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Article de philosophie

THEME : « De quoi l’Afrique a –t-elle le plus besoin aujourd’hui ? De La


Philosophie ou de la Science ? »

L’heure n’est plus au débat de l’existence ou de la non-existence d’une philosophie en


Afrique, ce temps est passé. La philosophie en Afrique existe déjà en tant que réflexion
systématique et rationnelle vécue en Afrique, sur le sens de l’existence humaine dans le
monde africain. Après la critique de l’Ethnophilosophie du révérend père Tempels, les
philosophes africains en particulier ceux du courant idéologique ont initié une philosophie
africaine du présent qui tient compte de la situation historique du continent sur le plan
politique, économique, culturel et social.

La philosophie a ses spécificités qui la démarquent fondamentalement de la science et de la


technologie. Le substantif de philosophie à l’origine s’étendait sur tout effort humain rationnel
visant la découverte et la promotion de la vérité. En outre, la philosophie élabore des thèses
qui sont des positions d’un ou de plusieurs auteurs face à un problème donné soutenues par
des arguments intelligibles. En cherchant la réponse à la question du pourquoi des choses, la
philosophie intègre une dimension métaphysique dans ses préoccupations. La Science dite
exacte par contre répond à la question du comment des choses, elle développe des lois qui se
veulent objective grâce à la méthode expérimentale. La réflexion philosophique vise le
général et le fondamental alors que celle scientifique vise le particulier, elle cherche à
satisfaire les besoins matériels de l’homme. Mais suffit-elle une vie pleinement humaine qui
se limite à la question de subsistance ? Nous répondons à cette question par la négative car,
rester au seul besoin de subsistance, et s’engluer au stade animal voire végétal. Pour atteindre
le stade humain, nous devons exercer notre raison et notre créativité qui sont ce que nous
avons de plus humain.
La nécessité de la Philosophie pour l’Afrique

Si hier encore au lendemain des Indépendances, l’on pouvait croire un possible


développement de l’Afrique noire grâce une prétendue aide des anciennes métropoles,
aujourd’hui cette illusion s’est évanouie et nous nous trouvons en face de la réalité. Une
réalité très amère, désenchanteresse et angoissante. En effet, l’Afrique du XXIe s’enfonce
chaque jour un peu plus dans le chaos, dans la misère et la désolation. Elle vit des situations
difficiles et sombres et elle semble être en marge du progrès et évolution. Elle traverse une
crise profonde et multidimensionnelle mais que l’africain doit examiner avec sérénité et
affronter avec courage et détermination. C’est dans ce contexte que se pose avec acuité la
question de la nécessité de la philosophie en Afrique.

L’enjeu ici est anthropologique et voilà pourquoi la philosophie est ce qu’il y a de plus adapté
à ces situations troubles. Mais face à l’urgence du développement et de l’émancipation réelle
dans laquelle se trouvent les africains aujourd’hui que peut faire la philosophie ? De quoi
l’Afrique a besoin pour sortir du gouffre de la misère et du sous-développement : la
philosophie ou la science ? Pour les adeptes de la science positiviste la réponse est évidente et
sans équivoque. L’Afrique doit former des savants, scientifiques et ingénieurs pour changer
son sort et charger de faire face aux préoccupations plus pratiques et plus pressantes des
africains. Les philosophes, généralement taxés de fou au sens social du terme, ne peuvent rien
apporter à l’Afrique. Ils risquent au contraire de détourner le continent des questions plus
pratiques et à le perdre dans des élucubrations. C’est ce dénonce Karl Marx dans la onzième
thèse sur Feuerbach. Mais une telle lecture n’est qu’une vision trop simpliste d’une réalité
assez complexe car elle ne prend pas en compte certains faits comme la fuite des cerveaux, le
néocolonialisme…etc. En effet où sont passés les experts de tout bord formés à grand frais par
les pays africains ? Quel bilan pouvons-nous présenter de leur rendement réel ? Quel impact
direct ont-ils eu sur le développement du continent ? Notre objectif ici n’est pas de prouver
que la science serait inutile pour le continent africain. La science technologique a une capacité
de transformer le monde qui n’est pas à démontrer de nos jours mais elle ne peut pas opérer
dans les conditions d’aliénation politique, économique et culturelle dans lesquelles se trouve
le continent actuellement.

L’Afrique traverse à l’heure où nous sommes des moments troubles et angoissants dus
aux crises multiformes. La philosophie serait avant tout ce qu’il faut à l’Afrique. A en croire
NJOH MOUELLE Ebenezer « La philosophie nait d’une conscience angoissée, d’une
conscience sommée de s’adapter à un univers devenu étranger, inhabituel ; un univers dans le
silence parce qu’elle nous laisse démunis, inquiets et troubles, la philosophie nait des
situations troubles ». La philosophie a donc un rôle indispensable à jouer dans les sociétés
africaines, celui d’éclairer l’agir social, d’éveiller la conscience du peuple pour un
changement réel de mentalité.

Fabien EBOUSSI BOULAGA dans la préface de son ouvrage intitulé Lignes de résistance,
a fait un constat amer lorsqu’il parle de « l’honneur de penser ». Il évoque que l’origine
fondamentale des problèmes socio-politiques et de la déchéance africaine est l’absence de
penser. Pour lui, il y a abstraction de la pensée dans les relations interpersonnelles et dans la
gestion des affaires politiques dans les états africains. Pour sortir de la déchéance, l’africain
doit se libérer des illusions, des rêves dans lesquels il s’est plongé après les indépendances
pour retrouver l’honneur dans le penser.

En définitive, c’est d’une révolution sociale guidée par philosophie qu’a besoin l’Afrique
actuellement. La philosophie qui doit soutenir et diriger cette révolution sociale est le
consciencisme. Ce courant de pensée élaboré par le philosophe ghanéen KHWAME
KRUMAH est une philosophie qui, en partant de l’état actuel de la conscience de l’Afrique,
indique comment le développement sera tiré du conflit agite à présent cette conscience. Il
s’agit pour les africain de compter sur eux-mêmes, de partir leur propre base, des réalités
actuelles de son histoire sans se faire des illusions. A la suite du consciencisme, KHWAME
NKRUMAH a fait une proposition qui reste aujourd’hui valable pour les africains. C’est ce
qui prend le titre son ouvrage célèbre : l’Afrique doit s’unir.

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