le futur semble prendre valeur de certitude accentué par l’adverbe de
temps « bientôt » qui indique une proximité dans le temps. Tandis que l’ensemble du texte marque
régulièrement une franche séparation entre les hommes et les femmes, l’autrice montre que l’autre
conséquence attendue serait une union des deux sexes. Le verbe « partager » le corrobore et atteste
de l’avantage pour tous d’adopter jusqu’au bout les principes de la Révolution. La périphrase « être
suprême » désignant Dieu rappelle une nouvelle fois les idées révolutionnaires d’Olympe de Gouges
sur la question de Dieu et l’ Eglise. Les verbes « pouvoir » et « vouloir » se font écho dans la dernière
phrase sur le plan sonore. Cela confirme combien ces deux verbes sont liés à une même action. Par
ailleurs, l’autrice minimise l’ampleur de la tâche que représente ce soulèvement des femmes avec la
tournure négative restrictive « vous n’avez qu’à le vouloir ». Cette dernière phrase insiste donc sur le
pouvoir d’émancipation des femmes et leur adresse un message fort d’encouragement et d’espoir.
Par leur volonté et leur courage, les citoyennes sont aptes à vaincre « les barrières » des préjugés et
inégalités sociales car ce sont des êtres de raison et de caractère.

En conclusion, le début de ce postambule appelle avec force les femmes à se soulever. Mais loin de
considérer que les femmes ne sont que des victimes des hommes oppresseurs, Olympe de Gouges
signale aussi avec force la grande part de responsabilité des femmes dans leur propre situation. En
les plaçant du côté des accusées, l’autrice doit « réveiller » les consciences pour obtenir le
mouvement de révolte qui aboutira à une société vraiment idéale, dans laquelle les deux sexes
finiront par conclure au partage. On peut proposer un prolongement avec un texte de Théroigne de
Méricourt, militante active lors de la Révolution et qui a participé à la prise de la Bastille. Elle réclame
en 1792 la création d’une « phalange d Amazones » sorte de garde nationale féminine. Elle prononce
un discours à la société fraternelle des minimes en 1792 qui rappelle celui de notre autrice :
« Françaises(…) élevons-nous à la hauteur de nos destinées, brisons nos fers. Il est temps enfin que
les femmes sortent de leur honteuse nullité où l’ignorance, l’orgueil et l’injustice des hommes les
tiennent asservies depuis si longtemps »

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