NOTION DE RISQUE PROFESSIONNEL
Objectifs du cours
A la fin du cours, l'apprenant doit être capable de :
définir la maladie professionnelle ;
citer les critères pour qu'une maladie soit reconnue professionnelle ;
définir l'accident du travail ;
faire ressortir le cas particulier de l'accident du trajet ;
décrire les conséquences d'un accident du travail ;
rechercher les causes d'un accident du travail.
Plan du cours
Introduction
I - Cas pratiques
II - Définition du risque professionnel.
III - Définition de la maladie professionnelle.
IV - Définition de l'accident du travail.
V - Causes des risques professionnels.
VI - Risques propres à certains corps de métiers : travaux de groupe.
A - Mécanique (mécaniciens, ajusteurs, fraiseurs, tourneurs, etc.).
B - Electricité.
C - Chaleur (forgerons, fondeurs, soudeurs, etc.).
D - Risques chimiques (peintres, photographes, coiffeuses, etc.).
E - Autres : poussière et fibres, manutention, etc.).
Conclusion
Introduction
La notion de risque professionnel est étroitement liée à la notion de responsabilité :
responsabilité de celui qui a demandé un travail, responsabilité de celui qui a fait que je sois
victime, ma propre responsabilité de n'avoir pas su ou pu éviter l'agent causal, etc.
Or, l'homme doit travailler. Il ne fait presque jamais ce travail tout seul. Des individus
différents par l'âge, le sexe, le niveau d'instruction, les croyances, les comportements... se
mettent donc ensemble pour un même but. C'est l'entreprise. Qu'il s'agisse d'une entreprise
individuelle ou d'une grande multinationale, l'entreprise utilise des hommes, des procédés, du
matériel, des matières pour élaborer des biens (de consommation ou d'équipement) ou
présenter des services toujours à des hommes (échanges) et ce, dans le but de s'enrichir. De la
production aux échanges, il existe des facteurs de risque de nature variable pour le bien-être
physique, mental et social des individus.
I - Cas pratiques
Cas 1
Monsieur A, maître-menuisier, gère un atelier où travaillent des ouvriers recrutés et déclarés à
la caisse de sécurité sociale. L'un de ces ouvriers commence à présenter des crises d'asthme
qui s'atténuent pendant les week-ends et les congés et qui reviennent et s'aggravent dès la
reprise du travail.
Cas 2
Monsieur B est maître soudeur. Il dispose d'un atelier aménagé dans une pièce de sa maison
très mal aérée. Certains de ses apprentis et enfants qui travaillent avec lui commencent à
tousser et cracher. On leur dit au dispensaire qu'il faut faire beaucoup de radiographie et
d'analyses du sang.
Cas 3
Madame X tient un restaurant très florissant et embauche régulièrement des employés. Un
jour, l'un des agents glisse, tombe sur le couteau tranchant qu'il avait sur lui. Il fait une
hémorragie très importante et décède lors de son évacuation sur l'hôpital.
II - Définition du risque professionnel
Dans les trois (3) cas, on constate ou une maladie, ou un accident lié à l'activité
professionnelle. C'est parce que ces personnes travaillent dans certaines conditions qu'elles
ont connu cette maladie ou cet accident.
On appelle risque professionnel tout accident du travail ou maladie professionnelle.
Qu'appelle-t-on alors maladie professionnelle et qu'appelle-t-on accident du travail ? Suffit-il
que l'accident survienne à un travailleur ou qu'un travailleur contracte n'importe quelle
maladie ?
III - Définition de maladie professionnelle
Est considérée comme maladie professionnelle, toute altération de l'état de santé d'un
travailleur due à une exposition habituelle à un facteur pathogène chimique, physique ou
biologique présent dans son milieu de travail.
Ainsi, la maladie professionnelle est contractée au travail. Elle peut être précoce ou tardive et
découverte parfois plusieurs années après la cessation de l'activité professionnelle (à la
retraire).
Certains facteurs de risque pouvant se retrouver dans le cadre de vie du travailleur sans liaison
avec son travail, certaines maladies pouvant se déclencher en dehors de tout travail, le
législateur a prévu un tableau qui comporte les maladies professionnelles indemnisables.
Actuellement, pour qu'une maladie soit reconnue professionnelle et donner lieu à une
indemnisation, 4 conditions doivent être réunies :
La maladie doit figurer sur la liste des maladies professionnelles arrêtée par les
députés.
Le malade doit présenter les signes énumérés sur le tableau en question, signes que la
maladie est susceptible de donner ;
Le malade doit accomplir au moins un des travaux dont l'exécution est susceptible de
donner cette maladie : travaux énumérés sur le tableau des maladies professionnelles ;
Il faut un délai d'exposition à l'agent causal pour que chaque maladie puisse se
constituer ;
Pour chaque maladie, le législateur a déterminé un délai de prise en charge c'est-à-dire
la période au cours de laquelle on admet que la maladie puisse se manifester même après
cessation du travail (ou de l'agent) incriminé.
A ces conditions propres à la maladie professionnelle, on peut citer, pour prétendre à la
réparation :
la victime doit être un travailleur salarié. Selon la loi, est considérée comme travailleur
salarié, toute personne sans distinction de sexe, ni de race qui exerce une activité
professionnelle sous la direction et l'autorité d'une autre personne physique ou morale,
moyennant rémunération ;
la victime doit être affiliée à une structure d'assurance comme la Sécurité Sociale.
Discussion sur le tableau de maladies professionnelles indemnisables.
IV - Définition et conséquences de l'accident du travail
4.1 Définition
Selon la loi, est considéré comme accident du travail quelle que soit la cause, l'accident
survenu à un travailleur :
par le fait ou à l'occasion du travail ;
pendant le trajet de sa résidence au lieu de travail et vice versa dans la mesure où le
parcours n'a pas été interrompu par un motif d'intérêt personnel ;
pendant les voyages et déplacements dont les frais sont mis à la charge de l'employeur.
Il existe ici aussi des conditions de reconnaissance et d'indemnisation.
(Discussion ouverte sur les termes de la définition).
Cas particulier : l'accident de trajet
L'accident du trajet constitue, chez nous, la grande partie des accidents du travail déclarés.
Il s'agit de l'accident survenu à un travailleur qui quitte son domicile habituel pour se rendre à
son lieu de travail ou vice versa.
Pour éviter des abus, des précautions ont été prises à savoir :
le travailleur qui se rend au travail doit avoir franchi la marche supérieure de l'escalier.
S'il revient à la maison, il ne doit pas encore franchir cette marche de l'escalier. Donc,
un accident survenu dans les marches de l'escalier pourrait être pris en compte ;
le travailleur doit avoir quitté son domicile habituel ou s'y rendre. Ainsi, l'accident
survenu à un salarié résident à Cadjèhoun et qui se rend au service en revenant
directement d'un week-end à Allada n'est pas pris en compte ;
le choix du trajet ne doit être dicté par l'intérêt personnel. Le trajet doit être celui qui
permet au travailleur de se rendre le plus librement et le plus rapidement, du domicile
au lieu de travail et vice versa (problème des embouteillages qui peuvent imposer de
grands détours).
A signaler que les accidents sont de gravité et de conséquence variables : chute d'une hauteur,
fractures, hémorragies, décès, etc.
Travail à faire : Discussion sur les trois cas pratiques et sur l'accident de trajet.
4.2 Conséquences
L'incapacité temporaire: c'est la période pendant laquelle la victime doit interrompre
son travail. Pendant cette période, la victime touche une indemnité journalière
également intérêt de cette définition.
La guérison : c'est la reconstitution ad integrum, le dossier est clos.
La consolidation : c'est le moment où la blessure n'évolue plus notablement. A cette
date, le blessé n'a plus droit aux soins sinon seulement des soins de maintien. A ce
stade, il peut conserver une invalidité désignée sous le terme d'incapacité permanente.
Cette incapacité peut être totale ou partielle.
La rechute: c'est le stade d'aggravation temporaire qui peut faire suite à la
consolidation ou à la guérison. Ce stade peut à nouveau ouvrir droit aux indemnités.
4.3 Les formalités
a) la victime
Elle doit au plus tard dans les 24 heures informer son employeur.
b) l'employeur : doit
déclarer tout accident dans les 48 heures
délivrer à la victime une fiche appelée feuille d'accident de travail à trois volets:
le volet n°1 est à conserver par la victime
le volet n°2 est destiné au pharmacien
le vole n°3 est destiné au praticien
Avec cette feuille la victime ne paie ni les soins ni les médicaments: c'est la notion
de tiers payant.
c) le praticien
examine la victime
prodigue les soins
rédige une ordonnance
rédige en double exemplaire un certificat médical initial
décrire l'état de la victime en précisant toutes les lésions constatées
faire état de toutes les conséquences de l'accident
un exemplaire de ce certificat est adressé à la caisse OBSS dans les 48 heures
le 2e exemplaire est remis à la victime.
V - Causes des risques professionnels
A - Causes des accidents du travail
Plusieurs théories ont été avancées pour expliquer les accidents du travail :
La théorie du pur hasard. Cette théorie implique une sorte de fatalité et ne permet
aucune action préventive ;
La théorie de la prédisposition selon laquelle certains travailleurs seraient plus exposés
que d'autres aux accidents par l'effet de certains caractères innés ;
La théorie de l'imprudence du travailleur.
Au cours des dernières années, l'ergonomie a permis d'avoir une nouvelle approche des
accidents du travail. En étudiant le poste de travail, le couple homme-machine et
l'organisation générale de l'entreprise, on se rend compte que tout accident est précédé d'un
dysfonctionnement à un certain niveau du système.
En localisant ce dysfonctionnement (arbre des causes) et en y apportant un remède par une
modification de structure ou d'organisation, on peut éliminer la cause de l'accident.
On peut citer comme facteurs d'accident du travail :
le défaut de formation technique de l'accidenté ou l'erreur de la hiérarchie qui lui
confie une tâche pour laquelle il n'est pas qualifié ;
le défaut d'organisation générale du travail ; les horaires et la durée du travail, les
ordres et les sanctions ;
la mauvaise conception d'une machine ou d'un outillage ;
le non respect des règles de sécurité ;
le défaut de commandement ;
les facteurs liés aux caractéristiques individuelles : âge, sexe, situation familiale,
appartenance ethnique ou autre, formation professionnelle, expérience, durée de
présence dans l'entreprise et au poste de travail, fatigue, etc. ;
les facteurs liés au groupe : la qualité de la relation des ouvriers avec l'encadrement.
Donc, l'environnement social peut influer sur le taux d'accident ;
les facteurs environnementaux : la température, l'influence des toxiques (état
d'agitation) et de l'alcool, etc.
B - Causes des maladies professionnelles
Ces facteurs sont multiples et multiformes. Trois éléments méritent d'être retenus à savoir
l'agent causal, le défaut d'hygiène ou le non respect des dispositions prescrites et la
susceptibilité individuelle.
1 - Agent causal
Peut être :
chimique : les toxiques dans l'air, les liquides ou les matières solides en contact avec
l'organisme humain ;
physique : bruit, trépidation ou vibrations, rayonnement, lumière, etc. ;
biologique : bactéries, parasites, etc.
2 - Défaut d'hygiène
Hygiène générale : propreté des lieux de travail, évacuation des vapeurs ou poussières
nocives, désinfection ;
Hygiène individuelle : propreté corporelle, vestimentaire ; se laver les mains, boire ou
manger dans un atelier pollué.
3 - Susceptibilité individuelle
Les individus résistent différemment aux agents pathogènes.
Ici, se pose le problème de terrain particulier : maladie préexistante ou latente, prédispositions
héréditaires (allergie par exemple).
Discussion sur les trois (3) cas pratiques : causes
VI - Risques propres à certains corps de métier
Travaux en commission avec présentation de rapport par les participants.
Conclusion
La notion de risque professionnel est liée à celle de responsabilité. Qui dit responsabilité, dit
réparation et donc indemnisation des victimes. L'accident du travail et la maladie
professionnelle donnent droit à la réparation.