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Document 575658

Les arbres

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Esther Mapeto
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Les arbres sont les

armatures grandioses
de la forêt tropicale
© Y. Caraglio

Qu’est-ce qu’un arbre ?


Exemples dans l a forêt tropicale
Par Yves Caraglio

Les tropiques font penser aux grandes forêts de deux parties visibles : la couronne dont les feuilles
humides, les arbres en sont les armatures permettent de fabriquer la matière et le tronc reliant la
grandioses. Mais un arbre qu’est-ce au juste ? couronne aux racines (assurant l’ancrage et l’accès aux

Comment une arborescence se construit-elle ? ressources minérale et hydrique). Parler ainsi de l’arbre
c’est oublier les tiges (axes feuillés) qui constituent l’arbo-
Quelles en sont les différentes expressions dans
rescence de la structure végétale et qui sont le moteur de
le monde tropical ?
l’occupation de l’espace et de toute la vie en forêt de l’arbre
depuis sa germination dans le sous-bois peu éclairé jusqu’à
Un arbre est perçu comme un végétal de grande taille. Ce
la canopée (voûte forestière) en plein soleil.
rapport à l’homme est aussi une question de temporalité :
un arbre vit longtemps, très longtemps. C’est un végétal qui
est constitué d’un tronc, robuste et rigide : le bois assure — Un début de vie dans l’ombre —
le soutien et une partie de la conduction. Une autre partie Les premières années de la vie de l’arbre se déroulent dans
de l’arbre est le feuillage formant la couronne de l’arbre. le sous-bois dans une ambiance peu éclairé, même si des
Ainsi l’arbre peut se résumer comme une structure formée taches de lumière intense (sunflex) balaient épisodique-

Dossier L’arbre et l’expert - Jardins de France 634 - Mars-avril 2015 6


— Le mécanisme de réitération —
En s’élevant, le futur arbre rencontre un éclairement
croissant lui permettant de développer des branches plus
fortes, plus ramifiées. Ces différents axes s’organisent
autour du tronc selon une organisation propre à l’espèce
(architecture spécifique), qui avec des branches bien hori-
zontales et régulièrement espacées, qui avec des branches
très redressées et réparties par paquets le long du tronc.
Ces organisations de la structure, ou architectures végé-
tales (HO, 1970*) caractérisent la manière dont l’espèce
peut coloniser et occuper l’espace. Cela donne des capaci-
tés différentes de réussite et de compétitivité dans la forêt.
Le développement du système d’axes (arborescence) se
poursuit, pour beaucoup d’espèces, par le dédoublement
de cette architecture élémentaire spécifique aboutissant
à une structure occupant un plus grand volume, l’arbre
apparaît comme formé d’une colonie de petits arbres. Ce
mécanisme de duplication de l’architecture élémentaire
(encore appelé réitération) se reproduit au cours du temps
et forme des structures d’autant plus grandes et étalées
Tache de lumière en sous-bois - © Y. Caraglio
que la plante participant à la canopée est en plein soleil. La
couronne de l’arbre peut ainsi apparaître très compacte ou
bien constituée de cimettes plus ou moins individualisées
ment le sol du fait de la trajectoire journalière du soleil.
(cime « en chou-fleur »).
Le parterre forestier, c’est aussi le lieu où beaucoup d’élé-
ments morts se déposent : tout ce qui tombe de la voûte
forestière finit là. Du coup, pour le tout jeune arbre, c’est — Des troncs remarquables —
un moment très périlleux car exposé à de nombreuses Les arbres tropicaux montrent quelques réalisations
occasions de subir des traumatismes plus ou moins graves : remarquables notamment en ce qui concerne la notion
piétinement, abroutissement, chute de bois mort, voire de tronc. D’un aspect généralement cylindrique, le tronc
chute d’arbre (chablis). peut s’ornementer à sa base de grandes lames aplaties,
des contreforts pouvant faire plusieurs mètres de haut,
Aller vers la voûte forestière, vers la pleine lumière, est le
donnant une allure de fusée à l’arbre. Dans d’autres cas, le
leitmotiv unique du futur arbre. C’est dans les premiers
tronc est garni de fleurs puis de fruits, c’est la « cauliflo-
mètres de progression verticale que l’arbre construit un
rie », ou bien montre sur les premiers mètres des racines
axe principal, le futur tronc, en privilégiant la croissance
plongeant vers le sol. Ces racines aériennes se rencontrent
en hauteur et en réparant les différents traumatismes
dans des milieux instables comme les racines échasses
subis par son extrémité de manière plus ou moins efficace
des palétuviers de la mangrove. Le tronc peut apparaître
selon les espèces. Dans ce contexte de faible éclairement, il
cannelé voire très cannelé faisant penser à plusieurs troncs
arrive que la plante ne bénéficie plus assez d’énergie pour
soudés entre eux. Une expression exacerbée du multi tronc
continuer sa progression elle adopte alors une stratégie
se rencontre chez certains figuiers tropicaux. Ils forment
d’attente se traduisant par une mise à plat de l’extrémité
de grandes branches plus ou moins horizontales et le long
du tronc… attendant des conditions d’éclairement plus
de ces branches se mettent en place des racines aériennes
favorables.
qui pendent et progressent vers le sol en restant relative-
ment fines. Une fois le sol atteint, elles poursuivent leur
développent en souterrain et la partie entre le sol et la
branche prend rapidement du diamètre et à terme devient

7 Dossier L’arbre et l’expert - Jardins de France 634 - Mars-avril 2015


Chimarrhis sp., Rubiaceae - Guyane française - © Y. Caraglio Ficus nymphaeifolia - soudures racinaires, tronc support en
décomposition - © Y. Caraglio

aussi grosse que le tronc de l’arbre. Au final, avec la répé- une cime imbriquée dans la cime de l’arbre hôte : un arbre
tition de ce phénomène, on obtient une grande quantité de se développe sur un autre arbre (arbre dit hémi-épiphyte).
troncs (une forêt !) qui sont des racines et tous appartenant L’arbre hôte finit par mourir et le nouvel arbre a la partie
au même arbre, un individu avec ce comportement a pu inférieure de son tronc constituée par le manchon de
occuper 5 000 m²… racines qui sera creux une fois l’arbre hôte décomposé.
C’est le cas de certains figuiers tropicaux dit « étran-
gleurs » et des Metrosideros qui sont des « eucalyptus » de
— Des racines ingénieuses —
Nouvelle Zélande.
Un autre mécanisme remarquable est le comportement
de certaines espèces qui commencent leur vie en épiphyte
(comme certaines orchidées) c’est-à-dire que la graine — Une question de niveaux —
germe sur un arbre à 15-30 m du sol et la toute jeune Bien d’autres mécanismes de construction des arbres
plante développe des petites racines qui trouvent humidité existent en forêt du fait de la grande diversité des espèces.
et alimentation dans des cavités ou des fissures de l’écorce. Comme tous les arbres de la forêt ne vont pas jusqu’à la
Puis, très rapidement, des racines fines sortent de la petite pleine lumière, il y a des espèces qui font tout leur cycle
tige et s’allongent très rapidement en progressant le long dans le sous-bois, d’autres restent juste sous la canopée,
du tronc vers le sol. Ces racines grossissent et quand elles la structure de la forêt peut comporter plus ou moins de
rencontrent une autre de leurs racines, elles peuvent se niveaux (strates) de végétation en fonction des zones et de
souder entre elles (si le tronc de l’arbre ne grossit pas trop la hauteur globale de la forêt qui varie entre 30 et 50 m.
en diamètre). Ce phénomène peut se répéter et les racines
soudées (anastomosées) finissent par former un manchon
plus ou moins continu autour du tronc initial. Ce phéno-
mène s’accélère une fois les extrémités des racines dans À lire…
• * Hallé, F., & Oldeman, R. (1970). Essai sur l’architecture et la
le sol. Les tiges de la plante se développent en parallèle et
dynamique de croissance des arbres tropicaux.
construisent… un tronc portant des branches et formant

Dossier L’arbre et l’expert - Jardins de France 634 - Mars-avril 2015 8


Les Modèles architecturaux

Une vingtaine de stratégies de croissance ont été mises en évidence par Francis
Hallé dans les années 1970. Chacune des stratégies porte le nom d’un botaniste
et en voici quelques illustrations.

La plante peut être constituée d’un seul axe avec une floraison latérale comme
la majorité des palmiers (modèle de Corner) ou bien se ramifier en tête, après
chaque floraison, comme le Frangipanier (modèle de Leeuwenberg).

Il existe des modèles avec un tronc et des branches bien distinctes soit les
branches sont dressées comme chez les Peupliers (modèle de Rauh) soit
elles sont horizontales et réparties en étage le long du tronc comme chez des
Araucarias (modèle de Massart) ou réparties continument le long du tronc
comme chez le Caféier (modèle de Roux).

Dans d’autres cas, les branches se ramifient uniquement après floraison termi-
nale comme chez les Magnolias (modèle de Fagerlind) ou bien c’est le tronc et
les branches qui sont constitués de successions de morceaux d’axes (modèle de Modèle de Corner comme les palmiers
© Y. Caraglio
Koriba…).

Chacune de ces stratégies rassemble de nombreuses espèces d’arbres.


Pour chaque espèce elle se décline avec ses propres caractéristiques (unité
architecturale).

Modèle de Massart comme l’Araucaria Modèle de Roux comme le Caféier - © Edelin Modèle de Fagerlind comme le Magnolia
© Y. Caraglio © Y. Caraglio

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