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CH 20 : L’organisation comptable et les principes comptables
I- L’ORGANISATION COMPTABLE
A-LES ENREGISTREMENTS COMPTABLES
Toute opération comptable correspond à un flux.
Il existe en comptabilité deux types de flux :
- Les flux réels (ou flux physiques) de produits ou de services
- Les flux monétaires (ou flux financiers) de paiement.
Les opérations comptables sont enregistrées dès leur facturation même si elles ne sont pas encore payées.
La comptabilité fonctionne selon un principe fondamental qui est le principe de la partie double. Toute
opération intéresse donc au moins deux comptes, dont l’un est débité et l’autre, crédité de la même somme.
Toute opération est réalisée à partir d’une pièce comptable : factures, reçus, chèques, justificatif de banque…
qui va être conservée par l’entreprise pendant une période de 10 ans à compter de la clôture de l’exercice.
La tenue d’une comptabilité implique un travail régulier d’enregistrement des opérations comptables ainsi
que des vérifications périodiques.
B-LE PLAN DES COMPTES
Le Système comptable OHADA retient une codification décimale des comptes avec neuf classes ayant les
codes 1 à 9. Les huit premières classes sont réservées à la comptabilité générale tandis que la comptabilité
des engagements et la comptabilité analytique de gestion (CAGE) se partagent la dernière classe.
1. Comptabilité générale
Les classes 1 à 5 se rapportent aux comptes de bilan :
Classe 1 : comptes de ressources durables (capitaux propres et dettes financières) ;
Classe 2 : comptes de l’actif immobilisé (charges immobilisées et immobilisations incorporelles, corporelles
et financières) ;
Classe 3 : comptes de stocks ;
Classe 4 : comptes de tiers (créances de l’actif circulant et dettes du passif circulant) ;
Classe 5 : comptes de trésorerie (titres de placement, valeurs à encaisser, comptes bancaires et caisse).
Les composantes du résultat sont, d’une part, les classes 6 et 7 enregistrant les charges et les produits des
activités ordinaires et, d’autre part, la classe 8 réservée aux comptes des autres
charges et des autres produits ;
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Classe 6 : comptes de charges des activités ordinaires (charges d’exploitation et charges financières) ;
Classe 7 : comptes de produits des activités ordinaires (produits d’exploitation et produits financiers) ;
Classe 8 : comptes des autres charges et des autres produits (participations des travailleurs, subventions
d’équilibre, etc.).
2. Comptabilité des engagements et Comptabilité analytique de gestion
La classe 9 a été réservée aux opérations de la comptabilité des engagements et à la comptabilité analytique
de gestion.
Le numéro de chacune des classes 1 à 8 constitue le premier chiffre des numéros de tous les comptes de la
classe considérée. Chaque compte peut lui-même se subdiviser. Le numéro de chaque compte divisionnaire
commence toujours par le numéro du compte ou sous-compte dont il constitue une subdivision.
Exemple : 245 MATÉRIEL DE TRANSPORT
- Le premier chiffre du numéro précise la classe du compte : 2 – comptes de l’actif immobilisé
- Le deuxième chiffre du numéro précise les sous-classes de ces classes de comptes :
24 MATÉRIEL
- Les chiffres suivants indiquent les comptes et sous-comptes.
o 2451 Matériel automobile
o 2452 Matériel ferroviaire
C-PRODUIRE L’INFORMATION FINANCIÈRE
1-Le journal
Les mouvements de l’exercice sont enregistrés dans le livre journal, document comptable obligatoire qui
peut être appelé à servir comme moyen de preuve.
Les opérations sont inscrites au débit (partie gauche) ou au crédit (partie droite) des comptes.
Le libellé est un résumé de l’opération qui comporte la référence des documents enregistrés.
Date
Compte Intitulé débit Débit
Compte Intitulé débit Débit
Compte Intitulé crédit Crédit
Compte Intitulé crédit Crédit
Libellé écriture
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2-Le grand-livre
Les écritures enregistrées dans le livre journal de l’entreprise sont ensuite reportées dans le grand-livre des
comptes, qui regroupe tous les comptes utilisés par l’entreprise.
Pour chaque compte, on retrouve les mouvements portés au débit ainsi que les mouvements portés au crédit,
ce qui permet de calculer le solde de chaque compte.
Le solde du compte est dit débiteur si le total des débits est supérieur au total des crédits, créditeur dans le
cas contraire.
3-La balance
La balance générale des comptes est un état récapitulatif établi à partir du grand-livre. Les comptes sont
classés par ordre croissant de numéro de compte et pour chacun on indique d’une par le total des
mouvements « débit » et le total des mouvements « crédit », et d’autre part le solde débiteur ou le solde
créditeur, à la date considérée.
C’est un outil de contrôle qui permet la vérification du principe de la partie double, à savoir :
Total mouvements débit = Total mouvements crédit
Total solde débiteur = Total solde créditeur
Exemple : extrait d'une balance
Balance au ...
N° de compte Nom des Mouvements Soldes
comptes
Débit Crédit Débit Crédit
4011 Fournisseurs 11800000 11800000
601 Achat de 10 000 000 10 000 000
marchandises
4452 T.V.A. 1 800 000 1 800 000
récupérable sur
achats
Totaux à 11 800 000 11 800 000 11 800 000 11 800 000
reporter
4-Les documents de synthèse
4.1) Le bilan
Le bilan est un tableau qui précise la situation patrimoniale de l’entreprise à une date donnée. Il reprend les
soldes des comptes des classes 1 à 5.
4.2) Le compte de résultat
Le compte de résultat est un document qui décrit l’activité de l’entreprise sur un exercice comptable afin
d’en calculer le résultat. Il reprend les soldes des comptes des classes 6 et 8.
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II-Les principes comptables fondamentaux.
Un certain nombre de principes doivent être respectés, pour garantir la fiabilité de l'information comptable.
Ces principes comptables se trouvent dans le plan comptable.
Principe de régularité
La régularité peut se définir comme la conformité aux règles et procédures en vigueur.
« La comptabilité régulièrement tenue peut être admise en justice pour faire preuve entre commerçants
pour faits de commerce. Si elle a été irrégulièrement tenue, elle ne peut être invoquée par son auteur à son
profit. »
Principe de sincérité
Selon ce principe, l'entreprise doit établir une comptabilité en appliquant de bonne foi (avec sincérité) les
règles et procédures en vigueur. « La comptabilité est conforme aux règles et procédures en vigueur qui
sont appliquées avec sincérité afin de traduire la connaissance que les responsables de l’établissement des
comptes ont de la réalité et de l'importance relative des événements enregistrés »
Principe de permanence des méthodes
« A moins qu'un changement exceptionnel n'intervienne dans la situation du commerçant, personne
physique ou morale, la présentation des comptes annuels comme des méthodes d'évaluation retenues ne
peuvent être modifiées d'un exercice à l'autre »
Cette disposition vise à assurer la cohérence des informations comptables fournies au cours des exercices
successifs (par ex on ne peut pas changer de méthode d’évaluation des stocks).
Principe de non-compensation
Ce principe exige qu'une créance ne peut compenser ou cacher une dette : « Les éléments d'actif et de
passif doivent être évalués séparément. Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes d'actif et
de passif du bilan ou entre les postes de charges et de produits du compte de résultat ».
Principe de prudence
« Les comptes annuels doivent respecter le principe de prudence. Pour leur établissement, le commerçant,
personne physique ou morale, est présumé poursuivre ses activités. »
La constatation de la dépréciation de certaines immobilisations (amortissement) ou la constitution de
provision découlent de ce principe de prudence.
Selon ce principe, tout événement qui risque de diminuer la valeur du patrimoine de l'entreprise doit être
pris en compte. Toujours selon ce principe, tout évènement pouvant augmenter la valeur du patrimoine de
l'entreprise ne peut faire l'objet d'un enregistrement comptable. Ainsi, les plus-values latentes du porte-
feuilles titres d'une entreprise ne peuvent pas s'enregistrer, contrairement aux moins-values latentes.
Exemple :
-L’amortissement des immobilisations ;
-Les dépréciations des créances clients
-Les dépréciations des stocks ;
-Les provisions pour risques et charges
Principe des coûts historiques
« A leur date d'entrée dans le patrimoine de l'entreprise, les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à
leur coût d'acquisition, les biens acquis à titre gratuit à leur valeur vénale et les biens produits à leur coût
de production. »
Principe de continuité d’exploitation
« Pour l'établissement des comptes annuels, le commerçant, personne physique ou morale, est présumé
poursuivre ses activités. »
Principe d'indépendance des exercices
Le compte de résultat doit prendre en considération uniquement les biens et les services réellement utilisés
ou produits pendant l'exercice en cours (et non les précédents et les suivants). Ce principe a pour incidence
l'utilisation de comptes de régularisations spécifiques afin d'affecter les charges et les produits dans le bon
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exercice : « Seuls les bénéfices réalisés à la date de clôture d'un exercice peuvent être inscrits dans les
comptes annuels ».
Exemple :
-La régularisation des charges
- La régularisation des produits