Université Libanaise
Faculté des lettres et des sciences humaines
Branche 2 - Fanar
1ére année – Psychologie
Présenté par :
Melissa Melhem
à:
Dr. Désirée Al AZZI
2024-2025 Présenté
Sommaire
Du rêve infantile à l’élaboration d’une théorie........................................................................................2
Le rêve comme transformation et réalisation d’un désir.........................................................................2
L’angoisse dans les rêves......................................................................................................................3
Le cauchemar, la censure et le réveil...................................................................................................3
La complexité du désir et la structure du rêve.........................................................................................4
Du rêve infantile à l’élaboration d’une théorie
Freud retrace ici le parcours intellectuel qui l’a mené à sa théorie du rêve.
Confronté d’abord à la complexité des rêves déformés, il choisit de suspendre
temporairement leur analyse. Il se tourne alors vers les rêves d’enfants, plus
simples et accessibles, qui lui permettent d’identifier les mécanismes
fondamentaux à l’œuvre dans la vie onirique, notamment la réalisation d’un désir.
Fort de ces premières découvertes, il revient aux rêves complexes des adultes, en
s’appuyant sur les outils théoriques tirés des observations infantiles. Toutefois,
cette confrontation révèle une tension : les résultats obtenus dans chaque domaine
ne s’accordent pas spontanément. Freud souligne ainsi la nécessité d’ajuster les
deux types d’analyses celles des rêves simples et celles des rêves déformés pour
construire une théorie unifiée du rêve. Ce processus d’ajustement illustre bien la
rigueur de sa démarche, fondée sur la confrontation méthodique entre expérience
clinique et réflexion théorique.
Le rêve comme transformation et réalisation d’un désir
Freud observe que, malgré leur diversité, les rêves ont en commun une
transformation psychique : une pensée devient une scène hallucinatoire. Cette
transformation reste un mystère pour lui, mais il en retient une fonction
essentielle : permettre au rêveur de continuer à dormir en satisfaisant
symboliquement un désir inconscient. Cette fonction se révèle plus clairement à
travers les rêves infantiles, dont la simplicité montre que le rêve vise à calmer une
excitation intérieure. Pour Freud, tous les rêves ont une base infantile, car ils
mobilisent des souvenirs et mécanismes issus de l’enfance. Il affirme ainsi que
“tous les rêves sont des rêves infantiles”, même s’ils apparaissent déformés à l’âge
adulte.
Cependant, cette théorie est souvent mal comprise. Beaucoup s’interrogent : “Où
est le désir dans un rêve angoissant ou absurde ?” Freud répond que cette
incompréhension vient d’une tendance humaine à rejeter les nouveautés
intellectuelles. On simplifie, on caricature. Sa théorie devient un cliché vidé de
sens, alors qu’il souligne qu’un rêve ne peut être compris qu’après une
interprétation. Le contenu manifeste ne montre pas le désir, il le masque. La
censure psychique est responsable de cette déformation, rendant les désirs
refoulés méconnaissables.
L’angoisse dans les rêves
Un obstacle majeur à l’acceptation de la théorie de la réalisation de désir vient des
rêves angoissants. Ces expériences, désagréables voire terrifiantes, semblent
contredire l’idée de plaisir. Pourtant, Freud montre que cette contradiction n’est
qu’apparente. Le mécanisme du rêve peut échouer partiellement, laissant
transparaître l’émotion désagréable. Parfois, malgré une bonne dissimulation du
désir, l’affect douloureux persiste. L’élaboration du rêve se heurte à la résistance
de certains affects trop puissants pour être transformés. Il en résulte une
discordance : un rêve à contenu neutre peut provoquer de l’angoisse, car le
sentiment n’est pas nécessairement modifié comme le contenu.
Les rêves angoissants, loin d’invalider la théorie, deviennent au contraire les plus
révélateurs. Ils manifestent la puissance du désir refoulé et la difficulté de la
censure à le maîtriser. Freud insiste sur le fait que l’inconscient est habité par des
conflits, et que la souffrance est parfois le signe visible de ces tensions. Il précise
que le rêve peut procurer du plaisir à une partie inconsciente du sujet, tout en
provoquant un malaise chez le moi conscient qui rejette ce désir.
Le cauchemar, la censure et le réveil
Le cauchemar illustre parfaitement la dynamique entre le désir inconscient, la
censure, et la conscience. Contrairement aux rêves ordinaires où le désir est
masqué, le cauchemar expose brutalement un désir refoulé. L’angoisse qui en
découle agit comme un mécanisme de défense, une alerte interne face à
l’intrusion du contenu inacceptable. Ce choc peut entraîner le réveil, interrompant
la réalisation du désir. Freud compare cela à un veilleur de nuit qui interviendrait
pour protéger le dormeur.
Cette capacité d’un désir à traverser la censure dépend de l’intensité du désir et
de la solidité de la censure, qui peut varier. Durant le sommeil, la censure
s’affaiblit, ce qui permet l’expression des désirs refoulés. Certains patients
insomniacs redoutent même leurs rêves, craignant cette perte de contrôle.
Cependant, le sommeil reste un état protégé : le corps est paralysé, et le rêveur
peut se rassurer en pensant que “ce n’est qu’un rêve”.
La complexité du désir et la structure du rêve
Freud affirme que derrière chaque rêve, même pénible ou apparemment absurde,
il y a une réalisation de désir. Mais ce désir n’est pas toujours conscient ni
agréable. Il peut s’agir d’un désir de punition ou d’une satisfaction masochiste. Le
rêveur, divisé entre une partie qui désire et une autre qui censure, peut vivre une
satisfaction inconsciente tout en ressentant une punition. Freud illustre cette
tension par le conte des trois vœux : un désir réalisé peut entraîner une
souffrance imposée par une autre part du psychisme.
Certains cauchemars montrent clairement cette dynamique : ils présentent des
désirs refoulés sans les déformer, ce qui rend l’angoisse plus forte. Freud montre
ainsi que le rêve manifeste, même s’il semble exprimer un projet ou un
avertissement, reste toujours la transformation finale d’un désir inconscient. Il
distingue clairement le rêve manifeste, qui est ce dont on se souvient, des idées
latentes, complexes et inconscientes. La théorie freudienne, bien qu’élargie à la
souffrance, l’angoisse ou la punition, repose toujours sur cette idée centrale : le
rêve est une forme de satisfaction psychique, même lorsque celle-ci est troublante
ou paradoxale.