5 - Acr 2026
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N° Validation : 2005202505
Cours De Résidanat
Objectif : 05
Arrêt cardio-circulatoire
Physiopathologie, Diagnostic et Traitement
Objectifs :
1) Décrire les différentes phases du potentiel d’action au niveau du tissu nodal
et du myocarde et sa régulation nerveuse.
2) Décrire les différentes étapes de réalisation et l’aspect normal d’un
électrocardiogramme.
3) Expliquer les conséquences des modifications tissulaires et métaboliques
de l’anoxie par arrêt cardio-respiratoire.
4) Établir le diagnostic positif et étiologique d’un arrêt cardio-respiratoire.
5) Reconnaître les différents signes électrocardiographiques au cours de
l’arrêt cardio-respiratoire
6) Décrire les différents éléments de la chaîne de survie.
7) Planifier la prise en charge thérapeutique d’un arrêt cardio-respiratoire
8) Décrire les modalités de mise en place des différents actes thérapeutiques
utilisés dans la prise en charge d’un arrêt cardio-respiratoire
9) Décrire le mécanisme d’action et les principales propriétés
pharmacocinétiques des différents médicaments utilisés dans le traitement
de l’arrêt cardio-respiratoire
10) Planifier la prise en charge de l’arrêt cardio-respiratoire chez un nouveau-
né en salle de naissance.
Introduction :
L’arrêt cardio-circulatoire (AC) est défini comme l’interruption brutale de la circulation et de
la ventilation. Les recommandations sur l’AC sont établies par les sociétés savantes (ERC,
AHA…) et sont révisées périodiquement.
L’ACR a pour origine une défaillance respiratoire ou circulatoire. Il peut survenir de manière
brutale ou au contraire être précédé de signes annonciateurs qui, détectés précocement,
permettent l’optimisation de la prise en charge voire la prévention de l’ACR.
Le pronostic des ACR dépend de la rapidité avec laquelle une circulation spontanée est rétablie.
Un enchaînement très rapide des secours permet d’atteindre cet objectif, il constitue la chaîne
de survie où chaque maillon représente une pièce indispensable à l’amélioration du pronostic.
Comme toutes les cellules vivantes, les cellules cardiaques sont polarisées, c’est à dire qu’il existe
au repos une différence de potentiel entre l’intérieur et l’extérieur de la cellule (entre -80 et -90 mV
pour les cellules du muscle cardiaque et certaines cellules du tissu nodal et de -60 mV pour les cellules
des nœuds sino-atrial (SA) et auriculo-ventriculaire (AV). Cette différence de potentiel
transmembranaire est due à une répartition ionique inégale. Le milieu intracellulaire est riche en K+
(×30) et le milieu extracellulaire est riche en Na+ (×10) et Ca++ (×10-100). Ce potentiel est maintenu
grâce à l’action de la pompe Na/K ATPase. (figure 1)
Au niveau du tissu nodal, ce potentiel est instable et est représenté par une phase de dépolarisation
diastolique. La valeur du potentiel la plus électronégative est le potentiel diastolique maximal (PDM).
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Le potentiel de membrane des cellules du tissu nodal n’est pas stable au repos à la différence de celui
des cellules musculaires. La membrane se dépolarise spontanément jusqu’à ce que le seuil soit atteint
et qu’elle donne naissance au potentiel d’action.
La phase de dépolarisation diastolique est déterminée par trois mécanismes :
a. Diminution progressive de la perméabilité au K+ : Les canaux K+ qui se sont ouverts au cours
de la repolarisation, se ferment progressivement.
b. Ouverture des canaux Na+f (If: Funny): Ces canaux entrainent un courant dépolarisant par
entrée de Na+ et sortie de K+.
c. Ouverture de canaux Ca2+ de type T (transitoire) entraînant une entrée de Ca2+ dans la cellule.
Figure 2 : a) potentiel de membrane recueilli dans une cellule musculaire du ventricule
b) Perméabilité mesurée simultanément au potassium (K+), au sodium (Na+) et au
calcium (Ca2+) au cours du potentiel d’action (Physiologie humaine, Vander)
Une fois le potentiel pacemaker atteint le seuil, un PA est déclenché. Ce PA diffère selon le type de
la cellule nodale :
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NB :
Potentiel seuil : potentiel suffisant pour entraîner un PA (-70mV pour les canaux sodiques des
cellules à réponse rapide et -40mV pour les canaux calciques des cellules à réponse lente)
Périodes réfractaires (figure 4): pas de réponse normale quel que soit l’intensité de la stimulation
- absolue : phases 0, 1, 2 et moitié de la phase 3: pas de réponse - efficace: pas de réponse propagée
- relative : réponse locale puis propagée
Le potentiel d’action du nœud sinusal a une pente plus raide lors de la phase de dépolarisation
diastolique (figure 5): cellules pacemaker du cœur. Si le nœud sinusal ne dépolarise pas
l'oreillette, ou si l'influx n'atteint pas le nœud AV, le centre sous-jacent va exprimer son
automatisme à sa fréquence propre, plus lente: 50 environ pour le nœud AV, 40 - 35 pour la zone
nodo- hisienne et 35 - 30 pour la partie distale des fibres de Purkinje.
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2- Décrire les différentes étapes de réalisation et l’aspect normal d’un
électrocardiogramme.
L’électrocardiogramme (ECG) est l’enregistrement de l’activité électrique du cœur se déplaçant
dans le temps et correspondant à la dépolarisation et la repolarisation du myocarde.
1- Techniques d’enregistrement :
Le patient doit être couché sur un lit, dans une chambre de température agréable. Les opérations
suivantes seront réalisées:
Placer les électrodes périphériques (enregistrement des dérivations du plan frontal: I, II,
III, aVR, aVL , aVF) sur les 4 extrémités (rouge bras droit, jaune bras gauche, verte
jambe gauche et noire jambe droite) et six précordiales (enregistrement des dérivations
précordiales V1 à V6) sur le thorax.
Ajuster la ligne de base afin d’assurer un enregistrement centré sur le papier.
Contrôler la calibration de l'ECG: hauteur de la déflexion de calibration est de 10 mm
(= 1 mVolt).
Enregistrer le déroulement du papier à la vitesse standard de 25 mm/s.
Enregistrer au moins 20 cm de chaque dérivation.
2- Les dérivations cardiaques
L’ECG peut être obtenu en utilisant une électrode active reliée à une électrode indifférente de
potentiel zéro (enregistrement unipolaire) ou avec deux électrodes actives (enregistrement
bipolaire). (figure 7)
Il s’enregistre à partir de divers points (dérivations) donnant naissance à des courbes de morphologies
différentes, toujours dans l’ordre: onde P, complexe QRS et onde T. On utilise pour faire un ECG les
12 dérivations de base: 6 dérivations sur le plan frontal (DI, DII, DIII,aVR, aVL et aVf et 6 sur le
plan horizontal (V1-V6).
- Les dérivations bipolaires :
Ces dérivations enregistrent l’activité cardiaque entre 2 points du corps. Elles sont placées sur les
bras droit et gauche, ainsi que sur le pied gauche. On relève ainsi les différences de potentiel
o DI : entre les bras gauche et droit, C’est un angle nul
o DII : pied gauche et bras droit, c’est un angle +60°
o DIII : pied et bras gauches, c’est un angle +120°
- Les dérivations unipolaires : (figure 7)
En clinique, on utilise 9 dérivations : 6 thoraciques appelées les précordiales (V1-V6) et 3
dérivations unipolaires des membres :
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Figure 9: Phénomènes électriques : électrocardiogramme
Rythme cardiaque
Le rythme normal du cœur est sinusal (toutes les ondes P sont suivies d'un QRS) et régulier.
Fréquence cardiaque
La fréquence sinusale au repos se situe entre 60 à 100/minute, on parle de bradycardie sinusale
lorsqu’elle est <60/minute et de tachycardie sinusale >100/minute. On peut mesurer la fréquence
cardiaque sur le tracé ECG avec une règle d’ECG adéquate ou par une méthode simple qui consiste
à diviser le chiffre de 300 par le nombre d’espaces séparés d’une ligne épaisse verticale (= 0.2 s) entre
2 RR consécutifs (vitesse de déroulement de 25 mm/s).
Onde P
L’onde P est arrondie, son hauteur est de 2.5 mm et sa largeur de 0.10 s. Elle est le mieux
visible en II ou V1, elle est positive en I et II et en général biphasique en V1. Elle correspond à la
phase 0 du PA auriculaire.
Intervalle PR
L’intervalle PR représente la durée du début de la dépolarisation auriculaire jusqu’au début de la
dépolarisation ventriculaire : temps de conduction AV.
Valeurs normales: 0.12-0.20 s
Intervalle QT
L’intervalle QT représente la somme de la dépolarisation (QRS) et de la repolarisation
(ST)-T). Il correspond à tout le PA.
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Défaillance myocardique :
La défaillance myocardique est souvent au premier plan responsable du choc post arrêt
cardiaque (mixte : cardiogénique et périphérique). Elle est caractérisée par une dysfonction
systolique sévère mais réversible. La dysfonction ventriculaire gauche débute de façon précoce
dès les premières minutes suivant la restauration d’une activité circulatoire spontanée et est
complètement réversible dans un délai de 48 à 72 heures.
La reperfusion d’un tissu myocardique ischémié génère des lésions supplémentaires qui
s’ajoutent à celles induites par l’interruption circulatoire, et met en route une cascade de
phénomènes pouvant aboutir à des lésions cellulaires irréversibles.
Il existe 4 formes de lésions de reperfusion :
• Les troubles de rythme ventriculaires
• Les arythmies de reperfusion
• La sidération myocardique : persistance de la dysfonction myocardique après
revascularisation alors que la perfusion est rétablie ; la durée est de quelques heures à
plusieurs jours ; la fonction est stimulable par des catécholamines.L’hibernation
myocardique : forme d’autoprotection dans laquelle le myocarde ischémié devient
hypocontractile pour adapter sa consommation d’O2 au faible transport d’O2. L’étendue
est variable, mais il n’y a pas de nécrose. La fonction de ce myocarde est stimulable par
des catécholamines; elle est récupérable en cas de geste de revascularisation, si la cause est
un syndrome coronarien, en quelques heures à quelques jours.
Défaillance neurologique
Les lésions neurologiques anoxo-ischémiques entraînent la majorité des décès observés chez
les patients réanimés d’un arrêt circulatoire. Ces lésions neurologiques peuvent habituellement
être décelées à partir du 3ème jour de prise en charge post-arrêt.
Les dégâts tissulaires cérébraux initiés par l’interruption circulatoire s’accentuent au cours de
la phase de reperfusion. Une réaction hyperhémique peut contribuer à la constitution d'un
œdème cérébral.
Autres défaillances d’organes :
• Anomalies de la coagulation :
De très nombreuses anomalies de la coagulation ont été décrites durant et après les
manœuvres de réanimation. Les deux systèmes coagulation/anticoagulation,
fibrinolyse/antifibrinolyse sont activés chez les patients récupérant une activité circulatoire
spontanée après un arrêt circulatoire.
Ces altérations de la coagulation, associés à l’état inflammatoire majeur qui suit l’arrêt
cardiaque vont encore venir aggraver les lésions d’ischémie et de reperfusion.
• Insuffisance rénale aigue
• Insuffisance surrénalienne relative
• Défaillance hépatique
In fine, la conséquence est l’installation du syndrome de défaillance multiviscérale.
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B. Diagnostic étiologique
L'ACR peut être causé par l’obstruction des voies aériennes, par une détresse respiratoire
ou par une défaillance circulatoire
1. Une obstruction des voies aériennes
Les causes peuvent être diverses :
• Dépression du système nerveux central : par perte de contrôle des voies aériennes et
altération des réflexes de protection.
• Inhalation de sang, de vomissements ou de secrétions
• Corps étranger (tels que des dents ou des débris alimentaires)
• Traumatisme direct : facial ou de la gorge
• Epiglottite
• Gonflement pharyngé (infection ou œdème)
• Laryngospasme ou Bronchospasme
• Obstruction de l’orifice de trachéostomie
2. Une détresse respiratoire
Quelle que soit sa cause, toute détresse respiratoire peut aboutir à un ACR par hypoxémie.
3. Une défaillance circulatoire
Les causes cardiaques prédominent chez l’adulte (80%).
Les cardiopathies ischémiques, surtout à la phase aiguë de l’infarctus du myocarde, sont à
l’origine de nombreux arrêts cardio circulatoires par troubles du rythme ventriculaire ou
troubles conductifs graves. Cependant, la mort subite est une cause fréquente de décès chez
les patients ayant une valvulopathie, une cardiomyopathie ou des troubles du rythme ou de
la conduction idiopathique. Devant tout ACR, la recherche de causes réversibles (figure
12) s’impose pour pouvoir les corriger rapidement et augmenter les chances de
récupération. Les 4 H :
Hypoxie
Hypovolémie
Hypothermie
Hyperkaliémie, Hypokaliémie ou autre trouble métabolique
Les 4 T :
Tamponnade
PneumoThorax sous tension (Tension pneumothorax)
Toxiques
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Figure 16: Tracé ECG monoclonal montrant des exemples d’activité électrique sans pouls
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Si plus d’un secouriste est présent, la RCP devrait être poursuivie pendant que les
électrodes sont collées sur la poitrine.
Il peut indiquer ou non une défibrillation qui sera administrée par le sauveteur qui
veille à la sécurité : aucune personne ne touche la victime au moment du choc.
1ère situation : Si le choc est indiqué, veiller à la sécurité et reprendre
immédiatement les compressions thoraciques.
2ème situation : Si le choc n’est pas indiqué, redémarrer immédiatement les
compressions en alternance avec les insufflations.
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d. Traitement des causes réversibles
Les causes réversibles doivent être recherchées au démarrage de la réanimation pour pouvoir
les traiter.
Les quatre H :
• L’hypoxie
Minimiser le risque d’hypoxie en garantissant une ventilation adéquate des poumons du
patient avec un apport d’oxygène à 100%.
S’assurer de la présence d’un soulèvement adéquat du thorax et de bruits respiratoires
bilatéraux. L’intubation oro-trachéale est la technique indiquée pour sécuriser les voies
aériennes et pour optimiser la ventilation. Il faut s’assurer que le tube trachéal ne s’est pas
déplacé vers l’une des bronches ou dans l’œsophage.
• L’hypovolémie
Une activité électrique sans pouls causée par une hypovolémie est provoquée le plus souvent
par une hémorragie sévère. Les signes de l’hémorragie peuvent être évidents (par exemple un
traumatisme) ou cachés (par exemple hémorragie gastro-intestinale ou rupture d’un anévrisme
de l’aorte). La volémie intravasculaire devrait être restaurée rapidement par remplissage
liquidien et transfusion de sang, associé à un geste chirurgical en urgence pour arrêter
l’hémorragie.
• Les troubles métaboliques
L’hyperkaliémie, l’hypokaliémie, l’hypoglycémie, l’hypocalcémie, l’acidémie et les autres
troubles métaboliques sont détectés par des tests biochimiques ou suggérés par les antécédents
médicaux du patient, par exemple une insuffisance rénale.
o Traitement de l’hyperkaliémie : associant
Un traitement antagonisant : chlorure de calcium à 10 % : 10 ml (6,8 mmol)
en IV ou gluconate de calcium à 10% :30 ml en IV
Un traitement hypokaliémiant
o Traitement de l’hypokaliémie : une perfusion de KCl à raison de 20 mmol en 2-3
minutes à répéter jusqu’à ce que la kaliémie se normalise. Une perfusion de sulfate de
magnésium est aussi indiquée.
• L’hypothermie
Elle doit être suspectée devant toute noyade ou exposition au froid. La température doit être
monitorée.
On procède à un réchauffement : extraction de l’environnement froid, isolation du corps grâce
à des couvertures chauffantes ou par feuille d’Aluminium et un environnement chaud.
La réanimation est prolongée tant que le corps est en hypothermie : car les signes de vie sont
difficiles à évaluer.
Un cœur en hypothermie répond très peu aux médicaments et aux chocs électriques.
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9- Décrire le mécanisme d’action et les principales propriétés
pharmacocinétiques des différents médicaments utilisés dans le
traitement de l’arrêt cardio-respiratoire
Le tableau I résume les propriétés et les doses des principaux médicaments utilisés
lors de la réanimation d’un ACR
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10- Planifier la réanimation d’un nouveau-né en salle de naissance
10.1. Préparation et Anticipation des situations à risque
Le besoin potentiel de réanimation doit être anticipé pour chaque accouchement. Pour éviter
toute perte de temps, une check-list du matériel de réanimation et l’optimisation de
l’environnement de réanimation doivent être vérifiées quotidiennement et avant chaque
naissance.
L’Anticipation passe par la recherche des facteurs de risque qui augmentent la probabilité de
besoin de réanimation (tableau II).
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10.2. Principes généraux de la réanimation en salle de naissance :
10.2.1. Principes généraux : selon la règle dite ABCDE (Airways, Breathing, Circulation,
Drugs, Environnement et Ethique).
10.2.2. Boucle Action –évaluation – décision :
La prise de décision s’appuie sur une boucle évaluation – décision –action qui permet
d’ajuster rapidement les gestes en fonction de l’évolution clinique du nouveau-né.
10.3. Conduite pratique :
Un Briefing doit être réalisé avant l’accouchement pour anticiper les situations particulières et
répartir les rôles. Les caractéristiques suivantes doivent être évaluées :
● Le nouveau-né est-il à terme ?
● Le liquide amniotique est-il clair ?
● Est-ce que le nouveau-né crie ou respire ?
● Le nouveau-né a-t-il un bon tonus musculaire ?
Si la réponse aux qautre questions est positive, nous ne sommes pas dans le cadre d’une
réanimation néonatale. Dans ce cas un clampage tardif de cordon (30 -60s) peut permettre une
augmentation de la volémie de 25% (20ml/kg).
Si la réponse à l’une des quatre questions est négative les gestes de réanimation doivent être
envisagés selon l’algorithme détaillé dans la figure 18.
10.3.1. Airways : Etape préliminaire : durée 30 secondes
Le chronomètre est démarré dès que le nouveau-né est posé sur la table de réanimation en
décubitus dorsal, la tête dans l’axe du corps, en position neutre :
On applique trois électrodes ECG, un capteur de SpO₂ sur la main droite et une sonde thermique
cutanée au niveau de l’hypochondre droit.
Aspiration si encombrement obstructif (présence de liquide méconial épais ou de caillots de
sang) : on aspire d’abord la bouche, puis le nez.
Le nouveau-né est séché avec un drap sec et chaud pour prévenir le refroidissement, tandis que
le prématuré de moins de 32 semaines d’aménorrhée (SA) est directement enveloppé dans un
sac en polyéthylène, sans séchage préalable.
La stimulation est effectuée par une friction douce au niveau du dos ou par de légers
tapotements (pichenettes) sur la plante des pieds, afin de déclencher les mouvements
respiratoires.
Évaluer l’état du nouveau-né qui repose sur le : respiration efficace et régulière, la fréquence
cardiaque >100 bpm
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10.3.2. Breathing :
a- Ventilation à pression positive (VPP) au masque : durée 30 secondes à 1 min
Trois indications :
- Absence de ventilation spontanée efficace
- Apnée ou gasps
- Fréquence cardiaque < 100 bpm.
Trois contre-indications absolues :
- La hernie diaphragmatique diagnostiquée en anténatale.
- Pneumothorax
- Défect de la paroi abdominale (laparoschisis, omphalocèle...)
NB : Depuis 2015, le liquide méconial n’est plus une contre-indication à la ventilation au
masque même si le nouveau-né est non vigoureux.
La fréquence des insufflations est de 40 à 60 cycles/min avec un temps inspiratoire long de 2 à
3 secondes les 5 premières insufflations afin de favoriser le recrutement alvéolaire.
La FiO2 est initiée à 21 % chez les nouveau-nés à terme et entre 21 et 30 % chez ceux de moins
de 35 SA, puis ajustée en fonction de la SpO₂ préductale.
L’efficacité de la ventilation est jugée au bout de 30 secondes.
Si la FC ne remonte pas et que le thorax ne se soulève pas, l’acronyme FOP guide les actions :
• F : Fuites : vérification du matériel, repositionnement du masque.
• O: Obstruction : aspiration, ouverture de la bouche ; en cas de liquide méconial une
aspiration trachéale est effectuée pour lever l’obstacle.
• P : Pressions sont-elles insuffisantes (ampliation thoracique insuffisante) ? ou les
pressions sont excessives ayant été à l’origine d’un pneumothorax.
b. Intubation endo-trachéale (Breathing) :
L'intubation endotrachéale est indiquée en cas de ventilation en pression positive inefficace
(Fc<60batt/min au bout de 30s de VPP), prolongée (VPP >60s) ou d’emblée en cas de contre-
indication à la ventilation au masque.
Si l'intubation trachéale est impossible ou a échoué, notamment en cas de malformation, la VPP
sur masque doit être poursuivie en attendant l’application d’un masque laryngé.
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