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1. LE MONDE EN 1945
Les enjeux de la question
- Avant de faire le bilan de la guerre il faut d’abord la conclure. La fin de la guerre
occupe la plus grande partie de l’année 1945.
- Vous devez aborder l’ensemble des espaces mondiaux, en tout cas ne pas concentrer
le propos exclusivement sur l’Europe et les États-Unis. Ce sont les thèmes qui
permettent de présenter des cas géographiquement répartis sur l’ensemble de
la planète.
- Vous devez présenter la situation dans laquelle le monde se trouve à l’issue de la
Seconde Guerre mondiale en qualifiant, en classant les éléments que vous allez
isoler.
À éviter
- Le plan ne peut pas être un découpage géographique de type continental ou
par pays. Surtout vous ne devez pas oublier de faire état de la fin de la guerre
qui dure jusqu’au 8 mai en Europe, jusqu’au 2 septembre en Asie.
- Vous ne devez pas raconter la guerre.
- Vous ne devez pas polariser votre propos sur les rivalités entre Occidentaux
et Soviétiques, dans une guerre froide anticipée, qui viendrait à la fin du devoir
ou en conclusion.
Une citation pour entrer dans la copie
Ne livrez pas de citation pour elle-même. L’enjeu est de donner sens à la citation
choisie pour le devoir. Elle ne doit pas être artificiellement reliée au sujet sinon elle perd
de sa pertinence. À une citation mal reliée préférez une entrée historicisée.
« Albert Camus, à propos de l’explosion de la première bombe atomique sur Hiroshima,
dans un éditorial du journal Combat, le 8 août 1945, déclare « … la civilisation mécanique
vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie ». Publiée dans un journal fondé par la
Résistance en 1942, cette formule peut sans aucun doute être étendue à un ensemble
de pratiques subies par les populations du monde pendant la Seconde Guerre mondiale
qui trouve son terme en 1945 ».
À partir de là vous poursuivez l’introduction pour définir les enjeux du sujet. La
citation n’est pas une obligation, une entrée historicisée, un exemple servant à entrer
dans le sujet suffit tout à fait pourvu qu’il lui soit relié. Par exemple,
« La capitulation sans condition de l’Allemagne le 8 mai et du Japon le 2 septembre
permet aux puissances victorieuses de clore un épisode majeur de l’histoire de
l’humanité… ».
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10 1. Le monde en 1945
Revenir ici sur l’événement guerre mondiale.
« Depuis 1939 le monde est engagé dans une guerre totale qui mobilise l’ensemble
des forces (militaires, sociales, économiques, culturelles…) mais aussi mondiale car
rares sont les États du globe qui peuvent y échapper. Les multiples théâtres d’opération,
les pays engagés dans la guerre, les colonies et les dominions dont les métropoles font
la guerre, les pays réalisant des échanges avec les pays en guerre font que le monde
dans sa quasi-totalité est intégré à ce conflit ».
Posez quelques questions simples mais nécessaires :
« Dans quels états matériels, économique, diplomatique, politique et moral le monde
sort-il de la Seconde Guerre mondiale ? »
u Problématique
Les questions ne font pas la problématique, il faut rédiger cette dernière en affirmant
le fil conducteur de votre pensée, ce qui structurera le plan du développement.
« L’ensemble des belligérants participent à laisser le monde dans un état de
destruction et de traumatisme jamais atteint, tant la guerre conduite pour anéantir les
États totalitaires allemand et italien et l’État autoritaire japonais a donné naissance à
des pratiques d’une violence inouïe.
En 1945 le monde doit d’abord finir une guerre, qui le laisse à la fois traumatisé et
détruit mais aussi en pleine reconstruction ».
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1. Le monde en 1945 11
LE SUJET CORRIGÉ
Introduction dans sa totalité
« Albert Camus, à propos de l’explosion de la première bombe atomique sur Hiroshima,
dans un éditorial du journal Combat, le 8 août 1945, déclare « … la civilisation mécanique
vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie ». Publiée dans un journal fondé par
la Résistance en 1942, Cette formule peut sans aucun doute être étendue à un ensemble
de pratiques subies par les populations du monde pendant la Seconde Guerre mondiale
qui trouve son terme en 1945. Depuis 1939 le monde est engagé dans une guerre totale
qui mobilise l’ensemble des forces (militaires, sociales, économiques, culturelles…) mais
aussi mondiale car rares sont les États du globe qui peuvent y échapper. Les multiples
théâtres d’opération, les pays engagés dans la guerre, les colonies et les dominions dont
les métropoles font la guerre, les pays réalisant des échanges avec les pays en guerre font
que le monde dans sa quasi-totalité est intégré à ce conflit.
Dans quel état matériel, économique, diplomatique, politique et moral le monde
sort-il de la Seconde Guerre mondiale ? L’ensemble des belligérants participent à laisser
le monde dans un état de destruction et de traumatisme jamais atteint, tant la guerre
conduite pour anéantir les États totalitaires allemand et italien et l’État autoritaire
japonais a donné naissance à des pratiques d’une violence inouïe.
En 1945 le monde doit d’abord finir une guerre, qui le laisse à la fois traumatisé et
détruit mais aussi en pleine reconstruction ».
Attention à la formulation
Évitez les formules lourdes comme « Dans une première partie nous… puis dans une
deuxième nous… et enfin… ». À partir de la formulation de la problématique le plan doit
apparaître en 2 ou 3 points. Une seule partie c’est insuffisant, plus de trois c’est trop. Il faut
penser à structurer la démonstration et à le monter dans la copie en aérant cette dernière
(aller à la ligne, créer des paragraphes, un paragraphe d’une page entière voire plus c’est trop
long). Au pire faites un paragraphe par sous partie. Le développement doit être équilibré et
mené à son terme. Le plan annoncé en introduction doit être suivi dans le développement.
Proposition de plan sous forme détaillée. Il faut rédiger l’ensemble de la copie, ne
mettez pas de titres.
1. Le monde finit la guerre : la fin d’une guerre totale
A. La fin de la guerre en Europe
Après le débarquement des troupes alliées en Normandie de juin 1944, la libération
de l’Europe occidentale est ralentie dans les Ardennes au début de l’année 1945, puis
reprend sa progression vers l’Allemagne au mois de février.
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12 1. Le monde en 1945
L’armée rouge poursuit la libération de l’Europe orientale, la Pologne en février après
avoir attendu que les Allemands réduisent Varsovie (il ne reste plus dans la ville que 10 %
de sa population de 1939). Berlin est l’objectif. La capitale allemande est atteinte à la fin
du mois d’avril et prise le 2 mai après une résistance particulièrement meurtrière. La
rencontre entre les armées alliées se réalise sur l’Elbe le 25 avril à l’Ouest, et en Autriche
au Sud.
La capitulation allemande est signée à Reims et Berlin le 8 mai. Les combats conti-
nuent pour libérer Prague le 9 mai, pour la fin de la guerre en Yougoslavie le 15 mai. La
guerre est finie en Europe.
B. La fin de la guerre en Asie
L’armée des États-Unis reconquiert pas à pas les îles du Pacifique et se rapproche du
Japon. Les Philippines en février 1945, Iwo Jima en mars transformée en base aérienne
d’où il est possible d’atteindre le Japon, puis Bornéo, les Mariannes, Okinawa. Le Japon
est désormais soumis à des bombardements stratégiques.
Parallèlement les Britanniques libèrent la Birmanie des troupes japonaises, puis la
Malaisie. Cependant les prévisions militaires envisagent pour conduire la guerre à sa fin
une durée encore longue et des pertes élevées, même si l’URSS rejoint les adversaires du
Japon en août 1945. Le président Truman choisit d’utiliser la bombe atomique testée à la
mi-juillet. Hiroshima le 6 août et Nagasaki le 9 sont l’objet d’un bombardement nucléaire,
ce qui pousse le Japon à accepter la capitulation, le 2 septembre 1945.
C. La difficile reprise en main des territoires
En quittant les territoires qu’ils occupaient les Japonais ont laissé des situations
originales et difficiles. En Indonésie le départ de Japonais est aussi accompagné d’une
proclamation d’indépendance le 17 août, créatrice de tensions avec les autorités néerlan-
daises qui entendent reprendre leur possession coloniale. En Indochine, le jour de la
capitulation les communistes vietnamiens proclament l’indépendance du Vietnam
(déclaration d’Ho Chi Minh) alors que les autorités françaises entendent s’y réinstaller.
Les territoires coloniaux ont contribué à la victoire en fournissant des hommes (l’armée
française d’Italie est composée de soldats originaires d’Afrique du Nord), des matières
premières énergétiques, industrielles, alimentaires, manifestent pour certains d’entre eux
des velléités d’autonomie voire d’indépendance. Les métropoles réagissent avec fermeté,
voire d’une façon répressive disproportionnée comme lors des événements de Sétif et
Guelma en mai 1945 en Algérie, où le bilan humain est l’objet d’un conflit mémoriel.
Une transition entre les parties pour rappeler l’articulation du travail.
La guerre se termine par la victoire de la Grande Alliance, la disparition des États à
l’origine de cette guerre, mais cette victoire est réalisée au prix fort d’un monde détruit.
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1. Le monde en 1945 13
2. Un monde traumatisé et détruit : les effets
d’une guerre totale
Il faut aller du général au particulier, ne pas simplement lister mais donner les expli-
cations nécessaires sur certains points du bilan.
A. Un très lourd bilan humain
Une mortalité très élevée : au moins soixante millions de morts, soit 2,5 % de la
population mondiale. Plus de la moitié des victimes sont des civils. L’URSS est le pays le
plus touché avec au moins vingt et un millions de morts, peut-être vingt-huit millions
(un tiers du total), militaires notamment de l’infanterie, civils victimes du passage de
l’armée allemande et des Einsatzgruppen, mais aussi populations déportées par les
autorités soviétiques elles-mêmes. L’Allemagne est touchée à hauteur de huit millions de
morts. En rapport de la population présente en 1940 c’est la Pologne qui est la plus touchée
essentiellement des populations civiles (5,4 millions de morts, 15 % de sa population). Le
Japon est aussi fortement touché avec trois millions de morts dont trois cent mille civils,
mais leur nombre est impossible à établir de façon assurée. La France est beaucoup moins
touchée que pendant le premier conflit mondial avec six cent mille morts dont trois cent
cinquante mille civils. Les militaires français morts le sont lors de la campagne de France
de 1940 et lors de la libération du territoire et la victoire sur l’Allemagne à laquelle une
armée française nouvelle participe. Éloignés des théâtres des combats les États-Unis dont
les morts s’élèvent à trois cent mille ont très peu de morts civils.
Le bilan de certains États est mal connu tout en étant très élevé, par exemple plus
de trois millions d’Indonésiens et plus d’un million d’Indochinois ont succombé lors
de ce conflit.
B. Des effets moraux sans précédent
Reprenons le terme d’Albert Camus, « sauvagerie ». Sans placer sur un plan d’égalité
l’ensemble des comportements rencontrés pendant la guerre le conflit laisse un monde
traumatisé dans de nombreux domaines…
Le génocide de Juifs et des Tziganes devient selon l’expression du philosophe Alain
Finkelkraut le « paradigme des génocides ». Sept millions de personnes trouvent la mort
lors d’une véritable entreprise industrielle de la mort associant déportations, asservis-
sement, faim, exterminations, exécutions, destruction des corps, marches de la mort,
dans un système nommé à partir de 1942 « la solution finale ». 1945 est l’année de la
découverte et de l’ouverture des camps notamment en janvier de la structure complexe
de travail et d’extermination d’Auschwitz.
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14 1. Le monde en 1945
À un degré moindre mais avec une mortalité élevée les comportements de l’armée
japonaise laissent aussi des traces morales durables (au point d’être encore aujourd’hui
sujet d’hostilité en Asie). Des camps de prisonniers voués à la mort, la déportation de
centaines de milliers de jeunes femmes notamment coréennes pour la prostitution de
l’armée japonaise en campagne.
Les États-Unis utilisent contre les populations civiles l’arme atomique au bilan réel
difficile à établir, ils font donc entrer le monde dans une nouvelle ère, celle de l’atome.
Les soldats américains lors de la reprise de certaines îles du Pacifique ont l’ordre de ne
pas faire de prisonniers avec la violence que cela sous-entend. L’exemple du bombar-
dement de Dresde en février 1945, montre également l’emploi contre les civils d’un
armement nouveau en l’occurrence des bombes au phosphore lors de bombardements
dits stratégiques. Le bilan moral peut aussi être complété par l’attitude de population en
zones occupées. Des groupes entiers ont choisi de participer à la guerre du côté des États
totalitaires au prix d’actions contre leurs propres concitoyens (les Oustachis croates, les
miliciens français…) Les dénonciations contre les Juifs, les résistants ont aussi animé les
comportements de personnes ordinaires dans une guerre qui ne l’était pas.
S’il s’agit bien ici de montrer que tous les belligérants à des échelles différentes ont
participé au lourd bilan moral de la guerre il ne faut pas les mettre tous sur le même plan.
C. Un monde en partie détruit
Au bilan humain et moral très lourd répond un bilan matériel difficile à établir avec
assurance, produit d’une guerre d’anéantissement.
Pensez à classer les destructions par thèmes avec les incidences sur les situations de
sortie de guerre.
Un potentiel de production détruit notamment en Europe et en Asie. Des terres
agricoles, ont été détruites par les combats mais aussi par la politique de la terre brûlée en
URSS à l’arrivée des Allemands. De très nombreuses unités de productions industrielles
ont disparu lors de bombardement réduisant les potentiels de production.
De nombreux axes de communication (routes, ponts, voies ferrées) ont été endommagés
y compris par les nationaux lors d’action de résistance (les résistants français notamment,
voir le film de René Clément, La bataille du rail tournée en 1945). De nombreux ports
européens comme Cherbourg, Le Havre, Dunkerque, Rotterdam, Anvers… sont inuti-
lisables d’autant plus que les navires des marines marchandes parfois reconvertis en
navires de guerre ont disparu.
Si le regard est attiré par les villes martyres détruites comme Stalingrad, Minsk,
Varsovie, Berlin, Tokyo, Dresde, Manille, Hambourg… ou encore en France Caen,
Saint-Lô, Le Havre…, des centaines de milliers de villages ont été rasés, les biens immobi-
liers anéantis (trois cent mille maisons et immeubles en France).
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1. Le monde en 1945 15
À la destruction matérielle les États belligérants est associé un énorme endettement
public, qui obère les capacités de reconstruction et rend les États encore plus dépendants
de la puissance américaine.
3. Un monde en reconstruction : un monde nouveau,
politiquement, économiquement
A. Les efforts de reconstruction économique
En 1945 les institutions créées par les vainqueurs dans les accords de Bretton Woods
de 1944 signés par 44 Nations alliées, se mettent en place. Une banque mondiale, formée
de la BIRD (Banque internationale pour la reconstruction et le développement) et de
l’AID (Association internationale de développement) et un Fonds Monétaire International
organisent la reconstruction et le développement économique. La coopération économique
est bien perçue comme un moyen de construire et de maintenir une paix durable. Dans
ce système financier le dollar est la monnaie de référence.
Dans bon nombre d’États la sortie de guerre se traduit par la mise en place de système
de protection des hommes et des femmes ayant vécu les difficultés de la guerre. Après le
rapport Beveridge de 1942 en Angleterre, se met en place en 1945, par la législation une
politique de protection sociale appelée Welfare state, que l’on traduit aujourd’hui par
État social. La prise en compte des sacrifices consentis pour la victoire se traduit par un
salaire protégé, un encadrement de l’accès à la santé ouverte à tous et financée par l’État,
une protection de la vieillesse par des systèmes de retraite… Le Gouvernement Provisoire
de la République Française applique des mesures équivalentes issues du programme du
Conseil National de la Résistance.
Les nouveaux États pratiquent également le contrôle économique par des programmes
de nationalisations (secteurs énergétiques, bancaire, des transports…). Face aux pénuries
européennes et asiatiques des États producteurs éloignés des zones de combat alimentent
en matières premières les échanges mondiaux. Ils appartiennent au groupe des « pays
neufs », sont américains (Brésil, Argentine, Canada), océaniens (Australie, Nouvelle
Zélande) et refondent les équilibres mondiaux.
B. La nécessaire reconstruction politique et diplomatique
du monde
La reconstruction politique se traduit par l’émergence de pouvoirs nouveaux dans bon
nombre de pays traversés par la guerre. Si certains pays opèrent un retour à la démocratie
comme en France, en Belgique, en Italie…, d’autres voient en 1945 s’opposer des groupes
politiques aux ambitions opposées, comme en Yougoslavie, en Grèce (communistes contre
monarchistes). Les vaincus sont soumis à des modes d’occupation qui interdisent dans
un premier temps la reconstruction de l’État.
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16 1. Le monde en 1945
À l’échelle mondiale la reconstruction diplomatique passe en 1945 par la naissance
d’une organisation mondiale dont l’objectif est la garantie « de la paix et de la sécurité
internationales ». Les conférences de Dumbarton Oaks et San Francisco complètent les
acquis des rencontres ayant eu lieu pendant la guerre pour créer l’ONU, 51 États signant
la charte en octobre 1945. Cette institution est à la fois une structure démocratique à
échelle mondiale limitée avec une Assemblée Générale dans laquelle un État possède
une voix, mais aussi un « directoire des vainqueurs de la guerre » avec un conseil de
sécurité dont les cinq membres permanents (États-Unis, Royaume-Uni, URSS, Chine
nationaliste et France) ont droit de veto sur les prises de décision.
Une reconstruction politique et diplomatique ne semble pas possible sans juger les
coupables du bilan moral extrêmement lourd. À l’automne 1945 commence à Nuremberg,
lieu des parades nazies, un procès pour crime contre l’Humanité contre les principaux
dignitaires nazis entre les mains des vainqueurs. Un nouveau droit international se
construit, le terme « génocide » fondé par Raphaël Lemkin entre dans le langage des
juristes. Au début de l’année 1946 commencent les procès de Tokyo. De nombreuses
condamnations prononcées et des exécutions sont pratiquées tant en Allemagne qu’au
Japon.
C. Un monde dominé par deux superpuissances
La reconstruction est impulsée par les deux puissances dominatrices, victorieuses
de la guerre, entre lesquelles des rivalités se font jour. Si la situation en Iran préfigure
la guerre froide (présence des deux puissances avec opposition sur la reconstruction du
pays), en 1945 en Europe comme en Asie les deux puissances discutent des formes de
reconstruction. Yalta et Potsdam ne doivent pas donner lieu à des contre sens ! À Yalta, il
n’y a pas partage du monde (vision gaullienne de l’absent), il y a illusion sur l’application
du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes par la pratique d’élections libres, il y a
constat des zones d’influence liées à une occupation militaire. À Potsdam l’Allemagne est
divisée en 4 zones d’occupation avec prévision de reconstituer un État allemand unique.
En fait les deux puissances ne sont pas à égalité. L’URSS détient le prestige de la
victoire sur l’Allemagne, le poids d’une armée nombreuse principalement composée de
fantassins, l’occupation d’une grande partie de l’Europe de l’Est.
La puissance américaine est d’une autre nature. La puissance militaire est fondée sur
une bombe atomique qu’elle est seule à posséder, un contrôle des mers et des airs à l’échelle
mondiale avec une capacité de projection militaire. La puissance est aussi économique
avec la moitié de la production industrielle mondiale, une marine marchande pouvant
alimenter les territoires démunis, une réserve gigantesque en métal précieux (2/3 des
stocks d’or mondiaux). S’il y a deux superpuissances elles sont en réalité inégales.
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