Philosophie
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Philosophie
La philosophie, du grec ancien φιλοσοφία / philosophía (composé de φιλέω / philéô, « aimer », et de σοφία / sophía,
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« sagesse, savoir ») , signifiant littéralement « amour du savoir » et communément « amour de la sagesse », est une démarche
qui vise à la compréhension du monde et de la vie par une réflexion rationnelle et critique. C'est une recherche de la vérité qui
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est guidée par un questionnement sur le monde, la connaissance et l'existence humaine .
La philosophie existe depuis l'Antiquité en Occident et en Orient, à travers la figure du philosophe, non seulement en tant
qu'activité rationnelle mais aussi comme mode de vie. L'histoire de la philosophie permet d'appréhender son évolution. Ancrée
dès ses origines dans le débat d'idées partagées lors du dialogue entre un maître et ses disciples dans les différentes écoles
philosophiques, la philosophie peut se concevoir comme une activité de création, de méditation, de définition et d'analyse de
concepts tels que le bien, le mal, la beauté, la justice. Elle peut aussi être envisagée comme une quête de vérité, de liberté, de
sens, de conscience ou simplement de bonheur. Du point de vue de la théologie chrétienne à qui elle est associée dans sa
démarche, son objectif devrait être tourné vers la contemplation de la vérité et la recherche de la finalité dernière et du sens de
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la vie .
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Chez Aristote, la sagesse est la science des premiers principes et des premières causes . C'est une définition sur laquelle
s’appuieront les aristotéliciens à l'époque médiévale pour fonder la philosophie première.
Au sens moderne et pour une partie des philosophes contemporains, la philosophie n’est pas un savoir, ni un ensemble de
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connaissances, mais une démarche de réflexion sur les savoirs à disposition . En ce sens, une partie de la philosophie
contemporaine se rapproche beaucoup de l'approche de l'épistémologie. [pas clair]
Le champ d'étude de la philosophie peut embrasser un ensemble de disciplines telles que les sciences humaines et sociales, les
sciences formelles et les sciences naturelles, auxquelles elle est historiquement liée.
La philosophie a engendré des domaines d'études fondamentaux tels la logique, l'éthique (philosophie morale), la
métaphysique, et l'épistémologie (philosophie des sciences et théorie de la connaissance). Au cours du temps, ces branches de la
philosophie ont vu naître des ramifications comme celles de la philosophie politique, la philosophie du droit, l'esthétique
(philosophie de l'art), l’ontologie, la philosophie de l'esprit, l’anthropologie philosophique, ou la philosophie du langage, entre
autres.
Étymologie
Étymologiquement, le mot français philosophie dérive du grec ancien φιλοσοφία / philosophía (composé de φιλέω / philéô,
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« aimer », et de σοφία / sophía, « sagesse, savoir »), c'est-à-dire littéralement : l’amour de la sagesse ou l’amour du savoir .
Selon le philosophe Roger-Pol Droit, « cette étymologie peut dire des choses différentes. En grec, sophia signifie aussi bien la
connaissance que la sagesse. Et philô signifie aimer mais aussi désirer. Vous pouvez donc traduire philosophie par « désir de
connaissance ». Mais aussi par « amour de la sagesse ». Dans le premier cas, vous tirez la philosophie du côté de la science. Dans
le second cas, du côté de l’existence et du bonheur. Présente dans la racine grecque elle-même, cette dualité a accompagné toute
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l’histoire de la philosophie » . Un philosophe est une personne qui
pratique la philosophie.
Le mot φιλοσοφία / philosophía fait effectivement partie du lexique du grec ancien, où l'on trouve des usages attestés dès
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l'Antiquité. Il s’agit donc d’une sémantique de construction, comme pour le terme utopie , néologisme couramment forgé dans
la langue française.
Le nom φιλόσοφος / philósophos, « philosophe », et le verbe φιλοσοφῶ / philosophȭ, « cultiver la philosophie », apparaissent
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en quelques occurrences chez les penseurs présocratiques Héraclite, Antiphon, Gorgias et Pythagore, mais aussi chez d'autres
penseurs comme Thucydide ou Hérodote, contemporains de Socrate. En la matière, un écho d’Héraclide du Pont révélerait que
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le premier penseur grec à s’être qualifié lui-même de « philosophe » aurait été Pythagore . Toutefois, c'est la pratique dans les
dialogues de Platon qu'en a fait Socrate, qui a ordonné le type de questionnement et de recherche sur la raison qui a constitué
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jusqu'à aujourd'hui la philosophie .
La philosophie est définie à plusieurs reprises par Platon comme étant en opposition avec le désir humain : « philo-nikos
(amour de la victoire), et philo-sómatos (amour du corps) philo-hèdonos (amour du plaisir sensationnel) ». Pour lui, elle
s'exerce plutôt dans la partie sur-humaine des êtres humains, c'est-à-dire dans une pratique intellectuelle pure, et elle est
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synonyme de φιλομάθεια / philomátheia, « désir d'apprendre » . Par ailleurs, elle est une tendance vers une sagesse et un
savoir intangible, et en ce sens elle relève d'un désir permanent : ainsi, Socrate, lors de son procès rapporté dans l'Apologie de
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Socrate, affirme ne pas être sage, et également ami de la sagesse . Il aurait considéré plus tard sa condamnation à mort comme
une chance ultime de séparation de son âme, qui du fait de sa constitution intellectuelle propre lui aurait permis de contempler
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un savoir post-mortem .
« Désir de connaître et amour du savoir, ou philosophie, c'est bien une même chose ? »
— Platon, La République, II, 376b
Maurice Merleau-Ponty dans sa leçon inaugurale au Collège de France, intitulée Éloge à la philosophie, laisse entrevoir une
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conception de la philosophie comme mode de vie .
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Pour Pierre Hadot, dans La philosophie comme manière de vivre : « Le vrai philosophe n'est pas celui qui parle, mais celui
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qui agit [au quotidien] » . « Il y aurait place à nouveau dans notre monde contemporain, pour des philo-sophes (sic), au sens
étymologique du mot c'est-à-dire des chercheurs de sagesse, qui, ne renouvelleraient pas le discours philosophique, mais
chercheraient […] une vie plus consciente, [plus cohérente (dit plus loin)], plus rationnelle, plus ouverte sur les autres et sur
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l'immensité du monde. […] discours et vie [philosophiques au quotidien] sont inséparables » . « la concentration sur l'instant
présent, l'émerveillement devant la présence du monde, le regard d'en haut [concept qui lui est familier, et qu'il décline aussi en
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point de vue de Sirius] porté sur les choses, la prise de conscience du mystère de l'existence » , « s'efforcer à l'objectivité, à
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l'impartialité de l'historien et du savant, et aussi se détacher de son Moi pour s'ouvrir à une perspective universelle » ,
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« d'ouvrir notre cœur à tous les êtres vivants et à la nature entière dans sa magnificence » .
Selon Georges Politzer, la philosophie du matérialisme scientifique, en devenant dialectique, s'identifie à une pratique au
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quotidien . Un des fondements de cette philosophie est la liaison étroite entre la théorie et la pratique. C'est, pour lui, ce qui
sépare le matérialisme des philosophes totalement idéel (domaine de la pensée), non idéaliste autant que faire se peut, du
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matérialisme marxiste qui est aussi praxique (dans le but de l'action, vie privée ainsi que vies sociale et politique).
La philosophie occidentale
Définition
La philosophie contemporaine occidentale, issue
d’une tradition multiple, se présente sous des formes
variées : tradition herméneutique et postkantienne
en Allemagne, philosophie analytique dans les pays
anglophones et dans une grande partie de l’Europe,
tradition phénoménologique en Europe
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continentale . Certains remettent fortement en
Paul Gauguin, D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? cause la tradition philosophique et ses présupposés
(1897/98).
telle la philosophie féministe, la déconstruction de
Derrida ou de Heidegger. Ces courants forment
autant de pratiques différentes et d'opinions divergentes sur la nature de la philosophie, qui interdisent de donner une
définition unique acceptable par tous. S'il y a aujourd'hui plusieurs traditions philosophiques, aucune ne peut prétendre
résumer l'activité philosophique à elle seule, ni décrire l'activité philosophique de façon consensuelle.
Les difficultés à définir la philosophie sont en outre de nature épistémologique, car il est difficile de délimiter rigoureusement
méthodes, thèmes et objets de la philosophie. Historiquement, elle a pu en effet s'inspirer d'autres disciplines (des
mathématiques, voire des sciences positives). Pourtant, elle n'a jamais réussi à développer une méthode ou un ensemble de
méthodes qui auraient réussi à s'imposer parmi les philosophes (comme la méthode expérimentale s'est imposée en physique et
en chimie par exemple). En outre les amalgames entre la philosophie et d'autres disciplines sont favorisés par une tradition de
philosophes aux intérêts très divers. Ainsi Aristote aura été aussi bien logicien, que philosophe ou naturaliste. Déterminer le
philosophe par sa fonction sociale n'est donc pas aisé. La plupart des activités autrefois appartenant à la discipline sont
devenues aujourd'hui autonomes (psychologie, sciences naturelles, etc.), et la part propre de la philosophie s'est réduite.
Mais il est également délicat de déterminer l'essence de la philosophie occidentale, soit parce que son statut dans la société est
lui-même difficile à cerner, soit qu'elle a été ramenée à d'autres disciplines apparemment proches. Dès l'Antiquité, par exemple,
Socrate était confondu dans Les Nuées d'Aristophane avec les sophistes, que Platon nous présente pourtant comme ses
adversaires dans ses dialogues.
Emmanuel Kant ramenait le domaine de la philosophie à quatre questions : « Que puis-je savoir ? Que dois-je faire ? Que m’est-
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il permis d’espérer ? Qu’est-ce que l’homme ? » .
D’autre part la philosophie n'est pas, par essence, une science reposant sur l'observation empirique à la différence de la
sociologie ou des sciences politiques par exemple. Il ne faut naturellement pas croire que la philosophie peut ignorer les données
empiriques les plus évidentes. Mais traditionnellement la philosophie ne veut pas se limiter à un simple catalogue de faits et
entreprend pour cela un vrai travail de théorisation voire de spéculation. Ainsi, par exemple, même si Aristote a recueilli les
constitutions des cités grecques de l'époque, il a voulu dans La Politique et dans l’Éthique à Nicomaque analyser les structures
de la cité d'un point de vue théorique.
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Enfin, la philosophie, à la différence des mathématiques ou de la logique formelle, ne s’est jamais décidée à travailler
uniquement au moyen de symboles formels, bien que Leibniz ait pu rêver résoudre les problèmes philosophiques au moyen d’un
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calcul logique universel . Et si la philosophie analytique contemporaine est impensable sans la logique mathématique, elle
utilise encore massivement le langage naturel.
La philosophie est souvent caractérisée comme un travail sur les concepts et notions, un
travail de création de concepts permettant de comprendre le réel, de distinguer les objets les uns des autres et de les analyser,
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mais aussi un travail d'analyse des concepts et de leurs ambiguïtés . Elle a très tôt reconnu les problèmes que posent les
ambiguïtés du langage. De nos jours la philosophie analytique donne elle aussi une grande place à ce problème.
En outre, à la différence des sciences, la délimitation des méthodes et du domaine de la philosophie fait partie de la philosophie
elle-même. Chaque penseur se doit d'indiquer quels problèmes il souhaite éclairer, et quelle sera la méthode la plus adaptée
pour résoudre ces problèmes. Il faut en effet bien voir qu'il y a une unité profonde des problèmes philosophiques et de la
méthode philosophique. Il ne faut donc pas voir l'instabilité des méthodes et des thèmes philosophiques comme une faiblesse de
la discipline, mais plutôt comme un trait caractéristique de sa nature. Ainsi, la philosophie est une sorte de retour critique du
savoir sur lui-même, ou plus précisément une critique rationnelle de tous les savoirs (opinions, croyances, art, réflexions
scientifiques, etc.), y compris philosophiques - puisque réfléchir sur le rôle de la philosophie c'est entamer une réflexion
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philosophique .
Enfin, la philosophie est une discipline déductive et rationnelle. Elle n'est pas simple
intuition ou impression subjective, mais demeure inséparable de la volonté de
démontrer par des arguments et déductions ce qu’elle avance : elle est volonté de
rationalité. C'est même la rupture des présocratiques avec la pensée religieuse
(mythologie) de leur époque, et leur rapport aux dieux grecs qui est considérée
traditionnellement comme le point marquant de la naissance de la philosophie. Ce souci
de démontrer et de livrer une argumentation se retrouve au cours de toute l'histoire de la
philosophie. Qu'on songe aux discussions éristiques durant l'Antiquité, à l'intérêt que
Adorno et Horkheimer : deux portent les philosophes à la logique depuis Aristote, mais aussi, au Moyen Âge, au souci
représentants de la critique marxiste de de donner à la philosophie la rigueur démonstrative des mathématiques (comme chez
la rationalité moderne. Descartes ou Spinoza) ou à l'importance qu'accorde la philosophie analytique de nos
jours à la rigueur et à la clarté argumentatives. Malgré cette tendance profonde, la
philosophie contemporaine a vu se développer une critique radicale de la raison, que ce
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soit chez Nietzsche, Heidegger, ou encore Adorno : la rationalité même s'est donc trouvée mise en débat par la philosophie .
Malgré ces difficultés, les branches suivantes se distinguent aujourd'hui car chacune a un objet propre bien délimité qu'elle
soumet à des questionnements spécifiques (et notamment ceux indiqués ici) :
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la métaphysique et ses diverses branches (« Qu'est-ce que la réalité ? », « Y a-t-il des réalités immatérielles ? », « Dieu
existe-t-il ? », « L'âme existe-elle ? Est-elle immortelle ? Incorporelle ? ») ;
l'ontologie, rattachée ou non à la métaphysique selon les interprètes (« Qu'est-ce que l'être ? », « Pourquoi y a-t-il de l'être
plutôt que rien ? ») ;
la philosophie de la religion, partiellement rattachée à la métaphysique puisqu'elle tente de définir le divin et pose la
question de l'existence de Dieu, qu'elle double d'une interrogation sur la nature du sacré en général ;
la philosophie morale ou l'éthique : discipline pratique et normative permettant de définir la meilleure conduite pour chaque
situation: (« Quelle est la fin des actions humaines ? », « Le bien et le mal sont-ils des valeurs universelles permettant de
définir cette fin ? ») ;
la philosophie de l'art ou l'esthétique (« Qu'est-ce que le beau ? », « Qu'est-ce que l'art ? ») ;
la philosophie des valeurs, ou axiologie, qui regroupe l'éthique et l'esthétique ci-dessus ;
la philosophie de l'esprit (« Quelles sont les relations entre corps et esprit ? », « Comment fonctionne la cognition ? ») ;
la phénoménologie, dont la méthode est de partir des expériences humaines pour appréhender la réalité telle qu'elle se
donne, à travers les phénomènes ;
la philosophie de la logique ;
la philosophie politique (« D'où peut provenir la légitimité du pouvoir ? », « Quel est le meilleur régime politique ? », « La
morale peut-elle et doit-elle guider l'action politique ? ») ;
la philosophie du droit (« Quelles sont les relations entre droit et justice ? », « Comment naissent les normes
juridiques ? », « Selon quels critères faut-il les juger ? ») ;
la philosophie de l'action (« La liberté est-elle illusoire ? ») ;
la philosophie du langage (« Quelle est l'origine du langage ? », « En quoi le langage se distingue-t-il d'autres systèmes
de communications ? », « Quelles relations entretiennent langage et pensée ? ») ;
la philosophie de l'histoire (« L'histoire est-elle régie par des lois, une nécessité, ou est-elle le fruit abscons de la
contingence ? ») ;
l'épistémologie qui est littéralement l'étude de la science et la connaissance. Aussi appelé théorie de la connaissance ou
gnoséologie;
la gnoséologie (« D'où provient la connaissance ? ») ;
la théorie de la connaissance (« Qu'est-ce que la vérité ? »).
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Frise chronologique
Philosophie antique
Période grecque
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La philosophie grecque a connu trois grandes périodes :
la période présocratique (fin du viie siècle av. J.-C.), précédant Socrate (certains d'entre ces Présocratiques furent des
contemporains de ce dernier), qui comprend tous les penseurs et leurs conceptions du monde. Ils sont considérés comme
les fondateurs de la tradition philosophique occidentale ;
la période grecque classique (ve siècle av. J.-C.), qui commence avec Socrate à Athènes et se poursuit avec Platon,
Diogène et Aristote. Ce même siècle est également celui de la sophistique représentée par Gorgias et Protagoras, entre
autres ;
après les conquêtes d'Alexandre le Grand, vient ce que l'on a nommé la période hellénistique : Épicure, les stoïciens ou
les sceptiques qui sont les penseurs les plus importants de cette époque.
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La philosophie grecque se caractérise par le fait qu'elle est dominée par l'éthique, par la question « comment bien vivre ? » et
plus particulièrement par celles de la vertu et du bonheur. L'importance de ce thème apparaît évidente à la lecture des dialogues
de Platon, des textes d'Aristote, des Stoïciens ou d'Épicure. La conséquence de cette tendance est que la philosophie était
comprise comme une façon de vivre et non pas uniquement comme un discours théorique (même si ce dernier ne saurait être
ignoré, naturellement) ce qui est particulièrement frappant chez un Socrate, un Diogène ou chez les Stoïciens.
Les deux autres grands domaines de la recherche des penseurs antiques sont d'une part la cosmologie et la physique (ce qu'on a
longtemps nommé philosophie naturelle), d'autre part la théorie de la connaissance parfois liée à la logique. Ainsi, la question
fondamentale qui occupait les philosophes présocratiques était la question du principe de toute chose. Au travers d'un mélange
d'observations empiriques et de spéculations, ils tentèrent de comprendre la nature et ses phénomènes. Ainsi, le premier
philosophe connu, Thalès, tenait l'eau pour le principe de toute chose. Platon dans le Timée (livre dont l'influence fut
primordiale au cours de l'histoire de la philosophie) cherche lui aussi à expliquer la naissance du monde, et imagine un
démiurge qui aurait créé notre univers en reproduisant le modèle éternel que sont les idées. Enfin, la Physique d'Aristote, tout
comme la lettre à Hérodote d'Épicure ou la physique stoïcienne montrent le vif intérêt des anciens pour la connaissance de la
nature (en grec φύσις / phúsis).
La théorie de la connaissance et la logique étaient elles aussi essentielles pour les philosophes de l'Antiquité. Les Sophistes
défendent souvent une thèse qu'on peut qualifier de relativiste car elle revient à nier l'existence d'une connaissance objective et
universellement valable. « Rien n'est vrai (en soi). Pour chacun la chose apparaît, telle qu'elle apparaît, selon les circonstances et
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l'environnement » . Tel est le sens de la célèbre formule : la personne humaine est la mesure de toute chose. Platon, à la suite
de Socrate qui affirmait l'existence d'une science objective des valeurs et des normes morales, développe une théorie de la
connaissance explicitée dans la République et le Théétète. Platon fait en effet la distinction entre la simple opinion (ou doxa,
empirique et sans fondement) et le véritable savoir philosophique, qui ne peut être acquis que par un long parcours
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d'apprentissage des mathématiques, de la dialectique et de ce qu'on appelle la théorie des Idées . Épicure, quant à lui,
développe toute une théorie empiriste de la connaissance afin de déterminer les critères que doit remplir une connaissance pour
être vraie. Enfin, aussi bien Aristote que les Stoïciens ont fondé une logique formelle, sous la forme, respectivement, de la
syllogistique et d'une logique des propositions.
Les Stoïciens sont représentés par deux grands hommes de pouvoir : Sénèque (ier siècle) et Marc Aurèle (iie siècle). Le premier
de ces deux personnages est célèbre d'une part de sa proximité (qui lui sera fatale) avec l'empereur Néron, d'autre part parce
qu'il est considéré comme le représentant plus complet du stoïcisme (bien que s'en émancipant), notamment par l'entremise de
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ses œuvres, à savoir deux de ses Dialogues (De Brevitate vitæ, De la brièveté de la vie ;
De Vita beata, Sur la vie heureuse). Le second Stoïcien est Marc Aurèle, empereur
romain. Influencé par Épictète, il développe dans son fameux Pensées à moi-même les
plus hautes valeurs qui doivent relever de l'être humain : sagesse, justice, courage et
tempérance.
Philosophie médiévale
La philosophie médiévale d'Occident et du Proche-Orient sont issues du même courant. Ce sont les penseurs musulmans et
chrétiens, puis entre musulmans eux-mêmes, qui en cherchant des arguments convaincants vont faire appel à la philosophie
antique. Du Moyen-Orient, principalement musulman, vont naître plusieurs écoles de pensée et de méthode qui seront reprises
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plus tard en Occident, alors que les sociétés musulmanes finiront par étouffer les idées originales nées durant cette période .
La philosophie médiévale en Occident est caractérisée par la rencontre du Christianisme et de la philosophie. La philosophie
médiévale est une philosophie chrétienne, à la fois dans son intention et par ses représentants qui sont presque tous des clercs.
Un thème fondamental constant est à partir de là aussi le rapport entre la foi et la raison. Mais ceci ne signifie pas que la pensée
se manifeste désormais selon une unité dogmatique. Le conflit des directions philosophiques entre elles d'une part et les
condamnations de thèses par les autorités ecclésiastiques d'autre part, montrent bien que la pensée se déploie sur des voies très
autonomes et divergentes.
Malgré sa grande diversité et sa longue période de développement, elle se manifeste cependant une certaine unité dans la
présentation des questions philosophiques : discussion des auteurs du passé, confrontation avec les Saintes Écritures et les
textes des Pères de l'Église, afin d'examiner toutes les facettes d'un même problème, dont à la fin l'auteur proposait la
résolution.
La première période coïncide avec l'Antiquité : la Patristique (du iie au viie siècle environ) est caractérisée par les efforts des
Pères de l'Église (patres) pour édifier la doctrine chrétienne à l'aide de la philosophie antique, et de l'assurer ainsi à la fois
contre le paganisme et contre la gnose. Le représentant de la philosophie chrétienne le plus important et ayant eu le plus
d'influence dans l'Antiquité est saint Augustin. Son œuvre, influencée par le néoplatonisme, est une des principales sources de la
pensée médiévale.
Après la fin de l'Antiquité, les textes transmis sont, durant des siècles, conservés et recopiés dans les monastères. Pourtant,
paradoxalement, la pensée philosophique perd son autonomie et sa force propre. La date symbolique de 529 apr. J.-C. voit la
fermeture de l'École néoplatonicienne d'Athènes ordonnée par Justinien. Les maîtres de l'Académie (Damascios, Simplicios de
Cilicie, Priscien de Lydie, Eulamios de Phrygie, Hermias de Phénicie, Diogène de Phénicie, Isidore de Gaza) décident d'aller
chercher asile à la cour du roi des Perses à Ctésiphon puis à Harran où se maintient une secte philosophico-religieuse se
réclamant du néo-platonisme et de l'hermétisme. La conversion des philosophes de l'École néoplatonicienne d'Alexandrie au
christianisme marque la disparition de cette école en 541 apr. J.-C.
La période qui s'ouvre à partir du ixe siècle est appelée généralement la scolastique. L'appellation de Scolastiques (scola
équivaut à école) désignent ceux qui s'occupent scolairement des sciences, et particulièrement les professeurs qui travaillent
dans les écoles des diocèses ou de la cour fondée par Charlemagne, et plus tard, dans les Universités. Mais avec le terme de
scolastique, c'est avant tout une méthode qui est évoquée. Les questions sont examinées et résolues rationnellement suivant le
pour et le contre. Ce qui caractérise la scolastique, c'est un retour aux textes anciens, leur analyse critique et leur message.
Les Universités, fondées à partir du xiie siècle, deviennent le centre de la vie intellectuelle. Le développement du savoir dans les
quatre facultés fondamentales suivantes : philosophie (Septem artes liberales), théologie, droit, et médecine. Les
« disputationes » qui ont lieu dans les Universités suivaient le strict schéma de la méthode scolastique. À la fin, sa sclérose
formelle, fut le point de départ de la critique qui se réalisa à la Renaissance contre cette forme de philosophie. Les sources
antiques auxquelles s'abreuve la scolastique sont avant tout : saint Augustin ; la tradition néoplatonicienne (avec ici les écrits
d'un auteur inconnu qui se nomme Denys l'Aréopagite) ; Boèce qui transmet la logique aristotélicienne ; plus tard, l'ensemble
des textes d'Aristote.
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On distingue les périodes suivantes :
au cours de la première scolastique (xie au xiie siècle) débute l'élaboration de la méthode proprement scolastique. À ce
moment se propage la querelle des Universaux qui est aussi le thème du siècle suivant. La question est de savoir si, à
toutes les déterminations universelles (genres et espèces, par exemple l'espèce humaine) correspond une réalité
indépendante de la pensée, ou si elles n'existent que dans la pensée en soi. L'influence du monde arabe est très
importante pour le développement futur de la philosophie. Dans les années 800-1200, la culture islamique a permis la
transmission de la philosophie et de la science grecques. C'est de cette manière qu'une plus grande partie d'écrits que
celle dont disposait le Moyen Âge chrétien devint accessible. Ce fut le cas des œuvres complètes d'Aristote ;
la nouvelle réception d'Aristote imprègne l'image de la haute scolastique (environ xiie au xiiie siècle). Aucun penseur ne
parvient à une connaissance complète des principes d'Aristote. C'est sur ce point que s'opposent la pensée franciscaine,
orientée vers l'Augustinisme, et la pensée aristotélicienne des dominicains. Thomas d'Aquin a repris la vaste entreprise
systématique visant à l'union de l'aristotélisme et de la pensée chrétienne. Le caractère antinomique de certains
enseignements d'Aristote avec le dogme chrétien conduisit, de la part de l'Église, à une interdiction temporaire de certains
écrits et à la condamnation d'une série de thèses philosophiques. Avec Maître Eckhart, la tradition de la mystique
médiévale parvint à son apogée ; il s'agit de la voie vers la contemplation intérieure et de l'union avec le divin ;
les représentants plus lointains sont Henri Suses, Jean Tauler et Jean Gerson dans la scolastique tardive (xive siècle), qui
s'impose avec Guillaume d'Occam et la critique des systèmes métaphysiques des anciennes écoles (via antiqua). La
nouvelle voie (via moderna, appelée aussi le nominalisme) va de pair avec un épanouissement des sciences naturelles
(Nicolas d'Oresme, Jean Buridan) (Atlas de la philosophie, Livre de poche).
Philosophie islamique
Les sources de la philosophie islamique proviennent à la fois de l'islam en lui-même (Coran et Sunna) ainsi que de la
philosophie grecque, iranienne préislamique et indienne.
C'est en cherchant à affiner la doctrine de l'islam et à interpréter correctement les hadiths, tout en extrapolant sur les questions
religieuses qui n'avaient pas été explicitement tranchées dans le Coran, que naît la méthode de l'ijtihad. Avec elle s'ouvrent les
premiers débats philosophiques et théologiques en islam, notamment entre les partisans du libre arbitre ou Qadar (de l'arabe :
qadara, qui a le pouvoir), et les djabarites (de djabar : force, contrainte), partisans du fatalisme.
La théologie en islam doit répondre à des interrogations concernant la théodicée, l'eschatologie, l'anthropologie, la théologie
négative et la religion comparée. Plusieurs courants philosophiques existent en terre d'islam :
Le calife Al-Mamun fait du motazilisme la doctrine officielle en 827 et crée la Maison de la sagesse en 832. Très rapidement, la
philosophie grecque est introduite dans les milieux intellectuels persans et arabes. L'École péripatétique commence à avoir des
représentants parmi eux : ce fut le cas d'Al-Kindi, d'Al-Farabi, d'Ibn Sina (Avicenne), et d'Ibn Rushd (Averroès).
Ceux qui cherchaient par une démonstration philosophique à conforter et démontrer le bien-fondé de leur foi religieuse ont été
recrutés par Hunayn ibn Ishaq, un arabe chrétien qui dirige la maison de la sagesse dans les années 870. Ils ont collecté, traduit
et synthétisé tout ce que le génie des autres cultures grecque, indienne, perse ont pu produire avant d'entreprendre les
commentaires sur ces œuvres. C'est ce travail qui forme les bases de la philosophie musulmane du ixe et xe siècle. Ceux qui
utiliseront cette méthode dite Ilm-al-Kalâm basée sur la dialectique grecque seront appelés mutakalamin. En réponse au
motazilisme, Abu al-Hasan al-Ash'ari, initialement un motaziliste lui-même, développe le Kalâm et fonde l'école de pensée
acharite qui s'appuie sur cette méthode. Ainsi le kalâm et la falsafa influenceront plusieurs madhhabs.
Sous le califat des Abbassides, un certain nombre de penseurs et de scientifiques, et parmi eux de nombreux musulmans non-
sunnites ou des non-musulmans (en particulier des lettrés chrétiens syriaques, ceux-ci les ayant auparavant traduits du grec en
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syriaque, puis en arabe ), jouent un rôle dans la transmission à l'Occident des savoirs grec, indien, et d'autres sagesses
préislamiques, mésopotamiennes et perses. Trois penseurs spéculatifs, les deux Persans al-Farabi et Avicenne, et l'Arabe al-
Kindi, combinent l'aristotélisme et le néoplatonisme avec d'autres courants dans l'Islam. Ils furent considérés par beaucoup
comme déviants par rapport à l'orthodoxie religieuse, et certains les jugèrent même comme des philosophes non-musulmans.
Les ismaéliens ne sont pas à l'écart de l'influence de la philosophie néoplatonicienne et plusieurs penseurs collaborent pour
produire à Basra une encyclopédie : la Ikhwan al-Safa.
Le xiie siècle voit l'apothéose de la philosophie pure et le déclin du Kalâm. Cette suprême exaltation de la philosophie doit être
attribuée, pour une large part au Persan Al-Ghazali et au Juif Juda Halevi. En émettant des critiques, ils ont produit par réaction
un courant favorable à la philosophie par une mise en cause des concepts et en rendant leurs théories plus logiques et plus
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claires. Ibn Bajjah et Averroès ont produit les plus belles œuvres de la pensée islamique. Averroès clôt le débat par son œuvre
d'une grande hardiesse. La fureur des orthodoxes est en effet telle que le débat n'est plus possible. Les orthodoxes s'en prennent
sans distinction à tous les philosophes et font brûler les livres. Le débat se poursuivra, mais en Occident, par l'intermédiaire des
Juifs.
D'aucuns considèrent Ibn Khaldoun comme le dernier grand penseur de ce temps philosophique islamique ; il vécut au
xive siècle. Il fut avec son grand-œuvre Al-Muqqadima (en particulier son introduction) en avance sur son époque et l'inventeur
de la sociologie [C'est-à-dire ?] [réf. nécessaire].
Philosophie chrétienne
Souvent caricaturée et décriée, la philosophie médiévale s'étend sur la vaste période qui
sépare la philosophie antique tardive de la philosophie moderne. Bien loin de se résumer
à l'image négative qu'a aujourd'hui la scolastique, elle présente toute une variété de
46
penseurs d'inspirations sensiblement différentes .
D'une part le Moyen Âge est une des périodes les plus fécondes en ce qui concerne la
logique. Certaines lois logiques ont été connues dès le Moyen Âge (par exemple Pierre
d'Espagne connaissait déjà ce qu'on appellera plus tard la loi de De Morgan) avant d'être
ensuite oubliées. C'est surtout la philosophie de la logique qui connut un développement
important. Les penseurs médiévaux se concentrèrent plus particulièrement sur la
célèbre Querelles des Universaux, dont le point de départ fut une remise en cause de la
47
théorie des Idées platoniciennes. Elle fut animée entre autres par Abélard , Albert le
Grand et Guillaume d'Ockham.
D'autre part le Moyen Âge fut aussi un âge de redécouverte de la philosophie antique à
48
partir du xie siècle . La traduction en latin du corpus aristotélicien modifiera ensuite
grandement la donne, et contribuera à réaffirmer Aristote comme l'un des philosophes La philosophie trône parmi les sept arts
les plus influents de l'histoire. Mais cette redécouverte ne sera possible que par libéraux — illustration extraite de l'Hortus
l'intermédiaire des Syriaques de la Mésopotamie et de la Syrie, désireux de s'instruire et deliciarum de Herrad von Landsberg
souhaitant qu'ils servent à l'exégèse des textes religieux. Les conquérants arabes se (xiie siècle).
49
virent remettre les ouvrages traduits, ce qui permit le passage des œuvres en Occident .
La tradition de commentaire des textes est aussi très présente : le commentaire des
Sentences de Pierre Lombard sera pour longtemps un exercice canonique de l'époque. Quant aux commentaires d'Aristote par
saint Thomas d'Aquin, au xiiie siècle, ceux-ci feront longtemps autorité et constitueront un modèle du genre.
Enfin, la philosophie médiévale est très liée à l'Église, et les réflexions philosophiques ont souvent un fond religieux et
théologique plus ou moins prégnant. Les philosophes du Moyen Âge, qui avaient tous reçu une formation en théologie, se
basaient sur les textes bibliques et tentaient souvent de concilier les enseignements de la Bible avec les écrits des philosophes
antiques. Cette réconciliation prit la forme d'une subordination de la philosophie à la théologie, ou plutôt d'une
complémentarité, les Vérités révélées des Écritures primant sur la « lumière naturelle » de la Raison, l'une n'allant jamais contre
l'autre. La grande synthèse de la foi et de la raison, c'est-à-dire d'Aristote, de la théologie et de la Révélation fut réalisée au
xiiie siècle, notamment par des penseurs comme Thomas d'Aquin.
Philosophie juive
Deux réactions eurent lieu chez les Juifs face à la philosophie grecque : alors que les Juifs restés en Judée se rebellaient contre
l'hellénisation, d'autres s'installaient en terre grecque, à Alexandrie, et produisaient des penseurs qui, à l'exemple de Philon,
n'hésitaient pas à confronter les deux langages.
Représentant typique du judaïsme hellénisé d'Alexandrie, Philon ne parle probablement pas l'hébreu. Il rêve de concilier
religion et philosophie, révélation et raison : la philosophie est le moyen de défendre et de justifier les vérités révélées du
Judaïsme. Celles-ci sont pour lui fixées et déterminées, et la philosophie permet d'en approcher.
La Bible hébraïque est pour lui un ouvrage de législation religieuse parsemé de leçons d'éthique, Moïse un précurseur de Solon
ou Lycurgue, les commandements bibliques hébraïques inculquent à la personne humaine les fondements du stoïcisme, et
accordent son rythme aux rythmes cosmiques et universels. Le Shabbat vise à abolir toute barrière sociale, la casheroute à
enseigner la modération et la frugalité.
Il fallut l'expansion du monde de l'Islam pour que la philosophie revienne frapper en force aux portes du monde juif. Elle avait
désormais un tout autre visage :
d'un côté, les Mutazilites s'en faisaient un outil afin d'étudier rationnellement les Textes sacrés ;
de l'autre côté, le néoplatonisme avait été adapté puis adopté : l'émanationnisme, la perfection infinie de l'Un, la montée
de l'âme, etc., sont des thèmes très proches des croyances religieuses, permettant de s'essayer à la fois à la spéculation
rationnelle et à la spéculation mystique.
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L'un des penseurs les plus marquants du Judaïsme, Juda Halevi, se leva alors pour combattre la philosophie. Cependant, Juda
Halevi ne cessa de se « mouvoir dans l'univers mental de ses adversaires » pour les contrer, alors que son contemporain,
Abraham ibn Dawd Halevi tentait d'introduire ses contemporains aux idées Aristote.
L'aristotélisme trouva son représentant dans le géant de la philosophie juive, Maïmonide. Il changea littéralement le champ de
vision du Judaïsme. Il fut l'« Aigle de la Synagogue », qui écrivit le Commentaire sur la Mishna et le Mishné Torah, le « Prince
des Médecins » et surtout un des plus grands érudits que connut le Judaïsme. Auteur du Guide des Égarés dont le but est de
résoudre la difficulté qui se présente à l’esprit d’un juif croyant, concurremment nourri de réalités philosophiques, Maïmonide a
réussi à expliquer les anthropomorphismes bibliques, à dégager la signification spirituelle cachée derrière les significations
littérales et à montrer que le spirituel était la sphère du divin.
La liste des philosophes d'inspiration humaniste comprend aussi bien Pétrarque que Léonard de Vinci, Jean Pic de la Mirandole,
Charles de Bovelles, Montaigne, et bien plus tard Thomas Jefferson ou encore Albert Schweitzer ; ceci pour indiquer la longue
portée, jusqu'à nos jours, de ce courant philosophique.
Cette tentative « d'améliorer » la philosophie antique apparaît clairement dans la philosophie politique, une des grandes
caractéristiques de la philosophie moderne étant en effet d'avoir renouvelé celle-ci. Machiavel ou Hobbes ont tous deux voulu
fonder la philosophie politique comme science, en la séparant nettement de l'éthique (alors que cette dernière et la politique
étaient inséparables chez les trois grands penseurs de l’Antiquité qu'étaient Socrate, Platon et Aristote). En outre, aussi bien
Spinoza et Hobbes que Machiavel ont cherché à fonder la philosophie politique sur l'étude de la personne humaine telle qu'elle
est — et non telle qu'elle devrait être comme le faisaient les Anciens.
Mais la philosophie moderne, au sens où nous l'avons délimitée, comprend aussi, dès la fin du xviie siècle, la philosophie des
Lumières et le libéralisme. Le mot « philosophe » y prend le sens nouveau de « membre du parti philosophique » au fur et à
mesure que se dessine une philosophie politique qui privilégie la tolérance. Des points de vue différents émergent cependant.
Certains représentants des Lumières, tels que Voltaire et D'Alembert souhaitaient l'émergence de « despotes éclairés », des
souverains lettrés et rationnels à même de régner selon les idées les plus modernes. Les Lumières anglo-saxonnes, composées
notamment de Mandeville, Locke, Smith ou Jefferson, tenantes du libéralisme, prônent la liberté individuelle, la propriété
privée, la liberté économique, le libre-échange et un pouvoir dirigé par l'élite possédante et cultivée, fût-elle élue par le peuple.
Quant à Rousseau, bien que faisant partie des Lumières à divers égards, il critiquait la propriété privée comme étant la
pourvoyeuse de «l'inégalité parmi les hommes » et souhaitait tendre à la démocratie directe.
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L'autre grande caractéristique de la philosophie moderne est l'importance qu'y joue la
science, même s'il faut remarquer que la philosophie du xviie siècle privilégie plutôt les
mathématiques et la physique (mécaniste), alors que les philosophes du xviiie siècle se
tournent davantage vers la biologie. Les penseurs menaient en effet souvent une carrière
de savant, ou nourrissaient en tout cas un vif intérêt pour la science. Leibniz et
Descartes, notamment, étaient de grands savants, de même qu'un siècle plus tard
Diderot développa des réflexions annonçant le transformisme. Du point de vue de la
méthode, la philosophie s'inspire alors soit des mathématiques (tels Descartes et
Spinoza), soit de la physique (Hobbes) ; ou bien elle tente de fonder une méthode
applicable à tous les domaines du savoir : philosophie, physique, mathématiques, etc.,
par exemple pour Leibniz. La méthode de la philosophie s'inspire donc souvent de celle
des sciences ou des mathématiques.
Kant défend une position originale dans cette discussion. Il affirme en effet à la fois la nécessité de l'expérience mais aussi des
concepts et des formes de la sensibilité a priori pour la constitution de la connaissance. Sa thèse combine donc à la fois
l'empirisme et le rationalisme. Kant, qui nie à la différence des rationalistes la possibilité d'une connaissance ne reposant pas sur
l'expérience, distingue par la suite les choses en soi (connues sans le recours de l'empirie) et les choses pour nous (telles que
nous les connaissons). Les premières sont inconnaissables pour nous : Dieu, la liberté et l'âme.
Philosophie contemporaine
Le xixe siècle
La philosophie du xixe siècle se divise en des directions si différentes qu'elles ne se
laissent pas ramener à un seul et unique concept. Elle comprend la philosophie
romantique, l'Idéalisme allemand, le positivisme, la pensée socialiste et matérialiste de
Marx, Feuerbach ou Proudhon, le pragmatisme ainsi que nombre de penseurs difficiles à
classer tels Schopenhauer, Nietzsche et Kierkegaard ou encore plus tard Chestov.
L'économie et la philosophie politique furent marquées par Marx, Engels ou Proudhon qui voulaient améliorer profondément
les conditions de vie des ouvriers par un bouleversement des structures économiques et politiques de leur époque que les
philosophes avaient pour tâche de conceptualiser.
Il est en revanche difficile de classer toute une série de philosophes tels Schopenhauer, Kierkegaard et Nietzsche. Schopenhauer
mettait en avant la puissance et la domination de la volonté sur la raison en s'inspirant des Upanishads, principes
philosophiques constituant pour partie la pensée indienne des Veda, alors en vogue dans certaines universités européennes. Sa
vision du monde pessimiste, profondément marquée par l'expérience de la souffrance, témoigne d'une influence védique et de
l'idée bouddhiste de nirvāna. Nietzsche qui tout comme Schopenhauer accordait une grande importance aux arts, se désignait
lui-même comme un immoraliste. Pour lui les valeurs de la morale chrétienne traditionnelle étaient l'expression de faiblesse et
d'une pensée décadente. Il analysa les idées de nihilisme, de surhomme, et de l'éternel retour de la répétition sans fin de
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l'histoire. Kierkegaard était en bien des points un précurseur de l'existentialisme. Il défendait une philosophie imprégnée de
religion et représentant un individualisme radical qui dit comment on doit se comporter en tant qu'individu singulier dans les
différentes situations concrètes.
Le xxe siècle
La philosophie du xxe siècle se caractérise elle
aussi par une importante variété de doctrines,
dominées globalement par deux grandes familles
de pensée : la philosophie analytique et la
phénoménologie.
L'autre grande tradition philosophique du xxe siècle est la phénoménologie, fondée par Husserl, dont les successeurs sont
Heidegger, Sartre, Merleau-Ponty, Ingarden, Stein, Patočka, Ricœur ou Levinas. Pour Husserl, la phénoménologie est la science
des phénomènes, c'est-à-dire la science des « vécus » de la conscience, s'opposant en cela au réalisme naïf (ou « attitude
naturelle ») qui prétend faire la science des objets du monde extérieur. Il s'agit d'une science apriorique, ou « eidétique », c'est-
51
à-dire d'une science qui décrit les essences des vécus de la conscience . Elle aura ainsi pour objets, entre autres, la connaissance
(Husserl), l'imagination (Sartre), la perception (Merleau-Ponty), l'existence humaine (Heidegger), la volonté (Ricœur).
Le début du xxe siècle marque également le début de la psychanalyse, fondée par Freud,
qui apporte une conception nouvelle de l'homme, contredisant la représentation
traditionnelle de la conscience humaine : la psychanalyse fournit en effet un modèle
théorique du psychisme humain impliquant la domination de l'inconscient sur la
conscience, ainsi qu'une méthode d'investigation de ce dernier. Freud dit lui-même de sa
discipline qu'elle constitue la troisième blessure narcissique de l'humanité. Même si
Freud était un médecin neurologue, et non un philosophe, les conséquences
philosophiques de sa doctrine (notamment sur la question de la liberté et de la
responsabilité, et sur la place des pulsions et de la sexualité dans les conduites
humaines) sont d'une telle ampleur que la plupart des philosophes du xxe siècle se sont
intéressés à ses idées, pour les critiquer ou pour s'en inspirer (comme, en France, Alain,
52
Sartre, Deleuze et Derrida ).
N 3
Sous l'influence des travaux du philosophe allemand Martin Heidegger , s'est
développé dans la seconde partie du xxe siècle, surtout en France, la philosophie
poststructuraliste et la déconstruction, qui reposent sur la remise en cause des concepts
classiques de la métaphysique occidentale, par exemple ceux de « sujet » et « objet », de Husserl, fondateur de la
« sens », de « raison », de « conscience », mais encore sur un dépassement des phénoménologie.
conceptualités de la première moitié du xxe, psychanalytiques, phénoménologiques,
linguistiques, etc. Les principaux représentants de cet « anti-courant » de pensée sont
Michel Foucault, Gilles Deleuze, Félix Guattari, et Jacques Derrida. Si l'unité de ces pensées pose un problème, par leur forme
même, qui les empêche de « faire école », les Américains les regardent comme un courant français original auquel ils ont donné
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le nom de French theory, et les regroupent plus globalement dans la philosophie postmoderne .
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Martin Heidegger ouvre aussi la voie à l'herméneutique philosophique, qui a comme
tâche de mettre en lumière les anticipations de sens de la compréhension de l'existence
du Dasein. L'herméneutique est reprise par l'élève d'Heidegger, Hans-Georg Gadamer,
qui s'intéressera plutôt à la compréhension à travers les sillons tracés par l'art, l'histoire
et le langage. Du côté de la France, l'herméneutique sera représentée par Paul Ricœur.
La philosophie politique du xxe siècle, quant à elle, se caractérise d'une part par l'intérêt
54
qu'elle porte aux phénomènes totalitaires (Voegelin, Arendt, Schmitt, Aron) , et d'autre
part par l'examen et la discussion des théories du contrat social développées aux xviie et
Centre de Recherches
xviiie siècles, avec notamment la théorie de la justice de Rawls (1971), abondamment
Phénoménologiques et Herméneutiques
commentée. du CNRS, dirigé par Paul Ricœur,
avenue Parmentier à Paris.
L'idée d'absurde est par ailleurs développée par Albert Camus au travers de plusieurs
ouvrages dont un essai philosophique : Le mythe de Sisyphe ; cette pensée atypique
dans la philosophie pose la question du suicide comme question fondamentale avant
toute autre et, en écartant cette éventualité, préconise la révolte comme alternative.
Les concepts (récursivité, émergence, etc.) issus des sciences (système complexe,
neurosciences, biologie, etc.) obligent les différents courants philosophiques à se
réactualiser. Exemple : le matérialisme contemporain est devenu évolutionniste,
55
émergentiste …
Si la recherche philosophique n'est pas remise en question par l'essor des sciences
naturelles et humaines, l'enseignement de la philosophie à l'école, lui, n'est pas épargné.
Le Fonds Ricœur à Paris.
Ainsi, l'UNESCO, qui déclarait en 1954 que « l'enseignement des idées philosophiques a
eu dans l'histoire et a encore aujourd'hui une grande importance — que ce soit
directement ou indirectement — pour l'institution de la démocratie, pour le renforcement des droits de l'homme et pour la
56
sauvegarde de la paix » , constate en 1993 que « l’enseignement de la philosophie est le premier touché par la crise de la raison
dans les différents pays d'Europe. Il est assuré, en effet, qu’il faut enseigner les mathématiques, la grammaire, une langue ou
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une autre, donner une éducation physique. Il n’est, par contre, pas évident qu’il faille enseigner la philosophie » . Ce constat est
58
renforcé par le fait qu'il ne soit obligatoire d'étudier la philosophie au lycée qu'en France, en Italie, en Espagne, et au Portugal .
La philosophie chinoise
La philosophie chinoise diffère radicalement de la philosophie grecque, tellement que l'on peut s'interroger sur l'association des
termes de l'expression « philosophie chinoise ». Dès l'origine les chemins divergent, se rejoignant seulement au xxe siècle : les
formes linguistiques sont très différentes (la linguistique chinoise n'est pas basée sur le logos, au contraire du grec ancien) ; la
pensée chinoise s'appuie plus volontiers sur un esprit de synthèse que sur un esprit d'analyse ; sur la résolution des problèmes
que sur la définition des concepts ; sur l'exemplarité que sur la démonstration ; sur la fluidité de l'esprit que sur la solidité des
arguments.
La pensée chinoise est donc intéressante dans le sens où elle nous permet de découvrir des entrées originales, inconnues pour la
philosophie occidentale.
Le confucianisme
Le confucianisme est la voie principale de la philosophie chinoise et n'a connu que de rares mises à l'écart. Toute éducation se
fondait en premier lieu sur les livres formant le « Canon confucianiste » : dont le Shi Jing ou Livre des Poèmes, le Yi Jing ou
Livre des Mutations, les Annales de Lu, les Entretiens de Confucius et le livre de Mencius. Presque toute la production savante
en Chine peut s'interpréter comme une suite de commentaires sur ces œuvres vénérées comme étant l'essence de l'esprit chinois.
Presque tous les mouvements de pensée confucianiste se présentaient comme ayant renoué avec la vraie pensée du Sage. Entre
les « réalistes » comme Xun Zi et les partisans de son pendant « idéaliste » Mencius, plus tard entre Wang Yangming et Zhu Xi,
des tendances ont émergé et débattu de la pensée du maître, enrichissant la philosophie de nouveaux concepts et de nouvelles
interprétations. C'est la lignée de Mencius que Zhu Xi va privilégier et ses commentaires seront ceux considérés comme
orthodoxes, c'est-à-dire comme références, par les examinateurs impériaux des dynasties Ming et Qing (la dernière).
Le néo-confucianisme
Le néo-confucianisme désigne un développement tardif et éloigné du confucianisme, mais possède des racines autres que celle
du confucianisme. Il commença son développement sous la dynastie des Song et parvint à sa plus grande expansion sous celle
des Ming. On en retrouve des traces dès la dynastie des Tang.
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Ce courant de pensée eut une grande influence en Orient, particulièrement en Chine, au
Japon et en Corée. Zhu Xi est considéré comme le plus grand maître néo-confucianiste
des Song, tandis que Wang Yangming est le plus fameux des maîtres professant sous les
Ming. Mais il existe des conflits entre les écoles de ces deux penseurs.
Le taoïsme
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Le taoïsme, une religion, une philosophie ?
Durant la période des Trois Royaumes (220-265), les termes dào jiā (道家) et dào jiào (道教) divergent, le premier désignant la
philosophie et le second la religion. Car la catégorie a vite englobé des croyances et pratiques religieuses d’origine diverse : « le
taoïsme n’a jamais été une religion unifiée et a constamment été une combinaison d’enseignements fondés sur des révélations
60
originelles diverses […] il ne peut être saisi que dans ses manifestations concrètes » .
Le taoïsme est-il une philosophie ou une religion ? Les deux, peut-on dire. Les conceptions antiques du Zhuangzi (Tchouang
Tseu) et du Dao De Jing (Tao Te King) sont évoquées car ces textes continuent d’inspirer la pensée chinoise, ainsi que
l’Occident, avec des thèmes comme le Dao, la critique de la pensée dualiste, de la technique, de la morale ; dans un éloge de la
nature et de la liberté. On trouvera aussi un exposé sur les pratiques taoïstes, concentré sur le Moyen Âge chinois (les six
dynasties, 200-400). La période permet de révéler des techniques mystiques, des idées médicales, une alchimie, des rites
collectifs. Leur élaboration a commencé bien avant et s’est poursuivie ensuite, mais ce moment permet d’en offrir un tableau
plus riche, et plus attesté. Il en résulte un panorama large, fondé sur des textes et des commentaires récents, afin que chacun
puisse se faire son idée du taoïsme comme cela se fit par le passé, mais en privilégiant les sources les plus significatives, les plus
évocatrices.
Le néo-taoïsme
Xuanxue 玄學, Hsuan Hsue ou néo-taoïsme désigne un courant de pensée philosophique et culturel chinois. Celui-ci s'est créé
lors du démantèlement de l'empire Han, au iiie siècle de notre ère. Les philosophes de ce courant ont développé une
interprétation métaphysique cohérente du Dao De Jing, du Zhuangzi et du Yi Jing, dans laquelle le dao, identifié au wu (rien ou
vide), est l’origine ontologique de toutes choses. Leurs commentaires et éditions ont vite fait autorité et exercé une influence
déterminante sur la façon dont ces ouvrages seront interprétés par les générations ultérieures.
Sa composante culturelle essentielle est le qingtan (« pure conversation »), sorte de joute oratoire codifiée dont les thèmes,
souvent philosophiques, évitaient les sujets brûlants de la politique contemporaine. À cette pratique était associé un style de vie
individualiste, hédoniste et anti-conformiste.
le légisme de Shang Yang ou Han Fei Zi, qui est une doctrine purement politique, très autoritaire, ressemblant fort au
totalitarisme ;
le moïsme ou mohisme, fondé par Mo Zi (Mo-tseu), né en réaction au confucianisme ;
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l'École des Noms, ou des Logiciens, s'intéresse au langage et aux relations logiques qu'il décrit, dans le but de
convaincre.
La philosophie japonaise
La philosophie japonaise (en japonais 日本哲学, Nihon tetsugaku) se situe dans le prolongement de la philosophie chinoise, le
plus généralement par l'importation, via la Corée, de la culture chinoise durant le Moyen Âge. Le Japon s'est en effet approprié
le Bouddhisme et le Confucianisme. La religion traditionnelle nippone, le Shintoïsme, est entrée en dialogue avec ces différentes
traditions importées. Pour cette religion il existe des divinités ou esprits, appelés Kami 神 , qui se retrouvent dans tout objet
naturel (chute d'eau, arbre…), phénomène naturel (arc-en-ciel, typhon…), objet sacré… On peut mettre en parallèle les huacas
incas pour mieux cerner ce que représentent les Kami.
Les budō 武道 (bu, la guerre ; do, la voie) sont des arts martiaux (judo, karaté, aïkido) d'inspiration bouddhiste zen.
La philosophie indienne
On définit classiquement deux sortes de philosophies indiennes : les philosophies āstika
(आस्तिक en devanāgarī), qui suivent les Veda (hindouisme…) et les philosophies nāstika
(नास्तिक) que sont le jaïnisme, le bouddhisme et le Cārvāka, qui les rejettent. Pour ces
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dernières, on se reportera aux articles qui les concernent .
Le Nyâya
L'école de Nyâya (en sanskrit न्याय, nyāya) de spéculation philosophique est basée sur un texte appelé le Nyâya Sûtra. Il a été
composé par Gautama Aksapada (à ne pas confondre avec Siddhârtha Gautama, le fondateur du bouddhisme), vers le ive ou
ve siècle av. J.-C. La contribution importante apportée par cette école est sa méthode. Elle est basée sur un système de logique
qui a été plus tard adopté par la plupart des autres écoles indiennes (orthodoxes ou non), de la même manière qu'on peut dire
que la science, la religion et la philosophie occidentales sont en grande partie basées sur la logique aristotélicienne.
Le Vaiçeshika
Le système de Vaisheshika (ou Vaiçeshika, en sanskrit वैशेषिक, vaiśeṣika), fondé par la sage Kanada, postule un pluralisme
atomique. Suivant les préceptes de cette école de pensée, tous les objets de l'univers physique, les substances matérielles, sont
réductibles à un certain nombre d'atomes, sauf les cinq substances immatérielles : le temps, l'espace, l'éther (âkâsha) l'esprit et
l'âme. Les atomes constitutifs des substances matérielles sont les atomes de feu, de terre, d'air et d'eau.
Le Sāṃkhya
Le Sāṃkhya (sanskrit en devanāgarī : सांख्य) est généralement considéré comme le plus vieux des systèmes philosophiques
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indiens , il aurait été fondé au viie siècle av. J.-C. par Kapila, ou trois siècles plus tôt, selon A. Daniélou. Il s'agit,
historiquement, de la première description connue du modèle complet de l'univers et des constituants de l'homme sous forme
de principes, à la fois scientifique et métaphysique. Sa philosophie considère l'univers comme se composant de trois réalités
éternelles que sont le principe de l'espace (âkâsha), le principe de l'intelligence (Puruṣa), le principe de la nature (Prakriti) et de
vingt-deux autres principes. C'est à partir du principe de la nature influencé indirectement par Purusa et ses trois qualités
inhérentes que sont sattva, rajas et tamas en déséquilibres que se développe la création entière.
Le Vedānta
L'école d'Uttara Mimamsa (nouvelle recherche), généralement connue sous le nom de Vedānta (en sanskrit वेदअन्त, vedānta), se
concentre sur les enseignements philosophiques des Upaniṣad plutôt que sur les injonctions ritualistes des Brâhmanas. Mais il y
a plus de cent Upanishads qui ne forment pas un système unifié. Leur systématisation a été entreprise par Badarayana, dans un
travail appelé Vedānta Sūtra.
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La manière obscure dont les aphorismes des textes du Vedānta sont rédigés laisse la porte grande ouverte pour une multitude
d'interprétations. Cela a entraîné une prolifération des écoles du Vedānta. Chacune de ces dernières a interprété à sa façon les
textes et a produit sa propre série de sous-commentaires — tout en prétendant être seule fidèle à l'original.
Le jaïnisme
Le « Jaïnisme » est une philosophie indienne basée sur la non-violence (ahimsa) ou respect de toute vie (humaine, animale,
végétale) et sur la tolérance (anekantavada) ou reconnaissance de la multiplicité des points de vue. Il implique trois grands
principes que sont :
Le bouddhisme
Le bouddhisme est l’un des grands systèmes de pensée et d’action orientaux, né en Inde au vie siècle av. J.-C. Il est fondé sur les
Trois Joyaux : les bouddhistes déclarent prendre refuge dans le Bouddha, le fondateur du bouddhisme, dans le Dharma, la
66
doctrine du Bouddha, et dans le Sangha, la communauté des adeptes .
À l’origine, le bouddhisme n’est pas vraiment une philosophie ou une religion, mais une « leçon de choses » (dhamma en pali,
dharma en sanskrit), ce terme désignant à la fois la réalité, sa loi, et son exposé. De plus lorsqu’on parle de dharmas on désigne
diverses lois naturelles particulières.
L’hindouisme, qui partage un certain arrière-plan philosophique avec le bouddhisme, présente lui aussi une telle variété.
Pareillement, et à l’instar de la scolastique occidentale, toute philosophie s’inscrit dans le cadre de la religion. Plus précisément,
les philosophies bouddhistes ne perdent jamais de vue les préoccupations sotériologiques.
Au terme de ce processus historique, il ne subsiste plus que deux grandes écoles philosophiques, particulièrement dans le
67
bouddhisme dit du mahāyāna , ce sont le Cittamātra (esprit seulement, rien qu'esprit), et le Madhyamaka (voie du milieu).
Le Cārvāka
La philosophie perse
Il existe d'antiques relations entre les Veda indiennes et les Avesta mèdes. Les deux principales familles philosophiques
traditionnelles indo-iraniennes étaient déterminées par deux différences fondamentales : dans leurs implications sur la position
de l'être humain dans la société et leur vision du rôle des femmes et des hommes dans l'univers. La première charte des droits
humains (droits fondamentaux de la personne humaine) par Cyrus II (dit aussi Cyrus le Grand) est vue comme un reflet des
questions et pensées exprimées par Zarathoustra, et développées dans les écoles de pensée zoroastriennes.
le zoroastrisme dérive du nom de Zoroastre déformé par les Grecs aux dépens du véritable nom, Zarathoustra. Son autre
appellation, le mazdéisme, dérive quant à lui du nom du dieu vénéré, Ahura Mazdā. Ce courant de pensée fut fondé au
cours du Ier millénaire av. J.-C. ;
le manichéisme est une religion syncrétique apparue au iie siècle de notre ère, dont le nom provient de son fondateur,
Mani ;
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e
le mazdakisme est un courant religieux fondé au v siècle. Il doit son nom à son fondateur, Mazdak.
La philosophie africaine
S'il faut dire que l'expression a posé un problème du même acabit que celui constaté avec l'expression « philosophie chinoise »,
il faut reconnaître que le débat sur la philosophie africaine a beaucoup évolué à la fin du 20e et au début du 21e siècle. Le terme
de « philosophie africaine » est donc utilisé de différentes manières par différents philosophes. Bien qu'une majorité de
philosophes africains étudient dans des domaines tels que la métaphysique, l'épistémologie, la morale et la philosophie
politique, une question qui accapare nombre d'entre eux se situe sur la nature de la philosophie africaine elle-même. Un des
points centraux du désaccord est sur le terme « africain » : désigne-t-il le contenu de la philosophie ou l'identité des
philosophes ? La philosophie africaine puise à la fois dans l'héritage traditionnel du continent, notamment dans l'enseignement
de l'Égypte pharaonique, et dans l’héritage de la philosophie occidentale.
Au début des années 1800, certains collèges et universités du Royaume-Uni et des États-Unis ont
commencé à admettre des femmes, produisant ainsi davantage de femmes universitaires.
Néanmoins, les rapports du ministère américain de l'éducation des années 1990 indiquent que peu Mary Wollstonecraft (1759–
de femmes se retrouvent en philosophie et que la philosophie est l'un des domaines des sciences 1797) était une philosophe et
humaines où la proportion de femmes est la plus faible, les femmes représentant entre 17 % et écrivaine britannique.
30 % du corps enseignant de philosophie selon certaines études.
Parmi les philosophes éminentes du 21e siècle on trouve : Judith Butler, Gayatri Chakravorty Spivak, Martha Nussbaum, Onora
71, 72
O'Neill et Nancy Fraser, Julia Kristeva, Nell Noddings, Carol Gilligan, et Donna Harraway .
Critiques
Notes et références
Notes
1. Respectivement dans la Méthodologie de la Critique de la raison pure et dans le Tractatus logico-philosophicus.
2. Ceci n'empêche naturellement pas la philosophie de faire usage de connaissances et résultats établis grâce à
l'expérimentation. Ceci est vrai tout particulièrement de la philosophie de l'esprit. Il n'empêche que, parmi les représentants
de ce courant, aucun n'effectue lui-même des expérimentations. En outre, si on compare l'importance de l'expérimentation
pour la physique et pour la philosophie par exemple, on voit qu'on ne peut pas faire de la philosophie une discipline
expérimentale.
3. Ainsi Lacan, Foucault, Althusser et même Derrida, pour ne citer qu'eux, ont pris appui, souvent indirectement ou
allusivement sur Lettre sur l'humanisme, pour alimenter, ou soutenir leurs propres critiques du concept d'humanisme et du
rôle de la subjectivité mais en déplaçant en leur faveur (c'est-à-dire dans un sens plus ou moins structuraliste ou
déconstructionniste) le propos heideggerien Dominique Janicaud Du bon usage de la Lettre sur l'humanisme à Heidegger et
la question de l'humanisme Faits, concepts débat direction Bruno Pinchard Themis Philosophie PUF 2005 page 222.
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14. Le sage est celui qui possède la sagesse, l'ami est celui qui
43. Porphyre de Tyr, Vie de Plotin III, Éd. Belles Lettres : « Il
la désire. Platon écrit dans le Phèdre (278d) que, pour arriva à posséder si bien la philosophie, qu’il tâcha de
parler proprement, seul un dieu possède la sagesse. prendre une connaissance directe de celle qui se pratique
15. voir Phédon chez les Perses, et de celle qui est en honneur chez les
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de doctrines [philosophiques] qui ont en commun une s://[Link]/archives/sum2021/entries/feminism-f
orientation similaire. Le terme taoïsme est également emhist/))
associé à différents courants religieux naturalistes ou
mystiques… Le résultat est que [c’]est un concept
essentiellement malléable. La fameuse question de Creel :
« Qu’est-ce que le taoïsme ? » reste toujours aussi
difficile. » (Voir l'article ([Link]
sm/)).
Voir aussi
Sur les autres projets Wikimedia :
Philosophie ([Link]
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Bibliographie
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André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris, Presses universitaires de France, 2002 (1927)
(ISBN 978-2-13-053093-0).
Maurice Merleau-Ponty, Éloge de la philosophie, Paris, Gallimard, 1953.
Articles connexes
Histoire de la philosophie
Liste des concepts de la philosophie
Philosopher, Philosophe
Raison, Pensée
Critique de la philosophie
Antiphilosophisme
Poésie philosophique, Conte philosophique
Liens externes
Définition
Ressources diverses
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Charles Jourdain, Notions de philosophie ([Link] ;
Paul Janet, Traité élémentaire de philosophie ([Link] ;
Victor Cousin, Histoire générale de la philosophie ([Link]
Histoire de la philosophie, Émile Bréhier ([Link] (Version
électronique).
Répertoires de sources philosophiques antiques :
Cnrs ([Link]
Remacle ([Link]
[Link] 23/23