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Document 43

Les nombres sont nés des besoins pratiques de l’homme : compter les troupeaux, mesurer le temps, partager les récoltes. Des Sumériens aux Égyptiens, des Grecs aux savants indiens et arabes, ils se sont enrichis d’inventions comme le zéro ou les nombres négatifs. Aujourd’hui, ils sont au cœur de la science, de la technologie et de nos vies quotidiennes. Plus qu’un outil, les nombres racontent l’histoire de l’humanité qui cherche à comprendre l’univers et elle-même.

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Les nombres sont nés des besoins pratiques de l’homme : compter les troupeaux, mesurer le temps, partager les récoltes. Des Sumériens aux Égyptiens, des Grecs aux savants indiens et arabes, ils se sont enrichis d’inventions comme le zéro ou les nombres négatifs. Aujourd’hui, ils sont au cœur de la science, de la technologie et de nos vies quotidiennes. Plus qu’un outil, les nombres racontent l’histoire de l’humanité qui cherche à comprendre l’univers et elle-même.

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L’histoire des nombres

Quand je regarde un nombre, qu’il soit simple


comme le 1 ou immense comme un million, je ne
vois pas seulement une suite de symboles abstraits.
Je vois une histoire qui a commencé il y a des
milliers d’années, une histoire partagée par toutes
les civilisations. Les nombres ne sont pas nés dans
les livres de mathématiques : ils sont nés dans la vie
quotidienne, dans les besoins les plus concrets de
l’homme.

Tout commença quand l’être humain sentit le


besoin de compter. Compter ses animaux, ses
jours, ses récoltes. Au début, il se servait de ses
doigts, de cailloux, de bâtons. Sur certains os
retrouvés par les archéologues, on voit encore des
encoches : ce sont les premières traces de
nombres. Chaque trait représentait une unité, un
souvenir figé dans la pierre.

Puis les civilisations inventèrent des systèmes plus


élaborés. En Mésopotamie, les Sumériens
utilisèrent un système basé sur le nombre 60. C’est
grâce à eux que nous comptons encore les minutes
en soixante secondes et que nous divisons le cercle
en 360 degrés. Les Égyptiens, eux, écrivaient leurs
nombres avec des hiéroglyphes, mêlant dessins et
symboles.

En Grèce, les nombres prirent une dimension


presque mystique. Pour Pythagore et ses disciples,
tout dans l’univers pouvait s’expliquer par les
nombres. Les proportions d’une lyre, l’harmonie
d’un temple, le mouvement des astres : tout était
ordre numérique. Pour eux, le nombre n’était pas
seulement un outil, mais un langage sacré.

En Inde, une révolution discrète changea tout :


l’invention du zéro et du système décimal. Le zéro,
ce vide qui devient une force, permit de compter
plus facilement et de représenter l’infini. Ce
système, transmis par les savants arabes comme
Al-Khwarizmi, donna au monde moderne
l’arithmétique telle que nous la connaissons.

Les nombres devinrent alors universels. On les


utilisait pour mesurer les terres, pour construire les
villes, pour naviguer en mer, pour comprendre les
étoiles. Dans les églises et les mosquées, les
artistes jouaient avec les nombres pour créer des
proportions harmonieuses, des mosaïques
géométriques, des vitraux lumineux. Les nombres
étaient partout, parfois visibles, parfois cachés.

Au fil des siècles, de nouveaux nombres apparurent.


Les négatifs, qui semblaient impossibles au départ
("comment peut-on avoir moins que rien ?"). Les
fractions, qui permirent de partager et de diviser.
Puis les nombres irrationnels, comme π, qui
résistent à toute écriture exacte mais décrivent les
cercles et les infinis. Chaque nouveau nombre
élargissait notre vision du monde.

Au XIXᵉ et XXᵉ siècles, les mathématiciens


explorèrent encore plus loin. Ils inventèrent les
nombres imaginaires, utilisés aujourd’hui dans
l’électricité et l’informatique. Ils étudièrent les
grands nombres, les suites infinies, les structures
abstraites. Les nombres n’étaient plus seulement
une aide pour compter ; ils devenaient des clés pour
explorer l’invisible.

Aujourd’hui, les nombres sont au cœur de tout.


Dans un téléphone, dans une carte bancaire, dans
une chanson numérique, ce ne sont que des
nombres codés. Le langage secret de notre monde
moderne, ce sont les 0 et les 1, les fameux nombres
binaires. Sans eux, pas d’ordinateur, pas d’internet,
pas d’intelligence artificielle.

Mais ce que je trouve le plus beau, c’est que les


nombres ont aussi une dimension humaine. Ils
racontent nos vies : notre âge, notre taille, nos dates
de naissance, nos souvenirs. Chaque personne
porte en elle des nombres intimes. Ils nous
accompagnent dans nos réussites, nos épreuves,
nos rêves.

L’histoire des nombres est donc à la fois pratique et


poétique. Elle dit comment l’homme, face au
mystère du monde, a cherché à compter, à
mesurer, à comprendre. Elle raconte comment de
simples traits gravés dans un os ont mené à des
calculs capables de prédire le mouvement des
planètes ou de créer un ordinateur. Elle rappelle que
les nombres sont un pont entre le concret et
l’abstrait, entre la vie quotidienne et l’infini.

Et quand j’écris un nombre, même le plus simple, je


sais que je trace un signe qui porte en lui des
millénaires d’histoire. Les nombres ne sont pas
seulement des outils : ils sont une mémoire vivante,
une lumière qui nous guide dans la complexité du
monde.

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