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1

Créer des forêts et des systèmes


de production agrosylvopastoraux
résilients au climat en zones arides
Une approche qui conduit à des transformations économiques,
sociales et écologiquement durables liées à des contextes spécifiques

DOCUMENT
ISSN 2708-1206

DE TRAVAIL
FORESTIER

22
Créer des forêts et des systèmes
de production agrosylvopastoraux
résilients au climat en zones arides
Une approche qui conduit à des transformations économiques,
sociales et écologiquement durables liées à des contextes spécifiques

Par
Fidaa F. Haddad
Clara Ariza
Anders Malmer

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE


Rome, 2021
Citation requise:
Haddad, F.F., Ariza, C. et Malmer, A. 2021. Créer des forêts et des systèmes de production
agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides - Une approche qui conduit à des transformations
économiques, sociales et écologiquement durables liées à des contextes spécifiques. Document de travail
forestier n° 22, FAO. [Link]

Les appellations employées dans ce produit d’information et la présentation des données qui y figurent n’impli-
quent de la part de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aucune prise de
position quant au statut juridique ou au stade de développement des pays, territoires, villes ou zones ou de leurs
autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les lignes pointillées sur les cartes représentent des
frontières approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l’objet d’un accord définitif. Le fait qu’une société
ou qu’un produit manufacturé, breveté ou non, soit mentionné ne signifie pas que la FAO approuve ou recom-
mande ladite société ou ledit produit de préférence à d’autres sociétés ou produits analogues qui ne sont pas cités.

ISSN 2708-1206 [Imprimé]


ISSN 2708-1214 [En ligne]

ISBN 978-92-5-134844-4
© FAO, 2021

© FAO, 2021

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Les questions relatives aux droits et aux licences doivent être adressées à: copyright@[Link].

Couverture: composition digitale Marco Perri


 iii

Table des matières


Avant-propos v
Remerciements vii
Acronymes viii
Résumé xi

1. Introduction 1
1.1 L’approche, la méthodologie et le public 1
1.2 Les zones arides sont essentielles au développement, mais font face à de
graves difficultés 1
1.3 Possibilités de surmonter les problèmes des zones arides 4

2. Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes


agrosylvopastoraux en zones arides 7
2.1 Systèmes de production de forêts et d’arbres des zones arides 7
2.2 Gestion de l’élevage et pastoralisme 11
2.3 Gestion durable intégrée des forêts et des terres 13

3. Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes


agrosylvopastoraux en zones arides qui permettra une production de
systèmes durables et résilients au climat 15
3.1 Approche suggérée de la durabilité: le créneau 15
3.2 L’approche de la durabilité 19
Pilier de la durabilité économique 21
Transformation attendue 1 Investissement 22
Transformation attendue 2 Chaînes de valeur évolutives 25
Transformation attendue 3 Mécanismes d'assurance des risques liés aux
climats 29
Pilier de la durabilité sociale 31
Transformation attendue 4 Équité 33
Transformation attendue 5 Gestion des risques de catastrophe 34
Transformation attendue 6 Inclusion, participation et autonomisation 37
Pilier de la durabilité environnementale 38
Transformation attendue 7 Utilisation efficace des ressources naturelles 40
Transformation attendue 8 Restauration 44
Transformation attendue 9 Conservation et protection des écosystèmes 49
4. L’approche: synergies et compromis 51
5. Opérationnaliser l’approche: la voie à suivre 55
6. Références 57
7. Annexe: Ressources supplémentaires 69
iv

Encadrés
Encadré 1. Faits essentiels relatifs aux services écosystémiques des zones arides 2
Encadré 2. Les arbres hors forêts 3
Encadré 3. IAD et RPF pour la gestion des zones arides Intensification
agricole durable 5
Encadré 4. Dix leçons apprises sur la RPF 9
Encadré 5. Les cinq principes de l’agriculture durable 16
Encadré 6. Les dix éléments de l’agroécologie 16
Encadré 7. Mécanisme des Forêts & Paysans (FFF) 24
Encadré 8. Le rôle des organisations non gouvernementales (ONG) en tant .
qu’instruments de bonne gouvernance 36
Encadré 9. L’action collective et les connaissances traditionnelles influent
sur la gestion durable des terres et de l’eau 41
Encadré 10. Décennie des Nations Unies pour la restauration des
écosystèmes 2021-2030 43
Encadré 11. Lutter contre la dégradation des terres du point de vue de la
sécurité alimentaire humaine: les fortes corrélations entre la
dégradation des terres et la pauvreté 47
Encadré 12. La Grande Muraille Verte: des solutions fondées sur la nature
pour restaurer les écosystèmes dégradés des zones arides des pays
africains 48
Encadré 13. Paiement pour les services écosystémiques des bassins versants (PWES) .
au profit des systèmes agrosylvopastoraux des zones arides 50
Encadré 14. Le rôle du secteur privé est crucial pour soutenir la conservation
et la résilience des moyens d’existence 50

Figures
Figure 1. Carte mondiale des zones arides par continent, montrant les
différentes utilisations des terres 2
Figure 2. Approche de la transformation des zones arides dans le contexte
de la vision commune de la FAO pour une alimentation et une
agriculture durables et les dix élémentsd’agroécologie 18
Figure 3. Approche transformationnelle destinée aux systèmes de production
alimentaire des zones arides soumises au changement climatique 20

Études de cas
Étude de cas 1. Résilience climatique par le biais de chaînes de valeur
durables. Élevage au Tadjikistan 28
Étude de cas 2. Favoriser la participation communautaire à de meilleures
initiatives de restauration à grande échelle au Tigray 38
Étude de cas 3. Impact du changement climatique sur les forêts et le
bétail des zones arides. Un exemple du nord du Mali 42
Étude de cas 4. Initiative de reboisement à grande échelle soutenue par les
communautés pastorales au Maroc 44
Étude de cas 5. Terres semi-arides et arides de Tucuman (Argentine) 46
 v

Avant-propos

Les zones arides contiennent 1,1 milliard d’hectares de forêts, soit environ 27 pour cent
de la superficie forestière mondiale. Les forêts des zones arides offrent de la nourriture,
des médicaments, de l’énergie, du fourrage et des fibres aux communautés locales. Les
produits forestiers non ligneux renforcent la diversité alimentaire, contribuent à la
nutrition et améliorent la sécurité alimentaire, en particulier pendant les périodes de
sécheresse et autres crises alimentaires. Rien qu’en Afrique, on estime que les forêts
des zones arides et autres terres boisées répondent à une grande partie des besoins de
320 millions de personnes. L’utilisation future des terres dépend, en partie, des résultats
climatiques escomptés et du portefeuille d’options de réponses disponibles. En tant que
telles, les stratégies modélisées qui limitent le réchauffement à 1,5 °C ou bien en dessous
de 2 °C exigent que l’atténuation des effets se base sur les terres et sur une modification de
l’utilisation des terres. La plupart de ces solutions consistent en différentes combinaisons
de reboisement, de boisement, de déforestation réduite et de dégradation évitée.
La stratégie habituelle ne fait plus partie des options à envisager pour un avenir qui
doit garantir la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique. Assurer
la durabilité des systèmes de production alimentaire des zones arides et des moyens de
subsistance associés tout en réduisant la pauvreté et en réduisant les risques de conflits
et de catastrophes exige une transformation de la gestion des terres et des ressources
naturelles.
Cette transformation peut passer par des actions efficaces, à différentes échelles et
mises en route par divers acteurs. Elle dépend de l’identification, de la mise en œuvre et
de la généralisation des meilleures pratiques traditionnelles et innovantes, du partage des
connaissances, du renforcement des capacités, de la participation des communautés et
d’autres parties prenantes clés à chaque niveau pertinent. Cette transformation implique
également que les institutions soient renforcées et que des politiques favorables et des
cadres réglementaires soient mis en place pour l’adoption rapide de solutions spécifiques
adaptées aux défis actuels et futurs. Il est en outre nécessaire d’établir rapidement des
données de référence, d’évaluer et de commencer à suivre de quelle manière progresse
la transformation des systèmes de production durables dans les terres arides qui aura
lieu à la suite des mesures prises.
Le Groupe de travail du Comité des forêts de la FAO (COFO) sur les forêts des zones
arides et les systèmes agrosylvopastoraux a convoqué un processus de consultation
avec des experts des zones arides afin qu’ils fournissent une approche simple visant les
transformations économiques, sociales et écologiquement durables des forêts en zones
arides, spécifiques au contexte dans une situation changement climatique.
vi

L’approche est axée sur la durabilité des systèmes de la production des systèmes
des zones arides et des stratégies de vie. Elle a fourni, pour chacun des trois piliers
de la durabilité, trois transformations attendues approuvées lors des consultations
avec des experts et praticiens des zones arides. Si la problématique hommes-femmes et
les droits et connaissances des peuples autochtones sont inclus en tant que questions
transversales, chaque transformation attendue est décrite et complétée par des sources
d’information pertinentes sur les meilleures pratiques et approches qui peuvent contribuer
à la transformation.

Division des forêts de la FAO


 vii

Remerciements

Ce document de travail a bénéficié de la contribution de membres de différentes régions


du Groupe de travail du COFO sur les forêts et les systèmes agrosylvopastoraux en
zones arides. Nous remercions particulièrement Chadi Mohana, Dominique Louppe,
Ezekiel Mwakalukwa et Moukrim Said pour leurs contributions et leurs commentaires.
Les auteurs souhaitent remercier les experts et spécialistes des zones arides qui
ont présenté des études de cas et des contributions techniques pour classer les neuf
transformations attendues suggérées. Ce sont: Grace Alazer, Heba Al-hariry, Abdelkader
Bensada, August Emmett Boyer, Guillermo Fernández Centeno, Savino Di Lernia,
Niels Dreber, Hussein El-Atfy, Amgad Elmahdi, Amer Abd Elmajeed, Mina Estegamat,
Luuk Fleskens, Ayman Frija, Nashwa Hassan, Mounier Louaichi, Alisher Mirzabaev,
Claire Ogali, Cate Owren, Stanislav Shmelev et Shahira Wahbi.
De très sincères remerciements aux fonctionnaires techniques de la FAO qui ont
fourni des analyses, des études de cas et des contributions précieuses, et en particulier à:
Guido Agostinucci, Fady Asmar, Christophe Besacier, Simone Borelli, Kakoli Ghosh,
Thomas Hammond, Amir Mafi, Nicolas Picard, Moctar Sacande, Kenichi Shono, Elaine
Springgay et Feras Ziadat.
Les réviseurs internes de cette étude sont les suivants: Edmundo Barrios, Mauro
Bottaro, Tiina Vahanen, Peter Moore, Pieter VanLierop et Gregorio VelascoGil.
Les pairs externes qui ont révisé le document sont les suivants: Purabi Bose (chercheur
sur les terres arides), Jonathan Davies (UICN), Wadid Erian (Ligue des États arabes),
Lindsay Stringer (Université de Leeds), Richard Thomas (UNU-INWEH: United
Nations University Institute for Water, Environment and Health) et Seta Tutundjiian
(ICBA: International Center for Biosaline Agriculture).
Nous reconnaissons la rédaction technique et l’expertise d’Alex Chepstow-Lusty
dans la préparation de la note de politique.
Lynette Hunt a révisé l’étude et Marco Perri a conçu la mise en page.
Le Gouvernement espagnol a aimablement accepté de financer la traduction de cette
publication en espagnol.
Ce document est aussi disponible en anglais et en espagnol.
viii

Abréviations, sigles et acronymes

AFR100 Initiative pour la restauration des paysages forestiers en Afrique


ASAL Terres arides et semi-arides
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le
développement
CNULCD Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification
COFO Comité des forêts de la FAO
COS Carbone organique du sol
EAC Europe et Asie centrale
FFF Mécanisme Forêts & Paysans
FFPO Organisations de producteurs forestiers et agricoles
FMNR Régénération naturelle gérée par les agriculteurs
FRA Évaluation des ressources forestières mondiales
GDT Gestion durable des terres
GES Gaz à effet de serre
GIEC Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
GMV Grande Muraille Verte
IAD Intensification agricole durable
IBLI Assurance indicielle pour le bétail
ICARDA Centre international de recherche agricole dans les zones arides
IPBES Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité
et les services écosystémiques
IPC Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire
IUFRO Union internationale des instituts de recherches forestières
JOD Dinar jordanien
MENA Moyen-Orient et Afrique du Nord
MOS Matière organique du sol
NAD Dollar namibien
NAMS Système national de surveillance agricole
NUS Espèces négligées ou sous-utilisées
NDT Neutralité de la dégradation des terres
ODD Objectif de développement durable
ODI Overseas Development Institute
ONG Organisation non gouvernementale
ONU Organisation des Nations Unies
PFNL Produits forestiers non ligneux
PIB Produit intérieur brut
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PWES Paiement des services écosystémiques des bassins versants
 ix

REDD+ Réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des


forêts et le rôle de la conservation, de la gestion durable des forêts et de
l’amélioration des stocks de carbone forestier dans les pays en développement
RPF Restauration du paysage forestier
SFN Alimentation scolaire et nutrition
TOF Arbres hors forêt
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
VGGT Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes
fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts dans le contexte de
la sécurité alimentaire nationale
© FAO-MW

Malawi
 xi

Résumé

La façon dont nous produisons nos aliments est importante et nos choix alimentaires
peuvent contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pression exercée
sur les terres (GIEC, 2019). La stratégie habituelle ne fait plus partie des options à
envisager pour un avenir qui doit garantir la sécurité alimentaire dans le contexte du
changement climatique. Des paysages de terres arides sains et productifs sont les éléments
de base pour obtenir de meilleurs moyens de subsistance, une nutrition plus saine et
des économies résilientes.
Les systèmes des zones arides contiennent 44 pour cent des terres agricoles mondiales
(dont 58,4 pour cent en Afrique uniquement) et fournissent environ 60 pour cent de la
production alimentaire mondiale. Plus de 30 pour cent des zones urbaines et 34 pour
cent de la population urbaine sont également situés dans des régions arides.
Le scénario d’un réchauffement de 1,5 °C devrait alerter le monde sur la vulnérabilité
des zones arides au changement climatique et à la dégradation des terres. Le réchauffement
climatique dans les zones arides est actuellement deux fois supérieur à la moyenne
mondiale et les crises se multiplient dans ces régions, comme le démontrent les impacts
continus de la pandémie de la COVID-19 dans les zones où les moyens de subsistance
ont été récemment dévastés par la sécheresse, les essaims de criquets, les conflits et
d’autres facteurs.
Cette situation met en évidence le besoin urgent d’un changement transformationnel
dans la gestion des forêts des zones arides et des systèmes agrosylvopastoraux. Nous
avons besoin de garantir qu’ils continuent à fournir les biens et services essentiels aux
communautés des zones arides, leur assurant ainsi la sécurité alimentaire et des moyens
de subsistance sains. Parallèlement, en protégeant et en restaurant la biodiversité, la
fertilité des sols sera améliorée et le stockage du carbone dans les sols et la biomasse accru.
Pour réaliser ce changement transformationnel, les parties prenantes locales, femmes
et hommes, devraient jouer un rôle crucial, en harmonie avec les leçons tirées des
connaissances traditionnelles, en particulier en contribuant à l’équité à l’égard des
personnes les plus vulnérables.

Une approche de la durabilité dans les zones arides


et leurs systèmes agrosylvopastoraux
La vision commune de la FAO pour une alimentation et une agriculture durables va de
pair avec des efforts mondiaux tels que la Décennie des Nations Unies pour la restauration
des écosystèmes (2021-2030), qui vise à «prévenir, arrêter et inverser la dégradation des
écosystèmes dans le monde» afin de «contribuer à mettre fin à la pauvreté, lutter contre
le changement climatique et empêcher une extinction de masse».
xii

De plus, bon nombre des conclusions de la 165e session du Conseil de la FAO (décembre
2020) renforcent ces objectifs, tel que la demande de «la FAO de mettre en valeur et de
promouvoir les pratiques existantes et complémentaires entre les activités agricoles et
la conservation, la restauration et l’utilisation durable des forêts, éviter la déforestation
et maintenir les services écosystémiques, étant donné que l’agriculture et la foresterie
peuvent soutenir le développement durable de manière synergique».
Ce document est axé sur la durabilité des systèmes de production des zones arides et
des moyens de subsistance qui en découlent. Pour chacun des trois piliers de durabilité
sociale, économique et environnementale interconnectés, trois transformations sont
attendues (c’est-à-dire neuf au total). L’approche proposée vise à ouvrir la voie à un
changement transformationnel dans la gestion des zones arides et de leurs systèmes
agrosylvopastoraux associés, comme indiqué ci-dessous:

i. Les zones arides englobent des zones présentant de vastes différences


environnementales et socioéconomiques. La structure de gouvernance, la stabilité
politique et donc les choix de durabilité peuvent varier considérablement selon les
régions et les pays. Par conséquent, les actions visant à produire les changements
souhaités dans des délais raisonnables devront s’adapter aux différents contextes.
ii. L’approche contribue aux interactions de plusieurs Objectifs de développement
durable (ODD). La transition vers des systèmes capables de fournir des aliments
nutritifs, tout en minimisant les impacts environnementaux et en répondant aux
besoins des générations futures de manière durable et équitable, pourrait contribuer
à atteindre l’objectif Faim zéro (ODD 2), à lutter contre la pénurie d’eau (ODD 6),
à réduire les impacts climatiques (ODD 13) et à la protection de la vie dans l’eau
et sur terre (ODD 14 et 15).
iii. Cette approche aide à changer la façon dont les décisions sont prises, en passant de
décisions fondées sur des compromis (où les avantages immédiats sont échangés
contre des coûts ultérieurs et compromettent ainsi la durabilité), à des décisions
fondées sur des synergies
iv. L’approche appelle les gouvernements nationaux et infranationaux, les programmes,
les projets, les praticiens individuels et les experts en collaboration avec les
populations locales à définir conjointement les indicateurs qu’ils utiliseront pour
mesurer les progrès des interventions vers les transformations attendues.
v. L’approche intègre en son cœur les questions de parité et les droits des peuples
autochtones, l’équité et les connaissances traditionnelles.
vi. Cette approche est fondée sur des exemples réussis et des initiatives sur le terrain
pour réaliser les transformations proposées.
 xiii

La voie à suivre
Les transformations attendues lorsqu’elles sont combinées peuvent renforcer les liens
entre les piliers économique, social et environnemental de la durabilité. Les avantages
potentiels et les compromis devraient être évalués, pesés et gérés en conséquence, tout en
tenant compte des connaissances traditionnelles et de l’équité entre les sexes. Néanmoins,
la perception des avantages et des compromis peut être différente pour différents groupes
de parties prenantes. Les neuf principales transformations attendues sont les suivantes:

Transformation attendue 1 INVESTISSEMENT: Augmentation des investissements


dans les systèmes de production durables des zones arides et les moyens de subsistance
associés grâce à la collaboration du gouvernement, du secteur privé et d’autres acteurs.

Transformation attendue 2 CHAÎNES DE VALEUR ÉVOLUTIVES: Généralisation


des chaînes de valeur des produits durables des zones arides.

Transformation attendue 3 MÉCANISMES D'ASSURANCE DES RISQUES LIÉS


AUX CLIMATS: Accès égal et inclusif garanti aux mécanismes d’assurance contre les
risques climatiques pour les populations dépendant des systèmes agrosylvopastoraux des
zones arides.

Transformation attendue 4 ÉQUITÉ: Amélioration du bien-être social et de l’équité


des moyens de subsistance tributaires des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en
zones arides.

Transformation attendue 5 GESTION DES RISQUES DE CATASTROPHE: Les


conditions de vie des populations dépendant des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
des zones arides sont protégés contre les chocs climatiques, les catastrophes et les conflits.

Transformation attendue 6 INCLUSION, PARTICIPATION ET AUTONOMISATION:


Participation et autonomisation des populations dépendant des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux en zones arides dans tous les processus de prise de décision et de mise
en œuvre en matière d’adaptation et d’atténuation.

Transformation attendue 7 UTILISATION EFFICACE DES RESSOURCES


NATURELLES: Utilisation efficace des ressources naturelles des zones arides pour
assurer la disponibilité à long terme de services écosystémiques soumis au changement
climatique.

Transformation attendue 8 RESTAURATION: Restauration des écosystèmes dégradés


et arrêt de la déforestation pour réduire l’impact du changement climatique sur les
processus de dégradation des terres.
xiv

Transformation attendue 9 CONSERVATION ET PROTECTION DES


ÉCOSYSTÈMES: Écosystèmes et biodiversité des zones arides conservés et protégés pour
maintenir les fonctions de l’écosystème et la fourniture durable et équitable subséquente
des biens et des services écosystémiques soumis au changement climatique.

Enfin, des champions sont nécessaires pour défendre et promouvoir les changements
transformationnels dans la gestion des systèmes agrosylvopastoraux des zones
arides. Les champions peuvent faciliter la création d’une vision partagée et contribuer
à faire connaître les innovations durables. Dans ce processus, les femmes et les jeunes
en particulier devraient être habilités à apporter une contribution significative et à en
bénéficier.
1

1. Introduction

1.1 L’APPROCHE, LA MÉTHODOLOGIE ET LE PUBLIC


Ce document de travail est le résultat d’un processus issu du Groupe de travail du
Comité des forêts de la FAO (COFO) sur les forêts et les systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides (Groupe de travail). Il rassemble les tendances actuelles, des exemples et
des expériences de changements dans la gestion des systèmes de production des zones
arides qui ont, dans différents contextes et pays, contribué à relever les grands défis
environnementaux, sociaux et économiques auxquels sont confrontés les forêts et les
systèmes agrosylvopastoraux des zones arides. Le document décrit une approche qui
guidera les décideurs politiques et les praticiens en vue d’accélérer les actions nécessaires
qu’ils devront prendre afin que ces systèmes continuent de fournir des biens et des
services aux populations locales et à l’humanité de manière durable et résiliente, dans
les décennies à venir et dans le contexte du changement climatique.
Après un examen complet de la littérature, un appel à études de cas a été lancé
parmi les diverses organisations travaillant dans le domaine des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux en zones arides. Des consultations approfondies avec les membres
du Groupe de travail et d’autres experts nationaux et sectoriels ont commencé en octobre
2019 avec l’énumération des principaux problèmes dans les systèmes de production des
zones arides, les principaux résultats en matière de durabilité (transformations) à atteindre
grâce à des actions aux niveaux des politiques, de la gouvernance et de la pratique et des
preuves antérieures de l’efficacité des actions identifiées. Ces informations sont à la base
de l’approche présentée dans ce document de travail, qui a fait l’objet d’un processus
d’examen par les pairs entre juin et juillet 2020 et a été finalisée en août 2020. On
s’attend à ce que l’approche adoptée ici soutienne un large public de personnes chargées
du développement, de décideurs, de parties prenantes et de groupes d’intérêt dans leurs
efforts d’enrichir les arguments sur la durabilité des zones arides et pour faire progresser
la mise en œuvre des actions devant répondre aux transitions multifonctionnelles
nécessaires dans divers contextes.

1.2 LES ZONES ARIDES SONT ESSENTIELLES AU DÉVELOPPEMENT,


MAIS FONT FACE À DE GRAVES DIFFICULTÉS
Les zones arides constituent 41 pour cent de la superficie terrestre mondiale et représentent
des parties importantes de tous les continents (à l’exception de l’Antarctique) (figure 1).
C’est là que résident plus de 38 pour cent de la population mondiale totale à laquelle
elle fournit de quoi vivre (environ 2,7 milliards de personnes [Koutroulis, 2019; van
der Esch, 2017]), dont le nombre devrait atteindre 4 milliards d’ici 2050. La plupart de
2

ces populations vivent dans les pays à faible revenu. Les zones arides abritent plus de
la moitié du cheptel mondial et 27 pour cent des forêts et des terres boisées du monde
(FAO, 2019a; FAO, 2020) (encadré 1).

Figure 1. Carte mondiale des zones arides par continent,


montrant les différentes utilisations des terres

Source: Carte de l’ONU, 2019.


Encadré 1. Faits essentiels relatifs aux services écosystémiques
des zones arides
• Souvent considérées comme stériles, isolées et improductives, les zones arides
produisent environ 60 pour cent de la nourriture mondiale sur 44 pour cent des
terres agricoles du monde, principalement concentrées en Afrique et en Asie.
• Les zones arides abritent plus de 50 pour cent du cheptel mondial, qui est la
principale source de revenus pour environ 25 millions de pasteurs et 240 millions
d’agropasteurs (Neely et al., 2009).
• Les zones arides jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat mondial, car
elles stockent environ 46 pour cent des réserves mondiales de carbone (MEA, 2005).

De plus, un nombre significatif d’arbres se trouve dans les terres cultivées et dans
d’autres zones en dehors des zones forestières définies (encadré 2). Ainsi, les forêts et
les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides jouent un rôle important dans la
fourniture de produits destinés aux futures bioéconomies (nourriture, fourrage, fibres et
combustibles) et pour garantir la réalisation des objectifs sociaux et environnementaux
du Programme de développement durable à l’horizon 2030.
Introduction 3

Encadré 2. Les arbres hors forêts


Les arbres hors forêt (TOF, d’après trees outside forests) désignent des arbres isolés,
des bouquets d’arbres et des arbres à petit couvert forestier qui ne répondent pas à la
définition des forêts en termes de degré de couvert forestier, d’étendue spatiale et de
forêt comme utilisation principale des terres. En particulier dans les zones arides, les
TOF remplissent de nombreuses fonctions essentielles à l’alimentation, au fourrage,
à l’ombre, à la régulation de la fertilité de l’eau et des sols; ils servent de coupe-vent,
fournissent de l’énergie et des matériaux de construction, etc., dans les systèmes
pastoraux, sylvopastoraux, agroforestiers et agricoles ouverts. On peut affirmer que
les TOF sont plus importants dans les zones les plus sèches, mais la majeure partie
des TOF apparaissent dans les parties plus humides des zones arides. Ainsi, moins de
10 pour cent des zones arides en Afrique du Nord et en Asie ont des TOF, tandis que
dans le reste des régions des zones arides africaines 33 à 45 pour cent du total des
terres arides ont des TOF.
Source: FAO (2019a).

Les zones arides sont caractérisées par une pénurie d’eau, ce qui rend les écosystèmes
naturels et exploités plus vulnérables qu’ailleurs aux fluctuations climatiques et à
l’utilisation non durable des terres. Pendant des siècles, les communautés des zones
arides ont utilisé un mélange de stratégies d’adaptation traditionnelles et autonomes,
mises au point pour réduire les pénuries d’eau, en préservant la productivité des sols et les
moyens de subsistance annuels, se préservant ainsi de la variation naturelle des périodes
de sécheresse. Ces communautés sont souvent marginalisées par la planification et les
politiques nationales de développement, car historiquement les terres arides sont perçues
comme des déserts. Elles sont en général plus éloignées des régions urbaines et périurbaines
en développement et disposent donc de moins d’investissements, d’infrastructures et de
moins de services et d’options d’atténuation des risques (Ludi et al., 2018). Ces derniers
temps, des facteurs tels que la croissance démographique et le développement des terres
sans la participation de la communauté locale ont tous deux entraîné une augmentation de
la pression foncière et une dégradation des sols. Dans de nombreux pays, les communautés
des zones arides ont perdu leurs droits fonciers traditionnels en raison de politiques
foncières qui ignorent les caractéristiques essentielles de la gouvernance locale, telles
que la propriété communautaire, la mobilité et la capacité d’adaptation (Forsythe et al.,
2015). Ainsi, les communautés des zones arides ont souvent des revenus plus faibles et
en baisse, souffrent d’une malnutrition accrue et d’une mauvaise santé entraînant des
taux de mortalité plus élevés et la famine (Pedrick, 2012; Cervigni et al., 2016). Ces
stratégies de vie aux opportunités limitées conduisent fréquemment à la migration des
zones rurales vers les zones urbaines et les régions transfrontalières (McLeman, 2017).
Le cercle vicieux de l’aggravation de la pauvreté, de la concurrence pour la terre et de la
dégradation des ressources naturelles peut entraîner des conflits sociaux, ethniques et
politiques, qui renforcent alors les niveaux de pauvreté et l’accès limité aux ressources
telles que l’eau (FAO, 2018a). Le récent rapport mondial 2020 sur la crise alimentaire
(PAM, 2020) a indiqué que près de 3,1 millions de personnes vivant dans les terres
4

arides et semi-arides (ASAL, d’après arid and semi-arid lands) étaient confrontées à des
crises et classées dans la phase 3 du cadre intégré de classification intégrée de la sécurité
alimentaire (IPC)1 ou plus.

On estime que dans le monde, 10 à 21 pour cent des zones arides sont dégradées
(MEA, 2005; Pulla et al., 2015) ; d’autre part, la capacité de leurs écosystèmes à
fournir des biens et services essentiels est en déclin continu, ce qui contribue d’autant
plus à rendre la survie sur ces terres encore plus difficile (Mortimore et al., 2009)

En outre, ce piège de la pauvreté lié à la marginalisation et au déclin des économies de


subsistance et des stratégies de vie signifiera que la production et la stabilité environnementale
des communautés des zones arides seront incapables sans soutien extérieur de s’adapter à
l’intensité et à l’incidence accrue des impacts des aléas climatiques (GIEC, 2019).
Le changement climatique a déjà affecté la sécurité alimentaire en raison du
réchauffement, de l’évolution des régimes de précipitations et d’une fréquence plus
élevée d’événements météorologiques extrêmes comme les sécheresses (FAOa et b,
2016). Il existe également des preuves solides qu’avec le changement climatique, les effets
secondaires tels que les ravageurs et les maladies agricoles sont susceptibles d’avoir des
impacts plus importants. Par exemple, Striga hermonthica, une mauvaise herbe dévastatrice
responsable de pertes substantielles dans les zones arides d’Afrique persiste dans les sols
dégradés avec des niveaux d’azote plus faibles et devrait continuer à détruire les moyens
de subsistance locaux dans des conditions climatiques changeantes (Mandumbu et al.,
2017). Dans toutes les zones arides, le changement climatique et la dégradation des terres
devraient entraîner des réductions de la productivité des cultures et du bétail, modifier
le mélange d’espèces végétales et réduire la biodiversité.

1.3 POSSIBILITÉS DE SURMONTER LES PROBLÈMES DES ZONES ARIDES


Dans son Rapport spécial sur les terres et le changement climatique, le Groupe
intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) (2019) souligne qu’une
meilleure gestion des terres, associée à de nombreuses options disponibles pour les
zones arides, peut contribuer efficacement à l’adaptation au changement climatique,
avec des avantages corrélés en termes d’atténuation. Parmi les autres avantages, il faut
mentionner: la réduction de la perte de biodiversité et la contribution au développement
socioéconomique global. Cela va dans le sens des efforts visant à combiner plusieurs
Objectifs de développement durable (ODD) dans le Programme 2030. La Convention
des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD) (2019) a suggéré que
la réduction et l’inversion de la dégradation des terres pourront améliorer la fertilité des
sols et augmenter le stockage du carbone dans les sols et la biomasse tout en bénéficiant
à la productivité agricole et à la sécurité alimentaire. Par conséquent, au cours de la
dernière décennie, des efforts croissants se sont alignés sur la restauration de la résilience

1
Le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) est un ensemble d’outils normalisés qui
vise à fournir une «monnaie commune» pour classer la gravité et l’ampleur de l’insécurité alimentaire.
L’IPC est une initiative multi-agences dirigée au niveau mondial par dix partenaires, dont la FAO, la DG
DEVCO et la DG ECHO. [Link]
Introduction 5

écologique et de la productivité des terres en ayant recours à des interventions en suivant


le concept d’«intensification agricole durable (IAD)» (Pretty et Bharucha, 2014) et de la
«restauration des paysages forestiers (RPF)» (Chazdon et al., 2016) dans les systèmes
agricoles (encadré 3) et dans les paysages à utilisation mixte des terres (en incluant les
forêts et les systèmes agrosylvopastoraux). Les engagements nationaux et internationaux,
et dans certains cas les ressources, ont été abondants. Cependant, de nombreux débats
ont porté sur l’IAD et la RPF, et peu de preuves attestent leur alignement sur les besoins
sociaux ruraux, sur leurs progrès sur le terrain et leur succès (Stanturf et al., 2020).

Encadré 3. IAD et RPF pour la gestion des zones arides


Intensification agricole durable (IAD dans les zones arides). Les zones arides étant
caractérisées par des schémas de vulnérabilité complexes et géographiquement
hétérogènes (Füssel, 2010), le concept d’intensification durable pour produire plus
de nourriture est essentiel. Il est important de prendre en compte non seulement les
conditions agroclimatiques des zones arides, mais aussi les conditions économiques,
sociales et environnementales viables pour éviter d’augmenter la vulnérabilité de la
production. De plus, l’amélioration et l’innovation appliquées aux machines et aux
technologies agricoles sont essentielles, notamment l’utilisation généralisée de systèmes
de surveillance du stress hydrique et des ravageurs et maladies existants, et de leur
réaction aux cultures alternatives (Robinson et al., 2015). L’agriculture des terres arides
adhère aux principes et méthodes de bonnes pratiques agricoles dans les paysages des
terres arides avec une attention critique à la gestion et à la rareté de l’eau.

Restauration des paysages forestiers (RPF) en zones arides: Elle souligne l’importance
de la restauration environnementale en tant qu’approche d’utilisation des terres.
Elle comprend des activités qui améliorent la conservation, la restauration et la
gestion durable des forêts et d’autres écosystèmes, ce qui à son tour doit contribuer
à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire et hydrique. En 2015, les experts
des zones arides ont approuvé la Promesse de Rome sur le suivi et l’évaluation des
zones arides pour la gestion et la restauration durables (FAO, 2015b) et ont produit
la Première évaluation mondiale des zones arides: arbres, forêts et utilisation des
terres dans les zones arides, pour valoriser et faire connaître l’importance de la RPF
pour l’initiative de restauration et de suivi des zones arides (FAO, 2019a). Par exemple,
en mars 2017, dix pays méditerranéens ont ratifié leur engagement en faveur de la
mise en œuvre effective de la RPF en approuvant l’Engagement d’Agadir qui vise à
créer une Initiative régionale méditerranéenne pour restaurer au moins 8 millions
d’hectares d’ici 2030. L’Engagement d’Agadir se concentre sur le renforcement des
efforts nationaux actuels et de la coopération régionale dans le domaine de la RPF,
la neutralité en matière de dégradation des terres (NDT) et la conservation de la
biodiversité, ainsi que sur l’élaboration d’une stratégie de financement et d’un système
volontaire de suivi et d’évaluation et de notification pour le RPF et la NDT dans la région.
Source: FAO – Comité CFFSA/CEF/CFPO des questions forestières méditerranéennes – Silva Mediterranea (2017).
6

Le niveau des effets négatifs prévus du changement climatique sur la société est
directement lié aux niveaux de développement, avec des implications significatives
sur l’extrême pauvreté d’ici 2030, affectant déjà les communautés confrontées aux
contraintes et inégalités des moyens de subsistance (GIEC, 2019), comme c’est le cas pour
de nombreuses communautés des zones arides des pays en développement. Il est donc
urgent d’accélérer la mise en œuvre d’approches efficaces et efficientes qui renforceront
la résilience aux impacts climatiques prévus. Dans les zones arides, cela suppose de
transformer la gestion des systèmes forestiers et agrosylvopastoraux qui garantissent la
durabilité à long terme de la production et des moyens de subsistance.
Ce document de travail vise à rassembler les expériences actuelles pertinentes à divers
contextes des zones arides et à présenter une approche des transformations nécessaires
consistant à combiner les changements économiques, sociaux et environnementaux de
manière à étendre le développement positif.
© Murdani Usman

Récolte d'arachides, Java central, Indonésie


7

2. Tendances qui s’observent


dans la transformation
des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux
en zones arides

Les efforts de transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux des zones
arides sont le plus souvent centrés sur les différents aspects techniques de la gestion
des systèmes. Ils ciblent généralement des aspects tels que la gestion des pâturages, la
restauration ou l’ajout d’arbres et la gestion de la matière organique, de l’eau et de la fertilité
des sols. Les impacts majeurs anticipés et les effets secondaires peuvent varier en fonction
du contexte des zones arides et du but et de l’intention des acteurs qui interviennent.
Cependant, les impacts escomptés de la transformation ciblent fréquemment des aspects
généraux couvrant la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté et l’amélioration
de la gestion des écosystèmes, qui soutiennent également la réalisation des ODD.
Il est important de garder à l’esprit les échelles temporelles de ces interventions.
Certaines actions peuvent avoir un impact à court terme, comme la gestion des pâturages,
la gestion des cultures et le changement de combustible pour la cuisine. D’autres actions,
notamment l’utilisation des arbres pour restaurer la productivité des terres, la gestion
intégrée de l’eau et l’atténuation des effets du changement climatique, peuvent prendre
des décennies pour produire des résultats mesurables. En outre, les effets attendus du
changement social peuvent aussi être lents, ce qui impose une contrainte majeure pour
les interventions de projets dépassant rarement trois à cinq ans (durée de vie du projet).

2.1 SYSTÈMES DE PRODUCTION DE FORÊTS ET D’ARBRES DES ZONES ARIDES


Le rôle des forêts et des arbres dans la protection des sols, de l’eau et de la biodiversité
fait l’objet d’une prise de conscience accrue. Les forêts des zones arides ont joué un rôle
essentiel pour faire face à la variabilité climatique, en particulier en termes de sécurité
alimentaire et de nutrition pour les communautés locales. Néanmoins, se lancer dans des
interventions forestières à grande échelle, en tant que réponse d’adaptation et d’atténuation
des effets du changement climatique, exige qu’on les aborde efficacement à différentes
échelles, en traitant par exemple la question de la compétition pour l’utilisation des terres
et les compromis associés au niveau local. Avec le changement climatique, les demandes
croissantes de terres, de forêts et d’arbres créent de nouveaux problèmes, mais aussi des
opportunités.
8 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Les arbres fournissent de la matière organique qui conserve ou améliore les propriétés
physiques et chimiques du sol. Les efforts visant à entretenir les forêts sur sol ferme
et les zones boisées, et à planter des arbres pour maintenir et restaurer la fertilité des
sols et la disponibilité de l’eau, sont pratiqués depuis longtemps. Le rôle des arbres qui
fournissent une multitude de services écosystémiques allant de la production alimentaire
à la régulation de l’eau en passant par la biodiversité et le stockage du carbone pour
l’atténuation des effets du changement climatique est de plus en plus reconnu (Kuyah et
al., 2016). Toutefois, les interventions aux avantages multiples nécessitent de s’attaquer
efficacement aux contextes et aux difficultés à différentes échelles et secteurs (social,
économique et environnemental). La plupart des interventions créeront des occasions
de bénéfices connexes multiples, ainsi que des enjeux liés aux compromis entre les effets
souhaités et le développement.
Outre les avantages que cela présente pour divers services écosystémiques, de nombreux
pays ont besoin de restaurer les forêts, notamment les forêts en zones arides afin de pouvoir
exploiter durablement les forêts destinées au bois de charpente. La demande de bois brut
devrait augmenter considérablement au niveau mondial, par exemple pour les logements.
Il est nécessaire de construire 96 000 nouveaux logements par jour dans le monde pour
fournir suffisamment de logements d’ici 2030 (en remplaçant les logements inadéquats
par de nouveaux logements urbains) (UN-Habitat, 2011). L’expansion actuelle des villes,
les besoins en logement et l’augmentation des revenus des ménages stimulent la demande
de produits de la menuiserie comme les meubles, les sols, les portes, etc. Cependant, une
grande transformation en cours concerne le passage à une nouvelle technologie: le bois
lamellé (moins cher, plus léger et climatiquement neutre) peut remplacer l’acier et le béton
(Manninen, 2014). Cette évolution récente et rapide dans les pays à revenu élevé est un
moteur pour les bioéconomies, comme ce sera également le cas dans les pays actuels à
revenu faible et intermédiaire, où une grande partie de l’expansion du logement se produira.
Créer de nouvelles opportunités grâce à la gestion durable des forêts peut faire obstacle
aux utilisations traditionnelles des forêts comme le pâturage, la collecte de fourrage et la
récolte de bois de chauffage. Des interventions industrielles et à plus grande échelle peuvent
susciter une compétition encore plus sérieuse pour les terres. Il est donc nécessaire d’adopter
une approche intégrée du paysage pour garantir que les interventions transformatrices
dans les domaines pastoral, agricole et forestier n’augmentent pas la concurrence ou ne
génèrent pas de déficits environnementaux.
Les accords internationaux et nationaux sur la RPF visent des centaines de millions
d’hectares qui concernent des interventions à grande et à petite échelle. Certains pays
se sont engagés à fixer leurs objectifs nationaux de NDT et la plupart d’entre eux ont
aligné leurs objectifs sur les initiatives de restauration des forêts et de gestion des terres,
telles que l’Initiative de restauration des paysages forestiers africains (AFR100) et le
Défi de Bonn (CNULCD, 2019). En 2019, l’analyse des politiques de 13 des 63 pays
sélectionnés qui avaient des liens consolidés avec le Défi de Bonn et la NDT, menée par
l’UICN et la CNULCD a fait ressortir que, quelle que soit l’approche, la RPF et la NDT
sont des approches complémentaires et interchangeables qui soutiennent les services de
l’écosystème (UICN, 2019).
Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides 9

De plus, l’Union internationale des instituts de recherches forestières (IUFRO, d’après


International Union of Forest Research Organization) a mené une analyse à grande échelle
sur la mise en œuvre de la RPF dans dix-sept paysages de neuf pays et sur trois continents
(Stanturf et al., 2020). Les leçons principales que l’on peut tirer du succès limité de la RPF
jusqu’à présent couvrent les aspects sociaux, économiques et environnementaux. Plusieurs
de ces aspects concernent les possibilités qu’ont les parties prenantes de comprendre,
discuter, négocier et s’unir au sujet de l’apparence et du fonctionnement des futurs paysages
et au sujet des stratégies de vie à des échelles temporelles et spatiales. Compte tenu des
communautés et des individus qui sont souvent vulnérables et privés de ressources dans
les zones arides, cela représente véritablement un défi majeur.

Encadré 4. Dix leçons apprises sur la RPF


L’IUFRO a évalué les interventions de la RPF dans 17 paysages de 9 pays pour comprendre
les difficultés économiques, sociales et écologiques à surmonter pour progresser vers
les objectifs du Défi de Bonn. Cinq paysages se trouvaient dans des zones arides et
trois autres dans des zones sèches subhumides. Le rapport se termine par dix leçons
primordiales:
• aligner les attentes lors de la conception du projet;
• traiter les menaces;
• renforcer la collaboration et la participation;
• incorporer des mesures d’incitation et réduire les effets dissuasifs;
• tenir compte des échelles spatiales et temporelles;
• utiliser les connaissances et méthodes appropriées;
• mettre l’accent sur le renforcement des capacités et l’assistance technique;
• inclure la surveillance;
• améliorer la communication;
• renforcer le soutien politique.
Sources: IUFRO Occasional paper # 33, Stanturf et al. (2020).

La question classique des co-bénéfices ou des compromis consiste à savoir si les forêts
et les arbres utilisent localement plus d’eau qu’ils n’en conservent en régulant les eaux
souterraines dans les zones arides (Malmer et al., 2010). Plus récemment, les résultats
de la recherche suggèrent que les effets de la répartition des forêts sur la régulation de
l’eau se font sentir à la fois à l’échelle locale et mondiale (Ellison et al., 2017), renforçant
la valeur des arbres, mais rendant l’évaluation moins évidente. Cependant, à l’échelle
locale, les preuves indiquent que le rôle des arbres dans la régulation de l’eau en zones
arides dépend du nombre d’arbres, et la structure de leur distribution dans un paysage
peut avoir un optimum dépendant du contexte (aridité) (Ilstedt et al., 2016).
Traditionnellement, les forêts et les arbres des paysages pastoraux en zones arides
ont joué un rôle essentiel pour faire face à la variabilité climatique, en particulier en
termes de sécurité alimentaire et de nutrition pour les communautés locales (Bose et
van Dijk, 2016). Toutefois, les droits fonciers traditionnels et formels relatifs aux arbres
10 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

dans les paysages agricoles ou l’utilisation des forêts voisines peuvent différer et varier
dans une large mesure. Le régime foncier peut inclure la collecte traditionnelle de divers
fruits et autres produits forestiers non ligneux (PFNL), mais comprend plus rarement
l’utilisation du bois ou même la vente de charbon de bois. Cette dernière activité entrave
les efforts visant à transformer les systèmes d’utilisation des terres dans le but d’attribuer
aux communautés locales les droits et le pouvoir de gérer leurs ressources naturelles.
Un exemple intéressant vient du Niger. Il s’agit dans ce cas de réinsérer des arbres
dans des paysages agricoles où une transformation agroenvironnementale gérée par les
agriculteurs s’est produite au cours des trois dernières décennies, permettant à la fois la
réhabilitation des terres et l’intensification de l’agriculture pour soutenir une population
dense et croissante. Cette transformation a été basée sur le processus de régénération
naturelle géré par les agriculteurs (FMNR), utilisant des pratiques agroforestières locales
améliorées. La transformation à l’échelle du paysage a été largement possible, entre
autres facteurs, grâce à un changement de politique concernant les droits fonciers des
agriculteurs sur les arbres de leurs terres agricoles. Au cours des années 1990, l’intérêt
pour la FMNR a été stimulé lorsque le succès de plusieurs projets pilotes a été partagé
avec les décideurs du gouvernement. Cela a conduit à une réglementation forestière
moins restrictive, qui avait auparavant fortement limité la gestion de leurs arbres par les
agriculteurs. Les changements historiques de politique qui ont contribué à l’incertitude
régnant dans les systèmes de propriété des agriculteurs ont également été pris en compte.
Les systèmes de gouvernance antérieurs avaient fortement dissuadé les agriculteurs de
posséder et d’exploiter des arbres. Une fois que ces facteurs ont été introduits, les paysages
FMNR ont commencé à se propager rapidement. En 2004, le Gouvernement du Niger
a officiellement reconnu la tendance en établissant un Code forestier qui éliminait les
restrictions à la liberté des agriculteurs de gérer les arbres qu’ils régénéraient sur leurs
terres. La densité des arbres et le couvert arboré au Niger ont considérablement augmenté
au cours des dernières décennies (Reij et Hecht, 2014).
Entre 2003 et 2008 seulement, dans les régions de Maradi et Zinder au Niger, environ
4,8 millions d’hectares de terres agricoles ont été régénérés grâce à la FMNR. On estime
que 1,2 million de ménages étaient engagés dans la gestion de ces systèmes grâce à leurs
efforts indépendants, et de nombreux villages ont maintenant 10 à 20 fois plus d’arbres
qu’il y a 20 ans. Les paysages agricoles du sud du Niger comptent plus de 200 millions
d’arbres de plus qu’il y a 30 ans (IFPRI, 2009). Certaines études (par exemple, Garrity
et Bayala, 2019) estiment que cette transformation s’est traduite par une moyenne d’au
moins 500 000 tonnes de nourriture supplémentaire produite par an, répondant aux
besoins de 2,5 millions de personnes. Au-delà de la sécurité alimentaire et de l’eau,
la FMNR au Niger a en outre apporté aux agriculteurs de meilleurs revenus grâce à
l’amélioration des rendements des cultures, la vente de produits ligneux, notamment le
bois de construction, le bois de chauffage, des aliments, des médicaments, des manches
d’outils et autres meubles et par l’amélioration de la production animale. Les avantages
sociaux comprennent la propriété des arbres et leurs avantages, la création de réseaux
et de partenariats entre divers acteurs de la région, et le rôle et l’influence accrus des
femmes, qui jouent un rôle clé dans la mise en œuvre et le maintien de la FMNR.
Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides 11

L’expérience du Niger démontre que la durabilité des forêts et des arbres nécessite
une gouvernance et des cadres juridiques qui reconnaissent les besoins et les droits
des groupes vulnérables et marginalisés, tout en soutenant le rôle des forêts dans les
processus environnementaux.

2.2 GESTION DE L’ÉLEVAGE ET PASTORALISME


La dernière évaluation de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique
sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES, d’après Intergovernmental
Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services) a souligné que le
facteur le plus répandu de dégradation des terres est l’augmentation et la gestion non
durable des terres cultivées et des zones de pâturage (IPBES, 2018). L’élevage est la
principale source de revenus pour plus de 200 millions de pasteurs dans le monde, et
par conséquent l’utilisation accrue de systèmes de production animale intensive avec des
impacts hors site élevés augmente le risque de dégradation des écosystèmes forestiers.
Les systèmes pastoraux sont des moyens de subsistance et des systèmes de production
alimentaire basés sur l’élevage, interagissant avec des environnements naturels dont
la saisonnalité et la biodiversité sont très variables. Les systèmes pastoraux sont très
diversifiés, mais tous partagent une spécialisation dans l’amélioration de l’alimentation
des animaux, du bien-être et des produits en gérant leurs itinéraires de pâturage à diverses
échelles dans le temps et dans l’espace. Cependant, l’augmentation imprévue du cheptel
pour répondre à la demande croissante d’aliments d’origine animale a exercé des pressions
substantielles sur le couvert végétal dans de nombreuses régions. Par exemple, dans la
région du Proche-Orient et de l’Afrique du Nord, le cheptel a augmenté de 25 pour
cent au cours de la période 1990-2013, tandis que le couvert végétal en pourcentage de
la superficie terrestre a diminué au cours de la même période de 3,7 pour cent à 2,8 pour
cent (FAO, 2017). De plus, l’utilisation accrue de systèmes d’élevage intensif avec des
impacts hors site élevés augmente le risque de dégradation des écosystèmes forestiers.
Par exemple, en Afrique subsaharienne, les producteurs de bétail sont les principaux
utilisateurs d’environ 40 pour cent des zones arides (Nyberg et al., 2019).
Le pastoralisme contribue au statut socioéconomique, à la sécurité alimentaire et à
la nutrition de millions d’habitants des zones arides. Il joue un rôle essentiel dans les
stratégies de vie locale et l’on estime qu’il constitue une meilleure option d’utilisation
des terres que la conversion aux cultures agricoles dans les terres arides et semi-arides
(Krätli et al., 2013). Des études au Niger, par exemple, indiquent que le nomadisme
augmente la productivité de 27 pour cent par rapport aux systèmes d’élevage sédentaire
et de 10 pour cent par rapport aux systèmes transhumants (Krätli et al., 2013). L’élevage
apporte une contribution importante aux économies nationales, bien que souvent sous-
estimée, et sa valeur pour les agriculteurs et éleveurs pauvres va au-delà de la production
alimentaire et des revenus monétaires. Au Kenya, par exemple, le pastoralisme extensif
de l’élevage a contribué pour 4 milliards de dollars EU (ou environ 10 pour cent) au
produit intérieur brut (PIB) du pays en 2009 (Behnke et Muthami, 2011). Au Soudan,
en 2011, le système pastoral était, en termes de valeur, le plus important sous-secteur
12 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

de l’économie nationale. En Mongolie, le secteur de l’élevage basé sur le pastoralisme


représente 90 pour cent du PIB agricole. Cependant, le pastoralisme a également porté
le poids des mauvaises politiques conduisant à la dégradation des zones arides.
Le bétail contribue pour 14,5 pour cent au total des gaz à effet de serres (GES), dont
les deux tiers proviennent des bovins (Grossi et al., 2019). Les pasteurs, comme d’autres
communautés, recherchent de nouveaux moyens de subsistance et de revenus. Les stratégies
de gestion des risques auxquels elles sont confrontées peuvent être opportunistes et, dans
de nombreux cas, inadaptées, car ils peuvent compromettre la durabilité à long terme
de leurs ressources naturelles et devenir économiquement non viables. Le passage à la
fabrication de charbon de bois, ou une production plus sédentaire et intensive de bétail
ou de cultures irriguées, conduisant à l’épuisement des ressources en eau souterraine
et à d’autres formes de dégradation de l’environnement, fournissent quelques exemples
de cette tendance. Par conséquent, les stratégies d’atténuation et d’adaptation doivent
répondre à la demande croissante de produits de l’élevage due à une augmentation
de la population dans les régions arides. Les forêts des zones arides et les techniques
agroforestières peuvent apporter une contribution majeure pour relever les défis du
changement climatique et améliorer la résilience des moyens d’existence en éliminant
le CO2 de l’atmosphère et en le stockant dans la biomasse et le sol. Une application
de l’approche d’évaluation économique totale au Soudan montre que l’adoption de
l’agroforesterie en utilisant les terres et en gérant le bétail durablement dans l’État de
Gedaref entraînera une séquestration de carbone souterraine et aérienne de 10 tonnes/
ha/an supplémentaire sur 25 ans (Aymeric et al., 2014).

© Fidaa Haddad

Jordanie
Tendances qui s’observent dans la transformation des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux
en zones arides 13

Pour ajouter une autre note positive, il faut savoir que le bétail profite à la conservation
des forêts et des écosystèmes agrosylvopastoraux en entretenant des services de régulation,
tels que la dispersion des graines, le maintien des sols productifs naturels, les réservoirs
de diversité biologique et la connectivité écologique. Avec une gestion adéquate des
pâturages, les systèmes pastoraux peuvent également contribuer à la séquestration du
carbone dans le sol (Assouma et al., 2019). Ceci peut être réalisé en combinant délibérément
des plantes fourragères, telles que des graminées et des herbes légumineuses, avec des
arbustes et des arbres pour l’alimentation animale et des utilisations complémentaires tout
en gérant les pâturages et les pratiques d’élevage. Les systèmes sylvopastoraux favorisent
des interactions écologiques bénéfiques telles que l’augmentation du rendement par
unité de surface, une utilisation plus efficace des ressources et une meilleure fourniture
de services environnementaux comme le carbone du sol. Les recherches menées par le
Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
(CIRAD) au Sénégal sur la bonne gestion des pâturages dans les paysages pastoraux
montrent qu’un hectare d’écosystème pastoral émet 0,71 de tonne équivalent carbone,
séquestre 0,75 tonne, et les émissions des animaux sont compensées par la séquestration
du carbone dans les sols et les plantes (Assouma et al., 2019).
La rationalité économique et la durabilité écologique des systèmes pastoraux sont
bien documentées (Homewood, 2008) et suscitent un regain d’attention en matière de
résilience et d’adaptation (ODI, 2018; Krätli et al., 2013). Bien qu’ils soient marginalisés
dans de nombreux contextes, les pasteurs se sont adaptés grâce à des systèmes à forte
intensité de connaissances, incluant les connaissances traditionnelles et la technologie
numérique. Parmi ces connaissances, il faut citer: l’utilisation des technologies mobiles
pour le financement, l’accès au marché, l’exploration d’approches d’assurance innovantes
et l’adoption de nouvelles approches de la gestion de l’eau et des terres arides (ODI, 2018).
Les leçons tirées de ces réponses d’adaptation à forte intensité de connaissances apportent
de nouvelles perspectives pour relier les contextes locaux, nationaux et régionaux tout
en embrassant les marchés et les partenariats intersectoriels innovants pour soutenir
l’adaptation et l’atténuation des changements climatiques au niveau local.

2.3 GESTION DURABLE INTÉGRÉE DES FORÊTS ET DES TERRES


D’après les deux sections précédentes, il est évident que la transformation de la gestion
des forêts et des arbres ainsi que la gestion intégrée des terres et des forêts à l’échelle du
paysage soient souhaitables, et soient en réalité parfois inclusent dans des interventions
transformatrices; il convient de noter que ces transformations multisectorielles
s’accompagnent de plusieurs obstacles structurels. Une des difficultés majeures est que
les pasteurs ou les agriculteurs des zones arides ne pratiquent pas traditionnellement
l’entretien des arbres ou des forêts ou n’ont pas les droits fonciers pour le faire. L’acceptation
et la compréhension d’une vision étendue des résultats diversifiés et l’adhésion locale
d’acteurs déjà vulnérables deviennent donc difficiles et peuvent échouer.
Les initiatives et les ressources devant soutenir les interventions commencent en
général par un objectif spécifique, qui souvent ne correspond pas à celui des communautés
locales, même si des co-bénéfices liés aux moyens de subsistance et aux activités locales
14 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

d’adaptation au climat sont prévus. La compensation climatique, REDD+2, le paiement


des services écosystémiques et la conservation de la biodiversité attirent des ressources
pour les interventions, mais peuvent marginaliser le rôle de la réduction de la pauvreté au
niveau local. La persistance de la pauvreté dans et autour des efforts de conservation et
de restauration du paysage peut réduire ou annuler les effets escomptés (Nambiar, 2019).
La compréhension et les capacités de gestion intégrée du paysage dans les forêts et
les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides doivent se développer davantage. De
nouvelles preuves démontrent que les efforts visant à réduire et inverser la dégradation
des terres fournissent le double dividende de la sécurité alimentaire et hydrique et peuvent
contribuer de manière substantielle à l’adaptation et à l’atténuation du changement
climatique. Ceci est particulièrement important, compte tenu des 4 milliards de personnes
qui vivront dans les zones arides d’ici 2050 (IPBES, 2018). Il a été démontré que le coût
de l’inaction en matière de dégradation des terres est au moins trois fois supérieur aux
investissements dans des initiatives de restauration en Asie et en Afrique, faisant de la
restauration un investissement judicieux (IPBES, 2018).
L’agroforesterie est une pratique qui peut combiner arbres, culture et élevage. De
nombreux systèmes agroforestiers reposent sur des pratiques traditionnelles, bien adaptées
aux contextes locaux. En effet, il existe une multitude de variétés locales et régionales,
et de possibilités d’utiliser et de modifier les systèmes pour accroître la diversité des
résultats et se connecter à la demande urbaine. En tant que telles, il a été démontré
que les pratiques émergentes et les actions de restauration profitent aux femmes et aux
communautés locales en s’appuyant sur les connaissances autochtones et locales et sur
l’action collective (UICN, 2017).
Le contexte est crucial. Delgado et al. (1999) décrivent l’émergence d’une «révolution
de l’élevage» propulsée par la pression qu’exercent l’augmentation de la population, la
dégradation des terres et l’augmentation de la demande de viande, entraînant le passage
de l’élevage nomade à l’élevage sédentaire, des stratégies de subsistance à l’inclusion
commerciale et de régimes collectifs à des régimes privés. De plus, ces changements
contribuent de manière significative aux GES3.
Comme décrit dans la section sur l’élevage ci-dessus, ces transformations sont en cours,
et ne produisent pas toujours les effets escomptés. Les zones arides contiennent de vastes
gammes d’aridité, de traditions culturelles et de régimes fonciers. Dans certains cas, les
systèmes enregistrent de petites améliorations dans le pastoralisme traditionnel existant
(zones plus sèches, pression démographique plus faible, etc.), tandis que d’autres régions
peuvent exiger des transformations plus complexes et diversifiées (pression démographique
plus élevée, climat permettant l’agroforesterie, plus proche du marché, etc.). Un exemple
de ce cas est la transformation du pastoralisme en élevage dans des enclos cycliques à
West Pokot, au Kenya (Nyberg et al., 2015). Les sols sont alors restaurés, le carbone est
accumulé par l’augmentation du couvert arboré et de la biodiversité, et la production
animale augmente, tandis que la perte des traditions collectives et les nouvelles relations
entre les sexes peuvent présenter de nouveaux défis.

2
REDD+: réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts et le rôle de la
conservation, de la gestion durable des forêts et de l’amélioration des stocks de carbone forestier dans
les pays en développement.
3
[Link]
15

3. Approche transformationnelle
attendue des forêts et des
systèmes agrosylvopastoraux en
zones arides qui permettra une
production alimentaire durable
et résiliente au climat

Nourrir une population mondiale croissante d’ici 2050, accueillir des produits
agricoles non alimentaires et atteindre les ODD d’ici 2030 ne sera pas possible sans
une transformation mondiale des systèmes de production alimentaire. Les forêts et
les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides devraient être le fer de lance de ces
efforts, car leur énorme potentiel pour réduire et inverser la dégradation des terres tout
en contribuant à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation et à des moyens
de subsistance durables joue un rôle central.
En tirant les leçons d’expériences et d’initiatives différentes, et étant donné que le
temps presse, il devient clair que des interventions apparemment isolées et de petite
taille dans les forêts et les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides peuvent
certainement faire partie d’une force collective de transformation si elles visent des
résultats communs de durabilité. L’approche, présentée dans la section suivante, devrait
permettre d’identifier, planifier, mettre en œuvre, surveiller, intensifier et partager des
interventions transformatrices réussies, à travers une variété d’échelles et de régions.
L’approche permet aux spécialistes, aux décideurs et aux décideurs politiques, aux
fonctionnaires, aux communautés, aux organisations de la société civile, au secteur
privé et aux autres parties prenantes intéressées et pertinentes d’évaluer la contribution
de leurs actions actuelles et prévues dans les zones arides et de les orienter vers une
durabilité sur le long terme.

3.1 APPROCHE SUGGÉRÉE DE LA DURABILITÉ: LE CRÉNEAU


De nombreuses études et rapports décrivent des pistes d’action pouvant mener à des
systèmes de production durables, et des recommandations ont été formulées à plusieurs
reprises en faveur du développement durable des systèmes socioenvironnementaux dans
les zones arides (MEA, 2005; Reynolds et al., 2007; Stringer et al., 2017). Il est malgré
tout nécessaire d’appliquer des approches simples et facilement réalisables pour accélérer
le contexte des systèmes de production des zones arides.
16 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est le modèle de


développement durable et de transformation des systèmes alimentaires et agricoles
qui doit mettre fin à la pauvreté et protéger la planète. Il souligne la nécessité d’un
travail intersectoriel intégré plaçant les personnes, la paix et la prospérité au centre des
préoccupations.
La vision commune de la FAO pour une alimentation et une agriculture durables
offre un cadre global pour une agriculture durable. Elle décrit cinq principes généraux
(encadré 5) qui guident les politiques et les actions stratégiques vers une agriculture
durable. Ces principes sont productifs, économiquement viables et écologiquement
rationnels et ils contribuent à l’équité.

Encadré 5. Les cinq principes de l’agriculture durable


1. L’amélioration de l’efficacité dans l’utilisation des ressources est cruciale pour une
agriculture durable.
2. La durabilité nécessite une action directe pour conserver, protéger et valoriser les
ressources naturelles.
3. Une agriculture qui ne parvient pas à protéger et à améliorer les moyens d’existence
ruraux, l’équité et le bien-être social n’est pas durable.
4. Une résilience accrue des personnes, des communautés et des écosystèmes est
essentielle à une agriculture durable.
5. Une alimentation et une agriculture durables nécessitent des mécanismes de
gouvernance responsables et efficaces.
Source: FAO (2014).

Les dix éléments agroécologiques récemment publiés (encadré 6) répondent aux


ambitions transformatrices du Programme 2030. Ces éléments, fondés sur une discipline
scientifique accompagnée d’un ensemble de pratiques et de mouvements sociaux qui
sont nécessaires de toute urgence pour la transition, sont décrits et visent à améliorer
les fonctions clés des systèmes alimentaires, en soutenant la production et les multiples
services écosystémiques.

Encadré 6. Les dix éléments de l’agroécologie


1. Diversité
2. Cocréation et partage des connaissances
3. Synergies
4. Efficacité
5. Recyclage
6. Résilience
7. Valeur humaine et sociale
8. Culture et traditions alimentaires
9. Gouvernance responsable
10. Économie circulaire et solidaire
Source: Barrios et al. (2020).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 17

L’approche transformationnelle proposée dans ce document soutient la vision


commune de la FAO pour une alimentation et une agriculture durables qui ouvrira
la voie à des résultats transformationnels dans les forêts et les systèmes de production
agrosylvopastoraux des zones arides (figure 2), comme détaillés ci-dessous:
• Les zones arides englobent des zones présentant de grandes différences climatiques
(c’est-à-dire avec des régimes de pluies bimodales vs unimodales), physiques,
environnementales et socioéconomiques (c’est-à-dire situées dans des pays à revenu
élevé, moyen ou faible). La structure de gouvernance, la stabilité politique et donc
les choix de durabilité peuvent varier considérablement selon les régions et les pays.
Par conséquent, les mesures visant à produire les changements souhaités dans des
délais raisonnables dépendront du contexte.
• L’approche contribue aux interactions de plusieurs ODD. La transition vers des
systèmes capables de fournir des aliments nutritifs, tout en minimisant les impacts
environnementaux et en répondant aux besoins des générations futures de manière
durable et équitable, pourrait contribuer à atteindre l’objectif Faim zéro (ODD 2), à
lutter contre les pénuries d’eau (ODD 6), à réduire les impacts climatiques (ODD 13),
et à protéger la vie dans l’eau et sur terre (ODD 14 et 15).
• Cette approche contribue à changer la façon dont les décisions sont prises, en passant
des décisions fondées sur des compromis (les avantages immédiats sont échangés contre
des coûts ultérieurs et compromettent ainsi la durabilité), à des décisions fondées sur
des synergies. Les décisions qui mettent l’accent sur les nouveaux systèmes d’innovation
technologique, l’utilisation stratégique des incitations économiques, les nouvelles
formes de gouvernance et les changements dans les comportements de consommation
alimentaire seront essentielles à la transition vers des systèmes alimentaires mondiaux
durables (United Nation, 2019) et sont nécessaires pour accroître la productivité sans
compromettre la base de ressources naturelles (FAO, 2018b).
• Elle appelle les gouvernements nationaux et infranationaux, les programmes, les
projets, les praticiens individuels et les experts à définir conjointement les indicateurs
qu’ils utiliseront pour mesurer les progrès de leurs propres interventions en vue des
transformations attendues, en fonction de la disponibilité des données, des conditions
nationales et locales spécifiques et de la nature de leurs interventions.
• L’approche intègre les questions de parité et les droits des peuples autochtones,
l’équité et les connaissances traditionnelles au cœur de son succès.
• L’approche est fondée sur des exemples et des initiatives réussis sur le terrain concernant
l’applicabilité des transformations attendues proposées, et les difficultés associées à
leurs compromis et synergies dans le contexte des écosystèmes les plus vulnérables
au changement climatique (GIEC, 2019).
Cette approche repose sur le principe de la gestion des zones arides en tant que
paysages multifonctionnels durables. L’intégration de critères économiques, sociaux
et environnementaux lors de la détermination des stratégies de planification spatiale et
temporelle de l’utilisation des terres est la meilleure opportunité pour garantir que ces
systèmes et leurs écosystèmes continuent à fournir des biens et des services, notamment la
production alimentaire pour une population croissante soumise au changement climatique,
18 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

tout en maximisant les avantages économiques pour les habitants des zones arides. La
concrétisation de l’approche est expliquée plus en détail au chapitre 5; ces informations
facilitent les efforts de mise en œuvre et incluent certaines sources pertinentes d’indicateurs
dans l’annexe 1, ainsi que d’autres ressources supplémentaires qui soutiennent la mise
en œuvre de l’approche.

Figure 2. Approche de la transformation des zones arides dans le contexte


de la vision commune de la FAO pour une alimentation
et une agriculture durables et les dix éléments d’agroécologie

Approche transformationnelle
destinée aux systèmes de production
Les cinq principes de Les dix éléments de
alimentaire des zones arides soumises
l’agriculture durable l’agroécologie
au changement climatique

L’amélioration de l’efficacité dans 1 Diversité


1 l’utilisation des ressources est cruciale
pour une agriculture durable. PILIER DE L’ÉCONOMIE DURABLE
2 Cocréation et partage
1 Investissement des connaissances

2 Chaîne de valeur évolutive


3 Synergies
La durabilité nécessite une action 3 Mécanismes d’assurance
applicable aux risques climatiques
2 directe pour conserver, protéger et
valoriser les ressources naturelles.
4 Efficacité
PILIER DE LA DURABILITÉ SOCIALE

Une agriculture qui ne parvient pas à 4 Équité 5 Recyclage


protéger et à améliorer les moyens
3 d’existence ruraux, l’équité et le 5 Gestion des risques de catastrophe
bien-être social n’est pas durable.
6 Inclusion, participation et autonomisation 6 Résilience

Une résilience accrue des 7 Valeur humaine et sociale


4 personnes, des communautés et
des écosystèmes est essentielle à PILIER DE LA DURABLITÉ ENVIRONNEMENTALE
une agriculture durable.
7 Efficience de l’usage des 8 Culture et traditions
ressources naturelles alimentaires
8 Restauration
9 Conservation et protection 9 Gouvernance
de l’écosystème responsable
Une alimentation et une agriculture
durables nécessitent des mécanismes
5 de gouvernance responsables et 10 Économie circulaire
efficaces. et solidaire

Gouvernance Politique Pratique


Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 19

3.2 L’APPROCHE DE LA DURABILITÉ


L’approche de la durabilité de ce chapitre se base sur la théorie classique de la durabilité.
Elle intègre neuf transformations attendues, à savoir les résultats les plus importants et
les actions collectives considérés par les experts comme les plus significatifs et les plus
urgents pour atteindre la durabilité des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux des
zones arides soumis au changement climatique.
Sur la base du processus de consultation expliqué plus haut dans ce document, les
experts ont été invités à hiérarchiser les transformations requises en les divisant en trois
transformations attendues liées à chacun des piliers classiques de la durabilité: économique,
social et environnemental. Ces informations guideront la planification, la mise en œuvre
et l’orientation des politiques, la gouvernance et les actions pratiques (figure 3). Dans le
contexte de cette approche, la transformation est considérée comme un processus dans
lequel une, ou une série d’actions/interventions crée(nt) une modification positive des
attributs fondamentaux des systèmes humains et/ou naturels, et ces changements sont
pérennisés. Elle exclut les gains ou les effets à court terme et transitoires. Les résultats
transformationnels positifs sont des améliorations réelles et durables dans différents
systèmes de production, l’accent étant mis sur les systèmes de production alimentaire
des zones arides et sur les populations qui en dépendent4.
L’approche intègre la parité hommes-femmes, les droits des peuples autochtones
et les connaissances traditionnelles au cœur de son succès. La mise en œuvre de
l’approche nécessite des efforts conjoints et une planification intégrée des gouvernements
nationaux et infranationaux, des praticiens individuels et des experts pour définir des
indicateurs complémentaires et transversaux qui mesurent les progrès de leurs propres
interventions en vue des transformations attendues. Ces calculs s’effectueront en fonction
de la disponibilité des données, des conditions nationales et locales spécifiques et de la
nature de leurs interventions. Pour faciliter leurs efforts, certaines sources pertinentes
d’indicateurs sont incluses dans l’annexe «Ressources supplémentaires», ainsi que dans les
autres ressources qui soutiennent la mise en œuvre de l’approche. Les sections suivantes
décrivent les neuf transformations attendues incluses dans l’approche et fournissent des
exemples d’actions à différentes échelles qui ont contribué à leur réalisation. Comme
on peut le déduire des études de cas, les interventions réussies peuvent produire des
résultats qui contribuent à la réalisation d’autres transformations.
La théorie classique de la durabilité et cette approche reposent sur le fait que les trois
piliers de la durabilité sont interconnectés. Par conséquent, les interventions politiques,
institutionnelles et pratiques individuelles et intégrées sur le terrain peuvent contribuer
positivement et/ou négativement et directement et/ou indirectement à une ou plusieurs
transformations attendues. Par souci de simplicité, chaque exemple présenté illustre les
aspects d’une intervention liés à une transformation spécifique attendue. En général,
les résultats des cas réussis contribuent à la réalisation d’autres transformations.

4
Adapté de la neutralité de la dégradation des terres (NDT) de la CNULCD et des définitions du
Programme national des Nations Unies pour le développement (PNUD) concernant le changement
transformationnel.
20 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Figure 3. Approche transformationnelle destinée aux systèmes de production alimentaire


des zones arides soumises au changement climatique

la durabilité financ
er de ière
Pili

CHAÎNES DE VALEUR
ÉVOLUTIVES
MÉCANISMES
INVESTISSEMENT
D’ASSURANCE
APPLICABLE AUX
RISQUES CLIMATIQUES
2
1
3
CONSERVATION
l’environ ement

ET PROTECTION
DE L’ÉCOSYSTÈME
9 INTERVENTIONS DANS
LES DOMAINES DES POLITIQUES,
4
n

ÉQUITÉ
DE LA GOUVERNANCE
ET DES PRATIQUES
8
5
de

RESTAURATION
ilité

7 GESTION DES RISQUES

Pil
6
b

DE CATASTROPHE
ra

ie
du

r de

EFFICIENCE DE L’USAGE
la

la

DES RESSOURCES INCLUSION,


de

du

NATURELLES PARTICIPATION
er

ra
li ET AUTONOMISATION bi
Pi lit
é
so
cia
le

L’approche propose des interventions politiques, institutionnelles (gouvernance) et des


interventions pratiques mises en œuvre à l’échelle locale, infranationale ou nationale, et
contribue directement à un ensemble limité de transformations attendues définies sous
chacun des trois piliers classiques de la durabilité (tableau 1).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 21

Tableau 1. Piliers de la durabilité


PILIERS DE LA DURABILITÉ TRANSFORMATIONS ATTENDUES
Pilier économique Transformation attendue 1 (Investissement): Augmentation des
investissements dans les systèmes de production durables des zones
arides et les moyens de subsistance associés grâce à la collaboration du
gouvernement, du secteur privé et d’autres acteurs.
Transformation attendue 2 (Chaînes de valeur évolutives): Généralisation
des chaînes de valeur durables des produits des zones arides.
Transformation attendue 3 (Assurance risque climatique): Accès égal et
inclusif garanti aux mécanismes d’assurance contre les risques climatiques
pour les populations dépendant des systèmes agrosylvopastoraux des
zones arides.
Pilier social Transformation attendue 4 (Équité): Amélioration du bien-être social et de
l’équité des moyens de subsistance tributaires des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux en zones arides.
Transformation attendue 5 (Gestion des risques de catastrophe): Les
conditions de vie des populations dépendant des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux des zones arides sont protégés contre les chocs
climatiques, les catastrophes et les conflits.
Transformation attendue 6 (Inclusion, participation et autonomisation):
Participation et autonomisation des populations dépendant des forêts et
des systèmes agrosylvopastoraux en zones arides dans tous les processus
de prise de décision et de mise en œuvre en matière d’adaptation et
d’atténuation.
Pilier environnemental Transformation attendue 7 (Efficience de l’usage des ressources
naturelles): Utilisation efficace des ressources naturelles des zones arides
pour assurer la disponibilité à long terme des services écosystémiques
soumis au changement climatique.
Transformation attendue 8 (Restauration): Restauration des écosystèmes
dégradés et arrêt de la déforestation pour réduire l’impact du changement
climatique sur les processus de dégradation des terres.
Transformation attendue 9 (Conservation et protection des écosystèmes):
Écosystèmes et biodiversité des zones arides conservés et protégés
pour maintenir les fonctions de l’écosystème et la fourniture durable et
équitable subséquente des biens et des services écosystémiques soumis
au changement climatique (en incluant le service de séquestration du
carbone).

Les sections suivantes décrivent les neuf transformations prévues incluses dans
l’approche et fournissent des exemples d’actions à différentes échelles qui ont contribué
à leur réalisation.

Pilier de la durabilité économique


Les zones arides ont longtemps été marginalisées et exclues des investissements
publics et des politiques de développement économique et social (Mortimore et al.,
2009). Cela a entraîné, en particulier en Afrique et en Asie, une faible croissance
économique, le sous-développement, la pauvreté et des pénuries persistantes de nourriture
et d’énergie. Les populations qui dépendent pour leur subsistance des forêts et des
systèmes agrosylvopastoraux en zones arides, sont confrontées à des chocs climatiques
fréquents et de plus en plus graves sans disposer des capacités ou du soutien nécessaire
pour y faire face et se remettre des pertes économiques. De plus, la productivité des zones
arides décline (environ 23 hectares par minute) en raison de la gravité de leur dégradation.
22 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Simultanément, elles enregistrent des changements démographiques importants, avec


une urbanisation rapide et une croissance démographique plus rapide que toute autre
zone écologique (CNULCD, 2019). Les zones arides ont également certains des taux de
chômage des jeunes les plus élevés au monde, en particulier dans la région du Moyen-
Orient et de l’Afrique du Nord (MENA), avec un taux de chômage de 30 pour cent en
2017 (Banque mondiale, 2018).
Malgré cela, des études récentes sur la résilience climatique et le développement
économique montrent que les systèmes de production alimentaire en zones arides
apportent une contribution majeure aux économies nationales et régionales et sont
capables de stimuler le développement économique (ODI, 2018). Par exemple, Behnke
et Muthami (2011) ont révisé à partir du recensement de 2009 les estimations des forêts
des zones arides du Kenya et du cheptel extensif agrosylvopastoral et ont constaté que
la contribution de l’élevage au PIB national était de 13 pour cent et représentait 43 pour
cent du PIB agricole. Il s’agit d’une contribution de 4 milliards de dollars EU par rapport
aux estimations officielles précédentes de 1,6 milliard de dollars EU, démontrant les
sous-estimations des chaînes de valeur des zones arides dans une économie nationale.
Compte tenu des défis actuels et futurs, la transition vers des systèmes de production
alimentaire durables dans les zones arides nécessite des investissements et un environnement
politique propice pour que les interventions: a) augmentent la productivité agricole tout
en réduisant le risque de chocs environnementaux et économiques; b) créent de réelles
opportunités pour un développement économique inclusif et résilient au climat basé sur
la production alimentaire et sur des moyens de subsistance non agricoles qui fournissent
des ressources que les habitants des zones arides destineront aux investissements fonciers;
et c) prennent en considération la préservation et la durabilité à long terme des systèmes
biologiques, sociaux et culturels. Si ces interventions sont cocréées avec les communautés
sur la base de principes de responsabilité, d’équité, de transparence et d’état de droit (FAO,
2014), elles devraient produire des résultats transformationnels. L’approche comprend les
trois transformations attendues proposées ci-dessous qui guideront ces interventions.

Transformation attendue 1 (investissement): Augmentation des investissements dans les


systèmes de production durables des zones arides et les moyens de subsistance associés
grâce à la collaboration du gouvernement, du secteur privé et d’autres acteurs.

Compte tenu du changement climatique, les opportunités les plus importantes pour
nourrir et fournir des ressources biologiques à une population en croissance rapide
reposent sur «l’intensification durable» économique, sociale et environnementale de
la production dans les pâturages, les forêts et les terres cultivées existants. Dans la
pratique, cela implique la création de conditions propices à la gestion des facteurs de
risque environnementaux et économiques et à l’adoption des pratiques et des innovations
technologiques les plus appropriées pour combler les écarts de rendement (obtenir les
rendements maximums possibles). Les innovations technologiques axées sur les défis
environnementaux des zones arides et l’amélioration de la gestion des terres comprennent,
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 23

entre autres, la sélection végétale et animale, la manipulation génétique, les technologies


d’irrigation efficaces, les systèmes de lutte antiparasitaire, les produits agrochimiques
adaptés à une utilisation en agroforesterie, ainsi que les mégadonnées et les technologies
informatiques qui permettent de mieux gérer et surveiller les ressources. L’adoption et
l’utilisation de ces technologies, adaptées aux besoins des zones arides, peuvent générer
les gains les plus significatifs dans les zones présentant les écarts de rendement les plus
importants. Cependant, la durabilité des systèmes agricoles des zones arides qui adoptent
ces changements dépendra de la garantie que les technologies sont correctement utilisées
ou qu’elles ne compromettent pas la base de ressources naturelles. En outre, si ces systèmes
d’utilisation des terres doivent contribuer à la durabilité et réduire le stress subi par les
forêts et les systèmes agrosylvopastoraux des zones arides, ils ne doivent pas être mis en
œuvre au détriment de la nourriture et des moyens de subsistance des ruraux pauvres.
Dans tous les domaines, et en particulier lorsque les circonstances économiques ne
permettent pas d’adopter les innovations technologiques comme décrites ci-dessus,
l’augmentation de la productivité et la réduction des risques peuvent être résolues en:
• améliorant les techniques de collecte des eaux pluviales, notamment en adoptant une
gestion locale du ruissellement;
• diversifiant les systèmes de culture, de l’agroforesterie et des pratiques d’agriculture
de conservation;
• plantant des arbres pour assurer la couverture du sol et l’alimentation du bétail toute
l’année et réduire les effets du vent sur les champs agricoles.
Ces interventions peu coûteuses, souvent dérivées des connaissances traditionnelles,
peuvent être reproduites, développées et adoptées par les petits exploitants et ont des
impacts régionaux, en termes de conservation des sols et de l’eau, de sécurité alimentaire
et de génération de revenus.

Bien que les impacts démontrés soient importants et que l’utilisation de certaines
pratiques pour l’intensification durable de l’agriculture puisse commencer au niveau de
chaque agriculteur, l’accélération de l’adoption et la généralisation des avantages de ces
mesures sont subordonnées à un soutien politique et financier. Par exemple, en Éthiopie,
les dépenses consacrées à la recherche agricole ont vu la production de lentilles doubler
entre 2000 et 2014. Aujourd’hui, 20 pour cent des agriculteurs éthiopiens bénéficient
de la culture de variétés de lentilles améliorées, dont le rendement a pratiquement
doublé, tout en utilisant la même superficie de terre et de plus petites quantités d’engrais
(ICARDA, 2015).
Dans les régions et les pays où des investissements dans la recherche agricole pour
le développement ont été réalisés, des progrès significatifs ont été accomplis dans le
domaine de l’amélioration de l’efficacité des systèmes d’agroforesterie et de production
agricole des zones arides. Les impacts se sont fait sentir au-delà du niveau immédiat de
l’exploitation, soutenant le développement des chaînes de valeur, des agro-industries
et des emplois associés, et améliorant les moyens de subsistance et la stabilité globale
dans les zones arides.
24 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Les sources financières éventuelles qui seraient à même de promouvoir l’adoption de


technologies, de pratiques et de mécanismes pouvant augmenter la production tout
en réduisant les risques climatiques et économiques sont les suivants: les budgets
nationaux, les donateurs et les agences de développement et des sources plus innovantes,
comme le secteur privé et les marchés du carbone. Les interventions et les investissements
intelligents face au changement climatique pourraient se traduire par des revenus plus
élevés et plus sûrs pour 87 millions de personnes vivant dans les zones arides, tout en
réduisant la dégradation des terres sur près de 11 milliards d’hectares (CGIAR, 2012).

Encadré 7. Mécanisme des Forêts & Paysans (FFF)


Le FFF est un partenariat entre la FAO, l’Institut international pour l’environnement et
le développement, l’Union internationale pour la conservation de la nature et AgriCord.
Il fournit un soutien aux Organisations de producteurs forestiers et agricoles (FFPO),
qui comprennent des femmes et des hommes, des familles de petits exploitants, des
peuples autochtones et des communautés locales, à savoir ceux qui ont des relations
solides avec les forêts et les exploitations agricoles dans les paysages forestiers. Le
FFF vise à renforcer leurs compétences techniques et à autonomiser les FFPO en tant
que principaux agents du changement vers des paysages résilients au climat, une
sécurité alimentaire améliorée et des moyens de subsistance. Le FFF travaille avec
les gouvernements pour développer des mécanismes intersectoriels et des processus
politiques, avec la contribution des populations rurales. Son mandat unique est de
soutenir et de renforcer les FFPO qui travaillent dans les forêts et les exploitations
agricoles afin de représenter et de fournir des services à leurs membres et de remplir
leur rôle en tant que mécanismes pour atteindre les ODD dans les paysages forestiers
et agricoles.
En Bolivie (État plurinational de), la protection civile a averti que 100 000 ménages
(500 000 personnes) pourraient être touchés par les précipitations excessives et
la sécheresse dans 109 municipalités. Quatre-vingt-quatorze organisations et 28
groupements de producteurs (y compris des groupements de femmes) ont été formés
pour améliorer leurs systèmes de production, de suivi et de commercialisation face aux
changements climatiques. Parmi ces organisations, 32 d’entre elles ont réussi à ajouter de
la valeur à leur marché de produits et à augmenter les revenus des membres de la FFPO.
Source: Site web de la FFF: [Link]

Il est essentiel de tirer parti des investissements du secteur privé pour augmenter les
opportunités financières destinées à un système de production durable. En Inde, la
Révolution verte a commencé il y a cinquante ans et devait renforcer le rôle du secteur
privé avec un effet positif sur les filières de l’agriculture et des terres arides. Le secteur
privé a joué un rôle majeur dans la commercialisation et la diversification du secteur
de la production agricole avec la production de fruits, de produits laitiers et de plantes
médicinales. Cette transition vers les secteurs à valeur élevée a entraîné une baisse de
l’indice numérique national de la pauvreté, qui est passé de 45,3 pour cent en 1993 à
21,9 pour cent en 2011 (Indicateurs du développement mondial, Banque mondiale).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 25

Transformation attendue 2 (chaînes de valeur évolutives): Généralisation des chaînes


de valeur des produits durables des zones arides.

Les investissements dans les zones arides peuvent stimuler le développement économique,
mais cela nécessite un changement de perception. Les zones arides perçues comme des
régions problématiques doivent être maintenant reconnues comme porteuses d’opportunités
avec des points d’entrée favorables aux investissements et aux actions. Il est essentiel de
tirer parti du potentiel économique des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux des
zones arides. Cela nécessite des politiques et des investissements dans les infrastructures
de base nécessaires, un meilleur accès aux transports, aux services publics, aux installations
de stockage, aux infrastructures de marché et aux informations sur le marché. Les
routes, par exemple, améliorent la connectivité des zones rurales avec les centres urbains
et les marchés, réduisent les pertes de produits agricoles, offrent des opportunités de
moyens de subsistance alternatifs, d’emplois formels et de revenus pour les populations
rurales. En Indonésie, pour ne citer qu’un cas, des données empiriques montrent que les
investissements dans les routes ont amélioré l’efficacité et l’efficience de la croissance
économique provinciale et ont réduit la pauvreté: chaque 1 pour cent de croissance du
PIB provincial a entraîné une baisse de l’incidence de la pauvreté de 0,33 pour cent dans
les provinces où les «routes étaient bonnes» et de 0,09 pour cent dans les provinces où
les «routes étaient mauvaises» (Gertler et al., 2014).

La plupart des chaînes de valeur des zones arides sont confrontées à des défis
institutionnels, de gouvernance, de politique et de développement qui limitent
leur potentiel de bénéfices économiques plus élevés fournis à travers l’accès au
marché et à la valeur ajoutée. Ces problèmes sont liés au développement et à la
gestion des ressources en eau, au régime foncier, aux services de vulgarisation,
au développement et au transfert de technologie, au financement rural et à
l’accès aux bénéfices sur les marchés terminaux.

Le changement climatique aura des impacts significatifs sur l’activité économique et


les chaînes de valeur, les acteurs économiques étant de plus en plus contraints de modifier
leurs systèmes de production pour maintenir leurs capacités de production dans des
conditions en évolution rapide. Le changement climatique peut également ouvrir de
nouvelles perspectives aux personnes et aux entreprises dans les forêts et les systèmes
agrosylvopastoraux des zones arides, en offrant la possibilité de créer de nouveaux
produits et services, de développer de nouveaux marchés et d’accéder à de nouveaux
flux de financement et mécanismes de financement.

Les forêts et les systèmes agrosylvopastoraux en zones arides apportent une


contribution significative aux économies nationales des pays en développement.
Par exemple, le secteur de l’élevage et les éleveurs pastoraux au Kenya et au Sénégal
contribueraient respectivement de 5 à 10 pour cent du PIB total et de 15 à 40 pour cent
de la valeur ajoutée de l’agriculture au Sahel et dans la Corne de l’Afrique (ODI, 2018).
26 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

En Afrique de l’Est et de l’Ouest, le bétail soutient 70 pour cent des populations rurales
des zones arides (de Haan et al., 2016). Le commerce transfrontalier des produits des
zones arides est essentiel à l’intégration régionale et à la mobilité. Ainsi, l’Overseas
Development Institute (ODI) (2018) estime qu’entre le Burkina Faso et le Mali, la valeur
du commerce du bétail était estimée à au moins 120 millions de livres sterling par an
et le commerce du bétail dans la Corne de l’Afrique à environ 660 millions de livres
sterling rien qu’en 2010 (Kamuanga et al., 2008; Catley, 2017). La gomme arabique est
une source importante de devises fortes au Soudan qui fournit environ 60 pour cent
de l’approvisionnement mondial (Koli et al., 2013). Elle est principalement produite
par des agriculteurs ruraux dans les zones agricoles traditionnelles pluviales, qui sont
parmi les régions les plus pauvres et les plus exposées à l’insécurité alimentaire du pays
(Couteaudier, 2007). Malgré tout, la gomme arabique fournit de la nourriture et, grâce
aux emplois qu’elle génère, des avantages économiques de grande portée tout au long de
la chaîne de valeur. L’agro-industrie en Afghanistan illustre également l’importance des
filières des zones arides, qui représentent 90 pour cent de la production manufacturière
totale du pays, dominée par les petites et moyennes entreprises qui dépendent des intrants
bruts des zones arides du pays (Word Bank, 2014). Dans la région de la forêt de Kelka au
Mali, on estime qu’un investissement d’un dollar dans le reboisement et l’agroforesterie
générera un bénéfice de 6 dollars pour les agriculteurs locaux et mondialement un
bénéfice de 13 dollars en raison de la séquestration du carbone sur un horizon temporel
de 25 ans (UICN-ELD, 2015).
Les filières des matériaux de construction produits de manière durable ont un grand
potentiel de développement national. Les augmentations substantielles de la construction
de logements entraînent, dans de nombreux cas, une augmentation rapide des importations
de bois et entretiennent l’utilisation illégale et non durable des dernières forêts naturelles,
à moins que des filières évolutives puissent être créées partant de la production rurale
locale et dirigée vers les besoins urbains. Les conditions préalables permettant que cela
se réalise sont les suivantes : des incitations à la diversification de l’utilisation des terres
ainsi qu’un esprit d’entreprise axé sur la transformation utilisant des produits de qualité
suffisante pour concurrencer les importations.

L’importance du potentiel de croissance socioéconomique des chaînes de valeur des


zones arides peut soutenir la transformation des zones arides. Le Cadre politique pour
le pastoralisme en Afrique cherche à protéger la vie, les moyens de subsistance et les droits
des peuples pastoraux et à renforcer la contribution de l’élevage pastoral aux économies
nationales, régionales et continentales, et définit des stratégies pour le développement
des chaînes de valeur de l’élevage. Par ailleurs, la Stratégie de développement de l’élevage
de l’Union africaine pour l’Afrique5 (LiDeSA) 2015-2035 reconnaît que le secteur de
l’élevage peut conduire à une croissance annuelle soutenue du PIB agricole d’au moins
6 pour cent. Le secteur représente donc un potentiel de transformation en termes d’emploi,
de sécurité alimentaire et de services écosystémiques (Neely et al., 2009). Au Zimbabwe,
depuis les années 1980, le secteur agricole est dominé par les petits exploitants agricoles,
cultivant en moyenne 1 hectare par ménage et produisant en moyenne 0,4 à 0,6 tonne

5
[Link]
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 27

de maïs (LFSP, 2017), dont jusqu’à 30 pour cent sont perdus en raison de mauvaises
technologies et pratiques après récolte. La forte dépendance à l’agriculture pluviale de
subsistance rend donc une grande majorité de la population rurale vulnérable aux chocs
climatiques et aux facteurs de stress saisonniers.

Alors que les chaînes de valeur des zones arides sont vulnérables et exposées aux
risques climatiques, les capacités d’adaptation inhérentes peuvent fournir la base
d’un développement économique résilient au climat et durable. Des études récentes
indiquent que les combinaisons d’intégration horizontale (c’est-à-dire création d’emplois
dans les industries des services financiers et de santé animale) et verticale (c’est-à-dire
amélioration de la qualité du bétail et transformation du bœuf en morceaux de qualité
supérieure) permettraient d’augmenter la productivité au sein des secteurs, tout en offrant
des opportunités de diversification vers des secteurs connexes. De meilleures incitations
gouvernementales pour les PFNL, tels que la gomme arabique, peuvent offrir un double
dividende en contribuant à réduire l’érosion, la dégradation des sols et, par conséquent,
à augmenter la fertilité des exploitations.
L’initiative d’écologisation de la chaîne de valeur du charbon de bois (FAO, 2017) vise
à passer à un système de production plus durable, qui atténue le changement climatique
en promouvant la restauration des forêts et des pratiques d’approvisionnement durables.
Cela comprend également l’amélioration des pratiques et des processus de carbonisation
(par exemple, l’augmentation de l’efficacité des fours) qui pourrait profiter à plus de
40 millions de personnes dans le monde qui sont impliquées dans la production
commerciale de bois de feu et de charbon de bois, avec une augmentation durable des
revenus conduisant à des moyens de subsistance améliorés. Les pays africains pourraient
potentiellement réinvestir 1,5 à 3,9 milliards de dollars EU dans l’écologisation de la
chaîne de valeur du charbon de bois à partir des revenus annuels actuellement perdus
en raison du manque de réglementation dans le secteur (FAO, 2017).
Les interventions qui contribuent à la réalisation de cette transformation attendue
comprennent celles liées au renforcement des filières existantes et au soutien du
développement de nouvelles chaînes de valeur, ainsi que le ciblage des facteurs limitants
actuels. Cependant, il faut tenir compte des coûts qu’impliquera la généralisation des
systèmes de production rentables pour la base des ressources naturelles, et ne pas ignorer
la vie et les moyens de subsistance des producteurs pour éviter des résultats inadaptés.
Par exemple, au Tadjikistan, une demande croissante de produits carnés a conduit à une
augmentation de 45 pour cent de la production animale entre 2011 et 2016. L’élevage
représente plus de 30 pour cent du revenu total des produits agricoles et fournit une
source directe de revenus pour plus de 4 millions de personnes dans les zones rurales.
Néanmoins, la chaîne de valeur de l’élevage est très réglementée, le Gouvernement
déterminant le lieu des activités des éleveurs et le nombre de personnes autorisées à
être éleveurs. Bien que le secteur ait un potentiel de croissance économique à court
terme, sa durabilité à long terme est remise en question par la dégradation des terres et
le changement climatique (étude de cas 1).
28 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Étude de cas 1. Résilience climatique par le biais de chaînes de valeur durables.


Élevage au Tadjikistan
Le Tadjikistan est le pays le plus vulnérable au climat de la région Europe et Asie centrale
(EAC), en raison de ses structures sociales et économiques dont la productivité est relativement
faible et de sa faible capacité d’adaptation. Le pays est enclavé, couvre une superficie de 143
000 kilomètres carrés et 93 pour cent de sa superficie est montagneuse. Les taux de pauvreté
élevés parmi les communautés rurales au Tadjikistan augmentent leur vulnérabilité aux chocs
et aux stress climatiques, situation qui est encore aggravée par l’insécurité alimentaire, les
pourcentages élevés de migration de main-d’œuvre et la fourniture insuffisante de services.
Les effets cumulatifs des catastrophes climatiques répétées ont un impact sur les populations
pauvres et vulnérables, limitant gravement l’amélioration de leurs capacités d’adaptation.
L’économie du Tadjikistan est extrêmement vulnérable aux risques naturels, avec 20 pour cent
du PIB exposé aux aléas (PAM, 2017). Le pays est affecté par l’érosion des sols, la salinisation,
les inondations et la déforestation. La dégradation des terres, la hausse des températures et
l’aridité sont devenues un problème critique et une préoccupation pour l’avenir. Les besoins
en eau pour l’irrigation des cultures de base sont susceptibles d’augmenter de 20 à 30 pour
cent par rapport aux conditions actuelles (PAM, 2017).
Le pastoralisme est stratégiquement important et constitue une industrie en croissance pour
le pays, représentant plus de 32 pour cent du revenu total des produits agricoles, assurant la
sécurité alimentaire et étant une source directe de revenus pour plus de 4 millions de personnes
dans les zones rurales. L’augmentation de la demande de consommation de viande a conduit
à une augmentation de la production de 45 pour cent entre 2011 et 2016. L’information sur le
marché et l’intégration sont faibles, et les éleveurs s’appuient sur des canaux de communication
informels pour soutenir les décisions d’achat et de rendement. La chaîne de valeur de l’élevage
est très réglementée, le Gouvernement déterminant le nombre d’éleveurs et leurs activités.
Si la croissance du secteur de l’élevage est considérée comme prometteuse, les questions
de durabilité à long terme doivent être prises en compte, en particulier dans le contexte du
changement climatique. Les producteurs rapportent que les changements de fréquence et
d’intensité des précipitations qui ont caractérisé ces dernières années, ont affecté leurs activités.
Par exemple, en 2017, le Tadjikistan a reçu 130 à 140 pour cent de ses précipitations annuelles
moyennes en un nombre de jours inférieur à celui de la moyenne annuelle. Avec cinq grandes
périodes de sécheresse depuis 2000 et des systèmes d’alerte précoce fragiles, les producteurs
considèrent également les sécheresses, les vagues de chaleur et la disponibilité insuffisante
de l’eau comme des risques importants.
Pour adapter et atténuer les effets néfastes du changement climatique sur la production, les
agriculteurs ont identifié des problèmes spécifiques et des services associés qui pourraient être
améliorés. Par exemple, ils ont signalé l’état insatisfaisant des pâturages en raison de niveaux
élevés de dégradation, de faibles rendements en foin et de la formation de ravins. Ils considèrent
l’accès à l’eau à longueur d’année comme un problème crucial et réclament un changement
dans la disponibilité limitée des services de soutien tels que le soutien vétérinaire. En outre, ils
expliquent que les taux d’intérêt élevés rendent l’accès aux organismes de crédit impossible.
Les recommandations suivantes favorisent la transformation de la chaîne de valeur en vue
d’assurer la durabilité du secteur de l’élevage au Tadjikistan face au changement climatique:
• adoption de mesures destinées à restaurer et améliorer l’état des pâturages,
avec des inventaires des zones de pâturage actuelles;
• soutien aux initiatives de restauration et de régénération des pâturages, ainsi
qu’à l’élaboration et à la mise en œuvre de plans de gestion du calendrier
et de l’utilisation des pâturages. Il est impératif de soutenir ces mesures
auprès des institutions et réglementations locales et par le biais des autorités
gouvernementales;
• efficacité accrue du secteur de l’élevage; une transformation et une utilisation
efficaces du bétail augmenteraient considérablement la rentabilité du secteur
et réduiraient les déchets;
• garantie de l’accès aux services financiers, d’information et climatiques pour
l’adaptation. Cela comprend les systèmes d’alerte précoce et les prévisions
météorologiques saisonnières à superposer aux plans de gestion des ressources
pastorales et naturelles.
Source: ODI (2018).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 29

Transformation attendue 3 Mécanismes d'assurance des risques liés au climat: Accès


égal et inclusif garanti aux mécanismes d’assurance contre les risques climatiques
pour les populations dépendant des systèmes agrosylvopastoraux des zones arides.

Les stratégies de subsistance des communautés des zones arides ont évolué au fil de
l’histoire en s’adaptant aux pénuries d’eau et aux conditions météorologiques imprévisibles.
Cependant, les anciens problèmes sont désormais exacerbés par des combinaisons de
facteurs sociaux, économiques, politiques et environnementaux, notamment par la
croissance démographique, la dégradation des terres et le changement climatique, qui
mettent à l’épreuve la résilience des stratégies de vie traditionnelles et des systèmes de
production alimentaire en zones arides. Le renforcement des capacités actuelles et futures
des populations des zones arides, en particulier les pauvres, à anticiper et à prendre des
mesures adéquates pour éviter, faire face ou se remettre des chocs devrait être une priorité.
L’assurance est un outil essentiel qui fournit un flux de capitaux qui aide les communautés
et les infrastructures à se remettre des catastrophes. Sans assurance adéquate, le fardeau
du paiement des pertes incombe principalement aux individus, aux gouvernements ou
aux organisations d’aide, avec un impact significatif sur les budgets nationaux déjà serrés
et des difficultés économiques et sociales pour les personnes touchées (Jarzabkowski et
al., 2019). À mesure que les événements météorologiques extrêmes deviennent de plus
en plus fréquents, le rôle et les avantages de l’assurance dans le transfert des risques liés
aux catastrophes associées à des dangers à évolution lente et rapide sont de plus en plus
reconnus. Toutefois, il existe encore des lacunes en ce qui concerne le développement
des services d’assurance pour les populations à faible revenu. Ces insuffisances sont en
partie attribuables au fait que les assureurs ne peuvent pas quantifier les risques associés
aux moyens d’existence, tels que les risques agricoles dans les régions où l’imprévisibilité
des précipitations prévaut ou bien où il est prévu que le changement climatique ait des
impacts à la fois importants et incertains sur le long terme (Jarzabkowski et al., 2019).
Les avantages de l’assurance vont au-delà de l’indemnisation et du recouvrement. Les
systèmes d’assurance peuvent contribuer à une compréhension plus large des risques
liés au climat et aider à promouvoir des mesures que les individus et les communautés
peuvent adopter pour améliorer leur protection contre les catastrophes liées au changement
climatique. Par exemple, l’expertise de l’assurance en matière d’évaluation des risques
permet de présenter des arguments économiques en faveur d’une gestion saine des
écosystèmes, de marchés stables, d’infrastructures, de systèmes d’alerte précoce et d’autres
interventions fondées sur la résilience qui peuvent réduire l’étendue des catastrophes
dans les pays et les régions. L’assurance joue donc un rôle dans le soutien des moyens
de subsistance, la conservation et la réhabilitation des écosystèmes, en soutenant
les allocations gouvernementales aux programmes de renforcement de la résilience
intelligente face au climat des zones arides, ainsi que dans la stabilisation des chaînes de
valeur clés. De plus, en tant qu’approche de gestion des risques, l’assurance renforce la
résilience socioéconomique dans un climat changeant (Jarzabkowski et al., 2019). Cela
est particulièrement pertinent dans les zones arides, où les interventions humanitaires et
l’aide d’urgence sont souvent arrivées trop tard ou ont été inappropriées, ce qui nuit encore
davantage au développement des régions touchées par les catastrophes. L’amélioration de
l’accès à l’assurance, en particulier aux régimes d’assurance indexés, peut conduire à une
30 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

plus grande inclusion et à une répartition plus équitable des prestations, en répondant
aux problèmes d’équité et aux besoins des plus vulnérables, notamment des femmes et
des enfants (Fisher et al., 2019). Néanmoins, les programmes d’assurance formels ne
remplacent pas et ne doivent pas saper les mécanismes d’adaptation traditionnels.
Des études récentes ont montré que les mécanismes de transfert des risques dans
les zones arides, tels que l’assurance et les transferts monétaires, pouvaient aider les
ménages à maintenir leurs stratégies de subsistance, à faire des investissements dans la
productivité et à réduire les stratégies d’adaptation négatives. Autant de mesures qui
ont toutes eu un effet d’entraînement sur la nutrition et la santé.
Au Kenya par exemple, CARE International a soutenu le test pilote réussi d’un
système de microassurance indicielle pour le bétail destiné aux éleveurs migrateurs.
Parmi les avantages du programme pilote, où des techniques de télédétection ont été
utilisées pour mesurer la disponibilité des pâturages et prédire la mortalité du bétail, il
faut mentionner une réduction de 36 pour cent de la probabilité de vente en catastrophe
du bétail et une réduction de 25 à 36 pour cent de la probabilité de réduction des repas
en tant que stratégie d’adaptation pendant les années de sécheresse. Pendant les années
sans sécheresse, les ménages bénéficiant d’une couverture d’assurance ont augmenté leurs
investissements dans les services vétérinaires et de vaccination. Ce projet a contribué au
déploiement d’un programme d’assurance à grande échelle financé par le Gouvernement
(Baumgartner et Richards, 2019).
En Mongolie, le projet d’assurance indicielle pour le bétail (IBLI, d’après Index-
Based Livestock Insurance) a empêché des milliers de ménages de pasteurs nomades de
sombrer dans une misère extrême en raison de l’impact sur leurs troupeaux d’événements
météorologiques extrêmes tels que le dzudz6 . Ce régime d’assurance lancé par le
Gouvernement de la Mongolie permet des paiements automatiques aux assurés dans les
zones géographiques où les conditions relatives aux seuils de mortalité ont été atteintes.
L’assurance indicielle a réduit les coûts de transaction tout en atteignant les populations
des régions éloignées et sous-peuplées où l’assurance traditionnelle n’est pas disponible.
Alors que l’IBLI répond aux besoins de réduction des risques climatiques de plus de
15 000 éleveurs, le succès de sa mise en œuvre a également révélé les difficultés associées à
l’assurance des populations pauvres dans des conditions climatiques et environnementales
de plus en plus incertaines. Il s’agit notamment de concevoir des produits d’assurance
qui répondent aux besoins des bénéficiaires et tiennent compte des différences entre
les femmes et les hommes, qui soient avantageux à la fois pour les bénéficiaires et les
compagnies d’assurance et qui reposent sur de solides partenariats public-privé. Les
campagnes de sensibilisation et d’éducation pour stimuler la demande ont en outre été
essentielles au succès de ce programme (DeAngelis, 2013).
Le recours à une assurance indicielle climatique a contribué à garantir les moyens de
subsistance des agriculteurs et des éleveurs à faible revenu en leur donnant les moyens
de faire face au risque du changement climatique (FAO, 2015a). Le partenariat du
mécanisme de gestion des risques météorologiques au Sénégal a formé 69 organisations

6
Les dzudz sont des hivers extrêmes en Mongolie, caractérisés par des températures très basses et des
conditions de neige qui entraînent des pertes massives de bétail et de production agricole
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 31

paysannes de Kdola et Tambacounda à l’assurance indicielle et à la gestion des risques.


En conséquence, 1 594 agriculteurs ont été assurés et ont reçu des paiements en raison
des faibles précipitations en 2015 et 2016, ce qui a eu un impact plus important sur la
sécurité alimentaire des petits exploitants pauvres et des femmes (IFAD-WFP, 2018).

Pilier de la durabilité sociale


Les habitants des zones arides qui vivent dans certains des environnements les plus
variables et imprévisibles du monde, ont mis au point des stratégies et des institutions qui
leur ont permis de faire face à la variabilité et d’en tirer parti pour soutenir leurs moyens
de subsistance, leurs sociétés et leurs écosystèmes. Au cours des dernières décennies,
nombre de ces institutions et pratiques coutumières séculaires ont été négativement
affectées par les frontières nationales et les changements des politiques mises en œuvre
par les organisations nationales et régionales qui ont mal saisi les synergies entre les
sociétés locales, la variabilité et les handicaps des zones arides. Par exemple, les pasteurs en
Afrique ont connu des processus de marginalisation continue à travers une succession de
politiques qui ont eu un impact sur le régime foncier, la mobilité et qui, dans de nombreux
cas, ont négligé les besoins de développement (Catley, 2017). Au Niger et au Soudan,
les politiques forestières restrictives dans le passé ont gravement limité la gestion par les
agriculteurs de leurs propres arbres, avec des implications sur leurs moyens de subsistance
et la productivité des terres (Garrity et Bayala, 2019). La longue histoire de politiques
mal ciblées sur les sociétés pastorales et agropastorales a eu pour résultat d’empêcher
les communautés des zones arides d’influencer les politiques, limitant leur accès aux
ressources telles que la terre et les services, notamment les services de vulgarisation,
et entraînant souvent la pauvreté, les conflits, la dégradation de l’environnement et la
migration forcée (FAO, 2018a).

Plusieurs améliorations ont été apportées à la gestion des forêts et des activités
agrosylvopastorales en terres arides, mais elles ne se sont pas nécessairement
traduites par l’égalité des sexes. Les hommes et les femmes continuent d’avoir
un accès très inégal à la terre, aux opportunités économiques ou autres moyens
de subsistance et aux taux de participation civique et politique. Pour assurer une
gouvernance équitable entre les sexes, les politiques et les interventions doivent
être planifiées en fonction des principales ressources environnementales que
les gens utilisent, de la manière dont ils utilisent ces ressources, des principaux
utilisateurs et de l’utilisation équitable entre les parties prenantes

En Mongolie intérieure, par exemple, les éleveurs ont vu le coût de gestion des troupeaux
passer d’une moyenne de 1 296 dollars EU par an à 14 578 dollars EU par an lorsqu’ils
sont contraints d’élever leur bétail en enclos en raison des interdictions de pâturage
établies par le Gouvernement dans le cadre d’une politique de restauration des prairies.
La réduction significative des revenus a imposé de nouveaux risques pour les moyens
d’existence des groupes marginalisés. Les jeunes en bonne santé trouvent des sources
32 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

de revenus alternatives et migrent, en abandonnant les personnes âgées et les enfants,


sans soins appropriés et en fragilisant le système culturel (Li et Gongbuzeren, 2013).
Au cours des trois dernières décennies, le discours politique a évolué vers une meilleure
compréhension des contextes des zones arides. Le changement s’est concentré sur le
capital humain et social, la nécessité d’intégrer de plus en plus les connaissances locales,
les besoins de développement ciblés, la participation éclairée et l’inclusion des institutions
coutumières/locales comme moyen de garantir que les interventions répondent aux
contextes des zones arides. Là où les communautés font partie du discours plus étendu sur
le développement, des impacts positifs ont été largement enregistrés, avec des avantages
associés sur l’alimentation, la santé et la nutrition.
Les politiques et programmes qui mettent l’accent sur l’équité sont essentiels pour
remédier aux vulnérabilités, en particulier dans le contexte du changement climatique. Les
communautés marginalisées et les groupes sociaux tels que les pasteurs, les communautés
autochtones, les femmes, les personnes handicapées et les personnes déplacées ont souvent
un accès plus limité aux ressources productives telles que les forêts et les pâturages en
raison des changements de régime foncier ou des régimes de gestion. Cela conduit à la
pauvreté, à la migration et à la misère, limitant ainsi la capacité des groupes vulnérables
à s’adapter à la variabilité et au changement climatiques. Les politiques et programmes
équitables dans ce contexte peuvent s’engager à aider les groupes vulnérables, et à inclure
des mesures qui améliorent l’accès aux actifs, aux forêts et aux ressources en eau, aux
informations climatiques pour éclairer leurs décisions, ainsi que pour répondre à leurs
besoins de développement sous-jacents immédiats à travers des prestations de service.
De surcroît, il faut s’engager à protéger les moyens d’existence des groupes vulnérables
en s’assurant que les politiques d’atténuation et d’adaptation ne mettent pas en péril
les besoins de la communauté. C’est un point particulièrement important lorsque les
mesures ne vont pas dans le sens des besoins immédiats de la communauté, tels que
l’accès à la terre pour les cultures.
Le changement climatique, en combinaison avec d’autres pressions existantes,
entraînera des difficultés qui non seulement limiteront les ressources disponibles pour
répondre aux besoins de développement à grande échelle (Stern, 2006; GIEC, 2019),
mais exigeront également que les connaissances scientifiques soient mises à profit pour
aider les communautés rurales à s’adapter. À cette fin, la participation est un concept
majeur pour parvenir à la durabilité sociale, car elle garantit que le plus grand nombre
de groupes possibles participera activement aux processus de prise de décision. Cette
optique assure non seulement un meilleur ciblage des politiques et des programmes,
mais également une plus grande inclusion des groupes sociaux qui peuvent être mobilisés
pour faire face à l’échelle et à la vitesse à laquelle les défis dans les zones arides doivent
être résolus. Un tel engagement peut être crucial s’il permet de faire en sorte que les
ressources limitées sont partagées équitablement et que les conflits sur les ressources sont
négociés. De plus, la participation aux processus de gouvernance permet de les légitimer
et d’encourager une adoption plus généralisée d’autres mesures liées à la durabilité, telles
que les réformes foncières et les techniques de gestion durable des terres.
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 33

Les trois transformations attendues suivantes sont essentielles pour répondre aux
besoins de durabilité sociale des communautés des zones arides.

Transformation attendue 4(équité): Amélioration du bien-être social et de l’équité


des moyens de subsistance tributaires des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en
zones arides.

La mesure dans laquelle les personnes ont un accès sûr et équitable aux services sociaux
et aux ressources naturelles dont elles ont besoin afin de produire des aliments pour leur
consommation et leur nutrition et pour générer des revenus joue un rôle majeur dans la
gestion des terres et le développement durable des zones rurales. Pour de nombreuses
communautés dépendantes des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides, l’insécurité des droits fonciers sur les ressources naturelles ou un accès inadéquat
et inéquitable à celles-ci entraîne une pauvreté extrême et la faim. Ceci les piège à leur
tour dans l’utilisation non durable des ressources auxquelles elles peuvent accéder, ce
qui entraîne une dégradation des terres et une érosion à plus long terme de leur capacité
à faire face et à s’adapter aux impacts climatiques et non climatiques. Cependant, il
est avéré qu’un accès plus équitable et sécurisé aux ressources naturelles contribue à
l’amélioration de la santé, de la nutrition et de la qualité de vie des populations des
zones arides. En garantissant l’accès aux ressources et en offrant les moyens d’accéder
aux terres, les agriculteurs peuvent mieux investir dans la gestion des terres et pratiquer
une gestion plus durable des pâturages, améliorant ainsi la production alimentaire, la
sécurité alimentaire et la qualité de vie. Par ailleurs, le fait de reconnaître la contribution
des institutions et collectifs locaux à la gestion efficace des ressources des zones arides
contribue considérablement à garantir la durabilité des systèmes de production alimentaire
dans ces zones7.
Différents modèles et approches participatives ont eu des impacts positifs sur le
renforcement des moyens d’existence et du bien-être, sur la sécurité alimentaire et la
bonne gouvernance dans les pays des zones arides. Par exemple, des pays comme le
Kenya et la Namibie, entre autres, ont été témoins de l’importance de la conservation
communautaire dans la gestion des forêts et de la faune. Au Kenya, 89 pour cent des
160 espaces de conservation des sites sont gérés par les communautés et fournissent des
avantages éducatifs et sanitaires à plus de 700 000 ménages communautaires grâce à
leur participation à des activités touristiques (African Wildlife Foundation, 2016). En
Namibie, 82 espaces de conservation des sites communautaires ont perçu un total de
plus de 44 millions de dollars namibiens (NAD) en salaires d’entreprises diversifiées et
plus de 2 millions de NAD du tourisme (NACSO, 2015).

7
Les Directives volontaires pour une gouvernance responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux forêts
dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale (VGGT) constituent une étape importante de la quête de la garantie des droits
fonciers et d’un accès équitable aux terres, aux pêches et aux forêts comme moyen d’éradication de la faim et de la pauvreté, soutenant
du même coup le développement durable et améliorant les conditions environnementales. Les VGGT promeuvent une gouvernance
responsable du régime foncier des terres, des pêches et des forêts, en ce qui concerne toutes les formes de régimes fonciers: public, privé,
communal, autochtone, coutumier et informel. Les VGGT devraient bénéficier à toutes les personnes dans tous les pays, bien que
l’accent soit mis sur les personnes vulnérables et marginalisées. Par conséquent, ils sont particulièrement pertinents pour les zones
arides du monde. Des directives sur la mise en œuvre des VGGT ont été publiées pour les espaces pastoraux (Davies et al., 2016)
34 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

En Jordanie, par exemple, la relance d’un système traditionnel de gouvernance


communautaire des terres agrosylvopastorales, le Hima, a permis la restauration et
l’utilisation durable de pâturages auparavant dégradés dans des zones où le régime foncier
avait été transféré à l’État. Le système de gouvernance Hima permet aux communautés de
mettre en œuvre des plans de gestion basés sur des pâturages de courte durée et des périodes
de repos pour favoriser la régénération des pâturages naturels. La relance du système
Hima a apporté des bénéfices environnementaux substantiels, notamment l’infiltration
des eaux souterraines. Les pasteurs peuvent désormais accéder à de meilleurs pâturages,
sont prêts à payer pour l’eau et respectent le système Hima qui est en cours d’adoption
dans tout le pays et dont on estime qu’il rapportera entre 144 dinars jordaniens (JOD) et
289 millions de bénéfice net à la société jordanienne (UICN-ELD, 2015).

Transformation attendue 5 (gestion des risques de catastrophe): Les conditions de


vie des populations dépendant des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides sont protégées contre les chocs climatiques, les catastrophes et les conflits.

Même si le réchauffement climatique est limité à 1,5 °C, les impacts directs et indirects
du changement climatique sur les zones arides mettront à l’épreuve la résilience de leurs
populations, leurs ressources naturelles et leurs systèmes de production alimentaire. Sans
mesures d’adaptation appropriées en place, la capacité des populations rurales à faire face
et à se remettre de l’impact des aléas climatiques et non climatiques diminuera à chaque
impact, avec des conséquences socioéconomiques désastreuses qui peuvent rapidement
dégénérer en crises humanitaires.
Les crises peuvent se cacher dans d’autres crises, augmentant le niveau des catastrophes
et frappant le plus durement les pauvres et les personnes vulnérables des zones arides. Les
catastrophes peuvent détruire des années d’investissements et entraver la poursuite du
développement.
Par exemple, après deux ans de récoltes inférieures à la moyenne, en raison de la pire
sécheresse en Afrique australe depuis 35 ans, la plupart des ménages pauvres des provinces
céréalières de Sofala et Manica au Mozambique n’ont pas été en mesure de conserver les
céréales pour les utiliser comme semences pour la saison 2019. Puis, en mars 2019, ces provinces
semi-arides ont été frappées par le cyclone tropical Idai. Le cyclone a entraîné des pluies
torrentielles et des inondations catastrophiques, qui ont détruit les champs agricoles. Les
provinces ont vu leur production agricole fortement décliner, et les communautés agricoles
ont déclaré avoir des stocks alimentaires bien inférieurs à la moyenne, insuffisants pour
durer jusqu’à la prochaine récolte complète en mars 2020. Les plus pauvres se sont retrouvés
de nouveau sans semences à planter et leur dépendance à l’aide humanitaire s’est accrue.
Cependant, pour ceux qui pouvaient encore planter, les pluies d’octobre ne sont pas arrivées
à temps, et la sécheresse s’est poursuivie. Par ailleurs, les infestations d’automne de la chenille
légionnaire ont nui aux rendements des cultures, en particulier aux cultures de maïs. La
sécheresse avant les cyclones a facilité la propagation du ravageur, augmentant ses dégâts et
son impact sur la productivité des cultures. À la suite de ces divers événements successifs
liés au climat, la production céréalière est tombée à 2,8 millions de tonnes dans le pays,
soit environ 16 pour cent de moins qu’en 2018 (ActionAid, 2019; FAO, 2019b; FSIN, 2020).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 35

Dans un autre exemple, au moment de la rédaction de ce rapport, l’Afrique de l’Est


connaît sa pire invasion acridienne depuis des décennies, causant des dégâts massifs
aux fermes et aux pâturages, à laquelle s’associent des coûts et des dommages subis
par l’élevage qui, rien qu’au Kenya, pourraient atteindre 8,5 milliards de dollars EU
d’ici la fin de 2020 (Smith et Kayama, 2020). Les éleveurs en Éthiopie, au Soudan et au
Kenya devraient être les plus touchés dans la région. Les habitants des zones arides qui
supportent les pertes dévastatrices causées par les essaims de criquets voient les tensions
monter avec la ruée vers de rares parcelles de ressources. Simultanément, la pandémie
mondiale de COVID-19 s’est propagée ajoutant encore un fardeau supplémentaire aux
communautés des zones arides. De surcroît, l’orientation du financement international
destiné aux urgences ayant changé, les appels à l’aide lancés par ceux qui sont confrontés
à des pénuries alimentaires dans l’immédiat en raison de l’invasion acridienne sont moins
entendus (Smith et Kayama, 2020).
Bien que la relation entre le changement climatique et les conflits violents
soit contestée, la fréquence et la gravité des crises causées par les aléas
météorologiques, en particulier la sécheresse et les conflits armés, augmentent
(CORDAID, 2019); elles conduisent souvent à des déplacements et diminuent
encore davantage la capacité des populations à faire face aux chocs en particulier
là où la capacité du gouvernement à répondre adéquatement aux besoins de
la population peut être faible.

Compte tenu de ce contexte complexe et dynamique, tirer des leçons des réussites locales qui
s’appuient sur les connaissances autochtones et traditionnelles et mettre en œuvre d’autres
approches et interventions de renforcement de la résiliences en accord et en collaboration
avec les populations dépendantes des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides contribuera à la réalisation de cette transformation attendue.
Ces approches et interventions incluent:
• des interventions économiques visant à réduire la volatilité des marchés pendant
les crises;
• des interventions de transfert de technologie, telles que l’accès à des semences
de cultures améliorées, résistantes à la sécheresse et aux ravageurs et à des races
résistantes à la sécheresse;
• des stratégies de gestion des risques telles que l’atténuation des conflits, les filets
de sécurité sociale, qui comprennent les transferts monétaires, l’assurance et l’accès
au crédit.
De plus, en augmentant la sensibilisation et la compréhension des liens entre les
tendances climatiques à court et à long terme, la dégradation des terres et la rareté des
ressources, en offrant et en élargissant l’accès aux informations climatiques et aux systèmes
d’alerte précoce, les ménages ont les moyens de prendre des décisions d’investissement
qui améliorent et protègent leurs moyens de subsistance et réduisent leur vulnérabilité
aux chocs.

8
Le GIEC 2012 considère la résilience comme un facteur clé de durabilité. Celle-ci est définie comme étant
la capacité d’un système et de ses composants à anticiper, absorber, s’adapter ou se remettre des effets
d’un événement dangereux de manière opportune et efficace, en assurant la préservation, la restauration
ou l’amélioration de ses structures et fonctions de base essentielles.
36 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Dans les États arides et semi-arides du Bihar et de l’Haryana en Inde, les services
d’agroconseils météorologiques fournis par téléphone aux hommes et aux femmes ont
contribué à réduire l’asymétrie d’information entre les sexes dans les ménages agricoles.
En augmentant les connaissances des femmes sur les technologies intelligentes face au
climat, les services ont renforcé leur participation à la prise de décision au niveau de la
ferme et ont permis aux familles d’utiliser plus efficacement les intrants pendant la saison
des semailles, ce qui s’est traduit par des économies et une utilisation plus durable des
terres (Venkatasubramanian et al., 2014). Les incertitudes en matière de titres légaux
de propriété et de droits d’utilisation des terres sont l’une des principales causes de la
dégradation des terres, de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire dans les régions
forestières des zones arides. Compte tenu des régimes de propriété commune associés
aux peuples autochtones, aux connaissances traditionnelles et à la gestion des ressources
naturelles, il est essentiel que les institutions effectuent la transformation attendue en
faveur de systèmes de production durables. En Bolivie (État plurinational de), le taux
de déforestation dans les forêts gérées par les communautés autochtones est six fois
plus faible que dans d’autres régions, et 350 fois moindre dans une partie du Yucatan
mexicain, avec des avantages socioéconomiques plus importants (Child et Cooney, 2019).
Dans un autre exemple, le Système national de surveillance agricole (NAMS, d’après
national agricultural monitoring system) en Australie, créé grâce à un processus hautement
participatif, utilise les données fournies par plusieurs acteurs, notamment les agriculteurs,
pour générer des analyses et des rapports régionaux et nationaux sur la production, le
climat, l’irrigation, la disponibilité de l’eau et la productivité économique.

Encadré 8. Le rôle des organisations non gouvernementales (ONG)


en tant qu’instruments de bonne gouvernance
Dans l’État du Rajasthan, en Inde, où le risque lié à la sécheresse surpasse tout autre
danger, un projet d’une ONG indienne a mobilisé les communautés autour d’évaluations
inclusives et participatives des risques de sécheresse. En conséquence, les communautés
ont identifié les mesures les plus appropriées, ont créé des plans locaux et les ont mis en
œuvre, avec des résultats qui vont bien au-delà de l’augmentation de la productivité et
de la réduction des effets de la sécheresse. Le simple processus de participation inclusive
aux évaluations a créé un environnement plus collaboratif où les communautés de caste
inférieure et les femmes ont été entendues. Les mesures choisies étaient des mesures
traditionnelles, fondées sur la collecte des eaux de pluie et les pratiques agricoles des
zones arides (par exemple, les diguettes surélevées) qui étaient utilisées dans d’autres
régions de l’Inde ou avaient été oubliées localement. Les communautés ont utilisé des
matériaux disponibles localement, des ressources et des connaissances autochtones
ainsi que de la main-d’œuvre locale, ce qui a assuré la durabilité à long terme. L’ONG
a facilité les liens et aidé à créer des relations entre des communautés marginales et
le Gouvernement, leur permettant ainsi de puiser dans les ressources non allouées du
gouvernement local pour étendre leur intervention.
Source: UNISDR (2009).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 37

Ces rapports qui diffèrent des informations agrométéorologiques traditionnelles


sont mis à la disposition en ligne des producteurs, chercheurs, gouvernements et autres
utilisateurs, dans une gamme de formats conviviaux. Grâce aux rapports en ligne, les
décideurs reçoivent des informations immédiates sur les risques de sécheresse identifiés
par le NAMS et prennent des mesures. L’un des nombreux avantages du NAMS est qu’il
a accéléré la fourniture d’une assistance ciblée contre la sécheresse dans les régions avant
que les effets économiques de la sécheresse ne se fassent sentir. L’outil NAMS peut être
reproduit dans d’autres parties du monde avec une infrastructure de télécommunications
assez développée, des niveaux élevés d’accès à Internet pour les utilisateurs potentiels,
et une gamme d’ensembles de données bien établis et pertinents.

Transformation attendue 6 (inclusion, participation et autonomisation):


Participation et autonomisation des populations dépendant des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux en zones arides dans tous les processus de prise de décision et de
mise en œuvre en matière d’adaptation et d’atténuation.

Historiquement, les communautés des zones arides ont généralement été exclues des
processus de gouvernance étatique, ce qui a véhiculé une perception négative des zones
arides considérées comme étant improductives et a induit une sous-évaluation de leur
contribution aux économies nationales. Dans ce contexte, les décisions concernant la
gestion des terres et des eaux et la mobilité au niveau local sont prises à travers divers
ensembles de systèmes coutumiers, qui se chevauchent souvent. Cependant, les responsables
des systèmes de gouvernance coutumiers traditionnels sur les ressources des terres arides
ont été affectés par des changements socioéconomiques et politiques, souvent par des
décisions au niveau des États. Celles-ci incluent les mesures liées au régime foncier, à la
migration, à la sédentarisation ou aux investissements agricoles à grande échelle, entraînant
parfois la fracture ou la démobilisation des communautés, réduisant ainsi le pouvoir des
populations des zones arides d’interagir avec le gouvernement et de faire entendre leur
voix (Forsythe et al., 2015). Donner une voix aux populations marginalisées des zones
arides par leur participation et en leur permettant de s’exprimer dans toutes les décisions
qui les concernent, des politiques gouvernementales à la conception, la planification et
la mise en œuvre de projets sur le terrain a été une directive du développement durable.
Là où cela s’est produit, les investissements publics ont été plus efficaces, l’intégration à
long terme des communautés des zones arides dans la planification du développement a
eu lieu et des groupes sociaux ont été mobilisés pour relever les défis majeurs, à l’échelle
et à la vitesse requises, comme dans le cas de l’inversion de la dégradation des terres au
Tigray (étude de cas 2). La participation des communautés des zones arides à la prise de
décisions au plus haut niveau n’a jamais été aussi importante, car les problèmes majeurs
imposés par le changement climatique ont exacerbé les problèmes structurels existants
qui menacent la durabilité des systèmes de production alimentaire pour l’humanité. Le
succès des efforts à grande échelle nécessaires pour inverser la dégradation des terres
et de l’eau, pour maintenir les forêts, les arbres et le couvert végétal et pour adapter
les systèmes agricoles et pastoraux aux transformations projetées liées au changement
climatique, dépend en grande partie d’accords sociaux justes et transparents.
38 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

De tels accords sont construits avec la participation des acteurs des zones arides qui
garantissent le partage équitable des ressources limitées et des bénéfices dérivés des
actions entreprises.

Étude de cas 2. Favoriser la participation communautaire à de meilleures initiatives


de restauration à grande échelle au Tigray
Malgré ses ressources naturelles abondantes, l’Éthiopie est l’un des pays les plus gravement
touchés en Afrique subsaharienne par la dégradation des terres qui a entraîné une baisse de
la productivité agricole et une augmentation de l’insécurité alimentaire. Selon la classification
IPC 2019, plus de 8 millions de personnes en Éthiopie étaient en crise (IPC phase 3). Une
initiative de restauration à grande échelle a été lancée par un programme d’État dans le
but d’inverser la dégradation des terres et d’améliorer la sécurité alimentaire dans le Tigray
qui est considéré comme la région la plus pauvre, avec un taux de pauvreté de 27 pour
cent selon l’Enquête sur la consommation et les dépenses des ménages 2015/2016 (Central
Statistical Agency, 2018).
Une consultation et un engagement efficaces avec les communautés ont eu lieu grâce à la
pratique traditionnelle de mobilisation de masse qui oblige les membres de la communauté
à contribuer avec 20 jours par an de travail non rémunéré à la conservation des sols et
de l’eau. Les avantages environnementaux, sociaux et économiques de l’expérience au
Tigray sont énormes. Une mosaïque de restaurations et d’autres interventions de gestion
durable des terres mises en œuvre ont été cocréées par la population et les institutions
gouvernementales. La transformation du paysage a permis à des communautés autrefois
frappées par la famine de diversifier leurs moyens de subsistance grâce à l’irrigation et à une
meilleure gestion du bétail. Certaines de ces communautés ont même ouvert des comptes
bancaires pour conserver leurs économies. Plus de 7 000 ménages du Tigray sont passés de
la malnutrition chronique et de l’insécurité alimentaire à l’autosuffisance alimentaire. La
mobilisation et la prise de décision participative qui ont eu lieu au Tigray ont également
été déployées dans d’autres régions d’Éthiopie.
En conséquence, Mengistu (2014) explique que «des millions d’hectares de terres ont été
clôturés pour la régénération naturelle, des milliards d’arbres ont été plantés, des millions
de kilomètres de terrasses ont été construits, des centaines de milliers d’hectares de terres
ont été protégés contre les interventions illimitées humaines et animales, et des milliers de
programmes de collecte de l’eau et de développement ont été mis en place dans diverses
régions du pays».
Augmenter la participation des organisations communautaires dans la mise en œuvre de
programmes de gestion durable des terres, avec une adaptation au changement climatique
et des avantages connexes, permet de généraliser le rapport coût-efficacité de ressources
nationales déjà limitées, de manière à profiter aux petits exploitants et à les protéger du
climat et des chocs non climatiques.
Sources: Mengistu (2014); Neuberger-Wilkie (2017).

Pilier de la durabilité environnementale


Si le changement climatique et la dégradation des terres demeurent inchangés, les
écosystèmes naturels des zones arides risquent d’atteindre un point de non-retour,
au-delà duquel ils perdront leur capacité à fournir des services, notamment ceux qui
sont vitaux pour la production alimentaire (Ranganathan et Hanson, 2010).
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 39

Le récent Rapport spécial sur le changement climatique et les terres émergées (GIEC,
2019) insiste sur un message essentiel, à savoir qu’il faut continuer à attirer l’attention sur
le lien entre la terre et le climat et à éviter les doubles emplois. Les systèmes mondiaux
de production alimentaire dépendent de la fertilité des sols, de la pollinisation, de l’eau
potable et de nombreux autres services fournis par les écosystèmes naturels. Dans les
zones arides, des formes de vie et des écosystèmes hautement spécialisés ont évolué en
réponse aux conditions abiotiques souvent extrêmes de ces environnements, en particulier
à la pénurie d’eau. L’importance des systèmes naturels des zones arides pour l’humanité
est claire. Trente pour cent des espèces végétales cultivées aujourd’hui sont originaires
des zones arides, et leurs ancêtres et leurs parents sauvages poussent encore dans ces
environnements. La biomasse des parcours naturels des terres arides soutient la plus
grande partie du bétail de la planète et peut stocker jusqu’à 70 tonnes/ha de carbone
du sol (Laban et al., 2018). Les forêts des zones arides représentent 18 pour cent de la
superficie des terres arides, tandis que les terres stériles représentent 28 pour cent, les
prairies 25 pour cent et les terres cultivées 14 pour cent (voir figure 2) (FAO, 2019a). Ces
terres sont la source régulière d’énergie, de nourriture, de médicaments, de fibres et de
revenus pour des millions de personnes et sont indispensables à la sécurité alimentaire des
communautés agropastorales pauvres en période de sécheresse et de misère. Rien qu’en
Afrique, plus de 320 millions de personnes dépendent des forêts sèches pour répondre
à nombre de leurs besoins fondamentaux (Bose et van Dijk, 2016).
Les systèmes biologiques naturels jouent un rôle majeur dans les processus
hydrologiques et les cycles des éléments nutritifs, notamment pour l’infiltration d’eau et le
stockage du carbone. Ces processus, essentiels aux systèmes agricoles et aux écosystèmes
eux-mêmes, s’étendent au-delà des zones de végétation. Par exemple, les mousses, les
cyanobactéries et les lichens créent les croûtes biologiques du sol qui contrôlent ces
processus dans ce qui pourrait être considéré comme des surfaces de sol nu dans de
nombreuses régions semi-arides et arides. Les écosystèmes sains des zones arides sont
dynamiques et interconnectés, éprouvés et capables de se remettre des précipitations
irrégulières, des incendies et d’autres risques naturels typiques de leur environnement.
Néanmoins, les écosystèmes des zones arides sont également fragiles et menacés par les
activités humaines et le changement climatique.
Le potentiel d’atténuation du changement climatique par les environnements forestiers
des zones arides est immense, et comporte des avantages pour l’ensemble de la planète,
si les processus de dégradation des terres induits par l’homme sont contrôlés. Les forêts
et les écosystèmes agrosylvopastoraux des zones arides ont été de plus en plus dégradés
et fragmentés par la déforestation, le surpâturage, l’étalement urbain, l’empiétement des
cultures dans des zones inadaptées, les pratiques agricoles et d’autres utilisations non
durables des terres non agricoles. Ces pratiques ont clairement eu des conséquences
négatives sur leur biodiversité et leur fonction, limitant leur capacité à fournir des services
écosystémiques essentiels et à faire face aux défis de leur environnement. L’érosion des
sols, la perte d’éléments nutritifs du sol, la salinisation et les perturbations des cycles
du carbone, de l’azote et de l’eau, causées par des pratiques de gestion non durable des
terres, affectent déjà des millions de personnes qui vivent directement des ressources
naturelles dans ces régions. Malheureusement, le changement climatique mondial a un effet
40 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

significatif sur les environnements extrêmes et une profonde influence sur la survie des
espèces. Même si le réchauffement climatique est limité à une augmentation de 1,5 °C, ses
impacts mettront davantage à l’épreuve les écosystèmes des zones arides et exacerberont
les processus de dégradation des terres. Cette question est très préoccupante, car les
terres dégradées stockent moins d’eau, ce qui aggrave les problèmes de pénurie d’eau
pour les systèmes humains et naturels. De plus, les processus de dégradation des terres,
tels que la perte de couvert végétal, réduisent le potentiel des zones arides à séquestrer
le carbone atmosphérique, et d’autres processus, comme l’érosion des sols, libèrent du
carbone dans l’atmosphère, contribuant davantage au réchauffement climatique.
La durabilité environnementale, dans le contexte de la gestion des zones arides en
tant que paysages multifonctionnels, concerne la garantie de la production alimentaire
ou d’autres actions qui ne compromettent pas la santé des systèmes naturels et leur
capacité à fournir des services écosystémiques soumis au changement climatique. Cela
implique des interventions de gestion des terres équilibrées qui garantissent la production
alimentaire et les moyens de subsistance locaux. Ces actions doivent en outre veiller à ce
que les ressources naturelles, y compris l’eau, soient: a) utilisées efficacement pour éviter
les pertes, c’est-à-dire récoltées à une vitesse qui leur permet de se régénérer; b) restaurées
lorsqu’elles sont dégradées; et c) conservées dans la mesure où ces ressources peuvent
compter sur leur biodiversité et leur propre patrimoine génétique pour se remettre des
perturbations. Dans le contexte actuel, les stratégies de gestion des terres qui restaurent la
productivité et contribuent à l’atténuation du changement climatique, tout en répondant
aux besoins d’adaptation des populations locales, doivent être prioritaires.
Les trois transformations attendues et vitales pour aborder la durabilité environnementale
dans les zones arides sont donc les suivantes:

Transformation attendue 7 (utilisation efficace des ressources naturelles): Utilisation


efficace des ressources naturelles des zones arides pour assurer la disponibilité à long
terme de services écosystémiques soumis au changement climatique.

L’utilisation efficace des écosystèmes fragiles et des ressources naturelles des zones arides
est aujourd’hui essentielle pour garantir qu’ils seront disponibles pour une population
croissante dans un monde plus chaud. Il faut pour cela comprendre et résoudre les
problèmes d’efficacité qui concernent la demande et l’offre de ressources naturelles,
et éviter des compromis irréparables. Les interventions qui permettent de réaliser des
économies dans l’utilisation des ressources naturelles pour répondre aux mêmes demandes,
grâce à des technologies ou des pratiques améliorées, contribuent à accroître l’efficacité
de la demande. En ce qui concerne l’approvisionnement, il faut évaluer l’étendue des
ressources disponibles, les limites durables de leur extraction ou utilisation et leur
disponibilité future sous le changement climatique, car certaines ressources peuvent
inévitablement être perdues. Les éléments suivants doivent être soigneusement évalués
pour éviter les compromis:
• la quantité d’irrigation possible qui n’induit aucune baisse du niveau des plans d’eau
ou ne cause pas la salinisation des sols;
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 41

• la quantité d’engrais qui peut être utilisée dans les zones arides sans compromettre
la qualité des sols et les rares ressources en eau;
• la quantité d’eaux souterraines, de bois ou d’autres produits forestiers qui peut être
extraite.

Encadré 9. L’action collective et les connaissances traditionnelles


influent sur la gestion durable des terres et de l’eau
Dans le désert central de la République islamique d’Iran, les agriculteurs utilisent les
systèmes d’irrigation qanat depuis l’an 800 av. J.-C. Les systèmes qanat capturent les
eaux souterraines et, à travers un tunnel légèrement en pente, les amènent à la surface
du sol – même à des kilomètres de la source d’eau – où elles sont utilisées pour un usage
domestique et l’irrigation. Les qanats ont soutenu la sécurité alimentaire et les stratégies
de vie pendant des millénaires parce qu’ils ont constitué une source d’eau fiable pour
les exploitations familiales traditionnelles dans les zones sèches où les activités agricoles
seraient autrement impossibles. Ces systèmes ont permis la production de cultures, de
fruits et d’arbres de grande valeur et ont soutenu des espèces sauvages. Ils empêchent
la surexploitation des aquifères exploités, car le débit d’eau dans un qanat dépend
directement du débit naturel des eaux souterraines. Leur fonctionnement repose
aujourd’hui sur la pleine participation des utilisateurs locaux de l’eau qui reçoivent de
l’eau en fonction de leur part de terre possédée. La construction et l’entretien des qanats
reposent sur la participation bien organisée d’une main-d’œuvre expérimentée et la
pleine coopération entre les membres de la communauté. Cependant, l’importance des
qanats a diminué ces derniers temps en raison du manque de financements pour leur
entretien, et de la disponibilité et de l’utilisation de technologies d’extraction d’eau à
haut rendement, qui conduisent souvent à l’épuisement des aquifères.
Source: Sonneveld et al. (2018).

Au-delà de ces connaissances, il est nécessaire de s’attaquer aux cadres politiques et


institutionnels qui régissent les ressources des terres arides et de prendre des mesures
sur le terrain. Les initiatives politiques antérieures ont eu des effets indésirables sur
les taux de destruction des forêts, la dégradation des parcours, la surexploitation des
ressources en eau et d’autres processus de dégradation des terres dans les zones arides.
Cependant, comme le montrent respectivement la FMNR du Niger (page 15) et les
exemples jordaniens de Hima (page 23), une meilleure compréhension des conditions
locales et des options pertinentes, favorise l’adoption de politiques appropriées et la
mise en place de systèmes de gouvernance qui améliorent l’efficacité de l’utilisation des
ressources naturelles. D’autre part, lorsque des approches participatives sont utilisées pour
trouver les meilleures options de gestion, les interventions de gestion durable des terres
ont plus de chance d’être couronnées de succès. Elles ont aussi l’avantage de proposer
des actions sur le terrain qui correspondent au contexte local et qui sont détenues par
les utilisateurs. Par conséquent, la faisabilité de leur adoption généralisée est plus élevée.
Il est donc nécessaire de trouver les moyens de parvenir à un consensus entre les
secteurs et les utilisateurs au sujet des stratégies de gestion des terres et des ressources
42 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

naturelles, non seulement pour réduire la surexploitation potentielle des ressources,


mais aussi pour éviter les conflits.

Étude de cas 3. Impact du changement climatique sur les forêts et le bétail


des zones arides. Un exemple du nord du Mali
Dans le nord du Mali, les populations locales se sont toujours adaptées à la variabilité
climatique – avec plus ou moins de succès – mais le changement climatique leur imposera
un fardeau supplémentaire. Une étude sur la vulnérabilité du bétail et des forêts dans cette
région montre que l’ajustement autonome est insuffisant pour s’adapter au changement
climatique et l’atténuer. Cet état de choses est lié aux accords institutionnels nationaux et
infranationaux actuels qui peuvent échouer à soutenir les stratégies d’adaptation locales.
En utilisant une approche participative à tous les niveaux, en considérant la disparité entre
les sexes, les experts ont analysé la vulnérabilité du bétail et des moyens de subsistance
forestiers à la variabilité et au changement climatiques dans la région du lac Faguibine,
au nord du Mali, où des changements écologiques, politiques et sociaux drastiques se
sont produits (CGIAR, 2012).
Dans cette région, le stress hydrique dû à la baisse du niveau des lacs a poussé la
communauté locale à dépendre de plus en plus de l’écosystème forestier. Les communautés
utilisent actuellement les forêts pour le charbon de bois ou le fourrage. Cependant, ces
stratégies auront des effets négatifs sur les ressources, et pourraient contribuer à une
vulnérabilité accrue à l’avenir, à moins que les forêts ne soient gérées de manière durable.
Les institutions infranationales n’ont pas encore réalisé l’importance de la gestion de ces
forêts pour améliorer les stratégies d’adaptation locales. Avec des règles d’accès et de
contrôle peu nombreuses, ainsi qu’un régime foncier flou sur des terres précédemment
irriguées, le potentiel de dégradation est élevé. De même, le secteur de l’élevage dans
cette région a été gravement touché par la pénurie d’eau et la réduction du fourrage.
Ceci, combiné aux points de vue et aux instruments politiques divergents entre les
institutions nationales et infranationales, a peu de chances de déboucher sur des efforts
d’adaptation efficaces.
Source: Sonneveld et al (2018).

L’expérience de nombreuses ONG et institutions telles que le Centre international


de recherches agricoles dans les zones arides (ICARDA, 2015) indique que lorsqu’un
dialogue inclusif et multipartite a été établi (impliquant les utilisateurs des ressources
naturelles et d’autres parties prenantes, notamment des scientifiques, des représentants du
secteur économique, des décideurs et/ou des praticiens) pour reconnaître les problèmes
d’utilisation des ressources, ils ont créé et mis en œuvre conjointement des solutions
pratiques et des systèmes de gouvernance améliorés qui ont engendré des changements.
De tels efforts pour renforcer l’action collective ont également fourni un espace important
pour comprendre les rôles différenciés des hommes et des femmes, des pasteurs et des
agropasteurs dans l’utilisation des terres (Sonneveld et al., 2018).
En général, les actions visant à soutenir cette transformation attendue devraient
s’efforcer d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources naturelles pour éviter la
dégradation des terres. Au niveau politique, les politiques de neutralité en matière de
dégradation des terres devraient être considérées comme une bonne option, car elles
contribuent en outre aux deux autres transformations attendues dans le cadre de ce pilier.
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 43

Ces politiques favorisent la mise en œuvre de solutions de gestion durable des terres pour
lutter contre la dégradation des terres, tout en soutenant l’atténuation et l’adaptation au
changement climatique, avec des avantages connexes pour l’éradication de la pauvreté et
la sécurité alimentaire. Le Partenariat d’action pour l’économie verte a aidé le Sénégal à
mettre en place la stratégie nationale participative 2015-2020 destinée à promouvoir les
emplois verts. En conséquence, 2 000 emplois verts ont été créés jusqu’en 2019, dont plus de
40 à 45 pour cent pour les femmes et les groupes de jeunes. Ces emplois verts comprennent
des projets de recyclage et des projets d’agroforesterie qui soutiennent l’entrepreneuriat
communautaire ([Link], 2019).
La mise en œuvre de politiques favorables à la restauration des écosystèmes soutient les
agriculteurs et les communautés dans leurs efforts pour éviter, réduire et même inverser
la dégradation des terres, renforçant ainsi leurs propres capacités d’adaptation pour mieux
faire face et se remettre des impacts climatiques. Parmi les exemples de telles politiques,
il faut mentionner le renforcement du régime foncier, qui conduit ensuite à l’adoption
d’approches de gestion durable des terres, telles que l’agroforesterie et la conservation
des sols. Par ailleurs, les investissements dans les services de vulgarisation et d’autres
stratégies infranationales améliorent la compréhension locale du changement climatique
et de la dégradation des terres. En effet, ces conseils peuvent soutenir la mobilisation des
communautés autour d’activités liées à la gestion durable des terres, à savoir les techniques
d’économie d’eau, les activités de restauration des terres et l’adoption de pratiques
agroforestières. La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes
2021-2030 vise à collecter et à diffuser les meilleures pratiques de restauration, à soutenir
le travail des praticiens et à améliorer les résultats de la restauration, y compris dans les
zones arides (encadré 10).

Encadré 10. Décennie des Nations Unies pour la restauration


des écosystèmes 2021-2030
La Décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes 2021-2030 (Décennie
des Nations Unies) qui travaille à la restauration des écosystèmes dans les politiques et
plans afin de répondre aux priorités et aux défis actuels du développement national,
appelle à la conservation et à la restauration à grande échelle de tous les écosystèmes
pour garantir que les ODD seront atteints. La Décennie des Nations Unies pour la
restauration des écosystèmes adopte une stratégie visant à promouvoir une culture de
restauration mondiale, à travers le renforcement des moyens d’action d’un mouvement
mondial, la volonté politique et les capacités techniques de restauration. Les trois
principaux objectifs de la stratégie sont les suivants:
1. prévenir, arrêter et inverser la dégradation des écosystèmes dans le monde;
2. mieux comprendre les multiples avantages de la restauration des écosystèmes;
3. utiliser les connaissances sur la restauration des écosystèmes dans les systèmes
éducatifs et dans tous les processus décisionnels des secteurs public et privé.

Source: United Nations Decade on Ecosystem Restoration (2020).


44 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Étude de cas 4. Initiative de reboisement à grande échelle soutenue


par les communautés pastorales au Maroc
Au Maroc, le surpâturage est considéré comme étant la cause principale de la perte de
végétation et de la dégradation des terres. Il constitue également une menace pour la
durabilité des systèmes forestiers en terres arides, car il empêche leur régénération. Dans
le pays, les forêts appartiennent à l’État, les résidents locaux ne détenant que des droits
d’utilisation limités, dont certains sont d’anciens droits coutumiers. Pour trouver des
solutions durables et viables qui réduiront la forte pression exercée par le pâturage sur les
écosystèmes forestiers et pour soutenir les initiatives de reboisement, un programme de
compensation des zones forestières fermées au pâturage a été lancé avec la participation
des utilisateurs de la forêt.
Le programme utilise un cadre juridique établi en 2002, qui permet à l’État de mettre
en place des incitations financières destinées aux utilisateurs de la forêt organisés en
associations de pâturage, qui s’engagent à respecter la fermeture des pâturages dans
les sites de reboisement. À travers leurs associations locales, les communautés ont été
activement impliquées dans le choix des zones forestières qui seront fermées au pâturage.
Elles désignent aussi des gardes qui empêchent les troupeaux d’accéder à ces zones. Au
sein de ce cadre, l’organisation des utilisateurs respecte les périmètres fermés au pâturage,
ce qui se traduit par la réhabilitation et la conservation des ressources forestières et la
protection contre la dégradation des terres. Cette implication des communautés locales
et la conciliation participative entre les besoins actuels des communautés locales et les
impératifs de conservation et de développement des ressources forestières des zones
arides ont été un succès majeur.
Depuis la mise en œuvre du mécanisme juridique en 2005, le nombre d’associations
de pâturages et de membres impliqués dans le programme n’a cessé d’augmenter. En
2019, il y avait plus de 175 associations sur environ 101 000 hectares de forêt de terres
arides fermées au pâturage. L’augmentation du nombre d’associations de pâturage et
de zones indemnisées a été liée à l’amélioration des taux de réussite du reboisement et
à la réduction significative des délits de pâturage. Ce cas montre que les gestionnaires
forestiers et les détenteurs de droits d’utilisation apprécient le mécanisme et affirment que
les parties prenantes ont adopté l’approche d’implication communautaire dans la gestion
des ressources forestières. Les communautés conviennent que ce mécanisme a ouvert
de meilleures passerelles de communication et de coopération entre les communautés
locales et l’administration forestière. En résumé, il s’agit d’une intervention gagnant-
gagnant, créée en collaboration avec les communautés locales et les groupes de pasteurs,
qui a abouti à une meilleure gestion du bétail, à des efforts de restauration des forêts
plus efficaces, à une meilleure gestion des terres et des forêts ainsi qu’à des avantages
économiques et environnementaux pour toutes les parties concernées.
Source: Moukrim et al. (2019).

Transformation attendue 8 (restauration): Restauration des écosystèmes dégradés


et arrêt de la déforestation pour réduire l’impact du changement climatique sur les
processus de dégradation des terres.

Les activités de restauration des terres abordent la dégradation des sols, de l’eau, de
la végétation et d’autres ressources naturelles, dans le but de récupérer les fonctions
écosystémiques perdues en raison des processus de dégradation. Elles soutiennent
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 45

directement la durabilité à long terme des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en


zones arides en contribuant à garantir la fourniture de services écosystémiques critiques in
situ. Elles favorisent indirectement la durabilité en réduisant la pression sur les écosystèmes
qui n’ont pas encore été dégradés, par exemple en limitant la nécessité de déplacer la
production agricole des zones dégradées vers de nouvelles zones éventuellement moins
appropriées. Les terres arides stockant environ 46 pour cent de la part mondiale de carbone
(MEA, 2005) et la majeure partie de ce carbone étant stockée dans le sol, les pratiques de
restauration et de gestion adaptative des terres dans ces régions axées sur l’inversion de
la dégradation des sols peuvent apporter une contribution majeure aux efforts mondiaux
visant à atténuer le changement climatique, grâce à la réduction des émissions de GES
et à l’amélioration de la séquestration du carbone. Les pratiques de gestion adaptative
des terres comprennent, entre autres, l’introduction de systèmes de jachère productifs
ou enrichis, l’augmentation des périodes de jachère, le contrôle de l’érosion, de faibles
taux de charge avec un pâturage contrôlé et des activités de conservation du sol. Dans la
pampa argentine, la qualité du sol et des rendements agricoles associés s’est détériorée.

On prévoit que le nombre de personnes vivant en zones arides atteindra


4 milliards d’ici 2050 (Van der Esch, 2017), ce qui intensifiera l’impact humain sur
les zones arides. Il est également prévu que d’ici 2050, la dégradation des terres
et le changement climatique réduiront la productivité des terres et entraîneront
une baisse des rendements des cultures de 10 pour cent en moyenne dans le
monde, et jusqu’à 50 pour cent dans certaines régions (GIEC, 2014; IPBES, 2018).

Ce déclin a été étroitement corrélé à une réduction de la matière organique du sol


causée par l’ouverture des prairies à la culture et l’adoption de systèmes de culture
intensive. La baisse des rendements a conduit à la nécessité de modifier les pratiques
de gestion des terres existantes et a stimulé l’essai d’expériences sans labour dans la
province de Tucuman, une zone semi-aride des années 1960, dans le but de trouver des
systèmes agricoles plus durables. Les résultats des expériences indiquent que les pratiques
de gestion sans labour stoppent la perte des stocks de carbone du sol. Cependant, sans
apport supplémentaire de matière organique, ces pratiques à elles seules ne suffiront
pas à remettre les sols dans leur état d’origine. Pour inverser la dégradation et améliorer
les rendements, la meilleure solution de gestion trouvée par les chercheurs consistait à
ajouter du fumier de ferme ou de l’engrais vert aux systèmes de culture sans travail du
sol et de garantir que ces systèmes incluent des périodes significatives durant lesquelles
les sols retournent à leur état de prairies (FAO, 2004).
La façon dont nous produisons notre nourriture est importante, et les choix alimentaires
peuvent contribuer à réduire les émissions et la pression sur les terres (GIEC, 2019).
Bien que plus de 60 pour cent de la production alimentaire mondiale soit constituée de
maïs, de blé, de riz et de soja, il existe un grand nombre d’espèces végétales négligées
et sous-exploitées (NUS, d’après neglected and underutilized crop species) dans
les zones arides. Les NUS pourraient contribuer à la diversification nécessaire à la
46 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Étude de cas 5. Terres semi-arides et arides de Tucuman (Argentine)


Ces dernières années, l’adoption de systèmes de labour réduit et sans labour, en particulier
dans les régions arides, a connu une croissance rapide en Argentine. Ce changement a
été provoqué par une détérioration de la qualité des sols et des rendements agricoles
associés. De nombreux sols locaux ne sont pas adaptés aux pratiques de labour et de
culture intensive introduites par les colons européens. La pampa argentine a maintenant
très peu de végétation naturelle. La végétation xérophyte telle que Prosopis algarrobilla
et Larrea divaricata apparaît encore dans les zones les plus arides. Les pratiques agricoles
ont commencé avec l’arrivée des colons au XVIe siècle. Les ongulés ont été introduits pour
brouter les prairies, qui ont maintenant été pour la plupart réensemencées. Il reste très
peu d’arbres sauf autour des fermes. Dans les premiers temps, le blé était cultivé puis la
production des cultures en lignes a augmenté avec le temps. Dans de nombreuses régions,
les pâturages étaient dominants jusque dans les années 1990, mais depuis, la culture des
annuelles d’été, comme le maïs, le tournesol et le soja, a considérablement augmenté.
La pampa argentine a été reconnue comme étant une région dont la production pouvait
augmenter si les sols sont améliorés. Les rendements des cultures ont diminué dans de
nombreuses régions. Ces baisses étroitement corrélées à une réduction de la teneur en
matière organique du sol (MOS) ont exigé que l’on modifie les pratiques de gestion des
terres existantes. Les effets négatifs du travail intensif du sol sur la MOS ont conduit
aux premières expériences sans labour dans les années 1960, dans le but de produire un
système agricole plus durable. Aujourd’hui, quelque 13 millions d’hectares, soit environ la
moitié de la superficie agricole de l’Argentine, sont soumis à une forme ou une autre de
système de labour réduit. La fertilisation des cultures est principalement obtenue grâce à
l’utilisation d’engrais inorganiques, la matière organique ayant tendance à être conservée
pour les systèmes agricoles horticoles.
Monte Redondo, dans la province de Tucuman, est une zone semi-aride qui soutient
naturellement la végétation xérophyte. Les pratiques agricoles comprennent les pâturages
des prairies et la culture en lignes, les deux systèmes étant souvent alternés. Le site étudié
pratique une culture de sept ans suivie de quatre ans de prairies herbeuses. La séquence
des cultures est la suivante: blé/soja, maïs, soja, blé/soja, maïs, soja, blé et quatre ans de
prairie. Le travail du sol conventionnel et la culture sans labour sont pratiqués. Dans le
système de travail du sol, les charrues à disques et à burins sont utilisées pour la préparation
du sol, tandis que le système sans labour utilise la même séquence de cultures sans labour.
Les deux modèles adoptés pour tester les différents modes de piégeage du carbone dans
le sol en situation de labour et d’absence de labour, montrent que dans les deux cas ils
enregistrent des améliorations en ce qui concerne la teneur en carbone du sol produite
par la méthode sans labour. Cependant, si la baisse de la teneur en carbone du sol doit
être inversée, des apports supplémentaires de matière organique sont nécessaires – soit
à partir du fumier de ferme, soit en utilisant de l’engrais vert dans la rotation. Une
augmentation de la prairie dans la rotation augmentera également le stock de carbone
du sol. La modélisation des données agricoles de cette province et d’autres régions arides
d’Argentine révèle que les stocks de carbone ont considérablement baissé depuis que
les prairies ont été ouvertes à la culture. Dans les trois sites, une forte baisse des stocks
de carbone du sol a été enregistrée avec des pertes d’environ 15 tonnes/ha. Toutefois,
l’adoption de systèmes sans labour ces dernières années a mis un terme à ces baisses et a
suffi pour provoquer de petites augmentations annuelles du carbone du sol de l’ordre de
0,02 tonne/ha/an. Les rotations avec des périodes importantes de retour aux prairies (par
exemple, 4 ans sur 11) entraînent de nouvelles augmentations du carbone du sol. Les taux
de piégeage les plus élevés (0,1 à 0,25 tonne/ha/an) se produisent lorsque les systèmes
sans labour comprennent aussi la culture d’engrais vert et l’ajout de fumier de ferme

Source: FAO (2004).


Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 47

résilience des cultures, à soutenir des systèmes alimentaires plus durables et à offrir de
nouvelles options de moyens de subsistance aux petits agriculteurs et agricultrices grâce
à l’intégration des connaissances communautaires aux technologies innovantes. Par
exemple, la culture d’arachide bambara (famille des légumineuses) qui est encore une
culture largement négligée et sous-utilisée, résiste à la sécheresse et est très populaire en
Afrique subsaharienne, en Malaisie, en Indonésie et en Inde avec une production mondiale
de près de 160 000 tonnes/an (FAO, 2014). Investir dans de nouvelles technologies et la
recherche de débouchés commerciaux pourrait améliorer considérablement la sécurité
alimentaire.

Encadré 11. Lutter contre la dégradation des terres du point


de vue de la sécurité alimentaire humaine: les fortes corrélations
entre la dégradation des terres et la pauvreté
En Afrique, la FAO utilise l’approche de l’éducation alimentaire et nutritionnelle en
milieu scolaire (SFN, d’après school food and nutrition), qui fournit un cadre complet
pour aider les pays à concevoir et à mettre en œuvre des politiques et programmes de
SFN. L’approche relie des repas scolaires sains à l’éducation alimentaire et nutritionnelle,
tout en renforçant les capacités pour l’approvisionnement durable et la création de
chaînes de valeur et d’environnements propices, grâce à des cadres juridiques et politiques
multisectoriels pour améliorer les moyens de subsistance des communautés locales et
créer un lien solide entre l’agriculture et les systèmes alimentaires et nutritionnels.
L’enquête récente menée sur la SFN a souligné que dans 63 pour cent des pays, les repas
scolaires sont préparés à partir d’aliments locaux, d’huiles, de graisses et d’aliments
protéinés non animaux (haricots et légumineuses). Cette approche soutient le système
d’agriculture familiale où les accords d’achat facilitent et donnent la priorité à la
production des petits exploitants locaux.

De nombreux exemples à travers le monde montrent la valeur des solutions fondées


sur la nature pour arrêter et inverser la dégradation des terres. Parmi les exemples les
plus connus en zones arides, il faut mentionner ceux qui impliquent la plantation et
la régénération naturelle des arbres, comme dans le cas de la Grande Muraille Verte
en Afrique (encadré 12) et l’exemple du Niger (section 2). Les interventions efficaces
axées sur des solutions fondées sur la nature concernent la gouvernance du paysage et
l’évaluation des synergies et des compromis dans la gestion des terres dans le but de
trouver les moyens les plus adaptés à la restauration des fonctions écosystémiques perdues
en raison de la dégradation. Les activités de restauration des terres ont lieu sur le terrain
pour renforcer la durabilité environnementale; elles sont transversales et devraient tenter
de procurer des retombées positives sur le plan du bien-être économique et social, de la
sécurité alimentaire et de la stabilité financière des chaînes de valeur. Ensemble, si elles
sont bien dirigées et encadrées par des politiques de soutien, en assurant l’inclusion et la
participation des communautés des zones arides à la prise de décision, les interventions
de restauration des terres peuvent offrir d’énormes avantages environnementaux, sociaux
et économiques qui améliorent la durabilité de la production alimentaire, renforcent la
capacité des communautés locales à faire face aux chocs climatiques et non climatiques,
tout en soutenant les efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique.
48 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Encadré 12. La Grande Muraille Verte: des solutions fondées sur la nature
pour restaurer les écosystèmes dégradés des zones arides des pays africains
La Grande Muraille Verte (GMV) est une initiative lancée par l’Union africaine en 2007 pour
faire face au problème croissant de la dégradation des terres et des moyens de subsistance
au Sahel. Dans cette région, la dégradation des terres est causée par l’interaction de plusieurs
facteurs, notamment la perturbation des pratiques traditionnelles de gestion des terres, les
mauvaises techniques de gestion des terres, la surexploitation et le surpâturage, le manque
de stratégies de gestion durable de l’eau et les incendies de forêt. Le concept de la GMV
allie protection de l’environnement, bien-être sociétal et gain économique. En tant que tel,
il reconnaît que ce n’est que par la protection et la restauration des écosystèmes que les
moyens de subsistance actuels peuvent être maintenus.
L’élément central de cette initiative est d’identifier et de planter des arbres et d’autres
espèces bien adaptés, de stabiliser le sol, d’augmenter l’humidité du sol, de réguler la vitesse
du vent et de contribuer également à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance
locaux. À ce jour, la GMV est mise en œuvre à des degrés divers dans les 21 pays du Sahel. D’ici
2030, l’ambition de l’initiative est de restaurer 100 millions d’hectares de terres actuellement
dégradées, de séquestrer 250 millions de tonnes de carbone et de créer 10 millions d’emplois
verts. Cela aidera les communautés vivant le long du mur à sécuriser les sources d’eau, à
augmenter la fertilité des sols, à assurer la sécurité alimentaire et à commencer à s’adapter
à la variabilité et au changement climatiques.
La FAO contribue par le biais du programme Action contre la désertification, qui soutient la
restauration à grande échelle de l’agriculture à petite échelle et la recherche sur les meilleures
pratiques résilientes qui sont communiquées par les parties prenantes, les partenaires et les
pays ([Link] À ce jour, parallèlement
à la plantation d’arbres, elle a mis au point un modèle qui combine la restauration des terres
dégradées et le développement de PFNL pour améliorer les revenus et les moyens de subsistance
des communautés rurales (Sacande et Parfondry, 2018). En cinq ans, le programme a permis
de restaurer 53 000 hectares de terres agrosylvopastorales dégradées dans les pays de la GMV,
de planter 25 millions d’arbres comprenant un large éventail d’espèces d’arbres indigènes
couramment utilisées par les communautés rurales. Un total de 100 tonnes de semences
forestières de 110 espèces fourragères ligneuses et herbacées ont été collectées et plantées
dans dix pays de la GMV, générant d’énormes retombées économiques et environnementales
positives. Ces opérations étendues et intégrées exigent une collaboration à divers niveaux
entre un large éventail d’acteurs et de contributeurs apportant leur soutien.
Face à des défis sans précédent tels que le changement climatique, les pressions sur les
aliments pour animaux, les denrées alimentaires et l’eau et les demandes changeantes du
marché d’une population humaine croissante, la diversité végétale est cruciale pour restaurer les
terres dégradées et permettre une production durable dans les systèmes agrosylvopastoraux.
Les opportunités et les avantages de la restauration de ces vastes terres dans le cadre du
programme de la Grande Muraille Verte dépassent largement les risques d’investissement
et contrastent avec la perception négative générale des zones arides.
Approche transformationnelle attendue des forêts et des systèmes agrosylvopastoraux en zones
arides qui permettra une production de systèmes durables et résilients au climat 49

Transformation attendue 9 (conservation et protection des écosystèmes): Écosystèmes


et biodiversité des zones arides conservés et protégés pour maintenir les fonctions de
l’écosystème et la fourniture durable et équitable subséquente des biens et des services
écosystémiques soumis au changemen climatique.

Le maintien des services écosystémiques pour la production alimentaire dans les zones
arides va au-delà de l’utilisation efficace des ressources naturelles et de la restauration
des terres dégradées. Il faut garantir que les espèces bénéficient d’une aire de répartition
environnementale suffisamment étendue et saine pour s’établir, se nourrir et se reproduire,
où les espèces et les gènes peuvent circuler naturellement entre leurs différents habitats
naturels, et où la biodiversité et les patrimoines génétiques permettent aux espèces de se
remettre des chocs. Ce point est d’autant plus important avec le changement climatique,
car parmi ses impacts figurent les changements dans la distribution des espèces et la
perte d’espèces qui affrontent de nouvelles conditions abiotiques dans leurs aires de
répartition actuelles et qui tentent de migrer à la recherche de conditions climatiques
auxquelles elles sont adaptées. Cela a des implications claires pour la biodiversité, la
structure et la fonction des écosystèmes. Dans le contexte du changement climatique
actuel, des scénarios permettant aux écosystèmes de passer par cette transition, tout en
veillant à ce qu’ils fournissent toujours des services aux personnes, sont essentiels. Les
outils de conservation sont les meilleurs dont nous disposons pour y parvenir par le
biais, par exemple, de la désignation et de la gestion d’aires protégées au sein de paysages
arides multifonctionnels. Il a été démontré que les aires protégées favorisent l’entretien
et, si nécessaire, la restauration des régimes de végétation naturelle, et améliorent les
conditions microclimatiques, ce qui permet de contrôler l’érosion, de raviver les aquifères,
d’améliorer les processus hydrologiques et de maintenir des moyens de subsistance
durables pour les communautés locales (Dudley et Solton, 2012).
Dans le contexte du changement climatique, les aires protégées jouent également un rôle
important en tant que puits de carbone, car elles renforcent les capacités d’adaptation des
populations des zones arides en assurant la fourniture d’eau, d’agrobiodiversité, de nutrition
et d’autres services pendant les périodes de sécheresse et autres crises liées au climat, dont
la fréquence devrait augmenter à mesure que le réchauffement climatique progresse.
Une gamme complète d’approches de gestion des aires protégées existe dans les zones
arides, à commencer par les «réserves naturelles strictes» jusqu’aux «paysages protégés»
où la conservation est intégrée aux modes de vie traditionnels tels que le pastoralisme,
et où une certaine quantité de pâturages est souvent bénéfique pour la gestion de la
végétation. Elles varient, et peuvent prendre la forme de parcs nationaux gérés par le
gouvernement, d’anciens exemples de zones communautaires conservées, telles que
l’Hima et l’Agdal de la péninsule Arabique.
Des mesures d’incitation visant l’économie et les moyens de subsistance pour la
conservation ont permis l’établissement informel d’aires protégées et le paiement informel
des programmes de services écosystémiques, bien qu’il reste encore beaucoup à faire
pour rendre les efforts de conservation plus rentables pour les propriétaires fonciers et
les utilisateurs des terres. Tirer parti des avantages économiques de la séquestration du
carbone dans les aires protégées est l’une des options.
50 Créer des forêts et des systèmes de production agrosylvopastoraux résilients au climat en zones arides

Encadré 13. Paiement pour les services écosystémiques des bassins versants
(PWES) au profit des systèmes agrosylvopastoraux des zones arides
Le concept de paiement pour les systèmes écosystémiques (PWES, d’après pay for
watershed ecosystem services) utilisé par les pasteurs et les agriculteurs est un exemple
en Inde d’accords informels où des aires protégées sont établies et maintenues à des
fins lucratives dans les zones arides. Le PWES propose aux communautés locales de
payer pour la sécurité de l’eau et d’autres avantages en fonction de leurs revenus. Les
agriculteurs et les éleveurs reçoivent jusqu’à 20 pour cent de l’investissement réalisé
dans la conservation, provenant d’un fonds renouvelable communautaire alimenté
par les paiements de la «taxe sur l’eau». Ce programme a non seulement stoppé la
dégradation des terres, mais a également amélioré lentement les économies rurales et
le statut socioéconomique des communautés des zones arides. La sécurité de l’eau leur
a permis de vendre de la nourriture, ce qui n’était souvent pas possible auparavant, et
de lancer d’autres activités génératrices de revenus.

Bien qu’elles aient une grande importance pour la durabilité environnementale,


économique et sociale, les aires protégées subissent une immense pression exercée par la
conversion de l’utilisation des terres, la déforestation et les espèces envahissantes, entre
autres facteurs. Il est impératif de faire face à ces menaces qui nécessitent une série de
nouvelles approches de gestion et de gouvernance de la conservation, des politiques de
soutien, des informations avec la participation des utilisateurs.

Encadré 14. Le rôle du secteur privé est crucial pour soutenir la conservation
et la résilience des moyens d’existence
Les habitats des orchidées sont très particuliers au Liban et ont été perdus en raison des
activités de fouille. Depuis 2014, Holcim Liban est engagé dans un projet de conservation
et de gestion de la biodiversité en étroite coordination avec l’UICN, entreprenant
l’évaluation annuelle de la biodiversité pour enregistrer la variété des espèces florales
occupant une colline à Kfarhazir, dans l’un des sites de Holcim Liban. La colline est un
refuge pour 15 types d’espèces d’orchidées (sur 86 taxons), l’équivalent de 17,5 pour
cent de la diversité nationale des orchidées, ce qui fait de cet habitat un site de grande
importance.
Le projet a pris en compte le risque de pâturage en établissant une bonne relation
et coordination avec les bergers, la communauté locale et la municipalité locale. Les
bergers sont continuellement informés et engagés dans des activités de protection;
ils ont participé à l’installation de panneaux et ont été aidés par les gardiens de la
municipalité. Ils appréhendent la nature de la collaboration sur la protection du site,
qui est renforcée par toutes les activités de gestion. Les bergers sont rassurés quant à
la continuité de la protection du site et veillent à emmener leurs troupeaux vers l’est,
vers des zones de pâturage éloignées en empruntant une route secondaire.
51

4. L’approche: synergies
et compromis

Les transformations attendues liées aux trois piliers de la durabilité sont envisagées pour
obtenir une gamme de co-bénéfices pour les ODD. En conséquence, les transformations
attendues lorsqu’elles sont combinées peuvent renforcer les liens entre les piliers de la
durabilité, améliorant ainsi les avantages connexes. Les co-avantages potentiels et les
compromis devraient être évalués, pesés et gérés en conséquence, tout en tenant compte
des connaissances traditionnelles et de l’équité entre les sexes. Néanmoins, la perception
des avantages et des compromis peut souvent être différente pour différents groupes de
parties prenantes.
Dans les programmes de développement des zones arides, les habitants de ces paysages
(pasteurs, agriculteurs, ruraux pauvres) sont ceux qui ont le moins de ressources pour se
lancer, suivre et investir dans des plans et des mesures d’incitation qui peuvent sembler
évidents pour d’autres acteurs. Les synergies et les compromis peuvent également comprendre
des aspects temporels et spatiaux. Certains aspects temporels peuvent concerner la génération
actuelle de praticiens qui a du mal à faire la transition consistant à abandonner les traditions
collectives, à modifier les relations entre les sexes et à abandonner les économies de
subsistance. La génération suivante peut défendre d’autres valeurs qui déterminent par
exemple ses décisions de rester en milieu rural ou d’opter pour la migration urbaine. En
termes d’espace, les interventions ayant des avantages positifs dans la zone du projet peuvent
avoir des effets négatifs sur d’autres domaines de l’écologie du paysage ou sur des aspects
socioéconomiques dans les communautés voisines.
Par conséquent, le changement transformationnel nécessite de comprendre
l’interdépendance des piliers social, économique et environnemental de la durabilité pour
pouvoir évaluer et équilibrer les implications potentielles d’une action, d’un programme ou
d’une politique sur les différents piliers. Les leçons tirées des différents cas soulignent que
la recherche de solutions pour contribuer à la réalisation d’une ou plusieurs transformations
attendues sous un ou plusieurs piliers pourrait potentiellement réduire le risque d’effets
négatifs sur la réalisation d’autres transformations attendues. Lorsqu’un effet négatif est
inévitable, il faut rechercher les moyens de remédier ou de compenser les résultats négatifs.
L’intensification de la production animale est un exemple clair d’une inadéquation des
attentes en matière de co-bénéfices. Cela peut être hautement souhaitable pour des raisons
de résilience possible dans la diversification, dans les moyens de subsistance économiques
et la sédentarisation liée à une meilleure inclusion sociétale avec les écoles, les soins de
santé, etc. Cependant, les valeurs perdues dans les liens collectifs et la sécurité ainsi que
dans les économies familiales, qui se traduisent toutes deux par un changement des rôles
des hommes et des femmes, risquent d’être négligées.
52

Dans un souci de durabilité, des actions uniques peuvent créer des synergies avec
d’autres processus en cours, au lieu de proposer des compromis. Par exemple, les
services écosystémiques comme la disponibilité de l’eau peuvent avoir une valeur
plus élevée pour les habitants des zones arides que, par exemple, la biodiversité ou
l’atténuation du carbone. En outre, l’irrigation ou la plantation d’arbres spatialement
étendue dans une zone où l’eau est rare peut entraîner une réduction de la disponibilité
de l’eau dans une partie en aval d’un paysage (Calder, 2005). Par exemple, l’évaluation
récente des utilisations des terres dérivées de la forêt dans le bassin versant de Rejoso en
Indonésie a montré que les utilisations des terres agroforestières favorables à l’infiltration
souterraine minimisent la perte de fonctions hydrologiques dans la zone forestière.
Celle-ci varie en fonction du couvert forestier en amont, au milieu du cours d’eau, et
en aval du bassin versant et aura une incidence sur la production de ces forêts. Dans les
forêts et les paysages agrosylvopastoraux des zones arides, les décisions de gestion qui
équilibrent la production humaine et la fourniture de services écosystémiques dans le
temps et dans l’espace sont essentielles à la durabilité. C’est précisément le point où les
synergies et les compromis doivent être considérés. Un paysage multifonctionnel ne
peut être constitué exclusivement de zones destinées à la conservation des écosystèmes
ni à la production. Toutefois, ce paysage doit garantir que ces écosystèmes disposent de
territoires suffisamment vastes pour conserver leurs fonctions essentielles.

Les approches de gestion durable des terres forestières peuvent aider les parties
prenantes à trouver des synergies pour mettre en œuvre des solutions équilibrées, par
exemple en améliorant la biodiversité dans les paysages agricoles, qui offrent des résultats
positifs simultanés en matière de moyens de subsistance (O’Farrell et Anderson, 2010). Un
plus grand nombre d’arbres hors forêt dans les paysages pastoraux et agrosylvopastoraux
peut avoir de nombreux co-bénéfices, comme la perspective que la gestion durable des
arbres puisse contribuer à la diversification et à l’augmentation des revenus des habitants
des zones arides. Néanmoins, la simple plantation d’arbres ne conduit pas à des synergies
complètes. Si les droits d’exploitation des arbres ne sont pas clairs, s’il n’existe pas de
demande de bois ou de produits non ligneux, si la demande n’est pas à portée de main, si
la pauvreté persistante d’une partie de la population entraîne toujours la déforestation,
ou si les arbres mettent du temps à arriver à maturité pour leur utilisation, l’incitation
ne sera pas valable pour la plupart des habitants des zones arides.
Un exemple de la nécessité de prendre en compte les compromis et les synergies entre
les piliers de la durabilité lors de la prise de décisions sur l’utilisation des terres dans les
paysages de zones arides multifonctionnelles vient du pastoralisme. Historiquement, la
mobilité a conféré aux communautés pastorales la capacité de faire face au degré élevé
d’incertitude environnementale dans les zones arides. Malgré les chocs périodiques,
pour les éleveurs, le bétail représente une marchandise échangeable, un actif d’assurance,
une forme d’investissement qui rapporte des intérêts grâce à la reproduction et à la
croissance, et une source importante de revenus non monétaires; par exemple le lait
peut représenter jusqu’à 50 pour cent du revenu non monétaire de nombreux ménages
pastoraux. L’élevage joue également un rôle fondamental dans le mariage et d’autres
institutions sociales (Aklilu et al., 2013).
L’approche: synergies et compromis 53

Au fil des siècles, des systèmes de gouvernance pastorale coutumière complexes ont
régi l’utilisation des ressources, à la fois dans l’espace et dans le temps, de manière à
éviter la dégradation des terres. Cependant, un large éventail de facteurs, y compris
les politiques et les réformes de régime foncier et d’utilisation des terres, ont érodé les
institutions coutumières et, dans de nombreux endroits, affaibli ou modifié les moyens
de subsistance pastoraux traditionnels. Dans certains pays des zones arides, il existe
une opposition sociopolitique ouverte au pastoralisme; dans d’autres, les politiques
commerciales encouragent la production animale en réponse à la demande croissante
de produits carnés tandis que d’autres politiques soutiennent souvent l’expansion de
cultures inadaptées et moins rentables aux dépens de la production animale (Davies
et al., 2010; Aklilu et al., 2013).

Chaque paysage de zone aride étant différent, il n’existe pas de solution universelle.
Même parmi les différents acteurs qui impulsent la transformation, tels que les organismes
de financement, les politiques locales, nationales et mondiales, les groupes d’intérêt, etc.,
il arrive que des discours divergents sur les priorités de la croissance verte coexistent
(Wunder et al., 2005) et les co-bénéfices attendus peuvent être perçus différemment. Les
points d’entrée de l’intérêt pour la restauration des paysages forestiers des zones arides
peuvent être la séquestration du carbone de la politique mondiale, la production de bois
pour remplacer les importations croissantes de la politique nationale, la croissance de
l’économie du centre régional de la politique locale, la biodiversité, l’adaptation au climat
ou le développement rural promu par des groupes d’intérêt et la société civile. Il est naturel
que plusieurs points d’entrée existent, mais parfois différents acteurs peuvent prévoir ou
même surestimer les solutions de compromis et déclencher un conflit plutôt que d’opter
pour la médiation. Par exemple, choisir entre la promotion de la restauration pour la
biodiversité et la gestion durable des arbres/forêts peut constituer un dilemme, même
si à partir d’un écosystème dégradé, un terrain boisé ou une petite plantation pourrait
répondre aux deux options. Avoir une vision complète de cette situation complexe et
des mesures d’incitation n’est pas chose aisée pour les praticiens des zones arides.
Il existe de nombreuses autres options pour exploiter les synergies; par exemple, les
actions visant à renforcer les services vétérinaires et de vulgarisation peuvent améliorer
la productivité du bétail et la résilience des petits troupeaux aux chocs climatiques et aux
maladies. Délimiter des réserves de pâturage et des couloirs de mobilité pour assurer le
passage sûr des communautés pastorales peut réduire les risques climatiques et de conflit.
Des actions uniques qui simplifient l’accès direct aux marchés, comme la construction
de routes rurales ou tertiaires, ou qui facilitent l’ajout de valeur aux produits de l’élevage
peuvent créer de nouvelles opportunités économiques pour les pasteurs mobiles, les
pasteurs sédentaires et les non-pasteurs. Les connaissances traditionnelles et locales ainsi
que la recherche peuvent contribuer à une meilleure compréhension des liens entre les
processus environnementaux et les activités pastorales, et peuvent soutenir les décisions
sur la gestion durable de l’élevage et des terres à plusieurs niveaux. Conscients de ces
liens, certains gouvernements européens investissent dans le pastoralisme mobile pour
gérer et conserver la diversité biologique (Davies et al., 2010). Par ailleurs, au Maroc,
une initiative réussie de restauration des forêts à grande échelle avec des co-bénéfices
54

d’adaptation au climat et d’atténuation a été mise en œuvre avec le soutien d’associations


locales de pâturage. En résumé, ces actions et d’autres, qui ont été lancées d’un point
de vue économique, environnemental ou social, peuvent contribuer à améliorer et à
équilibrer la production animale avec d’autres actions se déroulant dans des paysages
arides multifonctionnels.
Les interventions menées à l’appui d’une transformation attendue spécifique dans un
pilier peuvent directement ou indirectement contribuer à la réalisation des transformations
attendues dans d’autres piliers. Par conséquent, en théorie, toute action peut soutenir
la réalisation de toute transformation attendue si elle est planifiée dans une optique
de durabilité, en utilisant les synergies et en réduisant les compromis, dans la mesure
du possible. La connaissance du système et la connaissance des neuf transformations
clés attendues dans cette approche peuvent aider les parties prenantes à moduler leurs
actions pour créer des synergies conscientes, en contribuant davantage à la durabilité et
en réduisant le risque de compromis involontaires. Selon le document de discussion sur
le financement de la RPF par la FAO et le Mécanisme mondial du CNULCD, on estime
que la valeur des actifs basée sur les données moyennes des valeurs marchandes et des
valeurs non marchandes des écosystèmes des zones arides se situe entre 1 500 dollars
EU et 4 500 dollars EU par hectare, valeurs qui peuvent offrir des bénéfices qui vont
au-delà des paysages des zones arides.
© FAO /R. Cenciarelli

Groupe de travail sur les forêts des zones arides et les systèmes agrosylvopastoraux
55

5. Opérationnaliser l’approche:
la voie à suivre

L’approche présentée dans ce document de travail facilite la planification d’interventions


transformatrices concernant la durabilité de la gestion des forêts et des systèmes
agrosylvopastoraux en zones arides dans le cadre de paysages multifonctionnels. Elle
offre aux décideurs, planificateurs et praticiens l’occasion de contribuer, par le biais
d’interventions limitées et importantes, à la réalisation de plusieurs ODD tout en veillant
à ce que les systèmes de production alimentaire des zones arides restent productifs et
continuent de nourrir les communautés et le monde dans un climat fluctuant. De multiples
facteurs convergent pour mettre en œuvre l’approche de manière efficiente et efficace.
Parmi ceux-ci il faut citer : la bonne gouvernance, la responsabilisation et la participation
des parties prenantes, et l’autonomisation des communautés, par exemple à travers des
processus de consultation. Bien que cette approche puisse être mise en œuvre par des
parties prenantes individuelles, celle-ci encourage la coopération et les partenariats
entre les communautés, le gouvernement, le secteur privé, les ONG, les universités et
d’autres acteurs motivés par une vision partagée des transformations attendues, de leurs
avantages et une compréhension de ce qui pourrait être perdu durant le processus (le
prix à payer). Ainsi, lors de la planification de nouvelles interventions ou du pilotage
d’interventions existantes conformément à cette approche, il est nécessaire de faire preuve
de transparence, de participation et même d’ouvrir des négociations pour s’accorder
sur les mesures d’incitation, sur les effets dissuasifs et de discuter des risques associés.
Compte tenu de la vulnérabilité des zones arides, de la gravité des conséquences
potentielles du changement climatique, elles sont désormais également confrontées à
des impacts négatifs sur les systèmes alimentaires dus au COVID-19, principalement
dans les pays subsahariens, à un ralentissement économique croissant et à une nouvelle
exacerbation de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition (FAO, 2020). Par conséquent,
il est urgent de reconstruire en mieux pour permettre de mieux répondre aux améliorations
insuffisantes apportées à l’adaptation des écosystèmes des zones arides et de créer des
systèmes alimentaires plus résilients (ECLAC et FAO, 2020). Une approche visant
explicitement à se concentrer sur l’assurance économique pour lutter contre les inégalités
entre les zones rurales et urbaines, les pauvres et les riches, tout en appliquant le prisme
des sexospécificités résoudra ces problèmes.
L’économie environnementale peut contribuer à comprendre les compromis et les
co-avantages des interventions planifiées et ainsi promouvoir la prise de décisions éclairées
et la hiérarchisation des activités ou des interventions parmi diverses alternatives.
Il est cependant nécessaire de faire en sorte que les décisions soient fondées et que
les mesures soient prises en connaissance de cause, éclairées et à la bonne échelle, à
56

commencer par les politiques générales jusqu’aux interventions sur le terrain pour assurer
une production équitable et durable dans les systèmes forestiers et agrosylvopastoraux des
zones arides. Des bases de référence doivent être établies et les résultats des différentes
interventions surveillés périodiquement, en utilisant des indicateurs correspondant au
niveau et au contexte des interventions. Cela contribuera à évaluer les progrès accomplis
en vue des changements attendus et nécessaires en termes de durabilité. En outre, il
est indispensable de générer et de communiquer des informations, à tous les niveaux,
sur les impacts potentiels du réchauffement climatique sur les forêts et les systèmes
agrosylvopastoraux des zones arides, notamment sur les écosystèmes et les pratiques
de gestion des terres elles-mêmes. Cela permettra de prendre de meilleures décisions
en matière d’adaptation et d’atténuation et réduira ainsi l’incertitude dans certaines des
régions où le climat est naturellement particulièrement imprévisible.
L’impact de la pandémie de COVID-19 n’implique pas un changement radical dans
l’opérationnalisation des transformations attendues proposées. La COVID-19 souligne
plutôt la nécessité d’approches d’adaptation flexibles, car à l’avenir, avec le changement
climatique, les chocs météorologiques affectant les systèmes de zones arides pourraient
augmenter en fréquence et en intensité, et les crises aggravées pourraient devenir plus
courantes. Les meilleures pratiques, les connaissances traditionnelles et la science peuvent
toutes contribuer à présenter des options d’adaptation et de renforcement de la résilience.
Enfin, il est nécessaire que des champions plaident en faveur du changement
transformationnel et promeuvent la gestion des systèmes de production alimentaire
des zones arides. Les champions peuvent faciliter la création d’une vision partagée et
contribuer à faire connaître les innovations durables. Ces dernières années, les progrès
positifs réalisés avec les outils de développement ont aidé divers groupes d’acteurs à devenir
de bons facilitateurs et champions et à sensibiliser plus efficacement les parties prenantes
sur les liens entre les différents processus. Les «Serious games» (ou jeux sérieux) utilisés
pour l’apprentissage social dans la transition vers la durabilité (Speelman et al., 2019;
Stanitsas et al., 2019) font partie de ces outils et pourraient être utilisés pour favoriser la
compréhension des liens entre les piliers de la durabilité et les transformations attendues.
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7. Annexe: Ressources
supplémentaires

Cette annexe propose une collection de ressources en ligne qui fournissent des
conseils aux particuliers, aux institutions et aux gouvernements sur la conception, la
mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des actions de durabilité dans les zones arides.
Elle a été compilée pour soutenir les politiques, la gouvernance et les efforts sur le
terrain devant contribuer aux transformations en matière de durabilité attendues telles
qu’elles sont présentées dans l’approche.
1. Using criteria and indicators for sustainable forest management. A way
to strengthen results-based management of national forest programmes.
Forestry Policy and Institutions Working Paper 37, 2017. [Link]
org/3/a-i6883epdf. Ce rapport vise à soutenir les efforts de gestion durable des
forêts grâce à l’utilisation de critères et d’indicateurs (C&I). Le rapport soutient la
conception, la planification et le suivi des politiques forestières. Il a été conçu sur
la base d’un processus de consultation mondiale et fournit 30 exemples pratiques
sur la manière d’améliorer l’utilisation des C&I et de les intégrer dans les plans
forestiers nationaux.
2. IPBES. 2018. The IPBES assessment report on land degradation and
restoration. Montanarella, L., Scholes, R. and Brainich, A. (Eds.). Secretariat of
the Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem
Services, Bonn, Germany. 744 pages. [Link]
Ce document fournit une analyse critique de l’état des connaissances concernant
l’importance, les facteurs, l’état et les tendances des écosystèmes terrestres (sans
se limiter aux zones arides). Le rapport présente des politiques, des options de
gouvernance et des pratiques de gestion qui peuvent aider les parties prenantes
à tous les niveaux à réduire les conséquences environnementales, sociales et
économiques négatives de la dégradation des terres, ainsi qu’à réhabiliter et
restaurer les terres dégradées.
3. Global guidelines for the restoration of degraded forests and landscapes in
drylands: building resilience and benefiting livelihoods, by Berrahmouni, N.,
Regato, P. & Parfondry, M. FAO Forestry Paper No. 175. Rome. [Link]
[Link]/3/[Link]. Ces directives présentent des exemples mondiaux et
fournissent des politiques spécifiques et des conseils pratiques sur les activités de
restauration des zones arides.
70

4. Trees, forests and land use in drylands: the first global assessment – Full
report. FAO Forestry Paper N° 184. Rome. [Link]
[Link]. Il s’agit d’une étude thématique qui complète l’évaluation des
ressources forestières mondiales (FRA, d’après Forest Resources Assessment) de
la FAO, mais qui en diffère par sa méthode et sa portée. L’évaluation comprend
une interprétation visuelle des images satellitaires. Les résultats sont présentés
aux niveaux mondial et régional, et fournissent des informations générales sur
le climat, l’importance des forêts et des arbres pour la biodiversité et les moyens
de subsistance, ainsi que les tendances et les défis dans les zones arides. Elle rend
également compte de la répartition des forêts, des autres terres boisées et des
autres utilisations des terres (comme les prairies, les terres cultivées, les marais et
les zones humides, les terres dénudées, les établissements humains et les zones
bâties), par zone d’aridité. Elle offre donc une base à partir de laquelle les actions
peuvent être hiérarchisées.
5. The land resources planning (LRP) toolbox. [Link]
pdf. Cette boîte à outils est une ressource en ligne gratuite destinée aux parties
prenantes impliquées dans l’aménagement du territoire à différents niveaux,
dans différents secteurs et dans différentes régions. La boîte à outils contient un
nombre complet d’outils, fournit des résumés et des liens vers les outils et aide les
parties prenantes à sélectionner les outils les plus appropriés.
6. A framework for priority setting in climate-smart agriculture research
[Link] Donner la priorité aux activités de
recherche sur l’agriculture intelligente face au climat (CSA, d’après climate-
smart agriculture) est un problème ardu principalement en raison de sa nature
multidimensionnelle. Le document fournit un cadre simple en six éléments avec
une carte pour guider la hiérarchisation. Il présente également des études de
cas sur des zones arides qui fournissent des conseils sur l’utilisation combinée
de différentes méthodes quantitatives et qualitatives. Le document couvre des
échelles spatiales et temporelles pour garantir que l’innovation et la mise en
œuvre de la CSA servent concrètement à guider les applications pratiques. De
nombreuses études de cas associées à des définition de priorités abordent les
actions à court et moyen terme et à des échelles relativement locales
7. EX-Ante Carbon balance Tool (EX-ACT). [Link]
act-home/en/. EX-ACT est un système de comptabilité terrestre, estimant les
variations des stocks de carbone (c’est-à-dire les émissions ou les puits de CO2)
ainsi que les émissions de gaz à effet de serre (GES) par unité de terre, exprimées
en tonnes équivalentes de CO2 par hectare et par an. L’outil aide les concepteurs
de projets à estimer et hiérarchiser les activités de projet qui peuvent fournir des
avantages économiques et environnementaux, tout en tenant compte des avantages
associés à l’atténuation du changement climatique. L’outil fournit également des
informations qui peuvent être utilisées lors de la présentation d’activités de projet
spécifiques.
8. IMPACT Tool. Capturing on-farm realities. [Link]
tool#.XlW4KWhKjIX. La plate-forme de modélisation de l’approche intégrée
7. Annexe: Ressources supplémentaires 71

pour les systèmes de cultures animales mixtes (IMPACT, d’après Integrated


Approach Modelling Platform for Mixed Animal Crop systems) a été initialement
mise au point pour encourager le partage de données à travers des protocoles
standard et permettre aux outils d’être liés pour faciliter les évaluations de divers
systèmes agricoles. L’approche IMPACT a depuis été volontairement transformée
en une version qui saisit la diversité des activités agricoles et caractérise les
principaux systèmes de production agricole. Elle a été utilisée dans douze pays
d’Afrique de l’Est, d’Afrique de l’Ouest et d’Asie du Sud.
9. Évaluations du cycle de vie. [Link]
tools/fr/. Les analyses du cycle de vie (ACV) font référence à la quantification
des émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant de l’ensemble de la
chaîne de production agricole. Les méthodes d’ACV sont également appliquées
pour mesurer d’autres impacts environnementaux. La méthodologie a été
principalement mise au point sur la base des émissions de GES provenant des
chaînes alimentaires du bétail. Cependant, cette méthodologie peut aussi être
appliquée aux chaînes de production, pour des produits tels que le lait, la viande et
les œufs, et les analyses permettent d’identifier des moyens efficaces de produire
des produits d’élevage tout en réduisant les émissions de GES.
10. Climate data portal. [Link] Le portail de données
CCAFS-Climat fournit des ensembles mondiaux et régionaux de données
climatiques à haute résolution qui servent de base pour évaluer les impacts
du changement climatique et les options d’adaptation dans divers domaines,
notamment la biodiversité, la production agricole et animale, les services
écosystémiques et l’hydrologie. Les données climatiques à haute résolution
permettent d’évaluer les impacts du changement climatique principalement
sur l’agriculture. Ces ensembles de données en libre accès sur les projections
climatiques donnent aux chercheurs/praticiens les moyens de réaliser des
évaluations de l’impact du changement climatique.
11. Planning, implementing and evaluating climate-smart agriculture in
smallholder farming systems – the experience of the MICCA pilot projects.
[Link] La CSA (agriculture intelligente face au
climat) se base sur un mélange de technologies et de pratiques résilientes au climat
pour les systèmes agricoles intégrés et la gestion du paysage. La base de données
et les connaissances nécessaires pour déterminer les pratiques qui fonctionnent le
mieux dans un contexte donné sont encore émergentes et doivent être testées et
mises en œuvre sur la base d’un large éventail de pratiques. Ce rapport présente
l’expérience acquise des programmes de développement agricole en cours et
fournit des conseils sur les étapes et les considérations nécessaires pour étendre les
programmes et les pratiques de CSA à une échelle beaucoup plus importante.
12. A gender-responsive approach to climate-smart agriculture. Evidence
and guidance for practitioners. [Link]
handle/10568/73049/CSA%20Practice%20Brief%20Gender.
pdf?sequence=1&isAllowed=y. Adopter une approche sexospécifique de
l’agriculture intelligente face au climat (CSA) signifie que les besoins, les
72

priorités et les réalités spécifiques des hommes et des femmes sont reconnus et
correctement pris en compte dans la conception et l’application de la CSA afin que
les hommes et les femmes puissent en bénéficier de façon égale. Ce rapport traite
de la manière dont les approches sensibles à la parité peuvent être incluses dans les
projets et programmes pour accroître la durabilité de la production agricole et des
revenus.
13. Economics of land degradation initiative: Practitioner’s Guide. [Link]
[Link]/Details/fullCatalogue/864. Ce guide soutient les praticiens qui
cherchent à prendre des décisions économiques éclairées sur la dégradation des
terres et les options de conservation.
14. A 6+1 step to economics of land degradation. [Link]
ELD-UserGuide_07.pdf. L’approche en 6 + 1 étape est la méthode d’analyse
qui a été adoptée par l’Initiative ELD (d’après Economics of Land Degradation)
pour guider les utilisateurs tout au long du processus d’établissement d’analyses
coûts-avantages basées sur des recherches scientifiquement valables afin de guider
les processus décisionnels pour une meilleure gestion des terres. Ce document a
compilé et résumé les preuves des avantages économiques des options de gestion
durable des terres. Il propose des résultats d’évaluation à trois groupes cibles
cruciaux: le secteur privé, la communauté scientifique et les décideurs politiques.
15. Sustainable livelihood approach for assessing community
resilience to climate change. [Link]
download?doi=[Link].2622&rep=rep1&type=pdf. L’évaluation des moyens
de subsistance durables vise à faire comprendre le rôle et l’impact d’un projet sur
l’amélioration et la sécurisation des moyens de subsistance des populations locales.
En tant que tel, elle repose sur une gamme de méthodes de collecte de données,
une combinaison d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs et l’application d’une
approche ou d’un cadre de moyens d’existence durables. Ce rapport décrit les
étapes pratiques à suivre dans le cadre de l’évaluation des moyens de subsistance
durables. Il accorde une attention particulière au processus d’engagement
communautaire qui contribue à mieux encadrer les actions et à comprendre les
perceptions en termes de capacité d’adaptation/pendant le processus de collecte de
données et de conception du programme.
16. Tracking adaptation in agricultural sectors. Climate change adaptation
indicators. FAO, Rome, 2017. [Link] Ce document
présente un cadre et une méthodologie pour le Suivi de l’adaptation dans les
secteurs agricoles (TAAS, d’après Tracking Adaptation in Agricultural Sectors) au
niveau national. Le cadre reconnaît la nature complexe des processus d’adaptation
dans les sous-secteurs agricoles. Il explique clairement les interactions entre les
ressources naturelles et les écosystèmes, les systèmes de production agricole, entre
autres dans les zones arides, la socioéconomie et les systèmes institutionnels et
politiques qui stimulent les processus et les résultats d’adaptation. Il ne se limite
pas aux données de base, mais démêle également les interactions complexes et
fournit un appui à la mise en œuvre des programmes depuis l’établissement
des priorités jusqu’au suivi et à l’évaluation. De nombreuses études de cas sur
7. Annexe: Ressources supplémentaires 73

l’établissement de priorités portent sur des actions à court et moyen terme à des
échelles relativement locales.
17. Climate-smart agriculture programming and indicator tool: 3 steps for
increasing programming effectiveness and outcome tracking of CSA
interventions. CCAFS Tool Beta version. Copenhagen, Denmark: CGIAR
Research Program on Climate Change, Agriculture and Food Security
(CCAFS). [Link]
X3Qgny8RoWo. L’outil de programmation et indicateur de la CSA a été conçu
pour répondre à la fois au besoin de bons instruments de programmation et de
meilleurs indicateurs pour suivre les résultats et l’impact. Il permet en outre à
plusieurs agences de développement et programmes axés sur l’agriculture de
partager un cadre commun sur la manière dont ils abordent actuellement la CSA,
et comment ils peuvent rendre leur futur processus de programmation plus
intelligent face au climat. L’outil permet d’examiner la portée d’un programme
ou d’une intervention donnés à travers la perspective tridimensionnelle la CSA
(Productivité/Revenu, Adaptation et Atténuation), renforçant ainsi la phase de
planification des interventions afin de garantir que tous les résultats potentiels liés
à la CSA soient correctement inclus dans cadres de suivi et d’évaluation.
18. A complete guide to climate-smart agriculture. [Link]
Le Guide CSA fournit une introduction courte et concise et un aperçu des aspects
multiformes de l’agriculture intelligente face au climat. Le guide sert également
de bibliothèque de ressources pour toutes les références, ressources clés, termes et
questions et fournit un aperçu complet du sujet.
19. Supporting agricultural extension towards climate-smart agriculture: An
overview of existing tools. [Link] Le rapport
fournit des exemples de plus de 20 approches différentes de la manière dont
la vulgarisation agricole peut soutenir une agriculture intelligente face aux
changements climatiques. Il rend compte des contributions du monde entier, sans
se limiter aux zones arides. Il rassemble des expériences sur le rôle que remplit
la vulgarisation agricole et les services de conseil rural dans le soutien de la CSA
pour les communautés rurales.
20. Value chain analysis for resilience in drylands (VC-ARID): identification
of adaptation options in key sectors. 2018. [Link]
[Link]/files/resource-documents/[Link]. VC-ARID est une approche
interdisciplinaire de l’analyse de la chaîne de valeur qui prend en compte les
caractéristiques spécifiques des systèmes semi-arides. Sur la base d’études de
cas effectuées en zones arides, elle cherche à aborder la transformation des
chaînes de valeur en mettant en évidence les liens entre les chaînes de valeur clés
et les marchés, ainsi que la diversification des chaînes de valeur. Parallèlement
au rapport, d’importantes analyses de cas fournissent des informations sur les
principales chaînes de valeur des zones arides en Afrique et en Asie.
74

21. Delivering climate resilience programmes in fragile and conflict-affected


contexts. [Link]
programmes-in%20fragile-contexts/. Cet examen étudie comment les
programmes et projets de résilience climatique peuvent être conçus, établis et
gérés en vue de leur résilience dans des contextes fragiles et touchés par des
conflits. Il combine l’apprentissage factuel de plus de quatre ans de mise en œuvre
de 15 projets dans 13 pays d’Afrique. Cette recherche offre des informations aux
donateurs et aux agents de mise en œuvre des projets pour leur donner les moyens
d’aborder les contextes fragiles qui apparaissent dans et autour des zones arides −
afin d’assurer la durabilité à long terme des interventions et le renforcement de la
résilience.
22. Ecosystem-based adaptation: a handbook for EbA in mountain, dryland and
coastal ecosystems. IIED, London. [Link]
pdf. Ce manuel sert à guider la planification et la mise en œuvre de l’adaptation
écosystémique (AE) dans les pays en développement et les aider à faire face
aux impacts croissants du changement climatique dans les zones arides, les
montagnes et les zones côtières. Il se concentre sur ces systèmes, car les
populations sont particulièrement vulnérables au changement climatique. Pour
chaque type d’écosystème, il définit les étapes à suivre lors de la planification et
de la mise en œuvre des interventions d’AE qui augmenteront la résilience des
personnes vulnérables grâce à la gestion des écosystèmes et à la conservation de la
biodiversité.
23. Tools for ecosystem-based adaptation: A new navigator. [Link]
org/tools-for-ecosystem-based-adaptation-new-navigator-now-available.
L’adaptation écosystémique (AE) peut aider les gouvernements, la société
civile et les communautés à gérer les impacts du changement climatique. L’AE
est une approche fondée sur la nature qui utilise la biodiversité et les services
écosystémiques afin d’aider les populations à s’adapter aux effets néfastes du
changement climatique. Au fur et à mesure que le concept s’est développé, le
nombre d’outils et de méthodologies disponibles pour soutenir l’intégration de
l’AE dans les stratégies d’adaptation a augmenté. Cette base de données comprend
un navigateur qui prend en charge la recherche d’outils et de méthodes adaptés à
l’AE, fournissant des informations pratiques sur plus de 240 outils, méthodologies
et documents d’orientation. Les outils présentés couvrent un éventail de sujets,
notamment la planification et les évaluations, la mise en œuvre et l’évaluation, le
suivi et l’intégration. Ce navigateur a été conçu pour aider les utilisateurs à trouver
les outils et méthodes les plus appropriés qui leur faciliteront la mise en œuvre des
projets.
24. Water harvesting: Guidelines to good practice. Centre for Development and
Environment (CDE), Bern; Rainwater Harvesting Implementation Network
(RAIN), Amsterdam; MetaMeta, Wageningen; The International Fund for
Agricultural Development (IFAD), Rome. [Link]
content/uploads/2017/10/[Link].
7. Annexe: Ressources supplémentaires 75

Ces directives présentent les bonnes pratiques éprouvées en matière de collecte des
eaux de pluie du monde entier. Elles servent de guide pratique tout en fournissant
une expertise technique utile à l’intégration des technologies de récupération de
l’eau dans la planification et la conception des projets. D’autre part, ces directives
facilitent, partagent et améliorent les bonnes pratiques en matière de récupération
de l’eau en tenant compte de l’état des connaissances actuelles. Les utilisateurs
finaux ciblés sont les praticiens, les planificateurs aux niveaux régional, national et
local.
25. Guidelines and good practices for achieving gender equality outcomes through
climate services. [Link]
Les services climatologiques peuvent être essentiels pour renforcer la résilience
des petits exploitants agricoles; cependant, en raison de facteurs liés à la parité,
les femmes et les hommes sont confrontés à des problèmes et des opportunités
différents pour accéder aux informations liées au climat. Ce rapport fournit un
résumé important des besoins de renforcement des capacités des hommes et des
femmes qui peut aider les praticiens à définir les méthodes pour une adaptation
inclusive au changement climatique pour les femmes.
26. Helping farmers understand index insurance: Guidelines for consumer
education interventions. [Link]
files/MP45_0.pdf. L’assurance indicielle est un outil financier innovant qui peut
soutenir la résilience des agriculteurs et des communautés pastorales et leur
permettre de gérer la variabilité et le changement climatiques. Cependant, le
degré d’ouverture de l’assurance indicielle et la nécessité d’accroître l’accessibilité
et la couverture pour tous soulèvent encore des préoccupations. Ces directives
qui s’inspirent des leçons sur le terrain, proposent des mesures pratiques qui
garantiront que l’assurance indicielle est bien comprise et que les impacts sont
inclusifs dans les domaines où elles sont mises en œuvre.
27. Scaling up index insurance for smallholder farmers: Recent evidence and
insights. [Link]
[Link]. Ce rapport explore les preuves et les points de vue de cinq études
de cas qui ont récemment fait des progrès significatifs pour relever le défi d’assurer
les petits agriculteurs et éleveurs pauvres dans le monde en développement.
En Inde, par exemple, une analyse de cas démontre le rôle que les programmes
nationaux d’assurance indicielle ont joué en atteignant plus de 30 millions
d’agriculteurs grâce à un lien obligatoire avec le crédit agricole et un fort soutien
gouvernemental. Le rapport fournit des informations sur les caractéristiques
nécessaires à la réussite de la généralisation et de la diffusion des programmes
d’assurance indiciels.
28. The UNCCD drought toolbox. [Link]
toolbox/page/about-drought-toolbox. La boîte à outils sur la sécheresse
rassemble des ensembles d’outils qui peuvent soutenir la planification nationale
contre les sécheresses et qui sont structurés autour de trois aspects principaux:
la surveillance de la sécheresse et l’alerte précoce, la vulnérabilité à la sécheresse
76

et l’évaluation des risques, ainsi que les mesures d’atténuation des risques de
sécheresse. Ceux-ci représentent les efforts actuels dans le cadre de l’initiative
contre la sécheresse de la CNULCD, de l’Organisation météorologique mondiale
(OMM), de la FAO, du Partenariat mondial pour l’eau (GWP), du Centre
commun de recherche de l’Union européenne, du Centre national d’atténuation
de la sécheresse (NDMC, d’après National Drought Mitigation Center) de
l’Université du Nebraska et du PNUE-DHI Centre sur l’eau et l’environnement.
29. Adaptation at scale in the semi-arid regions (ASSAR) 2014–2018 – highlights
from the ASSAR project. [Link]
tool/images/138/Legacy_chapters/Putting_people_%20at_the_centre_for_
effective_adaptation-[Link]. Ce rapport présente une analyse des moyens
d’adaptation dans les régions semi-arides sur la base de travaux de recherche et
de pratique multi-échelles, inter et transdisciplinaires. Le rapport examine les
obstacles et les catalyseurs d’une adaptation efficace et durable. Il indique quels
sont les mécanismes possibles conduisant à la résilience dans les zones arides,
et propose des thèmes transversaux sur l’engagement des parties prenantes, la
gouvernance et le renforcement des capacités.
30. Five practical actions towards low carbon livestock. [Link]
org/3/ca7089en/[Link]. Façonner un avenir durable dépendra de la
compréhension de la diversité et de la complexité des systèmes agroalimentaires de
l’élevage, notamment de ceux des zones arides. Ce rapport se penche sur les cinq
étapes pratiques qui peuvent transformer l’agriculture en la faisant passer du statut
d’émetteur net et de contributeur à la dégradation des terres, à celui de facteur
d’atténuation, contribuant à la sécurité alimentaire et à la nutrition.
31. Social protection approaches to climate risk management, including disaster
risk reduction and management. [Link]
pdf. Ce rapport met en évidence les principales approches pour intégrer la
protection sociale dans la gestion des risques climatiques, l’adaptation au climat et
les mesures d’atténuation. Il décrit les principaux avantages de cette intégration,
notamment la réduction de la vulnérabilité et des stratégies d’adaptation
négatives tout en soutenant la préparation inclusive aux situations d’urgence et
à l’organisation des secours. Il aide les praticiens à établir des priorités au niveau
local et fournit d’autres outils complémentaires de gestion des risques tels que
l’assurance indicielle.
32. Global Database on Sustainable Land Management (SLM) (Base de données
mondiale sur la Gestion durable des terres [GDT]). [Link]
global-slm-database/. La base de données documente et enregistre les pratiques
de GDT qui illustrent les décisions prises sur la base de preuves dans le but de
généraliser les bonnes pratiques identifiées. La base de données propose également
un cadre et des outils et méthodes normalisés pour la documentation, le suivi,
l’évaluation et la diffusion des connaissances sur la GDT, couvrant toutes les
étapes, à partir de la collecte de données avec plusieurs questionnaires, jusqu’à la
7. Annexe: Ressources supplémentaires 77

base de données mondiale sur la GDT en passant par l’utilisation des informations
pour l’aide à la prise de décisions.
33. Land assessment in drylands. [Link] Le
Projet d’évaluation de la dégradation des terres dans les zones arides (LADA,
d’après Land Degradation Assessment in Drylands project) est une approche
scientifiquement fondée pour évaluer et cartographier la dégradation des terres
à différentes échelles spatiales − de réduite à importante − et à différents niveaux
− locale à mondiale. LADA évalue également les types et l’étendue des diverses
mesures de GDT qui ont été mises en œuvre (réponses sur le terrain), ainsi que
leur efficacité et leurs évolutions dans la lutte contre la dégradation des terres.
Combinant l’analyse des moyens d’existence et la mesure des effets de l’utilisation
des terres, des réponses et des investissements institutionnels et politiques, cet
outil permet d’effectuer des évaluations foncières au niveau local et d’analyser
dans quelle mesure les interventions visant à garantir le régime foncier et les droits
d’accès sont réalisables.
34. 2019 state of climate services. [Link]
id=10089. Le rapport fournit une analyse complète des éléments nécessaires
pour améliorer l’accès aux informations et aux services climatiques en vue d’un
développement résilient au changement climatique et pour faciliter les mesures
d’adaptation. Il mesure les progrès, les opportunités et les difficultés dans le
déploiement des services climatologiques tels que les prévisions saisonnières,
les avis de sécheresse et les indices de danger d’incendie. Six grands domaines
stratégiques sont identifiés, chacun avec des recommandations: concrétisation,
intensification et soutien par le biais d’un financement adéquat des services
climatologiques avec des avantages avérés démontrés pour l’adaptation dans
le secteur agricole; observations systématiques; prise en compte de la barrière
du «dernier kilomètre»; amélioration des fondements de la climatologie pour
les actions climatiques prioritaires; et suivis et évaluations systématiques des
avantages socioéconomiques associés aux services climatologiques.
35. Collecting development data with mobile phones: Key considerations
from a review of the evidence. [Link]
handle/10568/89104/InfoNote_MobileMonitoring.pdf. La croissance du
nombre de propriétaires de téléphones portables présente un moyen rentable
et efficace de collecter des données pour soutenir l’adaptation au climat. Ce
dossier passe en revue les expériences de 14 sites de projets dans divers pays en se
basant sur la pratique. Malgré les directives sur les meilleures pratiques pouvant
servir d’objectif pour la qualité des données à atteindre, les preuves sont souvent
insuffisantes compte tenu de la diversité des contextes sociaux, des modes et
des indicateurs d’intérêt. Les technologies mobiles et les enquêtes, après une
planification minutieuse, des tests sur le terrain et des innovations, offrent une
opportunité inégalée de comprendre la situation des personnes et les changements
de population, et peuvent avoir de nombreuses applications dans de multiples
78

conditions.
36. Towards developing scalable climate-smart village approaches: approaches and
lessons learnt from pilot research in West Africa. [Link]
org/downloads/Publications/PDFS/[Link]. Le document présente un
rapport de projet sur «Développer une agriculture communautaire intelligente
face au climat grâce à la recherche active et participative dans les sites de
référence du Programme sur le changement climatique, l’agriculture et la sécurité
alimentaire (CCAFS, d’après Climate Change, Agriculture and Food Security)
en Afrique de l’Ouest». Après trois ans de mise en œuvre, ce document décrit les
approches utilisées et les nouveaux enseignements tirés des zones arides d’Afrique
de l’Ouest.
37. Scaling up climate information services through public–private partnership
business approach. [Link]
Info%20Note_PrivatePublicPartnershipBusinessModel.pdf. Une approche
commerciale de partenariat public-privé (P. PP) a été mise au point en 2017 pour
soutenir la fourniture de services d’information climatique (SIC) aux agriculteurs
par le biais de plates-formes de téléphonie mobile. Le rapport documente
l’approche avec l’intention de partager une approche méthodologique pour
l’intensification des services d’information climatique par le biais du PPP. Il
met en évidence le rôle du gouvernement et en particulier le rôle des cadres de
gouvernance dans le soutien à la généralisation et à la diffusion des services liés au
climat.
38. Enabling private sector adaptation in sub-Saharan Africa. [Link]
[Link]/research/enabling-private-sector-adaptation-to-climate-change-
in-sub-saharan-africa/. Le potentiel important de ce secteur à aider la société
à s’adapter et à devenir plus résiliente au changement climatique est de plus en
plus reconnu. Ce texte significatif aborde les lacunes en mettant en évidence dans
la littérature existante sur l’adaptation les facteurs clés nécessaires à la création
d’un environnement favorable pour secteur privé. Le document se concentre sur
l’adaptation des petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique subsaharienne
(ASS). D’autre part, ce texte tient compte de la littérature et met en évidence les
principaux obstacles au développement et à la croissance des PME. Sur la base
d’études de cas et de la littérature secondaire, un cadre identifie les «éléments
constitutifs» clés qui déterminent les conditions favorables à l’adaptation du
secteur privé. Le secteur privé dans le contexte des zones arides en Afrique est
défini comme une personne seule ou un groupe de personnes engagées dans la
vente ou l’achat de biens et de services.
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Pour plus d’informations, veuillez contacter:

Division des forêts - Ressources naturelles et production durable


FO-Publications@[Link]
[Link]/forestry/fr

Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture


Rome, Italie

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