# **DÉFIS ET PERSPECTIVES DE LA SAISINE DE LA COUR CONSTITUTIONNELLE PAR VOIE D’EXCEPTION EN
RDC**
## **I. Les défis de la saisine de la Cour constitutionnelle par voie d’exception**
### **1. Les obstacles procéduraux et juridiques**
La saisine de la Cour constitutionnelle par voie d’exception, prévue par l’article 162 de la Constitution de
la RDC, permet aux juridictions ordinaires de surseoir à statuer lorsqu'une disposition légale contestée
semble contraire à la Constitution. Cependant, plusieurs obstacles entravent son application effective.
Tout d’abord, la méconnaissance de cette procédure par certains juges et avocats réduit son utilisation.
Nombre de magistrats hésitent à soumettre une question préjudicielle à la Cour constitutionnelle, soit
par manque de formation en droit constitutionnel, soit par crainte d’alourdir la procédure judiciaire.
Ensuite, le cadre juridique demeure incomplet sur certains aspects essentiels, notamment les délais de
traitement des requêtes et l’effet suspensif des décisions de la Cour constitutionnelle sur les affaires en
cours.
### **2. L’influence politique et l’accessibilité limitée**
Un autre défi majeur réside dans l’indépendance perçue de la Cour constitutionnelle. En RDC, le système
judiciaire est souvent critiqué pour son manque d’autonomie face aux pressions politiques. Cette
situation peut dissuader certains magistrats de recourir à la saisine par voie d’exception, par crainte de
décisions influencées par des considérations politiques plutôt que juridiques.
Par ailleurs, la complexité des procédures et les coûts élevés des démarches judiciaires constituent une
barrière pour de nombreux citoyens et praticiens du droit. L’accès à la justice constitutionnelle reste
ainsi limité, compromettant le rôle fondamental de la Cour dans la protection des droits et libertés
fondamentaux.
## **II. Perspectives pour une meilleure application de la saisine par voie d’exception**
### **1. Renforcement du cadre juridique et de la formation des magistrats**
Pour améliorer l’efficacité de la saisine par voie d’exception, il est crucial d’adopter des réformes
législatives précisant les délais de traitement des requêtes et les effets des décisions de la Cour sur les
procédures en cours. Une meilleure harmonisation avec les juridictions ordinaires permettrait d’éviter
les lenteurs et les blocages judiciaires.
En outre, la formation continue des magistrats et des avocats en droit constitutionnel et en techniques
de contrôle de constitutionnalité est essentielle. Des séminaires et formations devraient être organisés
afin d’encourager une meilleure utilisation de cette procédure par les juridictions inférieures.
### **2. Garantie de l’indépendance et amélioration de l’accessibilité**
L’indépendance de la Cour constitutionnelle doit être renforcée par des réformes garantissant la
nomination transparente de ses membres et leur protection contre les ingérences politiques. Une justice
constitutionnelle crédible encouragerait une plus grande confiance des juridictions inférieures dans le
recours à la saisine par voie d’exception.
Enfin, des mécanismes devraient être mis en place pour faciliter l’accès des justiciables à cette
procédure, notamment en réduisant les coûts et en simplifiant les démarches administratives.
L’instauration d’un accompagnement juridique, en collaboration avec les barreaux et les organisations
de la société civile, permettrait d’assurer une plus large effectivité du contrôle de constitutionnalité par
voie d’exception.
# **Renforcement du cadre juridique de la saisine de la Cour constitutionnelle par voie d’exception et
de la formation des magistrats en RDC**
## **I. Renforcement du cadre juridique de la saisine par voie d’exception**
La saisine de la Cour constitutionnelle par voie d’exception, prévue par l’article 162 de la Constitution de
la RDC, permet aux juridictions ordinaires de poser une question préjudicielle lorsqu’une disposition
légale semble contraire à la Constitution. Toutefois, plusieurs lacunes juridiques limitent son efficacité,
nécessitant une réforme en profondeur pour garantir une application plus efficiente.
### **1. Clarification des délais et des effets de la saisine**
L’un des principaux obstacles réside dans l’absence de précisions sur les délais de traitement des
questions préjudicielles par la Cour constitutionnelle. En l’absence de règles claires, certaines affaires
peuvent rester en suspens indéfiniment, créant un engorgement judiciaire et une insécurité juridique.
Pour y remédier, il est nécessaire de :
- **Fixer des délais impératifs** pour le traitement des questions préjudicielles, afin d’éviter les retards
excessifs.
- Déterminer **l’effet suspensif** ou non de la saisine par voie d’exception sur la procédure en cours
devant la juridiction inférieure.
### **2. Harmonisation du cadre juridique avec les juridictions ordinaires**
Le manque de coordination entre la Cour constitutionnelle et les juridictions ordinaires freine l’efficacité
de la saisine par voie d’exception. Il est essentiel d’instaurer des règles claires pour :
- Définir **les critères précis** selon lesquels une juridiction inférieure peut ou doit poser une question
préjudicielle.
- Assurer une **meilleure collaboration** entre la Cour constitutionnelle et les juridictions ordinaires à
travers des lignes directrices communes.
- Développer un **registre des décisions constitutionnelles** pour garantir une jurisprudence stable et
accessible aux magistrats et aux avocats.
### **3. Accessibilité accrue pour les justiciables**
Le droit d’accès à la justice constitutionnelle reste limité en raison de procédures complexes et
coûteuses. Une réforme du cadre juridique pourrait inclure :
- La possibilité pour les justiciables de **demander directement aux juges d’introduire une question
préjudicielle** devant la Cour constitutionnelle.
- La mise en place d’un **mécanisme de recours simplifié** pour les citoyens estimant qu’une loi ou
une norme viole leurs droits fondamentaux.
- La réduction des **frais judiciaires** pour les questions de constitutionnalité, afin de ne pas exclure les
justiciables les plus vulnérables.
## **II. Renforcement de la formation des magistrats en droit constitutionnel**
L’efficacité de la saisine par voie d’exception repose aussi sur la capacité des magistrats à identifier les
questions constitutionnelles pertinentes et à saisir la Cour dans les bonnes conditions. Or, le manque de
formation en droit constitutionnel et en contentieux constitutionnel limite leur implication.
### **1. Intégration du contentieux constitutionnel dans la formation initiale des magistrats**
Il est primordial que la formation des futurs magistrats intègre une dimension plus approfondie du
contrôle de constitutionnalité des lois. Pour cela, il est recommandé de :
- Renforcer l’enseignement du **droit constitutionnel et du contentieux constitutionnel** dans les
écoles de magistrature.
- Inclure des **exercices pratiques** et des mises en situation sur la saisine par voie d’exception.
- Sensibiliser les étudiants en droit et les jeunes magistrats à **l’importance du contrôle de
constitutionnalité** dans la protection des droits fondamentaux.
### **2. Formation continue des magistrats en exercice**
De nombreux juges en exercice ne maîtrisent pas pleinement les mécanismes de la saisine par voie
d’exception, ce qui limite son application. Une formation continue devrait être mise en place pour :
- Organiser des **séminaires réguliers** sur le contentieux constitutionnel, en collaboration avec la
Cour constitutionnelle et les facultés de droit.
- Mettre à disposition des magistrats des **guides pratiques et des recueils de jurisprudence** sur la
saisine par voie d’exception.
- Encourager les magistrats à suivre des **formations spécialisées en droit constitutionnel** au niveau
national et international.
### **3. Développement des échanges entre magistrats et constitutionnalistes**
Un dialogue constant entre les magistrats, les universitaires et les avocats est essentiel pour améliorer la
compréhension et l’application du contrôle de constitutionnalité. Pour cela, il est nécessaire de :
- Créer des **forums d’échange** entre les magistrats de la Cour constitutionnelle et ceux des
juridictions ordinaires.
- Encourager la **publication d’analyses et de commentaires** sur les décisions de la Cour pour aider
les magistrats à mieux comprendre son raisonnement.
- Promouvoir la **coopération internationale** avec d’autres juridictions constitutionnelles afin
d’adopter les meilleures pratiques.
## **Conclusion**
Le renforcement du cadre juridique de la saisine de la Cour constitutionnelle par voie d’exception et
l’amélioration de la formation des magistrats sont essentiels pour garantir une justice constitutionnelle
efficace en RDC. Une réforme législative devrait clarifier les délais, harmoniser les relations entre les
juridictions et simplifier l’accès à cette procédure pour les justiciables. En parallèle, une meilleure
formation des magistrats, associée à des échanges réguliers avec les constitutionnalistes et les
juridictions supérieures, contribuerait à une application plus cohérente et dynamique du contrôle de
constitutionnalité. Avec ces réformes, la Cour constitutionnelle pourrait pleinement jouer son rôle de
gardienne de la Constitution et de protectrice des droits fondamentaux en RDC.
# **Garantie de l’indépendance de la Cour constitutionnelle et amélioration de l’accessibilité en RDC**
## **I. Garantir l’indépendance de la Cour constitutionnelle**
### **1. Réforme du processus de nomination des juges**
L’indépendance de la Cour constitutionnelle repose en grande partie sur la manière dont ses juges sont
désignés. Actuellement, en RDC, la nomination des membres de la Cour est partagée entre le Président
de la République, le Parlement et le Conseil supérieur de la magistrature. Cette répartition, bien que
visant un équilibre institutionnel, peut exposer la Cour à des influences politiques.
Pour renforcer son indépendance, il est essentiel d’adopter un système de nomination plus transparent
et fondé sur des critères objectifs de compétence et d’expérience. Une réforme pourrait inclure :
- La mise en place d’une **commission indépendante** chargée d’évaluer les candidats avant leur
désignation.
- L’instauration d’un **mandat unique et non renouvelable** pour les juges afin d’éviter toute
dépendance vis-à-vis des autorités politiques.
- Une plus grande implication de la **société civile et des barreaux** dans le processus de sélection des
juges pour garantir leur impartialité.
### **2. Protection des juges contre les pressions politiques**
L’indépendance de la Cour constitutionnelle ne peut être garantie sans une réelle protection de ses
membres contre les ingérences extérieures. À cet effet, il est crucial de :
- Assurer **l’inamovibilité des juges** durant leur mandat, sauf en cas de faute grave établie par un
mécanisme indépendant.
- Renforcer la **sécurité et l’immunité fonctionnelle** des juges, afin qu’ils puissent rendre des
décisions sans crainte de représailles.
- Garantir **l’autonomie budgétaire** de la Cour pour lui éviter toute dépendance financière vis-à-vis
du pouvoir exécutif.
### **3. Renforcement du rôle de la Cour et de son autorité**
L’indépendance de la Cour constitutionnelle doit s’accompagner d’une reconnaissance et d’un respect
effectif de ses décisions. Il est impératif que :
- Toutes les institutions de l’État se conforment scrupuleusement aux arrêts de la Cour.
- Des sanctions soient prévues en cas de non-exécution des décisions de la Cour constitutionnelle.
- Une meilleure sensibilisation soit faite auprès des acteurs politiques et judiciaires sur le rôle crucial de
la Cour dans l’équilibre institutionnel et la protection de la démocratie.
## **II. Amélioration de l’accessibilité à la Cour constitutionnelle**
### **1. Simplification des procédures de saisine**
L’accès à la Cour constitutionnelle demeure complexe pour de nombreux citoyens et même pour
certains magistrats. Afin de faciliter la saisine de la Cour, il serait utile de :
- **Démocratiser l’accès** à la justice constitutionnelle en permettant aux citoyens d’introduire plus
facilement des recours, sans passer obligatoirement par une juridiction intermédiaire.
- Réduire les **formalités administratives** et simplifier la rédaction des requêtes pour éviter qu’un
formalisme excessif ne devienne un obstacle à l’exercice des droits.
- Développer des plateformes **numériques et dématérialisées** pour permettre aux justiciables de
suivre leurs dossiers et d’introduire des requêtes en ligne.
### **2. Réduction des coûts et assistance juridique**
Le coût des procédures devant la Cour constitutionnelle peut constituer un frein majeur pour les
citoyens les plus démunis. Pour y remédier, il conviendrait de :
- Mettre en place un **fonds d’aide juridictionnelle** destiné à financer les recours des citoyens à
faibles revenus.
- Encourager les **ONG et associations des droits de l’homme** à accompagner juridiquement les
requérants.
- Sensibiliser les avocats et les cliniques juridiques universitaires à offrir des services **pro bono** en
matière de contentieux constitutionnel.
### **3. Sensibilisation et éducation juridique**
L’amélioration de l’accessibilité passe aussi par une meilleure connaissance du rôle et des compétences
de la Cour constitutionnelle par les citoyens et les acteurs judiciaires. Il est essentiel de :
- Intégrer le **droit constitutionnel et la saisine de la Cour** dans les programmes scolaires et
universitaires.
- Organiser des **campagnes de sensibilisation** à travers les médias et les réseaux sociaux pour
informer les citoyens sur leurs droits constitutionnels.
- Encourager la Cour constitutionnelle à publier régulièrement des **résumés simplifiés de ses
décisions**, accessibles au grand public.
## **Conclusion**
La garantie de l’indépendance de la Cour constitutionnelle et l’amélioration de son accessibilité sont des
enjeux cruciaux pour la consolidation de l’État de droit en RDC. Une réforme du processus de
nomination des juges, une meilleure protection contre les pressions politiques et une autonomie
financière accrue permettraient de renforcer la crédibilité et l’autorité de la Cour. Par ailleurs, la
simplification des procédures, la réduction des coûts et la sensibilisation du public contribueraient à
rendre la justice constitutionnelle plus accessible à tous. Une Cour constitutionnelle véritablement
indépendante et accessible garantirait ainsi une meilleure protection des droits fondamentaux et
renforcerait la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires du pays.
## **Conclusion**
La saisine de la Cour constitutionnelle par voie d’exception constitue un mécanisme essentiel pour
garantir la conformité des lois à la Constitution et protéger les droits fondamentaux en RDC. Toutefois,
son efficacité est entravée par des défis procéduraux, des influences politiques et des difficultés
d’accessibilité. Pour renforcer son impact, des réformes législatives, une meilleure formation des
magistrats et des garanties d’indépendance de la Cour sont nécessaires. Avec une volonté politique et
institutionnelle forte, ce mécanisme pourrait devenir un véritable levier pour une justice
constitutionnelle plus dynamique et protectrice des libertés en RDC.