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Droit Commercial

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DROIT COMMERCIAL

DROIT COMMERCIAL
Introduction
Le droit commercial est l’une des premières branches a avoir bénéficié des
dispositions du traité OHADA. Il a en réalité, été organisé par l’un des premiers actes
uniformes adoptés à Cotonou le 17 avril 1997 et, est entré en vigueur le 1 er janvier 1998 (Acte
uniforme relatif au droit commercial général – AUDCG). Et parce qu’à ce jour l’œuvre de
l’OHADA n’est pas encore achevée, ce même Acte a récemment fait l’objet d’un toilettage :
il a été modifié le 15 décembre 2010. Cette modification est entrée en vigueur depuis le 15
mai 2011.

Les deux textes communautaires africains présentent la matière en distinguant d’une


part, les acteurs du commerce et d’autre part, les opérations de commerce. Mais avant d’y
venir, interrogeons-nous dans cette partie introductive sur le concept même du droit
commercial.

I- Définition et détermination du domaine du droit commercial

Le droit commercial est défini comme l’ensemble de normes juridiques applicables


aux commerçants, aux actes de commerce, à l’entreprenant et aux activités commerciales.
Mais de façon simplifiée le droit commercial régit la vie des affaires, ses acteurs comme
ses opérations. La vie d’acteurs constitue bien le point d’ancrage du droit commercial et c’est
elle qui impose au droit commercial ses particularismes.

II- Les particularismes du droit commercial

Le particularisme du droit commercial est caractérisé par trois (03) éléments.

A- La rapidité et la simplicité

La rapidité est l’essence même du commerce. Les marchandises doivent circuler aussi
vite que possible en raison de la fluctuation des cours. Le temps est donc précieux pour un
commerçant. C’est ce qui explique qu’à chaque fois qu’on le pourra on se dispensera des
formalismes d’ordre onéreux du droit civil.

B- L’absence de formalisme

Les opérations commerciales sont plus répétitives que les opérations civiles. En outre
le facteur temps tient une place importante dans le domaine des affaires. C’est pourquoi il a
été élaboré en matière commerciale un certain nombre de règles qui ont pour objet de faciliter
la conclusion des opérations commerciales. Ces règles dérogent en plusieurs points au droit
commun. Ce sont :

- La preuve : contrairement au droit commun et selon les dispositions de l’article 5


AUDCG « les actes de commerce peuvent se prouver par tous les moyens à
l’égard des commerçants ». Cela signifie que même en l’absence d’un acte écrit, il

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peut y avoir preuve par tous moyens notamment par témoignage, par
correspondance échangée et même par les livres de commerce.
- La prescription extinctive : selon l’article18 AUDCG, les obligations contractée
entre commerçants et non commerçants se prescrivent par 5 ans.
- La compétence juridictionnelle. En matière commerciale, la compétence
d’attribution peut être dérogée par une clause compromissoire (les parties
promettent à l’avance de soumettre leur litige à l’arbitrage s’il était né) inscrite
dans la convention des parties, soit alors par un compromis d’arbitrage(ici, le litige
est déjà né et les parties cherchent un arbitre), les deux techniques ayant pour objet
de soumettre le règlement des litiges opposant deux ou plusieurs parties
commerçantes non pas à des juges étatiques, mais à des juges privés que sont les
arbitres.
C- Le développement de crédit

Tous les industriels et commerçants utilisent les crédits pour produire, acheter des
marchandises qui seront revendues. En vue de sauvegarder le crédit qui tient une place
importante dans les affaires, il a été élaboré en droit commercial un certain nombre de règles
qui ont pour objet de faciliter le recouvrement des créances. Il en est ainsi :

- De la solidarité qui se présume en matière commerciale. Ainsi, si plusieurs


commerçants se sont engagés pour le paiement d’une dette, ils se sont engagés
solidairement. Par contre, en matière civile, la solidarité ne se présume pas, il faut
qu’elle ait été stipulée dans le contrat.
- De la mise en demeure qui est le rappel adressé par le créancier à son débiteur qui
ne s’exécute pas. En droit civil, elle est solennelle et doit se faire par une
sommation d’huissier. Au contraire en droit commercial, une lettre recommandée
suffit et parfois même un simple télégramme.
III- Les sources du droit commercial

On distingue deux types de sources : les sources internes et les sources internationales.

A- Les sources internes

Il s’agit de la loi, de la jurisprudence, de la doctrine, des usages.

1- La loi

La loi demeure la source essentielle. On peut citer notamment l’arrêté n° 045 du 15


novembre 1991 réglementant le commerce ambulant ou plus récemment du décret n° 90/ 720
du 22 novembre 1993 fixant les modalités d’application de la loi du 10 août régissant
l’activité commerciale au Cameroun.

2- La jurisprudence

Le droit ici est l’œuvre de la justice commerciale, justice des tribunaux et justice
arbitrale.

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DROIT COMMERCIAL

3- La doctrine

Elle n’appelle pas de remarques particulières, elle exprime la pensée des juristes qui
participent à l’interprétation des lois et formulent des suggestions.

4- Les usages

Les usages qui sont des sources propres au droit commercial et qui ont vocation à
s’appliquer dans les relations entre commerçants sauf si ceux-ci conviennent autrement.

B- Les sources internationales

On peut citer comme source internationale : la convention de Berne sur le transport


international de voie ferrée ; les conventions de Bruxelles sur l’unification du droit maritime ;
la convention de Varsovie sur les transports aériens internationaux ; les conventions sur
l’arbitrage international… A ceux-ci nous pouvons ajouter l’OHADA.
En parcourant les différents textes relatifs à l’activité commerciale, on s’aperçoit que
ceux-ci traitent à la fois des personnes et des transactions qu’elles sont appelées à effectuer.
Les personnes, ce sont les acteurs du commerce (Ière partie). Les transactions seront
regroupées sous le vocable des opérations de commerce (IIème partie).

PREMIERE PARTIE : LES ACTEURS DU COMMERCE


L’activité commerciale est encadrée par l’Etat. Elle met en présence deux catégories
de personnes.

- D’une part, ceux qui achètent des biens et des services : les clients
- D’autre part ceux qui les vendent, les commerçants et les entreprenants auxquels il
faut adjoindre une catégorie nouvelle, les intermédiaires.

Cette dernière catégorie de personnes, les commerçants et les entreprenants, est au


centre de l’activité commerciale (Titre I). Pour atteindre les clients, les commerçants utilisent
parfois les intermédiaires qui, dans une certaine mesure, partagent leur statut (Titre II).

TITRE I : LE COMMERCANT ET L’ENTREPRENANT

CHAPITRE I : LES PROFESSIONS COMMERCIALES

L’article 2 nouveau de l’AUDCG : « est commerçant, celui qui fait de


l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa profession ». Il est évident qu’il y a
non une profession mais des professions commerciales qui sont d’ailleurs très variées.

Section I : Classement des professions.

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Exercer une profession, c’est consacrer d’une façon principale et habituelle son
activité à l’accomplissement d’une certaine tâche dans le but d’en tirer un profit.

L’activité professionnelle est intéressée ; celui qui est commerçant cherche à tirer un
profit pécuniaire de l’exercice de son commerce. Il y a une double conséquence à cela :

- Il ne faut pas considérer comme commerçant celui qui se livre à une


exploitation en apparence commerciale, sans vouloir en tirer aucun profit
personnel et presque toujours dans un but de bienfaisance par exemple celui
qui organise dans un tel dessein un spectacle ou une compétition sportive, à plus
forte raison celui agit pour la défense d’intérêt généraux.

- Il ne faut pas considérer comme commerçant celui qui fait habituellement des
actes de nature commercial sans exercer une profession, par exemple celui qui
vend et achète des tableaux ou des livres pour renouveler sa galerie ou sa
bibliothèque.
Quand il s’agit d’une profession commerciale, le commerçant est en rapport avec le
public et ceux qui s’adressent à lui forment sa clientèle. Il attire et retient cette clientèle par
une certaine installation matérielle ou par la qualité de ses produits.

Section II : Détermination des professions commerciales

Les commerçants peuvent être classés en quatre (4) grandes catégories d’après la
nature des actes qu’ils accomplissent professionnellement. On distinguera sans que cette
distinction ait une valeur juridique :
Les entreprises de distributions chargées de vendre les matières premières aux
fabricants, les marchandises aux consommateurs ;
Les entreprises de production dans lesquelles l’exploitation porte dans la vie
courante le nom d’industrie ;
Les entreprises auxiliaires qui font le commerce de l’argent ou du crédit ou aident les
commerçants dans la conclusion des affaires.

Section III : Les professions non commerciales

Un grand nombre de profession dont certaines sont très utiles à la vie économique,
n’ont pas le caractère commercial. Elles peuvent se diviser en trois catégories :

Les exploitations agricoles et artisanales,celles-ci sont des activités économiques à


caractère civil.
Les professions libérales et la fonction publique, D’une part ces professions
n’exigent qu’un travail intellectuel et d’autre part, elles supposent un certain
désintéressement.
Les employés et représentants, Ceux qui participent à l’exploitation commerciale
sous la direction d’un autre et en vertu d’un contrat ne sont pas commerçants. On donne à ces
personnes des noms divers:ouvriers, employés, commis, agents, gérants, représentants, cadres
et même directeurs.

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DROIT COMMERCIAL

CHAPITRE II : L’IDENTIFICATION DU COMMERÇANT

L’activité commerciale au Cameroun est en principe libre. Si toute personne peut


exercer le commerce, il faut encore que certains critères soient remplis (section I). Cependant
certaines personnes ne pourront devenir commerçantes. Des limites sont ainsi apportées à la
commercialité (section II), avant d’envisager les règles d’accès à la profession commerciale
(section III).

Section I : Les critères de la commercialité

Aux termes de l’article 2 nouveau, « est commerçant, celui qui fait de


l’accomplissement des actes de commerce par nature sa profession » ; on remarque à la
lecture de cette nouvelle rédaction une volonté de limiter les actes de commerce susceptibles
de conférer la qualité de commerçant (sous-sectionI) et une suppression de la répétition que
révélait le concept de profession habituelle (sous-sectionII).

Sous-section I- La qualité de commerçant

Le commerçant tient sa qualité à titre principal de l’accomplissement des actes de


commerce par nature (I)et des actes de commerce par la forme (II)à côté de ces actes
commerce stricto sensu il existe des actes de commerce par accessoire (III) et nous
envisagerons la question du régime juridique des actes de commerce (IV).

I- Les actes de commerce par nature

Ils sont énumérés à l’article 3 AUDCG. Ce sont :


- Les actes d’achat portant sur des biens meubles ou immeubles en vue de leur
revente ;
- Les opérations de banque, de bourse, de courtage, d’assurance et de transit ;
- Les opérations de location de meubles ;
- L’exploitation industrielle des mines, carrière et de tout gisement de ressources
naturelles ;
- Les opérations de manufacture, de transport et de télécommunication ;
- Les opérations des intermédiaires de commerce, telles que commission, courtages,
agences ainsi que les opérations d’intermédiaires pour l’achat, la souscription, la
vente ou la location d’immeubles, de fonds de commerce, d’actions ou de parts de
société commerciale ou immobilière.
Tous ces actes de commerce confèrent la qualité de commerçant à ceux qui les
accomplissent indépendamment du statut de la personne qui les effectue. Il s’agit d’acte de
commerce par nature qui doit être distingués des actes de commerce par la forme.

II- Les actes de commerce par la forme

Il s’agit de la lettre de change, du billet à ordre et le warrant.


La lettre de change est un titre par lequel une personne appelée le tireur donne l’ordre
à l’un de ses débiteurs le tiré, de payer une certaine somme, à une certaine date à une
troisième personne appelée bénéficiaire ou porteur ou à son ordre.

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Le billet à ordre est un titre par lequel une personne appelée le souscripteur, s’engage
à payer à une époque déterminée une somme d’argent à un bénéficiaire ou à son ordre.
Le warrant est un billet à l’ordre souscrit par un commerçant et garanti par des
marchandises constituées d’un ensemble déterminé de choses fongibles que le débiteur garde
par devers lui.
Ces actes en raison de leur forme sont commerciaux même lorsqu’ils sont faits par des
personnes qui ne sont pas commerçants.
A ces actes, il est loisible (admis) d’ajouter les opérations effectuées par une société
commerciale, sont de par leur forme commerciales même si l’objet social est civil. C’est ainsi
qu’un propriétaire qui donne en location son appartement dans un immeuble qui lui
appartient accomplit un acte civil. Mais si la même opération est accomplie par une société
anonyme, elle est considérée comme un acte de commerce.
Les sociétés commerciales sont des entreprises qui sont considérées comme telles par
le législateur en fonction de la forme juridique qu’elles ont adopté même si leur objet est civil.
Ce sont selon l’article 6 alinéa 2 AUDSC/GIE :
 Les sociétés de capitaux (SA)
 Les sociétés de personnes (SNC, SCS)
 Les SARL

III- Les actes de commerce par accessoire

Les actes de commerce par accessoires sont des actes juridiques dont l’objet est
purement civil mais qui sont accomplis par un commerçant à l’occasion ou pour les besoins
de son commerce. De tels actes sont alors considérés comme commerciaux parce qu’ils sont
l’accessoire de la profession commerciale. Exemple : acheter un véhicule est un acte
purement civil qui peut être accomplit par un commerçant pour son usage personnelnon
commercial. Mais si ce véhicule est acheté pour faciliter l’exploitation commerciale (véhicule
de livraison), l’acte devient un acte de commerce par accessoire parce que accompli par le
commerçant pour les besoins de son commerce.
NB : Les actes mixtes ne constituent pas une catégorie d’actes de commerce. Il s’agit
d’actes juridiques qui mettent face à face un commerçant et un non commerçant c'est-à-dire
un acte qui est commercial pour l’une des parties et civil pour l’autre. Exemple : la vente au
détail est commerciale pour le vendeur et civile pour le consommateur qui achète. Le contrat
de travail est commercial pour l’employeur commerçant et civil pour le salarié.
La principale difficulté en ce qui concerne les actes mixtes est de savoir s’il faut leur
appliquer les règles du droit civil ou celles du droit commercial.

IV- Le régime juridique des actes de commerce

Une autre particularité des actes de commerce concerne les règles de fond, de
procédure et de preuve.

A- Les règles de fond et de procédure


1- Les règles de fond
- La prescription

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C’est le temps écoulé au bout duquel le débiteur n’est plus obligé de s’exécuter. Elle
est extinctive ou libératoire. Elle est de 30 ans en matière civile. Mais en matière
commerciale, elle est de 5 ans.
- La solidarité
En matière civile, la solidarité ne se présume pas, elle doit être expressément stipulée.
On doit donc la prouver. Par contre en matière commerciale, elle est toujours présumée dans
les contrats où plusieurs commerçants sont codébiteurs c'est-à-dire que les personnes
commerçantes qui se sont engagées ensemble se sont engagées solidairement.
- La mise en demeure
C’est le rappel adressé par le créancier à son débiteur qui ne s’exécute pas. C’est aussi
l’acte par lequel un créancier somme son débiteur d’exécuter son obligation. En droit civil, la
mise en demeure est solennelle et doit se faire par une sommation d’huissier. Au contraire en
droit commercial, elle peut être faite par tous moyens. Une lettre recommandée suffit et
parfois même un simple télégramme.
2- Les règles de procédure
- La compétence des juridictions
La juridiction compétence en matière commerciale au Cameroun est la chambre civile
et commerciale du TPI ou du TGI statuant en matière commerciale.
Le TPI est compétent lorsque le montant de la demande n’excède pas dix millions de
francs Cfa. (Art 18 de la loi n° 2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire
au Cameroun) ;
Le TGI est compétent lorsque le montant de la demande excède dix millions de francs
Cfa. (Art 18 de la loi n°2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire au
Cameroun).
En ce qui concerne les actes mixtes, en cas de litiges, le commerçant s’il est
demandeur, ne peut pas invoquer à l’égard du non commerçant, le régime juridique propre
aux commerçants ou aux actes de commerce. Au contraire le non commerçant lorsqu’il agit
contre un commerçant, dispose d’un choix entre l’application des règles du droit commercial
ou alors des règles du droit civil.
De même, si le non commerçant est défendeur, il ne peut être cité que devant une
juridiction civile. S’il est demandeur, il peut citer le commerçant soit devant la juridiction
civile, soit devant la juridiction commerciale, le tribunal compétent étant celui du lieu du
domicile du défendeur.
- L’arbitrage
Toutefois au lieu de porter leurs litiges devant les tribunaux, les commerçants
préfèrent souvent recourir à l’arbitrage procédure plus simple et surtout plus rapide, sécrète et
conforme à l’esprit des relations d’affaires. Le recours à l’arbitrage peut résulter d’un
compromis (litige déjà né et on cherche un arbitre) ou d’une clause compromissoire (prévoir
par avance le règlement du litige qui n’est pas encore né).
B- Les règles de preuve

L’article 5 AUDCG pose que les actes de commerce peuvent se prouver par tous les
moyens à l’égard des commerçants. Ceux-ci feront donc la preuve le cas échéant de plusieurs

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DROIT COMMERCIAL

manières :Actes authentiques, actes sous seing privés, bordereaux, factures, correspondances
commerciales, preuve testimoniales, livres de commerce…
En ce qui concerne les actes mixtes, la jurisprudence fait la même distinction. La
preuve est libre lorsque l’action est dirigée contre le commerçant. Au contraire, elle est
soumise aux règles du droit civil lorsque l’action est dirigée par un commerçant contre un non
commerçant.
Sous-section II :La profession

I- La notion de profession

Il n’existe pas de définition légale de la profession. Pour la doctrine, la profession est


l’activité qu’exerce une personne avec l’intention d’en tirer profit. Cela suppose que l’activité
soit habituelle. Elle suppose que les actes de commerce accomplis se répètent plus ou moins
souvent. Ne confèrent pas à leur auteur la qualité de commerçant les actes de commerce isolé
ou sporadique. Si cette activité est commerciale, la personne qui l’exerce est un commerçant.
En réalité les choses seront plus compliquées que cela. Trois hypothèses doivent être
distinguées dans le cas, très courant, où une personne exerce plusieurs activités :
- Si, parmi ces activités, celle qui est exercée à titre principal, c'est-à-dire celle qui
procure à la personne concerne l’essentiel de ses moyens de subsistance, est
commerciale, cette personne à la qualité de commerçant ;
- Une profession commerciale, même secondaire, confère la qualité de commerçant
à celui qui l’exerce si cet exercice est fait de façon indépendante par rapport à la
profession principale ;
- Une profession commerciale accessoire à une profession principale non
commerciale ne confère pas à celui qui l’exerce la qualité de commerçant. Ainsi,
ne devient pas commerçant le chirurgien-dentiste qui achète du matériel dentaire
qu’il revend à ses clients. L’activité a priori commerciale dans ce cas devient une
activité civile par accessoire.
Pour avoir la qualité de commerçant, il ne suffit pas seulement d’accomplir les actes
de commerce par nature à titre de profession. Encore faut-il le faire en son nom et pour son
propre compte.
II- L’exercice de la profession à titre personnel et indépendant

L’activité commerciale se définit essentiellement par la notion de risque. Par


conséquent, ne peuvent avoir la qualité de commerçants bien qu’accomplissent les actes de
commerce toutes les personnes se situant dans une relation qui implique la subordination
juridique. Il en est ainsi notamment des employés, des dirigeants des sociétés commerciales,
ceux qui accomplissent des actes de commerce pour le compte de l’Etat et des collectivités
publiques (agent du trésor effectuant des opérations de banque) qui ne sont que des
mandataires.
La question s’est posée pour le conjoint du commerçant qui collabore avec celui-ci.
Cet époux devient-il commerçant d’après l’article 7 alinéa 2 AUDCG, le conjoint d’un
commerçant n’aura la qualité de commerçant que s’il accomplit les actes de commerce à titre
de profession habituelle et séparément de ceux de son époux. Ainsi donc :
- Si l’un des conjoints est salarié de l’autre, il n’est pas commerçant ;

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DROIT COMMERCIAL

- Si le conjoint est Co-exploitant, il est titulaire d’un fonds de commerce et a donc la


qualité de commerçant. Il doit être immatriculé au RCCM.
- Dans le cas du conjoint collaborateur, la collaboration ne lui donne pas la qualité
de commerçant. Le conjoint commerçant se trouve dans la situation d’un salarié.

Section II : Les limites de la commercialité

Le principe est celui de la liberté de commerce. Mais il existe des limites à l’exercice
de l’activité commerciale: les limites tenant à l’activité envisagée et celles tenant à la
personne.
S’agissant des limites tenant à l’activité, elles sont administratives et se manifeste de
deux manières : par l’interdiction et par l’autorisation.
I- L’interdiction de certaines activités

Il est situations dans lesquelles l’activité commerciale est purement et simplement


interdite. Ce sont l’ordre public et les bonnes mœurs qui justifient ces atteintes à la liberté du
commerce et de l’industrie.
Sont ainsi interdites le commerce avec l’ennemi en temps de guerre, la contrebande, la
contrefaçon, les maisons de tolérance. Pour des besoins de la santé publique, sont interdites, la
commercialisation de certains produits, la distribution des médicaments sur la voie publique,
la distribution des denrées nuisibles à la santé humaine et le commerce des stupéfiants.

II- L’exigence d’une autorisation préalable pour certaines activités

L’exercice de certains commerces est pour des raisons de contrôle soumis à une
autorisation préalable. L’autorisation peut prendre la forme d’une licence ou d’un agrément
quelconque. Ce peut être même un diplôme exigé. L’autorisation est préalable à l’ouverture
du commerce et elle est donnée par le gouvernement ou par certaines autorités compétentes.
Son domaine peut s’étendre à beaucoup de sorte de commerce : en matière de défense
nationale et d’ordre public (vente d’armes et matériel de guerre) ; de santé et de salubrité
publique (ouverture d’un laboratoire d’analyse médicales, établissements sanitaires ; de
moralité et de bonnes mœurs (théâtre, cinéma) ; financière (banque, assurances).
Certains sont obligés de se faire inscrire ou s’enregistrer sur une liste dressée par une
administration publique.
Section III : Les règles d’accès à la profession commerciale

Malgré le principe de la liberté du commerce et de l’industrie la qualité de


commerçant n’est pas ouverte à tout le monde. Aussi toute personne qui voudrait exercer une
activité commerciale devra remplir un certain nombre de conditions. Ainsi, a-t-on les
conditions tenant à la personne ou conditions de fond (sous-section I) et les conditions de
forme (sous-section II), la qualité de commerçant emporte un certain nombre de
conséquences ou obligations (sous-section III).

Sous-section I : Les conditions tenant à la personne

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DROIT COMMERCIAL

Encore appelée conditions de fond, elles portent sur la capacité et la moralité future du
commerçant. Dans certains cas le législateur a même considéré que l’exercice du commerce
est incompatible avec d’autres professions.

I- Les conditions tenant à protéger le commerçant : la capacité

D’après l’article 6 AUDCG « nul ne peut accomplir des actes de commerce à titre de
profession, s’il n’est juridiquement capable d’exercer le commerce », la capacité dont il est
question ici est la capacité d’exercice c'est-à-dire l’aptitude à faire valoir par soi même ses
droits, à la différence de la capacité de jouissance dont tout individu est doté.
L’acte uniforme ne dispose que pour le mineur et de la femme mariée ; il reste muet
pour l’incapable majeur.
A- Le mineur

L’article 7 alinéa 1erAUDCG dispose que « le mineur, sauf s’il est émancipé, ne peut
avoir la qualité de commerçant, ni effectuer des actes de commerce ». le mineur est la
personne physique de l’un ou l’autre sexe qui n’a pas encore l’âge de 21 ans révolus (article
388 [Link]) son aptitude à exercer le commerce doit être envisagée selon qu’il est ou non
émancipé.

1- Le mineur non émancipé

Il résulte de l’article 7 alinéa 1 er AUDCG que l’incapacité du mineur non émancipé


relativement à l’exercice du commerce est double : l’incapacité d’avoir la qualité de
commerçant et l’incapacité d’effectuer des actes de commerce.
En principe, la personne qui désire exercer le commerce est astreinte à certain nombre
d’obligation dont l’inobservation lui confèrera régulièrement la qualité de commerçant. Il
s’agit en particulier de la capacité juridique et l’immatriculation au RCCM. Par définition le
mineur est incapable de faire le commerce.
2- Le mineur émancipé

L’article 487 du code civil « le mineur émancipé qui fait un commerce, est réputé
majeur pour les faits relatifs au commerce » c’est dire comme le confirme l’article 7 alinéa 1 er
AUDCG, qu’il peut avoir la qualité de commerçant.
Peu importe la manière dont l’émancipation a été obtenue émancipation de plein droit
par le biais du mariage, sur décision d’un parent survivant, ou du conseil de famille), le
mineur émancipé sur le plan commercial est un véritable majeur. Il peut avoir des droits que
certains majeurs n’ont pas s’ils ont été déclarés incapables.

B- Le majeur incapable

L’article 7 alinéa 1er de l’AUDCG exclut implicitement mais irrévocablement les


majeurs incapable de l’exercice de la profession commerciale.

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DROIT COMMERCIAL

Deux situations doivent être cependant distinguées ; celle du majeur en tutelle et celle
du majeur en curatelle.
1- Le majeur en tutelle

Il s’agit de la situation de majeurs qui sont dans un état habituel d’imbécilité, de


démence ou de fureur. Ces majeurs sous tutelle sont inaptes à exercer le commerce par eux-
mêmes ou même par l’intermédiaire de leurs représentants légaux. Autrement dit les majeurs
sous tutelle ne peuvent être ni commerçant, ni exercer des actes de commerce.

2- Le majeur en curatelle

Les majeurs en curatelle peuvent théoriquement exercer le commerce à la condition


d’être continuellement assistés de leur curateur.

C- La femme mariée

La question s’est longtemps posée de savoir si une femme mariée peut être
commerçante ou à tout le moins exercer des actes de commerce. On est alors passé de
l’incapacité à la capacité contrôlée de la femme (art. 4 du code de commerce).
Le législateur OHADA semble avoir franchi une autre étape de cette évolution en
consacrant l’égalité des époux sur la question. Il résulte de l’article 7 alinéa 2 AUDCG que le
conjoint du commerçant peut être commerçant à condition d’accomplir des actes à titre de
profession et séparément de ceux de son époux. Cette situation s’applique aujourd’hui aussi
bien à la femme mariée qu’à son mari.
En fait l’époux d’un commerçant peut se retrouver dans trois relations différentes avec
son conjoint :
- S’il collabore seulement à l’activité de son époux, il n’acquiert point la qualité de
commerçant, par exemple il détaille les produits de son conjoint dans sa boutique
ou l’y remplace de temps en temps, il s’agit du collaborateur bénévole dont le
travail doit être pris en considération en période conjugale trouble ;

- Si l’époux entretient une relation de travail avec son conjoint matérialisé par un
contrat de travail, celui-ci aura le statut de salarié et recevra en retour une
rémunération ;
- Si l’époux à son commerce différent de celui de son conjoint, alors chacun des
deux est commerçant à son propre compte.

La liberté d’exercer séparément un commerce, accordée à chacun des époux peut être
bridée par sa situation personnelle d’incompatibilité ou de déchéance.

II- Les incompatibilités

Les incompatibilités sont des interdictions faites à des personnes exerçant des
professions déterminées d’en exercer d’autres. Elles ont été élaborées par le législateur dans le
but de protéger les intérêts de ceux qui traitent avec les commerçants. Ainsi, selon l’article 8
AUDCG « nul ne peut exercer une activité commerciale lorsqu’il est soumis à un statut

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DROIT COMMERCIAL

particulier établissant une incompatibilité » et à ce propos, l’article 9 AUDCG cite un certain


nombre de professions ou fonctions incompatibles avec le commerce. Il s’agit des :
- Des fonctionnaires et personnels des collectivités publiques et des entreprises à
participation publique ;
- Officiers ministériels et auxiliaires de justice : Avocat, Huissier, Commissaire-
priseur, Agent de change, Notaire, Greffier, Administrateur et Liquidateur
judiciaire ;
- Expert-comptable agrée et comptable agrée, Commissaire aux comptes et aux
apports, Conseil Juridique, Courtier Maritime.
- Plus généralement, de toute profession dont l’exercice fait l’objet d’une
réglementation interdisant le cumul de cette activité avec l’exercice d’une
profession commerciale.

Les actes accomplis en violation d’une incompatibilité sont valables come des actes de
commerce à l’égard des tiers de bonne foi (article 8 alinéa 4 AUDCG). La personne qui les
accomplit à la qualité de commerçant. Dans tous les cas, il appartient à celui qui invoque
l’incompatibilité d’en apporter la justification (article 8 alinéa 3 AUDCG). Mais l’intéressé
subit aussi et surtout une sanction professionnelle ou disciplinaire (suspension, radiation,
révocation, etc.)

III- Les déchéances

Les déchéances interviennent, a posteriori, pour sanctionner l’exercice fautif par la


personne d’une activité commerciale initialement permise. Il s’agit de la perte d’un droit, soit
à titre de sanction, soit en raison du non-respect de ses conditions d’exercice. Elles sont
dictées par la méfiance que suscite la personne en raison des actes qu’elle accomplit et qui
pourraient par la suite nuire aux tiers ou au commerce en général.
En principe sont frappées d’interdiction, les personnes ayant l’objet d’une peine pour
crime de droit commun ou alors d’une peine d’emprisonnement d’au moins trois mois non
assortie de sursis pour un délit contre les biens ou une infraction en matière économique ou
financière. Exemple : vol, abus de confiance, escroquerie, émission de chèque sans
provision…
Les actes accomplis malgré une interdiction ne sont pas entachés de nullité.
Cependant, ils sont inopposables aux tiers de bonne foi et peuvent être opposables au
contrevenant.

IV- Les restrictions applicables aux étrangers

En principe, le fait d’être étranger n’est pas un obstacle à l’exercice d’une activité
commerciale au Cameroun puisque l’article 4 de la loi de 1990 prévoit que « toute personne
physique ou morale camerounaise ou étrangère est libre d’entreprendre une activité
commerciale au Cameroun, sous réserve du respect des lois et règlements en vigueur ».
L’affirmation étant faite, le législateur ajoute cependant à l’article 8 a de la loi de 1990 que
« l’exercice d’une activité commerciale au Cameroun par un étranger est subordonné à
l’obtention d’un agrément préalable dans les conditions fixées par voie réglementaire ».

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DROIT COMMERCIAL

Pour valablement exercer le commerce au Cameroun, les étrangers doivent disposer


d’un agrément de l’autorité administrative en l’occurrence le ministre chargé du commerce.
Ils doivent en outre avoir une carte spéciale de commerçant étranger. Toutefois en sont
dispensées:
- Les personnes physiques ayant la nationalité d’un pays avec lequel le Cameroun a
conclu une convention d’assimilation (réciprocité de nationalité).
- Les sociétés commerciales comportant des capitaux étrangers et dont le siège
social est au Cameroun et 51 °/° au moins du capital est détenu effectivement,
directement ou indirectement par des personnes physiques de nationalité
Camerounaise.
Sous-section II : Les conditions de forme (l’immatriculation au RCCM)

Les exigences de forme liées à l’exercice du commerce concernent l’immatriculation


au registre du commerce et à l’accomplissement de certaines formalités connexes. Au sens de
l’article 25 de l’Acte Uniforme tout commerçant doit requérir son immatriculation au RCCM
dans le mois qui suit le démarrage de son activité. Le RCCM apporte des précisions en
matière d’inscription, de modification et surtout à propos des effets rattachés à
l’immatriculation.

I- Les modalités et les effets de l’immatriculation

La demande d’immatriculation est adressée au greffier du TPI du lieu de situation du


fonds de commerce et doit indiquer outre la nature de l’activité te la forme d’exploitation, les
noms, adresse, date, lieu de naissance et nationalité du commerçant. Ce dernier mentionnera
enfin sa situation matrimoniale et le cas échéant la localisation de ses établissements
secondaires. Toute déclaration est susceptible d’être enregistrée d’une pièce justificative. Le
greffier qui reçoit le dossier complet attribut un numéro d’immatriculation et remet au
commerçant un bordereau mentionnant ledit numéro. Un exemplaire avec copie des pièces
déposées devra être transmis au fichier national.
L’immatriculation ayant un caractère personnel, nul ne peut être immatriculé à titre
principal à plusieurs registre ou à un même registre sous plusieurs numéros.
L’immatriculation au RCCM confère par présomption la qualité de commerçant.
II- Les modifications des modifications du registre

Le commerçant doit requérir l’inscription au RCCM de toutes les modifications


survenues dans sa situation personnelle ou dans celle de son exploitation. Il en est ainsi par
exemple des changements relatifs à son état ou à sa capacité juridique. L’article 32 AUDCG
qui formule cette exigence impose également à tout commerçant dans cette situation d’insérer
dans un journal l’annonce légale un avis destiné à l’information du public.
La demande d’inscription rectificative ou complémentaire doit être adressée au
greffier dans un délai de 30 jours à compter de la survenance de la modification. Elle est
signée par le commerçant lui-même ou par tout mandataire dûment constitué à cet effet c'est-
à-dire justifiant d’une procuration spéciale.
III- La radiation du registre du commerce

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DROIT COMMERCIAL

La radiation de l’inscription au RCCM peut intervenir dans deux hypothèses:


La 1ereconcerne les commerçants ayant déplacés leur fonds de commerce et qui
doivent demander leur radiation du RCCM dans le ressort du tribunal où ils étaient
initialement immatriculés afin de solliciter une nouvelle immatriculation dans la localité de
transfert de fonds de commerce. L’article 31 AUDCG leur accordent pour cela un délai d’un
mois
Le 2nd cas de radiation concerne les commerçants ayant cessés leur activité et qui
doivent également se faire radier du registre dans un délai d’un mois. A défaut d’initiative
personnelle, le greffier en charge du registre qui a connaissance de la cause de radiation
pourra y procéder sur décision du juge saisi de sa requête ou celle de toute autre personne
intéressée. Il faut assimiler à la cessation d’activité, le décès du commerçant qui doit entraîner
la radiation de l’inscription au registre du commerce dans un délai d’un mois sur la demande
des ayants droits.
La formalité d’immatriculation au RCCM revêtant une importance particulière, le
législateur a prévu des sanctions dans les articles42 et 43 de AUDCG à l’encontre de tous
ceux qui exerceraient une activité commerciale en violation de cette obligation. Les
contrevenants ne pourront pas par exemple se prévaloir de la qualité de commerçant ni du
défaut d’immatriculation pour se soustraire aux responsabilités incombant aux commerçants.
Par ailleurs certains faits et actes accomplis par ces commerçants irréguliers ne seront
pas opposables au tiers ni aux administrations faute de publicité légale.

Sous-section III : Les obligations du commerçant

La loi fait obligation aux commerçants personne physique ou morale de tenir des livres
de commerce et de comptabilité permettant à la fois de rendre compte de la marche de
l’exploitation et de conserver la preuve des opérations accomplies. L’inobservation de cette
obligation ou la tenue irrégulière de la comptabilité expose le commerçant à certaine
[Link] s’agit notamment des obligations comptables (I) et des obligations fiscales (II)

I- Les obligations comptables du commerçant

La comptabilité du commerçant intéresse non seulement ses créanciers mais aussi


l’administration fiscale, d’où l’obligation faite aux commerçants de tenir des livres
comptables notamment le livre journal,le grand livre le livre d’inventaire et la balance
générale.
Le livre journal est un registre dans lequel le commerçant inscrit chronologiquement
au jour le jour toutes ses opérations commerciales (recettes et dépenses mouvement de caisse,
créances et dettes, achats et ventes, commandes et livraisons).
Le grand livre récapitule les mêmes opérations sous forme de balance générale et
permet ainsi de comparer le total des entrées au total des sorties.
Le livre inventaire présente une description et une estimation de tous les biens et de
toutes les dettes composant l’actif et le passif de l’exploitation. Le commerçant doit procéder

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DROIT COMMERCIAL

annuellement en fin d’exercice à l’inventaire de son exploitation afin d’arrêter les comptes
d’établir le bilan et son compte de résultat.
La balance générale des comptes est un récapitulatif qui fait apparaître, à la clôture
de l’exercice, pour chaque compte, le solde à l’ouverture de l’exercice, les cumuls depuis
l’ouverture de celui-ci des mouvements débiteurs et créditeurs, ainsi que le solde à la date
considérée.
Tous ces livres doivent être côtés et paraphés par un juge parapheur (juge du TPI du
lieu où se trouve l’entreprise). Ces livres doivent être tenus sans blanc, ni rature, ni altération
d’aucune sorte. Lorsqu’ils sont bien tenus, ils servent comme instrument de preuve en justice.
Le commerçant qui n’observe pas les prescriptions légales en matière de tenue des
comptes encourt des sanctions de nature civile et pénale. On relèvera notamment que la
falsification des livres de commerce constitue le délit de faux en écriture de commerce
réprimé par le code pénal (art.314). De même l’absence d’une comptabilité expose le
commerçant en cessation de payement aux poursuites de délit de banqueroute simple ou
frauduleuse lorsque le commerçant a dissimulé ou falsifié sa comptabilité.
II- Les obligations fiscales du commerçant

Le commerçant est tenu à une série d’obligation fiscale parmi lesquelles :


- L’acquisition du titre de patente
- L’enregistrement du bail commercial
- L’acquisition d’une carte de contribuable
- Le choix du régime fiscal
- Le payement périodique de l’impôt (TVA)
- L’ouverture d’un compte bancaire
- La déclaration statistique et fiscale annuelle appelée DSF (Déclaration Statistique
et Fiscale).

CHAPITRE III : L’ENTREPRENANT

Section I : Définition de l’entreprenant

L’entreprenant est un entrepreneur individuel, personne physique qui, sur simple


déclaration prévue dans le présent acte uniforme, exerce une activité professionnelle civile,
commerciale, artisanale ou agricole.
L’entreprenant conserve son statut si le chiffre d’affaires annuel généré par son
activité pendant deux exercices successifs n’excède pas les seuils fixés dans l’acte uniforme
portant organisation et harmonisation des comptabilités des entreprises au titre du système
minimal de trésorerie qui est trente millions pour les entreprises de négoce ; vingt millions
pour les entreprises artisanales et assimilées ; dix millions pour les entreprises de service.
Ce chiffre d’affaires annuel est en ce qui concerne les commerçants et les artisans,
d’une part, celui de leurs activités de vente de marchandises d’objets, de fourniture et denrées
ou de fourniture de logement et, d’autre part, celui de leurs activités de prestations de service,
et, en ce qui concerne les agriculteurs, celui de leurs activités de production.

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DROIT COMMERCIAL

Lorsque durant deux années consécutives, le chiffre d’affaires de l’entreprenant


excède les limites fixées pour ses activités, il perd sa qualité d’entreprenant et ne bénéficie
plus de la législation spéciale applicable à l’entreprenant.
L’entreprenant est dispensé de l’inscription au RCCM, il est cependant tenu de
déclarer son activité tel qu’il est prévu au présent Acte Uniforme.

Section II : Les obligations de l’entreprenant

I- Système de déclaration

Le recours au statut de l’entreprenant est simplifié : il suffit d’une simple déclaration


et non d’une immatriculation – pour devenir entreprenant. Il ne peut commencer son activité
qu’après réception de ce numéro de déclaration d’activité qu’il doit mentionner sur ses
factures, bons de commande, tarifs et documents ou correspondances professionnels, suivi de
l’indication du registre du commerce et du crédit immobilier qui a reçu sa déclaration et de la
mention « Entreprenant dispensé d’immatriculation » (art. 62 AUDCG).

II- Obligation comptable allégée

Les obligations comptables de l’entreprenant sont réduites. Il est tenu d’établir, dans le
cadre de son activité, au jour le jour, un livre mentionnant chronologiquement l’origine et le
montant de ses ressources en distinguant les règlements en espèces des autres modes de
règlement d’une part, la destination et le montant de ses emplois d’autre part. Ledit livre doit
être conservé pendant cinq ans au moins.
En plus, l’entreprenant qui exerce des activités de vente de marchandises, d’objets, de
fournitures et denrées ou de fournitures de logement doit tenir un registre, récapitulé par
année, présentant le détail des achats et précisant leur mode de règlement et les références des
pièces justificatives, lesquelles doivent être conservées.
III- Encadrement des privilèges

Sa qualité professionnelle ne le dispense que de ces obligations comptables et


d’immatriculation et il doit respecter les règles d’exercice propres à son activité d’agriculteur,
d’artisan, de commerçant ou de professionnel libéral. S’il exerce une activité commerciale, il
peut être titulaire d’un fonds de commerce mais il doit alors l’exploiter directement et ne peut
le donner en location-gérance ou en prendre un en location gérance. Il dispose des
dispositions propres au bail professionnel (art.101 et s.)mais ne peut invoquer ni un droit au
renouvellement du bail, ni un droit à la fixation judiciaire du loyer du bail renouvelé.

TITRE II : LES INTERMEDIAIRES DE COMMERCE

L’article 163 AUDCG les définit comme des personnes physiques ou morales qui ont
le pouvoir d’agir, ou entendant agir, habituellement et professionnellement pour le compte
d’une autre personne, commerçant ou non, afin de conclure avec un tiers un acte juridique à
caractère commercial. Ces personnes ont donc en commun la représentation d’une autre
personne.C’est ce qui justifie qu’un ensemble de règles les concerne tous (chapitre I). Mais

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DROIT COMMERCIAL

cette représentation ne se fait pas de la même manière. Elle varie selon la catégorie envisagée,
celle-ci ayant des règles spécifiques (chapitre II).

CHAPITRE I : LES REGLES SPECIFIQUES

Elles s’appliquent à la notion (section I) et à l’activité de l’intermédiaire (section II).

Section I : La notion d’intermédiaire

Le législateur OHADA a eu à qualifier l’intermédiaire de commerce (I) pour mieux


limiter le cercle de cette catégorie d’opérateurs économiques (II).

I- La qualification de l’intermédiaire de commerce

L’intermédiaire de commerce est un mandataire professionnel (A) et un professionnel


commerçant (B).

A- L’intermédiaire de commerce : un mandataire professionnel

D’après l’article 175 AUDCG « les règles du mandat s’appliquent aux relations entre
l’intermédiaire et la personne pour le compte de laquelle celui-ci agit… »

Le contrat de mandat est défini par l’article 1984 du code civil comme « l’acte pour
lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et
en son nom ». Cette définition correspond-elle aux notions de commissionnaire, de courtier et
d’agent commercial prévus par l’AUDCG ?

A priori, le commissionnaire défini à l’article 192 AUDCG est un professionnel, qui


moyennant le versement d’une commission, se charge de conclure tout acte juridique en son
nom propre nom mais pour le compte du commettant qui lui en donne mandat. Il n’y a donc
pas représentation. Faute de représentation, le commissionnaire n’est pas un mandataire.
De la même manière l’article 208 AUDCG définit le courtier comme « un
professionnel qui met en rapport des personnes en vue de faciliter ou faire aboutir la
conclusion de conventions entre ces personnes ». C’est dire que le courtier ne traite pas lui-
même l’opération, il ne représente pas les parties. Il ne découle donc pas de cette définition
l’existence d’un mandat.
En définitive, seul l’agent commercial correspond à la définition du mandat. En effet
l’article 216 de l’AUCG définit l’agent commercial en ces termes « l’agent commercial est un
mandataire professionnel chargé de façon permanente de négocier et, éventuellement de
conclure des contrats de vente, d’achat, de location ou de prestation de services, au nom et
pour le compte de producteurs, d’industriels, de commerçants, ou d’autres agents
commerciaux, sans être lié envers eux par un contrat de travail ». Il réunit en sa personne
tous les éléments caractéristiques du contrat de mandat. Il faut noter que la représentation y
est parfaite à l’inverse de ce qui a pu être observé à l’égard des autres intermédiaires.
Le législateur OHADA a opté pour une solution pragmatique qui seule permet
d’unifier des statuts différents.

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DROIT COMMERCIAL

B- L’intermédiaire de commerce : un professionnel commerçant

D’après l’article 170 de l’AUDCG, « l’intermédiaire de commerce est un


commerçant ; il doit remplir les conditions prévues par les articles 6 à 12 du présent acte
uniforme.»
Traditionnellement, la qualité de commerçant est déterminée par l’accomplissement
des actes de commerce par nature et l’érection de l’activité en profession (art. 2 AUDCG).
L’AUDCG a unifié le régime des actes des intermédiaires en disposant que les « opérations
des intermédiaires de commerce telles que commission, courtage, agences… », ont le
caractère d’actes de commerce par nature.
Etant des commerçants, les intermédiaires de commerce vont être soumis au statut
correspondant. Le législateur a cependant refusé cette qualité à d’autres intermédiaires.
II- La limitation de l’intermédiaire de commerce

La qualité d’intermédiaire de commerce n’est reconnue qu’à ceux qui exercent des
activités visées par l’acte uniforme à l’exclusion expresse d’autres activités.

A- Les activités visées

L’activité des intermédiaires est définie par l’article 169 AUDCG comme l’action
pour le compte d’une autre personne en vue de la conclusion d’acte juridique à caractère
commercial. Cette définition est complétée par l’article 171 du même acte qui vise
expressément tout acte accompli par l’intermédiaire en vue de la conclusion du contrat ou
relatif à l’exécution du contrat. Cela revient à dire que l’intervention de l’intermédiaire de
commerce se situe à trois niveaux : avant la conclusion du contrat, lors de la conclusion du
contrat, au cours de l’exécution du contrat.
L’expression « tout acte relatif à l’exécution du contrat » signifie que l’intermédiaire
participe à la mise en œuvre de l’exécution du contrat. Ainsi, s’agissant d’une opération de
transport de marchandises, le commissionnaire de transport opérant par ses propres moyens,
va employer les services de différents voituriers avec lesquels il passe des contrats. L’agent
commercial sera amené par exemple à livrer ou à facturer la marchandise vendue au nom et
pour le compte d’un producteur notamment.
B- L’exclusion de certains intermédiaires

Certains mandataires ne peuvent avoir la qualité de commerçant. Il s’agit des


représentations dans les relations familiales, dans les ventes spéciales et représentation dans la
gestion des entreprises (articles 173 et 174 AUDCG).

1- La représentation dans les relations familiales

Tous les intermédiaires qui agissent dans le cadre familial n’ont donc pas le statut
d’intermédiaire et ne sauraient être qualifiés de commerçants. Il s’agit notamment du parent
qui représente son enfant mineur ou l’époux qui représente son conjoint incapable ou
défaillant.

2- La représentation dans les ventes spéciales

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DROIT COMMERCIAL

Dans les ventes aux enchères, adjudications ou dans les ventes publiques, la réalisation
des opérations est confiée à un mandataire qui, dans le cas camerounais, est l’huissier
commissaire-priseur. Bien qu’étant des intermédiaires professionnels, ils ne sont pas
commerçants au sens l’AU.

3- La représentation dans la gestion des entreprises

Il s’agit des dirigeants sociaux et de personnes habilitées par la loi pour gérer
l’entreprise en difficulté ou en cessation d’activité.Toutes ces catégories de mandataires ne
sont pas considérées comme intermédiaires de commerce. Reste à dire en quoi consiste
l’activité de l’intermédiaire.

Section II : L’activité de l’intermédiaire

Elle consiste en l’exécution du contrat conclu avec le commerçant (I). Ce contrat, qui
n’est soumis à aucune forme, peut être écrit ou même verbal. Sa disparition est soumise à des
règles particulières (II).

I- L’exécution du contrat

A cette occasion il s’établit des relations entre les parties contractantes (A) et avec les
tiers (B).

A- Les rapports entre les parties

Il distinguer les obligations de l’intermédiaire (1), de celles du représenté (2).

1- Les obligations de l’intermédiaire

L’intermédiaire a pour obligations l’exécution du contrat et la reddition des comptes.


S’agissant de l’exécution du contrat, elle doit être bonne et fidèle et être le fait de
l’intermédiaire lui-même. D’où le caractère intuitu personae du contrat de mandat (art. 182
alinéa 3 AUDCG).
L’intermédiaire peut engager sa responsabilité, en cas de mauvaise exécution ou
d’inexécution totale du mandat. Il devra indemnisation du dommage causé au représenté, à
moins de prouver que ce dommage est survenu sans sa faute (Art.187 alinéa 2 AUDCG)
2- Les obligations du représenté

De manière générale, le représenté doit tout mettre en œuvre pour permettre à


l’intermédiaire de réaliser sa mission : c’est le devoir de coopération. De même, il a
l’obligation de servir à l’intermédiaire la rémunération librement convenue entre eux.

B- Les rapports avec les tiers

Il faut distinguer selon que l’exécution du contrat est conforme ou non aux
prescriptions initiales.

1- L’exécution conforme

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DROIT COMMERCIAL

Lorsque l’intermédiaire accomplit les actes prévus par sa procuration conformément


aux instructions reçues, le principe de la représentation s’applique pleinement. C’est donc le
mandat qui se trouve en relation avec les tiers. L’article 180 AUDCG prévoit ainsi que
lorsque l’intermédiaire agit pour le compte de représenté, ses actes lient directement le
représenté et les tiers.

2- L’exécution non conforme

Il en est ainsi lorsque l’intermédiaire a agi sans pouvoir ou est allé au-delà de son
pouvoir. Dans ce cas ses actes ne lient ni le représenté, ni le tiers. Même si l’AU reste muet
quant au sort de tels actes. A notre sens, ces actes devraient nuls, de nullité relative.
Ils peuvent cependant produire effet dans deux cas :
- Lorsque le comportement du représenté conduit le tiers à croire raisonnablement et
de bonne foi, que l’intermédiaire a le pouvoir d’agir pour le compte du représenté :
c’est la théorie du mandat apparent qui est ainsi consacrée. (Art. 183 alinéa 2)
- Lorsque le représenté a décidé de ratifier l’acte irrégulièrement posé par
l’intermédiaire (Art. 184).
Malgré la faute de l’intermédiaire le représenté décide de prendre, dans ce cas, l’acte
pour son compte. Il peut cependant décider de mettre fin à leur relation contractante.

II- L’extinction du contrat

Plusieurs causes permettent de mettre fin à la relation d’intermédiation (A). Dans ce


cas, il faut en tirer les conséquences (B).

A- Les causes

Il peut être mis fin au contrat de mandat soit par la volonté, soit par des circonstances
indépendantes de leur volonté.

1- La volonté des parties

Comme tout contrat, le contrat d’intermédiation peut prendre fin par la volonté
commune des parties qui leur ont donné vie. De même le contrat prendra fin lorsque son objet
voulu par les parties a été réalisé.
Plus précisément le contrat peut prendre fin par la renonciation de l’intermédiaire à sa
mission, soit par la révocation de l’intermédiaire par le représenté.
2- Les circonstances indépendantes de la volonté des parties

Elles sont au nombre de trois, à savoir (art 189 AUDCG) :


- Le décès de l’une des parties ;
- L’incapacité de l’une des parties ;
- L’ouverture d’une procédure collective d’apurement du passif contre l’une des
parties.
B- Les effets

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DROIT COMMERCIAL

Le mandat de l’intermédiaire prend fin sans rétroactivité. Il s’agit sur le plan technique
d’une résiliation. La rémunération lui est due pour le travail accompli, à moins que la
cessation ne résulte d’une faute qui lui est imputable.
Cependant même après survenance de l’évènement devant entrainer sa disparition, le
contrat peut survivre dans deux cas :
- à l’égard des tiers lorsqu’ils ne connaissaient pas ou ne devraient pas connaitre les
faits ayant entraîné sa disparition (art. 190 AUDCG). On retrouve la théorie du
mandat apparent. Le représenté doit donc informer les tiers de la disparition entre
les parties de la relation de représentation ;
- lorsque des actes nécessaires et urgents doivent être posés pour éviter tous
dommages au représenté (art. 191 AUDCG).
Malgré les règles communes qui les unissent, les différents intermédiaires de
commerce sont assujettis à des règles propres.

CHAPITRE II : LES REGLES SPECIFIQUES

Elles concernent chacune des catégories visées par le législateur OHADA, à savoir le
commissionnaire, le courtier et l’agent commercial.

Section I : Le commissionnaire

Le commissionnaire est celui qui se charge d’opérer en son propre nom, mais pour le
compte du commettant, la vente ou l’achat de marchandises moyennant une commission.
L’intermédiaire commissionnaire accomplit des actes juridiques pour le compte d’un
donneur d’ordre : le commettant, mais en agissant en son nom propre, et en s’engageant
personnellement à l’égard des tiers.
I- Les obligations du commettant

Le commettant a l’obligation :
- De donner au commissionnaire les moyens pour conclure le contrat envisagé ;
- De supporter les risques financiers de l’opération ;
- De payer au commissionnaire la rémunération convenue, que l’opération ait été
bénéfique ou non pour lui (Art. 196)
- De rembourser au commissionnaire les faits et débours (charges) normaux
exposés, à condition qu’ils aient été nécessaires ou simplement utiles à l’opération,
pourvu qu’ils soient accompagnés de pièces justificatives (Art.197)

II- Les obligations du commissionnaire

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DROIT COMMERCIAL

Le commissionnaire assume les obligations suivantes :


- Exécuter l’opération prescrite par le commettant selon ses directives et instructions
- Donner au commettant tout renseignement utile relatif à l’opération de l’informer
de ses actes et de lui rendre compte fidèlement en fin d’opération ;
- De ne point acheter les marchandises qu’il est chargé de vendre ou de vendre les
siennes au commettant (Art.194)
- De conserver la chose qui lui est confiée (Art.199 et S.)

Section II : Le courtier

Le courtier est un professionnel qui met en rapport des personnes en vue de faciliter ou
faire aboutir la conclusion de conventions entre ses personnes.
Le courtier, à la différence du commissionnaire, n’agit ni au nom, ni pour le compte
d’autrui. Il se contente de rapprocher deux personnes qui scellent directement leur contrat. Le
courtier est donc un simple entremetteur. Comme commerçant, le courtier est astreint à
certaines obligations et a des droits.

I- Les obligations

Le courtier doit :
- Demeurer indépendant des parties avec lesquelles il traite (Art.209)
- Faire tout ce qui est utile pour permettre la conclusion du contrat ;
- Donner aux parties tout renseignement leur permettant de traiter en toute
connaissance de cause (Art. 210)
Il ne peut réaliser des opérations de commerce pour son propre compte, soit
directement, soit indirectement, soit sous le nom d’autrui ou par personne interposée.

II- Les doits du courtier

En contrepartie des services effectués, le courtier a droit à une rémunération. Celle-ci


est constituée par un pourcentage du montant de l’opération. Elle est déterminée en principe
par les parties elles-mêmes.
Le courtier perd son droit à rémunération et au remboursement de ses dépenses s’il a
agi dans l’intérêt du tiers et au mépris de ses obligations à l’égard du donneur d’ordre. Il en
est de même s’il s’est fait remettre à l’insu de ce dernier, une rémunération par le tiers
contractant. Le législateur en appelle alors à l’obligation du courtier dans l’exécution du
contrat. Cette préoccupation n’est pas absente du contrat d’agence commerciale.

Section III : L’agent commercial

L’agent commercial est « un mandataire professionnel chargé de façon permanente de


négocier et éventuellement, de conclure des contrats de vente, d’achat, de location ou de
prestation de services au nom et pour le compte de producteurs, d’industriels, de
commerçants ou d’autres agents commerciaux, sans être lié envers eux par un contrat de
travail ».
De tous les intermédiaires de commerce, l’agent commercial est le seul à être
mandataire au sens du code civil puisqu’il agit et pour le compte d’autres personnes. Il n’est
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DROIT COMMERCIAL

pas lié envers eux par un contrat de travail. L’agent commercial se distingue ainsi du
commissionnaire qui achète et revend en son nom et pour son propre.
Le législateur a prévu une série de règles qui régissent les modalités d’exécution du
mandat, la rémunération de l’agent commerciale et sa situation en fin de contrat.

I- Les modalités d’exécution du mandat

Les contrats qui interviennent entre les agents commerciaux et leurs mandats sont
conclus dans l’intérêt commun des parties (Art.217 AUDCG). Les rapports entre agents
commerciaux et mandats sont régis par une obligation de loyauté et un devoir de réciprocité
d’information. L’agent doit exercer sa mission en bon professionnel, et le mandant doit le
mettre en mesure d’exécuter son mandat.
Une obligation de non concurrence est mise à la charge de l’agent ; ainsi ne peut-il pas
accepter la représentation d’une entreprise concurrence de celle de l’un de ses mandants,
qu’avec l’accord de ce dernier.
II- La rémunération de l’agent commercial

La rémunération allouée à l’agent commercial qu’on appelle commission, varie avec le


nombre ou la valeur des affaires. Si le moment n’est pas fixé par le contrat, il sera déterminé
selon l’usage pratiqué dans le secteur d’activité concerné par le mandat. En l’absence d’usage,
l’agent a le droit à une rémunération qui teint compte de tous les éléments ayant trait à
l’opération. Pour cela on considère les contrats passés grâce à son activité, même s’il ne les a
pas personnellement conclus.

III- La rupture du contrat d’agence commerciale

Le contrat d’agence commerciale peut être à durée déterminée ou indéterminée. Dans


le premier cas ; il vient à expiration à l’arrivée du terme convenu. Si à cette date le contrat se
poursuit, il se nove en contrat d’agence à durée indéterminée. Sa rupture unilatérale supposera
désormais, comme pour les contrats de ce genre, le respect d’un délai de préavis. Le
législateur n’en donne pas la durée. Il faudra, comme dans les autres cas, se reporter aux
usages. Le préavis n’est plus nécessaire en cas de faute grave de l’une des parties ou de
survenance d’un évènement de force majeure. Excepté ces cas, l’agent commercial a droit à
une indemnité compensatrice soigneusement quantifiée par l’Art. 231 AUDCG.
Dans le cas où l’agent commercial était astreint à une obligation de non concurrence, il
a droit à l’expiration du contrat à une indemnité spéciale (Art. 219 alinéa 2). Le montant de
celle-ci est laissé à l’appréciation des parties.

DEUXIEME PARTIE : LES OPERATIONS DE COMMERCE

Les actes de commerce constituent l’activité quotidienne du commerçant. Il est


cependant des actes plus importants qu’il n’accomplit que manière occasionnelle ou qui, à
cause de leur impact sur l’activité commerciale, méritent une place à part. Nous qualifierons
ces actes d’opérations de commerce. Certaines concernent le fonds de commerce lui-même
(Chapitre II). D’autres s’attachent à des contrats spéciaux marquant l’activité commerciale.

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DROIT COMMERCIAL

Il s’agit du bail à usage professionnel (ancien commercial) (Chapitre III) et de la vente


commerciale (Chapitre V). Mais il convient de présenter le fonds de commerce (Chapitre I).

CHAPITRE I : LES BIENS DU COMMERÇANT : LE FONDS DE


COMMERCE

D’après l’article 103 alinéa 1 er AUDCG, « le fonds de commerce est constitué par un
ensemble de moyens qui permettent au commerçant d’attirer et de conserver une clientèle ».
Seront étudiées les éléments constitutifs du fonds de commerce (section I), sa nature (section
II) et sa protection contre la concurrence (section III).

Section I : Les éléments constitutifs du fonds de commerce

I- Les éléments incorporels du fonds de commerce

Au nombre d’éléments incorporels les plus importants du fonds de commerce, on cite


traditionnellement : la clientèle, l’enseigne, le nom commercial et le bail à usage
professionnel et les droits de propriété incorporelle.

A- La clientèle

C’est l’élément essentiel du fonds de commerce ; c’est même la condition d’existence


du fonds de commerce. Elle en constitue la finalité puisque tous les autres éléments
convergent vers sa conquête et sa conservation. On peut la définir comme l’ensemble de
personnes qui sont en relation d’affaires avec un commerçant dont ils acquièrent les
marchandises ou de qui ils sollicitent des services.

B- Le nom commercial et l’enseigne

Le nom commercial est le nom sous lequel le commerçant exerce son activité. Il peut
s’agit d’un nom patronymique, d’un prénom, d’un surnom, d’un pseudonyme ou d’une
dénomination fantaisiste. Dans tous les cas le nom commercial constitue un élément du fonds
de commerce et à ce titre il est transmissible avec le fonds de commerce en cas de cession ou
de succession. Le nom commercial est protégé contre les usurpations et les imitations par
l’action en concurrence déloyale. Il est de même de l’utilisation frauduleuse de l’enseigne.
L’enseigne est un signe extérieur permettant d’individualiser un établissement ou le
commerce de façon à rallier la clientèle. Elle peut également être constituée d’un nom ou
d’une dénomination de fantaisie. Mais façon générale l’enseigne peut être une dénomination
de fantaisie (homme chic) ou un emblème (le crocodile de LACOSTE). A l’instar du nom
commercial est un moyen de ralliement de la clientèle liée au fonds de commerce et se
transmettant avec ce dernier.
L’action en concurrence déloyale peut être dirigée contre tout usurpateur sauf lorsque
l’enseigne est paralysée ou tombée dans le domaine public ; c’est le cas par exemple de la
croix verte des pharmacies. Il faut également noter que la protection de l’enseigne est limitée
au périmètre géographique dans lequel se trouve la clientèle liée au fonds de commerce.
C- Le droit au bail

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DROIT COMMERCIAL

C’est le droit dont dispose le commerçant d’obtenir au terme de son contrat le


renouvellement de son bail. Le droit au constitue l’élément du fonds de commerce qui jouit
d’une protection particulière dans la mesure où le bail constitue l’élément principal de
rattachement d’une clientèle ; l’article 123 AUDCG n’accorde cependant le droit au
renouvellement du bail qu’au commerçant ayant respecté les stipulations de son contrat de
bail et qui a exercé son activité dans le local pendant une durée minimale de deux ans.

D- Les droits de propriété incorporelle

Ce sont des droits qui portent sur des créations de l’intelligence et qui confèrent à leur
titulaire un monopole d’exploitation ou d’utilisation protégée par des sanctions pénales et
civiles. Au nombre de ces droits, on cite généralement les brevets d’invention, les marques de
fabrique et de commerce, les licences d’exploitation, les dessins et modèles et de manière
générale tout droit de propriété intellectuelle nécessaire à l’exploitation.

II- Les éléments corporels du fonds de commerce

De la lecture de l’article 137 AUDCG, on retient comme éléments corporels du fonds


de commerce les installations, les aménagements et agencements, le matériel, le mobilier et
les marchandises en stock. De tous ces éléments, ce qui demeure les plus utiles à
l’exploitation sont : les marchandises, le matériel et l’outillage.

A- Le matériel et l’outillage

Le matériel et l’outillage désigne des objets corporels et mobiliers servant à


l’exploitation du fonds de commerce. Il peut s’agir de machine ou de matériels roulants.
Lorsque le propriétaire du fonds de commerce est en même temps propriétaire de l’immeuble
dans lequel l’activité est exercée et qu’à raison de l’aménagement spécial des lieux, les
machines ou le matériel deviennent des immeubles par destination ; ils cesseront de faire
partie du fonds de commerce qui est par définition un meuble incorporel.

B- Les marchandises

Les marchandises qui constituent également un élément important dans la plupart des
commerces sont représentées par des objets divers (stock de matière première ou de produits
finis) destinés à la vente.
En réalité ce ne sont pas les marchandises elle-même envisagée comme corps certain
et individualisé qui font partie du fonds de commerce mais le stock tout entier composé de
choses fongibles et constamment variables.
La distinction entre matériel et marchandises est parfois rendue difficile lorsque le
commerçant utilise des objets semblables à ceux qu’il met en vente. Il faudra dans ce cas tenir
compte non pas de la nature des objets mais de leur destination. Par exemple un ordinateur
sera marchandise si le commerçant vend du matériel informatique et matériel s’il n’est pas
destiné à la vente.
Le fonds de commerce est ainsi constitué d’un certain nombre d’éléments hétéroclites.
D’où la nécessité de s’interroger sur sa nature.

NKOGO ONGUEDOU Page 25


DROIT COMMERCIAL

Section II : La nature juridique du fonds de commerce

Selon l’opinion dominante, le fonds de commerce est considéré comme une


universalité de fait (I) et comme un meuble incorporel (II).

I- Le fonds de commerce : une universalité de fait

Dire que le fonds de commerce est une universalité signifie tout simplement qu’il est
autre chose que la somme des éléments qui le composent. Il ne saurait être une universalité de
droit car ce serait admettre l’existence de deux patrimoine ; l’un commercial et l’autre civil.
Or le fonds de commerce doit être considéré comme un élément faisant partie du patrimoine
unique de la personne physique ou moral qui en est propriétaire.

II- Le fonds de commerce : un meuble incorporel

Le fonds de commerce comprend un ensemble de biens meubles corporels et


incorporels. En tant que entité, le fonds de commerce ne représente cependant pas une réalité
palpable. La doctrine et la jurisprudence font d’ailleurs dépendre son existence de celle de la
clientèle. On comprend mieux alors qu’on ait pu qualifier cet ensemble de meuble incorporel.
De cette qualification découlent deux conséquences principales :
- Le fonds de commerce ne comprend jamais d’immeuble. Il en résulte que le
commerçant qui exploite son affaire dans l’immeuble qui lui appartient est privé
du droit au bail. Or il s’agit d’un élément important du fonds de commerce. Par
conséquent son fonds, dépourvu du droit au bail, aura moins de valeur et partant
susceptible de peu de crédit qu’un fonds ayant la même consistance et exploité
dans des locaux loués.
- Le fonds de commerce n’obéit pas au régime juridique des meubles corporels. A
ce titre l’article 2279 du code civil selon lequel, « En fait de meubles, possession
vaut titre » lui est inapplicable eu égard à la nature incorporelle du fonds de
commerce qui est incompatible avec la possession. Le régime juridique du fonds
de commerce est celui des immeubles.

Section III : La protection du fonds de commerce contre la concurrence

I- Les pratiques anticoncurrentielles individuelles

Ce sont la concurrence déloyale (A), la violation des clauses limitatives de


concurrence (B) et les pratiques illicites de concurrence (C).

A- La concurrence déloyale

En l’absence de texte, c’est par référence aux principes généraux de la responsabilité


civile que la théorie de la concurrence déloyale a été élaborée. La déloyauté consiste pour son
auteur à se livrer à des actes contraires aux usages pratiqués dans les milieux commerciaux
honnêtes. La concurrence déloyale est un délit civil qui peut donner lieu à une action destinée
à protéger le droit du propriétaire d’un fonds de commerce sur sa clientèle.

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DROIT COMMERCIAL

L’action en concurrence déloyale est commerciale de part la théorie de l’accessoire et


par conséquent relève de la compétence des juridictions commerciales.
La sanction de la concurrence déloyale s’obtient par le biais de l’action en
responsabilité civile fondée sur l’article 1382 du code civil. Lorsqu’il y a détournement de la
clientèle, la sanction principale est l’octroi des dommages et intérêts. En outre, le juge peut
ordonner la publicité du jugement pour attirer l’attention de la clientèle sur les méthodes
déloyales utilisées par le concurrent.

B- La violation des clauses limitatives de la concurrence


1- Les clauses visant à empêcher l’installation des concurrents
a- La clause de non rétablissement

Il est nécessaire de stipuler une telle clause chaque fois que la personnalité du
commerçant, sa réputation, le rayonnement de son activité ont une influence déterminante sur
la clientèle. Cette clause se rencontre très souvent dans le contrat de bail commercial où le
bailleur de l’immeuble dans lequel est exploité un fonds de commerce s’interdit de s’établir
lui-même et surtout de louer dans le même immeuble un local à une autre personne (un autre
commerçant) exerçant la même activité que le premier locataire.

b- La clause de non concurrence dans le contrat de travail

Un salarié initié aux pratiques de l’entreprise et ayant une connaissance parfaite de la


clientèle devient un concurrent redouble s’il crée lui-même un fonds de commerce similaire.
Pour protéger son fonds de commerce contre ce genre de concurrence, l’employeur doit donc
insérer dans les contrats de travail des employés très qualifiés une clause leur interdisant de
créer eux-mêmes un fonds de commerce similaire ou de se mettre au service d’un concurrent
pendant la durée du contrat ou même à son expiration. Dans touts les cas, cette interdiction ne
peut s’appliquer que dans un rayon de cinquante kilomètres autour de son lieu de travail et sa
durée ne peut excéder un an.

2- Les visant à réglementer l’exercice de la concurrence


a- la clause d’exclusivité de revente

Elle caractérise le contrat de concession commerciale dans lequel un commerçant


concédant (industriel, fabricant) s’engage dans un secteur géographique donné à réserver
l’exclusivité de la revente de ses produits au concessionnaire (revendeur). il s’interdit ainsi de
vendre les mêmes produits à un autre concurrent installé dans le secteur concerné afin de
protéger le concessionnaire contre tout risque de concurrence.

b- la clause d’exclusivité d’achat

Il y a exclusivité d’achat ou d’approvisionnement lorsqu’un distributeur s’engage à se


fournir auprès d’un fabricant déterminé.

C- Les pratiques illicites de concurrence

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DROIT COMMERCIAL

a- Les pratiques illicites de prix

Ce sont les pratiques discriminatoires des prix et les ventes à perte.

- L’article 13 de la loi de 1990 portant sur l’activité commerciale au Cameroun


interdit les pratiques discriminatoires des prix. ces pratiques consistent
généralement en leur minoration au profit d’un revendeur ou en leur majoration au
détriment de ses concurrents. (Exemple : remises et ristournes immédiates ou
différées en fin d’exercice, services non facturés…)
- Le principe de l’interdiction des ventes à perte est posé par l’article 14 de la loi de
1990

Toutefois, la vente à perte peut être justifiée soit par la nature des produits (fruits,
légumes, conserves, produits démodés ou techniquement dépassés), soit par les conditions du
marché (lorsque le commerçant doit aligner ses prix sur ceux de ses concurrents pour pouvoir
rester dans la compétition).

b- Le refus de vente

L’article 24 de la loi 1990 interdit le refus de vente opposé par une entreprise
commerciale à un consommateur.
Toutefois, le refus de vente peut être justifié dans les cas suivants :
- L’anormalité de la demande de l’acheteur lorsque cette demande n’est pas
conforme aux pratiques habituelles du fournisseur ;
- La mauvaise foi lorsque le demandeur veut acheter les produits dans le but de
causer un préjudice au vendeur en les dénigrant ;
- L’indisponibilité des produits en cas d’épuisement des stocks par exemple.
II- Les pratiques anticoncurrentielles collectives
A- Les ententes illicites

L’entente se définit comme un accord conclu entre les entreprises qui désirent se
concerter en vue d’une action commune tout en conservant leur autonomie juridique. Dans le
cas du marché camerounais, on a souvent observé que les commerçants assurant la
distribution d’un produit donné retirent tout de la vente à un moment précis, dans une région
donnée ou sur toute l’étendue du territoire. Ils organisent ainsi une pénurie aux fins de
spéculation et parfois aussi pour exercer une pression sur les pouvoirs publics. quelque soit les
motifs d’un tel comportement, ces effets sont évidents, la hausse des prix au moment de la
réapparition du produit.

B- L’abus de position dominante

La position dominante suppose l’existence d’un pouvoir de domination. L’entreprise


dominante est celle qui n’a en face d’elle aucun concurrent qui offre une alternative
significative au client ou au fournisseur. En général, l’existence de la position dominante est
admise dès qu’une ou un groupe d’entreprises détient la moitié ou plus du marché.

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DROIT COMMERCIAL

Une entreprise peut aussi se trouver en position dominante avec une part de marché
réduite mais en contrôlant les marché connexes. cela a été le cas de la firme KODAK qui, tout
en détenant 15 °/° du marché de tirage et développement des photos en couleur avait ses
concurrents sous sa dépendance pour l’achat du matériel.

CHAPITRE II : LES OPERATIONS SUR LE FONDS DE COMMERCE

En tant qu’universalité de fait, le fonds de commerce peut faire l’objet de contrat qui
assure sa transmission en propriété ou en jouissance et qui en font un précieux instrument de
crédit. Trois types d’opération portant sur le fonds de commerce doivent faire l’objet d’un
examen particulier ; il s’agit de la vente (section I), de la location gérance (section II) et de
l’apport en société du fonds de commerce (section III).

Section I : La vente ou cession du fonds de commerce

Il ne peut avoir cession du fonds de commerce que lorsque l’opération porte


obligatoirement sur le fonds commercial et non sur des éléments isolés de ce fonds. Le contrat
de fonds de commerce entraîne des conséquences (II) sur le plan juridique lorsque certaines
conditions sont réunies (I).

I- Les conditions de validité de la cession du fonds de commerce

La validité d’une cession de fonds de commerce est subordonnée comme pour tout
contrat à la satisfaction de condition de fond et de forme.

A- Les conditions de fond

La cession du fonds de commerce étant un contrat, doit respecter les exigences de


l’article 1108 du Code Civil. Il s’agit du consentement, de la capacité, de l’objet visé et de la
cause.
Le consentement des parties en plus d’exister doit être exempt de vices. L’erreur est
très souvent fréquente en la matière, car il est très facile de se tromper sur la valeur
incorporelle du fonds en l’occurrence sur la valeur de la clientèle. Le dol est aussi possible,
que ce soit sous la forme de manœuvre frauduleuse (par exemple un truqué) ; ou sous celle de
réticence dolosive (par exemple, le vendeur qui oublie de donner certaines informations utiles
à l’acheteur).
La vente du fonds du commerce étant généralement un acte de commerce, les parties
doivent alors avoir la capacité commerciale.
L’objet de la cession est le fonds de commerce lui-même. Il faut un fonds de
commerce ayant une clientèle actuelle. A défaut de précision sur les éléments cédés, l’article

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DROIT COMMERCIAL

148 AU prévoit que la vente a porté nécessairement sur les éléments incorporels suivants : la
clientèle, le nom commercial et l’enseigne.
La cession d’un fonds de commerce nécessite la détermination du prix fixé par les
parties, ce prix constitue la cause du contrat pour le vendeur.
B- Les conditions de forme

Aux termes de l’article 149 AUDCG « la vente d’un fonds de commerce peut être
réalisée soit par acte sous seing privé soit par acte authentique ». Ceci suppose que la vente
du fonds de commerce est annulable s’il n’est pas rédigé et s’il ne comporte pas certaines
énonciations. Mais les conditions de forme ne se limitent pas à l’exigence de mentions
obligatoires de l’acte ; elles concernent aussi l’accomplissement préalable de certaines
opérations comptables et formalités de publicité.

1- Les mentions obligatoires de l’acte de cession

La vente du fonds de commerce peut être réalisée soit par acte sous seing privé ; soit
par acte authentique. L’acte de vente doit contenir un certain nombre de mentions ayant trait à
l’identification des parties, au numéro d’immatriculation au RCCM, aux sûretés grevant le
fonds, aux chiffres d’affaires et aux résultats réalisés au cours des trois dernières années, au
prix convenu, à la situation et aux éléments du fonds vendu, au nom et adresse de
l’établissement bancaire désigné en qualité de séquestre si la vente a lieu par acte sous seing
privé, à la date du bail, sa durée, les adresses du bailleur et du cédant, éventuellement (Art.
150 AUDCG).
L’omission ou l’inexactitude de l’une de ces énonciations est sanctionnée de nullité
relative. A ce titre l’acheteur peut, dans le délai d’un an à compter de la date de la vente,
demander la nullité de celle-ci. Il doit cependant prouver que cette omission ou cette
inexactitude a substantiellement affecté la consistance du fonds cédé et qu’il a de ce fait subi
un préjudice (Art.0151 AUDCG).
2- Les formalités de publicité

Les articles 152 et 153 de l’AUDCG ont prévu de principales formalités pour la
publicité pour la cession d’un fonds de commerce. Il s’agit d’une part du dépôt en une copie
certifiée conforme par le vendeur ou l’acquéreur de l’acte de cession au RCCM, il s’agit
d’autre part de la publicité dans un journal d’annonce légal sous forme d’avis et à la diligence
de l’acquéreur de l’acte constatant la cession et paraissant dans le lieu où le vendeur est inscrit
au RCCM. Cette publication doit être faite dans un délai de quinze (15) jours à compter de la
signature de l’acte.
La publicité est destinée à protéger les créanciers du vendeur du fonds de commerce
qui pourrait céder le fonds de commerce à leur insu. La publicité leur permet de pouvoir faire
opposition au paiement du prix ou d’exercer leur droit de surenchère s’il estime le prix de
cession insuffisant.
II- Les effets de la cession du fonds de commerce

La vente du fonds de commerce produit des effets tant à l’égard des parties
contractantes (A) qu’à l’égard des tiers (B).

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DROIT COMMERCIAL

A- Les effets à l’égard des parties

Il s’agit du vendeur et de l’acheteur.

1- A l’égard du vendeur

Le vendeur est astreint à des obligations en contrepartie desquelles sont attaché des
droits.
a- Les obligations
Deux principales obligations incombent au vendeur du fonds de commerce à savoir : la
délivrance et la garantie.

L’obligation de délivrance est le fait pour le vendeur de mettre le fonds de commerce


à la disposition de l’acheteur à la date prévue au contrat. Cela peut se compliquer par exemple
d’autres formalités telles que la présentation de l’acquéreur à la clientèle et aux fournisseurs et
la remise des documents comptables des trois dernières années. S’il était prévu un paiement
au comptant, le vendeur n’est tenu à cette obligation sauf convention contraire entre les
parties, qu’à la date du complet paiement.
L’obligation de garantie incombant au vendeur du fond de commerce se dédouble en
une garantie des vices cachés du fonds cédé et une garantie contre l’éviction par un tiers
qui aurait des prétentions sur le fonds de commerce.
 La garantie contre l’éviction, ici le vendeur doit garantir l’acheteur contre les
troubles provenant d’un tiers et contre les troubles de droit ou de fait
provenant de lui-même.
 La garantie contre les vices cachés, le vendeur doit garantir l’acquéreur contre
les défauts cachés du fonds susceptibles d’occasionner une perte de la clientèle
et présentant ainsi un caractère nuisible à l’utilité du fonds cédé et que
l’acheteur ne l’aurait pas acquis ou n’en aurait donné qu’un moindre prix s’il
les avait connu.
b- Les droits

Le fonds de commerce étant généralement vendu à crédit, il est nécessaire de protéger


le vendeur contre l’insolvabilité de l’acquéreur. La loi organise de ce fait un privilège à son
profit. Ce privilège est complété par une action résolutoire.

i- Le privilège

Le vendeur s’est vu accorder un privilège sur le fonds de commerce vendu lorsque le


prix n’a pas été payé comptant (Art. 166 alinéa 1 er AUDCG). Pour en bénéficier, il doit
s’inscrire au RCCM.
Le privilège confère à son titulaire deux droits :
- D’une part le droit de préférence : ce droit permet au vendeur d’être payé avant
tous les autres créanciers de l’acheteur en cas de vente aux enchères du fonds.

- D’autre part le droit de suite : permet au vendeur de saisir en cas de non-paiement


le fonds en quelque main qu’il se retrouve.

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DROIT COMMERCIAL

ii- L’action résolutoire

Cette action permet l’anéantissement rétroactif du contrat de vente. Elle est d’une
gravité particulière pour les créanciers inscrits sur le fonds (par exemple, ceux titulaires d’un
nantissement). Ces derniers peuvent voir ainsi leur garantie réelle disparaître avec le fonds.
C’est la raison pour laquelle le législateur entoure l’exercice de cette action d’un certain
nombre de garanties pour les créanciers du fonds.
D’abord le vendeur ne peut exercer cette action que si la vente a été inscrite au RCCM,
ensuite le vendeur qui veut exercer l’action résolutoire doit notifier celle-ci par acte
extrajudiciaire ou par tout autre moyen écrit aux créanciers inscrits sur le fonds et cela au
domicile élu par ceux-ci dans leurs inscriptions ; le vendeur doit enfin procéder à la pré-
notation de son action. Cette pré-notation est autorisée par le Président de la juridiction du
lieu où la vente a été inscrite, par décision sur requête, à charge de lui en référer (Art. 168
alinéa 2 AU). Elle a pour but d’avertir les créanciers inscrits sur le fonds qui peuvent éviter la
résolution en désintéressant le vendeur impayé.
2- A l’égard de l’acheteur

L’acquéreur est comme le vendeur tenu de respecter certaines obligations qui


découlent en substance de l’article 157 AUDCG.
D’une part l’acheteur, devenu commerçant, doit se faire immatriculer au registre du
commerce en respectant les conditions prévues par la loi.
D’autre part, il doit payer le prix entre les mains du notaire ou de tout établissement
bancaire désigné d’un commun accord entre mes parties à l’acte.

B- Les effets à l’égard des tiers

La vente du fonds de commerce concerne également les tiers. Il s’agit des créanciers
du vendeur du fonds de commerce qui verraient aussi disparaître un élément de garantie du
paiement de leurs créances.
L’AUDCG leur donne le droit de s’opposer à la vente projetéeet le droit de surenchérir
par la suite.
1- Le droit d’opposition

Tout créancier du vendeur a le droit de former opposition contre la vente projetée du


fonds de commerce (Art. 157 par interprétation). Cette opposition qui peut revêtir n’importe
quelle forme doit, à peine de nullité notifiée par acte extrajudiciaire :
- Au notaire ou à l’établissement bancaire désigné en qualité de séquestre ;
- A l’acquéreur, à son adresse telle qu’elle figure dans l’acte ;
- Au greffe de la juridiction où est tenu le RCCM dans lequel est inscrit le vendeur,
à charge pour le greffe de procéder à l’inscription de cette opposition sur ledit
registre.
L’opposition produit un effet conservatoire en ce sens qu’elle arrête momentanément
le cours normal de la procédure en gelant le prix entre les mains du séquestre. L’opposant doit
donc saisir la juridiction compétente pour faire constater sa créance et recevoir paiement. En

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DROIT COMMERCIAL

clair l’opposition a donc pour effet de bloquer le prix de vente entre les mains de l’acheteur ou
de la personne conservant les fonds (le séquestre).
2- Le droit de surenchère

D’après l’article 163 AUDCG, tout créancier ayant inscrit un privilège ou un


nantissement ou ayant régulièrement fait opposition, peut, dans le mois de la publication de la
vente dans le journal d’annonces légales former une surenchère du sixième du prix global du
fonds de commerce figurant à la valeur réelle du fonds, a le droit de demander que le fonds
soit remis en vente aux enchères publiques.

Le droit de surenchère s’exerce même en cas de vente forcée du fonds (par exemple
sur saisie) au profit des créanciers nantis et opposants qui doivent respecter le même délai.

Section II : La location –gérance

La location gérance ou gérance libre est une convention par laquelle le propriétaire
d’un fonds de commerce en concède la gérance à un tiers qui l’exploite à ses risques et périls.
A la lecture de l’article 138 alinéa 3 de l’AUDCG, on retient que l’entreprenantne peut être
partie à un contrat de location-gérance.
Ce contrat suppose, pour sa validité, le respect d’un certain nombre de conditions et
produit des effets.
I- Les conditions de validité du contrat de location – gérance

Certaines concernent le fond, d’autres, la forme du contrat.

A- Les conditions de fond

Elles ont trait tantôt à la personne du commerçant, tantôt à l’exploitation commerciale.


S’agissant de la personne du commerçant, l’acte uniforme pose que le loueur du
fonds ne doit être ni interdit, ni déchu du droit d’exercer une profession commerciale ; la
condition suivant laquelle il doit justifier avoir été commerçant pendant deux années au moins
ou avoir exercé pendant une durée équivalente des fonctions de gérant ou de directeur
commercial ou technique d’une société, a été supprimé.
S’agissant de l’exploitation commerciale du fonds, le loueur doit avoir exploité
pendant deux années au moins en qualité de commerçant le fonds mis en gérance. Le
législateur admet cependant que les délais d’exploitation ou de la jouissance de la qualité de
commerçant ne soient pas dans certain cas respectés. Ainsi, seul le juge peut réduire ce délai à
un an minimum.
Allant plus loin, le législateur décide que les conditions posées ne s’appliquent pas aux
personnes suivantes :
- A l’Etat ;
- Aux établissements publics ;
- Aux incapables, en ce concerne qui concerne le fonds dont ils étaient propriétaires
avant la survenance de leur incapacité ;
- Aux héritiers ou légataires d’un commerçant décédé, en ce qui concerne le fonds
exploité par ce dernier ;

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DROIT COMMERCIAL

- Aux contrats de location- gérance passés par des mandataires de justice chargés à
quelque titre que ce soit de l’administration d’un fonds de commerce, à condition
qu’ils y aient été autorisés par la juridiction compétente et qu’ils aient satisfait aux
mesures de publicité prévues.
Le locataire gérant, à son tour, à la qualité de commerçant. Par conséquent, il doit se
soumettre à toutes les obligations imposées à ce professionnel notamment l’immatriculation
au RCCM.

B- Les conditions de forme


L’acte uniforme n’impose pas la forme écrit pour le contrat de location – gérance.
Mais il soumet les parties à des obligations de publicité qui supposent à tout le moins,
l’existence d’un écrit sous seing privé.
Ces mesures de publicité sont les suivantes :
- La publication sous quinzaine d’un extrait du contrat de location – gérance dans un
journal d’annonces légales (voir Art. 139 alinéa 3 AUDCG ; Art. 257 AUSC) ;

- L’indication sous peine de sanctions pénales, en tête de bons de commande,


factures et autres documents à caractère financier ou commercial de sa qualité de
locataire gérant du fonds, ainsi que de son numéro d’immatriculation au RCCM
(Art. 140 AUDCG).

Le propriétaire du fonds s’il est commerçant doit faire procéder à la modification de


l’inscription au RCCM et faire mentionner que le fonds est mis en location – gérance (Art.
139 alinéa AUDCG).
L’expiration du contrat de location – gérance au terme prévu ou de manière anticipée
donne lieu aux mêmes mesures de publicité (Art. 139 alinéa 5).

II- Les effets de la location – gérance

La location – gérance produit des effets entre partie contractantes et à l’égard des tiers.

A- Les effets entre les parties contractantes

Comme tout contrat synallagmatique, la location – gérance engendre des effets à


l’égard des deux parties.
Le propriétaire doit mettre le fonds à la disposition du locataire et ne pas troubler sa
jouissance. Ainsi ne doit-il pas exploiter après avoir donné le fonds en location- gérance un
commerce concurrent dans le voisinage (obligation de non-concurrence). Toutefois le
propriétaire demeure assujetti à l’impôt sur les bénéfices commerciaux et industriel car il
réalise des bénéfices. Par ailleurs le bailleur peut demander une indemnité pour la moins-
value due au fait du locataire.
Le locataire, quant à lui, doit payer la redevance convenue et exploiter le fonds avec
diligence. L’acte uniforme distingue la redevance due à la jouissance des locaux et le loyer
pour la jouissance des éléments corporels et incorporels du fonds de commerce tels que

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DROIT COMMERCIAL

décrits dans le contrat de location – gérance (Art. 138 alinéa 3 AUDCG). Ces deux éléments
du loyer sont obligatoirement déterminés de façon séparée dans le contrat de location –
gérance. Le locataire ne doit ni modifier la destination des locaux, ni étendre l’objet, ni
détourner la clientèle à son profit. L’accroissement de la clientèle profite en principe au
propriétaire bailleur du fonds.
A l’échéance, le locataire doit restituer le fonds de commerce au propriétaire libre de
tout engagement comme il l’avait pris. La législation sur les baux commerciaux étant
inapplicable ici le locataire – gérant n’a pas droit au renouvellement de son contrat.

B- Les effets à l’égard des tiers

Il s’agit principalement des créanciers du bailleur de fonds de commerce. Si ceux-ci


estiment que la mise en location – gérance du fonds menace le recouvrement de leurs
créances, ils ont le droit de faire prononcer la déchéance du terme, ce qui rend leur dû
immédiatement exigible (Art.144). Ils doivent pour ce faire intenter une action devant la
juridiction compétente, à peine de forclusion, dans un délai de trois mois à compter de la date
de publication du contrat.
Jusqu’à la publication du contrat, le propriétaire et le locataire – gérant sont
solidairement responsables des dettes contractées par ce dernier à l’occasion de l’exploitation
du fonds donné en location – gérance. Cette publication devant se faire dans le délai de 15
jours de la date de conclusion du contrat de location – gérance, la durée de la solidarité a été
ainsi limitée.
Après la publication, le locataire – gérant est seul responsable des dettes contractées.
En ce sens l’article 146 dispose clairement que l’expiration du contrat, que ce soit à son terme
normal ou à son terme anticipé, rend immédiatement exigible les dettes contractées par le
locataire – gérant du fonds pendant sa gérance. Cela suppose que le locataire – gérant doit
restituer le fonds libre de toutes charges.
Le locataire – gérant n’est pas considéré comme un sous – locataire de locaux
commerciaux. Il n’a donc aucun droit à l’égard du bailleur de ces locaux.
Section III : L’apport du fonds de commerce en société

L’AUDSC à prévu dans son article 37 que chaque associé doit faire un apport à la
société lors de la constitution. L’article a ensuite précisé les types d’apport pouvant être
réalisés en l’occurrence les apports en numéraire (en argent) les apports en nature constitués
de tout bien mobilier ou immobilier, corporel ou incorporel et enfin les apports en industrie
qui consistent à mettre ses connaissances techniques professionnelles au service de la société.
Le fonds de commerce qui constitue un bien meuble incorporel peut donc faire l’objet
d’un apport en société soumis aux règles régissant les apports en nature. Mais cet apport en
nature du fonds de commerce s’apparente quelque fois à une vente lorsqu’il est fait en
propriété c'est-à-dire lorsque le bénéficiaire de l’apport en devient propriétaire. Dans ce casla
publicité requise pour la cession du fonds du commerce devra être effectuée.
En principe, le propriétaire du fonds de commerce qui l’apporte à une société ne
reçoit pas un prix en contrepartie de son apport et acquiert plutôt la qualité d’associé qui lui

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DROIT COMMERCIAL

confère des droits dans la société et notamment le droit de recevoir des parts sociales ou des
actions représentant son apport ainsi que le droit de participer et de voter aux assemblées
générales.
Il peut cependant arriver que la société prenne en charge le passif ou des dettes liées à
l’exploitation du fonds de commerce apporté ou encore qu’elle paye à l’apporteur à titre de
compensation un supplément d’indemnité tenant compte de la valeur du fonds de commerce.
Dans ce cas on dira que l’apport en société a été à titre onéreux par opposition à l’apport pur
et simple rémunéré uniquement par des les droits sociaux.

CHAPITRE III : LA PROTECTION DU FONDS DE COMMERCE : LE BAIL


A USAGE PROFESSIONNEL

La protection du fonds de commerce consiste essentiellement à protéger la clientèle du


commerçant contre la concurrence c'est-à-dire à reconnaître au commerçant un véritable droit
sur la clientèle acquise. Dans cette optique, il est particulièrement important de permettre au
commerçant de conserver l’emplacement qui a constitué le point de ralliement de sa clientèle.
La réglementation du bail à usage professionnel répond à cette nécessité.
Avec le traité OHADA révisé en 2010, on retient que le régime des baux à usage
professionnel s’applique à toutes les villes et non plus aux villes de plus de 5000 habitants
comme le prévoyait l’ancien article 69. De plus, le législateur OHADA a étendu le domaine
d’application de la législation sur le bail à usage professionnel, à la fois quant aux personnes
et quant aux biens :
- Quant aux personnes, bénéficient désormais du régime du bail à usage
professionnel, non plus seulement les commerçants, mais également les artisans et
membres des professions libérales, mais aussi la nouvelle catégorie dite des
entreprenants.

- Quant aux biens, le statut du bail à usage professionnel couvre non seulement les
locaux principaux, objet du bail, mais éventuellement à certaines conditions les
locaux accessoires.
En revanche les terrains nus sans constructions ne sauraient faire l’objet de baux
commerciaux.
L’article 103 de l’AUDCG répute bail à usage professionnel toute convention, écrite
ou non, entre une personne investie par la loi ou une convention du droit de donner en
location tout ou parie d’un immeuble compris dans le champ d’application du présent titre, et
une autre personne physique ou morale, permettant à celle-ci, le preneur, d’exercer dans les
lieux avec l’accord de celle-là, le bailleur, une activité commerciale, industrielle, artisanale,
ou toute autre activité professionnelle. C’est donc l’activité qui permet de qualifier le bail.
Le législateur OHADA a particulièrement aménagé les modalités d’exécution (Section
I), la transmission (Section II) et la cessation du bail à usage professionnel (Section III), mais
il sera important de présenter le statut des baux à usage professionnel (Section I).

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DROIT COMMERCIAL

Section I : Le statut des baux à usage professionnel

Le bail à usage professionnel résulte d’un contrat de bail portant sur un local que le
commerçant, l’industriel, l’artisan…loue pour y exploiter son fonds.

I- Les conditions relatives au bail

La règlementation spéciale sur les baux à usage professionnel suppose pour son
application l’existence d’un contrat de bail, conclu pour une durée déterminée ou non.

A- La nature du bail

Il faut tout d’abord qu’il s’agisse du louage d’une chose immobilière en l’occurrence
d’un local ou d’un immeuble affecté à l’exploitation d’une activité commerciale. La
législation des baux à usage professionnel ne s’applique donc pas au commerçant qui occupe
un local en qualité de copropriétaire, d’indivisaire ou d’usufruitier.
De même, ne constitue pas un bail à usage professionnel l’attribution, la mise à
disposition d’un local à titre gratuit, la concession ou l’autorisation administrative
d’occupation du domaine public ou toute autre forme d’occupation précaire pour une durée
déterminée.
Les baux bénéficiant de la protection commerciale doivent également être des baux à
loyers par opposition aux baux emphytéotiques de très longue durée (18 à 99 ans) qui sont
considérés comme des baux à redevance.
B- La durée du bail

Il importe peu pour l’application du régime en vigueur que le bail soit à durée
déterminée ou indéterminée. L’article 104 de l’AUDCG autorise les parties au contrat à fixer
librement la durée du contrat de bail. A défaut d’écrit ou du terme, le bail est réputé conclu
pour une durée indéterminée. Le bail prendra effet à compter de la signature du contrat sauf
convention contraire des parties. Le prix du loyer est librement fixé par les parties (article 116
AUDCG). Le propriétaire du fonds doit être personnellement commerçant et être inscrit au
RCCM. Il doit avoir la capacité de donner à bail.

II- Les conditions relatives aux locaux loués

Le bail doit porter sur un objet bien déterminé et l’affectation initiale des locaux
prévus par le contrat devra être respectée par le locataire.

A- L’objet du bail

En utilisant les termes locaux ou immeubles à usage professionnel, le législateur


OHADA vise en réalité les immeubles bâtis et non de simples terrain nus. Le mot local quant
à lui désigne une partie d’un bâtiment dans laquelle il est possible d’exploiter un fonds de
commerce. En clair, le bail porte sur un immeuble bâti ou un local de celui-ci.

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DROIT COMMERCIAL

Il a ainsi été jugé qu’un simple étalage ou un mur servant à l’apposition de panneaux
publicitaires ne constitue pas un local. A propos des terrains nus, ils ne sauraient faire l’objet
de bail à moins qu’aient été édifiées avant ou après la conclusion du bail des constructions à
usage industriel, commercial, artisanal ou professionnel avec le consentement du propriétaire
ou à sa connaissance (art. 101).
Lorsqu’un bail porte sur des locaux mixtes c'est-à-dire affectés pour parties à
l’exploitation commerciale et pour partie à l’habitation ; il est admis que le droit au
renouvellement du bail est indivisible et qu’il porte sur l’ensemble des locaux même si la
partie d’habitation est la plus importante.

B- L’affectation des locaux loués

Les locaux loués doivent être affectés à l’usage commercial ou professionnel. S’il
résulte des circonstances que l’utilisation réelle des lieux ne répond pas à cette exigence, que
le bailleur ait ou non accepté le changement d’affectation, le bail ne sera pas considéré
comme commercial.
L’application du régime des baux commerciaux exige enfin, l’exploitation dans les
locaux d’un véritable fonds de commerce c'est-à-dire d’un fonds ayant une clientèle propre.
Le statut des baux commerciaux a ainsi été refusé à l’exploitant d’une vitrine dans le hall d’un
hôtel ou d’un stand dans un grand magasin ou encore d’une buvette sur un champ de course.
En définitive une triple vérification s’impose chaque fois qu’il s’agit de vérifier que le
bénéficiaire de la protection du bail commercial peut être accordé à un commerçant. La
vérification porte sur la qualité de commerçant du locataire, l’affectation du local ou de
l’immeuble loué à une exploitation commerciale et enfin l’existence d’une exploitation
autonome c'est-à-dire une clientèle propre.
Section II : L’exécution du contrat

L’exécution est liée aux droits et obligations des parties d’une part, et au droit de
renouvellement du bail d’autre part.

I- Les droits et obligations des parties

Ils varient selon qu’il s’agit du bailleur ou alors du preneur.

A- Le bailleur

Le bailleur est tenu des obligations suivantes :


- De délivrer les locaux en bon état.
- D’entretenir la chose. Il lui est fait obligation de faire procéder, à ses frais, les
grosses réparations devenues nécessaires et urgentes. Il s’agit notamment à titre
indicatif des gros murs, des voûtes, des poutres, des toitures, des murs de
soutènement, des murs de clôture, des fosses septiques et des puisards.
Lorsque le bailleur refuse d’assurer les grosses réparations qui lui incombent, le
preneur peut se faire autoriser par la juridiction compétente à les exécuter pour le compte du

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DROIT COMMERCIAL

bailleur. Celle-ci fixera au préalable le montant des réparations et les modalités de


remboursement au preneur par le bailleur sommes qu’il aura engagées.
- De garantir le preneur du trouble de jouissance survenu de son fait ou du fait de ses
ayants droit et préposé (art. 109 AUDCG). Il peut s’agir d’un trouble de fait ou de
droit.
En compensation de ces obligations, le bailleur perçoit un loyer du preneur.
B- Le preneur

Le preneur a pour obligations :


- De payer le loyer aux termes convenus entre les mains du bailleur ou de son
représentant dûment mandaté. A défaut de clause contraire, le loyer demeure donc
quérable.

- D’exploiter les locaux donnés à bail en bon père de famille, et conformément à la


destination prévue au bail, ou à défaut de convention écrite, suivant celle présumée
d’après les circonstances.
Cependant le changement de destination n’entraîne la résiliation du bail que s’il en
résulte un préjudice pour le bailleur.
- D’effectuer les réparations d’entretien. Le législateur ne les énumère pas. Elles
peuvent se déduire cependant des grosses réparations.
A ce titre le preneur répond des dégradations ou des pertes dues à un défaut d’entretien
en cours de bail. Le preneur qui exécute normalement ses obligations a droit au
renouvellement de son bail.

II- Le droit au renouvellement du bail

Le principe acquis du droit au renouvellementdu bail se heurte parfois au refus de


renouvellement.

A- Le principe du droit au renouvellement

Ce droit est acquis au preneur lorsqu’il justifie avoir exploité conformément aux
stipulations du contrat l’activité prévue pendant une durée minimale de 2 ans.
La procédure de mise en œuvre de ce droit varie selon que le contrat de bail est à durée
déterminée ou à durée indéterminée.
- Pour le contrat à durée déterminée

Le preneur doit demander le renouvellement, par acte extrajudiciaire (par signification


d’huissier de justice ou notification par tout moyen permettant d’établir la réception effective
par le destinataire), au plus tard trois mois avant la date permettant d’établir la date
d’expiration du bail, faute de quoi il est déchu de son droit (art. 24 AUDCG). Il s’agit d’une
disposition d’une disposition d’ordre public à laquelle les parties ne peuvent déroger par
clause contractuelle contraire.

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DROIT COMMERCIAL

A son tour le bailleur doit faire connaître sa réponse au plus tard un mois avant
l’expiration du bail. Le silence du bailleur dans le délai imparti vaut acceptation au
renouvellement du bail.
- Pour le contrat à durée indéterminée

Le problème se pose autrement. Puisque par définition, il n’y a pas un terme au


contrat, la partie qui entend le résilier doit donner congé à l’autre par acte extrajudiciaire
(l’acte uniforme parle de signification d’huissier de justice ou de notification par tout moyen
permettant d’établir la réception effective par le destinataire) au moins six mois à l’avance. Le
preneur a le droit de contester en excipant son droit au renouvellement. Mais seulement il doit
le faire au plus tard à la date projetée de résiliation du bail par acte extrajudiciaire.
Le renouvellement demandé peut être accepté expressément ou implicitement par le
bailleur. Sauf accord différent des parties, la durée du nouveau bail est fixée à trois ans. Le
renouvellement opère donc novation puisqu’il peut entraîner changement dans la durée du
contrat. Le nouveau bail prend effet soit à compter de la date pour laquelle le congé a été
donné, si le bail était à durée indéterminée.
Le bailleur peut aussi refuser le renouvellement du bail.

B- Le refus du bailleur au renouvellement

Ce refus peut être justifié ou injustifié.


Lorsque le refus de renouvellement du bailleur est justifié, aucune indemnité
d’éviction n’est due. Mais le législateur a pris soin de limiter les cas dans lesquels le bailleur
est autorisé à exercer son droit de reprise.
Il le peut dans trois cas (art. 127 et 128) :
1) S’il justifie d’un motif grave et légitime à l’encontre du preneur sortant

Ce motif doit consister soit en l’inexécution par le preneur d’une obligation essentielle
ou substantielle du contrat, soit dans la cessation de l’exploitation du fonds de commerce. Il
faut encore que les faits déplorés se soient renouvelés après une mise en demeure du bailleur,
faite par acte extrajudiciaire, au preneur d’avoir à les faire cesser.

2) S’il envisage de démolir l’immeuble comprenant les lieux loués et de le


reconstruire

Dans ce cas le bailleur doit justifier de la nature et de la description des travaux


projetés. De plus, le preneur a le droit de rester dans les lieux loués jusqu’au commencement
des travaux de démolition. Enfin, il est reconnu au preneur un droit de priorité pour se voir
attribuer un nouveau bail sur l’immeuble reconstruit. Si ce droit lui est refusé ou s’il est
affecté une autre destination à l’immeuble reconstruit, il a droit à une indemnité d’éviction.

3) S’il envisage habiter lui-même ou les faire habiter par son conjoint ou ses
ascendants, ses descendants ou ceux de son conjoint, les locaux d’habitation
accessoires des locaux principaux.

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DROIT COMMERCIAL

Le droit de reprise pour habiter a été limité. En principe seuls les locaux accessoires ou
secondaires peuvent faire l’objet d’une reprise pour habitation par le bailleur. La reprise des
locaux principaux pour habitation implique le paiement d’une indemnité d’éviction.
Mais la reprise des locaux accessoires ne peut s’exercer librement lorsque le preneur
établit que la privation de leur jouissance porte un trouble grave à la jouissance du bail dans
les locaux principaux ou alors lorsque les locaux principaux et les locaux d’habitation forment
un tout indivisible. Ce qui risque souvent d’être le cas, sinon le locataire ne les aurait pas pris.
Que le refus du bailleur soit justifié ou injustifié, le preneur sortant sera remboursé des
constructions et aménagements qu’il a réalisés dans les locaux avec l’autorisation du bailleur,
si ceux-ci doivent être conservés. Cela revient à dire qu’il n’aura droit à rien si les travaux se
sont faits à l’insu du bailleur. Celui-ci peut même exiger leur enlèvement aux frais du preneur
et des dommages intérêts en cas de détérioration de la substance de l’immeuble. A défaut
d’accord entre les parties, le montant sera arbitré par le juge.

Section III : La transmission du contrat

Elle peut être partielle ou totale. Il peut s’agir soit de la sous – location, soit de la
cession du bail.

I- La sous location

En principe la sous location, partielle ou totale, est interdite. Mais les parties peuvent
en décider autrement. Dans ce cas l’acte de sous location est porté à la connaissance du
bailleur par tout moyen écrit, sinon elle lui est inopposable.
Lorsque la sous location est régulière, elle confère au sous locataire le droit de
demander le renouvellement de son bail au locataire principal selon la procédure suivie dans
la même circonstance par celui-ci (art. 130). L’acte de renouvellement doit également être
porté à la connaissance du bailleur.
En effet, sans être partie au contrat de sous location, le bailleur demeure intéressé dans
cette relation. C’est d’ailleurs pour cela que la loi lui reconnait la faculté d’exiger une
augmentation correspondante du loyer, lorsque cela le loyer de la sous location, totale ou
partielle est supérieur au loyer du bail principal. Cette augmentation à défaut d’accord des
parties, est fixée par le juge (art.122).

II- La cession du bail

L’acte uniforme ne pose plus le principe d’interdiction de la cession du bail. Deux


hypothèses sont instituées.
Celle où la cession s’impose au bailleur. C’est le cas où le preneur cède le bail et la
totalité des éléments permettant l’activité dans les lieux loués. Celle où la cession est soumise
à l’autorisation du bailleur. C’est le cas où le preneur cède le bail seul ou avec une partie des
éléments permettant l’activité dans les lieux loués. Dans ce cas comme dans l’autre, elle est
cependant contrôlée par le bailleur. C’est pour cela qu’il est exigé que toute cession de bail lui
soit signifiée par acte extrajudiciaire ou par tout autre moyen écrit. Cette cession doit révéler

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DROIT COMMERCIAL

l’identité complète du cessionnaire, son adresse et éventuellement son numéro


d’immatriculation au RCCM. A défaut de cette signification, la cession est inopposable au
bailleur.
Mais la signification ne suffit pas pour rendre la cession effective. Le bailleur, non
partie à l’opération peut paralyser. Il dispose d’un délai d’un mois à compter de ma
signification pour s’y opposer. Il doit alors saisirla juridiction compétente pour lui exposer les
motifs de son opposition.

La loi les veut sérieux et légitimes. Il s’agit pour l’essentiel de la violation par le
preneur des obligations du bail. La loi donne comme exemple le non paiement du loyer. Il y
en aura sûrement d’autres (par exemple le non entretien des lieux).

Section IV : La cessation du contrat

Comme dans le bail de droit commun, deux circonstances sont indifférentes à la


continuation du bail commercial. Il s’agit :
- D’une part de la cessation des droits du bailleur sur les locaux donnés à bail
(hypothèses de la vente).
L’acquéreur (nouveau bailleur) est de plein droit substitué dans les obligations du
bailleur et doit poursuivrel’exécution du bail (art. 110)
- D’autre part du décès de l’une ou de l’autre des parties.
S’il s’agit du preneur, ses ayants droits (conjoint, ascendants ou descendants en ligne
directe) doivent faire au bailleur lademande de continuation du contrat par acte extrajudiciaire
(signification d’huissier de justice ou notification par tout moyen permettant d’établir la
réception effective par le destinataire) dans un délai de 3 mois à compter du décès, sinon le
bail est résilié de plein droit. Si le bailleur refuse de poursuivre le contrat, la résiliation doit lui
être imputée pour faute, source de dommages intérêts. S’il s’agit du bailleur, le contrat se
poursuit, sans autre formalité avec ses ayants droits.
En revanche l’inexécution de ses obligations par l’une des parties peut entraîner la
résiliation du contrat.

CHAPITRE : LA VENTE COMMERCIALE

La vente commerciale est une convention par laquelle le vendeur s’engage à


livrer la marchandise et l’acheteur à la payer. C’est un contrat consensuel,
synallagmatique, à titre onéreux qui permet le transfert de propriété d’une marchandise
à l’acheteur.
La législation OHADA n’est pas applicable à certaines catégories de vente. Il
en est ainsi :
- Des ventes de marchandises achetées pour un usage personnel, familial ou
domestique.

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DROIT COMMERCIAL

- Des contrats de fourniture de marchandises dans lesquels la part prépondérante de


l’obligation de la partie qui les marchandises consiste dans la fourniture de main
d’œuvre ou d’autres services.
Pareillement, lorsque la vente est soumise à un régime particulier, cette législation
n’est pas applicable. Il en est ainsi :
- Des ventes aux enchères ;
- Des ventes sur saisie ou de quelque autre manière par autorité de justice
- Des ventes de valeurs mobilières, d’effets de commerce ou de monnaie ;
- Des mobilisations et autres opérations sur créances ou instruments financiers ;
- Des ventes de navires, bateaux, aéroglisseurs et aéronefs ;
- Des ventes d’électricité.
Le législateur a apporté des innovations plus ou moins substantielles à chacune des phases de
formation (Section I), d’exécution (Section II) et de dissolution (Section III) du contrat.

Section I : La formation du contrat de vente commerciale

La formation du contrat de vente commerciale nécessite une offre et une acceptation


(I) et se présente sous une certaine forme (II).

I- L’offre et l’acceptation de vente

La vente est précédée d’une offre et suivie d’une acceptation. Une proposition de
conclure un contrat adressé à une ou plusieurs personnes déterminées constitue une offre si
elle est suffisamment précise et si elle indique la volonté de son auteur d’être lié en cas
d’acceptation. Elle est suffisamment précise lorsqu’elle désigne les marchandises et,
expressément ou implicitement, fixe la quantité et le prix ou donne les indications permettant
de les déterminer. L’offre prend effet lorsqu’elle parvient à son destinateur.

II- La forme du contrat

La vente commerciale n’est soumise à aucune condition de forme. Le contrat peut être
écrit ou verbal, il n’en demeurera pas moins valable. Il n’y aura de problème, en cas de
contestation, qu’au niveau de la preuve. A ce titre il est prévu qu’en l’absence d’un écrit, le
contrat peut être prouvé par tous moyens. Les autres moyens de preuve peuvent être tirés de
l’article 109 du Code Civil. Il s’agit notamment d’actes publics, de factures acceptées, des
correspondances, des livres des parties.

Section II : l’exécution du contrat de vente

Un certain nombre de règles concerne l’exécution normale du contrat, d’autres


le contentieux de l’exécution.

I- L’exécution normale
Les parties exécutent normalement le contrat lorsqu’elles s’acquittent sans rechigner
chacune de ses obligations.

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DROIT COMMERCIAL

A- Les obligations du vendeur


La loi fait respecter sur le vendeur trois obligations :
1- L’obligation de livraison

Son exécution pose les problèmes du lieu, du moment et de l’objet.


S’agissant du lieu, celui-ci est en principe fixé par les parties. si tel n’est le cas
l’obligation de livraison du vendeur est remplie :
- lorsque le contrat de vente prévoit la remise de marchandises à un transporteur, le
vendeur satisfait à son obligation de livraison envers l’acheteur du seul fait de cette
remise.
- dans tous les autres cas, lorsqu’il tient les marchandises à la disposition de
l’acheteur au lieu où celles-ci ont été fabriquées, ou encore là où elles sont
stockées, ou encore au lieu où le vendeur a son principal établissement.
S’agissant du moment de la livraison, une date ou une période de temps peut être fixée
par contrat. Si tel n’a pas été le cas, la livraison doit intervenir dans un délai raisonnable à
partir de la conclusion du contrat. Les usages professionnels et les habitudes des parties seront
fort déterminants sur la question.
S’agissant de l’objet, la livraison peut être totale ou partielle. Elle peut même se faire
de façon anticipée. Dans ce cas le vendeur a le droit jusqu’à la date normale prévue pour la
livraison, soit de livrer une partie ou une quantité manquante ou des marchandises nouvelles.

2- L’obligation de conformité

L’obligation de conformité consiste pour le vendeur à livrer les marchandises dans la


quantité, la qualité, la spécification (notamment quant à l’usage), le conditionnement et
l’emballage correspondants à ceux prévus au contrat.
L’action de l’acheteur, fondée sur un défaut de conformité caché le jour de la prise de
livraison, est presque dans le délai d’un an à compter du jour où ce défaut a été constaté ou
aurait dû l’être.
3- L’obligation de garantie

L’obligation de garantie, est celle contre l’éviction. En réalité le vendeur doit livrer les
marchandises libres de tout droit ou prétention d’un tiers, à moins que l’acheteur n’accepte de
prendre les marchandises dans ces conditions. (Art. 260 AUDCG)

B- Les obligations de l’acheteur

L’acheteur doit exécuter deux obligations : celle de payer le prix et celle de prendre
livraison des marchandises.

1- L’obligation de payer le prix

Payer le prix signifie prendre toutes les dispositions, accomplir toutes les formalités
destinées à permettre le paiement tel que prévu par le contrat ou la réglementation en vigueur.
S’agissant de la fixation du prix. Elle est faite librement par les parties au contrat.
S’agissant du lieu du paiement. Les parties peuvent également le fixer. Mais à défaut,
le paiement aura lieu :
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DROIT COMMERCIAL

- soit à l’établissement du vendeur ;


- soit au lieu prévu pour la livraison ou la remise de documents si le paiement doit
être fait contre la livraison des marchandises ou la remise des documents.
S’agissant en fin du moment du paiement, celui-ci est fixé ou alors résulte du contrat.
S’il n’a pas été déterminé un autre moment, l’acheteur doit payer lorsque le vendeur met à sa
disposition soit les marchandises, soit les documents les représentant.

2- L’obligation de prendre livraison

D’après le législateur, l’acheteur doit prendre livraison en accomplissant les actes


permettant au vendeur d’effectuer la livraison, puis il doit retirer les marchandises. On pense
ici aux opérations de dédouanement ou même au retrait des marchandises.
À cet effet l’acheteur doit examiner les marchandises ou les faire examiner dans un
délai aussi bref que possible eu égard aux circonstances. S’il constate des anomalies, il peut se
faire prévaloir d’un défaut de conformité. Il doit le dénoncer au vendeur, en précisant la
nature, dans un délai raisonnable à partir du moment où il l’a constaté ou aurait dû le
constater. Quelque soit le cas ce délai ne peut excéder un an à compter de la date à laquelle les
marchandises lui ont été effectivement remises, à moins que ce délai ne soit incompatible
avec la durée d’une garantie contractuelle.
La prise de livraison entraine normalement le transfert de propriété des marchandises
du vendeur vers l’acheteur. Mais les parties peuvent notamment insérer au contrat une clause
de réserve de propriété par laquelle le transfert de la propriété n’interviendra qu’au plus tard le
jour du paiement complet du prix. Mais il faut alors que l’acheteur en ait connaissance au plus
tard le jour de la conclusion de la vente par des mentions dans le contrat.
Le transfert de propriété entraine le transfert de risque. La discussion a surtout lieu sur
cette question dans le cadre du contentieux de l’exécution.

II- Le contentieux de l’exécution

On peut tenter de classer ce contentieux en deux grandes rubriques : le contentieux de


l’interprétation et celui de l’inexécution du contrat.

A- L’interprétation du contrat

En matière de vente commerciale, la volonté et le comportement d’une partie doivent


être interprétés selon l’intention de celle-ci, lorsque l’autre partie connaissait ou ne pouvait
ignorer cette intention. Cette intention même se détermine en tenant compte des circonstances
de fait, et notamment des négociations qui ont pu avoir lieu entre les parties, des pratiques qui
se sont établies entre elles, voire les usages en vigueur dans la profession concernée.
En cette matière les usages professionnels, les habitudes des parties jouent un rôle très
important dans la mesure où ils lient les parties.
B- L’inexécution ou la mauvaise exécution du contrat

Elle donne naissance à une action en réparation du préjudice subi. En matière de vente
commerciale le délai de prescription a été fixé à deux ans à partir de la date à laquelle l’action
peut être intentée.

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DROIT COMMERCIAL

L’inexécution est susceptible d’engendre des sanctions à l’encontre de la partie


défaillante. Il est prévu en effet qu’une partie peut demander à la juridiction compétente
l’autorisation de différer l’exécution de ses obligations lorsqu’il apparait, après la conclusion
du contrat, que l’autre partie n’exécutera pas une partie essentielle de ses obligations. Cette
situation peut naître en ce qui concerne l’acheteur, en raison de son insolvabilité ou de la
cessation de ses paiements ou encore de ses retards dans les échéances convenues (Art. 285 de
l’AUDCG) et pour le vendeur, en raison d’une insuffisance de ses capacités de fabrication ou
d’une inadaptation de ses moyens de production (Art. 282 de l’AUDCG). Dans ce dernier cas,
cette autorisation peut être assortie de l’obligation de consigner tout ou partie du prix et dans
l’autre cas, l’autorisation peut être assortie de l’obligation de consigner les marchandises à ses
frais avancés. La sanction la plus grave demeure la résolution du contrat.

Section III : La résolution du contrat

L’article 281 de l’AUDCG offre à chacune des parties la faculté de demander


judiciairement la résolution du contrat de vente pour inexécution totale ou partielle des
obligations de l’autre partie. La rupture unilatérale, aux risques et périls de la partie qui
l’exerce, doit être fondée sur la gravité du comportement d’une partie au contrat de vente.
Dans tous les cas, la résolution, considérée comme la sanction ultime, suppose alors un
manquement essentiel au contrat (I). Ses effets sont réglementés par les articles 296 et
suivants de l’AUDCG (II).

I- Le manquement essentiel, cause de la résolution

Pour l’AUDCG, le manquement essentiel est celui commis par l’une des parties et qui
« cause à l’autre partie un préjudice tel qu’il la prive substantiellement de ce qu’elle était en
droit d’attendre du contrat, à moins que ce manquement n’ait été causé par le fait d’un tiers
ou la survenance d’un évènement de force majeure ». Il résulte de ce texte que l’existence du
manquement essentiel s’apprécie à la fois par rapport à l’importance du préjudice pour le
créancier de l’obligation et par rapport à sa prévisibilité pour le débiteur de l’obligation.

A- Un préjudice important pour le créancier de l’obligation

Le préjudice envisagé ici est celui qui prive substantiellement le créancier de ce qu’il
était en droit d’attendre du contrat. Le recours au préjudice substantiel pour expliquer le
manquement essentiel ne parait pas très judicieux dans la mesure où « essence » et
« substance » sont des notions proches.
En clair aux yeux des parties, le préjudice souffert par le créancier doit apparaître
comme inconciliable avec leur commune intention : le préjudice est d’une importance telle
que si le créancier s’en était douté ou en avait eu connaissance, il n’aurait pas donné son
consentement.
B- Un préjudice prévisible pour le débiteur

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DROIT COMMERCIAL

Dans la pratique de la vente commerciale, le préjudice n’est considéré comme


prévisible qu’a deux conditions : le débiteur a eu connaissance de l’importance du préjudice
que l’inexécution de son obligation pouvait causée au créancier, et il n’est pas en mesure de
faire prévaloir le fait d’un tiers ou la force majeure.
Pour le manquement soit considérée comme essentiel, il faut que le débiteur de
l’obligation inexécutée ou mal exécutée ait eu connaissance ou ait été en mesure d’avoir
conscience de l’importance du préjudice que son manquement provoquerait pour le créancier.
En d’autres termes le créancier qui considère qu’un élément du contrat revêt pour lui une très
grande importance, doit en informer son cocontractant au moment de la conclusion du contrat.
S’il ne le fait pas, il ne sera pas fondé à reprocher à son cocontractant les désagréments qui
pourraient résulter de son comportement. Il ne sera pas considéré comme prévisible malgré la
connaissance que le débiteur a pu en avoir si ce dernier peut se prévaloir du fait d’un tiers ou
de la force majeure. En clair l’inexécution doit lui être imputable.
La notion de manquement essentiel apparaît donc comme une notion complexe qui
nécessite la réunion de plusieurs éléments. Son effet principal est de provoquer la résolution
du contrat.

II- Les effets de la résolution

La résolution emporte trois conséquences : la disparition du contrat, le maintien de


certaines clauses et la restitution de ce qui a été fourni ou payé.
La résolution libère les deux parties de leurs obligations. Cela signifie qu’à compter de
la résolution, aucune partie ne peut être obligée d’exécuter une obligation tirée du contrat. Le
contrat résolu cesse de produire effet dans l’avenir. La résolution se distingue de la nullité en
ce qu’elle met fin au contrat valablement conclu.
Les clauses par lesquelles les parties ont entendu aménager le règlement des différends
consécutifs à la cessation du contrat demeurent valables et sont donc maintenues. Il en va de
même pour les stipulations du contrat relatives aux droits et obligations des [Link]
ailleurs, les dommages-intérêts pouvant être dus sont maintenus. Cela signifie que le
législateur admet le cumul de la résolution et des dommages-intérêts.
Le dernier effet de la résolution du concerne les restitutions des prestations des parties.
La résolution provoque en effet la disparition du contrat qui est censé n’avoir jamais existé.
Une absence de restitution provoquerait un appauvrissement pour la partie qui a exécuté ses
obligations tandis que l’autre se sera enrichi. Il est donc normal que la résolution donne lieu,
le cas échéant, à des restitutions réciproques. Le droit a restitution portant sur ce que l’une des
parties a fourni ou payé en exécution du contrat.

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DROIT COMMERCIAL

PREMIERE PARTIE : QUESTIONS THEORIQUES

1. Définitions des termes suivants : OHADA, Droit commercial, commerçant,


entreprenant, commissionnaire, courtier, agent commercial, mise en demeure, prescription,
registre de commerce et du crédit mobilier, acte de commerce, acte mixte, acte de commerce
par accessoire, lettre de change, billet à ordre, fonds de commerce, location gérance,
marchandises, nom commercial, vente commercial, bail à usage commercial, indemnité
d’éviction, clause compromissoire, compromis.

2. Quels sont les particularismes du Droit commercial ?


3. Quelles sont les conditions d’accès à la profession commerciale ?
4. Distinction entre commerçant et entreprenant
5. Après avoir déterminé les intermédiaires de commerce, dites lequel à la qualité
de mandataire professionnel, sont-ils commerçants ? Justifiez votre réponse
6. Quels sont les types d’actes de commerce ?
7. Le régime juridique du commerçant.
8. Le mineur et le majeur incapable peuvent-ils être commerçants ?
9. Les particuliers peuvent-ils créer des entreprises d’exploitation forestière ou de
communication ? Peuvent-ils avoir des maisons closes ?
10. Quelles sont les formalités à accomplir par le commerçant ?
11. Quelles sont les activités qui nécessitent l’exigence d’une qualification et
pourquoi ?
12. La responsabilité indéfinie du commerçant.
13. Les sources du Droit commercial.
14. Distinction courtier- commissionnaire et agent commercial.
15. Les obligations de l’intermédiaire ;
16. Les fonctions et les auxiliaires de justice peuvent-ils être commerçants ?
17. Les obligations de l’entreprenant.
18. Une femme peut-elle être commerçante ?
19. La classification des commerçants
20. Les limites à la commercialité.

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DROIT COMMERCIAL

21. L’utilité et la protection du bail commercial (BTS 2001)


22. Les professions non commerciales
23. Les obligations du commerçant
24. Les conditions de validité du contrat de mandat.
25. L’extinction du contrat de mandat.
26. Les obligations de l’intermédiaire et du représenté.
27. Les privilèges accordés aux commerçants.
28. Les causes de cessation du mandat d’intermédiaire.
29. Définir : OHADA – fonds de commerce – clause compromissoire –
commerçant – agent commercial (BTS 2003)
1- Qualifier les actes suivants en justifiant votre réponse : (BTS 2003)
a) Un fonctionnaire qui achète une voiture et règle le prix par l’émission de deux
lettres de change ;
b) Un fabricant de produits laitiers qui achète une voiture de livraison ;
c) Un artisan qui émet un chèque en règlement du prix de la matière première
achetée ;
d) Un mécanicien qui propose des véhicules de seconde main à ses clients ;
e) M. ELIE, ami d’un commerçant achète à l’occasion de son voyage des
marchandises pour lui revendre.
30. Quelles sont les obligations fiscales et comptables du commerçant ?
31. Dans quelle mesure l’intermédiaire peut-il engager sa responsabilité ?
32. Le délai de prescription en matière commerciale.
33. Quelles sont les conditions d’accès à la profession commerciale tenant à la
personne ?
34. Qu’entend-on par : incompatibilités ? interdictions ? déchéances ?
35. Quelles sont les personnes qui doivent se faire immatriculer au registre du
commerce et du crédit immobilier ?
36. Les personnes suivantes peuvent-elles librement exercer le commerce au
Cameroun ? a) un avocat ? b) le conjoint du commerçant ? c) un mineur ?
d) un fonctionnaire ? e) un étranger ?
37. Quels sont les effets de l’immatriculation des personnes physiques au RCCM ?
38. Quelles sont les sanctions de la violation des règles d’incompatibilités ?
39. Pourquoi le commerçant est-il tenu de publier son contrat de mariage ?
40. Les obligations du commissionnaire, du courtier et de l’agent commercial.
41. Énumérez les différents livres comptables tenus par les commerçants.
42. La rupture du contrat d’agence commerciale.
43. Un commerçant ivoirien condamné pour banqueroute dans son pays peut-il
librement exploiter un commerce au Cameroun ?
44. Quelles sont les conditions d’accès à la profession commerciale tenant à
l’activité commerciale ?
45. Le bail commercial : régime juridique et effets. (BTS 2004)
46. Quelles sont les obligations de l’acheteur dans un contrat de vente ? (BTS
2005)

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DROIT COMMERCIAL

47. Quels droits disposent les créanciers d’un vendeur du fonds de commerce ?
(BTS 2005)
48. La clause compromissoire et le compromis d’arbitrage. (BTS 2010)
49. un commerçant est propriétaire des murs du commerce qu’il exploite.
L’immeuble fait-il partie du fonds de commerce ?
50. La clientèle suffit-elle à garantir l’existence d’un fonds de commerce ?
51. Quels sont les éléments qui composent le fonds de commerce ?
52. Pourquoi dit-on que le fonds de commerce est un meuble incorporel ?
53. Une entreprise commerciale doit-elle refuser de vendre à un consommateur ?
54. Les pratiques interdites.
55. Les sanctions en matière de pratiques anticoncurrentielles.
56. Quels sont les organes compétents en matière de pratiques déloyales ?
57. Quels sont les éléments obligatoires du fonds de commerce ?
58. La nature juridique du fonds de commerce.
59. Quels sont les éléments facultatifs du fonds de commerce ?
60. Quelles sont les conditions pour concéder ou mettre le fonds de commerce en
location-gérance ?
61. L’entreprenant peut-il être partie à un contrat de location-gérance ?
62. Quelles sont les obligations du bailleur ?
63. Quelles sont les obligations du preneur ou locataire?
64. Le droit au renouvellement du bail à usage professionnel.
65. La résiliation du bail commercial.
66. Quelles sont les différentes opérations qui peuvent porter sur le fonds de
commerce ?
67. Comment et contre quoi les personnes suivantes sont-elles protégées par la
réglementation de la vente du fonds de commerce : (BTS 2005)
a- L’acquéreur du fonds de commerce ?
b- Le créancier vendeur du fonds de commerce ?
68. Dites dans chacun des cas suivants si l’entreprise est commerciale ou civile :
(BTS 2005)
a- Un fermier qui vend des animaux nés dans sa ferme et nourris grâce aux
produits de sa ferme
b- Un éleveur qui achète de jeunes animaux, les nourris avec des produits achetés
en majeure partie à l’extérieur et les revend.

69. Le droit commercial est-il un subjectif ou un droit objectif (justifiez votre


réponse)
70. Une femme mariée à un commerçant est-elle automatiquement commerçante ?
71. Le notaire et l’activité commerciale
72. Comment sont fixés la durée et le montant d’un bail commercial ?
73. Qualifiez juridiquement le courtier, le commissionnaire et l’agent commercial
74. Quelles sont les conditions de renouvellement du contrat de bail commercial ?
75. Pour quels motifs un bailleur peut-il refuser de renouveler le bail commercial ?
76. Comment sont fixés le prix et la durée d’un bail commercial ?

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DROIT COMMERCIAL

77. La résiliation du bail commercial


78. La formation de la vente commerciale
79. Quelles sont les obligations du vendeur ?
80. Quelles sont les obligations de l’acheteur ?
81. La résolution de la vente commerciale
82. Quelles sont les obligations du locataire-gérant ?
83. La mise en demeure
84. Le courtier : statut et obligations
85. Quels sont les droits des créanciers nantis d’un fonds de commerce ?

DEUXIEME PARTIE : CAS PRATIQUES

Cas pratique 1

L’assemblée des associés a révoqué le gérant, mais cette révocation n’a pas été publiée
au RCCM. Après sa révocation, le gérant contracte au nom de la société. Celle-ci peut-elle
opposée au tiers la révocation du gérant et se déclarer non engagée ?

Cas pratique 2

Vincent BODI est avocat au barreau du Cameroun depuis plusieurs années. Pour
satisfaire aux besoins de sa famille dans un contexte de crise, il a ouvert un café restaurant en
face de votre institut. Il assure lui-même la gérance de ce café.

a- Au regard de ses activités e fonctions, peut-il être reconnu comme commerçant


?
b- Quelles sanctions encourt-il ?
Cas pratique 3 (BTS 1999)

Les époux KAYO ont signé avec les époux LIBOK un contrat de vente de fonds de
commerce au prix de 26 000 000 F avec un versement de 6 000 000 F à la livraison du fonds.
Les KAYO ayant refusé de régulariser la vente aux motifs qu’il manque certaines
mentions prévues par l’article 118 AUDCG, les époux LIBOK les assignent pour le paiement
du solde prévu.
Les parties viennent vous consulter sur les points suivants :
1- Quelles sont les énonciations obligatoires d’un contrat de vente de fonds de
commerce et la sanction de leur absence ou insuffisance ?
2- Que devaient faire les époux LIBOK pour assurer le paiement de leur créance ?
Cas pratique 4

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DROIT COMMERCIAL

ZEPANG est agent percepteur à la commune d’Arrondissement de Douala ve. Tous


les mardis, il effectue des versements de fonds collectés à la « SCALA BANK ». ZEPANG a-
t-il la qualité de commerçant ?

Cas pratique 5-

Deux commerçants ont acheté ensemble à un fournisseur des produits pour les
revendre. Celui-ci peut-il réclamer à l’un d’eux le paiement de la totalité du montant de la
facture ? Pourquoi ?

Cas pratique 6

Des commerçants dans un contrat de vente conclu entre eux stipulent qu’en cas de
litige, un arbitre sera désigné. Comment nomme-t-ont cette clause ? Est-elle valable et quel
effet produit-elle ?

Cas pratique 7

Un commerçant achète du matériel informatique pour aménager l’entreprise


commerciale qu’il exploite. Quelle est la nature juridique de cet acte ?

Cas pratique 8- (BTS 2001)

Un habitat de Bouraka mène plusieurs activités sur ses terres. Il élève des porcs qu’il a
acheté tout jeune, il possède une palmeraie de 10 hectares dont l’exploitation nécessite deux
tracteurs, une moto pompe et 20 ouvriers.
1- Précisez la nature civile ou commerciale des activités de cet habitant.
2- Quels sont les avantages qui résultent de l’immatriculation de cet habitant au
RCCM ?
Cas pratique 9

Monsieur ONANA est directeur de télécommunications au Cameroun et il vient de


mettre sur pieds le « city phone » vulgarisant ainsi l’utilisation du téléphone. Les prix ont été
revus à la baisse. Qualifiez en justifiant votre réponse, l’acte posé par le Directeur des
télécommunications.

Cas pratique 10

YAMEN enseignant dans un établissement de la place, a acheté dans l’entreprise «


BODI et fils » dont le siège est à Bertoua une chaine musicale qui a explosé à l’allumage.
a- Quelle est la nature de l’acte passé avec les deux parties ?
c- Devant quelle juridiction YAMEN devra-t-il poursuivre cette entreprise ?
Cas pratique 11 (BTS 2002)

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DROIT COMMERCIAL

Quiferou, quincaillier à douala, exploite son fonds de commerce dans un immeuble


appartenant à FOKOU. Ils ont conclu un contrat de bail commercial à durée indéterminée
depuis 4 ans.
Quiferou ne paie pas régulièrement ses loyers, en outre, c’est une personne belliqueuse
et a procédé à une sous location sans autorisation. Ce dernier, par lettre recommandée avec
demande d’avis de réception, en date du 01/06/2002, informe Quiferou qu’il rompt le contrat
à compter du 01/01/2003.
1- Comment appelle-t-on le délai accordé par FOKOU
2- Qualifiez et expliquez le refus du renouvellement du bail.
3- Donnez les conséquences.
Cas pratique 12

BELLO commerçant à Douala a vendu à crédit une tronçonneuse à BABA


commerçant à Yaoundé pour un montant de 7 000 000 Fcfa. Quelle juridiction saisira BELLO
s’il n’est pas payé à l’échéance ?

Cas pratique 13

Dupond MAKA, propriétaire d’un fonds de commerce de vente d’appareils ménagers


le gère depuis huit mois. Il vient d’être admis au concours de la police et entend mettre ledit
fonds en location-gérance. Son projet peut-il aboutir.

Cas pratique 14 (BTS 2003)

M. BARGA achète à crédit le 20 avril 2002 à M. ESSOMBA un fonds de commerce


exploité dans un local loué depuis un an. Après l’opération de vente, M. ESSOMBA se
réinstalle à proximité sous un nom commercial très semblable à celui du fonds vendu.

1- M. BARGA qui éprouve des difficultés d’écoulement de ses produits veut savoir
s’il peut poursuivre M. ESSOMBA. Sur quel fondement ?

2- M. BARGA peut-il réclamer le renouvellement du contrat de bail qui expire


le 20 septembre 2003 ?

Cas pratique 15

M. NANA, propriétaire d’un fonds de commerce de vente de matériaux de


construction a sollicité et obtenu de la « PRESCO BANK » un crédit après avoir mis ledit
fonds en garantie.
a- Quelle est la nature de cette garantie ?
d- Quels sont les droits du banquier en cas de non remboursement de cette dette ?
Cas pratique 16

ONDOUA est propriétaire d’un fonds de commerce de quincaillerie depuis sept ans.
Il l’a vendu au sieur TAGNI qui lui a directement versé la somme de 5 000 000 Fcfa.
Informés, les créanciers de TAGNI veulent savoir si, au regard de la loi, ce paiement est
valable.

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DROIT COMMERCIAL

Cas pratique 17

TALLA est propriétaire d’un fonds de commerce de vente de produits électroménager


qu’il gère depuis neuf mois. Il vient d’être désigné chef de son village et doit laisser son
activité pour se consacrer à sa chefferie. Il vous consulte sur le point de savoir s’il peut mettre
son fonds de commerce en location gérance.

Cas pratique 18

MASSAK, âgé de 15 ans vient d’hériter du fonds de commerce de son défunt père. Il
vous demande s’il peut le mettre en location gérance.

Cas pratique 19

Un contrat de location gérance a été conclu sans formalité de publicité entre OKALA
propriétaire du fonds et MASSOH bailleur. Quelques mois, pour l’agrandissement de fonds,
MASSOH a sollicité et obtenu un crédit auprès de la « TABA BANK ». A l’échéance il n’a
pas payé et c’est alors que la banque a décidé de saisir OKALA en paiement. Ce dernier ne
comprend pas pourquoi il est poursuivi alors qu’il n’a contracté aucune dette. Quel est votre
avis ?

Cas pratique 20

Bidias exploite une poissonnerie dans un immeuble appartenant à Ndzoua avec qui il a
conclu un bail commercial à durée indéterminée. Depuis un an, BIDIAS ne paie plus
régulièrement ses loyers et à remplacer la poissonnerie par une porcherie. Par lettre
recommandée avec accusé de réception en date du 15 janvier 2006, NDZOUA informe
BIDIAS qu’il rompt le contrat le 15 juillet 2006.
a- Comment appelle-t-on le délai accordé par NDZOUA à BIDIAS ?
e- Le refus du renouvellement du bail est-il régulier ?
Cas pratique 21
Chantal BIYIDI, commerçante à Yaoundé s’est approvisionnée à crédit depuis cinq
mois chez son fournisseur habituel TAKAM, commerçant au marché central de Douala pour
un montant de 12 000 000 Fcfa.
a- Quelles sont les obligations du vendeur dans ce contrat de vente commerciale ?
b- Devant quelle juridiction TAKAM devra-t-il poursuivre chantal BIYIDI qui
n’a pas payé sa dette depuis lors ?
f- TAKAM peut-il utiliser ses livres de commerce comme moyens de preuve ?
Cas pratique 22

Monsieur ONANA, propriétaire d’un fonds de commerce situé à Bandjoun décide de


le mettre en location à Monsieur KAMGA et envisage d’exploiter un commerce concurrent
dans le voisinage.
a- Quelle est la nature de l’acte que monsieur ONANA a décidé de faire ?
b- Quelles sont les conditions qu’il devrait remplir pour mettre son fonds de
commerce en location ?
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DROIT COMMERCIAL

c- Peut-il exploiter après avoir donné son fonds mis en location un concurrent à
proximité ?
d- Quelles sont les obligations de monsieur KAMGA à l’égard de monsieur
ONANA
Cas pratique 23 – (BTS 2009)

M. ZAMBO vend son fonds de commerce de quincaillerie sis à Biyem-Assi, Yaoundé


à M. KANA par devant Me MBENG, notaire à Yaoundé pour un montant de 70 millions Fcfa
la moitié du prix de la vente est payée comptant devant le notaire et le solde sera payable en
trois traites dans huit mois.
1- Quels sont les éléments constitutifs du fonds commercial ?
Le banquier de M. ZAMBO qui avait fait inscrite un nantissement sur ce fonds de
commerce réclame le paiement du reliquat de sa créance qui s’élève à 13 millions Fcfa
2- Quelles sont les dispositions à prendre par la banque ?
4- Quels sont les droits M. ZAMBO qui vend partiellement à crédit son fonds de
commerce ?
Cas pratique 24

ABENA qui exploite une boulangerie à Douala a récemment effectué les opérations
suivantes :
- achat de 50 kg de farine pour la fabrication du pain.
- achat d’une voiture pour ses déplacements du week end.
- achat d’une machine à écrire pour établir ses factures.
Questions :
Qualifiez juridiquement chacune de ces opérations et justifiez votre réponse.
Cas pratique 25

Après son licenciement, consécutif à la fermeture de l’usine de fabrication des


ustensiles de cuisine qui l’employait à Bonaberi, M. MOUANGUE dans l’impossibilité de
trouver un nouvel emploi décide d’ouvrir un magasin dont l’activité est la vente d’appareils
photographiques, la vente des pellicules et accessoires, la prise de vues et certains tirages. Son
épouse dame NDEDI, employée au Port Autonome l’aide chaque soir, les jours de repos
hebdomadaire et les jours fériés chômés, en servant les clients, en tenant les caisses et les
livres comptables. Il avait été condamné à une peine de prison de 30 jours avec sursis à l’issue
d’une rixe avec l’un de son camarade de service.
Questions :
1. Dame NDEDI est-elle commerçante ? quels sont les statuts qu’elle peut avoir ?
2. M. MOUANGUE a-t-il besoin d’un diplôme ou d’une autorisation pour
exercer son commerce ?
3. Sa condamnation peut-elle gêner son activité commerciale ?
4. Quelles sont les obligations professionnelles du commerçant ?

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DROIT COMMERCIAL

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