Problématique enrichie
Les conflits homme-faune sauvage en République Démocratique du Congo (RDC) prennent
de l’ampleur à mesure que les activités humaines étendent leur emprise sur les territoires
naturels. L’expansion de l’agriculture, l’urbanisation galopante, l’exploitation minière
artisanale ou industrielle et la déforestation réduisent considérablement les habitats
naturels des espèces sauvages. En quête de nourriture et d’espace, les animaux quittent
alors les aires protégées pour envahir les villages, endommager les cultures, attaquer le
bétail, et parfois même s’en prendre aux populations, provoquant des pertes économiques,
sociales et humaines.
À cela s’ajoute une problématique plus grave encore : la disparition progressive et
alarmante des espèces emblématiques de la RDC telles que les éléphants de forêt, les
gorilles des montagnes, les okapis ou les bonobos. Ces animaux, symboles de la richesse
biologique congolaise, sont braconnés pour leur viande, leur peau, leurs os ou leur ivoire.
Les conséquences sont visibles jusque dans les marchés urbains comme ceux de Kinshasa,
où la viande de brousse inonde les étals, parfois en toute impunité, alimentant un commerce
illégal qui échappe à tout contrôle et menace durablement la biodiversité du pays.
D’autres problèmes aggravent encore ces tensions : le manque d’alternatives économiques
pour les populations rurales, la faible implication des communautés dans la gestion des
aires protégées, l’absence de compensation en cas de pertes causées par les animaux,
l’insécurité dans les régions périphériques des parcs, ainsi qu’un cadre juridique souvent
inadéquat ou mal appliqué.
Ainsi, la RDC se retrouve face à un dilemme crucial : comment concilier la protection de sa
faune sauvage, menacée d’extinction, avec les besoins fondamentaux de ses populations
locales qui vivent en marge de ces espaces protégés ? Cette étude se propose d’analyser en
profondeur les causes, manifestations et impacts de ces conflits afin de proposer des
stratégies concrètes et durables pour favoriser une coexistence harmonieuse.