Cours PTM ECUE1
Cours PTM ECUE1
DE LA MATIÈRE
COURS
ECUE1 : POLARISATION ET POLARISABILITE
LICENCE 3 DE PHYSIQUE
MASTER 1 DE SCIENCES PHYSIQUES
DJOMAN A. MAURICE
Université Félix Houphouët-Boigny
Version 2
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
1
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
2
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
= =
= =
= =
n’est conjugué avec aucun autre élément de . constitue à lui seul une classe d’ordre 1.
= =
=
= = =
= = =
= = =
= = =
, et sont conjugués, ils forment une classe d’ordre 3 : , , .
=
= = =
= = =
= = =
= = =
= = =
et sont conjugués, ils forment une classe d’ordre 2 : , .
⋅
=E
Pour une telle molécule, le seul élément de symétrie existant est l’identité. Elle ne possède
aucune position équivalente. Un axe de rotation centré sur le carbone permet de ramener la
molécule après une rotation d’angle 22 à une position identique à celle de la position initiale.
3.2. Rotation autour d’un axe d’ordre n (67 )
On désigne par axe de rotation d’ordre +, un axe noté % autour duquel, une molécule tournée
8
dans le sens trigonométrique d’un angle 0 = %
, occupe + 9 1 positions équivalentes
"8
= 1, 2, 3, … , + 9 1 et une
%
successivement pendant un tour complet (22 d’angles avec
position identique pour = +.
Cette rotation est appelée rotation propre, rotation directe ou de première espèce. Elle possède
les propriétés suivantes :
% =
%
- ;
% % = %
; < ;=<
- ;
- > % >
% % = ; ainsi %> = %% >
;
? = @ !A + = B C5D4? %> =
;
- <.
Vérifions ces propriétés en prenant l’exemple d’un axe de rotation d’ordre 6 ( E . Autour de
cet axe, on peut effectuer les rotations suivantes : E , E , E , EF , EG !A EE .
- E
E =
- E = E E
- E = EG
- E = pour @ = 1, B = 3 et =2
- E = pour @ = 1, B = 2 et =3
- F
E = pour @ = 2, B = 3 et = 2.
5
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
Dans la représentation symbolique des axes de rotation, il existe un symbole pour chaque type
d’axe de rotation contenu dans le tableau ci-dessous :
Axe % Angle de rotation Symbole
22⁄1 = 22
22⁄2 = 2
22⁄3
22⁄4 = 2⁄2
F
22⁄5
G
22⁄6 = 2⁄3
E
Dans l'espace bidimensionnel, la rotation s'effectue autour d'un point appelé « centre de
rotation ».
Remarque : Toute molécule linéaire possède un axe de rotation d’ordre infini L
6
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
Exemple : Considérons la molécule d’allène. Elle comprend un axe impropre d’ordre 4 (QF .
- =Q =M
- =Q = =
Exemple : Considérons la molécule d’hexaflorure de soufre. Le
point d’inversion est placé au centre de l’atome de soufre. Les
atomes de fluor sont symétriques deux à deux par rapport au
centre d’inversion .
3.6. Rotation-inversion
La rotation-inversion ou roto-inversion % est la composée d'une rotation d'ordre n autour d'un
axe et de l'inversion par rapport à un point de l'axe. Ces deux opérations de symétrie
commutent : l'ordre dans lequel elles sont effectuées ne change pas le résultat de la roto-
inversion.
8
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
M M’ M’’
M’’ M’
9
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
+ 9 1 nouveaux miroirs pour finalement donner + plans de symétrie au total contenant tous
l’axe % .
Remarque : Lorsque + est pair :
- la composition d’une rotation propre et d’une réflexion conduit à une inversion :
>M = M > = M=M = ;
> >
- la combinaison d’une rotation d’ordre + avec une inversion produit une réflexion :
> = > = = =M
> >
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
Dans ce groupe, la molécule a seulement comme opération de symétrie qui équivaut à une
rotation autour d’un axe . = .
Exemple : Considérons la molécule de bromo-fluoro-chlorométhane
5.4.2. Groupe 6b
Les molécules de ce groupe possèdent un et un seul plan de symétrie noté M car ce miroir est
toujours supposé perpendiculaire à l’axe de rotation = . c = = ,M .
Exemple : Considérons la molécule de fluoro-dichlorométhane.
Elle possède un plan de symétrie contenant les liaisons 9 9 3. Ce plan est
nécessairement perpendiculaire à l’axe de rotation d’ordre 1 qui correspond à
l’opération identité. Le miroir est alors un M . La molécule appartient au
5.4.3. Groupe 6d c .
groupe
Toute molécule possédant seulement un centre d’inversion appartient à ce groupe. # = , .
Exemple : Considérons la molécule dibromo-1,2 dichloro-1,2 éthane (forme alternée).
5.4.4. Groupe 67
Dans ce groupe, chaque molécule a un seul axe de rotation d’ordre n comme élément de
symétrie. Autour de cet élément de symétrie s’opèrent n opérations de symétrie cycliques %"
fermées par %% = . % = , % , % , … , %% . Ce groupe est appelé groupe cyclique.
5.4.5. Groupe 67e
Le groupe %O est généré par l’existence d’un axe % et un miroir MO (contenant l’axe % ) dans
une molécule. Au cours des rotations successives autour de l’axes % , + 9 1 autres miroirs
équivalents à MO apparaissent. En définitive, le groupe comprend un axe % et +MO . %O =
, % , % , … , %% , +MO
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
La molécule contient :
- 1 axe perpendiculaire au plan de la feuille passant par le
milieu de la liaison 9 ;
- 1 miroir M qui est le plan de la molécule ;
- 1 centre d’inversion
La molécule appartient au groupe
5.4.7. Groupe j7
Ce groupe est engendré par un axe % et un axe qui lui est perpendiculaire. Il est le produit
direct % ⨂ contenant les + opérations % ( = 1, … , + ainsi que leurs produits par
"
qui
engendre + 9 1 autres axes . En définitive le groupe % contient un axe % et + axes qui
lui sont perpendiculaires.
5.4.8. Groupe j7i
Le groupe est engendré par une rotation d’axe % , une rotation d’axe perpendiculaire à %
et une réflexion par rapport à un miroir M perpendiculaire à % et contenant l’axe . Il peut
être décrit comme le produit direct % ⨂ c et, quand + est pair, comme % ⨂ # . Ces différents
produits génèrent à leur tour + 9 1 autres axes et MO .
%
Remarque : Dans ce groupe si + est pair, parmi les miroirs, il existe miroirs diagonaux MP .
La molécule contient :
- 1 axe perpendiculaire au plan de la
molécule passant par le centre du
cycle central autour duquel se
déroulent deux rotation et ;
- 1 axes comme indiqué sur la figure
perpendiculaires à l’axe .
- 1 miroir M qui est le plan de la
molécule ;
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
La molécule contient :
- 1 axe suivant la liaison 9 ;
- 1 axe médiatrice de la liaison 9 ,
contenu dans le plan de la feuille et
perpendiculaire à l’axe ;
- 1 axe médiatrice de la liaison 9 et perpendiculaire au plan de la feuille ;
- 3 MP passant chacune par les liaisons 3 9 9 9 3 ;
- 1 axe QE suivant la liaison 9 autour duquel s’effectuent 2 opérations de symétries :
QE , QEG ;
- 1 centre d’inversion .
La molécule d’éthane appartient au groupe P . P = , 2 , 3 , , 2QE , 3MP
5.4.10. Groupe l7
Le groupe est généré par une rotation impropre Q% avec les particularités suivantes :
- Q = ;
- Pour + impair, Q% = % .
Le groupe est engendré par 4 et 3 . Pour une vision claire des éléments de symétrie d’un
tel groupe, il faut inscrire la molécule dans un cube.
5.4.12.2. Groupe mi
Le groupe est généré par 4 , 3 et un M . Il peut être décrit comme le produit direct n⨂ # .
5.4.12.3. Groupe mk
Le groupe est généré par 4 , 3 et un MP .
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
(les symétries du premier se trouvent dans le second). On forme ainsi les groupes q et q =
q⨂ # , mais on ne connaît pas de molécules réelles représentant ces groupes.
III. Représentations d’un groupe de symétrie
1. Table de multiplication d’un groupe
Une représentation simple d’un groupe se fait par la donnée de sa table de multiplication comme
présenté à la session 4. Voici l’exemple du groupe O de la molécule d’ammoniac.
O MO MOh MOhh
MO MOh MOhh
MOhh MO MOh
MOh MOhh MO
MO MO MOh MOhh
MOh MOh MOhh MO
MOhh MOhh MO MOh
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
S′ S
•T′€ = N# •T‚
U′ U
La matrice N# de dimension 3 × 3 représente l’opération Ô# et l’ensemble des matrices
associées à toutes les opérations du groupe est une représentation de ce groupe.
La matrice représentant une opération de symétrie est une matrice orthogonale ayant les
propriétés suivantes :
- det N# = 1
- N# = N# †
2.3. Conventions
La représentation d’une opération de symétrie dans un espace euclidien reposera sur les
exigences suivantes :
- La base choisie est une base orthonormée dont l’origine est le point invariant de la
molécule ;
- L’axe de rotation de plus haute symétrie ou l’axe de rotation unique (axe principale) de
la molécule est toujours dirigé selon l’axe NU du repère.
Ces conventions vont annuler un certain nombre d’éléments de la matrice de l’opération, au
mieux, elles vont rendre cette matrice diagonale.
3. Représentation matricielle des opérations de symétrie
On donne dans cette partie les matrices des opérations de symétrie sans démonstration dans une
base orthonormée N, !{{{⃗, !{{{⃗, !{{{⃗ . Le lecteur avisé cherchera à les retrouver par lui-même.
3.1. Opération identité ‡
1 0 0
= •0 1 0 €
0 0 1
3.2. Inversion d
91 0 0
= • 0 91 0 €
0 0 91
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
‹D?0 0 ? +0
% =• 0 1 0 €
9? +0 0 ‹D?0
Pour une rotation inverse d’angle – 0 autour de chaque axe, il faut prendre la transposée de la
matrice correspondante.
3.4.Rotation impropre l7
‹D?0 9? +0 0
Q% = • ? +0 ‹D?0 0€
0 0 91
3.5. Miroir Xe
On considère un miroir MO faisant un angle • avec l’axe !{{{⃗.
‹D?2• ? +2• 0
wMO • | = • ? +2• 9‹D?2• 0€
Ž•
0 0 1
3.6. Axe de rotation d’ordre 2
On considère un axe de rotation d’ordre 2 contenu dans le plan SNT et faisant un angle • avec
l’axe NS .
‹D?2• ? +2• 0
w Ž• • | = • ? +2• 9‹D?2• 0 €
0 0 91
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
• Du point de vue physique, une maille est le plus petit groupement de constituants
(atomes, ions ou molécules) suffisant pour décrire tout le cristal.
1.3. Le réseau cristallin
Le réseau cristallin est engendré par la
translation de la maille suivant les trois
vecteurs de base créant ainsi tous ses
nœuds. En d’autres termes, le réseau
cristallin est constitué de l’ensemble de
points, extrémités de tous les vecteurs de
translations possibles. Ci-contre se trouve
la figure d’un réseau cristallin plan obtenu
par des translations des vecteurs C⃗ et •{⃗.
1.4. Motif
Un motif est un atome, un ion ou une molécule qui se répète, périodiquement,
suivant les trois directions de l’espace pour décrire le cristal.
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
On considère une autre maille plus grande par translation des trois vecteurs de base construite
{{{⃗, ›
sur trois autres vecteurs › {{{⃗ et ›
{{{⃗ tels que :
{{{⃗ = ’ C⃗ + ” •{⃗ + • ‹⃗
›
› = ’ C⃗ + ” •{⃗ + • ‹⃗
{{{⃗
› = ’ C⃗ + ” •{⃗ + • ‹⃗.
{{{⃗
{{{⃗ ∧ {{{⃗
Le volume de cette nouvelle maille est donné par la relation : › h = w› {{{⃗.
› |. ›
’ ” •
On montre par ailleurs que ce volume se calcul comme suit : › = •’ h ” • • wC⃗ ∧ •{⃗|. ‹⃗
’ ” •
{{{⃗, ›
On appelle multiplicité de la maille w› {{{⃗| par rapport à la maille wC⃗, •{⃗, ‹⃗ | le quotient žh.
{{{⃗, ›
ž
On le note et il vaut :
’ ” •
= •’ ” • •.
’ ” •
La multiplicité d’une maille représente le nombre de points du réseau contenus en propre dans
cette maille. Elle peut être déterminée par la relation suivante :
1
=Ÿ
+#
#¡
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Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
1̃01 110
20
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
21
Chapitre 1 : Symétries moléculaires et cristallines
22
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
En outre, il a fait aussi remarquer que le condensateur chargé initialement sous une tension
et isolé, si on insère un diélectrique entre ses armatures, la tension à ses bornes diminue.
Les remarques montrent que dans les deux situations, la capacité du condensateur augment
lorsqu’on insère un diélectrique entre ses armatures. En effet on a :
= > 1 et = > 1 implique nécessairement > .
On montre que : = = = .
23
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
1 1
%= 4 − 5
43
⃗ ⃗
⃗ = ⃗ + et ⃗ = ⃗ −
1 ⁄ 1 ⁄
= 61 + 789:; et = 61 − 789:;
≃ 61 − 789:; et ≃ 61 + 789:;
1 1 1
− = 41 + 789: − 1 + 789:5
2 2
!"#$ ( !"#$
− = .%=
&'
que l’on peut mettre sous la forme :
)⃗.+,⃗
%=
&'
.
• Vecteur polarisation électrique
Considérons un élément de volume ./ du diélectrique. Dans
ce volume élémentaire existe un certain nombre de dipôles
de moment dipolaire unitaire ⃗. ? Le moment électrique
(moment dipolaire total) dans cet élément de volume est
.-⃗ = ∑A ⃗? . La somme est étendue à tout le volume
élémentaire ./.
On définit le vecteur polarisation électrique -⃗ par :
.-⃗
-⃗ =
./
C’est le moment électrique par unité de volume ou densité volumique de moment électrique. -
s’exprime en . 01 .
24
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
./ -⃗ . J ⃗ ./ -⃗. ⃗
.% = =
43 43 K
./ 1 ./ 1
.% = − -⃗. L M.⃗N 4 5 = -⃗ . L M.⃗ 4 5
43 43
Le potentiel créé par tout le volume / au point est :
1 1
%= P Q-⃗. L M.⃗ 4 5R ./
43 S
On sait que .TUVWX⃗Y = W.TUX⃗ + L M.⃗ W. X⃗ ; avec W = et X⃗ = -⃗ .
-⃗ 1 1 1 -⃗ 1
.TU Z [ = .TU-⃗ + L M.⃗ 4 5 . -⃗ ⟹ L M.⃗ 4 5 . -⃗ = .TU Z [ − .TU-⃗
Ce qui conduit à :
1 -⃗ 1 1
%= P .TU Z [ ./ − P .TU-⃗ ./
43 S 43 S
Remarque :
1) Un diélectrique polarisé est globalement neutre. En effet la charge totale est :
= P ac ./ + ] bc .^
S `
25
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
5. Répartition des charges dans un diélectrique polarisé cas d’un condensateur plan
Dans un diélectrique linéaire et isotrope polarisé, il existe des charges associées par pairs pour
former des dipôles qui constituent des chaînes parallèles entre elles et perpendiculaires aux
armatures du condensateur. Dans un diélectrique parfait, le phénomène de polarisation dépend
seulement du champ électrostatique extérieur et disparaît avec lui. Dans de tels diélectriques il
n’y a pas de dipôles permanents.
Considérons un condensateur plan dont
chaque armature a une aire ^. Les
charges sur les surfaces des armatures
métalliques sont de deux types :
- Les charges liées notées )
sont des charges voisines des
charges de polarisation et qui
les neutralisent ;
- Les charges libres notées qui conservent leur liberté de mouvement.
La charge total du condensateur est : = + ) .
On peut calculer la densité surfacique de charges liées par la technique suivante :
- On charge le condensateur plan à vide sous une différence de potentielle ∆%, il acquiert
`
= ∆% avec = où J est l’écartement des armatures.
+
la charge
- On isole le condensateur puis on insère un diélectrique de permittivité entre ses
`
armature, on a : = ∆%′ avec = +
. L’apparition d’une différence de potentielle
∆% D est imputable aux charges libres.
∆h
= . Avec le diélectrique la charge totale est : = + ).
∆hD
On a :
On peut alors poser que ∆% = i et ∆% D = i . Ce qui conduit à :
+ ) ) )
= = 1+ = ⟹ =
−1
Sachant que les densités surfaciques de charges sont respectivement b = `
pour la charge
totale et b) = ` pour les charges liées, on a :
j
b) 1+ −1 −1
b= + b) = b) 4 5 ⟹ b) = b
−1 −1
1
b) = 41 − 5 b
Pour un condensateur plan, si l’on néglige les effets de bord, on montre aisément que :
mn = b.
1
b) = 61 − ; b = 6 ; b.
,
b)
En divisant chaque charge par la surface, on obtient :
p=
b
• Une autre expression du vecteur déplacement électrique
m⃗ = -⃗ + k⃗ = pk⃗ + k⃗
m⃗ = B1 + pIk⃗
6.3.Champ de Maxwell
Lorsque le diélectrique est soumis à un champ électrique extérieur k⃗+qr ou k⃗ , il se polarise.
Les charges ainsi séparées en son sein créent à leur tour un champ dépolarisant k⃗) qui s’oppose
à la polarisation. Ainsi le champ résultant k⃗ dans le diélectrique appelé champ de Maxwell est :
27
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
k⃗ = k⃗ + k⃗)
28
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
m⃗ = B Ik⃗ ⟺ BbI1 m⃗D = B IBbI1 k⃗D. De cette relation on tire : m′⃗ = BbIB IBbI1 k⃗D = B ′Ik′⃗.
Cette double égalité conduit à : B ′I = BbIB IBbI1 .
Tout en remarquant que le tenseur de permittivité représente une propriété de la matière, tout
changement d’axes ne modifie pas cette propriété de la matière. On a : ′Aw = Aw .
En utilisant la notation d’Einstein, on peut aisément déterminer les composantes du tenseur de
permittivité, transformées dans un changement d’axes : ′Aw = bA| bw | .
7.3.Axes principaux
Dans les cristaux d’une manière générale les vecteurs, déplacement électrique m⃗ et le champ
électrique k⃗ qui en est la cause ne sont pas parallèles. Nous allons rechercher s’il existe dans le
cristal des directions particulières pour lesquelles m⃗ et k⃗ sont parallèles. Pour trouver les
directions particulières, nous allons déterminer les valeurs propres associées au tenseur B I. Si
est une valeur propre, alors .JeVB I − }Y = 0 :
− K
Δ=• − K • = 0. Ce qui conduit au polynôme caractéristique :
K K KK −
-B I = − K
+B + + KK I +B K + K − − KK I + KK − K − K
On obtient un polynôme de degré 3 en . Elle admet en général trois racines distinctes que nous
noterons pour la suite , et K qui sont les valeurs propres de la permittivité diélectrique.
Pour chacune des valeurs propres correspond un vecteur propre %⃗ tel que : B I%⃗ = %⃗ .
Désignons par k⃗, k⃗ et kK⃗ les trois vecteurs propres correspondantes. On obtient dans ces
conditions :
m⃗ = k⃗
m⃗ = k⃗
mK⃗ = K kK⃗
Les trois axes définis par les vecteurs propres k⃗, k⃗ et kK⃗ sont appelés axes de symétrie
électrique ou axes principaux. Les valeurs propres , et K sont les permittivités diélectriques
principales du milieu ou grandeurs principales.
Remarque :
- Orthogonalité des directions principales : les trois directions principales k⃗, k⃗ et kK⃗
liées à des valeurs propres différentes sont toujours orthogonales pour un tenseur
symétrique.
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Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
• La trace du tenseur : e B I = + + KK ;
• L’anisotropie du tenseur :
‚ = ƒB − I +B − KK I +B KK − I „ + 3B + K K + K K I.
• Le déterminant du tenseur :
∆= | | = + KK + KK −B + K K + K K I.
Système cristallin Axe de haute symétrie Relations entre les grandeurs principales
Cubique 4 axes d’ordre 3 = = K
Tétragonal 1 axe d’ordre 4 = ≠ K
Trigonal 1 axe d’ordre 3 = ≠ K
Hexagonal 1 axe d’ordre 6 = ≠ K
Orthorhombique 3 axes d’ordre 2 ≠ ≠ K
Monoclinique 1 axe d’ordre 2 ≠ ≠ K (après diagonalisation)
Triclinique Aucun axe de symétrie ≠ ≠ K (après diagonalisation)
Remarques :
- Pour un corps isotrope, on a aussi = = K ;
- Les cristaux des systèmes tétragonal, trigonal, et hexagonal sont dits uniaxes ;
- Les cristaux des systèmes orthorhombique, monoclinique et triclinique sont dits biaxes ;
- Pour le système orthorhombique, les trois axes de symétrie d’ordre 2 coïncident avec
les axes électriques ;
- Pour les cristaux monocliniques, l’axe électrique est perpendiculaire au plan de
symétrie.
30
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
a%
k^ = ⟺ 43ℓ k =
ℰ
4
a= Je % = 3ℓK
4 K 3
3 3M
En remplaçant les grandeurs par leurs expressions on obtient : ℓ = 43 MK k.
Ce qui conduit à : ℓ = 43 MK k = ‡ˆ k. On obtient en définitive ‡ˆ = 43MK .
31
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
Le modèle de Mossotti est un modèle statique car dans ce modèle le champ extérieur est
constant donc astreint à toute vibration. La polarisabilité a les dimensions d’un volume.
3.3.Modèle de Drude-Lorentz
Le modèle de Drude-Lorentz permet de rendre compte du phénomène de polarisation d’un
milieu en considérant le mouvement des électrons liés sous l’effet d’un champ
électromagnétique extérieur. L’électron de masse 0 porte la charge −J. On note o⃗ la position
de l’électron. Il subit :
- la force de Lorentz : J 6k⃗ + ⋀ ⃗ ; ;
sž⃗
sr
- une force de frottement fluide, causée par les collisions avec son environnement :
˜ sž⃗
−
S sr
;
- une force de rappel, provoquée par l’interaction avec les noyaux : −–o⃗.
sž⃗
Tant que ¡ sr ¡ ≪ 7 alors la force magnétique est très faible devant la force électrique. On
néglige la forme magnétique en général. L’équation du mouvement de l’électron dans ces
= −Jk⃗ −
s ž⃗ ˜ sž⃗
conditions s’écrit : 0 sr
− –o⃗
S sr
32
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
J
En insérant ces quantités complexes dans l’équation du mouvement, on obtient :
J 0
−— o + T—‚o + — o = k ⟹ oB—I = k
0 — − — + T—‚
Ce déplacement provoque un moment dipolaire 0 = Jo = ‡ˆ k
J
0
‡ˆ B—I =
— − — + T—‚
Si |— − —| ≫ ‚, les forces de frottement sont négligeables et on retrouve le cas de l’oscillateur
harmonique.
4. Polarisabilité atomique
Considérons un cristal ionique, un édifice contenant des cations et des anions.
En l’absence de champ
électrique extérieur, les
positions d’équilibre des ions
sont symétriques. Les moments
dipolaires qui en résultent se
compensent et la polarisation est
nulle.
33
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
0n 0)
0=
0n + 0)
Sous l’influence d’un champ extérieur k⃗ = k⃗789B—eI la masse moyenne qui se déplace d’une
quantité o⃗ est soumise à une force de rappel −–o⃗ et à la force électrique Jk⃗ .
L’équation du mouvement oscillatoire de pulsation — est donnée par :
. o⃗
0 + –o⃗ = Jk⃗789B—eI
.e
Par projection sur la direction du champ électrique conduit à :
– J
o• + o = k cosB—eI
0 0
| +
On pose — = est l’équation devient : o• + — o = k cosB—eI.
˜ ˜
L’édifice cristallin vibre à la même fréquence que le champ extérieur. Les solutions de
l’équation du mouvement sont de la forme : o = o 789B—eI. Ce qui conduit à :
Jk
o =
0B— − — I
Le moment dipolaire induit s’écrit : ‰ = ‡‰ k = Jo . On déduit la polarisabilité atomique
de l’édifice cristallin de la relation :
J
‡‰ =
0B— − — I
Les masses des atomes étant importantes (comparées à la masse des électrons), la polarisabilité
atomique apparaît aux basses fréquences (pour des fréquences inférieures à celles des
infrarouges).
5. Polarisabilité d’orientation
Certaines molécules possèdent un moment dipolaire permanent,
c’est le cas de la molécule d’eau. Par suite de l’agitation
thermique, ces dipôles orientés au hasard donnent un dipôle
résultant nul. La polarisation d’orientation est nulle :
k⃗ = 0⃗ ⟹ ‡" = 0
34
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
La valeur moyenne du moment dipolaire dans la direction du champ local est donnée par la
relation suivante :
« k "!
̅=
3–©
« est le moment dipolaire permanent d’une molécule et – représente la constante de Boltzmann.
Sachant que ̅ = ‡¨ k "! , on obtient :
«
‡ =
3 –©
Si le milieu contient ¬ molécules par unité de volume, la polarisation est :
¬« k "!
- = ¬‡ k "! =
3 –©
¬« k "!
-=
3–©
tenseurs. Comme nous l’avons déjà vu avec le tenseur de permittivité, les axes de symétrie de
la molécule influent sur la forme du tenseur. Le tableau ci-dessous résume les différentes formes
du tenseur :
Symétrie moléculaire
Forme du tenseur Relations entre les éléments
la plus élevée
‡ ‡ ‡K
u ‡ ‡ ‡ Kv
Aucun axe de 6 éléments différents car le tenseur
‡K ‡K ‡KK
symétrie est symétrique
‡ ‡ 0
u ‡ ‡ 0 v ‡ ≠ ‡ ≠ ‡KK ≠ ‡ = ‡
1 axe d’ordre 2 selon
ByGI
0 0 ‡KK
‡ 0 0
u 0 ‡ 0v ‡ ≠ ‡ ≠ ‡K
Au moins 2 axes
0 0 ‡K
d’ordre 2
‡ 0 0
1 axe d’ordre > 2
u0 ‡ 0v ‡ = ‡ ≠ ‡K
selon ByGI
0 0 ‡K
‡ 0 0
u0 ‡ 0v ‡ = ‡ = ‡K = ‡
Au moins 2 axes
d’ordre > 2
0 0 ‡
36
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
37
Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
On peut annuler le dernier terme du membre de gauche en choisissant _ de telle sorte que
_B_ + 1I − 2 = 0. On trouve alors deux solutions possibles _ = 1 et _ = −2. Si on choisit
_ = 1, la fonction o doit satisfaire l’équation :
1 1 .
4oD + oDD = 0 = K ƒ4 K oD + & o′′„ = K B & o′I
.
² ‰
D’où o = ³ et, en intégrant une nouvelle fois, il vient à o = O + , et, finalement,
D
X
±B I = +
où X et sont deux constantes.
La solution générale pour le potentiel en un point quelconque s’écrit :
X
%B , :I = 4 + 5 789:
Nous allons maintenant tenir compte des conditions aux limites pour déterminer les constantes
X et .
• Condition 1 : A l’intérieur de la sphère le potentiel ne peut y avoir de singularité en =
0 ce qui entraine nécessairement X = 0 pour ≤ M.
• Condition 2 : il y a continuité du potentiel à la traversée de la sphère. On a :
%+qr B = MI = %Anr B = MI
• Condition 3 : la composante normale de l’induction électrique doit être continue à la
traversée de la sphère : mn+qr B = MI = mnAnr B = MI
®%+qr ®%Anr
4 5 = 4 5
® µ• ® µ•
3 3
%Anr = − k 789: = − kG
2 + 2 +
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Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
Ce potentiel est le même que celui d’un dipôle idéal placé au centre de la sphère de permittivité
de moment dipolaire ⃗ :
1 789: − MK
%′+qr = = kG
43 2 + K
−
D’où
= 43 MK k
2 +
&
Sachant que = -¸ où - est la polarisation et ¸ = 3MK le volume de la sphère. On a :
K
−
-=3 k
2 +
De plus nous savons que :
− kc −
kc = − k⟹ =−
2 + k 2 +
kc -
-=3 4− 5 k ⟹ kc = −
k 3
-⃗
kc⃗ = −
3
Les charges de polarisation ne se trouvent qu’à la surface de la sphère, avec une densité
surfacique bc :
−
bc = -789: = 3 k789:
2 +
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Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
. 789:
%s =
43
Sous l’influence de ⃗, il y a des charges qui s’accumule à
l’extérieur de la sphère. Ces charges créent un champ de
réaction k⃗- du dipôle.
Le champ local créé au niveau de la sphère diélectrique est : k⃗ "! = k⃗ + k⃗c + k⃗- :
− 1 2B − I ⃗
k⃗ "! = k⃗ + k⃗ + . . K
2 + 43 2 + M
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Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
⃗ qui est le moment dipolaire se met sous la forme : < ⃗ >= -⃗¸ où -⃗ est la polarisation et
¸ = 3MK le volume de la sphère diélectrique. On sait aussi que -⃗ = B − Ik⃗ ce qui conduit
&
K
à:
4
< ⃗ >= B − I. 3MK k⃗
3
et
− 1 2B − I 1 4 K +2
< k⃗ "! >= »1 + + . K . 3M B − I¼ k⃗ = k⃗
2 + 43 +2 + M 3 3
Puisque = alors :
+2
< k⃗ "! >= k⃗
3
C’est le champ de Lorentz. On peut introduire la susceptibilité diélectrique du matériau p =
− 1 et on obtient :
p
< k⃗ "! >= 61 + ; k⃗
3
2. Relation de Clausius-Mossotti
On suppose qu’il y a ¬A molécules de type T par unité de volume. Par définition de la
polarisation, on écrit :
-⃗ = ½ ¬A ⃗A
A
Où ⃗A est le moment dipolaire d’une molécule de type T : ⃗A = ‡A k⃗ "!
-⃗ = ½ ¬A ‡A k⃗ "!
A
Si on considère les valeurs moyennes des grandeurs, on a :
< -⃗ >= ½ ¬A ‡¨ < k⃗ "! >
A
¾
∑ ¬A = où ¬ est le nombre total de molécules et % le volume.
h
¬ +2
-⃗ = ‡¨ k⃗
% 3
˜
On sait pour un ensemble de molécules que a = où 0 est la masse de chaque molécule et %
h
le volume du milieu. De la quantité de matière de molécules dans le milieu s’écrit :
¬ 0
=
¬‰
Où ¬‰ est la constante d’Avogadro et la masse molaire moléculaire
¬ 0 a% ¬ a¬‰
= = ⟹ =
¬‰ %
a¬‰
+2
-= ‡¨ k = B − 1Ik
3
On en déduit la relation de Clausus-Mossotti :
− 1 a ¬‰
= ‡¨
+2 3
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Chapitre 2 : Phénomène de polarisation des diélectriques
3. Relation de Lorentz-Lorenz
D’après Maxwell, pour les fréquences supérieures aux fréquences infrarouge, on peut
considérer que _ = .
_ − 1 a ¬‰
= ‡
_ +2 3 ˆ
¾
Pour une substance considérée, ¿ ‡ˆ est constant. On obtient ainsi la relation de Lorentz-
K
Lorenz :
_ −1
. = eJ
_ +2 a
42
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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https://docplayer.fr/44431164-Theorie-des-groupes-et-symetrie-de-l-atome-au-solide-
daniel-malterre.html
[2] F. Cotton, Chemical applications of group theory, 3ème édition, New York, 1990.
[3] M. Hamermesh, Group theory and its applications to physical problems, Dover
Publications, 1989.
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[5] J.-B. Zuber, Symétries en physique, UPMC Sorbonne Universités, 2011.
[6] C. Daul, Application de la théorie des groupes en chimie.
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[12] E. Mallard, Traité de cristallographie géométrique et physique, Dunod, 1879.
[13] H. Zouihi, K. Yamni, Cours de cristallographie géométrique 1, Faculté des sciences,
2018.
[14] Cours Rayon X et structure des cristaux.
[15] J.-C. Rousseau, A. Gibaud, Cristallographie géométrique et radiocristallographie,
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[21] O. Gallot-Lavallée, Dielectric material and electrostatics, ISTE and Wiley 2013.
[22] C. P. Smyth, Dielectric behavior and structure, Princeton University, 1955.
43