LE COAT GwenaA Lle 1997 Opt
LE COAT GwenaA Lle 1997 Opt
Gwenaëlle LE COAT
Ingénieur ENSIEG
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Composition du jury :
prés_entée par
Gwenaëlle LE COAT
Ingénieur ENSIEG
***************************************************************************
Composition du jury :
Pendant trois années au LEG et au LMN, certains ont supporté mes humeurs, mes
commérages, mes tristesses, mes colères et mes joies. Pour tout cela je leur suis très
reconnaissante.
C'est le cas des trois personnes qui ont dû partager mon bureau : Stéphanie Richard,
mon ex et future collègue, mais surtout amie qui s'est gentiment déplacée de Paris pour
m'encourager; Claire Divoux, toujours à l'écoute, partenaire de squash, de piscine et de basket
(si avec ça on ne passe pas pour des athlètes accomplies ... !!) ; et Tronc Vu Duc, toujours très
attentionné.
Je dois aussi remercier très chaleureusement Nadège Piette présente sur tous les plans
(tennis, basket, pot de thèse, dernières photocopies de thèse, mais aussi coups de blues, etc ... ).
J'ai partagé également de nombreuses pauses café, pauses tristesse, pauses rires, dans
un coin enfumé de la cafet avec Lucas Saludjian, c'est un modèle de patience et de gentillesse.
Mes amitiés à Son Duong, Luc et Laurence Meysenc, avec qui j'ai partagé de multiples
activités en dehors du laboratoire.
Merci enfin à tous ceux qui ont égayé ces années et à qui j'adresse ma plus profonde
amitié: Jean-Eric Torlay et Fabrice Le Dorze, compagnons d'exil, Jean-Pierre Peyrol pour son
soutien constant, Cristian Golovanov pour ses blagues vaseuses, Christian Schaeffer, Stéphane
Bergeon, Laurent Gros, Coralie Coutel, Séverine Guffon, Christophe Lechevalier, Luis De
Meideros, Victor Femandez, Till Welfonder et Catherine Talowski, Orphée Cugat, Laureline
Rouve, Patrice Petitclair, Joël Conrad, Bertrand Chauchat, ... et beaucoup d'autres.
J'ai été très touchée par le grand nombre de personnes qui sont venues me soutenir le jour de
ma soutenance. Qu'ils m'excusent de ne pas tous les citer dans ces quelques pages et qu'ils
sachent que leur présence a énormément compté pour moi en ce jour.
Je tiens à embrasser affectueusement mon parrain Jean Lécuyer et Georgette, amsl que
Monique et Jean-Paul Le Coat, qui n'ont pas hésité à traverser la France entière pour écouter
leur nièce parler de machines et de fuites, sujet fort peu palpitant pour un non initié, je l'avoue.
Merci à Stéphane et Bertrand Cocallemen, qui ont dignement représenté la branche Garcia-
Cocallemen de la famille!!! Bisous à Hélène Polhenz, aussi grande basketteuse (par la taille)
que moi, et Nicolas Moulin pour leur venue de Lyon, à Patrice Delmas pour son incorrigible
caractère, à Brigitte Meunier, oiseau migrateur, à Haïssam et Hélène Wehbe, Saint-
Marcellinois à mon plus grand bonheur, à Aurélie Alphonse, à Jean-Marc et Murièle Paret, à
Daniel Goncalves ...
Enfin, merci à tous ceux qui sont toujours présents par la pensée, le courrier, le téléphone ou
les mails (!!) : ma soeur Karine et ma nièce adorée, la petite Camillette qui me manquent plus
qu'elles ne le croient; mes cousins, cousines Valérie, Fred et Sandrine; mes grand-parents; le
showbizz au grand complet (ils se reconnaîtront) ; Sandra Sultan, amie de toujours ; Hélène
Acrosse, Gilles et Valérie Heinzle, Sandrick Le Maguer, Ronan Le Loer, Elise Sernin,
Gwenaëlle Le Mestre, Cécile Rozé, Anne-Marie Kermarrec, François-Xavier Zgainski, ... et
j'en oublie!
Merci à Jeff qui a désespéré de me voir cesser de prononcer le mot thèse, et dont la présence à
mes côtés, malgré la distance, a eu une inestimable valeur.
Enfin, je voudrais dédier cette thèse à ma grand-mère dont la présence continue à me manquer
terriblement.
Sommaire
Discrétion électromagnétique des machines électriques tournantes
INTRODUCTION ....................................................................................................................•...... 1
CHAPITRE 1:
CONTEXTE DE L'ETUDE 5
CHAPITRE II :
ETUDE EXPERIMENTALE 18
2-1 Le banc d' essais .... ....... ................... ................... ................... ..... ............... .. ................ ... 20
2-2 Protocole de mesure ....... .. ........ .. ... ............. .. .. ...... ............. ................ ...................... .. ..... 26
2-2-1 Positionnement des capteurs ................. ...... ......... .............................................................................. 26
2-2-2 Types d'essais effectués ........................ ......... ... ....... ....................... ............................. .......... ........... 26
2-2-3 Chemins d'exploitation ............ ........................ ........... .. .................................................................... 28
CHAPITRE III :
MODELES NUMERIQUES 48
3-2 Outils disponibles dans le logiciel ................. ..................... ... ........................ .... ........ .... 52
3-2-1 La boite infmie ........................................ ............ ....... ..................... ...... ......... ............. ........... ......... .. 52
3-2-2 Les éléments coques ...... ... ............ ................. ....................................................................... .... .... ..... 54
3-2-3 Optimisation du maillage ....... ............ .............. ................................................ .................... ......... ..... 56
3-2-4 Couplage éléments fmis / théorie des moments .... ... ............................................... ....... ............... ..... 58
3-2-5 Maillage structuré .......................................... .... ........... ............................ .... ..................................... 59
3-2-6 Conclusion ......................................................................................................................................... 60
Discrétion électromagnétique des machines électriques tournantes
CHAPITRE IV :
MODELE ANALYTIQUE 85
4-1 Théorie des moments: généralités ................................................................................ 87
CHAPITRE V:
COMPENSA TIONS 98
Dans les utilisations habituelles des moteurs, les fuites externes sont négligées. Cependant,
ces faibles valeurs de champ suscitent un intérêt croissant. En effet, les études dans le
domaine de la compatibilité électromagnétique portaient, jusqu'à présent, essentiellement sur
les composants électroniques agressés par des champs magnétiques, cependant il semblerait
judicieux de minimiser ces attaques par une meilleure connaissance des sources d'agression,
comme peuvent l'être des moteurs. Le but serait donc de prévenir plutôt que de guérir, les
deux étant bien entendu complémentaires et nécessaires. Un autre exemple de l'intérêt porté à
ces fuites réside dans ce qui a initié ces travaux : la protection et la sécurité de bâtiments
militaires, en particulier les chasseurs de mines. En effet, depuis la seconde guerre mondiale,
la mesure des variations du champ magnétique est utilisée dans des dispositifs de détection.
Les champs parasites, créés par un bâtiment, entraînent une anomalie locale du champ
terrestre et deviennent alors sources d'indiscrétion. Si des compensations ont été mises au
point pour limiter les aimantations statiques du navire, acquises dans le champ magnétique
terrestre [BRUNOTTE91], peu de choses ont été prévues concernant les champs
électromagnétiques, en particulier aux basses fréquences et pour des moteurs immergés. Les
chasseurs de mines, bâtiments à coque amagnétique ont deux types de propulsion : une
2
Introduction
propulsion principale, basée sur un moteur diesel, interne au bateau pour le transit et un
système indépendant de propulsion auxiliaire, constitué de deux hélices entraînées par deux
moteurs électriques immergés, pour la chasse aux mines. Ce sont ces gouvernails actifs qui
nous intéressent dans la mesure où les fuites électromagnétiques de ces moteurs immergés
utilisés sur la zone d'opération, posent, malgré leurs très faibles valeurs, des problèmes de
discrétion et donc de sécurité. Des blindages existent déjà sur ces moteurs mais ils sont
réalisés de façon plus ou moins empirique et aucune méthodologie p' est actuellement mise au
point pour une compensation systématique et efficace des fuites électromagnétiques.
Malgré un intérêt croissant concernant les signatures électromagnétiques basse fréquence, très
peu de travaux sur ce sujet ont pourtant été réalisés et publiés à l'heure actuelle. Les rares
études effectuées font, pour la plupart, objet d'une classification industrielle ou militaire.
Le travail qui nous a été demandé concerne donc l'étude des fuites électromagnétiques
extérieures aux moteurs que l'on nommera, par la suite, signature ou rayonnement, même si ce
dernier terme est habituellement plus utilisé pour les hautes fréquences que pour les basses
fréquences. Une bonne connaissance de cette signature facilitera la recherche d'une
compensation optimale des fuites magnétiques. Dans un souci de simplification, il ne nous a
pas été demandé de nous préoccuper des connexions, celles-ci pourront faire l'objet d'une
étude ultérieure.
Notre travail se limitera aux machines asynchrones, les plus répandues pour notre application
car les moins onéreuses. Cependant l'analyse de la signature des machines synchrones se ferait
exactement avec les mêmes méthodes.
Ce mémoire est divisé en cinq chapitres qui s'enchaînent de façon logique mais peuvent être
abordés séparément.
Le premier chapitre propose un panorama rapide de la propulsion électrique des
navires, domaine important en ce qui concerne la discrétion électromagnétique liée aux
machines tournantes. Il présente également de façon succincte de nouveaux types de moteurs
élaborés actuellement par les industriels afin d'évaluer l'avenir de la propulsion électrique et
d'estimer les incidences sur le plan de la discrétion électromagnétique. Enfin, nous donnerons
quelques définitions qui nous paraissent indispensables pour la compréhension de ce
mémoire.
3
Introduction
4
Chapitre 1:
Contexte et définitions
préalables
5
Chapitre l •
•
Contexte et définitions
préalables
Les progrès scientifiques dans le domaine de l'électrotechnique ont été considérables durant
ce siècle : pour ne parler que des machines électriques, nous avons évolué des machines à
courant continu vers les machines à courant alternatif : les machines synchrones et
asynchrones. Ces progrès sont en partie dus à l'essor considérable qu'a connu l'électronique
de puissance.
Plus les équipements électriques deviennent perfectionnés, plus les exigences en matière de
sécurité, de bruit et de vibrations deviennent fortes. C'est pourquoi, aujourd'hui, émergent des
interrogations à propos de la discrétion électromagnétique qui n'étaient auparavant pas autant
mises en exergue. La propulsion électrique est un des domaines qui s'intéresse fortement à la
discrétion. C'est d'ailleurs autour de ce thème que gravite notre travail.
Nous présenterons dans ce chapitre, tout d'abord, le contexte initial de cette étude, à savoir la
propulsion électrique en général et celle des chasseurs de mines en particulier. Nous
donnerons ensuite quelques définitions qui nous semblent essentielles pour la compréhension
de cette étude.
6
Chapitre 1 Contexte de l'étude
La propulsion électrique des navires suscite un intérêt croissant et récent. Nous pouvons pour
illustrer ce phénomène citer le congrès intitulé "AlI Electric Ship" qui a eu lieu à Paris pour la
première fois en mars 97 et qui a regroupé des universitaires, des industriels et des militaires
autour d'un même thème: le navire tout électrique. Leur but commun était de faire le point sur
les nombreuses solutions techniques qui permettent de rendre un navire tout électrique, mais
aussi de comparer la fiabilité, le coût et les performances d'un tel navire avec des bâtiments
plus conventionnels. La construction de ces nouveaux types de bateaux comporte des
problèmes purement technologiques liés à l'architecture navale. Mais les points principaux
dont on doit se préoccuper sont l'appareillage électrique et le système électrique.
Les soucis de discrétion des navires concernaient, jusqu'à présent, principalement le domaine
acoustique, la propulsion des navires étant généralement diesel, et le magnétisme statique.
Avec l'apparition des moteurs électriques, d'autres bruits ont dû être pris en compte: les bruits
électromagnétiques. Ce sont ces perturbations magnétiques qui ont conduit le GESMA
(Groupe d'Etudes Sous-Marines de l'Atlantique) à s'intéresser à la discrétion
électromagnétique des systèmes de propulsion, en particulier celle du chasseur de mines
(bâtiment de surface).
Nous détaillerons tout d'abord les avantages d'une propulsion électrique, ensuite nous
présenterons à titre d'exemple les moteurs de propulsion des chasseurs de mines. Enfin, nous
tracerons un aperçu de l'avenir de la propulsion électrique et donc de la discrétion magnétique.
7
Chapitre 1 Contexte de J'étude
La propulsion électrique semble prendre un essor considérable. En effet, les moteurs diesel
engendrent des bruits acoustiques difficilement contrôlables. De plus, ils ont une faible
flexibilité de manoeuvre et ont de mauvaises performances surtout aux faibles régimes.
Les moteurs électriques asynchrones ont, quant à eux, subi une évolution considérable au
cours de ce siècle. Ils se sont trouvés confrontés à des problèmes concernant la commande à
vitesse variable, ardue à mettre en place. Ces difficultés ont été résolues dans les années 70
grâce à l'électronique de puissance qui a permis l'utilisation en propulsion des machines
synchrones et asynchrones. De plus, grâce à la propulsion électrique, les coûts de maintenance
chutent considérablement et les niveaux de vibrations sont énormément réduits.
Pour toutes ces raisons, l'avenir de la propulsion électrique est en pleine expansion et c'est
pourquoi il est important de s'y intéresser.
hélice principale
8
Chapitre 1 Contexte de l'étude
Du cas général (la propulsion électrique), nous nous orientons vers le cas particulier (le
moteur de chasseur de mines) afin d'avoir un aperçu de ce qui existe actuellement en matière
de propulsion et de ce qui reste à faire concernant la discrétion électromagnétique.
De tous temps, les mines sous-marines ont constitué une menace redoutable: elles présentent
une efficacité réelle et sont très difficiles à dénombrer; enfin, elles ont l'avantage d'avoir un
coût de fabrication peu élevé et d'être faciles à utiliser. Face à ces menaces, les bâtiments de
surface que sont les chasseurs de mines apparaissent comme indispensables. Leur mission
principale est de chercher et de détruire les mines. Or, ces mines sont sensibles au niveau
acoustique, magnétique et à la pression. C'est pourquoi, les chasseurs de mine doivent être
aussi discrets que possible. La coque du chasseur de mines est amagnétique et donc
parfaitement perméable aux fuites. Durant le transit, c'est-à-dire quand le bateau navigue sans
remplir sa mission de chasse aux mines, une hélice principale est entraînée par un moteur
diesel. Durant sa phase opérationnelle de chasse, pour réduire la signature acoustique et pour
faciliter la manoeuvrabilité du bateau, deux hélices sont entraînées par un système de
propulsion électrique auxiliaire, indépendant, immergé. Ce sont ces gouvernails actifs qui
nous intéressent car leurs fuites sont particulièrement décelables. Nous détaillerons donc les
principales caractéristiques de ces moteurs à flux radiaux afin de bien appréhender le
problème. Les moteurs de ce système ont 8 pôles et développent une puissance active
nominale de 88 kW. Ils sont à champ radial et ont des encoches profondes. Leur glissement
nominal est gn = 6%. La vitesse de rotation du gouvernail actif peut varier de 50 tr/min à 225
tr/min, et la fréquence de sortie de 2 Hz à 17 Hz. Leur source d'énergie est un alternateur
triphasé délivrant une tension alternative de 400 V à 60 Hz. Un tableau principal reçoit et
distribue cette tension aux convertisseurs statiques qui alimentent les gouvernails. Les ordres
transmissibles aux convertisseurs sont la vitesse et le sens de rotation de l 'hélice. Le moteur
est dimensionné de façon à supporter un flux <l>n, le flux nominal, proportionnel au rapport
donné par le courant statorique nominal In = 255A. La régulation se fait à flux constant: le
moteur asynchrone à cage d'écureuil travaille de façon idéale en vitesse variable à condition de
l'alimenter par une source assurant la condition セ@ = cons tan te . Les têtes de bobines ne sont pas
f
préformées, elles sont constituées de conducteurs souples'. Les encoches rotoriques sont
profondes, ce qui est utile pour un démarrage à 50 Hz, mais qui n'est pas nécessaire si l'on
9
Chapitre 1 Contexte de l'étude
fonctionne à vitesse variable. Pour réduire la signature magnétique, des écrans passifs ont été
installés sur ces moteurs électriques asynchrones de propulsion, au dessus des têtes de
bobines. Ils sont constitués d'une masse ferromagnétique cylindrique qui canalise les fuites au
niveau des têtes de bobines. Des boucles d'immunisation statique compensent le
ferromagnétisme du bateau et du moteur, en particulier celui du blindage. Dans une optique
d'optimisation, il nous a été demandé de trouver une solution pour réduire les fuites
électromagnétiques des moteurs asynchrones en général et de celui du chasseur de mines en
particulier.
La propulsion électrique subit de réelles évolutions à l'heure actuelle; il nous paraît donc
iiüportant de lister également les nouveaux types de moteurs de propulsion envisagés,
puisqu'ils auront sûrement des contraintes à respecter au niveau de leur signature magnétique.
Nous avons vu précédemment pourquoi la propulsion électrique avait un avenir certain. Nous
avons également décrit un moteur de propulsion, de conception classique à flux radial.
Cependant, de nouveaux types de machines voient le jour. Nous citerons les deux principaux.
Elles comportent un certain nombre de disques fixes bobinés (stator) et de disques mobiles
(rotor) supportant des cassettes d'aimants permanents [MICHAux97] . Ces moteurs ont pu être
développés grâce aux progrès dans le domaine des matériaux électrotechniques et notamment
des aimants. Cette structure a l'avantage d'être de taille réduite et d'obtenir un couple
important avec une faible quantité de matériaux ferromagnétiques. Le fer est utilisé de façon
optimale et on peut alors diviser au moins par deux la masse d'un alternateur. Une des
caractéristiques supplémentaires de cette machine réside dans son grand nombre de pôles.
Pour que la longueur des têtes de bobines ne soit pas supérieure à la longueur utile de la
machine, il faut en effet que le nombre de pôles soit élevé. De plus pour une question
d'usinage, il vaut mieux ne pas avoir une des dimensions des aimants qui soit nettement
supérieure aux autres. Cette polarité élevée permet une réduction de l'épaisseur des culasses
et donc du poids. Dans le cas d'une propulsion électrique pour bâtiments militaires, outre les
10
Chapitre 1 Contexte de l'étude
L'intérêt majeur de ces nouvelles machines réside dans le fait qu'elles produisent un très fort
couple massique et que leur rendement est très élevé. En effet, les pertes des supraconducteurs
sont nulles en courant continu et très faibles en alternatif grâce au développement de
nouveaux composites Nobium-Titane (NbTi) très performants. Par contre, ces moteurs
nécessitent un environnement cryogénique important, indispensable pour que les
supraconducteurs conservent leurs propriétés spécifiques, avec pour conséquence une
augmentation notable de leur prix et de leur poids. Il existe donc une taille dite critique en
dessous de laquelle la solution supraconductrice n'est pas intéressante à cause du système de
refroidissement. Les supraconducteurs à haute température critique apparaissent donc comme
des matériaux extrêmement prometteurs en simplifiant énormément la cryogénie. Cependant
leur niveau de développement et leurs performances sont encore insuffisants pour envisager
leur emploi à court terme dans de bonnes conditions technico-économiques.
Pour la propulsion navale, où un fort couple à faible vitesse est recherché, des solutions
intéressantes semblent avoir, dès à présent, été trouvées [TlXADOR97]. La plus réaliste d'entre
elles conduit à une solution hybride : compromis comportant un induit supraconducteur et un
inducteur à aimants permanents. En effet, la cryogénie est très complexe pour une enceinte
tournante et cette difficulté est ainsi contournée. La structure d'une telle machine est
nécessairement bouleversée : le circuit magnétique est réduit à une simple couronne située à
l'extérieur de l'induit supraconducteur. Son rôle essentiel est celui d'un écran magnétique.
Cependant, on peut craindre des fuites magnétiques plus importantes que pour un moteur
classique si cet écran n'est pas suffisamment protecteur et, augmenter sa taille réduirait
l'intérêt intrinsèque de ces machines en terme de poids. La couronne magnétique extérieure
diminue essentiellement l'induction sur une section droite du moteur. En revanche, dans l'axe,
Il
Chapitre 1 Contexte de l'étude
1-2 Définitions
Nous avons évoqué dans l'introduction générale les différentes sources de fuites
électromagnétiques qui vont créer soit des fuites internes au moteur, soit des fuites externes.
Pour rappel, nous présentons ci-dessous ces différentes fuites.
セ@ Fuites internes
rJr Fuites d'encoches (Figure 2)
........> ... ..... ..... ............ .
. .. セZNL@ .. : i ! {ᄋセZN@ .. 1i
:ᄋセZエQェlB@ セ@ . J;;J.,: :セ@ :. セN@ : encoches
Les lignes d'induction correspondant à ces fuites se referment autour des conducteurs.
12
Chapitre 1 Contexte de l'étude
fuites zigzag
ェセwャ@
fuites de phases
Il existe deux types de fuites différentielles : les fuites dues au nombre fini de phases, et les
fuites résultant des discontinuités dues aux encoches appelées fuites zigzag (Figure 3) . .
Nous ne nous soucions pas de ces fuites internes dans ce mémoire puisqu'elles n'interviennent
pas directement sur la signature.
セ@ Fuites externes
Gr Fuites d'extrémités
ウエ。ッL⦅セス@
rotor
_m :·::\:rérnitéS
"
" ':"
.::::
Les lignes d'induction correspondant à ces fuites se referment à l'extérieur du moteur, elles
sont sources de champ rayonné. Les extrémités sont constituées des têtes de bobines
statoriques et des anneaux de court-circuit de la cage d'écureuil.
ウエ。ッL⦅セ@
rotor - ]
Figure 5 : Fuites du circuit magnétique
13
Chapitre 1 Contexte de l'étude
Le flux d'une annature magnétique a tendance à se refenner par la seconde annature et par
conséquent, il crée des fuites externes.
Ces fuites sont donc responsables de l'indiscrétion électromagnétique perturbatrice qui nous
préoccupe.
1-2-2 Multipôles
Pour détenniner les fuites, il est indispensable d'en connaître l'origine. Toute source de
champ magnétique peut être décomposée en une combinaison de différents multipôles. Une
telle identification multipolaire des moteurs facilitera la compensation des champs rayonnés.
Il nous semble donc nécessaire de présenter en rappel quelques structures élémentaires
multipolaires (dipôles, quadrupôles et octupôles) puisque ces tennes seront très utilisés par la
suite.
14
Chapitre 1 Contexte de l'étude
B varie en 1Ir3
!Quadrupôle !
B varie en l/r4
a22 x bn x
セ@
! ...
y ... 1 z y
b3\ b3\
"x
a3\ x X
Y z y z
y* y
x x x
z y z y
15
Chapitre 1 Contexte de l'étude
(1-2)
Elle prend une fonne simplifiée en deux positions nommées positions de Gauss (Figure 8).
---- ---
/
;'
セ@
--- --- --, \ Induction BI,
l" Moment magnétique ,/ 1ère position de Gauss
BI __ -"",,-,
GMセ セ@ --------
/
;'
セM --- --- ---- Pl- ------ -',
,
,,
1 \
1
Les expressions de l'induction créée par ce dipôle aux positions de Gauss sont:
- Ilo m- - Ilo m-
BI = - - et B 2 = - - - (1-3)
21t r 3 41t r 3
Par une position judicieuse des points de mesures ou de calculs autour du moteur, on peut
alors détenniner un dipôle équivalent et son moment magnétique associé, s'il existe.
16
Chapitre 1 Contexte de l'étude
Ces définitions nous aident à chercher une représentation multipolaire de la machine, ce qui
facilite la compensation des champs de fuites.
Conclusion
17
Chapitre Il :
Etude expérimentale
18
Chapitre II •
•
Etude expérimentale de la
signature
Dans le chapitre précédent, nous avons vu que la discrétion électromagnétique des machines
tournantes pouvait s'inscrire dans le cadre de la propulsion électrique, domaine en pleine
expansion. Cependant, pour obtenir une discrétion efficace, il s'agit de bien connaître la
signature électromagnétique. La solution la plus concrète consiste en une étude expérimentale
approfondie, objet de ce second chapitre. Elle a un double rôle. Tout d'abord, elle sert à la
validation d'un modèle numérique des fuites électromagnétiques. Ensuite, elle permet de tester
pratiquement sur le banc d'essai la solution fournie par le modèle simulé pour réduire les
fuites. L'importance de cette étude nous a obligés à prendre des dispositions particulières lors
de sa mise en oeuvre. De plus, les fuites d'un moteur sont généralement faibles : des
inductions de l'ordre du nano Tesla sont très vite atteintes dès que l'on s'éloigne d'une machine
tournante. C'est pour cette raison que l'on doit absolument s'affranchir de toute perturbation
parasite qui viendrait fausser nos mesures. Nous commencerons donc dans ce chapitre par la
présentation du banc d'essais et des précautions qu'il a fallu prendre. Nous établirons ensuite le
protocole de mesures mis en place autour des moteurs étudiés (à 2 et à 4 pôles). Toute une
série de tests a été effectuée. Nous en avons retiré les points principaux. Après une description
des lois générales qui ont été établies, nous montrerons de quelle façon la présence du rotor et
celle des flasques influent sur la signature. Enfin, nous évaluerons l'influence d'une
excentricité du rotor.
19
Chapitre 2 Etude expérimentale
cadres transversaux
et verticaux cadres longitudinaux
moteur capteurs
Pour ne pas créer d'anomalies magnétiques locales l'installation est entièrement amagnétique,
les clous sont en aluminium, le béton est armé en fibre de verre, les câbles EDF sont torsadés,
les bâtiments sont en bois. A l'intérieur de l'un d'eux sont disposés des cadres verticaux,
longitudinaux et transversaux pouvant être alimentés de façon à contrôler le champ
magnétique dans les trois directions. Grâce à ces cadres, nous maîtrisons avec une grande
homogénéité le champ magnétique dans la salle des expérimentations [Tableau 1]. Nous
pouvons par exemple créer un champ inducteur opposé au champ terrestre si nécessaire. Pour
20
Chapitre 2 Etude expérimentale
nos expériences, nous avons vérifié qu'il n'était pas indispensable de se placer en champ nul,
les capteurs permettant de faire une remise à zéro initiale.
Les moteurs étudiés sont positionnés au centre du simulateur. Nous avons choisi d'étudier
deux moteurs de même gamme de puissance mais de nombre de pôles différents.
Le premier est une machine asynchrone bipolaire de puissance apparente Sn = 25kVA. Sa
carcasse est magnétique, les flasques et l'arbre sont amagnétiques. Le rayon extérieur de la
carcasse vaut 153 .5 mm. L'entrefer mesure 1 mm. Au stator, on trouve 2 conducteurs par
encoches, le moteur a 36 encoches. Il est bobiné avec un pas raccourci de 5/18 comme le
montre le schéma de bobinage (par pôles imbriqués) de la Figure 10. Nous avons représenté
les têtes de bobines d'une seule phase pour une meilleure visualisation:
21
Chapitre 2 Etude expérimentale
1.8
1.6 /
セ@ -- セ@
E
Q)
1.4
(
1.2
i
5000 10000 15000
H (Alm)
Le second moteur asynchrone est tétrapolaire, de puissance Pn = 18.5 kW à 1450 tr/min avec
cos<p = 0.86. Sa carcasse est amagnétique, l'arbre est magnétique. Deux types de flasques ont
été montées : les flasques d'origine, magnétiques et des flasques amagnétiques réalisées pour
évaluer leur influence.
Le rayon extérieur du stator est de 120 mm. Son rayon intérieur vaut 75 mm.
Le rayon externe du rotor est de 74.5 mm. Son rayon interne vaut 29 mm.
La longueur totale de fer est de 225 mm.
Le stator a 48 encoches statoriques. Le bobinage est de type concentrique à pôles conséquents,
à deux voies en parallèle. Chaque bobine est faite de 68 spires en série composées de 5 fils
conducteurs en parallèle de diamètre égal à 0.9 mm. Le nombre de demies spires par encoche
est de 17 et le nombre total de bobines est de 6 (2 par phase).
Le rotor est à double cage et à encoches inclinées. La cage d'écureuil comporte 40 encoches.
Le schéma de bobinage statorique est présenté Figure 12 .
r--+------7----++-
1
--+:-+-i-+i-----, r .. ᄋセ ᄋ ᄋ ᄋ ᄋ ᄋ イjᄋ ᄋ イゥ[@ ..................:...........:... ] ZMiセ@ セM @ セMエZᄋLゥ@
イMt」ゥセiNLャ@ : : :":::1::1:::[::[: :::.::.:: ::: ... セ@ セ@ : i i :-; セ@ - - [セNエLMZ@ ii
セエ セ NKセ@ セK@ セ@ •• +++4 セN@ •• ++
ffiœŒœo66o+ ッ│`←セ@ セ`VPK@ oàào@ffi@@
Figure 12 " Schéma de bobinage du moteur 4 pôles
22
Chapitre 2 Etude expérimentale
23
Chapitre 2 Etude expérimentale
1 compensation
1 oscillateur セ@ I---.-------i contre-réaction
Champ magnétique )f
ambiant
amplificateur iMGセvウ@
R
Un oscillateur envoie des impulsions dans une sonde à noyau saturable. En présence d'un
champ magnétique, l'impédance de cette sonde est modifiée. Le détecteur produit alors un
signal proportionnel à la dissymétrie des impulsions donc du champ magnétique. Un
amplificateur et le réseau de contre-réaction produisent un courant qui traverse la sonde et
asservit à zéro le champ magnétique. La mesure du courant de contre-réaction est donc
directement proportionnelle au champ magnétique mesuré.
L'autre grandeur d'entrée de ces capteurs est le courant de compensation injecté dans le but de
provoquer un décalage des sorties afin de corriger de faibles perturbations constantes de
l'environnement. Pratiquement, lors de l'expérimentation, l'induction est mesurée autour du
capteur, le moteur étant hors tension. Une remise à zéro du capteur permettra lors de la mise
sous tension du moteur de ne relever que le champ rayonné.
Les bruits varient de 10 à 15 nT. Ces capteurs sont des filtres passe-bas passifs qui fournissent
trois tensions analogiques proportionnelles aux trois composantes du champ magnétique
ambiant et qui comportent deux gammes d'utilisation: +/-10000 nT ou +/-100000 nT.
L'analyse des valeurs relevées par les capteurs est faite par une chaîne d'acquisition qui
comporte 64 voies. On dispose de 14 capteurs, le champ est relevé dans les 3 directions pour
chaque capteur, donc 42 voies sont réellement utilisées.
24
Chapitre 2 Etude expérimentale
On pilote cette chaîne d'acquisition grâce au logiciel HP-Veetest [HPV] installé sur une
station HP745, 64 MHz. Cette chaîne est suffisamment éloignée de l'ensemble
{moteur+capteurs} pour ne pas perturber les mesures.
Cartes d'acquisitions
reliées aux capteurs
25
Chapitre 2 Etude expérimentale
Les capteurs ont été placés suivant deux directions privilégiées : 7 axialement et 7
radialement. L'espacement entre les capteurs a été choisi de façon aléatoire. Cependant, après
quelques tests, nous n'avons pas positionné de capteurs à moins de 400 mm du centre du
moteur pour ne pas les saturer. Dans le même temps, nous avons choisi de ne pas les éloigner
à plus de 2 m, pour ne pas avoir de mesures trop espacées qui nécessiteraient alors des
extrapolations exagérées et afin d'obtenir des valeurs d'induction mesurables. Finalement,
nous avons choisi d'espacer de plus en plus les capteurs au fur et à mesure que l'on s'éloignait
du moteur. Ces positions ont été conservées pour les deux moteurs.
Deux séries d'essais ont été réalisées : la première sans rotor où nous avons cherché à mettre
en évidence les fuites statoriques; enfin la seconde avec rotor où nous avons mesuré les fuites
totales.
Ces essais ont été effectués en statique, à vide, le rotor étant fixe par rapport au stator. Avec
ou sans rotor le moteur a été alimenté successivement de 3 manières différentes dont chacune
26
Chapitre 2 Etude expérimentale
tl t2 Temps (5)
Si l'on fige ces courants aux instants tl et t2, alors cela revient à alimenter:
- pour t1 : une phase à Ir et les 2 autres phases à -l r/2
- pour t2 : une phase à h, la deuxième à -h et la troisième à O.
- 3 phases alimentées
- - - 2 phases alimentées
1
---+
27
Chapitre 2 Etude expérimentale
Ces deux types de configurations statiques, appelées « trois phases en étoile » et « deux phases
en série» ont été effectuées à Herbeys au LMMCF. Elles ont pennis de tester la linéarité des
matériaux du circuit magnétique en comparant l'induction résultant de ce type d'alimentation
à la somme des inductions créées par les phases alimentées séparément.
Pour le bobinage triphasé, soient BI, B2, B3 les champs créés dans l'entrefer par les courants
circulant dans les phases 1, 2 et 3. On a alors, en présence du rotor:
BI = KIJ2 cos(rot)cos(9)
B 2 = KI J2 cos( rot - 23 1t ) cos( 9 - 231t ) (II -1)
Le champ total dans l'entrefer est donc égal à B(9) = セ@ KIJ2 cos(rot - 9). (II-2)
2
En cas de non saturation, les champs obtenus à l'extérieur du moteur sont proportionnels à
lB totall
ceux obtenus dans l'entrefer. Donc les rapports, à un instant t donné, sont
lB d'une phasel
Pour relever la signature tout autour du moteur, nous avons choisi, pour une question de
simplicité, d'immobiliser les capteurs et de tourner manuellement le moteur. Nous avons donc
mesuré l'induction magnétique, pour chaque position des capteurs, tous les 15°. Pour analyser
au mieux les résultats, nous avons tracé la signature, soit le long d'un arc de cercle, soit le
28
Chapitre 2 Etude expérimentale
long d'un segment. Les exploitations des résultats ont été réalisées à l'aide du logiciel Matrix-
x [MATRIX-X].
Bx Capteurs
radiaux
8 Capteurs
radiaux Capteurs axiaux
Nous avons ciblé notre étude sur les résultats des capteurs radiaux.
Devant chaque figure nous rappellerons, par une icône, le chemin choisi.
29
Chapitre 2 Etude expérimentale
Ce paragraphe donne les lois générales déduites des études expérimentales issues des diverses
alimentations présentées précédemment. Nous travaillons autour d'une section droite du
moteur. Nous étudions les mesures des capteurs radiaux. Les résultats présentés étant très
généraux, nous avons choisi dans cette partie de ne donner que des figures relatives aux fuites
statoriques, sachant qu'une étude comparée concernant le rotor fera l'objet du paragraphe 2-4.
S le-06
c
o
t5:J
"0
C
······ ············· ·f· ····
le-07
1000
Distance (mm)
La machine 2 pôles a une décroissance dipolaire (en 1/r3) loin du moteur. La machine 4 pôles
a une décroissance quadrupolaire (en l/r4 ) près de la machine puis dipolaire dès que l'on
s'éloigne. Nous observons donc une dégénérescence multipolaire due à un déséquilibre dans
30
Chapitre 2 Etude expérimentale
le quadrupôle initial réel, par définition non parfait. A priori, dans un cas idéal, on aurait
intérêt, pour minimiser les fuites, à avoir des moteurs à grand nombre de pôles : la
décroissance du champ à l'extérieur serait alors plus rapide.
セ@ Représentation développée
Une autre façon de visualiser les résultats est de tracer l'induction le long de circonférences
autour du moteur, de façon développée.
Sur la Figure 23, nous nous plaçons à 523 mm, une des positions des capteurs, dans un cas de
fonctionnement réel du moteur, c'est à dire dans le cas où 2 phases sont alimentées en série.
B 1 2 pôles 1 B 4 pôles
HセtIXMN@ HセtI@ 6 イMセGBL@
: :
Tイ ᄋ ᄋᄋ B Lᄋ ᄋᄋ L ᄋ セ ᄋ@ ....... L セ@
4
j ]ゥセ@ 1
0 0
1
1
-2 ... 1
-2
-4
-4
-6
-8 0 -6 0
300 400 100 200 300 400
angle (deg)
Figure 23 " Induction le long d'un cercle à 523 mm, 2 phases alimentées en série, sans rotor
Le moteur 2 pôles se comporte au loin comme un dipôle. En effet, quelque soit la distance au
moteur, lorsque Bx est nulle, Bz est maximum et inversement, comme pour les positions de
Gauss d'un dipôle. De plus, pour une distance donnée sur un arc de cercle autour du moteur,
plus on s'éloigne du moteur, plus Bzmax tend vers 2*Bxmax , ce qui confirme l'hypothèse de la
31
Chapitre 2 Etude expérimentale
L'induction créée par le moteur 4 pôles a une double périodicité, conformément à celle créée
par un quadrupôle. By est, pour ce moteur, négligeable par rapport à Bx et Bz. On retrouve les
mêmes propriétés que pour le moteur 2 pôles, à savoir le long d'un arc de cercle autour du
moteur, Bx=O pour Bzmax et Bz=O pour Bx max .
Bx et Bz varient selon les essais (1, 2, ou 3 phases alimentées) de façon attendue: quand on
passe de l'essai où une phase est alimentée à celui où 2 phases sont branchées en série, les
composantes sont multipliées par >/3. Ceci était prévisible puisque, dans l'entrefer, l'induction
créée par chaque phase est de la forme :
Bt=K1>/2cos8
B2=-K1>/2cos(8-21t/3) (II-3)
Sans le rotor, nous avons vu que ces expressions restent encore valables avec des valeurs de K
différentes. Nous avons donc Bsérie=K1>/3>/2cos(8-1t/6) dans l'entrefer. Ce coefficient
multiplicateur >/3 se retrouve sur les valeurs de champ à l'extérieur dans la mesure où les
matériaux magnétiques ne saturent pas.
De même, quand les 3 phases sont connectées, les composantes Bx et Bz sont multipliées par
2.
2
par rapport à l'essai où une seule phase est alimentée, car Bétaile = 'i2 Kl.J2 cos 8 dans
セ@ Représentation polaire
32
Chapitre 2 Etude expérimentale
90
0.8
0.6
0.4
0.2
180 0 0
0.2
0.4
0.6
0.8
270
400
L'avantage d'une telle représentation est qu'elle permet de visualiser des dissymétries
géométriques ou physiques de la machine. Sur la Figure 25, nous avons représenté les
composantes de l'induction quand une phase est alimentée. Nous avons reproduit la même
opération pour les 3 phases, c'est pourquoi pour chaque composante nous avons 3 courbes.
co
(')
(\J
(»
o'"
(»
T-
l()
o
33
Chapitre 2 Etude expérimentale
12 pôles 1 14 pôles 1
90 90
3e-06 2e-06
2.5e-06
1.5e-06
2e-06
1.5e-06 1e-05
1e-06
5e-07 E
I3x
l 1 5e-07 c
o
180 hGゥMKセ セ BGセ セ セMKNヲ@ 0 0 tl:::J
5e-07 U
5e-07 .s
1e-06
1.5e-06 1e-06
2e-06
1.5e-06
2.5e-05
3e-05 2e-06
270 270
angle (rd) phase 1 angle (rd)
_ phase 2
90
1.4e-06 ---- phase 3 1e-06
1.2e-06 8e-07
1e-06
8e-07 6e-07
5e-07 4e-07
4e-07
2e-07 E
I3y
l 1 2e-07 c
o
180 QエBMセG N セhMエo@ 0 U
:::J
2e-07
2e-07 };
4e-07
6e-07 4e-07
8e-07 5e-07
1e-06
1.2e-06 8e-07
1.4e-06 1e-06
270 270
angle (rd) angle (rd)
90 90
4e-06 2.5e-05
3e-06 2e-05
1.5e-05
2e-06
1e-05
ro:l 1e-06 E 5e-06 E
セ@
180 セ iヲGKB KGMセ セ セBGエZJ]MK\o@ 0
c
'§
:::J
180 NLセ[MK .....-+-Ht+-<H 0 0 p
c
o
{)
:::J
u
1e-06 セ@ 5e-06 .ç;
1e-05
2e-06
1.5e-05
3e-06 2e-05
4e-06 2.5e-05
270 270
angle (rd) angle (rd)
Figure 25 " Composantes de l'induction en coordonnées polaires, 523 mm, 1 phase alimentée,
sans rotor
34
Chapitre 2 Etude expérimentale
Pour le moteur 2 pôles, les 3 phases produisent la même composante Bx, symétrique (les 2
lobes sont de la même taille) avec un déphasage égal à 21t/3. By, en revanche, est très
différente selon la phase alimentée et très dissymétrique. Cependant, les valeurs crête à crête
de By (environ 1.2 IlT) restent nettement inférieures à celles de Bx ou Bz (autour de 5 IlT).
Bz, quant à elle, conserve le déphasage de 21t/3 entre chaque phase, et ses valeurs sont
sensiblement les mêmes d'une phase à l'autre. En revanche, ces lobes ne sont pas exactement
de la même taille et traduisent une dissymétrie géométrique (de la machine) ou physique (des
têtes de bobines).
Pour le moteur 4 pôles, au déséquilibre des lobes près, nous visualisons nettement, pour Bx,
quatre lobes. Les phases sont bien déphasées de 21t/3. Le quadrupôle représentant le moteur
n'est pas parfait et dégénère au fur et à mesure que l'on s'éloigne, pour finalement se
transformer en un dipôle, ce qui se traduit en terme de représentation polaire par une évolution
des qüatïe lûbes vers deux lobes uniques.
By et Bz ont, quant à eux, une composante continue. Si pour By, ce décalage n'a que peu
d'importance vu les faibles valeurs d'induction, pour Bz, il est en revanche prépondérant.
Ceci s'explique par la présence d'un champ de fuites créé par les têtes de bobines (Figure 26).
1
/ \
\
1 \
1 1
1 1
1 1
' "
.......... ,
..... _- ' --'
...... _-----
."."",,/
35
Chapitre 2 Etude expérimentale
Le champ de fuites supérieur Bsup est opposé à Binf mais de même direction. Ils créent des
fuites dans tout l'espace. En particulier sur une section droite médiane au moteur, le champ est
principalement dans la direction radiale, donc suivant la direction z correspondant aux
capteurs radiaux. Ce champ s'ajoute au champ de fuite s'échappant du circuit magnétique et
par conséquent il est responsable de la composante continue visible sur les courbes en polaire
(Figure 25).
Nous avons superposé ensuite, sur la Figure 27, les 3 composantes de l'induction relevées
pour chaque moteur quand les 3 phases sont alimentées en étoile, à 684 mm du centre du
moteur (bon compromis pour, d'une part éviter la saturation des capteurs et d'autre part,
conserver un bon rapport signal/bruit).
12 pôles 1 4 pôles
90
90
2.5e-06
49-06
2e-06
39-06 1.5e-06
2e-06 le-06
le-06 E 5e-07 Ec
0
c 0 0 t5::J
180 エMBKZセiッ@ 0 .gu
:J
'0
5e-07 '0
.ç
le-06 .>;
le-06
2e-06 1.5e-06
3e-06 2e-06
4e-06 2.5e-06
270 270
angle (deg) angle (deg)
Nous avons vu précédemment que le moteur 2 pôles avait une décroissance dipolaire. Sur les
courbes de la Figure 27, nous observons qu'en première position de Gauss (à 270°)
l'induction du moteur 2 pôles est presque deux fois plus importante qu'en seconde position de
Gauss, ce qui est compatible avec un dipôle. La composante By est beaucoup plus faible que
Bx et Bz, pour les deux moteurs ce qui peut s'expliquer par des dissymétries liées à la
conception, non parfaite, du moteur tant au niveau géométrique que physique.
36
Chapitre 2 Etude expérimentale
Pour le moteur 4 pôles, quand les 3 phases sont alimentées, la composante continue de Bz est
nulle. En effet, au niveau des têtes de bobines, une compensation s'opère entre les champs
créés par chaque phase alimentée. De plus, comme une phase alimentée ne correspond pas à
un point de fonctionnement réel, le décalage de Bz et de By n'a pas d'existence physique
réelle.
523mm 684mm
1.5e-05 LMNセ⦅@
2e-05
1e-05
1e-05 5e-06
o o
-le-05 -5e-06
-le-05
-2e-05 '\ origine
-1 .5e-05 GMセ@
-1.5e-05 0 1.5e-05 -1 e-05 0 1e-05
1169mm 2m
4e-06 NMセ]BGZ⦅L@
3e-06 6e-O?
2e-06 4e-O?
1e-06 2e-O?
o o
-le-06 -2e-O?
-2e-06 -4e-O?
-3e-06 -6e - O?
-4e-06 GMセ@
-3e-06 o 3e-06 -4e-O? 0 4e-O?
37
Chapitre 2 Etude expérimentale
684mm
1e-05
5e-06
6e-06
4e-06
2e-06
o
イMセNL@
(?'. ,\
' extrémités
o
-2e-06 ' \
-5e-06
-4e-06 \/セa@
-1 e -0 5 GMZセ@
-5e-06 0 5e-06
1168mm 2m
1.5e-06 r-----------, 4e-07
1e-06 3e-07
5e-07 2e-07
1e-07
0 ...
-5e-Ol
-le-07
-le-06 -2e-07
-1.5e-06 GMZセ@ _ _セ⦅MNj@ -3e-07
-1 e-06 0 1e-06 -3e-07 0 3e-07
Nous pouvons formuler à partir de ces tracés les mêmes conclusions que précédemment,
seule la présentation des résultats diffère :
- le quadrupôle dégénère avec la distance en un dipôle
- les vecteurs induction tournent autour du moteur
- les composantes de l'induction sont, à 700 mm, de l'ordre du セtN@
Nous avons ainsi listé les différents moyens de description des résultats expérimentaux, et
nous avons pu nous faire une idée des ordres de grandeurs des champs à l'extérieur d'un
moteur, très faibles pour un électrotechnicien mais très importants pour un marin ou un
électronicien soucieux de discrétion magnétique.
38
Chapitre 2 Etude expérimentale
Nous allons, dans ce paragraphe, essayer de quantifier de façon plus précise les fuites
magnétiques. Les flasques sont magnétiques. Dans l'essai sans le rotor, nous mesurons les
fuites statoriques. Après l'introduction du rotor, les inducteurs vont non seulement être
responsables de l'aimantation statorique, mais aussi de l'aimantation rotorique. La masse
magnétique étant plus importante, le moment magnétique équivalent au moteur au loin .
s'accroît et les fuites totales sont supérieures aux fuites statoriques.
Le Tableau 2 donne les valeurs crête à crête approximatives de l'induction à l'extérieur des
moteurs. Il montre l'importance du rotor qui renforce les fuites. De plus, nous remarquons que
le rapport des fuites de ces deux moteurs de puissances apparentes comparables (25 kVA pour
le 2 pôles, et 2l.5 kV A pour le 4 pôles) est égal à 5 environ. Cela confirme que le nombre de
pôles des moteurs a une influence directe sur les fuites. Un moteur 4 pôles sera donc moins
bruyant magnétiquement qu'un moteur 2 pôles.
Le rapport des inductions crête à crête avec ou sans rotor tend vers 15 pour le moteur à 2 pôles
et vers 10 pour le moteur à 4 pôles. Les moments magnétiques équivalents loin des moteurs
évolueront donc avec le même rapport.
Sur la Figure 30 et la Figure 31, nous avons superposé les composantes de l'induction avec ou
sans rotor. Bx et Bz sont bien très nettement inférieures en l'absence de rotor. Pour le moteur
2 pôles, les vecteurs induction sans le rotor sont en opposition de phase par rapport à ceux
avec le rotor. Nous l'expliquerons dans le chapitre 4, dans lequel une étude analytique affinant
la compréhension des phénomènes physiques liés à la présence du rotor sera détaillée.
39
Chapitre 2 Etude expérimentale
IComposantes de l'induction 1
• avec rotor
sans rotor
IVecteurs induction
Bx
セ@ セZ]イ ᄋu セ hu@
i Zイ]jᅦ セ セQ@
sans le rotor
__ avec le rotor (B1l5)
i⦅[Zセ@
1e-05
o
!J 100 200 300 400
angle (deg)
Bz -1e-05
PNQセ@
IComposantes de l'induction
---+- avec rotor IVecteurs induction 1
sans rotor
Bx • avec le rotor (BI 10)
..... ..... .. sans le rotor
8e-06
extrémités
angle (deg)
Bz
Q N U・MPセ@
Ec Q・Mッウセ@
5e-06 ................
........... .......................... ,.......... ...............,.···························1
.............. ,' .............................•........................ ...................... .
40
Chapitre 2 Etude expérimentale
Sur le moteur 4 pôles, avec le rotor, nous avons positionné successivement des flasques
magnétiques et amagnétiques afin de détenniner leur influence.
Les composantes principales Bx et Bz sont peu affectées par ce changement (Figure 32), au
niveau des amplitudes, en revanche nous observons un léger déphasage entre les courbes avec
ou sans flasques, dont il faudrait tenir compte lors de la compensation s'il était très important.
Mais nous n'observons pas de changement notable dans l'orientation des vecteurs nécessitant
une prise en compte indispensable dans la minimisation des fuites . Globalement pourtant, la
dégénérescence du quadrupôle est plus rapide avec des flasques magnétiques qu'avec des
flasques amagnétiques. On n'a donc pas forcément intérêt à utiliser des écrans d'extrémités.
Concernant By, dans les 2 cas, elle est négligeable par rapport à Bx et à Bz, et elle n'a pas une
fonne cohérente. Nous ne nous y intéresserons donc pas plus que dans les paragraphes
précédents.
IComposantes de J'induction
セ@ flasques magnétiques
- - - flasques amagnétiques
Bx
6e-06
イMセG@
1Zセ[ゥAエL Zセ セZ@
4e-06
2e-06
· ·· 1
o 100 200 300 400 o
angle (deg)
-28-06
Bz extrémités
iZセャ@
-4e-06
-6e-06
Figure 32 : Moteur 4 pôles, avec ou sans flasques, le long d'un cercle à 684 mm du centre,
phases en Y
41
Chapitre 2 Etude expérimentale
stator
rotor
- une excentricité statique: l'axe du rotor Ar est décalé par rapport à l'axe du stator As, mais
ces axes sont fixes l'un par rapport à l'autre, la position de l'entrefer minimum est fixe.
- une excentricité dynamique: l'axe du rotor Ar tourne autour de l'axe du stator As, l'entrefer
minimum varie avec le déplacement du rotor. Cette excentricité est donc une fonction du
temps et de l'espace.
Les causes d'une excentricité sont multiples: elle peut être due à un positionnement incorrect
des paliers au moment de l'assemblage, à un phénomène d'usure, à une inclinaison de l'arbre
du rotor, ou à un fonctionnement du moteur au delà d'une vitesse limite qui provoque des
résonances. Ces risques sont encore accrus dans le cas des machines asynchrones pour
lesquelles les entrefers, pour une meilleure efficacité, sont volontairement très faibles.
Quelqu'en soit la cause, l'excentricité doit être détectée pour une question de sécurité.
Déterminer suffisamment tôt une excentricité permet d'en limiter les conséquences néfastes.
En effet, elle génère des forces excessives localement sur la machine pouvant entraîner un
42
Chapitre 2 Etude expérimentale
renforcement de l'usure des paliers, un contact rotor / stator, mais aussi une augmentation des
vibrations hautes fréquences et par conséquent un accroissement du bruit acoustique.
L'excentricité statique crée une force à valeur moyenne constante au cours du temps, alors que
l'excentricité dynamique induit une force tournante.
Différentes méthodes de détection ont été expérimentées dont Hsu et Stein [Hsu94] font une
bonne description:
- La plus naturelle consiste à mesurer l'entrefer directement grâce à des capteurs placés
dans la machine. Il est possible d'utiliser des fibres optiques, mais également des sondes
capacitives. Ces dernières sont placées dans les encoches. Leur capacité, inversement
proportionnelle à l'entrefer, pennet d'effectuer une cartographie de l'excentricité. Cette
méthode présente l'inconvénient du positionnement indispensable d'appareillages
supplémentaires à l'intérieur du moteur.
- La solution qui semble la plus répandue consiste à étudier les vibrations et les
courants. Elle est surtout utilisée pour les machines à fortes puissances. Dorrell [DORRELL95]
propose, par exemple, une méthode basée sur l'étude des résultats expérimentaux obtenus
grâce à un banc d'essai piézo-électrique mesurant les forces de décentration entre le rotor et le
stator. Il donne également une méthode analytique de calcul de ces forces. Thomson
[THOMSON97] , quant à lui, diagnostique une excentricité par la surveillance des courants en
temps réel. L'analyse du spectre des courants pennet, après un filtrage de la fréquence
d'alimentation, de repérer les excentricités par certains hannoniques bien identifiés qui leur
correspondent.
Panni ces méthodes, les mOInS contraignantes sont celles qui ne nécessitent pas de
modifications de la conception du moteur, c'est à dire celles qui repèrent l'excentricité à partir
de mesures extérieures. Cependant, elles nécessitent un banc d'essai adapté à ces mesures.
Nous proposons, dans ce paragraphe, une nouvelle approche pour la détection d'une
excentricité basée sur nos travaux précédents, à savoir la bonne connaissance des signatures
de machines tournantes: une modification de l'entrefer induit, en effet, une modification des
lignes de flux et de la répartition de l'induction à l'intérieur comme à l'extérieur du moteur.
43
Chapitre 2 Etude expérimentale
Nous nous sommes intéressés à l'excentricité statique et des essais ont été effectués sur les
deux moteurs (2 pôles et 4 pôles) présentés précédemment. Deux phénomènes interviennent:
* d'une part l'entrefer n'est plus constant tout autour du rotor.
* d'autre part l'aimantation rotorique se déplace par rapport au cas où le rotor est
centré. Or, le champ de fuite résulte de la différence entre l'aimantation rotorique et
l'aimantation statorique.
Cette deuxième contribution sera négligeable dans le cas du moteur 4 pôles car l'excentricité
effectuée est faible par rapport aux distances de travail.
Sur le moteur 2 pôles, avec un entrefer de 1.5 mm, nous avons décalé notre moteur de façon à
ce que nos deux axes soient décalés de 1.5 mm. Le rotor est ensuite bloqué par rapport au
stator et nous avons fait une nouvelle série de mesures identiques aux précédentes de façon à
évaluer l'influence d'une excentricité (Figure 34).
セ@ avec excentricité
セ@ sans excentricité
セ@ セ@
90
3e- 05
90 90
2.5e-05 4e-06 Se-05
20-05 313-06 413 · 05
1.5e- 05 3e · OS
10- 05 2.-06
20-05
50-06 E le-06 E
5 113-05 E
1BO 0 0 c
5e-06
g 180 0 0 .g 180 0 0 Nセ@
§
セ@
-0
セ@
10-05 le-06 セ@ 113 - 05 セ@
1.50-05 2e - 05
2.-06
2e-05 3e-05
2.50 -05 3.-06 413-05
30-05 4e-06 Se· 05
270 270
270
angle (deg) anglo (dog) angle (deg)
Figure 34 : Induction à 684 mm, moteur 2 pôles avec ou sans excentricité, alimentation en Y
44
Chapitre 2 Etude expérimentale
Nous avons tracé sur la Figure 35 la décroissance de l'écart maximum entre les deux lobes
pour chaque composante de l'induction. Nous avons ainsi quantifié la dissymétrie des lobes
de l'induction le long d'un cercIe.
_ avec excentricité
- - - - sans excentricité
E E
c c
2 1.5e-06 g
1.5e-06 .
セ@
セ@
セ@
4e-06
"§ le-06 . _...... _. .... .---.. . . §
セ@ セ@
le-06 r セ@ セ@
"
5e-07
" 29-06
Se-D7
セィoXPW セ Qセ P WPセQRoT[ P セQVPLXR@ セo@ セッ@ 800 1000 1200 1400 1600 1800 セo@
distance (mm) alstanœ (mm) distance (mm)
Nous nous plaçons ensuite à trois instants différents. La position de l'excentricité par rapport à
l'axe du champ magnétique conditionne la déformation du champ. La Figure 36 nous montre
ce phénomène: elle représente la composante z de l'induction le long d'un cercIe autour du
moteur à 684mm de son centre lorsque le champ tourne de 2n/3. Nous observons que la
dissymétrie des deux lobes n'est pas toujours la même.
90
6e-05
Se-OS
4e-05
3e- 05
2e- 05
1e- 05 r=-
c
0
0 0 p
ü
::J
1e-05 .ç;
"0
2e- 05
3e-05
4e- 05
Se- OS
6e-05
270
angle (deg)
Figure 36 " Bz à 684 mm du centre du moteur, le long d'un cercle, à 3 instants différents
45
Chapitre 2 Etude expérimentale
Sur le moteur 4 pôles, l'excentricité créée est de 4/10 mm sur un entrefer de 6110 mm.
セ@
- avec excentricité
---- sans excentricité
90
1.4e-05
セ@ 90
IBz 1
90
RPMセL@
\.40-06
\.20-05 \.20-06
1.5e-05
ャ・Mo M セL@
60-06 60-07
49-06 40-07
20-06 E
50- 0" E
20-07 E
ISO 0 0 @セ ISO 0 0
§
ISO 0 0
§
i セ@
Ü
20-06 -6 20-07
49-06 .Ç
48-07 Se-or; .Ç
60-06 60-07
10-0,
So-06 So-07
10-05 10- 06 1.5e- OS
\.20-05 \.2e-06
1.40-05 1.4e-06 2e-0')
270 270 270
anglo (dog l angle (dog) anglo (dog)
Figure 37 : Induction le long d'un cercle à 684 mm du centre, moteur 4 pôles avec ou sans
excentricité, alimentation en Y
Une étude plus approfondie dans ce domaine pourrait intéresser des électrotechniciens ayant
en charge la maintenance de machines tournantes. En effet, il peut être difficile d'avoir accès
au rotor de certaines machines et donc de mesurer une éventuelle excentricité directement. Par
le placement judicieux de quelques capteurs près du moteur, nous avons montré que nous
pouvons alors mettre en évidence une telle dissymétrie. Il pourrait être intéressant de
connaître, par quelques mesures, l'induction à l'extérieur du moteur initialement, pUiS
d'effectuer des contrôles réguliers afin de déceler une excentricité éventuelle.
46
Ch..apirre 2 Etude expérimentale
Conclusion
47
Chapitre III :
Modèles numériques
48
Chapitre III :
Les modèles numériques
Dans le chapitre II, nous avons défini une méthodologie de mesures expérimentales des fuites
électromagnétiques. Les résultats obtenus ont été très instructifs dans la mesure où ce domaine
de mesures est en général inexploré. Cependant, on s'aperçoit que les moyens mis en oeuvre
pour mettre en place le banc d'essais, ne pourront pas être reproduits pour un nombre indéfini
de moteurs. Cette méthode serait trop coûteuse en temps et en moyens. Par conséquent, l'étude
expérimentale nous sert de référence pour valider un modèle théorique : numérique ou
analytique.
Nous nous sommes orientés vers un modèle numérique basé sur la méthode des éléments
finis. Un modèle analytique rigoureux nous paraissait plus difficile à mettre en place pour
prendre en compte la complexité de la géométrie et de la physique d'un moteur. De plus, nous
disposons, au laboratoire, de logiciels éléments finis bidimensionnels et tridimensionnels :
Flux2D et Flux3D. Disposer d'un tel modèle nous permet, de façon simple et rigoureuse
d'obtenir la signature de tout type de moteur, et en particulier des nouveaux moteurs de
propulsion que nous avons évoqués précédemment. Le modèle devra simplement subir
quelques modifications selon le moteur étudié (géométrie du circuit magnétique et des têtes de
bobines, propriétés physiques ... ).
Dans ce chapitre, nous présenterons tout d'abord la méthode des éléments finis qui permet de
modéliser de manière très fine les phénomènes qui se produisent dans un système
électromagnétique. Nous décrirons ensuite les outils originaux disponibles dans les logiciels
utilisés. Enfin, nous donnerons les modèles 2D et 3D retenus ainsi que la démarche adoptée
pour les obtenir. Nous terminerons ce chapitre par une comparaison des résultats numériques
avec les mesures expérimentales.
49
Chapitre 3 Modèles numériques
Nous disposons, pour la recherche d'un modèle numérique, de logiciels éléments finis
bidimensionnels et tridimensionnels. Nous n'avons donc pas cherché à modifier ou à
améliorer les logiciels existants. C'est pourquoi, nous nous contenterons d'énoncer les
principes généraux de la méthode.
En électromagnétisme, les lois de la physique sont régies par les équations de Maxwell. Dans
notre étude, nous avons négligé les courants de déplacements, puisque les fréquences mises en
jeu sont faibles, et nous avons écarté les phénomènes électrostatiques inexistant en l'absence
de diélectriques ou de charges. Nous rappelons brièvement ci-dessous les équations de
Maxwell simplifiées qui suffisent à la description de notre problème. Il s'agit donc:
 est défini complètement par divA = 0 (III-6) qui assure son unicité.
Alors les équations de Maxwell se transforment en
- 1 -- 8A
rote-rotA) + cr-+ 」イァ。、セ@
- =0 (ID -7)
Il 8t
-J = -cr -8A - 」イァ。、セ@
- (III - 8)
8t
avec <I> potentiel scalaire électrique.
50
Chapitre 3 Modèles numériques
La méthode des éléments finis est basée sur la résolution numérique d'équations aux dérivées
partielles. Résoudre ces équations sur le domaine d'étude complet s'avère impossible dès que
nous travaillons sur une géométrie complexe. La méthode des éléments finis consiste donc à
minimiser la taille du problème en le discrétisant en sous-domaines (les éléments finis) de
forme géométrique simple. Ces éléments forment les mailles du problème et chacune de leurs
extrémités est appelée noeud. Les équations sont résolues sur tous les noeuds du maillage
ainsi constitué. Si l'on considère que tout système magnétique a son point de fonctionnement
qui correspond à un minimum d'énergie, alors en exprimant cette minimisation aux N noeuds,
on obtient un système matriciel à N inconnues. Ensuite, à l'intérieur d'un élément, la valeur de
la variable magnétique sera déterminée par une interpolation polynomiale des valeurs nodales.
Une fois la résolution par la méthode éléments finis terminée, nous disposons d'une solution
approchée donnée par:
N
A(x,y) = IAjuj(x,y) (III-9)
j=1
Ai étant les valeurs du potentiel vecteur calculées numériquement en chaque noeud, et Ui(X,y)
est une fonction .d'interpolation.
Dans notre cas précis, nous désirons connaître l'induction à l'extérieur du moteur. Il faut donc
créer un problème dans lequel figure le moteur et l'air environnant, puis mailler le domaine
d'étude où le champ magnétique va être calculé. La méthode des éléments finis nécessite donc
la connaissance de la géométrie, mais également des propriétés physiques des matériaux ainsi
que des conditions aux limites. Elle a l'avantage d'être souple, de pouvoir traiter des
problèmes 2D ou 3D et de savoir prendre en compte la non linéarité des matériaux. En
revanche, elle nécessite un temps de calcul relativement long dès que la discrétisation du
domaine d'étude devient fine. De plus, la précision des calculs est conditionnée par la finesse
du maillage. Nous verrons dans les paragraphes suivants comment nous avons adapté ces
avantages et ces inconvénients à notre problème, et les difficultés spécifiques auxquelles nous
nous sommes heurtés dès lors que nous avons voulu travailler à l'extérieur du moteur.
51
Chapitre 3 Modèles numériques
Notre travail consiste à étudier à la signature électromagnétique loin des moteurs. C'est
pourquoi, il nous importait de disposer d'un logiciel capable de modéliser le milieu extérieur,
aussi loin de nos dispositifs que nous le désirions. La méthode des éléments finis consiste,
comme nous l'avons vu précédemment, à subdiviser un domaine d'étude en un nombre fini de
sous-domaines finis. Par conséquent, on comprend les difficultés à modéliser un domaine
indéfiniment étendu, sachant qu'en électromagnétisme le champ ne s'annule rigoureusement
qu'à l'infini.
Le travail de thèse de X. Brunotte [BRUNOTTE91] fait une synthèse de toutes les méthodes
envisagées pour contrer cette limitation de la méthode des éléments finis. Il nous présente
également la solution qui a été implantée dans les logiciels Flux2D et Flux3D. Il s'agit d'une
technique utilisant des transformations ramenant un domaine extérieur infini en un domaine
fermé. Il nous a paru intéressant d'exposer, même brièvement, le principe de la prise en
compte de l'infini tel que nous l'avons utilisé.
Considérons donc l'espace E comme la somme d'un domaine intérieur fermé Eint et d'un
domaine extérieur E ext . E int est alors facilement traité par la méthode des éléments finis. Quant
à Eext. on le relie à un domaine borné appelé Eimage par le biais d'une transformation. Ce
domaine image est alors maillé et la méthode des éléments finis peut lui être appliquée.
52
Chapitre 3 Modèles numériques
Diverses transformations ont été testées pour créer ce domaine image . Deux d'entre elles ont
été retenues :
セ@ en2D
R étant le rayon des points images appartient à E ext image et r le rayon des points réels
appartenant à E ext .
Elle ramène l'extérieur d'un cercle de rayon RO en son intérieur (Figure 39). La frontière l du
domaine réel est couplée à la frontière 2 du domaine image par des conditions d'égalité sur le
potentiel. Plus r augmente plus on se rapproche du centre du domaine image.
セ@ en3D
Cette transformation inverse n'a pas été implantée dans le logiciel Flux3D car les conditions
d'égalité du potentiel sur les frontières seraient très compliquées à imposer si les maillages des
2 surfaces n'étaient pas strictement identique. Or le mailleur automatique de Delaunay dont
nous disposons permet difficilement d'imposer cette similitude de maillage sur deux surfaces.
La transformation retenue finalement en 3D est nommée transformation en couche
parallélipédique (Figure 40). Cette transformation s'est révélée en effet plus intéressante
qu'une transformation en couche sphérique (où le domaine extérieur a la forme d'une sphère).
En effet, une telle transformation n'est pas très bien adaptée à des dispositifs dont une des
dimensions diffère des 2 autres. Quant à une transformation elliptique, il s'est avéré que l'étape
de maillage associée est trop complexe pour poursuivre dans cette voie.
53
Chapitre 3 Modèles numériques
Eext
Eint image
Nous ne nous attarderons pas plus sur les détails de cette transformation qui ont fait l'objet
d'études antérieures. Cependant, il nous a paru important de décrire l'outil le plus important
dont nous avons eu besoin pour évaluer des champs externes, à savoir la boîte infinie. De
nombreuses applications électrotechniques ont validé cette méthode [BRUNOTTE91],
[T AIEB92]. Son rôle essentiel, dans la plupart des applications est d'éviter l'imposition d'une
condition aux limites près du moteur qui déformerait les lignes de champs à l'intérieur du
système magnétique, où sont effectués la majorité des calculs. Notre cas tire son originalité du
fait que nous calculons le champ externe aux moteurs.
L'objet de notre étude porte sur des moteurs et leur signature électromagnétique. La
représentation géométrique de ces machines n'est pas simple à cause de leur complexité et des
différences de dimensions selon la direction. Si le stator et le rotor, vu leur taille, sont
relativement faciles à représenter, il n'en est pas de même pour l'entrefer. Or, nous nous
intéressons à des machines asynchrones dans lesquelles l'entrefer est très faible, et au vu de
son importance dans le fonctionnement d'un moteur, il a fallu trouver un moyen de le
représenter de la façon la plus réaliste possible.
54
Chapitre 3 Modèles numériques
Pour rappel, nous utilisons un mailleur automatique de Delaunay créant des éléments
tétraédriques en 3D et triangulaires en 2D car seuls ces éléments sont capables de mailler des
formes complexes comme l'air entourant un dispositif électromagnétique.
En 2D, nous pouvons nous permettre de créer un maillage très fin localement dans la mesure
où cela ne demande pas de moyens informatiques trop importants.
En revanche, en 3D, les régions minces sont beaucoup plus complexes à mailler. Elles
nécessitent soit un nombre très important d'éléments et par conséquent un temps de calcul très
long, soit des éléments allongés ou plats qui induiraient des imprécisions de calculs voire des
problèmes numériques. Pour pallier ces problèmes, une solution envisageable consiste à
utiliser un mailleur manuel créant des éléments prismatiques ou parallélipédiques qui
supportent un fort allongement [ZoAINSKI96]. Malheureusement, ce type de maillage n'est pas
encore automatisé et est donc fort compliqué à mettre en place. C'est pourquoi, nous avons
décidé d'utiliser des éléments spéciaux déjà implantés dans le logiciel Flux3D : il s'agit
d'éléments minces à saut de potentiels appelés «éléments coques ». Ils ont fait l'objet de la
thèse de Christophe Guérin [GUERIN94]. Nous ne ferons dans ce paragraphe que les présenter
brièvement.
Les régions minces sont décrites en 3D comme des surfaces (Figure 41).
55
Chapitre 3 Modèles numériques
•
!
élément prismatique élément surfacique
Le problème de l'entrefer a donc été résolu. Dans les autres régions nous avons utilisé un
maillage tétraédrique. Cependant, par soucis d'efficacité, la forme des éléments tétraédriques
engendrés n'est pas contrôlée lors de la création du maillage et il apparaît alors des éléments
dont les formes sont très éloignées de l'équilatéralité, ce qui les rend impropres à la résolution
en éléments finis. En effet, il existe une forte corrélation entre la forme géométrique des
éléments et le conditionnement du système matriciel : ce conditionnement est d'autant
meilleur que les éléments sont proches de l' équilatéralité.
Il est donc nécessaire d'effectuer des corrections sur le maillage afin d'améliorer la qualité en
forme des éléments, c'est-à-dire les rendre les plus équilatéraux possibles [SALUDJIAN97] .
Dans le logiciel Flux3D, divers algorithmes d'amélioration du maillage sont disponibles.
Nous avons employé un premier algorithme qui parcourt toutes les arêtes libres (donc non
frontalières) du maillage en appliquant sur chacune un outil de suppression d'arêtes. Cet outil
(Figure 43) consiste à supprimer une arête autour de laquelle s'appuient trois tétraèdres, si la
qualité des deux éléments nouvellement formés améliore la qualité du maillage.
56
Chapitre 3 Modèles numériques
Tétraèdres Tétraèdres
(M],A,M2 ,B) (M I,M2 ,M 3,B)
(M 2,A,M3,B) (M3,M2 ,M],A)
A A
(M3,A,M I,B)
M3 M3
MI
M2 c::> MI
M2
B B
Un second algorithme dit « de bougé de points» modifie les coordonnées des noeuds dans le
maillage sans toucher à sa topologie.
Soit un noeud P non frontalier, c'est-à-dire qui n'appartient à aucune face commune à 2
volumes, et la boule B de tétraèdres s'appuyant sur ce noeud. On désigne par p/ d la position
idéale de P pour la facette numéro j de B. p/ d est donc une position de P qui donnerait un
tétraèdre, de bonne qualité, s'appuyant sur la facette j. Il est choisi sur la normale partant du
centre de gravité de la facette j (Figure 44).
P se déplace en
direction de Piso
Pour trouver la position idéale de P pour toute la boule B, on recherche alors l'isobarycentre
de ces points p/ d, nommé P iso . P est alors déplacé de façon à ce que P=P+aPPiso où «a»
représente le pas de déplacement dans la direction de Piso, a est déterminé par une recherche
dichotomique, c'est la valeur qui correspond à la position idéale de P.
57
Chapitre 3 Modèles numériques
L'exploitation classique implantée dans Flux3D n'est pas forcément la mieux adaptée au
calcul des champs lointains. C'est pourquoi, une autre méthode, basée sur les caractéristiques
spécifiques des dipôles magnétiques a été mise au point au Laboratoire d'Electrotechnique de
Grenoble de façon tout à fait originale.
Nous résolvons notre problème par la méthode des éléments finis présentée précédemment.
Un volume aimanté V est donc discrétisé en N volumes v sur lesquels l'aimantation est
supposée constante. Au moment de l'exploitation, sur chaque élément volumique de la
matière ferromagnétique (le stator, le rotor et la carcasse), nous calculons l'aimantation
M= B- )liI. Chaque volume élémentaire est donc supposé équivalent à un dipôle du point
de vue magnétique (Figure 45).
volumes élémentaires v
...
1
t t t
t t t
dipôles équivalents
1 Volume V 1
Le champ dans l'air et à l'infini se déduit alors en faisant la somme des contributions des
dipôles élémentaires [NGUYEN96]:
(III-11)
Cette méthode a l'avantage de lisser énormément les courbes au loin puisque l'on s'affranchit
des problèmes de maillage loin du moteur. On pourrait imaginer d'appliquer un maillage
extrêmement fin dans la machine quitte à relâcher un peu celui de la boîte infinie de façon à
58
Chapitre 3 Modèles numériques
réside dans la durée non négligeable, liée à l'intégration, qu'elle requière. Nous présenterons
les résultats très concluants obtenus grâce à cette méthode dans le paragraphe 3-4-2.
De nombreux progrès restent à faire dans le domaine du maillage. C'est en grande partie là
que se situe la clef de notre problème. En effet, avec un maillage bien adapté et pas trop fin,
les résultats pourraient être meilleurs qu'avec un maillage tétraédrique classique comportant
un nombre démesuré d'éléments. Une solution à envisager est d'utiliser un maillage structuré
dans les dents et les encoches et de conserver un maillage tétraédrique ailleurs. Pour cela, il
faut utiliser les travaux de F .X. Zgainski [ZGAINSKI96]. Les mailleurs structurés génèrent des
maillages réguliers. Ils sont de deux types:
n2
n2 n2p nlp n2p
nlp
dセ[@
nI
nI
quadrilatère transposition de
transformation maillage régulier
quelconque ce maillage au
en un rectangle du rectangle
quadrilatère
Le problème est que ce mailleur n'est pour l'instant pas bien adapté aux formes non
quadrilatérales comme c'est le cas des dents et des encoches.
59
Chapitre 3 Modèles numériques
1 extrusion 1
L'idéal serait d'utiliser, pour le maillage des dents et des encoches, ces deux mailleurs
simultanément, à savoir réaliser un mailleur réglé sur une face et l'extruder ensuite. Pour l'air
et les autres formes complexes, il faut mailler en tétraèdres obligatoirement. L'interface entre
le maillage structuré et le maillage de Delaunay se fait grâce à des éléments pyramidaux. Nous
n'avons pas pu utiliser cet outil dans le cadre de notre thèse pour des problèmes techniques,
mais il nous apparaît comme une des priorités pour la suite de cette étude.
3-2-6 Conclusion
L'idéal serait donc de réunir en une seule verSIOn tridimensionnelle tous les outils
correspondant à nos besoins spécifiques:
- une boîte infinie permettant d'imposer des conditions périodiques. Le problème serait
alors réduit à l'étude d'un pôle d'une machine et donc serait grandement simplifié. Le
60
Chapitre 3 Modèles numériques
maillage pourrait être très fin sans que l'on ait à craindre une taille mémoire trop importante et
un temps de résolution trop long,
- les éléments coques pour la modélisation de l'entrefer,
- l'utilisation de mailleurs structurés dans les dents et les encoches,
- l'exploitation utilisant la théorie des moments, malgré sa lenteur, car elle ne peut, au
loin, qu'améliorer la solution,
- l'optimisation du maillage par les algorithmes de bougé de points et de suppression
des arêtes.
Nous allons, à présent, décrire les modèles bidimensionnels et tridimensionnels que ces outils
nous ont aidé à créer.
61
Chapitre 3 Modèles numériques
3-3-1 Généralités
L'objet à étudier est un moteur asynchrone. Nous l'avons supposé suffisamment long pour que
l'on puisse négliger les effets d'extrémités et l'influence des têtes de bobines sur la section
droite. La première étape consiste donc, avec le logiciel bidimensionnel Flux2D, à décrire la
géométrie d'une section droite du moteur, à l'aide de points rejoints par des lignes. Nous
affectons ensuite à ces lignes une certaine discrétisation qui permet au mailleur automatique
de Delaunay de découper notre géométrie en éléments finis triangulaires. Nous pouvons ainsi
affiner localement le maillage en modifiant la discrétisation de telle ou telle ligne.
Les lignes définissent les contours de régions élémentaires auxquelles vont être attribuées des
propriétés physiques. Celles-ci comportent le matériau (préalablement défini dans un autre
module du logiciel), les sources de courant et les circuits éventuellement connectés aux
régions décrivant ainsi l'alimentation du moteur. L'ensemble de ces informations permet de
décrire, à l'intérieur de chaque élément, la fonction qui modélise le phénomène
électromagnétique.
62
Chapitre 3 Modèles numériques
Nous avons choisi de travailler en magnétostatique la plupart du temps, pour être cohérents
avec les mesures expérimentales. Le logiciel se charge alors de la formulation : la variable
d'état est le potentiel vecteur  normal au plan étudié. Il n'a donc qu'une seule composante.
セ@
irocrA + rot( rotA ) = -crgrad<!J (III-I3)
Nous pouvons avec Flux2D tenir compte des symétries physiques et géométriques du moteur,
ce qui nous évite sa représentation complète et permet de limiter le temps à la fois de la
description géométrique, mais surtout du ca1cullors de la résolution du système matriciel.
Flux2D nous permet par exemple de décrire les phénomènes internes aux moteurs de façon
réaliste. Quelques résultats généraux donnés par Flux2D ont confirmé nos attentes : l'allure
des lignes d'induction à vide, l'apparition du flux zigzag à haute fréquence quand le moteur
est en charge (Figure 49).
63
Chapitre 3 Modèles numériques
64
Chapitre 3 Modèles numériques
3-3-2 Signature
facilement les décroissances du module du champ en セL@ si elles existent. En effet, la courbe
r
log(B)=f(1og(r)) est alors une droite dont la pente est égale à k.
Bx
0.1
By
0.01
0.001
f='
C 4 pôles, pente #-3
0
t; 0.0001
:::J
"0
Nセ@
1e-OS
6 pôles, pente # -4
1e-06
1e-07
1000
distancer mm)
La Figure 50 montre que la décroissance est bien propre à un ordre polaire. En revanche, la
valeur de cette pente ne peut pas être obtenue, loin du moteur, par un logiciel bidimensionnel.
En effet, un logiciel bidimensionnel considère les courants statoriques comme des lignes
infinies parallèles.
Le calcul de l'induction créée par des distributions de courants linéaires dans l'air se fait
analytiquement en utilisant le potentiel complexe défini dans [DURAN068B] par: 't = F + i V*
65
Chapitre 3 Modèles numériques
avec F = fonction flux, définie par セ@ (A étant le potentiel vecteur magnétique) pour une
Ilo
distribution de courant linéaire et V* = potentiel scalaire magnétique défini par
B = -llogradV * .
cr 2 fils infinis
-1
-c(z) = -[ln(z + a) -ln(z - a)] (III-15)
2n
d-c(z) 2a
--=- (III-16)
cr 4 fils infinis
z1=ia
0+ 1 (III-17)
z4=-a z2=a
0 --- -0 d-c(z) l 4a 2z
-1 -1 --=- (III-18)
dz 2nz 4 -a 4
0+1
z3=-ia La décroissance de l'induction est en 11z3.
セ@ 6 fils infinis
+1 z5 -1
(III-19)
o o z6
-1 d-c(z) l 6a 3Z2
o
z4=-a
0+1 --=-
dz 2n (z+a)2(z2 -az+a 2)
(III-20)
z1=a
66
Chapitre 3 Modèles numériques
Les décroissances obtenues par Flux2D correspondent bien à celles créées par des fils infinis,
même si ce calcul analytique est très simpliste puisqu'il ne prend pas en compte le circuit
magnétique : il ne peut donc servir qu'à expliquer les valeurs des pentes obtenues avec le
logiciel en cas de non saturation des matériaux. Le calcul effectué par Flux2D ne correspond
donc pas à la signature réelle de moteurs.
En toute rigueur, au loin, chaque moteur peut être assimilé à une combinaison de dipôles:
1
/ \
\ 1
/ \\
( \t( \
1 \ 1 \
1 1 1 1
t1 l
1 \
i t
\ 1 \ :
\ 1 \ 1
rotor \
\
1
1
\
\ 1
1
\ 1 \ 1
\ 1 \ 1
\
, /
1 \
, /
1
' _-----""''''
....... """ .... /
Moteur 2 pôles 1 Dipôle 1
/".".---: :---.........
)t '"
'l' \
1 ll
I ' ___
1 1 1 \
11 1 1 \
1 1 1 \
1 1 1 \
1 1 \ 1
\----.. .
L. ___ ..... ____ /
\
\
MGセAH
1
1
1
1
,----+--!
-.. . ---7 1
1
rotor
" , 1 1 ..,1
/r
......
........ _--_: :_-_ .... " 1 1
67
Chapitre 3 Modèles numériques
Pour les moteurs 2 pôles et 4 pôles, nous pouvons donc comparer qualitativement les résulats
expérimentaux aux résultats de Flux2D en admettant qu'un degré supplémentaire dans la
décroissance de l'induction permet de prendre en compte la longueur finie des conducteurs.
rotor
Cette étude a donc montré que 1'hypothèse bidimensionnelle n'est pas adaptée aux calculs loin
des moteurs. Les résultats obtenus ne sont valables que dans une proximité immédiate des
machines, où effectivement les conducteurs peuvent être considérés comme infinis.
Néanmoins, ils confirment que discrétion va de paire avec grand nombre de pôles.
Toute personne utilisant les outils informatiques se trouve confrontée à des problèmes
numériques quand on approche des valeurs trés faibles que l'on désire obtenir avec une grande
précision. Au delà d'une certaine distance, nous avons remarqué, dans les résultats donnés par
le logiciel Flux2D, une rupture de pente de la décroissance de l'induction, inexplicable
physiquement : un dipôle parfait n'a aucune raison de ne plus décroître au delà d'une certaine
distance en 1Ir3. Ceci est d'autant plus visible que, pour mieux visualiser les pentes, nous
travaillons en échelle logarithmique (Figure 54). Nous attribuons donc ces résultats à des
problèmes numériques liés à la méthode de calculs.
68
Chapitre 3 Modèles numériques
0,1
0,01
0,001
ç
C 0,0001
p
o
ü
-5
,ç
1e-05
1e-07
1e-08
1e-09 '------'---'------'----'--1-0.....
00-0-------'
distance( mm)
Cette rupture de pente est de plus trés dépendante de la finesse du maillage, ce qui confirme
l'aspect numérique du phénomène.
L'étude bidimensionnelle nous donne d'autres résultats qualitatifs importants : par exemple,
quelque soit le matériau du circuit magnétique, la pente de la décroissance du module de
l'induction le long d'un segment, pour un moteur donné, est conservée et seules les valeurs de
ce module vont être plus ou moins importantes.
Afin d'évaluer grossièrement l'influence du mode de bobinage (avec ou sans pas raccourci), de
la nature de la carcasse et de l'arbre, et de la présence du rotor, nous avons représenté, avec
Flux2D, le moteur 2 pôles sur lequel ont été faites les mesures expérimentales, Les matériaux
sont supposés linéaires.
Il est apparu qu'un bobinage à pas raccourci est préférable à un bobinage sans pas raccourci
pour la minimisation des fuites . La carcasse, vu sa faible épaisseur et sa faible perméabilité
équivalente, n'a que peu d'influence sur les fuites (Figure 55). De même, la nature de l'arbre
(magnétique ou non) ne semble pas influer notablement sur la signature (Figure 56).
69
Chapitre 3 Modèles numériques
lavec le rotor 1
avec pas raccourci, arbre amagnétique
sans pas raccourci, arbre amagnétique
sans pas raccourci, arbre magnétique
Bx
B (T) 1.5e-05 r - - - - - , - - - - . , - - - - - - , - - - - . . , - - - - - - ,
le-05 ....................... ,
5e-D6
o ......................,. . ......................... .
-5e-D6 .. · . . · ................... ,
-le-D5 ............................,.... .........., ..........................,......
-1 .5e-05 L.-_ _ _-'--_ _ _-"-_ _ _ _ _ _- ' -_ _ _- - ' セ@
-1 0 2 3 4
angle(rd)
Bz
1.5e-05 イMセLN⦅@
le-D5
5e-06
o
-5e-D6
Mャ・dセQGRST@
angle(rd)
70
Chapitre 3 Modèles numériques
Sans rotor, aucune saturation du circuit magnétique n'est décelable (Figure 57). Avec le rotor
en revanche, au niveau des dents, on observe des effets de pointe avec des inductions très
élevées (Figure 58, Figure 59). Cette induction est mieux répartie quand le bobinage est à pas
raccourci (Figure 58).
B(T)
• 0.407e-02
••
• 0.286e-Ol
•••
•
Il
Il 0.777e-Ol
セ@
EX:
0.1267
Figure 57 : Avec pas raccourci, sans rotor, carcasse magnétique, arbre amagnétique, une
phase alimentée
B(T)
••
• 0.643e-01
•••
• 0.450
=• 1.232
セ@
1.894
Figure 58 : Avec pas raccourci, avec rotor, carcasse magnétique, arbre amagnétique, une
phase alimentée
71
Chapitre 3 Modèles numériques
B(T)
••
• 0.748e-01
•••
• 0.523
•
liIi'I
セ@ 1.421
セ@
^セ@ .. ,
2.318 ·
Figure 59 : Sans pas raccourci, avec rotor, carcasse magnétique, arbre amagnétique, une
phase alimentée
72
Chapitre 3 Modèles numériques
Nous avons donc passé en revue toutes les exploitations bidimensionnelles possibles. Pour en
faire une étude la plus complete possible, il nous reste donc à comparer nos résultats
expérimentaux aux simulations numériques.
Nous avons superposé sur la Figure 62 les composantes de l'induction, le long d'un arc de
cercle à 523mm du centre du moteur, issues des résultats expérimentaux du moteur 2 pôles et
des simulations 2D effectuées dans les mêmes conditions : carcasse magnétique, bobinage à
pas raccourci, alimentation en étoile. A titre de rappel, le moteur 2 pôles a un rayon extérieur
de 153.5 mm pour une longueur totale de 290 mm. Nous n'avons représenté en 2D qu'un
demi moteur 2 pôles. C'est la raison pour laquelle sur la Figure 62 nous n'avons pas une
période complète de la courbe.
73
Chapitre 3 Modèles numériques
- - Simulations 2D
- - - -. Expérience
Sans rotor Avec rotor
Bx Bx
3e-06 ,----,.---.,...--.,---..,.---_ _ _---, 4e-OS ,,
,,
セ@
GゥZ^iセ@ .....
0 ..... ;;"..;. ............ i ... ... .......... i. . i .... . 0
'B
] -1 e-06 ... ............ セ@ .. , ./ : セNL@ ... ..... !.... . 'C
セ@ , : .s
-2e-OS
-2e-06 ...., ..".,..,: ........... , ................ ,.................................., .......... セ@ ..セ@ ...... .. . , '- / :
4 S
angle(rd) angle(rtl)
Bz Bz
4e-06 0.0001
-.;.
3e-06 f
2e-06 ...... , 1 .... , LNセM@
.. .. .セ@ ............. ................... セ@
, Se-OS ...... ,/ .............; Nセ N L@ .. ......... ...... .. .
E 1e-06
Nセ@ 0
-g -le-06 \
,
,- -2e-06 ....... \" ........ f
.'
:
• f "" J=+:: . . . . . . . . y
-Se-OS . . ..... . ,. .. ....... ., ........ Lセ@ .;/ ;
-3e-06 ." : ... _-, ....
-4e-06 0 '-- :
4
-0.0001 0'----'----'-2MセNゥTsj@
angle(rd) angle(rtl)
Les résultats simulés sont bien en dessous des résultats expérimentaux. Ils confinnent que les
simulations bidimensionnelles ne pennettent pas de rendre compte des fuites réelles de la
machine, dans la mesure où les effets tridimensionnels de notre problème sont prépondérants.
3-3-4 Conclusion
Nous avons donc présenté les modèles bidimensionnels, aisés à mettre en oeuvre et à
exploiter. Ils pennettent de savoir par des moyens rapides si telle ou telle partie du moteur a
une influence sur la signature. Cependant, pour avoir des renseignements quantitatifs sur le
rayonnement, nous sommes limités par le domaine de validité du modèle bidimensionnel: les
hypothèses (influence des têtes de bobines négligeables et effet 3D inopérant sur une section
droite du moteur) ne sont pas valables pour notre problème. C'est pourquoi, nous nous
sommes orientés vers la recherche d'un modèle tridimensionnel.
74
Chapitre 3 Modèles numériques
3-4-1 Généralités
Un modèle tridimensionnel est certes plus complexe à élaborer qu'un modèle bidimensionnel,
comme nous le verrons dans ce paragraphe, mais il a l'avantage de prendre en compte les
effets d'extrémités dus à la présence des têtes de bobines, et la longueur finie du moteur et des
conducteurs.
Nous avons cherché des modèles numériques représentant les moteurs 2 pôles et 4 pôles
étudiés expérimentalement. Ces modèles sont très proches car la même méthodologie a été
appliquée aux deux moteurs. Elle sera ainsi facilement transposable à des machines de
configurations différentes. La première étape, comme en 2D, consiste à décrire notre problème
géométriquement (Figure 63).
Nous pouvons imposer une symétrie (xOy) et diviser par deux la taille de notre problème. En
revanche, il n'est pas possible de prendre en compte les symétries dues au nombre de pôles de
la machine. Il aurait fallu utiliser des conditions de périodicités comme en 2D. Or celles-ci ne
sont actuellement pas compatibles avec une boîte infinie parallèlipédique. Une solution pour
pouvoir symétriser ce type de problème est en cours de développement.
75
Chapitre 3 Modèles numériques
Après avoir construit les faces et les volumes de notre problème, nous définissons le maillage.
Le rotor est massif (nous ne représentons pas la cage d'écureuil éventuelle dans la mesure où
nous travaillons en quasi-statique). L'entrefer n'est pas représenté par un volume mais par une
surface puisque, comme nous l'avons vu précédemment, il est décrit à l'aide d'éléments
coques.
Il s'agit de trouver un bon compromis entre un maillage très fin mais qui engendre des fichiers
de grande taille (> 40Mo) et un maillage grossier créant des fichiers de petite taille mais qui
risque d'entacher d'erreurs numériques les résultats.
Il semble essentiel, surtout, de mailler très finement les lieux de passage des conducteurs. Un
test simple a consisté à créer deux fichiers pour lesquels le maillage est identique partout sauf
dans deux encoches. Nous avons alimenté alors, dans chaque problème, un seul des deux
conducteurs traversant ces encoches. Les résultats sont alors très différents selon la finesse du
maillage de l'encoche. Il est donc essentiel d'introduire la même discrétisation fine dans
chaque encoche. Ce maillage, complexe, a nécessité une optimisation mettant en jeu des
algorithmes de suppression d'arêtes ou de bougé de points que nous avons déjà détaillés
précédemment.
De plus, les éléments finis engendrés par Flux3D peuvent être de 2 types:
- des éléments de Lagrange du premier ordre : chaque tétraèdre contient 4 noeuds
situés sur ses sommets et une approximation linéaire est faite pour calculer la variable d'état.
- des éléments de Lagrange du second ordre : sur chaque sommet et en chaque milieu
des arêtes se trouve un noeud, et la variable d'état est calculée par une approximation
quadratique.
Afin d'avoir une grande précision dans nos résultats, nous avons donc utilisé des éléments du
second ordre.
De la même manière qu'en 2D, il faut, après avoir défini le maillage, introduire les propriétés
physiques. Les conducteurs sont parcourus par les mêmes courants que dans l'alimentation
quasi-statique expérimentale. Les spires sont dans un premier temps construites très
simplement avec une fonne rectangulaire (Figure 64).
76
Chapitre 3 Modèles numériques
phase 1
phase 3
Dans une deuxième période, nous avons testé des splres qui permettent de mieux rendre
compte de la forme réelle des têtes de bobines et d'un pas raccourci éventuel (Figure 65).
Nous n'avons travaillé qu'avec des matériaux linéaires, l'expérience nous ayant montré que
nous nous situions en dessous de la saturation.
77
Chapitre 3 Modèles numériques
normal au plan de figure. En 3D, en revanche, le logiciel nous offre plusieurs possibilités pour
la variable d'état. Nous avons opté pour la formulation en potentiel scalaire, la plus
économique en terme de degrés de libertés et la plus stable. En effet, elle n'induit qu'une seule
variable par noeud alors que la formulation en potentiel vecteur créé trois inconnues par
noeuds, et donc est beaucoup plus coûteuse en mémoire et en temps de calcul.
Dans les régions où il n'existe aucune source de courant, on a rotH = 6 . Donc H = -grad<l>
div(J.1grad<l» =0 (III-21)
Cette formulation est donc très économique, mais ne prend pas en compte les sources de
courants.
Pour l'appliquer aux régions de passage de courant, on décompose le champ magnétique en
deux champs : Hj et Hr où :
- Hj est le champ source c'est-à-dire le champ magnétique dû aux courants des bobines
inductrices dans le vide en l'absence de matériaux ferromagnétiques. Hj est alors calculé par la
Ces généralités sont applicables à tous les modèles. Cependant, nous avons dû distinguer deux
voies dans la recherche numérique : tout d'abord, nous avons décidé de nous préoccuper
uniquement des fuites statoriques. Ainsi nous avons pu tester la validité du logiciel et de notre
modèle en s'affranchissant des difficultés numériques liées à la présence du rotor. Ensuite,
nous avons cherché un modèle avec rotor, certes plus complexe mais qui permet de rendre
compte du fonctionnement réel du moteur. Les résultats de modélisation sont comparés avec
l'expérience.
78
Chapitre 3 Modèles numériques
Bx Bz
6e-06
ゥサGセェ@ - - Il = 5000
2e-06 IサセA@ . - - - Il = 1ojN ᄋN iセZG@ . 4e-06
セiBj|@ • ----- Il = 10 fil
E
1,-06 • :NH!i ェIセi G@ .'.-. .-...セ@ . .•.-...-...-....セ@ . .-... -...-.. .セ@ .. MGOセZA@
セN@
. 2e-06
c
E
c
o
t[Link]J o 0
t[Link]J
'0 '0
Nセ@ J;;
-1e-06 -2e-06
-2e-06 -4e-06
79
Chapitre 3 Modèles numériques
Pour améliorer le couplage magnétique entre les enroulements, les bobines sont
habituellement logées dans les encoches des armatures. Ceci permet, d'une part, grâce à un
faible entrefer, de ne pas nécessiter de trop forts courants pour obtenir les champs
magnétiques désirés. D'autre part, les conducteurs sont ainsi maintenus suffisamment
fortement pour résister à la force centrifuge à laquelle ils sont soumis.
Cependant, sans rotor, aucune saturation ne se produit, même localement autour des dents et
des encoches. Nous avons donc imaginé un nouveau modèle 3D, sans dents ni encoches, où
les bobines sont logées dans l'entrefer et où le circuit magnétique du stator est lisse (Figure
67).
80
Chapitre 3 Modèles numériques
---.-- experimentalement
simulations 3D
2e-06
f='
co
t5 O·····
:::J
"0
Nセ@
-2e-06
MT・PセQRSUVW@
angle(rd)
Après une étude paramétrique sur l'épaisseur équivalente à donner au stator, nous avons
conclu que lisser le stator autour de la moitié de l'épaisseur d'une dent semble être cohérent.
L'avantage majeur de ce modèle simplifié par rapport au précédent réside dans le maillage. En
effet, dans la mesure où nous éliminons les dents et les encoches, nous nous affranchissons du
problème lié au maillage des parties étroites. Le problème ne nécessite plus, non plus,
d'optimisation du maillage. Et le gain en temps et en espace mémoire est très important: nous
avons 107300 éléments volumiques pour un temps de résolution de 3h.
81
Chapitre 3 Modèles numériques
- - exploitation classique
....... exploitation moments
2e-06··· u
.'
-2e-06
-4e-06 lNセM⦅ゥGjL@
o 234 5 6 7
angle (rd)
Les résultats sont sensiblement équivalents. Cependant, les courbes obtenues par cette
nouvelle méthode semblent plus lisses et les résultats s'améliorent avec l'éloignement,
puisque l'approximation dipolaire est de mieux en mieux vérifiée. Elle est donc à privilégier
même si elle est extrêmement lente. L'intégration en chaque point de calcul ralentit
considérablement l'exploitation : pour un même nombre de points de calcul, le tracé d'une
courbe est passé de une minute environ à une heure.
Nous avons donc trouvé une méthode pour obtenir un modèle des fuites statoriques. Quelques
mesures sont nécessaires pour le valider et trouver la perméabilité équivalente, mais elles
n'ont pas besoin d'être exhaustives.
Quand on place le rotor dans l'alésage du stator, les nIveaux d'induction augmentent
considérablement et l'on observe des saturations locales au niveau des dents et des encoches.
La perméabilité équivalente des matériaux s'en trouve alors modifiée. Nous avons tout
d'abord testé le modèle sans dents ni encoches. L'entrefer est alors représenté réellement, il
n'est plus possible de lui substituer des éléments surfaciques dans la mesure où les
82
Chapitre 3 Modèles numériques
conducteurs sont situés justement entre le rotor et le stator. Nous avons alors effectué une
étude paramétrique sur l'épaisseur de l'entrefer.
Nous avons ensuite repris notre modèle complet avec dents et encoches et en utilisant les
éléments coques afin de comparer les résultats des deux méthodes.
Nous disposons de tous les outils pour calculer l'induction à l'extérieur du moteur, mais faute
de temps, nous n'avons pas pû les assembler. En présence des éléments coques, nous n'avons
donc pas pû exploiter nos résultats à l'aide de la méthode des moments. Or, au delà d'une
certaine distance les résultats sont trop bruités pour être exploités uniquement par la méthode
classique. Donc nous présentons sur la Figure 70 les résultats à 250 mm de centre du moteur
uniquement, distance à laquelle les relevés expérimentaux n'ont pas été possible pour cause
de saturation des capteurs.
3e-05
2e-05
2e-05
r 1e-05
1e-05
セ@ セ@
c-
o
c-
.g
エセ@ 0 ü
0
::> ::>
"0 "0
1; .1;
- 1e- 05
-1e-05
- 2e-05
-2e-05 セ@ ................; ,
-3e-05
-4e-05 -3e-05 0
0 2 3 4 5 6 7
angle(rd) angle(rd)
Figure 70 : Induction le long d'un cercle à 250 mm du centre du moteur, par Flux3D, une
phase alimentée
3-4-3 Conclusion
Les résultats sont trés concluant concernant la représentation des fuites statoriques grâce au
logiciel éléments finis Flux3D. Nous avons trouvé deux .modèles : l'un complexe qui tient
compte des dents et des encoches, le plus proche de la géométrie réelle; l'autre beaucoup plus
simple avec le stator et le rotor lisse. Concernant les fuites totales, l'étude doit se poursuivre.
83
Chapitre 3 Modèles numériques
Conclusion
Le but ultime de cette étude est, en connaissant théoriquement les valeurs géométriques et
physiques d'un moteur, d'être capable de trouver un modèle numérique qui donne directement
la signature magnétique de cette machine sans avoir besoin de faire la moindre mesure
expérimentale. Ceci fera, sans doute, l'objet d'une autre thèse. Nous avons voulu, par ce
travail, montrer que nous étions capables de trouver un modèle numérique simple représentatif
des fuites en s'appuyant sur les mesures expérimentales. Notre but a donc été de faire
correspondre des modèles numériques à des résultats expérimentaux mais en ayant une
connaissance a priori de ceux-ci. Nous nous sommes basés pour cela sur des logiciels dont
nous disposions. Nous avons très vite été limités avec le logiciel bidimensionnel, ce qui était
prévisible, néanmoins il nous a apporté des résultats intéressants au niveau qualitatif. En
revanche, le logiciel tridimensionnel nous permet, via certaines hypothèses et simplifications,
de trouver un modèle numérique qui corresponde bien à la réalité. Cependant, nous avons
trouvé quelques limitations à la méthode des éléments finis, et c'est pourquoi, il nous semble
important d'envisager d'autres solutions pour calculer ces champs de fuites. Nous
présenterons donc dans le chapitre suivant quelques méthodes analytiques envisageables pour
la résolution de notre problème.
84
Chapitre IV :
Modèle analytique
85
Chapitre IV ••
Modèle analytique
Modéliser numériquement notre problème semble être, à première vue, la solution qUI
approche au mieux les phénomènes physiques réels car elle permet de prendre en compte la
complexité de la géométrie du circuit magnétique et des têtes de bobines du moteur. De plus,
nous avons vu l'étendue des perspectives d'une modélisation numérique en perpétuelle
évolution. Cependant, notre problème se situe aux limites des possibilités de calcul par
logiciel. En effet, les fortes dynamiques observées entre les valeurs de champ dans le stator
(autour de 1T) et à l'extérieur (très vite en dessous de 10- 6 T) engendrent des risques d'erreurs
numériques importants. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes penchés sur une
approche analytique très simplifiée basée sur une identification multipolaire de la machine.
86
Chapitre 4 Modèle analytique
Le but était de trouver un modèle simple du moteur basé sur une représentation par un nombre
réduit de dipôles. Analysons donc brièvement le magnétisme d'un moteur : le champ
inducteur, résultant de l'alimentation du bobinage statorique, engendre une aimantation
rotorique (en cas de présence du rotor) et une aimantation statorique. Nous pouvons donc
représenter ces aimantations par des moments magnétiques dipolaires judicieusement placés.
(IV-2)
Pour illustrer nos propos, nous allons présenter deux exemples correspondant aux moteurs 2
pôles et 4 pôles étudiés expérimentalement.
87
Chapitre 4 Modèle analytique
4-2 Applications
Chaque moment crée un champ dipolaire. La résultante sur un axe k se calcule en faisant la
somme des contributions de chaque dipôle.
M
セMᄋ[N ᄋ N ᄋ ᄋY ᄋ ᄋ ᄋ ᄋ@
....
k
- .- .- .- + + - . - . - .- . セ@ .::.::; .. , セ@ - .- . - . -+
ID r P
88
Chapitre 4 Modèle analytique
L'avantage d'une telle représentation est qu'elle ne prend pas en compte seulement le dipôle
équivalent lointain, mais qu'elle représente aussi les phénomènes près du moteur. Prenons
alors deux points expérimentaux situés sur cet axe. Connaissant B (mesuré), r et e (imposés
par les points de mesures), il nous est alors facile d'en déduire m et M. Nous pouvons alors
tracer une courbe de l'induction en fonction du point de calcul sur l'axe. Si l'on dispose de
plus de mesures expérimentales, il est même préférable d'appliquer une méthode des
moindres carrés sur l'ensemble des mesures expérimentales, permettant de calculer plus
justement les moments magnétiques.
Nous pouvons généraliser les calculs précédents à tout l'espace en calculant la matrice source
par la sorn..[Link] des différents champs créés au point P. Le calcul s'effectue en coordonnées
cartésiennes en utilisant (IV -2).
M (O,M)
.*. .
_. _. -+-
x '"
h
1
rI
--... セNZGM@
H[ZセIᄋ
r2 (x-h,z)
Z ZNaM P (x,z)
_. _. _. _ . _. _»
J .'
M (O,M)
---+-+ セ⦅ N@ __ ._.
-3xz
(IV-3)
Il est intéressant de comparer ces résultats à ceux obtenus avec un seul dipôle équivalent loin
de la machine. Pour le déterminer, il suffit, à partir des mesures expérimentales au delà de 1 m
du centre du moteur, de calculer le moment dipolaire résiduel équivalent; puis nous calculons
de façon classique le champ crée par ce dipôle. Nous comparons ensuite nos résultats
analytiques aux résultats expérimentaux.
89
Chapitre 4 Modèle analytique
セ@ sans le rotor
Nous avons représenté le cas où le moteur est alimenté en étoile. En utilisant la méthode
exposée précédemment, nous avons alors obtenu m = 29.5 Am2 et M = 19 Am2. La Figure 75,
donnent les décroissances obtenues en première position de Gauss pour :
- la mesure expérimentale
- le dipôle équivalent lointain
- la simulation tridimensionnelle
- le modèle analytique.
Concernant la simulation tridimensionnelle, nous avons exploité nos fichiers par la méthode
des moments magnétiques développée dans le paragraphe 3-5-2.
2e-05
1e-05
t='
c
0
op
Ü
0
::J
"0
Mセ@
-1e-05
セ@ dipôle équivalent
-+- résultats expérimentaux
_____ modèle analytique
-2e-05 _____ _ simulation 3D
-3e-05 lNセMjG⦅@
o 500 1000 1500 2000
position des capteurs (mm)
90
Chapitre 4 Modèle analytique
conducteurs prés du moteur puis par une prédominance de l'aimantation statorique (Figure
76).
"") !
1Champ résultant 1
-. -._+--- _.. -- ,/
, .. -_ .... "' ....
.. _ ....⦅NセMK
Avec les valeurs de moments m et M précédemment obtenues (grâce aux mesures en première
position de Gauss), nous pouvons tracer le champ en deuxième position de Gauss et le
comparer par rapport aux résultats expérimentaux et aux résultats obtenus en recalculant des
moments m et M à partir des mesures en deuxième position de Gauss.
E
c
gu -5e-06
:::J
"0
M セ@ résultats expérimentaux
modèle analytique recalculé
modèle analytique utilisant les moments
de la 1ère position de Gauss
Figure 77 : Décroissance du champ le long d'un segment en seconde position de Gauss, sans
rotor, alimentation en Y
91
Chapitre 4 Modèle analytique
Il est clair que ce modèle devra être affiné pour être valable dans tout l'espace. En utilisant des
méthodes d'approximation, il faudrait donc trouver une valeur moyenne des moments qui
représente correctement l'induction dans tout l'espace, même si ce n'est pas aussi parfait
suivant quelques directions privilégiées
セ@ avec le rotor
L'alimentation est toujours en étoile. Les conducteurs alimentés vont créer une forte
aimantation rotorique qui est alors prépondérante (Figure 78). Le champ résultant est donc
dans le même sens que fi , quelque soit la distance. Le moment équivalent lointain vaut:
meq = -124Am2.
- . セ@ 。セョエッ@ ウエ。ッセアオ・@
⦅Mセ 1_ -+ aunantatlOn rotonque
セ@ セM .....
セM Nセ@
\", - aM - - - -/
/,/-------- -", -------""'"",':
( - . .......⦅セKM
..
セM ------------- ----- - _:c::::......,r:.-co::: -------
//-------------
---- ----
-----------
..
セM
::::
___ セlNK⦅@ _'. --""'\,',,:
1Champ
1 résultant 1
Nセ@
92
Chapitre 4 Modèle analytique
-0.0001
c-
c
.g -0,0002
ü
セ@
"0
Nセ@
-0,0003 .......
-0,0004 0
500 1000 1500 2000
position des capteurs (mm)
Le modèle analytique reflète avec une bonne concordance les résultats expérimentaux. Nous
pouvons donc l'utiliser pour calculer le champ dans tout l'espace, tant que nous ne sommes
pas trop près du moteur (d > 1.5*diamètre du moteur)
x l'
1- .:>
z
93
Chapitre 4 Modèle analytique
0 0 -MI MI
MIl M I2 M I3 M I4
MI -MI 0 0
sont les coordonnées
M 21
Md
M 22
Md
M 23
-Md
M 24
-Md .fi
avec Md =M 2 -
Md -Md -Md Md 2
x+h x-h x x
rll rl2 r13 rl4
z z z-h z+h
sont les vecteurs partant du centre de
x-d x+d x+d x-d
r21 r22 r23 r24
z-d z-d z+d z+d
Il suffit pour chaque moment de calculer sa contribution en un point P de l'espace grâce à (IV-
2), puis pour obtenir le champ résultant de faire la somme de ces contributions. Ceci a été
effectué grâce au logiciel de calcul Mathematica [MATHEMATlCA) .
A partir de deux points expérimentaux (ou par la méthode des moindres carrés si l'on dispose
de plus de points de mesure), on en déduit MI et M2.
On les inclut alors dans l'expression de B, ce qui nous permet de visualiser l'induction dans
tout l'espace.
セ@ sans le rotor
94
Chapitre 4 Modèle analytique
5e-07,-----___.,.--------,-------,
E
c
o
"r;
:::J
"0
.>;
-58-07
- - relevés expérimentaux
____ modèle analytique
セ@ avec le rotor
La même méthode est appliquée quand le rotor est présent. Les résultats sont alors
satisfaisants. On obtient Ml = 113 Am2 et M 2 = 478 Am 2 •
-2e-06
E
c
o
".P
Ü
:::J
D
.!;
-4e-06 •
relevés experimentaux
modèle analytique
Nous avons montré que nous pouvions appliquer facilement aux moteurs 2 pôles et 4 pôles
cette méthode, généralisable à toutes les machines.
95
Chapitre 4 Modèle analytique
Conclusion
Nous avons choisi de baser notre étude analytique sur l'utilisation des moments qui nous
semble représentative du comportement physique des fuites d'un moteur. Cette première étude
semble prometteuse, même si elle n'a pas été entièrement explorée. La méthode que nous
venons de présenter peut être qualifiée de «semi-analytique » car elle utilise malgré tout au
minimum deux points expérimentaux. Elle n'est donc pas complètement autonome. Elle
nécessite la connaissance d'au moins deux points de mesures, ce qui est néanmoins facilement
réalisable. De plus, elle nous semble particulièrement attractive dans la mesure où elle permet
de comprendre physiquement comment se comporte les moteurs. Enfin, une décomposition en
plusieurs dipoles représentant globalement les moteurs aidera à compenser les champs
rayonnés.
Nous avons aussi envisagé d'utiliser la théorie des images pour trouver un modèle cohérent
des moteurs électriques tournants. Il s'agirait alors, par analogie avec l'optique, de remplacer
les conducteurs positionnés dans le circuit magnétique par des charges équivalentes obtenues
par une suite de réflexions et de transmission entre les trois milieux concernés (Figure 83) et
ainsi d'en déduire le potentiel complexe défini dans le paragraphe 3-3-2.
circuit
magnétique
Cette théorie, comme l'étude bidimensionnelle, considère que les courants sont des fils
infinis. Il serait donc intéressant de calculer les valeurs de ce champ proche du circuit
magnétique statorique et de l'extrapoler ensuite au loin par une approximation dipolaire (pour
96
Chapitre 4 Modèle analytique
le moteur 2 pôles) ou quadrupolaire (pour le moteur 4 pôles). Nous n'avons pas pu aller plus
loin dans cette voie, privilégiant la théorie des moments, mais cette piste semble également
intéressante.
Toutes ces méthodes sont également intéressantes car elles permettront d'optimiser les
moyens de compensation.
97
Chapitre V:
Compensations
98
Chapitre V •
•
Compensations
La finalité de cette étude est la compensation des champs de fuites parasites produits par un
moteur asynchrone. Cependant, toute réduction du rayonnement doit être précédée par une
étude détaillée de la signature magnétique; c'est la raison pour laquelle nous y avons consacré
la plus grande partie de ce mémoire. Pour la représenter, nous avons trouvé des modèles
analytiques et numériques qui fournissent des possibilités importantes pour tester des
solutions de compensation.
Nous présentons dans ce chapitre les méthodes utilisées à ce jour pour réduire ces fuites. Ces
solutions et surtout les résultats obtenus sont le plus souvent confidentiels et par conséquent
nous ne pouvons fournir que peu d'informations les concernant.
Ensuite, nous donnerons un exemple de blindage actif simulé et les résultats obtenus grâce
aux modèles 2D et 3D présentés dans le chapitre III.
Enfin, nous montrerons comment mettre ce blindage en application expérimentalement.
99
Chapitre 5 Compensations
Les navires font actuellement l'objet de nombreuses études dont le but est de réduire leur
signature globale par l'addition de boucles d'immunisation [BRUNOTTE9l]. Par la mesure du
champ à bord du bateau, grâce à des capteurs judicieusement placés, des algorithmes
prévisionnels ajustent le courant délivré dans ces boucles de façon à diminuer les valeurs de
champ à l'extérieur.
Dans certains cas, comme celui du chasseur de mines par exemple, les moteurs électriques ne
sont pas inclus dans ces compensations. Il faut donc les étudier de façon indépendante. La
première étape consiste à installer des boucles statiques d'immunisation compensant le
ferromagnétisme du moteur. Cependant, ces boucles ne compensent pas les champs
magnétiques alternatifs créés lors du fonctionnement des machines.
C'est pourquoi, dans une seconde étape, pour atténuer ces fuites, un blindage de protection est
installé directement sur les moteurs de propulsion. Néanmoins, il est défini de façon
essentiellement empirique. Quelques études ont été menées sur les moteurs immergés de
chasseurs de mines (présentés dans le chapitre 1) par leur constructeur. La solution retenue a
été l'implantation d'écrans tubulaires, en acier ferromagnétique, positionnés entre le stator et
la carcasse. Ils permettent de diminuer les champs magnétiques alternatifs qui sortent
radialement de la machine. En effet, cet écran étant conducteur, il est le siège de courants
induits qui vont s'opposer à la cause qui leur donne naissance et freinent le passage du flux
statorique, canalisé par l'écran. Cet effet permet de réduire le champ à l'extérieur de la
machine. Une étude paramétrique sur ces écrans a été effectuée par simulation sur logiciel afin
de déterminer ses caractéristiques intrinsèques. Les tests sur un écran en cuivre, dans lequel
circule uniquement des courants induits, ou sur un écran en acier feuilleté, dans lequel le flux
seul est canalisé, sont bien moins concluants que sur un écran en acier massif qui cumule les
B sans blindage
deux effets. Le gain G = 20 log alors obtenu est d'environ 20 dB aux
B avec blindage
100
Chapitre 5 Compensations
fréquences d'alimentation. Les fortes pennéabilités sont les plus conseillées pour les
matériaux constituant l'écran, comme c'était déjà le cas pour le circuit magnétique statorique
(3-4-2). Ces écrans ne modifient ni la tenue mécanique du moteur (résistance au choc), ni son
comportement thennique (échauffement), ni ses perfonnances électriques. Cependant,
l'augmentation de la masse magnétique impose un nouveau réglage des courants des boucles
d'immunisation statique.
En revanche, les champs axiaux, comme celui dû à la fréquence de glissement ne sont pas
réduits par ce système. Afin de les compenser, des écrans d'extrémités ont été testés.
Légèrement plus épais, ils sont positionnés perpendiculairement à l'axe du moteur, en bout
d'arbre. Ces écrans n'ont pas été implantés industriellement.
D'autres constructeurs de moteurs ont également été impliqués dans la réduction des champs
de fuites [HASPER91]. Au niveau théorique, ils ont adopté la méthode des éléments finis
fonctions du temps. Pour leurs expériences, ils ont choisi comme capteurs, des bobines. Enfin,
ils ont étudié des écrans passifs ou actifs. Leur étude a porté sur des moteurs 6 pôles de
puissance 100kW.
Concernant le blindage passif, ils ont adopté un écran ferromagnétique de 5mm d'épaisseur
placé à l'extérieur du stator. Un étude paramétrique a alors été faite sur la distance entre le
stator et l'écran variant de 0 mm à 20 mm. Il semblerait que plus cet écart est grand, plus
l'atténuation du champ est grande. Mais on ne peut pas toujours positionner un écran à
n'importe quelle distance. Des limitations mécaniques sont bien souvent imposées.
Une autre solution semble donner les résultats les meilleurs : il s'agit de postionner deux
écrans de 2.5 mm d'épaisseur comme sur la Figure 84. Ils obtiennent alors une atténuation de
-34 dB pour une masse ferromagnétique supplémentaire de 10%.
1er 2nd
stator écran écran
101
Chapitre 5 Compensations
Leur modèle théorique, qui tient compte des non-linéarités des matériaux, a également pennis
de tracer l'évolution des champs de fuites en fonction de l'induction maximale dans le stator.
Cette courbe est de fonne parabolique; en effet, lorsque le matériau magnétique sature, les
fuites ne sont plus canalisées et par conséquent les champs rayonnés deviennent bien plus
importants.
Un banc d'essai a également été mIS au point, comportant des capteurs bobinés, des
amplificateurs et une chaine d'acquisition. Nous ne connaissons pas les conditions exactes de
mise au point du banc d'essai (environnement...) ni les résultats expérimentaux obtenus. Les
tests ont visiblement été faits dans les conditions nonnales de fonctionnement, et, en régime
transitoire, les champs de fuites obtenus sont trés importants.
Cette même société a mis au point un blindage actif [COMBIMAC87/88] sur un moteur de plus
faible puissance (4.5 kW, 4 pôles). Nous n'avons pu obtenir que trés peu d'infonnations sur
ces configurations. Un brevet a été déposé en Hollande concernant la structure de leur
blindage. Il s'agit de conducteurs rigides logés soit dans le circuit magnétique statorique, soit
dans une structure placée sur le stator et pouvant tourner par rapport à lui. Ils sont parcourus
par un courant proportionnel au courant statorique. Par rotation mécanique, on peut choisir la
meilleure position de blindage et ainsi affiner la compensation. Cette méthode leur a paru
coûteuse pour une atténuation pas necessairement meilleure de l'induction magnétique (de
l'ordre de 20dB). La position des conducteurs de compensation semble avoir une grande
importance sur les réductions obtenus. A notre connaissance, aucun autre blindage actif n'a
fait l'objet de publications à ce jour.
102
Chapitre 5 Compensations
5-1-3 Conclusion
Un blindage passif est implanté sur les moteurs de chasseurs de mines. Cette solution, si elle
est le plus souvent réalisable, présente l'inconvénient d'alourdir sensiblement le poids total du
moteur. De plus, les écrans passifs et les boucles d'immunisation engendrent une
compensation uniquement statique. Une compensation dynamique ne sera possible qu'avec un
blindage actif, solution plus coûteuse certes, mais moins lourde et plus efficace. Nous nous
sommes donc orientés, grâce à nos modèles numériques vers ce type de compensation.
103
Chapitre 5 Compensations
bobinage statorique
104
Chapitre 5 Compensations
セ@ Type de blindage
Nous avons imposé des densités de courants tout à fait arbitraires dans ce cas d'école
bidimensionnel. Dans le stator, nous avons mis 1.5 Nmm 2 maximum, valeur réaliste dans ce
type de conducteurs, l'alimentation étant en étoile. Nous avons obtenu les atténuations du
module du champ le long d'un cercle autour du moteur présentées sur le Tableau 3 pour une
densité de courant dans les enroulements de compensation de 0.4 A/mm2 •
- - sans compensation
Bx - - - - avec compensation Bz
4e-05 4e-05
3e-05 3e-05
2e-05 2e-05
le-05 le-OS
f=' f='
c:
g c:
0
u
:::J tl
:::J
U U
.ç .f::;
-le-OS -le-OS
-2e-05 -2e-05
-3e-05 -3e-05
-4e-05 0 -4e-05 0
0.5
angle(deg) angle(deg)
105
Chapitre 5 Compensations
Nous avons pensé placer ces conducteurs au sem d'une game magnétique, mêlant ainsi
blindage actif et blindage passif. Cette solution n'est pas la plus efficace (Tableau 4). En effet,
les enroulements de compensation viennent renforcer l'aimantation du circuit magnétique.
D'après nos simulations 2D, un blindage passif seul, constitué de cette gaine serait plus
efficace que la combinaison des deux solutions, la meilleure restant le blindage actif dans l'air
ou supporté par une gaine amagnétique.
500 mm 1000 mm
A (dB) gaine magnétique 27 14.7
A (dB) gaine amagnétique 34 27
セ@ Déplacement du blindage
Nous conservons l'idée d'un blindage actif dans l'air à l'extérieur de la machine. Nous avons
alors testé deux nouvelles positions de ce blindage afin de confirmer que le déphasage entre
les deux types d'enroulements a bien un rôle majeur sur l'atténuation obtenue. Les
enroulements du blindage restent le long du même arc de cercle, mais la position relative du
blindage par rapport aux conducteurs statoriques change et il se déplace soit dans le sens
direct (droite), soit dans le sens inverse (gauche). Les enroulements statoriques et ceux du
blindage conservent les caractéristiques précédentes.
Les deux nouvelles positions testées semblent moins favorables à une bonne compensation du
champ que la position initialement adoptée (Figure 88). La signature est donc trés sensible à la
phase de l'enroulement de contre-réaction par rapport à celle de l'enroulement statorique.
106
Chapitre 5 Compensations
8,
@:, Z L セN@
w.'"
'BY
--- -
• Bx
- - blindage centré
- - - - blindage déplacé à droite
Bz
_. _ .. blindage déplacé à gauche
, ,-,
: 1 \
V \ 1"'\
2e-06
1
/I \J/·· 1 1
1
1
1
o ...... ..... /.. ,
1
1
-2e-06 ... .j
,1
1
1
1
1
1
-4e-06 0 -4e-06 0
0.5 1.5 0.5 2
angle(deg) angle(deg)
Figure 88 : Induction le long d'un arc de cercle à 600 mm du centre du moteur blindé
Nous avons cherché à réduire l'induction du moteur 2 pôles sur lequel nous avons déjà fait
nos expériences et qui a été utilisé comme référence pour la recherche d'un modèle
numérique. De la même façon qu'en 2D, nous avons placé des bobinages de compensation en
dehors du moteur, autour de la carcasse, face aux bobinages statoriques et en opposition de
phase par rapport à eux (Figure 89).
107
Chapitre 5 Compensations
bobinage de compensation
108
Chapitre 5 Compensations
NI = M = 95A. tr. Par conséquent, nous avons testé une première compensation dans les
S
mêmes conditions mais où les courants sont en opposition de phase, dans laquelle Il = 3.4 A,
h =13 =-1 .7 A. Le champ de fuites est alors surcompensé puisque, comme le montre la Figure
90, les composantes x et z de l'induction, le long d'un cercle sur une section droite du moteur,
sont inversées par rapport au cas non compensé. Ceci est probablement dû en grande partie au
fait que les bobines sont proches du circuit magnétique de la carcasse et que par conséquent
l'aimantation de la carcasse s'en trouve renforcée. Nous avons donc testé d'autres valeurs de
courants, encadrant les valeurs précédentes.
sans compensation
compensation 1
compensation 2
compensation 3
E
Ec
c 0
.g ri 0
0 ::J
ü
::J U
U J;
N セ@
-2e-07 -5e-07
-1e-06 0
2 3 4 5 6 7
angle (rd) angle (rd)
Figure 90 : Induction le long d'un cercle à 1200 mm du centre du moteur, avec ou sans
compensation
Nous observons alors, pour toutes les compensations, un déphasage entre les courbes avant et
après compensation. Un solution consisterait à régler le déphasage des courants de
compensation par l'intermédiaire d'une alimentation adaptée. Ainsi, il ne serait pas nécessaire
de procéder comme les publications précédentes le proposaient à savoir disposer d'un
blindage actif mobile, ajustable mécaniquement. Un enroulement de compensation fixe mais
avec une alimentation alternative à phase variable serait plus efficace et moins complexe au
niveau mécanique. L'induction est très réduite par la simple adjonction des conducteurs actifs.
Pour la quantifier nous avons tracé le gain en dB (Figure 91) :
109
Chapitre 5 Compensations
_ -10
cD
"0
C c
o
-5
o
---
p
'il=> ü
=>
"0 D
C M N MNZ]セ@ C
セ@ -15 ;:: -10
ID
"0 "0
c C
p
o o
p
'"
=>
C
<Il
'セ@ " -15
::; 2
'" -20 115
-20
Nous atteignons -20 dB par ces premières simulations, ce qui est aussi bien que les résultats
donnés par les blindages passifs. De plus ces résultats de modélisation pourraient être
améliorés par une étude plus approfondie.
Dans le cas d'un moteur à 4 pôles, nous avons montré qu'au loin, il était équivalent à un
quadrupôle. Il faudra donc procéder de la même façon, à savoir : retrouver l'expression du
champ crée par un quadrupôle, en déduire la valeur des moments quadrupolaires équivalents
et donc la valeur du courant à injecter dans les bobines de compensation. Dans le cas des
moteurs à plus grand nombre de pôles, la méthode reste la même, il suffit juste d'identifier
initialement correctement la décomposition multipolaire équivalente lointaine, comme nous
l'avons fait dans le paragraphe 3-3-2. Une autre solution toujours envisageable est
d'approximer au mieux la solution par tâtonnements successifs. Cette solution est plus longue
à tester. Enfin, comme dans la décomposition multipolaire, les termes qui décroissent le moins
vite sont le dipôle et le quadrupôle, nous pourrons commencer par identifier ces termes, les
compenser, puis continuer de la même façon avec les multipôles suivants.
110
Chapitre 5 Compensations
Une étude paramétrique sur la position de ces bobines par rapport à la carcasse (Figure 92)
serait à effectuer pour prendre en compte la réaction du matériau magnétique à ces courants de
compensation.
conducteurs
++
d
Il serait également intéressant d'étudier, dans le cas d'une carcasse magnétique, la solution
consistant à positionner les conducteurs entre la carcasse et le stator. Dans ce cas, la carcasse
pourrait servir de blindage passif sur des champs déjà compensés et donc viendrait renforcer
la compensation. Cependant, positionner des courants trop prés du stator risquerait de
renforcer l'aimantation statorique et donc d'augmenter les fuites provenant des tôles du stator.
La carcasse, même en assurant son rôle de blindage passif, ne réduira pas obligatoirement ces
fuites autant que le ferait un blindage actif complètement externe. De plus, cette compensation
est plus complexe à mettre en place puisqu'elle oblige à séparer la carcasse du stator. La
première solution permettrait, quant à elle, de réduire des champs sur des moteurs déjà
construits sans avoir à les modifier.
III
Chapitre 5 Compensations
B(T)
112
Chapitre 5 Compensations
Conclusion
La modélisation des solutions de compensation semble tout à fait réaliste grâce à notre modèle
tridimensionnel. Le modèle bidimensionnel donne des pistes rapides à explorer mais ne peut
pas être finalement adopté pour connaître les valeurs de champ de fuites après compensation à
cause des hypothèses restrictives liées à toute modélisation bidimensionnelle. Les résultats 3D
obtenus sont tout à fait encourageants, mais demanderaient une étude plus approfondie. La
validation expérimentale de notre blindage est en cours à Herbeys au LMMCF dans les
mêmes conditions que pour nos relevés de signatures et avec des précautions semblables.
113
Conclusion
114
Conclusion
Rendre discrète une machine électrique suppose que l'on connaisse parfaitement sa signature.
C'est la raison pour laquelle nous avons cherché un modèle théorique qui représente
correctement les fuites électromagnétique. Pour valider ce modèle, nous devons nous baser sur
des résultats expérimentaux fiables. Nous avons donc mis au point un banc d'essai qui nous a
permis d'obtenir des signatures caractéristiques et tout à fait exploitables. Un protocole de
mesures a été mis en place qui nous permet également de faire des évaluations de
l'excentricité du rotor.
Nous avons pu alors nous orienter vers la recherche d'un modèle numérique représentatif de
ces fuites. Des logiciels bidimensionnels et tridimensionnels utilisant la méthode des éléments
finis ont été utilisé (Flux2D et Flux3D). Le premier ne convient pas parfaitement à notre
étude, car il est limité par des hypothèses restrictives. Le second est, quant à lui, tout à fait
adapté à ce type de problème moyennant quelques aménagements propres à nos mesures loin
du moteur. Il a fallu utiliser de nombreux outils originaux de modélisation.
Une méthode analytique a été ensuite développée. Si elle paraît plus sommalre et moms
représentative qu'un modèle numérique calqué sur la géométrie réelle d'un moteur, en
revanche, elle permet de rendre compte des phénomènes physiques loin du moteur de façon
simple. Le moteur a été décomposé en moments magnétiques équivalents. Les résultats sont
tout à fait concluants.
Enfin, nous en sommes arrivés à l'ultime étape de cette étude: la compensation optimale des
champs rayonnés. Le modèle tridimensionnel adopté semble être un outil efficace dans la
recherche de solutions de compensation.
115
Conclusion
Cette étude sur les phénomènes électromagnétiques externes aux machines jusqu'alors peu
explorés, a ouvert de nombreuses perspectives, tant au niveau expérimental que théorique.
Pratiquement, la prochaine étape consistera en la réalisation du blindage actif qui a fait l'objet
d'une partie de notre étude. Ensuite, nous travaillerons en dynamique, rotor tournant, avec
une alimentation à fréquence variable. Nous pourrons ainsi observer le comportement du
moteur en charge. De plus, l'excentricité risque d'introduire des champs à la fréquence de
glissement (pour les machines asynchrones), visibles par conséquent uniquement en régime
dynamique. Par ailleurs, en plus de l'exploitation des capteurs radiaux et axiaux, il semblerait
judicieux de les répartir le long du moteur afin d'évaluer la signature longitudinalement et
..
d'agrandir notre carte de champ.
Numériquement, l'idéal serait d'utiliser un logiciel disposant de tous les outils spécifiques à
notre étude comme nous l'avons décrit dans le chapitre III. Il serait alors interessant de
pouvoir introduire des matériaux non linéaires et d'étudier le comportement en régime
transitoire de la machine. De plus, si l'étude des fuites statoriques est parfaitement
déterminée, l'étude des fuites totales (avec rotor) nécessite quelques améliorations.
Une fois tous ces aspects développés, la compensation pourra s'étendre à tous les
comportements d'une machine électrique tournante.
116
•
Annexes :
117
Annexes
Nous avons présenté, dans ce mémoire, différentes méthodes pouvant être utilisées pour
aboutir à une bonne connaissance de la signature électromagnétique des machines électriques
. tournantes et par conséquent à une compensation plus facile des champs de fuites. Cependant,
pour compléter l'application concernant la propulsion électrique, il nous a été demandé de
nous intéresser au calibrage des capteurs (électromètres et magnétomètres) utilisés en mer, et
qui permettent de mesurer directement les signatures. Pour calibrer ces capteurs existants,
nous avons donc étudié des sources étalons de champs magnétique et électrique, répondant au
cahier des charges suivant: elles doivent délivrer des champs statiques ou de basse fréquence
asservis en orientation et en amplitude. Ce dispositif doit pouvoir supporter divers modes
d'utilisation : au point fixe avec une immersion réglable ou tracté à faible vitesse. Le cahier
des charges nous impose des plages de température pour le fonctionnement et le stockage, et
une autonomie d'alimentation de 4 heures. La précision sur les moments par rapport à la
consigne initiale doit être de 5° pour l'orientation et de ± 5% pour l'amplitude. Nous
travaillons à faible fréquence donc dans l'approximation des états quasi stationnaires. La seule
longueur typique est alors l'épaisseur de peau et nous considérerons que la propagation se fait
de façon instantanée et sans affaiblissement. Une source de champ magnétique ne délivrera
donc pas de champ électrique et inversement. Nous dimensionnerons alors deux systèmes
une source de champ magnétique puis une source de champ électrique.
118
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
Calculer le champ crée par un solénoïde épais dans tout l'espace peut être fait de deux façons:
y
1
x
Nous avons préféré une expreSSIOn sous la forme d'un développement multipolaire en
harmoniques sphériques (qui permet d'identifier la source comme une somme de dipôles,
quadrupôles, ... qui créeraient le même champ) à un calcul utilisant les intégrales de Legendre, .
119
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
plus difficile à manipuler ensuite. En dehors d'une sphère contenant toutes les sources, le
potentiel vecteur, en coordonnées sphériques vaut:
où pセョKャH」ッウXI]Mゥ@ d P2n+l(cos8)etPn(cos8)= 1
n
d
n
(cos 2 8-1)n
d(cos8) 2 n! d(cos8)n
Pour calculer le champ crée dans tout l'espace par un solénoïde épais de longueur l, de rayon
intérieur ri et de rayon extérieur re, il suffit alors de calculer ce même développement limité
pour une spire centrée en 0' situé à une distance d de 0 sur l'axe Oz, puis d'intégrer le
développement limité par rapport à a, de re à ri, et par rapport à d, entre -112 et +1/2 (Figure
95).
120
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
ri--L1\.
( )
L
Y· (r,e) = f 。セョ@
n=1 r
P2n-1 (cose) (Al-5)
Définissons alors la fonction flux F : dans un système de révolution où les lignes de courant
sont des circonférences d'axe z, de rayon p et où le potentiel vecteur n'a qu'une composante
121
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
suivant <1>, le flux du vecteur d'induction à travers une circonférence d'axe z vaut
Les courbes <D=cstes sont alors les lignes d'induction, situées dans un plan méridien. On
considère alors (pour une question de facilité d'utilisation dans les calculs) la fonction:
F=<D/(2n I-10) (Al-7)
Comme Ë· = -gradV· et B=l-1oË· + p. , chaque fois que l'on est en dehors de la distribution,
les courbes Y*=cstes sont normales au vecteur d'induction. Les courbes F=cstes sont donc les
lignes de forces du champ, orthogonales aux lignes équipotentielles y* =cstes. F correspond
donc au potentiel vecteur, à un facteur multiplicatif prés.
(Al-8)
aF = sine ay'
ar ae
On a alors: aF 2. ay' (Al-9)
- = - r sme--
ae ar
"
N ous en dedmsons • p (cose) (e) . e pセ@ (cose)
donc Y (r,e) = nI<=> F r, = -sm (Al-lO)
r +
n nr n
B = セ@ aF = @セ セ@ 2na2n p (cos e)
r S 2 ae 2 セ@ 2n-1 2n-l
r r n=1 r (Al-11)
B = _1-1 0 aF = _ 1-10 セ@ a2n pl (cos e)
e S::l.. セ@ 2n 2n-1
r Ul r n=1 r
122
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
re 3 _ ri 3
m = 1tJL = 125 A.m: (AI-12)
3
De plus, la condition pennettant d'annuler le tenne octupolaire (dans la décomposition du
champ, le tenne quadrupolaire est nul) est:
9 re s - riS
L 2 = - -..".----:,--- (AI-13)
5 (re 3 - ri 3 )
Après avoir cherché différents dimensionnements, nous avons finalement opté pour celui-ci:
On choisit de prendre 1 conducteur par spire et une alimentation délivrant 7A crête soit
environ 5A efficace セ@ N=290 spires
La fréquence imposée par le cahier des charges doit varier entre 0 et 100 Hz
セ@ 2.5V::;; U = iセイR@ + (21tf)2 ind 2 ::;; 66.5 Ven valeurs efficaces (Al-16)
123
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
Ceci convient si l'on choisit de prendre une alimentation contenant au maximum 12 batteries
de 12 volts = 144V en valeur crête soit 101.8V en valeurs efficaces: 8 batteries suffisent.
L'énergie dissipée par effet Joule (résistive) vaut alors: W=R*ieff2 # 12.4 Watt, ce qui est
relativement peu.
La section d'un conducteur est alors d'environ 10 mm2 , ce qui est réalisable techniquement.
Le reproche que l'on pourrait faire à ce solénoïde est sa faible épaisseur et donc son éventuelle
fragilité. Mais les matériaux existant devraient permettent de lui assurer une rigidité
suffisante.
Nous avons testé d'autres dimensionnements. Il est possible de donner au solénoïde une forme
plus trapue pour obtenir une meilleure rigidité dimensionnelle. Mais les valeurs des tensions
nécessaires pour l'alimentation étaient trop élevées pour être réalistes. Une autre solution
envisageable aurait été d'adopter un solénoïde plus épais de forme discoïdale (re = 0.18 m, ri =
P N QSセL@ L = 0.0219 m). Nous avons alors augmenté la densité de courant jusqu'à 1.5Nmm2 •
La condition de dipolarité de la source n'est alors plus respectée qu'à 2% prés.
DO
DO
x
124
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
Selon chaque axe, deux solénoïdes de moment magnétique m=62.5 Am2 sont positionnés de
part et d'autre du centre. Nous avons alors cherché un nouveau dimensionnement pour chaque
solénoïde et nous avons vérifié que cette configuration est équivalente à un seul solénoïde de
moment M=125 Am2 (en choisissant un écart entre les solénoïdes convenable, on peut obtenir
une erreur inférieure à 0.5%). Cette source est alors parfaitement calibrée et connue et est plus
adaptée à des capteurs tri-axiaux.
Ces calibrages vont être effectués en milieu marin. Or la mer est un milieu conducteur dont la
conductivité varie en fonction de différents paramètres comme la salinité, la température, la
pression, la profondeur. Une très bonne description du milieu marin a été faite dans
[POULBOT93]. L'épaisseur de peau de tout milieu de perméabilité Il, et de conductivité cr vaut:
8- セ@ 2
ü)llcr
Nous utilisons une conductivité moyenne généralement adoptée de 4S/m. Ceci nous permet de
calculer l'épaisseur de peau pour différentes valeurs de fréquences. Le cahier des charges
spécifie que la fréquences doit varier entre 0 et 100 Hz.
f(Hz) B(m)
50 35
100 25
1000 8
Aux fréquences étudiées, l'épaisseur de peau est trop grande pour que l'induction soit modifiée
aux distances de mesures qui nous intéressent. Nous avons vérifié ceci grâce au logiciel
Flux2D. L'hypothèse initiale qui considère que le milieu marin est du vide au niveau
magnétique est donc tout à fait valable.
Nous aurions pu envisager de réaliser une source de champ magnétique de forme différente.
125
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
bobinages
/i'..
[s 1
'V
1
1
セ@ セ@
f-
セ@ f-
Chaque bobine va créer un champ dans une direction donnée, le champ résultant est donc
orientable dans tout l'espace.
Cette structure a l'avantage d'être plus compacte maiS elle est plus difficile à réaliser
techniquement et plus complexe à réparer en cas de problème.
Les bobines de Helmholtz sont deux bobines plates, parallèles et dimensionnées de manière à
ce qu'elles vérifient la condition de Helmholtz portant sur l'homogénéité du champ très prés
de l'origine, choisie comme étant le milieu de la distance entre les deux bobines. Pour vérifier
cette homogénéité, on impose la dérivée seconde du champ nulle à l'origine. Nous avons alors
calculé analytiquement le champ crée par ces bobines dans l'espace, en comparant les spires
circulaires aux spires carrées. Il coïncide bien avec un champ dipolaire et avec le champ de
notre structure de référence (le solénoïde épais). Mais dans une seule bobine, nous ne pouvons
pas faire passer tout le courant nécessaire au nombre d'Ampères-tours imposé par le cahier
des charges. Nous avons alors étudié la possibilité d'élaborer des solénoïdes en position de
Helmholtz. Nous avons dimensionné deux solénoïdes épais de forme discoïdale. Nous les
avons ensuite fait se déplacer autour de la position de Helmholtz. Celle-ci correspond le
mieux au modèle dipolaire et semble également envisageable.
126
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
La réalisation devra donc s'orienter selon les possibilités mécaniques vers une source à 1 ou à
3 axes. Nous pensons qu'il sera préférable de choisir une source tri-axiale, perdant un peu au
niveau dipolarité mais finalement parfaitement connue et facilement manoeuvrable. Le
moment magnétique crée par ces sources sera orientable dans l'espace enjouant sur le courant
d'alimentation. La réalisation de cette source n'a pas été faite dans le cadre de cette thèse et
reste à la charge du GESMA.
127
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
Le cahier des charges nous imposait de trouver une source électrique dont la fréquence
pouvait varier de 1 à 10Hz. La longueur de peau varie alors de 80 m à 250 m. La valeur
maximale du moment résultant demandé atteint 25 Am. Si les sources de champ magnétique
sont très courantes, les sources de champ électrique sont plus rares. [TOSSMAN79] présente la
réalisation d'une source électromagnétique de calibrage pour la prospection géophysique sous-
marine. La source électrique est composée de deux électrodes sous la forme de portions de
sphères en acier inoxydable recouvertes d'anodes sacrificielles plates en zinc. Le but de cette
réalisation était de fournir un moment électrique très grand et la dipolarité de la source n'était
pas reqUise.
Nous avons plutôt cherché à avoir une source parfaitement connue et dipolaire. Nous nous
sommes orientés vers une source dipolaire composée de deux sphères chargées.
Imaginons que notre source soit constituée des deux sphères de la figure 20 :
S S'
V'
v
c
Pour calculer la capacité des deux sphères nous allons utiliser la théorie des images présentée
dans [DURAND68s]. Soient 2 sphères S et S' de rayon a et dont les centres sont à une distance
c l'un de l'autre. Posons m = al c.
128
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
réaliser ces potentiels en plaçant des images qJ, q2,·.·qn et q'J, q'2, ... , q'n à des distances dJ,
d 2, ... d n et d'J, d'2, ... d'n des centres 0 et 0'.
qJ =4m: a dJ =0
q'J = - 41tE m a d'J =mb
m2 a d _ ma
q2 = 41tE 2 2 - 1-m 2
I-m
m 3a d' = m(l- m 2 )a
q' 2 = -41tE 2
1-2m 2 1- 2m 2
2
d' =_a__
n c-d o
q _ a x q' 0 a2
d =--
n+l - -
c- d' o 0+1 C - d'
o
A-2-2 Dimensionnement
Pour dimensionner cette structure, on Impose le courant l traversant les sphères, donc la
distance entre les deux sphères c.
Soit R, la résistance d'une sphère et V son potentiel, alors R =VII. De plus, CR = pE.
129
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
Or C = L (qn - q'n).
En imposant à V une valeur réaliste avec une alimentation courante, on trouve facilement la
valeur du rayon a des sphères.
Dans un premier dimensionnement, nous avons choisi une structure où les deux sphères sont
suffisamment éloignées pour ne pas avoir d'influence notable l'une de l'autre. Elles sont
reliées par un tube rigide très fin contenant les câbles d'alimentation et ne modifiant pas
l'allure des lignes de courant. Cette solution est difficile à réaliser techniquement mais reste
facilement navigable .
. Dans un second dimensionnement, nous avons voulu rapprocher les sphères afin d'avoir une
structure plus compacte et nous avons désirer les relier par un tube isolant. Cette solution
attractive pose un problème lié à la modification des lignes de champ ainsi qu'une
accumulation de charges prés des sphères due à la différence de conductivité entre la mer et le
matériau. C'est pourquoi, nous avons décidé de mettre entre les sphères, non pas un tube
isolant, mais une sphère isolante « orthogonale» s 'harmonisant avec les lignes de courant.
L'orthogonalité est définie de la façon suivante: l'intersection de la sphère isolante avec une
sphère conductrice correspond au point commun de la sphère conductrice et de la tangente à
cette sphère passant par le milieu de la sphère isolante (Figure 99).
Cette structure al' avantage d'être plus facilement réalisable que la précédente. En revanche,
elle est moins facilement navigable.
Nous avons vérifié grâce au logiciel Flux2D la dipolarité de cette source.
Analytiquement par la théorie des images, pour prendre en compte l'influence d'une sphère
sur l'autre dans le calcul du potentiel crée par cette ウッオイ」・セ@ il nous faut chercher un ensemble
de deux charges équivalentes aux deux sphères qui correspondrait au barycentre des images.
130
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
En effet, le moment dipolaire électrique est en fait égal à p = I.d avec d = distance entre les
charges équivalentes et non pas distance entre le centre des deux sphères.
Or la charge de S en présence de S' vaut Q = I(qn-q'n)*V et inversement, la charge de S'en
présence de S vaut Q' = I(Pn-p'n)*V' avec pn et p'n les images permettant de porter S et S'
aux potentiels 0 et 1. On a alors Pn = -qn et p' n =-q' n. Les charges Q et Q' sont bien égales et
opposées. Les charges qn et Pn sont distantes du centre C (placé à mi-distance de 0 et 0',
centres des sphères) de c/2-d n. La distance d entre les charges équivalentes vaut donc en fait:
(A2-1)
A partir des calculs analytiques du dipôle et des résultats de Flux2D, nous pouvons conclure
que la source calculée est bien dipolaire et connue.
Cette source, pour répondre au cahier des charges, doit être orientable dans l'espace. Or,
contrairement à la source magnétique, il n'est pas possible de prendre trois dipôles électriques,
chacun orienté suivant un axe. En effet, compte tenu des propriétés conductrices de la mer,
des phénomènes perturbateurs comme le rebouclage des lignes de courant d'un dipôle à
l'autre risquerait de fausser les résultats. Cette source sera donc suspendue à un petit bateau
destiné à cet effet et nommé « poisson ». Elle sera orientée mécaniquement en fonction des
besoins. Concernant, l'interface eau de mer / air ou l'influence du poisson, nous considèrerons
que cette interface étant présente lors de toutes les mesures, elle fera partie de la fonction de
transfert entre la source et le capteur caractérisant le milieu.
131
Annexes Sources de champs magnétique et électrique
Conclusion
Des sources électrique et magnétique ont ainsi été dimensionnées. Les deux choix finalement
adoptés sont :
- pour la source magnétique : suivant chaque axe deux solénoïdes formant une source
dipolaire, moment orientable par simple ajustement des courants.
- pour la source électrique : une paire de sphères conductrices reliées par une sphère
isolante créant un moment dipolaire orientable mécaniquement.
Ces sources ont été dimensionnées à partir de 1'hypothèse que le milieu marin était homogène.
La réalisation ainsi que l'aspect mécanique de l'étude sera effectuée par le GESMA.
132
Bibliographie
133
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139
1 -
Discrétion électromagnétique des machines électriques tournantes
Toute machine électrique est source de fuites électromagnétiques externes. Ces champs, de
valeurs faibles d'un point de vue électrotechnique classique, peuvent se révéler néfastes
pour certaines applications, notamment dans le domaine de la détection. L'objectif de cette
thèse est donc la discrétion électromagnétique des machines électriques tournantes.
Un banc d'essais et un protocole de mesures ont été mis en place. fis pèrmettent d'étudier
avec précision la signature électromagnétique des machines à différentes distances, ainsi
que l'influence de certains paramètres comme la nature des flasques ou la présence du
rotor. Les effets d'une excentricité sur le rayonnement ont également été évalués dans une
optique de prévention et de maintenance des machines électriques.
Des modèles numériques, utilisant les éléments finis, ont ensuite été développés. Le modèle
2D ne convient que pour des études qualitatives, ses hypothèses ne rendant pas
suffisamment compte de la réalité. L'intérêt du modèle 3D réside dans sa capacité à
représenter correctement les phénomènes physiques à l'extérieur de la machine.
Un modèle analytique est également proposé dans ce mémoire. De conception simple, basée
sur la représentation par moments dipolaires équivalents, il aide à la compréhension de la
signature électromagnétique.
Enfin, grâce à ces modèles, des solutions de compensations optimales des fuites par un
blindage actif, sont envisagées après une présentation de l'état de l'art des solutions utilisées
actuellement.
Every electrical machine produces electromagnetic stray fields. Those fields have low
values in term of classical electrotechnics, but in other applications they seem high, like for
example in magnetic detection. In this way the aim of this thesis is the reduction of
electromagnetic stray fields of electrical machines.
An experimental set has been installed. It allows to study, with a great accuracy, the
electromagnetic signature of machines and tbe influence of sorne elements as the presence
of end shields, and the rotor. The effect of eccentricity has been shown in a purpose of
machine safety and maintenance.
Numerical models have been developed. The 2D model gives only qualitative results
because of its hypothesis : end windings not taken Înto account and infinite length of the
machine. The 3D model is able to represent physical phenomena outside the machine.
A simple analytical model is also described in this thesis. It is based on the representation
by equivalent magnetic dipoles. It helps to understand the signature of the machines.
Finally, thanks to those models, solutions for stray fields reduction, as an active shielding,
have been considered, after a review of the present usual solutions.