3 Reproduction Embryologie
3 Reproduction Embryologie
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l’accord des enseignants référents. Ni les professeurs, ni la faculté ne peuvent être tenus responsables
de la validité des informations qu’il contient, même en cas de relecture par ces derniers.
Seuls les enseignements dispensés par les enseignants feront foi pour les examens.
SOMMAIRE
CHAPITRE 1 - LES GAMÈTES ET LA GAMÉTOGÉNÈSE ..............................................4
Récapitulatif .............................................................................................. 10
Récapitulatif .............................................................................................. 23
Récapitulatif .............................................................................................. 36
Entrainements ...........................................................................................38
Corrections ................................................................................................ 41
Notes ........................................................................................................44
Récapitulatif ..............................................................................................60
Récapitulatif ............................................................................................. 69
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Entrainements ........................................................................................... 70
Corrections ................................................................................................ 72
Notes ........................................................................................................ 74
Récapitulatif ..............................................................................................91
NOTES ......................................................................................................92
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
I. FORMATION DE L’HYPOPHYSE ......................................................................................... 124
II. FORMATION DU STOMODEUM (BOUCHE PRIMITIVE) ...................................................... 124
III. FORMATION DE L’APPAREIL BRANCHIAL ..........................................................................125
IV. FORMATION DE LA LANGUE .............................................................................................. 128
V. DEVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU PALAIS .................................................................. 129
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
SUPPORT DE L’HÉRÉDITÉ
Les gamètes contiennent un hémi patrimoine génétique : leur fusion donne un individu à 2n chromosomes.
Ainsi, les gamètes permettent :
- Le maintien du nombre de chromosomes d’une espèce
- D’avoir un individu doté d’un équipement génétique original (patrimoine génétique unique) *
ABOUTISSEMENT DE LA MÉIOSE
➔ Opposition aux cellules somatiques qui sont issues de la mitose !
La méiose est une succession de 2 divisions cellulaires :
- M1 Réductionnelle (2 cellules à n chromosomes, 2n ADN [2 chromatides], cellules haploïdes)
- M2 Équationnelle (4 cellules à n chromosomes, n ADN, cellules haploïdes)
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
La méiose a été mise en évidence chez toutes les espèces qui ont une reproduction sexuée. Elle a été découverte en
1883 par E.Van Beneden.
MITOSE MÉIOSE
eE M1
- Durée :
- Mitose : quelques dizaines de minutes
- Méiose : 24 jours pour la prophase de M1 chez l’homme
Plusieurs années chez la femme (prophase bloquée)
Globalement :
2N chromosomes, 4N ADN → N chromosome, N ADN
M2
Les phases clés de la méiose :
- La prophase de M1 avec ses 5 stades (Leptotène,
zygotène, pachytène, diplotènes, dicinèse)
- Et l’anaphase de M1 M1
2N chr,
4N ADN
M2
N chr, N chr,
2N ADN N ADN
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
- ZYGOTÈNE
→Début de l’appariement des
chromosomes homologues = synapsis
→Migration des centrioles aux pôles
opposés du noyau (= polarisation) Les chromatides sœurs sont maintenues par des cohésines mais les
cohésines n’appartiennent pas au complexe synaptonémal !
- PACHYTÈNE
→ Phase la plus longue de la prophase La mise en place du complexe synaptonémal s’effectue d’abord
→ Synapsis total (grâce à la formation grâce à SYCP2 et 3 puis SYCP1 (SYCP = synaptonémal complex
du complexe synaptonémal) protein). Tout d’abord, SYCP2 et 3 se mettent en place de manière
→ Formation de tétrade, bivalent latérale, puis SYCP1 vient se positionner entre les deux brins de
→Phase de recombinaisons (possible manière à fermer ce complexe. SYCP1 va donc permettre la
crossing over) connexion de la même façon qu’une fermeture éclair.
En effet, lors de la synapsis, il est possible qu’il y ait des croisements entre chromosomes qui vont conduire à des
Permet la survenue
échanges. Il peut alors y avoir un phénomène d’enjambement entre lesdes recombinaisons
chromatides homologuesetentrainant
de deuxgénétiques la
la formation d’un chiasma (point de chevauchement). survenueCela
de crossing dueconclure
over se
peut alors aux chiasmas
par un phénomène de
recombinaison génétique : les crossing over (cassure de deux chromosomes homologues au niveau de la même
séquence génétique avec possibilité d’échange de chromatine).
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
- DIPLOTÈNE
→ Condensation accrue des chromosomes
→Les bivalents (2 chromosomes homologues) ont tendance à se dissocier sauf aux endroits des
recombinaisons : chiasmas. Disparition des éléments du complexe synaptonémal.
- DIACINÈSE
Fin de la prophase de M1
→ Condensation maximale des chromosomes toujours reliés entre eux au niveau des chiasmas
→ Disparition de l’enveloppe nucléaire
MÉTAPHASE I
Les chromosomes se disposent sur la plaque équatoriale mais contrairement à la mitose
où le fuseau est bipolaire, le fuseau de division en M1 est unipolaire : ségrégation de chaque
chromosome homologue à un pôle différent de la cellule et non la séparation des chromatides.
ANAPHASE I
Séparation des homologues : chromosomes « chimères »
(des échanges de chromatine ont déjà eu lieu).
TELOPHASE I
L’enveloppe nucléaire se reconstitue autour des deux lots de chromosomes, chaque lot
contenant un chromosome de chaque paire sous la forme de deux chromatides sœurs. Il a
également lieu la cytocinèse (division du cytoplasme).
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
MÉIOSE = DIVERSITÉ
1- Recombinaisons génétiques = brassage intra-chromosomique
La diversité est aussi due aux recombinaisons génétiques → échange réciproque de fragments de chromatide
entre les homologues d’une même paire : phénomènes de cassure, réunion de l’ADN, échanges de parties de
chromatides égales. Les segments échangés sont homologues : pas de perte ni de gain de matériel génétique.
Elles résultent de chiasmas entre les homologues d'une même paire.
2- Brassage des allèles parentaux dans les gamètes = brassage inter-chromosomique → 223 combinaisons
pour l’ensemble du génome. La méiose est donc à l'origine d'une diversité des cellules filles grâce aux
brassages des allèles parentaux dans les gamètes. Il y a en effet une répartition aléatoire des 2 homologues
d'une même paire de part et d'autre du plan équatorial et une ségrégation indépendante des chromosomes
non homologues. Ce phénomène explique une bonne partie de la diversité.
C) Anomalies :
Anomalie méiotique : aberration chromosomique
On obtient alors :
- M1 : gamètes où il manque un chromosome ou gamètes avec un chromosome supplémentaire.
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G.Mabilleau
- M2 : pareil, gamètes avec 22 ou 24 chromosomes mais moins fréquent
Les monosomies autosomiques sont non viables (létales) pour l’espèce humaine, c’est le cas également pour les
trisomies autosomiques sauf T13, T18 et T21.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
I. INTRODUCTION :
➢ Lignée germinale = gamètes + précurseurs des gamètes
➢ Gamètes = cellules déjà différenciées = haploïdes = hémi patrimoine génétique
➢ Apparition des cellules germinales primordiales au 21ème jour de vie embryonnaire (proche de
l’allantoïde)
➢ Gamètes :
- But = fécondation → unique fonction des gamètes = reproduction de l’espèce
- Support de l’hérédité
- Aboutissement de la méiose
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
➢ Les différentes phases de la méiose :
➢ Puis M2 mais attention, le capital génétique des cellules filles n’est pas identique mais
HOMOLOGUE, du fait des recombinaisons.
➢ Anisogamie = fait qu’il y ait une différence entre gamète mâle et femelle
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Pathologies :
- On parle de cryptorchidie (30% des garçons prématurés, 3% des garçons nés à terme) lorsque les testicules
ne sont pas descendus. Ils peuvent alors se trouver n’importe où sur le trajet des testicules.
- Trajet anormal : ectopie testiculaire
La cryptorchidie est une sorte d’ectopie testiculaire !
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
- Apport de nutriments
- Transport des déchets métaboliques dans le sang et phagocytose
- Contrôle la maturation et la migration dans les cellules germinales
- Notion de barrière hémo-testiculaire → Les jonctions des cellules de Sertoli empêchent toute
diffusion dans les espaces intercellulaires et contraignent les substances en provenance des espaces
interstitiels à traverser le cytoplasme sertolien.
- Contrôle le passage de substances dans le tube séminifère
- Maintien d’un milieu favorable aux spermatozoïdes
- Protection aux agents toxiques
- Protection immunitaire : des protéines membranaires apparaissent. Présence de spermatocytes
primaires (pachytène). La rupture de cette barrière hémo-testiculaire provoque l’apparition d’anticorps anti-
spermatozoïdes (pouvant être à l’origine d’une infertilité).
- Rôle endocrinien : sécrète l'inhibine (limite la vitesse de la spermatogenèse), l'AMH (antimulérienne,
empêche la formation des trompes et de l'utérus) et l'ABP (concentre la testostérone nécessaire à la maturation des
spermatozoïdes).
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
VIE FOETALE
→Multiplication des gonocytes
primordiaux : débute à la 7ème
semaine de vie embryonnaire
→Multiplication par MITOSE qui
donne les spermatogonies entre la
15ème et la 20ème semaine (3 et 4ÈME
mois).
APRÈS LA NAISSANCE
→Prolifération des cellules
germinales
→Différenciation en spermatogonie
Ad
ENFANCE
Période de quiescence génitale (rien ne
se passe)
À PARTIR DE LA PUBERTÉ
→Démarrage de la spermatogenèse proprement dite
→De la puberté jusqu’au décès (infléchissement aux alentours de 30 ans mais pas de ménopause comme chez la
femme)
→ La méiose devient fonctionnelle (production de spermatozoïdes)
→ Prolifération et maturation des cellules de Sertoli
→ Reprise de la prolifération des cellules germinales
→ Augmentation du diamètre des testicules Moyen mnémotechnique : Ad = d pour dark car noyau foncé
Ap = p pour pâle car noyau clair
Les différentes phases à partir de la puberté :
MULTIPLICATION
→Développement de spermatogonies Ad =
pool de réserve (2n)
→Une spermatogonie Ad donne une
spermatogonie Ap par mitose, ainsi qu’une
autre spermatogonie Ad (pour retourner dans
le pool de réserve → mécanisme de cellule
souche)
→ Chaque spermatogonie Ap donne ensuite 2
spermatogonies B (2n) également par mitose
CROISSANCE
→ Chaque spermatocyte B donne 2
spermatocytes I (2n) encore une fois par mitose
→Chaque spermatocyte I subit une croissance
(leur taille passe de 10 à 25 µ avec la production
de nombreux ARNm) lors de la prophase de la
M1
MATURATION
→ Méiose I : Chaque spermatocyte I donne 2
spermatocytes II (n)
→ Méiose II : Chaque spermatocyte II donne 2 spermatides (n)
DIFFERENCIATION
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Spermiogénèse qui permet de passer des spermatides aux spermatozoïdes
La spermiogénèse :
Ensemble des modifications morphologiques et fonctionnelles permettant de passer du spermatide au
spermatozoïde.
3 familles de spermatides (décomposables en 8 stades en microscopie électronique) :
- Jeunes : rondes
- Intermédiaires : élongation en cours
- Matures : allongées
Pas de division cellulaire durant ces transformations.
Transformations impliquées dans le pouvoir fécondant du /!\ Spermatogénèse ≠ spermiogénèse.
spermatozoïde. La spermiogénèse est l’étape finale de
la spermatogénèse.
1) FORMATION DE L’ACROSOME
Dans la spermatide ronde, l'appareil de Golgi est très actif et il va fabriquer des granules pro-acrosomiaux
qui vont devenir des vésicules confluant ensuite en une seule vésicule : la vésicule acrosomiale. Elle va recouvrir petit
à petit les 2/3 du noyau et prend alors le nom d’acrosome. L'acrosome contient des enzymes protéolytiques qui
vont hydrolyser les structures : hyaluronidase, pro acrosine… Ces enzymes seront nécessaires pour traverser les
enveloppes péri-ovocytaires.
2) REMANIEMENTS NUCLEAIRES
Il va également y avoir une modification du noyau. En effet, le noyau est initialement rond et central, la chromatine
n'est pas très dense. Cette forme ronde va subir une phase d'élongation. Puis la chromatine va se condenser
énormément car il y a transformation des histones nucléaires (liant les brins d'ADN) en protamines, qui sont riches
en arginine et en cystéine (possibilité de créer des ponts disulfures = compaction supplémentaire) = condensation
de la chromatine.
La traduction de l'ADN pour produire les protamines n'a lieu que pendant le 1er tiers de la spermatogénèse
(= expression du génome haploïde), c’est-à-dire quand les spermatides sont jeunes.
Cette condensation sera complète non pas dans les tubes séminifères mais pendant le transit épididymaire.
La condensation du noyau et la maturation des spermatides en spermatozoïdes vont permettre la protection du
noyau lors du transit dans les voies féminines en les protégeant des lésions de l’ADN.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Cette structure microtubulaire issue du centriole distal donne le complexe axonèmal = axonème au centre
du flagelle du spermatozoïde en s’allongeant (/!\ complexe axonémal ≠ synaptonémal).
5) SPECIALISATION DE LA CELLULE
Ces spermatides vont évoluer pour former les spermatozoïdes au pôle apical. La spermatide glisse donc vers
la lumière du tube séminifère. Pendant ce glissement ont lieu les transformations précédentes ainsi que :
- Des modifications de la membrane des spermatozoïdes : intégration à la membrane plasmique de protéines
(galactosyltransférase) pour que le spermatozoïde puisse se fixer à l'ovocyte.
- Synthèse de protéines cytoplasmiques qui serviront lors de la fécondation pour permettre le
rapprochement du spermatozoïde et de l'ovocyte.
Au terme de la spermiogenèse :
- Rupture des liens des spermatides avec les cellules de Sertoli (qui ont assuré la spermatogenèse puis la
spermiogenèse).
- Libération des spermatozoïdes (non compétents et non mobiles) dans la lumière des tubes séminifères :
c'est la spermiation. Ils ont fini la spermatogénèse mais ils n’ont pas encore leur pouvoir fécondant.
- Transport des spermatozoïdes par le fluide testiculaire (traversant tubes droits, Rete Testis, et canaux
efférents pour arriver dans l’épididyme où ils deviendront matures).
Les spermatozoïdes anormaux sont phagocytés par les cellules de Sertoli.
C) Aspects cinétiques
Moyen mnémotechnique :
Évolution de la lignée germinale :
- Dans le temps : cycle spermatogénétique SpermaTogénéTique → Temps
- Dans l’espace : cycle de l’épithélium séminal EPithélium séminal → esPace
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
CYCLE SPERMATOGÉNÉTIQUE
Succession chronologique des différents
stades de différenciation des cellules germinales appartenant à la même génération.
Rendement de la spermatogénèse
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Une spermatogonie Ap donne théoriquement 16 spermatozoïdes mais en réalité, il y a un point de contrôle au
stade pachytène et 50 % des spermatozoïdes évoluent par apoptose.
II. LE SPERMATOZOÏDE
A) Anatomie
Le spermatozoïde mature mesure 60 à 65 µm environ entre la tête et le flagelle :
- Tête : 3 à 5 µm
- Col (ou collet) : 2 µm
- Flagelle : 55 µm
LA TÊTE
→Formée du noyau et de l’acrosome + fine bandelette cytoplasmique.
→ Ronde de face, effilée avec une partie postérieure renflée de profil.
→ Le noyau occupe la majeure partie de la tête et possède une petite dépression dans sa face inférieure :
fossette d’implantation.
→ Chromatine dense et homogène, quelques lacunes claires mais pas de nucléole.
→ Noyau très condensé entouré d’une membrane nucléaire peu visible sauf au niveau de l’espace nucléaire
postérieur.
→ Au niveau de la fossette d’implantation : feuillet externe doublé de la plaque basale qui sera la zone de
raccordement du flagelle (reliée par des microfilaments à une plaque d’implantation située dans le col =
capitulum).
Acrosome : coiffe les 2/3 antérieurs du noyau limité par une membrane interne (en contact avec la membrane
nucléaire) et une membrane externe (en contact avec la membrane plasmique). L’acrosome contient différentes
enzymes nécessaires au spermatozoïde. La Cape post-acrosomique est
le lieu de fusion avec la membrane de l’ovocyte → région postérieure de
l’acrosome.
LE COL
Zone de jonction. Il contient le centriole proximal (génère le
fuseau métaphasique de la première division embryonnaire) et la pièce
connective : constituée d’une plaque d’implantation (capitulum) d’où
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
partent 9 colonnes segmentées, chaque colonne étant le point
de départ d’une fibre dense qui se prolonge dans le flagelle.
LE FLAGELLE
3 portions :
- Pièce intermédiaire (5 µm) : Axonème entouré des 9
fibres denses qui partent des colonnes segmentées avec
autour la gaine/manchon mitochondrial → jusqu’à
l’annulus.
- Pièce principale (45 µm) : 7 fibres denses et
mitochondries remplacées par une gaine fibreuse faite
d’éléments semi-circulaires renforcée latéralement par
des colonnes longitudinales.
- Pièce terminale (5 µm) : seulement l’axonème avec les
microtubules qui se désorganisent.
ÉPIDIDYME ET MATURATION
Pendant le trajet entre la tête et la queue de l'épididyme, les spermatozoïdes acquièrent leur maturation
définitive c’est-à-dire leur pouvoir fécondant et leur mobilité. L'épididyme mesure environ 7 m c'est donc un tube
très condensé et pelotonné sur lui-même. La maturation peut s'effectuer dans l'épididyme car son épithélium est
glandulaire c’est-à-dire qu'il sécrète des hormones mâles = androgènes, substances nécessaires à la maturation,
comme la testostérone.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
- Modifications des glycoprotéines préexistantes
ÉJACULATION
Ces spermatozoïdes sont ensuite émis à l'extérieur via l'éjaculation. L’éjaculât est composé de
spermatozoïdes et de liquide séminal, composé de sécrétions des glandes annexes : prostate, vésicules
séminales, glandes de Cowper.
Les spermatozoïdes ne représentent qu'1/10 de l'éjaculât et le liquide séminal constitue le reste du volume.
Lors de l'éjaculation, la première fraction de l’éjaculât est composée de spermatozoïdes et des sécrétions
prostatiques (= acides) alors que la deuxième fraction est composée des sécrétions des vésicules séminales (=
basiques) en majeure partie mais elle contient aussi quelques spermatozoïdes.
III. LE SPERME
= Spermatozoïdes + liquide séminal
Le sperme n'est pas toujours de bonne qualité et un certain nombre de couples ne peuvent pas avoir d'enfant
pour cette raison. L'étude du sperme, qui repose sur l'étude des spermatozoïdes et du liquide séminal, existe depuis
les années 1950 (comparaison avec des normes établies par l’OMS). Les organismes de récupération du sperme
datent des années 1970.
Cette étude est bien contrôlée avec un certain nombre de normes et elle est régulièrement mise à jour, la
dernière datant de 2010. On constate alors que vers 1950 il y avait environ 100 millions de spermatozoïdes par ml,
alors qu'en 2000 le sperme n'en contenait plus que 50 millions en moyenne.
A) Différentes études
SPERMOCYTOGRAMME
On peut également établir un spermocytogramme pour analyser le pourcentage de formes normales ou
typiques des spermatozoïdes dans le sperme. Les spermatozoïdes sont morts et colorés sur une lame.
Il y a différents seuils en fonction de la méthode utilisée :
→ > 30 % de spermatozoïdes normaux pour la classification David (française)
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
→ > 4 % de spermatozoïdes normaux pour la classification Kruger (internationale), utilisée par l’OMS
SPERMOCULTURE
On peut effectuer une spermoculture si on suspecte une infection (= germes dans l'éjaculat).
Si on constate un défaut, il faudra recontrôler les résultats 3 mois après (durée moyenne de la
spermatogénèse).
Le facteur déclenchant est une sécrétion pulsatile (environ toutes les 2 heures) de GnRH (Gonadotrophine
Releasing Hormone) au niveau de l'hypothalamus. Elle est importante dans le fonctionnement car si on a une
sécrétion continue il y aura un blocage de la spermatogenèse et de la production de testostérone. Quand cette GnRH
est libérée elle agit sur l'hypophyse qui va alors sécréter deux hormones : FSH et LH. Ces hormones sont également
retrouvées chez la femme. Au niveau des testicules, la FSH va agir sur les cellules de Sertoli qui vont sécréter de
l'inhibine inhibant l'hypophyse en exerçant un rétrocontrôle négatif.
Lors du stade embryonnaire, les cellules de Sertoli vont sécréter l'hormone antimulérienne (AMH) qui
empêchera le développement des canaux de Muller (chez l’homme).
Ces cellules vont également sécréter une protéine lorsque l'individu sera adulte : l'ABP. Le rétrocontrôle
négatif de l'inhibine sur l'hypophyse permet de limiter l'activité des cellules de Sertoli pour que la production
journalière de spermatozoïdes reste constante. La LH va agir sur les cellules de Leydig qui vont produire de la
testostérone nécessaire à la spermatogénèse et à la spermiogénèse. En passant dans le sang les androgènes vont
inhiber l'axe hypothalamo-hypophysaire afin de ralentir ce mécanisme.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
- Température : il faut que les testicules aient une température inférieure à celle du corps (peut être à l'origine
de cryptorchidie)
- Radiations ionisantes, facteurs nutritionnels, environnementaux, pharmacologiques, infectieux… +
canabis
C) Contrôle génétique
Le contrôle génétique est encore mal connu mais sur le chromosome Y (sur le bras long) il existe un facteur
d'azoospermie : AZF, Azoospermia Factor (avec 3 zones a, b et c) et toute délétion d’une de ces parties entrainera
une anomalie de la spermatogénèse.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
I. GÉNÉRALITÉS
➢ Anatomie +++
➢ Les différentes phases de la spermatogénèse : multiplication / croissance / maturation /
différenciation
➢ Les 5 étapes concomitantes de la spermiogénèse :
- Formation de l’acrosome
- Remaniements nucléaires
- Apparition et développement du flagelle
- Redistribution du cytoplasme et formation du manchon mitochondrial
- Spécialisation de la cellule
II. LE SPERMATOZOÏDE
➢ Anatomie +++ : tête/col/flagelle
➢ Notion de décapacitation/capacitation
III. LE SPERME
➢ Spermatozoïdes + liquide séminal
➢ Paramètres du spermogramme :
o pH/viscosité
o Numération
o Mobilité
o Vitalité
o Volume
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
➢ Spermocytogramme, spermoculture…
➢ Anomalies (toujours des qcm sur ça) :
- Azoospermie (sécrétoire ou excrétoire): pas de spermatozoïdes dans l'éjaculât
- Oligospermie (nombre) : pas assez de spermatozoïdes
- Asthénospermie (mobilité) : mobilité réduite, problème de vitalité des spermatozoïdes
- Tératospermie (morphologie) : anomalie de leur morphologie (<30% spermatozoïdes normaux)
- Aspermie : pas de sperme
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
B) L’ovaire
Les ovaires ont deux fonctions :
- Exocrine : production de gamètes = ovocytes
- Endocrine : sécrétion d'hormones sexuelles = œstradiol et progestérone
But de ces 2 fonctions : produire un ovocyte fécondable et créer un environnement propice à la nidation.
Les ovaires ont un fonctionnement différent de celui des testicules car ils fonctionnent de façon cyclique à
partir de la puberté jusqu'à la ménopause par une même unité morphologique : le follicule ovarien. Le testicule
fonctionne lui de manière continue à partir de la puberté par 2 structures différentes (cellules de Sertoli et de Leydig).
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Le follicule est un ovocyte bloqué en prophase de M1 depuis la vie
embryonnaire jusqu'à une éventuelle ovulation.
Il est entouré de cellules folliculaires et de structures qui se modifient au
cours de sa maturation. Pour produire les gamètes et les hormones et il
faut deux processus : l'ovogénèse et la folliculogénèse
Au 6e mois de la vie intra-utérine, l'ovaire contient un stock
définitif de follicules primordiaux (40 µm) et 9/10 de ces follicules vont
dégénérer par apoptose on parle d'atrésie folliculaire. Il ne reste donc
qu'1/10 pour la folliculogénèse.
A) Folliculogénèse
FOLLICULES PRIMORDIAUX
→ Cellules de la granulosa aplaties (30-40µm)
FOLLICULES PRIMAIRES
Quand on passe du follicule primordial au follicule primaire,
l’épithélium folliculaire devient cubique ou prismatique. Le follicule
primaire (40 – 100 µm) est toujours entouré d’une seule couche de cellules
folliculeuses cubiques (aplati).
FOLLICULES DE DE GRAAF
Mesure environ 20mm. C'est lui qui expulsera l'ovocyte mature prêt à être fécondé.
Quel que soit le stade folliculaire, régulièrement involution des follicules qui rentrent en atrésie folliculaire.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
L’antrum est constitué au fur à mesure de l'évolution du follicule. Le liquide folliculaire repousse les cellules
folliculeuses autour de l'ovocyte. Ces cellules prennent le nom de granulosa. Elles sont séparées du stroma ovarien
et de la vascularisation ovarienne par la membrane de Slavjanski (= thèque interne : cellulaire // thèque externe :
fibreuse). L'ovocyte (bloqué en prophase I) est entouré d'un amas de cellules folliculeuses appelées cumulus
oophorus dont la première couche (interne) est appelée corona radiata qui est en contact avec l’ovocyte. Le
follicule mûr est sensible au pic ovulatoire de gonadotrophines : il réagit à la décharge ovulante de LH et FSH.
Ovogénèse = transformation d'une gonie (cellule souche) en une cellule prête à être fécondée (ovocyte).
Elle commence dans l'ovaire fœtal et se termine entre la puberté et la ménopause par production, une fois
tous les 28j, d'un gamète féminin fécondable = ovocyte secondaire (bloqué en Métaphase de MII). Stades
« ovotide » et « ovule » n'existent pas, ils sont télescopés s’il n’y a pas de fécondation.
Trois phases
1) PHASE DE MULTIPLICATION
De 9 à 22 semaines de vie intra-utérine → Survenue de nombreuses mitoses.
Au 6ème mois il y a un stock d'environ 7 millions d'ovogonies sur les 2 ovaires.
→ Arrêt des mitoses, stock définitivement constitué.
Parallèlement vers la 12èmesemaine de vie intra-utérine :
→ Début des méioses par vagues successives.
→ Blocage en Prophase I (diplotène) : ovocyte primaire (noyau = vésicule germinative = noyau dictyé).
Après le début de la méiose, au début de la 16ème semaine → Différenciation de
cellules somatiques en cellules folliculeuses (une assise cellulaire unique autour de
l’ovocyte) + établissement de relations entre cellules folliculaires entre elles ou avec
l’ovocyte (jonctions adhérentes et perméables) : on aboutit à la formation de
follicules primordiaux.
Ovocyte bloqué en PI + assise des cellules aplaties = follicules primordiaux.
Le blocage de l'ovocyte en PI est très long, et très variable.
Constitution d’un pool de réserve non renouvelable, qui s'épuisera par apoptose =
Atrésie folliculaire
Le nombre d’ovocytes réduit progressivement avec l’âge :
7M pendant vie intra-utérine → 1M à la naissance → 400000 à la puberté → 0 (<
2000) à la ménopause.
27
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Globalement :
→ Phase A : Invasion des crêtes génitales.
→ Phase B : Multiplication des gonocytes primordiaux et différenciation en ovogonies (semaines 9 à 22).
Multiplication jusqu'à semaine 20. Nombre maximum atteint à ≈ 20 semaines (6 mois).
→ Phase C : Les ovogonies entrent en prophase méiotique (Diplotène) et se bloquent = ovocytes primaires
(semaines 12 à 25).
→ Phase D : S’entourent de cellules
somatiques (Cellule folliculaire de la granulosa) et
constitution des 1ers follicules primordiaux
(semaines 16 à 29).
→ Phase E : Atrésie folliculaire
progressive dès la 16e semaine avec un pool
d’ovocytes primaires (6 à 7 millions atteint à la
20ème semaine) qui va petit à petit s’effondrer
pour continuer à décroître jusqu’à la ménopause.
2) PHASE DE CROISSANCE
→ Relation étroite avec la croissance
folliculaire
Pendant cette évolution on a une phase de
croissance. Le diamètre de l'ovocyte grandit et
passe de 30 - 40 µm (primordial) à 120 µm en
incluant la zone pellucide = organisation
cytoplasmique complexe. Jusqu’au stade antral,
c’est surtout l’ovocyte qui grandit, puis le follicule.
Les cellules folliculaires, grâce à des jonctions perméables, échangent avec l'ovocyte ce qui est à l'origine
d'une synthèse importante d'ARNm par l'ovocyte. Les vésicules germinatives au stade diplotène de prophase de M1
augmentent de volume mais leur volume reste inférieur à celui du cytoplasme. Augmentation de la taille du
nucléole = activité intense de synthèse d’ARN. (ARNr>ARNm)
Ces ARNm sont :
- Traduits : protéines rendant l’ovocyte compétent, reprise de la méiose, fécondabilité…
- Stockés : ils seront traduits plus tard, après la fécondation, importance des ARN maternels dans le
développement embryonnaire précoce. (Ils pourront être consommés jusqu’à ce que l’embryon puisse en
fabriquer.)
Le volume de l’ovocyte est multiplié par 3. Il grossit jusqu’à l’apparition de l’antrum → l’augmentation de
la taille du follicule correspond à la croissance de l’ovocyte. Après l’apparition de l’antrum, l’augmentation de la taille
de l’ovocyte est due à l’augmentation de l’antrum.
L’ovocyte acquière successivement 2 potentialités :
➔ Compétence à reprendre la méiose
➔ Compétence à soutenir le développement embryonnaire (apparait après)
Avant le pic de LH, ces jonctions sont en place. Les OMI (ovocyte Meiosis Inhibiteur) atteignent l’ovocyte
par l’intermédiaire des cellules de la Corona Radiata. Ils maintiennent élevé le taux d’AMPc intra-ovocytaire qui active
la PKA (protéine kinase a) qui bloque la transformation du facteur MPF (M-Phase Promoting Factor) → bloqué sous
la forme de pré-MPF.
Après le pic de gonadotrophines, les projections trans-zonales sont stoppées. S’il n’y a plus de jonction,
plus d’OMI, la PKA n’est pas active donc transformation des pré-MPF en MPF → la méiose reprend.
Il y a d'autres modifications de l'ovocyte :
- Apparition des granules corticaux (petits saccules contenant des enzymes qui permettent la fécondation) qui
empêchent la polyspermie produits au cours de la phase de croissance (= ovule fécondé par plusieurs
spermatozoïdes).
- Synthèse de la Zone Pellucide (ZP) qui augmente le volume total de la cellule (augmentation d’épaisseur)
→ composée de 4 glycoprotéines synthétisées par l’ovocyte
- Augmentation du nombre de mitochondries (cellule de l’organisme la plus riche en mitochondrie)
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
- Apparition de nombreuses microvillosités sur la membrane plasmique de l’ovocyte.
3) PHASE DE MATURATION
C'est la phase terminale qui a lieu dans les 36 heures précédant l'ovulation et qui rendra l'ovocyte apte à
être fécondé. Cette évolution est provoquée par le pic de gonadotrophines (LH et FSH) qui entraîne la maturation
cytoplasmique et nucléaire permettant la reprise de la méiose. Expansion du follicule et rupture.
Au cours de sa croissance, le diamètre ovocytaire passe de 30 à 120µm = organisation cytoplasmique
complexe.
Fin de la 1ère division méiotique et expulsion du 1er globule polaire dans l’espace péri-vitellin (répartition
cytoplasmique inégale entre le 1er globule polaire [cellule abortive] et l’ovocyte secondaire)
Puis blocage en métaphase de 2ème division méiotique.
Interactions ovogénèse-folliculogénèse
Les projections trans-zonales assurent un dialogue bidirectionnel entre l’ovocyte
et les cellules folliculaires nécessaire à la croissance et à la maturation ovocytaire :
- Signaux paracrines, de l’ovocyte vers les cellules du cumulus et des cellules
du cumulus vers l’ovocyte. (Flèches en rose)
- Projections trans-zonales des jonctions adhérentes et communicantes
- Projection des cellules de la corona radiata, transfert d’ions,
d’informations… Les jonctions sont maintenues jusqu’au pic de gonadotrophines.
- Reprise de la méiose (suite au pic de gonadotrophines) : condensation des chromosomes, rupture de la
vésicule germinative, formation du fuseau méiotique, séparation des homologues de chaque paire dans deux
cellules filles
- En fin de M1 : formation de l'ovocyte et d'un globule polaire qui est une petite cellule dont le noyau est
identique à celui de l'ovocyte mais dont le cytoplasme est beaucoup plus petit.
Le 1er globule polaire (GP1) est expulsé dans l'espace périvitellin, il reste collé au noyau. Il y a ensuite un
nouveau blocage en métaphase de M2. C’est sous cette forme qu’il est prêt à être fécondé.
A) Morphologie de l’ovocyte
L'ovocyte avec sa zone pellucide atteint la
taille de 120 µm mais si on regroupe toutes les enveloppes cellulaires qui l'entourent il atteint 2 à 3 mm.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
V. ASPECTS CINÉTIQUES DE L’OVOGÉNÈSE ET NOTION DE CYCLE OVARIEN
A) Aspects cinétiques
DURÉE
On pense qu’il faut environ 5 mois à un follicule pour sortir de la réserve (selon des études de greffes
ovariennes). En revanche, on sait que pour passer de la formation de l’antrum, jusqu’à l’ovulation (stade du follicule
de Graff), il faut 65 jours (constant).
La folliculogénèse dure plusieurs années, de la vie fœtale jusqu'à l'ovulation. Cependant elle est variable en
fonction des femmes car la puberté et la ménopause n'arrivent pas à la même période (puberté à environ 12 ans et
ménopause à environ 50 ans).
L’entrée des follicules en croissance se fait par vague, sous l’action de cellules folliculaires (en particulier les
TGF-β ; GDF9 et BMP5).
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Il y a une très longue période de blocage où l’ovocyte, en prophase de M1, est contenu dans un follicule
primordial. Ces follicules primordiaux vont démarrer leur croissance par vagues successives sous l’influence de
facteurs locaux : 15 follicules par jour pendant l'adolescence puis 4 follicules par jour à partir de 40 ans.
Le temps global pour passer du follicule primaire au follicule mûr est plus ou moins incertain. Il est sans doute de
quelques mois.
Quand le follicule atteint 100 µm, on parle de follicule secondaire. Il se passe alors 70 jours jusqu'au stade
follicule tertiaire (300 µm, apparition d’une cavité).
Quand un follicule entre dans un cycle ovarien (28 jours, l'ovulation ayant lieu au 14e jour), on passe alors de
l'ovocyte bloqué en prophase de M1, à la 2e division de méiose (1er globule polaire expulsé).
Du stade de follicule secondaire à l'ovulation, il se passe 70 jours + 14 jours, ce qui donne 84 jours = 3mois.
S'il y a fécondation, l'ovocyte continuera sa méiose. Au contraire, si la fécondation n'a pas lieu, la croissance s'arrête
à ce stade.
Jusqu’à l’ovulation, on parle de cycle folliculaire. Après, on parle de phase lutéale.
Environ 12 follicules sont recrutés à chaque cycle.
RENDEMENT
Il est nettement plus faible que chez l'homme :
- Inégalité dans la durée des divisions,
- Absence de maintien du pool d'ovogonies souches,
- Phénomène d'atrésie (épuisement progressif du stock) pendant :
→ La vie fœtale
→ L'enfance
→ La période d'activité génitale
Seulement quelques centaines d'ovocytes seront ovulés.
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G.Mabilleau
B) Cycle ovarien
RÉGULATION HORMONALE
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Pr. P. May-Panloup
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PHASE FOLLICULAIRE
Première partie : la FSH (en synergie avec la LH) agit sur la croissance folliculaire. Les follicules recrutés
secrètent de l’inhibine B et de l’œstradiol (la thèque interne synthétise des androgènes et la granulosa les
transforme en œstradiol = aromatisation). On a un pool de follicules qui deviennent sensibles à la FSH, ils sont donc
recrutés sous l’action de la LH et de la FSH, ce qui conduit à la production d’œstradiol synthétisé par les follicules.
Deuxième partie : l’œstradiol et l’inhibine B dont le taux a augmenté exerce un rétrocontrôle négatif sur le
complexe hypothalamo-hypophysaire ce qui entraine une baisse de la FSH.
Cette baisse de FSH explique le phénomène de sélection, de dominance, c’est-à-dire que le follicule
dominant détourne la FSH à son profit et croît un peu plus vite que les autres. La FSH restante est captée par le
follicule sélectionné; il n'y a pas assez de FSH pour permettre la croissance de tous les follicules recrutés, on observe
alors une atrésie folliculaire.
Il y a ensuite une augmentation de la sécrétion d’œstradiol par le follicule dominant : ce pic d’œstradiol (E2)
exerce un rétrocontrôle positif sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et déclenche un pic de FSH et LH (= pic
ovulatoire) provoquant l’ovulation 36 heures après le pic de gonadotrophines.
PHASE LUTEALE
Le follicule déhiscent se restructure en corps jaune qui, sous influence de LH, secrète :
- De la progestérone (granulosa),
- De l’œstradiol
- De l'inhibine qui exerce un rétrocontrôle négatif → « chute » de FSH et LH.
- Des prostaglandines et de l’ocytocine
À la fin, s’il n’y a pas de grossesse, on observe une lutéolyse (involution du corps jaune) entrainant une chute de la
stéroïdogenèse (progestérone, œstradiol) et de l’inhibine B. Il y a une
diminution du rétrocontrôle négatif (moins d’inhibine B), on constate
alors une remontée de FSH, c’est le début de cycle ovarien suivant.
AU NIVEAU CELLULAIRE :
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
CYCLE MENSTRUEL
La paroi de l’utérus est tapissée par l’endomètre. Le cycle ovarien a une répercussion sur cette muqueuse qui
subit d’importantes variations d'épaisseur et d'organisation, on parle de cycle menstruel.
En début de cycle, on observe une desquamation (car plus d’hormones), élimination de sang et de débris
endométriaux, ce sont les règles.
Puis, sous l’influence des œstrogènes et de la progestérone, il y a une régénération, prolifération,
transformation glandulaire et des sécrétions dans le but de préparer la nidation de l’embryon.
En cas de non implantation, c’est la lutéolyse, la chute d’œstradiol et de progestérone entraine une hémorragie de
privation (= règles), correspondant au début du cycle suivant.
C) Conclusion
L’ovogénèse commence dans l’ovaire fœtal et se termine entre la puberté et la ménopause par la production, une
fois tous les 28j, d’un gamète fécondable. C’est la transformation d’une cellule souche en une cellule prête à être
fécondée = ovocyte secondaire (bloqué en MII).
→Processus discontinu = Comprend une longue période de blocage ou l’ovocyte en PI est contenu dans un
follicule primordial
→Durée variable (puberté 12ans en moyenne / ménopause 50ans en moyenne)
→Limité dans le temps (ménopause)
→Incomplet le plus souvent : l’ovocyte ovulé en MII ne termine sa méiose que s’il est fécondé par un
spermatozoïde
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
I. RAPPELS : ORGANES GÉNITAUX ET VOIES GÉNITALES FÉMININES
➢ OMI
➢ MPF
➢ CSF
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
➢ Ovocyte + ZP = 120 µm
➢ Ovocyte + ZP + enveloppes = 2 à
3 mm
GnrH/LH/FSH/Oestradiol/progesterone/inhibine
➔ Connaître leurs rôles
➔ Rétrocontrôle négatif/positif
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
QCM 1– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) La lignée germinale désigne uniquement les gamètes.
B) La méiose est une succession de deux divisions cellulaires (M1 Réductionnelle et M2 Équationnelle).
C) Chez la femme, la méiose a une durée de 24 jours.
D) La méiose est à l'origine d'une diversité des cellules filles grâce aux brassages des allèles parentaux dans les
gamètes : c’est ce qu’on appelle le brassage intra-chromosomique.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 2– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) La cryptorchidie est une sorte d’ectopie testiculaire.
B) Les canaux déférents partent du rete testis et constituent l’épididyme. Ils confluent en un canal unique : le canal
épididymaire qui donne ensuite le canal efférent abouchant dans l’urètre.
C) Lors de la phase de multiplication, une spermatogonie Ad donne une spermatogonie Ap par méiose.
D) Le centriole proximal a un développement classique qui va donner 9 triplets de microtubules qui joueront un rôle
important dans les divisions du futur zygote.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 3– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) L’ovaire a deux fonctions : exocrine (hormones sexuelles) et endocrine (gamètes).
B) Le follicule est un ovocyte bloqué en anaphase de M1.
C) Les follicules de Graaf mesurent environ 200 µm.
D) La zone pellucide est composée de 2 glycoprotéines.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Exercice 1 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
Les ovaires se trouve dans la cavité …………. Ils mesurent ……………, ils restent à la température centrale et
sont le lieu de production d'………….. (gamètes de la femme).
Les trompes utérines (ou de ………….) mesurent environ ……….., sont constituées d'un …………… (départ des
ovocytes) qui n'est pas en contact direct avec l'ovaire, d'une ……………… (renflée), de l’…………… ………….. et d'une
…………….. ………………. (myomètre).
Exercice 2 :
Donnez les définitions des mots suivants
Ovogénèse :
Gamète :
Tératospermie :
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Exercice 3 :
Reliez ces schémas aux phases correspondantes
A) Diplotène
B) Zygotène
1 2
C) Pachytène
3 5 D) Leptotène
4
E) Diacinèse
Exercice 4 :
Complétez le tableau suivant
Exercice 5 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
Le cycle de fabrication des spermatozoïdes est de ………….., moment où ils arrivent à la lumière des tubes
séminifère. On peut ajouter la durée du transit dans le tractus génital masculin va prendre ……………... Ainsi, la
production des spermatozoïdes à partir des spermatogonies souches pour se trouver dans un éjaculât prend
………
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UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Exercice 6 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
Les gonocytes primordiaux apparaissent dans la paroi de la …………... …………….., proche de l’…………… (future
vessie) au ……….e jour de vie de l’embryon (3ème semaine de vie embryonnaire)
-Ces cellules migrent pendant …………………… : colonisation des ………… ………… (futures gonades ->
testicules ou ovaires) = partie interne du corps de ………... Ces cellules se multiplient et s’entourent de cellules
……………………….
QCM 4– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Au stade diplotène on observe la disparition des éléments du complexe synaptonémal.
B) Au stade de la diacinèse, on observe une condensation maximale des chromosomes.
C) La gamétogénèse mâle est discontinue.
D) La gamétogénèse femelle est complète.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 5– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Les testicules ont une température égale à celle du corps pour garantir leur bon fonctionnement.
B) On dénombre environ 300 lobules par testicules.
C) Les cellules de Sertoli jouent un rôle central dans la barrière hémo-testiculaire.
D) L’acrosome contient de la hyaluronidase.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 6– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Le pool de réserve en ovogonie est de 7 millions par ovaires au 6ème mois de vie embryonnaire.
B) Les follicules primaires sont entourés d’une seule couche de cellules folliculeuses cubiques.
C) La première couche, irrégulière, bordant l’ovocyte se nomme la corona radiata.
D) La seconde couche, régulière, bordant l’ovocyte se nomme le cumulus oophorus.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
QCM 1– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) FAUX, elle désigne aussi leurs précurseurs
B) Vrai
C) Faux, chez la femme la méiose peut durer plusieurs années, mais pour l’homme c’est vrai
D) Faux, brassage intER-chromosomique
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Réponse B
QCM 2– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Vrai
B) Faux, attention inversion entre efférent et déférent
C) Faux, par MITOSE
D) Vrai
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Réponse A et D
QCM 3– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Faux, attention parenthèses inversées
B) Faux, PROphase
C) Faux, attention aux unités 200mm
D) Faux de 4 !
E) Vrai, Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Réponse E
Exercice 1 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
Les ovaires se trouve dans la cavité pelvienne. Ils mesurent 3 cm x 2 cm, ils restent à la température centrale
et sont le lieu de production d'ovocytes (gamètes de la femme).
Les trompes utérines (ou de Fallope) mesurent environ 10 cm, sont constituées d'un pavillon (départ des
ovocytes) qui n'est pas en contact direct avec l'ovaire, d'une ampoule (renflée), de l’isthme tubulaire et d'une portion
interstitielle (myomètre).
Exercice 2 :
Donnez les définitions des mots suivants
Ovogénèse : transformation d'une gonie (cellule souche) en une cellule prête à être fécondée (ovocyte).
Gamète : cellules de la lignée germinale (également appelés cellules sexuelles, ou encore germen).
Tératospermie : Anomalie de morphologie des spermatozoïdes.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Exercice 3 :
Exercice 4 :
Complétez le tableau suivant
Exercice 5 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
Le cycle de fabrication des spermatozoïdes est de 74 jours, moment où ils arrivent à la lumière des tubes
séminifère. On peut ajouter la durée du transit dans le tractus génital masculin va prendre 2 à 15 jours. Ainsi, la
production des spermatozoïdes à partir des spermatogonies souches pour se trouver dans un éjaculât prend 3
mois.
Exercice 6 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
Les gonocytes primordiaux apparaissent dans la paroi de la vésicule vitelline, proche de l’allantoïde (future
vessie) au 21e jour de vie de l’embryon (3ème semaine de vie embryonnaire)
Ces cellules migrent pendant 3 semaines : colonisation des crêtes génitales (futures gonades → testicules ou
ovaires) = partie interne du corps de Wolff. Ces cellules se multiplient et s’entourent de cellules mésenchymateuses.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
QCM 4– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Vrai
B) Vrai
C) Faux, continue
D) Faux, le plus souvent incomplète puisqu’elle n’aboutit pas à chaque fois à une fécondation.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Réponse A et B
QCM 5– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Faux, 2-3 degrés de différence
B) Vrai
C) Vrai +++
D) Vrai
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Réponse B, C et D
QCM 6– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Faux, attention 7M pour les deux ovaires.
B) Vrai
C) Faux, régulière
D) Faux, irrégulière
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
Réponse B
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Pour que cette fécondation ait lieu, il faut que les 2 gamètes aient atteint un degré de maturité suffisant,
qu’ils soient devenus aptes, compétents pour la fécondation. Il faut que les gamètes mâle et femelle soient matures.
A) Préparation à la fécondation
Il s'agit :
- Du transit des spermatozoïdes dans les voies génitales féminines
- De la capacitation des spermatozoïdes
- De la maturation ovocytaire
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Ce n’est pas un simple transit : les spermatozoïdes sont en contact avec les divers milieux du tractus génital féminin
(glaire cervicale, liquide utérin et liquide tubaire) qui lui permettent de franchir ces étapes. Les effets de ces milieux
ont pour but de :
- Les débarrasser du liquide séminal
- Les sélectionner
- Réguler leur nombre
- Les capaciter (les rendre fécondants)
• Ejaculation : les spermatozoïdes sont déposés dans la cavité vaginale. Le liquide séminal est coagulé. Il
faut environ 20 min pour que l’éjaculat se liquéfie. Suite à la liquéfaction les spermatozoïdes sont en
contact avec le milieu vaginal acide. Par conséquent ils se dirigent rapidement vers le col utérin plus
propice à leur survie. Ils pénètrent donc dans la glaire cervicale.
- Rôles :
→ Filtration, seulement 2 % des spermatozoïdes éjaculés passent dans la cavité utérine, elle trie ceux qui sont
anormaux.
→ Flux, les cryptes de la muqueuse du col utérin augmentent les chances de rencontre avec l’ovocyte en
immobilisant les spermatozoïdes pendant 48 heures et en les libérant progressivement.
→ Protection, présence de polynucléaires (globules blancs), bactéries…
→ Participation à la capacitation +++, avec l’élimination du plasma séminal (liquide séminal)
→ Constitue un milieu favorable à la survie des spermatozoïdes, pH est favorable (moins acide que la cavité
vaginale, riche en glucose.
- Une mauvaise glaire ou glaire hostile peut être à l’origine d’une infertilité appelée infertilité
cervicale. Elle représente 10 % des causes d’infertilité. Elle peut être due à un dérèglement du cycle
chez la femme ou à la présence d’anti corps anti-spz ce qu’entraine une immunisation contre les spz.
- L’étude de la glaire en période ovulatoire fait partie du bilan d’infertilité :
→ Test de Hühner (autour de l’ovulation 12h après un rapport sexuel, on regarde le comportement, le
mouvement des spermatozoïdes dans la glaire)
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
→ Score d’Insler (juste après l’ovulation). Il permet d’évaluer les caractéristiques physico-chimiques et
morphologiques de la glaire cervicale.
b) Transit utéro-tubaire
Pour aller jusqu’au lieu de la fécondation (ampoule tubulaire), les spermatozoïdes doivent traverser la cavité utérine
en direction de la trompe, de l’ostium uterinum. Ils franchissent ce 2ème barrage rapidement en 30min/1h.
Progression :
- Par leurs propres battements flagellaires (permet d’avancer)
- Par les battements des cils de l'épithélium de la cavité utérine puis des trompes (cellules ciliées +
cellules simples prismatiques)
- Par les contractions utérines qui permettent la remontée des spermatozoïdes (dues aux
prostaglandines présentes dans le liquide séminal de l’éjaculat)
- Par l’expression à la surface du spermatozoïde de molécules régulatrices (protéines)
c) La capacitation
Pendant le transit (glaire cervicale et utéro-tubaire), on observe des modifications essentielles à la fécondation =
capacitation :
- Phénomène décrit en 1952
- « Expression », acquisition du pouvoir fécondant
- Fragilisation (augmentation de la perméabilité et de la fluidité) de la membrane plasmique du
spermatozoïde par une série de transformations se produisant dans les voies génitales féminines.
La capacitation proprement dite est liée au taux d'hormones circulantes dans l’utérus et dans les trompes.
• Mécanismes en jeu :
- Modifications des protéines de la membrane plasmique :
→ Elimination des protéines de revêtement qui bloquaient les capacités de fécondation (venant de
l’épididyme et des glandes annexes) par les glycosaminoglycanes et l’albumine.
→ Elimination des résidus glucidiques des protéines membranaires (enzymes)
47
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
→ Entrée massive de Ca2+ dans le spermatozoïde
• Conséquences :
- Préparation à la réaction acrosomique au contact de la ZP
- Libération des sites de reconnaissance = récepteurs sur la zone pellucide et la membrane plasmique de
l’ovocyte
- Mouvement hyperactif avec une trajectoire en étoile
Lors d’une fécondation in vitro (FIV) le spz utilisé doit être capacité. On mime donc in vitro ce qu’il se passe in vivo
grâce à des centrifugations sur gradient permettant la sélection et la capacitation.
• Avant le pic de LH
L’ovocyte est bloqué en prophase I (noyau = vésicule germinative). Les cellules de la corona radiata et du cumulus
forment une masse visqueuse autour de l'ovocyte
• Après pic de LH, avant ovulation (pendant les 36 heures) :
Les cellules de la corona radiata s'écartent les unes des autres et de l’ovocyte. Elles retirent leurs gaps jonction
(projections trans-zonal) entre les cellules de la corona radiata et l’ovocyte. C’est à ce moment que l’ovocyte
reprend sa méiose.
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permet la dissolution de la membrane nucléaire et la mise en place du fuseau nucléaire. L’ovocyte passe de la
prophase 1 à la métaphase 2.
b) Maturation cytoplasmique
Le follicule mûr réagit à la décharge ovulante de LH & FSH : action sur les thèques et sur les cellules folliculeuses.
L’antrum a énormément grossit.
3 phénomènes permettent la libération de l’ovocyte (complexe cumulo-ovocytaire) :
- Hyperpression intra-folliculaire exercée par le liquide folliculaire
- A l’apex, production locale de métalloprotéinases qui dégradent la matrice extra-cellulaire (MEC)
- Contraction des myofibroblastes autour du follicule (permet la percée du follicule)
Le follicule se rompt à l’apex = ovulation (métaphase 2)
Perforation en un point précis, le stigma → le liquide folliculaire s’écoule à cet endroit → entraine le complexe
cumulus-ovocyte à la surface de l’ovaire → captation par les franges du pavillon → aspiration par la trompe →
glissement du complexe cumulo-ovocytaire dans la trompe.
Ce complexe glisse en sens inverse par rapport aux spz. Avant l’ovulation les cils bougent dans un sens pour emmener
les spz vers le lieu de la fécondation. Mais après l’ovulation, quand il s’agit d’aider l’embryon à descendre vers l’utérus,
le mouvement des cils va s’inverser sous l’effet des hormones de la seconde partie du cycle.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Il se fait par :
- Battements ciliaires de la muqueuse tubaire
- Contractions musculaires
- Différence de pression entre le pavillon et l’ampoule
L’ovocyte a une courte durée de vie : c'est une grosse cellule (120 µm) en attente, relativement inerte sur le plan
métabolique avec une faible activité de synthèse. La durée de vie du spermatozoïde est théoriquement plus
longue : 3 jours voire plus. L’ovocyte est en principe fécondable 24 heures après l’ovulation alors que les
spermatozoïdes gardent leur pouvoir fécondant 72 heures en moyenne. Période de fécondabilité théorique de 72
h avant l’ovulation à 24 h après l’ovulation.
Un rapport sexuel a donc des chances d’être fécondant 72h avant l’ovulation et jusqu’à 24h après l’ovulation = période
de 4 jours. Attention l’ovulation est très théorique, de plus certains spermatozoïdes résistent très longtemps. Il y a
donc une grande variabilité.
B) Le site de la fécondation
Au tiers externe de la trompe, dans l’ampoule tubaire. Normalement, après avoir été
aspiré par le canal tubaire, l’ovocyte est bloqué par une striction (une contraction de
la paroi de la trompe) au niveau de la jonction ampullo-isthmique (lieu de la
fécondation). Cette striction de la paroi est créée par le climat hormonal. Elle suffit à
arrêter l'ovocyte (complexe cumulo-ovocytaire) mais pas les spermatozoïdes qui
passent ce barrage.
La fécondation correspond à la fusion entre un spermatozoïde et un ovocyte : formation d'une cellule souche
diploïde et totipotente = le zygote. La fécondation présente 6 stades théoriques se déroulant de façon continue (=
concomitance) et sans arrêt. Elle aboutit à la première division de segmentation.
-Traversée du cumulus -Fin de la méiose et formation des pro-noyaux
-Interaction avec la ZP (zone pellucide) -Réplication de l’ADN + rapprochement des pro-noyaux
-Fusion des gamètes et activation ovocytaire -Première division de segmentation (mitose)
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1- TRAVERSEE DU CUMULUS
Attraction des spermatozoïdes par les molécules chémo-attractives du complexe cumulo-ovocytaire provenant du
liquide folliculaire. Les cellules du cumulus oophorus constituées des cellules de la granulosa (3 000 à 6 000) sont
liées par de l’acide hyaluronique et des granules protéiques.
Les spermatozoïdes arrivent, quelques 100aines sont piégés par le complexe cumulo-ovocytaire. Seuls les
spermatozoïdes qui ont été capacités peuvent pénétrer dans ce complexe. La matrice extracellulaire est dispersée
par deux isoformes de la hyaluronidase (Hyal 5 et PH-20) qui dissolvent l’acide hyaluronique. Certains
spermatozoïdes font leur réaction acrosomique mais pas le spermatozoïde fécondant. En effet, lorsqu’ils sont
bloqués dans le cumulus, certains spz vont directement faire leur réaction acrosomique et vont libérer le contenu de
leur acrosome = la hyaluronidase. Cela participe à la dissolution de l’acide hyaluronique liant les cellules du cumulus
oophorrus.
But = dissociation de la matrice extra-cellulaire → rétractation du cumulus → spz fécondant s’approche de la zone
pellucide, il n’a pas encore libéré son contenu acrosomique.
b) Réaction acrosomique
Il y a un gonflement du spermatozoïde. Puis fusion de la membrane plasmique du spz avec la membrane externe
de l’acrosome. Cela entraine la formation de vésicules et la libération du contenu de l’acrosome (hyaluronidase).
/!\ Ce n’est qu’au contact de la zone pellucide que le spz fécondant fait sa réaction acrosomique
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Pr. P. May-Panloup
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• Le spz est maintenant délimité par la membrane interne de l’acrosome uniquement. Mais il reste un fragment
de membrane plasmique dans la région post-acrosomiale appelé la cape post-acrosomiale permettant la fusion
avec l’ovocyte ultérieurement.
• Liaison secondaire à la zone pellucide : encrage du spermatozoïde par ZP2 = protéines de la membrane
acrosomique de la famille des CAM (Cell Adhesion Molecules).
c) Bases moléculaires
• La liaison des spermatozoïdes à la zone pellucide n’est probablement pas le résultat de l’action d’une seule
molécule. Interaction de plusieurs molécules pour une efficacité maximale car le but est la survie de l’espèce. Il y
a des systèmes redondants pour qu’en cas d’anomalie un autre système prenne le relais.
• La zone pellucide est une barrière interspécifique (les spz d’une espèce ne peuvent se fixer que sur un ovocyte
de la même espèce).
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a) Mécanismes moléculaires :
➢ Hémi-fusion
Le spermatozoïde possède des protéines qui font partie de la famille
ADAM : les disintégrines dont la fertiline est la principale. Elle possède
une activité protéasique. L'ovocyte possède des intégrines et d'autres
protéines (CD9, tétraspanines) plus ou moins spécifiques qui vont
s'associer pour favoriser la fusion des membranes. C'est donc un
processus multimoléculaire avec différents types de jonctions.
➢ Fusion
Sous la dépendance du couple IZUMO (spermatozoïde) et Juno
(ovocyte).
b) Activation de l’ovocyte :
La fusion entraîne l'activation de l'ovocyte mais il n'y a que le noyau et le centriole proximal du spermatozoïde qui
vont rentrer dans l'ovocyte. L’entrée du spermatozoïde dans le cytoplasme ovocytaire provoque :
Cette entrée de Ca2+ n'est pas régulière, elle se fait par vagues donc la libération est périodique (toutes les 10 minutes
pendant plusieurs heures) selon un processus autocatalytique : CICR (Calcium Induced Calcium Release). Les
amplitudes, les fréquences des oscillations et la vitesse de libération varient selon les espèces. Elles sont déclenchées
par une protéine cytoplasmique du spermatozoïde : l'oscilline, qui sera aidée par une phospholipase C zéta.
c) Conséquences
Entrée de la phospholipase C zéta → transformation du PIP2 et IP3 →
action au niveau du réticulum endoplasmique → libération du Ca2+.
• L'achèvement de la 2ème division méiotique est le signe de la fécondation, l'ovocyte possède alors 23
chromosomes. Cet achèvement entraîne l'expulsion d'un 2ème GP (aussi une cellule avortée, qui va dégénérer, le
1er étant éjecté avant l’ovulation) et la transformation de l'ovocyte en ovule.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
• Pour le deuxième lot de chromosomes, la chromatine se
décondense et s'entoure d'une membrane nucléaire : il y a
formation d'un pronoyau ou pronucléus femelle, à la fin de la
télophase.
• Pour le spermatozoïde, on observe des modifications au niveau du
noyau qui a perdu sa membrane. En effet on remarque la
décondensation de sa chromatine, le remplacement des
protamines par des histones et la formation d'une nouvelle
enveloppe, c'est le pro-noyau mâle. C’est le phénomène inverse
de la spermiogénèse.
• Le zygote a donc deux pro-noyaux qui ont un diamètre compris
entre 20 et 30 µm.
Les 2 pro-noyaux, venant du père et de la mère, se sont formés dans des zones éloignées l'une de l'autre en région
corticale (périphérique) de l’œuf fécondé.
12 heures après l'entrée du spermatozoïde dans l'ovocyte (TO), il y a réplication de l'ADN dans chaque pro-
noyau, c'est la phase S.
Une fois la réplication effectuée, chaque pro-noyau migre vers le centre du zygote grâce aux contractions des
microfilaments cytoplasmiques. Ils prennent ensuite contact l’un avec l’autre.
Ils vont arriver en contact 18 heures après l'entrée du spermatozoïde, c’est le signal de la fécondation.
Les pro-noyaux sont très proches mais ils ne fusionnent pas. On appelle ce moment l’amphimixie.
Chacun est le siège d’une prophase. Il y a individualisation des chromosomes dans chacun des pro-noyaux en
prophase qui évoluent séparément.
L’enveloppe nucléaire de chaque pro-noyau se désintègre et leurs chromosomes se disposent en métaphase sur
un fuseau mitotique achromatique nouvellement formé. On parle de syngamie (les chromosomes paternels et
maternels se disposent sur le même fuseau). Le fuseau provient très certainement du centriole proximal du
spermatozoïde qui fonctionne comme un centre d’organisation de microtubules.
D) Conséquences de la fécondation
1- RETABLISSEMENT DE LA DIPLOÏDIE
Le zygote est l'association de deux pro-noyaux ce qui permet le rétablissement de la diploïdie, chaque pro-noyau
apportant un hémi-patrimoine génétique. n maternels + n parternels = 2n
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2- DETERMINATION DU SEXE DE L’INDIVIDU
Cependant le ratio à la naissance est proche de 1 donc il y aurait peut-être un avantage pour les spermatozoïdes Y
étant donné qu'ils vont plus vite (car plus léger). De plus, on remarque que la mortalité in utéro est plus importante
pour les fœtus féminins. Il y a donc une chance sur deux d'avoir une fille ou un garçon.
Se posent ensuite les questions du choix du sexe et les stratégies pour obtenir plutôt un gars ou une fille :
- Spéculations (lune, régime…)
- Méthodes « artisanales » reposant sur des observations
- DPI (diagnostic pré-implantatoire) : peut permettre d'avoir la certitude sur le sexe, interdit dans ces
circonstances là en France
• Le DPI comprend la réalisation d'une ICSI (Intra Cytoplasmic Sperm Injection) et d'une
biopsie. On obtient un blastomère d'un embryon au 2ème ou 3ème jour où il n'y a que 4 à
8 cellules.
- Pour prélever le blastomère, on perfore la zone pellucide et on l'aspire pour ensuite évaluer le caryotype
et déterminer le sexe (études génétiques).
→ Cela peut être nécessaire dans le cas de transmission de maladie génétique comme la mucoviscidose
(études moléculaires).
→ De plus, des études chromosomiques peuvent se faire lors de fécondation in vitro pour voir s'il n'y a pas
d'aneuploïdie.
- Aujourd’hui le DPI est utilisé que pour différencier les embryons pouvant être atteint d’une pathologie grave
mais est INTERDIT pour choisir le sexe de l’enfant.
• Cependant, dans certains pays (USA) le sexage est autorisé. Lors de l'étude d'une cellule, indépendamment des
maladies, on peut regarder le sexe et si les parents ne voulaient pas de fille alors il passe à un nouvel embryon.
• En France, le sexage est simplement autorisé pour éviter la transmission d'une maladie génétique récessive
liée à l’X, qui ne s’exprime que chez le garçon. Chez la fille il y a 2 chromosomes X donc il y a une compensation.
• Le DPI permet le transfert sélectif d’embryons dépourvus d’une anomalie génétique donnée, évitant ainsi le
recours à un diagnostic prénatal (DPN) avec interruption médicale de grossesse (IMG).
Chacun des parents apporte des caractéristiques particulières ce qui forme un nouveau génome par recombinaison
génétique.
❖ L'apport mitochondrial se fait uniquement par la mère car elles sont moins nombreuses chez le père et se
détruisent en même temps que le flagelle (rappel : le manchon mitochondrial fait partie du flagelle).
- Ovocyte = 200 000 mitochondries / Spz = 10 à 100 mitochondries
- Transmission uni-parentale de l’ADNmt
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Pr. P. May-Panloup
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- On croise 2 lignées hybrides. On obtient un premier zygote avec un pro-noyau femelle venant d’une souris
blanche et un pro-noyau mâle venant d’une souris marron. Inversement pour le 2ème zygote. On échange les
pro-noyaux entre les zygotes.
- On obtient :
→ Un zygote porteur de 2 pro-noyaux mâles (blanc et marron) = embryon androgénote
→ Un zygote porteur de 2 pro-noyaux femelles (blanc et marron) = embryon gynégénote
→ Un zygote portant une composante pro-noyau mâle et une composante pro-noyau femelle mais en
échangeant les couleurs = génomes bi-parentaux
- Conclusion : on observe la mort des 2 embryons androgénote et gynogénote. Quant aux 2 génomes bi-
parentaux ils donnent des animaux bien portants. Un embryon ne peut donc évoluer que s’il comporte une
composante maternelle et une composante paternelle. Certains gènes ne fonctionnent qui s’ils sont
donnés par la mère et d’autres que s’ils sont donnés par le père.
Or on remarque qu'il y a nécessité de génomes différents pour qu'un individu soit vivant et fonctionnel.
❖ L’empreinte parentale
- Certains gènes sont soumis à une empreinte épigénétique, c’est-à-dire qu’ils ont une marque apposée sur
l'ADN ou sur les protéines liées à l'ADN (exemple : méthylation de l’ADN) qui ne modifie pas la séquence
nucléotidique mais qui entraîne une modification de l'expression du gène concerné.
- On en connaît une centaine dans l'espèce humaine (les mêmes chez tout le monde = un seul allèle s’exprime
chez toute la population). Chez tous les individus c’est toujours le même allèle qui s’exprime alors que l’autre
est éteint du fait de ce marquage. La conséquence d'un marquage épigénétique différent entraine une
différence entre les allèles parentaux.
- En général, l'allèle porteur de la marque ne s'exprime pas, le chromosome est alors monoallèlique, on dit
qu'il est « soumis à empreinte ». Le problème c'est que le gène qui ne s'exprime pas peut entraîner des
conséquences pathologiques selon le type d'empreinte et le chromosome concerné.
- Mécanisme : exemple d’un gène à empreinte paternelle établie pendant la spermatogénèse
→ Les cellules germinales primordiales ont 2n chromosomes ; sur les paires chromosomiques on a des
gènes sous forme de 2 allèles. Pour l’instant ces gènes ne sont pas marqués.
→ Si on est chez un homme les cellules germinales deviennent des spz soit d’un Y soit d’un X. Ce gène va
être marqué pendant la gamétogénèse et inactivé (éteint)
→ Si on est chez une femme les cellules germinales deviennent des ovocytes porteurs de ce gène qui n’est
pas marqué (car l’empreinte est paternelle) donc l’allèle maternel sera exprimé.
→ Lors de la fécondation on obtient un embryon dans lequel l’allèle paternel est éteint car porteur de
l’empreinte mais l’allèle maternel est fonctionnel.
→ Dans les tissus somatiques que l’embryon soit XY ou XX on a une expression mono-allélique pour le
gène considéré : l’allèle paternel n’est pas exprimé. C’est physiologique et normal car il est soumis à
l’empreinte. L’allèle de la mère fonctionnera.
→ On a donc besoin d’une complémentarité des 2 génomes.
→ En fonction du sexe de l’embryon l’empreinte va être différente. Ainsi dans les cellules germinales il
va devoir y avoir un effacement de cette empreinte.
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→ S'il y a marquage paternel, le spermatozoïde est marqué pendant la spermatogénèse, peu importe le
sexe qu'aura l'enfant.
→ Effacement dans la lignée germinale, établissement de l’empreinte pendant la gamétogénèse,
maintient dans les tissus somatiques et effacement dans la lignée germinale …
1- CHEZ L’HOMME
• À une azoospermie :
- Excrétoire : formation normale des spermatozoïdes mais un obstacle bloque l'excrétion. Par exemple
dans le cas de la mucoviscidose il y a obstruction des canaux déférents. De plus la mutation dans le gène
CFTR entraine un pH acide.
- Sécrétoire : problème au niveau du testicule soit dû à des antécédents infectieux, viraux, familiaux ou à
un problème génétique sur le chromosome Y (délétion possible de la région AZF). La production des spz
est anormale.
• À une altération globale spermatique : concernant le nombre, la forme… Elles sont souvent associées = oligo-
asthéno-tératospermie
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2- CHEZ LA FEMME
• La glaire cervicale peut être hostile ou absente ce qui empêche la remontée des spz, certaines glaires ont des
ACAS.
• La muqueuse utérine (cellules ciliées) peut être infectée et donc modifier les sécrétions et annuler la maturation
des spermatozoïdes.
• Les trompes peuvent être étroites, lésées ou obstruées. Il peut y avoir un souci au niveau de l’épithélium cilié
des trompes qui ne remplit plus sa mission (suite à une infection par chlamydia = bactérie IC).
• L'ovulation peut être anormale (pas d’ovulation ou irrégulière). L’origine du problème est donc au niveau des
ovaires ou du complexe hypothalamo-hypophysaire.
• L'endomètre peut être inflammé = endométriose (tissu endométrial situé là où il ne devrait pas, c’est-à-dire en
position ectopique, au niveau du tractus génital ou à l’extérieur de l’utérus : vessie, péritoine) → très douloureux.
C) Anomalies du conceptus
On considère que 50 % des embryons humains portent une anomalie chromosomique. Ces estimations sont
extrapolées à partir des fausses couches très rapides dès les premières semaines du développement. Ces anomalies,
produit de la fécondation, sont appelées anomalies du conceptus. Elles permettent de dire ce qu'il se passe d'anormal
dans le développement d'un embryon.
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Dans l’espèce humaine la maîtrise de la procréation passe par 2 acquis apparemment contradictoires mais
complémentaires : l'assistance médicale à la procréation et la contraception.
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POINTS IMPORTANTS
➢ Capacitation = acquisition du pouvoir fécondant. Mécanisme = élimination des protéines de revêtement, des
résidus glucidiques des protéines et du cholestérol membranaire. Phénomène réversible.
➢ Pic de LH = cellules de la corona radiata s’écartent, retirent les gaps jonctions= l’action des OMI est bloquée =
reprise de la méiose (passe de la prophase 1 à la métaphase 2)
➢ Métaphase 2 = expulsion du 1er globule polaire au niveau de l’apex
➢ La vie du spz est plus longue que celle de l’ovocyte
➢ Période de fécondabilité théorique : 72h avant et 24h après l’ovulation
➢ Dans le sperme normal on retrouve plus de spz portant un chromosome X (54%) que Y (46%), pourtant ratio
proche de 1 à la naissance.
➢ En France le sexage est seulement utilisé pour éviter la transmission d’une maladie génétique liée à l’X. DPI.
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➢ 11% des spz portent une anomalie chromosomique contre 24% chez les ovocytes
➢ Aneuploïdie = Monosomie, trisomie autosomique ou gonosomique (liée à X ou Y)
➢ Polyploïdie= nombre anormal de lots haploïdes entiers, embryon non viable = avortement spontané
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Pendant ce temps de segmentation, on va pouvoir observer les divisions embryonnaires, l’œuf est toujours
dans la trompe, il n'est pas encore implanté dans la muqueuse utérine, c’est-à-dire jusqu'au jour 6-7 après la
fécondation, l’œuf est encore libre.
L’œuf fécondé dans la trompe doit ensuite s'implanter dans la cavité utérine, cette période s'appelle la
période pré-implantatoire ou de pro-gestation durant laquelle plusieurs événements vont avoir lieu : migration,
division, modifications des enveloppes ovocytaires.
I. MIGRATION DE L’EMBRYON
A) Dans la trompe
Il va mettre 4 jours pour parcourir la trompe.
L’embryon est une masse inerte dépourvue de mouvements propres donc son déplacement se fait grâce aux
battements ciliaires des cellules épithéliales, aux mouvements liquidiens dans la trompe et enfin grâce aux
contractions musculeuses tubaires sous l’action de la progestérone.
L’œuf va se diviser pendant ces 4 jours, il lui faut de l'énergie. Pour survivre, il va utiliser les réserves préalables de
l'ovocyte, les métabolites (glycogène, glucose, acides aminées), les hormones (insuline) et les facteurs de
croissance (EGF, TGF…) sécrétés par l’organisme maternel. A l'inverse, l'embryon sécrète des substances reçues
par les muqueuses utérines et tubaires avec un système de cascade d’informations réciproques.
Pendant ce trajet il y a dispersion des dernières cellules du cumulus et de la corona radiata, seule la zone pellucide
protège l’embryon lors de l’entrée dans l’utérus.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
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C) Description des premiers stades
30 – 36 heures après le contact entre les gamètes, la première division de segmentation a lieu et correspond au
rapprochement des 2 pro-noyaux dupliqués qui vont se diviser pour donner 2 blastomères.
Les divisions auront ensuite lieu environ toutes les 20 heures. Les clivages de segmentation se font de manière
particulière, on dit que la segmentation est rotationnelle.
En effet, le premier plan donnant naissance aux deux blastomères est un plan méridional passant entre les 2 GP. La
deuxième division se fait dans un plan perpendiculaire au premier que l'on appelle plan équatorial, on a alors 4
blastomères (tétraédrique→ indique bonne vitalité de l’embryon)
Cependant, les mitoses de ces cellules ne sont pas forcément synchrones et on peut retrouver des nombres impairs
de blastomères dans l'embryon sans pour autant qu’il soit anormal.
Ces œufs sont enfermés dans la zone pellucide et les divisions se font à diamètre constant. Ce sont des divisions
mitotiques simples. On obtient des cellules, les blastomères : 2 puis 4…
Au-delà de 16 cellules, on a du mal à dénombrer les blastomères, on parle alors de petite mûre ou morula. Pendant
toute cette phase le diamètre de l’ovocyte fécondé n’évolue pas, soit environ 120 μm. A ce stade, les blastomères
sont de plus en plus petits, juxtaposés, plus ou moins sphériques, non polarisés et indépendants les uns des
autres.
2- DE LA MORULA AU BLASTOCYTE
Entre le 4ème et le 5ème jour, les blastomères externes (les plus proches de la ZP)
deviennent solidaires et perdent leur sphéricité. De plus, ils vont s’aplatir et leurs limites
cellulaires deviennent floues : on parle de compaction. Cette compaction est due à la mise
en place d’une polarisation des blastomères périphériques et des jonctions de manière
concomitante. Il y a donc une mise en place de jonctions adhérentes et serrées entre ces
cellules avec en même temps une polymérisation des blastomères. On a donc du mal à
distinguer leurs limites cellulaires.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
a) La polarisation :
Elle concerne les blastomères périphériques. On distingue le pôle baso-latéral (cellules voisines) et le pôle apical
(libre sous la ZP, vers le milieu extérieur). On observe alors des modifications :
- Membranaires : disparition des microvillosités au pôle baso-latéral, mais elles restent présentes au pôle
apical.
- Cytoplasmiques : redistribution asymétrique des organites cellulaires vers le pôle apical.
La couche des blastomères périphériques prend dès lors un aspect d'épithélium qui va entourer l'embryon (le
protège) et ainsi séparer les cellules intérieures des cellules extérieures.
C'est le début de la différenciation où les cellules intérieures vont former l'embryon et les cellules extérieures vont
aider au développement embryonnaire (début de la différentiation blastomères internes / externes).
Les cellules externes peuvent se diviser de deux manières en fonction de l'axe de division :
- Perpendiculairement à la membrane apicale pour donner 1 cellule externe et 1 cellule interne,
- Parallèlement à la membrane apicale pour donner 2 cellules externes.
Le développement est donc progressif. Lorsque l'on atteint le 5ème/6ème jour, on voit apparaître une cavité dans la
morula. En effet, les cellules vont plus ou moins se séparer formant ainsi de petites lacunes intercellulaires qui vont
fusionner les unes avec les autres à l'origine d'une nouvelle cavité unique nommée le blastocèle.
Les NA-K ATPases des cellules externes provoquent un flux liquidien par action osmotique de l’extérieur vers
l’intérieur. Le blastocèle augmente et se remplit de liquide. Les cellules aplaties de la couche périphérique vont
donner le trophoblaste.
Le développement du blastocèle entraîne le refoulement des cellules qui se regroupent de façon plus ou moins
sphérique formant ainsi la Masse Cellulaire Interne (MCI) ou bouton embryonnaire. Le bouton embryonnaire est à
l’origine de l’embryon.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
L'expansion du blastocèle entraîne l'augmentation du diamètre de l’œuf qui atteint 200 µm. De plus, au 6ème/7ème
jour cette expansion est associée à des mouvements (contractions/ dilatations) et à des enzymes du trophoblaste
comme la strypsine qui provoquent la rupture de la zone pellucide dont l’œuf va sortir en la déformant : c'est
l'éclosion.
En FIV, on peut provoquer l'éclosion si la zone pellucide est trop dure à percer.
Attention : L’embryon ne peut pas s’implanter s’il n’est pas débarrassé de sa ZP.
D) Caractéristiques de la segmentation
1 à 2 jours après l'ovulation : le pic de progestérone entraîne le relâchement du tonus musculaire lisse de la
muqueuse tubaire. Ce tonus bloquait l'avancée de l’œuf dans la période péri-ovulatoire = disparition de la striction
de retenait l’ovocyte. L’œuf peut poursuivre sa progression vers la cavité utérine.
3- TRANSITION MATERNO-FŒTALE
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
A partir de 8 cellules, le transfert, transition materno-fœtal a lieu ce qui permet au génome de l'embryon
d'acquérir son activité progressivement et de s'exprimer, il commence à être transcrit et traduit. Il devient
autonome. Importance de l’ovocyte dans le soutient ovocytaire (pas possible pour les ovocytes à partir de 40 ans).
Attention : cette transition et donc l’activation du génome embryonnaire a lieu avant le stade de blastocyte.
Le degré de maturation ovocytaire est donc déterminant pour la variabilité embryonnaire. Les ARN maternels
stockés dans l’ovocyte sont essentiels au développement précoce. Si l’ovocyte est de mauvaise qualité, les 1ères
étapes du développement ne pourront pas être soutenues quelque soit la qualité du génome embryonnaire. Les ARN
embryonnaires augmentent, deviennent majoritaires tandis que les ARN maternels régressent. Le point de
croisement est le point de transition materno-fœtal.
Le degré de maturation ovocytaire, c’est-à-dire s'il a réussi à faire assez de réserves pour pourvoir survivre, est un
déterminant pour la viabilité embryonnaire.
La segmentation a lieu pendant les 6 jours après la fécondation donc l'embryon n'est pas encore implanté dans
l'utérus lors de la transition materno-fœtale.
4- LA LYONISATION
Au fur et à mesure des divisions de segmentation, différents événements majeurs ont lieu. La lyonisation est un
mécanisme de compensation de dosage qui a lieu au stade du blastocyste. Elle correspond à l’équivalence des doses
pour les gènes codés par le chromosome X dans les cellules femelles (XX) et dans les cellules mâles (XY) : un des deux
chromosomes X dans l'embryon féminin est inactivé car le chromosome X porte beaucoup plus de gènes que le
chromosome Y.
Au stade blastocyste tardif (5/6ème jour de développement), il y a inactivation au hasard du X féminin ou masculin
qui sera transmise à toutes les cellules filles. Les cellules ont un chromosome désactivé qui est différent d’une cellule
à l’autre. Il y a donc des cellules avec le X maternel inactivé et d’autres avec le X paternels inactivé. On parle de
mosaïcisme qui est une inactivation stable.
On peut voir cette inactivation dans les noyaux des cellules. En effet il y a une marque d'hétérochromatine qui va se
déposer sur la face interne de la membrane nucléaire qui forme le corpuscule de Barr.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
E) Segmentation et détermination
Au début de la segmentation, les blastomères sont totipotents (chaque cellule est capable de donner un individu
complet). La totipotence est vraie jusqu'au stade morula, n'importe quel blastomère peut donner un organisme
complet.
- Gémellité (jumeaux) : l’embryon subit une scission et donnera 1 individu vivant pour chacun.
- Déficiences : un embryon peut perdre jusqu’à 50% de ses cellules tout en donnant un enfant vivant normal.
La totipotence permet cette compensation.
- Chimères (mélanges expérimentaux de blastocystes). Formation d’un seul embryon à partir de 2 zygotes
différents.
- Il peut y avoir une réduction du nombre de blastomère sans que cela perturbe le développement d’un
embryon qui peut être complètement sain.
Des blastocystes, en vue d'une fécondation in vitro sont décongelés mais certains blastomères sont déficients et
disparaissent. Or ce n'est pas grave puisque les autres peuvent compenser le développement d'un individu normal.
S'il y a des anomalies dans le génome d'un blastomère, il disparaît ou donne des anomalies embryonnaires qui seront
à l'origine d'une fausse couche. La perte progressive de cette potentialité de mise en place d'un phénomène de
régulation des éventuels défauts du développement embryonnaire va entraîner une détermination où chaque cellule
va avoir un devenir bien défini.
Détermination : perte de la potentialité, perte de la totipotence. Les cellules s’orientent vers une voie déterminée
pour toute la vie de la cellule.
Dans l'évolution, les cellules isolées de la MCI (bouton embryonnaire) deviennent pluripotentes c’est-à-dire que
n'importe quelle cellule peut donner tous les types cellulaires mais pas un individu complet.
Puis elles deviennent multipotentes c’est-à-dire qu'une cellule peut donner plusieurs types cellulaires d'une seule
voie (exemple : les cellules souches sanguines).
Enfin, elles deviennent unipotentes, elles ne peuvent donner qu'un seul type de cellules différenciées. Il y a des
expressions particulières de gènes à empreinte génétique : extinction d’un chromosome X chez l’embryon XX qui fait
que les cellules vont se développer d'une certaine façon.
1 cas sur 85 dont 1/3 homozygote. Deux types en fonction du stade de la scission :
a) Monozygotes
Les vrais jumeaux (= monozygotes) sont homozygotes, ils résultent de la fusion d'un ovocyte et d'un
spermatozoïde.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Ils résultent de la séparation des blastomères plus ou moins précocement : même génome, même sexe et
ressemblance physique. Selon le stade de séparation, on va avoir des annexes plus ou moins communes :
b) Dizygotes
Les faux jumeaux (= dizygotes) sont des hétérozygotes, qui résultent de la
fusion de 2 ovocytes différents et de 2 spermatozoïdes différents (comme
s'il y avait 2 grossesses en même temps). Ils ne sont pas forcément du même
sexe et n’ont pas forcément de ressemblance.
Ils sont généralement liés à une composante familiale où les femmes auraient tendance à ovuler 2 ovules à la fois. On
a 1 monozygote pour 3 dizygotes.
Entre 7 et 8 jours : s’il y a un accident de la segmentation on peut avoir une compensation par l’embryon.
En général, il y a compensation de ces accidents puisqu'ils sont à l'origine d'une fausse couche donc le risque
tératogène est théoriquement faible. La tératologie est l'étude des anomalies du développement c’est-à-dire des
malformations congénitales.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
I. MIGRATION DE L’EMBRYON :
➢ Amphimixie = signal de la 1ère division de segmentation
➢ 6-7 jours après la fécondation l’œuf est encore libre = période pré-implantatoire, pro gestation
➢ 4 jours pour parcourir la trompe, franchi la jonction utéro-tubaire au 4ème jour
➢ Pendant le trajet, dispersion des dernières cellules du cumulus et de la corona radiata, il ne reste plus que la
zone pellucide
➢ La totipotence est vraie jusqu’au stade morula, puis on a une multipotence et une unipotence
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
QCM 1– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Lors de la fécondation, les gamètes vont constituer une cellule souche haploïde et totipotente.
B) La fécondation se déroule à la partie proximale de la trompe (ampoule tubaire)
C) La maturation ovocytaire a lieu après la capacitation des spermatozoïdes
D) La glaire cervicale est la première barrière physiologique régulatrice
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
QCM 2– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM 3– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM 4– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Lors de la capacitation, il y a une élimination des résidus glucidiques des protéines membranaires
B) Le cholestérol est éliminé par un phospholipase C zéta
C) La maturation ovocytaire terminale à lieu dans les 36h suivant l’ovulation
D) Lorsque les OMI atteignent l’ovocyte cela active la transformation du pré-MPF en MPF
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
QCM 5– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM 6– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
QCM 7– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM 8– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Une azoospermie sécrétoire peut être due à une agénésie bilatérale des canaux déférents.
B) On considère que 50% des embryons humains portent une anomalie chromosomique
C) Parmi les raisons des anomalies du conceptus on trouve un taux de fausses couches à 10%
D) Le syndrome de Klinefleter est une trisomie gonosomique
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
QCM 9– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM 10– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Entre le 4ème jour et le 5ème, les blastomères externes deviennent solidaires et perdent leur sphéricité
B) Lors de la polarisation, au niveau cytoplasmique on peut observer une redistribution symétrique des
organites cellulaires, afin de retrouver un bon équilibre.
C) Les cellules internes sont peu polarisées, arrondies et possèdent des jonctions serrées. Elles vont constituer
la MCI
D) Les petites lacunes intercellulaires qui vont fusionner sont à l’origine d’une nouvelle cavité appelée
blastocyte.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
QCM 11– PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Les NA-K ATPases des cellules externes provoquent un flux liquidien par action osmotique de l’extérieur vers
l’intérieur.
B) La strypsine participe à la rupture de la ZP
C) La transition materno-fœtal a lieu avant le stade blastocyte.
D) Lors des accidents proprement dits, le risque tératogène est théoriquement faible
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
QCM 1 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Faux : diploïde
B) Faux : distale
C) Faux : de manière concomitante
D) VRAI
E) Faux
QCM2 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM3 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) VRAI
B) Faux : 200
C) VRAI
D) VRAI
E) Faux
QCM4 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) VRAI
B) Faux : l’albumine
C) Faux : précédant l’ovulation
D) Faux : inhibe
E) Faux
QCM5 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM6 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Faux : Ca2+
B) Faux : tangentiellement
C) VRAI
D) VRAI
E) Faux
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
QCM7 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) VRAI
B) Faux : récessive
C) Faux : ARNmt
D) VRAI
E) Faux
QCM8 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Faux : excrétoire
B) VRAI
C) Faux : 20%
D) VRAI
E) Faux
QCM9 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) VRAI
B) Faux : c’est une masse inerte
C) VRAI
D) Faux : ne grossit pas reste à 120 µm
E) Faux
QCM10 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) VRAI
B) Faux : répartition asymétrique vers le pôle apical
C) Faux : jonction communicantes
D) Faux : blastocèle
E) Faux
QCM11 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) VRAI
B) VRAI
C) VRAI
D) VRAI
E) Faux
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
CHAPITRE 3 - Morphogénèse
PRIMORDIALE (2 et 3 semaines)
e e
COURS N°7 : MORPHOGENESE PRIMORDIALE
Fin de la première semaine : l’embryon se fixe dans muqueuse utérine = nidation. Cette période dure de fin 1ère
semaine à fin 2ème semaine.
Les phases de développement se passant dans la muqueuse utérine, elles ne sont plus visibles directement
(l'embryon disparaît au sein de la muqueuse utérine).
La nidation nécessite :
o Une synchronisation entre développement embryonnaire et
réceptivité utérine = fenêtre d’implantation (durée relativement
courte où la nidation est facilitée, 4j) = coordination spatio-temporelle
entre blastocystes et endomètre.
o Reconnaissance
o Transformations :
- de l'endomètre
- acquisition de propriétés adhésives de l’embryon 1 Zone pellucide
(fusion du trophoblaste et de l’épithélium utérin) 2 Trophoblaste
(masse cellulaire externe)
- invasion contrôlée de l’embryon par l’endomètre 3 Hypoblaste (partie de la masse
cellulaire interne)
4 Blastocèle
5 Epiblaste (partie de la masse cellulaire
interne)
Nidation :
6° j : éclosion de l'embryon (blastocyste) = contact étroit entre cellules du trophoblaste et celles de l’épithélium
utérin
6-7°j : début de la nidation. En même temps, l’embryon se développe et se transforme : formation des annexes
embryonnaires qui seront éliminées à l’accouchement (elles ne font pas partie de l'embryon, mais sont essentielles
à son développement et au maintien de la grossesse).
Nidation = implantation du blastocyste dans l’endomètre du côté de la MCI. Pour s’accoler à l’endomètre, il sécrète
différentes substances, notamment l’interleukine 1. L’embryon ne reste que très peu de temps libre dans la cavité
utérine.
Dans l’espèce humaine, la nidation est dite :
- Interstitielle = l’embryon rentre entièrement dans la muqueuse qui finit par le recouvrir. Ce n’est pas
le cas chez tous les mammifères.
- Non différée = quelques jours seulement après la fécondation
75
Pr. P. May-Panloup
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a) Etat de l’utérus dans un cycle menstruel normal
➔ Avant l’ovulation :
Les ovaires sécrètent l’œstradiol (= prépare l'endomètre) et la progestérone (= agit sur utérus uniquement si les
œstrogènes ont préparé la muqueuse pendant la phase folliculaire).
Endomètre :
o Épithélium simple prismatique à cellules ciliées + glandes (invaginations dans le tissu sous-jacent [chorion].
Entraîne la formation de glandes plus ou moins contournées, allongées, ramifiées en fonction du cycle).
o + chorion (riche en fibroblastes et vaisseaux sanguins donc très vascularisé)
Comprend une zone profonde et superficielle. Après les règles, élimination de la partie superficielle → il ne reste que
la zone profonde + cul de sac glandulaire.
Progestérone :
Indispensable aux transformations de l’endomètre. Sécrétée par le corps jaune :
o Si pas de nidation : involution = règles : arrêt de sécrétion d’œstradiol et progestérone. Corps jaune
dégénère, remontée de FSH et ça recommence.
o Si nidation : cellules du trophoblaste qui sécrètent de l’HCG (hormone chorionique gonadotrope, a une sous
unité alpha (même que celle de la LH) et beta) :
➔ Sert pour le maintien du corps jaune, il continue de sécréter de la progestérone.
➔ En quantité croissante pendant le premier trimestre de grossesse puis diminution.
➔ Signal de grossesse, recherche des β-HCG (passe dans sang maternel, peut être dosé via prise de
sang ou dans les urines 24h plus tard)
1
Réaction déciduale = transformation de type épithélial des fibroblastes du stroma (réseau conjonctif) endométrial
par accumulation de lipides et de glycogène. Limite l’expansion du placenta.
76
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Apposition puis adhésion du blastocyste à l’épithélium utérin. Elle se termine par l’invasion.
➔ Apposition :
Phase d’apposition instable : il faut que tous les facteurs soient réunis pour que l’œuf puisse s’implanter. Dialogue
entre blastocyste et muqueuse utérine. La muqueuse utérine et les cellules trophoblastiques synthétisent des
facteurs de croissance. Il y a donc un échange bidirectionnel de signaux.
Le blastocyste entre à proximité directe de l’endomètre. Ce qui permet à des médiateurs solubles d’initier un
dialogue entre l’épithélium utérin et l’embryon.
Premier contact : par le biais des inter-digitations entre les microvillosités apicales des cellules trophoblastiques
et pinopodes apparus à la surface de l’épithélium utérin. Au travers de ces pinopodes : aspiration du liquide utérin,
et donc du blastocyste en le forçant à se mettre au contact de la surface de la muqueuse utérine.
L’œuf est collé à la muqueuse utérine, il va alors s’implanter totalement et envahir progressivement la muqueuse
utérine.
▪ Franchissement de l’épithélium utérin. Les cellules du trophoblaste détruisent l’épithélium par apoptose.
Création d’une brèche. Jusqu’à atteindre le chorion.
▪ Traversée du chorion, grâce à la synthèse par le trophoblaste de métaloprotéinases qui vont digérer les
molécules protéiques de la matrice extracellulaire de la paroi utérine, et donc assurer la pénétration du
blastocyste.
▪ De son côté, l’endomètre sécrète des facteurs pour limiter l’action protéolytique afin de sa protéger : l’œuf ne
doit pas aller trop loin. C’est que qui va provoquer la réaction déciduale. De plus l’invasion de la muqueuse
provoque l’érosion vasculaire de l’endothélium (il était plein de vaisseaux sanguins apparus pendant la 2ème phase
du cycle) → ébauche de la formation du placenta hémo-chorial ( propre à l’espèce humaine).
Chez l’homme, on parle de placenta discoïde (différent de diffusion, cotylédonaire chez les ruminants par ex).
77
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
En cas de pathologie :
Une réaction déciduale trop violente ou pas assez entraine la formation d’un placenta qui ne fonctionne pas bien.
-réaction trop tardive ou anormale : Placenta trop invasif appelé placenta accréta, qui va ralentir la croissance de
l’embryon et entraîne des défauts de décollement placentaire à l’accouchement avec risques hémorragiques à
l’accouchement.
- réaction trop tôt : le trophoblaste ne s’implante pas assez, retard de croissance intra utérin
▪ Une fois l’implantation terminée et la réaction déciduale étendue à tout l’endomètre → formation de 3
régions appelées caduques2 :
- Basilaire : sous l’œuf au contact de la paroi utérine
- Ovulaire : entre œuf et cavité utérine en début de grossesse
- Pariétal : avec le reste de l’endomètre, fusionne avec l’ovulaire pendant grossesse.
2
La muqueuse utérine réagit à l'implantation par la réaction déciduale qui transforme l'endomètre en caduque.
78
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
c) Différenciation du trophoblaste (entoure la cavité du blastocèle)
10ème jour : Embryon complètement implanté. La brèche faite dans l’épithélium utérin se referme sous forme de
bouchon de fibrine. Commencent à apparaitre des lacunes de petites tailles, contenant du plasma et des débris
cellulaires provenant de l’érosion de la paroi utérine.
12ème jour : Les lacunes s'élargissent et s'ouvrent au contact des vaisseaux maternels. Le sang maternel passe dans
les travées ainsi délimitées, on parle alors de syncytiotrophoblaste trabéculaire. Il permettra l’apport de nutriments
et d’02 ainsi que l’élimination déchets.
79
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
f) Destinée du trophoblaste
Entre le 17ème et le 19ème jour : les vaisseaux embryonnaires investissent le mésenchyme primaire. Echange sanguins
au travers du CT et ST = pas de contact direct entre le sang maternel et le sang du fœtus qui sont dans les petits
vaisseaux du mésenchyme. Mise en place de l’ébauche du placenta qui dérive des villosités choriales du
trophoblaste.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
3- DETERMINISME DE LA NIDATION
La nidation se fait sous l'influence du rapport œstrogène/progestérone, qui doit être optimal. On effectue un dosage
de E2 (= œstradiol, car prépare l’action ultérieure de la progestérone) à J2, 1 ère partie du cycle, et un autre de la
progestérone à J20-22, deuxième partie du cycle.
Embryon = greffe semi-allogénique (voire allogénique si mère porteuse) → greffe de tissus entre individus de la
même espèce.
Les mères porteuses sont 100% différentes de l’embryon, et pourtant pas de rejet… L’embryon est porteur de protéines
codées par l’ADN paternel (1/2), donc moitié étranger pour la mère, mais pas de rejet, pour quelles raisons ?
Plusieurs hypothèses :
▪ Trophoblaste = barrière protectrice ? FAUX → le trophoblaste peut laisser passer les virus, les bactéries et
les cellules immunitaires de la maire
▪ Utérus = lieu immunologiquement privilégié ? FAUX → des nidations peuvent se faire également hors de
l’utérus = GEU. De plus, il est très vascularisé avec un drainage lymphatique important : rejet possible.
▪ Mère : immunosuppression non spécifique (réagirait moins à tous antigènes se présentant à elle) ? FAUX →
les femmes enceintes sont capables de se défendre contre diverses infections.
▪ Mécanisme actif spécifique contre les Ag du père : la mère aurait des anticorps facilitant et des cellules
immunosuppressives ? FAUX → des animaux dont l’homme ayant été préalablement immunisés contre
les Ag du mâle (lors de précédentes grossesses par ex) ont quand même pu mener une grossesse.
▪ Toutes ces hypothèses ont été rejetées !
De plus, la réaction déciduale comporte 75 % de cellules immunes (macrophages, lymphocytes et polynucléaires) et
25 % de cellules stromales or le sang maternel est au contact du trophoblaste dans les lacunes donc il pourrait très
bien y avoir des échanges d'Ag.
b) Le système immunitaire
Ensemble des mécanismes qui permet la défense du « soi » contre le « non soi »
« soi » = système HLA (Antigènes leucocytaires humains)
Codés par les gènes du CMH (complexe majeur d’histo-compatibilité). Ils sont présents pour :
- Classe I → toutes les cellules de l’organisme portent ces Ag de classe I
- Classe II → cellules présentatrices de l’antigène (macrophages, …)
« non soi » = antigènes étrangers ou « soi » modifié
Les molécules HLA fœtales (HLA paternel) pourraient induire une réaction immunitaire notamment l’activation des
lymphocytes T maternels mais :
- les cellules du syncytiotrophoblaste n’ont pas d’expression de molécules HLA
- les cellules du cytotrophoblaste (au contact du syncytiotrophoblaste maternel) expriment des molécules HLA
particulières notamment HLA G.
Cependant, l’absence de molécules HLA pourrait rendre ces cellules trophoblastiques « reconnaissables » par les
cellules NK (Natural Killer) : les molécules type HLA G sont capables d’interagir avec les cellules NK et de bloquer
leur action lytique sur les cellules trophoblastiques (impliquant ainsi une tolérance).
Les cellules du syncytiotrophoblaste, bien que n’exprimant pas ces molécules à leur surface, sont capables de
produire de grande quantité de HLA G soluble et sont donc défendues.
D’autres mécanismes :
o Expression de ligands à la surface des cellules trophoblastiques entrainant l’apoptose des lymphocytes T
(portant des récepteurs pro-apoptotiques tels que FasL).
o Blocage de l’activation du complément et de l’inflammation résultante.
81
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
o Présence importante à l’interface materno-fœtale de lymphocytes T régulateurs : tolérance par les
molécules membranaires, production de cytokines immunorégulatrices (IL10, TGF β…).
→Strict contrôle spacio-temporel
Grossesse :
• Système immunitaire maternel fonctionnel
• Greffe semi-allogénique bien tolérée par les mécanismes de régulation immunologique
Point récap :
J6-7 : modification du trophoblaste en cytotrophoblaste + syncytiotrophoblaste
J8 : cytotrophoblaste entoure toute la cavité du blastocèle
J10 : embryon complètement implanté → syncytiotrophoblaste lacunaire
J12 : syncytiotrophoblaste trabéculaire
J13 : formation des villosités Iaires
J15 : villosités IIaires
B) EVOLUTION DE L’EMBRYON
Durant la nidation, l’embryon se transforme → évolution de la masse cellulaire inerte. Jusqu'à J8, elle constitue
seulement un groupe de cellules accolées.
J8 à J15 : la MCI subit une multiplication et une différenciation en 2 feuillets (parallèlement à l’évolution du
trophoblaste).
Évolution de l’embryon :
- Epiblaste (ectoblaste + tard), bleu au-dessus : cellules prismatiques
- Hypoblaste (entoblaste + tard), jaune en-dessous : cellules bordant le blastocèle qui s’aplatissent
Ces deux feuillets (hypoblaste et épiblaste) accolés forment le germe didermique qui ne change pas de forme
jusqu’à J15, seul sa surface va s’agrandir durant cette période.
82
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
1- AMNIOGENESE : FORMATION DE LA CAVITE AMNIOTIQUE ET DE L’EPITHELIUM
AMNIOTIQUE
Les cellules plates issues du cytotrophoblaste forment un épithélium simple et cubique→ épithélium amniotique.
Ce dernier entoure progressivement une cavité entre l’épiblaste et le cytotrophoblaste, qui deviendra la cavité
amniotique. Elle va s’étendre et se remplir d’eau pour former la future poche des eaux.
Entre J8 et J15 : les cellules de l’épithélium amniotique se multiplient. La cavité s’agrandit. Les cellules de l'épithélium
rejoignent latéralement les cellules de l’épiblaste.
À partir de J11 : l’hypoblaste prolifère de part et d’autre de la membrane de Heuser, et à mi-hauteur, se produit un
étranglement qui circonscrit la partie supérieure du lécithocèle Iaire, il prend alors le nom de lécithocèle secondaire
ou vésicule vitelline primitive. Ce lécithocèle II est donc totalement entouré d’hypoblaste. Le reliquat de
lécithocèle I dégénère et disparaît.
1 mésenchyme extra-
embryonnaire
2 résidus de lécithocèle
primaire
3 cavités cœlomiques
4 Vésicule vitelline primitive
83
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
4- FORMATION DU CŒLOME EXTERNE (EXTRA EMBRYONNAIRE) :
À partir J13 : les espaces ou cavités cœlomiques apparaissent dans le MIEE et se remplissent d'un liquide. Elles
confluent pour former une cavité unique, le cœlome externe ou cœlome extra embryonnaire.
Les cellules du mésenchyme se tassent autour de ce cœlome et constituent des lames qui prennent des noms
différents en fonction de leur localisation topographique.
◦ MIEE collé au cytotrophoblaste, prend le nom de lame choriale. Lame choriale + cytotrophoblaste = chorion.
◦ MIEE collé à l’hypoblaste prend nom de splanchnopleure extra embryonnaire qui deviendra lame ombilicale.
◦ MIEE collé à épithélium amniotique prend nom de somatopleure extra embryonnaire qui deviendra la lame
amniotique.
◦ Le reste du MIEE entre épithélium amniotique et cytotrophoblaste prend le nom de pédicule de fixation auquel
sera appendu l'embryon. Ébauche du futur cordon ombilical.
Point clé :
Annexes embryonnaires = ensemble des structures extérieures à ce disque embryonnaire.
Permettent le développement de l’embryon :
Amniogénèse → cavité amniotique et épithélium amniotique
Formation du mésenchyme Iaire extra embryonnaire (MIEE)
Formation et transformation du lécithocèle Iaire puis IIaire
Formation du cœlome externe ou extra embryonnaire.
84
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Entre J16 et J20: apparition entre l’épiblaste et l’hypoblaste d'un 3ème feuillet : le mésoblaste (rouge).
Période caractérisée par des mouvements cellulaires marqués : modifications de structure et d'orientation
embryonnaire.
Feuillets embryonnaires acquièrent leur spécificité, leurs voies d’orientations tissulaires.
L’épiblaste va devenir l’ectoblaste et l’hypoblaste va devenir l’entoblaste/entoderme.
Coupe sagittale médiane : apparition d’une encoche au milieu et en partie caudale de l’épiblaste (dépression entourée
d'un bourrelet) appelé le nœud de Hensen.
Vue dorsale : apparition sur la ligne médiale, en position caudale, de la ligne primitive (proche du pédicule) =
épaississement de l’épiblaste. Cette ligne est bordée par 2 berges latérales qui viennent butter en avant sur le nœud
de Hensen.
Coupe transversale en A : rien n'a changé, épiblaste et hypoblaste sont toujours accolés l’un à l'autre.
Coupe transversale en B : la coupe passe par la ligne primitive et des cellules se glissent en nappe entre l’ectoblaste et
l’hypoblaste. Ces cellules proviennent de l'épiblaste qui s'invagine et qui forme la ligne primitive. Ces cellules
s'invaginant forment le 3° feuillet : mésoblaste intra embryonnaire.
o Les cellules épiblastiques avaient un « statut épithélial » (elles formaient un épithélium) : formes régulières,
connectées latéralement entre elles avec l'expression de l'E-cadhérine par l’épiblaste.
o Ce statut a subi des modifications de ses propriétés d'adhérence, une régression de l'expression d'E-cadhérine
au profit de la vimentine, une modification du phénotype, ce qui lui confère une aptitude à la convergence et
à la migration vers la ligne primitive, puis l'internalisation dans le sillon.
o Les premières cellules de l'épiblaste, passées dans le sillon s’insinuent entre l’hypoblaste et l’épiblaste pour
former le mésoderme. En rentrant dans le sillon elles s’insinuent entre les cellules hypoblastiques qu’elles
refoulent antérieurement et latéralement.
o L'extension centrifuge constitue le nouveau feuillet ventral, l’entoderme. L’entoderme remplace définitivement
l'hypoblaste qui est repoussé hors du territoire embryonnaire. Moyen mnémotechnique : hypoblaste = en-dessous
→ entoderme.
De plus, l’épiblaste devient l’ectoblaste.
o Parallèlement, on va aussi former le mésoblaste. Pour se transformer en mésoblaste, les cellules épiblastiques
vont acquérir un « statut mésenchymateux » : formes plus ou moins irrégulières qui s'allongent, connections
lâches, pseudopodes (migration), avec expression de la vimentine et non plus de l’E-cadhérines, elles forment
alors le 3ème feuillet : c'est le mésoderme intra-embryonnaire.
2- FORMATION DU PROLONGEMENT CEPHALIQUE : J18
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
En région crâniale (opposée au pédicule de fixation), en avant du nœud de Hensen, les cellules de l’ectoblaste
s’invaginent en doigts de gants pour former un tube = prolongement céphalique médian. Il se glisse entre
ectoblaste et entoblaste. L’embryon s'agrandit en surface de sorte que l’ectoblaste continu à s'invaginer. Le
mésoblaste intra embryonnaire continu aussi à s'étaler en surface.
Coupe transversale en A par la membrane pharyngienne : ectoblaste et entoblaste sont accolés dans
la zone médiane (car c’est ici que se situe la membrane pharyngienne), et latéralement le mésoblaste s'est infiltré.
En B par le prolongement céphalique médian : Le mésoblaste s’est infiltré latéralement. Sur les côtés, le mésoblaste
rejoint le MIEE. Les 2 contingents se mélangent, la limite devient floue et imprécise. Les cellules du mésoblaste intra
embryonnaire peuvent migrer jusqu'au pédicule de fixation. En plein centre, le feuillet moyen, donc le mésoderme,
a formé un doigt de gant : le prolongement céphalique.
Dès J18 : apparition de cellules angiogènes formant les îlots de Wolff et Pander (potentialité à donner plus tard
des vaisseaux et des cellules du sang) dans le mésoderme extra embryonnaire. Ces ilots se différencient dans paroi
du lécithocèle mais les cellules souches se retrouvent aussi dans pédicule de fixation.
- En périphérie de ces îlots : cellules endothéliales (futures parois des vaisseaux)
- Entre ces îlots : cellules souches sanguines
En C : passe par ligne primitive. L'invagination va se poursuivre encore un peu (pas encore terminée !). Présence des
3 feuillets.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
3- STADE DU CANAL CHORDAL : J19
Coupe sagittale médiane : Pendant ce temps, l’embryon s'est allongé considérablement vers la région crâniale jusqu’à
la membrane pharyngienne. Cela forme le canal cordal.
Le plancher du canal chordal s'applique et se soude à l’entoblaste (= toit du lécithocèle). Formation de fissures le
long de cette ligne de soudure de sorte que la lumière du canal chordal soit en relation avec le lécithocèle II →
devient entoderme.
Entre l’extrémité crâniale du canal chordal et la membrane pharyngienne, il y a un petit contingent de cellules de
l'entoblaste et du mésoblaste qui forment un bourrelet → plaque pré-chordale.
En partie caudale : en arrière de la membrane cloacale, l’entoblaste s'invagine en doigt de gant dans le pédicule de
fixation pour former l’allantoïde.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
En D : passe par le canal chordal, pas au niveau d'une fissure. Canal chordal complet.
En E : passe par le nœud de Hensen = sillon de la ligne primitive. On voit une ouverture
du canal chordal en regard de la cavité amniotique.
En F : passe par la ligne primitive. On aperçoit des cellules de l’ectoblaste qui viennent
s'invaginer. Le mésoblaste est étalé sous l’ectoblaste et une invagination est en train de
se terminer.
L’embryon change de forme, il devient bombé dorsalement et prend une courbure convexe. Les membranes
pharyngienne et cloacale sont alors obliques par rapport à l'axe longitudinal de l'embryon.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
5- FIN DE LA GASTRULATION
A J21 : les cellules de la plaque chordale se détachent du toit du lécithocèle vers l'intérieur du disque embryonnaire
puis s'organisent en un axe plein appelé chorde ou notochorde (servent de développement au squelette axial).
Pendant la phase terminale de la 3ème semaine, les 3 feuillets primordiaux sont mis en place, suivis de la mise en
place de certaines ébauches :
◦ Système nerveux (neurectoderme)
◦ Système cardio-vasculaire (matériel cardiogène + ilots de Wolff et Pander)
◦ Éléments de la lignée germinale : gonocytes primordiaux qui au 21ème jour s'individualisent
dans le mésenchyme extra-embryonnaire, dans la partie postérieure de la vésicule vitelline primitive, près de
l’allantoïde. Ils vont ensuite migrer au niveau des crêtes génitales.
B) Conclusion
À la fin de la 3° semaine :
◦ Embryon : 1,5mm, tridermique (3 feuillets primordiaux)
◦ Appendu entre la cavité amniotique et le lécithocèle entouré de MEE
◦ L’ensemble est appendu dans le cœlome externe dont la paroi est le chorion
Événement caractéristique de la 3° semaine = gastrulation : mise en place des 3 feuillets primordiaux.
La différenciation ultérieure des tissus ou organes va pouvoir commencer.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
1- DEVENIR DES FEUILLETS
De plus, blaste = état initial, en formation → ex : épiblaste // derme = état final, formé → ex : épiderme
2- ANOMALIES DE LA GASTRULATION
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
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G.Mabilleau
CHAPITRE 4 - Morphogénèse
SECONDAIRE
PARTIE N°1 : EVOLUTION DU MATERIEL CHORDAL, DU
MESOBLASTE, DE L’ECTOBLASTE ET DELIMITATIONS
I. INTRODUCTION
A) Rappels
1ère semaine de développement embryonnaire : divisions cellulaires, segmentation, c’est l’aboutissement d’un œuf
à plusieurs cellules. Migration de l’œuf de la trompe jusqu’à la cavité utérine = migration. Masse cellulaire à l’origine
du bouton embryonnaire qui deviendra l’embryon.
2ème semaine de développement : implantation de l’œuf dans la cavité utérine = nidation. L’embryon devient
didermique avec 2 feuillets : l’épiblaste et l’hypoblaste.
3ème semaine de développement : mise en place d’un 3ème feuillet, formation du mésoblaste entre l’épiblaste et
l’hypoblaste. C’est la gastrulation. L’embryon est tridermique. 2 zones restant sans mésoblaste : la membrane
pharyngienne à l’extrémité crâniale et la membrane cloacale à l’extrémité caudale.
Dès la 2ème semaine, on dit que l’embryon est polarisé puisque l’épiblaste et l’hypoblaste vont avoir des devenirs
différents.
3 étapes importantes :
1) Augmentation de la taille de l’embryon. A la fin de la 3ème semaine l’embryon représente à peine 2mm. Il va
se développer pour atteindre environ 30mm au début de la 8ème semaine.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Les cellules de la plaque chordale vont s’enrouler sur elles-mêmes, cela va aboutir à l’isolement d’un tube plein : la
notochorde. Elle va sortir du plafond du lécithocèle. On va parler d’entoblaste à partir du moment où la plaque
chordale va sortir du lécithocèle. Le plafond du lécithocèle va être reconstitué par de l’entoblaste. Le canal de
Lieberkühn disparait.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
B) Stade de la notochorde
La chorde va occuper la région centrale / médiane de l’embryon et va être entourée d’une fine couche de
mésenchyme intra embryonnaire. En avant de la notochorde, on retrouve la membrane pharyngienne et en arrière
de la notochorde on retrouve du mésoblaste puis la membrane cloacale.
La notochorde va constituer un axe de symétrie et va définir l’axe longitudinal de l’embryon. Cet axe permettra à
l’embryon de se courber.
Les cellules qui constituent la notochorde produisent des signaux moléculaires qui vont être relargués dans le milieu
environnant et vont agir sur la différenciation des différents feuillets. Cela va permettre le développement des
structures musculo-squelettiques et les ébauches du système nerveux central.
La notochorde est une structure transitoire qui va dégénérer dans 90 % de sa structure pour la formation des
vertèbres mais va quand même persister au niveau des disques intervertébraux pour donner les nucléus pulposus,
ce sont les reliquats de la notochorde. Les cellules de la notochorde vont cependant dégénérer au niveau des corps
vertébraux.
Les reliquats de notochorde peuvent donner des tumeurs bénignes ou malignes : les chordomes.
J17 : Dans l’axe médian de l’embryon, une invagination va se mettre en place de l’extrémité caudale au nœud de
Hensen : la ligne primitive. Des cellules de la ligne primitive vont se détacher et vont coloniser l’espace entre
l’épiblaste et l’hypoblaste, elles vont constituer le mésoblaste. Elles vont changer de phénotype car elles proviennent
de l’épiblaste qui est un épithélium (couche de cellules qui bordent la cavité amniotique), à un phénotype de cellules
de tissu de soutien : cellules mésenchymateuses. Transition épithélio-mésenchymateuse.
3 zones vont persister sans mésoblaste : une dans la partie crâniale de l’embryon = membrane pharyngienne(3)
(future bouche), une dans la partie caudale = membrane cloacale (1) et une zone centrale où on retrouve la
notochorde(2) .
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
J19 - J20 : des cellules du mésoblaste se compactent et se multiplient. Certaines vont se détacher pour former un
tissu conjonctif moins dense qui va combler les espaces vides entre l’ectoblaste, l’entoblaste, le mésoblaste et la
notochorde. Elles vont constituer le mésenchyme intra-embryonnaire (en rose sur le schéma).
J20 - J22 : le mésoblaste va s’orienter pour former des 2 côtés de la notochorde, 3 colonnes longitudinales qui vont
avoir des évolutions différentes :
- Le mésoblaste para-axial :
le + proche de la notochorde (1)
- Le mésoblaste intermédiaire (2)
- Le mésoblaste latéral (3)
Des cellules vont se regrouper en amas qui vont prendre le nom de somites. Par un phénomène identique à la corde,
les somites vont d’abord apparaitre à l’extrémité crâniale, vers l’extrémité caudale : gradient cranio-caudal. Cette
segmentation va se faire rapidement après la mise en place des 3 colonnes du mésoblaste.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Le mésoblaste intermédiaire parcourt toute la longueur de l’embryon sauf l’extrémité caudale. Il se segmente en
structures rondes, formant des amas cellulaires = les néphrotomes.
Là aussi on a un gradient cranio-caudal, donc les néphrotomes en position crâniale vont se développer plus tôt que
ceux en position caudale. Ils forment l’ébauche primitive des reins.
Quand le cœlome intra-embryonnaire va s’ouvrir sur le cœlome extra-embryonnaire, 2 lames vont apparaître :
1 lame dorsale au contact de l’ectoblaste et de l’amnios = lame somatopleure
1 lame ventrale, au contact de l’entoblaste = lame splanchnopleurale
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Commence à environ J19 - J20 (la plaque neurale se développe en même temps que la
formation de la notochorde). Formation d’un tube creux, le tube neural, qui va
s’individualiser à l’intérieur du mésenchyme.
1ère étape : épaississement de l’ectoblaste en avant du nœud de Hensen. Rôle inducteur de la notochorde qui émet
des signaux moléculaires vers l’ectoblaste pour qu’il s’épaississe. Cet épaississement commence dans la zone
crâniale. Surépaisseur en forme de raquette dans la partie crâniale = plaque neurale. La croissance de cette plaque
vers la zone caudale est très rapide.
On va distinguer 2 ensembles de cellulaires distincts : le neuroectoblaste, formé par la plaque neurale et le reste de
l’ectoblaste formant l’ectoblaste périphérique.
Les zones de jonction entre le neuro-ectoblaste (gouttière neurale) et l’ectoblaste périphérique s’appellent les crêtes
neurales. Les bords de la gouttière neurale vont fusionner : il y a fermeture de la gouttière en regard de la 4ème paire
de somites occipitaux /1ère paire de somites cervicaux, pour donner un tube neural. Progression vers l’extrémité
crâniale et l’extrémité caudale.
Cela aboutit à l’isolement en profondeur du tube neural : on parle de neurectoblaste (différent de l’ectoblaste). Il est
situé en profondeur, recouvert de cellules de dérivé ectoblastique qui a reconstruit sa continuité en surface, c’est
l’ectoblaste périphérique, qui est le futur recouvrement cutané (plus clair).
J27 - J28 : fermeture complète du tube neural. L’extérieur de l’embryon est recouvert par de l’ectoblaste
périphérique.
2 zones du tube ne vont pas être fermées. Dans la partie crâniale, le neuropore antérieur se ferme à J29. Dans la
zone caudale, le neuropore postérieur se ferme à J30.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Le tube neural est composé de neuro-ectoblaste. Cependant 2 zones de neuro-ectoblaste ne sont pas intégrées au
tube neural, ce sont les bandelettes ganglionnaires qui sont des reliquats des crêtes neurales.
Défaut de fermeture du neuropore antérieur = anencéphalie. Mort in utéro dans la majorité des cas.
Défaut de fermeture du neuropore postérieur = spina bifida. Dysfonctionnement des membres inférieurs.
Le mésenchyme extra-embryonnaire va donner les ilots de Wolf et Pander qui seront à l’origine des vaisseaux
extra-embryonnaires et une partie restera du mésenchyme extra-embryonnaire.
La neurulation démarre au niveau de la 4ème paire de somites et elle s’étend dans les deux directions
(céphalique et caudale).
Fermeture de la gouttière neurale comme une fermeture éclair, mais non immédiate sur toute la longueur :
2 trous persistent à chaque extrémité → neuropore antérieur et neuropore postérieur.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
V. LES DELIMITATIONS
Les délimitations correspondent à une double plicature de l’embryon (disque embryonnaire), dans le sens
longitudinal et transversal. Ces plicatures vont aboutir à la formation d’un tube recourbé à ses 2 extrémités alors
que l’embryon était plan à la fin de la 3ème semaine.
Au départ l’embryon est donc un disque plan avec :
La membrane cloacale au pôle caudal
La délimitation transversale recourbe les bords latéraux de l’embryon pour les faire passer en position ventrale.
L’embryon s’enroule sur lui-même selon un axe central de symétrie, la notochorde. Ceci va aboutir à l’internalisation
du tube entoblastique. Elle va aussi aboutir à la formation d’un ectoblaste périphérique autour de l’embryon sur la
totalité de celui-ci. L’intégralité du tube va alors baigner dans la cavité amniotique.
A) La délimitation transversale
On constate beaucoup de divisions cellulaires au niveau de l’ectoblaste ainsi que le phénomène de neurulation
(ébauche SNC). La plaque neurale subit une prolifération importante de cellules entrainant une croissance de la
surface de l’embryon.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
- Les bords latéraux se recourbent vers le bas (sous l’effet de l’augmentation de la cavité amniotique) puis se
rejoignent et fusionnent
- Formation d’un tube
- Recouvert d’ectoblaste périphérique
- Entoblaste en position interne qui tapisse le tube
La délimitation est créée par une poussée des culs de sac amniotiques vers le bas jusqu’à se faire s’enrouler
l’embryon.
Cette
délimitation étrangle le lécithocèle secondaire. On a donc formation d’un tube
d’entoblaste appendu au lécithocèle secondaire qui prend le nom d’intestin
primitif = futur tube digestif.
La dernière étape de la délimitation transversale est de fusionner les tissus qui ont la
même origine embryologique : l’ectoblaste périphérique, la lame somatopleurale, l’entoblaste qui forme un tube
(au tiers crânial) et la lame splanchnopleurale.
Le mésenchyme intra embryonnaire s’est insinué entre les lames splanchnopleurale pour faire une fine bande
autour du tube d’entoblaste. Cette zone d’accolement des deux feuillets splanchnopleuraux prend le nom de
mésentère dorsal qui est une structure retrouvée chez l’adulte pour relier l’intestin à la cavité péritonéale. C’est
l’ébauche du mésentère (maintient le jéjunum et l’iléon dans la cavité péritonéale, organe très vascularisé).
L’embryon baigne dans l’amnios, il est cerné par de l’ectoblaste périphérique.
Les membranes pharyngienne et cloacale vont basculer à 90° ainsi que la zone cardiogène (ébauche du cœur), il y
a une courbure de l’embryon.
101
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Finalement l’embryon aura son entoblaste en position interne et la zone cardiogène en position ventrale thoracique
(avant cette délimitation la zone cardiogène était en partie dorsale de l’embryon). Le pédicule embryonnaire repasse
aussi en position ventrale dans la région abdominale.
Cette délimitation fait apparaitre 2 plis :
- En position crâniale → le pli céphalique
- En position caudale → le pli caudal
L’embryon commence à prendre une forme humaine à ce moment. Le pli céphalique correspond à la région cervicale.
Le pli caudal correspond à la région des fesses et les membres inférieurs.
La délimitation longitudinale est aussi due à une poussée des culs de sacs amniotiques (pour les mêmes raisons que
la délimitation transversale).
A la fin de la délimitation longitudinale il ne restera plus qu’un canal, le canal vitellin qui relie la vésicule vitelline à
un tube d’entoblaste qui formera l’intestin primitif de l’embryon.
En résumé la délimitation transversale forme le tube et la délimitation longitudinale forme le canal vitellin qui relie
ce tube à la vésicule vitelline.
L’intestin primitif prend 3 noms : intestin antérieur (position crâniale), intestin moyen, intestin postérieur (position
caudale). L’intestin postérieur forme l’allantoïde(1) en s’insérant dans le pédicule embryonnaire. A ne pas confondre
avec la membrane cloacale(2).
2
v
1
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
J24 : fermeture de la gouttière neurale → tube neurale → internalisation / au niveau du mésenchyme intra-
embryonnaire, les crêtes neurales s’isolent → bandelettes embryonnaires.
Embryon au 25ème jour :
La première chose qui se met en place pour la formation du SNC est la migration des
cellules des bandelettes ganglionnaires. Ce sont des cellules issues de l’évolution des
crêtes neurales. Elles vont migrer en position ventrale et sous l’ectoblaste périphérique
(sous la peau) pour former des amas cellulaires. Les bandelettes ganglionnaires étaient
avant en position dorsale du tube neural tout le long de l’embryon.
Vers le 28ème jour le tube neural (formé) va évoluer avec 3 dilatations dans sa
partie crâniale qui se développent très rapidement. Ces dilatations vont former
les vésicules cérébrales primitives.
Ces vésicules vont prendre le nom de (de la plus crâniale à la plus caudale):
- Prosencéphale (1)
- Mésencéphale (2)
- Rhombencéphale (3)
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Le prosencéphale va beaucoup se développer et va donner :
- 2 vésicules, le télencéphale (1)
- 1 vésicule, le diencéphale (2)
Le mésencéphale (3) ne va pas évoluer.
Le rhombencéphale va lui croitre beaucoup pour donner 2 vésicules :
- Le métencéphale (4)
- Le myélencéphale (5)
On va aussi avoir une nouvelle flexion, donc une troisième plicature au niveau
de la partie dorsale de l’embryon, à la partie caudale du métencéphale : c’est la
flexion pontique (entre 4 et 5).
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Diencéphale 3ème ventricule
Mésencéphale Aqueduc de Sylvius
Métencéphale Partie crâniale du 4ème ventricule
Myélencéphale Partie caudale du 4ème ventricule
Le reste du tube neural, la partie en arrière du myélencéphale, va former la moelle épinière (au centre du rachis).
La cavité centrale du tube neural formera donc le canal de l’épendyme baigné par du liquide céphalo- rachidien.
Ce canal sera en communication avec le 4ème ventricule.
Rappel : le mésenchyme intra embryonnaire provient du mésoblaste, et une petite partie du mésoblaste s’est mise
en place en avant de la membrane pharyngienne : la zone cardiogène (intra-embryonnaire).
Dans la zone cardiogène (mésoblaste et mésenchyme intra embryonnaire) vont se développer 2 structures : les 2
tubes endocardiques (ébauches embryonnaires au 28ème jour). Leur fusion donnera le tube cardiaque.
Les ilots de Wolff et Pander se mettent en place dans le mésenchyme extra embryonnaire, au niveau du pédicule
embryonnaire.
De la même façon, dans le mésenchyme intra embryonnaire, des îlots vasculo-sanguins se forment au-dessus de
l’intestin primitifs et ils vont être à l’origine des aortes dorsales droites et gauches. Les aortes dorsales sont situées
tout le long de l’embryon et elles fusionnent en partie caudale pour ne former qu’une seule aorte dorsale.
A partir du 22ème jour, les cellules des tubes endocardiques vont battre : 1er battement du cœur.
De plus, ces 2 tubes endocardiques vont fusionner et donner le tube cardiaque.
Le tube cardiaque est enveloppé de tissu mésoblastique : le splanchnopleure et du mésenchyme intra embryonnaire.
C’est une structure semblable à celle autour de l’intestin. Elle est elle-même entourée du cœlome.
105
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
La cavité péricardique, autour du tube cardiaque, sera finalement
constituée de :
- Cœlome intra embryonnaire
- Lame splanchnopleurale
- Lame somatopleurale
Les veines primitives cardinales antérieures et postérieures ainsi que droites et gauches (donc 4 veines) débouchent
à la partie caudale du tube cardiaque par le canal de Cuvier.
On a aussi deux aortes ventrales qui partent du tube cardiaque.
Donc une circulation intra embryonnaire se met en place entre la fin de la 3ème semaine et la 4ème semaine de
développement. Elle est concomitante à la mise en place de la circulation extra embryonnaire.
Des vaisseaux proviennent de la circulation extra embryonnaire au niveau du pédicule embryonnaire jusqu’à se
brancher à la circulation intra embryonnaire.
Une circulation extra embryonnaire va donc se créer en même temps (3ème semaine), à partir des îlots de Wolff et
Pander.
Cette circulation va tout d’abord au niveau des villosités choriales du placenta, former des villosités tertiaires avec
une circulation à l’intérieur. A partir de ces vaisseaux, dans le mésenchyme extra embryonnaire, on va avoir 2 troncs
: un tronc ombilical (de chaque côté de l’allantoïde) et un tronc vasculaire qui nait autour de la vésicule vitelline et
qui remonte le canal vitellin.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
Formation notochorde
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Le squelette des membres (appendiculaire) et le rachis (axial) dérive du mésoblaste para-axial ou de la lame
somatopleurale.
Le squelette axial viendra surtout du mésoblaste para axial et tout particulièrement des somites. : crane, rachis,
cotes, sternum.
La formation des os du crane est très complexe. Elle dépend à la fois du mésoblaste para axial qui peut être mal ou
peu segmenté → région occipitale. Certain os de la face sont également issus des crêtes neurales, insinuées à
l’intérieur du MIE, qui participent à la mise en place des os mandibulaires et maxillaires.
Axial : mise en place du rachis
Sternum : différenciation des cellules des mésoblastes latéraux, plus précisément de la lame somatopleurale en
région ventrale.
Le squelette appendiculaire viendra de la lame somatopleurale pour la partie osseuse et cartilagineuse et des
somites pour les muscles.
Pour rappel, au 40ème jour, les somites vont former entre 41 et 46 paires :
3-4 paires occipitales mal segmentées
8 paires cervicales
12 paires dorsales
5 paires lombaires
5 paires sacrées
8-12 paires coccygiennes mal segmentées
Ces deux parties vont avoir des caractères différents. Les cellules du sclérotome vont rapidement s’échapper et
coloniser l’espace autour du tube neural, de la notochorde et des bandelettes ganglionnaires.
Le dermo-myotome lui reste à sa position, mais se structure aussi en 2 zones : le dermotome et le myotome.
107
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Vue en 3D, on retrouve le tube neural avec les reliquats des bandelettes ganglionnaires autour. La notochorde est
représentée en violet. Le sclérotome a constitué un segment autour du tube neural.
On retrouve des paires de dermo-myotome autour du sclérotome. Le sclérotome correspond à la partie de
mésoblaste qui entoure le tube neural.
La cavité centrale se creuse : c’est le somitocèle.
Vers la fin de la 4ème semaine – début 5ème semaine : Migration de certaines cellules du dermotome.
Rappel : le dermo-myotome s’est divisé en dermotome et en myotome. Les cellules du dermotome vont se détacher
pour se positionner juste en dessous de l’ectoblaste périphérique, dans la partie dorsale de l’embryon = ébauche du
derme. L’ébauche de l’épiderme est, elle, représentée par l’ectoblaste périphérique. Les cellules du myotome vont
aussi se développer et constituer l’ébauche des muscles dorsaux, cervicaux et de la plupart des muscles du tronc.
➔ Dermotome (latéral) = ébauche du derme → migration des cellules sous l’ectoblaste
périphérique
➔ Myotome (médian) = ébauche de la musculature (dorsale, cervicale, tronc)
On observe une paire de myotome de part et d’autre du sclérotome. Le myotome va être une structure segmentée
sur la hauteur de l’embryon, on ne va pas retrouver une bande pleine de cellules mésoblastiques qui forment le
myotome mais des segments.
108
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
En coupe coronale passant par le centre du tube neural : on retrouve le tube neural avec sa cavité centrale qui va former
le canal de l’épendyme dans la future moelle épinière, les reliquats de bandelettes ganglionnaires dans la partie
crâniale du sclérotome. Les lignes plus claires correspondent aux fissures de Von Ebner.
Avec le temps, les axones des neurones moteurs = motoneurones, vont se développer à partir du tube neural. Pour
se développer latéralement, ils seront obligés de se développer à l’intérieur de la fissure de Von Ebner. Les axones
des motoneurones vont venir innerver les blocs de myotome (dans la région avec une faible densité cellulaire). Ils
permettront la contraction des futurs muscles formés par le myotome.
Les reliquats de bandelettes ganglionnaires vont se déplacer à l’intérieur de cette fissure. Ils vont sortir du sclérotome
pour se retrouver entre le sclérotome et le myotome. Ces reliquats de bandelettes ganglionnaires vont former
l’ébauche des ganglions spinaux qu’on retrouve de part et d’autre du rachis.
Le sclérotome va se diviser en 2 parties : une région crâniale et une région caudale, à fortes densités cellulaires. Des
blocs vont se former. Ils vont avoir une origine mixte : bloc caudale de la région du sclérotome supérieur + région
crâniale du sclérotome inférieur. Ces blocs vont former l’ébauche des vertèbres. Ils ont une forte densité cellulaire.
Voir les animations du professeur sur ses diaporamas.
La plupart des cellules qui constituent la fissure de Von Ebner vont dégénérer sauf dans la région ventrale de
l’embryon.
Ganglions spinaux
Schéma en 3D : Quand les cellules de la fissure vont dégénérer, un réarrangement des régions crâniale et caudale des
sclérotomes va se faire. Le corps des vertèbres va avoir une origine mixte. Entre l’ébauche des vertèbres, on voit
les axones de motoneurones.
109
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
La partie caudale du 4ème sclérotome occipital et la partie crâniale du sclérotome C1 vont former la base de l’os
occipital. La partie caudale du sclérotome C1 et la région crâniale du sclérotome C2 vont s’associer pour former la
1ère vertèbre cervicale, et ainsi de suite…
Des racines nerveuses vont sortir de ces blocs d’ébauche de vertèbres. On a 8 paires de nerfs cervicaux car on avait
à l’origine 8 paires de somites cervicaux. Pourtant sur un squelette enfant ou adulte on ne retrouve que 7 vertèbres
cervicales. Un bloc de sclérotome va être perdu par formation de l’os occipital et de la 1ère vertèbre thoracique.
L’axone des motoneurones qui sort en C1 va sortir au-dessus de la première vertèbre cervicale. Dans la région
cervicale, la racine nerveuse va sortir au-dessus de la vertèbre. Cela explique que la racine nerveuse C8 sortira entre
la 7ème vertèbre cervicale et la 1ère vertèbre thoracique. A partir de la région thoracique, les racines prennent le nom
de leur vertèbre sus-jacente (la racine T1 sort sous la vertèbre T1).
- Région cervicale : la racine prend le nom de la vertèbre sous-jacente (en dessous)
- A partir de la région thoracique : la racine prend le nom de la vertèbre sus-jacente (au-dessus)
Les muscles et territoires cutanés qui vont être innervés par les racines nerveuses vont pouvoir être cartographiés.
En cas d’anomalie de sensation au niveau de la peau par exemple, on pourra retrouver la racine nerveuse à l’origine
du problème.
La notochorde va dégénérer sauf au niveau de la jonction entre 2 vertèbres. On retrouve les cellules de la fissure de
Von Ebner en position ventrale qui vont se mettre autour de la notochorde.
Les cellules de la fissure de Von Ebner et la notochorde vont former les disques intervertébraux. Ils vont permettre
de ne pas avoir une trop grande pression mécanique sur les vertèbres, fonction d’amortisseur.
Les cellules de la notochorde forment les nucleus pulposus. Les cellules de la fissure de Von Ebner entourent les
nucleus pulposus et forment l’anneau fibreux.
110
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Tumeurs malignes de reliquat de notochorde = chordome.
Tumeur rare : environ 1 cas pour 2 000 000. Plus fréquente à partir de 50- 60 ans, surtout chez les garçons.
Va toucher 2 régions : Région sacro-coccygienne (60%) ou la région sphéno-occipitale (haute, 35%).
On retrouve des cellules vacuolées dans ces chordomes, qui ont le même aspect que les nucleus pulposus. On les
compare à des « bulles de savon ».
Les processus costaux vont apparaître sur les bords des vertèbres. Ils vont former des structures en arc de cercle ils
vont se développer progressivement de la partie dorsale de l’embryon à la partie ventrale et entourer les viscères.
Dans la région ventrale ils vont se lier aux ébauches du sternum.
L’ébauche du sternum correspond à 2 proliférations de cellules qui s’échappent de la lame somatopleurale dans la
région ventrale. Elles vont former 2 bandes longitudinales qui donneront le sternum.
Elles vont fusionner sur la ligne médiane aux environs du 3ème mois de développement, les processus costaux vont
pouvoir se raccorder sur le sternum grâce à cette fusion.
111
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Le squelette appendiculaire va être formé par le mésoblaste latéral, une communication de signaux moléculaires
entre l’ectoblaste périphérique et le mésoblaste latéral va être primordiale. Elle va être à l’origine de la formation et
de la croissance du squelette appendiculaire.
Fin de la 4ème semaine : formation d’une crête à gauche et à droite de l’embryon. Epaississement de l’ectoblaste
périphérique = crête de Wolff (à ne pas confondre avec les ilots de Wolff et Pander). Prolifération de la lame
somatopleurale du mésoblaste latéral à l’origine de cette crête. La lame somatopleurale va envoyer des signaux
moléculaires vers l’ectoblaste périphérique pour que ses cellules prolifèrent
Rapidement, la crête de Wolff régresse dans la partie médiane, elle persiste seulement aux extrémités pour former
les bourgeons des membres.
4 bourgeons des membres :
- 2 bourgeons supérieurs droit et gauche : métamères C2 – T2
- 2 bourgeons inférieurs droit et gauche : métamères L2-S3
Ils suivent une évolution selon un gradient cranio-caudal : les bourgeons supérieurs se forment à J26 et les bourgeons
inférieurs à J28.
L’épaississement de l’ectoblaste à l’extrémité distale du bourgeon des membres forme la cape apicale
ectoblastique. Ce sont les cellules de la cape apicale ectoblastique qui vont produire des signaux à l’origine du
développement du bourgeon du membre et de sa croissance en longueur. Des anticorps peuvent faire apparaitre ces
signaux émis. Si on greffe 3 capes apicales, on voit le développement de 3 membres.
A la fin des années 70, un scandale thérapeutique éclate concernant un médicament, le Thalidomide. Utilisé chez les
femmes enceintes, il bloque la synthèse de signaux moléculaires de la cape apicale. Les bébés nés avec des anomalies
de croissance des membres ou des absences de croissance de membres = phocomélie.
La cape apicale ectoblastique est donc une structure indispensable à la formation des membres, par la production
de signaux agissant sur le mésoblaste et mésenchyme sous-jacent.
Vers J33-J35 : les bourgeons vont s’étirer et s’aplatir pour former la palette lisse (« raquette de tennis »). On retrouve
toujours la cape apicale ectoblastique.
Elle va évoluer vers J38-J40 : certaines cellules de la palette lisse vont mourir par apoptose, la palette lisse devient la
palette palmée.
112
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Vers J56-J58 : les morts cellulaires vont augmenter entre les rayons digitaux pour permettre l’individualisation des
doigts, on parle de palette digitée.
On retrouve les bourgeons des membres sur les bords latéraux, avec un épaississement du mésoblaste qui vient de
la lame somatopleurale. L’épaississement du mésoblaste forme un blastème.
Les cellules du myotome vont donner les muscles. Elles vont pénétrer l’intérieur des bourgeons. Le myotome va
donner 2 feuillets : un au-dessus du blastème et un en dessous. La lame de cellules musculaires la plus dorsale va
former l’ébauche des muscles extenseurs et la lame la plus ventrale l’ébauche des muscles fléchisseurs. Dans ces 2
types de muscles, on va retrouver des cellules issues de différents blocs de myotome. Chaque muscle aura une origine
mixte venant de plusieurs métamères.
Rotation médio-latérale
Rotation latéro-médiale
La cavité amniotique contraint le développement : d’où les plis des coudes et des genoux pour continuer le
développement en longueur.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Le blastème est un amas de cellules indifférenciées, d’origine mésoblastique, qui occupe le territoire d’un
organe ou d’un tissu. C’est lui qui va être responsable de la formation des articulations.
Les cellules du blastème vont se différencier : apparition de 2 zones. Une zone qui va constituer une maquette
cartilagineuse entourée de cellules indifférenciées du mésoblaste. Les 2 segments de cartilage sont joints par une
interzone mésenchymateuse composée de cellules du blastème différenciées en cellules mésenchymateuses. Les
os longs vont tous se former de cette façon.
Les cellules formant l’interzone mésenchymateuse vont mourir par apoptose au centre de cette zone pour former la
cavité articulaire. Certaines persistent, pour quelques articulations et donneront les ligaments.
Les cellules en périphérie de l’interzone vont persister et donneront les cellules de la capsule articulaire qui
produiront le liquide synovial. Ce liquide permet aux 2 pièces osseuses de glisser l’une sur l’autre.
Des centres d’ossification vont apparaître au centre des pièces cartilagineuses, où les cellules cartilagineuses vont
être remplacées par des cellules osseuses. Un tissu osseux va se former au centre des pièces cartilagineuses.
Ce sont les 2 maquettes cartilagineuses de part et d’autre d’une pièce osseuse, qui vont être constitués de cartilage
prolifératif. Elles vont permettre la croissance en longueur des membres.
d) Malformations :
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
Région crâniale
Myotome → muscles
➢ Musculation
Cellules du myotome → migration dans les bourgeons → ébauche des muscles extenseurs et fléchisseurs
→ J 52 = torsion des membres
➢ Articulations
Epaississement mésoblaste → blastème → différentiation
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Professeure May-Panloup :
Exercice 1 :
QCM 1 – S’IL Y A NIDATION, PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT)
EXACTE(S) ?
A) Le blastocyste s’implante dans l’endomètre
B) Le corps jaune dégénère
C) Il y a sécrétion d’HCG
D) Il y a apparition des règles
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 2 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, CONCERNANT LES PHASES DE LA NIDATION LAQUELLE
(LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Invasion, adhésion, apposition
B) Apposition, invasion, adhésion
C) Invasion, apposition, adhésion
D) Adhésion, apposition, invasion
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 5 – QUE SE PASSE-T-IL A J19 ? - PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST
(SONT) EXACTE(S) ?
A) Communication entre la lumière chordale et le lécithocèle Iaire
B) Communication entre la lumière chordale et le lécithocèle IIaire
C) Formation de l’allantoïde
D) La ligne primitive disparaît
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Exercice 2:
Donnez la définition de la réaction déciduale :
Exercice 3:
Les cellules du mésenchyme constituent des lames : relie chaque MIEE à la bonne lame :
Lame amniotique
MIEE collé à l’hypoblaste
Lame ombilicale
MIEE collé à l’épithélium
amniotique
Professeur Mabilleau :
QCM 1 – COMBIEN DE ZONES PERSISTENT SANS MESOBLASTES VERS LE J17 - PARMI LES PROPOSITIONS CI-
DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) 0
B) 2
C) 3
D) 4
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
QCM 4 – CONCERNANT LES EBAUCHES VASCULAIRES - PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE
(LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Premiers battements vers le 17ème jour
B) Les îlots de Wolff et Pander se mettent en place dans le mésenchyme extra embryonnaire
C) Les aortes dorsales se forment dans le mésenchyme intra embryonnaire
D) Le tube cardiaque est formé de 2 tubes endocardiques
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 5 –CONCERNANT LE SQUELETTE APPENDICULAIRE - S’IL Y A NIDATION - PARMI LES PROPOSITIONS CI-
DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Il est formé par le mésoblaste intermédiaire
B) Les crêtes de Wolff sont formées par l’épaississement de l’ectoblaste périphérique
C) Les bourgeons forment une palette palmée, lisse puis digitée
D) Torsion des membres à J52
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Professeure May-Panloup :
Exercice 1 :
QCM 1 –S’IL Y A NIDATION - PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT)
EXACTE(S) ?
A) Le blastocyste s’implante dans l’endomètre → définition
B) Le corps jaune dégénère → non, il se maintient : sécrétion progestérone
C) Sécrétion d’HCG → oui par les cellules du trophoblaste
D) Apparition des règles
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
QCM 2 –LES PHASES DE LA NIDATION - PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST
(SONT) EXACTE(S) ?
A) Invasion, adhésion, apposition
B) Apposition, invasion, adhésion
C) Invasion, apposition, adhésion
D) Adhésion, apposition, invasion
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
➔ FAUX : apposition, adhésion, invasion
QCM 5 – QUE SE PASSE-T-IL A J19 ? - PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST
(SONT) EXACTE(S) ?
A) Communication entre la lumière chordale et le lécithocèle Iaire → faux, le lécithocèle I a disparu à J11
B) Communication entre la lumière chordale et le lécithocèle IIaire
C) Formation de l’allantoïde
D) La ligne primitive disparaît → non disparaît à J20
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
119
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Exercice 2:
Donnez la définition de la réaction déciduale :
Transformation de type d’épithélial des fibroblastes du stroma endométrial
Exercice 3:
Les cellules du mésenchyme constituent des lames : relie chaque MIEE à la bonne lame :
Lame amniotique
MIEE collé à l’hypoblaste
Lame ombilicale
MIEE collé à l’épithélium
amniotique
Professeur Mabilleau :
QCM 1 –COMBIEN DE ZONES PERSISTENT SANS MESOBLASTES VERS LE J17 - PARMI LES PROPOSITIONS CI-
DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) 0
B) 2
C) 3 → vrai, membrane pharyngienne + cloacale + zone centrale (notochorde)
D) 4
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
QCM 4 –CONCERNANT LES EBAUCHES VASCULAIRES - PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE
(LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
QCM 5 – CONCERNANT LE SQUELETTE APPENDICULAIRE - S’IL Y A NIDATION - PARMI LES PROPOSITIONS CI-
DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) Il est formé par le mésoblaste intermédiaire → faux, para-axial
B) Les crêtes de Wolff sont formées par l’épaississement de l’ectoblaste périphérique
C) Les bourgeons forment une palette palmée, lisse puis digitée → lisse, palmée puis digitée
D) Torsion des membres à J52
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
I. FORMATION DE L’HYPOPHYSE
Au début de la 6ème semaine, on retrouve les 5 vésicules
neuronales. A partir du diencéphale, un diverticule apparait et progresse
vers la face ventrale de l’embryon. Ce diverticule se nomme diverticule
diencéphalique, il est à l’origine de l’ébauche de la neurohypophyse et se
situe en avant de la notochorde. A la même période, en avant de la
membrane pharyngienne, apparait un bourgeon ectoblastique qui va se creuser et prendre le nom de poche de
Rathke. Cette poche va migrer et va s’accoler au diverticule diencéphalique pour former l’ébauche de la glande
hypophyse.
Cette glande se situe chez l’adulte dans une cavité osseuse nommée la selle turcique.
Au niveau de la membrane pharyngienne, dans la partie crâniale de l’embryon, on trouve une zone
d’accolement de l’entoblaste avec l’ectoblaste. Durant la 4ème semaine de développement, on a une ouverture de
l’intestin primitif dans la cavité amniotique par une résorbassions de cette membrane. Cela signifie que l’ectoblaste
va disparaitre à ce niveau. C’est ce qu’on appelle le stomodeum. Il constitue une ouverture plus large que haute à
l’origine de la structure en entonnoir aplati de l’intestin dans sa région antérieure.
124
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
III. FORMATION DE L’APPAREIL BRANCHIAL
L’ensemble des replis dans la partie crâniale de l’intestin constitue l’appareil branchial. Dans la région
cervicale, on observe l’apparition de crêtes arrondies, de bourrelets, qui en fonction des espèces varient en nombre
de 1 à 6. Chez les poissons l’appareil branchial est très visible et sert surtout à l’oxygénation.
On compte 4 arcs branchiaux chez l’homme. Entre les crêtes on trouve des replis d’ectoblastes formant une fente
branchiale. Les invaginations de l’épiblaste forment les fentes ou gouttières branchiales, alors qu’à l’intérieur,
l’endoblaste s’invagine pour former les poches branchiales, en regard des fentes.
Si on s’intéresse au côté de l’appareil branchial on observe les 4 fentes branchiales et les invaginations de
l’intestin formant les 4 poches branchiales séparées des fentes branchiales par une fine couche de mésoderme.
Le 1er arc est le plus volumineux, appelé arc mandibulaire, il se divise en donnant 2 bourgeons : maxillaire supérieur
et mandibulaire.
Le 2ème arc est l’arc hyoïdien, qui contribuera à former la structure osseuse de l’os hyoïde.
Ces arcs, fentes et poches vont évoluer et former des structures de la face et du cou.
Ilots angiogènes à l’origine des aortes dorsales droite et gauche mais aussi des structures vasculaires
présentes dans les arcs branchiaux.
125
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
• Cartilages :
Le 4ème arc donnera un ensemble de structures cartilagineuses laryngées et pharyngées (cricoïdes et thyroïdes)
de la trachée.
• Muscles :
• Arcs aortiques :
126
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
• Nerfs :
Le 3ème arc est à l’origine d’une branche du nerf glosso-pharyngien (IXème paire NC).
Des malformations peuvent être liés à un non-renfermement du sinus cervical conduisant à des kystes ou fistules
cervicales. Une malformation de la fente de l’arc 1 peut, elle, conduire à des malformations du conduit auditif.
La 1ère poche branchiale, se creuse et vient à la rencontre de la fente branchiale → constitution d’une
membrane. Cette membrane va constituer la membrane du tympan et elle se trouve au fond du conduit auditif
externe. Le reste de la poche donnera d’autres structures creuses comme la caisse du tympan et la trompe
d’Eustache.
La 2ème poche entobranchiale est une structure endoblastique qui s’invagine pour former un réseau dense
qu’on appelle une crypte. Elle va être colonisée par les lymphocytes après le 5ème mois. Elles vont donner les
amygdales palatines de chaque côté du cou, au fond de la cavité buccale.
Les autres poches (3ème, 4ème) se développent dans la région cervicale qui se forme en fonction de la glande
thyroïdienne (naît du plancher du stomodeum). Elles vont se détacher de leur position initiale vers leur position
définitive. L’épiblaste de la 3ème poche donne le thymus, en arrière du manubrium sternal et les glandes
127
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
parathyroïdes inférieures. La 4ème poche donne les glandes parathyroïdes supérieures. Ces glandes vont sécréter
l’hormone parathyroïdienne.
Sur le 1er arc apparaît un premier bourgeon triangulaire, le tubercule impar (sur la ligne médiale, en avant du canal
thyréoglosse), puis se forme 2 bourgeons symétriques latéraux de la langue, au-dessus de ce tubercule. Ils se
développent par prolifération de l’endoblaste.
Plus en avant, les bourgeons distaux de la langue vont recouvrir le tubercule impar et la copula. Ils fusionnent sur
la ligne médiane et permettent la constitution des 2/3 antérieurs de la langue. Le sillon médian va être encore visible
chez l’adulte.
L’éminence hypopharyngienne passe en pont devant la copula et vient la recouvrir (tiers postérieur de la langue =
racine de la langue). Elle fusionne avec les 2 bourgeons distaux et donne le tiers postérieur de la langue. La fusion
reste visible toute la vie sous forme d’un sillon en forme de V : V linguale. Le foramen ceacum forme le somment du
V lingual. On trouve sur le V de très grosses papilles : les papilles calciformes.
Cette fusion constitue la langue définitive. Elle est totalement constituée d’entoblaste.
128
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Les branches nerveuses vont avoir au niveau de la langue des caractères propres. Elles sont issues des
différents arcs branchiaux.
Les cellules musculaires sont des cellules qui vont migrer à partir des somites occipitaux(myotomes), elles sont
accompagnées par des branches nerveuses (XIIème paire de nerfs) pour la motricité.
Dès la 4ème semaine, entre le 1er et le 2ème arc branchial, apparait le diverticule thyroïdien (en vert) issu
d’une prolifération de cellules du plancher entoblastique dans le mésenchyme intra-embryonnaire. Ce diverticule
est la partie antérieure de l’invagination qui est rattachée à l’intestin antérieur par le canal thyréoglosse. Le
diverticule va former deux lobes qui donneront naissance au corps thyroïdien. Ce dernier migrera pour atteindre,
vers la 7ème semaine, sa position définitive en avant de la trachée. La thyroïde a donc une origine entoblastique.
A la même période se développe le diverticule respiratoire (en rose) qui constituera l’ébauche de l’arc
respiratoire. Ce diverticule se forme en arrière de la 4ème poche branchiale, à la face ventrale de l’intestin primitif.
Ce diverticule va continuer de s’invaginer dans le mésenchyme intra-embryonnaire et va être relié à l’intestin par le
canal laryngé, le diverticule ne constituant que la partie antérieure de l’invagination. L’extrémité caudale du
diverticule se scinde en deux lobes à l’origines des bronches et des poumons.
129
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
De la 4ème à la 5ème semaine, l’embryon apparait ainsi :
L’appareil branchial se met en place selon un gradient cranio-caudal. Le premier arc branchial se met en
place avant les autres. A partir de la 4ème semaine, sur sa face branchiale, le 1er arc se divise en un processus
maxillaire et un processus mandibulaire qui vont perdurer autour, tapissant le stomodéum. Les processus
maxillaires constituent les parois latérales et le processus mandibulaire constitue le plancher du stomodéum.
Les bourgeons faciaux primordiaux sont au nombre de 5 et sont à l’origine du développement de la face :
• Les 2 bourgeons maxillaires constituent les parois latérales du stomodéum et sont issues des processus
maxillaires.
• Les 2 bourgeons mandibulaires vont fusionner pour former le plancher du stomodéum sur la ligne médiane
de l’embryon, ils sont issus du processus mandibulaire.
Au cours du 2ème mois, il se forme des bourgeons nasaux latéraux et médians qui sont les premiers à se
développer à partir des bourgeons faciaux primordiaux. Des bourrelets nasaux apparaissent de chaque côté des
bourgeons nasaux entourant ainsi la placode olfactive en
prenant une forme en fer à cheval. Le développement est
rapide au niveau des extrémités des bourrelets formant le
bourgeon nasal latéral et le bourgeon nasal médian. Les
placodes s’invaginent dans le mésenchyme et forment les
cupules olfactives.
130
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Il y a une dépression formant le sillon lacrymo-nasal entre le bourgeon nasal et les bourgeons maxillaires, c’est
l’ébauche du canal lacrymal. Dans le même temps, des placodes optiques apparaissent sur les faces latérales de
l’extrémité crâniale de l’embryon, ce sont les ébauches des yeux. Ce développement a lieu en parallèle du
développement des prolongements du diencéphale.
A la 4ème semaine, sur la ligne médiane, il y a une fusion des bourgeons mandibulaires, cette fusion est à
l’origine du menton, de la lèvre inférieure et de la partie inférieure des joues.
Il y a aussi la fusion des bourgeons nasaux sur la ligne médiane, ce qui est à l’origine du massif médian de la
face, c’est à dire la partie moyenne du nez, la partie moyenne de la lèvre supérieure avec une fossette sur la ligne de
fusion (philtrum), la partie antérieure de l’arcade dentaire et la partie antérieure du palais définitif, c’est-à-dire le
palais primaire.
Les bourgeons nasaux latéraux fusionnent avec les bourgeons maxillaires à l’origine des parties latérales
des narines, des parties latérales de la lèvre supérieure et des parties latérales de la joue.
En profondeur, la séparation des bourgeons nasaux et maxillaires persiste et forme le canal lacrymo-nasal
(évacuation larme dans les fosses nasales).
Il y a également une fusion de la région latérale des bourgeons maxillaires et du bourgeon mandibulaire
qui seront à l’origine des parties inférieures des joues et de la limitation de la bouche.
Ce développement peut conduire à des malformations issues du mauvais remaniement des bourgeons :
• Une ouverture buccale anormale issue du défaut de fusion des bourgeons mandibulaire et maxillaire
(macrostomie)
131
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
➢ L’évolution et la formation de la face est continue, et se fait de manière simultanée. C’est
pour détailler que l’on sépare les étapes.
➢ Les arcs branchiaux donnent les cartilages, les muscles, les nerfs.
➢ Les arcs aortiques permettent de créer des anastomoses entre les aortes dorsales et
ventrales.
➢ Les poches branchiales évoluent pour former des membranes tel que le tympan (PB1) ou
des glandes annexes telles que les glandes parathyroïdiennes (PB 4)
➢ Les fentes branchiales sont à l’origine du conduit auditif externe (FB1) et du sinus cervical
(FB2,3,4)
➢ Bien savoir ce que donne chaque fusion des bourgeons naseaux centraux et latéraux
➢ Bien savoir ce que donne chaque arc/poche/fente
Nota bene :
- PB = poches branchiales
- FB =fentes branchiales
132
UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
133
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Histologie des parois des voies aériennes :
Il y a une activation réciproque des cellules de l’arbre
bronchique et du mésenchyme, ce qui permet le
développement de la paroi des bronches (paroi issus du
mésenchyme et de l’endoblaste). On parle d’induction
réciproque entre les cellules du mésenchyme et de
l’entoblaste qui permet la différenciation des cellules.
Elle est à l’origine de la formation des tissus conjonctifs,
cartilagineux et musculaires de la paroi ainsi que des
modifications du parenchyme pulmonaire.
➔ Différentes malformations peuvent être issues d’un mauvais développement de cet appareil respiratoire.
L’atrésie œsophagienne correspond par exemple à la mauvaise séparation entre le diverticule respiratoire
et le reste de l’intestin primitif antérieur formant un cul de sac de l’intestin. L’autre partie de l’intestin étant
appendue au niveau des bronches, elle est à l’origine d’une fistule trachée-œsophage. Cela peut entrainer
un étouffement chez l’enfant. La solution est la chirurgie effectuée dès la naissance.
A) Evolution de l’intestin
primitif antérieur
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
a) L’œsophage :
L’œsophage se développe peu et garde une forme cylindrique. Il s’allonge grâce à la descente de l’ébauche gastrique
et atteint sa longueur définitive vers la 7ème semaine de développement. Il est situé en aval du diverticule
respiratoire. Il va y avoir la formation des ébauches glandulaires dans le mésenchyme par la migration de cellules
entoblastiques. Les cellules entoblastiques vont avoir un rôle d’induction sur le mésenchyme et contribue à la
formation des tissus conjonctifs et musculaires.
b) L’estomac :
On observe l’apparition d’une dilatation fusiforme de l’intestin primitif antérieur, en dessous de l’ébauche de
l’œsophage, qui va évoluer de manière asymétrique pour donner l’estomac avec la formation d’une petite et d’une
grande courbure, dues à une croissance plus importante au niveau du bord postérieur.
A la fin de la 4ème semaine, se développe le diverticule hépatique qui délimite la séparation entre l’intestin
primitif antérieur en amont et l’intestin primitif moyen en aval.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Les cellules endoblastiques du diverticule se différencient en hépatocytes et s’associent à des ébauches vasculaires
pour former l’ébauche du foie. La partie qui sépare l’intestin primitif et le parenchyme hépatique (futur foie) est le
canal cholédoque. C’est le foie qui va permettre l’hématopoïèse à partir de ce moment chez l’embryon. Alors que
plus tard, chez l’enfant et l’adulte, cela aura lieu dans la moelle rouge des os.
Un bourgeon va aussi apparaitre au niveau de la face inférieure du cholédoque, proche du foie, et va conduire à la
formation de la vésicule biliaire.
Le pancréas dérive du développement de 2 diverticules, de part et d’autre du duodénum, à la base du canal
cholédoque. A la 5ème semaine, la rotation de l’anse intestinale va modifier la place des différentes glandes et
rapprocher les deux bourgeons pancréatiques qui vont fusionner pour former l’ébauche du pancréas.
L’intestin primitif moyen comprend la portion distale du duodénum, le jéjunum, l’iléon, le caecum, l’appendice
iléo-caecale, le colon ascendant et les 2/3 du colon transverse.
La première étape est la formation d’une anse intestinale primitive aux alentours de la 6ème semaine.
L’intestin primitif connait un allongement rapide, avec une formation en U, qui correspond à l’anse intestinale
communiquant avec la vésicule vitelline par le biais du canal vitellin.
Cette anse intestinale se compose d’une partie crâniale et d’une partie caudale.
La partie crâniale donnera la partie distale du duodénum, le jéjunum et l’iléon. Tandis que la
partie caudale donnera le caecum, l’appendice iléo-caecale, le colon ascendant et les 2/3 du
colon transverse.
A cause du manque de place dans la cavité abdominale, l’anse intestinale primitive poursuit
partiellement son développement à l’intérieur du cordon ombilical en formant une hernie
entre la 6ème et la 10ème semaine du développement.
La 2ème rotation, à 180° dans le sens anti-horaire, amène la partie caudale de l’anse primitive en avant du duodénum.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Dès la 8ème semaine, le canal vitellin régresse. Il disparait lors de la réintégration des anses intestinales. Il persiste
au niveau de sa partie proximale, constituant un segment borgne, nommé diverticule de Meckel.
Le diverticule allantoïdien se situe dans le pédicule et va constituer l’allantoïde qui se trouve en position ventrale,
proche du canal vitellin et de la vésicule vitelline.
L’IPP va connaitre un allongement modéré de sa partie proximale ce qui sera à l’origine du 1/3 distale du
colon transverse, du colon ascendant et du colon sigmoïde.
Le cloaque va se cloisonner avec l’apparition du septum uro-rectal et former deux voies : une voie uro-génitale et
une voie digestive (canal anal +rectum).
Vers la 6ème semaine du développement, une lame de mésenchyme intra-embryonnaire permet le cloisonnement
en 2 structures. Le septum uro-rectal apparait et prolifère en s’insérant entre l’allantoïde et l’IPP vers l’extrémité
caudale de l’embryon. La séparation du cloaque dans sa partie ventrale donne le sinus uro-génital qui va de
l’allantoïde à la membrane urogénitale. Elle donne dans sa partie dorsale la partie terminale du tube digestif qui se
termine par la membrane anale.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Le mésoderme intermédiaire se divise en regard de la 2ème paire de somites occipitaux jusqu’à la 4ème paire de
somites lombaires en néphrotomes formant le cordon néphrogène. Il correspond à l’ensemble des néphrotomes et
à la partie caudale du mésoderme intermédiaire non segmenté.
➢ Pronéphros
Leur segmentation débute à la 4ème semaine et il y a une régression dès la 5ème semaine. C’est un héritage de
l’évolution qui n’est pas fonctionnel chez l’Homme.
➢ Mésonéphros
A partir de la 4ème semaine, il y a un bourgeonnement de l’extrémité médio-ventrale des mésonéphros vers les
vaisseaux sanguins issus de l’aorte dorsale et de la veine cardinale. Il permet la formation des tubules
mésonéphrotiques qui se situent proches des néphrons (= unité fonctionnelle du rein). Ces tubules sont
responsables de la production d’urine primitive vers la 6ème semaine.
Ils ne sont que transitoires, dès la 10ème semaine ils régressent selon un gradient cranio-caudale (les tubules en
position crâniale dégénèrent en 1er).
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Pour les embryons XX, l’involution est totale tandis que pour les XY il y a une persistance
de quelques tubules qui formeront le système excréteur génital masculin.
Il y a aussi la formation d’un canal qui fusionne dans sa portion caudale avec le sinus uro-
génital et prend le nom de canal de Wolff. La région de fusion donne l’ébauche
postérieure de la vessie.
Le reste de la vessie vient de l’allantoïde.
➢ Métanéphros
Cette zone correspond à la masse de mésoblaste intermédiaire non segmenté, à partir de
la 5ème paire lombaire. Elle va former l’ébauche du rein.
A l’embouchure du canal de Wolff et du sinus uro-génital se forme un diverticule qui va constituer la liaison avec le
métanéphros c’est le bourgeon urétéral.
Les tubules métanéphrotiques se développent au contact des vaisseaux sanguins pour former les ébauches des
néphrons (reins), le reste constitue le parenchyme rénal.
Il y a une différenciation des ébauches des voies intra et extra rénales (uretères) grâce à l’évolution du bourgeon
urétéral.
Les tubules mésonéphrotiques avancent au contact des aortes ce qui entraine l’abaissement du mésenchyme et de
la lame splanchnopleurale. Cela permet un bourgeonnement de part et d’autre de l’embryon qui contribue à la
formation des crêtes génitales.
Les gonades s’individualisent dès la 6ème semaine.
A J21 on a eu la formation des gonocytes primordiaux au niveau de l’allantoïde, ils doivent désormais migrer pour
participer à la mise en place des gonades en colonisant les crêtes.
Chez l’individu XY, les tubules mésonephrotiques participent à la formation des canaux excréteurs, c’est-à-dire la
liaison entre les gonades et les canaux de Wolff. Chez l’individu XX, il n’y a pas de liens.
Les canaux de Müller sont issus d’un repli de la paroi postérieure du cœlome intra embryonnaire. Dans la partie
caudale de l’embryon, on trouve un croisement entre les canaux de Muller et de Wolff.
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Pr. P. May-Panloup
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Les canaux de Müller ont une embouchure dans le sillon uro-génital, de part et d’autre des canaux de Wolff.
C) Différenciation
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
b) Différenciation masculine (XY)
Il y a une régression des canaux de Muller.
Les reliquats de tubules mésonéphrotiques vont constituer les cônes efférents et les canaux de Wolff, le canal
épididymaire et déférent.
Les testicules descendent de leur position (contrairement aux ovaires) vers le scrotum.
L’appareil génital externe évolue fortement. Il y a un allongement du tubercule génital qui permet l’étirement de la
fente uro-génitale et le rapprochement des replis uro-génitaux, c’est la formation du pénis.
Les reliquats du tubercule génital constituent le gland.
Les replis labio-scrotaux sont à l’origine du scrotum.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
POINTS IMPORTANTS
➢ Le développement du pole caudal se fait selon un gradient cranio caudal
➢ Le Professeur Mabilleau n’interroge pas sur les dates précises mais il demande à savoir
l’ordre d’apparition des différentes structures
➢ Dans la différenciation des appareils génitaux externes, bien retenir ce que deviennent le
tubercule génital et les replis labiaux scrotaux et uro-génitaux
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G.Mabilleau
Définition/point clé : Le placenta est un organe transitoire génétiquement programmé pour durer
9 mois
Il a une double constitution (contient des cellules du fœtus et des cellules de la mère) qui permet une allogreffe
naturelle résistante au rejet. Le placenta place les vaisseaux maternel et fœtal dans une proximité mais sans
communication grâce à la barrière placentaire. Il apporte de l’O2 et des nutriments à l’embryon. Il permet la
détoxification de déchets. Il a aussi un rôle endocrine important en produisant une hormone, l’HCG.
L’endomètre (muqueuse utérine) va connaitre des transformations intenses permettant la nidation (implantation
du blastocyte dans l’épaisseur de l’endomètre).
- Relâchement du myomètre
La réaction déciduale s’accompagne de la formation d’un œdème dans le chorion et du passage de petites cellules
à des cellules volumineuse (fibroblastes). Il y a aussi une modification de teintes (en histologie) lorsque l’on utilise
des colorants, due à la différenciation des sécrétions de ces cellules. Durant cette période, on constate une
augmentation de la taille des vaisseaux sanguins.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
- Embryon didermique :
o Epiblaste
o Hypoblaste
- Mésenchyme extra-embryonnaire
- 3 cavités :
o Lécithocèle
o Cavité amniotique
o Cœlome extra-embryonnaire
- 2 feuillets d’origine trophoblastique :
o Cytotrophoblaste
o Syncitiotrophoblaste
Aux alentours du 9ème jour, des vacuoles apparaissent dans le syncytiotrophoblaste, elles vont fusionner et former
des lacunes syncytiotrophoblastiques.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Une activité lytique permet le développement du syncytiotrophoblaste qui entre en contact avec des vaisseaux. La
paroi des capillaires de l'endomètre est progressivement digérée, permettant au sang y circulant de se déverser dans
les lacunes du ST. Il va y avoir une anastomose, c’est à dire une perforation, avec la formation de chambres
intervilleuses où pénètrent les capillaires sinusoïdes qui permettent une communication du sang maternel avec les
lacunes. Les différentes lacunes communiquent et le sang voyage d’une chambre à l’autre. Les chambres
intervilleuses sont limitées par du syncytiotrophoblaste.
Vers les 11ème-13ème jours, les cellules du cytotrophoblaste émettent des colonnes de cellules qui progressent
vers les espaces du syncytiotrophoblaste, cet ensemble constitue les villosités primaires.
Le placenta évolue ensuite. Vers le 16ème jour, le cytotrophoblaste prolifère pour former une coque
cytotrophoblastique qui s’insinue au contact de la caduque basilaire (organisme maternel) et entoure le
syncytiotrophoblaste au niveau des chambres intervilleuses.
Le mésenchyme extra-embryonnaire émet des colonnes de cellules mésenchymateuses qui pénètrent dans le tronc
des villosités primaires formant les villosités secondaires.
Les chambres intervilleuses entourent les villosités et sont remplies de sang maternel
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Ces vaisseaux contribuent à la formation des troncs ombilicaux et des troncs vitellins mais il n’y a toujours pas de
contact avec la circulation maternelle.
A la fin de la 4ème semaine, toutes les villosités sont des villosités tertiaires.
Elles vont évoluer pour former les villosités terminales. De la fin de la 4ème semaine jusqu’au 4ème mois, les
villosités de modifient avec une disparition progressive du cytotrophoblaste de la paroi des villosités et de la plaque
choriale mais la coque reste jusqu’à l’accouchement.
Entre la 9ème et 10ème semaine, le syncytiotrophoblaste émet des bourgeonnements dans les chambres
intervilleuses qui vont être colonisées par du MEE puis par des vaisseaux sanguins, ce sont les villosités filles. Elles
augmentent la taille du placenta et la surface d’échange entre le sang fœtal et maternel. Les vaisseaux qui se
trouvent dans la plaque basilaire constituent les villosités crampons (anciennes villosités tertiaires). Les villosités
filles et crampons constituent les villosités terminales.
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
Le placenta s’étend dans la cavité utérine qui n’est pas très extensible ce qui engendre des plicatures, notamment
de la plaque basale, avec un épaissisement au niveau des villosités crampons formant des septums qui délimitent les
cotylédons.
Dans la caduque basilaire apparait une zone constituée de dépôts fibrineux et de cellules trophoblastiques mortes
formant un tissu qui remonte dans les septums placentaires et constituant le lieu de séparation du placenta avec
l’endomètre lors de l’accouchement.
Il y a aussi un remaniement des vaisseaux avec une lame syncytiotrophoblastique amincie. La lame mince, la
membrane basale et la membrane des vaisseaux constituent la membrane vasculo-syncytiale qui est une zone
d’échanges importants.
Dans le syncytium, les noyaux se regroupent, délimitant deux zones dans les villosités :
- Une membrane vasculo-synciale
- Une zone nucléée qui contient l’ADN du fœtus et constitue la zone de synthèse de protéines importantes
notamment impliquées dans la synthèse et la sécrétion d’hormones placentaires.
C) Fonctions du placenta
a) Fonction respiratoire
Le placenta est le poumon fœtal. Cependant, cette oxygénation est 15 fois moins efficace que pour un poumon
humain.
Le placenta permet un échange entre le sang maternel riche en O2 et le sang drainé par les artères ombilicales qui
est pauvre en O2 mais riche en CO2 et métabolites. L’évacuation se fait depuis les aortes dorsales vers les vaisseaux
des villosités terminales. Le retour se fait par la veine ombilicale vers le sinus veineux (sang riche en O2 et
nutriments, pauvre en Co2).
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
L’approvisionnement fœtal est facilité par la pression partielle en O2 entre les circulations fœtale et maternelle
permettant la diffusion grâce à la différence de concentration. Il est également facilité par l’affinité de
l’hémoglobine fœtale avec l’O2.
➢ Eau
• transport passif = phénomène de diffusion
• Les échanges d’eau augmentent jusqu’à la 35ème semaine (3.5L/j)
➢ Electrolytes (ions)
• transport passif, suivent les mouvements de l’eau
• Fe et Ca ne passent que dans le sens mère → enfant
➢ Vitamines
• Liposolubles (A, D, E et K) = taux très bas dans la circulation fœtale. C’est pour cela que le nouveau-né doit
avoir un apport en vitamine K (anticoagulante) à la naissance.
• Hydrosolubles → transports passifs
➢ Glucose
• Transport facilité (transporteur dans les parois des tissus)
• /!\ diminution de la sensibilité à l’insuline pour la mère par sécrétion d’HPL. Peut conduire à une grossesse
diabétogène = diabète transitoire qui s’arrête dès l’expulsion du placenta (accouchement).
➢ Protéines
• Ne passent pas la barrière placentaire = bloquées par la membrane basale
• Acides aminés et peptides = transport actif (nécessite de l’énergie sous forme d’ATP)
➢ Lipides et tryglycérides
• Dégradation placentaire
• Production de nouvelles molécules lipidiques
➢ Médicaments
• Passage qui peut induire des malformations : thalidomide, roaccutane, barbituriques,
aspirine, antibiotiques – tétracyclines, drogues (héroïne, LSD…)
➢ Agents infectieux
• Bactéries (listériose, brucellose)
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
c) Fonction endocrine
Les hormones sont nécessaires au maintien de la grossesse et au développement fœtal.
Le syncytiotrophoblaste est une glande endocrine.
➢ Progestérone
• Secrétée par le corps jaune jusqu’à la 9ème-10ème semaine puis par le placenta
• Synthèse à partir du cholestérol circulant maternel
• Indicateur du fonctionnement placentaire (250 mg/j)
• Réduction du tonus musculaire utérin (myomètre)
• Différenciation des glandes mammaires
La progestérone a un effet bloquant sur la prolactine, elle inhibe la production de lait par la glande mammaire.
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Pr. P. May-Panloup
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➢ Œstrogènes (origine lipidique)
Sa synthèse repose sur la contribution du fœtus et de la mère par glandes surrénales et le foie. Cette coopération
est nécessaire pour E2 et E1 mais pas E3.
- Production directe : Œstrone (E1) et Œstradiol (E2)
- Métabolisation DHEA : Oestriol E3
• L’oestriol (E3) représente 90% production oestrogéniques aux 2ème et 3ème trimestres
• Taux sérique E3 = marqueur de souffrance fœtale
• Taux maximal 30-40 mg/j
• Croissance utérus
• Développement de la glande mammaire
d) Barrière immunologique
➢ Système HLA
• Complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) chez l’homme
• Types I et II
• Détermine la capacité d’un tissu à être accepté par l’hôte
Antigènes HLA :
• absence des Ag HLA de type I et II (du soi) sur le placenta
• pas de reconnaissance par les lymphocytes T CD8+
• présence des Ag HLA-G (invariable entre individus de la même
espèce)
• Bloque l’action des cellules NK et lymphocytes T CD8+
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UE2 : Reproduction - embryologie Pr. P. May-Panloup
G.Mabilleau
D) Le cordon ombilical
Le cordon ombilical est un tube plein qui relie la face ventrale de l’embryon à la sphère choriale. Il ne recouvre pas
la vésicule vitelline.
Le mésenchyme extra-embryonnaire devient lâche et forme la gelée de Wharton.
Les structures d’entoblaste régressent à l’intérieur du cordon. Au 3ème mois il n’y a plus
que la veine et les 2 artères ombilicales à cause de la dégénérescence des structures
(allantoïde, canal vitellin, vésicule vitelline, vaisseaux vitellins)
Le cordon ombilical assure la circulation foeto-placentaire. Il mesure 50-60 cm de longueur pour un diamètre de 1,5
cm.
Il a plusieurs rôles :
• Absorption des chocs
• Régulateur de température
• Permet les mouvements fœtaux
• Indispensable à la maturation pulmonaire
151
Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Son volume varie au cours de la grossesse pour arriver à terme à 1000 ml.
L’embryon dégluti et aspire du liquide amniotique (aspire par le stomodeum et élimine par mictions). Ce liquide est
renouvelé environ toutes les 3h (8 renouvèlements par jour). Il est élaboré par transsudation du sang circulant dans
les cellules intervilleuses et provient également de l’urine fœtale.
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Pr. P. May-Panloup
UE2 : Reproduction - embryologie G.Mabilleau
Exercice 1 :
QCM 1 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) L’hypophyse a une double origine histologique. Le diverticule diencéphalique correspond à
l’adénohypophyse (structure constituée d’axones de neurones provenant du diencéphale) située en position
postérieure, alors que la poche de Rathke va former la neurohypophyse en position antérieure.
B) Le stomodeum se situe en amont du 1er arc.
C) La thyroïde a une origine ectoblastique.
D) Le processus mandibulaire constitue les parois latérales et les processus maxillaires constitue le plancher du
stomodéum.
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Exercice 2 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
L’appareil respiratoire est issu du ……….. ………….. L’appareil respiratoire se sépare en voie aérienne supérieure et
inférieure. Cette délimitation a lieu à partir de ……….
Différentes malformations peuvent être issues d’un mauvais développement de cet appareil respiratoire. ……………
………………. correspond à la mauvaise séparation entre le diverticule respiratoire et le reste de l’intestin primitif
antérieur formant un cul de sac de l’intestin, l’autre partie de l’intestin étant appendue au niveau des bronches, ce
qui est à l’origine d’une …………………. Cela peut entrainer un …………………. chez l’enfant. La solution est la
……………. effectuée dès la naissance.
Exercice 3 :
VRAI/FAUX
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G.Mabilleau
Exercice 1 :
QCM1 – PARMI LES PROPOSITIONS CI-DESSOUS, LAQUELLE (LESQUELLES) EST (SONT) EXACTE(S) ?
A) FAUX, L’hypophyse a bien une double origine histologique. Le diverticule diencéphalique correspond à
la neurohypophyse (structure constituée d’axones de neurones provenant du diencéphale) située en
position postérieure, alors que la poche de Rathke va former l’adénohypophyse en position antérieure.
B) VRAI
C) FAUX, La thyroïde a une origine entoblastique.
D) FAUX, Les processus maxillaires constituent les parois latérales et le processus mandibulaire constitue
le plancher du stomodeum. (Moyen mnémotechnique : maxillaires, il y a 2 « l » et deux parois latérales,
mandibulaire, 1 « l » et on a qu’un seul plancher buccal)
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte.
Exercice 2 :
Complétez le texte avec les mots correspondants
L’appareil respiratoire est issu du diverticule respiratoire. L’appareil respiratoire se sépare en voie aérienne
supérieure et inférieure. Cette délimitation a lieu à partir de la trachée.
Différentes malformations peuvent être issues d’un mauvais développement de cet appareil respiratoire. L’atrésie
œsophagienne correspond à la mauvaise séparation entre le diverticule respiratoire et le reste de l’intestin primitif
antérieur formant un cul de sac de l’intestin, l’autre partie de l’intestin étant appendue au niveau des bronches, ce
qui est à l’origine d’une fistule trachée-œsophage. Cela peut entrainer un étouffement chez l’enfant. La solution
est la chirurgie effectuée dès la naissance.
Exercice 3 :
VRAI/FAUX
A) VRAI
B) FAUX Le placenta contient de cellules provenant de la mère et de l’enfant
C) FAUX Le placenta a une efficacité 15 fois inférieure à celle du poumon en termes d’oxygénation
D) VRAI c’est l’œdème du chorion
E) Aucune des réponses ci-dessus n’est exacte
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