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Cours IST 2018

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Prise en charge syndromique des infections Sexuellement

Transmissibles(IST)

Public cible : Etudiants Sages-femmes/ Infirmiers


Classe : 2ème Année d’étude
Effectif : 24
Sexe : M et F
Langue : Français
Structure : CRFS de THIES
Méthode : Active
Technique : Exposé –brainstorming
Matériel : tableau –vidéoprojecteur-ordinateur
Compétence visée : Prendre en charge une situation clinique en se référant à la physiologie et aux
pathologies du corps humain.
Unité d’enseignement : Situation clinique se référant à la physiologie et aux pathologies du corps
humain.
Notion 1 : Généralités sur les Infections Sexuellement Transmissibles/VIH et
Sida
Objectifs spécifiques :
A la fin de la leçon, l’apprenant/apprenante sera capable de :
 définir l’infection par le VIH/Sida
 décrire le cycle de réplication du VIH et ses implications sur le traitement ;
 citer les 3 modes de transmission des IST et du VIH
 expliquer les facteurs de risque de transmission sexuelle des IST et du VIH
 décrire l’histoire naturelle de l’infection par le VIH/Sida.
Généralités :
Les IST constituent un groupe d’infections transmissibles principalement par contact sexuel entre
deux partenaires dont l’un est infecté, de la mère à l’enfant ou à l’intermédiaire des objets souillés.
L’être humain constitue le réservoir connu pour les germes qui sont l’origine de ces infections.
Un traitement curatif n’est pas disponible à l’ensemble de ces infections. Ainsi, on les classe en
IST curables (trichomonas, syphilis, gonococcie etc.….) et en IST incurables à étiologie virale
(VIH/SIDA, hépatite B, herpès virale). Les germes qui peuvent être transmis par voie sexuelle sont
classés en cinq groupes : bactéries, virus, les protozoaires, les champignons et les ectoparasites. Les
IST les plus rencontrées en santé publique se manifestent en leucorrhées, (pertes vaginales), en uré -

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trites (écoulement urétral) ou en ulcérations génitales (syphilis, le chancre mou ou l’herpès sont
moins fréquents).
On a tendance actuellement à utiliser le terme d’Infection Sexuellement Transmissible (IST)
à la place de Maladie Sexuellement Transmise (MST). En effet, le terme IST permet de mieux
prendre en considération les sujets asymptomatiques porteurs et vecteurs de ces agents, dont l’im-
portance épidémiologique apparaît majeure. Elles constituent un véritable problème de santé pu-
blique. Quelques IST peuvent être transmises par le sang (hépatite B) ou le lait maternel (sida).
Maintenant, au Québec, on parlera surtout de ITSS, Infection Transmissible Sexuellement et par le
Sang. Elles sont responsables de nouvelles infections chaque année et la pandémie du VIH/SIDA
vient amplifier la problématique des IST.
Les IST par leur mode de transmission revêtent les particularités suivantes :
- Les IST se transmettent plus facilement à la femme qu’à l’homme du fait de la vulnéra -
bilité féminine sur le plan anatomique et physiologique.
- Les IST sont souvent asymptomatiques, elles ont tendance à se manifester avec des com-
plications.
- La transmission verticale au cours de la grossesse, de l’accouchement et de l’allaitement.
L’infection par le virus de l’immunodéficience acquis (VIH) est une infection chronique qui en-
traine une baisse de l’immunité, favorisant la survenue d’infections dites opportunistes. Le stade
ultime est appelé syndrome de l’immunodéficience acquise (SIDA). Le VIH est virus à ARN de
la famille des rétrovirus ( ayant la capacité de rétrotranscrire son ARN en ADN grâce à une enzyme
appelée transcriptase inverse) et à la sous famille des lentivirus (virus entrainant une infection
d’évolution lente : longue durée d’incubation).
Le VIH s’attaque aux cellules qui assure la défense de l’organisme contre les agents extérieurs
( cellules de l’immunité, notamment les lymphocytes T) avec comme conséquence ultime la baisse
des défenses de l’organisme (immunodépression) favorisant l’installation d’infections dites oppor-
tunistes (IO). Il existe deux types de virus :
 le VIH1 plus virulent, plus facile à transmettre est donc responsable de la pandémie ;
 Le VIH 2 localisée en Afrique de l’Ouest. Le VIH 1 est plus fréquent au Sénégal
La réplication du virus est possible grace à deux autres enzymes : l’intégrase et la protéase.
L’histoire naturelle de l’infection par le VIH est l’ordre habituel stéréotypé dans lequel se suc-
cèdent les signes depuis la contamination jusqu’au stade de sida en l’absence de tout traitement. Le
traitement actuellement disponible qui repose sur l’association de 3 molécules (trithérapie) permet
de stopper la multiplication du virus, avec comme conséquence une nette augmentation de la qualité
et de la durée de vie.

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I- Situation épidémiologique des IST et le VIH/sida
I-1 Situation épidémiologique des IST
a) Dans le monde et en Afrique
Les IST ont de profondes répercussions sur la santé sexuelle et reproductive dans le monde.
Chaque jour, plus d’un million de personnes contractent une infection sexuellement transmissible
(IST).On estime que, chaque année, 500 millions de personnes contractent l’une des quatre IST
suivantes: chlamydiose, gonorrhée, syphilis ou trichomonase. Plus de 530 millions de personnes
sont atteintes du virus responsable de l’herpès génital (HSV2).Plus de 290 millions de femmes
souffrent d’une infection à papillomavirus humain (VPH). Les pays en développement sont les plus
touchés. Les femmes représentent la majorité de cas déclarés (70%) à cause de leur vulnérabilité et
du manque du pouvoir de décision de la femme.
Outre leurs conséquences immédiates, les IST peuvent avoir de graves effets.
Certaines IST, comme l’herpès et la syphilis, peuvent multiplier au moins par 3 le risque de contrac-
ter le VIH. La transmission d’une IST de la mère à l’enfant peut entraîner à la naissance, un décès
néonatal, un faible poids de naissance, une septicémie, une pneumonie, une conjonctivite du nou-
veau-né ou des malformations congénitales. La syphilis chez la femme enceinte cause chaque année
quelque 305 000 décès fœtaux et néonatals et expose 215 000 nouveau-nés à un risque accru de
décès par prématurité, de faible poids de naissance ou de maladie congénitale.
L’infection à VPH est responsable chaque année de 528 000 cas de cancer du col de l’utérus entraî-
nant 266 000 décès. Les IST comme la gonorrhée et la chlamydiose sont des causes majeures d’in-
flammation pelvienne et d’infertilité.
b) Au Sénégal
Selon les enquêtes de surveillance biologiques et comportementales, les IST restent fréquentes
au Sénégal notamment chez les travailleuses du sexe (TS) et leurs partenaires masculins (Projet
« Sida 3 », rapport SSG2, Septembre 2006).
I-2 L’épidémie du VIH/SIDA
a) Historique de l’épidémie
Dès les années 80 une nouvelle infection sexuellement transmissible et mortelle a été identifiée et
s’est disséminée à travers le monde entier.
- 1980 : Découverte du premier rétrovirus humain aux USA, à partir de quelques cas chez les
homosexuels
- Août 1982, la maladie est désignée sous le nom de Sida.
- En 1983 : Mise au point du premier test de dépistage «ELISA».
- 1984 : Avril, découverte du virus HTLV3 par l’équipe du Pr Gallo. LAV et HTLV3 sont le
même virus, définitivement appelé VIH ou HIV.

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- 1985 : 1ère conférence internationale sur le Sida, à Atlanta (Etats-Unis).
monde)
- 1er août 1985 : test obligatoire pour tous les donneurs de sang
- 1985-1990 : Progression rapide en Asie du Sud et du Sud-est et Europe occidentale
- 1988 : 1er décembre : 1ère journée mondiale de lutte contre le Sida à l’initiative de l’Organi-
sation Mondiale de la Santé (OMS) et Mise en place des programmes de contrôle du Sida
- 1990-1995 : Progression rapide à travers le monde. La séropositivité est le premier facteur
de risque de tuberculose dans le monde.
- En 2000 : Réapparition d’Infections Sexuellement Transmissibles (IST) disparues depuis
plusieurs années : près de 40 nouveaux cas de Syphilis.
Dès le début du XXIe siècle, le SIDA se transforme en une pandémie. Il y a eu de 1981 à 2006 en-
viron 25 millions de morts dues aux maladies en rapport avec le sida En 2007, l'épidémie semble
marquer le pas, le nombre de séropositifs au VIH ayant sensiblement diminué de 38,6 millions en
2006 à 33,2 millions de personnes séropositives au VIH. L'ONUSIDA indique cependant que cette
diminution provient d'une meilleure utilisation des outils statistiques, et met en garde contre un opti-
misme exagéré.
- En fin 2010 : selon le dernier rapport de l’ONUSIDA, 34 millions de personnes vivaient
avec le VIH ce qui reflète un plus grand nombre de nouvelles infections mais aussi une plus
grande expansion de l’accès au traitement antirétroviral(ARV) à travers le monde. La vision
globale de l’ONUSIDA est de: zéro nouvelle infection, zéro discrimination, zéro décès lié
au sida d’ici 2015.
Les principales victimes sont actuellement les habitants des pays en voie de développement. Les
raisons sont multiples et varient d'un pays à l'autre : tourisme sexuel pour l'Asie du Sud-est par ino-
culations volontaires du virus[réf. nécessaire], absence d'information de la population sur les fac-
teurs de risque de transmission (notamment en Afrique noire), convictions religieuses interdisant
l'utilisation des moyens de protection tels que le préservatif, refus de l'abstinence ou relations hors
mariage, manque de moyens ou de volonté pour faire de la prévention et informer les populations
(principalement en Afrique et en Asie), voire refus d'admettre les faits.
b) Tendances évolutives

 Dans le monde et en Afrique

Une pandémie s'est développée à partir de la fin des années 1970, faisant de cette maladie un
nouveau problème sanitaire mondial. La prévention, telle que l'usage du préservatif, constitue de
loin la meilleure option, car il n'existe actuellement aucun vaccin permettant de se protéger du virus,
et les traitements antiviraux disponibles actuellement ne permettent aucune guérison. Bien qu'ayant

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une certaine efficacité, ils ne peuvent que retarder la venue du stade « sida », en ralentissant la proli-
fération du VIH au sein de l'organisme. L’incidence du VIH/Sida.

Le taux d’incidence du VIH estime que 34, millions de personnes vivaient avec le VIH en
2011, un nombre record qui s'explique par le net allongement de la vie résultant des traitements
antirétroviraux, explique l’ONUSIDA. Environ 1,7 million de personnes sont décédées de causes
liées au sida en 2011, soit une baisse de 24 % depuis le pic de 2005. La tuberculose reste la princi-
pale cause de décès chez les personnes vivant avec le VIH. Au niveau mondial 35 millions vivent
avec le VIH en 2016.
 Au Sénégal
 Situation épidémiologique Du VIH

Au Sénégal, les premiers cas de sida sont apparus en 1986. La prévalence dans la population
générale est restée basse et stable grâce à des efforts soutenus combinés de prévention, de traitement
et de soutien.

 La Prévalence de l’infection VIH

Au Sénégal, en 2010 la deuxième édition de l’EDS a été réalisée 5 ans après la première et
ce recul nous a permis de mieux connaître l’ampleur de l’épidémie dans la population générale en
âge de procréation et de mieux appréhender le profil de l’infection. L’estimation de la prévalence du
VIH dans la population et l’analyse des facteurs sociaux, biologiques et comportementaux associés
à l’infection par le VIH, fournissent de nouvelles perspectives sur la connaissance de l’épidémie du
VIH au Sénégal. Ceci pourrait conduire à des interventions et des messages plus précis et plus ci-
blés. Selon EDS V, la prévalence du VIH dans la population générale est de 0,7%.
L’analyse de la situation épidémiologique et la triangulation des différentes données, montre
que le profil de l’épidémie de VIH au Sénégal est de type concentré, avec une prévalence basse
dans la population générale (0,7% : EDS 4, 2005 et EDS-MICS, 2010-2011, 0,5% en 2012 selon les
données de l’ONUSIDA) et élevée dans les populations clés les plus exposées au risque du VIH.

Prévalence VIH de 18,5% au niveau des Professionnelles du sexe (PS) en 2010 contre
19,8% en 2006 et 6,5% en 2015 ans du à une maitrise de la maladie au niveau de cette cible.

Prévalence VIH de 18,5% au niveau des Hommes ayant des relations sexuelles avec les
Hommes (HSH) en 2013 contre 21,8% en 2007 (ELIHoS),

Prévalence VIH de 10,2% chez les Consommateurs de drogues (CDI) (CNLS ANRS
CRCF 2011).

 Disparités géographiques de l’épidémie du VIH/sida

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La prévalence suivant les régions présente des disparités notables avec des taux en dessous de 1 %
pour certaines régions : Dakar (0,4 %) ; Diourbel (0,2 %) ; Saint Louis (0,9 %) ; Thiès (0,3 %) ;
Louga (0,1 %) ; Matam (0,3 %) et Kaffrine (0,5 %).Pour les autres régions, la prévalence est supé-
rieure ou égale à 1% : Ziguinchor (1,0 %) ; Tambacounda (1,4 %) ; Kaolack (1,1 %) ; Fatick (1,0
%) ; Kédougou (1,7 %) et Sédhiou(1,1%). C’est à Kolda que le taux le plus élevé est observé (2,4
%). Le taux de transmission de VIH de la mère à l’enfant (TME) est passé de 7,2% en 2008 à 4,3%
en 2012.

 Les Personnes Vivants avec VIH

Selon les dernières estimations, 39 000 personnes vivent avec le VIH (PVVIH) au Sénégal en 2013
dont 5 400 enfants de 0 à 14 ans. Les femmes infectées représentent 61% des adultes. Les décès liés
au sida sont estimés à 1 800.

Le taux de couverture actuel des patients sous traitement ARV est de 56% chez les adultes et 26%
chez les enfants selon les critères de 2010 de l’OMS. Toutefois ce taux de couverture serait respec-
tivement de 39% et 15% si l’on considère les besoins des personnes vivant avec le VIH prenant en
considération les recommandations de l’OMS de 2013.L’Etat sénégalais prévoit une couverture de
90% des ARV d’ici 2020.

Le taux de survie à 12 mois des patients inclus en 2012, est estimé à 71% et la couverture du co-
traitement de la TB/VIH est passée de 34% à 70% entre 2010 et 2013. Nous ne disposons pas
d’étude spécifique sur la prévalence de la coïnfection TB/VIH mais la prévalence de l’infection à
VIH chez les patients TB testés est de 9% en 2012. Elle est restée stable à 10% entre 2008 et
2011(PSN TB 2013-2017).
La vision du plan stratégique 2014-2017 s’inscrit en droite ligne de l’engagement pris, par les Chefs
d’Etats de l’Union Africaine lors de Abuja + 12, de mettre fin à l’épidémie du sida d’ici 2030 :

Zéro nouvelle infection,

Zéro décès lié au sida,

Zéro discrimination.
Le dernier plan stratégique 2011-2015 comporte plusieurs objectifs stratégiques incluant la sur-
veillance sentinelle de l’infection à VIH, la sécurité de la transfusion sanguine, la prise en charge
des personnes vivant avec le VIH, la prévention de la transmission mère-enfant, le dépistage ano-
nyme et volontaire et la prise en charge médicale a été décentralisée jusqu’au niveau district à tra-
vers toutes les régions.

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II- Modes de transmission et facteurs de propagation des IST
II-1 Modes de transmission
Le VIH a essentiellement trois modes de transmission :

1) Par voie sexuelle (hétero ou homosexuel) : Le risque de transmission sexuelle est augmen-
té par la présence d’IST et de comportements à risque comme le multipartenariat. Elle est la
principale voie de contamination ;
2) par voie sanguine : par les produits sanguins infectés, les objets souillés ou du matériel
médical contaminé et concerne particulièrement les utilisateurs de drogues injectables, les
hémophiles, les transfusés et les professionnels de la santé ;
3) par transmission verticale de la mère à l’enfant qui peut survenir in utero dans les der-
nières semaines de la grossesse, au moment de l'accouchement et de l'allaitement
II. 2 Facteurs favorisant la propagation des IST/VIH/SIDA
Certains facteurs favorisent la propagation des IST :
1. Facteurs démographiques:
- Age : Les jeunes adultes sont exposés tout particulièrement au risque de contracter une IST. La
sexualité précoce ; le multi partenariat en période pré-maritale et la manque de maitrise des pré-
servatifs, la difficulté de recours aux soins expliquant la fréquence et la gravité des infections
chez les 15-24 ans
- Sexe : Les IST des femmes sont souvent asymptomatiques et traitées tardivement. Les compli-
cations sont alors fréquentes pouvant mettre en jeu la fonction reproductive ou l’état de
santé de leur descendance. La jeune fille est plus sensible aux infections du fait de tissus
immatures. Les capacités de négociation de pratiques sexuelles à moindre risque sont
souvent limitées en particulier pour les jeunes femmes en relation avec des hommes
plus âgés.
2. Facteurs socio-économiques:
- pauvreté
- guerre
- déplacement de populations
- profession (entraînant des déplacements)
- ignorance relative aux modes de transmission et de prévention des IST
3. Facteurs culturels :
- sexualité précoce
- Lévirat-Sororat
- Etc.

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4. Facteurs biologiques :
- tendance aux infections asymptomatiques
- résistance aux antibiotiques
5. Facteurs comportementaux:
- relations sexuelles multiples non protégées
- rapports sexuels non protégés avec des travailleuses du sexe
- rapports sexuels non protégés avec un partenaire multipatanariat.
- automédication
- rapports sexuels entre hommes non protégés

III. LES COMPLICATIONS DES IST


Les IST non traitées entraînent des complications et des séquelles chez les hommes, les femmes et
les nouveau-nés.
a) Chez l’homme
Les complications les plus fréquentes sont les suivantes :
 Orchi-épididymites,
 infertilité
 rétrécissements urétraux.
b) Chez la femme
Les complications les plus fréquentes sont les suivantes :
 la «maladie inflammatoire pelvienne» ou syndrome inflammatoire pelvien.
 infertilité
 La grossesse extra utérine (ectopique).
 Le cancer du col de l’utérus.
 Les conséquences néfastes durant la grossesse:
 avortement
 mort du fœtus in utéro,
 retard de croissance intra utérin
c) Chez les nouveau-nés
On peut observer :
 des conjonctivites néonatales pouvant entraîner la cécité,
 une infection pulmonaire ;
 une syphilis congénitale ;
 Hypotrophie
Le cancer du col de l’utérus, secondaire a certains papillomavirus oncogènes (HPV 16, 18, 31, 33,
35). En outre il est important de noter que les IST constituent un cofacteur majeur de la transmis-
sion du VIH en milieu tropical.
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IV. L’INTERACTION ENTRE LES IST ET L’INFECTION A VIH
La présence d’une IST non soignée, sous forme d’écoulement, d’ulcération ou de simple
inflammation, augmente le risque de transmission ou d’acquisition du VIH par voie sexuelle.
En cas d’immunodéficience, les manifestations cliniques des IST sont également modifiées : les
signes peuvent être plus marquées ou atypiques, la progression plus rapide vers les formes exten-
sives, évoluées ou graves. D’autre part, la guérison des IST curables est plus difficile en cas de
coïnfection par le VIH car les germes sont moins sensibles aux traitements classiques.
Le contrôle des IST est reconnu comme une stratégie prioritaire dans la prévention de l’épi-
démie à VIH et son impact a pu montrer avec succès par l’essai de Mwanza en Tanzanie. Cette
équipe a prouvé qu’une amélioration de la prise en charge des IST, grâce à l’introduction de la prise
en charge syndromique au sein de santé primaires, contrôlait en partie la dynamique de l’infection à
VIH.
Conclusion :
Les IST constituent un réel problème de santé publique. Ainsi, le contrôle des IST est reconnu
comme une stratégie d’intervention du programme de lutte contre ces maladies. Cette stratégie com-
prend 2 volets : les activités de prévention primaire qui consiste à empêcher l’infection et les activi-
tés de prévention secondaire qui limitent le nombre de nouveaux cas en interrompant la chaine de
transmission et d’empêcher le développement des formes et de complications et des séquelles. Il
faudrait par ailleurs cibler les groupes à risque particulièrement les professionnelles du sexe aussi
bien « officielles » que « clandestines ».

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Notion 2 : DIFFERENTES INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMIS-
SIBLES
…………………
Objectifs spécifiques :
A la fin de la leçon, l’apprenant/apprenante sera capable de :
 Citer les différentes IST
 Classer les IST selon les syndromes
 Enumérer tous les signes cliniques de chaque IST
 Expliquer les causes du Syndrome Inflammatoire Pelvien
Contenu
Introduction
I/ Les IST avec écoulement
II/ Les IST avec ulcération
III/ Le syndrome Inflammatoire Pelvien
Conclusion
Introduction
Les germes responsables d’IST sont d’une vingtaine. Les IST les plus fréquentes se manifestent
sous forme :
 D’écoulement urétral ou vaginal
 D’ulcération génitale
 D’infection virale
I/ Les IST avec écoulement
1. La gonococcie
La Gonorrhée, aussi appelée Blennorragie gonococcique, chaude-pisse, est une infection bacté-
rienne, transmise lors de rapports sexuels et au cours de l’accouchement lors du passage du fœtus
à travers la filière génitale.
Germe responsable: Neisseria gonorrhoeae
Incubation: 2 à 5 jours
 Clinique:
Chez l'homme:
o Brûlures intolérables lors des mictions ou encore appelée (chaude pisse);
o Écoulement urétral parfois matinal d’un liquide de couleur jaunâtre ou purulent ;
o Inflammation au niveau des testicules
Chez la femme:
o Écoulement vaginal indolore et purulent;
o Brûlures mictionnelles;
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o Dyspareunie;
o Saignement à la suite des rapports sexuels;
La gonorrhée peut être asymptomatique.
Chez le nouveau-né
o Ophtalmie purulente;
o Endocardite;
o Méningite;
Autres localisations de la gonococcie
o Rectum (écoulement, douleur rectale, lésions de grattage)
o Pharynx (douleurs)
2. La Chlamydiose
C’est une infection bactérienne, transmise lors de rapports sexuels et au cours de l’accouchement
par voie vaginale lors du passage du fœtus à travers la filière génitale.
Germe responsable: Chlamydia trachomatis
Incubation: 8 à 15jours et peut aller parfois jusqu'à 1 mois
 Clinique
Très souvent asymptomatique (75% des femmes et 50% des hommes infectés ne présentent pas de
symptômes)
Chez l'homme:
o Écoulement urétral visqueux ou glaireux et surtout matinale;
o Brûlure à la miction;
o Inflammation des testicules.
Chez la femme:
o Écoulement vaginal;
o Saignement après les rapports sexuels;
o Saignement entre les règles;
o Douleur pelvienne;
o Dyspareunie
L’examen au spéculum met en évidence une cervicite purulente. Si la chlamydiose n’est pas traitée
à temps celle-ci peut entrainer une infection des trompes de Fallope. Cette dernière peut causer la
stérilité ou une GEU.
Chez le nouveau-né
o Conjonctivite néo-natale;
o Pneumonie
3. La Trichomonase
C’est une infection parasitaire transmise lors des rapports sexuels.
Germe responsable: Trichomonas Vaginalis
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Incubation: très variable (quelques jours à plusieurs semaines)
Clinique
Chez l’homme :
L’infection à trichomonas vaginalis est un peu moins fréquente chez l’homme. Cependant les
hommes sont de bons vecteurs de la maladie c'est-à-dire qu’ils transmettent leur infection à la
femme voire absents. Lorsque l’infection est symptomatique les signes résultent :
Chez les hommes infectés les symptômes sont le plus souvent modérés
o D’une urétrite subaiguë, balanite, épididymite ou prostatite
o Écoulement mucopurulent intermittent accompagné parfois de brûlure post-coïtale.
Chez la femme :
o Pertes vaginales abondantes souvent malodorantes, mousseuses, jaunâtres ou verdâtres
o Dyspareunie;
o Douleurs abdominales basses;
o Brûlures mictionnelles.
4. La Vaginose bactérienne
C’est une infection bactérienne, transmise lors des rapports sexuels.
Germe responsable: Gardenerella Vaginalis, Mycoplasma Hominis
Incubation : 21 jours
Cause fréquente d’écoulement vaginal chez la femme. Elle résulte très souvent du déséquilibre de
l’écosystème vaginal.
Clinique
o Écoulement vaginal abondant épais ou aqueux, jaune ou gris ou blanchâtre.
o Écoulement d’odeur désagréable (poisson pourri)
o Dyspareunie parfois;
5. La Candidose génitale
C’est une vaginite fongique pas toujours due à une transmission sexuelle. Elle peut être favorisée
par la grossesse, la prise de contraceptifs oraux à forte teneur d’œstrogènes, la prise d’antibiotique à
large spectre à longue durée mais aussi le diabète. Elle devient persistante et présente une forme
beaucoup plus grave chez la femme infectée par le VIH.
Germe responsable: Candida albicans
Incubation : 2 à 15 jours
 Clinique
Chez l’homme :
o Urétrite subaiguë
o Inflammation du gland (Balanite)

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Chez la femme :
o Vulvo-vaginite avec une leucorrhée blanchâtre, crémeuse, adhérente aux parois vagi-
nales ayant l’aspect de lait caillé;
o Prurit exacerbé au niveau des plis inguinaux;
o Douleur à la miction;
o œdèmes et rougeur au niveau de la vulve et de la paroi vaginale.

II/ Les IST avec ulcérations


1. La syphilis
La Syphilis est une infection bactérienne transmise par voie transplacentaire et lors de rapports
sexuels. Elle provoque des chancres (petites plaies indolores), et des éruptions sans démangeaisons
sur la peau et les muqueuses.
Germe responsable: Treponema Pallidum ou tréponème pale
Incubation: 5 à 90 jours.
Son diagnostic est obligatoire devant toute grossesse.
 Clinique
Il existe trois phases
a) Syphilis primaire :
Incubation : 5 à 8 Semaines
o Ulcère unique ferme non douloureux, bien délimité à fond propre et à base indurée
localisé au niveau génital (col de l’utérus ou méat urétral) ou extra-génital (lèvre,
langue, amygdales, anus);
o La lésion disparait entre 3 à 6 semaines.
o Adénopathies associées : unilatérales, multiples et indolores;
o Évolution vers la guérison même sans traitement
b) Syphilis secondaire : elle réalise une maladie dermatologique
Incubation : 2 à 3 ans
Survient 6 semaines à 6 mois après le chancre
o Éruptions multiformes;
o Maculo-papules (syphilides palmo-plantaires)
o Plaques muqueuses (buccales; génitales);
c) Syphilis tertiaire :
Incubation : 3 à 30 ans
C’est la conséquence de la syphilis non traitée
o Fièvre, céphalées, asthénie, douleurs osseuses;
o Atteinte viscérale et générale (méningite, hépatite, atteinte rénale)
o Complication cardio-vasculaire (aortite);
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o Complications neurologiques (méningite)
Le diagnostic de la syphilis est clinique mais surtout bactériologique par des prélèvements du
chancre ou une sérologie syphilitique qui est le Bordet de Wassermann ou il faut préciser le TPHA
et VDRL. L’affection est devenue fréquente et est souvent associée au virus du Sida.
A la naissance il faut :
- Évaluer le nouveau-né,
- Examiner le placenta y faire des prélèvements et l’envoyer à l’anapathe
- Faire un prélèvement sanguin sur le cordon pour la sérologie du nouveau-né.
2. Le chancre mou
Le chancre mou est une infection bactérienne transmise lors de rapports sexuels.
Germe responsable: Haemophilus ducreyi
Incubation: 3 à 7 jours
 Clinique
o Ulcère unique ou multiple, non induré, douloureux, irrégulier mucopurulent, prurigi-
neux entraînant une auto-infestation;
o Adénopathie associée : généralement unilatérale, sensible, fluctuante avec tendance à
la suppuration et fistule unique.
Il est plus fréquent chez l’homme que chez la femme.
3. La Donovanose
La Donovanose est une maladie bactérienne transmise lors de rapports sexuels.
Germe responsable: Donovania granulomatis ou Klebsiella granulomatis ou calymato-bacterium
granulomatis
Incubation: 2 mois en moyenne
Clinique
o Ulcérations bourgeonnantes, indolores, localisées au niveau génital et saignant faci-
lement au contact;
o Pas d’adénopathies associées mais possibilité de présence de pseudo-bubons.
4. La Lymphogranulomatose vénérienne (maladie de Nicolas Favre)
C’est une infection bactérienne, transmise lors de rapports sexuels.
Germe responsable: Chlamydia trachomatis
Incubation: 2 à 60 jours
Clinique : Dans les premiers jours après l’infection apparait une petite blessure indolore ensuite
apparaissent les douleurs et la fièvre.

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6. L’Herpès génital

Les Herpès sont dus à des infections virales, qui provoquent de petits boutons douloureux en
forme de bulles sur les organes génitaux, l’anus ou la bouche, avec démangeaisons. Il y a des
risques de transmissions de la mère infectée à l’enfant lors de l’accouchement, ceci entraînant des
complications très grave pour l’enfant telles que des complications oculaires et neurologiques. La
transmission peut se faire lors de rapports sexuels (voie génitale, orale et anale), ainsi que par
simple baiser (transmission par la salive).

Germe responsable: Virus de l’herpès simplex (HSV1 et HSV2) Cofacteur dans la transmission
du VIH

HSV1: transmission non sexuelle (gengivo-stomatite) HSV2: transmission sexuelle,

Incubation: 7 à 21 jours
 Clinique (HSV2)
a) Herpès primaire :
o Fièvre, arthralgies et malaise;
o Vésicules multiples groupées, douloureuses au niveau des organes génitaux;
o Érosions superficielles, érythémateuses et suintantes « l’ulcère pleure »;
o Lymphadénopathie associée bilatérale et sensible.
b) Herpès récurrent :
Environ 2/3 des personnes ayant fait une primo-infection, développent une récurrence déclenchée
par les règles, la fièvre, la fatigue, le stress…
La phase de récurrence présente les mêmes lésions que celles de la primo-infection.
Les phases de récurrences durent 7 à 10 jours.
7. Les Condylomes
Les Condylomes, aussi appelée crête de coq ou Papilloma virus humain, sont de petites verrues présentes au
niveau de l’appareil génital ou au niveau de l’anus, et qui sont le résultat d’une infection virale. Les Condy-
lomes peuvent être la source de complications graves si le malade n’est pas traité, tels que des risques de
cancer du col de l’utérus et d’atteinte du nouveau-né si la mère est infectée. Il est important de préciser qu’il
existe un vaccin contre les Condylomes qui est fortement conseillé dans la prévention des cancers du col de
l’utérus.

Germe responsable: Virus des Papillomes Humains (HPV). Il existe 40 sérotypes répertoriés

 Type 6 et 11 ----------- Condylomes acuminés

 Type 16, 18 et 33 ----------- Condylomes plats


Incubation: 4 semaines en moyenne
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 Clinique
a) Condylomes acuminés
Tumeur charnue molle vasculaire « crêtes de coq » localisée chez l’homme au niveau du sillon bala-
no-préputial, ou de l’anus et chez la femme au niveau des lèvres, du vagin ou de l’anus.
b) Condylomes plans
Chez l’homme : le plus souvent infra-clinique (absence de signes cliniques)
Chez la femme : localisés au niveau de l’exo ou endo-col

III/ Le Syndrome Inflammatoire Pelvien(SIP)


Encore appelée douleur abdominale basse ou Maladie Inflammatoire Pelvienne (MIP), est le plus
souvent la complication d’une cervicite.
 Les Causes
C’est une infection ascendante à Neisseria Gonorrhoeae, à Chlamydia trachomatis ou à myco-
plasmes, parfois associée à des germes anaérobies.
Elles sont responsables de la plupart des cas d’infertilité féminines.
La douleur pelvienne peut être une manifestation d’endométrite, de salpingite, d’ovarite ou de pel-
vipéritonite qui pourrait être mortelle.
Conclusion
La connaissance des différentes IST est essentielle pour les prestataires. Elle permettra de
faire un diagnostic et une prise en charge précoce et efficace. Celle-ci permettra d’interrompre la
chaîne de transmission des IST et d’empêcher le développement des formes évoluées, des complica-
tions et des séquelles.

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Notion 3. : Approche syndromique de la prise en charge des IST
……………….
Objectifs spécifiques:
A la fin de la leçon, l’apprenant/apprenante sera capable de :
1. décrire les différentes approches de prise en charge des IST ;
2. appliquer les algorithmes de prise en charge syndromique des IST.
Contenu
Introduction
I. Les différentes approches
II. les algorithmes de prise en charge syndromique des IST
Conclusion
Introduction
Un syndrome est un ensemble de symptômes qui se manifestent chez un patient et/ou des signes
rencontrés lors d’un examen clinique. Un syndrome peut être causé par une ou plusieurs IST. La
prise en charge précoce et efficace des cas est essentielle pour le contrôle des IST et de la propaga -
tion du VIH. Depuis 1995 l’approche syndromique a été adoptée et développée par le Ministre de la
Santé du Sénégal. L’approche syndromique reste recommandée à tous les ICP, aux SFE des centres
de santé et également à tout prescripteur lors du 1er contact avec un malade d’atteint d’IST.

I- Les différentes approches


Plusieurs approches sont préconisées, mais, l’approche syndromique semble la plus adaptée au
contexte de pays en développement, à condition qu’elle soit adaptée à l’épidémiologie locale
des micro-organismes (germes en cause). Parce qu’elle associe des qualités de rapidité, simplici-
té, faible coût, et, si bien conçue, efficacité médicale. Elle consiste en une standardisation du
traitement permettant ainsi un meilleur contrôle du risque résistance bactérienne. Une telle ap-
proche permet une prise en charge correct de la plupart des IST par le personnel paramédical
bien formé, seuls 5 % des patients présentant une IST étant théoriquement référés chez le méde -
cin.
Les approches de diagnostic et de prise en charge des IST sont : l’approche clinique ; l’ap-
proche syndromique et l’approche étiologique. Les prestataires de soins ont généralement recours à
l’une des méthodes de diagnostic des IST suivantes.
 L’approche clinique : vise à identifier une ou un malade à partir des données de l’in-
terrogatoire et de l’examen clinique.

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 L’approche étiologique qui utilise les tests de laboratoire en appui aux données de
l’interrogatoire et à celles de l’examen clinique.

Cependant, pour ce qui du diagnostic et du traitement des IST, ces deux approches classiques sou -
lèvent un certain nombre de problèmes qui empêchent de lutter contre les IST à tous les niveaux de
la pyramide sanitaire.

Le diagnostic syndromique guide le choix de l’algorithme à suivre pour la prise en charge des cas
IST. Le respect des algorithmes en vigueur est un des facteurs du succés de traitement des IST. Ce -
pendant, l’approche syndromique reste la méthode de choix en première intention. Elle est basée sur
l’identification de syndromes définis par des éléments de l’interrogatoire et de l’examen physique.

 L’approche syndromique qui est basée sur l’identification de groupes de symptômes


et de signes appelés ‘ syndrome’ faciles à reconnaitre à partir des données de l’interro-
gatoire et de l’examen clinique.

Avantages et inconvénients des trois types d’approches

Types d’approche Avantages Inconvénients

- Soulagement rapide - Erreur diagnostic possible


- Peut être appliqué partout
Clinique basée sur - N’est pas dépendante du laboratoire -Erreur de traitement
l’examen clinique - Favorise les résistances
- Ne prend pas en charge les associations
- Nécessite une grande expérience clinique
- ignore les formes asymptomatiques
- Fiabilité et précision - Exige du temps
- Permet un traitement spécifique
- Nécessité d’un laboratoire
- Evite les résistances
Étiologique basée
- Prend en compte les associations - Tests peu accessibles
sur l’examen de
- Meilleur suivi
laboratoire - Coût parfois élevé
- Confiance
- Permet une notification précise - Perte de client
-dépiste les formes asymptomatiques
- traitement différé
- Prend en charge des associations - Problème de notification
- N’est pas dépendante du laboratoire :
- Risque de traitement par excès
PEC immédiate
- Soulagement rapide - Acceptabilité et tolérance
Syndromique - Gain de temps
- Problème de notification des partenaires
- Pas de risque de perte de client
- Augmente les chances de guérison
- Peut être appliqué partout
- Simplicité d’application

II- Les algorithmes de prise en charge syndromique des IST


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II.1 Définition et élaboration d’un algorithme
Un algorithme ou arbre de décision est un plan qui fournit, par ordre chronologique, différentes
étapes possibles dans la prise en charge d’un client. Chaque algorithme fonctionne selon trois
étapes ; :

1°) Identifier le problème clinique (signes ou symptômes chez le client)

2°) Prendre une décision

3°) Adopter une action thérapeutique et proposer des mesures préventives

II.2 Les étapes de la prise en charge syndromique des cas de IST


La PEC efficace des patients atteints d’IST ne doit pas se limiter à la simple prescription des médi -
caments pour obtenir une guérison et une réduction de l’infectiosité. Elle doit également avoir pour
but de prévenir les futurs comportements à risque et aider au traitement adéquat de ou des parte-
naire(s) sexuel(s).

Les objectifs de la PEC des patients atteints d’IST sont

 Poser un diagnostic correct


 Fournir un traitement immédiat, efficace et à cout abordable
 Limiter /prévenir le comportement à risque à l’avenir
 Promouvoir et fournir des préservatifs
 Faire de sorte que les partenaires soient avertis et pris en charge convenable-
ment.
 Assurer un suivi clinique si nécessaire.

La prise en charge efficace des clients atteints d’IST passe par l’étape diagnostique et l’étape thé-
rapeutique.

 L’état diagnostique

Elle comprend l’interrogatoire et l’examen physique en vue d’identifier les syndromes.

a) L’interrogatoire
Il doit permettre :

1. D’établir un climat de confiance et de confidentialité : l’accueil est une circonstance


déterminante pour le développement d’une relation soignant-patient.
2. De recueillir les informations nécessaires à l’établissement du diagnostic :

 L’existence de symptômes

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 La durée des symptômes
 La notion de rapport sexuel récent
b) L’examen physique
Il doit se dérouler dans une salle bien éclairée, préservant l’intimité des clients.

Chez l’homme

1. Examen de la verge: Recherche d’ulcération ou d’éruption


 Dérouler le prépuce chez le client non circoncis, examiner le gland, le sillon pré-
pucial, le frein et le méat urétral
 Masser l’urètre pour vérifier qu’il n’y a pas d’écoulement ; s’il n’y a pas d’écou-
lement urétral évident.
2. Examen du scrotum:
Palper pour essayer de détecter d’éventuelles anomalies des testicules de l’épididyme
ou du cordon spermatique.
3. Examen des poils du pubis : rechercher la présence de morpion (phtirius inguinalis)
4. Examen de l’anus : rechercher les lésions ulcéreuses et des condylomes
5. Examen de la cavité buccale : rechercher des lésions muqueuses évoquant une syphilis,
une candidose buccale ou une maladie de Kaposi évoquant le Sida.
6. Examen des aires ganglionnaires surtout de la lésion inguinale à la recherche d’adéno-
pathies localisées ou généralisées.
7. Examen de la peau : détecter des éruptions, des ulcérations, des lésions de syphilis se-
condaire.
Chez la femme
L’examen physique de la femme nécessite une table gynécologique avec une bonne source de lu-
mière. Il comprend les étapes suivantes :

1. Examen de l’abdomen: rechercher une éventuelle douleur, une défense ou la présence d’une
masse abdominale
2. Examen du périnée, de la vulve et de la région inguinale par une inspection et une palpa-
tion. Il permet de rechercher des pertes et d’éventuelles lésions.
3. Examen du vagin et du col : Il faut disposer d’un spéculum et d’une source de lumière. In-
troduire le spéculum délicatement dans le vagin et inspecter les parois à la recherche d’un
écoulement vaginal, de lésions ou d’anomalies du col.
4. Examen bi-manuel : avec précaution et délicatesse, palper les parois vaginales, le col de
l’utérus ainsi que les régions voisines. L’examen bi-manuel permet de rechercher une dou-
leur de la sphère génitale haute pouvant évoquer une maladie inflammatoire pelvienne.
5. Examen des poils du pubis : rechercher la présence de morpion (phtirius inguinalis).

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6. Examen des aires ganglionnaires : surtout de la région inguinale à la recherche d’adénopa-
thies localisées ou généralisées.
7. Examen de l’anus : rechercher les lésions ulcéreuses et des condylomes
8. Examen de la cavité buccale : rechercher des lésions muqueuses évoquant une syphilis, une
candidose buccale ou une maladie de Kaposi évoquant le Sida.
9. Examen de la peau : détecter des éruptions, des ulcérations, des lésions de syphilis secon-
daire.
 L’état thérapeutique

La disponibilité de médicaments efficaces est une condition essentielle pour des services IST de
qualité. Les choix thérapeutiques recommandés au niveau international ont été retenus et ils com-
portent pour la plupart des médicaments essentiels disponibles au niveau de la pharmacie Nationale
d’approvisionnement(PNA). Les médicaments de la PNA indiqués pour le traitement des IST com-
prennent : la benzathine, pénicilline, la ciprofloxacine, le cotrimoxazole, la doxycycline, l’érythro-
mycine, le métronidazole, la nystatine, la tétracycline. Ils sont à commander régulièrement par les
comités de santé afin d’éviter toute rupture stock.

Les critères de choix des médicaments IST

 Efficacité élevée d’au moins 95%


 Faible coût
 Toxicité et tolérance acceptables
 Dose unique
 Administration par voie orale
 Disponibilité au niveau national
 Absence de contre-indication chez la femme enceinte ou allaitante

II – Les principaux syndromes IST, leurs étiologies et leurs traitements


Les principaux syndromes IST Au Sénégal sont :
 L’écoulement urétral
 L’écoulement vaginal anormal
 L’ulcération génitale
 La douleur abdominale basse chez la femme

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II-1 le syndrome d’écoulement urétral
Il s’agit de plaintes exprimées par le client se manifestant par une sécrétion anormale provenant du
méat urétral accompagnée ou/ non de prurit, de dysurie, de picotements ou de brûlures miction-
nelles.

C’est le syndrome IST le plus fréquent chez l’homme. L'aspect de l'écoulement urétral est
variable. L'abondance va de l'écoulement franc aux petites tâches sur le linge, voire seulement une
goutte au niveau du méat urétral observée le matin lors de la première miction

Caractéristiques de l'écoulement urétral chez l'homme

 Purulent (blanchâtre, ou jaune verdâtre) ou séreux (transparent).


 Abondant ou peu abondant.
 S’accompagne souvent de brûlures mictionnelles et de picotements du méat urétral

Causes de l’écoulement urétral


L'écoulement urétral peut être dû à:

Causes fréquentes

 Gonococcie (Neisseria gonorrhoeae)

 Chlamydiose (Chlamydia trachomatis)

 Infections à Mycoplasmes (Mycoplasma hominis)


Causes moins fréquentes

 Trichomonase (Trichomonas vaginalis)

Stratégie recommandée en présence d’un écoulement urétral chez l'homme


Le traitement recommandé en présence d’un écoulement urétral est celui qui associe le traitement
de la gonococcie, de la chlamydiose et celui de la mycoplamose.

Les clients présentant un écoulement urétral doivent être traités en même temps, dès la pre-
mière consultation pour :
 La gonococcie
 La chlamydiose
En cas de persistance de symptômes, les clients doivent être traités pour la trichomonase.

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ECOULEMENT URETRAL CHEZ L’HOMME
Patient se plaint d’un l’écoule-
ment urétral ou de brûlures
mictionnelles

Examiner et au besoin presser l’urètre à la


recherche d’un écoulement - Rassurer
-Eduquer, conseiller
- Promouvoir et fournir les préventifs
Présence d’un écoulement
NON -Promouvoir la double protection

OUI - Proposer conseil dépistage VIH

- Traiter gonococcie et Chlamydiose


- Eduquer et conseiller
- Promouvoir la double protection
- Promouvoir et fournir les préventifs
- Prendre en charge la/le(s) partenaire(s)
- Donner rendez-vous au 7ème jour

Si persistance au 7ème jour OUI


- Bonne observance et - Traiter Trichomonase et conseiller
malgré bonne observance
respect des conseils OUI - Donner rendez-vous au 7ème jour
NON NON

- Rassurer
- Reprendre le traite- Si persistance au 7ème jour malgré
-Eduquer, conseiller
ment initial bonne observance
- Promouvoir et fournir les préservatifs
OUI NON
- Promouvoir la double protection
OUI
- Proposer conseil dépistage VIH
-Eduquer, conseiller Référer
- Promouvoir et fournir les préventifs
-Promouvoir la double protection
- Proposer conseil dépistage VIH

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Traitement récapitulatif de l’écoulement urétral

Syndrome Etiologie Traitement

1erchoix : Ciprofloxacine 250


Neisseria gonorrhoeae mg: 2 cps en prise unique par voie
orale.
Ou Ceftriaxone 250 mg en une
dose IM.

1er choix : Azithromycine 1g p.o


en une prise.
L’écoulement urétral

II- Chlamydia trachomatis 2eme choix : Doxycycline 100mg :


1 cp per os 2 fois par jour pendant
7 jours

3ème Choix : En cas d’allergie aux


cyclines pour la prise en charge
d’une partenaire enceinte ou allai-
tante : Erythromycine 500mg : 1
cp per os 4 fois par jour pendant 7
jours.
Ecoulement persistant Trichomonas vaginalisIII- Métronidazole 500mg: 4 cps
per os en prise unique.

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II-2 le syndrome d’écoulement vaginal anormal

a. L’écoulement vaginal physiologique


L’écoulement vaginal n’est pas toujours pathologique. Il peut en effet être physiologique : il est
alors sans odeur, de moyenne abondance, sans signe fonctionnel.

L’écoulement vaginal physiologique est observé dans les circonstances suivantes :

 ovulation
 règles
 grossesse
 accouchement
b. L’écoulement vaginal anormal
Il s’agit d’une modification de la quantité, de la consistance, de la couleur ou de l’odeur des
sécrétions vaginales. Ces dernières sont dues à une infection peuvent s’accompagner d’irritation, de
prurit vulvaire, de dysurie, de douleurs pelviennes, ou de dyspareunie. La présence d’écoulement
vaginal anormal est la manifestation d’une vaginite et/ou d’une cervicite.

c. Causes de l’écoulement vaginal anormal


 Les vaginites peuvent être causées par :
 Trichomonas vaginalis.
 Candida albicans,
 Gardnerella vaginalis
Ces germes, plus fréquents et moins pathogènes ne sont pas nécessairement transmis sexuellement.

 Les cervicites peuvent être causées par :


 Neisseria gonorrhoeae
 Chlamydia trachomatis
 Mycoplasmes
Ces germes moins fréquents et plus pathogènes sont exclusivement transmis sexuellement.
La prise en charge correcte des cervicites est très importante du point de vue de la santé publique
car non ou mal traitées, elles peuvent entraîner des séquelles graves.

Il n'est pas toujours facile de faire le diagnostic de la cervicite.

La présence de sécrétions muco-purulentes au niveau du col est très évocatrice d'une cervicite, mais
exige un examen au spéculum. C'est pourquoi l'OMS recommande d’avoir recours à l’évaluation du
risque pour différentier une vaginite d’une cervicite en dehors d’études sur la prévalence des cervi-
cites.L’évaluation se fait sur la base de facteurs de risque comme l'âge, l’état matrimonial, le com-
portement sexuel et la présence de symptômes IST chez le partenaire.

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Evaluation facteurs de risque positive si :

ECOULEMENT VAGINAL ANORMAL 1. le partenaire présente des symptômes

2. si elle réunit 2 des critères suivants :


La patiente se plaint d’un écoulement vaginal
anormal avec prurit ou brûlures vulvaires - âge inférieur à 21 ans
- multi partenariat
- a eu un nouveau partenaire dans les 3
derniers mois
Interroger et examiner

NON
Examen au spéculum - Traiter cervicite et vaginite
Evaluation du risque
OUI - Eduquer, conseiller
positif
- Promouvoir et fournir les préventifs
OUI
-Promouvoir la double protection
Mucopus SWAB test positif Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) pour les mêmes
et/ou col saignant au contact NON IST
Sécrétions vaginales
OUI NON - Proposer conseil dépistage VIH
- Traiter cervicite et vaginite
- Eduquer, conseiller
- Traiter Vaginite
- Promouvoir et fournir les préventifs NON OUI
-Promouvoir la double protection - Eduquer, conseiller
- Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) pour les mêmes IST - Promouvoir et fournir les préventifs
- Proposer conseil dépistage VIH
- Donner rendez-vous au 7ème jour -Promouvoir la double protection
Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) pour les mêmes
IST
Si persistance au 7ème jour malgré bonne
NON -Eduquer, conseiller
observance - Proposer conseil dépistage VIH
OUI - Promouvoir et fournir les pré-
- Donner rendez-vous au 7ème jour
ventifs
Référer
-Promouvoir la double protec- 26
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tion
ECOULEMENT VAGINAL ANORMAL CHEZ LA FEMME ENCEINTE

La patiente se plaint de pertes vaginale et/ ou de bru-


lures /prurit vulvaire ou découverte de pertes au cours
de la CPN

- Traiter Vaginite et plainte de pertes vaginales venant de la


femme
Interroger et examiner la cliente pour confirmer - Eduquer, conseiller
NON
ou rechercher les signes - Promouvoir et fournir les préventifs
-Promouvoir la double protection
- Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) pour les mêmes
Examen au spéculum
OUI IST
- Proposer conseil dépistage VIH
OUI
- Donner rendez-vous au 7ème jour

Présence de sécrétions
Présence de sécrétion du col Si persistance au 7ème jour malgré bonne
vaginales
et/ou col saignant au contact observance traiter la cervicite
OUI

OUI - Traiter vaginite


- Traiter cervicite - Eduquer, conseiller
- Eduquer, conseiller - Promouvoir et fournir les préventifs
- Promouvoir et fournir les préventifs -Promouvoir la double protection
-Promouvoir la double protection Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) pour les mêmes
- Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) pour les mêmes IST IST
- Proposer conseil dépistage VIH - Proposer conseil dépistage VIH
- Donner rendez-vous au 7ème jour - Donner rendez-vous au 7ème jour
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Référer si pas amélioration Si pas amélioration, vérifier l’observance et
reprendre l’examen au spéculum
Traitement récapitulatif de l’écoulement vaginal anormal chez la femme enceinte

Syndrome Etiologies Traitement

Traitement de la gonococcie :
 : Ceftriaxone 250 mg en une dose IM.
Neisseria gonorrhoeae
PLUS Traitement de la chlamydiose
Cervicite Erythromycine 500mg : 1 cp per os 4 fois par
Chlamydia trachomatis jour pendant 7 jours.

PLUS Traitement de la trichomonase


Métronidazole 500mg: 4 cps per os
Trichomonas vaginalis
en prise unique. Chez la femme enceinte,
donner le traitement après le premier trimestre.
Trichomonas vaginalis et de la Traitement de la trichomonase/Vaginose
vaginose bactérienne bactérienne
Métronidazole 500mg: 4 cps per os
Vaginite en prise unique. Chez la femme enceinte,
donner le traitement après le premier tri-
mestre
Candida albicans PLUS Traitement de la candidose
Nystatine 100 000 UI: 1 ovule vagi-
nale le soir au coucher pendant 14
jours.

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Traitement récapitulatif de l’écoulement vaginal anormal : la cervicite

Syndrome Etiologies Traitement

Traitement de la gonococcie :
 Ciprofloxacine 250 mg : 2 cps en prise
Neisseria gonorrhoeae unique par voie orale
ou
 : Ceftriaxone 250 mg en une dose IM.

Chez la femme enceinte :


La cervicite Ceftriaxone 250 mg en une injection intra-
musculaire.
PLUS Traitement de la chlamydiose
1er choix : Azithromycine 1g peros en une
Chlamydia trachomatis prise.
ou Doxycycline 100mg :
1 cp peros 2 fois par jour pendant 7 jours

En cas d’allergie aux cyclines ou pour la prise en


charge d’une partenaire enceinte ou allaitante:
Erythromycine 500mg : 1 cp per os 4 fois par
jour pendant 7 jours.
PLUS Traitement de la trichomonase
Métronidazole 500mg: 4 cps per os
Trichomonas vaginalis
en prise unique. Chez la femme enceinte,
donner le traitement après le premier trimestre.

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Traitement récapitulatif de l’écoulement vaginal anormal : la vaginite

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Syndrome Etiologies Traitement

Traitement de la trichomonase et de la vaginose bactérienne

Métronidazole 500mg: 4cps per os en prise unique.


Trichomonas vaginalis,
et/ou
Chez la femme enceinte, donner le traitement après le premier trimestre.
vaginose bactérienne.

La Vaginite PLUS Traitement de la candidose


Nystatine 100 000 UI: 1 ovule vaginale le soir au coucher
Candida albicans pendant 14 jours.
ou
Clotrimazole 2% en crème vaginale: 1 application par jour
pendant 3 jours
(contre indique chez la femme enceinte)

31
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II.3 le syndrome d’ulcération génitale
Les ulcérations génitales sont des solutions de continuité non traumatiques localisées au niveau de
la peau ou des muqueuses des organes génitaux. Cependant il faut les rechercher également dans la
bouche et au niveau de l’anus.

L'aspect clinique et la morphologie des ulcérations génitales peuvent souvent permettre d'en distin-
guer les étiologies. Ces aspects sont rarement typiques : 20 à 30% des ulcérations génitales de-
meurent sans étiologie même après une recherche poussée au laboratoire.

Dans la pratique il n’est pas toujours aisé de poser le diagnostic étiologique d’une ulcération géni -
tale sur la seule base de l’examen clinique.

Cela tient à plusieurs raisons :

* Il peut exister des ulcérations d’étiologies mixtes

* Le délai important de consultation fait que les lésions sont vues à des stades avancés

* Les antibiotiques par voie générale ou locale, les corticoïdes et autres pommades modifient l’as -
pect des lésions (automédication)

* Les surinfections modifient l'aspect des lésions

* Il existe des formes atypiques, notamment chez des personnes séropositives à VIH

Causes des ulcérations génitales


Les causes les plus fréquentes des ulcérations génitales sont les suivantes:

- Syphilis (Tréponema pallidum)


- Chancre mou (Haemophilus ducreyi)
- Herpès génital (Herpes simplex virus)
- Lymphogranulome vénérien (Chlamydia trachomatis)
- Donovanose (Calymmatobacterium granulomatis)
Stratégie recommandée en présence d'une ulcération génitale
Le Chancre mou et la syphilis sont les causes d’ulcérations génitales curables les plus fréquentes
dans nos régions. Par ailleurs, les deux affections peuvent coexister. Le traitement du chancre mou
peut également masquer les manifestations de la syphilis. Il est donc recommandé de traiter simulta-
nément les deux affections en présence d'une ulcération génitale.

NB : Les clients atteints d'ulcérations génitales doivent être traités en même temps pour la syphilis
et le chancre mou. En cas de vésicules ou d'ulcérations récidivantes, prendre en charge un herpès
génital.

Mme Awa Ndiaye Seck Technicienne supérieure de santé en Administration - Enseignement 32


ULCERATION GENITALE

Le/la patient(e) se plaint d’une


ulcération génitale

Antécédents récents
Examen clinique à la recherche
de vésicules ?
d’une ulcération NON

OUI Récurrence de vési-


cules ou l’ulcère ?
NON
Antécédents récents de vésicules ?

Récurrence de vésicules ou l’ulcère ?


Eduquer conseiller

OUI Promouvoir et fournir des Préser-


- Traiter Syphilis et Chancre mou et herpès vatifs
- Counseling OUI
- Promotion et fourniture des préservatifs Promouvoir la double protection
- Promouvoir la double protection
- Prendre en charge la/le(s) partenaire(s) Proposer conseil pour le dépistage
du VIH
- Revoir au 7ème jour

Traiter pour Herpès


Eduquer et conseiller
Si persistance malgré bonne
Promouvoir et fournir préservatifs
observance Proposer conseil dépistage VIH
Inviter, examiner le (la ou les) partenaire(s) et traiter su
lésions
Donner un rendez-vous au 7ème jour

OUI NON

Référer Eduquer conseiller


Promouvoir et fournir des Préservatifs
Pomouvoir la double protection
Proposer conseil pour le dépistage du VIH

33
Mme Awa Ndiaye Seck Technicienne supérieure de santé en Administration - Enseignement
Traitement du syndrome de l’ulcération génitale

SYNDROME ETIOLOGIES TRAITEMENT

1er choix : Benzathine Pénicilline : 2,4 millions UI en 1 injection intra-


musculaire.
la syphilis 2è choix (En cas d’allergie à la pénicilline):
Doxycycline 100 mg : 1 cp per os 2 fois par jour pendant 14 jours.
chez la femme enceinte allergique: Erythromycine 500 mg: 1 cp per os
4 fois par jour pendant 14 jours

L’ulcération génitale
1er choix : Azithromycine 1 g par voie orale, en dose unique. OU Cipro-
floxacine 250 mg: 2 cp en prise unique par voie orale. OU Ceftriaxone, 250
mg en injection intramusculaire, en dose unique
2è choix : Erythromycine 500 mg : 1 cp per os 4 fois par jour pendant 7
le chancre mou
jours.
Chez la femme enceinte :
Ceftriaxone, 250 mg en injection intramusculaire, en dose unique ou
Erythromycine 500 mg : 1 cp per os 4 fois par jour pendant 7 jours.

L’herpès Acyclovir 400mg 3 fois par jour p.o pendant 5 jours et éosine aqueuse à
2% ou le violet de gentiane

34
Mme Awa Ndiaye Seck Technicienne supérieure de santé en Administration - Enseignement
II.4. Le syndrome douleur abdominale basse chez la femme

La douleur abdominale basse encore appelée douleur pelvienne est un motif fréquent de consulta-
tion en gynécologie et peut être causée par des infections du haut appareil génital féminin. Elles
résultent d’une complication des cervicites, entraînant une infection ascendante à N. gonorrhoeae et
C. trachomatis, souvent associés à des germes anaérobies. La douleur pelvienne peut être une mani-
festation d’endométrite, de salpingite, d’abcès tubo-ovarien mais également de pelvipéritonite. Elle
peut signaler une péritonite généralisée qui pourrait être fatale. De plus, les salpingites peuvent cau-
ser une obstruction totale des trompes et entraîner une stérilité tubaire ou simplement une obstruc-
tion partielle qui peut avoir comme conséquence la grossesse extra utérine (GEU).
Lorsqu’une femme se présente pour une douleur pelvienne, avant d’évoquer une étiologie médicale
gynécologique ou autre, il faut bien l’interroger et l’examiner minutieusement, à la recherche d’une
possible urgence abdominale chirurgicale, nécessitant une référence dans les meilleurs délais.

On doit rechercher des éléments anamnestiques et des signes tels que :


- un saignement irrégulier qui peut être un signe précoce de G.E.U
- une absence ou un retard des règles
- une histoire d’avortement ou de délivrance récente au cours des six dernières semaines
- une défense ou une contracture de la paroi abdominale
- des signes d’hémorragie interne: pâleur, pouls filant, tension artérielle abaissée.
A l’examen :
Mesurer la tension artérielle, le pouls et examiner les conjonctives à la recherche de signes indirects
d’une hémorragie interne importante.
Mesurer la température. L’existence d’une fièvre signe une infection.
Palper l’abdomen à la recherche d’une tension douloureuse, d’une défense évoquant une péritonite
ou d’une masse qui pourrait être un abcès tubo-ovarien, une grossesse extra utérine.
Rechercher un saignement vaginal pouvant alerter sur une éventuelle grossesse ectopique, un avor-
tement, une expulsion incomplète, des hémorragies du troisième trimestre...
En présence d’un de ces éléments de gravité, la malade doit être référée d’urgence en milieu chirur-
gical pour une prise en charge.
En l’absence de tableau chirurgical, si la cliente présente une fièvre supérieure à 38°C ainsi qu’une
douleur provoquée par l’examen gynécologique, elle doit être traitée pour Syndrome Inflammatoire
Pelvien (SIP), qu’il existe ou non un écoulement vaginal anormal.
Le traitement du SIP regroupe les traitements de la gonococcie, de la chlamydiose et des infections
dues aux anaérobies. La cliente doit impérativement être revue au 3ème jour du traitement et référée
pour hospitalisation en l’absence d’amélioration nette.

Mme Awa Ndiaye Seck Technicienne supérieure de santé en Administration - Enseignement 35


DOULEUR ABDOMINALE BASSE CHEZ LA FEMME

La patiente se plaint de douleurs


abdominales basses

Interroger et examiner d’urgence

- Présence d’une des urgences chirurgicales suivantes : GEU, pelvi-


péritonite, appendicite, traumatismes ?

- Présence d’un des signes suivants : Douleur vive et ou contrac-


ture abdominale, défense de la fosse iliaque droite, pouls filant et
ou pâleur des conjonctives et ou TA inférieur ou égale à 8/5

OUI NON

- Rechercher une grossesse et les com-


Référer d’urgence et plications du 1er trimestre de la gros-
si possible avec voie sesse
veineuse

OUI

NON
Prendre les mesures Fièvre sup à 38°C
appropriées
NON

OUI

Si présence de pertes
Si présence de sensibili- anormales non san-
té du col et/ou pertes glantes
muco purulentes

OUI NON OUI

1. Traiter pour MIP : Présence d’autres signes d’ap- Se référer à l’algo-


pel : urinaires, digestifs, gynéco. rithme écoulement
- Ciprofloxacine 250 mg : 2cps en dose unique
vaginal anormal
- Doxycycline 100 mg : 1cpx2/j/14j OUI

- Métronidazole 2cps à 250mgx2/j/14j Se référer aux


Poursuivre le
algorithmes
2. Counseling/ Promotion et fourniture des pré- TTT
appropriés
servatifs Oui

Amélioration au
3eme jour Référer
TRAITEMENT RECAPITULATIF DES SYNDROMES IST
CLIENT IST PRESENTANT
3. ÉCOULEMENT VAGINAL 4. ÉCOULEMENT VAGINAL
1. ÉCOULEMENT URE- 2. ULCERATION GENITALE : (CERVICITE) : (VAGINITE) :
TRAITE- TRAL : TRAITER TRICHOMONASE,
MENT TRAITER GONOCOCCIE TRAITER SYPHILIS ET TRAITER GONOCOCCIE VAGINOSE BACTERIENNE
ET CHLAMYDIOSE CHANCRE MOU CHLAMYDIOSE ET TRICHO- ET CANDIDOSE
MONASE
Ciprofloxacine 500mg en une  Benzathine pénicilline 2,4 M UI Ciprofloxacine 500mg en une  Métronidazole 500 mg
prise p.o 1 injection IM prise p.o 4 cp en DU
1er choix PLUS PLUS
PLUS  Azithromycine, 1 g par voie orale, PLUS  Nystatine 100 000 UI
Azithromycine 1g en une prise en dose unique ou Azithromycine 1g p.o en une prise 1 ovule /j pendant 14 jrs
p.o Ciprofloxacine 500mg en une PLUS le soir au coucher

prise p.o Métronidazole 500mg


4 cp en PU
Ceftriaxone 250 mg en une En cas d’allergie à la pénicilline: Ciprofloxacine 500mg en une prise  Métronidazole 500 mg
dose IM  Doxycycline 100 mg p.o 4 cp en PU
PLUS 1 cp x 2 / j / 14 jrs PLUS PLUS

Doxycycline 100mg X2/j X 7j  Doxycycline 100 mg  Clotrimazole 2%


è
2 choix PLUS 1 cp x 2 / j / 7 jrs crème vaginale

 Erythromycine 500 mg PLUS 1 application / j / 3 jrs

1 cp x 4 / j / 14 jrs  Métronidazole 500 mg


4 cp en PU
NB : La prise en charge d’une IST ne doit pas se limiter à la prescription de médicaments,
mais doit comporter un nombre de mesures complémentaires :
La notification et la prise en charge du ou des partenaires sexuelles apparaissent essentielles,
mais sont souvent difficiles à mettre en œuvre pratique.
Un temps d’éducation pour la santé (“Information, Éducation, Conseils”), visant à promouvoir
une sexualité à moindre risque et l’utilisation du préservatif.
Le dépistage d’autres IST associées apparaît, dans la mesure du possible souhaitable ; en pra-
tique, il s’agit surtout, dans le contexte qui nous intéresse, de la pratique d’une sérologie de la sy-
philis et pour le VIH, la sérologie du virus de l’hépatite.
Prise en charge de groupes à risque particuliers :
Le rôle majeur de certains groupes à risque dans l’expansion ayant été établi, il apparaît raisonnable
de proposer à leur intention des actions plus “agressives”. En pratique il s’agit essentiellement des
prostituées (“professionnelles du sexe” (PS)), et de leurs clients.
PRÉVENTION :
En pratique, la lutte contre les IST dans les pays en voie de développement (PED) s’appuie actuelle-
ment sur plusieurs volets :
La prévention primaire consistant en la promotion de comportements sexuels à moindre risque,
notamment de l’usage du préservatif.
La prévention secondaire, qui consiste en la prise en charge curative des IST.
L’assurance de la sécurité transfusionnelle, par le dépistage et l’exclusion en tant que donneur
des sujets chez qui une syphilis ou une infection par le VIH ou une hépatite virale B ont été dépis-
tés.
Le dépistage et le traitement de la syphilis chez la femme enceinte.
Conclusion
Au regard de ce qui précède, pour une prise en charge rapide d’un plus grand nombre de
clients souffrant d’IST et par tout agent de santé (médecins et paramédicaux) de toutes les structures
de santé, l’approche syndromique est celle privilégiée par le Ministère en charge de la Santé au Sé-
négal. En plus de la rapidité du traitement, de son accessibilité financière, elle permet par une éco-
nomie de temps de se consacrer à d’autres activités. Pour effectuer un bon diagnostic syndromique,
il faut connaître l’histoire de la maladie, les antécédents du malade, de même qu’il faut mener à
bien l’examen clinique du client.
Bibliographie
[Link]

q=Manuel+du+participant+guide+de+PEC+des+IST&pc=MOZI&form=MOZ: Manuel du partici-


pant guide de PEC des IST
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