Resultats Addiction
Resultats Addiction
1. Sexe
Féminin
35%
Féminin
Masculin
Masculin
65%
Figure 1 – Sexe : Le graphique présente la répartition des répondants par sexe. Sur la base du visuel,
on observe une prédominance des répondants de sexe masculin soit 65%.
2. Tranche d’âge
60
50 48.00%
40
Fréquence
30.00%
30
22.00%
48
20
30
10 22
0
[15-17] [18-20] [20-25]
Tranche d'âge
Le figure 2 illustre une concentration des répondants dans les tranches d'âge jeunes
(adolescents/jeunes adultes) soit environ 30,00%.
3. Situation actuelle
35
30.00%
30
26.00%
25
21.00%
20
Fréquence
18.00%
15 30
26
10 21
18
5.00%
5
5
0
Apprenti Eleve Etudiant Sans Travailleur
emploi
Situation actuelle
Le graphique montre la distribution des répondants selon leur situation actuelle(par ex. scolarisé, en
emploi). Il semble que la majorité soit encore scolarisée ( élèves) soit 30,00% de la population cible.
4. Niveau d’instruction
60
50.00% 49.00%
50
40
Fréquence
30
50 49
20
10
1.00%
0
Non scolarisé Secondaire Superieur
Niveau d'instruction
Le graphique suivant montre la répartition par niveau d'instruction des répondants ; l'essentiel des
répondants se situe au niveau secondaire/lycée ou équivalent, soit environ 50,00% de la population
cible.
38.00%
62.00%
Non Oui
Figure 5 : Répartition des répondants enquêtés selon la question à savoir s’ils vivent encore
ou pas avec leurs parents
Le graphique illustre la proportion de répondants vivant avec leurs parents. Visuellement, une part
importante semble vivre avec leurs parents soit 62,00%
Non 18 18.00%
Oui 82 82.00%
Le tableau I montre que 82% ont déjà entendu parler des substances addictives contre 18% restent
ignorants, nécessitant une diffusion plus large de l'information.
2. Lesquelles parmi ces substances sont selon vous addictives ?
Tableau II : Répartition des répondants enquêtés selon leur connaissance sur le type de
substance déjà entendu parler
La plupart des répondants associent les problèmes de santé soit (37%), les violences soit (23%), la
dépendance soit (11%) aux conséquences dues à la consommation des substances addictives, contre
11% déclarant "ne pas savoir ".
9. Connaissez-vous des jeunes dans votre entourage qui consomment ces substances ?
Tableau IV : Répartition des répondants enquêtés selon la question à savoir s’ils connaissent
des jeunes de leur entourage qui consomment ces substances
Non 26 26.00%
Oui 74 74.00%
74% connaissent des consommateurs des substances addictives dans leur entourage contre 26 soit
26% qui ne connaissent pas.
Le tableau V montre que l'adolescence est la periode critique où les jeunes débutent la
consommation des substances addictives, soit 40% estiment que la consommation débute entre à
16-18 ans.
58% des répondants disent avoir reçu une éducation suffisante au sujet des addictions, mais 26% la
rejettent et 16% prétendent ne pas savoir.
Non 54 54.00%
Oui 46 46.00%
Ce tableau montre que 46 répondants affirment avoir déjà consommé une substance additive
soit 46% contre 54 qui n’ont jamais consommé soit 54%.
6ans 5 20.83%
8ans 4 16.67%
Grand Total 24 100. 0%
De ce tableau il en ressort que sur les 24 enquêtés 6 répondants soit 25.00% consomment les
substances addictives des puis 4 ans.
Non 65 65.00%
Oui 35 35.00%
De ce tableau il en découle que moins de la moitié de nos enquêtés connaissent des personnes
ayant arrêtés la consommation de ces substances soit 65%.
Si oui, comment ? ______________________
Tableau XIII : Répartition des répondants enquêtés leur connaissance sur les moyens utilisés
par ces personnes pour arrêtés la consommation de ces substances
De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés, 15 répondants soit 23.08% disent avoir
arrêtés pour des raisons médicales.
Non 59 59.00%
Oui 41 41.00%
De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés 59 répondants 59.00% n'ont jamais participé
à une activité de sensibilisation.
De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés, 31 répondants considèrent le dialogue
familial comme Strategies efficaces de prévention de comportement de vies saines soit 31.00%.
Autres 6 6.00%
Grand total 100 100.00%
De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés, 35 répondants considèrent le Sport
comme comportement sain soit (35%), Refus de drogue (18%), Alimentation équilibrée (17%).
Le sport émerge comme alternative saine centrale, alignée avec les attentes des jeunes.
Tableau XVII : Répartition des répondants enquêtés selon la question à savoir s’ils seront
prêts à participer à une campagne de sensibilisation
Discussion
L’analyse des données montre que la majorité des répondants sont des jeunes, principalement des
hommes, avec un âge dominant entre 16 et 18 ans, ce qui correspond à la tranche où, selon la
littérature, l’initiation aux substances addictives est la plus fréquente et la plus à risque de conduire
à des usages problématiques ultérieurs (Hellstrom-Lindahl & Nordberg, 2002 ; D’Onofrio et coll.,
2012). La plupart des enquêtés sont encore scolarisés et vivent avec leurs parents, mais une
proportion non négligeable est déjà indépendante, ce qui peut accroître leur exposition à des
contextes moins contrôlés et à des pairs consommateurs (Fagan et coll., 2005).
Sur le plan des connaissances, 82 % déclarent avoir déjà entendu parler des substances addictives,
avec comme produits les plus cités : l’alcool, la cocaïne, le tabac, le cannabis, la chicha et le
tramadol. Ces résultats sont cohérents avec la typologie des substances présentée dans la revue, où
l’alcool, le cannabis et la cocaïne figurent parmi les produits les plus courants et les plus étudiés pour
leur potentiel addictif (Varescon, 2005 ; Valleur et Matysiack, 2003). Les effets les plus évoqués sont
les problèmes de santé (37 %), suivis des violences (23 %) et de la dépendance (11 %). Ce profil
rejoint les observations de Brisson (2000) et Varescon (2005) sur les conséquences somatiques,
neurologiques et comportementales des substances comme l’alcool, le cannabis et la cocaïne.
Cependant, 11 % des répondants ignorent encore les conséquences, ce qui souligne une lacune
d’information malgré une sensibilisation relativement large.
Une forte proportion (74 %) déclare connaître des jeunes consommateurs, et l’âge d’initiation perçu
le plus fréquent (16–18 ans) confirme les données de la littérature indiquant que la précocité de
l’usage constitue un facteur prédictif de gravité (Agrawal & Lynskey, 2008). Les principales sources
d’information sont l’école (35 %), les médias (16 %), les réseaux sociaux (16 %) et la famille (11 %). Si
l’école joue un rôle central, la littérature rappelle que l’influence familiale est également
déterminante, tant pour le risque que pour la protection : l’imitation parentale, la tolérance familiale
et la supervision parentale influencent fortement les conduites (Schuck et coll., 2012 ; Mercken et
coll., 2013).
Concernant les pratiques, 24 % des répondants rapportent avoir déjà consommé, principalement de
l’alcool (54 %), suivi du cannabis (16,67 %), avec des durées de consommation allant de 2 à 10 ans.
Les motifs principaux – curiosité (33,33 %), plaisir (25 %), stress (20,83 %) et pression des amis (12,5
%) – font écho au modèle cognitivo-comportemental décrit par Pavlov et les théoriciens de
l’apprentissage, où des stimuli contextuels et sociaux renforcent et entretiennent le comportement
addictif. L’importance du stress et de la recherche de sensations rejoint aussi les modèles de gestion
hédonique et de recherche de sensations, qui mettent en avant la fonction régulatrice ou
compensatoire de la consommation (Pedinielli, 1985).
Les résultats sur l’arrêt de consommation montrent que 65 % des répondants connaissent des
personnes ayant arrêté, principalement par décision personnelle (23,08 %), médicale (16,92 %) ou
après une cure (10,77 %). Ces stratégies sont compatibles avec les approches psychothérapeutiques
et médico-sociales décrites dans la littérature, notamment la thérapie cognitivo-comportementale,
qui vise à reconstruire les schémas cognitifs associés à la consommation.
En prévention, 59 % ont déjà participé à une sensibilisation, et les stratégies jugées les plus efficaces
sont le dialogue familial (31 %), la sensibilisation scolaire (20 %), les médias (19 %) et les activités
sportives (12 %). Ces leviers recoupent les facteurs protecteurs identifiés dans la littérature : soutien
social, qualité des relations parent-enfant, activités alternatives et encadrement scolaire (Arpawong
et coll., 2010 ; Wills et coll., 2001). Les comportements considérés comme sains – sport (35 %),
alimentation équilibrée (17 %), refus de drogue (17 %) – montrent que les répondants ont une vision
globalement alignée avec les recommandations de santé publique.
Enfin, 62 % se disent prêts à participer à une campagne, et les suggestions recueillies mettent
l’accent sur la protection des jeunes, l’intensification des actions éducatives et la lutte contre la
disponibilité des substances. Ces recommandations rejoignent l’approche biopsychosociale évoquée
dans la revue, qui souligne que l’addiction résulte de l’interaction entre un individu, un produit et un
contexte socioculturel (Olievenstein).
En somme, les résultats de l’enquête s’articulent bien avec les modèles théoriques et observations
de la littérature : ils confirment le rôle central de l’adolescence comme période critique,
l’importance de l’environnement familial et social dans la transmission ou la prévention, et la
nécessité d’approches intégrées combinant éducation, soutien psychosocial, interventions médicales
et stratégies de réduction de l’accessibilité. Toutefois, les zones d’ignorance et les pratiques à risque
observées justifient un renforcement ciblé des interventions, notamment sur la tranche d’âge 13–18
ans et sur les familles à risque, en intégrant une dimension de prévention intergénérationnelle.
Dans ce chapitre, il est question pour nous de présenter la revue de la littérature autour de
notre thématique de recherche. Il vise à mettre en exergue les contributions des auteurs qui
ont traité des thèmes similaires à celui-ci. D’après Aktouf (1987, p. 55), « c’est l’état des
connaissances sur un sujet ». Il s’agit ici, de faire la synthèse, le bilan de la documentation
existante, le résumé des connaissances actuelles sur le sujet de l’étude et l’identification des
lacunes de ces connaissances.
une plus grande accessibilité des produits psychoactifs lorsqu’ils sont consommés au
sein de la famille (Woodruff et coll., 2003);
des facteurs psychologiques (imitation du comportement parental et perception
positive des produits psychoactifs utilisés par les parents: Schuck et coll., 2012;
Mercken et coll., 2013);
les caractéristiques des relations parent-enfant. En particulier, les jeunes issus de
familles séparées/divorcées, et qui sont peu supervisés par leurs parents, ouqui ont de
mauvaises relations avec leurs parents et ceux dont les parents tolèrent la
consommation de produits psychoactifs, ont des niveaux de consommation plus élevés
(Fagan et coll., 2005; Sartor et coll., 2007; Surkan et coll., 2012; Mercken et coll.,
2013).
Dans la plupart des cas, les facteurs biologiques n’agissent probablement pas de façon directe
mais en lien avec des facteurs non-biologiques, dits « environnementaux », soit par des
interactions gènesenvironnement ou des mécanismes épigénétiques (Hertzman, 2013). Ces
éléments ne semblent toutefois pas de nature à expliquer à eux-seuls la diffusion des usages
non problématiques des produits d’une génération à l’autre. Par ailleurs, l’exposition aux
produits psychoactifs in utero induit un retard de croissance physique et cognitif qui peut se
manifester par des difficultés de comportement dès l’enfance et favoriser le développement
de conduites addictives à partir de l’adolescence. Les jeunes qui ont des difficultés de
comportement (trouble des conduites, hyperactivité/inattention) ont des niveaux de
consommation de produits psychoactifs particulièrement élevés et souvent plus précoces que
la moyenne, reflétant dans certains cas l’influence d’une exposition in utero (Hellstrom-
Lindahl & Nordberg, 2002; D’Onofrio et coll., 2012; Lebel et coll., 2012). De façon générale,
la précocité d’usage est un facteur prédictif et de gravité important. À l’appui de ce constat,
on trouve des éléments neurobiologiques mais aussi des résultats d’études transversales et
longitudinales montrant que les jeunes consommant des produits psychoactifs de manière
précoce présentent des risques plus élevés de basculer dans des usages dommageables et de
connaître des difficultés scolaires, professionnelles et sociales ultérieures. La transmission
intergénérationnelle des conduites addictives peut varier en fonction d’autres facteurs. Ainsi,
l’influence des comportements parentaux pourrait être particulièrement importante chez les
jeunes qui apparaissent enclins aux conduites à risque, c’est-à-dire ceux qui ont un
tempérament désinhibé (difficulté à se contrôler, prises de risque…) ou des comportements
agressifs envers leur entourage (des symptômes externalisés…) (Iacono et coll., 1999 ; Fagan
et coll., 2009 ; Delaney-Black et coll., 2011), ou encore en cas de difficultés
socioéconomiques, du fait d’un cumul de difficultés sociales et familiales, d’interactions
gènes-environnement ou par l’intermédiaire de mécanismes épigénétiques (Agrawal &
Lynskey, 2008 ; Lagou et coll., 2011 ; Melchior et coll., 2011 ; Laucht et coll., 2012). De
façon similaire, les personnes qui ont une situation sociale défavorable sont particulièrement
vulnérables aux effets négatifs de l’environnement macrosocial, c’est-à-dire des difficultés
économiques structurelles. Par exemple, les personnes appartenant aux groupes sociaux les
plus défavorisés semblent particulièrement susceptibles d’augmenter leurs niveaux de
consommation de tabac ou d’alcool en cas de dégradation du marché de l’emploi ou de crise
financière et économique (Henkel, 2011).
La situation sociale des jeunes n’étant pas indépendante de celle de leurs parents, ces
processus se conjuguent pour aboutir à une accumulation de facteurs de risque, de difficultés
socioéconomiques et de conduites addictives au sein de sous-groupes spécifiques de la
population, contribuant ainsi à la reproduction des inégalités sociales dans ce domaine entre
les générations.À l’inverse, tous les enfants de parents fumeurs ou alcoolo-dépendants
n’adoptent pas les mêmes comportements, et il existe des facteurs « protecteurs » ou de
résilience. Ainsi, parmi les jeunes qui ont des antécédents parentaux de conduites addictives,
ceux qui se montrent capables de contrôler leur comportement (Pearson et coll., 2011;
Weiland et coll., 2012), qui n’ont pas de difficultés psychologiques (Wills et coll., 2001 et
2008; Hodder et coll., 2011) et qui reçoivent du soutien social de la part de leur entourage
(Arpawong et coll., 2010), ont des niveaux de conduites addictives plus faibles qu’attendu. Il
faut toutefois souligner que les facteurs individuels et collectifs pouvant réduire la
transmission intergénérationnelle des conduites addictives sont encore assez mal connus.
II.2.1 Histoire
A la fois objet du sacré, du religieux, en passant par le médicinal et l'usage récréatif, ces
substances psychoactives sont devenues un bien de consommation légal ou non selon la
culture du moment et son acceptabilité sociale. On retrouve les premières traces de l'usage
d'opium et de la culture du pavot à opium en Mésopotamie et en Asie 4000 ans avant JC, puis
dans l'Antiquité à des fins thérapeutiqueset récréatives (Richard, Senon, Valleur, 2004). Du
fait de ses ravages dans la population, la culture de l'opium et son usage ont tenté d'être
contrôlés par la Chine à la fin du XVIIIèmesiècle et début du XIXème siècle ce qui a conduit
aux guerres de l'opium avec l'empire colonial britannique. L'usage du cannabis est mentionné
pour la première fois par l'Empereur Chinois Shen Nong en 2700 avant JC.
Les origines de l'Ayuverda qui est une médecine traditionnelle indienne et utilisant entre
autres plantes médicinales, minéraux et répertoriant les toxiques, remontent à au moins 2000
ans avant JC ; certains auteurs remontant jusqu'au XVème siècle avant notre ère.
En Amérique du Sud les chamans depuis toujours utilisent dans leurs rituels des plantes
hallucinogènes, comme l'ayahuasca qui est un breuvage à base de lianes dont la
consommation remonte à plus de 2000 ans avant JC (Richard, Senon, Valleur, 2004), des
champignons hallucinogènes de type psilocybes, le cactus peyotl contenant la mescaline
également consommé par les Amérindiens 3000 ans avant JC. Dans les Andes les Incas
cultivaient la coca, dont la consommation perdure encore aujourd'hui, à des fins rituelles et
pour ses vertus stimulantes. C'est de cette même plante qu'est issu son alcaloïde la cocaïne,
substance à fort pouvoir addictogène. Plus, proche de nous en Europe au Moyen-Age, les
rites religieux faisaient appel à des plantes comme la belladone dont est issue l'atropine, la
scopolie de carniole dont est issue la scopolamine, le morelle, le brugmansia, le datura, la
mandragore. Puis à partir du XVIIèmesiècle c'est la culture du chanvre qui a pris un grand
essor en Europe.
Le terme d'addiction a désigné des phénomènes pour lesquels ont été utilisés les mots de «
dépendance », « assuétude », « s'adonner », « voué », « consacré », « goût », « manie » mais
aussi « accoutumance », « contrainte », « habitude ». Les conduites réunies sous le terme
d'addiction ne se limitent pas à la consommation abusive d'un produit, à la pratique abusive
d'une activité, mais renvoient à des notions comme « l'esclavage », « l'aliénation », «
l’emprise», « le penchant »... Elles suggèrent une idée de « don de soi », de jouissance,
d'ardeur, mais aussi de crispation et d'enfermement du sujet autour d'un être ou d'une chose
(Pedinielli, 1985). Certains ont souhaité remplacer ce terme par assuétude qui sans doute le
tort de mettre l'accent sur l'habitude et sur l'accoutumance au détriment de la notion de « don
de soi » qui reste présente dans « addiction ».
Ce terme d'addiction est employé pour rendre compte d'un comportement de dépendance
désigné en français sous le terme de toxicomanie, de toxicophilie ou de recherche de la
dépendance. Finalement, l'addiction correspond à l'extension du terme servant à désigner les
toxicomanies à d'autres comportements que Fénichel (1945) nommait les « toxicomanies sans
drogue ». Le terme d'addiction était utilisé par Fénichel pour regrouper diverses conduites
impulsives pathologiques et signifier l'urgence du besoin de les satisfaire ainsi que
l'incapacité finale de toute tentative de le satisfaire. Le terme d'addiction ou de conduite
addictive cherche à prendre en compte la diversité de l'évolution de conduites
toxicomaniaques (au sens large) qui ont vu leur prévalence augmenter de façon considérable
au cours des dernières années et déborde largement le cadre des toxicomanies classiques et de
l'alcoolisme en recouvrant de son ombre de nouveaux pans: troubles des conduites
alimentaires, jeux pathologiques et, comme les dénonçait d'ailleurs Descombey, les jeux de
hasard …
De façon générale, tout abord pour parler des addictions, on doit commencer par prendre acte
des diverses dimensions du phénomène, résumées pour les toxicomanies par C. Olievenstein
comme « la rencontre entre une personnalité, un produit, et un moment socioculturel ».
Aucun de ces éléments ne doit être éludé pour une appréhension globale du phénomène, et il
est évident qu’aucun spécialiste ne peut totalement maîtriser les disciplines concernées par
une aussi vaste problématique.
Les oppositions et querelles de chapelles ne sont trop souvent que l’effet de l’étroitesse de
vue des protagonistes. Un psychologue par exemple pourra nier toute importance de la
biologie, un pharmacologue tout rôle de la culture ou de la société… Bien des débats entre
spécialistes ressemblent à des oppositions entre des vues partielles, toutes vraies, mais toutes
incomplètes. Comme si l’on se battait autour de l’impossibilité de représenter, en deux
dimensions, une carte exacte du globe terrestre: l’existence, sur l’une des représentations,
d’un pôle nord, n’implique pas l’inexistence d’un pôle sud…
Dans le cas des «addictions comportementales» ou des «toxicomanies sans drogues», nous
avons toutefois à faire une place à ce qui est l’équivalent de la drogue dans la toxicomanie.
Ceci à deux niveaux: l’effet, l’éprouvé particulier qui est au centre de la conduite addictive
(lié à des modifications neurobiologiques, même en l’absence de «drogue» extérieure), et
d’autre part le sens, la place du « produit » dans l’histoire du sujet (qui justifie les études sur
le « choix » de la « drogue », et les abords psychologiques divers).
Tentative, pour un sujet dépendant, ayant « perdu le contrôle de sa vie » (selon la formulation
Alcooliques anonymes), de reprendre en main son destin, elles constitueraient l’envers de la
dépendance. L’addiction elle-même serait à deux faces: l’une de désubjectivation,
d’effacement du sens, l’autre de transgression, affrontement, recherche de sens, etc.
C'est en 1560 que le Tabac est introduit en France par un moine qui le rapporte du Brésil et
par un diplomate français en poste à Lisbonne: Jean Nicot. Comme toute plante ayant des
propriétés psychoactives, le tabac contient des alcaloïdes, dont le principal est la nicotine.
Celle-ci possède un effet stimulant, anxiolytique et coupe-faim. Les méfaits du tabac ne sont
plus à démontrer. Il augmente la pression artérielle, accélère le rythme cardiaque et détériore
les artères. Les risques coronariens et les décès par infarctus du myocarde sont deux fois plus
élevés chez les fumeurs (Varescon, 2005).
Le tabagisme peut être considéré comme une dépendance à la nicotine à laquelle s'ajoute une
dépendance psychologique et comportementale au fait de fumer. La dépendance physique au
tabac est confirmée par les fumeurs, la dépendance psychique tenant par ailleurs une place
importante dans leur vie. Les travaux actuels confirment le lien existant entre la dépendance
tabagique et la régulation des émotions (Carton, 2001).
L'Alcoolisme est l'addiction la plus anciennement repérée. Depuis des millénaires l'homme
consomme de l'alcool. La molécule d'alcool ou éthanol est connue depuis le XIXe siècle.
C'est une substance organique simple, produit de la fermentation des sucres contenus dans les
fruits.
L'alcool est essentiellement consommé à des fins récréatives. Au point de vue thérapeutique,
on l'utilise principalement comme antiseptique externe et comme solvant pour certains
médicaments, bains de bouche et gargarismes.
Selon la dose, les principales réactions observées sont, en ordre croissant, les
suivantes: anxiolyse, euphorie, désinhibition, altération de l'attention et du jugement,
diminution des perceptions sensorielles, troubles de la mémoire, sommeil, anesthésie,
inconscience, comma et mort. (Brisson, 2000)
L'alcool facilite les échanges interpersonnels; l'alcool calme les souffrances internes,
le mal être psychique, réduction de l'anxiété, de la dépression. L'alcool lève les inhibitions (le
Surmoi est soluble dans l'alcool) et peut entraîner des comportements proches du passage à
l'acte (violences physique ou sexuelle, actes impulsifs...).
Le terme d'alcoolisme a été proposé par Magnus Huss en 1849. Une courte définition de
l'alcoolisme est donnée par Fouquet (1951): est alcoolique tout homme ou femme qui a, en
fait, perdu la liberté de s'abstenir de consommer de l'alcool. Pour Fouquet, l'alcoolisme
correspond à l'intrication de trois facteurs ; un facteur psychique, un facteur de tolérance et un
facteur toxique (Varescon, 2005). Aussi, dans les trois essais sur la théorie sexuelle (1905),
Freud (1905) suggère la relation entre la zone labiale et le développement ultérieur de
l'alcoolisme. Il écrit :
[...] tous les enfants ne suçotent pas. Il est à supposer que ce soit le propre de ceux
chez lesquels la sensibilité érogène persiste, l'enfant sera plus tard un amateur de
baiser, recherchera les baisers pervers et, devenu homme, il sera prédisposé à être
fumeur et buveur».
Chez l'homme, elle se manifesterait par des revendications de virilité lors des ivresses, le
choix d'une épouse plus maternelle que féminine, la recherche de camaraderie masculine et
de lieux essentiellement masculins (Varescon, 2005).
Un peu plus d'un français sur cinq déclare consommer de l'alcool tous les jours. Les
consommateurs d'alcool sont majoritairement des hommes; ils sont trois fois plus souvent
concernés par la dépendance ou l'usage problématique que les femmes.
II.2.2.3. Le Cannabis
Le cannabis est une plante à l'origine de nombreuses préparations, dont l'activité psychotrope
est principalement induite par l'un des cannabinoîdes qu'elle contient, le tétrahydrocannabinol
ou THC (Richard et al., 2000) . Le cannabis est un produit psychoactif, qualifié en France de
« drogues douce » associée le plus souvent à la convivialité et la détente.
Le cannabis est le plus souvent fumé, mais, plus rarement, le cannabis peut être ingéré par
voie orale. Il provoque « l'ivresse cannabique » qui diffère selon la quantité consommée et
l'état psychologique du sujet. Dans un premier temps, le sujet éprouve un sentiment de bien-
être, d'euphorie. La seconde phase est dite confusionnelle, les perceptions sensorielles du
sujet peuvent être modifiées. Une certaine labilité émotionnelle avec une suggestibilité
augmentée est à noter. Puis, les phases suivantes se caractérisent par un progressif retour à la
réalité.
Après une phase d'apathie et de sensation d'être dans un monde sans problème suit la phase
d'assoupissement (Varescon, 2005).
- ades effets sur la mémoire. Un usage régulier de cannabis, même sur une courte
période, induit des perturbations de la mémoire immédiate, troubles pouvant
persister après quelques semaines d'abstinence ;
La psychose cannabique peut se décliner sous trois formes : le syndrome confusionnel aigu
avec idées délirantes, altérations sensorielles, labilité émotionnel ; le syndrome
schizophréniforme avec idées de persécution, vécu paranoïde ; le trouble psychotique
chronique.
Au niveau somatique, quelques troubles sont à relever. Ils concernent plus particulièrement la
sphère digestive. Le cannabis pourrait avoir un effet sur la spermatogenèse ainsi qu'un
pouvoir cancérogène lié à la fumée des cigarettes de cannabis.
II.2.2.4. La cocaïne
La cocaïne est le résultat de la distillation des feuilles de cocaïer préalablement séchées. Elle
se présente sous la forme d'une fine poudre blanche. Nous savons que Freud fut le premier à
découvrir les effets thérapeutiques de la cocaïne, mais qu'il mit brusquement fin à ses
recherches par suite de la mort d'un ami à qui il en avait recommandé l'usage (Dabrowski et
al. 1977).
Ils varient selon le mode de consommation, les effets cardiaques, neurologique, respiratoires
et psychiques les plus puissants suivent l'usage de crack ou de cocaïne par voie injectable
(Valleur et coll, 2000). Elles se traduisent par une dilatation pupillaire, tachycardie, de
l'hypertension, une hypersudation, de l'hyperthermie. Au niveau psychologique, la prise
régulière et importante de cocaïne peut provoquer des hallucinations et des sentiments de
persécution.
Lorsque les doses sont répétées sur une brève période, la fin de l'activité du produit se traduit
par une anxiété, un état dépressif, inclinant à utiliser à nouveau la drogue (Varescon, (2005).
La cocaïne, en tant qu'excitant puissant, provoque une dépendance psychique importante. Ce
qui explique que l'arrêt d'une consommation aiguë de cocaïne soit difficile.