2021 Fao
2021 Fao
DOCUMENT
ISSN 2708-1206
DE TRAVAIL
FORESTIER
22
Créer des forêts et des systèmes
de production agrosylvopastoraux
résilients au climat en zones arides
Une approche qui conduit à des transformations économiques,
sociales et écologiquement durables liées à des contextes spécifiques
Par
Fidaa F. Haddad
Clara Ariza
Anders Malmer
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quent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aucune prise de
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mande ladite société ou ledit produit de préférence à d’autres sociétés ou produits analogues qui ne sont pas cités.
ISBN 978-92-5-134844-4
© FAO, 2021
© FAO, 2021
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1. Introduction 1
1.1 L’approche, la méthodologie et le public 1
1.2 Les zones arides sont essentielles au développement, mais font face à de
graves difficultés 1
1.3 Possibilités de surmonter les problèmes des zones arides 4
Encadrés
Encadré 1. Faits essentiels relatifs aux services écosystémiques des zones arides 2
Encadré 2. Les arbres hors forêts 3
Encadré 3. IAD et RPF pour la gestion des zones arides Intensification
agricole durable 5
Encadré 4. Dix leçons apprises sur la RPF 9
Encadré 5. Les cinq principes de l’agriculture durable 16
Encadré 6. Les dix éléments de l’agroécologie 16
Encadré 7. Mécanisme des Forêts & Paysans (FFF) 24
Encadré 8. Le rôle des organisations non gouvernementales (ONG) en tant .
qu’instruments de bonne gouvernance 36
Encadré 9. L’action collective et les connaissances traditionnelles influent
sur la gestion durable des terres et de l’eau 41
Encadré 10. Décennie des Nations Unies pour la restauration des
écosystèmes 2021-2030 43
Encadré 11. Lutter contre la dégradation des terres du point de vue de la
sécurité alimentaire humaine: les fortes corrélations entre la
dégradation des terres et la pauvreté 47
Encadré 12. La Grande Muraille Verte: des solutions fondées sur la nature
pour restaurer les écosystèmes dégradés des zones arides des pays
africains 48
Encadré 13. Paiement pour les services écosystémiques des bassins versants (PWES) .
au profit des systèmes agrosylvopastoraux des zones arides 50
Encadré 14. Le rôle du secteur privé est crucial pour soutenir la conservation
et la résilience des moyens d’existence 50
Figures
Figure 1. Carte mondiale des zones arides par continent, montrant les
différentes utilisations des terres 2
Figure 2. Approche de la transformation des zones arides dans le contexte
de la vision commune de la FAO pour une alimentation et une
agriculture durables et les dix élémentsd’agroécologie 18
Figure 3. Approche transformationnelle destinée aux systèmes de production
alimentaire des zones arides soumises au changement climatique 20
Études de cas
Étude de cas 1. Résilience climatique par le biais de chaînes de valeur
durables. Élevage au Tadjikistan 28
Étude de cas 2. Favoriser la participation communautaire à de meilleures
initiatives de restauration à grande échelle au Tigray 38
Étude de cas 3. Impact du changement climatique sur les forêts et le
bétail des zones arides. Un exemple du nord du Mali 42
Étude de cas 4. Initiative de reboisement à grande échelle soutenue par les
communautés pastorales au Maroc 44
Étude de cas 5. Terres semi-arides et arides de Tucuman (Argentine) 46
v
Avant-propos
Les zones arides contiennent 1,1 milliard d’hectares de forêts, soit environ 27 pour cent
de la superficie forestière mondiale. Les forêts des zones arides offrent de la nourriture,
des médicaments, de l’énergie, du fourrage et des fibres aux communautés locales. Les
produits forestiers non ligneux renforcent la diversité alimentaire, contribuent à la
nutrition et améliorent la sécurité alimentaire, en particulier pendant les périodes de
sécheresse et autres crises alimentaires. Rien qu’en Afrique, on estime que les forêts
des zones arides et autres terres boisées répondent à une grande partie des besoins de
320 millions de personnes. L’utilisation future des terres dépend, en partie, des résultats
climatiques escomptés et du portefeuille d’options de réponses disponibles. En tant que
telles, les stratégies modélisées qui limitent le réchauffement à 1,5 °C ou bien en dessous
de 2 °C exigent que l’atténuation des effets se base sur les terres et sur une modification de
l’utilisation des terres. La plupart de ces solutions consistent en différentes combinaisons
de reboisement, de boisement, de déforestation réduite et de dégradation évitée.
La stratégie habituelle ne fait plus partie des options à envisager pour un avenir qui
doit garantir la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique. Assurer
la durabilité des systèmes de production alimentaire des zones arides et des moyens de
subsistance associés tout en réduisant la pauvreté et en réduisant les risques de conflits
et de catastrophes exige une transformation de la gestion des terres et des ressources
naturelles.
Cette transformation peut passer par des actions efficaces, à différentes échelles et
mises en route par divers acteurs. Elle dépend de l’identification, de la mise en œuvre et
de la généralisation des meilleures pratiques traditionnelles et innovantes, du partage des
connaissances, du renforcement des capacités, de la participation des communautés et
d’autres parties prenantes clés à chaque niveau pertinent. Cette transformation implique
également que les institutions soient renforcées et que des politiques favorables et des
cadres réglementaires soient mis en place pour l’adoption rapide de solutions spécifiques
adaptées aux défis actuels et futurs. Il est en outre nécessaire d’établir rapidement des
données de référence, d’évaluer et de commencer à suivre de quelle manière progresse
la transformation des systèmes de production durables dans les terres arides qui aura
lieu à la suite des mesures prises.
Le Groupe de travail du Comité des forêts de la FAO (COFO) sur les forêts des zones
arides et les systèmes agrosylvopastoraux a convoqué un processus de consultation
avec des experts des zones arides afin qu’ils fournissent une approche simple visant les
transformations économiques, sociales et écologiquement durables des forêts en zones
arides, spécifiques au contexte dans une situation changement climatique.
vi
L’approche est axée sur la durabilité des systèmes de la production des systèmes
des zones arides et des stratégies de vie. Elle a fourni, pour chacun des trois piliers
de la durabilité, trois transformations attendues approuvées lors des consultations
avec des experts et praticiens des zones arides. Si la problématique hommes-femmes et
les droits et connaissances des peuples autochtones sont inclus en tant que questions
transversales, chaque transformation attendue est décrite et complétée par des sources
d’information pertinentes sur les meilleures pratiques et approches qui peuvent contribuer
à la transformation.
Remerciements
Malawi
xi
Résumé
La façon dont nous produisons nos aliments est importante et nos choix alimentaires
peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pression exercée
sur les terres (GIEC, 2019). La stratégie habituelle ne fait plus partie des options à
envisager pour un avenir qui doit garantir la sécurité alimentaire dans le contexte du
changement climatique. Des paysages de terres arides sains et productifs sont les éléments
de base pour obtenir de meilleurs moyens de subsistance, une nutrition plus saine et
des économies résilientes.
Les systèmes des zones arides contiennent 44 pour cent des terres agricoles mondiales
(dont 58,4 pour cent en Afrique uniquement) et fournissent environ 60 pour cent de la
production alimentaire mondiale. Plus de 30 pour cent des zones urbaines et 34 pour
cent de la population urbaine sont également situés dans des régions arides.
Le scénario d’un réchauffement de 1,5 °C devrait alerter le monde sur la vulnérabilité
des zones arides au changement climatique et à la dégradation des terres. Le réchauffement
climatique dans les zones arides est actuellement deux fois supérieur à la moyenne
mondiale et les crises se multiplient dans ces régions, comme le démontrent les impacts
continus de la pandémie de la COVID-19 dans les zones où les moyens de subsistance
ont été récemment dévastés par la sécheresse, les essaims de criquets, les conflits et
d’autres facteurs.
Cette situation met en évidence le besoin urgent d’un changement transformationnel
dans la gestion des forêts des zones arides et des systèmes agrosylvopastoraux. Nous
avons besoin de garantir qu’ils continuent à fournir les biens et services essentiels aux
communautés des zones arides, leur assurant ainsi la sécurité alimentaire et des moyens
de subsistance sains. Parallèlement, en protégeant et en restaurant la biodiversité, la
fertilité des sols sera améliorée et le stockage du carbone dans les sols et la biomasse accru.
Pour réaliser ce changement transformationnel, les parties prenantes locales, femmes
et hommes, devraient jouer un rôle crucial, en harmonie avec les leçons tirées des
connaissances traditionnelles, en particulier en contribuant à l’équité à l’égard des
personnes les plus vulnérables.
De plus, bon nombre des conclusions de la 165e session du Conseil de la FAO (décembre
2020) renforcent ces objectifs, tel que la demande de «la FAO de mettre en valeur et de
promouvoir les pratiques existantes et complémentaires entre les activités agricoles et
la conservation, la restauration et l’utilisation durable des forêts, éviter la déforestation
et maintenir les services écosystémiques, étant donné que l’agriculture et la foresterie
peuvent soutenir le développement durable de manière synergique».
Ce document est axé sur la durabilité des systèmes de production des zones arides et
des moyens de subsistance qui en découlent. Pour chacun des trois piliers de durabilité
sociale, économique et environnementale interconnectés, trois transformations sont
attendues (c’est-à-dire neuf au total). L’approche proposée vise à ouvrir la voie à un
changement transformationnel dans la gestion des zones arides et de leurs systèmes
agrosylvopastoraux associés, comme indiqué ci-dessous:
La voie à suivre
Les transformations attendues lorsqu’elles sont combinées peuvent renforcer les liens
entre les piliers économique, social et environnemental de la durabilité. Les avantages
potentiels et les compromis devraient être évalués, pesés et gérés en conséquence, tout en
tenant compte des connaissances traditionnelles et de l’équité entre les sexes. Néanmoins,
la perception des avantages et des compromis peut être différente pour différents groupes
de parties prenantes. Les neuf principales transformations attendues sont les suivantes:
Enfin, des champions sont nécessaires pour défendre et promouvoir les changements
transformationnels dans la gestion des systèmes agrosylvopastoraux des zones
arides. Les champions peuvent faciliter la création d’une vision partagée et contribuer
à faire connaître les innovations durables. Dans ce processus, les femmes et les jeunes
en particulier devraient être habilités à apporter une contribution significative et à en
bénéficier.
1
1. Introduction
ces populations vivent dans les pays à faible revenu. Les zones arides abritent plus de
la moitié du cheptel mondial et 27 pour cent des forêts et des terres boisées du monde
(FAO, 2019a; FAO, 2020) (encadré 1).
De plus, un nombre significatif d’arbres se trouve dans les terres cultivées et dans
d’autres zones en dehors des zones forestières définies (encadré 2). Ainsi, les forêts et
les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides jouent un rôle important dans la
fourniture de produits destinés aux futures bioéconomies (nourriture, fourrage, fibres et
combustibles) et pour garantir la réalisation des objectifs sociaux et environnementaux
du Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Introduction 3
Les zones arides sont caractérisées par une pénurie d’eau, ce qui rend les écosystèmes
naturels et exploités plus vulnérables qu’ailleurs aux fluctuations climatiques et à
l’utilisation non durable des terres. Pendant des siècles, les communautés des zones
arides ont utilisé un mélange de stratégies d’adaptation traditionnelles et autonomes,
mises au point pour réduire les pénuries d’eau, en préservant la productivité des sols et les
moyens de subsistance annuels, se préservant ainsi de la variation naturelle des périodes
de sécheresse. Ces communautés sont souvent marginalisées par la planification et les
politiques nationales de développement, car historiquement les terres arides sont perçues
comme des déserts. Elles sont en général plus éloignées des régions urbaines et périurbaines
en développement et disposent donc de moins d’investissements, d’infrastructures et de
moins de services et d’options d’atténuation des risques (Ludi et al., 2018). Ces derniers
temps, des facteurs tels que la croissance démographique et le développement des terres
sans la participation de la communauté locale ont tous deux entraîné une augmentation de
la pression foncière et une dégradation des sols. Dans de nombreux pays, les communautés
des zones arides ont perdu leurs droits fonciers traditionnels en raison de politiques
foncières qui ignorent les caractéristiques essentielles de la gouvernance locale, telles
que la propriété communautaire, la mobilité et la capacité d’adaptation (Forsythe et al.,
2015). Ainsi, les communautés des zones arides ont souvent des revenus plus faibles et
en baisse, souffrent d’une malnutrition accrue et d’une mauvaise santé entraînant des
taux de mortalité plus élevés et la famine (Pedrick, 2012; Cervigni et al., 2016). Ces
stratégies de vie aux opportunités limitées conduisent fréquemment à la migration des
zones rurales vers les zones urbaines et les régions transfrontalières (McLeman, 2017).
Le cercle vicieux de l’aggravation de la pauvreté, de la concurrence pour la terre et de la
dégradation des ressources naturelles peut entraîner des conflits sociaux, ethniques et
politiques, qui renforcent alors les niveaux de pauvreté et l’accès limité aux ressources
telles que l’eau (FAO, 2018a). Le récent rapport mondial 2020 sur la crise alimentaire
(PAM, 2020) a indiqué que près de 3,1 millions de personnes vivant dans les terres
4
arides et semi-arides (ASAL, d’après arid and semi-arid lands) étaient confrontées à des
crises et classées dans la phase 3 du cadre intégré de classification intégrée de la sécurité
alimentaire (IPC)1 ou plus.
On estime que dans le monde, 10 à 21 pour cent des zones arides sont dégradées
(MEA, 2005; Pulla et al., 2015) ; d’autre part, la capacité de leurs écosystèmes à
fournir des biens et services essentiels est en déclin continu, ce qui contribue d’autant
plus à rendre la survie sur ces terres encore plus difficile (Mortimore et al., 2009)
1
Le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) est un ensemble d’outils normalisés qui
vise à fournir une «monnaie commune» pour classer la gravité et l’ampleur de l’insécurité alimentaire.
L’IPC est une initiative multi-agences dirigée au niveau mondial par dix partenaires, dont la FAO, la DG
DEVCO et la DG ECHO. [Link]
Introduction 5
Restauration des paysages forestiers (RPF) en zones arides: Elle souligne l’importance
de la restauration environnementale en tant qu’approche d’utilisation des terres.
Elle comprend des activités qui améliorent la conservation, la restauration et la
gestion durable des forêts et d’autres écosystèmes, ce qui à son tour doit contribuer
à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire et hydrique. En 2015, les experts
des zones arides ont approuvé la Promesse de Rome sur le suivi et l’évaluation des
zones arides pour la gestion et la restauration durables (FAO, 2015b) et ont produit
la Première évaluation mondiale des zones arides: arbres, forêts et utilisation des
terres dans les zones arides, pour valoriser et faire connaître l’importance de la RPF
pour l’initiative de restauration et de suivi des zones arides (FAO, 2019a). Par exemple,
en mars 2017, dix pays méditerranéens ont ratifié leur engagement en faveur de la
mise en œuvre effective de la RPF en approuvant l’Engagement d’Agadir qui vise à
créer une Initiative régionale méditerranéenne pour restaurer au moins 8 millions
d’hectares d’ici 2030. L’Engagement d’Agadir se concentre sur le renforcement des
efforts nationaux actuels et de la coopération régionale dans le domaine de la RPF,
la neutralité en matière de dégradation des terres (NDT) et la conservation de la
biodiversité, ainsi que sur l’élaboration d’une stratégie de financement et d’un système
volontaire de suivi et d’évaluation et de notification pour le RPF et la NDT dans la région.
Source: FAO – Comité CFFSA/CEF/CFPO des questions forestières méditerranéennes – Silva Mediterranea (2017).
6
Le niveau des effets négatifs prévus du changement climatique sur la société est
directement lié aux niveaux de développement, avec des implications significatives
sur l’extrême pauvreté d’ici 2030, affectant déjà les communautés confrontées aux
contraintes et inégalités des moyens de subsistance (GIEC, 2019), comme c’est le cas pour
de nombreuses communautés des zones arides des pays en développement. Il est donc
urgent d’accélérer la mise en œuvre d’approches efficaces et efficientes qui renforceront
la résilience aux impacts climatiques prévus. Dans les zones arides, cela suppose de
transformer la gestion des systèmes forestiers et agrosylvopastoraux qui garantissent la
durabilité à long terme de la production et des moyens de subsistance.
Ce document de travail vise à rassembler les expériences actuelles pertinentes à divers
contextes des zones arides et à présenter une approche des transformations nécessaires
consistant à combiner les changements économiques, sociaux et environnementaux de
manière à étendre le développement positif.
© Murdani Usman
Les efforts de transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux des zones
arides sont le plus souvent centrés sur les différents aspects techniques de la gestion
des systèmes. Ils ciblent généralement des aspects tels que la gestion des pâturages, la
restauration ou l’ajout d’arbres et la gestion de la matière organique, de l’eau et de la fertilité
des sols. Les impacts majeurs anticipés et les effets secondaires peuvent varier en fonction
du contexte des zones arides et du but et de l’intention des acteurs qui interviennent.
Cependant, les impacts escomptés de la transformation ciblent fréquemment des aspects
généraux couvrant la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté et l’amélioration
de la gestion des écosystèmes, qui soutiennent également la réalisation des ODD.
Il est important de garder à l’esprit les échelles temporelles de ces interventions.
Certaines actions peuvent avoir un impact à court terme, comme la gestion des pâturages,
la gestion des cultures et le changement de combustible pour la cuisine. D’autres actions,
notamment l’utilisation des arbres pour restaurer la productivité des terres, la gestion
intégrée de l’eau et l’atténuation des effets du changement climatique, peuvent prendre
des décennies pour produire des résultats mesurables. En outre, les effets attendus du
changement social peuvent aussi être lents, ce qui impose une contrainte majeure pour
les interventions de projets dépassant rarement trois à cinq ans (durée de vie du projet).
Les arbres fournissent de la matière organique qui conserve ou améliore les propriétés
physiques et chimiques du sol. Les efforts visant à entretenir les forêts sur sol ferme
et les zones boisées, et à planter des arbres pour maintenir et restaurer la fertilité des
sols et la disponibilité de l’eau, sont pratiqués depuis longtemps. Le rôle des arbres qui
fournissent une multitude de services écosystémiques allant de la production alimentaire
à la régulation de l’eau en passant par la biodiversité et le stockage du carbone pour
l’atténuation des effets du changement climatique est de plus en plus reconnu (Kuyah et
al., 2016). Toutefois, les interventions aux avantages multiples nécessitent de s’attaquer
efficacement aux contextes et aux difficultés à différentes échelles et secteurs (social,
économique et environnemental). La plupart des interventions créeront des occasions
de bénéfices connexes multiples, ainsi que des enjeux liés aux compromis entre les effets
souhaités et le développement.
Outre les avantages que cela présente pour divers services écosystémiques, de nombreux
pays ont besoin de restaurer les forêts, notamment les forêts en zones arides afin de pouvoir
exploiter durablement les forêts destinées au bois de charpente. La demande de bois brut
devrait augmenter considérablement au niveau mondial, par exemple pour les logements.
Il est nécessaire de construire 96 000 nouveaux logements par jour dans le monde pour
fournir suffisamment de logements d’ici 2030 (en remplaçant les logements inadéquats
par de nouveaux logements urbains) (UN-Habitat, 2011). L’expansion actuelle des villes,
les besoins en logement et l’augmentation des revenus des ménages stimulent la demande
de produits de la menuiserie comme les meubles, les sols, les portes, etc. Cependant, une
grande transformation en cours concerne le passage à une nouvelle technologie: le bois
lamellé (moins cher, plus léger et climatiquement neutre) peut remplacer l’acier et le béton
(Manninen, 2014). Cette évolution récente et rapide dans les pays à revenu élevé est un
moteur pour les bioéconomies, comme ce sera également le cas dans les pays actuels à
revenu faible et intermédiaire, où une grande partie de l’expansion du logement se produira.
Créer de nouvelles opportunités grâce à la gestion durable des forêts peut faire obstacle
aux utilisations traditionnelles des forêts comme le pâturage, la collecte de fourrage et la
récolte de bois de chauffage. Des interventions industrielles et à plus grande échelle peuvent
susciter une compétition encore plus sérieuse pour les terres. Il est donc nécessaire d’adopter
une approche intégrée du paysage pour garantir que les interventions transformatrices
dans les domaines pastoral, agricole et forestier n’augmentent pas la concurrence ou ne
génèrent pas de déficits environnementaux.
Les accords internationaux et nationaux sur la RPF visent des centaines de millions
d’hectares qui concernent des interventions à grande et à petite échelle. Certains pays
se sont engagés à fixer leurs objectifs nationaux de NDT et la plupart d’entre eux ont
aligné leurs objectifs sur les initiatives de restauration des forêts et de gestion des terres,
telles que l’Initiative de restauration des paysages forestiers africains (AFR100) et le
Défi de Bonn (CNULCD, 2019). En 2019, l’analyse des politiques de 13 des 63 pays
sélectionnés qui avaient des liens consolidés avec le Défi de Bonn et la NDT, menée par
l’UICN et la CNULCD a fait ressortir que, quelle que soit l’approche, la RPF et la NDT
sont des approches complémentaires et interchangeables qui soutiennent les services de
l’écosystème (UICN, 2019).
Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides 9
La question classique des co-bénéfices ou des compromis consiste à savoir si les forêts
et les arbres utilisent localement plus d’eau qu’ils n’en conservent en régulant les eaux
souterraines dans les zones arides (Malmer et al., 2010). Plus récemment, les résultats
de la recherche suggèrent que les effets de la répartition des forêts sur la régulation de
l’eau se font sentir à la fois à l’échelle locale et mondiale (Ellison et al., 2017), renforçant
la valeur des arbres, mais rendant l’évaluation moins évidente. Cependant, à l’échelle
locale, les preuves indiquent que le rôle des arbres dans la régulation de l’eau en zones
arides dépend du nombre d’arbres, et la structure de leur distribution dans un paysage
peut avoir un optimum dépendant du contexte (aridité) (Ilstedt et al., 2016).
Traditionnellement, les forêts et les arbres des paysages pastoraux en zones arides
ont joué un rôle essentiel pour faire face à la variabilité climatique, en particulier en
termes de sécurité alimentaire et de nutrition pour les communautés locales (Bose et
van Dijk, 2016). Toutefois, les droits fonciers traditionnels et formels relatifs aux arbres
10 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
dans les paysages agricoles ou l’utilisation des forêts voisines peuvent différer et varier
dans une large mesure. Le régime foncier peut inclure la collecte traditionnelle de divers
fruits et autres produits forestiers non ligneux (PFNL), mais comprend plus rarement
l’utilisation du bois ou même la vente de charbon de bois. Cette dernière activité entrave
les efforts visant à transformer les systèmes d’utilisation des terres dans le but d’attribuer
aux communautés locales les droits et le pouvoir de gérer leurs ressources naturelles.
Un exemple intéressant vient du Niger. Il s’agit dans ce cas de réinsérer des arbres
dans des paysages agricoles où une transformation agroenvironnementale gérée par les
agriculteurs s’est produite au cours des trois dernières décennies, permettant à la fois la
réhabilitation des terres et l’intensification de l’agriculture pour soutenir une population
dense et croissante. Cette transformation a été basée sur le processus de régénération
naturelle géré par les agriculteurs (FMNR), utilisant des pratiques agroforestières locales
améliorées. La transformation à l’échelle du paysage a été largement possible, entre
autres facteurs, grâce à un changement de politique concernant les droits fonciers des
agriculteurs sur les arbres de leurs terres agricoles. Au cours des années 1990, l’intérêt
pour la FMNR a été stimulé lorsque le succès de plusieurs projets pilotes a été partagé
avec les décideurs du gouvernement. Cela a conduit à une réglementation forestière
moins restrictive, qui avait auparavant fortement limité la gestion de leurs arbres par les
agriculteurs. Les changements historiques de politique qui ont contribué à l’incertitude
régnant dans les systèmes de propriété des agriculteurs ont également été pris en compte.
Les systèmes de gouvernance antérieurs avaient fortement dissuadé les agriculteurs de
posséder et d’exploiter des arbres. Une fois que ces facteurs ont été introduits, les paysages
FMNR ont commencé à se propager rapidement. En 2004, le Gouvernement du Niger
a officiellement reconnu la tendance en établissant un Code forestier qui éliminait les
restrictions à la liberté des agriculteurs de gérer les arbres qu’ils régénéraient sur leurs
terres. La densité des arbres et le couvert arboré au Niger ont considérablement augmenté
au cours des dernières décennies (Reij et Hecht, 2014).
Entre 2003 et 2008 seulement, dans les régions de Maradi et Zinder au Niger, environ
4,8 millions d’hectares de terres agricoles ont été régénérés grâce à la FMNR. On estime
que 1,2 million de ménages étaient engagés dans la gestion de ces systèmes grâce à leurs
efforts indépendants, et de nombreux villages ont maintenant 10 à 20 fois plus d’arbres
qu’il y a 20 ans. Les paysages agricoles du sud du Niger comptent plus de 200 millions
d’arbres de plus qu’il y a 30 ans (IFPRI, 2009). Certaines études (par exemple, Garrity
et Bayala, 2019) estiment que cette transformation s’est traduite par une moyenne d’au
moins 500 000 tonnes de nourriture supplémentaire produite par an, répondant aux
besoins de 2,5 millions de personnes. Au-delà de la sécurité alimentaire et de l’eau,
la FMNR au Niger a en outre apporté aux agriculteurs de meilleurs revenus grâce à
l’amélioration des rendements des cultures, la vente de produits ligneux, notamment le
bois de construction, le bois de chauffage, des aliments, des médicaments, des manches
d’outils et autres meubles et par l’amélioration de la production animale. Les avantages
sociaux comprennent la propriété des arbres et leurs avantages, la création de réseaux
et de partenariats entre divers acteurs de la région, et le rôle et l’influence accrus des
femmes, qui jouent un rôle clé dans la mise en œuvre et le maintien de la FMNR.
Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides 11
L’expérience du Niger démontre que la durabilité des forêts et des arbres nécessite
une gouvernance et des cadres juridiques qui reconnaissent les besoins et les droits
des groupes vulnérables et marginalisés, tout en soutenant le rôle des forêts dans les
processus environnementaux.
© Fidaa Haddad
Jordanie
Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides 13
Pour ajouter une autre note positive, il faut savoir que le bétail profite à la conservation
des forêts et des écosystèmes agrosylvopastoraux en entretenant des services de régulation,
tels que la dispersion des graines, le maintien des sols productifs naturels, les réservoirs
de diversité biologique et la connectivité écologique. Avec une gestion adéquate des
pâturages, les systèmes pastoraux peuvent également contribuer à la séquestration du
carbone dans le sol (Assouma et al., 2019). Ceci peut être réalisé en combinant délibérément
des plantes fourragères, telles que des graminées et des herbes légumineuses, avec des
arbustes et des arbres pour l’alimentation animale et des utilisations complémentaires tout
en gérant les pâturages et les pratiques d’élevage. Les systèmes sylvopastoraux favorisent
des interactions écologiques bénéfiques telles que l’augmentation du rendement par
unité de surface, une utilisation plus efficace des ressources et une meilleure fourniture
de services environnementaux comme le carbone du sol. Les recherches menées par le
Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
(CIRAD) au Sénégal sur la bonne gestion des pâturages dans les paysages pastoraux
montrent qu’un hectare d’écosystème pastoral émet 0,71 de tonne équivalent carbone,
séquestre 0,75 tonne, et les émissions des animaux sont compensées par la séquestration
du carbone dans les sols et les plantes (Assouma et al., 2019).
La rationalité économique et la durabilité écologique des systèmes pastoraux sont
bien documentées (Homewood, 2008) et suscitent un regain d’attention en matière de
résilience et d’adaptation (ODI, 2018; Krätli et al., 2013). Bien qu’ils soient marginalisés
dans de nombreux contextes, les pasteurs se sont adaptés grâce à des systèmes à forte
intensité de connaissances, incluant les connaissances traditionnelles et la technologie
numérique. Parmi ces connaissances, il faut citer: l’utilisation des technologies mobiles
pour le financement, l’accès au marché, l’exploration d’approches d’assurance innovantes
et l’adoption de nouvelles approches de la gestion de l’eau et des terres arides (ODI, 2018).
Les leçons tirées de ces réponses d’adaptation à forte intensité de connaissances apportent
de nouvelles perspectives pour relier les contextes locaux, nationaux et régionaux tout
en embrassant les marchés et les partenariats intersectoriels innovants pour soutenir
l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques au niveau local.
2
REDD+: réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts et le rôle de la
conservation, de la gestion durable des forêts et de l’amélioration des stocks de carbone forestier dans
les pays en développement.
3
[Link]
15
3. Approche transformationnelle
attendue des forêts et des
systèmes agrosylvopastoraux en
zones arides qui permettra une
production alimentaire durable
et résiliente au climat
Nourrir une population mondiale croissante d’ici 2050, accueillir des produits
agricoles non alimentaires et atteindre les ODD d’ici 2030 ne sera pas possible sans
une transformation mondiale des systèmes de production alimentaire. Les forêts et
les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides devraient être le fer de lance de ces
efforts, car leur énorme potentiel pour réduire et inverser la dégradation des terres tout
en contribuant à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation et à des moyens
de subsistance durables joue un rôle central.
En tirant les leçons d’expériences et d’initiatives différentes, et étant donné que le
temps presse, il devient clair que des interventions apparemment isolées et de petite
taille dans les forêts et les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides peuvent
certainement faire partie d’une force collective de transformation si elles visent des
résultats communs de durabilité. L’approche, présentée dans la section suivante, devrait
permettre d’identifier, planifier, mettre en œuvre, surveiller, intensifier et partager des
interventions transformatrices réussies, à travers une variété d’échelles et de régions.
L’approche permet aux spécialistes, aux décideurs et aux décideurs politiques, aux
fonctionnaires, aux communautés, aux organisations de la société civile, au secteur
privé et aux autres parties prenantes intéressées et pertinentes d’évaluer la contribution
de leurs actions actuelles et prévues dans les zones arides et de les orienter vers une
durabilité sur le long terme.
tout en maximisant les avantages économiques pour les habitants des zones arides. La
concrétisation de l’approche est expliquée plus en détail au chapitre 5; ces informations
facilitent les efforts de mise en œuvre et incluent certaines sources pertinentes d’indicateurs
dans l’annexe 1, ainsi que d’autres ressources supplémentaires qui soutiennent la mise
en œuvre de l’approche.
Approche transformationnelle
destinée aux systèmes de production
Les cinq principes de Les dix éléments de
alimentaire des zones arides soumises
l’agriculture durable l’agroécologie
au changement climatique
4
Adapté de la neutralité de la dégradation des terres (NDT) de la CNULCD et des définitions du
Programme national des Nations Unies pour le développement (PNUD) concernant le changement
transformationnel.
20 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
la durabilité financ
er de ière
Pili
CHAÎNES DE VALEUR
ÉVOLUTIVES
MÉCANISMES
INVESTISSEMENT
D’ASSURANCE
APPLICABLE AUX
RISQUES CLIMATIQUES
2
1
3
CONSERVATION
l’environ ement
ET PROTECTION
DE L’ÉCOSYSTÈME
9 INTERVENTIONS DANS
LES DOMAINES DES POLITIQUES,
4
n
ÉQUITÉ
DE LA GOUVERNANCE
ET DES PRATIQUES
8
5
de
RESTAURATION
ilité
Pil
6
b
DE CATASTROPHE
ra
ie
du
r de
EFFICIENCE DE L’USAGE
la
la
du
NATURELLES PARTICIPATION
er
ra
li ET AUTONOMISATION bi
Pi lit
é
so
cia
le
Les sections suivantes décrivent les neuf transformations prévues incluses dans
l’approche et fournissent des exemples d’actions à différentes échelles qui ont contribué
à leur réalisation.
Compte tenu du changement climatique, les opportunités les plus importantes pour
nourrir et fournir des ressources biologiques à une population en croissance rapide
reposent sur «l’intensification durable» économique, sociale et environnementale de
la production dans les pâturages, les forêts et les terres cultivées existants. Dans la
pratique, cela implique la création de conditions propices à la gestion des facteurs de
risque environnementaux et économiques et à l’adoption des pratiques et des innovations
technologiques les plus appropriées pour combler les écarts de rendement (obtenir les
rendements maximums possibles). Les innovations technologiques axées sur les défis
environnementaux des zones arides et l’amélioration de la gestion des terres comprennent,
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 23
Bien que les impacts démontrés soient importants et que l’utilisation de certaines
pratiques pour l’intensification durable de l’agriculture puisse commencer au niveau de
chaque agriculteur, l’accélération de l’adoption et la généralisation des avantages de ces
mesures sont subordonnées à un soutien politique et financier. Par exemple, en Éthiopie,
les dépenses consacrées à la recherche agricole ont vu la production de lentilles doubler
entre 2000 et 2014. Aujourd’hui, 20 pour cent des agriculteurs éthiopiens bénéficient
de la culture de variétés de lentilles améliorées, dont le rendement a pratiquement
doublé, tout en utilisant la même superficie de terre et de plus petites quantités d’engrais
(ICARDA, 2015).
Dans les régions et les pays où des investissements dans la recherche agricole pour
le développement ont été réalisés, des progrès significatifs ont été accomplis dans le
domaine de l’amélioration de l’efficacité des systèmes d’agroforesterie et de production
agricole des zones arides. Les impacts se sont fait sentir au-delà du niveau immédiat de
l’exploitation, soutenant le développement des chaînes de valeur, des agro-industries
et des emplois associés, et améliorant les moyens de subsistance et la stabilité globale
dans les zones arides.
24 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
Il est essentiel de tirer parti des investissements du secteur privé pour augmenter les
opportunités financières destinées à un système de production durable. En Inde, la
Révolution verte a commencé il y a cinquante ans et devait renforcer le rôle du secteur
privé avec un effet positif sur les filières de l’agriculture et des terres arides. Le secteur
privé a joué un rôle majeur dans la commercialisation et la diversification du secteur
de la production agricole avec la production de fruits, de produits laitiers et de plantes
médicinales. Cette transition vers les secteurs à valeur élevée a entraîné une baisse de
l’indice numérique national de la pauvreté, qui est passé de 45,3 pour cent en 1993 à
21,9 pour cent en 2011 (Indicateurs du développement mondial, Banque mondiale).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 25
Les investissements dans les zones arides peuvent stimuler le développement économique,
mais cela nécessite un changement de perception. Les zones arides perçues comme des
régions problématiques doivent être maintenant reconnues comme porteuses d’opportunités
avec des points d’entrée favorables aux investissements et aux actions. Il est essentiel de
tirer parti du potentiel économique des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux des
zones arides. Cela nécessite des politiques et des investissements dans les infrastructures
de base nécessaires, un meilleur accès aux transports, aux services publics, aux installations
de stockage, aux infrastructures de marché et aux informations sur le marché. Les
routes, par exemple, améliorent la connectivité des zones rurales avec les centres urbains
et les marchés, réduisent les pertes de produits agricoles, offrent des opportunités de
moyens de subsistance alternatifs, d’emplois formels et de revenus pour les populations
rurales. En Indonésie, pour ne citer qu’un cas, des données empiriques montrent que les
investissements dans les routes ont amélioré l’efficacité et l’efficience de la croissance
économique provinciale et ont réduit la pauvreté: chaque 1 pour cent de croissance du
PIB provincial a entraîné une baisse de l’incidence de la pauvreté de 0,33 pour cent dans
les provinces où les «routes étaient bonnes» et de 0,09 pour cent dans les provinces où
les «routes étaient mauvaises» (Gertler et al., 2014).
La plupart des chaînes de valeur des zones arides sont confrontées à des défis
institutionnels, de gouvernance, de politique et de développement qui limitent
leur potentiel de bénéfices économiques plus élevés fournis à travers l’accès au
marché et à la valeur ajoutée. Ces problèmes sont liés au développement et à la
gestion des ressources en eau, au régime foncier, aux services de vulgarisation,
au développement et au transfert de technologie, au financement rural et à
l’accès aux bénéfices sur les marchés terminaux.
En Afrique de l’Est et de l’Ouest, le bétail soutient 70 pour cent des populations rurales
des zones arides (de Haan et al., 2016). Le commerce transfrontalier des produits des
zones arides est essentiel à l’intégration régionale et à la mobilité. Ainsi, l’Overseas
Development Institute (ODI) (2018) estime qu’entre le Burkina Faso et le Mali, la valeur
du commerce du bétail était estimée à au moins 120 millions de livres sterling par an
et le commerce du bétail dans la Corne de l’Afrique à environ 660 millions de livres
sterling rien qu’en 2010 (Kamuanga et al., 2008; Catley, 2017). La gomme arabique est
une source importante de devises fortes au Soudan qui fournit environ 60 pour cent
de l’approvisionnement mondial (Koli et al., 2013). Elle est principalement produite
par des agriculteurs ruraux dans les zones agricoles traditionnelles pluviales, qui sont
parmi les régions les plus pauvres et les plus exposées à l’insécurité alimentaire du pays
(Couteaudier, 2007). Malgré tout, la gomme arabique fournit de la nourriture et, grâce
aux emplois qu’elle génère, des avantages économiques de grande portée tout au long de
la chaîne de valeur. L’agro-industrie en Afghanistan illustre également l’importance des
filières des zones arides, qui représentent 90 pour cent de la production manufacturière
totale du pays, dominée par les petites et moyennes entreprises qui dépendent des intrants
bruts des zones arides du pays (Word Bank, 2014). Dans la région de la forêt de Kelka au
Mali, on estime qu’un investissement d’un dollar dans le reboisement et l’agroforesterie
générera un bénéfice de 6 dollars pour les agriculteurs locaux et mondialement un
bénéfice de 13 dollars en raison de la séquestration du carbone sur un horizon temporel
de 25 ans (UICN-ELD, 2015).
Les filières des matériaux de construction produits de manière durable ont un grand
potentiel de développement national. Les augmentations substantielles de la construction
de logements entraînent, dans de nombreux cas, une augmentation rapide des importations
de bois et entretiennent l’utilisation illégale et non durable des dernières forêts naturelles,
à moins que des filières évolutives puissent être créées partant de la production rurale
locale et dirigée vers les besoins urbains. Les conditions préalables permettant que cela
se réalise sont les suivantes : des incitations à la diversification de l’utilisation des terres
ainsi qu’un esprit d’entreprise axé sur la transformation utilisant des produits de qualité
suffisante pour concurrencer les importations.
5
[Link]
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 27
de maïs (LFSP, 2017), dont jusqu’à 30 pour cent sont perdus en raison de mauvaises
technologies et pratiques après récolte. La forte dépendance à l’agriculture pluviale de
subsistance rend donc une grande majorité de la population rurale vulnérable aux chocs
climatiques et aux facteurs de stress saisonniers.
Alors que les chaînes de valeur des zones arides sont vulnérables et exposées aux
risques climatiques, les capacités d’adaptation inhérentes peuvent fournir la base
d’un développement économique résilient au climat et durable. Des études récentes
indiquent que les combinaisons d’intégration horizontale (c’est-à-dire création d’emplois
dans les industries des services financiers et de santé animale) et verticale (c’est-à-dire
amélioration de la qualité du bétail et transformation du bœuf en morceaux de qualité
supérieure) permettraient d’augmenter la productivité au sein des secteurs, tout en offrant
des opportunités de diversification vers des secteurs connexes. De meilleures incitations
gouvernementales pour les PFNL, tels que la gomme arabique, peuvent offrir un double
dividende en contribuant à réduire l’érosion, la dégradation des sols et, par conséquent,
à augmenter la fertilité des exploitations.
L’initiative d’écologisation de la chaîne de valeur du charbon de bois (FAO, 2017) vise
à passer à un système de production plus durable, qui atténue le changement climatique
en promouvant la restauration des forêts et des pratiques d’approvisionnement durables.
Cela comprend également l’amélioration des pratiques et des processus de carbonisation
(par exemple, l’augmentation de l’efficacité des fours) qui pourrait profiter à plus de
40 millions de personnes dans le monde qui sont impliquées dans la production
commerciale de bois de feu et de charbon de bois, avec une augmentation durable des
revenus conduisant à des moyens de subsistance améliorés. Les pays africains pourraient
potentiellement réinvestir 1,5 à 3,9 milliards de dollars EU dans l’écologisation de la
chaîne de valeur du charbon de bois à partir des revenus annuels actuellement perdus
en raison du manque de réglementation dans le secteur (FAO, 2017).
Les interventions qui contribuent à la réalisation de cette transformation attendue
comprennent celles liées au renforcement des filières existantes et au soutien du
développement de nouvelles chaînes de valeur, ainsi que le ciblage des facteurs limitants
actuels. Cependant, il faut tenir compte des coûts qu’impliquera la généralisation des
systèmes de production rentables pour la base des ressources naturelles, et ne pas ignorer
la vie et les moyens de subsistance des producteurs pour éviter des résultats inadaptés.
Par exemple, au Tadjikistan, une demande croissante de produits carnés a conduit à une
augmentation de 45 pour cent de la production animale entre 2011 et 2016. L’élevage
représente plus de 30 pour cent du revenu total des produits agricoles et fournit une
source directe de revenus pour plus de 4 millions de personnes dans les zones rurales.
Néanmoins, la chaîne de valeur de l’élevage est très réglementée, le Gouvernement
déterminant le lieu des activités des éleveurs et le nombre de personnes autorisées à
être éleveurs. Bien que le secteur ait un potentiel de croissance économique à court
terme, sa durabilité à long terme est remise en question par la dégradation des terres et
le changement climatique (étude de cas 1).
28 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
Les stratégies de subsistance des communautés des zones arides ont évolué au fil de
l’histoire en s’adaptant aux pénuries d’eau et aux conditions météorologiques imprévisibles.
Cependant, les anciens problèmes sont désormais exacerbés par des combinaisons de
facteurs sociaux, économiques, politiques et environnementaux, notamment par la
croissance démographique, la dégradation des terres et le changement climatique, qui
mettent à l’épreuve la résilience des stratégies de vie traditionnelles et des systèmes de
production alimentaire en zones arides. Le renforcement des capacités actuelles et futures
des populations des zones arides, en particulier les pauvres, à anticiper et à prendre des
mesures adéquates pour éviter, faire face ou se remettre des chocs devrait être une priorité.
L’assurance est un outil essentiel qui fournit un flux de capitaux qui aide les communautés
et les infrastructures à se remettre des catastrophes. Sans assurance adéquate, le fardeau
du paiement des pertes incombe principalement aux individus, aux gouvernements ou
aux organisations d’aide, avec un impact significatif sur les budgets nationaux déjà serrés
et des difficultés économiques et sociales pour les personnes touchées (Jarzabkowski et
al., 2019). À mesure que les événements météorologiques extrêmes deviennent de plus
en plus fréquents, le rôle et les avantages de l’assurance dans le transfert des risques liés
aux catastrophes associées à des dangers à évolution lente et rapide sont de plus en plus
reconnus. Toutefois, il existe encore des lacunes en ce qui concerne le développement
des services d’assurance pour les populations à faible revenu. Ces insuffisances sont en
partie attribuables au fait que les assureurs ne peuvent pas quantifier les risques associés
aux moyens d’existence, tels que les risques agricoles dans les régions où l’imprévisibilité
des précipitations prévaut ou bien où il est prévu que le changement climatique ait des
impacts à la fois importants et incertains sur le long terme (Jarzabkowski et al., 2019).
Les avantages de l’assurance vont au-delà de l’indemnisation et du recouvrement. Les
systèmes d’assurance peuvent contribuer à une compréhension plus large des risques
liés au climat et aider à promouvoir des mesures que les individus et les communautés
peuvent adopter pour améliorer leur protection contre les catastrophes liées au changement
climatique. Par exemple, l’expertise de l’assurance en matière d’évaluation des risques
permet de présenter des arguments économiques en faveur d’une gestion saine des
écosystèmes, de marchés stables, d’infrastructures, de systèmes d’alerte précoce et d’autres
interventions fondées sur la résilience qui peuvent réduire l’étendue des catastrophes
dans les pays et les régions. L’assurance joue donc un rôle dans le soutien des moyens
de subsistance, la conservation et la réhabilitation des écosystèmes, en soutenant
les allocations gouvernementales aux programmes de renforcement de la résilience
intelligente face au climat des zones arides, ainsi que dans la stabilisation des chaînes de
valeur clés. De plus, en tant qu’approche de gestion des risques, l’assurance renforce la
résilience socioéconomique dans un climat changeant (Jarzabkowski et al., 2019). Cela
est particulièrement pertinent dans les zones arides, où les interventions humanitaires et
l’aide d’urgence sont souvent arrivées trop tard ou ont été inappropriées, ce qui nuit encore
davantage au développement des régions touchées par les catastrophes. L’amélioration de
l’accès à l’assurance, en particulier aux régimes d’assurance indexés, peut conduire à une
30 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
plus grande inclusion et à une répartition plus équitable des prestations, en répondant
aux problèmes d’équité et aux besoins des plus vulnérables, notamment des femmes et
des enfants (Fisher et al., 2019). Néanmoins, les programmes d’assurance formels ne
remplacent pas et ne doivent pas saper les mécanismes d’adaptation traditionnels.
Des études récentes ont montré que les mécanismes de transfert des risques dans
les zones arides, tels que l’assurance et les transferts monétaires, pouvaient aider les
ménages à maintenir leurs stratégies de subsistance, à faire des investissements dans la
productivité et à réduire les stratégies d’adaptation négatives. Autant de mesures qui
ont toutes eu un effet d’entraînement sur la nutrition et la santé.
Au Kenya par exemple, CARE International a soutenu le test pilote réussi d’un
système de microassurance indicielle pour le bétail destiné aux éleveurs migrateurs.
Parmi les avantages du programme pilote, où des techniques de télédétection ont été
utilisées pour mesurer la disponibilité des pâturages et prédire la mortalité du bétail, il
faut mentionner une réduction de 36 pour cent de la probabilité de vente en catastrophe
du bétail et une réduction de 25 à 36 pour cent de la probabilité de réduction des repas
en tant que stratégie d’adaptation pendant les années de sécheresse. Pendant les années
sans sécheresse, les ménages bénéficiant d’une couverture d’assurance ont augmenté leurs
investissements dans les services vétérinaires et de vaccination. Ce projet a contribué au
déploiement d’un programme d’assurance à grande échelle financé par le Gouvernement
(Baumgartner et Richards, 2019).
En Mongolie, le projet d’assurance indicielle pour le bétail (IBLI, d’après Index-
Based Livestock Insurance) a empêché des milliers de ménages de pasteurs nomades de
sombrer dans une misère extrême en raison de l’impact sur leurs troupeaux d’événements
météorologiques extrêmes tels que le dzudz6 . Ce régime d’assurance lancé par le
Gouvernement de la Mongolie permet des paiements automatiques aux assurés dans les
zones géographiques où les conditions relatives aux seuils de mortalité ont été atteintes.
L’assurance indicielle a réduit les coûts de transaction tout en atteignant les populations
des régions éloignées et sous-peuplées où l’assurance traditionnelle n’est pas disponible.
Alors que l’IBLI répond aux besoins de réduction des risques climatiques de plus de
15 000 éleveurs, le succès de sa mise en œuvre a également révélé les difficultés associées à
l’assurance des populations pauvres dans des conditions climatiques et environnementales
de plus en plus incertaines. Il s’agit notamment de concevoir des produits d’assurance
qui répondent aux besoins des bénéficiaires et tiennent compte des différences entre
les femmes et les hommes, qui soient avantageux à la fois pour les bénéficiaires et les
compagnies d’assurance et qui reposent sur de solides partenariats public-privé. Les
campagnes de sensibilisation et d’éducation pour stimuler la demande ont en outre été
essentielles au succès de ce programme (DeAngelis, 2013).
Le recours à une assurance indicielle climatique a contribué à garantir les moyens de
subsistance des agriculteurs et des éleveurs à faible revenu en leur donnant les moyens
de faire face au risque du changement climatique (FAO, 2015a). Le partenariat du
mécanisme de gestion des risques météorologiques au Sénégal a formé 69 organisations
6
Les dzudz sont des hivers extrêmes en Mongolie, caractérisés par des températures très basses et des
conditions de neige qui entraînent des pertes massives de bétail et de production agricole
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 31
Plusieurs améliorations ont été apportées à la gestion des forêts et des activités
agrosylvopastorales en terres arides, mais elles ne se sont pas nécessairement
traduites par l’égalité des sexes. Les hommes et les femmes continuent d’avoir
un accès très inégal à la terre, aux opportunités économiques ou autres moyens
de subsistance et aux taux de participation civique et politique. Pour assurer une
gouvernance équitable entre les sexes, les politiques et les interventions doivent
être planifiées en fonction des principales ressources environnementales que
les gens utilisent, de la manière dont ils utilisent ces ressources, des principaux
utilisateurs et de l’utilisation équitable entre les parties prenantes
En Mongolie intérieure, par exemple, les éleveurs ont vu le coût de gestion des troupeaux
passer d’une moyenne de 1 296 dollars EU par an à 14 578 dollars EU par an lorsqu’ils
sont contraints d’élever leur bétail en enclos en raison des interdictions de pâturage
établies par le Gouvernement dans le cadre d’une politique de restauration des prairies.
La réduction significative des revenus a imposé de nouveaux risques pour les moyens
d’existence des groupes marginalisés. Les jeunes en bonne santé trouvent des sources
32 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
Les trois transformations attendues suivantes sont essentielles pour répondre aux
besoins de durabilité sociale des communautés des zones arides.
La mesure dans laquelle les personnes ont un accès sûr et équitable aux services sociaux
et aux ressources naturelles dont elles ont besoin afin de produire des aliments pour leur
consommation et leur nutrition et pour générer des revenus joue un rôle majeur dans la
gestion des terres et le développement durable des zones rurales. Pour de nombreuses
communautés dépendantes des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides, l’insécurité des droits fonciers sur les ressources naturelles ou un accès inadéquat
et inéquitable à celles-ci entraîne une pauvreté extrême et la faim. Ceci les piège à leur
tour dans l’utilisation non durable des ressources auxquelles elles peuvent accéder, ce
qui entraîne une dégradation des terres et une érosion à plus long terme de leur capacité
à faire face et à s’adapter aux impacts climatiques et non climatiques. Cependant, il
est avéré qu’un accès plus équitable et sécurisé aux ressources naturelles contribue à
l’amélioration de la santé, de la nutrition et de la qualité de vie des populations des
zones arides. En garantissant l’accès aux ressources et en offrant les moyens d’accéder
aux terres, les agriculteurs peuvent mieux investir dans la gestion des terres et pratiquer
une gestion plus durable des pâturages, améliorant ainsi la production alimentaire, la
sécurité alimentaire et la qualité de vie. Par ailleurs, le fait de reconnaître la contribution
des institutions et collectifs locaux à la gestion efficace des ressources des zones arides
contribue considérablement à garantir la durabilité des systèmes de production alimentaire
dans ces zones7.
Différents modèles et approches participatives ont eu des impacts positifs sur le
renforcement des moyens d’existence et du bien-être, sur la sécurité alimentaire et la
bonne gouvernance dans les pays des zones arides. Par exemple, des pays comme le
Kenya et la Namibie, entre autres, ont été témoins de l’importance de la conservation
communautaire dans la gestion des forêts et de la faune. Au Kenya, 89 pour cent des
160 espaces de conservation des sites sont gérés par les communautés et fournissent des
avantages éducatifs et sanitaires à plus de 700 000 ménages communautaires grâce à
leur participation à des activités touristiques (African Wildlife Foundation, 2016). En
Namibie, 82 espaces de conservation des sites communautaires ont perçu un total de
plus de 44 millions de dollars namibiens (NAD) en salaires d’entreprises diversifiées et
plus de 2 millions de NAD du tourisme (NACSO, 2015).
7
Les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts
dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale (VGGT) constituent une étape importante de la quête de la garantie des droits
fonciers et d’un accès équitable aux terres, aux pêches et aux forêts comme moyen d’éradication de la faim et de la pauvreté, soutenant
du même coup le développement durable et améliorant les conditions environnementales. Les VGGT promeuvent une gouvernance
responsable du régime foncier des terres, des pêches et des forêts, en ce qui concerne toutes les formes de régimes fonciers: public, privé,
communal, autochtone, coutumier et informel. Les VGGT devraient bénéficier à toutes les personnes dans tous les pays, bien que
l’accent soit mis sur les personnes vulnérables et marginalisées. Par conséquent, ils sont particulièrement pertinents pour les zones
arides du monde. Des directives sur la mise en œuvre des VGGT ont été publiées pour les espaces pastoraux (Davies et al., 2016)
34 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
Même si le réchauffement climatique est limité à 1,5 °C, les impacts directs et indirects
du changement climatique sur les zones arides mettront à l’épreuve la résilience de leurs
populations, leurs ressources naturelles et leurs systèmes de production alimentaire. Sans
mesures d’adaptation appropriées en place, la capacité des populations rurales à faire face
et à se remettre de l’impact des aléas climatiques et non climatiques diminuera à chaque
impact, avec des conséquences socioéconomiques désastreuses qui peuvent rapidement
dégénérer en crises humanitaires.
Les crises peuvent se cacher dans d’autres crises, augmentant le niveau des catastrophes
et frappant le plus durement les pauvres et les personnes vulnérables des zones arides. Les
catastrophes peuvent détruire des années d’investissements et entraver la poursuite du
développement.
Par exemple, après deux ans de récoltes inférieures à la moyenne, en raison de la pire
sécheresse en Afrique australe depuis 35 ans, la plupart des ménages pauvres des provinces
céréalières de Sofala et Manica au Mozambique n’ont pas été en mesure de conserver les
céréales pour les utiliser comme semences pour la saison 2019. Puis, en mars 2019, ces provinces
semi-arides ont été frappées par le cyclone tropical Idai. Le cyclone a entraîné des pluies
torrentielles et des inondations catastrophiques, qui ont détruit les champs agricoles. Les
provinces ont vu leur production agricole fortement décliner, et les communautés agricoles
ont déclaré avoir des stocks alimentaires bien inférieurs à la moyenne, insuffisants pour
durer jusqu’à la prochaine récolte complète en mars 2020. Les plus pauvres se sont retrouvés
de nouveau sans semences à planter et leur dépendance à l’aide humanitaire s’est accrue.
Cependant, pour ceux qui pouvaient encore planter, les pluies d’octobre ne sont pas arrivées
à temps, et la sécheresse s’est poursuivie. Par ailleurs, les infestations d’automne de la chenille
légionnaire ont nui aux rendements des cultures, en particulier aux cultures de maïs. La
sécheresse avant les cyclones a facilité la propagation du ravageur, augmentant ses dégâts et
son impact sur la productivité des cultures. À la suite de ces divers événements successifs
liés au climat, la production céréalière est tombée à 2,8 millions de tonnes dans le pays,
soit environ 16 pour cent de moins qu’en 2018 (ActionAid, 2019; FAO, 2019b; FSIN, 2020).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 35
Compte tenu de ce contexte complexe et dynamique, tirer des leçons des réussites locales qui
s’appuient sur les connaissances autochtones et traditionnelles et mettre en œuvre d’autres
approches et interventions de renforcement de la résiliences en accord et en collaboration
avec les populations dépendantes des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides contribuera à la réalisation de cette transformation attendue.
Ces approches et interventions incluent:
• des interventions économiques visant à réduire la volatilité des marchés pendant
les crises;
• des interventions de transfert de technologie, telles que l’accès à des semences
de cultures améliorées, résistantes à la sécheresse et aux ravageurs et à des races
résistantes à la sécheresse;
• des stratégies de gestion des risques telles que l’atténuation des conflits, les filets
de sécurité sociale, qui comprennent les transferts monétaires, l’assurance et l’accès
au crédit.
De plus, en augmentant la sensibilisation et la compréhension des liens entre les
tendances climatiques à court et à long terme, la dégradation des terres et la rareté des
ressources, en offrant et en élargissant l’accès aux informations climatiques et aux systèmes
d’alerte précoce, les ménages ont les moyens de prendre des décisions d’investissement
qui améliorent et protègent leurs moyens de subsistance et réduisent leur vulnérabilité
aux chocs.
8
Le GIEC 2012 considère la résilience comme un facteur clé de durabilité. Celle-ci est définie comme étant
la capacité d’un système et de ses composants à anticiper, absorber, s’adapter ou se remettre des effets
d’un événement dangereux de manière opportune et efficace, en assurant la préservation, la restauration
ou l’amélioration de ses structures et fonctions de base essentielles.
36 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
Dans les États arides et semi-arides du Bihar et de l’Haryana en Inde, les services
d’agroconseils météorologiques fournis par téléphone aux hommes et aux femmes ont
contribué à réduire l’asymétrie d’information entre les sexes dans les ménages agricoles.
En augmentant les connaissances des femmes sur les technologies intelligentes face au
climat, les services ont renforcé leur participation à la prise de décision au niveau de la
ferme et ont permis aux familles d’utiliser plus efficacement les intrants pendant la saison
des semailles, ce qui s’est traduit par des économies et une utilisation plus durable des
terres (Venkatasubramanian et al., 2014). Les incertitudes en matière de titres légaux
de propriété et de droits d’utilisation des terres sont l’une des principales causes de la
dégradation des terres, de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire dans les régions
forestières des zones arides. Compte tenu des régimes de propriété commune associés
aux peuples autochtones, aux connaissances traditionnelles et à la gestion des ressources
naturelles, il est essentiel que les institutions effectuent la transformation attendue en
faveur de systèmes de production durables. En Bolivie (État plurinational de), le taux
de déforestation dans les forêts gérées par les communautés autochtones est six fois
plus faible que dans d’autres régions, et 350 fois moindre dans une partie du Yucatan
mexicain, avec des avantages socioéconomiques plus importants (Child et Cooney, 2019).
Dans un autre exemple, le Système national de surveillance agricole (NAMS, d’après
national agricultural monitoring system) en Australie, créé grâce à un processus hautement
participatif, utilise les données fournies par plusieurs acteurs, notamment les agriculteurs,
pour générer des analyses et des rapports régionaux et nationaux sur la production, le
climat, l’irrigation, la disponibilité de l’eau et la productivité économique.
Historiquement, les communautés des zones arides ont généralement été exclues des
processus de gouvernance étatique, ce qui a véhiculé une perception négative des zones
arides considérées comme étant improductives et a induit une sous-évaluation de leur
contribution aux économies nationales. Dans ce contexte, les décisions concernant la
gestion des terres et des eaux et la mobilité au niveau local sont prises à travers divers
ensembles de systèmes coutumiers, qui se chevauchent souvent. Cependant, les responsables
des systèmes de gouvernance coutumiers traditionnels sur les ressources des terres arides
ont été affectés par des changements socioéconomiques et politiques, souvent par des
décisions au niveau des États. Celles-ci incluent les mesures liées au régime foncier, à la
migration, à la sédentarisation ou aux investissements agricoles à grande échelle, entraînant
parfois la fracture ou la démobilisation des communautés, réduisant ainsi le pouvoir des
populations des zones arides d’interagir avec le gouvernement et de faire entendre leur
voix (Forsythe et al., 2015). Donner une voix aux populations marginalisées des zones
arides par leur participation et en leur permettant de s’exprimer dans toutes les décisions
qui les concernent, des politiques gouvernementales à la conception, la planification et
la mise en œuvre de projets sur le terrain a été une directive du développement durable.
Là où cela s’est produit, les investissements publics ont été plus efficaces, l’intégration à
long terme des communautés des zones arides dans la planification du développement a
eu lieu et des groupes sociaux ont été mobilisés pour relever les défis majeurs, à l’échelle
et à la vitesse requises, comme dans le cas de l’inversion de la dégradation des terres au
Tigray (étude de cas 2). La participation des communautés des zones arides à la prise de
décisions au plus haut niveau n’a jamais été aussi importante, car les problèmes majeurs
imposés par le changement climatique ont exacerbé les problèmes structurels existants
qui menacent la durabilité des systèmes de production alimentaire pour l’humanité. Le
succès des efforts à grande échelle nécessaires pour inverser la dégradation des terres
et de l’eau, pour maintenir les forêts, les arbres et le couvert végétal et pour adapter
les systèmes agricoles et pastoraux aux transformations projetées liées au changement
climatique, dépend en grande partie d’accords sociaux justes et transparents.
38 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
De tels accords sont construits avec la participation des acteurs des zones arides qui
garantissent le partage équitable des ressources limitées et des bénéfices dérivés des
actions entreprises.
Le récent Rapport spécial sur le changement climatique et les terres émergées (GIEC,
2019) insiste sur un message essentiel, à savoir qu’il faut continuer à attirer l’attention sur
le lien entre la terre et le climat et à éviter les doubles emplois. Les systèmes mondiaux
de production alimentaire dépendent de la fertilité des sols, de la pollinisation, de l’eau
potable et de nombreux autres services fournis par les écosystèmes naturels. Dans les
zones arides, des formes de vie et des écosystèmes hautement spécialisés ont évolué en
réponse aux conditions abiotiques souvent extrêmes de ces environnements, en particulier
à la pénurie d’eau. L’importance des systèmes naturels des zones arides pour l’humanité
est claire. Trente pour cent des espèces végétales cultivées aujourd’hui sont originaires
des zones arides, et leurs ancêtres et leurs parents sauvages poussent encore dans ces
environnements. La biomasse des parcours naturels des terres arides soutient la plus
grande partie du bétail de la planète et peut stocker jusqu’à 70 tonnes/ha de carbone
du sol (Laban et al., 2018). Les forêts des zones arides représentent 18 pour cent de la
superficie des terres arides, tandis que les terres stériles représentent 28 pour cent, les
prairies 25 pour cent et les terres cultivées 14 pour cent (voir figure 2) (FAO, 2019a). Ces
terres sont la source régulière d’énergie, de nourriture, de médicaments, de fibres et de
revenus pour des millions de personnes et sont indispensables à la sécurité alimentaire des
communautés agropastorales pauvres en période de sécheresse et de misère. Rien qu’en
Afrique, plus de 320 millions de personnes dépendent des forêts sèches pour répondre
à nombre de leurs besoins fondamentaux (Bose et van Dijk, 2016).
Les systèmes biologiques naturels jouent un rôle majeur dans les processus
hydrologiques et les cycles des éléments nutritifs, notamment pour l’infiltration d’eau et le
stockage du carbone. Ces processus, essentiels aux systèmes agricoles et aux écosystèmes
eux-mêmes, s’étendent au-delà des zones de végétation. Par exemple, les mousses, les
cyanobactéries et les lichens créent les croûtes biologiques du sol qui contrôlent ces
processus dans ce qui pourrait être considéré comme des surfaces de sol nu dans de
nombreuses régions semi-arides et arides. Les écosystèmes sains des zones arides sont
dynamiques et interconnectés, éprouvés et capables de se remettre des précipitations
irrégulières, des incendies et d’autres risques naturels typiques de leur environnement.
Néanmoins, les écosystèmes des zones arides sont également fragiles et menacés par les
activités humaines et le changement climatique.
Le potentiel d’atténuation du changement climatique par les environnements forestiers
des zones arides est immense, et comporte des avantages pour l’ensemble de la planète,
si les processus de dégradation des terres induits par l’homme sont contrôlés. Les forêts
et les écosystèmes agrosylvopastoraux des zones arides ont été de plus en plus dégradés
et fragmentés par la déforestation, le surpâturage, l’étalement urbain, l’empiétement des
cultures dans des zones inadaptées, les pratiques agricoles et d’autres utilisations non
durables des terres non agricoles. Ces pratiques ont clairement eu des conséquences
négatives sur leur biodiversité et leur fonction, limitant leur capacité à fournir des services
écosystémiques essentiels et à faire face aux défis de leur environnement. L’érosion des
sols, la perte d’éléments nutritifs du sol, la salinisation et les perturbations des cycles
du carbone, de l’azote et de l’eau, causées par des pratiques de gestion non durable des
terres, affectent déjà des millions de personnes qui vivent directement des ressources
naturelles dans ces régions. Malheureusement, le changement climatique mondial a un effet
40 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
significatif sur les environnements extrêmes et une profonde influence sur la survie des
espèces. Même si le réchauffement climatique est limité à une augmentation de 1,5 °C, ses
impacts mettront davantage à l’épreuve les écosystèmes des zones arides et exacerberont
les processus de dégradation des terres. Cette question est très préoccupante, car les
terres dégradées stockent moins d’eau, ce qui aggrave les problèmes de pénurie d’eau
pour les systèmes humains et naturels. De plus, les processus de dégradation des terres,
tels que la perte de couvert végétal, réduisent le potentiel des zones arides à séquestrer
le carbone atmosphérique, et d’autres processus, comme l’érosion des sols, libèrent du
carbone dans l’atmosphère, contribuant davantage au réchauffement climatique.
La durabilité environnementale, dans le contexte de la gestion des zones arides en
tant que paysages multifonctionnels, concerne la garantie de la production alimentaire
ou d’autres actions qui ne compromettent pas la santé des systèmes naturels et leur
capacité à fournir des services écosystémiques soumis au changement climatique. Cela
implique des interventions de gestion des terres équilibrées qui garantissent la production
alimentaire et les moyens de subsistance locaux. Ces actions doivent en outre veiller à ce
que les ressources naturelles, y compris l’eau, soient: a) utilisées efficacement pour éviter
les pertes, c’est-à-dire récoltées à une vitesse qui leur permet de se régénérer; b) restaurées
lorsqu’elles sont dégradées; et c) conservées dans la mesure où ces ressources peuvent
compter sur leur biodiversité et leur propre patrimoine génétique pour se remettre des
perturbations. Dans le contexte actuel, les stratégies de gestion des terres qui restaurent la
productivité et contribuent à l’atténuation du changement climatique, tout en répondant
aux besoins d’adaptation des populations locales, doivent être prioritaires.
Les trois transformations attendues et vitales pour aborder la durabilité environnementale
dans les zones arides sont donc les suivantes:
L’utilisation efficace des écosystèmes fragiles et des ressources naturelles des zones arides
est aujourd’hui essentielle pour garantir qu’ils seront disponibles pour une population
croissante dans un monde plus chaud. Il faut pour cela comprendre et résoudre les
problèmes d’efficacité qui concernent la demande et l’offre de ressources naturelles,
et éviter des compromis irréparables. Les interventions qui permettent de réaliser des
économies dans l’utilisation des ressources naturelles pour répondre aux mêmes demandes,
grâce à des technologies ou des pratiques améliorées, contribuent à accroître l’efficacité
de la demande. En ce qui concerne l’approvisionnement, il faut évaluer l’étendue des
ressources disponibles, les limites durables de leur extraction ou utilisation et leur
disponibilité future sous le changement climatique, car certaines ressources peuvent
inévitablement être perdues. Les éléments suivants doivent être soigneusement évalués
pour éviter les compromis:
• la quantité d’irrigation possible qui n’induit aucune baisse du niveau des plans d’eau
ou ne cause pas la salinisation des sols;
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 41
• la quantité d’engrais qui peut être utilisée dans les zones arides sans compromettre
la qualité des sols et les rares ressources en eau;
• la quantité d’eaux souterraines, de bois ou d’autres produits forestiers qui peut être
extraite.
Ces politiques favorisent la mise en œuvre de solutions de gestion durable des terres pour
lutter contre la dégradation des terres, tout en soutenant l’atténuation et l’adaptation au
changement climatique, avec des avantages connexes pour l’éradication de la pauvreté et
la sécurité alimentaire. Le Partenariat d’action pour l’économie verte a aidé le Sénégal à
mettre en place la stratégie nationale participative 2015-2020 destinée à promouvoir les
emplois verts. En conséquence, 2 000 emplois verts ont été créés jusqu’en 2019, dont plus de
40 à 45 pour cent pour les femmes et les groupes de jeunes. Ces emplois verts comprennent
des projets de recyclage et des projets d’agroforesterie qui soutiennent l’entrepreneuriat
communautaire ([Link], 2019).
La mise en œuvre de politiques favorables à la restauration des écosystèmes soutient les
agriculteurs et les communautés dans leurs efforts pour éviter, réduire et même inverser
la dégradation des terres, renforçant ainsi leurs propres capacités d’adaptation pour mieux
faire face et se remettre des impacts climatiques. Parmi les exemples de telles politiques,
il faut mentionner le renforcement du régime foncier, qui conduit ensuite à l’adoption
d’approches de gestion durable des terres, telles que l’agroforesterie et la conservation
des sols. Par ailleurs, les investissements dans les services de vulgarisation et d’autres
stratégies infranationales améliorent la compréhension locale du changement climatique
et de la dégradation des terres. En effet, ces conseils peuvent soutenir la mobilisation des
communautés autour d’activités liées à la gestion durable des terres, à savoir les techniques
d’économie d’eau, les activités de restauration des terres et l’adoption de pratiques
agroforestières. La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes
2021-2030 vise à collecter et à diffuser les meilleures pratiques de restauration, à soutenir
le travail des praticiens et à améliorer les résultats de la restauration, y compris dans les
zones arides (encadré 10).
Les activités de restauration des terres abordent la dégradation des sols, de l’eau, de
la végétation et d’autres ressources naturelles, dans le but de récupérer les fonctions
écosystémiques perdues en raison des processus de dégradation. Elles soutiennent
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 45
résilience des cultures, à soutenir des systèmes alimentaires plus durables et à offrir de
nouvelles options de moyens de subsistance aux petits agriculteurs et agricultrices grâce
à l’intégration des connaissances communautaires aux technologies innovantes. Par
exemple, la culture d’arachide bambara (famille des légumineuses) qui est encore une
culture largement négligée et sous-utilisée, résiste à la sécheresse et est très populaire en
Afrique subsaharienne, en Malaisie, en Indonésie et en Inde avec une production mondiale
de près de 160 000 tonnes/an (FAO, 2014). Investir dans de nouvelles technologies et la
recherche de débouchés commerciaux pourrait améliorer considérablement la sécurité
alimentaire.
Encadré 12. La Grande Muraille Verte: des solutions fondées sur la nature
pour restaurer les écosystèmes dégradés des zones arides des pays africains
La Grande Muraille Verte (GMV) est une initiative lancée par l’Union africaine en 2007 pour
faire face au problème croissant de la dégradation des terres et des moyens de subsistance
au Sahel. Dans cette région, la dégradation des terres est causée par l’interaction de plusieurs
facteurs, notamment la perturbation des pratiques traditionnelles de gestion des terres, les
mauvaises techniques de gestion des terres, la surexploitation et le surpâturage, le manque
de stratégies de gestion durable de l’eau et les incendies de forêt. Le concept de la GMV
allie protection de l’environnement, bien-être sociétal et gain économique. En tant que tel,
il reconnaît que ce n’est que par la protection et la restauration des écosystèmes que les
moyens de subsistance actuels peuvent être maintenus.
L’élément central de cette initiative est d’identifier et de planter des arbres et d’autres
espèces bien adaptés, de stabiliser le sol, d’augmenter l’humidité du sol, de réguler la vitesse
du vent et de contribuer également à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance
locaux. À ce jour, la GMV est mise en œuvre à des degrés divers dans les 21 pays du Sahel. D’ici
2030, l’ambition de l’initiative est de restaurer 100 millions d’hectares de terres actuellement
dégradées, de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone et de créer 10 millions d’emplois
verts. Cela aidera les communautés vivant le long du mur à sécuriser les sources d’eau, à
augmenter la fertilité des sols, à assurer la sécurité alimentaire et à commencer à s’adapter
à la variabilité et au changement climatiques.
La FAO contribue par le biais du programme Action contre la désertification, qui soutient la
restauration à grande échelle de l’agriculture à petite échelle et la recherche sur les meilleures
pratiques résilientes qui sont communiquées par les parties prenantes, les partenaires et les
pays ([Link] À ce jour, parallèlement
à la plantation d’arbres, elle a mis au point un modèle qui combine la restauration des terres
dégradées et le développement de PFNL pour améliorer les revenus et les moyens de subsistance
des communautés rurales (Sacande et Parfondry, 2018). En cinq ans, le programme a permis
de restaurer 53 000 hectares de terres agrosylvopastorales dégradées dans les pays de la GMV,
de planter 25 millions d’arbres comprenant un large éventail d’espèces d’arbres indigènes
couramment utilisées par les communautés rurales. Un total de 100 tonnes de semences
forestières de 110 espèces fourragères ligneuses et herbacées ont été collectées et plantées
dans dix pays de la GMV, générant d’énormes retombées économiques et environnementales
positives. Ces opérations étendues et intégrées exigent une collaboration à divers niveaux
entre un large éventail d’acteurs et de contributeurs apportant leur soutien.
Face à des défis sans précédent tels que le changement climatique, les pressions sur les
aliments pour animaux, les denrées alimentaires et l’eau et les demandes changeantes du
marché d’une population humaine croissante, la diversité végétale est cruciale pour restaurer les
terres dégradées et permettre une production durable dans les systèmes agrosylvopastoraux.
Les opportunités et les avantages de la restauration de ces vastes terres dans le cadre du
programme de la Grande Muraille Verte dépassent largement les risques d’investissement
et contrastent avec la perception négative générale des zones arides.
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 49
Le maintien des services écosystémiques pour la production alimentaire dans les zones
arides va au-delà de l’utilisation efficace des ressources naturelles et de la restauration
des terres dégradées. Il faut garantir que les espèces bénéficient d’une aire de répartition
environnementale suffisamment étendue et saine pour s’établir, se nourrir et se reproduire,
où les espèces et les gènes peuvent circuler naturellement entre leurs différents habitats
naturels, et où la biodiversité et les patrimoines génétiques permettent aux espèces de se
remettre des chocs. Ce point est d’autant plus important avec le changement climatique,
car parmi ses impacts figurent les changements dans la distribution des espèces et la
perte d’espèces qui affrontent de nouvelles conditions abiotiques dans leurs aires de
répartition actuelles et qui tentent de migrer à la recherche de conditions climatiques
auxquelles elles sont adaptées. Cela a des implications claires pour la biodiversité, la
structure et la fonction des écosystèmes. Dans le contexte du changement climatique
actuel, des scénarios permettant aux écosystèmes de passer par cette transition, tout en
veillant à ce qu’ils fournissent toujours des services aux personnes, sont essentiels. Les
outils de conservation sont les meilleurs dont nous disposons pour y parvenir par le
biais, par exemple, de la désignation et de la gestion d’aires protégées au sein de paysages
arides multifonctionnels. Il a été démontré que les aires protégées favorisent l’entretien
et, si nécessaire, la restauration des régimes de végétation naturelle, et améliorent les
conditions microclimatiques, ce qui permet de contrôler l’érosion, de raviver les aquifères,
d’améliorer les processus hydrologiques et de maintenir des moyens de subsistance
durables pour les communautés locales (Dudley et Solton, 2012).
Dans le contexte du changement climatique, les aires protégées jouent également un rôle
important en tant que puits de carbone, car elles renforcent les capacités d’adaptation des
populations des zones arides en assurant la fourniture d’eau, d’agrobiodiversité, de nutrition
et d’autres services pendant les périodes de sécheresse et autres crises liées au climat, dont
la fréquence devrait augmenter à mesure que le réchauffement climatique progresse.
Une gamme complète d’approches de gestion des aires protégées existe dans les zones
arides, à commencer par les «réserves naturelles strictes» jusqu’aux «paysages protégés»
où la conservation est intégrée aux modes de vie traditionnels tels que le pastoralisme,
et où une certaine quantité de pâturages est souvent bénéfique pour la gestion de la
végétation. Elles varient, et peuvent prendre la forme de parcs nationaux gérés par le
gouvernement, d’anciens exemples de zones communautaires conservées, telles que
l’Hima et l’Agdal de la péninsule Arabique.
Des mesures d’incitation visant l’économie et les moyens de subsistance pour la
conservation ont permis l’établissement informel d’aires protégées et le paiement informel
des programmes de services écosystémiques, bien qu’il reste encore beaucoup à faire
pour rendre les efforts de conservation plus rentables pour les propriétaires fonciers et
les utilisateurs des terres. Tirer parti des avantages économiques de la séquestration du
carbone dans les aires protégées est l’une des options.
50 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides
Encadré 13. Paiement pour les services écosystémiques des bassins versants
(PWES) au profit des systèmes agrosylvopastoraux des zones arides
Le concept de paiement pour les systèmes écosystémiques (PWES, d’après pay for
watershed ecosystem services) utilisé par les pasteurs et les agriculteurs est un exemple
en Inde d’accords informels où des aires protégées sont établies et maintenues à des
fins lucratives dans les zones arides. Le PWES propose aux communautés locales de
payer pour la sécurité de l’eau et d’autres avantages en fonction de leurs revenus. Les
agriculteurs et les éleveurs reçoivent jusqu’à 20 pour cent de l’investissement réalisé
dans la conservation, provenant d’un fonds renouvelable communautaire alimenté
par les paiements de la «taxe sur l’eau». Ce programme a non seulement stoppé la
dégradation des terres, mais a également amélioré lentement les économies rurales et
le statut socioéconomique des communautés des zones arides. La sécurité de l’eau leur
a permis de vendre de la nourriture, ce qui n’était souvent pas possible auparavant, et
de lancer d’autres activités génératrices de revenus.
Encadré 14. Le rôle du secteur privé est crucial pour soutenir la conservation
et la résilience des moyens d’existence
Les habitats des orchidées sont très particuliers au Liban et ont été perdus en raison des
activités de fouille. Depuis 2014, Holcim Liban est engagé dans un projet de conservation
et de gestion de la biodiversité en étroite coordination avec l’UICN, entreprenant
l’évaluation annuelle de la biodiversité pour enregistrer la variété des espèces florales
occupant une colline à Kfarhazir, dans l’un des sites de Holcim Liban. La colline est un
refuge pour 15 types d’espèces d’orchidées (sur 86 taxons), l’équivalent de 17,5 pour
cent de la diversité nationale des orchidées, ce qui fait de cet habitat un site de grande
importance.
Le projet a pris en compte le risque de pâturage en établissant une bonne relation
et coordination avec les bergers, la communauté locale et la municipalité locale. Les
bergers sont continuellement informés et engagés dans des activités de protection;
ils ont participé à l’installation de panneaux et ont été aidés par les gardiens de la
municipalité. Ils appréhendent la nature de la collaboration sur la protection du site,
qui est renforcée par toutes les activités de gestion. Les bergers sont rassurés quant à
la continuité de la protection du site et veillent à emmener leurs troupeaux vers l’est,
vers des zones de pâturage éloignées en empruntant une route secondaire.
51
4. L’approche: synergies
et compromis
Les transformations attendues liées aux trois piliers de la durabilité sont envisagées pour
obtenir une gamme de co-bénéfices pour les ODD. En conséquence, les transformations
attendues lorsqu’elles sont combinées peuvent renforcer les liens entre les piliers de la
durabilité, améliorant ainsi les avantages connexes. Les co-avantages potentiels et les
compromis devraient être évalués, pesés et gérés en conséquence, tout en tenant compte
des connaissances traditionnelles et de l’équité entre les sexes. Néanmoins, la perception
des avantages et des compromis peut souvent être différente pour différents groupes de
parties prenantes.
Dans les programmes de développement des zones arides, les habitants de ces paysages
(pasteurs, agriculteurs, ruraux pauvres) sont ceux qui ont le moins de ressources pour se
lancer, suivre et investir dans des plans et des mesures d’incitation qui peuvent sembler
évidents pour d’autres acteurs. Les synergies et les compromis peuvent également comprendre
des aspects temporels et spatiaux. Certains aspects temporels peuvent concerner la génération
actuelle de praticiens qui a du mal à faire la transition consistant à abandonner les traditions
collectives, à modifier les relations entre les sexes et à abandonner les économies de
subsistance. La génération suivante peut défendre d’autres valeurs qui déterminent par
exemple ses décisions de rester en milieu rural ou d’opter pour la migration urbaine. En
termes d’espace, les interventions ayant des avantages positifs dans la zone du projet peuvent
avoir des effets négatifs sur d’autres domaines de l’écologie du paysage ou sur des aspects
socioéconomiques dans les communautés voisines.
Par conséquent, le changement transformationnel nécessite de comprendre
l’interdépendance des piliers social, économique et environnemental de la durabilité pour
pouvoir évaluer et équilibrer les implications potentielles d’une action, d’un programme ou
d’une politique sur les différents piliers. Les leçons tirées des différents cas soulignent que
la recherche de solutions pour contribuer à la réalisation d’une ou plusieurs transformations
attendues sous un ou plusieurs piliers pourrait potentiellement réduire le risque d’effets
négatifs sur la réalisation d’autres transformations attendues. Lorsqu’un effet négatif est
inévitable, il faut rechercher les moyens de remédier ou de compenser les résultats négatifs.
L’intensification de la production animale est un exemple clair d’une inadéquation des
attentes en matière de co-bénéfices. Cela peut être hautement souhaitable pour des raisons
de résilience possible dans la diversification, dans les moyens de subsistance économiques
et la sédentarisation liée à une meilleure inclusion sociétale avec les écoles, les soins de
santé, etc. Cependant, les valeurs perdues dans les liens collectifs et la sécurité ainsi que
dans les économies familiales, qui se traduisent toutes deux par un changement des rôles
des hommes et des femmes, risquent d’être négligées.
52
Dans un souci de durabilité, des actions uniques peuvent créer des synergies avec
d’autres processus en cours, au lieu de proposer des compromis. Par exemple, les
services écosystémiques comme la disponibilité de l’eau peuvent avoir une valeur
plus élevée pour les habitants des zones arides que, par exemple, la biodiversité ou
l’atténuation du carbone. En outre, l’irrigation ou la plantation d’arbres spatialement
étendue dans une zone où l’eau est rare peut entraîner une réduction de la disponibilité
de l’eau dans une partie en aval d’un paysage (Calder, 2005). Par exemple, l’évaluation
récente des utilisations des terres dérivées de la forêt dans le bassin versant de Rejoso en
Indonésie a montré que les utilisations des terres agroforestières favorables à l’infiltration
souterraine minimisent la perte de fonctions hydrologiques dans la zone forestière.
Celle-ci varie en fonction du couvert forestier en amont, au milieu du cours d’eau, et
en aval du bassin versant et aura une incidence sur la production de ces forêts. Dans les
forêts et les paysages agrosylvopastoraux des zones arides, les décisions de gestion qui
équilibrent la production humaine et la fourniture de services écosystémiques dans le
temps et dans l’espace sont essentielles à la durabilité. C’est précisément le point où les
synergies et les compromis doivent être considérés. Un paysage multifonctionnel ne
peut être constitué exclusivement de zones destinées à la conservation des écosystèmes
ni à la production. Toutefois, ce paysage doit garantir que ces écosystèmes disposent de
territoires suffisamment vastes pour conserver leurs fonctions essentielles.
Les approches de gestion durable des terres forestières peuvent aider les parties
prenantes à trouver des synergies pour mettre en œuvre des solutions équilibrées, par
exemple en améliorant la biodiversité dans les paysages agricoles, qui offrent des résultats
positifs simultanés en matière de moyens de subsistance (O’Farrell et Anderson, 2010). Un
plus grand nombre d’arbres hors forêt dans les paysages pastoraux et agrosylvopastoraux
peut avoir de nombreux co-bénéfices, comme la perspective que la gestion durable des
arbres puisse contribuer à la diversification et à l’augmentation des revenus des habitants
des zones arides. Néanmoins, la simple plantation d’arbres ne conduit pas à des synergies
complètes. Si les droits d’exploitation des arbres ne sont pas clairs, s’il n’existe pas de
demande de bois ou de produits non ligneux, si la demande n’est pas à portée de main, si
la pauvreté persistante d’une partie de la population entraîne toujours la déforestation,
ou si les arbres mettent du temps à arriver à maturité pour leur utilisation, l’incitation
ne sera pas valable pour la plupart des habitants des zones arides.
Un exemple de la nécessité de prendre en compte les compromis et les synergies entre
les piliers de la durabilité lors de la prise de décisions sur l’utilisation des terres dans les
paysages de zones arides multifonctionnelles vient du pastoralisme. Historiquement, la
mobilité a conféré aux communautés pastorales la capacité de faire face au degré élevé
d’incertitude environnementale dans les zones arides. Malgré les chocs périodiques,
pour les éleveurs, le bétail représente une marchandise échangeable, un actif d’assurance,
une forme d’investissement qui rapporte des intérêts grâce à la reproduction et à la
croissance, et une source importante de revenus non monétaires; par exemple le lait
peut représenter jusqu’à 50 pour cent du revenu non monétaire de nombreux ménages
pastoraux. L’élevage joue également un rôle fondamental dans le mariage et d’autres
institutions sociales (Aklilu et al., 2013).
L’approche: synergies et compromis 53
Au fil des siècles, des systèmes de gouvernance pastorale coutumière complexes ont
régi l’utilisation des ressources, à la fois dans l’espace et dans le temps, de manière à
éviter la dégradation des terres. Cependant, un large éventail de facteurs, y compris
les politiques et les réformes de régime foncier et d’utilisation des terres, ont érodé les
institutions coutumières et, dans de nombreux endroits, affaibli ou modifié les moyens
de subsistance pastoraux traditionnels. Dans certains pays des zones arides, il existe
une opposition sociopolitique ouverte au pastoralisme; dans d’autres, les politiques
commerciales encouragent la production animale en réponse à la demande croissante
de produits carnés tandis que d’autres politiques soutiennent souvent l’expansion de
cultures inadaptées et moins rentables aux dépens de la production animale (Davies
et al., 2010; Aklilu et al., 2013).
Chaque paysage de zone aride étant différent, il n’existe pas de solution universelle.
Même parmi les différents acteurs qui impulsent la transformation, tels que les organismes
de financement, les politiques locales, nationales et mondiales, les groupes d’intérêt, etc.,
il arrive que des discours divergents sur les priorités de la croissance verte coexistent
(Wunder et al., 2005) et les co-bénéfices attendus peuvent être perçus différemment. Les
points d’entrée de l’intérêt pour la restauration des paysages forestiers des zones arides
peuvent être la séquestration du carbone de la politique mondiale, la production de bois
pour remplacer les importations croissantes de la politique nationale, la croissance de
l’économie du centre régional de la politique locale, la biodiversité, l’adaptation au climat
ou le développement rural promu par des groupes d’intérêt et la société civile. Il est naturel
que plusieurs points d’entrée existent, mais parfois différents acteurs peuvent prévoir ou
même surestimer les solutions de compromis et déclencher un conflit plutôt que d’opter
pour la médiation. Par exemple, choisir entre la promotion de la restauration pour la
biodiversité et la gestion durable des arbres/forêts peut constituer un dilemme, même
si à partir d’un écosystème dégradé, un terrain boisé ou une petite plantation pourrait
répondre aux deux options. Avoir une vision complète de cette situation complexe et
des mesures d’incitation n’est pas chose aisée pour les praticiens des zones arides.
Il existe de nombreuses autres options pour exploiter les synergies; par exemple, les
actions visant à renforcer les services vétérinaires et de vulgarisation peuvent améliorer
la productivité du bétail et la résilience des petits troupeaux aux chocs climatiques et aux
maladies. Délimiter des réserves de pâturage et des couloirs de mobilité pour assurer le
passage sûr des communautés pastorales peut réduire les risques climatiques et de conflit.
Des actions uniques qui simplifient l’accès direct aux marchés, comme la construction
de routes rurales ou tertiaires, ou qui facilitent l’ajout de valeur aux produits de l’élevage
peuvent créer de nouvelles opportunités économiques pour les pasteurs mobiles, les
pasteurs sédentaires et les non-pasteurs. Les connaissances traditionnelles et locales ainsi
que la recherche peuvent contribuer à une meilleure compréhension des liens entre les
processus environnementaux et les activités pastorales, et peuvent soutenir les décisions
sur la gestion durable de l’élevage et des terres à plusieurs niveaux. Conscients de ces
liens, certains gouvernements européens investissent dans le pastoralisme mobile pour
gérer et conserver la diversité biologique (Davies et al., 2010). Par ailleurs, au Maroc,
une initiative réussie de restauration des forêts à grande échelle avec des co-bénéfices
54
Groupe de travail sur les forêts des zones arides et les systèmes agrosylvopastoraux
55
5. Opérationnaliser l’approche:
la voie à suivre
commencer par les politiques générales jusqu’aux interventions sur le terrain pour assurer
une production équitable et durable dans les systèmes forestiers et agrosylvopastoraux des
zones arides. Des bases de référence doivent être établies et les résultats des différentes
interventions surveillés périodiquement, en utilisant des indicateurs correspondant au
niveau et au contexte des interventions. Cela contribuera à évaluer les progrès accomplis
en vue des changements attendus et nécessaires en termes de durabilité. En outre, il
est indispensable de générer et de communiquer des informations, à tous les niveaux,
sur les impacts potentiels du réchauffement climatique sur les forêts et les systèmes
agrosylvopastoraux des zones arides, notamment sur les écosystèmes et les pratiques
de gestion des terres elles-mêmes. Cela permettra de prendre de meilleures décisions
en matière d’adaptation et d’atténuation et réduira ainsi l’incertitude dans certaines des
régions où le climat est naturellement particulièrement imprévisible.
L’impact de la pandémie de COVID-19 n’implique pas un changement radical dans
l’opérationnalisation des transformations attendues proposées. La COVID-19 souligne
plutôt la nécessité d’approches d’adaptation flexibles, car à l’avenir, avec le changement
climatique, les chocs météorologiques affectant les systèmes de zones arides pourraient
augmenter en fréquence et en intensité, et les crises aggravées pourraient devenir plus
courantes. Les meilleures pratiques, les connaissances traditionnelles et la science peuvent
toutes contribuer à présenter des options d’adaptation et de renforcement de la résilience.
Enfin, il est nécessaire que des champions plaident en faveur du changement
transformationnel et promeuvent la gestion des systèmes de production alimentaire
des zones arides. Les champions peuvent faciliter la création d’une vision partagée et
contribuer à faire connaître les innovations durables. Ces dernières années, les progrès
positifs réalisés avec les outils de développement ont aidé divers groupes d’acteurs à devenir
de bons facilitateurs et champions et à sensibiliser plus efficacement les parties prenantes
sur les liens entre les différents processus. Les «Serious games» (ou jeux sérieux) utilisés
pour l’apprentissage social dans la transition vers la durabilité (Speelman et al., 2019;
Stanitsas et al., 2019) font partie de ces outils et pourraient être utilisés pour favoriser la
compréhension des liens entre les piliers de la durabilité et les transformations attendues.
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Références 67
7. Annexe: Ressources
supplémentaires
Cette annexe propose une collection de ressources en ligne qui fournissent des
conseils aux particuliers, aux institutions et aux gouvernements sur la conception, la
mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des actions de durabilité dans les zones arides.
Elle a été compilée pour soutenir les politiques, la gouvernance et les efforts sur le
terrain devant contribuer aux transformations en matière de durabilité attendues telles
qu’elles sont présentées dans l’approche.
1. Using criteria and indicators for sustainable forest management. A way
to strengthen results-based management of national forest programmes.
Forestry Policy and Institutions Working Paper 37, 2017. [Link]
org/3/a-i6883epdf. Ce rapport vise à soutenir les efforts de gestion durable des
forêts grâce à l’utilisation de critères et d’indicateurs (C&I). Le rapport soutient la
conception, la planification et le suivi des politiques forestières. Il a été conçu sur
la base d’un processus de consultation mondiale et fournit 30 exemples pratiques
sur la manière d’améliorer l’utilisation des C&I et de les intégrer dans les plans
forestiers nationaux.
2. IPBES. 2018. The IPBES assessment report on land degradation and
restoration. Montanarella, L., Scholes, R. and Brainich, A. (Eds.). Secretariat of
the Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem
Services, Bonn, Germany. 744 pages. [Link]
Ce document fournit une analyse critique de l’état des connaissances concernant
l’importance, les facteurs, l’état et les tendances des écosystèmes terrestres (sans
se limiter aux zones arides). Le rapport présente des politiques, des options de
gouvernance et des pratiques de gestion qui peuvent aider les parties prenantes
à tous les niveaux à réduire les conséquences environnementales, sociales et
économiques négatives de la dégradation des terres, ainsi qu’à réhabiliter et
restaurer les terres dégradées.
3. Global guidelines for the restoration of degraded forests and landscapes in
drylands: building resilience and benefiting livelihoods, by Berrahmouni, N.,
Regato, P. & Parfondry, M. FAO Forestry Paper No. 175. Rome. [Link]
[Link]/3/[Link]. Ces directives présentent des exemples mondiaux et
fournissent des politiques spécifiques et des conseils pratiques sur les activités de
restauration des zones arides.
70
4. Trees, forests and land use in drylands: the first global assessment – Full
report. FAO Forestry Paper N° 184. Rome. [Link]
[Link]. Il s’agit d’une étude thématique qui complète l’évaluation des
ressources forestières mondiales (FRA, d’après Forest Resources Assessment) de
la FAO, mais qui en diffère par sa méthode et sa portée. L’évaluation comprend
une interprétation visuelle des images satellitaires. Les résultats sont présentés
aux niveaux mondial et régional, et fournissent des informations générales sur
le climat, l’importance des forêts et des arbres pour la biodiversité et les moyens
de subsistance, ainsi que les tendances et les défis dans les zones arides. Elle rend
également compte de la répartition des forêts, des autres terres boisées et des
autres utilisations des terres (comme les prairies, les terres cultivées, les marais et
les zones humides, les terres dénudées, les établissements humains et les zones
bâties), par zone d’aridité. Elle offre donc une base à partir de laquelle les actions
peuvent être hiérarchisées.
5. The land resources planning (LRP) toolbox. [Link]
pdf. Cette boîte à outils est une ressource en ligne gratuite destinée aux parties
prenantes impliquées dans l’aménagement du territoire à différents niveaux,
dans différents secteurs et dans différentes régions. La boîte à outils contient un
nombre complet d’outils, fournit des résumés et des liens vers les outils et aide les
parties prenantes à sélectionner les outils les plus appropriés.
6. A framework for priority setting in climate-smart agriculture research
[Link] Donner la priorité aux activités de
recherche sur l’agriculture intelligente face au climat (CSA, d’après climate-
smart agriculture) est un problème ardu principalement en raison de sa nature
multidimensionnelle. Le document fournit un cadre simple en six éléments avec
une carte pour guider la hiérarchisation. Il présente également des études de
cas sur des zones arides qui fournissent des conseils sur l’utilisation combinée
de différentes méthodes quantitatives et qualitatives. Le document couvre des
échelles spatiales et temporelles pour garantir que l’innovation et la mise en
œuvre de la CSA servent concrètement à guider les applications pratiques. De
nombreuses études de cas associées à des définition de priorités abordent les
actions à court et moyen terme et à des échelles relativement locales
7. EX-Ante Carbon balance Tool (EX-ACT). [Link]
act-home/en/. EX-ACT est un système de comptabilité terrestre, estimant les
variations des stocks de carbone (c’est-à-dire les émissions ou les puits de CO2)
ainsi que les émissions de gaz à effet de serre (GES) par unité de terre, exprimées
en tonnes équivalentes de CO2 par hectare et par an. L’outil aide les concepteurs
de projets à estimer et hiérarchiser les activités de projet qui peuvent fournir des
avantages économiques et environnementaux, tout en tenant compte des avantages
associés à l’atténuation du changement climatique. L’outil fournit également des
informations qui peuvent être utilisées lors de la présentation d’activités de projet
spécifiques.
8. IMPACT Tool. Capturing on-farm realities. [Link]
tool#.XlW4KWhKjIX. La plate-forme de modélisation de l’approche intégrée
7. Annexe: Ressources supplémentaires 71
priorités et les réalités spécifiques des hommes et des femmes sont reconnus et
correctement pris en compte dans la conception et l’application de la CSA afin que
les hommes et les femmes puissent en bénéficier de façon égale. Ce rapport traite
de la manière dont les approches sensibles à la parité peuvent être incluses dans les
projets et programmes pour accroître la durabilité de la production agricole et des
revenus.
13. Economics of land degradation initiative: Practitioner’s Guide. [Link]
[Link]/Details/fullCatalogue/864. Ce guide soutient les praticiens qui
cherchent à prendre des décisions économiques éclairées sur la dégradation des
terres et les options de conservation.
14. A 6+1 step to economics of land degradation. [Link]
ELD-UserGuide_07.pdf. L’approche en 6 + 1 étape est la méthode d’analyse
qui a été adoptée par l’Initiative ELD (d’après Economics of Land Degradation)
pour guider les utilisateurs tout au long du processus d’établissement d’analyses
coûts-avantages basées sur des recherches scientifiquement valables afin de guider
les processus décisionnels pour une meilleure gestion des terres. Ce document a
compilé et résumé les preuves des avantages économiques des options de gestion
durable des terres. Il propose des résultats d’évaluation à trois groupes cibles
cruciaux: le secteur privé, la communauté scientifique et les décideurs politiques.
15. Sustainable livelihood approach for assessing community
resilience to climate change. [Link]
download?doi=[Link].2622&rep=rep1&type=pdf. L’évaluation des moyens
de subsistance durables vise à faire comprendre le rôle et l’impact d’un projet sur
l’amélioration et la sécurisation des moyens de subsistance des populations locales.
En tant que tel, elle repose sur une gamme de méthodes de collecte de données,
une combinaison d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs et l’application d’une
approche ou d’un cadre de moyens d’existence durables. Ce rapport décrit les
étapes pratiques à suivre dans le cadre de l’évaluation des moyens de subsistance
durables. Il accorde une attention particulière au processus d’engagement
communautaire qui contribue à mieux encadrer les actions et à comprendre les
perceptions en termes de capacité d’adaptation/pendant le processus de collecte de
données et de conception du programme.
16. Tracking adaptation in agricultural sectors. Climate change adaptation
indicators. FAO, Rome, 2017. [Link] Ce document
présente un cadre et une méthodologie pour le Suivi de l’adaptation dans les
secteurs agricoles (TAAS, d’après Tracking Adaptation in Agricultural Sectors) au
niveau national. Le cadre reconnaît la nature complexe des processus d’adaptation
dans les sous-secteurs agricoles. Il explique clairement les interactions entre les
ressources naturelles et les écosystèmes, les systèmes de production agricole, entre
autres dans les zones arides, la socioéconomie et les systèmes institutionnels et
politiques qui stimulent les processus et les résultats d’adaptation. Il ne se limite
pas aux données de base, mais démêle également les interactions complexes et
fournit un appui à la mise en œuvre des programmes depuis l’établissement
des priorités jusqu’au suivi et à l’évaluation. De nombreuses études de cas sur
7. Annexe: Ressources supplémentaires 73
l’établissement de priorités portent sur des actions à court et moyen terme à des
échelles relativement locales.
17. Climate-smart agriculture programming and indicator tool: 3 steps for
increasing programming effectiveness and outcome tracking of CSA
interventions. CCAFS Tool Beta version. Copenhagen, Denmark: CGIAR
Research Program on Climate Change, Agriculture and Food Security
(CCAFS). [Link]
X3Qgny8RoWo. L’outil de programmation et indicateur de la CSA a été conçu
pour répondre à la fois au besoin de bons instruments de programmation et de
meilleurs indicateurs pour suivre les résultats et l’impact. Il permet en outre à
plusieurs agences de développement et programmes axés sur l’agriculture de
partager un cadre commun sur la manière dont ils abordent actuellement la CSA,
et comment ils peuvent rendre leur futur processus de programmation plus
intelligent face au climat. L’outil permet d’examiner la portée d’un programme
ou d’une intervention donnés à travers la perspective tridimensionnelle la CSA
(Productivité/Revenu, Adaptation et Atténuation), renforçant ainsi la phase de
planification des interventions afin de garantir que tous les résultats potentiels liés
à la CSA soient correctement inclus dans cadres de suivi et d’évaluation.
18. A complete guide to climate-smart agriculture. [Link]
Le Guide CSA fournit une introduction courte et concise et un aperçu des aspects
multiformes de l’agriculture intelligente face au climat. Le guide sert également
de bibliothèque de ressources pour toutes les références, ressources clés, termes et
questions et fournit un aperçu complet du sujet.
19. Supporting agricultural extension towards climate-smart agriculture: An
overview of existing tools. [Link] Le rapport
fournit des exemples de plus de 20 approches différentes de la manière dont
la vulgarisation agricole peut soutenir une agriculture intelligente face aux
changements climatiques. Il rend compte des contributions du monde entier, sans
se limiter aux zones arides. Il rassemble des expériences sur le rôle que remplit
la vulgarisation agricole et les services de conseil rural dans le soutien de la CSA
pour les communautés rurales.
20. Value chain analysis for resilience in drylands (VC-ARID): identification
of adaptation options in key sectors. 2018. [Link]
[Link]/files/resource-documents/[Link]. VC-ARID est une approche
interdisciplinaire de l’analyse de la chaîne de valeur qui prend en compte les
caractéristiques spécifiques des systèmes semi-arides. Sur la base d’études de
cas effectuées en zones arides, elle cherche à aborder la transformation des
chaînes de valeur en mettant en évidence les liens entre les chaînes de valeur clés
et les marchés, ainsi que la diversification des chaînes de valeur. Parallèlement
au rapport, d’importantes analyses de cas fournissent des informations sur les
principales chaînes de valeur des zones arides en Afrique et en Asie.
74
Ces directives présentent les bonnes pratiques éprouvées en matière de collecte des
eaux de pluie du monde entier. Elles servent de guide pratique tout en fournissant
une expertise technique utile à l’intégration des technologies de récupération de
l’eau dans la planification et la conception des projets. D’autre part, ces directives
facilitent, partagent et améliorent les bonnes pratiques en matière de récupération
de l’eau en tenant compte de l’état des connaissances actuelles. Les utilisateurs
finaux ciblés sont les praticiens, les planificateurs aux niveaux régional, national et
local.
25. Guidelines and good practices for achieving gender equality outcomes through
climate services. [Link]
Les services climatologiques peuvent être essentiels pour renforcer la résilience
des petits exploitants agricoles; cependant, en raison de facteurs liés à la parité,
les femmes et les hommes sont confrontés à des problèmes et des opportunités
différents pour accéder aux informations liées au climat. Ce rapport fournit un
résumé important des besoins de renforcement des capacités des hommes et des
femmes qui peut aider les praticiens à définir les méthodes pour une adaptation
inclusive au changement climatique pour les femmes.
26. Helping farmers understand index insurance: Guidelines for consumer
education interventions. [Link]
files/MP45_0.pdf. L’assurance indicielle est un outil financier innovant qui peut
soutenir la résilience des agriculteurs et des communautés pastorales et leur
permettre de gérer la variabilité et le changement climatiques. Cependant, le
degré d’ouverture de l’assurance indicielle et la nécessité d’accroître l’accessibilité
et la couverture pour tous soulèvent encore des préoccupations. Ces directives
qui s’inspirent des leçons sur le terrain, proposent des mesures pratiques qui
garantiront que l’assurance indicielle est bien comprise et que les impacts sont
inclusifs dans les domaines où elles sont mises en œuvre.
27. Scaling up index insurance for smallholder farmers: Recent evidence and
insights. [Link]
[Link]. Ce rapport explore les preuves et les points de vue de cinq études
de cas qui ont récemment fait des progrès significatifs pour relever le défi d’assurer
les petits agriculteurs et éleveurs pauvres dans le monde en développement.
En Inde, par exemple, une analyse de cas démontre le rôle que les programmes
nationaux d’assurance indicielle ont joué en atteignant plus de 30 millions
d’agriculteurs grâce à un lien obligatoire avec le crédit agricole et un fort soutien
gouvernemental. Le rapport fournit des informations sur les caractéristiques
nécessaires à la réussite de la généralisation et de la diffusion des programmes
d’assurance indiciels.
28. The UNCCD drought toolbox. [Link]
toolbox/page/about-drought-toolbox. La boîte à outils sur la sécheresse
rassemble des ensembles d’outils qui peuvent soutenir la planification nationale
contre les sécheresses et qui sont structurés autour de trois aspects principaux:
la surveillance de la sécheresse et l’alerte précoce, la vulnérabilité à la sécheresse
76
et l’évaluation des risques, ainsi que les mesures d’atténuation des risques de
sécheresse. Ceux-ci représentent les efforts actuels dans le cadre de l’initiative
contre la sécheresse de la CNULCD, de l’Organisation météorologique mondiale
(OMM), de la FAO, du Partenariat mondial pour l’eau (GWP), du Centre
commun de recherche de l’Union européenne, du Centre national d’atténuation
de la sécheresse (NDMC, d’après National Drought Mitigation Center) de
l’Université du Nebraska et du PNUE-DHI Centre sur l’eau et l’environnement.
29. Adaptation at scale in the semi-arid regions (ASSAR) 2014–2018 – highlights
from the ASSAR project. [Link]
tool/images/138/Legacy_chapters/Putting_people_%20at_the_centre_for_
effective_adaptation-[Link]. Ce rapport présente une analyse des moyens
d’adaptation dans les régions semi-arides sur la base de travaux de recherche et
de pratique multi-échelles, inter et transdisciplinaires. Le rapport examine les
obstacles et les catalyseurs d’une adaptation efficace et durable. Il indique quels
sont les mécanismes possibles conduisant à la résilience dans les zones arides,
et propose des thèmes transversaux sur l’engagement des parties prenantes, la
gouvernance et le renforcement des capacités.
30. Five practical actions towards low carbon livestock. [Link]
org/3/ca7089en/[Link]. Façonner un avenir durable dépendra de la
compréhension de la diversité et de la complexité des systèmes agroalimentaires de
l’élevage, notamment de ceux des zones arides. Ce rapport se penche sur les cinq
étapes pratiques qui peuvent transformer l’agriculture en la faisant passer du statut
d’émetteur net et de contributeur à la dégradation des terres, à celui de facteur
d’atténuation, contribuant à la sécurité alimentaire et à la nutrition.
31. Social protection approaches to climate risk management, including disaster
risk reduction and management. [Link]
pdf. Ce rapport met en évidence les principales approches pour intégrer la
protection sociale dans la gestion des risques climatiques, l’adaptation au climat et
les mesures d’atténuation. Il décrit les principaux avantages de cette intégration,
notamment la réduction de la vulnérabilité et des stratégies d’adaptation
négatives tout en soutenant la préparation inclusive aux situations d’urgence et
à l’organisation des secours. Il aide les praticiens à établir des priorités au niveau
local et fournit d’autres outils complémentaires de gestion des risques tels que
l’assurance indicielle.
32. Global Database on Sustainable Land Management (SLM) (Base de données
mondiale sur la Gestion durable des terres [GDT]). [Link]
global-slm-database/. La base de données documente et enregistre les pratiques
de GDT qui illustrent les décisions prises sur la base de preuves dans le but de
généraliser les bonnes pratiques identifiées. La base de données propose également
un cadre et des outils et méthodes normalisés pour la documentation, le suivi,
l’évaluation et la diffusion des connaissances sur la GDT, couvrant toutes les
étapes, à partir de la collecte de données avec plusieurs questionnaires, jusqu’à la
7. Annexe: Ressources supplémentaires 77
base de données mondiale sur la GDT en passant par l’utilisation des informations
pour l’aide à la prise de décisions.
33. Land assessment in drylands. [Link] Le
Projet d’évaluation de la dégradation des terres dans les zones arides (LADA,
d’après Land Degradation Assessment in Drylands project) est une approche
scientifiquement fondée pour évaluer et cartographier la dégradation des terres
à différentes échelles spatiales − de réduite à importante − et à différents niveaux
− locale à mondiale. LADA évalue également les types et l’étendue des diverses
mesures de GDT qui ont été mises en œuvre (réponses sur le terrain), ainsi que
leur efficacité et leurs évolutions dans la lutte contre la dégradation des terres.
Combinant l’analyse des moyens d’existence et la mesure des effets de l’utilisation
des terres, des réponses et des investissements institutionnels et politiques, cet
outil permet d’effectuer des évaluations foncières au niveau local et d’analyser
dans quelle mesure les interventions visant à garantir le régime foncier et les droits
d’accès sont réalisables.
34. 2019 state of climate services. [Link]
id=10089. Le rapport fournit une analyse complète des éléments nécessaires
pour améliorer l’accès aux informations et aux services climatiques en vue d’un
développement résilient au changement climatique et pour faciliter les mesures
d’adaptation. Il mesure les progrès, les opportunités et les difficultés dans le
déploiement des services climatologiques tels que les prévisions saisonnières,
les avis de sécheresse et les indices de danger d’incendie. Six grands domaines
stratégiques sont identifiés, chacun avec des recommandations: concrétisation,
intensification et soutien par le biais d’un financement adéquat des services
climatologiques avec des avantages avérés démontrés pour l’adaptation dans
le secteur agricole; observations systématiques; prise en compte de la barrière
du «dernier kilomètre»; amélioration des fondements de la climatologie pour
les actions climatiques prioritaires; et suivis et évaluations systématiques des
avantages socioéconomiques associés aux services climatologiques.
35. Collecting development data with mobile phones: Key considerations
from a review of the evidence. [Link]
handle/10568/89104/InfoNote_MobileMonitoring.pdf. La croissance du
nombre de propriétaires de téléphones portables présente un moyen rentable
et efficace de collecter des données pour soutenir l’adaptation au climat. Ce
dossier passe en revue les expériences de 14 sites de projets dans divers pays en se
basant sur la pratique. Malgré les directives sur les meilleures pratiques pouvant
servir d’objectif pour la qualité des données à atteindre, les preuves sont souvent
insuffisantes compte tenu de la diversité des contextes sociaux, des modes et
des indicateurs d’intérêt. Les technologies mobiles et les enquêtes, après une
planification minutieuse, des tests sur le terrain et des innovations, offrent une
opportunité inégalée de comprendre la situation des personnes et les changements
de population, et peuvent avoir de nombreuses applications dans de multiples
78
conditions.
36. Towards developing scalable climate-smart village approaches: approaches and
lessons learnt from pilot research in West Africa. [Link]
org/downloads/Publications/PDFS/[Link]. Le document présente un
rapport de projet sur «Développer une agriculture communautaire intelligente
face au climat grâce à la recherche active et participative dans les sites de
référence du Programme sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité
alimentaire (CCAFS, d’après Climate Change, Agriculture and Food Security)
en Afrique de l’Ouest». Après trois ans de mise en œuvre, ce document décrit les
approches utilisées et les nouveaux enseignements tirés des zones arides d’Afrique
de l’Ouest.
37. Scaling up climate information services through public–private partnership
business approach. [Link]
Info%20Note_PrivatePublicPartnershipBusinessModel.pdf. Une approche
commerciale de partenariat public-privé (P. PP) a été mise au point en 2017 pour
soutenir la fourniture de services d’information climatique (SIC) aux agriculteurs
par le biais de plates-formes de téléphonie mobile. Le rapport documente
l’approche avec l’intention de partager une approche méthodologique pour
l’intensification des services d’information climatique par le biais du PPP. Il
met en évidence le rôle du gouvernement et en particulier le rôle des cadres de
gouvernance dans le soutien à la généralisation et à la diffusion des services liés au
climat.
38. Enabling private sector adaptation in sub-Saharan Africa. [Link]
[Link]/research/enabling-private-sector-adaptation-to-climate-change-
in-sub-saharan-africa/. Le potentiel important de ce secteur à aider la société
à s’adapter et à devenir plus résiliente au changement climatique est de plus en
plus reconnu. Ce texte significatif aborde les lacunes en mettant en évidence dans
la littérature existante sur l’adaptation les facteurs clés nécessaires à la création
d’un environnement favorable pour secteur privé. Le document se concentre sur
l’adaptation des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique subsaharienne
(ASS). D’autre part, ce texte tient compte de la littérature et met en évidence les
principaux obstacles au développement et à la croissance des PME. Sur la base
d’études de cas et de la littérature secondaire, un cadre identifie les «éléments
constitutifs» clés qui déterminent les conditions favorables à l’adaptation du
secteur privé. Le secteur privé dans le contexte des zones arides en Afrique est
défini comme une personne seule ou un groupe de personnes engagées dans la
vente ou l’achat de biens et de services.
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