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Resultats Addiction

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PRESENTATION DES RESULTATS

I. IDENTIFICATION DES CARACTERISTIQUES SOCIODEMOGRAPHIQUES

1. Sexe

Féminin
35%

Féminin
Masculin

Masculin
65%

Figure 1 : Répartition des répondants enquêtés selon le sexe

Figure 1 – Sexe : Le graphique présente la répartition des répondants par sexe. Sur la base du visuel,
on observe une prédominance des répondants de sexe masculin soit 65%.

2. Tranche d’âge

60

50 48.00%

40
Fréquence

30.00%
30
22.00%
48
20
30
10 22

0
[15-17] [18-20] [20-25]
Tranche d'âge

Figure 2 : Répartition des répondants enquêtés selon leur tranche d’âge

Le figure 2 illustre une concentration des répondants dans les tranches d'âge jeunes
(adolescents/jeunes adultes) soit environ 30,00%.

3. Situation actuelle

35
30.00%
30
26.00%
25
21.00%
20
Fréquence

18.00%
15 30
26
10 21
18
5.00%
5
5
0
Apprenti Eleve Etudiant Sans Travailleur
emploi
Situation actuelle

Figure 3 : Répartition des répondants enquêtés selon leur situation actuelle

Le graphique montre la distribution des répondants selon leur situation actuelle(par ex. scolarisé, en
emploi). Il semble que la majorité soit encore scolarisée ( élèves) soit 30,00% de la population cible.

4. Niveau d’instruction

60
50.00% 49.00%
50

40
Fréquence

30
50 49
20

10
1.00%
0
Non scolarisé Secondaire Superieur
Niveau d'instruction

Figure 4 : Répartition des répondants enquêtés selon leur niveau d’instruction

Le graphique suivant montre la répartition par niveau d'instruction des répondants ; l'essentiel des
répondants se situe au niveau secondaire/lycée ou équivalent, soit environ 50,00% de la population
cible.

5. Vivez-vous actuellement avec vos parents ?

38.00%

62.00%

Non Oui

Figure 5 : Répartition des répondants enquêtés selon la question à savoir s’ils vivent encore
ou pas avec leurs parents

Le graphique illustre la proportion de répondants vivant avec leurs parents. Visuellement, une part
importante semble vivre avec leurs parents soit 62,00%

II. CONNAISSANCES SUR LES SUBSTANCES ADDICTIVES

1. Avez-vous déjà entendu parler des substances addictives ?


Tableau I : Répartition des répondants selon la question à savoir s’ils ont déjà ou pas
entendu parler des substances addictives

Variable Fréquence Pourcentage

Non 18 18.00%

Oui 82 82.00%

Grand Total 100 100.00%

Le tableau I montre que 82% ont déjà entendu parler des substances addictives contre 18% restent
ignorants, nécessitant une diffusion plus large de l'information.
2. Lesquelles parmi ces substances sont selon vous addictives ?
Tableau II : Répartition des répondants enquêtés selon leur connaissance sur le type de
substance déjà entendu parler

Variable Fréquence Pourcentage


Alcool 19 19.00%
Alcool, cannabis, tramadol, cocaïne 7 7.00%
Alcool, chicha 1 1.00%
Alcool, tabac 1 1.00%
Alcool, tramadol 1 1.00%
Caféine 3 3.00%
Cannabis 2 2.00%
Cannabis, cocaïne 4 4.00%
Chicha 9 9.00%
Cocaïne 16 16.00%
Cocaïne, tramadol, cannabis 1 1.00%
Colle 1 1.00%
Tabac 10 10.00%
Tabac, alcool, chicha, tramadol, caféine, cocaïne, cannabis 1 1.00%
Tabac, alcool 1 1.00%
Tabac, cocaïne 1 1.00%
Tramadol 15 15.00%
Aucun 7 7.00%
Grand total 100 100.00%

selon la question, connaissance sur les conséquences du à la consommation des substances


addictives . Les répondants pouvaient donner plusieurs réponses). Les modalités les plus citées sont :
« Problèmes santé » (37 — 37.0%); « Violences » (23 — 23.0%); « Dépendance » (11 — 11.0%).
Plusieurs modalités sont marginales (« Problèmes santé, difficultés scolaires, violences » (3), «
Problèmes santé, violences » (1), « Problèmes santé, violences, dépendance » (1), « Violences,
dépendance » (1)).

8. Quelles sont, selon vous, les conséquences de leur consommation ?


Tableau III : Répartition des répondants enquêtés selon leur connaissance sur les
conséquences du à la consommation des substances addictives
Variable Fréquence Pourcentage
Dépendance 11 11.00%
Difficulté scolaire/professionnelle 6 6.00%
Je ne sais pas 11 11.00%
Problèmes santé 37 37.00%
Problèmes santé, difficultés scolaires, violences 3 3.00%
Problèmes santé, difficultés scolaires, violences, dépendance 6 6.00%
Problèmes santé, violences 1 1.00%
Problèmes santé, violences, dépendance 1 1.00%
Violences 23 23.00%
Violences, dépendance 1 1.00%
Grand total 100 100.00%

La plupart des répondants associent les problèmes de santé soit (37%), les violences soit (23%), la
dépendance soit (11%) aux conséquences dues à la consommation des substances addictives, contre
11% déclarant "ne pas savoir ".

9. Connaissez-vous des jeunes dans votre entourage qui consomment ces substances ?

Tableau IV : Répartition des répondants enquêtés selon la question à savoir s’ils connaissent
des jeunes de leur entourage qui consomment ces substances

Variable Fréquence Pourcentage

Non 26 26.00%

Oui 74 74.00%

Grand Total 100 100.00%

74% connaissent des consommateurs des substances addictives dans leur entourage contre 26 soit
26% qui ne connaissent pas.

10. À quel âge commence généralement la consommation ?


Tableau V : Répartition des répondants enquêtés leur connaissance sur l’âge de début de la
consommation des substances

Variable Fréquence Pourcentage


<12ans 1 1.00%
13-15 15 15.00%
16-18 40 40.00%
>18 ans 19 19.00%
Je ne sais pas 25 25.00%
Grand Total 100 100.00%

Le tableau V montre que l'adolescence est la periode critique où les jeunes débutent la
consommation des substances addictives, soit 40% estiment que la consommation débute entre à
16-18 ans.

11. Où avez-vous entendu parler des dangers liés à ces substances ?


Tableau VI : Répartition des répondants enquêtés selon le lieu ou ils ont entendu parler des
dangers liés à la consommation de ces substances.

Variable Fréquence Pourcentage


Association 4 4.00%
Ecole 35 35.00%
Ecole, médias 1 1.00%
Ecole, réseaux sociaux 2 2.00%
Famille 11 11.00%
Famille, école 1 1.00%
Famille, école, médias, réseaux sociaux, associations, pro santé 3 3.00%
Jamais 4 4.00%
Médias 16 16.00%
Professionnel de santé 7 7.00%
Réseaux sociaux 16 16.00%
Grand total 100 100.00%
Le tableau ci-dessus présente les lieux ou les répondants ont entendu parler des dangers liés à la
consommation de ces substances. École (35%), Médias (16%), Réseaux sociaux (16%), Famille
(11%), 4% n'ont jamais été informés. Ainsi, l'école est le canal le plus efficace, mais les réseaux
sociaux gagnent en influence. La famille est sous-utilisée.
12. Pensez-vous avoir reçu une éducation suffisante à ce sujet ?
Tableau VII : Relatif au fait s’ils ont déjà ou non reçu une éducation suffisante sur le fait de
ne pas consommer les substances addictives.

Variable Fréquence Pourcentage


Je ne sais pas 16 16.00%
Non 26 26.00%
Oui 58 58.00%
Grand total 100 100.00%

58% des répondants disent avoir reçu une éducation suffisante au sujet des addictions, mais 26% la
rejettent et 16% prétendent ne pas savoir.

13. Avez-vous déjà consommé une substance addictive ?


Tableau VIII : Répartition des répondants enquêtés selon ceux ayant déjà ou non consommé
des substances addictives

Variable Fréquence Pourcentage

Non 54 54.00%

Oui 46 46.00%

Grand total 100 100.00%

Ce tableau montre que 46 répondants affirment avoir déjà consommé une substance additive
soit 46% contre 54 qui n’ont jamais consommé soit 54%.

 Si oui, laquelle(s) ? ______________


Tableau IX : Répartition des répondants enquêtés selon les types de substances consommés

Variable Fréquence Pourcentage


Alcool 13 54.17%
Cannabis 4 16.67%
Cannabis, tramadol 1 4.17%
Chicha 1 4.17%
Tabac 2 8.33%
Tramadol 2 8.33%
Tramadol, tabac 1 4.17%
Grand total 24 100.00%
Le tableau ci-dessus montre que 13 répondants sur les 24 ayant déjà consommé une substance
addictive consommée « l’alcool » soit 54.17%, 16.67 pour le cannabis contre 4.1% qui
prennent la chicha.

14. Depuis combien d’années les consommez-vous ?


Tableau X : Répartition des répondants enquêtés selon les durées de consommation

Variable Fréquence Pourcentage


10ans 3 12.50%
2ans 5 20.83%
4ans 6 25.00%
5ans 1 4.17%

6ans 5 20.83%
8ans 4 16.67%
Grand Total 24 100. 0%

De ce tableau il en ressort que sur les 24 enquêtés 6 répondants soit 25.00% consomment les
substances addictives des puis 4 ans.

14. Si oui, pourquoi ?


Tableau XI : Répartition des répondants enquêtés selon les raisons qui les ont poussés à
consommer ces substances

Variable Fréquence Pourcentage


Curiosité 8 33.33%
Jamais 1 4.17%
Plaisir 6 25.00%
Pression des amis 3 12.50%
Pression des amis, curiosité 1 4.17%
Stress 5 20.83%
Grand total 24 100.00%
De ce tableau il en ressort que sur les 24 enquêtés, 8 ce sont lancés dans ça consommation
par curiosité soit (33%), 6 autres par plaisir soit (25%) et 5 répondants par Stress (21%).

15. Connaissez-vous des personnes ayant arrêté ?


Tableau XII : Répartition des répondants enquêtés la question à savoir s’ils connaissent des
personnes ayant arrêtés la consommation de ces substances
Variable Fréquence Pourcentage

Non 65 65.00%

Oui 35 35.00%

Grand total 100 100.00%

De ce tableau il en découle que moins de la moitié de nos enquêtés connaissent des personnes
ayant arrêtés la consommation de ces substances soit 65%.
 Si oui, comment ? ______________________
Tableau XIII : Répartition des répondants enquêtés leur connaissance sur les moyens utilisés
par ces personnes pour arrêtés la consommation de ces substances

Variable Fréquence Pourcentage


Ancien en cure 1 1.54%
Apres sensibilisation, cure 1 1.54%
Avis des parents 1 1.54%
Avis personnel 1 1.54%
Conséquence apparente 1 1.54%
Cure 7 10.77%
Décision ferme 4 6.15%
Décision personnelle 11 16.92%
Décision médicale 15 23.08%
Désintoxication 1 1.54%
Effet néfaste 4 6.15%
Maladies 1 1.54%
Moqueries 1 1.54%
Mort 1 1.54%
Par conseil 1 1.54%
Par sensibilisation 1 1.54%
Pauvreté, traumatisme social 1 1.54%
Personnel 1 1.54%
Problème de santé 7 10.77%
Problème respiratoire 1 1.54%
Thérapie 2 3.08%
Volonté et discipline 1 1.54%
Grand total 65 100.00%

De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés, 15 répondants soit 23.08% disent avoir
arrêtés pour des raisons médicales.

III. PROMOTION DES COMPORTEMENTS DE VIE SAINS

16. Avez-vous déjà participé à une activité de sensibilisation ?


Tableau XIV : Répartition des répondants enquêtés selon ceux ayant déjà ou non participé à
une activité de sensibilisation

Variable Fréquence Pourcentage

Non 59 59.00%

Oui 41 41.00%

Grand total 100 100.00%

De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés 59 répondants 59.00% n'ont jamais participé
à une activité de sensibilisation.

17. Quelles stratégies vous semblent efficaces ?


Tableau XV : Répartition des répondants enquêtés selon les stratégies les plus efficaces pour
eux
Variable Fréquence Pourcentage
Activités sportives 12 12.00%
Causerie éducative 1 1.00%
Dialogue familial 31 31.00%
Médias 19 19.00%
Sensibilisation scolaire 20 20.00%
Sensibilisation scolaire, dialogue familial 4 4.00%
Sensibilisation scolaire 4 4.00%
Sensibilisation scolaire, dialogue familial, activités sportives, 1 1.00%
médias
Sensibilisation scolaire, dialogue familial, médias 1 1.00%
Autres 7 7.00%
Grand total 100 100.00%

De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés, 31 répondants considèrent le dialogue
familial comme Strategies efficaces de prévention de comportement de vies saines soit 31.00%.

18. Quels comportements considérez-vous comme sains ?


Tableau XVI : Répartition des répondants enquêtés selon les comportements considérés le
plus sains

Variable Fréquence Pourcentage


Alimentation équilibrée 17 17.00%
Alimentation équilibrée, sport 3 300%
Loisirs culturels 8 8.00%
Refus de drogue 18 18.00%

Sommeil régulier 9 9.00%


Sport 35 35.00%
Sport, alimentation équilibrée 2 1.00%
Sport, alimentation équilibrée, refus drogues 1 1.00%
Sport, alimentation équilibrée, refus drogues, sommeil régulier, 1 1.00%
loisirs culturels
Sport, loisirs culturels 1 1.00%
Sport, refus de drogue 1 1.00%

Autres 6 6.00%
Grand total 100 100.00%
De ce tableau il en ressort que sur les 100 enquêtés, 35 répondants considèrent le Sport
comme comportement sain soit (35%), Refus de drogue (18%), Alimentation équilibrée (17%).

Le sport émerge comme alternative saine centrale, alignée avec les attentes des jeunes.

19. Seriez-vous prêt(e) à participer à une campagne de sensibilisation ?

Tableau XVII : Répartition des répondants enquêtés selon la question à savoir s’ils seront
prêts à participer à une campagne de sensibilisation

Variable Fréquence Pourcentage


Non 16 16.00%
Oui 62 62.00%
Peut-être 22 22.00%
Grand total 100 100.00%
De ce tableau il en découle que la majorité de nos enquêtés aimerais participer à une
campagnes de sensibilisation soit 62.00%.

20. Suggestions personnelles


Tableau XVIII : Répartition des répondants enquêtés selon les différentes suggestions
qu’ils pourront proposer

Variable Fréquence Pourcentage


Aider la jeunesse 1 1.00%
Aimer le sujet 1 1.00%
Bcp prier 1 1.00%
Causerie éducative 1 1.00%
Eviter la consommation de sa 1 1.00%
Éviter la mort 2 2.00%
Eviter les pertes de mémoires 1 1.00%
Frein en milieu scolaire 1 1.00%
Importance de sensibiliser 1 1.00%
Instructif 1 1.00%
Instructif 4 4.00%
Instructif, enrichissant 1 1.00%
Maintenir une bonne santé 1 1.00%
Multiplication des séminaires dans les écoles 1 1.00%
Ne plus commercialiser les sa 1 1.00%
Néfaste pour soi et l'entourage 1 1.00%
Néfaste pour la santé 1 1.00%
Non à la consommation des sd 2 2.00%
Partager avec les plus jeunes 2 2.00%
Participer aux activités pour éviter 1 1.00%
Plus de sensibilisation 1 1.00%
Protéger les jeunes 1 1.00%
Refus de la drogue est la meilleure solution 1 1.00%
Séminaire 1 1.00%
Sensibilisation 3 3.00%
Sensibilisation dans les quartiers 1 1.00%
Sensibilisation des jeunes 4 4.00%
Sensibiliser les jeunes 3 3.00%
Sport 2 2.00%
Suivi et éducation familial 3 3.00%
Sujet pertinent 1 1.00%
Autres 53 53.00%
Grand total 100 100.00%

Discussion

L’analyse des données montre que la majorité des répondants sont des jeunes, principalement des
hommes, avec un âge dominant entre 16 et 18 ans, ce qui correspond à la tranche où, selon la
littérature, l’initiation aux substances addictives est la plus fréquente et la plus à risque de conduire
à des usages problématiques ultérieurs (Hellstrom-Lindahl & Nordberg, 2002 ; D’Onofrio et coll.,
2012). La plupart des enquêtés sont encore scolarisés et vivent avec leurs parents, mais une
proportion non négligeable est déjà indépendante, ce qui peut accroître leur exposition à des
contextes moins contrôlés et à des pairs consommateurs (Fagan et coll., 2005).

Sur le plan des connaissances, 82 % déclarent avoir déjà entendu parler des substances addictives,
avec comme produits les plus cités : l’alcool, la cocaïne, le tabac, le cannabis, la chicha et le
tramadol. Ces résultats sont cohérents avec la typologie des substances présentée dans la revue, où
l’alcool, le cannabis et la cocaïne figurent parmi les produits les plus courants et les plus étudiés pour
leur potentiel addictif (Varescon, 2005 ; Valleur et Matysiack, 2003). Les effets les plus évoqués sont
les problèmes de santé (37 %), suivis des violences (23 %) et de la dépendance (11 %). Ce profil
rejoint les observations de Brisson (2000) et Varescon (2005) sur les conséquences somatiques,
neurologiques et comportementales des substances comme l’alcool, le cannabis et la cocaïne.
Cependant, 11 % des répondants ignorent encore les conséquences, ce qui souligne une lacune
d’information malgré une sensibilisation relativement large.

Une forte proportion (74 %) déclare connaître des jeunes consommateurs, et l’âge d’initiation perçu
le plus fréquent (16–18 ans) confirme les données de la littérature indiquant que la précocité de
l’usage constitue un facteur prédictif de gravité (Agrawal & Lynskey, 2008). Les principales sources
d’information sont l’école (35 %), les médias (16 %), les réseaux sociaux (16 %) et la famille (11 %). Si
l’école joue un rôle central, la littérature rappelle que l’influence familiale est également
déterminante, tant pour le risque que pour la protection : l’imitation parentale, la tolérance familiale
et la supervision parentale influencent fortement les conduites (Schuck et coll., 2012 ; Mercken et
coll., 2013).

Concernant les pratiques, 24 % des répondants rapportent avoir déjà consommé, principalement de
l’alcool (54 %), suivi du cannabis (16,67 %), avec des durées de consommation allant de 2 à 10 ans.
Les motifs principaux – curiosité (33,33 %), plaisir (25 %), stress (20,83 %) et pression des amis (12,5
%) – font écho au modèle cognitivo-comportemental décrit par Pavlov et les théoriciens de
l’apprentissage, où des stimuli contextuels et sociaux renforcent et entretiennent le comportement
addictif. L’importance du stress et de la recherche de sensations rejoint aussi les modèles de gestion
hédonique et de recherche de sensations, qui mettent en avant la fonction régulatrice ou
compensatoire de la consommation (Pedinielli, 1985).

Les résultats sur l’arrêt de consommation montrent que 65 % des répondants connaissent des
personnes ayant arrêté, principalement par décision personnelle (23,08 %), médicale (16,92 %) ou
après une cure (10,77 %). Ces stratégies sont compatibles avec les approches psychothérapeutiques
et médico-sociales décrites dans la littérature, notamment la thérapie cognitivo-comportementale,
qui vise à reconstruire les schémas cognitifs associés à la consommation.

En prévention, 59 % ont déjà participé à une sensibilisation, et les stratégies jugées les plus efficaces
sont le dialogue familial (31 %), la sensibilisation scolaire (20 %), les médias (19 %) et les activités
sportives (12 %). Ces leviers recoupent les facteurs protecteurs identifiés dans la littérature : soutien
social, qualité des relations parent-enfant, activités alternatives et encadrement scolaire (Arpawong
et coll., 2010 ; Wills et coll., 2001). Les comportements considérés comme sains – sport (35 %),
alimentation équilibrée (17 %), refus de drogue (17 %) – montrent que les répondants ont une vision
globalement alignée avec les recommandations de santé publique.

Enfin, 62 % se disent prêts à participer à une campagne, et les suggestions recueillies mettent
l’accent sur la protection des jeunes, l’intensification des actions éducatives et la lutte contre la
disponibilité des substances. Ces recommandations rejoignent l’approche biopsychosociale évoquée
dans la revue, qui souligne que l’addiction résulte de l’interaction entre un individu, un produit et un
contexte socioculturel (Olievenstein).

En somme, les résultats de l’enquête s’articulent bien avec les modèles théoriques et observations
de la littérature : ils confirment le rôle central de l’adolescence comme période critique,
l’importance de l’environnement familial et social dans la transmission ou la prévention, et la
nécessité d’approches intégrées combinant éducation, soutien psychosocial, interventions médicales
et stratégies de réduction de l’accessibilité. Toutefois, les zones d’ignorance et les pratiques à risque
observées justifient un renforcement ciblé des interventions, notamment sur la tranche d’âge 13–18
ans et sur les familles à risque, en intégrant une dimension de prévention intergénérationnelle.

REMARQUES UES ET RECOMMANDATIONS

Domaine Remarques / Constats Recommandations

Les jeunes connaissent Organiser des campagnes


généralement l'existence des éducatives interactives avec
substances addictives mais supports visuels et témoignages
perçoivent mal certains risques, réels.
notamment liés à l'alcool. Introduire des modules
Niveau de connaissance Certains ignorent totalement obligatoires sur les effets
les conséquences sanitaires. neurobiologiques des
addictions dans les lycées et
universités.

L’école est souvent la première Multiplier les ateliers en milieu


source d’information, mais scolaire avec participation
manque d’activités pratiques. active.
Sources d’information Faible implication de la famille Former les parents à discuter
dans la sensibilisation. des addictions avec leurs
enfants.

Motivations à consommer La curiosité et le stress Proposer des activités


dominent comme facteurs alternatives comme le sport,
d’initiation. l’art ou le bénévolat.
L’influence du cercle social joue Mettre en place des clubs de
un rôle important. gestion du stress (yoga,
méditation).

Le sport est perçu comme Développer des campagnes


une option saine mais reste digitales sur TikTok et
peu pratiqué dans un cadre Instagram.
préventif. Créer des partenariats
Stratégies communautaires
Les réseaux sociaux sont peu sportifs gratuits pour les
exploités pour la prévention. jeunes à risque.

L’alcool est largement Interdire la publicité pour


banalisé dans la société. l’alcool et le tabac près des
Les structures d’aide et de écoles.
Perception et politique prise en charge sont peu Financer des témoignages
visibles. médiatisés de réhabilitation
et de réussite de sevrage.

Les programmes nationaux Élaborer un plan national de


de prévention existent mais prévention des addictions
sont parfois peu adaptés aux chez les jeunes avec des
réalités locales. modules standardisés et
Faible coordination entre les adaptables par région.
MINSANTE services de santé, les écoles Déployer des équipes
et les acteurs mobiles de sensibilisation en
communautaires pour des milieu scolaire,
campagnes ciblées sur les communautaire et
jeunes. universitaire.
Ressources limitées pour Renforcer la collaboration
assurer un suivi régulier dans avec les ONG locales et les
les établissements scolaires leaders communautaires
et universitaires. pour des actions conjointes.
Mettre en place un système
de suivi-évaluation pour
mesurer l’impact des
interventions et ajuster les
stratégies.

II.2 Revue de la littérature

Dans ce chapitre, il est question pour nous de présenter la revue de la littérature autour de
notre thématique de recherche. Il vise à mettre en exergue les contributions des auteurs qui
ont traité des thèmes similaires à celui-ci. D’après Aktouf (1987, p. 55), « c’est l’état des
connaissances sur un sujet ». Il s’agit ici, de faire la synthèse, le bilan de la documentation
existante, le résumé des connaissances actuelles sur le sujet de l’étude et l’identification des
lacunes de ces connaissances.

Les études concernant la transmission intergénérationnelle des consommations de cannabis,


et en particulier des consommations excessives, sont plus rares. Elles suggèrent que par
rapport aux jeunes dont les parents ne consomment pas de cannabis, ceux dont les parents en
consomment ont un risque de dépendance au cannabis deux fois plus élevé (Marmorstein et
coll., 2012). Les enfants de parents qui sont dépendants à d’autres drogues illicites ont eux
aussi une probabilité plus élevée d’être dépendants à partir de l’adolescence (Delaney-Black
et coll., 2011), mais les données dans ce domaine sont très rares. Aucune n’est disponible
pour la France.

Les mécanismes invoqués pour expliquer la transmission intergénérationnelle sont:

 une plus grande accessibilité des produits psychoactifs lorsqu’ils sont consommés au
sein de la famille (Woodruff et coll., 2003);
 des facteurs psychologiques (imitation du comportement parental et perception
positive des produits psychoactifs utilisés par les parents: Schuck et coll., 2012;
Mercken et coll., 2013);
 les caractéristiques des relations parent-enfant. En particulier, les jeunes issus de
familles séparées/divorcées, et qui sont peu supervisés par leurs parents, ouqui ont de
mauvaises relations avec leurs parents et ceux dont les parents tolèrent la
consommation de produits psychoactifs, ont des niveaux de consommation plus élevés
(Fagan et coll., 2005; Sartor et coll., 2007; Surkan et coll., 2012; Mercken et coll.,
2013).

Dans la plupart des cas, les facteurs biologiques n’agissent probablement pas de façon directe
mais en lien avec des facteurs non-biologiques, dits « environnementaux », soit par des
interactions gènesenvironnement ou des mécanismes épigénétiques (Hertzman, 2013). Ces
éléments ne semblent toutefois pas de nature à expliquer à eux-seuls la diffusion des usages
non problématiques des produits d’une génération à l’autre. Par ailleurs, l’exposition aux
produits psychoactifs in utero induit un retard de croissance physique et cognitif qui peut se
manifester par des difficultés de comportement dès l’enfance et favoriser le développement
de conduites addictives à partir de l’adolescence. Les jeunes qui ont des difficultés de
comportement (trouble des conduites, hyperactivité/inattention) ont des niveaux de
consommation de produits psychoactifs particulièrement élevés et souvent plus précoces que
la moyenne, reflétant dans certains cas l’influence d’une exposition in utero (Hellstrom-
Lindahl & Nordberg, 2002; D’Onofrio et coll., 2012; Lebel et coll., 2012). De façon générale,
la précocité d’usage est un facteur prédictif et de gravité important. À l’appui de ce constat,
on trouve des éléments neurobiologiques mais aussi des résultats d’études transversales et
longitudinales montrant que les jeunes consommant des produits psychoactifs de manière
précoce présentent des risques plus élevés de basculer dans des usages dommageables et de
connaître des difficultés scolaires, professionnelles et sociales ultérieures. La transmission
intergénérationnelle des conduites addictives peut varier en fonction d’autres facteurs. Ainsi,
l’influence des comportements parentaux pourrait être particulièrement importante chez les
jeunes qui apparaissent enclins aux conduites à risque, c’est-à-dire ceux qui ont un
tempérament désinhibé (difficulté à se contrôler, prises de risque…) ou des comportements
agressifs envers leur entourage (des symptômes externalisés…) (Iacono et coll., 1999 ; Fagan
et coll., 2009 ; Delaney-Black et coll., 2011), ou encore en cas de difficultés
socioéconomiques, du fait d’un cumul de difficultés sociales et familiales, d’interactions
gènes-environnement ou par l’intermédiaire de mécanismes épigénétiques (Agrawal &
Lynskey, 2008 ; Lagou et coll., 2011 ; Melchior et coll., 2011 ; Laucht et coll., 2012). De
façon similaire, les personnes qui ont une situation sociale défavorable sont particulièrement
vulnérables aux effets négatifs de l’environnement macrosocial, c’est-à-dire des difficultés
économiques structurelles. Par exemple, les personnes appartenant aux groupes sociaux les
plus défavorisés semblent particulièrement susceptibles d’augmenter leurs niveaux de
consommation de tabac ou d’alcool en cas de dégradation du marché de l’emploi ou de crise
financière et économique (Henkel, 2011).

La situation sociale des jeunes n’étant pas indépendante de celle de leurs parents, ces
processus se conjuguent pour aboutir à une accumulation de facteurs de risque, de difficultés
socioéconomiques et de conduites addictives au sein de sous-groupes spécifiques de la
population, contribuant ainsi à la reproduction des inégalités sociales dans ce domaine entre
les générations.À l’inverse, tous les enfants de parents fumeurs ou alcoolo-dépendants
n’adoptent pas les mêmes comportements, et il existe des facteurs « protecteurs » ou de
résilience. Ainsi, parmi les jeunes qui ont des antécédents parentaux de conduites addictives,
ceux qui se montrent capables de contrôler leur comportement (Pearson et coll., 2011;
Weiland et coll., 2012), qui n’ont pas de difficultés psychologiques (Wills et coll., 2001 et
2008; Hodder et coll., 2011) et qui reçoivent du soutien social de la part de leur entourage
(Arpawong et coll., 2010), ont des niveaux de conduites addictives plus faibles qu’attendu. Il
faut toutefois souligner que les facteurs individuels et collectifs pouvant réduire la
transmission intergénérationnelle des conduites addictives sont encore assez mal connus.
II.2.1 Histoire

« L'apparition de ce concept dans la psychopathologie francophone » correspond à une


mutation historique qui concerne autant la psychopathologie que la taxinomie psychiatrique.
En effet, l'usage de substances psychoactives dont certaines au fort pouvoir addictogène
remonte très certainement aux origines de l'Homme et a accompagné celui-ci à travers son
histoire et ses diverses migrations.

A la fois objet du sacré, du religieux, en passant par le médicinal et l'usage récréatif, ces
substances psychoactives sont devenues un bien de consommation légal ou non selon la
culture du moment et son acceptabilité sociale. On retrouve les premières traces de l'usage
d'opium et de la culture du pavot à opium en Mésopotamie et en Asie 4000 ans avant JC, puis
dans l'Antiquité à des fins thérapeutiqueset récréatives (Richard, Senon, Valleur, 2004). Du
fait de ses ravages dans la population, la culture de l'opium et son usage ont tenté d'être
contrôlés par la Chine à la fin du XVIIIèmesiècle et début du XIXème siècle ce qui a conduit
aux guerres de l'opium avec l'empire colonial britannique. L'usage du cannabis est mentionné
pour la première fois par l'Empereur Chinois Shen Nong en 2700 avant JC.

Les origines de l'Ayuverda qui est une médecine traditionnelle indienne et utilisant entre
autres plantes médicinales, minéraux et répertoriant les toxiques, remontent à au moins 2000
ans avant JC ; certains auteurs remontant jusqu'au XVème siècle avant notre ère.

En Amérique du Sud les chamans depuis toujours utilisent dans leurs rituels des plantes
hallucinogènes, comme l'ayahuasca qui est un breuvage à base de lianes dont la
consommation remonte à plus de 2000 ans avant JC (Richard, Senon, Valleur, 2004), des
champignons hallucinogènes de type psilocybes, le cactus peyotl contenant la mescaline
également consommé par les Amérindiens 3000 ans avant JC. Dans les Andes les Incas
cultivaient la coca, dont la consommation perdure encore aujourd'hui, à des fins rituelles et
pour ses vertus stimulantes. C'est de cette même plante qu'est issu son alcaloïde la cocaïne,
substance à fort pouvoir addictogène. Plus, proche de nous en Europe au Moyen-Age, les
rites religieux faisaient appel à des plantes comme la belladone dont est issue l'atropine, la
scopolie de carniole dont est issue la scopolamine, le morelle, le brugmansia, le datura, la
mandragore. Puis à partir du XVIIèmesiècle c'est la culture du chanvre qui a pris un grand
essor en Europe.

De même le tabac originaire d'Amérique du Sud fût ramené en Europe au XVIèmesiècle et sa


culture mise en œuvre à grande échelle. Très vite son pouvoir addictogène fût mis en
évidence dans la population. La révolution industrielle du XIXème siècle a permis d'identifier
et d'extraire de nombreux alcaloïdes de plantes dont les principes actifs allaient servir soit de
médicament soit de drogue licite ou illicite selon les législations. Chez les Romains les
esclaves n'avaient pas de nom propre et étaient « dits à » à leur maître. On note donc ici
l'absence de liberté, et donc l'esclavage. En droit romain on retrouve le terme addictus
signifiant « adonné à », et utilisé pour désigner la contrainte par le corps, c'est à dire le fait
qu'un créancier avait le droit de disposer d'un débiteur comme son esclave si celui-ci était
incapable d'honorer ses dettes. De même au Moyen Age être « addicté » signifiait l'obligation
de la part d'un débiteur incapable de rembourser ses dettes, de payer le créancier par le fruit
de son travail ; obligation ordonnée par l'ordonnance d'un tribunal, donc imposée par un tiers.
Par la suite dans la langue anglaise addiction désignait la relation contractuelle de soumission
d'un apprenti à son maître.

Le terme d'addiction a désigné des phénomènes pour lesquels ont été utilisés les mots de «
dépendance », « assuétude », « s'adonner », « voué », « consacré », « goût », « manie » mais
aussi « accoutumance », « contrainte », « habitude ». Les conduites réunies sous le terme
d'addiction ne se limitent pas à la consommation abusive d'un produit, à la pratique abusive
d'une activité, mais renvoient à des notions comme « l'esclavage », « l'aliénation », «
l’emprise», « le penchant »... Elles suggèrent une idée de « don de soi », de jouissance,
d'ardeur, mais aussi de crispation et d'enfermement du sujet autour d'un être ou d'une chose
(Pedinielli, 1985). Certains ont souhaité remplacer ce terme par assuétude qui sans doute le
tort de mettre l'accent sur l'habitude et sur l'accoutumance au détriment de la notion de « don
de soi » qui reste présente dans « addiction ».

Ce terme d'addiction est employé pour rendre compte d'un comportement de dépendance
désigné en français sous le terme de toxicomanie, de toxicophilie ou de recherche de la
dépendance. Finalement, l'addiction correspond à l'extension du terme servant à désigner les
toxicomanies à d'autres comportements que Fénichel (1945) nommait les « toxicomanies sans
drogue ». Le terme d'addiction était utilisé par Fénichel pour regrouper diverses conduites
impulsives pathologiques et signifier l'urgence du besoin de les satisfaire ainsi que
l'incapacité finale de toute tentative de le satisfaire. Le terme d'addiction ou de conduite
addictive cherche à prendre en compte la diversité de l'évolution de conduites
toxicomaniaques (au sens large) qui ont vu leur prévalence augmenter de façon considérable
au cours des dernières années et déborde largement le cadre des toxicomanies classiques et de
l'alcoolisme en recouvrant de son ombre de nouveaux pans: troubles des conduites
alimentaires, jeux pathologiques et, comme les dénonçait d'ailleurs Descombey, les jeux de
hasard …

II.2.2. Typologie des addictions

De façon générale, tout abord pour parler des addictions, on doit commencer par prendre acte
des diverses dimensions du phénomène, résumées pour les toxicomanies par C. Olievenstein
comme « la rencontre entre une personnalité, un produit, et un moment socioculturel ».
Aucun de ces éléments ne doit être éludé pour une appréhension globale du phénomène, et il
est évident qu’aucun spécialiste ne peut totalement maîtriser les disciplines concernées par
une aussi vaste problématique.

Les oppositions et querelles de chapelles ne sont trop souvent que l’effet de l’étroitesse de
vue des protagonistes. Un psychologue par exemple pourra nier toute importance de la
biologie, un pharmacologue tout rôle de la culture ou de la société… Bien des débats entre
spécialistes ressemblent à des oppositions entre des vues partielles, toutes vraies, mais toutes
incomplètes. Comme si l’on se battait autour de l’impossibilité de représenter, en deux
dimensions, une carte exacte du globe terrestre: l’existence, sur l’une des représentations,
d’un pôle nord, n’implique pas l’inexistence d’un pôle sud…

Le passage de la toxicomanie aux addictions a, pour les auteurs anglo-saxons, l’intérêt de


dépasser une vision étroite de « maladie », simplement basée sur l’interaction entre une
substance et un individu (sinon entre une molécule et une synapse…). Il y a longtemps que,
notamment sous l’influence de la psychanalyse, l’on est habitué à relativiser la place du
produit dans les toxicomanies.

Dans le cas des «addictions comportementales» ou des «toxicomanies sans drogues», nous
avons toutefois à faire une place à ce qui est l’équivalent de la drogue dans la toxicomanie.
Ceci à deux niveaux: l’effet, l’éprouvé particulier qui est au centre de la conduite addictive
(lié à des modifications neurobiologiques, même en l’absence de «drogue» extérieure), et
d’autre part le sens, la place du « produit » dans l’histoire du sujet (qui justifie les études sur
le « choix » de la « drogue », et les abords psychologiques divers).

La notion de conduites ordaliques, peut au niveau de la quête de sens, être le pendant de la


recherche de sensations au niveau de l’effet, de l’éprouvé. Et la notion de conduites
ordaliques pourrait être un élément central d’éclairage des aspects actifs, paradoxaux, des
addictions.

Tentative, pour un sujet dépendant, ayant « perdu le contrôle de sa vie » (selon la formulation
Alcooliques anonymes), de reprendre en main son destin, elles constitueraient l’envers de la
dépendance. L’addiction elle-même serait à deux faces: l’une de désubjectivation,
d’effacement du sens, l’autre de transgression, affrontement, recherche de sens, etc.

Le tabagisme est encore aujourd’hui un bon exemple de comportement « insensé », en


secteur, mais fort peu ordalique, sans grand retentissement sur la vie subjective, plus
dépendance pure qu’addiction. Le jeu, dans lequel le « produit » est le hasard et l’argent,
l’éprouvé l’excitation extrême dans l’attente du verdict, serait au contraire la répétition
jusqu’à l’absurde de la question même du sens de la vie, une quête de justification du droit à
la vie…

II.2.2.1. L'addiction au Tabac

C'est en 1560 que le Tabac est introduit en France par un moine qui le rapporte du Brésil et
par un diplomate français en poste à Lisbonne: Jean Nicot. Comme toute plante ayant des
propriétés psychoactives, le tabac contient des alcaloïdes, dont le principal est la nicotine.
Celle-ci possède un effet stimulant, anxiolytique et coupe-faim. Les méfaits du tabac ne sont
plus à démontrer. Il augmente la pression artérielle, accélère le rythme cardiaque et détériore
les artères. Les risques coronariens et les décès par infarctus du myocarde sont deux fois plus
élevés chez les fumeurs (Varescon, 2005).

Le tabagisme peut être considéré comme une dépendance à la nicotine à laquelle s'ajoute une
dépendance psychologique et comportementale au fait de fumer. La dépendance physique au
tabac est confirmée par les fumeurs, la dépendance psychique tenant par ailleurs une place
importante dans leur vie. Les travaux actuels confirment le lien existant entre la dépendance
tabagique et la régulation des émotions (Carton, 2001).

II.2.2.2. L'Addiction à l'Alcool

L'Alcoolisme est l'addiction la plus anciennement repérée. Depuis des millénaires l'homme
consomme de l'alcool. La molécule d'alcool ou éthanol est connue depuis le XIXe siècle.
C'est une substance organique simple, produit de la fermentation des sucres contenus dans les
fruits.
L'alcool est essentiellement consommé à des fins récréatives. Au point de vue thérapeutique,
on l'utilise principalement comme antiseptique externe et comme solvant pour certains
médicaments, bains de bouche et gargarismes.

Selon la dose, les principales réactions observées sont, en ordre croissant, les
suivantes: anxiolyse, euphorie, désinhibition, altération de l'attention et du jugement,
diminution des perceptions sensorielles, troubles de la mémoire, sommeil, anesthésie,
inconscience, comma et mort. (Brisson, 2000)

L'alcool facilite les échanges interpersonnels; l'alcool calme les souffrances internes,
le mal être psychique, réduction de l'anxiété, de la dépression. L'alcool lève les inhibitions (le
Surmoi est soluble dans l'alcool) et peut entraîner des comportements proches du passage à
l'acte (violences physique ou sexuelle, actes impulsifs...).

Les conséquences de l'alcoolisme se constatent au niveau somatique: troubles gastro -


entérologie (hépatites, cirrhoses, gastrites, etc.) Troubles neurologiques, insuffisance
cardiaque, encéphalopathies, polynévrites, épilepsie, atteintes vasculaires. Les troubles du
caractère et de l'humeur sont à relever. Au niveau de la sphère intellectuelle, des troubles
mnésiques peuvent apparaître.

Le terme d'alcoolisme a été proposé par Magnus Huss en 1849. Une courte définition de
l'alcoolisme est donnée par Fouquet (1951): est alcoolique tout homme ou femme qui a, en
fait, perdu la liberté de s'abstenir de consommer de l'alcool. Pour Fouquet, l'alcoolisme
correspond à l'intrication de trois facteurs ; un facteur psychique, un facteur de tolérance et un
facteur toxique (Varescon, 2005). Aussi, dans les trois essais sur la théorie sexuelle (1905),
Freud (1905) suggère la relation entre la zone labiale et le développement ultérieur de
l'alcoolisme. Il écrit :

[...] tous les enfants ne suçotent pas. Il est à supposer que ce soit le propre de ceux
chez lesquels la sensibilité érogène persiste, l'enfant sera plus tard un amateur de
baiser, recherchera les baisers pervers et, devenu homme, il sera prédisposé à être
fumeur et buveur».

Ferenczi a insisté sur la dimension homosexuelle du sujet alcoolique. Il s'agirait d'une


homosexualité latente, car le désir homosexuel est refoulé et réprimé.

Chez l'homme, elle se manifesterait par des revendications de virilité lors des ivresses, le
choix d'une épouse plus maternelle que féminine, la recherche de camaraderie masculine et
de lieux essentiellement masculins (Varescon, 2005).

En population générale adulte, l'alcool est la substance psychoactive la plus consommée. La


boisson alcoolisée est un produit expérimenté par la quasi-totalité des Français. Ainsi, La
France se trouve en tête des pays européens pour la consommation d'alcool et demeure le
premier pays exportateur (Valleur et Matysiack, 2003).

Un peu plus d'un français sur cinq déclare consommer de l'alcool tous les jours. Les
consommateurs d'alcool sont majoritairement des hommes; ils sont trois fois plus souvent
concernés par la dépendance ou l'usage problématique que les femmes.

II.2.2.3. Le Cannabis

Le cannabis est une plante à l'origine de nombreuses préparations, dont l'activité psychotrope
est principalement induite par l'un des cannabinoîdes qu'elle contient, le tétrahydrocannabinol
ou THC (Richard et al., 2000) . Le cannabis est un produit psychoactif, qualifié en France de
« drogues douce » associée le plus souvent à la convivialité et la détente.

Le cannabis est le plus souvent fumé, mais, plus rarement, le cannabis peut être ingéré par
voie orale. Il provoque « l'ivresse cannabique » qui diffère selon la quantité consommée et
l'état psychologique du sujet. Dans un premier temps, le sujet éprouve un sentiment de bien-
être, d'euphorie. La seconde phase est dite confusionnelle, les perceptions sensorielles du
sujet peuvent être modifiées. Une certaine labilité émotionnelle avec une suggestibilité
augmentée est à noter. Puis, les phases suivantes se caractérisent par un progressif retour à la
réalité.

Après une phase d'apathie et de sensation d'être dans un monde sans problème suit la phase
d'assoupissement (Varescon, 2005).

Dans le cadre d'un usage fréquent et prolongé, on peut constater :

- ades effets sur la mémoire. Un usage régulier de cannabis, même sur une courte
période, induit des perturbations de la mémoire immédiate, troubles pouvant
persister après quelques semaines d'abstinence ;

- des crises d'angoisse (attaque de panique). L'intoxication au cannabis semble


pouvoir induire des attaques de panique chez des sujets présentant un contexte
d'anxiété chronique ;
- Un syndrome « amotivationnel ».Celui-ci se manifeste par un repli sur soi,
undésintérêt généralisé qui entraînent un désinvestissement des activités
quotidiennes. Il se caractérise également par un déficit intellectuel et un
émoussement affectif ;

- un syndrome confusionnel aigu, parfois appelé psychose cannabique, avec des


altérations sensorielles, trouble de la mémoire des faits récents, idées délirantes...

La psychose cannabique peut se décliner sous trois formes : le syndrome confusionnel aigu
avec idées délirantes, altérations sensorielles, labilité émotionnel ; le syndrome
schizophréniforme avec idées de persécution, vécu paranoïde ; le trouble psychotique
chronique.

Au niveau somatique, quelques troubles sont à relever. Ils concernent plus particulièrement la
sphère digestive. Le cannabis pourrait avoir un effet sur la spermatogenèse ainsi qu'un
pouvoir cancérogène lié à la fumée des cigarettes de cannabis.

II.2.2.4. La cocaïne

La cocaïne est le résultat de la distillation des feuilles de cocaïer préalablement séchées. Elle
se présente sous la forme d'une fine poudre blanche. Nous savons que Freud fut le premier à
découvrir les effets thérapeutiques de la cocaïne, mais qu'il mit brusquement fin à ses
recherches par suite de la mort d'un ami à qui il en avait recommandé l'usage (Dabrowski et
al. 1977).

La consommation de cocaïne provoque une sensation d'euphorie immédiate et de bien-être,


de facilitation relationnelle, d'hyper vigilance, d'un sentiment de puissance intellectuelle et
physique ainsi qu'une indifférence à la douleur et à la fatigue (Varescon, (2005). Les effets
cliniques de la consommation de cocaïne résultent pour l'essentiel d'une intense stimulation
du système nerveux sympathique.

Ils varient selon le mode de consommation, les effets cardiaques, neurologique, respiratoires
et psychiques les plus puissants suivent l'usage de crack ou de cocaïne par voie injectable
(Valleur et coll, 2000). Elles se traduisent par une dilatation pupillaire, tachycardie, de
l'hypertension, une hypersudation, de l'hyperthermie. Au niveau psychologique, la prise
régulière et importante de cocaïne peut provoquer des hallucinations et des sentiments de
persécution.
Lorsque les doses sont répétées sur une brève période, la fin de l'activité du produit se traduit
par une anxiété, un état dépressif, inclinant à utiliser à nouveau la drogue (Varescon, (2005).
La cocaïne, en tant qu'excitant puissant, provoque une dépendance psychique importante. Ce
qui explique que l'arrêt d'une consommation aiguë de cocaïne soit difficile.

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