CHAPITRE I : ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT DU PARQUET
Section 1 : Organisation du parquet près le tribunal de paix de Kinshasa/N’djili
I.1.1. Organisation interne du parquet
Le parquet près le tribunal de paix de Kinshasa/N’djili fonctionne selon une structure
hiérarchisée, cohérente et articulée autour de plusieurs pôles de compétence. À sa tête, on
retrouve le Premier Substitut du Procureur de la République, qui assume les fonctions de chef
du parquet* et coordonne l’ensemble des services.
Sous sa direction directe se trouvent :
- Les Substituts du Procureur de la République, qui assurent le suivi des dossiers judiciaires, la
conduite des enquêtes et la mise en œuvre de l’action publique ;
- Le Secrétaire Divisionnaire de l’Administration, garant de la bonne gestion administrative et
documentaire.
Le parquet se subdivise ensuite en trois grands services opérationnels :
1. Les Services généraux : chargés des tâches administratives courantes et du soutien
logistique.
I.2.3 Le Secrétariat
Le secrétariat du parquet représente une entité administrative centrale, ouverte au public durant
les jours ouvrables. Il constitue un point névralgique de gestion et de conservation des dossiers
judiciaires, y compris ceux classés sans suite ou ayant fait l’objet d’un arrangement
transactionnel. Y sont également tenus les registres officiels, les archives ainsi que les
documents liés à la coordination des activités du ministère public. Le fonctionnement de ce
service obéit à un règlement intérieur strict garantissant l’ordre administratif.
I.2.3.1 Les fonctions administratives du Secrétariat du parquet
Agissant en qualité d’agent administratif du parquet, le secrétaire a pour mission principale la
réception, l’enregistrement, la transmission et l’expédition des correspondances entre le
parquet et ses divers interlocuteurs (juridictions, OPJ, avocats, citoyens, etc.). Toutes ces
opérations s’effectuent selon une procédure rigoureuse, garantissant la traçabilité et la
transparence des actes posés.
Circuit du courrier
1. Courriers entrants :
- Le procès-verbal initial et la plainte :
I.1.2. Composition et fonctionnement du parquet près le tribunal de paix de Kinshasa/N’djili
Le parquet, en tant qu’organe essentiel du ministère public, repose sur une organisation
hiérarchisée et rigoureusement structurée. Ainsi, le parquet près le tribunal de paix de
Kinshasa/N’djili se subdivise en deux principaux corps :
- Le corps judiciaire : il regroupe l’ensemble des magistrats du parquet, placés sous l’autorité du
procureur de la République, chef du parquet. Il est chargé de l’action publique et du contrôle de
l’application de la loi.
- Le corps administratif : composé des secrétaires judiciaires et administratifs, il est dirigé par
un secrétaire divisionnaire de l’administration, assisté par plusieurs collaborateurs, techniciens
ou agents, qui assurent le bon fonctionnement matériel et logistique du parquet.
La détention préventive (selon l’article 27 du Code de procédure pénale)
La détention préventive représente une mesure exceptionnelle de privation de liberté prononcée
à l’encontre d’une personne poursuivie, dans l’attente de son jugement définitif. Elle ne peut être
envisagée que dans un cadre juridique rigoureux, répondant à des critères bien définis par
l’article 27 du Code de procédure pénale.
Ainsi, cette mesure ne peut être appliquée que lorsque :
- Des éléments de preuve sérieux et concordants laissent présumer la culpabilité de l’individu
poursuivi ;
- Les faits reprochés constituent une infraction sanctionnée par une peine de servitude pénale
égale ou supérieure à six mois.
De manière exceptionnelle, une détention préventive peut être décidée même pour une
infraction punissable de moins de six mois, à condition que le comportement du suspect justifie
une telle mesure : risque de fuite avéré, dissimulation d’identité, récidive potentielle ou gravité
particulière des circonstances.
CONCLUSION
Au terme de notre stage, nous avons essentiellement été formés sur les réalités concrètes du
parquet près le Tribunal de Paix de Kinshasa/N’djili. Cette immersion pratique nous a permis de
rédiger le présent rapport, exigé dans le cadre de la validation de notre parcours académique.
De ce qui précède, il convient de retenir que le parquet près le Tripaix est une institution
fortement hiérarchisée, opérant dans une logique de dualité : d’une part, une administration
structurée, et d’autre part, un corps de magistrats exerçant l’action publique devant les
juridictions compétentes.
En dehors de l’introduction et de la conclusion, notre rapport a été structuré
méthodologiquement en deux grandes parties. La première partie est consacrée à l’organisation
et au fonctionnement du parquet, elle-même subdivisée en deux sections :
- La section 1 porte sur l’organisation du parquet ;
- La section 2 analyse son fonctionnement en lien avec les rôles respectifs des différents
intervenants.
La seconde partie, quant à elle, traite du déroulement du stage proprement dit. Elle comprend
quatre sections :
- Une introduction sur le magistrat (section 1),
: Ce parquet est placé sous la direction du procureur de la République ayant le grade de chef de
parquet. Ce dernier coordonne les activités des magistrats qui relèvent d’un statut spécifique,
fondé sur les principes d’impartialité et d’indépendance. Tout manquement à la déontologie
expose les magistrats à des sanctions disciplinaires, prononcées par le Conseil Supérieur de la
Magistrature.
Section 2. Fonctionnement du parquet
L’analyse du fonctionnement du parquet repose sur trois éléments fondamentaux :
I.2.1. Le ressort du parquet près le tribunal de paix de Kinshasa/N’djili
Le parquet près le tribunal de paix de Kinshasa/N’djili exerce sa compétence territoriale sur une
partie importante du district de la Tshangu, notamment les communes de N’djili, Masina et
Kimbanseke. Cette circonscription constitue son ressort juridictionnel.
Il convient de rappeler qu’autrefois, la ville de Kinshasa ne comptait que quatre parquets
rattachés aux tribunaux de grande instance. L’évolution du système judiciaire a conduit à la
création de parquets autonomes rattachés aux tribunaux de paix, afin de rapprocher la justice
des citoyens et d’améliorer l’efficacité des poursuites.
I.2.2 2. Le Service d’action publique : organe central du parquet, chargé du traitement des
infractions, du suivi des dossiers et de la réquisition de l’action judiciaire.
3. Les Services judiciaires* : en appui aux activités d’enquête, notamment pour les procédures
spécifiques.
Le Service de la détention relève du service d’action publique et assure le contrôle des
conditions de garde à vue et de détention provisoire.
Ce service supervise directement *les agents de la police judiciaire*, qui exécutent les mandats,
assurent les arrestations et procèdent aux enquêtes préliminaires sous l’autorité du parquet.
Les agents de police judiciaire sont ensuite répartis entre :
- Le secteur principal qui regroupe la majorité des opérations de terrain ;
- Les inspecteurs agents spécialisés dans les contrôles internes, les investigations complexes
ou les infractions particulières.
La coordination de tous ces agents est assurée par l’*Inspecteur Divisionnaire de la Police
Judiciaire, qui veille au respect de la légalité et de la déontologie professionnelle dans l’exercice
de leurs fonctions.
Lorsqu’un procès-verbal rédigé par un Officier de Police Judiciaire (OPJ) ou une plainte écrite
est déposée au parquet, le secrétaire en assure la réception. Il procède ensuite à son
enregistrement dans l’indicateur d’entrée, en y mentionnant le numéro d’ordre, la date de
réception et toute autre information utile. Le dossier est ensuite transmis au chef de parquet
pour traitement.
- Le procès-verbal ou la plainte complémentaire :
Lorsque le dossier a déjà été ouvert et numéroté, tout document complémentaire y relatif est
enregistré à l’indicateur d’entrée avec sa référence, la date d’enregistrement, et la suite du
traitement est annotée. Cela permet d’assurer un suivi cohérent et précis du dossier concerné.
2. Courriers sortants :
Tout courrier émis par le parquet, qu’il s’agisse de correspondances officielles, de convocations
ou de notifications, doit impérativement être soumis au secrétaire pour enregistrement à la
sortie. Ce dernier veille à ce que le chef de parquet soit tenu informé de tout échange et
conserve une copie de référence dans les archives de l’office.
(section 2),
- Les activités de l’OMP à l’audience (section 3),
- Et les interventions de l’OMP en dehors de son cabinet (section 4).
Il serait malhonnête de taire les difficultés rencontrées, notamment le contexte de grève des
magistrats durant une partie du stage, ce qui a limité l’accès à certaines pratiques judiciaires.
Toutefois, grâce à la disponibilité et à l’encadrement rigoureux du magistrat *VAMPEKE
MBOUCHON, ainsi que de son assistant *MAHONGA DARLY*, nous avons pu tirer un bénéfice
réel de cette expérience.
Enfin, ce stage nous a permis de comprendre que la profession de magistrat exige non
seulement une solide culture juridique, mais également une rigueur morale et intellectuelle dans
l’exercice des responsabilités. Nous repartons enrichis d’un savoir théorique renforcé par des
réalités de terrain, ce qui justifie et fonde le présent rapport.
Le mandat d’arrêt provisoire
Le mandat d’arrêt provisoire est une mesure restrictive de liberté prise à l’initiative du magistrat
instructeur. Il s'agit d’un acte unilatéral autorisant la capture immédiate du présumé auteur de
l’infraction. Ce mandat est temporaire et ne peut excéder cinq jours.
Durant ce délai, le magistrat a l’obligation de déférer le suspect devant un juge compétent
territorialement. Ce dernier pourra, sur base des éléments du dossier, décider de l’émission
d’une *ordonnance de détention préventive (O.D.P.)*, prolongeant légalement la mesure.
Lorsque l’enquête le requiert, une *ordonnance de confirmation (O.C.)* peut être prise pour
prolonger la détention durant une période supplémentaire, pouvant aller jusqu’à 30 jours.
Toutefois, si les faits ne sont pas suffisamment étayés, le juge a toute latitude pour relaxer
l’intéressé.
II.2.4 Les actes d’instruction
Les actes d’instruction sont les différents moyens procéduraux utilisés par le magistrat
instructeur pour éclaircir la vérité judiciaire. Ils comprennent, entre autres, l’interrogatoire de
l’inculpé, l’audition des témoins, les perquisitions, les saisies, les expertises, ainsi que les
confrontations entre parties.
II.2.4.1 Les actes de procédure
Ils regroupent l’ensemble des formalités et décisions juridiques encadrant l’instruction,
notamment les convocations, mandats, notifications et procès-verbaux. Ces actes garantissent
le respect des droits de la défense et la régularité des poursuites.