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Rapport Fmi 2023

Le FMI a achevé la cinquième revue de l'accord de facilité élargie de crédit avec la République Démocratique du Congo, permettant un décaissement de 202,1 millions de dollars pour soutenir les réserves internationales. Malgré un contexte socio-politique difficile et des pressions économiques, les autorités congolaises restent engagées à respecter les objectifs du programme et à mettre en œuvre des réformes économiques. Les résultats du programme montrent des progrès satisfaisants, bien que certains critères de réalisation n'aient pas été atteints en raison de la sous-performance des recettes et de la réorientation des dépenses vers la sécurité et les élections.

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Rapport Fmi 2023

Le FMI a achevé la cinquième revue de l'accord de facilité élargie de crédit avec la République Démocratique du Congo, permettant un décaissement de 202,1 millions de dollars pour soutenir les réserves internationales. Malgré un contexte socio-politique difficile et des pressions économiques, les autorités congolaises restent engagées à respecter les objectifs du programme et à mettre en œuvre des réformes économiques. Les résultats du programme montrent des progrès satisfaisants, bien que certains critères de réalisation n'aient pas été atteints en raison de la sous-performance des recettes et de la réorientation des dépenses vers la sécurité et les élections.

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Rapport du FMI no.

23/434

RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO
CINQUIEME REVUE DE L’ACCORD AU TITRE DE LA
Décembre 2023
FACILITÉ ÉLARGIE DE CRÉDIT – COMMUNIQUE DE
PRESSE, RAPPORT DES SERVICES, LETTRE D’INTENTION,
MEMORANDUM DE POLITIQUES ECONOMIQUES ET
FINANCIERES, PROTOCOLE D’ACCORD TECHNIQUE, ET
DECLARATION DE L’ADMINISTRATEUR POUR LA
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO
Dans le cadre de la cinquième revue de l'accord au titre de la Facilité élargie de crédit, les
documents suivants ont été publiés et sont inclus dans ce dossier :

• Un communiqué de presse comprenant une déclaration du Président du Conseil


d'administration et résumant les vues du Conseil d'administration telles qu'exprimées
le 14 décembre 2023 lors de son examen du rapport des services sur les questions
liées à l'arrangement avec le FMI.

• Le rapport des services préparé par une équipe du personnel du FMI pour examen
par le Conseil d'administration le 14 décembre 2023, à la suite de discussions sur les
développements et politiques économiques avec les responsables de la République
Démocratique du Congo qui se sont terminées le 31 octobre 2023. Sur la base des
informations disponibles au moment de ces échanges, le rapport a été finalisé le
4 décembre 2023.

• Une lettre d’intention.

• Un Mémorandum de politiques économiques et financières.

• Un Protocole d’accord technique.

• Une déclaration de l’administrateur pour la République démocratique du Congo.

La politique de transparence du FMI autorise la suppression, dans les rapports des services
du FMI et autres documents publiés, d’informations délicates au regard des marchés et
d’informations qui divulgueraient de façon prématurée les intentions de politique
économique des autorités

Ce document peut être obtenu sur demande à l’adresse suivante :


2

International Monetary Fund • Publication Services


PO Box 92780 • Washington, D.C. 20090
Téléphone : (202) 623-7430 • Télécopie : (202) 623-7201
Courriel : [email protected] Site web : http://www.imf.org
Prix : 18 dollars l’exemplaire imprimé

Fonds monétaire international


Washington D.C.

© 2023 International Monetary Fund


PR23/453

Le Conseil d'administration du FMI achève la cinquième revue


de l'accord de facilité élargie de crédit avec la République
démocratique du Congo

POUR DIFFUSION IMMÉDIATE

• Le Conseil d'administration du FMI a achevé la cinquième revue de l'accord de facilité


élargie de crédit avec la République démocratique du Congo. La décision permet un
décaissement immédiat de 202,1 millions de dollars en faveur des réserves internationales,
afin de poursuivre la constitution des réserves internationales.

• Malgré la situation socio-politique et sécuritaire difficile, les autorités restent engagées à


préserver les objectifs du programme, notamment en limitant les dérapages
macroéconomiques et en continuant de mettre en œuvre le programme de réformes
économiques.

• Bien que la croissance demeure résiliente, les pressions budgétaires, de dépréciation et


inflationnistes sont élevées. Ce contexte macroéconomique difficile appelle à des politiques
budgétaires prudentes, notamment la limitation les dépenses non essentielles et l’amélioration
de l'efficacité des dépenses, de la gouvernance et de la transparence. Des efforts pour
renforcer la mise en œuvre de la politique monétaire sont également nécessaires.

Washington, DC – 14 décembre 2023 : Le Conseil d'administration du Fonds monétaire


international (FMI) a achevé le cinquième revue de l'accord au titre de la Facilité élargie de
crédit (FEC) pour la République démocratique du Congo (RDC), approuvé le 15 juillet 2021
(voir CP 21/217). L'achèvement de la cinquième revue permet un décaissement immédiat
équivalent à 152,3 millions de DTS (environ 202,1 millions de dollars) afin de soutenir les
besoins de la balance des paiements, portant le décaissement total à ce jour à 913,8 millions
de DTS (environ 1219,1 millions de dollars).

La situation socio-politique et sécuritaire est de plus en plus complexe, reflétant les


prochaines élections générales du 20 décembre, 2023 et le conflit en cours dans l'est de la
RDC. Malgré ce contexte, l'économie demeure résiliente, avec une croissance du PIB réel
projetée à 6,2 % en 2023, soutenue par un secteur extractif toujours dynamique malgré les
chocs négatifs des termes de l'échange. La forte dépréciation du franc congolais a eu un
impact sur l'inflation, qui a atteint 23,3 % en glissement annuel en juillet 2023, avant de
diminuer modérément à la suite des mesures prises par la Banque centrale du Congo (BCC).
Le déficit du compte courant reste élevé, en raison de la détérioration des termes de
l'échange et de l'augmentation plus importante que prévue des importations. L'accumulation
de réserves internationales a ralenti en raison d'un manque à gagner de recettes minières
libellées en dollars et des interventions effectuées par la BCC pour parer les pressions à la
dépréciation du taux de change. Étant donné un espace budgétaire limité en raison de la
sous-performance des recettes, les dépenses ont été réorientées vers la sécurité et les
élections au détriment du règlement des arriérés, et le déficit fiscal intérieur de 2023 est
projeté à 0,8 % du PIB. La politique budgétaire se concentrera sur la mobilisation des recettes
et sera soutenue par des progrès dans les réformes de la gestion des finances publiques et
des investissements.

Les progrès réalisés dans le cadre du programme FEC ont été globalement satisfaisants.
Tous les critères de réalisation (CR) à fin juin 2023 ont été respectés sauf un : le CR sur le
solde budgétaire intérieur n'a pas été atteint en raison de la sous-performance des recettes du
gouvernement central et d'ajustements insuffisants des dépenses. Le CR continu sur
l'introduction de nouvelles pratiques de change multiples n'a pas non plus été respecté. Tous
les objectifs indicatifs (OI) à fin juin 2023 ont été atteints, sauf deux : celui lié au plancher des
dépenses sociales et celui lié au plancher des recettes du gouvernement central. Les
réformes structurelles avancent, bien qu’à un rythme plus lent : sur les neuf repères
structurels, six ont été atteints, deux ont été mis en œuvre avec des retards, et le dernier
concernant la recapitalisation de la banque centrale a été partiellement atteint et reporté.

À la conclusion de la discussion du Conseil d'administration, M. Kenji Okamura, Directeur


général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :

« La croissance de la République démocratique du Congo reste résiliente malgré les chocs


négatifs des termes de l’échange et la crise sécuritaire et humanitaire liée au conflit armé
dans l’est. Malgré les efforts de la Banque centrale du Congo (BCC) pour freiner l’inflation, la
dépréciation et les pressions inflationnistes persistent. Malgré ces difficultés, la performance
au titre de la facilité élargie de crédit (FEC) reste globalement satisfaisante. Même si les
perspectives de croissance restent favorables pour 2023 et 2024, les risques sont fortement
orientés à la baisse, en raison de la poursuite des combats dans l’est du pays, des
mécontentements potentiels par rapport au processus électoral et des chocs défavorables des
termes de l’échange. »

« Le déficit budgétaire intérieur de 2023, bien que plus étroit qu’en 2022, devrait se creuser
par rapport à la quatrième revue en raison de recettes inférieures aux prévisions et d’un
ajustement insuffisant des dépenses, qui ont été réorientées vers la sécurité et les élections.
La mobilisation continue des recettes, la maîtrise des dépenses – notamment grâce à la
suppression progressive des subventions aux carburants – et l’amélioration de l’efficacité de
la chaîne des dépenses sont essentielles pour créer un espace pour les dépenses sociales,
les investissements prioritaires et l’apurement des arriérés. Les réformes qui renforcent la
gouvernance et la transparence budgétaires, améliorent la crédibilité budgétaire et limitent le
recours aux procédures d’urgence et les dérapages dans la gestion de la trésorerie devraient
se poursuivre afin de renforcer les cadres de gestion des finances publiques et des
investissements publics. »

« Au-delà de la volonté de la banque centrale de resserrer sa politique monétaire, le


renforcement du cadre de mise en œuvre de la politique monétaire est essentiel pour parvenir
à la stabilité des prix et renforcer l'attractivité du franc congolais. La poursuite des efforts
visant à accumuler des réserves tout en préservant le rôle d’amortisseur du taux de change
est primordiale pour renforcer la résilience extérieure. Les efforts visant à renforcer la
gouvernance et les sauvegardes de la BCC et à garantir sa capitalisation adéquate doivent se
poursuivre ».

« Faire progresser les réformes visant à améliorer la gouvernance et la transparence, y


compris dans le secteur minier, renforcer les cadres de lutte contre la corruption et de LBC/FT
et améliorer le climat des affaires sont essentiels pour soutenir le développement du secteur
privé et promouvoir une croissance diversifiée, durable et inclusive. »
Tableau 1. République démocratique du Congo : principaux indicateurs économiques et financiers,
2022-25
2022 2023 2024 2025
Est. Rapport Proj. Rapport Proj. Rapport Proj.
n°23/244 n°23/244 n°23/244
(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB et prix
PIB réel 8.8 6.8 6.2 4.7 4.8 5.3 5.6
PIB (industries extractives) 22.2 11.7 9.1 4.3 4.4 4.0 6.4
PIB (hors industries extractives) 3.1 4.4 4.7 4.9 5.0 6.1 5.3
Déflateur du PIB 5.0 11.4 16.7 6.6 13.0 6.2 8.1
Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle) 9.3 14.8 19.4 7.1 14.7 7.1 8.5
Indice des prix à la consommation (fin d'année) 13.1 11.5 20.8 7.1 11.6 7.0 7.0
(variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sens large en début
de période)
Monnaie et crédit
Avoirs extérieurs nets -7.0 22.9 29.8 8.9 10.7 14.1 13.2
Avoirs intérieurs nets 10.4 -6.0 2.4 4.2 10.0 -0.7 2.8
Crédit intérieur 16.7 12.4 28.5 6.2 12.6 7.8 11.0
Monnaie au sens large 3.5 16.9 32.3 13.1 20.7 13.4 16.0
(pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Situation financière de l’administration centrale
Recettes et dons 16.9 14.8 14.3 16.5 14.9 16.8 14.7
Dépenses 17.5 16.1 15.9 17.6 16.3 18.2 15.8
Solde budgétaire intérieur -1.2 -0.5 -0.8 -0.2 -0.6 -0.2 -0.4
Investissement et épargne
Épargne nationale brute 6.8 4.6 5.1 7.9 6.8 12.0 9.3
Investissement 11.8 10.1 10.4 11.8 10.8 14.8 12.6
Hors secteur public 8.0 6.0 6.0 6.0 6.0 8.0 8.0
Balance des paiements
Exportations de biens et services 42.1 42.8 42.5 41.1 39.6 38.9 37.2
Importations de biens et services 46.9 48.2 48.0 45.6 45.2 43.2 42.6
Solde des transactions courantes (transferts officiels -5.0 -5.5 -5.3 -3.9 -4.1 -2.8 -3.2
compris)
Solde des transactions courantes (hors transferts officiels) -6.1 -6.3 -6.1 -5.0 -5.4 -4.2 -4.6
Réserves officielles brutes (en semaines des importations) 8.3 10.0 9.6 10.2 10.4 11.2 11.0
Dette du secteur public
Service de la dette en pourcentage des recettes publiques 7.0 7.4 8.3 6.1 7.4 6.1 7.3
Sources: autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE
DU CONGO
CINQUIÈME REVUE DE L’ACCORD AU TITRE DE LA FACILITÉ
4 décembre 2023 ÉLARGIE DE CRÉDIT, DEMANDE DE MODIFICATION DE
CRITÈRES DE RÉALISATION QUANTITATIFS, DEMANDE DE
DÉROGATIONS POUR NON-RESPECT DE CRITÈRES DE
RÉALISATION, ET REVUE DES ASSURANCES DE FINANCEMENT

RÉSUMÉ
Contexte. Malgré les effets persistants du conflit armé dans l'est du pays sur la situation
sécuritaire et humanitaire, et à l'approche des élections prévues le 20 décembre 2023, les
autorités restent déterminées à préserver les objectifs du programme, notamment en évitant
les dérapages macroéconomiques et en poursuivant la mise en œuvre du programme de
réformes économiques.

Résultats du programme. Les autorités ont respecté tous les critères de réalisation (CRs) à
fin juin 2023, à l’exception d’un seul. Le CR relatif au solde budgétaire intérieur n'a pas été
respecté en raison d'une insuffisance de recettes et de la réorientation des dépenses en
priorité vers les enjeux d’ordre sécuritaire et électoral plutôt que vers le remboursement des
arriérés intérieurs. Le CR continu sur les pratiques des taux de change multiples n’a
également pas été respecté. Sans mettre en péril les principaux objectifs du programme,
l’agenda des réformes structurelles a ralenti durant le cycle électoral : six repères structurels
ont été satisfaits sur neuf, deux l’ont été avec retard et le dernier, relatif à la recapitalisation,
a été partiellement satisfait et reprogrammé.

Principales mesures du programme. Les entretiens ont été axés sur la discipline
budgétaire qui doit être maintenue en maîtrisant les dépenses non essentielles et sur la
poursuite des réformes visant à renforcer le processus budgétaire, à améliorer la
gouvernance des finances publiques et à accroître l'efficacité des dépenses. D'autres
questions ont été abordées, notamment les mesures monétaires pour endiguer les pressions
inflationnistes, la nécessité de renforcer le cadre de mise en œuvre de la politique monétaire
afin d'améliorer sa transmission, les réformes du secteur financier et les progrès en matière
de gouvernance et de lutte contre la corruption.
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Approuvé par Les entretiens se sont déroulés du 18 au 31 octobre 2023 à Kinshasa.


Annalisa Fedelino L’équipe des services du FMI était composée de C. Ahokpossi (chef
(département de mission), G. Nolin, M. Oikonomou et M. Pohl (tous du
Afrique), Geremia département Afrique), J. Boussard (du département de la stratégie,
Palomba des politiques et de l’évaluation), G. Leost (représentant résident) et
(département de la E. Gbadi et H. Katuala (économistes locaux). M. Nkusu (bureau des
stratégie, des administrateurs, OEDAF) a participé aux réunions. La mission a
politiques et de rencontré le Directeur de cabinet du Président de la République,
l’évaluation) Guylain Nyembo Mbwizya, le vice-Premier ministre et ministre de
l’Économie Vital Kamerhe, le vice-Premier ministre et ministre de la
Fonction publique Jean-Pierre Lihau, le ministre des Finances Nicolas
Kazadi, la ministre de l’Emploi, du Travail et de la Prévoyance sociale
Claudine Ndusi Ntembe, le vice-ministre du Budget Elysée
Bokumuamua Maposo, la vice-ministre des Finances O'Neige N'Sele
Mimpa, la gouverneure de la Banque centrale du Congo Malangu
Kabedi Mbuyi, ainsi que d’autres hauts responsables, des partenaires
de développement et des représentants du secteur privé et des
organisations de la société civile. Mme Abu Sharar a contribué à
l’élaboration du présent document.

TABLE DES MATIERES


CONTEXTE ________________________________________________________________________________________ 4

ÉVOLUTION RÉCENTE DE L’ÉCONOMIE ________________________________________________________ 4

RÉSULTATS DU PROGRAMME __________________________________________________________________ 6

PERSPECTIVES ET RISQUES ______________________________________________________________________ 8

ENTRETIENS ______________________________________________________________________________________ 8
A. Politique budgétaire : maintenir la stabilité et accélérer les réformes structurelles ______________8
B. Politiques monétaire et financière : maintenir le resserrement de la politique monétaire et
progresser en matière de sauvegardes ___________________________________________________________ 14
C. Réformes structurelles visant à encourager la diversification de l’économie et l’activité du
secteur privé………… ______________________________________________________________________________ 18

MODALITÉS DU PROGRAMME ET REVUE DES ASSURANCES DE FINANCEMENT ___________ 19

ÉVALUATION PAR LES SERVICES DU FMI______________________________________________________ 21

2 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

GRAPHIQUES
1. Évolution du secteur réel, 2018-23 ____________________________________________________________ 23
2. Évolution du secteur extérieur, 2018-23 _______________________________________________________ 24
3. Évolution du secteur budgétaire, 2018-23 _____________________________________________________ 25
4. Évolution du secteur monétaire et financier, 2018-23 _________________________________________ 26

TABLEAUX
1. Principaux indicateurs économiques et financiers, 2022-28 ___________________________________ 27
2. Balance des paiements, 2022-28_______________________________________________________________ 28
3a. Opérations de l’administration centrale, 2022-28 (en milliards de CDF) ______________________ 29
3b. Opérations de l’administration centrale, 2022-28/ (en pourcentage du PIB) _________________ 30
4. Situation des institutions de dépôts, 2022-28 _________________________________________________ 31
5. Indicateurs de solidité financière, 2020-23 ____________________________________________________ 32
6. Capacité à rembourser le FMI, 2022-34 ________________________________________________________ 32
7. Décomposition de la dette publique et du service de la dette par créancier, 2022-24 ________ 33
8. Sources et besoins de financement extérieur, 2022-28 ________________________________________ 34
9. Programme d’emprunts extérieurs, 2023-24 __________________________________________________ 34
10. Revues et décaissements prévus dans le cadre de l’accord au titre de la facilité élargie de
crédit _____________________________________________________________________________________________ 35

ANNEXES
I. Matrice d’évaluation des risques _______________________________________________________________ 36
II. Évaluation du secteur extérieur ________________________________________________________________ 39

APPENDICE
I. Lettre d'intention ______________________________________________________________________________ 44
Pièce jointe I. Mémorandum des Politiques Economiques et Financières ______________________ 47
Pièce jointe II. Protocole d’Accord Technique __________________________________________________ 82

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 3


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

CONTEXTE
1. Les autorités restent attachées aux priorités du programme malgré un contexte
sociopolitique et sécuritaire de plus en plus difficile. Des élections présidentielles et législatives
sont prévues le 20 décembre 2023. Le conflit dans l'est du pays constitue toujours une sérieuse
source d'instabilité et une crise humanitaire, sur fond de critiques récurrentes à l’encontre de la
mission de maintien de la paix des Nations Unies (MONUSCO) 1. En réaction, les autorités ont
intensifié le recrutement et les opérations militaires, dans un contexte de regain inquiétant de
violences par des groupes armés. La RDC reste le pays d'Afrique qui compte le plus grand nombre
de déplacés internes, passant de 5,76 millions à la fin de 2022 à 6,04 millions à la fin d'octobre 2023,
selon le Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Les dépenses relatives aux
élections et à la sécurité exercent une pression sur les finances publiques, mais les autorités sont
toutefois déterminées à préserver les objectifs du programme, notamment en mettant en œuvre des
politiques globalement conformes au cadre macroéconomique convenu et en accélérant le
programme de réformes.

ÉVOLUTION RÉCENTE DE L’ÉCONOMIE


2. La croissance reste résiliente, portée par une solide activité minière. À fin septembre, les
exportations cumulées de cuivre ont progressé de 13 % en glissement annuel, tandis que les
exportations de cobalt ont régressé de 4 % en glissement annuel en raison d’un fort ralentissement
des prix. En dépit des conditions de marchés peu favorables, notamment dans le secteur du cobalt,
l’activité devrait légèrement se renforcer au quatrième trimestre 2023, grâce à la libération des
stocks de cuivre et de cobalt en provenance d'une grande mine frappée d'interdiction d'exportation
jusqu'en mai, et à la poursuite de l'exploitation des autres mines. L’activité non extractive a été plus
forte que prévu, en particulier dans le secteur de la construction et des travaux publics, et a
également soutenu la croissance2.

3. Une forte dépréciation du franc congolais au troisième trimestre 2023 a alimenté


l’inflation et poussé la Banque centrale du Congo (BCC) à prendre des mesures. Les taux de
change indicatif et parallèle se sont dépréciés respectivement de 28,4 % et 21,3 % par rapport au
dollar entre la fin 2022 et la fin octobre3. Cette dépréciation s’est répercutée sur les prix intérieurs et
l’inflation a atteint 23,3 % en juillet, les prix des denrées alimentaires et de l’énergie étant parmi les

1 Au moins 50 personnes ont été tuées le 30 août 2023 à Goma, lorsque des soldats congolais ont brutalement mis
fin à une manifestation contre la MONUSCO.
2L’activité de construction est essentiellement portée par la mise en œuvre du Programme de développement local
des 145 territoires (PDL-145T) en 2023, avec la construction d'écoles, de centres de santé et de bâtiments
administratifs.
3 Les facteurs à l’origine de cette dépréciation sont notamment l'effet décalé des remboursements élevés d'arriérés à
la fin de 2022 combinés aux considérables retraits de liquidités en CDF auprès de la BCC, l'accélération des dépenses
budgétaires au troisième trimestre de 2023 et l'accentuation de l'aversion au risque à l’approche des élections.

4 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

plus touchés (graphique 1)4. En réponse, la BCC a vendu 239 millions de dollars de réserves de
change sur une base nette au troisième trimestre 2023, a relevé son taux directeur de 11 à 25 % et a
augmenté le coefficient de réserves obligatoires sur les dépôts en monnaie locale de 0 à 10 %. Par la
suite, l'inflation a légèrement reculé pour se situer à 21,7 % en glissement annuel à fin octobre.

4. Les recettes se sont considérablement affaiblies jusqu’à la fin du troisième trimestre


2023, tandis que les dépenses en biens et services se sont accélérées. À la suite de la baisse des
prix du cobalt et de la diminution des impôts exceptionnels, les recettes ont enregistré un manque à
gagner considérable de 1,3 % du PIB par rapport aux prévisions de la quatrième revue. Face à de
fortes pressions sur les dépenses et à un financement plus limité, les autorités ont choisi de
privilégier les dépenses en biens et services, en partie constituées de paiements liés au conflit, et de
préserver l'investissement, au détriment des paiements d'arriérés, qui ont nettement diminué. Les
autres catégories de dépenses n'ont pas été sensiblement différentes des niveaux enregistrés au
cours de la même période en 2022 (voir graphique 1 du texte). Le déficit budgétaire intérieur s'est
donc creusé pour atteindre 1,0 % au troisième trimestre 2023.

Graphique 1 du texte. Évolution de l’inflation et du taux de change, 2022-23


(en pourcentage, sauf indication contraire)
Trajectoire de l’inflation Inflation, taux de change et liquidité1

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.


1/ Une augmentation de la croissance du taux de change indique une dépréciation.

5. Le déficit des transactions courantes est resté élevé, avec une accumulation de réserves
plus lente que prévu. Les prix des exportations de cobalt, et dans une moindre mesure, de cuivre,
ont continué de baisser par rapport à leur pic de 2021 et dans la mesure où les importations ont
augmenté plus que prévu, le déficit des transactions courantes s’est creusé pour s’établir à 5,8 % du
PIB au premier semestre 2023. L’accumulation de réserves de change au premier semestre 2023 a
été ralentie par l’insuffisance de recettes publiques en devises. Au troisième trimestre 2023, la vente
nette de 239 millions de dollars par la BCC a été compensée en partie par le don budgétaire de 500

4La dépréciation est un facteur essentiel de l'inflation en raison du niveau élevé de la transmission des mouvements
de change aux prix (à titre indicatif, la corrélation entre l'inflation et la dépréciation du taux de change indicatif et
parallèle est de 0,87 et 0,92 respectivement depuis la fin de 2021 jusqu'à ce jour).

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 5


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Graphique 2 du texte. Exécution budgétaire à la fin du troisième trimestre, 2022 et 2023


(en milliards de CDF)

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.

millions de dollars de la Banque mondiale en juillet 2023. Les réserves internationales brutes sont
ainsi passées de 4,5 milliards de dollars à fin 2022, à 4,9 milliards de dollars à fin octobre 2023 (soit
2 mois d’importations).

6. La rentabilité des banques et le crédit au secteur privé se sont améliorés, mais la


croissance des dépôts en monnaie nationale reste faible. Grâce à la hausse des taux d'intérêt en
dollars, les rendements des actifs et les marges d'intérêt nettes des banques ont considérablement
augmenté. Sur les neuf premiers mois de l’année, les dépôts en monnaie nationale ont diminué de
12 %, tandis que les dépôts en devises ont augmenté de 7 % (mesurés en dollars). Sur la même
période et mesurés en dollars, les avoirs extérieurs nets des banques () ont diminué de 6 % en
glissement annuel, les crédits des banques à l'administration centrale ont légèrement diminué (de 4
%), tandis que les crédits au secteur privé sont restés solides, augmentant de 17,2 %.

RÉSULTATS DU PROGRAMME
7. Les résultats du programme ont été globalement satisfaisants dans la mesure où, à
l’exception d’un seul critère de réalisation (CR), tous les autres ont été respectés à fin juin
2023 (tableau 9). Le CR relatif au solde budgétaire intérieur a été manqué (tableau 1 du texte) et
les recettes de l’administration centrale ont été inférieures de 1,3 % du PIB au plancher fixé pour
l’objectif indicatif. Cette insuffisance de recettes, ainsi que les pressions exercées sur les dépenses en
faveur de la sécurité et des élections et le manque d’ajustements des dépenses dans d'autres
domaines, sont les raisons pour lesquelles ce critère de réalisation a été manqué. Les autorités ont

6 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

mis en œuvre des mesures correctrices Tableau 1 du texte. RDC : critère de réalisation du
pour remédier à ce manquement (MPEF, solde budgétaire intérieur, à fin juin 2023
§6). Le critère de performance continue (en milliards de CDF)
interdisant la pratique de taux de change Rapport Réalisation
n°23/244 Ajusté Préliminaire Statut
multiples (PTCM) a été manqué en raison Plancher sur les recettes de l’administration centrale (OI) 10,723 8,646 Non satisfait

de l’introduction d’une mesure Plancher du solde budgétaire intérieur (CR) -430 1,468 -526 Non satisfait

temporaire engendrant une PTCM au


Paiement des arriérés intérieurs 1,093 182
troisième trimestre de 2023 (MPEF, §30). Investissements sur ressources intérieures 1,959 971

Malgré une accumulation de réserves Sources : autorités congolaises ; calculs des services du FMI.

inférieure aux prévisions, le plancher du


critère de réalisation relatif aux réserves internationales nettes a été respecté après ajustement pour
tenir compte du retard de décaissement de l'appui budgétaire de la Banque mondiale, qui s'est
produit en juillet. Dans la mesure où 80 % des dépenses programmées ont été exécutées, l’objectif
indicatif relatif aux dépenses sociales n'a pas été respecté (tableau 2 du texte)5.

Tableau 2 du texte. RDC : objectifs indicatifs relatifs aux dépenses sociales


(en milliards de CDF)
déc.-22 juin-23 déc.-23
Proposé Réalisation Proposé Réalisation Proposé
SRMNEA-N et programme de santé de base 21.2 15.5 13.3 13.3 26.5
1
Cofinanancement GAVI et vaccins traditionnels 36.5 36.9 20.3 20.3 32.3
Cofinancement TB/Paludisme/VIH Sida 18.7 3.1 8.2 - 16.4
Total 76.4 55.5 41.8 33.6 75.2
Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.
1/ La Banque mondiale assure le financement de vaccins traditionnels en 2021-22.

8. Le programme de réformes structurelles poursuit sa progression (MPEF, tableau 2). Sur


les neuf repères structurels (RS), trois n’ont pas été respectés :

Le décret relatif aux PPP (RS à fin juin 2023) a été signé le 26 octobre 2023.

Le manuel d'exécution budgétaire a été mis à jour, mais le décret d'accompagnement sur la
comptabilité publique précisant les dépenses admissibles aux procédures d'urgence (RS à fin juillet
2023) a été signé le 24 octobre 2023, avec entrée en vigueur immédiate.

Le protocole d'accord sur la recapitalisation de la BCC (RS à fin septembre 2023) a été retardé.
Toutefois, un protocole d'accord a été signé le 20 novembre 2023 pour le transfert de 213 milliards
de CDF en capital social, à décaisser en 2024-25 (MPEF, §33). Le passage de la BCC aux normes IFRS
(RS à fin mai 2024) donnera lieu à une nouvelle évaluation des besoins de recapitalisation de la

5 Bien qu’il ait été manqué, cet objectif indicatif (qui avait été défini en coopération avec les partenaires du secteur de
la santé) peut néanmoins être considéré comme un succès, car il a incité les pouvoirs publics à s'approprier les trois
programmes qui ne bénéficiaient d'aucun financement public avant l'accord au titre de la FEC.

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BCC, qui servira de base à un futur protocole d'accord visant à recapitaliser entièrement la banque
centrale conformément à sa loi organique.

PERSPECTIVES ET RISQUES
9. Les perspectives à court et à moyen terme restent positives (tableau 3 du texte). La
croissance du PIB est prévue pour 2023 à 6,2 % (contre 6,8 % au moment de la quatrième revue),
sous l’effet d’une activité soutenue, bien qu’inférieure aux prévisions, dans le secteur extractif. Pour
2024, la croissance devrait se situer à 4,8 %, légèrement inférieure aux prévisions des autorités, à
mesure que la production minière se stabilisera. La croissance du PIB devrait s’établir en moyenne à
5,1 % au cours de la période 2024-28, grâce à la croissance soutenue du secteur extractif et à
l'accélération progressive de la croissance du secteur non extractif. L'inflation devrait diminuer en
2024 pour se situer à 11,6 % et revenir progressivement à l'objectif de 7 % de la BCC d'ici à 2025. Le
déficit des transactions courantes devrait être de 5,3 % du PIB en 2023, car les termes de l'échange
négatifs continuent de peser sur la balance commerciale, mais il devrait se redresser à moyen terme
et permettre d’assurer la couverture des réserves internationales brutes, qui devrait passer à trois
mois d'importations d'ici à 2028. Selon l'analyse de viabilité de la dette de juin 2023, la RDC reste
exposée à un risque modéré de surendettement, avec une marge de manœuvre pour absorber les
chocs ; depuis cette évaluation, le cadre macroéconomique à moyen terme n'a fait l’objet que de
modifications limitées.

10. Ces perspectives sont soumises à des risques prononcés de détérioration (annexe 1). Sur
le plan intérieur, les risques sont liés à la poursuite des combats dans l'est du pays et aux
mécontentements éventuels pendant ou après le processus électoral, qui pourraient perturber
l'activité économique et inverser la dynamique de réformes. Sur le plan extérieur, les risques sont
liés à de nouvelles pressions inflationnistes provenant de la volatilité des prix du pétrole et des
denrées alimentaires. En outre, un ralentissement brutal de la croissance en Chine et une
intensification des conflits régionaux, notamment de la guerre de la Russie en Ukraine et du conflit
au Moyen-Orient, pourraient continuer de faire baisser les exportations et les recettes budgétaires
de la RDC et augmenter ses importations, avec de sérieuses conséquences pour le budget et la
position extérieure du pays. Compte tenu de ces incertitudes, il est important que les autorités
maintiennent des politiques macroéconomiques prudentes afin de préserver la stabilité
macroéconomique.

DISCUSSIONS SUR LES POLITIQUES ÉCONOMIQUES


A. Politique budgétaire : maintenir la stabilité et accélérer les réformes
structurelles

11. Les autorités prennent des mesures pour accroître plus rapidement les recettes, bien
que les effets ne soient attendus qu'à partir de 2024 (MPEF, §6, 16, 17). Comparativement à la
quatrième revue, les prévisions de recettes publiques pour fin 2023 ont été revues à la baisse de
1 649 milliards de CDF (environ 1,0 point de pourcentage du PIB révisé), car les autorités n'ont pas

8 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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pu compenser les effets de la diminution des recettes minières6. Les mesures qu’elles ont prises
pour recouvrer les taxes exceptionnelles de 2021 devraient rapporter environ 300 millions de dollars
d'ici à la fin de l'année. Dans le même temps, les autorités ont pris les mesures suivantes pour
améliorer :

le recouvrement de la TVA : l’objectif étant de mettre en service le système normalisé de facturation


de la TVA à partir de janvier 2024. À cet égard, les règlements d'application du décret relatif à la TVA
normalisée ont été signés en octobre et l'acquisition et le déploiement du nouveau système de TVA
prévu avant la fin de l'année 2023.

les contrôles de la quantité et de la qualité des exportations minières : les autorités ont mis en place
le 2 novembre un nouveau laboratoire chargé de contrôler la quantité et la qualité des exportations
minières. Jusqu'à présent, les autorités tenaient essentiellement compte des volumes d’exportations
minières déclarés par les exploitants et avaient peu de moyens de les vérifier et de les valider.

les capacités de prévoir les recettes et de réduire la procyclicité des dépenses : à cet égard, une
feuille de route a été adoptée en novembre 2023 pour guider le passage à un cadre budgétaire à
moyen terme axé sur les ressources naturelles, en ajoutant notamment la définition et l'inclusion
dans les documents budgétaires d'un solde budgétaire hors industries extractives, après l'assistance
technique du FMI prévue en mars 2024.

12. Les pressions sur les dépenses devraient rester élevées et il sera essentiel d’établir des
priorités dans ce domaine. Les pressions exercées sur les dépenses proviennent essentiellement :
i) des élections, dont le budget a augmenté pour atteindre 0,7 % du PIB, contre 0,3 % au moment de
la quatrième revue ; ii) des mesures sécuritaires exceptionnelles ; et iii) des dépenses
d’investissement, notamment celles liées au PDL-145T, un projet de développement en partie
financé par l’allocation de DTS de 20217. Pour permettre d’effectuer les dépenses prioritaires au
quatrième trimestre 2023, les autorités limiteront les dépenses courantes à 2 % du PIB (contre une
moyenne trimestrielle de 2,5 % en 2023). Le remboursement des arriérés intérieurs sera
essentiellement limité à 140 millions de dollars au titre des arriérés de subventions pétrolières (§13),
et les dépenses d'investissement financées sur ressources intérieures seront ralenties.

13. Malgré des remboursements moins élevés que prévu en 2023, le stock d’arriérés devrait
se stabiliser. Même s’il est probable que le paiement des arriérés intérieurs reste faible en 2023, les
réformes entreprises dans le cadre de l’accord au titre de la FEC ont permis d’éviter une nouvelle
accumulation significative d’arriérés (tableau 4 du texte) :

6 Recettes publiques à l'exclusion des dons, des comptes spéciaux et des budgets annexes (définition de l’objectif
indicatif, tableaux 3a et 3b). La perte de recettes est de 1,5 % du PIB entre la 4e et la 5e revues, si la révision du PIB
n'est pas prise en compte.
7Voir Encadré 1 du CR n° 23/244 pour plus de détails sur le PDL-145. Le rapport d'exécution du PDL-145T à fin 2022
est disponible ici : https://finances.gouv.cd/annonces/titre-rapport-de-suivi-de-lexecution-du-pdl-145t-a-fin-
decembre-2022-76

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L’instauration en 2022 du système d’autoliquidation de la TVA a mis un terme à l’accumulation


d’arriérés de TVA aux douanes.

Tableau 3 du texte. RDC : cadre macroéconomique à moyen terme, 2022-28


2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Rapport Rapport Rapport
n°23/244 Prél. n°23/244 Proj. n°23/244 Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.
PIB réel (variation en %) 8.9 8.8 6.8 6.2 4.7 4.8 5.6 5.2 5.7 4.4
dont: industries extractives 22.6 22.2 11.7 9.1 4.3 4.4 6.4 4.8 5.6 1.0
Déflateur du PIB (variation en %) 6.3 5.0 11.4 16.7 6.6 13.0 8.1 6.4 6.2 6.0
Inflation de l'IPC, moyenne (en %) 9.3 9.3 14.8 19.4 7.1 14.7 8.5 7.0 7.0 7.0
Inflation de l'IPC, fin de période (en %) 13.1 13.1 11.5 20.8 7.1 11.6 7.0 7.0 7.0 7.0
Solde budgétaire global (en % du PIB), base caisse -1.2 -1.2 -0.5 -0.8 -0.2 -0.6 -0.6 -0.6 -0.6 -0.6
Dette publique extérieure (en % du PIB) 15.5 15.0 17.2 17.8 17.2 17.0 16.0 15.1 14.0 13.2
Solde du compte courant (en % du PIB) -5.3 -5.0 -5.5 -5.3 -3.9 -4.1 -3.2 -2.8 -2.4 -2.9
Réserves internationales brutes (en semaines d'importations) 7.9 8.3 10.0 9.6 10.2 10.4 11.0 11.7 12.3 13.0

Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.

Tableau 4 du texte. RDC : évolution du stock d’arriérés intérieurs certifiés


de l’administration centrale
fin 2022 fin 2023 (proj.)
(en Mio de (en Mio de
(% du PIB) (% du PIB)
dollars) dollars)
1/
Banque Centrale du Congo 1,988 3.0 1,548 2.3
Avances 862 1.3 585 0.9
Titres du Trésor 1,126 1.7 963 1.4

Arriérés historiques 2,400 3.6 2,585 3.8


Certifiés, en attente de validation 886 1.3 1,052 1.6
Certifiés et validés 1,514 2.3 1,533 2.3
Petites créances 99 0.1
Réclamations importantes 970 1.4
Protocoles d'accord 406 0.6 464 0.7

Arriérés récents 1,089 1.7 1,066 1.6


TVA (de douane) 670 1.0 644 1.0
Subventions aux carburants 418 0.6 423 0.6

Total 5,476 8.3 5,200 7.7


Sources : autorités congolaises ; calculs des services du FMI.
1/ Les arriérés de la BCC sont libellés en francs congolais.

Les augmentations successives des prix à la pompe (notamment une hausse des prix des carburants
de l’ordre de 7 à 11 % le 24 octobre 2023, graphique 3 du texte) ont permis de compenser les effets
de la hausse des cours mondiaux du pétrole et de la dépréciation du taux de change. Ces hausses
de prix devraient limiter les nouveaux passifs envers les distributeurs de produits pétroliers à 160
millions de dollars en 2023 et à 100 millions de dollars en 2024, contre 447 millions de dollars en

10 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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2022. Un paiement de 140 millions de Graphique 3 du texte. Prix des carburants


dollars aux distributeurs de produits
pétroliers est attendu au quatrième
trimestre 2023.

La mise en œuvre de la stratégie


d’apurement des arriérés intérieurs,
adoptée en mai 2023, a été retardée en
partie en raison de contraintes
budgétaires, mais devrait commencer en
20248. Les paiements ad hoc d’arriérés
intérieurs effectués en dehors de cette
Source : autorités congolaises.
stratégie (348 milliards de CDF, soit
environ 140 milliards de dollars, en 2023) nuisent à sa crédibilité. Pour remédier à ces problèmes, les
autorités ont adopté en novembre un calendrier de mise en œuvre de la stratégie de
remboursement des arriérés (MPEF, §20) selon lequel : i) les créances inférieures à 300 000 dollars
(pour un total de 99 millions de dollars) et les montants résiduels sur les créances élevées seront
payés en avril 2024 ; ii) les créances élevées seront titrisées en mars 2024, la première opération de
rachat étant prévue pour juillet 2024 ; iii) le paiement des arriérés faisant l'objet de protocoles
d’accord reprendra en mai 2024. Pour mettre en œuvre cette stratégie, il a fallu renforcer la capacité
institutionnelle de gestion de la dette, qui est facilitée par un conseiller régional en gestion de la
dette.

L’absence de financement monétaire, le remboursement des avances antérieures de la BCC


conformément au protocole d’accord signé et les recapitalisations partielles de la BCC prévues à
hauteur de 213 milliards de CDF.

14. Ces mesures relatives aux recettes et aux dépenses contribueront à dégager un
excédent budgétaire intérieur au quatrième trimestre 2023, reflétant ainsi la politique de
resserrement mise en place par les autorités. Toutefois, sur l'ensemble de l'année, le déficit
budgétaire intérieur serait en hausse de 0,3 % du PIB par rapport à la prévision du quatrième
revue (MPEF, §13). Malgré les pressions exercées, les dépenses restent limitées par les ressources
disponibles, reflétant un marché financier national encore embryonnaire et l'interdiction du
financement monétaire—mesure de sauvegarde essentielle et réussite cruciale du programme.
Compte tenu de l'insuffisance de recettes et de l'augmentation des dépenses, notamment
d’investissement, le déficit budgétaire intérieur pour 2023 devrait atteindre 0,8 % du PIB (contre 0,5
% du PIB lors de la quatrième revue). Les autorités sollicitent une modification du CR correspondant
(tableau 1 du texte et graphique 4 du texte). Le resserrement de l'orientation budgétaire au
quatrième trimestre 2023, marqué par un excédent budgétaire intérieur de 0,2 % du PIB, rassure
quant aux intentions des pouvoirs publics.

8 Cette stratégie relative aux arriérés intérieurs couvre les arriérés hérités du passé qui remontent jusqu’en 1971.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 11


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15. Le projet de loi de finances 2024 est globalement conforme aux objectifs du
programme, malgré le recalibrage de plusieurs éléments pour tenir compte des évolutions
récentes (MPEF, §14). Ce projet de loi, qui a été approuvé par les deux chambres du Parlement et
sera promulgué d'ici le 15 décembre, repose sur des hypothèses optimistes de croissance et
d'inflation, mais sur des prévisions crédibles de recettes. Celles établies par les services du FMI, sont
légèrement inférieures, tenant compte d'hypothèses macroéconomiques plus prudentes
(notamment concernant la croissance du secteur extractif), de la baisse des impôts exceptionnels et
des transferts aux comptes spéciaux (§16) ; l’accroissement des recettes par l’administration centrale
devrait être très modeste pour s’établir à 11,4 % du PIB en 2024, soit en baisse par rapport aux
14,3 % prévus lors de la quatrième revue et en légère hausse par rapport aux 11,3 % prévus en 2023.
La forte variation par rapport à la quatrième revue s’explique par les effets négatifs de la révision à la
baisse des prix des principaux produits de base exportés par le pays sur les recettes provenant du
secteur minier. Pour s'adapter à cette baisse des recettes, les dépenses courantes ont été limitées à
10,3 % du PIB, notamment la masse salariale à 4,2 % du PIB, conformément au programme ; les
dépenses en biens et services, qui semblaient avoir été sous-estimées dans le budget, ont été
corrigées à la hausse. Les dépenses exceptionnelles ont été revues à la hausse par rapport à la
quatrième révision pour tenir compte de la persistance du conflit dans l'est du pays9. L'enveloppe
des investissements publics augmente considérablement, ce qui illustre l'ambition politique ; les
prévisions du programme en revanche ont été revues à la baisse, compte tenu de sa sous-exécution
au cours des dernières années. Pour assurer la cohérence avec les objectifs du programme, des
plans trimestriels d'engagement budgétaire seront publiés au premier trimestre 2024, comme cela a
été fait cette année.

16. Le projet de loi de finances prévoit une augmentation des fonds destinés aux comptes
spéciaux, affaiblissant ainsi la gestion des finances publiques (MPEF, §14), notamment la
création d'un Fonds de soutien et de développement des forces armées (FSD-FARDC, 297 milliards
de CDF) et d'un Fonds d'intervention pour l'environnement (FIPE, 40 milliards de CDF). Environ 120
milliards de CDF de redevances minières ont également été redirigés du Trésor vers le Fonds
National des Réparations des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre
la paix et la sécurité de l'humanité (FONAREV). Les autorités restent déterminées à rationaliser les
taxes parafiscales, les budgets annexes et les comptes spéciaux et ont achevé leur inventaire (RS à
fin juin 2023). Ce processus de rationalisation devrait se poursuivre avec l'appui du département
des finances publiques du FMI.

17. Le programme de réformes budgétaires structurelles progresse, malgré les nombreux


défis à relever :

Mobilisation des recettes (MPEF, §17). Outre les mesures abordées au §11, le système de
traçabilité des droits d’accise (STDA) a été mis en place au troisième trimestre 2023. Pour accroître
les recettes à l'avenir, il conviendra essentiellement d’élargir l'assiette fiscale et de faire respecter le

9 Selon les prévisions des services du FMI, les dépenses exceptionnelles baisseront pour passer de 2,4 % du PIB en

2022 à 1,9 % en 2023 et à 1,2 % en 2024 (0,2 % dans les prévisions de la quatrième revue).

12 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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paiement des obligations fiscales, de rétablir le fonctionnement de la TVA, d'améliorer la capacité


des administrations fiscales, de rationaliser les charges non fiscales et parafiscales, ainsi que les
dépenses fiscales, et d'augmenter les taux d'accises, le cas échéant. Il est également primordial
d’améliorer le contrôle de la production et des volumes d’exportation miniers pour assurer un
accroissement pérenne des recettes.

Graphique 4 du texte. Solde budgétaire intérieur 2023 : variations depuis la quatrième


revue
(en pourcentage du PIB et en milliards de CDF)

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.

Masse salariale (MPEF, §22). La masse salariale de 2023 reste dans les limites de l'enveloppe
prévue, mais les besoins de recrutement de l'armée et l'inflation donneront vraisemblablement lieu
à des pressions sur la masse salariale en 2024. La signature, en juillet 2023, d'un arrêté
interministériel précisant que les augmentations de salaires doivent être approuvées conjointement
par les ministres du Budget, des Finances et de la Fonction publique (RS à fin juillet 2023) est une
mesure positive. Les autorités notent que la vaste réforme de la fonction publique (stratégie de la
masse salariale, recensement des agents de la fonction publique, réorganisation de la protection
sociale et réformes des retraites) n'interviendra qu'après les prochaines élections.

Réformes des subventions des carburants (MPEF, §21). La réforme se poursuit, conformément
aux recommandations de l'audit de la structure des prix de mai 2023 et de l'assistance technique du
FMI de juillet 2023. En novembre, les autorités ont adopté une feuille de route pour la mise en
œuvre des recommandations de l'assistance technique, notamment la simplification et la
transparence de la structure des prix, la fin des subventions au secteur minier et le réexamen des
exonérations.

Dépenses sociales. Même si les dépenses sociales constituent l’une des principales priorités des
autorités, puisque les ministères sociaux (éducation, santé, affaires sociales et humanitaires) ont
représenté environ 30 % du budget total exécuté en 2022, proportion maintenue en 2023 et dans la
loi de finances 2024, les autorités ont une capacité limitée de réponse à la détérioration de la
situation humanitaire.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 13


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Gestion des finances publiques (MPEF, §25). Le programme de réforme de la gestion des finances
publiques se poursuit avec une assistance technique poussée du département des finances
publiques du FMI, les priorités étant les suivantes : i) opérationnalisation de la Direction générale du
Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP), ii) mise en place du Compte unique du Trésor et iii)
procédure d’exécution des dépenses. Les autorités ont demandé une évaluation des dépenses
publiques et de la responsabilité financière (PEFA), attendue pour le milieu de l’année 2024, afin
d’approfondir ce programme de réforme. L'augmentation des dépenses par procédures d'urgence
au troisième trimestre 2023 est préoccupante (OI à fin septembre). La mise à jour du manuel
d'exécution budgétaire et le décret sur la comptabilité publique qui l'accompagne et qui précise les
conditions d'admissibilité, de comptabilisation et de régularisation des dépenses par procédures
d'urgence10 (RS à fin juillet 2023) devraient contribuer à limiter le volume de ce type de dépenses à
l'avenir.

Gestion de l’investissement public (MPEF, §24). Les recommandations de l’évaluation de la


gestion de l’investissement public (PIMA) sont incluses dans une feuille de route présentée au
conseil des ministres le 3 novembre 2023. Après la signature en mai 2023 d'un décret sur la gestion
des investissements publics, les autorités ont finalisé un manuel de procédures qui inclut des
évaluations d'impact climatique et qui a été approuvé par le conseil des ministres le 11 novembre
2023 (RS à fin décembre 2023). Outre les rapports trimestriels d'exécution du PDL-145T, les
autorités ont publié en juin 2023 un rapport sur l'utilisation de l'allocation de DTS en 2022.

B. Politiques monétaire et financière : maintenir le resserrement de la


politique monétaire et progresser en matière de sauvegardes

18. La politique monétaire doit rester stricte et réactive aux pressions inflationnistes
(MPEF, §28). Face à la flambée de l'inflation, la BCC a fortement relevé son taux directeur et a mené
des interventions sur le marché des changes (§3). Le rétablissement des réserves obligatoires sur les
dépôts en monnaie nationale en juin (à 10 %) a également contribué à absorber l'excès de liquidités,
mais l'offre de bons BCC n'a pas beaucoup augmenté au troisième trimestre 2023 (graphique 5 du
texte). Les réserves obligatoires ont été rendues indisponibles pour les banques (elles suivaient
auparavant une règle d'échelonnement au cours de la période de constitution), ce qui a contribué à
un recours accru au guichet de refinancement de la BCC pour emprunter des francs au taux
directeur plus élevé. À la suite de ces mesures, l'inflation s'est modérée (graphique 1 du texte). La
BCC se tient prête à utiliser les outils dont elle dispose si l'inflation s’avérait plus persistante que
prévu, notamment en ajustant les réserves obligatoires et son offre de bons.

10Le décret et le manuel clarifient les procédures de dépenses que les comptables publics doivent suivre à l'avenir,
notamment la phase d'ordonnancement obligatoire. Le non-respect de l'ordonnancement (ou d'autres phases de
dépenses) conduisant à des dépenses effectuées au moyen de procédures d'urgence (telles que définies dans le PAT)
devrait donc être limité à l'avenir. La seule exception concerne les dépenses de nature urgente, générées par un
événement imprévisible, notamment une catastrophe naturelle, une agression extérieure, un conflit armé ou une
épidémie, ainsi que la mise à disposition de fonds au titre du chapitre 5 du nouveau manuel, limitée aux dépenses de
fonctionnement mineures.

14 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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19. Dans la mesure où il est nécessaire d'améliorer la transmission de la politique monétaire


et de réduire l'excès de liquidité, la BCC devrait envisager de nouvelles mesures pour
renforcer le dispositif de mise en œuvre de la politique monétaire (MPEF, §28 et 31). Avec un
crédit limité en monnaie locale et peu de dépôts rémunérés, la transmission de la politique
monétaire reste faible. Parmi tous les instruments, seuls 195 milliards de CDF de bons BCC à fin août
2023 ont été rémunérés à un niveau proche du taux directeur, contre 860 milliards de réserves
excédentaires et 3 400 milliards de réserves bancaires totales (graphique 5 du texte). Outre cette
utilisation partielle des bons BCC et les deux guichets de refinancement qui sont également
disponibles pour les banques au taux directeur, la BCC privilégie pour assurer la gestion de la
liquidité le recours aux réserves obligatoires non rémunérées, malgré leurs effets de distorsion11. Les
services du FMI ont recommandé que les bons de la BCC soient mis aux enchères sur la base d’une
attribution totale à taux fixe et que les réserves obligatoires sur les dépôts en monnaie nationale
soient rémunérées. La BCC a préféré poursuivre l'examen de ces propositions et a sollicité une
assistance technique du FMI. La mise en œuvre du système de prévision et d'analyse des politiques
(FPAS) est en cours, avec l'assistance technique du FMI.

20. Des efforts continus pour ramener les réserves à un niveau approprié restent nécessaires
(MPEF, §29). L'insuffisance des recettes minières en devises, les dépenses publiques en devises et
les interventions de la BCC pour atténuer les tensions sur le marché des changes en juillet ont pesé
sur l'accumulation des réserves en 2023. En conséquence, l'accumulation de réserves internationales
nettes (RIN) (hors décaissements du FMI) devrait s'élever à 250 millions de dollars (contre 700
millions de dollars prévus lors de la quatrième revue), avec une couverture des importations se
situant à 2,2 mois à la fin de l'année 2023. En outre, les autorités ont annoncé en juillet 2023 que les
sociétés minières n'auraient plus à payer leurs impôts en déposant l'équivalent en devises auprès de
la BCC pour obtenir les francs congolais nécessaires. Bien que la portée de cette mesure et son effet
sur le marché des changes restent incertains, la BCC est prête à acheter toute offre excédentaire

Graphique 5 du texte. Bons BCC et mise en œuvre de la politique monétaire


(en billions de CDF)
Offre de bons de la BCC Base monétaire

Sources : Banque centrale du Congo ; calculs des services du FMI. .

11 Voir « Manuel d’assistance technique, réserves obligatoires » (FMI-BCE, juillet 2022).

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 15


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résultant de l'échange de devises par les sociétés minières pour couvrir leurs obligations fiscales.
Afin de continuer d’encourager l'accumulation des réserves, la BCC et le ministère des Finances ont
intensifié leur coordination pour limiter les paiements intérieurs en devises et la BCC s’est engagée à
réduire les dépôts en devises détenus par des correspondants bancaires intérieurs.

21. La BCC reste attachée à la flexibilité du taux de change (MPEF, §30). L'absence d'écart
significatif entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle depuis mai 2023 est une
évolution positive12. La BCC s'engage à améliorer la mise en œuvre des opérations de change
conformément aux recommandations de l'assistance technique du FMI relative aux opérations de
change. Face aux pressions sur le marché des changes au troisième trimestre de 2023, la BCC a
introduit une mesure temporaire interdisant aux banques de vendre à leurs clients les devises
étrangères reçues de la BCC lors des enchères de change à un taux déprécié de plus de 1,5% par
rapport au taux de change officiel du jour précédent l'enchère. La mesure, qui a donné lieu à une
pratique de taux de change multiples en raison de l'absence de mécanisme empêchant un écart
supérieur à 2% entre le taux de la revente des devises obtenues des enchères et les taux de change
de détail prévalant, n'est plus en vigueur et les autorités se sont engagées à ne plus l'utiliser à
l'avenir.

22. Le ministère des Finances et la BCC se sont engagés à imposer des limites strictes aux
transactions en espèces (MPEF, §32). Les restrictions sur les paiements en espèces à la BCC ont été
annoncées publiquement en juillet ; les paiements en espèces du Trésor ont ensuite chuté en francs,
mais sont restés élevés en dollars (graphique 6 du texte). La BCC s’est engagée à publier un arrêté
interdisant les paiements résiduels en espèces aux membres de ses services en novembre 2023. Le
ministère des Finances et la BCC se sont engagés à limiter l’exécution des dépenses en espèces en
mettant en place un mécanisme d’exécution des opérations du Trésor et de la BCC conforme à la loi
relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) (RS à
fin mai 2024).

Graphique 6 du texte. Paiements en espèces


Trésor BCC

Source: autorités congolaises.

12 L’écart entre le taux officiel et le taux parallèle était de 0,12 % à fin octobre 2023.

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23. Des efforts concertés sont indispensables pour que la BCC accélère la mise en œuvre des
recommandations en suspens de l’évaluation des sauvegardes de 2020 (MPEF, §33). Même si la
BCC a pris des mesures pour renforcer ses procédures de passation des marchés et améliorer
l’indépendance et les capacités de sa fonction d’audit interne, de considérables travaux et une
sérieuse diligence s’imposent encore pour renforcer les mécanismes de transparence et de reddition
de comptes. Les contrôleurs externes de la BCC ont émis une opinion modifiée (avec réserve) sur les
états financiers de l’exercice 2022 et, dans leur lettre à la direction, ont recommandé des mesures
visant à remédier aux facteurs de vulnérabilité des contrôles et des procédures comptables, en ligne
avec les inquiétudes formulées dans l’évaluation des sauvegardes de 2020. La mise en œuvre des
normes internationales d’information financière (IFRS) et la recapitalisation de la banque centrale
restent des travaux en cours avec l’assistance technique du FMI. La BCC reste déterminée à publier
des états financiers conformes aux normes IFRS, en commençant par l’adoption de ses états
financiers de 2023 par le conseil d’administration de la BCC (proposition de RS à fin mai 2024). Les
travaux en cours en vue de l’adoption des normes IFRS ont donné lieu à une réévaluation des
besoins de recapitalisation de la BCC; en conséquence, le protocole d’accord correspondant (RS à
fin septembre 2023) a été différé et une autre méthode de recapitalisation a été adoptée (§8).
L’engagement à préparer un projet de clôture de tous les comptes en devises auprès des banques
commerciales du pays n'a pas été respecté, et la BCC, invoquant la difficulté d'effectuer des
transactions internationales en raison d'arriérés commerciaux non résolus, a sollicité une assistance
technique. Parmi les autres engagements liés aux sauvegardes, d’autres travaux se poursuivent,
visant à : i) améliorer les dispositions et les mécanismes de gouvernance dans la gestion des
réserves de change et les opérations de prêt ; et ii) rendre opérationnelle la fonction nouvellement
créée de conformité interne et externe.

24. La mise en œuvre de la nouvelle loi bancaire et des recommandations de l’évaluation de


la stabilité du secteur financier (FSSR) se poursuit (MPEF, §34, 35). Entre juillet et septembre
2023, la BCC (avec l'assistance technique du FMI) a publié 16 instructions pour mettre en œuvre les
dispositions de la nouvelle loi bancaire à l’intention des institutions de dépôt, de microfinance, et de
paiement, des établissements de crédit et des sociétés financières (RS à fin novembre 2023).
Toutefois, les banquiers ont exprimé de sérieuses craintes face à la disposition selon laquelle toutes
les banques doivent avoir au moins quatre actionnaires détenant au minimum une participation de
15 % chacun, ce qui obligerait toutes les banques à trouver simultanément de nouveaux
investisseurs ou à fusionner entre elles. En mai 2023, la BCC a publié une réglementation
prudentielle sur les établissements de paiement et une réglementation sur les transactions entre
parties liées (RS à fin novembre 2023). Les contrôles sur place de l'évaluation du risque de crédit
ont repris en juin 2023, tandis qu'un département spécialisé dans les risques informatiques a été
créé en septembre 2023. La stratégie d'inclusion financière, avec notamment une feuille de route
jusqu'en 2027, a été finalisée en juin 2023, avec l'assistance technique de la Banque mondiale. Un
département de la stabilité financière, avec notamment une cellule de politique macroprudentielle,
devrait être mis en place d'ici à avril 2024, avec l'assistance technique du FMI.

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C. Réformes structurelles visant à encourager la diversification de


l’économie et l’activité du secteur privé

25. La lutte contre la corruption et l’amélioration de la gouvernance et de la transparence


restent primordiales (MPEF, §36). La corruption reste omniprésente et les mesures pour y faire
face se heurtent semble-t-il à l’opposition d'intérêts particuliers, malgré les mesures prises par les
organismes de lutte et de contrôle de la corruption, notamment l'Inspection générale des finances
et la Cour des comptes, dont le budget a fortement augmenté en 2023 et augmentera encore en
2024. Concernant le secteur minier, les autorités continuent d’encourager l'Initiative pour la
transparence dans les industries extractives (ITIE). L'engagement continu en faveur de la publication
en temps voulu des contrats miniers, y compris de ceux qui ont été renégociés, dans les 60 jours
suivant leur signature, demeure essentiel pour la transparence. Toutes les publications en ce sens
sont à jour (RS continu).

26. L'amélioration du climat des affaires est fondamentale pour favoriser une croissance
soutenue et inclusive (MPEF, §37). Même si l'amélioration du climat des affaires reste une priorité
pour les autorités (avec un plan de réforme d'urgence adopté le 2 novembre 2023, axé sur la
rationalisation de la fiscalité et des contrôles, la publication de toutes les décisions judiciaires, la
remise en place du guichet unique pour la création d'entreprises, et la poursuite des réformes
relatives aux marchés publics), elle reste entravée par une fiscalité complexe, le manque
d'infrastructures fondamentales et de financement et la fiabilité limitée de l’État de droit et du
système judiciaire. Le secteur privé est également préoccupé par la mise en œuvre désordonnée de
la loi relative à la sous-traitance et par les tracasseries administratives.

27. En s'appuyant sur la loi relative à la LBC/FT de décembre 2022, les autorités doivent
mettre en œuvre le plan d'action convenu avec le GAFI pour sortir de sa liste grise (MPEF,
§38). Les avancées récentes comprennent: i) la finalisation de la stratégie nationale de LBC/FT en
octobre 2023 ; ii) l'adoption de six décrets portant création d’un comité de pilotage du GAFI en août
2023, faisant de la CENAREF (Cellule nationale de renseignements financiers) l'autorité de contrôle
de toutes les entreprises et professions non financières désignées, et définissant le fonctionnement
de quatre institutions liées à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme13. La BCC a également révisé ses instructions 15 et 15bis, qui mettent en œuvre la loi
relative à la LBC/FT dans le secteur financier et précisent les exonérations à la limite de 10 000
dollars pour les opérations en espèces ou au porteur par les établissements de crédit et les sociétés
financières.

13La CENAREF (cellule nationale de renseignements financiers), le COLUB (comité consultatif de lutte contre le
blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme), le FOLLUCO (fonds de lutte contre le crime organisé) et le
CILB (comité interministériel de LBC/FT).

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MODALITÉS DU PROGRAMME ET REVUE DES


ASSURANCES DE FINANCEMENT
28. Les autorités sollicitent des dérogations, approuvées par les services du FMI, pour non-
respect du CR à fin juin relatif au solde budgétaire intérieur (lettre d’intention, MPEF, §6) et
du CR continu interdisant les pratiques de taux de change multiples. La dérogation demandée
pour non-respect du CR du solde budgétaire intérieure est basée sur les actions correctrices visant
à: i) accélérer les mesures pour améliorer le recouvrement et la prévisibilité des recettes, notamment
la mise en place d'un laboratoire pour vérifier les caractéristiques déclarées des minéraux exportés,
la poursuite des mesures de recouvrement des taxes exceptionnelles et la mise en œuvre de la
facture normalisée du de la TVA en janvier 2024 (§11) ; ii) rééquilibrer la composition des dépenses
par le remboursement de 140 millions de dollars d'arriérés de subventions aux carburants au
quatrième trimestre 2023 et une hausse des prix des carburants à la pompe pour limiter
l'accumulation de nouveaux arriérés (§13) et iii) mettre en œuvre immédiatement le décret portant
règlement de la comptabilité publique qui précise les conditions d’admissibilité des dépenses
exécutées en procédure d'urgence (§17). Afin de continuer de favoriser l’atteinte des objectifs du
programme, les autorités ont adopté un calendrier de remboursement pour mettre en œuvre la
stratégie d'apurement des arriérés intérieurs (§12) et une feuille de route pour adopter un cadre
budgétaire axé sur les ressources (§11). Elles prendront également des mesures pour améliorer le
suivi de l'accumulation des arriérés en incluant la date de liquidation des paiements dans les
systèmes informatiques de gestion des finances publiques. La demande de dérogation pour le CR
manqué concernant la non-introduction de pratiques de taux de change multiples repose sur la
nature temporaire de la mesure, qui n'est plus en vigueur, et l'engagement des autorités à ne pas
l'utiliser à l'avenir.

29. Les autorités et les services du FMI sont parvenus à un accord pour une proposition de
mise à jour la conditionnalité du programme de la façon suivante (MPEF, tableaux 1-2) :

Réserves internationales nettes (RIN). Il est proposé d’abaisser le plancher des variations des
réserves internationales nettes à fin décembre 2023, de 700 millions à 250 millions de dollars, pour
tenir compte en partie de l’insuffisance persistante de recettes fiscales en devises et de la capacité
limitée d’achat de devises. Malgré ces modifications, les services du FMI prévoient qu’une
accumulation continue de réserves permettra de couvrir les importations à la fin du programme à
un niveau conforme aux prévisions antérieures.

Actifs en devises de la BCC détenus auprès de correspondants nationaux. Il est proposé


d’abaisser les plafonds sur les niveaux de ces actifs à fin décembre 2023 et à fin mars 2024, de 200
millions à 150 millions de dollars, pour renforcer la gouvernance de la gestion des réserves de
change.

Solde budgétaire intérieur. Il est proposé de fixer le plancher du solde budgétaire intérieur à fin
décembre 2023 à 0,8 % du PIB (contre 0,5 % du PIB lors de la quatrième revue). Les services du FMI
sont favorables à cet assouplissement compte tenu du resserrement budgétaire envisagé au

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quatrième trimestre 2023, des mesures relatives aux recettes et aux dépenses (notamment les
actions correctrices ci-dessus) et de la volonté manifestée par les autorités.

Normes IFRS. Il est proposé d’adopter les états financiers 2023 de la BCC conformément aux
normes IFRS, après leur approbation par un auditeur externe (RS à fin mai 2024).

30. Assurances de financement. L’accord au titre de la FEC est intégralement financé sur les
douze prochains mois, donc sur sa durée restante (tableau 8). Cet accord a contribué à mobiliser des
ressources, notamment une opération de soutien budgétaire de la Banque mondiale de 500 millions
de dollars décaissés en juillet et d’un autre montant de 405 millions de dollars qui sera décaissé en
2024.

31. La capacité de la RDC à rembourser le FMI demeure adéquate, mais elle est exposée à
des risques (tableau 6), avec un encours de crédit auprès du FMI qui devrait culminer à 2,9 % du
PIB et à 34,6 % des réserves internationales brutes (RIB) en 2024. Les remboursements annuels ne
dépasseraient pas 0,4 % du PIB et 1,3 % des exportations. La mise en œuvre des réformes
envisagées dans le cadre du programme et le faible niveau de la dette publique contribueront à
renforcer la résilience face aux chocs et à atténuer les risques.

32. Assurances politiques. Compte tenu des déclarations publiques prononcées par les
principaux candidats sur les programmes de leurs partis, complétées par des entretiens bilatéraux
avec leurs conseillers économiques, les services du FMI estiment que les principaux candidats sont
favorables aux objectifs généraux et aux principales reformes du programme appuyé par le FMI.

33. Les autorités continuent de faire avancer le règlement des arriérés extérieurs. Des
revues des assurances de financement continueront d'être effectuées lors de chaque revue du
programme appuyé par la FEC jusqu'à l’apurement de tous les arriérés souverains et commerciaux
extérieurs. Les arriérés publics extérieurs envers quatre créanciers non-membres du Club de Paris
(0,1 % du PIB) remontent à la période précédant le point d'achèvement de l'initiative PPTE et font
l'objet de négociation ou de conciliation14. Plus précisément, les autorités ont rencontré les
représentants de l'un de ces créanciers en août 2023, permettant de poser les jalons du règlement
d'un tiers des arriérés extérieurs de la RDC. Des réunions avec les trois autres créanciers publics sont
prévues au cours des six prochains mois, en assurant un meilleur partage des informations, afin de
parvenir à un accord. Le reste des arriérés extérieurs sont des arriérés envers des créanciers
commerciaux. Comme l'exige la politique de prêts aux pays en situation d’arriérés, les autorités
continuent de déployer des efforts en toute bonne foi pour régler leurs arriérés envers les créanciers
commerciaux, notamment la Gécamines, en partageant des informations complémentaires et en
communiquant pour faciliter leur règlement.

14Les arriérés bilatéraux envers les créanciers non-membres du Club de Paris sont antérieurs à l'initiative PPTE et sont
considérés comme éliminés en présence d'un procès-verbal agréé et représentatif du Club de Paris qui sous-tend le
processus PPTE.

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ÉVALUATION DES SERVICES DU FMI


34. La croissance reste robuste, mais les pressions sur l'inflation et le taux de change
persistent. La croissance du PIB réel a été soutenue par l'activité minière, restée solide malgré la
forte baisse des prix du cobalt en 2023, et par l'activité de la construction et des travaux publics. La
croissance devrait rester forte en 2024, bien qu'à un rythme légèrement inférieur. L'inflation a bondi
en 2023, alimentée par les pressions sur la dépréciation du taux de change, et devrait rester
supérieure à 20 % d’ici à la fin de 2023, avant de retomber en dessous de 12 % à la fin de 2024, dans
la mesure où la transmission de la politique monétaire reste faible et où le franc continue de
présenter un attrait limité.

35. Les risques qui pèsent sur les perspectives sont orientés à la baisse. L'incertitude
extérieure due aux évolutions géopolitiques et aux chocs sur les termes de l'échange reste élevée ; la
poursuite du conflit à l'est du pays et les élections à venir pourraient continuer d’exercer des
pressions sur les dépenses, d’évincer les dépenses sociales et les investissements publics prioritaires
et de retarder des réformes nettement justifiées.

36. Les résultats du programme sont globalement satisfaisants. À fin juin 2023, à l’exception
d'un seul CR, tous les autres ont été respectés et tous les OI sauf deux ont été atteints. L’OI relatif
aux recettes de l'administration centrale et le CR relatif au solde budgétaire intérieur ont été
largement manqués, dans la mesure où les autorités ont donné la priorité aux dépenses liées à la
sécurité et aux élections et n'ont pas suffisamment réduit les dépenses dans d'autres domaines pour
compenser l’insuffisance de recettes. Des mesures correctrices vigoureuses sont actuellement mises
en œuvre pour remédier au manquement de ce CR. Six RS sur les neuf de la cinquième revue ont
été satisfaits, deux ont été mis en œuvre avec retard et le dernier a été partiellement mis en œuvre.

37. Les autorités doivent accélérer les réformes budgétaires structurelles, ancrer la
discipline budgétaire, accroître les recettes, élargir l’assiette fiscale et améliorer la fiabilité des
prévisions de recettes. Les mesures visant à accroître les recettes intérieures, en particulier celles
du secteur minier, et à renforcer l’efficacité du recouvrement de la TVA permettront de dégager une
marge de manœuvre pour les dépenses prioritaires et les dépenses de développement
indispensables. Des contrôles stricts des dépenses en biens et services et une feuille de route précise
pour assurer le remboursement des arriérés intérieurs sont nécessaires pour améliorer la qualité des
dépenses. Des mesures visant à réduire les paiements en espèces et les dépenses exécutées en
procédure d'urgence sont essentielles pour améliorer la gouvernance et la gestion des finances
publiques.

38. Grâce au sérieux resserrement effectué par la BCC au troisième trimestre 2023, les
tensions inflationnistes se sont atténuées, mais les risques demeurent essentiellement
orientés à la hausse. La politique monétaire restrictive devrait être maintenue jusqu’à ce que
l’inflation régresse, et la BCC devrait être prête à procéder à un nouveau resserrement utilisant tous
les instruments disponibles. Compte tenu des faiblesses de la transmission de la politique
monétaire, la BCC devrait envisage des mesures complémentaires pour renforcer le dispositif de

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 21


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mise en œuvre de la politique monétaire, avec l’appui du FMI, le cas échéant. Face à l’insuffisance
des réserves, elle devrait s’abstenir de recourir aux interventions de change pour atteindre ses
objectifs de politique monétaire. Une recapitalisation complète de la BCC demeure indispensable
pour assurer la stabilité macroéconomique et la dédollarisation de l’économie ; l’adoption d’un plan
à moyen terme en ce sens est réalisable malgré les coûts considérables.

39. Les services du FMI souscrivent aux demandes par les autorités de dérogation pour
non-respect d’un CR, de modification de deux CR, d’achèvement de la cinquième revue de
l’accord au titre de la FEC et de la revue des assurances de financement. La ferme volonté
d’améliorer la composition des dépenses publiques, de resserrer les politiques pour contenir le
déficit public et freiner l'inflation, ainsi que des réformes structurelles accompagnées du
développement des capacités, aideront les autorités à atteindre les objectifs du programme.

22 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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Graphique 1. Évolution du secteur réel, 2018-23


…la croissance bénéficiant de l’augmentation de la production
Le secteur extractif domine la dynamique de croissance…
minière de cuivre et de cobalt, malgré la baisse des cours des
métaux.
Contribution à la croissance du PIB réel Production de cobalt et de cuivre
(en pourcentage) (en milliers de tonnes, moyenne mobile sur 12 mois.)

La croissance hors industries extractives a été soutenue par


…malgré des investissements légèrement modérés.
une solide activité du secteur de la construction…
Croissance du PIB réel non extractif Consommation vs investissement
(en pourcentage) (en pourcentage du PIB)

L’inflation globale et l‘inflation sous-jacente ont grimpé


…le taux de change ayant subi des pressions de dépréciation
récemment en raison de la répercussion de la dépréciation du
dans cette économie fortement dollarisée.
taux de change…
IPC avec contributions des principales composantes Taux de change effectif nominal et réel
(taux de croissance en glissement annuel, en %) (2010=100; une baisse indique une dépréciation)

Sources : autorités congolaises ; base de données INS du département des statistiques du FMI ; estimations des services du FMI.

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Graphique 2. Évolution du secteur extérieur, 2018-23


(en pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Le déficit des transactions courantes s’est creusé du fait de …et a été financé en grande partie par les autres flux
la hausse des importations de biens et services… d’investissement suivis des IDE.
Solde des transactions courantes Solde du compte d’opérations financières

Les exportations sont concentrées sur les produits …tandis que les importations sont constituées de produits
miniers… divers.
Exportations de biens Importations de biens

…et les réserves se sont fortement redressées, même si elles


La dette extérieure reste faible…
restent inférieures aux niveaux suffisants.
Dette extérieure Réserves internationales

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.

24 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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Graphique 3. Évolution du secteur budgétaire, 2018-23


(en pourcentage du PIB)
…car les recettes ont chuté par rapport à leurs niveaux élevés
Le déficit budgétaire s’est creusé…
de 2022…
Solde budgétaire Recettes

…et n’ont pas été totalement compensées par une baisse des Le crédit net à l’État continue de s’améliorer à la suite de
dépenses. l’arrêt des avances de la BCC depuis fin avril 2020. 2/
Dépenses 1/ Crédit net de la BCC à l’État

Le financement intérieur s’est accru avec l’augmentation des


…et la dette publique est restée stable à des niveaux modérés.
émissions de titres publics …
Financement Dette contractée ou garantie par l’État

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.


1/ les dépenses exceptionnelles comprennent les dépenses liées à la sécurité, aux élections et d’autres dépenses extraordinaires.
2/ l’accroissement du crédit net à l’État observé à compter des derniers mois de 2021 provient de la part de l’allocation de DTS
rétrocédée à l’État pour l’aide budgétaire.

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Graphique 4. Évolution du secteur monétaire et financier, 2018-23


Le crédit à l’économie augmente, mais à partir d’un faible …les crédits étant pour la plupart octroyés à des
niveau …. entreprises privées.
Crédit aux secteurs public et privé Crédit bancaire au secteur non financier
(en pourcentage du PIB) (par secteur, en % du total, à septembre 23)

Les crédits sont presque entièrement octroyés en devises,


Les dépôts bancaires sont presque entièrement en devises.
tandis que les prêts en francs congolais restent limités.
Crédit bancaire au secteur non financier Évolution des dépôts du secteur privé
(par monnaie, en pourcentage du PIB) (en pourcentage du PIB)

Après avoir atteint un pic à la suite du rétablissement des


Les ratios de fonds propres ont légèrement diminué.. règles relatives à la qualité des crédits, les prêts
improductifs sont en baisse.
Fonds propres réglementaires Liquidité et qualité des actifs

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.

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Tableau 1. République démocratique du Congo : principaux indicateurs économiques et


financiers, 2022-28
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Rapport Rapport Rapport
n°23/244 Prél. n°23/244 Proj. n°23/244 Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

(variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)


PIB et prix
PIB réel 8.9 8.8 6.8 6.2 4.7 4.8 5.6 5.2 5.7 4.4
PIB (industries extractives) 22.6 22.2 11.7 9.1 4.3 4.4 6.4 4.8 5.6 1.0
PIB (hors industries extractives) 3.1 3.1 4.4 4.7 4.9 5.0 5.3 5.4 5.7 6.1
Déflateur du PIB 6.3 5.0 11.4 16.7 6.6 13.0 8.1 6.4 6.2 6.0
Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle) 9.3 9.3 14.8 19.4 7.1 14.7 8.5 7.0 7.0 7.0
Indice des prix à la consommation (fin d'année) 13.1 13.1 11.5 20.8 7.1 11.6 7.0 7.0 7.0 7.0

Secteur extérieur
Exportations de biens, f.à.b., à prix courants (US$) 27.7 24.9 2.5 3.1 5.4 1.2 5.3 5.3 5.7 1.5
Importations de biens, f.à.b., à prix courants (US$) 46.3 46.3 5.6 0.0 3.8 4.1 5.6 4.4 5.0 4.3
Volume des exportations 24.5 25.5 11.2 10.6 5.4 3.4 4.2 4.5 5.2 1.3
Volume des importations 28.9 25.6 4.2 4.8 3.1 1.1 4.8 3.5 4.0 2.8
Termes de l’échange -7.7 -10.7 -7.9 -6.7 -0.8 -3.3 0.3 -0.2 -0.6 -1.0
(variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sense large en début de période)
Monnaie et crédit
Avoirs extérieurs nets -7.0 -7.0 22.9 29.8 8.9 10.7 13.2 11.4 10.2 9.1
Avoirs intérieurs nets 10.4 10.4 -6.0 2.4 4.2 10.0 2.8 2.0 3.6 3.0
Crédit intérieur 16.8 16.7 12.4 28.5 6.2 12.6 11.0 9.6 9.8 8.1
dont : créances nettes sur l'administration centrale 0.5 0.5 2.7 1.4 -0.1 1.1 2.2 2.2 2.3 1.5
créances sur le secteur privé 14.9 14.9 8.7 24.7 5.7 10.4 8.0 6.7 6.8 6.0
Monnaie au sens large 3.4 3.5 16.9 32.3 13.1 20.7 16.0 13.3 13.7 12.0
(pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Situation financière de l’administration centrale
Recettes et dons 16.6 16.9 14.8 14.3 16.5 14.9 14.7 14.9 15.1 15.3
Recettes 15.3 15.3 13.7 12.6 15.2 13.2 13.3 13.7 14.1 14.4
Dons 1.3 1.6 1.1 1.7 1.3 1.7 1.3 1.2 1.0 0.9
Dépenses 17.1 17.5 16.1 15.9 17.6 16.3 15.8 15.8 15.8 16.0
Solde budgétaire global (base engagements) -1.7 -1.7 -2.3 -2.1 -1.6 -2.0 -1.7 -1.4 -1.3 -1.2
Solde budgétaire intérieur (objectif du programme) -1.2 -1.2 -0.5 -0.8 -0.2 -0.6 -0.4 -0.3 -0.3 -0.1
Solde budgétaire global hors ressources naturelles -4.0 -3.9 -3.2 -3.9 -3.9 -3.8 -4.0 -4.1 -4.0 0.0

Investissement et épargne
Épargne nationale brute 6.2 6.8 4.6 5.1 7.9 6.8 9.3 9.6 9.9 9.4
Administration centrale -1.5 -1.4 -1.5 -1.6 -0.2 -1.8 -1.3 -1.0 -0.6 -0.3
Hors secteur public 7.6 8.3 6.2 6.8 8.1 8.6 10.6 10.6 10.5 9.7
Investissement brut 11.5 11.8 10.1 10.4 11.8 10.8 12.6 12.4 12.3 12.4
Administration centrale 3.5 3.8 4.1 4.4 5.8 4.8 4.6 4.6 4.7 5.0
Hors secteur public 8.0 8.0 6.0 6.0 6.0 6.0 8.0 7.8 7.6 7.4

Balance des paiements


Exportations de biens et services 43.2 42.1 42.8 42.5 41.1 39.6 37.2 35.5 33.9 31.5
Importations de biens et services 48.2 46.9 48.2 48.0 45.6 45.2 42.6 40.3 38.3 36.5
Solde des transactions courantes (transferts officiels compris) -5.3 -5.0 -5.5 -5.3 -3.9 -4.1 -3.2 -2.8 -2.4 -2.9
Solde des transactions courantes (hors transferts officiels) -6.2 -6.1 -6.3 -6.1 -5.0 -5.4 -4.6 -4.1 -3.7 -4.2
Solde global -1.3 -1.3 -1.5 -1.5 -0.8 -0.9 -0.4 -0.3 -0.2 -0.1
Réserves officielles brutes (millions de US$) 4,497 4,563 5,895 5,346 6,356 6,211 6,940 7,796 8,498 9,237
Réserves officielles brutes (en semaines des importations) 7.9 8.3 10.0 9.6 10.2 10.4 11.0 11.7 12.3 13.0

Dette du secteur public


Encours total, incluant FMI (millions de US$) 15.5 15.0 17.2 17.8 17.2 17.0 16.0 15.1 14.0 13.2
VAN de la dette (en % des exportations de biens et services) 27.2 28.6 29.3 29.3 29.6 30.8 30.3 29.1 27.4 27.6
Service de la dette prévu (millions de US$) 695 705 696 698 702 718 804 875 1,030 1,059
En pourcentage des exportations de biens et services 2.4 2.5 2.4 2.4 2.3 2.5 2.6 2.7 3.0 3.1
En pourcentage des recettes publiques 6.9 7.0 7.4 8.3 6.1 7.4 7.3 7.0 7.3 6.7

Taux de change (CDF pour 1 US$)


Moyenne annuelle 2,009.8 2,007.0 … … … … … … … …
Fin de période 2,046.8 2,016.9 … … … … … … … …

Pour mémoire :
Prix à l'exportation du cuivre de la DRC (US$ par tonne) 8,354.7 7,980.5 8,528.8 8,247.8 8,502.1 8,038.4 8,105.0 8,165.9 8,200.5 8,207.2
Prix à l'exportation du cobalt de la DRC (US$ par tonne) 51,982.5 51,809.9 30,329.3 29,441.9 30,429.2 29,339.7 29,865.6 29,865.6 29,865.6 29,865.6
Prix mondial du pétrole brut (US$ par baril) 96.4 96.4 73.1 80.5 68.9 79.9 76.0 72.7 69.9 67.5
PIB nominal (milliards de CDF) 132,259 132,352 157,377 164,001 175,652 194,275 221,891 248,232 278,526 308,239

Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 27


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 2. République démocratique du Congo: balance des paiements, 2022-28


(en millions de dollars, sauf indication contraire)
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Rapport Rapport Rapport
n°23/244 Prél. n°23/244 Proj. n°23/244 Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

Solde des transactions courantes -3,495 -3,282 -3,762 -3,546 -2,934 -2,990 -2,669 -2,500 -2,422 -3,202
Solde des transactions courantes (hors dons budgétaires) [A] -3,824 -3,619 -3,837 -3,618 -3,023 -3,078 -2,669 -2,500 -2,422 -3,202
Solde des biens 1,638 1,014 853 1,873 1,355 1,100 1,083 1,393 1,669 808
Exportations de biens 28,336 27,712 29,058 28,562 30,637 28,892 30,428 32,026 33,838 34,351
dont secteur extractif 28,037 27,472 28,737 28,241 30,273 28,503 29,938 31,439 33,131 33,510
Importations de biens 26,698 26,698 28,205 26,689 29,282 27,792 29,345 30,633 32,169 33,543
dont biens d'équipement 12,590 12,590 13,785 12,518 14,551 12,949 13,829 14,378 15,010 15,476
Solde de services -4,931 -4,156 -4,577 -5,603 -4,787 -5,241 -5,526 -5,793 -6,102 -6,278
Revenu primaire -2,521 -2,459 -2,792 -2,531 -3,089 -2,537 -2,647 -2,765 -2,898 -2,905
Revenu secondaire (hors dons d'appui budgétaire) 1,990 1,982 2,679 2,644 3,498 3,599 4,421 4,665 4,909 5,173
Dons budgetaires 329 336 74 72 88 88 0 0 0 0

Solde du compte du capital [B] 538 538 501 925 757 1,059 1,031 1,104 1,122 1,188

Capacité (+) / Besoin (-) de financement [A + B] -3,286 -3,080 -3,335 -2,693 -2,265 -2,018 -1,639 -1,396 -1,300 -2,014

Solde du compte d'opérations financières (hors prêts budgétaires ou FMI) [C] -2,350 -1,992 -2,294 -1,653 -1,628 -1,387 -1,296 -1,090 -1,098 -1,875
Solde du compte d'opérations financières -2,876 -2,497 -3,261 -2,621 -2,177 -1,930 -1,639 -1,396 -1,300 -2,014
Investissements de portefeuille 35 35 36 36 40 39 43 48 53 58
Investissements directs -1,409 -1,409 -1,470 -1,208 -1,614 -1,580 -1,860 -1,949 -2,157 -2,355
Passifs d'investissement direct 1,409 1,409 1,470 1,208 1,614 1,580 1,860 1,949 2,157 2,355
Autres Investissements -2,525 -2,233 -2,259 -1,263 -515 -711 -209 -45 304 -317
dont:
Prêts budgétaires 604 615 1,231 860 1,071 1,083 1,017 873 852 1,006
Variation des réserves officielles (+ = hausse) 1,549 1,616 1,398 783 461 865 729 856 702 739

Erreurs et omissions nettes [D] 81 247 0 0 0 0 0 0 0 0

Solde global [A+B-C+D] -854 -842 -1,041 -1,041 -638 -631 -343 -306 -202 -139

Besoins de financement globaux 854 842 1,041 1,041 638 631 343 306 202 139
Financement du FEC 398 389 378 379 161 155 -157 -194 -298 -361
Décaissements 407 398 409 408 205 204 0 0 0 0
Remboursements 9 9 31 29 43 49 157 194 298 361
Allocation de DTS 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Autres financements exceptionnels 456 453 664 662 477 477 500 500 500 500
Prêts appuis budgétaires 127 117 589 590 388 388 300 300 300 300
Banque mondiale 127 117
BAD 0 0
Autres 0 0
Dons appuis budgétaires 329 336 74 72 88 88 0 0 0 0
Financements exceptionnels non identifiés 0 0 0 0 0 0 200 200 200 200

Pour mémoire:
Solde des transactions courantes (en % du PIB) -5.3 -5.0 -5.5 -5.3 -3.9 -4.1 -3.2 -2.8 -2.4 -2.9
Termes de l'échange (variation en %) -7.7 -10.7 -7.9 -6.7 -0.8 -3.3 0.3 -0.2 -0.6 -1.0
Solde du compte d'opérations financières (hors FMI, allocation de DTS, prêts
budgétaires, en % du PIB) -3.6 -3.0 -3.3 -2.5 -2.2 -1.9 -1.6 -1.2 -1.1 -1.7
dont les passifs d'investissement direct 2.1 2.1 2.1 1.8 2.1 2.2 2.3 4.0 2.1 2.1
Avoirs de réserve 4,496.7 4,563.4 5,894.9 5,346.0 6,356.3 6,210.7 6,940.1 7,796.0 8,498.3 9,237.4
en semaines d'importations de biens et de services non liées à l'aide 7.9 8.3 10.0 9.6 10.2 10.4 11.0 11.7 12.3 13.0
PIB nominal (millions US$) 65,807.5 65,945.1 68,631.8 67,328.1 75,370.0 73,389.4 82,255.4 90,763.8 100,450.2 109,648.3

Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.

28 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 3a. République démocratique du Congo: opérations de l’administration centrale,


2022-28 1/
(en milliards de CDF)
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Rapport Rapport Rapport
n°23/244 Prél. n°23/244 Proj. n°23/244 Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

Recettes et dons 21,912 22,423 23,361 23,482 29,002 28,980 32,555 37,085 42,006 47,099
Recettes 20,237 20,308 21,635 20,617 26,740 25,602 29,614 34,122 39,216 44,403
Recettes de l'administration centrale (hors comptes spéciaux) 18,928 18,999 20,191 18,542 25,126 22,052 25,945 30,017 34,610 39,306
Recettes fiscales 15,147 15,147 16,770 15,267 21,264 18,275 21,565 24,436 27,802 31,690
Impôt sur le revenu 9,049 9,049 9,738 7,716 12,684 9,001 10,219 11,359 12,676 13,805
Personnes physiques 1,740 1,740 1,940 2,165 2,768 2,663 3,072 3,471 3,933 4,396
Entreprises 6,647 6,647 7,165 5,090 9,058 5,771 6,520 7,210 8,006 8,645
Autres impôts non imputables sur le revenu, les bénéfices et les plus-values 663 663 633 461 858 567 627 678 737 764
Taxes sur les biens et services 4,628 4,628 5,485 5,548 6,696 6,811 8,532 9,930 11,595 13,783
TVA/taxe sur le chiffre d’affaires 3,679 3,679 4,387 4,372 5,163 5,378 6,880 8,082 9,522 11,374
Accises 949 949 1,099 1,176 1,533 1,433 1,652 1,848 2,073 2,409
Impôts sur le commerce extérieur et les transactions internationales 1,469 1,469 1,547 2,003 1,884 2,463 2,813 3,147 3,531 4,103
Recettes non fiscales 5,091 5,161 4,866 5,271 5,475 7,327 8,049 9,685 11,414 12,713
Recettes tirées des ressources naturelles et des télécommunications 2,496 2,548 2,551 1,550 2,887 1,752 2,067 2,590 2,956 3,267
Redevances minières 1,499 1,499 1,552 1,009 1,772 1,092 1,320 1,678 1,922 2,114
Redevance et rente pétrolières 402 417 338 218 358 268 290 367 415 453
Télécommunications 254 254 319 174 374 209 239 267 300 348
Dividendes des entreprises publiques 341 377 343 148 382 182 219 278 319 351
Redevances versées à des ministères sectoriels 560 560 550 1,336 618 1,643 1,877 2,488 3,264 3,684
Autres 726 745 320 311 357 382 436 502 588 664
Comptes et budgets spéciaux 1,309 1,309 1,445 2,075 1,613 3,550 3,669 4,105 4,606 5,097
Dons 1,675 2,115 1,725 2,865 2,263 3,378 2,941 2,964 2,790 2,695
dont: Projets 1,015 1,441 1,555 2,691 2,057 3,144 2,941 2,964 2,790 2,695
Appui budgetaire 660 675 170 175 206 234 0 0 0 0
Dépenses 22,665 23,113 25,338 26,026 30,891 31,634 35,071 39,129 44,081 49,259
Dépenses courantes 14,871 14,875 15,798 15,749 19,608 19,971 23,658 26,538 29,630 32,724
Salaires 6,578 6,578 7,130 7,130 8,013 8,125 9,116 10,157 11,495 12,732
Intérêts exigibles 470 474 319 509 401 661 704 834 967 1,092
Extérieurs 74 78 82 85 122 96 174 248 310 367
Intérieurs 396 396 237 424 279 566 530 586 657 725
Biens et services 4,159 4,159 3,444 4,128 5,199 4,890 6,937 7,674 8,174 8,682
Subventions et autres transferts courants 3,664 3,664 4,905 3,982 5,995 6,295 6,901 7,873 8,994 10,218
Subventions 2,037 2,037 3,060 1,638 3,903 2,331 2,759 3,205 3,717 4,324
Transferts à d’autres niveaux de l’administration centrale 319 319 401 269 479 414 473 564 670 796
Comptes et budgets spéciaux 1,309 1,309 1,445 2,075 1,613 3,550 3,669 4,105 4,606 5,097
Dépenses d'investissement 4,605 5,050 6,503 7,240 11,017 9,416 11,081 12,189 13,970 16,008
Financées sur ressources extérieures 2,229 2,674 4,372 4,786 4,545 6,012 5,684 5,351 5,153 5,523
Financées sur ressources intérieures 2,376 2,376 2,130 2,455 6,472 3,404 5,397 6,838 8,817 10,485
Dépenses extraordinaires 2/ 3,188 3,188 3,037 3,037 265 2,247 332 402 481 527
dont: éléctions 798 798 550 1,120 0 200 0 0 0 0
Solde budgétaire global (base engagements) -752 -690 -1,977 -2,544 -1,889 -2,654 -2,516 -2,044 -2,075 -2,160
Solde budgétaire intérieur de base -125 -54 751 -539 515 76 401 591 598 1,034
Variation des arriérés intérieurs (repaiement = – ) -1,495 -1,495 -1,582 -854 -895 -1,164 -1,305 -1,455 -1,475 -1,496
Solde budgétaire intérieur (base caisse) -1,620 -1,549 -831 -1,393 -380 -1,088 -903 -864 -877 -461
Solde budgétaire global (base caisse) -2,248 -2,186 -3,559 -3,398 -2,784 -3,818 -3,820 -3,499 -3,550 -3,656
Erreurs et omissions -77 1,105 0 0 0 0 0 0 0 0
Financement 2,389 1,081 3,609 3,398 2,880 3,818 3,820 3,499 3,550 3,656
Financement intérieur (système bancaire) 919 113 21 364 -21 374 895 1,065 1,238 952
Financement extérieur 1,470 968 3,588 3,034 2,901 3,443 2,925 2,434 2,312 2,703
Prêts budgétaires 256 235 1,352 1,437 905 1,028 794 794 794 794
Prêts-projet 1,214 1,234 2,817 2,095 2,488 2,868 2,743 2,387 2,363 2,828
Amortissement de la dette extérieure 0 -500 -580 -498 -492 -452 -612 -747 -845 -918
Autres financements extérieurs 3/ 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
Pour mémoire:
PIB nominal (en milliards de FCG) 132,259 132,352 157,377 164,001 175,652 194,275 221,891 248,232 278,526 308,239
Revenues miniers 8,894 8,909 10,585 10,265 11,906 12,006 13,380 14,770 16,159 18,280

Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.


1/ Couvre le budget de l’administration centrale.
2/ Essentiellement dépenses liées à la sécurité et aux élections.
3/ Comprend 50 % de l’allocation de DTS transférée au gouvernement à fin 2021.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 29


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 3b. République démocratique du Congo: opérations de l’administration centrale,


2022-28 1/
(en pourcentage du PIB)
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Rapport Rapport Rapport
n°23/244 Prél. n°23/244 Proj. n°23/244 Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

Recettes et dons 16.6 16.9 14.8 14.3 16.5 14.9 14.7 14.9 15.1 15.3
Recettes 15.3 15.3 13.7 12.6 15.2 13.2 13.3 13.7 14.1 14.4
Recettes de l'administration centrale (hors comptes spéciaux) 14.3 14.4 12.8 11.3 14.3 11.4 11.7 12.1 12.4 12.8
Recettes fiscales 11.5 11.4 10.7 9.3 12.1 9.4 9.7 9.8 10.0 10.3
Impôt sur le revenu 6.8 6.8 6.2 4.7 7.2 4.6 4.6 4.6 4.6 4.5
Personnes physiques 1.3 1.3 1.2 1.3 1.6 1.4 1.4 1.4 1.4 1.4
Entreprises 5.0 5.0 4.6 3.1 5.2 3.0 2.9 2.9 2.9 2.8
Autres impôts non imputables sur le revenu, les bénéfices et les plus-values 0.5 0.5 0.4 0.3 0.5 0.3 0.3 0.3 0.3 0.2
Taxes sur les biens et services 3.5 3.5 3.5 3.4 3.8 3.5 3.8 4.0 4.2 4.5
TVA/taxe sur le chiffre d’affaires 2.8 2.8 2.8 2.7 2.9 2.8 3.1 3.3 3.4 3.7
Accises 0.7 0.7 0.7 0.7 0.9 0.7 0.7 0.7 0.7 0.8
Impôts sur le commerce extérieur et les transactions internationales 1.1 1.1 1.0 1.2 1.1 1.3 1.3 1.3 1.3 1.3
Recettes non fiscales 3.8 3.9 3.1 3.2 3.1 3.8 3.6 3.9 4.1 4.1
Recettes tirées des ressources naturelles et des télécommunications 1.9 1.9 1.6 0.9 1.6 0.9 0.9 1.0 1.1 1.1
Redevances minières 1.1 1.1 1.0 0.6 1.0 0.6 0.6 0.7 0.7 0.7
Redevance et rente pétrolières 0.3 0.3 0.2 0.1 0.2 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
Télécommunications 0.2 0.2 0.2 0.1 0.2 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
Dividendes des entreprises publiques 0.3 0.3 0.2 0.1 0.2 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
Redevances versées à des ministères sectoriels 0.4 0.4 0.3 0.8 0.4 0.8 0.8 1.0 1.2 1.2
Autres 0.5 0.6 0.2 0.2 0.2 0.2 0.2 0.2 0.2 0.2
Comptes et budgets spéciaux 1.0 1.0 0.9 1.3 0.9 1.8 1.7 1.7 1.7 1.7
Dons 1.3 1.6 1.1 1.7 1.3 1.7 1.3 1.2 1.0 0.9
dont: Projets 0.8 1.1 1.0 1.6 1.2 1.6 1.3 1.2 1.0 0.9
Appui budgetaire 0.5 0.5 0.1 0.1 0.1 0.1 0.0 0.0 0.0 0.0
Dépenses 17.1 17.5 16.1 15.9 17.6 16.3 15.8 15.8 15.8 16.0
Dépenses courantes 11.2 11.2 10.0 9.6 11.2 10.3 10.7 10.7 10.6 10.6
Salaires 5.0 5.0 4.5 4.3 4.6 4.2 4.1 4.1 4.1 4.1
Intérêts exigibles 0.4 0.4 0.2 0.3 0.2 0.3 0.3 0.3 0.3 0.4
Extérieurs 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1 0.0 0.1 0.1 0.1 0.1
Intérieurs 0.3 0.3 0.2 0.3 0.2 0.3 0.2 0.2 0.2 0.2
Biens et services 3.1 3.1 2.2 2.5 3.0 2.5 3.1 3.1 2.9 2.8
Subventions et autres transferts courants 2.8 2.8 3.1 2.4 3.4 3.2 3.1 3.2 3.2 3.3
Subventions 1.5 1.5 1.9 1.0 2.2 1.2 1.2 1.3 1.3 1.4
Transferts à d’autres niveaux de l’administration centrale 0.2 0.2 0.3 0.2 0.3 0.2 0.2 0.2 0.2 0.3
Comptes et budgets spéciaux 1.0 1.0 0.9 1.3 0.9 1.8 1.7 1.7 1.7 1.7
Dépenses d'investissement 3.5 3.8 4.1 4.4 6.3 4.8 5.0 4.9 5.0 5.2
Financées sur ressources extérieures 1.7 2.0 2.8 2.9 2.6 3.1 2.6 2.2 1.9 1.8
Financées sur ressources intérieures 1.8 1.8 1.4 1.5 3.7 1.8 2.4 2.8 3.2 3.4
Dépenses extraordinaires 2/ 2.4 2.4 1.9 1.9 0.2 1.2 0.1 0.2 0.2 0.2
dont: éléctions 0.6 0.6 0.3 0.7 0.0 0.1 0.0 0.0 0.0 0.0
Solde budgétaire global (base engagements) -0.6 -0.5 -1.3 -1.6 -1.1 -1.4 -1.1 -0.8 -0.7 -0.7
Solde budgétaire intérieur de base -0.1 0.0 0.5 -0.3 0.3 0.0 0.2 0.2 0.2 0.4
Variation des arriérés intérieurs (repaiement = – ) -1.1 -1.1 -1.0 -0.5 -0.5 -0.6 -0.6 -0.6 -0.5 -0.5
Solde budgétaire intérieur (base caisse) -1.2 -1.2 -0.5 -0.8 -0.2 -0.6 -0.4 -0.3 -0.3 -0.1
Solde budgétaire global (base caisse) -1.7 -1.7 -2.3 -2.1 -1.6 -2.0 -1.7 -1.4 -1.3 -1.2
Erreurs et omissions -0.1 0.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Financement 1.8 0.8 2.3 2.1 1.6 2.0 1.7 1.4 1.3 1.2
Financement intérieur (système bancaire) 0.7 0.1 0.0 0.2 0.0 0.2 0.4 0.4 0.4 0.3
Financement extérieur 1.1 0.7 2.3 1.9 1.7 1.8 1.3 1.0 0.8 0.9
Prêts budgétaires 0.2 0.2 0.9 0.9 0.5 0.5 0.4 0.3 0.3 0.3
Prêts-projet 0.9 0.9 1.8 1.3 1.4 1.5 1.2 1.0 0.8 0.9
Amortissement de la dette extérieure 0.0 -0.4 -0.4 -0.3 -0.3 -0.2 -0.3 -0.3 -0.3 -0.3
Autres financements extérieurs 3/ 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Pour mémoire:
PIB nominal (en milliards de FCG) 132,259 132,352 157,377 164,001 175,652 194,275 221,891 248,232 278,526 308,239
Revenues miniers 6.7 6.7 6.7 6.3 6.8 6.2 6.0 5.9 5.8 5.9

Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI.


1/ Couvre le budget de l’administration centrale.
2/ Essentiellement dépenses liées à la sécurité et aux élections.
3/ Comprend 50 % de l’allocation de DTS transférée au gouvernement à fin 2021.

30 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 4. République démocratique du Congo : situation des institutions de dépôts,


2022-28
(en milliards de CDF, sauf indication contraire)
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Rapport Rapport Rapport
n°23/244 Prél. n°23/244 Proj. n°23/244 Proj. Proj. Proj. Proj. Proj.

Situation monetaire:
Avoirs extérieurs nets 15,737 15,737 21,645 23,446 24,333 27,097 32,518 37,954 43,460 49,040
Créances sur les non-résidents 22,220 22,220 30,462 32,784 34,674 38,160 43,880 49,545 55,038 60,354
Dettes envers les non-résidents 6,483 6,483 8,817 9,338 10,340 11,063 11,362 11,591 11,578 11,314

Avoirs intérieurs nets 10,076 10,090 8,535 10,714 9,814 14,129 15,286 16,226 18,157 19,978
Crédits intérieurs 13,960 13,935 17,156 21,285 19,040 25,590 30,128 34,711 40,036 45,042
Créances nettes sur l'administration centrale 1,455 1,448 2,144 1,812 2,123 2,186 3,081 4,146 5,383 6,336
Créances sur les autres secteurs 12,502 12,484 15,013 19,473 16,917 23,404 27,047 30,565 34,653 38,706
Crédit au secteur privé 11,294 11,276 13,552 17,652 15,271 21,214 24,514 27,701 31,405 35,077
Autres postes nets -3,881 -3,842 -8,621 -10,571 -9,226 -11,461 -14,842 -18,484 -21,879 -25,064

Passifs monétaires au sens large (M2) 25,813 25,827 30,181 34,159 34,147 41,226 47,804 54,181 61,618 69,017
Monnaie au sens étroit (M1) 6,468 6,470 7,489 6,720 9,015 9,847 11,875 13,955 16,437 18,554
Circulation fiduciaire 3,542 3,543 4,407 4,009 5,086 4,994 5,872 6,779 7,854 8,943
Dépôts à vue en CDF 2,925 2,927 3,083 2,711 3,930 4,853 5,937 7,082 8,451 9,439
Quasi-monnaie 19,346 19,358 22,692 27,440 25,132 31,379 35,929 40,226 45,181 50,463
Dépôts à terme en monnaie nationale 732 733 793 730 1,011 1,307 1,599 1,907 2,275 2,541
Dépôts en devises 18,613 18,625 21,899 26,710 24,121 30,073 34,331 38,319 42,906 47,922

Banque centrale du Congo:


Avoirs extérieurs nets 4,524 4,524 7,453 7,388 8,349 9,162 11,404 14,072 16,663 19,524
Créances sur les non-résidents 9,636 9,636 14,580 14,815 16,888 18,204 20,463 23,087 25,351 27,654
Réserves officielles brutes 9,204 9,204 14,255 14,722 14,928 16,597 18,856 21,480 23,744 26,047
Engagements envers les non-résidents -5,112 -5,112 -7,128 -7,427 -8,539 -9,042 -9,059 -9,015 -8,687 -8,131

Avoirs intérieurs nets 2,931 2,931 1,676 1,449 1,891 1,495 1,179 572 225 -283
Crédit intérieur 3,714 3,703 3,759 4,146 2,721 4,399 4,256 4,261 4,265 4,270
Créances nettes sur l'administration centrale 2,777 2,770 3,010 2,893 2,210 3,418 3,546 3,546 3,546 3,546
Créances sur les banques commerciales 832 847 618 1,121 377 846 571 571 571 571
Autres postes (net) -782 -772 -2,084 -2,696 -830 -2,905 -3,077 -3,688 -4,041 -4,552

Base monétaire (définition large) 7,455 7,455 9,128 8,838 10,240 10,657 12,583 14,644 16,888 19,241

Autres institutions de dépôt:


Avoirs extérieurs nets 11,213 11,213 14,193 16,057 15,984 17,935 21,114 23,882 26,797 29,516

Avoirs intérieurs nets 11,290 10,937 11,862 13,803 13,232 18,007 20,463 23,135 26,545 30,096
Créances sur la banque centrale 4,234 4,234 4,614 4,574 5,564 6,020 7,003 8,128 9,259 10,483
Crédit net à l'administration centrale -1,323 -1,323 -866 -1,082 -88 -1,232 -465 600 1,837 2,790
Crédit aux administrations locales 211 211 255 446 287 537 621 702 796 890
Crédit aux entreprises publiques 997 997 1,205 1,374 1,359 1,653 1,912 2,162 2,452 2,739
Crédit au secteur privé 11,190 11,190 13,422 17,521 15,136 21,079 24,375 27,558 31,257 34,925
Autres articles, net -4,020 -4,020 -6,767 -9,031 -9,027 -10,049 -12,982 -16,013 -19,056 -21,730

(variation annuelle en pourcentage)


Avoirs extérieurs nets -9.9 -9.9 37.5 49.0 12.4 15.6 20.0 16.7 14.5 12.8
Avoirs intérieurs nets 34.7 34.9 -15.3 6.2 15.0 31.9 8.2 6.2 11.9 10.0
Crédit intérieur 53.5 53.3 18.0 46.6 6.1 19.9 14.1 11.5 12.0 10.6
Créances nettes sur l'administration centrale 9.0 8.5 47.3 25.1 -1.0 20.7 40.9 34.6 29.9 17.7
Crédit au secteur privé 1/ 49.3 49.1 20.0 56.5 12.7 20.2 15.6 13.0 13.4 11.7

Passifs monétaires au sens large (M2) 3.4 3.5 16.9 32.3 13.1 20.7 16.0 13.3 13.7 12.0

Pour mémoire:
PIB nominal (milliards CDF) 132,259 132,352 157,377 164,001 175,652 194,275 221,891 248,232 278,526 308,239
Crédit au secteur privé (pourcentage du PIB) 8.5% 8.5% 8.6% 10.8% 8.7% 10.9% 11.0% 11.2% 11.3% 8.0%
Vélocité (PIB/M2) 5.1 5.1 5.2 4.8 5.1 4.7 4.6 4.6 4.5 4.5
Dépôts en devises (pourcentage de M2) 72.1 72.1 72.6 78.2 70.6 72.9 71.8 70.7 69.6 69.4
Dépôts en devises (pourcentage des dépôts) 83.6 83.6 85.0 88.6 83.0 83.0 82.0 81.0 80.0 80.0
Sources : autorités congolaises ; estimations et projections des services du FMI
1/ L'augmentation de la croissance du crédit reflète en grande partie les réévaluations des prêts dues à la dépréciation du taux de change (la croissance du
crédit au secteur privé en dollars est prévue à 21,3 % en glissement annuel pour 2023).

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 31


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 5. République démocratique du Congo : indicateurs de solidité financière, 2020-23


déc.-20 mars-21 juin-21 sept.-21 déc.-21 mars-22 juin-22 sept.-22 déc.-22 mars-23 juin-23
Adéquation du capital
Capital réglementaire/actifs pondérés par le risque 14.0 13.8 13.1 12.1 12.1 9.9 11.9 12.5 12.1 14.5 12.9
Fonds propres de catégorie 1 / Actifs pondérés par le risque 11.6 11.6 10.9 9.9 10.0 7.9 9.7 10.2 9.9 12.3 10.8
Fonds propres de catégorie 1 (actions ordinaires) / Actifs pondérés par le risque 11.2 11.1 10.4 9.5 9.5 7.5 9.3 9.8 9.5 11.9 10.5
Fonds propres de catégorie 1 / Actif total 6.1 5.9 5.6 5.1 4.9 4.4 5.1 5.5 5.5 7.0 6.4

Qualité des actifs


Prêts non productifs / Prêts bruts 7.7 8.3 7.8 7.1 5.2 9.2 7.4 8.4 7.4 8.2 6.5
Prêts non productifs nets des provisions / Capital 15.5 16.7 16.4 15.1 10.0 24.0 10.9 20.5 18.9 17.6 18.8
Provisions / Prêts non productifs 61.4 60.6 58.1 60.2 67.7 58.3 74.2 57.9 58.0 55.1 54.0
Concentration des prêts par activité économique 51.4 50.1 52.5 54.3 46.9 49.7 50.6 53.8 49.3 44.3 52.2

Recettes et rentabilité
Rendements des actifs (revenu net/total des actifs) 0.3 1.4 1.4 1.2 1.1 1.4 1.7 1.9 2.2 3.8 3.5
Rendement sur fonds propres (revenu net/fonds propres) 2.1 16.1 17.2 15.3 15.7 18.2 19.5 23.1 24.7 35.3 35.9
Marges interests au revenu brut 32.3 30.4 28.1 30.3 28.9 29.5 30.3 29.8 30.8 36.4 37.4
Dépenses hors intérêts / Revenu brut 75.1 67.6 66.2 66.2 66.8 62.0 62.8 59.6 58.1 47.2 49.4

Liquidité
Actif liquide / Actif total 14.6 14.7 13.0 15.4 16.7 15.0 18.4 17.5 21.1 22.5 19.1
Actif liquide / Passif à court-terme 42.8 46.5 40.6 46.1 45.0 42.6 53.2 54.8 64.4 69.1 61.9
Dépôts de la clientèle / Prêts non-interbancaires totaux 220.5 224.9 249.7 250.0 254.7 262.5 234.1 207.0 197.9 202.6 154.1

Sensibilité au risque du marché


Position ouverte nette en devises/fonds propres 25.2 16.0 12.4 10.9 5.4 53.9 -5.4 13.1 16.2 -0.4 2.4
Passifs libellés en monnaie etrangère/total passif 89.8 87.8 86.7 85.0 85.0 84.1 85.8 85.1 82.8 83.1 86.5
Passifs libellés en monnaie etrangère/total prêts 90.2 87.7 89.8 88.9 83.6 88.3 87.6 86.6 87.0 86.1 89.0

Sources : Banque centrale du Congo ; base de données FSI (indicateurs de solidité financière) du département des statistiques du
FMI.

Tableau 6. République démocratique du Congo : capacité à rembourser le FMI, 2022-34


2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034

Total des obligations sur la base du crédit existant et prospectif


Total des obligations (en millions de DTS) 6.6 21.9 36.8 116.7 143.4 219.6 265.3 341.4 276.7 250.0 189.1 112.9 52.0
Principal 0.0 0.0 0.0 79.9 106.6 182.7 228.4 304.6 239.9 213.2 152.3 76.1 15.2
Commissions et intérêts 1/ 6.6 21.9 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8 36.8
Total des obligations (en millions de dollars) 8.7 29.3 49.4 157.4 194.1 297.7 360.9 464.9 376.7 340.5 257.5 153.8 70.9
En pourcentage des exportations de biens et de services 0.0 0.1 0.2 0.5 0.6 0.9 1.0 1.3 1.0 0.9 0.6 0.4 0.2
En pourcentage du PIB 0.0 0.0 0.1 0.2 0.2 0.3 0.3 0.4 0.3 0.2 0.2 0.1 0.0
En pourcentage de la quote-part 0.6 2.1 3.5 11.0 13.5 20.6 24.9 32.0 26.0 23.5 17.7 10.6 4.9
En pourcentage du service de la dette extérieure totale 1.2 4.2 6.9 19.6 22.2 28.9 34.1 38.6 29.8 27.2 23.0 15.1 7.1
En pourcentage des réserves internationales brutes 0.2 0.5 0.8 2.3 2.5 3.5 3.9 4.8 3.6 3.2 2.3 1.3 0.6

Encours du crédit auprès du FMI (fin de période)


En millions de DTS 1,142.2 1,446.8 1,599.0 1,519.1 1,412.5 1,229.7 1,001.3 696.7 456.8 243.6 91.3 15.2 0.0
En millions de dollars 1,517.8 1,935.5 2,148.5 2,052.1 1,912.2 1,669.6 1,363.8 949.0 622.3 331.9 124.4 20.7 0.0
En pourcentage des exportations de biens et de services 5.5 6.8 7.4 6.7 5.9 4.9 4.0 2.7 1.7 0.8 0.3 0.0 0.0
En pourcentage du PIB 2.3 2.9 2.9 2.5 2.1 1.7 1.2 0.8 0.5 0.2 0.1 0.0 0.0
En pourcentage de la quote-part 107.1 135.7 150.0 142.5 132.5 115.4 93.9 65.4 42.9 22.9 8.6 1.4 0.0
En pourcentage de la dette extérieure totale 15.4 17.3 17.4 15.7 14.1 12.0 9.5 6.4 4.1 2.1 0.8 0.1 0.0
En pourcentage des réserves internationales brutes 33.3 36.2 34.6 29.6 24.5 19.6 14.8 9.9 6.0 3.1 1.1 0.2 0.0

Postes pour mémoire


Exportations de biens et de services (en millions de dollars) 27,782 28,612 29,037 30,580 32,186 34,007 34,522 35,267 36,129 39,544 40,541 41,764 44,017
Quote-part (en millions de DTS) 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066 1,066
PIB (en millions de dollars) 65,945 67,328 73,389 82,255 90,764 100,450 109,648 119,412 130,299 144,621 158,629 174,608 193,616
Service de la dette extérieure du secteur public (en millions de dollars) 705 698 718 804 875 1,030 1,059 1,205 1,265 1,252 1,122 1,017 994
Dette extérieure du secteur public(fin de période, en millions de dollars) 9,844 11,190 12,352 13,073 13,595 13,943 14,424 14,940 15,201 15,509 16,000 16,634 17,350
Réserves internationales brutes (en millions de dollars) 4,563 5,346 6,211 6,940 7,796 8,498 9,237 9,614 10,440 10,803 11,229 11,889 12,191

Source : estimations et projections des services du FMI.


1/ Les obligations envers le FMI en 2020 reflètent l'allocation de secours au titre du Fonds fiduciaire d’assistance et riposte aux
catastrophes (fonds fiduciaire ARC).

32 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 7. République démocratique du Congo : décomposition de la dette publique et du


service de la dette par créancier, 2022-241
Encours de la dette Service de la dette
2022 2022 2023 2024 2022 2023 2024
(en Mio de (% de la
(% du PIB) (en Mio de dollars) (% du PIB)
dollars) dette totale)

Total 13,847.7 100.0 21.0 1,789.4 1,464.4 1,290.1 2.7 2.2 1.8
Dette extérieure 9,844.0 71.1 14.9 705.5 698.1 711.4 1.1 1.0 1.0
Créanciers multilatéraux 4,749.2 34.3 7.2 180.0 168.0 152.3 0.3 0.2 0.2
2
FMI 2,232.8 16.1 3.4 8.7 29.3 49.4 0.0 0.0 0.1
Banque mondiale 2,124.8 15.3 3.2 61.9 72.8 82.9 0.1 0.1 0.1
BAD 246.3 1.8 0.4 95.5 51.6 5.0 0.1 0.1 0.0
Autre créanciers multilatéraux 145.4 1.0 0.2 - - - - - -
dont: Banque européenne d'investissement 52.4 0.4 0.1 9.4 9.6 9.3 0.0 0.0 0.0
Banque arabe pour le développement économique en Afrique 40.9 0.3 0.1 0.9 0.6 0.7 0.0 0.0 0.0

Créanciers bilatéraux 4,587.1 33.1 7.0 496.0 449.3 462.6 0.8 0.7 0.6
Club de Paris 107.4 0.8 0.2 21.3 20.2 7.9 0.0 0.0 0.0
dont: France 43.6 0.3 0.1 21.3 20.2 7.9 0.0 0.0 0.0
Banque coréenne d'import-export 63.8 0.5 0.1 0.0 0.0 - 0.0 0.0 -
Pays non membres du club de Paris 4,479.8 32.4 6.8 474.7 429.1 454.7 0.7 0.6 0.6
dont: Banque chinoise d'import-export 4,007.6 28.9 6.1 438.2 395.8 410.5 0.7 0.6 0.6
Banque indienne d'import-export 152.2 1.1 0.2 19.9 20.7 20.3 0.0 0.0 0.0

Obligations

Créanciers commerciaux 507.7 3.7 0.8 29.5 80.8 96.4 0.0 0.1 0.1
dont: FG Hemisphere 93.2 0.7 0.1 - - 11.6 - - 0.0
Financial Investment Holding 31.3 0.2 0.0 7.3 7.2 7.2 0.0 0.0 0.0

Dette intérieure 4,003.7 28.9 6.1 1,083.9 766.3 578.7 1.6 1.1 0.8
Bons du Trésor 91.8 0.7 0.1 192.8 96.4 - 0.3 0.1 0.0
Obligations du Trésor 292.7 2.1 0.4 - 211.2 119.3 0.0 0.3 0.2
Crédits 130.2 0.9 0.2 146.0 107.7 19.4 0.2 0.2 0.0
Arriérés 3,489.0 25.2 5.3 745.0 351.0 440.0 1.1 0.5 0.6

Postes pour mémoire:


Dette garantie 3,275.4 23.7 5.0
Passifs conditionnels 3,631.1 26.2 5.5
dont: Garanties publiques 298.7 2.2 0.5
dont: Autres passifs conditionnels explicites 3,332.4 24.1 5.1
PIB nominal (en millions de dollars) 65,945.1 65,945.1 67,328.1 73,389.4

Sources : autorités congolaises ; estimations des services du FMI.


1/ Comme indiqué par les autorités nationales selon leur classification des créanciers, notamment créanciers officiels et
commerciaux. La couverture de la dette est la même que celle de l'AVD. Les chiffres en pourcentage du PIB sont calculés en
utilisant le PIB en millions de dollars, converti à partir du PIB en CDF, en utilisant le taux de change moyen, ce qui peut entraîner
des divergences avec l'AVD.
2/ Y compris la partie de l'allocation de DTS rétrocédée au gouvernement sous forme d’appui budgétaire.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 33


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 8. République démocratique du Congo : sources et besoins de financement


extérieur, 2022-28
(en millions de dollars, sauf indication contraire)
2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028
Besoins bruts de financement 4,149 4,115 3,563 3,238 3,125 3,193 3,994
Déficit du compte courant (hors dons budgétaires) 3,619 3,618 3,078 2,669 2,500 2,422 3,202
Amortissement des prêts du secteur public 530 497 485 569 625 771 792
dont : FMI 0 0 0 108 144 248 311

Sources de financement identifiés 3,298 3,045 2,882 2,738 2,625 2,693 3,494
Solde du compte du capital 538 925 1,059 1,031 1,104 1,122 1,188
Investissements directs à l'étranger (nets) 1,409 1,208 1,580 1,860 1,949 2,157 2,355
Afflux de portefeuille -35 -36 -39 -43 -48 -53 -58
Décaissements des prêts budgétaires 615 860 1,083 1,017 873 852 1,006
Autres flux de capitaux (nets) 2,139 870 63 -396 -398 -683 -258
Variation des réserves officielles (+ = hausse) -1,616 -783 -865 -729 -856 -702 -739
Erreurs et omissions nettes 247 0 0 0 0 0 0

Écart du financement 851 1,070 680 500 500 500 500

Financement potentiel 851 1,070 680 500 500 500 500


Décaissements du FEC 398 408 204 0 0 0 0
Banque mondiale 453 662 405 274 274 274 274
Banque Africaine de Développement (BAD) 0 0 71 0 0 0 0
Autre financement multilatéral et bilatéral 0 0 0 26.4 26.4 26.4 26.4
Sources : autorités congolaises ; projections des services du FMI.

Tableau 9. République démocratique du Congo : programme d’emprunts extérieurs,


2023-24
Volume de la nouvelle dette VA de la nouvelle dette en 2023 Volume de la nouvelle VA de la nouvelle dette en 2024
Dette extérieure contractée et garantie par
en 2023 (aux fins du programme) dette en 2024 (aux fins du programme)
l'État
Mio de dollars % Mio de dollars % Mio de dollars % Mio de dollars %
Par source de financement par l'emprunt 3304.3 100 1686.8 100 2572.5 100 1887.9 100
Dette concessionnelle, dont 2484.4 75 927.9 55 1050.0 41 476.0 25
Multilatérale 2484.4 75 927.9 55 950.0 37 444.0 24
Bilatérale 0.0 0 0.0 0 100.0 4 32.0 2
Autre 0.0 0 0.0 0 0.0 0 0.0 0

Dette non concessionnelle, dont 819.9 25 758.9 45 1522.5 59 1411.9 75


Semi-concessionnelle 219.9 7 158.9 9 380.7 15 270.1 14
Modalités commerciales 600.0 18 600.0 36 1141.7 44 1141.7 60

Par type de créanciers 3304.3 100 1686.8 100 2572.5 100 1887.9 100
Multilatéraux 2579.4 78 1001.1 59 950.0 37 444.0 24
Bilatéraux - Club de Paris 84.9 3 57.7 3 100.0 4 32.0 2
Bilatéraux - hors Club de Paris 190.0 6 178.0 11 380.7 15 270.1 14
Autre 450.0 14 450.0 27 1141.7 44 1141.7 60

Affectation du financement par l'emprunt 3304.3 100 1686.8 100 2572.5 100 1887.9 100
Infrastructures 2804.3 85 1553.5 92 2322.5 90 1771.0 94
Dépense sociales 0.0 0 0.0 0 0.0 0 0.0 0
Financement budgétaire 500.0 15 133.3 8 250.0 10 116.8 6
Autre 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Sources : autorités congolaises; estimations des services du FMI.

34 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 10. République démocratique du Congo : revues et décaissements prévus


dans le cadre de l’accord au titre de la facilité élargie de crédit
Décaissement Part de la
Date de disponibilité Action correspondant quote-part
Le 15 juillet 2021 Approbation de l’accord de 3 ans au titre de la FEC DTS 152.3 millions 14.3
Achèvement de la première revue des critères de réalisation à partir des données de la fin
Le 15 septembre 2021 ou après DTS 152.3 millions 14.3
juin 2021
Achèvement de la deuxième revue des critères de réalisation à partir des données de la fin
Le 15 mars 2022 ou après DTS 152.3 millions 14.3
décembre 2021
Achèvement de la troisième revue des critères de réalisation à partir des données de la fin
Le 15 septembre 2022 ou après DTS 152.3 millions 14.3
juin 2022
Achèvement de la quatrième revue des critères de réalisation à partir des données de la
Le 15 mars 2023 ou après DTS 152.3 millions 14.3
fin décembre 2022
Achèvement de la cinquième revue des critères de réalisation à partir des données de la
Le 15 septembre 2023 ou après DTS 152.3 millions 14.3
fin juin 2023
Achèvement de la sixième et dernière revue des critères de réalisation à partir des
Le 15 mars 2024 ou après DTS 152.2 millions 14.3
données de la fin décembre 2023
Total DTS 1,066.0 millions 100.0
Source : Fonds monétaire international.

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RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Annexe I. Matrice d’évaluation des risques1

Incidence attendue sur


Source de risque Probabilité Mesures à prendre
l’économie

Risques extérieurs potentiels – risques conjoncturels


Brusque ralentissement de la Moyenne Élevée - Maintenir des politiques
croissance en Chine. Des La baisse des exportations et macroéconomiques
perturbations économiques plus des recettes budgétaires prudentes pour favoriser la
fortes que prévu en raison d’une entraînerait des besoins de stabilité macroéconomique.
résurgence de la COVID, d’une financement de la balance - Permettre au taux de change
montée des tensions géopolitiques des paiements et du budget. de servir d’amortisseur et
et/ou d’un ralentissement plus utiliser des réserves
La baisse des prix des
marqué que prévu du secteur extérieures pour éviter une
matières premières pourrait
immobilier perturbent l'activité dépréciation désordonnée
réduire les investissements
économique. qui pourrait avoir des effets
dans le secteur extractif et
freiner les perspectives de négatifs sur la stabilité
croissance de la RDC. financière.
- Intensifier les mesures visant
La baisse des recettes à accroître les recettes,
budgétaires mettrait en péril limiter les dépenses non
les dépenses prioritaires et prioritaires afin de créer une
exacerberait la pauvreté et les marge de manœuvre pour
inégalités, ferait dérailler les appuyer la politique
plans d'investissement des budgétaire.
autorités et réduirait les - Mobiliser un appui financier
perspectives de croissance. extérieur.
- Favoriser la diversification
économique des biens
exportés et des destinations
à l'exportation.

Intensification du ou des conflits Élevée Élevée - Élaborer un plan d'urgence


régionaux. Une escalade de la Les ruptures qui atténuerait les effets
guerre en Ukraine ou d'autres d'approvisionnement et les d'une reprise économique
conflits régionaux et les sanctions hausses plus fortes que prévu tardive.
économiques qui en découlent des cours mondiaux de
perturbent les échanges l'énergie augmentent le coût
commerciaux (à titre d’exemple, des importations d'énergie et
énergie, alimentation, tourisme d'autres biens.
et/ou composants essentiels de la

1 La matrice d’évaluation des risques montre des événements qui pourraient considérablement modifier la trajectoire

de référence (le scénario le plus susceptible de se concrétiser aux yeux des services du FMI). La probabilité relative de
réalisation des risques correspond à l’évaluation subjective, par les services du FMI, des risques pesant sur le scénario
de référence (« faible » indique une probabilité inférieure à 10 %, « moyenne » une probabilité entre 10 et 30 % et «
élevée » une probabilité entre 30 et 50 %). Cette matrice illustre l’avis des services du FMI sur les sources de risques
et sur le niveau global de préoccupation au moment des entretiens avec les autorités. Les risques qui ne s’excluent
pas mutuellement peuvent interagir et se concrétiser simultanément. Les chocs et les scénarios conjoncturels mettent
en évidence les risques qui pourraient se réaliser à un horizon plus court (entre 12 et 18 mois) compte tenu du
scénario de référence actuel. Les risques structurels sont ceux qui resteront vraisemblablement prononcés à plus long
terme.

36 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Incidence attendue sur


Source de risque Probabilité Mesures à prendre
l’économie
chaîne d'approvisionnement), les
envois de fonds, les flux de
réfugiés, les IDE et flux financiers,
ainsi que les systèmes de
paiement.

Volatilité des cours des produits Moyenne Élevée - Accumuler des réserves
de base. Des perturbations Une volatilité accrue des prix
internationales.
successives de l’offre (dues par des produits de base remettra
exemple aux conflits et aux en question les politiques - Diversifier la structure de
restrictions à l’exportation) et des macroéconomiques durables l'économie et les sources
fluctuations de la demande (en et exercera des pressions sur d'exportation.
raison par exemple de la la monnaie nationale, les
- Accroître la participation aux
réouverture de la Chine) entraînent réserves et les recettes
un regain de volatilité des prix des budgétaires. accords commerciaux
produits de base, des pressions régionaux (Communauté
extérieures et budgétaires et une économique d’Afrique de
instabilité sociale et économique.
l’Est (CEA) et Zone de libre-
échange continentale
africaine (ZLECAf)).
- Utiliser la flexibilité du taux
de change pour absorber les
chocs, mais intervenir pour
prévenir les mouvements
désordonnés de la monnaie.

Risques particuliers à la RDC


Escalade des conflits armés dans Élevée Élevée - Prévoir une réserve
l’est du pays. budgétaire pour les
L'activité économique serait urgences en matière de
touchée, mais surtout dans sécurité nationale.
les régions qui ne sont pas - Fournir une assistance
bien intégrées au reste du humanitaire aux personnes
pays. touchées par le conflit.
Les déséquilibres budgétaires
et extérieurs s’intensifieraient.
Instabilité politique et Moyenne Élevée - Maintenir l'engagement et
mécontentement social l'appropriation des réformes
généralisé à la veille des L'élaboration des politiques afin de mettre en place des
élections présidentielles. et la stabilité institutions solides et
macroéconomique pourraient accélérer les réformes en
être compromises, de même matière de gouvernance.
que la capacité à faire avancer - Ancrer les attentes
des réformes structurelles inflationnistes en resserrant
ambitieuses et la politique monétaire.
indispensables. - Augmenter les dépenses de
protection sociale pour les
Les tensions sociales segments les plus pauvres
pourraient compromettre la de la population.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 37


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Incidence attendue sur


Source de risque Probabilité Mesures à prendre
l’économie
capacité à faire avancer des - Identifier des sources de
réformes structurelles financement extérieures,
ambitieuses et tout en restant prudent sur
indispensables. Elles l'endettement souverain.
pourraient également
menacer les flux de
financement extérieurs
(limités) en provenance des
institutions financières
internationales.
Phénomènes climatiques Moyenne Moyenne - Donner la priorité aux
extrêmes. Les phénomènes Les risques liés aux projets liés à la lutte contre
climatiques extrêmes causent des inondations et aux le changement climatique.
dommages plus graves que prévu glissements de terrain - Construire des
aux infrastructures (en particulier pourraient entraîner des infrastructures résilientes
dans les plus petites économies dépenses publiques face aux catastrophes
vulnérables) et des pertes en vies supplémentaires et entraver naturelles.
humaines et en moyens de la réduction prévue de la
subsistance, qui amplifient les dette publique.
perturbations de la chaîne
d'approvisionnement,
provoquent des pénuries d'eau et
de nourriture et réduisent la
croissance.

38 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Annexe II. Évaluation du secteur extérieur

Évaluation globale : la position extérieure de la RDC en 2022 a été plus faible que le niveau correspondant
aux paramètres fondamentaux et aux politiques souhaitables. En outre, le niveau des réserves est resté bas, à
8,3 semaines d’importations à fin 2022. La baisse des cours du cobalt, et dans une moindre mesure, du cuivre,
devrait continuer d’exercer des pressions sur la position extérieure. À moyen terme, les réserves devraient
augmenter plus lentement pour atteindre l’équivalent de 3 mois d’importations en 2028 seulement. Ce niveau
insuffisant des réserves de change, qui s’explique par les besoins persistants de financement de la balance des
paiements, reste un enjeu fondamental pour la viabilité extérieure
Réponses potentielles des pouvoirs publics : l’accumulation de réserves est un objectif primordial de
l’accord au titre de la FEC. Les réformes budgétaires et structurelles devraient contribuer à favoriser une
croissance durable, à améliorer l’environnement des entreprises et des institutions et à libérer l’investissement,
financé tant sur ressources intérieures qu’extérieures. Les réformes de la gouvernance contribueront à susciter
de nouveaux prêts concessionnels et des dons, qui permettraient d’atténuer la pression sur les réserves de
change et de favoriser la viabilité extérieure.

Avoirs et passifs extérieurs : position et trajectoire


Contexte. Selon les données les plus récentes sur la position extérieure globale nette (PEGN, 2022)
montrent une position débitrice nette globalement stable (-42 % du PIB), les actifs et les passifs
représentant respectivement 24 et 66 % du PIB. L’essentiel des actifs est constitué de réserves
internationales (24 % des avoirs extérieurs) et de dépôts à l’étranger effectués par des banques
commerciales, des sociétés non financières et des ménages (39 % des avoirs extérieurs). En 2019, les passifs
étaient presque aux trois-quarts constitués d’investissements directs étrangers, notamment dans le secteur
minier, et le quart restant était représenté essentiellement par des prêts aux secteurs public et privé. Les
dépôts à l’étranger ont considérablement diminué depuis 2020, passant de 8,6 milliards de dollars à 6,2
milliards de dollars, mais restent élevés en raison de la lenteur du développement d’opportunités
d’investissements dans le pays. En 2022, l’IDE a représenté 72 % des passifs extérieurs, tandis que la dette
extérieure des administrations publiques (intégralement à long terme) a représenté 13 % et la dette
extérieure privée (presque entièrement à long terme) 7,2 %.
Évaluation. Cette position extérieure globale nette (PEGN) débitrice ne présente pas de risques significatifs
pour la viabilité extérieure. Elle s’explique par la persistance des besoins de financement de la balance des
paiements et par les besoins intenses de développement. En outre, la structure des actifs et des passifs est
favorable, dans la mesure où les avoirs extérieurs sont essentiellement sous forme de dépôts et de réserves
et les passifs extérieurs sous forme d’IDE.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 39


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Avoirs et passifs extérieurs

Les dépôts à l’étranger représentent l’essentiel des avoirs


Les IDE représentent l’essentiel des passifs extérieurs.
extérieurs.
Passifs extérieurs
Avoirs extérieurs (en millions de dollars)
(en millions de dollars)

Les passifs sous forme d’IDE sont restés élevés compte


Les dépôts à l’étranger ont augmenté.
tenu de la hausse des exportations minières.
Dépôts extérieurs par détenteur
IDE et exportations minières
(en pourcentage du PIB)
(en pourcentage du PIB)

Note : les stocks d’IDE après 2019 sont comptabilisés au


moyen des flux de la balance des paiements.
Sources : autorités congolaises; estimations et prévisions des services du FMI.

2022 PEGN : Avoirs bruts : Avoirs de Passif dette : 15


Passifs bruts : 66
(En % du PIB) -42 24 réserve : 5

Compte des transactions courantes


Contexte. Le déficit des transactions courantes s’était résorbé en-deçà de sa moyenne de la période 2017-
2021 (2,6 % du PIB) à 1 % du PIB en 2021, grâce à une hausse des prix du cuivre et du cobalt (qui
représentent respectivement 70 et 21 % des exportations totales de marchandises). Toutefois, le compte
des transactions courantes s'est détérioré l’année suivante, avec un déficit de 5 % du PIB en 2022, car les
importations nominales ont considérablement augmenté en 2022 et les termes de l'échange se sont
détériorés à la suite de la guerre en Ukraine. La majeure partie des importations concerne les biens
d'équipement (48 % des importations de biens), essentiellement dans le secteur minier, et les biens de
consommation (24 % des importations de biens), principalement des produits alimentaires. Selon les

40 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

données préliminaires pour 2023, il semble que le déficit des transactions courantes est resté élevé au
cours du premier semestre de l'année (à 5,7 % du PIB), car la croissance des importations est restée forte.
Au deuxième semestre 2023 et en 2024, ce déficit devrait se résorber grâce à un ralentissement des
importations de biens d'équipement, dans la mesure où les importations élevées en 2022 et au premier
semestre 2023 s’expliquent en partie par les investissements des sociétés minières pour l'ouverture de
nouvelles mines. Le déficit des transactions courantes devrait être inférieur à 3 % du PIB à moyen terme.
Évaluation. La position du compte des transactions courantes est plus faible que le niveau correspondant
aux paramètres fondamentaux et aux politiques souhaitables. Le modèle EBA-lite de compte courant (CC)
calcule et compare le compte des transactions courantes corrigé des variations conjoncturelles à une
norme de compte courant corrigé des variations conjoncturelles. Cette correction conjoncturelle consiste à
éliminer les effets des composantes cycliques, des catastrophes naturelles et des facteurs de conflit. La
norme de compte courant est la différence entre la valeur ajustée d'une équation de régression tenant
compte des fondamentaux macroéconomiques qui sous-tendent la dynamique du compte courant, et un
écart de politique. Compte tenu d'un solde réel de compte courant de -5 % du PIB en 2022, les forts
résultats de la croissance et l'effet du conflit à l'est du pays entraînent un solde de compte courant corrigé
des variations conjoncturelles de -6,1 % du PIB. Avec des politiques souhaitables, c'est-à-dire un déficit
budgétaire corrigé des variations conjoncturelles plus faible, un crédit privé plus élevé et un taux d'intérêt
réel légèrement positif, la norme de compte courant est de -3,7 % du PIB. L'écart qui en résulte est un
déficit de 2,4 % du PIB, ce qui laisse entendre une surévaluation du TCER de 9,5 %.

République démocratique du Congo : estimations modélisées pour 2022


(en pourcentage du PIB)
Modèle CC 1/ Modèle TCER 1/
(en pourcentage du PIB)

CC effectif -5.0

Contributions cycliques (à partir du modèle) (-) 1.1


Facteurs temporaires/statistiques supplémentaires (-) 2/ 0.0
Catastrophes naturelles et conflits (-) 0.0

CC corrigé -6.1

Norme du CC (à partir du modèle) 3/ -3.7


Adjustments to the norm (-) 0.0

Norme du CC corrigé -3.7

Écart du CC -2.4 2.3


dont: écart relatif lié aux politiques publiques 2.3

Elasticité -0.3

Écart de TCER (en pourcentage) 9.5 -9.0


1/ À partir de la méthodologie EBA-lite 3.0.
2/ Aucun autre ajustement.
3/ Corrigé pour variations conjoncturelles, notamment ajustements de cohérence multilatéraux.

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Taux de change réel


Contexte. Le taux de change effectif réel (TCER) s'est apprécié de 8,6 % en 2022, tandis que le taux de
change effectif nominal (TCEN) s'est apprécié de 6,0 %. Même si cette appréciation du TCEN ralentit une
dépréciation tendancielle soutenue, le TCER a continué à suivre une tendance historique d'appréciation
persistante, en raison d'une inflation plus élevée que la moyenne TCER et TCEN
en RDC comparativement à ses partenaires commerciaux. En (Indice 2010=100)
2022, le franc congolais s'est déprécié de 1 % par rapport au
dollar (utilisant les taux moyens de la période), après s'être
déprécié de 12 et 8 % en 2020 et 2021, respectivement. Au
premier semestre 2023, le franc congolais s'est fortement
déprécié et s'est stabilisé à 30 % au-dessus de son niveau de fin
2022.
Évaluation. La modélisation du TCER selon la méthode EBA-lite
indique une sous-évaluation du taux de change effectif réel de 9
%. Toutefois, compte tenu de la durée relativement courte de Source: base de données INS du FMI.
l'échantillon de données disponibles pour la RDC (la couverture
des données pour la RDC commence en 2005, tandis que l'échantillon complet utilisé pour la régression
transnationale commence en 1995), le modèle du TCER selon la méthode EBA-lite est jugé inadéquat. C'est
pourquoi l'évaluation globale de l'écart de TCER repose sur le modèle de compte courant (CC).

Comptes de capital et d’opérations financières : flux et mesures


Contexte. Sans accès aux marchés financiers internationaux, les comptes de capital et d’opérations
financières de la RDC sont dominés par les mouvements du secteur public (compte de capital et autres
comptes d’investissements), les flux liés à l'exploitation minière (IDE) et les mouvements des banques
commerciales (dépôts à l'étranger adossés sur des dépôts en devises dans le pays).
Évaluation. L'obligation de rapatrier 60 % des recettes des exportations minières, en vigueur depuis 2018,
est une mesure de gestion des flux de capitaux au titre de la vision institutionnelle du FMI relative aux flux
de capitaux. Cette obligation devrait être réduite à mesure que les ajustements seront effectués et que les
pressions sur la balance des paiements s'atténueront. Du côté positif, de nouvelles entrées potentielles
sous forme d'IDE ou de prêts-projets pourraient se concrétiser à mesure que les termes de l'échange
continuent de s'améliorer.

Intervention sur le marché des changes et niveau des réserves


Contexte. Les réserves ont augmenté pour atteindre 8,3 semaines d'importations (4,6 milliards de dollars)
à fin 2022, contre 2,3 semaines d'importations (807 millions de dollars) à fin 2020. Les avances faites à l’État
ont été les principales ponctions sur les réserves de la BCC dans le passé, mais ces avances ont cessé
depuis le décaissement au titre de la facilité de crédit rapide (FCR) en avril 2020 et le début de l'accord au
titre de la FEC en 2021. L'accumulation des réserves en 2022 a été soutenue aussi par la vigueur des
exportations et par les achats nets de devises de la BCC à hauteur de 381 millions de dollars par le biais
d'adjudications sur le marché. Dans un contexte de baisse des prix des produits de base en RDC, la BCC est
intervenue pour limiter la dépréciation (avec des ventes nettes de 339 millions de dollars entre janvier et
septembre 2023), ralentissant l'accumulation des réserves jusqu'à présent en 2023, puisque les réserves
brutes se sont établies à 4,9 milliards de dollars à fin octobre (8,7 semaines d'importations).
Évaluation. Malgré une accumulation importante en 2021 et 2022, la couverture des importations par les
réserves reste insuffisante par rapport à la norme de trois mois. La faiblesse des réserves s’explique par des
besoins prolongés de financement de la balance des paiements, et l'amélioration de la couverture des
réserves est un objectif fondamental de l’accord au titre de la FEC, qui contribuerait à renforcer la résilience
face aux chocs extérieurs. En ce qui concerne la norme de 20 % pour la monnaie au sens large, la
couverture des réserves est satisfaisante depuis 2021.

42 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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Interventions de la Banque centrale sur le marché des changes


Les achats nets de devises en 2022 se sont produits après
Le franc congolais s’est déprécié régulièrement par rapport
un ralentissement de la dépréciation du franc congolais.
au dollar.
Ventes nettes de devises et taux de dépréciation
Franc congolais
décalés d’une période
(unités spécifiées)
(ventes nettes de devises en millions de dollars et
dépréciation en pourcentage)

Note: les taux de dépréciation sont indiqués sur l’échelle de


droite.
Les achats nets de devises en 2022 ont contribué à
L’accumulation de réserves de 2022 laisse encore un écart
l’accumulation de réserves.
important dans la couverture des réserves.
Ventes nettes de devises contre réserves officielles
Couverture des réserves
brutes
(en millions de dollars, sauf indication contraire)
(en millions de dollars)

Sources: autorités congolaises; estimations des services du FMI.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 43


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Appendice I. Lettre d’intention


Kinshasa, RDC
04 décembre 2023
Mme Kristalina Georgieva
Directrice Générale
Fonds monétaire international
Washington, D.C. 20431

Madame la Directrice générale :

1. Nous restons déterminés à mettre en œuvre les politiques et réformes dans le cadre de
l’accord au titre de la Facilité Elargie de Crédit visant à maintenir la stabilité macroéconomique, à
accroître l'espace budgétaire et à promouvoir une croissance durable, tout en favorisant une
meilleure gouvernance.

2. Nous faisons face à un environnement compliqué. Nous restons confrontés à un choc


sécuritaire de grande ampleur avec le conflit à l’Est qui entraîne des répercussions économiques et
humanitaires majeures, auquel s’ajoutent le coût important de l’organisation des élections du 20
décembre 2023 ainsi qu’un choc sur les termes de l’échange, avec une baisse des prix des minéraux
que nous exportons combinée à la hausse des prix internationaux du pétrole.

3. Malgré cet environnement, la croissance reste résiliente. Après avoir atteint 8,8% en
2022, meilleure performance depuis 2013, la croissance reste résiliente depuis le début de l’année
2023. La production minière est toujours dynamique et la production non-minière, malgré l’impact
de l’insécurité à l’Est et de l’inflation sur la consommation privée, bénéficie du dynamisme du secteur
de la construction. Au total, les performances depuis le début de l’année sont en ligne avec une
croissance qui dépasserait 6% en 2023.

4. Nos politiques budgétaire et monétaire visent à maintenir la stabilité macro-


économique et à respecter nos engagements du programme. Afin de préserver les acquis de la
stabilisation macro-économique de ces dernières années, et malgré des recettes fiscales inférieures
aux attentes au premiers semestre 2023, nous nous sommes abstenus de tout financement
monétaire direct et avons continué d’engager les dépenses dans la stricte limite des marges de
manœuvre budgétaires existantes. Cela a nécessité une révision de la composition des dépenses,
pour tenir compte de l’effort sécuritaire indispensable, tout en préservant le plus possible les
dépenses d’investissement. Nous avons aussi renforcé les mesures pour assurer un meilleur contrôle,
une meilleure régularisation et la gouvernance de ces dépenses. Le resserrement de la politique
monétaire (avec une forte hausse du taux directeur) et la baisse des paiements en espèces en
monnaie nationale au guichet de la Banque centrale devraient aussi contenir les tensions
inflationnistes. Nous restons par ailleurs déterminés à accumuler des réserves et à maintenir la
flexibilité du taux de change.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 44


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

5. La Loi de Finances de 2024, qui devrait être promulguée au plus tard le 15 décembre,
est en ligne avec les objectifs du programme. Nous avons veillé à ce que le budget 2024 soit basé
sur une enveloppe de recettes crédible, et que les dépenses prévues soient en ligne avec les grands
objectifs du programme. Nous visons un déficit budgétaire préservant la soutenabilité budgétaire à
moyen terme et totalement financé de façon crédible.

6. Nous nous attachons à respecter les conditionnalités de notre programme soutenu par
le FMI. Nous avons atteint tous les critères de réalisation (CR) à fin juin 2023, à l’exception de celui
relatif au déficit budgétaire interne. Nous sollicitons une dérogation pour le non-respect de ce critère
de réalisation, basée sur les mesures correctives détaillées au paragraphe 6 du Mémorandum des
Politiques Economiques et Financières (MEPF), et une modifications des critères quantitatifs à fin
décembre 2023 relatifs au déficit intérieur du budget, à l’accumulation de réserves et aux comptes en
devises dans les banques locales. Nous demandons également une dérogation à cause de
l’introduction d’une pratique de taux de change multiples au troisième trimestre de 2023 et qui a été
retirée depuis. Nous avons atteint 6 des 9 repères structurels (RS) pour la 5ème revue, ce qui montre
notre détermination, malgré un environnement plus difficile et l’approche des élections, à poursuivre
la mise en œuvre d’importantes réformes relatives à la gestion des finances publiques, à
l’amélioration du cadre de la politique monétaire et de la surveillance financière, et à la transparence
et à la lutte contre la corruption.

7. Nous demandons l'achèvement de la cinquième revue dans le cadre de l'accord FEC et


de l’examen des assurances de financement, qui permettra le décaissement de 152,3 millions de
DTS pour le soutien à la balance des paiements. Pour la dernière revue de programme, notre
programme continuera de s’appuyer sur des CR et OI avec fin décembre 2023 comme date test, et
sur des repères structurels conformes à notre agenda de réformes. Les conditionnalités sont
détaillées dans les tableaux 1 et 2 du MPEF et dans le protocole d'accord technique (PAT).

8. Le MPEF ci-joint précise nos objectifs et engagements au titre de l’accord du FEC. Nous
évaluerons les progrès en consultation continue avec les équipes du FMI et sommes prêts à prendre
les mesures supplémentaires qui pourraient être nécessaires pour atteindre les objectifs du
programme. Nous réitérons notre engagement à consulter le FMI avant d’adopter toute révision des
politiques énoncées dans la présente lettre d’intention et le MPEF. Nous fournirons également,
conformément au PAT, toutes les données et informations requises pour évaluer les politiques et les
mesures mises en œuvre. Nous consentons à la publication de la présente lettre d’intention, du
MPEF et du PAT, ainsi que du rapport des services du FMI relatif à la cinquième revue de l’accord du
FEC, et de tous les documents associés, après approbation par le Conseil d'administration du FMI.

Cordialement,

45 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

/s/
Jean-Michel Sama Lukonde
Premier Ministre

/s/ /s/ /s/


Nicolas KAZADI MALANGU KABEDI MBUYI Aimé BOJI SANGARA
Ministre des Finances Gouverneur de la BCC Ministre d’État,
Ministre du Budget
Pièces jointes :
- Mémorandum des Politiques Économiques et Financières
- Protocole d’Accord Technique

46 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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Mémorandum des Politiques Economiques et Financières


Ce mémorandum met à jour le MPEF attaché à la quatrième revue du programme des autorités
soutenu par l’accord au titre de la FEC, approuvée par le Conseil d'administration du FMI le 28 juin
2023.

A. Évolutions économiques récentes

1. Le contexte socio-économique et sécuritaire reste difficile, à l’approche des élections


générales du 20 décembre 2023. Les conflits armés dans l’est du pays se poursuivent, avec des
conséquences majeures sur les populations. Cette situation induit des dépenses exceptionnelles
pour le réengagement de l’Etat, la prise en charge des populations déplacées, le traitement urgent
de besoins humanitaires et pour la sécurité. Par ailleurs, l’organisation des élections présidentielle,
législatives et locales pèse aussi sur les dépenses publiques. Enfin, nous sommes confrontés à un
choc sur les termes de l’échange, avec une baisse des prix des minéraux que nous exportons
combinée à la récente hausse des prix internationaux du pétrole.

2. Malgré ce contexte difficile, la croissance demeure résiliente. La croissance en 2023


devrait dépasser les 6% : la production minière est toujours dynamique, malgré l’interdiction
d’exportation en début d’année pour un important producteur et la baisse des prix mondiaux du
cobalt. En dépit de l’insécurité à l’Est et des effets de l’inflation, la production non-minière bénéficie
du dynamisme du secteur de la construction.

3. La dépréciation du franc congolais a pesé sur l’inflation en 2023. Depuis le début de


l’année jusqu’à fin octobre 2023, les cours officiel et parallèle se sont dépréciés de 28,4% et 21,3%
respectivement. Alimentée par la dépréciation, l’inflation a culminé à 23,3% en glissement annuel en
juillet 2023. La hausse drastique du taux directeur de la BCC au mois d’août et des interventions
importantes sur le marché des changes ont permis, pour l’instant, de freiner la flambée
inflationniste, qui a légèrement reflué à 21,7% en octobre 2023.

4. Le déficit courant s’est davantage creusé, freinant l’accumulation de réserves


officielles. Selon de premières estimations, le déficit courant s’est creusé à 5,7% du PIB au premier
semestre 2023, en lien notamment avec une baisse des prix internationaux du cuivre et du cobalt.
Dans ce contexte et celui d’une baisse des recettes fiscales minières en dollars, les réserves
internationales brutes ont modérément augmenté, de 4,6 milliards de dollars fin 2022 à 4,9 milliards
de dollars à fin-octobre 2023, soit 2 mois d’importations. Leur accumulation a été soutenue en juillet
2023 par le décaissement de 500 millions de dollars d’aide budgétaire de la Banque mondiale mais a
été freinée par des ventes nettes de la BCC à hauteur de 239 millions de dollars au troisième
trimestre 2023.

5. Le secteur bancaire reste profitable et le crédit au secteur privé progresse. Les banques
ont amélioré leur profitabilité au premier semestre 2023. Toutefois, il s’observe un déséquilibre
entre, d’une part, l’accroissement des dépôts en devises et, d’autre part, l’accroissement des recettes

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 47


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

d'exportation rapatriées par les sociétés minières, ce qui suggère que ces dernières sont
contrebalancées par des sorties de devises. Le crédit au secteur privé, pratiquement limité aux prêts
en dollars, a augmenté de 17% de fin 2022 à fin septembre 2023 en termes de dollars, mais reste
très faible (autour de 10% du PIB).

B. Performances du programme de la Facilité Elargie de Crédit

6. Concernant les objectifs quantitatifs du programme, tous les critères de réalisation


(CR) à fin juin 2023 ont été respectés à l’exception d’un seul et le critère de performance
continu de l’interdiction de la pratique des taux de change multiples n’a pas été respecté
(Tableau 1) :

Les objectifs indicatifs (OI) à fin juin et fin septembre 2023 pour les recettes de l’administration
centrale ont été manqués. À fin juin, les recettes ont atteint 8 600 milliards CDF contre un OI de
10 700 milliards, un manque à gagner équivalent à 1,3% du PIB ; à fin septembre, elles ont atteint
14 000 milliards CDF contre un OI de 16 000 milliards, un manque à gagner équivalent également à
1,3% du PIB. Cette contre-performance est largement expliquée par des rentrées fiscales en
provenance du secteur minier significativement inférieures aux attentes, notamment lors de
l’échéance fiscale du mois d’avril 2023. Afin d’y remédier, nous souhaitons renforcer nos capacités
de prévision des recettes d’impôts sur les sociétés minières.

Compte tenu du manque à gagner côté recettes et de notre engagement répété à nous abstenir de
tout financement monétaire des déficits, nous avons limité le déficit budgétaire intérieur (tel que
défini dans le PAT) à 526 milliards CDF au premier semestre 2023 contre un objectif de 430 milliards.
Toutefois, cet ajustement s’est fait au prix d’une composition des dépenses différente de celle
envisagée lors de la 4ème revue, notamment avec moins de remboursement d’arriérés domestiques
(subvention pétrolière, TVA, dette intérieure), alors que les dépenses en biens et services ont
dépassé les attentes de 0,5% du PIB. En tenant compte des ajusteurs (sur les investissements sur
ressources propres et sur les remboursements d’arriérés domestiques), le plancher sur le solde
budgétaire intérieur ajusté à fin juin 2023 (CR) était un excédent de 1 468 milliards CDF et est donc
manqué.

En conséquence, nous sollicitons une dérogation pour le non-respect de ce critère de réalisation,


basée sur les mesures correctives suivantes : i) des mesures pour améliorer les recettes et leur
prévisibilité (y compris la poursuite de nos efforts pour la collecte des taxes sur les superprofits en
contentieux et la mise en œuvre de la facture normalisée de la TVA à partir de janvier 2024 pour en
favoriser un meilleur recouvrement (¶17); ii) des efforts immédiats pour le remboursement d’arriérés,
en remboursant une partie des arriérés de subvention pétrolière dus aux distributeurs pétroliers
(¶Error! Reference source not found.) ; iii) l’adoption d’un échéancier pour la mise en œuvre de
notre stratégie d’apurement des arriérés intérieurs (¶20); iv) l’adoption d’une feuille de route vers la
mise en place d’un cadre ancrant la politique budgétaire sur un solde à moyen terme hors
ressources extractives, afin de réduire le caractère procyclique de nos dépenses (¶26) ; v) l'inclusion
de dispositions régissant les dépenses effectuées en procédure d'urgence dans le Manuel

48 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

d'exécution du budget et la signature (le 24 octobre 2023) du décret sur la comptabilité publique
clarifiant l'éligibilité au recours aux procédures d'urgence. (¶25) ; et vi) l’inscription des dates
d’exigibilité des paiements dans le système informatique de gestion des finances publiques, afin de
mieux suivre l'accumulation des arriérés.

Le critère de performance continue sur l’absence de pratique de taux de change multiples a été
manqué en raison de l’introduction d’une mesure qui a entrainé l’apparition d’une pratique de taux
de change multiples (¶30). Nous demandons une dérogation pour la non-observation de ce critère,
en raison de la nature temporaire de la mesure et de notre engagement à ne pas l'utiliser à l'avenir.

Le plancher sur les dépenses ciblées de trois programmes de santé (OI) a aussi été manqué, les
décaissements à fin juin 2023 atteignant 33,6 milliards CDF, contre un objectif fixé à 41,8 milliards
(soit 80% de la cible). Nous poursuivons nos efforts face aux contraintes administratives, notamment
pour la passation des marchés. Tout en reconnaissant qu’il est dommageable d’avoir raté les cibles
de cet OI tout au long du programme, nous soulignons que la situation actuelle représente un
progrès substantiel, reconnu par les partenaires du secteur de la santé, par rapport à la situation
prévalant au lancement du programme de la FEC, où l’Etat ne s’impliquait pas financièrement dans
ces programmes.

Tous les autres CR et OI à fin juin 2023 ont été respectés. Quant au plancher sur l’accumulation de
réserves internationales nettes (CR), l’accumulation a été inférieure au montant prévu au premier
semestre 2023, mais une fois ajusté pour refléter le délai de l’aide budgétaire de la Banque
mondiale—prévu au deuxième trimestre 2023 mais décaissé début juillet—ce critère a été respecté.

7. Malgré les fortes incertitudes et des marges de manœuvre limitées à l’approche des
élections, nous restons déterminés à respecter les critères de performance quantitatifs à fin
décembre 2023, dernière date-test du programme de la FEC. Nous avons proposé la
modification de certains OI et CR, détaillée dans le reste de ce mémorandum, afin de refléter les
évolutions récentes et le cadrage macroéconomique révisé sur lequel nous nous sommes accordés
lors des discussions en vue de la présente 5ème revue.

8. La mise en œuvre de notre programme de réformes structurelles s’est poursuivie :

 Nous avons respecté le repère structurel (RS) continu relatif à la publication des contrats miniers
dans les 60 jours suivant leur signature.

 Nous avons aussi respecté cinq des huit autres RS pour cette cinquième revue (voir Tableau 2).

 Les réformes prévues pour les trois repères manqués n’ont pas été abandonnées, mais ont pris
du retard pour les raisons suivantes :

o Le manuel de procédures sur l’exécution budgétaire conforme à la Loi du 13 juillet 2011


relatives aux Finances Publiques et incluant les dispositions pour les dépenses en procédure
d’urgence a été finalisé. Cependant, la signature du décret l’accompagnant prévu pour fin
juillet 2023, a pris du retard ; le décret a été signé le 24 octobre 2023.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 49


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

o Nous nous étions engagés à signer, avant la fin septembre 2023, un protocole d’accord
entre le ministère des Finances et la BCC sur la mise en œuvre de la recapitalisation de cette
dernière. Toutefois, la transition de la comptabilité de la BCC aux normes internationales
d’information financières (IFRS) n’a toujours pas été finalisée. Cette transition conduira à une
augmentation sensible de l’évaluation des besoins de recapitalisation par rapport à
l’évaluation initiale de la BCC. Il a été décidé de repousser la signature de ce protocole. Nous
avons cependant signé, le 20 novembre 2023 un protocole d’accord entre le ministère des
finances et la BCC visant à relever le capital social de la BCC au niveau prévu par la loi
organique de la BCC, soit 213 milliards CDF ; à cet effet, le Trésor sera débité à quatre
reprises semestriellement entre mai 2024 et novembre 2025. De plus, nous nous engageons
à ce que, d’ici la fin mai 2024, les états financiers de l’exercice 2023 de la BCC soient produits
selon les normes IFRS, vérifiés par un auditeur externe et adoptés par son Conseil
(proposition de RS à fin mai 2024). Nous nous engageons par la suite à mettre en place
un mécanisme crédible de recapitalisation de la BCC tenant compte de la capacité
budgétaire de l’État.

o Le décret d’application de la loi N°18/016 du 09 juillet 2018 relative aux PPP a été signé le 26
octobre 2023 (RS à fin juillet 2023), compte tenu du temps nécessaire pour une
harmonisation techniques entre les différents ministères et services concernés.

C. Perspectives économiques et risques

9. Les perspectives à court terme restent favorables. Après 6,2% en 2023, nous prévoyons
un ralentissement de la croissance en 2024, toujours soutenue par le secteur minier (4,4%), tandis
que la croissance du secteur non-extractif pourrait atteindre 5%. La hausse des prix à la
consommation pourrait approcher 20,8% en glissement annuel fin 2023, mais nous anticipons un
ralentissement progressif de l’inflation en 2024, à moins de 12% en glissement annuel fin 2024. Le
déficit budgétaire intérieur (base caisse) serait limité à 0,8% du PIB en 2023 et 0,6% en 2024. Le
déficit du compte courant, après s’être creusé à 5,3% du PIB en 2023, se réduirait à environ 4,1% du
PIB en 2024.

10. Nous sommes conscients que ces perspectives à court terme sont sujettes à des risques
importants. Ces risques incluent les répercussions de la situation internationale (poursuite de la
guerre en Ukraine, crise au Moyen-Orient) et d’autres incertitudes (croissance mondiale et de la
Chine en particulier, risques sur le système financier international) qui pourraient peser sur les
termes de l’échange, notamment via une baisse des prix des produits miniers. Au niveau interne,
sans désescalade du conflit à l’Est, la stabilité macroéconomique pourrait être fragilisée, y compris
via des pressions budgétaires supplémentaires. Nous restons donc prêts, dans le cadre de notre
programme soutenu par le FMI et de notre dialogue permanent, à ajuster nos politiques
économiques en cas de besoin.

11. Les perspectives de croissance à moyen terme restent également favorables. Nous
prévoyons une croissance moyenne d’au moins 5,1% par an entre 2024 et 2028, portée par le

50 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

développement continu de l’activité minière et l’avancée des réformes structurelles contribuant à la


croissance du secteur non-extractif via la diversification économique. Nous projetons une
diminution progressive du déficit du compte courant qui s’établirait entre 2 et 3% du PIB.

12. Notre programme de réformes économiques doit aussi contribuer à renforcer la


croissance inclusive, la diversification économique et la compétitivité extérieure. Nous allons
créer de nouvelles opportunités commerciales et soutenir la diversification économique en : (i)
améliorant nos systèmes d'éducation et de santé ; (ii) améliorant l'environnement des affaires et la
gouvernance ; et (iii) en développant les infrastructures de base, notamment pour les transports et
communications, l’énergie et l’accès à l’eau potable. Des réformes structurelles ambitieuses doivent
aider à mobiliser les investissements directs étrangers, améliorer la gestion et le mécanisme de suivi
et d’évaluation de nos investissements publics, améliorer la compétitivité et renforcer la résilience
face aux chocs externes.

D. Politiques macroéconomiques et structurelles

Politique budgétaire

Exécution budgétaire au deuxième semestre 2023

13. L’exécution budgétaire des derniers mois de l’année 2023 reste guidée par la
prudence, basée sur les ressources dont nous disposons :

 Malgré les efforts de mobilisation des recettes, dont la finalisation d’un certain nombre de
redressements au titre de l’impôt sur les superprofits d’entreprises minières, nous ne pourrons
pas rattraper le manque à gagner du premier semestre 2023. Nous prévoyons donc des recettes
budgétaires internes en-deçà du niveau prévu lors de la 4ème revue, fixant la cible sur les recettes
de l’ensemble de l’année à près de 18 500 milliards CDF (OI à fin décembre 2023).

 Les dépenses sont engagées strictement en fonction des recettes disponibles. Cela nous permet
de viser un déficit budgétaire interne de près de [1 400] milliards CDF (CR à fin décembre
2023), équivalent à 0,8% du PIB. Reflétant des investissements de CDF2 455 milliards y compris
CDF394 milliards pour le PDL-145T projets financés par l’allocation de DTS et exécutés par la
BCeCo et la CFEF.

 Ce résultat sera obtenu en maintenant la masse salariale à 7 130 milliards CDF (OI à fin
décembre 2023), tandis que nous maintenons un niveau de dépenses exceptionnelles à 3 000
milliards CDF, compte tenu du conflit armé à l’Est et des élections. L’ajustement nécessaire pour
maintenir le déficit interne à 0,8% du PIB repose essentiellement sur une diminution des
montants alloués au remboursement des arriérés domestiques, qui atteindraient
854 milliards CDF contre 1 582 milliards projetés lors de la 4ème revue. Toutefois, conscients que
ce changement de composition des dépenses n’est pas en ligne avec les objectifs du
programme, nous avons décidé le remboursement de 140 millions de dollars au titre d’arriérés

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 51


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

de la subvention pétrolière (¶Error! Reference source not found.)Error! Reference source not
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 L’objectif de dépenses pour trois programmes de santé ciblés dans le cadre du programme reste
inchangé à 75 milliards CDF (OI à fin décembre 2023).

 Notre politique budgétaire prudente sur la fin de l’année 2023 repose aussi sur la limitation des
dépenses sous procédures d’urgence à 10% des dépenses totales sur ressources propres (OI à
fin décembre 2023).

 Nous respecterons le plafond sur la valeur actualisée des nouveaux prêts contractés par le
secteur public, fixé à 2,5 milliards de dollars (CR à fin décembre 2023).

Loi de finances et prévisions budgétaires pour 2024

14. Le projet de loi de finances pour 2024 est ambitieux mais crédible :

 Le projet de loi de finances transmis au Parlement, le 15 septembre 2023, est basé sur des
recettes courantes projetées à 24 200 milliards CDF, légèrement supérieures à celles envisagées
dans le cadre du programme (22 100 milliards CDF). Il a été approuvé par l'Assemblée nationale
le 24 octobre 2023 et par le Sénat le 18 novembre 2023, avec de légères modifications. Sa
promulgation est attendue au plus tard le 15 décembre 2023.

 La masse salariale retenue dans le budget 2024 est en ligne avec les objectifs du programme, à
8 125 milliards CDF (4,2% du PIB).

 Le reste des dépenses courantes prévues dans la Loi de finances est aussi généralement en ligne
avec les objectifs du programme.

 En revanche, il existe une différence significative entre les dépenses d’investissements prévues
dans la Loi de finances et celles du cadrage macroéconomique du programme. Cela reflète notre
volonté politique d’un objectif ambitieux pour les investissements indispensables pour le
développement de la RDC, ainsi que notre espoir de lever les contraintes légales d’affectation
des dépenses au niveau des provinces et les contraintes de mise en œuvre de investissements.
S’agissant des investissements sur ressources extérieures, les montants inscrits sont en lien avec
les engagements pris par les partenaires, même s’ils devront être ajustés en fonction de
l’avancée des projets et des décaissements effectifs.

 Les montants prévus pour les budgets annexes et les comptes spéciaux ont significativement
augmenté par rapport à 2023. Cela reflète en partie une meilleure comptabilisation, mais
également la création prévue du Fonds de Soutien et de Développement des FARDC et Services
de sécurité (FSD-FARDC) et du Fonds d'Intervention pour l'Environnement (FIPE), ainsi que de
l’augmentation importante des ressources prévues pour certains fonds spéciaux déjà existants.

52 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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 Nous nous engageons également à rembourser 1 169 milliards CDF d’arriérés domestiques, ce
qui comprend le remboursement des arriérés sur la subvention pétrolière, des arriérés de TVA,
ainsi que pour la stratégie d’apurement des arriérés intérieurs.

 Nous envisageons un déficit interne base caisse limité à moins de 1 100 milliards CDF en 2024,
soit 0,6% du PIB, entièrement financé avec des hypothèses de financements crédibles
(principalement bons et obligations du Trésor, et prêts budgétaires) et cohérent avec notre
objectif de préservation de la soutenabilité budgétaire à moyen terme. Ce montant reflète des
investissements sur financement domestique de 3 404 milliards CDF, dont 158 milliards CDF
pour les projets PDL-145T financés par l'allocation de DTS et mis en œuvre par la BCeCo et la
CFEF.

 Afin d’assurer la cohérence de la prévision d’exécution budgétaire avec les objectifs du


programme et comme en 2022 et 2023, nous publierons d'ici la fin janvier2024 des plans
d’engagements budgétaires trimestriels cohérents avec les objectifs du programme.

15. Notre politique budgétaire est toujours guidée par les deux principes suivants :

 L’absence de tout financement monétaire direct des déficits, conformément à la Loi Organique
de la BCC, rappelée dans le Pacte de Stabilité d’août 2020.

 La préservation d’un risque modéré de surendettement, pour maintenir notre accès, autant que
possible, à des financements externes concessionnels pour nos projets prioritaires. Le plafond
sur la valeur actualisée des nouveaux prêts contractés par le secteur public est ainsi fixé à
1 milliard de dollars pour le premier trimestre 2024 (objectif indicatif).

Réformes budgétaires structurelles

E. Mobilisation des recettes

16. Nous comptons poursuivre nos efforts de mobilisation des recettes, qui ont déjà
commencé à porter leurs fruits. Le total des recettes fiscales et non fiscales du gouvernement
central (hors comptes spéciaux) a fortement progressé, de 7,7% du PIB en 2020 à 14,4% du PIB en
2022. La forte progression en 2022 était en partie due à un niveau exceptionnel de recettes du
secteur minier, notamment de la collecte d’impôts sur les superprofits générés en 2021. Si ce niveau
exceptionnel n’a pas pu être renouvelé en 2023 (où nous attendons des recettes de l’ordre de 11%
du PIB), nous ambitionnons toujours de converger vers la moyenne de nos pairs en Afrique
subsaharienne qui se situe à 17% du PIB environ.

17. Cet effort de mobilisation des recettes s’appuie notamment sur les mesures ci-après :

 Élargissement de l’assiette fiscale et amélioration de la conformité au paiement de l’impôt.

o Sur la base des rapports sur les dépenses fiscales en annexe de la Loi de Finances et du plan
de rationalisation des dépenses fiscales adopté en octobre 2022, nous ambitionnons de

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 53


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réformer les régimes fiscaux dérogatoires, ainsi que toutes les conventions, agréments,
accords, lettres ou autres documents prévoyant des exonérations fiscales autres que celles
prévues dans les codes sectoriels en vigueur.

o Nous améliorons la conformité fiscale en facilitant l'enregistrement des contribuables et en


augmentant le nombre de grands, moyens et petits contribuables. Nous allons accélérer la
digitalisation à travers (i) le déploiement d’ici la fin 2023 du logiciel de gestion intégrée de
l’Impôt (ERP) à la Direction Générale des Impôts (DGI), (ii) le lancement au premier trimestre
2024 de l’enregistrement biométriques des contribuables, personnes physiques et morales,
afin de fiabiliser les répertoires et (iii) l’extension de la télédéclaration aux Centres des
Impôts, déjà obligatoire pour les grandes entreprises.

o Nous poursuivons la sécurisation du registre des contribuables, en limitant l'accès aux


opérations douanières, aux marchés publics, et le droit d'émettre des factures de TVA aux
seuls assujettis actifs identifiés par la DGI, et en améliorant les taux de déclarations d’impôts
et de paiements.

o Nous travaillons à augmenter la couverture des risques par un plan d'audit adapté et nous
renforçons le recouvrement des arriérés d'impôts.

o La DGI s’est dotée en septembre 2023 d’un laboratoire chargé de vérifier les paramètres
techniques des produits miniers (taux d’humidité, teneurs et quantités des minerais)
nécessaires pour déterminer les bases imposables et calculer les impôts dus par les
entreprises minières. Le laboratoire a été officiellement inauguré le 2 novembre. Les
premiers résultats sont attendus avant la fin de l’année 2023.

 Rétablissement d’un bon fonctionnement de la TVA :

o Conformément à la législation et aux pratiques internationales, le système de TVA


comptable appliqué en RDC concerne les sociétés minières en phase d’exploitation et non
des produits spécifiques, évitant l’accumulation de nouveaux arriérés de TVA sur les
importations.

o Concernant le stock d’arriérés de TVA certifié envers les sociétés minières, estimé à quelque
800 millions de dollars dans l’audit de l'Inspection Générale des Finances (IGF) de mars 2022,
nous avons procédé à des remboursements pour un peu plus de 100 millions de dollars en
2022 et d’un peu moins de 30 millions de dollars en 2023. Nous n’accumulons plus d’arriérés
de remboursement de TVA aux douanes grâce au système de TVA comptable en vigueur
depuis 2022, mais nous accumulons encore des arriérés sur la TVA interne.

o En dehors du secteur minier, nous prévoyons d’intensifier les contrôles ponctuels de la TVA
et de connecter les directions centrales entre elles et avec les services opérationnels. La
faible informatisation de l’administration fiscale explique la contre-performance dans la
collecte de la TVA, en fragilisant la capacité de la DGI à maîtriser l’assiette et à procéder à un

54 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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recouvrement exhaustif. Dans l’objectif d’améliorer cette situation, le Gouvernement a signé,


le 3 mars 2023, le Décret portant réglementation de la facture normalisée et fixation des
modalités de mise en œuvre des dispositifs électroniques fiscaux; ce décret permettra à
l’administration fiscale : (i) d’authentifier, via un code numérique unique, chaque transaction
commerciale réalisée par les opérateurs économiques qui collectent la TVA et (ii) d’exploiter
les données sur ces transactions aux fins de contrôle des déclarations de TVA et d’évaluation
des chiffres d’affaires de chaque opérateur économique. Les textes d’application du Décret
portant réglementation de la facture normalisée ont été signés le 23 octobre 2023. Pour
rendre opérationnel ce dispositif, nous allons acquérir une solution informatique de
contrôle, d’ici la fin 2023, qui permettra d’émettre un code de certification de chaque facture
émise et de s’assurer de sa régularité.

o Les exemptions de TVA sont coûteuses, et parfois économiquement mal justifiées. Certaines
des exemptions en vigueur devraient être revues. De plus, nous nous engageons à ne plus
accorder de nouvelles exemptions de TVA, à l’exception de circonstances exceptionnelles
comme celles ayant mené à exempter certains produits alimentaires de première nécessité.

 Amélioration de la performance de la Direction Générale des Douanes et des Accises (DGDA) :

o La modernisation des installations se poursuit, ainsi que la formation des agents douaniers,
notamment à l’utilisation de SYDONIA World qui couvre 98% des recettes douanières.

o Nous allons renforcer le contrôle des flux matières en lien avec les exportations de minerais.
En effet, des lacunes dans le contrôle des exportations minières conduisent à une sous-
estimation de la valeur de ces exportations et à un potentiel manque à gagner important
pour l’Etat.

o L’attention est aussi portée sur la valeur des marchandises importées, avec un contrôle
renforcé de la valeur déclarée, notamment pour les importations de véhicules via un système
dédié en interaction avec SYDONIA World. Le contrôle administratif des exonérations et des
régimes suspensifs à l'importation est aussi renforcé.

o Toujours pour améliorer le contrôle, nous mettons en place des équipements, matériaux et
logiciels de contrôle dans cinq principaux postes frontaliers (Kasumbalesa, Petite Barrière-
Goma, Kasindi, Mahagi et Sakania).

o La dématérialisation des procédures et gestion douanières se poursuit avec la mise en place


des logiciels informatiques GELEC, SYSTAD et BADA pour, respectivement, la gestion des
contentieux, des statistiques et des ressources humaines. L’objectif est d’étendre ces
logiciels à 10 nouveaux postes douaniers en 2023, pour un total de 89 postes équipés sur
108. Nous poursuivons par ailleurs les travaux d’interconnexion avec les douanes de la
République du Congo, du Kenya, de l’Angola, de l’Ouganda, de la Tanzanie et de la Zambie.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 55


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o Le système de traçabilité des droits d’accises (STDA) est désormais en place. Après le tabac
et les télécommunications en 2022, l’installation des équipements nécessaires chez les
producteurs de boissons a été accélérée en 2023. Nous attendons des effets significatifs de
cette réforme, alors que les droits d’accise représentent seulement 0,6% du PIB, contre 1,6%
en moyenne en Afrique.

 Amélioration de la performance de la Direction Générale des Recettes Administratives,


Domaniales, Judiciaires et de Participations (DGRAD) :

o L’informatisation des procédures de collecte des recettes se poursuit, avec le soutien de


partenaires comme l'Agence Française de Développement et l'Union européenne. Après
avoir déployé le logiciel LOGIRAD dans six principaux services pourvoyeurs de recettes
(Mines, Environnement, Affaires foncières, Postes et télécommunications, Hydrocarbures,
Intérieur et sécurité/DGM), nous souhaitons l’étendre dans les provinces à fort potentiel
fiscal : Haut-Katanga, Tshopo, Haut-Uele, Bas-Uele, Kongo-Central, Kinshasa, Nord-Kivu,
Sud-Kivu, Ituri, Tanganyika, Kasaï et Maniema.

o Nous renforçons le cadre juridique et institutionnel de la DGRAD en adaptant le règlement


d’administration relatif au personnel de carrière de la DGRAD et en mettant en conformité
les arrêtés interministériels avec les nouvelles mesures insérées dans la nomenclature et
dans les textes sur les procédures.

o Nous souhaitons améliorer le recouvrement des recettes non fiscales issues : (i) de la Police
Nationale Congolaise et du secteur de la justice ; (ii) de l’émission des passeports et permis
de conduire biométriques ainsi que des cartes de travail pour les étrangers ; et (iii) des
ambassades et consulats de la RDC à l’étranger.

o Nous travaillons à la rationalisation des charges non fiscales sur la base du plan finalisé en
octobre 2022 prenant en compte les recommandations de l’assistance technique du FMI. La
deuxième phase du plan de rationalisation des recettes non fiscales a ainsi été achevée en
septembre 2023, après consultation avec les ministères sectoriels sur la liste finale des taxes
à rationaliser.

o Nous avons finalisé en juin 2023 l’inventaire des charges parafiscales, des comptes spéciaux
et des budgets annexes (RS à fin juin 2023). Plus de 8000 organismes auxiliaires ont été
reclassés en budgets annexes, établissement publics et services de dépenses, et un
répertoire des 1112 actes générateurs de recettes pour 238 organismes auxiliaires (hors
établissements éducatifs et de santé) a été produit, préalable à leur rationalisation.

o Nous limiterons la création de nouveaux fonds spéciaux, car la mise en place d’une
parafiscalité destinée à leur financement (voire la collecte pour leur compte de certaines
charges par la DGRAD), va à l’encontre de l’objectif de rationalisation des charges
parafiscales, et dessert l’objectif d’augmentation des recettes du gouvernement central, y
compris en décourageant les entreprises de rejoindre le secteur formel.

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F. Maîtrise des dépenses, risques budgétaires et amélioration de la qualité


des dépenses

18. Nous continuons à développer notre capacité d’évaluation et de gestion des risques
budgétaires. Avec l'assistance technique du FMI, nous avons élaboré un document détaillé annexé
à la Loi de Finances contenant des informations sur (i) les risques macroéconomiques ; (ii) les risques
liés à la dette publique ; (iii) les risques liés aux entités publiques autres que le gouvernement
central ; (iv) les risques liés au secteur financier ; (v) les risques institutionnels ; et (vi) les risques à
long terme, notamment ceux liés au changement climatique. Nous continuons à améliorer ce
document chaque année, notamment en termes d’évaluation chiffrée de ces risques budgétaires, et
des coûts budgétaires nécessaires pour les atténuer.

19. Concernant les risques liés à la dette publique, nous restons engagés à éviter
(i) l’accumulation d’arriérés sur le service de la dette extérieure publique (CR) ; (ii) l’accumulation
d’arriérés de salaires de l'Etat (OI) ; et (iii) le recours à des prêts de la banque centrale en faveur du
gouvernement central (CR). Nous nous engageons également à ne plus utiliser les dépôts de la
banque centrale comme collatéral/garantie pour les emprunts de l'administration centrale, tout en
remboursant les emprunts de ce type existants selon l’échéancier prévu (OI).

20. Nous avons précisé le calendrier de mise en œuvre de la stratégie d’apurement des
arriérés intérieurs définie avec l’assistance technique du FMI :

 Après la finalisation d’un audit indépendant du stock d’arriérés intérieurs certifiés en décembre
2022, la stratégie a été présentée au conseil des ministres du 19 mai 2023. Elle prévoit le
paiement, sans décote, des créances inférieures à 300 000 dollars. Les autres créances seront
transformées en Obligations du Trésor, dont une partie pourra être remboursée par anticipation
chaque année via des opérations de rachat (enchères inversées). À cet effet, un arrêté fixant les
modalités de titrisation des arriérés intérieurs certifiés et d’organisation de rachat des titres de la
dette publique intérieure a été signé le 24 octobre 2023.

 Pour assurer la transparence et l’équité du processus de remboursement, nous avons publié le


1er septembre 2023 un communiqué invitant les créanciers à se rapprocher de la Direction
Générale de la dette publique (DGDP) afin de constituer leur dossier. Une application en ligne
est développée pour permettre aux créanciers de suivre leur dossier.

 Par ailleurs, une feuille de route finalisée le 13 novembre 2023 prévoit que le paiement des
créances inférieures ou égal à 300 000 dollars se fera en 2024, tandis que le processus de
transformation des autres créances en Obligations du Trésor débutera en mars 2024. Nous
prévoyons de commencer les opérations de rachats anticipés à partir de juillet 2024.

 Nous nous abstiendrons de tout paiement à l’extérieur du cadre de la stratégie d’apurement des
arriérés intérieurs.

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21. Nous poursuivons les réformes visant à rationaliser la subvention pétrolière en vue
d‘en maîtriser le coût budgétaire :

 La hausse graduelle des prix à la pompe depuis la fin 2021, entre 54 et 112% au total selon les
régions et les produits`(y compris la récente hausse intervenue le 25 octobre 2023, et la
suppression de la subvention pour l’achat de carburant par les compagnies aériennes pour les
vols internationaux depuis fin mai 2022) ont permis de réduire significativement le rythme
d’accumulation de nouveaux passifs (manques à gagner des distributeurs et logisticiens
déterminés par l’écart entre prix à la pompe et vérité des prix). Globalement, la structure des prix
en vigueur a même dégagé un surplus en faveur de l’Etat au 2ème trimestre 2023, avant le
rebond des prix internationaux du baril.

 Depuis juin 2023, nous publions mensuellement sur le site internet du ministère de l’Economie
Nationale la structure des prix, accompagnée de l’écart entre prix à la pompe et vérité des prix,
permettant d’estimer le montant de la subvention.

 A la suite de l’audit de la structure des prix dont la version finale a été remise au gouvernement
début mai 2023 et d’une mission d’assistance du FMI en juillet 2023, nous avons finalisé et validé
en novembre 2023 une feuille de route, dont la mise en œuvre sera pilotée par le ministère de
l’Economie Nationale appuyé par l’ensemble des parties prenantes, comprenant les priorités
suivantes :

o L’assainissement de la structure des prix par l’optimisation de certains postes (notamment le


Prix Moyen Frontière), en collaboration avec le ministère des Hydrocarbures, l’audit ayant
montré la potentielle surestimation de certains coûts.

o La poursuite des efforts pour améliorer le calcul et la certification des manques à gagner de
la profession pétrolière. Un arrêté précisant les critères d’éligibilité et les modalités de calcul
sera publié d’ici fin 2023. Les manques à gagner pour un trimestre donné seront certifiés
dans un délai maximum de deux mois.

o L’application début 2024 de la décision prise par l’Arrêté interministériel du 13 mars 2023
écartant les sociétés minières de la subvention sur le gasoil pour la zone
d’approvisionnement sud. Les discussions sur les modalités pratiques de mise en œuvre de
cette réforme (incluant notamment l’extension du programme de marquage moléculaire
dans les zones Sud et Est) sont en cours avec le ministère des Hydrocarbures et la profession
pétrolière.

 Nous rationalisons les exonérations à l’importation des produits pétroliers, en vue d’optimiser la
parafiscalité pétrolière et de maîtriser les volumes réellement mis en consommation. Dans
l’attente de la mise en place d’un mécanisme d’évaluation plus rigoureux, les exonérations ont
été suspendues.

58 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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 Concernant l’apurement du passif envers les pétroliers estimé à 462,4 millions de dollars fin juin
2023, nous allons en rembourser 140 millions d’ici à la fin de 2023 via un financement bancaire
dont le paiement est garanti par une partie de la parafiscalité incluse dans la structure des prix
des carburants. Nous continuerons à rembourser ce passif en 2024.

22. Au-delà de la maîtrise de la masse salariale à court terme, une réforme ambitieuse de
la fonction publique est indispensable. Après 20% de hausse en 2022 avec l’amélioration du
traitement de base de certains fonctionnaires en régime général et des primes dans les secteurs de
la santé, de l‘éducation et de la sécurité, la masse salariale n’a augmenté que de 8,5% en 2023,
conformément à nos engagements dans le cadre du programme. Autre engagement rempli, un
arrêté interministériel précisant que toute augmentation de salaire devra être approuvée
conjointement par les ministres du Budget, des Finances, et de la Fonction Publique a été signé fin
juillet 2023 par les ministres concernés. Enfin, le budget 2024 prévoit encore une hausse modérée
de la masse salariale (d’environ 12% en termes nominaux), ce qui permettra de la ramener à 4,2% du
PIB, contre 5% du PIB en 2022. Au-delà de ces efforts de maîtrise de la masse salariale à court terme,
nous avons commencé à mettre en œuvre une réforme de la fonction publique à moyen terme, y
compris à définir une stratégie globale de politique salariale, un nettoyage du fichier de la fonction
publique à partir de l’identification biométrique de tous les agents publics visant à supprimer tout
emploi fictif, une réorganisation de la couverture sociale des agents publics et un programme de
mise à la retraite financièrement soutenable. Cette réforme essentielle et le calendrier de sa mise en
œuvre devront être précisés par le gouvernement après les élections de la fin 2023.

23. Augmenter le niveau et l’efficacité des dépenses sociales reste indispensable :

 Les trois programmes de santé (vaccination traditionnelle des enfants avec le GAVI, programme
santé mère-enfant avec la Banque mondiale, et programme anti-malaria, tuberculose et HIV
avec le Fonds Mondial) faisant partie de l’OI dans le cadre du programme de la FEC avaient été
choisis en collaboration avec les partenaires de la santé en considérant leur importance et le
besoin d’une implication directe, y compris financière, du gouvernement. Les cofinancements
attendus du Gouvernement n’ont été atteints que pour le programme de vaccination avec le
GAVI, mais les progrès sur les deux autres programmes sont significatifs et appréciés par les
partenaires concernés. Nous sommes prêts à poursuivre cet engagement dans les années à
venir, et à étendre cette collaboration à d’autres programmes.

 Au-delà de ces programmes de santé ciblés, nos priorités sociales comprennent la gratuité
d'accès à l’éducation, la réduction des inégalités régionales, et l’accélération des projets de
sécurité alimentaire, afin d’accroître l’offre et la disponibilité de nourriture dans le cadre de
l’Agenda de Transformation Agricole lancé par le Président de la République. Les dépenses
sociales dépendent principalement des huit ministères suivants : le ministère de l’enseignement
primaire, secondaire et Technique, le ministère de l’enseignement supérieur et universitaire, le
ministère de la formation professionnelle, le ministère de la recherche scientifique et innovation
technologique, le ministère de la santé publique, le ministère de la prévoyance sociale, le
ministère des affaires sociales, et le ministère des actions humanitaires et solidarité nationale. La
loi de reddition des comptes pour 2022 a montré que ces ministères sociaux avaient compté

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 59


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pour environ 30% des dépenses budgétaires totales, et le budget 2024 accorde une nouvelle
fois la priorité aux dépenses sociales.

24. Nous améliorerons l’efficacité de la gestion des investissements publics :

 Nos réformes sont basées sur les recommandations des missions d'assistance technique du FMI
des mois de mars et septembre 2022 ayant évalué la gestion des investissements publics (Public
Investment Management Assessment, PIMA) et qui ont mis en lumière des faiblesses structurelles
tout au long du cycle d’investissement public. Les principales recommandations du PIMA ont été
reprises dans une feuille de route, accompagnée d’un plan d’actions prioritaires, qui ont été
présentés au Conseil des ministres du 3 novembre 2023. Après validation de l’ensemble des
ministères concernés, cette feuille de route a été adoptée par le Conseil du 03 novembre 2023.

 Nous poursuivons le renforcement du suivi des projets sur financements extérieurs via : (i) la
restructuration et le renforcement de la Cellule de Suivi des Projets et Programmes (CSPP), avec
la signature de l’arrêté de restructuration de la CSPP en mai 2023, suivie du recrutement sur une
base compétitive de son équipe dirigeante et de sa prise de fonction en septembre 2023 ;
(ii) l’élargissement des compétences de la CSPP, qui suis désormais, en plus des projets de la
Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, ceux du Fonds International de
Développement Agricole, de l’Agence Française de Développement, de la Banque Arabe pour le
Développement, de l’Agence Allemande de coopération Internationale, et de l’Agence
Internationale de Coopération Japonaise ; (iii) le développement du tableau de bord pour le suivi
en temps réel des projets et programmes et l’amélioration du suivi de traitements des dossiers
pour réduire les délais administratifs; et (iv) l’évaluation des contrats de performance signés en
2022 entre le gouvernement et les coordonnateurs des Unités de gestion des projets, dont les
résultats ont été proclamés en février 2023 en présence du Premier Ministre.

 Le renforcement de la CSPP s’inscrit aussi dans le processus de création d’un bureau unique de
coordination et de suivi des projets sur financements extérieurs, prévoyant la fusion de la CSPP
avec le Bureau Central de Coordination (BCeCo), la Cellule Financière pour les Etats Fragiles
(CFEF) et la Cellule d’Appui à l’Ordonnateur du Fonds Européen pour le Développement
(COFED). Les différentes étapes de ce processus, avec un calendrier de mise en œuvre, seront
précisé d’ici à la mi-2024 sur la base du travail d’un consultant qui a été sélectionné pour
accompagner le ministère des Finances.

 Par ailleurs, (i) le décret sur la gestion des investissements publics couvrant toutes les phases du
cycle des projets a été signé le 31 mai 2023; (ii) les travaux pour l’attribution d’un identifiant
numérique unique à chaque projet financé par le gouvernement ou ses partenaires au
développement seront achevés d’ici à fin avril 2024; (iii) un manuel de procédures pour
standardiser les méthodologies de gestion des investissements publics, y compris l’évaluation
des impacts climatiques, a été produit et adopté par le gouvernement le 11 novembre 2023 (RS
à fin décembre 2023); (iv) pour la première fois, un programme pluriannuel d’investissements
publics (2024-2026) a été annexé à la Loi de finances pour 2024.

60 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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 L’exécution du premier volet du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-
145T), en partie financé par l’allocation générale de DTS d’août 2021 (511 millions de dollars en
2022 pour des écoles, centres de santé et bâtiments administratifs) accélère : à fin septembre
2023, plus de 90% des ouvrages sont en cours d’exécution (environ 10% étant même achevés),
avec un taux de décaissement de plus de 55% (contre environ 20 % fin 2022). A la suite du
changement des orientations stratégiques décidé en Conseil des Ministres, une partie des 203
millions de dollars de DTS restants est affectée à l’acquisition d’engins à déployer dans tous les
145 territoires du pays en vue de la réhabilitation des routes de desserte agricole (80 millions de
dollars dont 40 à décaisser au mois de novembre 2023) et la construction de la route Kisangani-
Béni dont un acompte de 30 millions USD a été déjà décaissé. En revanche, le financement des
avenants liés à la première phase du PDL se poursuivra en 2024 après la finalisation des
estimations y relatives par les trois agences d’exécution. Nous assurons un suivi étroit de la mise
en œuvre physique du PDL-145T, avec des fiches de projets détaillées et une géolocalisation
pour chaque infrastructure, et nous renforçons la conformité aux procédures de gestion des
finances publiques et de passation des marchés publics. En termes de transparence et comme
nous nous y sommes engagés, en plus des rapports trimestriels produits par les agences
chargées de la mise en œuvre dans un délai d’un mois après chaque trimestre, nous avons
publié en juin 2023 un rapport annuel pour 2022 sur l’utilisation de l’allocation de DTS et la mise
en œuvre du PDL-145T. De plus, le gouvernement a ouvert un site d’informations
(https://pdl145.gouv.cd/).

 Le renforcement du BCeCo se poursuit. Le comité de pilotage, avec un représentant du ministère


de finance à sa tête, surveille les orientations et la bonne gestion du BCeCo. En réponse aux
audits du BCeCo de 2017 à 2021, qui montrent la nécessité d’améliorer la structuration des
projets et les processus internes (l’archivage, le rapportage, le suivi des bons provisoires, et
l’organisation comptable), un plan d’actions est en cours de finalisation sous la supervision du
ministère des Finances. Nous publierons dorénavant des audits externes indépendants
annuellement, incluant les observations des auditeurs. Le contrôle du BCeCo pour le PDL-145T
est assuré par le Comité National de Contrôle du Programme conformément à l’Ordonnance
n°23/003 Janvier 2023, par la Cour des Comptes et par l’inspection Générale des Finances.

G. Amélioration de la gestion des finances publiques (GFP)

25. Nous poursuivons nos efforts de mise en œuvre de la stratégie de la réforme des
finances publiques. Afin de faire un bilan des réformes engagées ces dernières années et de mettre
à jour notre plan d’actions pour les années à venir, le ministre des Finances a officiellement fait la
requête, le 7 septembre 2023, d’un financement multi-bailleurs pour une nouvelle évaluation de la
Gestion des Finances Publiques (PEFA), dont les résultats sont attendus au premier semestre 2024.

 Réforme et crédibilité budgétaire.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 61


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

o Nous renforçons la crédibilité budgétaire, notamment par l'amélioration de la coordination


interinstitutionnelle, de la formulation du cadrage macroéconomique et de la prévision des
recettes budgétaires, particulièrement des recettes minières.

o Nous avons transmis en juin 2023 au Parlement et à la Cour des Comptes le projet de loi de
reddition des comptes de l’exercice budgétaire 2022, qui a été examiné par le Parlement lors
de la session budgétaire de septembre 2023. Toujours pour renforcer la crédibilité
budgétaire et la transparence, nous avons publié sur le site internet du ministère des
Finances, respectivement en juin et septembre 2023, l’exécution du Plan de Trésorerie sur
l’année 2022 et au premier semestre 2023. Nous nous engageons à publier ce document
trimestriellement.

o Concernant le processus de migration vers le budget-programme, la déconcentration de


l’ordonnancement va être testée pour quatre ministères pilotes, pour lesquels des arrêtés
portant « création des postes comptables » ont été pris par le ministère des finances. De
plus, l’extension de la chaîne informatisée de la dépense publique auprès des ordonnateurs
sectoriels est en cours de finalisation. Le Gouvernement a tenu en août 2023 les premières
conférences de performances pour sept ministères pilotes.

o Pour améliorer le processus budgétaire au niveau infranational, nous avons signé en mai
2023 les textes réglementaires déterminant les mécanismes de répartition des transferts et
de répartition des recettes à caractère national.

 Politique fiscale et renforcement des administrations fiscales (voir ¶16-17).

 Réforme de la dépense publique :

o Nous voulons renforcer la chaîne des dépenses et limiter le recours aux procédures d'urgence.
D’environ 8% en 2021, la proportion des dépenses effectuées selon la procédure d’urgence a
augmenté à 13,3% en 2022 (et plus de 20% hors salaires). Descendue à 11,8% au premier
trimestre 2023, elle est remontée à 15,2% au deuxième trimestre, notamment en lien avec
l’organisation des Jeux de la francophonie et de la situation sécuritaire. Nous sommes
néanmoins déterminés à limiter les dépenses en procédure d’urgence, avec comme cible 10%
des dépenses sur ressources propres en 2023 et 8% en 2024. Nous poursuivons par ailleurs la
publication des rapports trimestriels détaillant la nature et le montant de ces dépenses (le
rapport du deuxième trimestre 2023 a été publié le 21 octobre 2023). De plus, les dépenses
effectuées en procédure d’urgence doivent être régularisées à travers le Comité de
régularisation des dépenses en procédure d'urgence (qui comprend les services des Ministères
des finances, dont la DGTCP, et du Budget) qui a été réactivé début mai 2023 afin d’éviter des
délais dans ces régularisations. Par ailleurs, nous avons mis à jour le manuel des procédures et
du circuit de la dépense, signé le 28 septembre 2023, pour y inclure les dispositions de la loi
relative aux finances publiques, prônant notamment la gestion budgétaire axée sur la
performance et la déconcentration de l’ordonnancement. Le décret sur la comptabilité publique

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clarifiant les critères régissant le recours aux procédures d’urgence pour les dépenses a été signé
le 24 octobre 2023 (RS à fin juillet 2023).

o Nous renforçons les procédures de réconciliation des dépenses. Le suivi, l’enregistrement et la


transparence des dépenses publiques nécessitent le travail régulier du Comité de réconciliation
des dépenses (associant les services des ministères des Finances, dont le DGTCP, du Budget et
de la BCC) qui se réunit de façon hebdomadaire depuis mai 2023.

o Nous améliorons la transparence et l’efficacité de la commande publique. Le nouveau décret sur


les procédures des marchés publics a été adopté et publié au Journal officiel du 7 mars 2023. Ce
décret comprend notamment les dispositions légales nécessaires au renforcement de
l’identification et de divulgation des informations sur la propriété effective, en cohérence avec
les recommandations de l’assistance technique du FMI. Une feuille de route a été finalisée et elle
devrait être adoptée par le Conseil des ministres du 29 novembre 2023, ce qui permettra le
déploiement du système intégré de gestion des marchés publics (SIGMAP) au-delà des unités
pilotes.

o Nous renforçons la gestion de la dette publique. Conformément à l’arrêté interministériel du


5 décembre 2020, la Direction Générale de la dette publique (DGDP) évalue et surveille tous les
nouveaux contrats de dette. L’Ordonnance loi sur l’endettement public, qui harmonise le cadre
juridique de la gestion de la dette publique, a été signée le 11 septembre 2023, ratifiée par le
Parlement et promulguée.

o Nous améliorons la supervision des entreprises publiques (EP) et la gestion des risques associés.
Les états financiers des principales EP (Générale des carrières et des mines (Gécamines), Société
minière de Bakwanga (MIBA), Régie de distribution d’eau (REGIDESO), Société nationale
d’électricité (SNEL), Régie des voies aériennes (RVA), Société nationale des chemins de fer du
Congo (SNCC) et Société commerciale des transports et des ports (SCTP)) ont été produits et
publiés sur le site du Conseil Supérieur du Portefeuille. En outre, le gouvernement, avec
l’assistance technique du FMI, a produit un rapport de la situation financière consolidée des
entreprises publiques qui a accompagné le projet de loi de finances 2024 et est publié sur le site
internet du ministère du Budget.

 Le renforcement de la gestion des investissements publics (voir ¶24).

 Comptabilité publique et gestion de trésorerie :

o Nous restaurons la fonction comptable de l’Etat, avec l’opérationnalisation de la Direction


Générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP). Suivant la signature en mars 2022
du décret créant la DGTCP et en décembre 2022 du décret fixant le cadre et les structures
organiques de la DGTCP, des nominations à des postes clé ont été finalisées en février 2023
après un processus de recrutement compétitif. La DGTCP doit maintenant être rendue
opérationnelle, y compris en garantissant les moyens financiers et matériels pour son bon
fonctionnement. L’arrêté organisant le fonctionnement du réseau national des comptables

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 63


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publics a été signé en mars 2023. Les travaux de production du projet de décret fixant
procédures d’encaissement et comptabilisation des recettes publiques sont en cours, de
même que l’élaboration du recueil des normes comptables de l’Etat.

o Nous améliorons la gestion de la trésorerie. Il est indispensable de renforcer la coordination


au niveau technique afin d’assurer un pilotage fin et informé de la gestion de trésorerie.
Dans ce but, la commission du Plan de Trésorerie pilotée par la DGTCP et rassemblant les
experts du ministère des Finances, du ministère du Budget et de la BCC a été réactivée en
mai 2023 pour discuter les flux de trésorerie enregistrés et attendus, tant en recettes qu’en
dépenses de façon hebdomadaire.

o Nous avançons vers la mise en place du Compte Unique du Trésor (CUT). Avec l’assistance
technique du FMI, nous avons élaboré le décret délimitant le périmètre et la structure du
CUT et fixant les modalités de son fonctionnement, qui a été signé le 31 mai 2023. Nous
consolidons progressivement l’ensemble des comptes de l’Etat, y compris ceux liés aux
comptes spéciaux et budgets annexes. Le processus vers l’opérationnalisation du CUT inclut
le recensement des comptes des administrations ouverts à la Banque Centrale, qui a été
terminé, et des comptes ouverts dans les banques commerciales (les missions de terrain ont
été achevées et les travaux d’analyse des données collectées seront finalisés d’ici à la fin
2023).

o Nous réduisons les paiements de l’Etat en espèces. Dans le cadre de la mise en œuvre de la
nouvelle loi portant sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du
terrorisme du 27 décembre 2022, nous sommes engagés à mettre en place un cadre
d’exécution des opérations du Trésor, conforme aux dispositions de la loi, particulièrement
en ce qui concerne les articles 23 et 24, avec l’objectif de réduire significativement les
paiements en espèces (¶32, RS). Afin de généraliser les paiements par transferts bancaires,
les institutions publiques ont été instruites d’ouvrir des sous-comptes d’opération à la BCC.

 Nous poursuivons la numérisation du système de gestion des finances publiques. Au-delà de la


digitalisation de la collecte des recettes, le gouvernement souhaite mettre en place un système
intégré de gestion des finances publiques (GFP) pour interconnecter les différents systèmes
informatiques existants et développer les modules de comptabilité et de gestion budgétaire.
Ainsi, le plan d’orientation globale de numérisation du système de gestion des finances
publiques a été adopté par le conseil des ministres du 27 octobre 2023. De plus, le cadre
institutionnel de coordination et d’orientation du système numérique de GFP sera mis en place
avec la signature d’un décret portant création de la Direction Générale des systèmes
d’information financière. Ce service public aura pour mission de planifier l’évolution et le
développement des systèmes d’information des finances publiques, d’assister la maîtrise
d’ouvrages pour les projets liés à la GFP et d’assurer la sécurité, l’intégrité, la fiabilité ainsi que la
régulation technique des systèmes d’information des finances publiques.

26. Nous souhaitons avancer vers la refonte du cadre budgétaire pour ancrer la politique
budgétaire sur un solde hors ressources extractives. Pour continuer à renforcer le cadre

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budgétaire et éviter des politiques budgétaires procycliques, nous avons élaboré une feuille de
route vers un cadre budgétaire qui permettrait de gérer les défis découlant de la volatilité des prix
des minerais. Cette feuille de route prévoit (i) le renforcement de nos statistiques pour mieux
identifier les recettes extractives ; (ii) le développement de l’analyse des risques budgétaires en lien
avec la volatilité des prix des minerais dans le cadre de l’annexe publiée chaque année avec la Loi de
Finances ; (iii) la poursuite du renforcement des capacités de notre administration à analyser et
prévoir les recettes issues de l’industrie extractive à l’aide du modèle d’analyse fiscale des industries
extractives (FARI) avec l’appui du FMI et d’autres partenaires, notamment la GIZ ; et (iv) toujours
avec l’assistance technique du FMI, la définition d’un solde budgétaire hors ressources extractives,
comme outil d’analyse et qui pourrait à terme servir d’ancrage à la gestion budgétaire à moyen
terme.

H. Amélioration des statistiques des Finances et Dettes Publiques

27. Une amélioration des statistiques des finances publiques et de la dette renforcera
notre capacité institutionnelle. Après avoir renforcé nos statistiques budgétaires avec la
préparation et publication régulière du TOFE en format MSFP par la DGTCP, élaboré à partir des
TOFE MSFP 1986 pour être publié dans l’annuaire statistique du FMI ; nous comptons rendre
opérationnel le nouveau schéma comptable restreint en vue de l’utilisation de la Balance Générale
des Comptes du Trésor (BGCT) comme source principale du TOFE au format MFSP 2014. Pour les
statistiques de dettes publiques, la DGDP compte rétablir la publication régulière trimestrielle des
statistiques sur la dette du secteur public suivant le Guide pour les Compilateurs et les Utilisateurs
de 2013 et qui seront publiés sous « Quarterly Public Sector Debt Statistics (QPSDS) ») à partir du
deuxième trimestre 2023.

Politiques monétaire, financière et de change

Politique monétaire

28. Face aux pressions inflationnistes, nous avons resserré la politique monétaire et sommes
prêts à utiliser les différents outils à notre disposition pour limiter le niveau de la liquidité
excédentaire :

 Le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la BCC a fortement relevé le taux directeur de 11 à


25% lors d’une réunion extraordinaire tenue le 8 août 2023. Le CPM du 18 septembre 2023 a
décidé de garder ce taux inchangé. Le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts en
monnaie nationale est demeuré inchangé depuis juin 2023, à 10%. L’encours de bons BCC était
de 160 milliards CDF à fin septembre 2023.

 La BCC est prête à resserrer davantage la politique monétaire si les évolutions des indicateurs
pertinents en montrent la nécessité. Ce resserrement se ferait à travers un élargissement des
fourchettes de bons BCC, un relèvement du coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts à
vue en monnaie nationale, ou par la combinaison de ces deux mesures dans le but de freiner
l'excès de liquidité à moyen terme.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 65


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 En vue du renforcement du cadre institutionnel de la politique monétaire, la BCC procédera à


l’étude des mesures à mettre en place pour améliorer la transmission de la politique monétaire.
Prenant en compte les échanges avec la mission du FMI, cette étude portera également sur la
possibilité de la rémunération des réserves obligatoires des banques en CDF, et sur un nouveau
mécanisme de fonctionnement des adjudications des bons BCC. En novembre 2023, la BCC a
sollicité une assistance technique du FMI pour renforcer l’efficience de la politique monétaire.

Politique de change

29. Nous sommes déterminés à continuer à renforcer notre position externe :

 À 4,9 milliards de dollars à la fin-octobre 2023, les réserves internationales brutes ont fortement
augmenté par rapport à leur niveau très faible d’avant le programme (à peine 803 millions de
dollars ou 2 semaines d’importations à fin 2020) et sont significativement plus élevées que le
niveau projeté lors du lancement du programme. Toutefois, elles ne représentent encore
qu’environ 9 semaines d’importations et restent à un niveau inadéquat. Nous sommes
déterminés à continuer à les renforcer, avec l’objectif d’atteindre une couverture d’environ 10
semaines à fin 2023, et 13 semaines d’importations à moyen terme.

 Au premier semestre 2023, dans un environnement beaucoup moins favorable qu’en 2022, nous
avons accumulé 96 millions de dollars de réserves nettes, contre un objectif ajusté de 23 millions
de dollars (CR à fin juin 2023). Ce critère du programme a donc été respecté.

 Toutefois, compte tenu d’un manque à gagner important lié à avec la baisse des recettes
minières perçues par le Trésor (dont la contrepartie en dollars est la principale source de devises
pour le budget en devises de la BCC et du Trésor), et des interventions sur le marché des
changes qui étaient nécessaires au troisième trimestre à cause des excès de volatilité sur le taux
de change, l’objectif original d’accumulation de réserves internationales nettes (RIN) pour
l’ensemble de l’année 2023 n’est plus réalisable, même si nous restons déterminés à saisir toute
opportunité d’accumulation de réserves. Étant donnés les incertitudes et risques accrus, nous
sollicitons une modification du CR pour fin 2023, et nous visons désormais une accumulation de
250 millions de dollars (CR à fin décembre 2023). Ce niveau reflète également la baisse
attendue des soldes des comptes en devises auprès des correspondants locaux, l’absence de
toute nouvelle garantie sur des emprunts de l’administration centrale et le remboursement
prévu des garanties existantes.

 Nous sommes aussi résolus à l’amélioration des données sur les réserves extérieures. Afin
d’éviter que des actifs grevés ou n’étant pas inconditionnellement disponibles soient
comptabilisés dans les RIN, ces actifs spécifiques seront désormais enregistrés dans des sous-
comptes distincts et dédiés qui ont été ouverts en septembre 2023 à la BRI.

30. Nous restons résolus à maintenir la flexibilité du taux de change. À cet effet :

66 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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 Il est important que le taux de change demeure un amortisseur de chocs externes. Notre
politique de change restera guidée par les objectifs d’adéquation des réserves et de stabilité des
prix. La politique d’intervention de la BCC continuera d’être guidée par la nécessité d’accumuler
des réserves d’une part, et d'atténuer les épisodes d'extrême volatilité du taux de change
susceptibles de compromettre la stabilité macroéconomique d’autre part. Nous nous engageons
à renforcer le cadre relatif aux interventions sur le marché des changes, sur base des conclusions
de l’assistance technique du FMI.

 Nous continuerons à nous assurer que le cours indicatif du franc congolais reflète les forces du
marché. Ainsi, la BCC ne compte plus recourir à l’utilisation d’un plafond du taux de change,
empêchant les banques d’offrir des devises à leurs clients à un taux déprécié de plus de 1,5% par
rapport au cours officiel de la journée précédente sur le marché d’adjudications bilatérales de la
BCC. Cette mesure avait été utilisée exceptionnellement au cours d’une période d’extrême
volatilité du taux de change au 3e trimestre de 2023.

 Nous continuerons à respecter nos engagements quant à (i) la non-imposition ou


l’intensification de restrictions à l’exécution des paiements et des transferts pour les transactions
internationales courantes ; (ii) la non-introduction ou la modification de pratiques de devises
multiples ; iii) la non-conclusion d’accords de paiement bilatéraux incompatibles avec l’article
VIII ; et iv) la non-imposition ou intensification de restrictions à l’importation pour des raisons de
balance des paiements (CR continus).

Réformes structurelles

31. La modernisation du cadre de la politique monétaire se poursuit :

 La conduite prudente de la politique monétaire repose sur l’absence de toute avance faite par la
BCC pour financer le déficit budgétaire public, conformément à la loi organique de la BCC, la loi
relative aux finances publiques et au pacte de stabilité conclu entre le gouvernement et la BCC.
À cette fin, nous respecterons les plafonds sur les variations du crédit net de la BCC à l’État et
des avoirs intérieurs nets de la BCC (CRs). La BCC s’abstiendra également de donner de
nouvelles garanties pour des emprunts de l’administration centrale. Par ailleurs, comme prévu
dans le programme, les dépôts en garantie pour des emprunts existants seront, à l’échéance,
transférés au profit des réserves internationales (OI).

 Depuis janvier 2022, la réserve obligatoire sur les dépôts en devises est constituée en devises
pour les dépôts excédant leur niveau de fin 2021. La portion de cette réserve constituée en
monnaie nationale, un stock cristallisé de 2 375,6 milliards CDF, vestige de l’ancien système, a
été réduite de 59 milliards CDF (2,5%) en août 2023 et convertie en réserves obligatoires des
banques en devises, dans le compte dédié à la BRI. Comme prévu au programme, une réduction
supplémentaire sera effectuée d’ici la fin de l’année, pour porter la réduction cumulée à 118,7
milliards CDF (5%) à fin 2023.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 67


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 Dans le cadre du programme pluriannuel d’assistance technique du FMI, nous allons finaliser la
mise en place du système de prévisions et d’analyses de politiques (FPAS) d’ici à fin 2024 et
passer à son opérationnalisation pour renforcer le processus décisionnel en matière de politique
monétaire. Nous prendrons les mesures d’accompagnement nécessaires à l’amélioration des
capacités d’analyse et de prévision économiques de la BCC, et ses communications.

 Suivant les principes énoncés dans le Code de transparence des banques centrales, les réunions
régulières du CPM se tiennent selon un calendrier préétabli. Nous restons engagés à
communiquer extensivement sur les décisions du Comité, notamment à travers un communiqué
de presse de la BCC et une conférence de presse à l’issue de ces réunions. Les actions de
renforcement de la communication porteront également sur les politiques et les réformes mises
en œuvre par la BCC, afin d’en augmenter la visibilité.

32. Le gouvernement et la BCC sont engagés à limiter strictement les transactions


effectuées en espèces aux guichets de la BCC. Un pas important a été franchi avec une instruction
dans ce sens donnée en juillet 2023 par le Président de la République, qui s’est traduite par une
diminution significative des paiements en espèces en monnaie nationale depuis août 2023. Nous
nous engageons à réduire également les paiements en devises effectués en espèces aux guichets de
la BCC. Ces efforts répondent aussi aux exigences de la loi portant sur la lutte contre le blanchiment
de capitaux et le financement du terrorisme du 27 décembre 2022, et nous sommes donc engagés à
mettre en place un cadre d’exécution des opérations du Trésor et de la BCC conforme aux
dispositions de la loi, particulièrement en ce qui concerne ses articles 23 et 24 (RS à fin mai 2024).
En ce sens, le Conseil des ministres adoptera un décret stipulant qu’aucun paiement en espèces ou
par titre au porteur ne pourra être effectué pour le compte de l’administration centrale et de ses
organes, à la BCC ou dans les banques commerciales, en CDF ou en devises, au-delà des montants
fixés dans la loi susmentionnée. Toujours dans ce cadre et pour contribuer à la sortie de la RDC de la
liste grise du GAFI, la BCC a révisé les instructions 15 et 15bis afin de les aligner aux normes du GAFI.
Par ailleurs, elle va publier une instruction pour que l’exécution de ses dépenses soit totalement
conforme aux dispositions de la loi ci-haut évoquée en ce qui concerne les paiements en espèces.
Dans ce contexte, les quelques avantages de son personnel qui étaient encore payés en espèce, le
seront par voie bancaire à partir de la paie du mois de novembre 2023.

Sauvegardes

33. Nous continuerons à renforcer les mécanismes de gouvernance de la BCC en mettant


en œuvre les recommandations de l’évaluation des sauvegardes de 2020 :

 Les travaux en cours pour publier les états financiers de la BCC en conformité avec les normes
IFRS ont pris un peu de retard, mais se poursuivent avec l’assistance technique du FMI. Dans ce
cadre, nous sommes engagés à (i) recruter les nouvelles unités et à former le personnel
ressources aux normes IFRS ; (ii) prendre en compte les recommandations de la lettre de gestion
de l'audit externe ; et (iii) faire une étude actuarielle portant sur les avantages du personnel.
Nous nous engageons à publier les états financiers 2023 de la BCC conformément à la norme

68 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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IFRS, les faire certifier indépendamment par un auditeur externe (proposition de RS à fin mai
2024).

 Cette transition aux normes IFRS fera augmenter le montant capital nécessaire pour atteindre le
niveau de fonds propres inscrit à la loi organique de la BCC, par rapport au montant présenté
dans l’analyse des besoins de recapitalisation validée par le Conseil de la BCC du 7 novembre
2022. Nous n’avons donc pas procédé comme prévu à la signature d’un nouveau protocole
d’accord entre le gouvernement et la BCC sur la mise en œuvre de cette recapitalisation (RS à
fin septembre 2023). Toutefois, la recapitalisation correspondant au capital social (213
milliards CDF, déterminé dans la loi organique de la BCC) sera amorcée en 2024 par un débit
d’office du compte général du Trésor suivant un échéancier convenu entre la BCC et le ministère
des Finances dans le protocole d’accord approuvé par le Conseil de la BCC et signé le 20
novembre 2023. Les modalités et le calendrier du reste de la recapitalisation seront précisés
dans un protocole d’accord dès que la transition aux normes IFRS à la BCC sera finalisée.

 Une cellule responsable de la passation des marchés a été pourvue d’une responsable en juin
2023, suivie de la désignation de trois collaborateurs en août 2023. Elle sera chargée de finaliser
les règles de passation des marchés, pour lesquelles la BCC a obtenu l'assistance technique de la
Banque mondiale. Ces règles seront adoptées par le conseil d'administration de la BCC d'ici la
fin de l’année 2023. À terme, cette cellule prendra en charge la passation des marchés, qui est
pour le moment prise en charge par une commission.

 La BCC renforcera la gestion des réserves de change en plafonnant les dépôts en devises chez
les correspondants locaux (excluant les dépôts utilisés comme garantie pour des emprunts de
l’administration centrale) à 150 millions à fin décembre 2023 (modification du CR à fin
décembre 2023). De plus, nous ne débiterons pas les réserves internationales si cela ferait
augmenter le solde des comptes chez des correspondants locaux au-delà de ce plafond. Nous
demeurons engagés à clôturer l’ensemble de nos comptes en devises auprès des
correspondants locaux. Cependant, un préalable important reste l’ouverture d’un compte de
correspondant extérieur, pour laquelle des travaux sont en cours.

 La BCC établira une fonction de conformité ayant comme piliers la LBC/FT, la déontologie ainsi
que la lutte contre la fraude interne et externe. Une cartographie des risques internes LBC/FT est
en cours d’élaboration et sera validée par le Conseil de la BCC.

 La BCC continuera à renforcer l'indépendance et la capacité de sa fonction d'audit interne. Dans


ce cadre, une charte de l’audit interne a été adoptée par le Conseil de la BCC en juin 2023, et des
actions de formation ont été menées pour le renforcement de capacité des auditeurs et des
membres du Comité d’audit du Conseil de la BCC.

 Le rapport d’audit externe pour 2022 a été finalisé le 28 août 2023 ; et il sera publié
intégralement dans le rapport annuel 2022 de la BCC.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 69


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 La BCC renforcera les cadres opérationnels et la gouvernance de sa gestion des réserves


internationales.

 La BCC mettra en place un cadre d’aide d’urgence à la liquidité aux institutions financières
solvables confrontées à une illiquidité temporaire, avec l’assistance technique du FMI (¶Error!
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Secteur financier

34. La mise en œuvre des recommandations de la revue de la stabilité du secteur financier


(FSSR) est essentielle pour le renforcement de la surveillance et de la réglementation du
secteur financier. En se fondant sur le programme d’assistance technique appuyé par le FMI sur la
période 2023-26, notre stratégie est de mettre en œuvre les recommandations suivantes :

 Réglementation du secteur financier : la promulgation de la nouvelle loi bancaire en décembre


2022, était un jalon indispensable dans l’avancée des réformes, notamment pour la révision ou la
définition de nouvelles règles prudentielles pour les établissements de crédit et les sociétés
financières, dont les établissements de paiement. Entre juillet et septembre 2023, afin de rendre
conforme sa réglementation à la nouvelle loi bancaire ainsi qu’aux standards internationaux, la
BCC a, avec l’assistance technique du FMI, introduit ou révisé 16 instructions, notamment les
instructions 17, 18, 21 et 22 pour les établissements de crédit et sociétés financières autres que
les institutions de microfinance, l’instruction 19 pour les établissements de crédit et sociétés
financières ainsi que les instructions 7, 8 et 41 pour les institutions de microfinance ; elle a aussi
publié trois nouvelles instructions (52, 53 et 54), relatives aux conditions d’agrément et au
gouvernement d’entreprises des sociétés financières en général ainsi que la 55, relative à la
discipline de marchés ; de plus elle a révisé l’instruction administrative 6 sur les messageries
financières(RS pour fin novembre 2023). La BCC a aussi publié dès le mois de mai 2023 une
instruction fixant les règles relatives aux transactions des établissements de crédit et sociétés
financières avec les personnes apparentées conformément au 20e Principe fondamental de Bâle
(RS pour fin novembre 2023).

 Supervision du secteur financier et simulations de crise (stress tests) bancaires : Après la conclusion
d’une mission-pilote de contrôle des dossiers de crédit (avec l’assistance technique du FMI) en
mai 2023, les contrôles sur site portant sur l’évaluation des risques de crédit ont repris à partir
de juin 2023. Nous avons mis en place un comité chargé des simulations de crise (stress tests)
pour notamment identifier les risques et expositions majeurs du système financier et formuler
des questions sur ces risques, avec l’assistance technique du FMI. Pour renforcer les capacités de
la BCC, nous finaliserons le recrutement des experts bancaires. Par ailleurs, la mise en place
opérationnelle de la supervision basée sur les risques est engagée avec le lancement de la
deuxième notation générale des banques. Un service dédié aux risques informatiques au sein de
la Direction de la Supervision des Intermédiaires Financiers (DSIF) a été constitué en septembre
2023.

70 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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 Gestion de crise et filet de sécurité financière : la BCC adoptera, d’ici fin-septembre 2024 une
instruction précisant les éléments à inclure dans les plans de prévention et de redressement des
banques, y compris les scénarios de crise de liquidité et de perte d’une ou plusieurs relations de
correspondant bancaire ; les banques commerciales devront soumettre ces plans à la BCC d’ici
décembre 2024. La BCC alignera avec les meilleures pratiques internationales le cadre de
fourniture de liquidité d’urgence aux institutions financières solvables confrontées à une
illiquidité temporaire ; et procédera à une revue des accords de coopération transfrontaliers
avec tous les pays d’origine des maisons mères des banques établies en RDC, dans l’optique
d’intégrer la planification du redressement et de la résolution.

 Mandat de stabilité financière et politiques macroprudentielles : afin d’appuyer les travaux du


Comité de Stabilité Financière, créé en novembre 2021, nous allons créer une fonction de
stabilité financière et la doter des ressources nécessaires ; nous continuerons à renforcer la
surveillance des institutions financières non bancaires ; et nous allons développer des outils de
surveillance et d’alerte précoce pour analyser l’interdépendance et les interconnexions
sectorielles.

35. Notre stratégie nationale d’inclusion financière a été finalisée en juin 2023. Elle
s’appuie sur le rapport de la Banque mondiale sur le développement du secteur financier. La
stratégie vise les objectifs ci-après : (i) améliorer l’accès aux services et produits financiers ; (ii) faire
augmenter le crédit aux ménages et aux petites et moyennes entreprises ; (iii) accroître l’utilisation
de l’argent mobile et autres services fintech ; (iv) éduquer et protéger les consommateurs ; (v)
renforcer l’infrastructure et les institutions ; et (vi) accroître la gamme de services d’assurances
offerte aux particuliers et aux entreprises. Nous travaillerons aussi à restructurer et renforcer les
institutions de microfinance, qui ont le potentiel de soutenir l’inclusion financière.

Réformes structurelles : améliorer la gouvernance et l’environnement des affaires

36. L’amélioration de la gouvernance et la lutte contre la corruption restent au cœur de la


stratégie du gouvernement :

 Nous renforçons l’Agence de Prévention et de Lutte contre la Corruption (APLC) placée sous la
Présidence, conformément à la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) et
aux meilleures pratiques internationales. Le cycle des examens dans le cadre de cette
Convention se poursuit, les réponses pour les premier et deuxième cycles ayant été fournies.

 Après la validation de la Politique Nationale de la Réforme de la Justice (PNRJ) et l’adoption en


octobre 2022 de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption, un plan d’actions
prioritaires a été établi et fait l’objet d’un suivi régulier par le ministère de la Justice, l’APLC,
l’OSCEP, d’autres institutions et partenaires.

 Depuis août 2023, une base de données sur les faits de corruption a été établie pour 10
provinces, la couverture des 16 autres provinces étant prévue au premier trimestre 2024.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 71


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

 Après la nomination et la prestation de serment des dirigeants de la Cour des comptes et de ses
nouveaux magistrats, le 31 août 2022, nous continuons à renforcer les moyens de la Cour des
comptes. Sa dotation budgétaire, passée de 22 milliards CDF en 2022 à 87 milliards CDF en
2023, est prévue à 96 milliards CDF dans la Loi de Finances pour 2024. L’Inspection générale des
Finances poursuit aussi ses missions de contrôle et a publié plusieurs rapports sur son site
internet.

37. Nous poursuivrons nos efforts de transparence et de gouvernance du secteur minier :

 Le processus de validation de la RDC par le Secrétariat International de l’ITIE a été finalisé et le


Conseil d’administration de l’ITIE a annoncé le 13 octobre 2022 que la RDC a obtenu un score
général élevé, montrant une réponse satisfaisante à la plupart des exigences. Cette validation
montre toutefois que des progrès peuvent encore être accomplis, notamment en termes de
renforcement de la transparence et de la publication des bénéficiaires ultimes des contrats
miniers, et le gouvernement est décidé à mettre en œuvre ces recommandations. Au-delà de
cette validation, le gouvernement continuera à soutenir le travail de l’ITIE, y compris en
respectant les dotations budgétaires nécessaires à son fonctionnement. Par ailleurs, les comptes
de l’ITIE sur les deux dernières années vont faire l’objet d’un audit externe.

 Le gouvernement s’appuiera notamment sur plusieurs rapports de l’ITIE récemment publiés :


rapport sur le renforcement des informations en provenance des entreprises publiques du
secteur extractif ; rapport sur les obligations sociales et environnementales des Entreprises
Extractives du Haut Katanga, du Lualaba et du Haut-Uéle ; rapport sur le secteur artisanal pour la
production de cuivre, de cobalt et de zinc.

 Nous continuons à publier les nouveaux contrats (RS continu) en conformité avec les
dispositions pertinentes du Code Minier et des exigences de la Norme ITIE, y compris les
contrats renégociés.1 Par ailleurs, les états financiers 2022 de la Gécamines, y compris les
commentaires des auditeurs, ont été publiés comme cela avait déjà été le cas pour les comptes
2020 et 2021.

38. Nous nous engageons à améliorer le cadre de lutte contre le blanchiment des capitaux
et le financement du terrorisme (LBC/FT) en mettant en œuvre le plan d’action convenu avec
le Groupe d’action financière (GAFI), afin de sortir de la liste des juridictions sous surveillance
renforcée (« liste grise ») :

 La promulgation de la nouvelle loi LBC/FT (n°22/068), en décembre 2022, a constitué un élément


clé de notre engagement. Cette loi a apporté des innovations telles que : (i) l’élargissement de
l’application des mesures de LBC/FT au secteur financier (au-delà des banques) ; (ii) l’interdiction
des comptes bancaires anonymes ; (iii) le renforcement des mesures de vérification de virements
électroniques pour les personnes politiquement exposées (PPE); (iv) l’établissement d’exigences

1
Selon la loi n° 18/001 modifiant et complétant la loi n° 007/2002 sur le code minier, toutes les conventions minières
doivent être publiées dans les soixante jours suivant la date d'entrée en vigueur du contrat.

72 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

de base en matière de vérification préalable de la clientèle des correspondants bancaires ; et (v)


le renforcement les procédures de déclaration de patrimoine des PPE.

 La Stratégie nationale LBC-FT préparée par le Comité Consultatif de Lutte contre le Blanchiment
de Capitaux et le Financement du Terrorisme (COLUB) a été validée lors de leurs assises du 19
and 20 octobre 2023 et a été transmise au gouvernement pour examen en conseil des ministres.

 Le rapport de l’évaluation nationale des risques (ENR) de BC/FT, élaboré avec l’assistance
technique de la Banque mondiale, a été présenté au Conseil des Ministres en avril 2023 et au
Groupe d'examen de la coopération internationale du GAFI en mai 2023. Un résumé de l’ENR est
disponible sur le site de la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF).

 Le décret avalisant la création du comité d’assistance Technique —chargé d’impulser les


réformes nécessaires dans le cadre de la stratégie nationale et d’en suivre les progrès—a été
signé en septembre 2023. Ce comité comprend un comité de haut niveau dirigé par le premier
ministre, un comité interinstitutionnel et un secrétariat technique. Dans le cadre de ce comité, le
travail de la CENAREF pour mettre en œuvre le plan d’actions bénéficie des conseils et de
l’assistance technique de la Global Facility LBC/FT de l’Union européenne et de plusieurs
partenaires (dont la Banque mondiale, les États-Unis et l’Allemagne).

 D’autres progrès importants ont été réalisés, notamment : (i) la signature d’un décret portant
désignation des autorités de surveillance pour tous les secteurs d’entreprises et professions
non-financières; (ii) l’augmentation progressive des ressources de la CENAREF et le
renforcement de ses capacités techniques et humaines; (iii) la mise en place d’une application
interne « Transactus » pour les déclarations des assujettis, traitement et dissémination; (iv) le
renforcement des capacités d’enquêtes et de poursuites en matière de LBC/FT à travers le
recrutement des nouveaux magistrats ainsi que l’élaboration d’un plan de formation de tous
enquêteurs.

 Par ailleurs, nous avons transmis pour signature au Premier ministre deux décrets portant sur : (i)
le régime de sanctions financières ciblées liées au terrorisme et à son financement et
(ii) l’organisation et le fonctionnement du comité de suivi des sanctions financières ciblées liées
au terrorisme et à son financement.

39. Nous sommes déterminés à accélérer les réformes pour stimuler l'investissement
privé :

 Avec la coordination de la cellule climat des affaires placée auprès de la Présidence de la


République et de l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI), le
gouvernement a adopté, le 2 novembre 2023, une feuille de route comportant près de 70
réformes pour (i) la facilitation de la création d’entreprises (instauration d’un visa d’affaires, mise
en place d’un guichet unique de délivrance des licences, permis et autorisations spécifiques), (ii)
la facilitation de l’accès à l’électricité, (iii) la facilitation du transfert de propriété (avec une base
de données des transactions du registre foncier, numérisation des plans cadastraux de Kinshasa,

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 73


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

réduction des délais de mutation de 38 à 15 jours), et (iv) la facilitation des échanges


internationaux (promotion des plateformes logistiques, mise en place de la commission de
règlement des litiges commerciaux, et adoption de la loi sur le commerce et les échanges
électroniques).

 Par ailleurs, nous voulons un système de perception fiscale juste et prévisible évitant les
accusations de harcèlement fiscal (l’objectif de mobilisation des recettes ne doit pas être en
opposition avec l’amélioration du climat des affaires) et nous travaillons à l'amélioration du
système judiciaire pour la résolution des litiges commerciaux, avec l'application et la protection
des droits de propriété et des droits contractuels.

 Enfin, le premier Baromètre National du Climat des Affaire, destiné à évaluer périodiquement le
degré de satisfaction des opérateurs économiques vis-à-vis des réformes et de tous les aspects
liés à l'environnement des affaires, a été dévoilé le 6 juin 2023. En réponse à ce baromètre qui
prend en considération les préoccupations des opérateurs économiques concernant la fiscalité
et la parafiscalité, la sécurité juridique, l’environnement politique, la gestion des marchés publics,
la qualité de l’administration ainsi que celle des infrastructures, le Gouvernement s’est doté d’un
Plan d’urgence adopté lors du Conseil des ministres du 28 juillet 2023, faisant l’objet d’un suivi
permanent et de points réguliers en Conseil des ministres.

40. Nous comptons renforcer notre cadre juridique et institutionnel de gestion des
partenariats public-privé (PPP) et des risques budgétaires associés. Principalement,

 En application de la loi PPP N°18/016 du 09 juillet 2018 relative aux PPP, nous avons signé le 23
octobre 2023 le décret d’application de cette loi réglementant : (i) les modalités d’octroi de
garanties de l’Etat ; (ii) les modalités d’approbation des contrats PPP ; (iii) les modalités de
saisine de l’établissement public ; (iv) les modalités de réalisation de l’évaluation comparative
préalable des options des PPP relativement à d’autres formes de la commande publique (RS
pour fin juin 2023). A ce jour, nous avons recensé 19 contrats en PPP, dont 9 sont publiés sur le
site internet de l’ARMP qui s’engage à publier le reste. Un registre exhaustif, y compris des
contrats en préparation, est disponible à l’UC-PPP.

 Toujours dans l’objectif de renforcer le cadre institutionnel des PPP, le même décret clarifie les
rôles et responsabilités (i) du Ministère du plan dans l’identification et la sélection des projets ;
(ii) des ministères sectoriels dans la négociation des PPP avec l’assistance de l’UC-PPP ; et (iii)
des ministères des Finances et du Budget dans l’approbation des projets PPP après leur
évaluation, y compris l’analyse des risques budgétaires. Le registre électronique des garanties à
la DGDP du ministère des Finances sera effectif d’ici mars 2024.

41. Nous mettrons en place toutes les mesures de sauvegardes nécessaires avant de
rendre opérationnelle une banque nationale de développement ou toute nouvelle institution
financière publique ou parapublique. Un plan d’affaires, comprenant l’identification des sources
de financement, une analyse des risques budgétaires, une structure de gouvernance solide et un
système d’analyse de risque de crédit pour le portefeuille, sera préparé en coordination avec les

74 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

services du FMI avant toute opérationnalisation. Lors de ses opérations, cette banque devra
également respecter l’ensemble des procédures de passation de marché applicables aux institutions
gouvernementales, et elle sera supervisée par la BCC. De plus, nous rationaliserons les agences et
sociétés financières publiques pour consolider nos efforts.

I. Autres enjeux et suivi du programme

42. Nous continuerons à renforcer les capacités de nos institutions, avec l’appui de nos
partenaires. La fourniture d'assistance technique a contribué à des diagnostics essentiels pour la
mise en œuvre de nos plans de réforme, y compris un diagnostic complet de la gouvernance, le
FSSR et le PIMA. Une experte du département des affaires budgétaires du FMI (financée par le
gouvernement du Japon dans le cadre du projet « Renforcer la soutenabilité budgétaire dans les
États fragiles d'Afrique subsaharienne ») est en poste depuis novembre 2022, de même que deux
experts dans le domaine budgétaire et fiscal financés par la coopération Belge (Enabel) en poste à
Kinshasa et qui travaillent en étroite collaboration avec l’assistance technique du FMI. Nous nous
réjouissons aussi de l’installation en octobre 2023 d’un expert mis à disposition de la BCC par le
département monétaire et des marchés de capitaux du FMI.

43. Nous restons déterminés à améliorer nos statistiques, dont la qualité est globalement
adéquate pour la surveillance et le suivi du programme.

 Nous réitérons notre engagement à ce que les données prévues au PAT soient fournies de façon
proactive dans les délais prescrits.

 Après avoir avons publié la nouvelle série révisée du PIB jusqu’à 2019 suivant le Système de
comptabilité nationale (SCN) 1993 et avec 2005 comme année de base, nous l’avons mis à jour
jusqu’en 2021 et publié en juin 2023 avec les assistances techniques de l’AFRITAC Centre et du
département des statistiques du FMI. Le rebasage du PIB sur l’année 2019 se fera dans le cadre
des travaux de la migration au SCN 2008 qui ont été lancés en 2023.

 Depuis mars 2023, la BCC transmet trimestriellement ses indicateurs de solidité financière au FMI
afin qu’ils soient publiés.

 La BCC s’engage à ce que la DSIF fournisse des droits d’accès aux statisticiens de la Direction de
recherche et de statistiques (DRS) et de la Direction des Analyses Économiques (DAE) leur
permettant de télécharger les états financiers agrégés des banques, dans l’optique de produire
des données monétaires plus fiables et actualisées.

 Nous continuerons à soutenir l'Institut national de la statistique et les autres institutions


gouvernementales en charge de produire des statistiques officielles dans l'accomplissement de
leurs missions, et nous comptons sur la poursuite de l'assistance technique et financière de nos
partenaires. Nos priorités comprennent l'amélioration de la collecte des données sur la dette, en
particulier sur les entreprises publiques et les provinces, et la gestion de la dette ; l’amélioration

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 75


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

de la qualité et de la fréquence de transmission des données par la BCC ; et le renforcement de


la précision des indicateurs économiques.

44. Le programme au titre de la Facilité élargie de crédit continuera d’être évalué sur la
base de critères de réalisation quantitatifs, d'objectifs indicatifs et de repères structurels
(tableaux 1 et 2) avec une dernière revue au premier semestre 2024. Les définitions des
concepts et indicateurs clés, ainsi que les exigences en matière de fourniture de données, sont
énoncées dans le protocole d'accord technique ci-joint. La sixième et dernière revue devrait être
achevée le 15 mars 2024 ou après, sur la base de la date de test pour les critères de performance
périodiques à fin décembre 2023. Sous la direction du ministre des Finances, du ministre du Budget
et de la Gouverneure de la BCC, une troïka technique présidée par le ministère des Finances et
comprenant le ministère du Budget et la BCC est chargée de suivre la mise en œuvre du
programme. Le Comité Technique de suivi et évaluation des Réformes (CTR) assurera la
coordination, le secrétariat technique et la liaison avec le FMI dans la transmission des informations
à partager avec les services du Fonds conformément au PAT. Les auditeurs externes de la BCC
valideront les critères quantitatifs monétaires et les transactions sur le compte suivi par le FMI et
logé à la BRI aux dates de test.

76 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Tableau 1. République démocratique du Congo : Proposition des critères de réalisation quantitatifs et objectifs indicatifs
77

pour l’accord triennal au titre de la facilité élargie de crédit


FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL

2023 2024
fin juin fin septembre fin décembre fin mars
CR OI CR OI
Rapport Rapport Réalisation Rapport Rapport
Ajusté Réalisation Status Ajusté Status Proposé Proposé
n°23/344 n°23/244 Préliminaire n°23/244 n°23/244
Critères de Réalisation Quantitatifs
Planchers sur les variations des réserves internationales nettes de la BCC (millions USD) 250 23 96 Satisfait 700 722 188 Non satisfait 700 250 200 80
Plafonds sur les variations du crédit net de la BCC à l'État (milliards CDF) 1/ 405 852 -61 Satisfait 405 449 -312 Satisfait 405 0
Plafonds sur les variations des avoirs intérieurs nets de la BCC (milliards CDF) 450 897 -110 Satisfait 450 494 -1,080 Satisfait 300 0
Plafonds sur l’accumulation d’arriérés de paiement extérieurs (millions USD) 2/ 0 0 Satisfait 0 0 Satisfait 0 0
Planchers du solde budgétaire intérieur (base caisse, milliards CDF) -430 1,468 -526 Non satisfait -800 57 -1,691 Non satisfait -831 -1,400 -213 -462
Plafonds de souscription ou de garantie de nouvelle dette extérieure par le secteur public
(valeur actuelle, millions USD) 1,500 454 Satisfait 1,750 454 Satisfait 2,500 1,000
Plafonds sur les niveaux des avoirs en devises de la BCC détenus auprès des correspondants domestiques
(millions USD) 250 211 Satisfait 250 139 Satisfait 200 150 200 150

Objectifs Indicatifs
Plafonds sur les variations des dépôts de la BCC utilisés comme garantie/collatéral pour des emprunts de
l’administration centrale (millions USD) -34 -34 Satisfait -47 -48 Satisfait -61 -6
Planchers sur les recettes de l’administration centrale (milliards CDF) 10,723 8,646 Non satisfait 16,321 14,129 Non satisfait 20,191 18,542 4,486 3,545
Planchers des dépenses sociales (milliards CDF) 42 34 Non satisfait 64 44 Non satisfait 75 21
Plafonds de l’accumulation des arriérés de salaires de l’administration centrale (millions USD) 0 0 Satisfait 0 0 Satisfait 0
Plafonds sur la masse salariale (milliards CDF) 3,560 3,504 Satisfait 5,345 5,360 Non satisfait 7,130 0 2,031
Plafonds sur les dépenses publiques exécutées en procédures d’urgence (en pourcentage de total des
depenses sur ressources propres) 12 22 Non satisfait 10 10

Postes pour mémoire :


Ajustements
Appui à la balance des paiements (millions USD) 600 121 640 622 664 662 250 56
Produit des privatisations (millions USD) 0 0 0 0 0 0 0 0
Paiements au titre du service de la dette extérieure (millions USD) 165 153 224 193 289 239 100 48
Réserves obligatoires pour les dépôts en devises (milliards CDF)
Paiement des arriérés intérieurs (milliards CDF) 1,093 182 1,278 421 1,582 854 151 0
Investissements sur ressources intérieures (milliards CDF) 1,959 971 1,750 2,149 2,130 2,455 2,172 864
Recettes de l’administration centrale (milliards CDF) 10,723 8,646 15,987 8,646 20,191 19,035 4,486 3,545

Sources: autorités congolaises; et estimations et projections du FMI.


1/ Les plafonds sont positifs pour tenir compte de l'utilisation partielle de l'allocation de DTS à des fins budgétaires (voir Rapport du FMI no. 22/3, Encadré 1)
2/ Continu.
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 2. République démocratique du Congo : Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC

Actions Objectif Date Statut

Demande d’accord FEC

Améliorer la gouvernance
de la banque centrale
Conseil de la BCC entièrement constitué
conformément aux
conformément aux exigences de la loi de 2018 Action préalable Satisfaite
recommandations de
sur la banque centrale
l’évaluation des
sauvegardes
Adoption de la feuille de route ITIE 2021-23 sur
Améliorer la transparence
la transparence minière (validation par le Action préalable Satisfaite
dans le secteur minier
Conseil des Ministres)

Première revue

Publication des états financiers complets 2020


Améliorer la transparence
de la Gécamines, y compris les commentaires Fin août 2021 Satisfait
dans le secteur minier
des auditeurs
Consolidation de tous les documents juridiques
Rationaliser les recettes Fin septembre
sur les recettes non fiscales dans un seule Satisfait
non fiscales 2021
document
Soumission au Parlement du projet de nouvelle
Améliorer la supervision Fin novembre
loi sur les banques commerciales intégrant les Non satisfait
bancaire 2021
commentaires du FMI
Publication de tous les nouveaux contrats Améliorer la transparence
Continu Satisfait
miniers dans le secteur minier

Deuxième revue

Adoption du nouveau règlement sur les


Améliorer la stabilité du Fin décembre
réserves obligatoires de la BCC pour les Satisfait
système bancaire 2021
nouveaux dépôts en devises
Signature d’un protocole d’accord entre la BCC Renforcer le cadre de la Fin décembre
et le ministère des Finances pour régulariser Satisfait
politique monétaire 2021
l’encours de crédit de la BCC au gouvernement
Mise en œuvre intégrale de SYDONIA World
Améliorer l’administration Fin décembre
pour le guichet unique électronique dans 10 Satisfait
des douanes 2021
bureaux supplémentaires de douane
Recruter un cabinet pour effectuer un audit Améliorer l’efficacité des
Fin mars 2022 Satisfait
externe de BCECO pour les années 2017-21 investissements publics
Publication de tous les nouveaux contrats Améliorer la transparence
Continu Non satisfait
miniers dans le secteur minier

Troisième revue

Publier le contrat renégocié permettant


Améliorer la transparence
le retour d’actifs miniers en faveur de Action préalable Satisfaite
dans le secteur minier
l’État

78 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 2. République démocratique du Congo : Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC
(continu)

Signer un arrêté révisé pour rendre la


collecte de la TVA comptable conforme à
la législation existante et aux meilleures Améliorer l’administration
Fin juin 2022 Satisfait
pratiques internationales, afin qu’elle de la TVA
s’applique aux sociétés minières, et non à
des produits spécifiques
Publier un plan d’engagements
Améliorer la transparence
budgétaires pour 2022 en ligne avec les Fin juillet 2022 Satisfait
budgétaire
objectifs du programme FEC
Adopter un plan de rationalisation des
Rationaliser la fiscalité Fin septembre 2022 Non satisfait 1/
charges non fiscales
Mettre pleinement en œuvre la première Améliorer l’administration
Fin septembre 2022 Non satisfait
phase du STDA des droits d’accise

Signer un décret portant gouvernance


budgétaire en ligne avec les Améliorer la gestion des
Fin octobre 2022 Satisfait
recommandations de l’assistance finances publiques
technique
Valider l’analyse des besoins de Renforcer la solvabilité de la
Fin novembre 2022 Satisfait
recapitalisation de la BCC par son Conseil BCC
Publication de tous les nouveaux
contrats miniers de même que les
Améliorer la transparence
contrats renégociés selon les provisions Continu Satisfait
dans le secteur minier
du code minier et les recommandations
de l’ITIE

Quatrième revue

Compléter l’audit des arriérés intérieurs Améliorer la gestion des


Fin décembre 2022 Satisfait
(¶20) finances publiques

Signer un décret sur la gestion des


investissements publics couvrant toutes
Améliorer la gestion des
les phases du cycle des projets, en ligne Fin mai 2023 Satisfait
investissements publics
avec les recommandations du rapport
PIMA (¶24)

Mettre en place un cadre règlementaire Améliorer la gestion des Fin mai 2023 Satisfait
délimitant le périmètre et la structure du finances publiques
compte unique du Trésor (¶25)

Publication de tous les nouveaux Améliorer la transparence Continu Non satisfait


contrats miniers de même que les dans le secteur minier
contrats renégociés selon les provisions
du code minier et les recommandations
de l’ITIE (¶37)2/

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 79


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 2. République démocratique du Congo : Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC
(continu)

Cinquième revue

Procéder à un inventaire des charges


parafiscales des comptes spéciaux et des Rationaliser la fiscalité Fin juin 2023 Satisfait
budgets annexes (¶17)
Signer l’ensemble des décrets
Améliorer la gestion des
d’application de la loi sur les partenariats Fin juin 2023 Non Satisfait
investissements publics
public-privé (¶40)
Mettre à jour le manuel d’exécution du
budget pour y inclure les dispositions de
la loi organique sur la gestion des
finances publiques et signer le décret sur Améliorer la gestion des
Fin juillet 2023 Non satisfait
la comptabilité publique clarifiant les finances publiques
critères régissant le recours aux
procédures d’urgence pour les dépenses
(¶24)
Signer un décret précisant que les
augmentations de salaire doivent être
Améliorer la gestion des
décidées conjointement par les ministres Fin juillet 2023 Satisfait
finances publiques
du Budget, des Finances et de la
Fonction publique (¶22)
Compléter la deuxième phase du plan de
rationalisation des charges non fiscales Rationaliser les recettes non
Fin septembre 2023 Satisfait
en lien avec les recommandations du FMI fiscales
(¶16)
Signer un protocole d’accord sur
Renforcer la solvabilité de la
l’implémentation de la recapitalisation de Fin septembre 2023 Non satisfait
BCC
la BCC (¶33)
Adopter une instruction sur les parties Renforcer la régulation Fin novembre 2023 Satisfait
liées en ligne avec le vingtième Principe bancaire et les normes
fondamental de Bâle (¶34) prudentielles
Réviser et compléter les instructions de Renforcer la stabilité Fin novembre 2023 Satisfait
la BCC pour se conformer à la nouvelle financière et la supervision
loi bancaire tel que décrit dans le bancaire
MPEF ¶34
Publication de tous les nouveaux Améliorer la transparence Continu Satisfait
contrats miniers de même que les dans le secteur minier
contrats renégociés selon les provisions
du code minier et les recommandations
de l’ITIE (¶37)

80 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 2. République démocratique du Congo : Repères structurels pour l’accord au titre de la FEC
(conclu)

Sixième revue

Adopter un manuel de procédures de Améliorer la gestion des


Fin décembre 2023
gestion des investissements publics (¶24) investissements publics

Mettre en place un cadre d’exécution des


opérations du Trésor et de la BCC,
Renforcer le cadre LBC/FT Fin mai 2024
conforme aux dispositions de la loi
LBC/FT (¶32)

Adopter les états financiers de l’exercice


Renforcer les sauvegardes
2023 de la BCC produits selon les Fin mai 2024 Proposé
de la banque centrale
normes IFRS (¶33)
Publication de tous les nouveaux
contrats miniers de même que les
Améliorer la transparence
contrats renégociés selon les provisions Continu
dans le secteur minier
du code minier et les recommandations
de l’ITIE (¶37)
Sources : autorités congolaises, et FMI.
1/ Le plan a été adopté le 7 octobre 2022
2/ Le personnel a récemment pris connaissance de certains contrats signés en mars 2022 qui n'ont pas été publiés. Les autorités ont
désormais publié tous les contrats concernés. Toutefois, si ces informations avaient été disponibles au moment du troisième examen, elles
auraient affecté l'évaluation de ce critère de référence structurel. Selon la loi n° 18/001 modifiant et complétant la loi n° 007/2002 sur le
code minier, toutes les conventions minières doivent être publiées dans les soixante jours suivant la date d'entrée en vigueur du contrat.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 81


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Pièce jointe II. Protocole d’Accord Technique

1. Le présent Protocole d’Accord Technique (PAT) contient des définitions et des facteurs
d'ajustement qui clarifient la mesure des critères de performance quantitatifs et des objectifs
indicatifs dans les tableaux 1 et 2, qui sont joints au mémorandum de politiques économiques et
financières. Sauf indication contraire, tous les critères de performance et objectifs indicatifs seront
évalués en termes de flux cumulés depuis le début de chaque année civile.

A. Définitions

2. Dans le PAT, l'extérieur et l’intérieur sont définis sur la base de la résidence.

3. Couverture institutionnelle : L’administration centrale comprend toutes les unités de


l’administration qui exercent leur autorité sur l’ensemble du territoire économique. Toutefois, sauf
indication contraire du présent protocole, l’administration centrale exclut les organisations à but non
lucratif contrôlées et financées par elle. Le système bancaire est composé de la Banque centrale du
Congo (BCC) ainsi que les institutions de dépôt.

4. Les taux de change du programme pour le PAT sont les suivants (cours indicatifs de la BCC
au 31 décembre 2020) :

 Les variables libellées en dollars américains seront converties en francs congolais (CDF) en
utilisant le taux de change du programme de 1971.8046 CDF pour un dollar américain.

 Les variables libellées en DTS seront évaluées au taux de change du programme de


2852.0774 CDF par DTS.

 Les variables libellées en euros seront évaluées au taux de change du programme de


2421.1594 CDF par euro.

 Les variables libellées dans des devises autres que le dollar américain, le DTS ou l'euro seront
d'abord converties en dollars américains au taux de change officiel du 31 décembre 2020,
USD / devise (tirés des Statistiques financières internationales du FMI) puis converties en francs
congolais en utilisant le taux de change du programme CDF / USD.

5. Les critères de réalisation quantitatifs (CR) inclus dans le programme, tels que définis ci-
dessous, se réfèrent aux réserves internationales nettes de la BCC, aux avoirs en devises de la BCC
détenus auprès des correspondants domestiques, au crédit net de la BCC à l’État, aux avoirs
intérieurs nets de la BCC, aux arriérés de paiements extérieurs, aux souscriptions ou de garanties de
nouvelle dette extérieure par le secteur public, et au solde budgétaire intérieur (base caisse). Des
critères de performance sont fixés pour fin juin 2023 et fion décembre 2023, tandis que des objectifs
indicatifs sont fixés pour fin septembre 2023 et fin mars 2024.

82 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

6. En plus des CR spécifiques énumérés au paragraphe 5, comme pour tout arrangement du


Fonds, les CR continus incluent également la non-introduction de restrictions de change et de
pratiques de devises multiples. Plus précisément, la conditionnalité continue couvre (i) la non-
imposition ou l'intensification de restrictions à l'exécution des paiements et des transferts pour les
transactions internationales courantes ; (ii) la non-introduction ou la modification de pratiques de
devises multiples ; iii) non-conclusion d'accords de paiement bilatéraux incompatibles avec l'article
VIII ; et iv) non-imposition ou intensification de restrictions à l'importation pour des raisons de
balance des paiements. Ces CR continus, compte tenu de leur caractère non quantitatif, ne sont pas
repris dans le tableau CR annexé au MPEF.

B. Critères de réalisation quantitatifs et facteurs d’ajustement

Planchers sur les variations des réserves internationales nettes de la BCC

7. Définition : Les réserves internationales nettes (RIN) sont définies comme la différence
entre les réserves internationales brutes de la BCC et la totalité de ses engagements extérieurs, à
l’exclusion des allocations de DTS.

8. Définition : Les réserves internationales brutes sont définies conformément à la sixième


édition du manuel de la balance des paiements et du manuel de la position extérieure globale
(BPM6) et comme la somme des éléments suivants : i) les avoirs en or monétaire de la BCC détenus à
l’étranger ; ii) les avoirs en DTS détenus à l’étranger ; (iii) l’encaisse en devise ; et iv) les créances
convertibles sur les non-résidents, telles que les dépôts à l'étranger et les valeurs étrangères. Les
éléments suivants sont exclus de la définition des réserves internationales brutes : les créances en
devises sur les résidents, les avoirs en monnaie non convertible, les avoirs dont la disponibilité est
sujette à des conditions, et les avoirs qui, d'une manière ou d'une autre, sont grevées ou gagées, y
compris sans s’y limiter, les avoirs de réserves utilisées comme gages ou garanties d'engagements
extérieurs tiers et les transactions de swap.

9. Définition : Les engagements extérieurs sont tous les engagements en devises de la BCC
envers les non-résidents dont le FMI mais excluant les allocations de DTS.

10. Les ajustements ci-après s'appliqueront aux planchers des RIN :

 Appui à la balance des paiements (ABP) : les planchers des RIN seront ajustés à la hausse d'un
montant équivalant à 50% de l'excédent d’ABP par rapport aux niveaux programmés. Les
planchers des RIN seront ajustés à la baisse d’un montant équivalent à 50% du moins perçu par
rapport aux niveaux programmés.

 Paiements au titre du service de la dette extérieure : les planchers des RIN seront ajustés i) à
la hausse d’un montant équivalant au sous-paiement du service de la dette extérieure par
rapport aux montants programmés ou ii) à la baisse d’un montant équivalant à l’excédent de
paiement du service de la dette extérieure par rapport aux montants programmés.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 83


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

 Produit des privatisations en devises convertibles (PPDC) : les planchers des RIN seront ajusté
à la hausse d'un montant équivalant à 50% de la totalité de l'excédent du PPDC par rapport aux
niveaux programmés. Il n’y aura pas d’ajustement à la baisse en cas de moins-perçu.

11. Définition : l’ABP comprend tous les dons et prêts extérieurs déboursés à l’administration
centrale, à l’exclusion de ceux liés à des projets.

12. Définition : les paiements au titre du service de la dette extérieure de l’administration


centrale sont définis comme les paiements de principal et d’intérêts dus aux créanciers extérieurs (à
l'exclusion du FMI).

Plafonds sur les niveaux des avoirs en devises de la BCC détenus auprès des
correspondants domestiques

13. Définition : les avoirs en devises de la BCC détenus auprès de correspondants


domestiques sont définis comme étant les avoirs de la BCC (i) de toute dénomination autre que le
franc congolais ; (ii) détenus auprès d’institutions ou de filiales domiciliées en République
Démocratique du Congo ; (iii) mais excluant les dépôts de la BCC utilisés comme garantie/collatéral
pour des emprunts de l’administration centrale (tels que définis au §30).

Plafonds sur les variations des avoirs intérieurs nets de la BCC

14. Définition : Les avoirs intérieurs nets (AIN) de la BCC sont définis comme la base monétaire
(voir §15) moins les réserves internationales nettes (voir §7) moins les avoirs extérieurs exclus des
réserves internationales, moins les titres du Trésor au profit de la BCC (§18), moins, à partir de
décembre 2022, les réserves obligatoires constituées par les institutions de dépôt. Sur la base de
cette définition, les AIN de la BCC comprennent : (i) le crédit net à l’État (administration centrale (voir
§17) ; (ii) crédit au secteur privé ; (iii) crédit aux entreprises publiques ; (iv) crédit aux banques
commerciales ; (v) les autres créances sur le reste de l'économie (sur d'autres institutions financières
et d'autres institutions non financières) ; et (vi) les autres avoirs nets.

15. Définition : la base monétaire au sens strict est définie comme la somme de i) la circulation
fiduciaire ; ii) les encaisses monétaires des banques ; iii) les dépôts des banques à la BCC ; iv) les
dépôts du secteur privé non bancaire à la BCC ; et v) les dépôts des entreprises publiques à la BCC.

16. Les ajustements suivants seront apportés aux plafonds d’AIN :

 ABP : les plafonds d’AIN seront ajustés à la baisse d'un montant équivalent à 50% du ABP total
au-delà du niveau programmé. Les plafonds d’AIN seront ajustés à la hausse d’un montant
équivalent à 50% du moins perçu par rapport aux niveaux programmés.

 Paiement du service de la dette extérieure : les plafonds d’AIN seront ajustés (i) à la baisse
d'un montant équivalent au sous-paiement du service de la dette par rapport aux montants
programmés ; et (ii) à la hausse d'un montant équivalent à l'excédent des paiements du service
de la dette extérieure par rapport aux montants programmés.

84 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


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 Réserves obligatoires pour les dépôts en devises : Avant décembre 2022, les plafonds d’AIN
seront ajustés à la hausse (à la baisse) par l'augmentation (diminution) des réserves obligatoires
pour les dépôts en devises par rapport aux projections du programme (poste pour mémoire).

 Produit de la privatisation : les plafonds des AIN seront ajustés à la baisse, d'un montant
équivalant à 50% de l'excédent du produit des privatisations (PPDC compris) par rapport aux
niveaux programmés. Il n’y aura pas d’ajustement à la hausse des plafonds d’AIN en cas de
moins-perçu.

Plafonds sur les variations du crédit net de la BCC à l'État (CNE)

17. Définition : le crédit net de la BCC à l’État (CNE) est défini comme la différence entre les
créances brutes de la BCC sur l’administration centrale et les dépôts de l’administration centrale à la
BCC. Les dépôts du gouvernement comprennent ceux liés à la Convention sur la distribution des DTS
entre le gouvernement et la BCC. Aux fins du suivi du programme, les dépôts de l’État liés aux projets
financés sur ressources extérieures de même que les titres du Trésor au profit de la BCC sont
exclus du CNE.

18. Définition : Les titres du Trésor au profit de la BCC sont des titres rémunérés émis par le
Trésor afin de recapitaliser la BCC ou de régulariser les créances historiques de la BCC sur l’État, et
couvrant les pertes d'exploitation passées, les pertes d'exploitation non garanties de 2011 et les
années ultérieures, les paiements d'intérêts impayés pour les titres liés aux pertes d'exploitation de la
BCC et les pertes de conversion de devises. Ces titres incluent notamment les obligations du Trésor
remboursables in fine prévues au Protocole d’accord entre le Gouvernement et la Banque Centrale du
Congo sur la régularisation de ses créances sur le Trésor public de décembre 2021, et de son avenant
d’avril 2022. Les crédits non rémunérés de la BCC à l'État, les titres du Trésor ne portant pas intérêt et
les avances de la BCC au Trésor sont exclus de cette définition.

19. Les ajustements ci-après s’appliqueront aux plafonds du CNE.

 ABP : les plafonds du CNE seront ajustés à la baisse, d’un montant équivalant à 50% de
l’excédent d’ABP par rapport au niveau programmé. En cas de moins-perçu, les plafonds du CNE
seront ajustés à la hausse d’un montant équivalent à 50% du moins perçu par rapport aux
niveaux programmés.

 Paiements au titre du service de la dette extérieure : les plafonds du CNE seront ajustés i) à la
baisse d’un montant équivalant au sous-paiement du service de la dette par rapport aux
montants programmés ou ii) à la hausse d’un montant équivalant à l’excédent de paiement du
service de la dette extérieure par rapport aux montants programmés.

 Produit des privatisations : les plafonds du CNE seront ajustés à la baisse d'un montant
équivalant à 50% la totalité de l'excédent du produit des privatisations par rapport aux niveaux
programmés. Il n’y aura pas d’ajustement à la hausse en cas de moins-perçu.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 85


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Planchers sur le solde budgétaire intérieur

20. Définition : le solde budgétaire intérieur (base caisse) est défini comme les recettes
intérieures moins les dépenses financées sur ressources intérieures. Les recettes intérieures sont
définies comme le total des recettes et des dons moins les dons. Les dépenses financées sur
ressources intérieures sont définies comme le total des dépenses moins les investissements
financés sur ressources extérieures (prêts et dons) moins les paiements au titre des intérêts étrangers
plus l'accumulation nette d'arriérés intérieurs.

21. Les ajustements : ci-après s’appliqueront aux planchers du solde budgétaire intérieur :

 Paiement des arriérés intérieurs : Les planchers du solde budgétaire intérieur seront ajustés à
la baisse (déficit supérieur) de l’équivalent du montant des remboursements d’arriérés intérieurs
effectués au-delà du montant programmé ; symétriquement, ils seront ajustés à la hausse (déficit
inférieur) de l’équivalent du montant des remboursements d’arriérés intérieurs effectués en-deçà
du montant programmé.

 Investissements financés sur ressources intérieures : Les planchers du solde budgétaire


intérieur seront ajustés à la hausse (déficit inférieur) de l’équivalent du montant des
investissements financés sur ressources intérieures effectués en-deçà (en moins) du montant
programmé.

 Produit des privatisations : Les planchers du solde budgétaire intérieur seront ajustés i) à la
hausse d'un montant équivalant au montant au moins-perçu total du produit des privatisations
par rapport au niveau programmé ; ii) à la baisse de 50% du montant total du produit des
privatisations dépassant le niveau programmé.

 Recettes de l’administration centrale : Les planchers du solde budgétaire intérieur seront


ajustés à la hausse d'un montant équivalant à 80% de l’excédent des recettes de l’administration
centrale par rapport au niveau programmé. Il n’y aura pas d’ajustement à la baisse en cas de
moins-perçu de recettes.

22. Définition : Les arriérés intérieurs sont définis comme les obligations aux fournisseurs
publics domestiques qui n’ont pas été réglées à la date de leur exigibilité conformément aux
dispositions contractuelles avec un retard d'au moins 60 jours, y compris également les crédits de
TVA dus mais non remboursés, et qui ont été certifiés et validés par le gouvernement.

Plafonds sur l’accumulation d’arriérés de paiement extérieurs

23. Définition : les arriérés de paiement extérieurs sont définis comme les obligations au titre
du service de la dette extérieure (intérêts et principal) de l’administration centrale qui n’ont pas été
réglées à la date de leur exigibilité conformément aux dispositions contractuelles. Les plafonds sur
les nouveaux arriérés de paiement extérieurs s’appliquent de manière continue durant toute la
période couverte par la Facilité Élargie de Crédit. Il ne s ’applique ni aux arriérés de paiement
extérieurs en cours de renégociation ni à ceux dont le créancier a accepté de suspendre le paiement

86 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

en attendant l’issue de négociations. Aux fins de ce CR continu, qui fait l'objet d'un suivi continu, le
gouvernement signalera immédiatement aux services du FMI tout nouvel arriéré extérieur qu'il
accumule.

Plafonds de la valeur actuelle des contrats ou des garanties de la nouvelle dette


extérieure par le secteur public

24. Définition : le secteur public comprend l’administration centrale (État), les administrations
locales, la banque centrale (BCC), les entreprises publiques,1 les entités territoriales décentralisées
(ETDs), ainsi que les établissements publics contrôlés et financés par l’administration centrale.

25. Définition : la dette est définie conformément au paragraphe 8(a) des Directives sur la
conditionnalité de la dette publique dans les accords du Fonds joint à la décision No. 16919-(20-103)
du conseil d’administration, adoptée le 8 octobre 2020. La dette extérieure est définie comme
contractée lorsque toutes les parties ont signé le contrat de dette. Aux fins du programme, la dette
extérieure est mesurée sur une base brute en utilisant le critère de résidence.

26. Définition : la garantie d’une dette survient de toute obligation juridique explicite incombant
au secteur public de rembourser une dette en cas de défaut de paiement par le débiteur (paiements
en numéraire ou en nature), ou de toute obligation légale ou contractuelle implicite du secteur
public de financer totalement ou en partie toute insuffisance de paiement de la part du débiteur.

27. Définition : La valeur actuelle (VA) de la nouvelle dette extérieure est calculée en actualisant
tous les décaissements prévus et les paiements du service de la dette (principal et intérêts) sur la
base d'un taux d'actualisation du programme de 5% et en tenant compte de toutes les conditions du
prêt, notamment les décaissements prévus, l'échéance, le délai de grâce, le calendrier des paiements,
les frais d'entrée et les frais de gestion. La VA est calculée à l'aide du "modèle d'AVD" du FMI, qui est
basé sur le montant du prêt et les paramètres susmentionnés. Dans le cas de prêts pour lesquels
l'élément don est nul ou inférieur à zéro, la VA est fixée à un montant égal à la valeur nominale.

28. Définition : Plafond. À partir de mars 2022, un critère de performance s'applique à la VA de


la nouvelle dette extérieure (c’est à dire la dette envers les non-résidents), contractée ou garantie par
le secteur public avec des échéances initiales d'un an ou plus. Le plafond s'applique aux
engagements contractés ou garantis pour lesquels aucune valeur n'a été reçue. Il exclut l'utilisation
des ressources du Fonds et les crédits d'importation normaux ayant une échéance inférieure à un
an.2

29. Définition : Exigence de déclaration. Les autorités informeront les services du FMI de tout
emprunt extérieur prévu et des conditions de cet emprunt avant que les prêts ne soient contractés

1 Seules Gécamines, la SNEL, et MIBA sont incluses dans ce critère de réalisation.


2 Un accord financier pour les importations sera considéré comme « normal » quand le crédit est autoliquidé.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 87


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

ou garantis par le gouvernement et consulteront les services du FMI sur toute opération potentielle
de gestion de la dette.

C. Objectifs Indicatifs

Plafonds sur les variations des dépôts de la BCC utilisés comme garantie/collatéral
pour des emprunts de l’administration centrale

30. Définition : les dépôts de la BCC utilisés comme garantie/collatéral pour des emprunts
de l’administration centrale est défini comme la somme des dépôts qui servent de garantie, sous
une forme ou une autre, a des crédits contractés par l’administration centrale. Leur variation est
définie comme la différence du montant ces dépôts entre la date test et celui de la fin de l’année
précédente.

Planchers sur les recettes de l’administration centrale

31. Définition : Les recettes de l'administration centrale sont définies conformément au


manuel des statistiques des finances publiques (GFSM 2001) mais sur la base de la comptabilité de
caisse, à l'exclusion des dons. Les recettes sont une augmentation de la valeur nette de
l’administration centrale (y compris ses unités dans les provinces et les agences) résultant d'une
transaction.

 Les recettes de l'administration centrale comprennent les impôts et autres transferts obligatoires
imposés par l’administration centrale, les revenus de la propriété provenant de la propriété
d'actifs, les ventes de biens et services, les cotisations sociales (à l'exclusion des cotisations de
retraite reçues par l'administration centrale), les intérêts, les amendes, les pénalités et les
confiscations et les transferts volontaires reçus de non-pouvoirs publics autres que les
subventions. La définition, pour le suivi des programmes, exclut les subventions et autres
contributions non obligatoires reçues de gouvernements étrangers et d'organisations
internationales ; ces transferts entre les administrations centrales seraient éliminés lors de la
consolidation des rapports budgétaires et ne seraient pas comptabilisés en tant que recettes. Les
recettes provenant de la vente d'actifs non financiers (par exemple, la privatisation et les primes
de signature de contrats de ressources naturelles) et les transactions sur actifs et passifs
financiers, telles que les emprunts mais à l'exception des paiements d'intérêts, sont également
exclues de la définition des revenus. Le transfert des bénéfices de la BCC au Trésor est également
exclu de la définition des revenus. Les recettes des comptes spéciaux et budget annexes sont
également exclues.

 Les recettes doivent être comptabilisées sur la base de la comptabilité de caisse et les flux
doivent être enregistrés lors de la réception de la trésorerie. Les paiements anticipés
exceptionnels seront traités comme s'ils avaient été reçus à la date d'échéance normale.

88 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Planchers sur les dépenses sociales

32. Définition : Les dépenses sociales sont des dépenses de l’administration centrale (excluant
les salaires) définies comme la somme des :

 Dépenses de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et adolescente (SRMNEA) et


soins de santé primaires

 Décaissements du cofinancement de vaccins soutenu par GAVI et achat de vaccins traditionnels

 Décaissements du cofinancement tuberculose / paludisme / VIH/SIDA

Plafonds sur l’accumulation des arriérés de salaires de l’administration centrale

33. Définition : Les arriérés de salaires sont définis comme les salaires et traitements approuvés
dont le règlement enregistre un retard de 60 jours. Les salaires et traitements incluent le total de la
rémunération des employés de la fonction publique, y compris les prestations permanentes. Ces
arriérés seront évalués sur une base cumulée à compter du 1 juillet 2021.

34. Définition : Les employés de la fonction publique sont le personnel civil, policier et militaire
soit fonctionnaires statutaires ou sous contrat avec l’administration centrale.

Plafonds sur la masse salariale

35. Définition : La masse salariale est définie comme la rémunération totale versée aux
employés de la fonction publique (voir §34), y compris les avantages permanents.

Plafonds sur les dépenses de l’administration centrale exécutées en procédures


d’urgence

36. Définition : les dépenses de l’administration centrale exécutées en procédures d’urgence


sont les dépenses n’ayant pas été exécutées selon les procédures normales de la chaîne de la
dépense.

37. Définition : Le plafond est défini trimestriellement comme le pourcentage des dépenses de
l’administration centrale exécutées en procédures d’urgence par rapport au total des dépenses de
l’administration centrale sur ressources propres.

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 89


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D. Données à communiquer pour les besoins du suivi du programme

38. Les autorités de la RDC fourniront aux services du FMI les informations requises pour le suivi
du programme dans les délais prescrits comme indiqué au tableau ci-après.

Tableau 1 du texte. République démocratique du Congo : Vue d’ensemble des données


devant être transmises par les autorités
Fréquence des
données Délai de
Institution
Description des données (Fréquence des transmission
responsable
rapports, si (jours ouvrables)
différente)

Taux de change et statistiques du marché des


changes BCC (Direction des
Y compris les taux et les volumes soumis par les Opérations
banques commerciales, les bureaux de change et la Bancaires et des Journalière
1 BCC ; le taux de change officiel (cours indicatif) ; les Marchés (DOBM) ; (Hebdomadaire) 1
taux de change du marché parallèle ; les Direction de la
interventions de la BCC ; les ventes aux enchères de recherche et des
devises de la BCC ; l'offre et la demande de devises statistiques (DRS))
déclarées par les banques commerciales.

Actifs et passifs extérieurs de la BCC BCC (Direction des


Désagrégés par catégorie et par devise ; NIR et GIR Opérations Journalière
2 selon la définition du programme. 1
Bancaires et des (Hebdomadaire)
Marchés (DOBM))

Instruments et interventions de politique


monétaire
Journalière
3 Bons BCC, facilité de swap, guichets de prêts BCC
(Hebdomadaire)
1
d'urgence, marché interbancaire (taux et volumes,
par banque)

Réserves des institutions de dépôt à la BCC BCC (Direction de


Réserves obligatoires et excédentaires la surveillance des Journalière
4 1
intermédiaires (Hebdomadaire)
financiers (DSIF))

Situation des institutions de dépôt (SID)


5 Situation de la banque centrale et des autres BCC Mensuelle 10
institutions de dépôt.

Situation monétaire détaillée :


6 Formulaires standard de déclaration des données BCC Mensuelle 10
1SR & 2SR

Dépôts des administrations publiques auprès de


7 la BCC et des banques commerciales : BCC Mensuelle 10
Par type, entité et devise

90 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 1 du texte. République démocratique du Congo : Vue d’ensemble des données


devant être transmises par les autorités (continu)
Garanties de la BCC
Billets à ordre, dépôts à terme, dépôts garantis, ou
tout autre type de garantie contractée par la BCC
dans les banques commerciales locales (par banque,
8 BCC Mensuelle 10
catégorie, conditions et devise) ; pour les garanties,
informations détaillées sur les paiements liés aux
prêts garantis, et conditions de ces prêts et des
garanties associées.
Relevé de compte BIS 2D FMI USD
Relevé de compte (format de données électronique
9 téléchargeable) fourni par la BRI pour le compte de BCC Mensuelle 10
dépôt à deux jours en USD ouvert dans les livres de
la BCC pour enregistrer les décaissements liés au FMI.

Suivi des critères monétaires


Réserves internationales nettes, crédit net de la BCC à
10 l’État, avoirs intérieurs nets de la BCC, avoirs en BCC Mensuelle 15
devises de la BCC détenus auprès des
correspondants domestiques.
Paiements en espèces de la BCC
11 Opérations de la BCC et de caissier de l'état, par BCC Mensuelle 10
devise et procédure d'exécution

12 Budget en monnaie nationale de la BCC BCC Mensuelle 3


Bilans des banques commerciales BCC (Direction de
Tableaux détaillés de l'actif et du passif, pour chaque la surveillance des
13 Mensuelle 10
établissement de dépôt et agrégés, répartis entre intermédiaires
monnaie nationale et devises. financiers (DSIF))
Indicateurs de solidité financière (ISF) BCC (Direction de
Adéquation des fonds propres, qualité des actifs, la surveillance des
14 Mensuelle 10
rentabilité, liquidité, sensibilité aux risques de intermédiaires
marché. financiers (DSIF))
Structure à terme des taux d'intérêt BCC (Direction de
Des institutions de dépôt et de la BCC la surveillance des
15 Mensuelle 10
intermédiaires
financiers (DSIF))
Budget en devises BCC (Direction des
Opérations
16 Hebdomadaire 5
Bancaires et des
Marchés (DOBM))
Condensé statistique
17 Principales productions BCC Mensuelle 15

Exportations et importations de produits de base


18 Valeur et volume BCC Mensuelle 15

Opérations du compte de capital et du compte


19 financier de la balance des paiements BCC Trimestrielle 15

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 91


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Tableau 1 du texte. République démocratique du Congo : Vue d’ensemble des données


devant être transmises par les autorités (continu)
20 Estimations et prévisions du PIB CESCN Trimestrielle 45
Dépenses exécutées en procédure d'urgence
Montants approuvés par la commission des Comité des
21 Trimestrielle 15
dépenses d'urgence et montants payés et régularisés urgences
par la BCC.
Recettes des droits de douane et d'accises
22 Y compris ceux du secteur minier, ventilés par DGDA Mensuelle 40
catégorie

23 Revenus des impôts directs et indirects DGI Mensuelle 40


Revenus du secteur minier
24 DGI Mensuelle 40
Par nature
25 Souscriptions à l'impôt sur les sociétés (IBP) DGI Annuelle 20
Recettes non fiscales
26 À l'exclusion des provinces, y compris les revenus du DGRAD Mensuelle 20
secteur minier
Produits de la privatisation Ponctuelle, en
27 DGRAD cas de vente 15
d’actifs
28 Indicateurs de la production nationale INS Mensuelle 15

29 Indice des prix à la consommation INS Hebdomadaire 5


Estimation du coût budgétaire de la politique de Ministère de
tarification des carburants l'Économie
30 (validation par le Trimestrielle 40
Ministère des
Finances)
Arriérés extérieurs Ministère des
Montants actualisés Finances (Direction
31 Générale de la Mensuelle 15
Dette Publique
(DGDP))
Service de la dette extérieure Ministère des
Intérêts et principal, détaillé par créancier Finances (Direction
32 Générale de la Mensuelle 10
Dette Publique
(DGDP))
Dette intérieure de l'administration centrale Ministère des
Stock et service de la dette, par catégorie et par Finances (Direction
33 créancier Générale de la Trimestrielle 15
Dette Publique
(DGDP))

92 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 1 du texte. République démocratique du Congo : Vue d’ensemble des données


devant être transmises par les autorités (continu)
Dette extérieure publique contractée Ministère des
Ponctuelle, en
Y compris par les administrations centrale ou locales, Finances (Direction
cas de signature
34 les entreprises publiques (Gécamines, Sicomines, Générale de la 15
de contrat de
SNEL, MIBA) et la BCC ; détails sur les Dette Publique
prêt
garanties/collatéraux associés. (DGDP))
Encours de dette extérieure publique Ministère des
Y compris par les administrations centrale ou locales, Finances (Direction
35 les entreprises publiques (Gécamines, Sicomines, Générale de la Annuelle 30
SNEL, MIBA) et la BCC ; plans d’amortissement Dette Publique
associés. (DGDP))
Situation de la collecte des recettes provenant des Ministère des
ressources naturelles Finances (Comité
36 Technique de suivi Trimestrielle 20
et évaluation des
Réformes (CTR))
Plan de trésorerie de l'État (PTR) Ministère des
Exécution et projections Finances (Direction
Générale du Trésor
37 Hebdomadaire 5
et de la
Comptabilité
Publique (DGTCP))
Bons et obligations du Trésor Ministère des
38 Montant des émissions, échéances et taux d'intérêt ; Finances (Comité Hebdomadaire 3
amortissement des titres)
Exportations minières Ministère des
Par minerai et par société, ainsi que des projections Mines (Cellule
annuelles Technique de Mensuelle &
39 10
Coordination et de Trimestrielle
Planification
Minière (CTCPM))
Arriérés budgétaires Ministère du
Stock actualisé Budget (Direction
40 Annuelle 15
du Contrôle
Budgétaire (DCB))
État de suivi budgétaire (ESB) Ministère du
Budget (Direction
Générale des
41 Politiques et Mensuelle 10
Programmation
Budgétaire
(DGPPB))
Arriérés de salaires Ministère du
42 Stock, y compris les détails par catégorie Budget (Direction Mensuelle 60
de la Paie)

FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL 93


RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Tableau 1 du texte. République démocratique du Congo : Vue d’ensemble des données


devant être transmises par les autorités (conclu)
Plan prévisionnel d'engagement des dépenses Ministère du
Budget (Direction
43 Trimestrielle 10
du Contrôle
Budgétaire (DCB))
Note de conjoncture économique Ministère du Plan
Préparé pour la réunion hebdomadaire avec le (Direction des
44 premier ministre études Hebdomadaire 3
macroéconomiques
(DEME))

94 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


Déclaration de M. Sylla, Administrateur, M. Matungulu, Administrateur suppléant, et Mme Nkusu,
Conseillère principale auprès de l'Administrateur à propos de la République Démocratique du
Congo

Réunion du conseil d’administration


Le 14 décembre 2023

Au nom des autorités congolaises, nous tenons à exprimer notre appréciation au conseil
d’administration, la direction et aux services du FMI pour leur coopération durable avec la
République Démocratique du Congo (RDC) et le dialogue constructif sur les politiques
économiques. L’aide financière et le développement des capacités apportés dans le cadre de l’accord
au titre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC) ont contribué à la mise en œuvre de politiques économiques
avisées et de réformes structurelles indispensables dans le cadre du Plan National Stratégique de
Développement 2019–23 (PNDS).

Bien que les performances macroéconomiques et la mise en œuvre du programme aient été
confrontées à des défis importants au cours de la période considérée, les autorités ont préservé
la stabilité macroéconomique et fait avancer avec succès leur vaste programme de réformes. Ces
défis comprennent les attaques continues des groupes armés dans l'est du pays, avec des épisodes de
violence intensifiée et une détérioration des conditions humanitaires des populations civiles. Des
dépenses publiques exceptionnelles ont été nécessaires pour répondre aux besoins sociaux et de
sécurité qui en découlent, y compris la fourniture de biens et de services à une importante population
déplacée. Il s'agit notamment des personnes touchées par les glissements de terrain et les inondations
provoqués par les fortes pluies torrentielles du début de mai 2023, qui ont coûté la vie à plus de 400
personnes. D'autres pressions budgétaires découlent du coût élevé de l'organisation des prochaines
élections générales et présidentielles, prévues pour le 20 décembre 2023. Sur le front extérieur, la baisse
des prix et des exportations de cobalt a réduit les recettes minières du gouvernement dans un contexte
de pressions accrues sur les dépenses. Malgré ces évolutions défavorables, les autorités ont préservé
les objectifs du programme soutenu par la FEC. Elles restent déterminées à faire avancer la mise en
œuvre de leur programme de réformes économiques.

DEVELOPPEMENTS ÉCONOMIQUE RECENTS ET PERFORMANCE DU PROGRAMME

Développements économiques récents

Malgré un contexte national et mondial difficile, la croissance économique s'est avérée résiliente,
bien qu'elle ait été révisée à la baisse pour 2023. Projetée à 6,8 % au moment de la quatrième revue,
la croissance du PIB réel pour 2023 a été révisée à 6,2 %, restant ainsi robuste. L'ajustement à la baisse
reflète une sous-performance du secteur minier, partiellement compensée par une activité plus forte que
prévu dans la construction privée et le développement des infrastructures publiques.

Les résultats d'autres indicateurs macroéconomiques-clés ont été généralement moins favorables
que prévu. Alimentée par une forte dépréciation du franc congolais (CDF), l'inflation en glissement
annuel s'est accélérée, passant de 13,1 % à la fin de 2022 à 16,9 % à la fin de mars 2023, et à 23,3 % à
la fin de juillet 2023. L'inflation a reculé à 21,7 % à la fin octobre 2023 après un resserrement agressif de
la politique monétaire de la banque centrale et une intervention sur le marché des changes. Le taux
directeur a été relevé de 11 % à 25 % en août et des ventes nettes de devises étrangères de 239 millions
de dollars au troisième trimestre 2023 ont contribué à endiguer la volatilité excessive du taux de change.
La baisse des cours mondiaux des exportations de minéraux, en particulier du cobalt, a
considérablement affecté le pays. Elle a entraîné un manque à gagner pour le gouvernement qui,
associée à une facture d'importations plus élevée, a contribué à creuser le déficit des comptes courants
et à une accumulation de réserves de change moins importante que prévu en 2023H1. Au cours des dix
premiers mois de 2023, l'augmentation cumulée des réserves brutes s'est élevée à environ 400 millions
de dollars portant les réserves totales à fin octobre 2023 à 4,9 milliards de dollars, soit l'équivalent de
deux mois d'importations (contre 1,4 mois d'importations à fin 2021).

Performance du programme

La performance du programme a été globalement satisfaisante. À la fin du mois de juin 2023, tous
les critères de performance quantitatifs (CPQ) sauf un et toutes les cibles indicatives (CI) sauf deux ont
été atteints. Reflétant les défis évoqués plus haut, la CI relative aux recettes de l'administration centrale
et le CPQ relatif au solde budgétaire intérieur n'ont pas été atteints, les autorités ayant donné la priorité
aux dépenses liées à la sécurité et aux élections. Presque toutes les autres QPC ont été largement
respectées. Les deux CI manquées pour la fin juin 2023 sont les planchers sur les recettes de
l'administration centrale et les dépenses sociales. Comme indiqué lors du quatrième examen, l'objectif en
matière de dépenses sociales ne couvre qu'un ensemble étroitement défini de dépenses dans le cadre
de trois programmes de santé. Il n'a pas été atteint en dépit des dépenses importantes allouées à
d'autres domaines sociaux, notamment celles engagées pour faire face à l'insécurité accrue et aux
déplacements de population. Néanmoins, il y a eu une amélioration dans l'exécution des dépenses
sociales par rapport aux objectifs du programme ; 80% à fin juin 2023 contre environ 73% à fin décembre
2022. Le cas de la RDC illustre la nécessité pour toutes les parties prenantes de repenser la définition et
l'utilisation des objectifs de dépenses sociales dans les programmes soutenus par le Fonds.

Le critère de performance permanent sur l’interdiction de pratiques de change multiples (MCP) n'a
pas été respecté. Le manquement résulte de l'introduction par la BCC, durant une période de volatilité
excessive du taux de change du CDF en 2023T3, de limites temporaires sur le taux de change auquel les
banques pouvaient offrir des devises à leurs clients par rapport au taux de change officiel des
transactions d'adjudication de devises de la BCC. Les autorités ont annulé la mesure et se sont
engagées à ne pas recourir à cette pratique à l'avenir.

Six des neuf critères de référence structurels ont été atteints et les trois autres ont été mis en
œuvre avec retard ou partiellement pour diverses raisons. La signature du décret d'application de la
loi sur les partenariats public-privé (PPP), un SB de fin juin 2023, a eu lieu le 26 octobre 2023. Le temps
additionnel était nécessaire pour assurer l'harmonisation technique entre les entités concernées, divers
ministères et agences. Le double SB de fin juillet 2023 consistant à mettre à jour le manuel d'exécution
du budget pour y inclure les dispositions de la loi organique sur la gestion des finances publiques (GFP)
et à signer le décret sur la comptabilité publique clarifiant les critères régissant l'éligibilité des dépenses à
l'exécution dans le cadre des procédures d'urgence a été mis en œuvre avec retard. Le manuel a été
achevé et le décret sur la comptabilité publique a été signé, en septembre et octobre, respectivement. La
signature d'un protocole d'accord entre le ministère des finances et la BCC sur la recapitalisation de cette

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dernière, un SB de fin septembre 2023, a été réalisée avec retard. Il y aurait une nouvelle évaluation des
besoins de recapitalisation de la BCC qui pourrait se traduire par une exigence de fonds propres plus
élevée que celle envisagée précédemment après la transition de la BCC vers la publication de ses états
financiers conformément aux normes internationales d'information financière (IFRS). Toutefois, un
protocole d'accord sur la recapitalisation de la BCC au niveau exigé par sa loi organique a été signé le 20
novembre 2023, pour le transfert de 213 milliards de CDF du Trésor à la BCC à partir de 2024 selon un
calendrier convenu. Une fois qu'une évaluation des besoins de recapitalisation basée sur des états
financiers de la BCC conformes aux normes IFRS sera achevée, un autre protocole d'accord sera signé
pour recapitaliser entièrement la BCC.

PERSPECTIVES ET RISQUES

La croissance devrait se modérer mais rester forte, notamment en raison d'un effet de base en
2024, et les principaux indicateurs macroéconomiques devraient s'améliorer. Pour 2024, avec la
stabilisation de la production minière, la croissance du PIB réel devrait ralentir pour atteindre 4,8 %, soit
presque le niveau projeté au moment du quatrième examen. À moyen terme, la croissance du PIB devrait
s'établir en moyenne à environ 5 %, soutenue à la fois par les secteurs minier et non minier. Suivant une
politique monétaire prudente associée à une politique budgétaire favorable, l'inflation des prix à la
consommation devrait tomber de moins 21 % à la fin de 2023 à 11,6 % à la fin de 2024 et continuer à
ralentir à la fin de 2025 pour atteindre 7 %, ce qui est l'objectif d'inflation de la BCC. Le déficit de la
balance courante devrait se réduire sur la période 2023-2028 d'environ 2,5 points de pourcentage pour
atteindre 2,9 % du PIB. L'amélioration du compte courant contribuerait à une accumulation progressive
des réserves officielles de change, qui devraient atteindre 9,2 milliards USD à la fin de 2028, soit 3 mois
d'importations, contre 2,2 mois d'importations à la fin de 2023.

Les autorités et les services du FMI s'accordent à dire que l'incertitude reste élevée et que les
perspectives sont soumises à d'importants risques de détérioration. Ces risques découlent de
l'intensification des tensions géopolitiques associées à la guerre en Ukraine et au conflit au Moyen-
Orient, qui pourraient entraîner une volatilité des prix des produits de base ; un ralentissement brutal de
la croissance économique mondiale qui pourrait avoir un impact négatif sur les exportations de la RDC.
Sur le plan intérieur, les risques comprennent une aggravation de la situation sécuritaire dans l'Est, des
événements climatiques extrêmes qui pourraient endommager les infrastructures, et l'instabilité politique
après les prochaines élections générales. Les autorités ont renforcé leurs forces militaires et de sécurité
pour défendre le pays contre les milices armées et sont prêtes à ajuster leurs politiques économiques si
cela s'avère nécessaire pour atténuer d'autres risques. Elles ont pris des mesures pour promouvoir des
élections pacifiques et démocratiques afin de préserver les acquis économiques et sociopolitiques de ces
dernières années.

POLITIQUES ET REFORMES POUR LE DERNIER TRIMESTRE 2023 ET AU-DELA

Nos autorités congolaises sont fermement attachées aux objectifs du programme et aux réformes
à venir. Déterminées à éviter que les dépassements de dépenses observés jusqu'à la fin du troisième
trimestre 2023 ne se reproduisent, elles se sont engagées à resserrer la politique budgétaire au
quatrième trimestre 2023 afin de renforcer les amortisseurs budgétaires et de préserver la stabilité
macroéconomique.

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Politique budgétaire et réformes

Au-delà de 2023, l'assainissement budgétaire sera soutenu par des mesures vigoureuse en
matière de recettes et de dépenses. Les efforts de mobilisation des recettes resteront axés sur
l'élargissement de l'assiette fiscale ; l'amélioration du respect des obligations fiscales en facilitant
l'enregistrement des contribuables et en accélérant la numérisation ; la limitation des exonérations de
TVA, notamment en s'abstenant d'accorder de nouvelles exonérations ad hoc et injustifiées ; le
renforcement de la performance des taxes douanières, notamment par la modernisation des
infrastructures ; et l'amélioration de la performance des recettes non fiscales par la poursuite de
l'automatisation des procédures de collecte des recettes. Du côté des dépenses, les autorités se sont
engagées à contenir la croissance de la masse salariale. À court terme, l'arrêté interministériel signé en
juillet 2023 précisant que toute augmentation de salaire doit être approuvée par trois ministres - les
ministres du budget, des finances et de la fonction publique - devrait permettre d'éviter les augmentations
ponctuelles et désordonnées de la masse salariale. En outre, l'élaboration et la mise en œuvre d'une
stratégie globale en matière de politique salariale et le nettoyage de la base de données de la fonction
publique afin d'éliminer les employés fantômes contribueraient également à limiter la masse salariale.
D'autres politiques de dépenses viseront à limiter les dépenses exécutées dans le cadre de procédures
d'urgence et à réduire les subventions aux produits pétroliers, notamment en mettant fin à celles
accordées au secteur minier et en rationalisant les exemptions.

Les plans des autorités comprennent d'autres réformes budgétaires visant à renforcer la
performance budgétaire, à améliorer la transparence et à réduire les risques budgétaires. Il est
important de noter que les dépenses en espèces du gouvernement seront limitées à l'équivalent de
10 000 USD, conformément à la loi de décembre 2022 sur la lutte contre le blanchiment d'argent et le
financement du terrorisme ; le compte unique du Trésor sera introduit à la suite de la consolidation de
tous les comptes du gouvernement ; et d'autres mesures seront mises en œuvre pour améliorer la qualité
des dépenses. Des mesures sont également prises pour renforcer le contrôle des risques fiscaux liés à la
dette publique et aux entreprises publiques, notamment en améliorant la surveillance des entreprises
publiques. Les réformes de la gestion des investissements publics se poursuivront, sur la base du rapport
d'évaluation de la gestion des investissements publics (PIMA) de 2022, dont les principales
recommandations ont été incluses dans une feuille de route validée par tous les ministères concernés et
adoptée par le Conseil des ministres en novembre 2023.

Politiques monétaire, financière et de change

La banque centrale s'est engagée à utiliser tous les outils à sa disposition pour limiter l'excès de
liquidités et maîtriser l'inflation. Elle continuera à surveiller les tendances en matière de liquidité et de
développement économique et à réagir pour assurer le respect constant de son mandat de stabilité des
prix, tout en poursuivant l'accumulation de réserves pour renforcer davantage les amortisseurs externes.
Le comité de politique monétaire a maintenu le taux directeur inchangé à 25 % depuis qu'il l'a relevé de
1 400 points de base en une seule fois en août 2023. Il a également maintenu le ratio de réserves
obligatoires sur les dépôts en monnaie locale à 10 % depuis sa réunion du 19 juin 2023. Si l'évolution de
la situation le justifie, la banque centrale continuera à resserrer sa politique monétaire et à absorber les
liquidités excédentaires si nécessaire.

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La BCC continuera à moderniser son cadre de politique monétaire, à renforcer ses mécanismes
de gouvernance et à améliorer la surveillance du secteur financier. Grâce à l'assistance technique
du FMI, la banque centrale prend des mesures pour renforcer le cadre institutionnel de la politique
monétaire et améliorer l'efficacité de la transmission de la politique monétaire. Une analyse d'évaluation
connexe examinera notamment la possibilité de rémunérer les réserves obligatoires des banques et de
concevoir éventuellement un nouveau mécanisme de fonctionnement pour les adjudications d'obligations
de la BCC. D'ici à la fin de 2024, le système de prévision et d'analyse de la politique monétaire (FPAS)
sera pleinement opérationnel et la BCC continuera d'améliorer ses pratiques en matière de
communication. Les cadres opérationnels et de gouvernance de la BCC bénéficient également de la mise
en œuvre des recommandations de la mission de Sauvegardes de 2020. En ce qui concerne la politique
du secteur financier, les réformes visant à renforcer la supervision du secteur bancaire et financier seront
étayées par la loi bancaire de décembre 2022. Dans le même ordre d'idées, la mise en œuvre des
recommandations de la mission d'examen de la stabilité du secteur financier est essentielle pour
renforcer la surveillance et la réglementation du secteur financier.

Les autorités se sont engagées à maintenir un système de taux de change flexible. La BCC
continuera à mettre en œuvre une politique de change guidée par son objectif de stabilité des prix et par
la nécessité de disposer de réserves de change suffisantes ; elle est consciente que le taux de change
est un amortisseur essentiel. En dehors de la nécessité d'accumuler des réserves de change, la BCC
limitera son intervention sur le marché des changes à l'atténuation de la volatilité excessive des taux de
change qui pourrait compromettre la stabilité macroéconomique.

Autres réformes structurelles

Les autorités poursuivront la mise en œuvre de leur programme de réformes visant à soutenir une
croissance inclusive et durable tirée par le secteur privé. Les principales priorités sont les suivantes :
(i) l'amélioration de la qualité des systèmes d'éducation et de santé, la libéralisation du secteur des
télécommunications et la révision du Code des investissements et de la loi agricole pour améliorer
l'environnement des affaires et faciliter la diversification économique ; (ii) le renforcement de la
gouvernance et de la lutte contre la corruption ; (iii) la mise en œuvre de la stratégie d'inclusion financière
; et (iv) le développement des infrastructures de base, en particulier les transports et les communications,
l'énergie, et l'accès à l'eau potable. Le PDL-145T, qui est partiellement financé par la moitié des
ressources de l'allocation du DTS 2021 (équivalant à environ 714 millions de dollars), reste un pilier
essentiel du cadre de développement des infrastructures de base. Après un démarrage lent, l'exécution
de la première composante du PDL-145T, à laquelle 511 millions de dollars de l'allocation du DTS 2021
ont été consacrés en 2022 pour la construction d'infrastructures - écoles, centres de santé et bâtiments
administratifs - s'accélère.

Les autorités se sont engagées à améliorer le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux
et le financement du terrorisme (LBC/FT) et à renforcer son efficacité. Elles sont déterminées à
remédier aux lacunes identifiées par le Groupe d'action financière (GAFI) et à mettre en œuvre le plan
d'action convenu avec le GAFI pour sortir de la liste du GAFI des juridictions faisant l'objet d'une
surveillance renforcée. La mise en œuvre des innovations introduites dans la loi LAB/CFT de décembre
2022, telles que l'extension de l'application des mesures LAB/CFT aux institutions financières autres que
les banques et le renforcement des mesures de vérification des transferts électroniques pour les

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personnes politiquement exposées, améliorerait considérablement l'efficacité du cadre LAB/CFT. Les
autorités ont pris plusieurs mesures importantes qui devraient renforcer le programme de lutte contre le
blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Elles ont notamment préparé un rapport sur
l'évaluation nationale des risques (ENR) en matière de blanchiment de capitaux et de financement du
terrorisme et validé la stratégie nationale de LBC/FT par le Comité de Lutte contre le Blanchiment des
Capitaux et le Financement du Terrorisme (COLUB) en octobre 2023.

Réformes liées au changement climatique

Les autorités déploient des efforts déterminés pour relever les défis du changement climatique
auxquels elles sont confrontées et renforcer le rôle de la RDC en tant que pays solution pour la
transition énergétique mondiale à faible émission de carbone. Au niveau national, les catastrophes
naturelles liées au climat exacerbent la pauvreté et la fragilité. Tout en étant très vulnérable au
changement climatique, comme l'ont démontré les événements météorologiques extrêmes de ces
dernières années, la RDC est une nation-solution pour la transition énergétique mondiale. Le pays abrite
les plus grandes réserves mondiales de minerais stratégiques pour la transition énergétique à faible
teneur en carbone et le bassin du Congo, la deuxième plus grande forêt tropicale du monde qui absorbe
chaque année jusqu'à 4 % des émissions mondiales de carbone. Les autorités ont élaboré un plan
national d'adaptation au changement climatique (PAN) qui a été approuvé par les principales parties
prenantes. Le PAN englobe des plans de réforme couvrant l'adaptation (en particulier dans les domaines
des ressources en eau, de la sylviculture et de l'agriculture), l'atténuation et la transition ; il est complété
par les diagnostics climatiques du C-PIMA et le rapport de la Banque mondiale sur le climat et le
développement du pays (CCDR), qui vient d'être achevé.

Les autorités auront besoin de ressources financières substantielles pour faire face au coût des
objectifs de développement du pays et des objectifs liés au climat, ainsi qu'aux exigences de son
rôle de leader dans la préservation du Bassin du Congo, un bien public mondial. Elles ont réitéré
leur intérêt pour une demande de financement auprès du Fonds pour la résilience et la durabilité (RST).
A cet effet, s'inspirant du C-PIMA et des recommandations du CCDR de la Banque mondiale, elles sont
prêtes à mettre en œuvre un programme ambitieux de réformes qui pourrait être soutenu par un
financement du Fonds au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRS). Dans cette
perspective, elles ont déjà pris des mesures pour commencer à prendre en compte les objectifs
climatiques dans les décisions d'investissement public. Les autorités prévoient de soumettre une
demande officielle d'assistance financière du FMI au titre de la FRS après l'expiration du programme
actuel soutenu par la FEC. En tant que solution nationale aux défis climatiques mondiaux, la RDC
compte sur le soutien total du Fonds pour la mise en œuvre ordonnée de son programme de réforme
climatique au profit de l'humanité.

CONCLUSION

Les autorités congolaises ont fait preuve d'un engagement fort dans la mise en œuvre de leur programme
économique et financier appuyé par le FMI, en dépit de l'environnement mondial et régional difficile
auquel elles sont confrontées. La performance du programme au cours de la période sous revue a été
satisfaisante et les autorités ont réaffirmé leur engagement continu à l'égard du programme soutenu par
la FEC pour le reste de la période de programmation. Compte tenu de la mise en œuvre satisfaisante du

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programme, des mesures prises par les autorités pour corriger les CP manqués et de leur engagement
renouvelé à l'égard des objectifs du programme, elles demandent des dérogations pour les CP manqués,
la révision des CPQ de fin décembre 2023 sur les réserves internationales nettes et le solde budgétaire
intérieur, et l'achèvement de la cinquième revue de la FEC. Nous apprécierions grandement l’avis
favorables des administrateurs à ces demandes.

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