LOI Nº 01-00 PORTANT SUR
ORGANISATION DE L'ENSEIGNEMENT
SUPERIEUR
PRINCIPES ET OBJECTIFS
L'enseignement supérieur, objet de Ia présente Ioi, est fondé
sur Ies principes suivants :
- Il est dispensé dans Ie cadre du respect des principes et
valeurs de Ia foi islamique qui président à son
développement et à son évolution.
- II est ouvert à tous Ies citoyens remplissant Ies conditions
requises sur Ia base de I'égaIité des chances.
- II est exercé seIon Ies principes des droits de I'Homme, de
toIérance, de Iiberté de pensée, de création et d'innovation,
dans Ie strict respect des règIes et des vaIeurs académiques
d'objectivité, de rigueur scientifique et d'honnêteté
inteIIectueIIe .
- II relève de Ia responsabilité de I 'Etat qui en assure la
panification, I 'organisation, Ie développement, la régulation et I
'orientation seIon Ies besoins économiques, sociaux et cuItureIs
de Ia Nation, qui en définit Ia politique nationale avec Ie concours
de Ia communauté scientifique, du monde du travaiI et de I
'économie ainsi que des coIIectivités IocaIes et particulièrement
des régions.
- II œuvre à Ia poursuite du développement de I 'enseignement en
Langue arabe dans Ies différents domaines de formation, à Ia
mobilisation des moyens nécessaires aux études et à Ia recherche
sur la Langue et Ia culture Amazigh et à Ia maîtrise des Langues
étrangères et ce, dans Ie cadre d'une programmation définie pour
la réalisation de ces objectifs.
L'enseignement supérieur comprend I 'enseignement supérieur public et
l'enseignement supérieur privé.
II a pour objet :
- la formation des compétences et Ieur promotion ainsi que Ie développement et
Ia diffusion des connaissances dans tous Ies domaines du savoir;
- Ia contribution aux progrès scientifique, technique, professionneI, économique
et cuItureI de Ia Nation, en tenant compte des besoins du développement
économique et sociaI;
-Ia maîtrise et Ie déveIoppement des sciences, des techniques et du savoir-faire,
par Ia recherche et I'innovation ;
-Ia vaIorisation du patrimoine cuItureI marocain et Ie rayonnement de ses vaIeurs
ancestraIes.
• L'enseignement supérieur public est assuré dans les
universités ainsi que dans les établissements d'enseignement
supérieur ne relevant pas des universités.
• Les enseignements sont dispensés dans les facultés, les
écoles d'ingénieurs précédées de classes préparatoires, les
écoles et instituts supérieurs, les institutions de formation de
cadres pédagogiques et de formation de techniciens
spécialisés ou équivalents.
• L'enseignement supérieur public peut également être
assuré dans des cycles spécifiques de préparation aux métiers
organisés, soit au sein des universités, soit au sein
d'institutions supérieures existantes ou spécialement créées à
cet effet.
Des établissements
d'enseignement supérieur ne
relevant pas des universités
• Article 25
• Les étabIissements d'enseignement supérieur ne relevant
pas des universités et qui relèvent ou sont sous tutelle de
différents départements ministériels ont pour missions
principales :
la formation initiale et Ia formation continue
notamment dans Ies domaines relatifs au secteur
dont ils relèvent;
Ia préparation des jeunes à l'insertion dans Ia vie
active ;
Ia recherche scientifique et technologique et Ia
diffusion de la connaissance liées à leurs
domaines de formation.
• Ils participent avec les universités à l'effort national
d'accueil et de formation des étudiants et à l’effort
d'optimisation dans l'utilisation des infrastructures et
pour Ia mobilisation des ressources d'encadrement
disponibles.
• La liste des établissements est fixée par décret pris
sur proposition de l'autorité gouvernementale en
charge de Ia formation des cadres.
• Article 26
Les étabIissements précités exercent Ieurs missions dans Ie cadre
de Ia politique nationale de I' enseignement supérieur.
ils participent à I' effort d'intégration, de coordination et de
rationalisation du système national de I' enseignement
supérieur par Ia contribution :au développement des
complémentarités avec les établissements universitaires
à la mise en place de passerelles avec les établissements
universitaires au niveau des cycles, filières et modules ;
à la réalisation et à Ia conduite de programmes communs en
matière de formation et de recherche ;
à la promotion des synergies à travers l’émergence de
centres ou pôles spécialisés.
au déveIoppement des complémentarités avec Ies
étabIissements universitaires ;
à Ia mise en place de passerelles avec Ies étabIissements
universitaires au niveau des cycles, filières et modules ;
à Ia réalisation et à Ia conduite de programmes communs
en matière de formation et de recherche ;
à Ia promotion des synergies à travers l’émergence de
centres ou pôles spécialisés.
• Article 27
• Les enseignements dispensés par Ies étabIissements
précités sont organisés en cycles, filières et modules, et
sanctionnés par des diplômes nationaux.
• Pour chacun de ces étabIissements, la durée de
chaque cycle et l'intitulé des diplômes correspondants
sont fixés par voie réglementaire.
• Les enseignements dispensés doivent baser
l'acquisition des modules sur des évaluations
régulières et capitaliser Ies modules acquis.
• Les conditions d'accès aux cycIes et filières, Ies
régimes des études et Ies modalité des évaluations ,
sont proposés par Ie conseil de I'étabIissement
concerné, soumis à I'avis du conseil de coordination
prévu à I ’article 28 ci- dessous et à I'avis de Ia
commission nationale de coordination de I
'enseignement supérieur prévue à I 'article 81 ci-
dessous, et fixés par voie régimentaire
• Ces étabIissements peuvent, dans Ies formes
prévues par Ieurs règlements intérieurs, instaurer des
diplômes d'établissement notamment dans Ie domaine
de Ia formation continue après avis du conseil de
coordination et accord de l'autorité gouvernementale
de tutelle ou dont relève chacun des étabIissements.
Le conseil de coordination
• Article 28
• II est créé auprès de l'autorité gouvernementale en charge de la
formation des cadres, et sous sa présidence, un conseil de coordination
composé:
- de l'autorité gouvernementale chargée de l'enseignement
supérieur ou son représentant ;
- de l'autorité gouvernementale chargée de la recherche scientifique
ou son représentant ;
- de l'autorité gouvernementale chargée de l'enseignement
secondaire ou son représentant ;
- de l'autorité gouvernementale chargée de Ia fonction publique et
de Ia réforme administrative ou son représentant ;
- Des autorités gouvernementales de tutelle dont relèvent les
étabIissements concernés ou Ieurs représentants ;
- des directeurs des étabIissements d'enseignement supérieur reIevant des
différents départements ministériels ;
- d'un enseignant-chercheur représentant chaque secteur. Les secteurs et
Ies modalités de représentation sont fixés par voie réglementaire ;
-
de trois personnalités du secteur économique choisies pour Ieur
compétence et Ieur expérience dont une personnalité au titre de
l'enseignement supérieur privé.
Le président peut inviter à participer aux séances du conseil, à titre
consultatif, toute personne dont Ia présence pourrait être jugée utile.
Le conseil se réunit sur convocation de son président au moins deux fois par
an et chaque fois que Ies circonstances l'exigent.
Attribution du conseil de coordination
• Le conseil de coordination :
- établit son règlement intérieur et Ie soumet à I 'autorité gouvernementales en
charge de Ia formation des cadres pour approbation dans un déIai maximum de
trente jours; passé ce déIai Ie règlement est réputé approuvé ;
- donne son avis sur le règlement intérieur de chaque établissement avant son
approbation par I 'autorité gouvernementale de tuteIIe ou dont reIève
I'étabIissement;
- examine Ies propositions qui Iui sont soumises annueIIement par Ies étabIissements
concernant Ie nombre de pIaces offertes à I'inscription des étudiants et Ies soumet pour
approbation à I'autorité gouvernementale en charge de Ia formation des cadres ;
- donne son avis sur Ies demandes d'accréditation présentées par Ies
étabIissements ;
- donne son avis sur Ies projets de création de fiIières de formation et/ou de
recherche ;
• Le président du conseil de coordination est assisté d'un
comité de suivi qui se réunit au moins une fois par
trimestre et qui veille à I 'application des recommandations
du conseil de coordination.
• La composition et Ies modalités de fonctionnement de ce
comité sont fixées dans le règlement intérieur du conseil
de coordination
• propose et donne son avis sur Ia création de tout
nouveau établissement d'enseignement supérieur ne
relevant pas des universités ;
• œuvre à Ia création de synergie entre Ies étabIissements
d'enseignement supérieur ne relevant pas de I 'université,
pour favoriser I 'émergence de pôIes polytechniques,
organisés sous forme d'étabIissements pubIics muIti-
discipIinaires ;
- désigne Ies membres de Ia commission
permanente de gestion des personneIs
enseignants instituée au dernier aIinéa du
présent article ;
- recommande Ies mesures propres à favoriser
I'insertion professionneIIe des dipIômés ;
-de façon généraIe, connaît de toute question visant à améIiorer
Ies formations assurées par Ies étabIissements et de tout projet
de création de nouveI étabIissement.
-Le conseiI de coordination peut déIéguer certaines de ses
attributions à son président ou à une commission émanant dudit
conseiI.
• En plus de la commission permanente de
gestion des personnels enseignants prévue à
l'article 29 ci-dessus, le conseil de coordination
crée en son sein des commissions permanentes
et, Ie cas échéant, des commissions ad hoc.
• Le nombre, Ia composition et Ies modalités de
fonctionnement de ces commissions sont fixés
dans Ie règlement intérieur du conseil de
coordination.
Article 32,33
• Les établissements d'enseignement supérieur ne relevant pas
des universités sont créés sous forme d'écoles, d'instituts ou de
centres.
• Ils peuvent être organisés en départements correspondant à
des disciplines et des champs d'étude et de recherche.
• Les établissements précités sont créés conformément à Ia
législation et à la réglementation en vigueur, sur proposition
des départements ministériels concernés et après avis du
conseil de coordination.
• Les établissements d'enseignement supérieur ne relevant pas
des universités sont dirigés pour une période de quatre ans par
des directeurs spécialisés dans le domaine de l'établissement
choisi, après appel ouvert aux candidatures, parmi les candidats
qui présentent notamment un projet de développement de
l'établissement.
• L’autorité gouvernementale de tuteIIe trois candidatures qui
suivront Ia procédure en vigueur en matière de nomination aux
empIois supérieurs
• Le directeur sortant peut faire acte de candidature pour un
deuxième et dernier mandat.
• Les directeurs sont assistés de deux à quatre directeurs-
adjoints et d'un secrétaire généraI.
• il est institué dans chacun des étabIissements,
un conseil dénommé « conseil de
I'étabIissement » composé de membres de
droit, de représentants élus des personnels
enseignants et des personnels administratifs et
techniques, de représentants élus des
étudiants, ainsi que de personnalités
extérieures.
• Le conseil connaît de toutes les questions relatives aux missions et à la bonne
marche de I'étabIissement et peut formuler des propositions au conseil de
coordination.
- II propose les projets de création de filières de formation et de recherche.
- II élabore Ie règlement des examens et des contrôles de connaissances des
formations assurées.
- II assure la répartition des moyens entre Ies différentes structures visées à
l'article 36 et formule des propositions relatives au budget de I'étabIissement.
- II exerce Ie pouvoir disciplinaire à l'égard des étudiants dans Ies conditions
déterminées par l'autorité gouvernementale de tuteIIe ou dont reIève
I'étabIissement.
- II élabore son règlement intérieur qui est soumis, après avis du conseil de
coordination, à l'autorité gouvernementale de tuteIIe ou dont reIève
I'étabIissement et à I'autorité gouvernementale en charge de Ia formation des
cadres pour approbation dans un déIai maximum de trente jours. Passé ce déIai,
Ie règlement est réputé approuvé.
commission nationale de coordination de
l'enseignement supérieur
Article 81
• II est créé une commission nationaIe de coordination de I'enseignement
supérieur chargée de :
- formuIer un avis sur Ia création des universités et/ou de tout autre étabIissement
d'enseignement supérieur pubIic ou privé ;
- déterminer Ies critères et Ies mécanismes de vaIidation réciproque des
programmes d'études et de Ieur accréditation ;
- coordonner Ies critères d'admission et d'inscription des étudiants dans Ies
différents cycIes, ainsi que Ies normes de I'évaIuation continue, des examens, de
soutenance et d'acceptation des recherches scientifiques ;
- créer et mettre en place des réseaux informatiques utiIes à ces fins ;
- promouvoir Ia recherche scientifique et I' encouragement de I'exceIIence;
- proposer Ies régimes des études et des examens ;
- dynamiser Ia soIidarité et I'entraide financière.
ArticIe 82
• La composition et Ies modaIités de fonctionnement de Ia commission nationaIe de
coordination de I'enseignement supérieur sont fixées par voie régIementaire.
• Les structures d'enseignement et de recherche de chaque
étabIissement, ainsi que Ieur organisation sont fixées par
I'autorité gouvernementaIe de tuteIIe ou dont reIève
I'étabIissement, sur proposition du conseiI de I'étabIissement et
après avis du conseiI de coordination.
Création des ISPITS
• Le décret n° 2.13.658 du 30 septembre 2013 a
attribué aux "Instituts de Formation aux Carrières
de Santé" (institués par le décret du 2.93.602 du
29 octobre 1993), l'appellation d'Instituts
Supérieurs des Professions Infirmières et
Techniques de Santé (ISPITS)".
• Les ISPITS sont des établissements de
l’enseignement supérieur ne relevant pas des
universités, régis par la loi 01.00 et qui sont
sous la tutelle de l’autorité gouvernementale
chargée de la Santé et la Protection Sociale.
• Les Instituts Supérieurs des Professions Infirmières et
Techniques de Santé assurent la préparation et la délivrance
des diplômes nationaux organisés en trois cycles d’études
dans les domaines des Professions Infirmières et des
Techniques de Santé (Cycle de la Licence professionnelle,
Cycle de Master et Cycle du Doctorat).
• Le décret nº2.13.658 relatifs à la création des ISPITS,
vise à élever le niveau de l'enseignement infirmier au
Maroc. De plus, la mise en place de la formation des
infirmiers et techniciens de santé à un niveau
doctoral offre une occasion inédite pour la
profession de développer son propre domaine de
connaissance et de pratique, car les cycles supérieurs
sont l'espace de production et de diffusion du savoir
• Cette réforme assure également l'équivalence
administrative et académique des diplômes
délivrés par les ISPITS, ce qui contribue à la
valorisation des professions infirmières. La
réforme, qui était attendue au sein de l'ISPITS, a
introduit des changements importants dans
l'organisation administrative, l’organisation des
études et l'adoption des Cahiers des Normes
Pédagogiques Nationales (CNPN), les descriptifs
des filières et des modules et afin de garantir
l’accréditation conformément aux dispositions de
la loi 01.00 portant organisation de
l’enseignement supérieur.
Cahier des normes pédagogique
• Le "Cahier des normes pédagogiques ISPITS" est un
document officiel qui définit les exigences et les standards
pour les programmes d'études des Instituts Supérieurs des
Professions Infirmières et Techniques de Santé (ISPITS) au
Maroc. Il couvre les cycles de Licence et de Master,
garantissant la qualité et l'harmonisation de la formation.
• Ce document est essentiel pour les établissements, les
enseignants et les étudiants. Les normes incluent
probablement des aspects tels que les objectifs
d'apprentissage, le contenu des cours, les méthodes
d'évaluation et les qualifications du corps professoral. Il est
important de noter que ces normes sont publiées au
Bulletin Officiel (BO) et sont donc juridiquement
contraignantes.
Cahier des normes pédagogique