I.
Introduction :
La qualité de l’eau est importante pour de nombreuses raisons. Il est question de santé,
d’environnement, d’économie et de gouvernements.
Pour la santé, une eau de qualité est primordiale pour limiter ou éviter la propagation de
bactéries, virus, parasites ou produits chimiques nocifs, causant de multiples maladies.
Aussi, les écosystèmes aquatiques dépendent d’une eau propre et saine pour maintenir leur
équilibre naturel. Affectés par la qualité de l’eau, une mauvaise gestion de la qualité de l’eau
peut avoir des conséquences sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.
De nombreuses industries dépendent de la qualité de l’eau, donc négliger la qualité de l’eau
pourrait avoir un impact sur ces dernières telles que le tourisme ou l’agriculture.
Enfin, il est primordial que les gouvernements prennent des mesures pour réduire la pollution de
l’eau et traiter correctement les eaux usées, car, si mal prise en charge, ces eaux usées peuvent se
retrouver dans nos robinets.
Pour monitorer ces points des systèmes de surveillance ont été mis en place comme la
surveillance des pollutions diffuses de l’eau. (1)
II. Paramétre de qualité de l’eau :
Paramètres physiques
Température : Elle affecte les écosystèmes aquatiques et la solubilité de l’oxygène
dissous. Les appareils multiparamètres permettent de la mesurer directement sur le
terrain. Une température trop élevée peut engendrer des pollutions thermiques, impactant
la faune aquatique comme les poissons
Turbidité : Indique la présence de particules en suspension. Elle est mesurée en unités de
turbidité néphélométrique (UTN) et peut signaler une pollution ou un ruissellement
excessif (4)
Conductivité : Permet d’évaluer la concentration en ions dissous (sels minéraux ou
polluants). Une conductivité élevée peut indiquer une pollution par des substances
dissoutes (4)
Paramètres chimiques
pH : Mesure l'acidité ou l'alcalinité de l'eau, idéalement entre 6.5 et 8.5 pour les
écosystèmes aquatiques. Un pH anormal peut être causé par des rejets industriels ou
agricoles(4).
Oxydation : Évalue la capacité d’autonettoyage de l’eau et est souvent liée à l’oxygène
dissous. Des niveaux insuffisants peuvent indiquer une pollution organique importante(3)
Métaux lourds et nutriments : Présence de nitrates, phosphates, ou substances toxiques
(plomb, mercure). Ces composés peuvent causer l’eutrophisation ou contaminer les
écosystèmes(3).
Paramètres biologiques
Bactéries et virus : Les pathogènes comme les coliformes fécaux sont des indicateurs de
contamination microbiologique. Leur présence est un enjeu sanitaire majeur (4) .
Algues : Certaines espèces, comme les cyanobactéries, signalent une eutrophisation et
des déséquilibres écologiques (2) (4).
III. Méthodes de prélèvements et d’échantillonage :
Les méthodes de prélèvement pour analyser la qualité de l'eau dépendent des objectifs de
l'analyse (chimique, microbiologique, physique) et du type d'eau à examiner (eau potable, eau de
surface, eau souterraine, eaux usées, etc.). Voici les principales méthodes utilisées
1. Prélèvement manuel :
o Utilisation de bouteilles propres ou stériles pour recueillir l'eau directement
depuis la source.(5)
o Eaux de surface : Immerger la bouteille sous la surface en évitant les matières
flottantes.
o Eaux souterraines : Utiliser des pompes ou des seaux après purge du puits pour
obtenir un échantillon représentatif.
2. Prélèvement automatique :
o Les échantillonneurs automatiques permettent de collecter des échantillons à
intervalles réguliers pour des analyses composites.(5)
3. Prélèvement spécifique :
o Profondeur : Utilisation de bouteilles Van Dorn ou de sondes pour recueillir de
l'eau à différents niveaux (lacs, réservoirs).
o Microbiologie : Flacons stériles avec agents neutralisants (par ex. : thiosulfate de
sodium pour neutraliser le chlore) (5).
3. Méthodes d'analyse en laboratoire
1. Paramètres physico-chimiques :
o pH : Mesuré sur place ou en laboratoire avec des pH-mètres.
o Conductivité : Indique la concentration en sels dissous (analyse via
conductimètre).
o Nitrates, phosphates, métaux lourds : Utilisation de spectrophotomètres ou
chromatographes.
2. Paramètres microbiologiques :
o Recherche d’indicateurs comme les coliformes totaux ou E. coli via des
techniques de culture ou des kits rapides.
3. Analyses biologiques :
o Tests écotoxicologiques ou bioindicateurs pour évaluer les impacts sur la faune
aquatique (6)
4. Conservation et transport
Conservation des échantillons entre 2°C et 8°C pour éviter toute dégradation.
Utilisation de récipients adaptés au paramètre analysé (verre pour métaux lourds,
plastique pour nitrates).
Transport rapide au laboratoire, idéalement dans les 24 heures.(7)
IV. Techniques analytiques pour l’évaluation de la qualité de l’eau
1. Mesures sur le terrain (in situ)
Utilisation :
Permettent une analyse rapide et directe sur place pour des paramètres comme :
o Le pH : mesure de l’acidité.
o La température : reflète les conditions thermiques du milieu.
o L’oxygène dissous : indicateur de la vie aquatique.
o La conductivité : renseigne sur la concentration en sels minéraux (8).
Équipement :
o Sondes multiparamètres portables.
o Avantage : surveillance en temps réel pour détecter les problèmes immédiats,
comme les pollutions soudaines(8).
2. Analyses en laboratoire
Offrent des résultats plus précis et détaillés. Trois techniques principales sont utilisées :
a. Techniques spectroscopiques
UV-Vis : Détecte les matières organiques dissoutes (par exemple, la pollution par des
feuilles ou des déchets).
ICP-MS : Analyse des métaux lourds (mercure, plomb) même à des concentrations très
faibles (9) .
b. Chromatographie
HPLC (chromatographie liquide haute performance) : Identifie les pesticides dans l’eau.
GC (chromatographie en phase gazeuse) : Détecte les composés organiques volatils
comme les hydrocarbures(10).
c. Analyse microbiologique
Tests de culture : Identifient des bactéries comme E. coli.
qPCR : Technique rapide pour détecter la présence de micro-organismes spécifiques(10).
3. Avantages et limites
Mesures in situ : Rapides mais moins précises.
Analyses en laboratoire : Plus précises mais nécessitent du temps et un transport des
échantillons(10).
Normes et seuils de qualité de l’eau
Règlementations internationales :
1. Organisation Mondiale de la Santé (OMS): L’OMS établit des directives globales pour
l’eau potable. Ces directives fixent des limites pour des contaminants spécifiques afin
d’assurer la sécurité sanitaire. Par exemple :
o Micro-organismes : L’eau potable ne doit contenir aucun Escherichia coli (E.
coli) ou entérocoques intestinaux.
o Paramètres chimiques : Des seuils sont définis pour des substances comme les
nitrates (50 mg/L), le plomb (10 µg/L), et les pesticides individuels (0,1 µg/L).
Ces valeurs assurent une exposition sans risque pour la santé humaine (11)
2. Union Européenne (UE): La directive 2020/2184 fixe des normes pour l’eau destinée à
la consommation humaine :
o Substances chimiques : Les seuils incluent l’arsenic (10 µg/L), le mercure (1
µg/L), et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (0,1 µg/L).
o Paramètres indicateurs : Contrôle des substances comme le fer et les chlorures
pour évaluer les impacts environnementaux ou sur les infrastructures de
distribution (12).
o Gestion des risques : L’évaluation couvre les zones de captage et les installations
privées de distribution, avec des plans pour prévenir les contaminants comme la
Legionella (12).
3. Environmental Protection Agency (EPA - États-Unis): L’EPA régule les contaminants
dans l’eau potable avec des normes maximales de contaminant (Maximum Contaminant
Levels - MCLs) :
o Microbiologie : Absence totale de coliformes fécaux.
o Produits chimiques : Limites pour les nitrates (10 mg/L) et les sous-produits de
désinfection tels que les trihalométhanes (80 µg/L) (13)
Normes pour les systèmes de distribution et environnements naturels :
1. Eaux de surface : La directive 2008/105/CE de l’UE établit des Normes de Qualité
Environnementale (NQE) pour les eaux de surface. Elle fixe des seuils pour des
substances prioritaires comme le cadmium et le mercure, en distinguant :
o Concentration moyenne annuelle : Protection contre l’exposition à long terme.
o Concentration maximale admissible : Protection contre les pics de pollution
(14).
2. Distribution d’eau potable : Les normes garantissent que l’eau reste propre tout au long
du système d’approvisionnement. Cela inclut la gestion des matériaux en contact avec
l’eau, comme les tuyaux, pour éviter toute contamination chimique ou microbiologique.
Conclusion
La qualité de l’eau joue un rôle fondamental dans la préservation de la santé publique, des
écosystèmes aquatiques et de l’économie mondiale. Grâce aux normes et méthodes rigoureuses
développées par des organisations internationales comme l’OMS, l’Union Européenne et l’EPA,
il est possible de surveiller et d’améliorer efficacement les paramètres de qualité de l’eau, qu’ils
soient physiques, chimiques ou biologiques. Ces efforts permettent non seulement de prévenir les
risques sanitaires, mais aussi de protéger l’environnement et de garantir un développement
durable.
Cependant, les défis liés à la pollution diffuse, au changement climatique et à la gestion des
ressources hydriques exigent une collaboration renforcée entre les gouvernements, les industries
et les citoyens. Des mesures innovantes et des technologies avancées, telles que les capteurs in
situ et les techniques analytiques de pointe, doivent être intégrées dans les politiques pour
garantir un accès universel à une eau de qualité, maintenant et pour les générations futures.
Référances :
(13) :EPA (États-Unis) : Régulations pour l'eau potable, incluant les niveaux maximaux de
contaminants (MCLs) :
National Primary Drinking Water Regulations (EPA)
(11) : OMS : Directives de qualité pour l'eau potable, incluant les seuils pour les nitrates, le
plomb, etc. :
Directives de qualité pour l'eau potable (OMS)
(14)Directive européenne 2008/105/CE : Normes de qualité environnementale pour les eaux de
surface Directive 2008/105/CE (UE)
(12) : Directive européenne 2020/2184 : Normes pour l'eau destinée à la consommation
humaine
Directive 2020/2184 (UE)
Nada, [25/12/2024 at 2:21:20 PM]:
Les méthodes de prélèvement pour analyser la qualité de l'eau
dépendent des objectifs de l'analyse (chimique, microbiologique,
physique) et du type d'eau à examiner (eau potable, eau de surface,
eau souterraine, eaux usées, etc.). Voici les principales méthodes
utilisées :
1. Prélèvement manuel
Utilisation de bouteilles ou flacons : Des échantillons sont prélevés à la
main à l'aide de récipients propres, en suivant des protocoles stricts
pour éviter la contamination.
Pour eaux de surface (rivières, lacs) : La bouteille est immergée
directement sous la surface, en veillant à éviter les matières flottantes.
Pour eaux souterraines (puits, forages) : Un seau ou un dispositif de
pompage est utilisé.
Pour les eaux usées : Prélèvement à la sortie d’une station d’épuration
ou dans les canalisations.
2. Prélèvement automatique
Utilisation d’échantillonneurs automatiques qui prélèvent l’eau à
intervalles réguliers ou selon un volume déterminé.
Ces dispositifs permettent de collecter des échantillons représentatifs
sur une période (échantillonnage composite).
3. Prélèvement en profondeur
Sondes ou bouteilles spécifiques (ex. : bouteille Van Dorn, Niskin) : Ces
outils permettent de prélever de l'eau à différentes profondeurs dans
les lacs, océans ou réservoirs.
Pompes : Une pompe permet de prélever de l'eau à des niveaux
spécifiques.
4. Prélèvement pour analyse microbiologique
Utilisation de récipients stériles.
Les prélèvements sont réalisés en minimisant l'exposition de
l'échantillon à l'air et à d'autres sources de contamination.
Stockage immédiat à basse température (4 °C) et analyse dans un
délai très court (généralement dans les 24 heures).
5. Prélèvement pour analyse chimique
Utilisation de bouteilles spécifiquement traitées (par exemple, en verre
pour éviter l'adsorption de certains composés).
Parfois, des agents de conservation (acide, réfrigération) sont ajoutés
pour stabiliser l'échantillon.
6. Prélèvement en réseau (eau potable)
Réalisé directement au robinet ou à un point de distribution.
Le robinet est désinfecté avant prélèvement, et un volume d'eau est
laissé s'écouler pour purger les tuyaux.
7. Prélèvement en milieux spécifiques
Sédiments aquatiques : Une drague ou un carottier est utilisé pour
collecter des échantillons de sédiments en contact avec l’eau.
Colonne d'eau : Analyse de différentes couches d'eau (superficielle,
intermédiaire, profonde) dans les réservoirs ou océans.
Précautions générales :
Chaîne du froid : Les échantillons doivent être conservés à basse
température (4 °C) pour éviter leur altération.
Matériel stérile : Utilisation de matériel propre et/ou stérile pour éviter
la contamination.
Étiquetage et traçabilité : Les échantillons doivent être étiquetés avec
des informations telles que la date, l’heure, le lieu de prélèvement, et
le type d’analyse prévu.
Ces méthodes sont décrites dans les normes (par exemple, ISO 5667
pour les prélèvements d'eau) et les protocoles spécifiques selon le
type d'eau et d'analyse.
Kebdati, [25/12/2024 at 2:21:37 PM]:
https://pure-berkey.eu/fr/...ment unique en un point et à un moment
donné.
Avantages : Simple, rapide, peu coûteux.
Inconvénients : Représente un instantané ; ne capture pas les
variations temporelles.
Utilisation : Contrôle de routine, situations d’urgence.
---
2. Échantillonnage composite
Description : Combinaison de plusieurs prélèvements effectués à
intervalles réguliers pour représenter une période donnée.
Avantages : Fournit une meilleure moyenne temporelle.
Inconvénients : Plus complexe à réaliser ; nécessite un équipement
spécialisé.
Utilisation : Surveillance des rejets industriels ou des cours d’eau sujets
à des variations fréquentes.
---
3. Échantillonnage en continu
Description : Utilisation d’équipements automatiques pour collecter de
l’eau sur une longue période.
Avantages : Fournit des données détaillées en continu.
Inconvénients : Coût élevé ; maintenance nécessaire.
Utilisation : Études à long terme, zones à fort enjeu environnemental.
---
4. Échantillonnage en profondeur
Description : Prélèvement à différentes profondeurs dans un plan d'eau
(lac, barrage, etc.).
Avantages : Permet d'étudier la stratification thermique, chimique ou
biologique.
Inconvénients : Nécessite du matériel spécialisé (bouteilles de type
Niskin ou Van Dorn).
Utilisation : Évaluation des plans d'eau profonds ou des réservoirs.
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5. Échantillonnage aléatoire (ou stratifié)
Description : Les échantillons sont collectés à des endroits choisis au
hasard ou selon une grille stratifiée.
Avantages : Réduit les biais dans les données ; capture les variations
spatiales.
Inconvénients : Peut être difficile à planifier.
Utilisation : Études d’impact environnemental.
---
6. Échantillonnage biologique
Description : Analyse des organismes vivants présents (bio-indicateurs)
pour évaluer la qualité de l'eau.
Avantages : Permet de détecter des contaminations non visibles
chimiquement.
Inconvénients : Plus complexe, résultats indirects.
Utilisation : Études écologiques, suivi de la biodiversité.
---
7. Échantillonnage de sédiments
Description : Prélèvement de sédiments pour analyser les
contaminants accumulés.
Avantages : Permet de comprendre l’historique de la pollution.
Inconvénients : Nécessite une expertise technique.
Utilisation : Études de pollution chronique.
---
Précautions générales lors de l’échantillonnage :
Utiliser des équipements stériles et adaptés au type d'analyse
(chimique, biologique, microbiologique).
Éviter toute contamination croisée.
Stocker et transporter les échantillons à la température requise.
Suivre des protocoles normalisés (ISO, AFNOR, etc.).