EO Cours
EO Cours
On peut aussi repérer tout point M de l'espace par ses coordonnées cylindriques (r, θ, z) (fig.2) :
r représente la distance du point M à l'axe 𝑂𝑧 (𝑟 > 0)
𝜃 définit la position du point M autour de 𝑂𝑧 (𝜃 angle compris entre 0 et 2𝜋)
z représente la cote du point M
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
On définit la base orthonormée directe (𝑢 ⃗⃗⃗⃗𝑟 ,𝑢
⃗⃗⃗⃗𝜃 ,𝑢 𝑢𝑟 = 𝑂𝐻⁄𝑂𝐻
⃗⃗⃗⃗𝑧 ) en posant ⃗⃗⃗⃗⃗
(H étant la projection orthogonale du point M sur le plan 𝑥𝑂𝑦). Dans le repère orthonormé, le
vecteur position du point 𝑀 s’écrit alors :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑟 ⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 𝑢𝑟 + 𝑧 ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧
1
Lorsque les coordonnées r, 𝜃 ou 𝑧 de 𝑀 subissent une variation élémentaire 𝑑𝑟, 𝑑𝜃 𝑜𝑢 𝑑𝑧, le
point M se déplace respectivement de 𝑑𝑟 ⃗⃗⃗⃗𝑢𝑟 , 𝑟𝑑𝜃 ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜃 ou 𝑑𝑧 ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧 . Ainsi, le volume élémentaire
𝑑𝑉 est un petit parallélépipède rectangle d'arêtes dr, rdθ et dz :
𝑑𝑉 = 𝑑𝑟. 𝑟 𝑑𝜃 . 𝑑𝑧
1.3 Coordonnées sphériques
Enfin, on peut aussi repérer tout point M de l'espace par ses coordonnées sphériques (r,𝜃, 𝜙)
(fig.3) :
r représente la distance du point M au point O (r = OM > 0) ;
𝜃 𝑒𝑡 𝜙 définissent la direction dans laquelle, depuis le point O, on voit le point M (𝜃
angle compris entre 0 et 𝜋, 𝜙 angle compris entre 0 et 2𝜋).
⃗⃗⃗⃗⃗⃗
On définit la base orthonormée directe (⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑢𝑟 ,⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜃 ,⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑢𝑟 = 𝑂𝐻⁄𝑂𝐻
𝑢𝜙 ) en posant ⃗⃗⃗⃗⃗
Dans le repère orthonormé (𝑜;⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑟 ,⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜃 ,⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜙 ), le vecteur position du point M s'écrit alors :
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = r ⃗⃗⃗⃗
𝑂𝑀 𝑢𝑟
Lorsque les coordonnées r, θ ou 𝜙 de M subissent une variation élémentaire dr, dθ ou d𝜙, le
point M se déplace respectivement de 𝑑𝑟 ⃗⃗⃗⃗ 𝑢𝑟 , 𝑟 𝑑𝜃 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜃 ou 𝑟 𝑠𝑖𝑛𝜃 d𝜙 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜙 . Ainsi, le volume
élémentaire 𝑑𝑉 est un petit parallélépipède rectangle d’arêtes 𝑑𝑟, 𝑟𝑑𝜃 𝑒𝑡 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜑 :
𝑑𝑉 = 𝑑𝑟 . 𝑟 𝑑𝜃 . 𝑟 𝑠𝑖𝑛𝜃 𝑑𝜙
2 Opérateurs mathématiques
2.1 Champ de vecteurs
Un champ de vecteurs est une grandeur vectorielle qui est définie en tout point d'un volume de
l'espace (ou, plus rarement, d'une surface). La grandeur concernée dépend donc des
coordonnées du point que l'on considère, mais peut aussi dépendre du temps. Un champ
stationnaire est indépendant du temps. Un champ uniforme ne dépend pas du point où on le
considère (indépendant des coordonnées).
2.2 Flux d’un champ de vecteurs
Par définition, le flux 𝑑𝜙 d’un champ de vecteurs 𝑊 ⃗⃗⃗ à travers une surface élémentaire dS, a
pour expression : 𝑑𝜙 = 𝑊 ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ 𝑛⃗ 𝑑𝑆 = 𝑊
𝑑𝑆 = 𝑊 ⃗⃗⃗ 𝑛̂𝑑𝑆
, où ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 est « le vecteur surface élémentaire » de l'élément de surface dS centré sur un point P
2
de S. Le vecteur 𝑛⃗ est le vecteur unitaire normal à l'élément de surface au point P. Son
orientation dépend de la nature de la surface.
Le flux 𝜙 du champ 𝑊⃗⃗⃗ à travers la surface S s'écrit alors : 𝜙 = ∬ 𝑊⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ 𝑛⃗ 𝑑𝑆
𝑑𝑆 = ∬𝑠 𝑊
𝑠
2.2.1 Cas d'une surface « fermée »
Si la surface S est fermée (fig.4), alors elle délimite un volume V et la normale à la surface est
toujours orientée sortant de S (convention). Afin de montrer que la surface S est fermée, on note
alors :
⃗⃗⃗ 𝑛⃗𝑑𝑆
𝜙=∯ 𝑊
𝑠
Fig.4
2.2.2 Cas d'une surface « ouverte »
Si la surface S est ouverte, alors elle s'appuie nécessairement sur une ligne fermée (un contour)
𝛤 (fig.5). On choisit un sens « + » à un parcours le long de (on l'oriente). Le sens de 𝑛
⃗⃗⃗ est alors
déterminé à partir de cette orientation par « la règle du tire-bouchon ».
Fig.5
3
2.4 Opérateur gradient
2.4.1 Champs de scalaires
Le champ de scalaires est une grandeur scalaire, c'est à dire un nombre (par opposition à un
champ de vecteurs). Par exemple, la température, la pression, la masse volumique, sont des
champs scalaires. On supposera ces champs définis, continus et à dérivées continues dans tout
le domaine d'étude, ce qui est presque systématiquement le cas en physique.
2.4.2 Opérateur gradient
Le gradient est un vecteur obtenu à partir d'un champ de scalaires. Dans un système de
coordonnées donné, chaque composante du gradient correspond à une dérivation par rapport
à la coordonnée d'espace correspondante.
Définition 1 : Le gradient du champ de scalaires f est défini tel que, pour tout déplacement
élémentaire ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 , on ait : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓. ⃗⃗⃗ 𝑑𝑙 = 𝑑𝑓
, où 𝑑𝑓 est la différentielle totale de f.
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
En coordonnées cartésiennes (𝑥, 𝑦, 𝑧) : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓 = ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑥 + ⃗⃗⃗⃗𝑢𝜃 + ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
𝜕𝑓 1 𝜕𝑓 𝜕𝑓
En coordonnées cylindriques (𝑟, 𝜃, 𝑧) : ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑓 = 𝜕𝑟 ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑟 + 𝑟 𝜕𝜃 ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜃 + 𝜕𝑧 ⃗⃗⃗⃗
𝑢𝑧
𝜕𝑓 1 𝜕𝑓 1 𝜕𝑓
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑓 =
En coordonnées sphériques (𝑟, 𝜃, 𝜙) : 𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑢 + 𝑟 𝜕𝜃 ⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗ 𝑢𝜃 + 𝑟𝑠𝑖𝑛𝜃 𝜕𝜑 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑢𝜑
𝜕𝑟 𝑟
4
En coordonnées cylindriques (𝑟, 𝜃, 𝑧) :
∯ ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑊 𝑛⃗ 𝑑𝑆 = ∭ 𝑑𝑖𝑣 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑊 𝑑𝑉
𝑆 𝑉
Cette formule est très utile en électromagnétisme, elle permet la démonstration du théorème
de Gauss .C'est aussi à partir de cette formule que l'on peut définir l'opérateur divergence, ou
retrouver son expression
2.5.4 Champ à flux conservatif
Définition 3 : Un champ de vecteurs ⃗𝑾
⃗⃗⃗ est dit à flux conservatif lorsque son flux ϕ à travers une
surface fermée S est nul : pour toute surface S fermée, ∯ 𝑊 ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 = 0.
𝑆
En appliquant la formule d’Ostrogradsky, il vient pour tout volume V :
⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗
∯ 𝑊 𝑑𝑆 = ∭ 𝑑𝑖𝑣 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑊 𝑑𝑉 = 0
𝑆 𝑉
On peut donc en déduire, comme le volume V est quelconque :
Propriété 4 : un champ de vecteurs est à flux conservatif si et seulement si : en tout point de
l’espace 𝑑𝑖𝑣 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑊=0
D’autre part, si l’on partage la surface fermée S en deux surfaces 𝑆1 et 𝑆2 ouvertes qui
s’appuient sur le même contour Г orienté, la conservation du flux du flux ϕ du champ de vecteurs
s’écrit alors :
∯ ⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗ 𝑛⃗ 𝑑𝑆 + ∬ 𝑊
𝑊 𝑛⃗ 𝑑𝑆 = ∬ 𝑊 ⃗⃗⃗ 𝑛⃗ 𝑑𝑆 = 0
𝑆 𝑆1 𝑆2
⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗
−∬ 𝑊 ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑛1 𝑑𝑆 + ∬ 𝑊 𝑛2 𝑑𝑆 = 𝜙2 − 𝜙1 = 0 ⇒ 𝜙2 = 𝜙1
𝑆1 𝑆2
5
Fig.6
(Surfaces 𝑆1 𝑒𝑡 𝑆2 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑛⃗ = −𝑛⃗1 = 𝑛⃗2 )
Un champ de vecteurs est à flux conservatif si, pour toute surface ouverte S, son flux à travers
la surface S ne dépend pas de celle-ci, mais seulement du contour sur lequel elle s'appuie.
2.6 Opérateur rotationnel
2.6.1 Définition
Le rotationnel est un vecteur obtenu à partir d'un champ de vecteurs. Chaque composante du
rotationnel correspond à des dérivations par rapport aux deux autres coordonnées d'espace.
En coordonnées cartésiennes (x, y, z) :
𝑊 ⃗⃗⃗⃗
∮ ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑊 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑆
𝛤 𝑠
Cette formule est très utile en électromagnétisme, elle permet la démonstration de la loi de
Faraday .C'est aussi à partir de cette formule que l'on peut définir l'opérateur rotationnel, ou
retrouver son expression
6
2.6.4 Champ à circulation conservative
Définition 4 : Un champ de vecteurs ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑊 est dit à circulation conservative lorsque sa circulation
C le long d’une ligne fermée (ou contour) Г est nulle. Pour tout contour :
𝑊 ⃗⃗⃗⃗
∮ ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑙 = 0
𝛤
En appliquant la formule de Stokes, il vient :
𝑊 ⃗⃗⃗⃗
∮ ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑊 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑙 = ∬ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑑𝑆 = 0
𝛤 𝑠
, quelle que soit la surface ouverte S qui s’appuie sur le contour Г. On peut donc en déduire,
comme la surface est quelconque :
Propriété 6 : Un champ de vecteurs ⃗⃗⃗⃗⃗
𝑊 est dit à circulation conservative si et seulement si : en
𝑟𝑜𝑡 ⃗⃗⃗⃗⃗
tout point de l’espace ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑊=0
3 Le champ électrostatique
3.1 Force et champ électrostatiques
3.1.1 La force de Coulomb
Charles Augustin Coulomb (1736-1806) a effectué une série de mesures (à l'aide d'une balance
de torsion) qui lui ont permis de déterminer avec un certain degré de précision les propriétés de
la force électrostatique exercée par une charge ponctuelle q1 sur une autre charge ponctuelle
q2 :
1) La force est radiale, c'est-à-dire dirigée selon la droite qui joint les deux charges ;
2) Elle est proportionnelle au produit des charges : soit attractive si elles sont de signes
opposés, soit répulsive sinon ;
3) Enfin, elle varie comme l'inverse du carré de la distance entre les deux charges.
L'expression mathématique moderne de la force de Coulomb et traduisant les propriétés ci-
dessus est la suivante :
Fig.7
3.1.2 Champ électrostatique créé par une charge ponctuelle
Soit une charge q1 située en un point O de l'espace, exerçant une force électrostatique sur une
autre charge q2 située en un point M. L'expression de cette force est donnée par la loi de
Coulomb ci-dessus. Mais comme pour l'attraction gravitationnelle, on peut la mettre sous une
forme plus intéressante
7
, où
L'intérêt de cette séparation vient du fait que l'on distingue clairement ce qui dépend
uniquement de la particule qui subit la force (ici, c'est sa charge q2 ; pour la gravité c'est sa
masse), de ce qui ne dépend que d'une source extérieure, ici le vecteur (M).
Fig.8
Définition 5 : Une particule de charge q située en O crée en tout point M de l'espace distinct de
O un appelé champ électrostatique. L'unité usuelle est du champ électrique le Volt/mètre
Cette façon de procéder implique une nouvelle vision de l'espace : les particules chargées se
déplacent maintenant dans un espace où existe un champ vectoriel. Elles subissent alors une
force en fonction de la valeur du champ au lieu où elles se trouvent.
3.1.3 Champ créé par un ensemble de charges
On considère maintenant N particules de charges électriques qi, situées en des points Pi ; quel
est le champ électrostatique créé par cet ensemble de charges en un point M ?
Fig.9
La réponse n'est absolument pas évidente car l'on pourrait penser que la présence du champ
créé par des particules voisines modifie celui créé par une particule. En fait, il n'en est rien et
l'expérience montre que la force totale subie par une charge q située en M est simplement la
superposition des forces élémentaires,
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑃𝑖 𝑀⁄
, où 𝑢̂𝑖 = 𝑃𝑖 𝑀 et il en résulte donc
Fig.10
Soit P un point quelconque d'une distribution de charges (solide, gaz, ou plasma) et 𝑑𝑞(𝑃) la
charge élémentaire contenue en ce point. Le champ électrostatique total créé en un point M par
cette distribution de charges est
Mathématiquement, tout se passe donc comme une charge ponctuelle 𝑑𝑞 était située en un
point P de la distribution, créant au point M un champ électrostatique 𝑑𝐸⃗ (𝑀) avec 𝑃𝑀
⃗⃗⃗⃗⃗⃗ = 𝑃𝑀𝑢
⃗
Il s'agit évidemment d'une approximation, permettant de remplacer une somme presque infinie
par une intégrale. En désignant par 𝑑𝑉 le volume infinitésimal autour du point P, on peut définir
𝜌(𝑃) = 𝑑𝑞/𝑑𝑉 comme étant la densité volumique de charges. Le champ électrostatique créé
par une telle distribution est donc :
Lorsque l'une des dimensions de la distribution de charges est beaucoup plus petite que les deux
autres (ex : un plan ou une sphère creuse), on peut généralement faire une intégration sur cette
dimension. On définit alors la densité surfacique de charges 𝜎(𝑃) = 𝑑𝑞/𝑑𝑆 produisant un
champ total
Enfin, si deux des dimensions de la distribution sont négligeables devant la troisième (un fil), on
peut définir une densité linéique de charges 𝜆(𝑃) = 𝑑𝑞/𝑑𝑙 produisant un champ total
9
Définition 6 : Une ligne de champ d'un champ de vecteur quelconque est une courbe C définie
dans l'espace telle que, en chacun de ses points le vecteur y soit tangent. Considérons un
déplacement élémentaire 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗⃗ le long d'une ligne de champ électrostatique C.
Fig.11
⃗⃗⃗⃗ se traduit par la relation suivante
Le fait que le champ 𝐸⃗ soit en tout point de C parallèle à 𝑑𝑙
:
Fig.12
4.1.2 Angle solide
La notion d'angle solide est l'extension naturelle dans l'espace de l'angle défini dans un plan. Par
exemple, le cône de lumière construit par l'ensemble des rayons lumineux issus d'une lampe
torche est entièrement décrit par la donnée de deux grandeurs : la direction (une droite) et
l'angle maximal d'ouverture des rayons autour de cette droite. On appelle cette droite la
génératrice du cône et l'angle en question, l'angle au sommet.
Fig.13
Définition 7 : l'angle solide élémentaire dΩ, délimité par un cône coupant un élément de surface
élémentaire 𝑑𝑆 située à une distance r de son sommet O vaut :
𝑑𝑆
𝑑Ω = 2
𝑟
Cet angle solide est toujours positif et indépendant de la distance r. Son unité est le stéradian
(symbole sr).
En coordonnées sphériques, la surface élémentaire à r constant vaut
𝑑𝑆 = 𝑟 2 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃𝑑𝜑
L'angle solide élémentaire s'écrit alors 𝑑Ω = 𝑠𝑖𝑛𝜃𝑑𝜃𝑑𝜑. Ainsi, l'angle solide délimité par un
cône de révolution, d'angle au sommet α vaut
10
Le demi-espace, engendré avec α = π/2 (radians), correspond donc à un angle solide de 2π
stéradians, tandis que l'espace entier correspond à un angle solide de 4π stéradians (α = π).
Fig.14
D'une façon générale, le cône (ou le faisceau lumineux de l'exemple ci-dessus) peut intercepter
une surface quelconque, dont la normale ̂n fait un angle θ avec la génératrice de vecteur
directeur ̂r. Avec la surface orientée ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 = 𝑑𝑆. 𝑛⃗ , l'angle solide élémentaire est défini par :
⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 𝑟 ⃗⃗𝑟 𝑑𝑆 𝑛⃗ 𝑑𝑆𝑐𝑜𝑠𝜃 𝑑𝑆 ′
𝑑Ω = 2 = = = 2
𝑟 𝑟2 𝑟2 𝑟
, où 𝑑𝑆′ est la surface effective (qui, par exemple, serait vue par un observateur situé en O.
4.1.3 Théorème de Gauss
On considère maintenant une charge ponctuelle q située en un point O de l'espace. Le flux du
champ électrostatique 𝐸⃗ , créé par cette charge, à travers une surface élémentaire quelconque
orientée est par définition :
⃗⃗⃗⃗ = 𝐸⃗ 𝑛⃗ 𝑑𝑆
𝑑∅𝑒 = 𝐸⃗ 𝑑𝑆
Par convention, on oriente le vecteur unitaire 𝑛⃗ , normal à la surface 𝑑𝑆, vers l'extérieur, c'est-
à-dire dans la direction qui s'éloigne de la charge q. Ainsi, pour q > 0, le champ 𝐸⃗ est dirigé dans
le même sens que 𝑛⃗ et l'on obtient un flux positif.
A partir du champ créé par une charge ponctuelle, on obtient alors :
𝑞 𝑟 𝑛⃗ 𝑞
𝑑∅𝑒 = 2
𝑑𝑆 = 𝑑Ω
4𝜋𝜀0 𝑟 4𝜋𝜀0
, c'est-à-dire un flux dépendant directement de l'angle solide sous lequel est vue la surface et
non de sa distance r (notez bien que 𝑑Ω > 0, q pouvant être positif ou négatif). Ce résultat est
une simple conséquence de la décroissance du champ électrostatique en 1⁄𝑟 2.
Dans la figure ci-dessous, on a une charge q située à l'intérieur de la surface S (enfermant ainsi
un volume V), surface orientée (en chaque point de S, le vecteur 𝑛⃗ est dirigé vers l'extérieur).
, où le vecteur ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑔𝑟𝑎𝑑 𝑉 , est le gradient du champ scalaire V et constitue un champ de vecteurs
défini partout. Ses composantes dans un système de coordonnées donné sont obtenues
facilement. Par exemple, en coordonnées cartésiennes, on a :
, et
12
Un déplacement ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑂𝑀 = 𝑀𝑀′ le long d'une courbe (ou surface) définie par V = Constante
correspond à 𝑑𝑉 = 0, ce qui signifie que 𝑔𝑟𝑎𝑑 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉 est un vecteur qui est perpendiculaire en tout
point à cette courbe (ou surface).
Par ailleurs, plus les composantes du gradient sont élevées et plus il y a une variation rapide de
V.
Or, c'est bien ce qui semble se produire, par exemple, au voisinage d'une charge électrique q :
les lignes de champ électrostatique sont des droites qui convergent (q < 0) ou divergent (q > 0)
toutes vers la charge. Il est donc tentant d'associer le champ 𝐸⃗ (vecteur) au gradient d'une
fonction scalaire V.
En fait, depuis Newton (1687) et sa loi de gravitation universelle, de nombreux physiciens et
mathématiciens s'étaient penché sur les propriétés de cette force radiale en 1⁄𝑟 2 . En particulier
Lagrange avait ainsi introduit en 1777 une fonction scalaire appelée potentiel, plus
fondamentale puisque la force en dérive. C'est Poisson qui a introduit le potentiel électrostatique
en 1813, par analogie avec la loi de Newton.
Définition 8 : le potentiel électrostatique V est relié au champ électrostatique 𝐸⃗ par 𝐸⃗ =
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉
−𝑔𝑟𝑎𝑑
Remarque :
Le signe moins est une convention
La conséquence de cette définition du potentiel est 𝑑𝑉(𝑀) = −𝐸⃗ . 𝑑𝑂𝑀 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ pour un
déplacement infinitésimal quelconque.
Les lignes de champ électrostatique sont perpendiculaires aux courbes équipotentielles.
Définition 9 : la circulation du champ électrostatique le long d'une courbe allant de A vers B est
Remarque :
Fig.16
Cette circulation est conservative : elle ne dépend pas du chemin suivi. Du coup, on dit
qu'un champ est conservateur du moment qu'on peut l'exprimer partout comme un
gradient d'un champ scalaire.
La circulation du champ électrostatique sur une courbe fermée (on retourne en A) est
nulle. .
D'après la relation ci-dessus, le long d'une ligne de champ, c'est-à-dire pour 𝐸⃗ ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 > 0
on a 𝑉 (𝐴) > 𝑉 (𝐵). Les lignes de champ électrostatiques vont dans le sens des
potentiels décroissants
4.1.5 Potentiel créé par une charge ponctuelle
Nous venons de voir l'interprétation géométrique du gradient d'une fonction scalaire et le lien
avec la notion de circulation. Mais nous n'avons pas encore prouvé que le champ électrostatique
pouvait effectivement se déduire d'un potentiel V
13
Fig.17
Considérons donc une charge ponctuelle q située en un point O pris comme l'origine d'un
système de coordonnées sphériques. En un point M de l'espace, cette charge crée un champ
électrostatique 𝐸⃗ .
Le potentiel électrostatique est alors donné par :
, où 𝑟𝑖 = 𝑃𝑖 𝑀 = ‖𝑃⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑖 𝑀 ‖ est la distance entre la charge 𝑞𝑖 et le point M.
Lorsqu’on s'intéresse à des échelles spatiales qui sont très grandes par rapport aux distances
entre les charges 𝑞𝑖 , on peut faire un passage à la limite continue et remplacer la somme
discrète par une intégrale ∑𝑖 𝑞𝑖 (𝑃𝑖 ) → ∫ 𝑑𝑞(𝑃), où P est un point courant autour duquel se
trouve une charge élémentaire 𝑑𝑞. Le potentiel électrostatique créé par une distribution de
charges continue est alors
Remarque :
Pour une distribution de charges finie, 𝑉0 est simplement le potentiel à l'infini (examiner
la limite PM →∞). Dans ce cas, la convention est de prendre 𝑉0 = 0
Pour des distributions de charges linéique λ, surfacique σ et volumique ρ, on obtient
respectivement
14
, où r ≡PM.
Noter que l'on ne peut pas évaluer le potentiel (ni le champ d'ailleurs) d'une particule en
utilisant l'expression discrète (c'est-à-dire pour 𝑟𝑖 = 0 ). Par contre, on peut le faire avec
une distribution continue (surfacique ou volumique) : c'est dû au fait que 𝑑𝑞/𝑟 converge
lorsque r tend vers zéro pour une distribution surfacique ou volumique.
5 Conducteurs en équilibre
5.1 Conducteurs isolés
Jusqu'á présent, nous nous sommes intéressés uniquement aux charges électriques et á leurs
effets. Que se passe-t-il pour un corps conducteur dans lequel les charges sont libres de se
déplacer ?
Prenons une baguette en plastique et frottons-la. On sait qu'elle devient électrisée parce qu'elle
devient alors capable d'attirer des petits bouts de papier. Si on la met en contact avec une autre
baguette, alors cette deuxième devient également électrisée, c'est-á-dire atteint un certain
degré d'électrisation. Au moment du contact des deux baguettes, des charges électriques
passent de l'une á l'autre, modifiant ainsi le nombre de charges contenues dans chacune des
baguettes, jusqu'á ce qu'un équilibre soit atteint. Comment définir un tel équilibre ?
Définition 10 : l'équilibre électrostatique d'un conducteur est atteint lorsqu'aucune charge
électrique ne se déplace á l'intérieur du conducteur.
Du point de vue des charges élémentaires, cela signifie que le champ électrostatique total á
l'intérieur du conducteur est nul.
Comme le champ dérive d'un potentiel, cela implique qu'un conducteur á l'équilibre
électrostatique est équipotentiel.
Remarque :
Si le conducteur est chargé, le champ électrostatique total est (principe de superposition)
la somme du champ extérieur et du champ créé par la distribution de charges contenues
dans le conducteur. Cela signifie que les charges s'arrangent (se déplacent) de telle sorte
que le champ qu'elles créent compense exactement, en tout point du conducteur, le
champ extérieur.
Nous voyons apparaître ici une analogie possible avec la thermodynamique :
Equilibre électrostatique ⇐⇒ Equilibre thermo dynamique
Potentiel électrostatique ⇐⇒Température
Charges électriques ⇐⇒ Chaleur
En effet, á l'équilibre thermodynamique, deux corps de températures initialement différentes
mis en contact, acquièrent la même température finale en échangeant de la chaleur (du plus le
plus froid)
5.1.1 Quelques propriétés des conducteurs en équilibre
5.1.1.1 Lignes de champ
Nous avons vu que, á l'intérieur d'un conducteur (chargé ou non) le champ électrostatique total
est nul. Mais ce n'est pas forcément le cas á l'extérieur, en particulier si le conducteur est chargé.
Puisqu'un conducteur á l'équilibre est équipotentiel, cela entraîne alors que, sa surface étant au
même potentiel, le champ électrostatique est normal á la surface d'un conducteur. Par ailleurs,
aucune ligne de champ ne peut revenir vers le conducteur. En effet, la circulation du champ le
long de cette ligne impose
15
Si les points A et B appartiennent au même conducteur, alors la circulation doit être nulle, ce qui
⃗⃗⃗ ).
est impossible le long d'une ligne de champ (où, par définition 𝐸⃗ est parallèle á 𝑑𝑙
Fig.18
5.1.1.2 Distribution des charges
Si un conducteur est chargé, où se trouvent les charges non compensées ?
Supposons qu'elles soient distribuées avec une distribution volumique 𝜌. Prenons un volume
quelconque V situé á l'intérieur d'un conducteur á l'équilibre électrostatique. En vertu du
théorème de Gauss, on a
Puisque le champ 𝐸⃗ est nul partout. Cela signifie que ρ = 0 (autant de charges + que de charges
−) et donc, qu'á l'équilibre, aucune charge non compensée ne peut se trouver dans le volume
occupé par le conducteur. Toutes les charges non compensées se trouvent donc nécessairement
localisées á la surface du conducteur.
Ce résultat peut se comprendre par l'effet de répulsion que celles-ci exercent les unes sur les
autres. A l'équilibre, les charges tendent donc á se trouver aussi éloignées les unes des autres
qu'il est possible de le faire.
5.1.1.3 Théorème de Coulomb
En un point M infiniment voisin de la surface S d'un conducteur, le champ électrostatique 𝐸⃗ est
normal à S. Considérons une petite surface 𝑆𝑒𝑥𝑡 parallèle á la surface S du conducteur. On peut
ensuite construire une surface fermée Σ en y adjoignant une surface rentrant à l'intérieur du
conducteur 𝑆𝑖𝑛𝑡 ainsi qu'une surface latérale 𝑆𝐿 .
Fig.19
En appliquant le théorème de Gauss sur cette surface fermée, on obtient
16
, où 𝑆𝑀 est la surface dessinée par le tube de flux passant par 𝑆𝑒𝑥𝑡 , donc 𝑆𝑀 = 𝑆𝑒𝑥𝑡 (on peut
choisir ces surfaces aussi petites que l'on veut). On peut donc déduire de la relation ci-dessus :
Théorème 2 (Théorème de Coulomb) : le champ électrostatique à proximité immédiate d'un
conducteur de densité surfacique σ vaut
Fig.20
On a alors les trois propriétés suivantes :
𝐸2 = ⃗⃗⃗⃗
1) ⃗⃗⃗⃗ 𝐸2′ car M et M′ sont infiniment proches.
2) ⃗⃗⃗⃗
𝐸2′ = ⃗⃗⃗⃗𝐸1′ car le champ électrostatique á l'intérieur du conducteur est nul.
𝐸1 = ⃗⃗⃗⃗
3) ⃗⃗⃗⃗ 𝐸1′ car ⃗⃗⃗⃗
𝐸1 est symétrique par rapport à 𝑑𝑆, considérée comme un plan puisque M
et M′ peuvent être infiniment rapprochés.
Grâce á ces trois propriétés, on en déduit que⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐸2 = ⃗⃗⃗⃗
𝐸1 , c'est-á-dire que la contribution de
l'ensemble du conducteur est égale á celle de la charge située á proximité immédiate. Comme
le champ total vaut 𝐸⃗ = ⃗⃗⃗⃗ 𝐸2 = 𝜎𝑛⃗⁄𝜀0 (théorème de Coulomb), on en déduit que le champ
𝐸1 + ⃗⃗⃗⃗
créé par l'ensemble du conducteur (á l'exclusion des charges situées en 𝑑𝑆) au voisinage du
point M est 𝐸⃗⃗⃗⃗2 = 𝜎𝑛⃗⁄
2𝜀0
Autrement dit, la force électrostatique ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗𝑑2 𝐹 subie par cette charge 𝑑𝑞 = 𝜎𝑑𝑆 de la part de
l'ensemble des autres charges du conducteur vaut
17
Quel que soit le signe de σ, la force est toujours normale et dirigée vers l'extérieur du conducteur.
Cette propriété est caractéristique d'une pression, force par unité de surface. Ainsi, la pression
électrostatique subie en tout point d'un conducteur vaut :
Fig.21
L'expression « Pouvoir des pointes » décrit le fait expérimental que, à proximité d'une pointe, le
champ électrostatique est toujours très intense. En vertu du théorème de Coulomb, cela signifie
que la densité surfacique de charges est, au voisinage d'une pointe, très élevée. On peut aborder
ce phénomène avec deux sphères chargées de rayons différents, reliées par un conducteur et
placées loin l'une de l'autre. On peut donc considérer que chaque sphère est isolée mais qu'elle
partage le même potentiel V. Cela implique alors :
Fig.22
Soit une surface fermée pro duite 𝑆 = 𝑆𝐿 + 𝑆1 + 𝑆2 où 𝑆1 est une surface qui s'appuie sur 𝐶1
et plonge á l'intérieur de conducteur 𝐴1 et 𝑆2 une surface analogue pour le conducteur 𝐴2 . En
vertu du théorème de Gauss, on a
18
, où 𝑞1 est la charge totale contenue sur la surface de (𝐴1 ) embrassée par 𝐶1 tandis que 𝑞2 est
la charge contenue sur la surface correspondante de (𝐴2 ). Du coup 𝑞2 = −𝑞1 nécessairement.
Théorème 3 : les charges électriques portées par deux éléments correspondants sont opposées.
Cette démonstration a fait appel á un concept important, le tube de flux, qui relayait dans cet
exemple les deux éléments correspondants, 𝐶1 et 𝐶2 . En général, le tube de flux est défini comme
suit :
Soit un contour fermé C tel que le champ électrostatique lui est perpendiculaire, c'est-á-dire tel
⃗⃗⃗ où 𝑑𝑙
que 𝐸⃗ ⊥ 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗ est un vecteur élémentaire de C. En chaque point de C passe donc une ligne
de champ particulière. L'ensemble de toutes les lignes de champ passant par C dessine alors une
surface dans l'espace, une sorte de tube. Par construction, le flux du champ électrostatique est
nul á travers la surface latérale du tube, de telle sorte que le flux est conservé : ce qui rentre á
la base du tube ressort de l'autre côté. On appelle un tel rassemblement de lignes de champ un
tube de flux.
5.2.2 Phénomène d'influence électrostatique
Jusqu'á présent nous n'avons abordé que les conducteurs chargés, isolés dans l'espace. Que se
passe-t-il lorsque, par exemple, on place un conducteur neutre dans un champ électrostatique
uniforme ?
Etant neutre, sa charge 𝑄 = ∬ 𝜎𝑑𝑆 doit rester nulle. Mais étant un conducteur, les charges
sont libres de se déplacer : on va donc assister á un déplacement de charges positives dans la
direction de 𝐸⃗ et de charges négatives dans la direction opposée. On obtient alors une
polarisation du conducteur (création de pôles + et −), se traduisant par une distribution
surfacique σ non-uniforme (mais telle que Q = 0)
Fig.23
Considérons maintenant le cas plus compliqué d'un conducteur (𝐴1 ) de charge 𝑄1 avec une
densité surfacique 𝜎1, placé á proximité d'un conducteur neutre (𝐴2 ). En vertu de ce qui a été
dit précédemment, on voit apparaître une densité surfacique 𝜎2 non-uniforme sur (𝐴2 ) due au
champ électrostatique de (𝐴1 ). Mais, en retour, la présence de charges 𝜎2 situées á proximité
de (𝐴1 ) modifie la distribution de charges 𝜎1 . A l'équilibre électrostatique, les deux distributions
de charges 𝜎1 et 𝜎2 dépendent l'une de l'autre. On appelle cette action réciproque, l'influence
électrostatique. Dans cet exemple, l'influence est dite partielle, car l'ensemble des lignes de
champ électrostatique issues de (𝐴1 ) n'aboutissent pas sur (𝐴2 ). Soit 𝑄2 la charge portée par la
région de (𝐴2 ) reliée á (𝐴1 ). En vertu du théorème des éléments correspondants, on a |𝑞2 |<
|𝑄1|
19
Fig.24
On peut créer des conditions d'influence électrostatique totale en plaçant (𝐴1 ) á l'intérieur de
(𝐴2 ). Puisque l'ensemble des lignes de champ issues de (𝐴1 ) aboutit sur l'intérieur de (𝐴2 ), on
voit apparaître la charge 𝑄2𝑖𝑛𝑡 = −𝑄1 sur la face correspondante interne de (𝐴2 ), et ceci quelle
que soit la position de (𝐴1 ). Cette propriété (démontrée á partir du théorème des éléments
correspondants) est connue sous le nom de théorème de Faraday. La charge électrique totale
sur (𝐴2 ) est simplement 𝑄2 = 𝑄2𝑖𝑛𝑡 + 𝑄2𝑒𝑥𝑡 = −𝑄1 + 𝑄2𝑒𝑥𝑡
Notion d'écran ou de blindage électrostatique (la cage de Faraday) : Un conducteur á l'équilibre
a un champ nul : de ce fait, s'il possède une cavité, celle-ci se trouve automatiquement isolée
(du point de vue électrostatique) du monde extérieur. On définit par écran électrostatique
parfait tout conducteur creux maintenu á un potentiel constant.
Lorsqu'on relie (𝐴2 ) au sol, on a 𝑄2𝑒𝑥𝑡 = 0 (les charges s'écoulent vers la Terre ou proviennent
de celle-ci). Dans ce cas, le champ électrostatique mesuré á l'extérieur de (𝐴2 ) est nul, malgré la
présence de (𝐴1 ) chargé á l'intérieur de (𝐴2 ). Ainsi, l'espace extérieur á (𝐴2 ) est protégé de toute
influence électrostatique provenant de la cavité. L'inverse est également vrai
Fig.25
Prenons maintenant le cas où (𝐴1 ) porte une charge nulle et où (𝐴2 ) est placé á proximité
d'autres conducteurs chargés. A l'équilibre, on aura 𝑄2𝑖𝑛𝑡 = 0 mais aussi un champ
électrostatique non nul mesuré á l'extérieur de (𝐴2 ), dépendant de la distribution surfacique
externe de (𝐴2 ). Ainsi, malgré la charge portée par la surface extérieure de (𝐴2 ), la cavité interne
possède un champ électrostatique nul. Nous voyons donc que le champ électrostatique régnant
á l'intérieur de (𝐴2 ) est parfaitement indépendant de celui á l'extérieur. Noter que ceci reste vrai
même si (𝐴2 ) n'est pas maintenu á potentiel constant.
Une combinaison linéaire de ces deux situations permettant de décrire tous les cas possibles,
nous venons de démontrer que tout conducteur creux maintenu á potentiel constant constitue
bien un écran électrostatique dans les deux sens. Un tel dispositif est appelé cage de Faraday.
Alors que la distribution des charges 𝑄2𝑖𝑛𝑡 dépend de la position de (𝐴1 ), celle des charges
𝑄2𝑒𝑥𝑡 portées par la surface externe de (𝐴2 ) dépend, elle, uniquement de ce qui se passe á
l'extérieur.
20
Applications :
1) Protection contre la foudre : un paratonnerre est en général complété par un réseau de
câbles entourant l'édifice á protéger, reliés á la Terre.
2) Tout conducteur transportant un courant faible est entouré d'une gaine métallique
(appelée blindage) reliée au sol. Cette gaine est parfois simplement le châssis de
l'appareil.
6 Dipôle électrique - Energie électrostatique
Nous avons étudié jusqu'ici les lois de l'électrostatique valables dans le vide et dans les métaux
parfaitement conducteurs. Nous nous proposons maintenant de commencer d'étendre ces lois
à des matériaux autres que les métaux, les diélectriques.
En contraste avec les conducteurs qui ont une grande quantité de charges libres se déplaçant à
l'intérieur du matériau, la grande majorité des charges dans les diélectriques peuvent
difficilement se déplacer et sont liés aux atomes ou molécules du matériel. Ce qu'il faut
comprendre est que même si des systèmes comme des atomes ou molécules sont globalement
neutres, cela ne veut pas dire qu'ils ont un comportement électrique nul et qu'il faut en tenir en
compte dans la description des matériaux.
Le modèle qui va nous permettre à comprendre le comportement des constituants des
diélectriques est celui du dipôle électrique.
6.1 Le dipôle électrostatique
6.1.1 Potentiel électrostatique créé par deux charges électriques
Fig.26
Il existe dans la nature des systèmes électriquement neutres mais dont le centre de gravité des
charges négatives n'est pas confondu avec celui des charges positives. Un tel système peut
souvent être décrit (on dit modélisé) en première approximation par deux charges électriques
ponctuelles, +q et −q situées à une distance 𝑑 = 2𝑎 l'une de l'autre. On appelle un tel système
de charges un dipôle électrostatique.
Définition 11 : Quand deux charges égales et opposées sont séparées par une distance ⃗⃗⃗⃗⃗ 𝐵𝐴,
(vecteur de position relative de la charge positive par rapport à la charge négative), on définit
le moment dipolaire électrique 𝑝, tel que :
Connaître l'effet (la force) électrostatique que ces deux charges créent autour d'eux nécessite le
calcul du champ électrostatique. Nous aurions pu appliquer le principe de superposition aux
champs électriques et calculer ainsi la somme vectorielle des champs électriques créé par
chacune des charges (±q). Il s'avère plus simple de calculer le potentiel créé produit par le dipôle
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ 𝑉. C'est ce que nous allons
et calculer le champ électrique en appliquant la formule 𝐸⃗ = −𝑔𝑟𝑎𝑑
faire avec l'aide de la figure ci-dessous
21
Fig.27
Le système est invariant par rapport à des rotations autour de l'axe de symétrie, z, donc le
potentiel ne dépend pas de la coordonnée 𝜑. D'après la figure 27, le potentiel, V (M), créé en un
point M repéré par ses coordonnées sphériques (𝑟, 𝜃, 𝜑) est simplement :
22
Puisqu'on peut toujours définir le potentiel nul à l'infini, on obtient l'expression suivante pour
l'énergie électrostatique d'une charge ponctuelle située en M
On voit donc que le potentiel électrostatique est une mesure (à un facteur q près) de l'énergie
électrostatique : c'est dû au fait que V est lié à la circulation du champ.
Autre remarque importante : l'énergie est indépendante du chemin suivi.
6.2.2 Energie électrostatique d'un ensemble de charges ponctuelles
Dans la section précédente, nous avons considéré une charge q placée dans un champ 𝐸⃗
extérieur et nous avons ainsi négligé le champ créé par la charge elle-même. Mais lorsqu'on a
affaire à un ensemble de N charges ponctuelles 𝑞𝑖 , chacune d'entre elles va créer sur les autres
un champ électrostatique et ainsi mettre en jeu une énergie d'interaction électrostatique. Quelle
sera alors l'énergie potentielle électrostatique de cet ensemble de charges ?
Soit la charge ponctuelle 𝑞1 placée en 𝑃1 . On amène alors une charge 𝑞2 de l'infini jusqu’en 𝑃2 ,
c'est-à-dire que l'on fournit un travail 𝑊2 = 𝑞2 𝑉1 (𝑃2) = 𝑞1 𝑉2 (𝑃1) = 𝑊1 identique à celui
qu'il aurait fallu fournir pour amener 𝑞1 de l'infini en 𝑃1 en présence de 𝑞2 déjà située en 𝑃2 .
Cela signifie que ce système constitué de 2 charges possède une énergie électrostatique :
, où 𝑟12 = 𝑃1 𝑃2
Remarque : Dans cette approche, nous avons considéré 𝑞2 immobile alors que l'on
rapprochait 𝑞1 . En pratique évidemment, c'est la distance entre les deux charges qui diminue du
fait de l'action de l'opérateur extérieur à la fois sur 𝑞1 et 𝑞2 (avec ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝐹𝑒𝑥𝑡→1 = −𝐹 ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑒𝑥𝑡→2
⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗⃗
puisque 𝐹1→2 = −𝐹2→1 ). On aurait aussi bien pu calculer le travail total fourni par l'opérateur
en évaluant le déplacement de 𝑞1 et de 𝑞2 de l'infini à la distance intermédiaire (M/2). Une
autre façon de comprendre cela, c'est de réaliser que nous avons évalué le travail fourni par
l'opérateur dans le référentiel lié à 𝑞2 (immobile). Celui-ci est identique au travail évalué dans
un référentiel fixe (où 𝑞1 et 𝑞2 se déplacent) car le déplacement des charges s'effectue de
manière quasi-statique (aucune énergie n'a été communiquée au centre de masse).
Si maintenant on amène une 3ème charge 𝑞3 de l'infini jusqu'en 𝑃3 ( 𝑞1 et 𝑞2 fixes), il faut fournir
un travail supplémentaire correspondant à une énergie électrostatique de ce système de 3
charges
Ainsi, on voit qu'à chaque couple 𝑞𝑖 𝑞𝑗 est associée une énergie potentielle d'interaction. Pour
un système de N charges on aura alors :
Cette formule est assez pratique d'utilisation pour des systèmes composés de quelques charges
ponctuelles.
Il existe néanmoins, une forme équivalente à cette dernière équation qui s'avère parfois plus
pratique en présence de symétries, et qui est surtout indispensable quand on veut généraliser
l'énergie électrostatique à des distributions de charge. La dérivation de cette forme alternative
est la suivante :
23
, où le facteur 1/2 apparaît parce que chaque couple est compté deux fois. On remarque qu'ici
𝑉𝑖 est le potentiel créé en 𝑃𝑖 par toutes les autres charges du système (le potentiel dû à la charge
𝑞𝑖 étant exclu).
L'énergie électrostatique d'un ensemble de N charges ponctuelles peut donc s'écrire de façon
alternative comme suit :
7 Théorèmes généraux
7.1 Méthodologie d’étude (loi des mailles)
1) Choix des mailles indépendantes
2) Définition d’un sens arbitraire du courant de maille
3) Ecriture des équations des mailles
Le nombre M d’équations nécessaires est donné par l’expression : 𝑀 = 𝐵 − 𝑁 + 1
B et N représentent respectivement le nombre de branches et de nœuds du circuit à étudier
7.2 Modèles de Thevenin et Norton d'un générateur réel
Le modèle équivalent de Thevenin (ou M.E.T.) d'un générateur réel comporte une source de
tension en série avec un dipôle linéaire :
Fig.28
En continu la source de tension est une source de tension continue et le dipôle linéaire une
résistance.
Fig.29
Le modèle équivalent de Norton (ou M.E.N) d’un générateur réel comporte une source de
courant en parallèle avec un dipôle linéaire. En continu c’est l’association en parallèle d’une
source de courant et d’une résistance :
Fig.30
7.3 Equivalence des deux modèles
Les résistances r des deux modèles sont les mêmes. Les trois paramètres 𝑬𝑻𝑯 , 𝑰𝑵 𝒆𝒕 𝒓 sont liés
par la relation :
𝐸𝑇𝐻 = 𝑟 𝐼𝑁
7.4 Théorème de Thevenin et de Norton
Toute portion de circuit comprise entre 2 bornes A et B et qui ne contient que des éléments
linéaires peut être modélisée par un unique générateur équivalent de Thevenin ou de Norton.
7.4.1 Valeur de 𝑬𝑻𝑯
C'est la même que la valeur de la tension existant "à vide" entre A et B, c'est à dire
celle que relèverait un voltmètre idéal placé entre les bornes A et B.
24
7.4.2 Valeur de 𝑰𝑵
C’est celle de l’intensité qui circulerait à travers un fil reliant les bornes A et B c'est à dire
celle mesurée par un ampèremètre idéal placé entre A et B.
7.4.3 Valeur de 𝒓
C’est la résistance équivalente à celle du dipôle AB rendu passif
7.5 Théorème de Millman
Il permet de trouver le potentiel d’un point du circuit lorsqu'on connaît les autres.
Fig.31
7.6 Théorème de superposition.
Dans un circuit ne comportant que des éléments linéaires et plusieurs sources, on peut calculer
le potentiel d'un nœud du circuit (ou le courant dans une branche) en faisant la somme
des potentiels (ou des courants) obtenus lorsqu'on rend passif toutes les sources
indépendantes sauf une.
7.7 Théorème de Kennelly
Le théorème de Kennelly, ou transformation triangle-étoile, ou transformation Y-Δ
Fig.32
𝑅𝐵 𝑅𝐶 𝑅𝐴 𝑅𝐶 𝑅𝐴 𝑅𝐵
𝑟𝐴 = ; 𝑟𝐵 = ; 𝑟𝐶 = 𝑎𝑣𝑒𝑐 ∑ 𝑅 = 𝑅𝐴 + 𝑅𝐵 + 𝑅𝐶
∑𝑅 ∑𝑅 ∑𝑅
𝑟𝐴 𝑟𝐵 + 𝑟𝐴 𝑟𝐶 + 𝑟𝐵 𝑟𝐶 𝑟𝐴 𝑟𝐵 + 𝑟𝐴 𝑟𝐶 + 𝑟𝐵 𝑟𝐶 𝑟𝐴 𝑟𝐵 + 𝑟𝐴 𝑟𝐶 + 𝑟𝐵 𝑟𝐶
𝑅𝐴 = ; 𝑅𝐵 = ; 𝑅𝐶 =
𝑟𝐴 𝑟𝐵 𝑟𝐶
8 Courant et champ magnétique
8.1 Courant et densité de courant électrique
Nous avons vu qu'il était possible d'électriser un matériau conducteur, par exemple par
frottement. Si l'on met ensuite ce conducteur en contact avec un autre, le deuxième devient à
son tour électrisé, c'est-à-dire qu'il a acquis une certaine charge Q. Cela signifie que lors du
contact des charges se sont déplacées de l'un vers l'autre. On définit alors le courant par :
𝑑𝑄⁄
𝐼= 𝑑𝑡
La raison physique du courant est un déplacement de charges, c'est-à-dire l'existence d'une
vitesse organisée (par opposition à la vitesse d'agitation thermique) de celles-ci. Considérons
donc un fil conducteur de section S, dans lequel se trouvent 𝑛𝑝 porteurs de charge 𝑞𝑝 par unité
de volume, animés d'une vitesse 𝑣 dans le référentiel du laboratoire. Pendant un instant 𝑑𝑡, ces
charges parcourent une distance 𝑣𝑑𝑡. Soit 𝑑𝑆𝑛⃗ un élément infinitésimal de surface mesuré sur
la section du fil, orienté dans une direction arbitraire. La quantité de charge électrique,𝑑𝑄 qui
25
traverse cette surface pendant 𝑑𝑡 est celle contenue dans le volume élémentaire 𝑑𝑉 = 𝑑𝑆𝑑𝑙
asso cié :
On voit alors apparaître un vecteur qui décrit les caractéristiques du milieu conducteur et qu'on
appelle la densité de courant :
Fig.33
La charge totale 𝑑𝑄 traversant une section du fil est l'intégrale des charges 𝑑𝑄 sur la section
du fil. Finalement donc, le courant I circulant dans le fil est relié à la densité par :
26
Fig.34
𝑣1 𝑑𝑡 𝑒𝑡 𝑞2 parcourt la distance 𝑣2 𝑑𝑡. Autrement dit, lorsque 𝑞2 ressent les effets
électrostatiques dus à 𝑞1 , ceux-ci ne sont plus radiaux : le champ ⃗⃗⃗⃗ 𝐸1 (𝑡 − 𝑑𝑡) vu par 𝑞2 est
dirigé vers l'ancienne position de 𝑞1 et dépend de la distance 𝑐𝑑𝑡 et non pas de la distance 𝑟.
On voit ici qu'il faut corriger la loi de Coulomb qui nous aurait donné le champ ⃗⃗⃗⃗
𝐸1 (𝑡) qui est faux
(car elle suppose instantanée la propagation de l'information). Les effets électriques ne peuvent
donc se résumer au champ électrostatique.
Cependant, l'expérience montre que la prise en compte d'une correction tenant compte de la
vitesse finie du transport d'information ne suffirait pas à expliquer la trajectoire de 𝑞2 : une force
supplémentaire apparaît, plus importante d'ailleurs que celle associée avec la vitesse finie
d'information ! En première approximation, la force totale exercée par 𝑞1 sur 𝑞2 s'écrit en fait :
Dans cette expression, on voit donc apparaître un deuxième terme qui dépend des vitesses des
deux particules ainsi que la vitesse de propagation de la lumière. Ce deuxième terme s'interprète
comme la contribution d'un champ magnétique créé par 𝑞1 . Autrement dit :
Fig.35
27
8.3.2 Champ magnétique créé par un ensemble de charges en
mouvement
Considérons 𝑁 particules de charges 𝑞𝑖 , situés en des points 𝑃𝑖 , et de vitesse ⃗⃗⃗𝑣𝑖 . En vertu du
principe de superposition, le champ magnétique créé en un point 𝑀 est la somme vectorielle des
champs créés par chaque particule et vaut
Si le nombre de particules est très grand dans un volume 𝑉 donné et qu'on s'intéresse à des
échelles spatiales bien plus grandes que la distance entre ces particules, il est avantageux
d'utiliser une description continue. Il faut donc définir des distributions continues comme nous
l'avons fait en électrostatique. Mais des distributions continues de quoi ?
Le passage à la limite continue consiste à assimiler tout volume élémentaire 𝑑𝑉, situé autour
d'un point 𝑃′ quelconque de la distribution de charges en mouvement, à une charge 𝑑𝑞 animée
d'une vitesse moyenne 𝑣 . Le champ magnétique résultant s'écrit alors
, où l'intégrale porte sur le volume V total embrassé par ces charges. En toute généralité,
considérons α espèces différentes de particules (ex : électrons, ions) chacune animée d'une
vitesse ⃗⃗⃗⃗
𝑣𝛼 de charge 𝑞𝛼 et d'une densité numérique 𝑛. On peut alors écrire
𝑑𝑞𝑣 = ∑ 𝑛𝛼 𝑞𝛼 ⃗⃗⃗⃗
𝑣𝛼 𝑑𝑉
𝛼
, où la somme porte sur le nombre d'espèces différentes et non sur le nombre de particules. On
reconnaît ainsi l'expression générale du vecteur densité locale de courant 𝑗 = ∑𝛼 𝑛𝛼 𝑞𝛼 ⃗⃗⃗⃗
𝑣𝛼
L'expression du champ magnétique créé par une distribution volumique de charges quelconque
est donc :
Ce résultat est général et valable quelle que soit la forme du conducteur. On peut l'appliquer,
par exemple, à l'intérieur d'un métal de volume V quelconque.
8.3.3 Champ créé par un circuit électrique (formule de Biot et
Savart)
Dans le cas particulier d'un circuit filiforme fermé, parcouru par un courant permanent 𝐼, la
formule précédente va nous fournir la loi de Biot et Savart. Dans ce cas, le volume élémentaire
s'écrit 𝑑𝑉 = 𝑑𝑆𝑑𝑙 où 𝑑𝑆 est un élément de surface transverse situé en 𝑃 et 𝑑𝑙 un élément de
longueur du fil. Or, on considère seulement les cas où le point 𝑀 est situé à une distance telle
du fil qu'on peut considérer celui-ci comme très mince. Plus précisément, le vecteur vitesse (ou
densité de courant) a la même orientation sur toute la section du fil (𝑗 parallèle à ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 et à ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆).
Fig.36
28
Ainsi, on écrit
, où P est un point quelconque le long du circuit et ⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗⃗ (O étant l'origine, quelconque, du
𝑑𝑙 = 𝑑𝑂𝑃
système)
8.4 Calcul du champ dans quelques cas simples
8.4.1 Champ créé par un segment de fil rectiligne
On considère le champ magnétique 𝛿𝐵 ⃗ créé par un segment rectiligne 𝑃1 𝑃2 parcouru par un
courant d'intensité 𝐼 en un point 𝑀 situé à une distance 𝜌 du fil. On écrit 𝛿𝐵 ⃗ parce que ce
segment ne peut être qu'une partie d'un circuit complet, et il faut en général calculer le champ
⃗ pro duit par le circuit en entier (par superposition)
𝐵
Fig.37
A partir de la loi Biot-Savart on écrit :
Fig.38
Considérons maintenant le cas d'une spire circulaire de rayon R, parcourue par un courant
permanent I. On ne s'intéresse ici qu'au champ magnétique sur l'axe z de la spire. La densité de
courant étant toroïdale et invariante par rotation autour de l'axe z, c'est-à-dire :
30
8.4.3 Champ d'un solénoïde fini (sur l'axe) infini
Fig.39
Un solénoïde est constitué d'un enroulement d'un fil conducteur autour d'un cylindre de
longueur l et de rayon R. On suppose que ce fil est suffisamment mince pour pouvoir modéliser
ce solénoïde comme une juxtaposition de N spires coaxiales, avec n = N/l spires par unité de
longueur. Chaque spire est alors parcourue par un courant permanent I. Comme pour la spire
simple vue plus haut, les propriétés de symétrie du courant montrent que le champ magnétique
du solénoïde, qui est la somme vectorielle du champ créé par chaque spire, est suivant z
uniquement. Autour d'un point P situé en z′, sur une épaisseur 𝑑𝑂𝑃 = 𝑑𝑧′ , il y a 𝑛𝑑𝑧′ spires.
Ces spires créent donc un champ en un point M (OM = z) quelconque de l'axe :
Considérons maintenant une surface fermée S quelconque, c'est-à-dire pour laquelle on peut
définir localement un élément de surface ⃗⃗⃗⃗𝑑𝑆 = 𝑑𝑆̂𝑛 dont le vecteur normal est orienté vers
l'extérieur (par convention). On peut maintenant appliquer le théorème de Green-Ostrogradsky
sur le volume V à l'intérieur de cette surface :
31
Fig.40
⃗ = 0. Ceci prend donc
, où dans le dernier membre de droite nous avons utilisé le fait que 𝑑𝑖𝑣𝐵
la forme intégrale d'une loi générale appelé la conservation du flux magnétique qui dit que le
flux du champ magnétique, 𝛷𝑚 , à travers une surface fermée est nul, c.-à-d. :
Bien que nous avons obtenu cette loi dans le contexte du magnétostatisme, on peut faire
l'hypothèse, qui s'avère être vraie, que le champ magnétique reste conservé même si les champs
et les courants varient avec le temps.
La conservation du flux magnétique est une propriété très importante et montre une différence
fondamentale entre le champ magnétique et le champ électrostatique. Nous avons vu, avec le
théorème de Gauss, que le flux du champ électrostatique dépend des charges électriques
contenues à l'intérieur de la surface :
Si la charge totale est positive, le flux est positif et il sort de cette surface un champ
électrostatique (source). Si la charge est négative, le flux est négatif et le champ rentre, converge
vers la surface (puits). Cette propriété reste d'ailleurs également valable en régime variable. Rien
de tel n'a jamais été observé pour le champ magnétique. On ne connaît pas de charge
magnétique analogue à la charge électrique (ce serait un monopôle magnétique) : donc tout le
champ qui rentre dans une surface fermée doit également en ressortir. La source la plus
élémentaire de champ magnétique est un dipôle (deux polarités), comme l'aimant dont on ne
peut dissocier le pôle nord du pôle sud.
On peut montrer que le flux à travers une surface ouverte s'appuyant sur un contour fermé 𝐶
est indépendant du choix de cette surface. Prenons deux surfaces distinctes 𝑆1 et 𝑆2 s'appuyant
sur un même contour C. La réunion de ces surfaces 𝑆 = 𝑆1 + 𝑆2 , forme une surface fermée.
En orientant la surface S de l'intérieur vers l'extérieur, la conservation du flux magnétique
impose
, donc 𝛷𝑠1 = 𝛷𝑠2 c'est-à-dire le flux magnétique à travers n'importe quelle surface s'appuyant
sur le même contour C (et utilisant la même convention de normale) est indépendant du choix
de la surface.
32
Fig.41
9.1.2 Lignes de champ et tubes de flux
Le concept de lignes de champ (également appelées lignes de force) est très utile pour se faire
une représentation spatiale d'un champ de vecteurs. Ce sont ces lignes de champ qui sont
tracées par la matière sensible au champ magnétique, telle que la limaille de fer au voisinage
d'un aimant.
Définition 13 : Une ligne de champ d'un champ de vecteur quelconque est une courbe C dans
l'espace telle qu'en chacun de ses points le vecteur y soit tangent.
Considérons un déplacement élémentaire 𝑑𝑙 ⃗⃗⃗ le long d'une ligne de champ magnétique C. Le fait
que le champ magnétique 𝐵 ⃗ soit en tout point de C parallèle à ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 s'écrit :
La conservation du flux magnétique implique que les lignes de champ magnétique se referment
sur elles-mêmes.
Un tube de flux est une sorte de rassemblement de lignes de champ. Soit une surface 𝑆1
s'appuyant sur une courbe fermée C telle que le champ magnétique y soit tangent (c'est-à-dire
⃗ ⊥ ⃗⃗⃗
𝐵 𝑑𝑙 où ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 est un vecteur élémentaire de C). En chaque point de C passe donc une ligne de
champ particulière. En prolongeant ces lignes de champ on construit ainsi un tub e de flux.
Tout au long de ce tub e, le flux magnétique est conservé. En effet, considérons une portion de
tube cylindrique entre 𝑆1 et 𝑆3 , ayant un rétrécissement en une surface 𝑆2 . La surface 𝑆 =
𝑆1 + 𝑆3 + 𝑆𝐿 , où 𝑆𝐿 est la surface latérale du tube, constitue une surface fermée. Donc le flux
à travers S est nul. Par ailleurs, le flux à travers la surface latérale est également nul, par
définition des lignes de champ (𝐵 ⃗ · ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑆 = 0 𝑠𝑢𝑟 𝑆𝐿 ). Donc, le flux en 𝑆1 est le même qu’en 𝑆3 .
On peut faire le même raisonnement pour 𝑆2
33
Fig.42
Cependant puisque 𝑆1 > 𝑆2 pour un flux identique, cela signifie que le champ magnétique est
plus concentré en 𝑆2 . D'une manière générale, plus les lignes de champ sont rapprochées et plus
le champ magnétique est localement élevé. Les exemples les plus célèbres de tubes de flux
rencontrés dans la nature sont les taches solaires.
9.2 Circulation du champ magnétique
9.2.1 Circulation du champ autour d'un fil infini
⃗ créé
Nous avons vu dans le chapitre précédent que la loi Biot et Savart prédit que le champ 𝐵
par un fil infini en un point 𝑀(𝑟, 𝜑, 𝑧) s'écrit en coordonnées cylindriques :
Fig.43
Plusieurs cas de figures peuvent se présenter :
Si C n'enlace pas le fil, ∮ 𝑑∅ = 0
Si C enlace le fil, ∮ 𝑑∅ = 2𝜋
Si C enlace le fil N fois, ∮ 𝑑∅ = 𝑁2𝜋
La circulation de 𝐵⃗ sur une courbe fermée est donc directement reliée au courant qui traverse
la surface délimitée par cette courbe. C'est Ampère qui, en recherchant une explication du
magnétisme dans une théorie de la dynamique des courants, découvrit cette propriété du
champ magnétique. Elle est démontrée ici sur un cas particulier à partir de la loi de Biot et Savart
34
mais elle traduit une loi magnétostatique fondamentale connue sous le nom de théorème
d'Ampère
9.3 Le théorème d'Ampère
Théorème 4 : La circulation de 𝐵 ⃗ le long d'une courbe C quelconque, orientée et fermée, appelée
contour d'Ampère, est égale à 𝜇0 fois la somme algébrique des courants enlacées par le contour
(c.-à-d. le flux du courant traversent une surface ouverte délimitée par C)
Fig.44
Cependant, pour le champ magnétique, il s'avère impossible de séparer le dipôle en une charge
magnétique «+» et une autre «-». Le dipôle est la première source de champ magnétique. C'est
la raison pour laquelle il joue un si grand rôle dans la modélisation des effets magnétiques
observés dans la nature, au niveau microscopique comme macroscopique.
L'origine du champ magnétique d'un matériau quelconque (ex : aimant) doit être microscopique.
En utilisant le modèle atomique de Bohr, on peut se convaincre que les atomes (du moins
certains) ont un moment magnétique dipolaire intrinsèque. Le modèle de Bohr de l'atome
d'Hydrogène consiste en un électron de charge 𝑞𝑒 = −𝑒 en mouvement circulaire uniforme
autour d'un noyau central (un proton) avec une période 𝑇𝑒 = 2𝜋/𝜔
Fig.45
35
Si on regarde sur des échelles de temps longues par rapport à 𝑇𝑒 , tout se passe comme s'il y
avait un courant 𝐼𝑒
𝑞 𝑞 𝜔
𝐼𝑒 = 𝑒⁄𝑇 = 𝑒 ⁄2𝜋
𝑒
On a donc une sorte de spire circulaire, de rayon moyen la distance moyenne au proton, c'est-
à-dire le rayon de Bohr 𝑎0 . L'atome d'Hydrogène aurait donc un moment magnétique
intrinsèque :
, où 𝜒𝑚 est un nombre sans dimension qui est typiquement de l'ordre de 10−5 pour les
matériaux diamagnétiques et 10−3 pour des matériaux paramagnétiques. A cause de la valeur
de 𝜒𝑚 qui est trop petite, on peut dans beaucoup de situations ignorer la présence de la matière
quant aux effets magnétiques et calculer le champ magnétique comme s'il s'agissait du vide.
Les matériaux ferromagnétiques font une grande exception à la règle ci-dessus. Pour ces
matériaux, les moments dipolaires s'agissent entre eux fortement et tendent tous à s'aligner
dans le même sens (au moins à l'intérieur d'un domaine cristallin).
36
11 Actions et énergie magnétiques
11.1 Force magnétique sur une particule chargée
11.1.1 La force de Lorentz
La force totale, électrique et magnétique (on dit électromagnétique) subie par une particule de
charge 𝑞 et de vitesse 𝑣 mesurée dans un référentiel galiléen est l'équation de Lorentz :
, où ⃗⃗⃗
𝐹𝑒 est la composante électrique et ⃗⃗⃗⃗ 𝐹𝑚 la composante magnétique. La composante
magnétique de la force de Lorentz (parfois appelée force magnétique) possède un ensemble de
propriétés remarquables :
La force magnétique ne fournit pas de travail. Si on applique la relation fondamentale
de la dynamique pour une particule de masse m et charge q, on obtient :
37
Fig.46
Considérons un élément ⃗⃗⃗
𝑑𝑙 d'un circuit filiforme, orienté dans la direction du courant I. Cet
élément subit une force de Laplace ⃗⃗⃗⃗⃗⃗ ⃗⃗⃗⃗ , cette force
𝑑𝐹𝐿 . Pour déplacer le circuit d'une quantité 𝑑𝑟
doit fournir un travail
, où 𝑑𝑆𝑐𝑛 est la surface élémentaire décrite lors du déplacement de l'élément de circuit (les trois
vecteurs forment un trièdre direct). On reconnaît alors l'expression du flux magnétique à travers
cette surface balayée, appelé flux coupé. Pour l'ensemble du circuit, le travail dû à un
déplacement élémentaire ⃗⃗⃗⃗𝑑𝑟
Fig.47
Soit un circuit C orienté, parcouru par un courant I et déplacé dans un champ magnétique
extérieur (figure ci-dessus). Ce circuit définit à tout instant une surface S s'appuyant sur C. Lors
du déplacement de sa position initiale vers sa position finale, une surface fermée 𝛴 = 𝑆𝑖 + 𝑆𝑓 +
𝑆𝑐 est ainsi décrite, où 𝑆𝑐 est la surface balayée lors du déplacement. On choisit d'orienter les
normales à chaque surface vers l'extérieur. La conservation du flux magnétique impose alors
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On a donc bien 𝛷𝑐 = ∆𝛷 et le travail fait par la force de Laplace est :
, qui est vérifié algébriquement. Ne pas oublier que ce raisonnement n'est valable que pour un
champ magnétique extérieur statique (pas de variation temporelle du champ au cours du
déplacement du circuit).
11.2.2 La règle du flux maximum
Un solide est dans une position d'équilibre stable si les forces et les moments auxquels il est
soumis tendent à le ramener vers cette position s'il en est écarté. D'après le théorème de
Maxwell on a
Si la position est stable, cela signifie que l'opérateur doit fournir un travail, autrement dit un
déplacement ⃗⃗⃗⃗
𝑑𝑟 dans le sens contraire de la force (qui sera une force de rappel), donc
𝑑𝑊 < 0 𝑜𝑢 𝛷𝑓 < 𝛷𝑖
Un circuit tend toujours à se placer dans des conditions d'équilibre stable, où le flux du champ
est maximum.
12 Induction électromagnétique
12.1 Les lois de l'induction
12.1.1 La loi de Faraday
La variation temporelle du flux magnétique à travers un circuit fermé y engendre une f.é.m
induite
Fig.48
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Le premier crée un champ magnétique ⃗⃗⃗⃗
𝐵1 dont on peut calculer le flux ∅12 à travers le
deuxième circuit,
, où P est cette fois-ci un point du circuit 𝐶2 et M un point de la surface délimitée par 𝐶1 , à travers
laquelle le flux est calculé. Les termes entre crochets dépendent de la distance entre les deux
circuits et des facteurs uniquement géométriques liés à la forme de chaque circuit.
Comme, dans le cas général, ils sont difficiles voire impossibles à calculer, il est commode de
poser
Le signe des coefficients dépend des orientations respectives des circuits et suit la même logique
que pour le courant induit.
Théorème 6 : Le coefficient d'induction mutuelle ou inductance mutuelle vaut
Il met en jeu une énergie potentielle d'interaction magnétique entre les deux circuits
12.2.2 Auto-induction
Si on considère un circuit isolé, parcouru par un courant I, on s'aperçoit qu'on peut adopter le
même raisonnement que ci-dessus. En effet, le courant I engendre un champ magnétique dans
tout l'espace et il existe donc un flux de ce champ à travers le circuit lui-même
Ainsi, bien que le courant soit variable, la création d'un champ magnétique obéira à la loi de
Biot et Savart tant que le critère ci-dessus reste satisfait. Ce type de régime variable est
également appelé régime quasi-stationnaire.
12.3.2 Forces électromotrices (f.é.m) induites
Considérons tout d'abord le cas d'un circuit isolé rigide (non déformable). Nous avons vu qu'une
f.é.m induite apparaissait dès lors que le flux variait. D'après la loi de Faraday et l'expression ci-
dessus, cette f.é.m vaudra
(L étant constant pour un circuit rigide). En régime variable, si le courant diminue, on verra donc
apparaître une f.é.m positive engendrant un courant induit qui va s'opposer à la décroissance
du courant dans le circuit. La self d'un circuit tend donc à atténuer les variations de courant.
Dans les schémas électriques la self est symbolisée par une bobine. C'est en effet la façon la plus
commode de produire une self : plus le nombre de spires est élevé et plus grande sera l'auto-
inductance L (le cylindre sur lequel on fait l'enroulement est d'ailleurs souvent constitué de fer
doux, matériau ferromagnétique, pour amplifier le champ, donc L). Puisque le même flux
magnétique traverse les N spires de la bobine, le flux à travers la bobine s'écrit :
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