Déficit en Glucose-6-Phosphate Déshydrogénase (G6PD)
1. Définition
La G6PD est une enzyme cytoplasmique présente dans toutes les cellules, qui joue ainsi un rôle
essentiel dans la réduction des agents oxydants.
Elle permet, grâce la première réaction de la voie des pentoses-phosphates, la synthèse de
NADPH à partir du nicotinamide adénine dinucléotide phosphate (NADP+).
Les cellules luttent contre les agents oxydants tels que le peroxyde d’hydrogène, hautement
toxique pour la cellule, grâce au gluthation réduit, qui est ensuite régénéré grâce à la gluthation
réductase qui utilise le NADPH.
Le déficit en G6PD s’exprime essentiellement dans les globules rouges car ils n’ont pas d’autre
source de NADPH. Lorsque la G6PD est très peu active, la production de NADPH est insuffisante
pour protéger les principaux constituants des globules rouges, à savoir membrane et hémoglobine,
contre les agents oxydants, favorisant ainsi l’hémolyse (destruction des globules rouges).
L’hémoglobine dénaturée précipite à l’intérieur de la cellule pour former des corpuscules appelés
corps de Heinz, eux-mêmes générateurs de radicaux libres oxygénés toxiques.
La maladie est transmise génétiquement sur le mode récessif, le gène étant situé sur le
chromosome X. Elle touche en grande majorité les hommes, tandis que les femmes sont le plus
souvent seulement transmettrices de l’anomalie, à l’exception de cas de femmes chez lesquelles le
déficit s’exprime.
2. Causes de l’hémolyse
L'hémolyse survient à la suite d'une agression oxydative, généralement après la
consommation de la fève, une infection virale ou bactérienne aiguë et une acidocétose
diabétique. L'hémolyse est épisodique et auto-limitée, bien que de rares patients
présentent une hémolyse chronique et continue en l'absence d'agression oxydative.
Plus rarement, l'hémolyse apparaît après une prise de médicaments ou d'autres substances
qui produisent des peroxydes et entraînent une oxydation de l'hémoglobine et de la
membrane des globules rouges. Ces médicaments et substances comprennent la
primaquine, les salicylates, les sulfamides, les nitrofuranes, la phénacétine, le naphtalène,
certains dérivés de la vitamine K, la dapsone, la phénazopyridine, l'acide nalidixique, le
bleu de méthylène et, dans certains cas, les fèves. L'importance de l'hémolyse dépend de
l'importance du déficit en G6PD et du pouvoir oxydant du produit.
3. Signes cliniques du déficit en G6PD
Les signes d’une crise hémolytique sévère sont les suivants :
Des urines foncées (couleur thé noir ou coca).
Une jaunisse (coloration jaunâtre de la peau ou des yeux).
Des signes d’anémie (fatigue d’apparition rapide, faiblesse, étourdissements).
De possibles signes digestifs (vomissements, douleurs au ventre ou, plus rarement,
diarrhées).
4. Signes biologiques du déficit en G6PD
Anémie régénérative ;
Bilirubine libre augmentée ;
Haptoglobine abaissée.
5. Diagnostic biologique
Le diagnostic biologique est évoqué devant une anémie régénérative de type hémolytique
(bilirubine libre augmentée, haptoglobine abaissée). Le diagnostic différentiel repose sur
l’élimination d’une hémolyse autoimmune (test de Coombs direct normal), d’une
hémoglobinopathie ou d’une maladie de la membrane érythrocytaire. La recherche du
déficit enzymatique repose sur :
Dosage de l’enzyme G6PD ;
Frottis sanguin (corps de Heinz) ;
Biologie moléculaire.