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Disours Sankara 2

Disours Sankara

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Sophie Lawrence
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“De retour de mon stage en 1980, je fus reçu par le Colonel Saye Zerbo, Chef

d’État-major Général des Armées qui, pour des raisons que j’ignore, tenta de
m’expliquer les raisons qui ont conduit au coup d’État du 25 Novembre. Après
l’avoir longuement écouté, je lui répondis que mon appréciation est tout autre
et se situait à un autre niveau. Cette déclaration mit fin à notre entretien et je
devais regagner Pô pour reprendre le commandement du Centre National
d’Entraînement Commando. Quelques semaines plus tard, je retournais à
Ouagadougou pour soumettre un plan annuel de travail de mon Unité. Je
devais être surpris à mon arrivée par une décision m’affectant à l’État-Major
(Division Opérations). Selon les rumeurs en ma possession, cette mesure était
dictée par le danger que je représentais à la tête du C.N.E.C. Sans mot dire, je
rejoignis mon nouveau poste et m’employais au mieux à l’organisation de
mon travail à la Division Opérations. Plusieurs Officiers me rendaient des
visites dans mon lieu de travail pour me remonter le moral. Un jour, le
Capitaine Kambou Sié, Chef du Cabinet Militaire du Chef de l’État,
m’apprenait que j’étais membre du Comité Militaire et du Secrétariat
Permanent.

Discours de Sankara devant l’AG du CSP

Membre du Comité Militaire et du Secrétariat Permanent, j’ai à ces divers


titres apporté ma modeste contribution dans de différents travaux,
notamment ceux relatifs aux modalités d’utilisation des véhicules. Très vite,
je devais être freiné dans mon élan par les nombreuses contradictions et
vicissitudes qui se présentaient chaque jour à l’intérieur du Secrétariat
Permanent. Tout cela pouvait passer si les choses se faisaient honnêtement.
Ainsi, un jour, je fus envoyé en mission pour négocier des bourses militaires.
À mon retour, je fus encore surpris par ma nomination comme Secrétaire
d’État chargé de l’Information à la Présidence de la République. N’ayant
jamais été consulté auparavant, je mis tout en œuvre pour convaincre le
Président des raisons de mon refus en m’appuyant sur mon prochain départ
en stage. Tantôt le Colonel Saye Zerbo promettait ferme que j’irai, tantôt il
invoquait la situation nationale pour refuser. En résumé, je ne savais plus où
donner de la tête. Dans cette affaire, des membres du Comité Directeur,
mettaient l’huile sur le feu en déclarant :
“Ou il est nommé et maintenu comme Secrétaire d’État ou nous partons
tous“.
Malgré cette position du Comité Directeur, le Colonel Saye Zerbo continuait
de s’assurer sur mon départ. Ainsi, il y eut une passation de service entre le
Lieutenant Tiousse Amé et moi. Cette fois-ci, le départ pour moi était assuré,
mais le Comité Directeur ne l’entendait pas de cette oreille.

Un jour, je fus convoqué devant ses membres qui de tous côtés m’assaillirent
de raisons militant pour mon maintien au pays. De mon côté, je réfutai tous
ces arguments par exemple prétexter des départs en stage (conférence du
Capitaine Kassoum). Après cette entrevue avec les membres du Comité
Directeur, j’assistai à une conférence avec le Colonel Tamini Yaoua qui
m’invita à “prendre mes responsabilités“. Nous en étions à un tel point que le
Colonel Saye Zerbo tenta encore par l’intermédiaire d’un de mes cousins de
me convaincre, mais en vain. C’est à partir de ce moment que toutes mes
demandes d’audience au Colonel étaient refusées sans explication. Ainsi
acculé, je fus contraint d’adresser une correspondance au Colonel Saye Zerbo
pour lui signifier mon refus.

Cette demande entraîna le retour de mon billet d’avion à l’Ambassade de


France pour éviter toute compromission dans cette affaire. Contre donc vents
et marées, je fus nommé Secrétaire d’État à l’Information, nomination que la
Radio Nationale répercuta avec écho. Surprise encore par cette annonce, je
refusais de me rendre au premier Conseil des Ministres parce que je n’avais
jamais été consulté avant d’être nommé.
Le Colonel Saye Zerbo, les Lieutenants-Colonels Nézien et Tiemtarboum
tentèrent de me ramener sur “leur droit chemin” mais en vain. Selon les
informations reçues, plusieurs mesures auraient été envisagées à mon
endroit :

1°) Me casser et me renvoyer de l’Armée ;

2°) M’évacuer dans un centre psychiatrique en me taxant de fou. Je précise


que cette mesure a été préconisée par le Lieutenant-Colonel Nézien
Badembié ;

3°) Rencontrer une délégation d’Officiers pour dialoguer afin qu’une solution
correcte soit trouvée au problème.

La dernière solution avait été retenue et je fus contacté par le Lieutenant-


colonel Félix Tiemtarboum et le Capitaine Zongo Henri qui me demandèrent
d’être raisonnable afin que cela sauvegarde le prestige et le renom du pays et
conserve la cohésion de l’Armée.
Au cours de cette période, des émissaires me seront envoyés par le Colonel
Saye Zerbo afin de me persuader. À la fin, exténué, je fléchis en exigeant tout
de même un compromis. Assumer les charges du Poste Ministériel durant
deux mois et ce jusqu’au 13 Novembre 1981, délai largement suffisant pour
permettre mon remplacement.

À la tête du Secrétariat d’État à l’Information, je tentai de m’organiser en


opérant des mutations profondes, mais aussitôt les difficultés ne tardèrent
pas à surgir car mes décisions ne seront pas exécutées. Dans le cadre de
mon nouvel emploi, j’effectuai quelques missions à l’étranger et jusqu’à la
date du 25 Novembre 1981, rien n’avait changé. Impatient de voir ma relève
comme promis, j’adressai une correspondance aux émissaires Lieutenant-
Colonel Félix Tiemtarboum et au Capitaine Zongo Henri pour leur manifester
mon mécontentement sur le non-respect du compromis.

Une lettre de démission de toutes les instances du Conseil des Forces Armées
Voltaïques sera alors remise. Des insinuations ne tardèrent pas à naître à mes
dépens. Tantôt je suis taxé d’avoir de la sympathie pour le Capitaine Jerry
Rawlings, Chef d’État de la République du Ghana, tantôt il me sera reproché
mes connivences avec les syndicats. Une certaine rumeur alimentée par mes
détracteurs faisait courir l’information selon laquelle j’aurais reçu une
certaine somme de certains pays pour fomenter un coup d’État. Je fus
sanctionné par 60 jours d’arrêts de rigueur avec le motif qui suit :
“Franchissement de la voie hiérarchique“.

Auparavant, ma demande d’explication devant le Conseil resta sans suite. Je


fus affecté à Dédougou. Une deuxième sanction tomba au taux de 60 jours
d’arrêts de rigueur et au motif ainsi libellé : “Indiscipline“. Circonstance ayant
entraîné la faute : “À démissionné d’une façon cavalièrement irresponsable
de son Poste de Secrétaire d’État à la Présidence de la République“.
À Dédougou, je n’assumai aucun commandement effectif. Le Commandant
Guèbre tenta de m’employer mais j’opposai un refus tant qu’une note de
service de l’État-Major Général ne venait pas.

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