Cours D'instruments de Paiement
Cours D'instruments de Paiement
L’existence du compte bancaire repose sur un droit et sur une obligation. Le droit au compte résulte de l’article 8
du règlement n°15/2002/CM/UEMOA relatif aux systèmes de paiement dans les Etats membres de l’UEMOA. Ce droit
concerne les personnes physiques ou morales ayant un revenu régulier. « Toute personne physique ou morale établie dans
l’un des Etats membres possédant un revenu régulier dont la notion est définie par une instruction de la banque centrale,
a droit à l’ouverture d’un compte tel que défini par l’article 3 de la loi portant réglementation bancaire ou auprès des
services. En cas de refus d’ouverture de compte opposé par 3 établissements successivement, la banque centrale peut
désigner d’office une banque qui sera tenue d’ouvrir un compte qui donne droit à des services minimum ».
L’obligation d’ouvrir un compte résulte de l’article 9 du même règlement et concerne les commerçants : « Tout commerçant
au sens de l’acte uniforme OHADA est tenu d’ouvrir un compte auprès des services financiers de la poste ou d’une banque
établie dans un Etat membre. Il en indique la domiciliation et le numéro sur la facture ou autres documents par lesquels il
réclame paiement… ».
Le compte bancaire donne droit à un service bancaire minimum dont le contenu est le suivant :
- La gestion du compte
- La mise en disposition d’au moins un instrument de paiement avec les sécurités nécessaires
- La possibilité d’effectuer des virements à partir de ce compte
- La possibilité d’effectuer des prélèvements à partir de ce compte
- La réception et la remise en compensation d’opérations de paiement pour le compte du client
- La délivrance au client de relevé bancaire trimestriel et à sa demande, le relevé.
Le compte bancaire constitue l’instrument privilégié ou encore le cadre des relations juridiques entre la banque et son
client. Il se présente comme le tableau de créances et de dettes réciproques entre un banquier et son client. C’est un outil
comptable qui constate les opérations par les articles et en exprime le résultat par un solde. Ainsi, le prof KAKOU Alain
considère que : « Le compte bancaire est un document comptable destiné à constater les opérations juridiques qui sont
passées entre une banque et un client et en exprimer les résultats par des chiffres ou des valeurs qui sont inscrits soit au
crédit soit au débit du compte.
Le compte bancaire renferme 2 conventions : d’une part, celle par laquelle les parties conviennent des éléments et de la
tenue du compte. Par cette convention, le banquier s’engage à fournir certains services tels la réception des fonds, les
paiements, les virements, l’épargne, le découvert…
D’autre part, celle par laquelle un accord des règlements de paiement et des dettes lie les parties. C’est le fait de porter
une créance en compte pour entrainer sa fusion de telle sort que seul le solde est exigible ».
Il convient de distinguer le compte courant du compte de dépôt. Selon la doctrine française, le compte courant est une
« convention par laquelle 2 personnes affectent toutes leurs créances réciproques à un mécanisme de règlement instantané
par fusion et un solde immédiatement disponible ».
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Au contraire, dans le compte de dépôt, les créances sont comptabilisées sans perdre leur individualité. A l’opposé du
compte courant, l’inscription en compte de dépôt ne vaut pas paiement sauf convention expresse. Les banques travaillent
généralement en compte courant avec les commerçants et les professionnels non commerçants et en dépôt avec les non
professionnels.
- Le compte individuel : C’est un compte qui n’est ouvert qu’à une seule personne. Seule la signature de cette
personne est autorisée pour le fonctionnement du compte s'il n'y’a pas de procuration.
- Les comptes collectifs : Ce sont des comptes ouverts au nom de plusieurs co-titulaires.
- Le compte joint : Pour ce type de compte, chaque co-titulaire peut faire fonctionner le compte sous sa seule
signature. En vertu du principe de la solidarité active, chaque co-titulaire peut disposer de l’intégralité de l’actif du
compte même si la contribution à l’actif est inégalement répartie entre eux. En contrepartie, selon le principe de la
solidarité passive, chaque co-titulaire est responsable de l’intégralité d’un solde.
- Le compte indivis : Dans ce compte, il n’y a pas de solidarité active. Tous les co-titulaires doivent donner leurs
signatures pour engager une opération. Par la solidarité passive, chaque co-titulaire est solidairement responsable
d’un éventuel co-débiteur. De façon générale, pour faciliter le fonctionnement de ce compte, un mandataire peut
être désigné dans le cadre d’une procuration donnée par l’ensemble des co-titulaires.
Il convient de distinguer le compte à vue du compte à terme. Sur le compte à vue, l’argent déposé peut être utilisé
à tout moment par le titulaire du compte qui peut le retirer, émettre des chèques…En revanche, sur le compte à terme, l’a
- L’état civil du client (CNI) : Pour les ivoiriens non-résidents, en cas d’absence de CNI, il convient de fournir le
passeport biométrique.
- Le domicile qui se justifie par une quittance de la SODECI, de la CIE ou de la CI TELECOM. A défaut, le client doit
fournir une attestation de domicile sur l’honneur qu’il doit retirer à la banque. En tout état de cause, pour vérifier
que l’adresse est effective, la banque adresse un courrier de bienvenue après l’ouverture du compte.
- La capacité civile : Avec la pièce d’identité, la banque détermine l’âge du client et conclut s’il est mineur ou majeur.
Les mineurs émancipés ont la capacité civile et n’ont donc pas besoin d’un représentant légal pour l’ouverture de
leur compte. Il en est autrement des mineurs non-émancipés et des majeurs incapables.
- La capacité bancaire : il s’agit pour le banquier de vérifier que le client n’est pas frappé d’une interdiction bancaire.
- Les photos d’identité : (2 ou 3 photos du même tirage).
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Chaque opération bancaire constitue un article. Il mentionne la date de valeur, la nature de l’opération, son
montant au crédit ou au débit et enfin le solde provisoire.
Les créances ou les dettes du client à l’égard de la banque sont passées en compte et forment chacune un article de celui-
ci.
C’est l’entrée en (compte) qui marque l’emprise juridique de la convention de compétence sur la créance. D’autre part,
l’inscription en compte ou régularisation comptable est la traduction matérielle et postérieure de l’opération.
L’entrée en compte des créances suppose l’accord des parties. Cet accord se donne par avance lors de l’ouverture du
compte de telle sorte que les créances correspondantes entre automatiquement en compte dès leur naissance. Une fois
que les créances font leur entrée en compte, elles s’éteignent quelle que soit la position du compte. Cette entrée produit
donc un effet extinctif que le compte soit créditeur ou débiteur. L’entrée au disponible fait aussi apparaitre un article dont
la conséquence est le solde provisoire. Ainsi par exemple, lorsque le solde est créditeur, le titulaire du compte peut émettre
des chèques ou trier une traite (lettre de change), peut faire des retraits ou des virements à concurrence du solde qui
constitue la provision.
1- Le client doit envoyer une lettre recommandée à sa banque en respectant le délai de préavis fixé dans la convention
d’ouverture de compte.
2- Il revient au client de s’assurer qu’aucune opération soit au crédit soit au débit n’affectera le solde du compte.
3- Le client doit rendre tous les moyens de paiements non utilisés.
Lorsqu’un client décède, le compte est mis sous surveillance. S’il s’agit d’un compte joint, le co-titulaire peut utiliser
les comptes pour faire face à certaines dépenses liées au décès. Encore faut-il que les héritiers ne contestent pas cette
utilisation du compte. Par ailleurs, un dossier de succession est ouvert de sorte que la banque communique au notaire le
montant des avoirs détenus par le défunt.
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PARTIE 2 : LES MOYENS DE PAIEMENT LIES AU COMPTE BANCAIRE
Chapitre 1 : le chèque
SECTION 1 : Présentation
Le chèque est un écrit qui permet au tireur (celui qui émet le chèque ou le mandataire du compte) de donner l’ordre
au tiré (la banque qui tient le compte) de payer une certaine somme à un tiers (le bénéficiaire) dans la limite des avoirs
déposés chez le tiré ou dans la limite des fonds disponibles sur le compte bancaire. Le chèque se présente sous un format
papier avec une forme rectangulaire dont la dimension est de 175mm x 80mm.
(Article 45 alinéa 2)
- Le chèque ordinaire (chèque barré et non endossable) : ce chèque permet le retrait de fond ainsi que le paiement
effectué par le tireur auprès des tiers. Le barrement d’un chèque se présente sous la forme de barres obliques en
travers du chèque. Le barrement signifie que le chèque ne peut être payé que par l’intermédiaire d’un banquier.
Quant au caractère non endossable, il signifie que le bénéficiaire est le seul à pouvoir endosser le chèque. Il met
une signature au dos du chèque. En signant, le bénéficiaire reconnait ainsi que son débiteur (le tireur, émetteur du
chèque) s’est acquitté de sa dette. Ce chèque est payable en espèce au guichet.
- Le chèque non barré et endossable : ce chèque peut circuler par endos successif ou peut être remis à un autre
bénéficiaire en règlement d’une dette. Il est payable en espèces.
- Le chèque barré et endossable : ce chèque est endossable par le bénéficiaire. Celui-ci peut céder le chèque à un
de ses créanciers. En principe, ce chèque n’est pas payable en espèces. Cependant, il peut l’être s’il s’agit d’un
chèque de salaire ou d’un chèque de retrait.
- Le chèque certifié : Ce chèque permet d’apposer une formule par laquelle le banquier atteste que la provision
existe et bloque celle-ci au profit du bénéficiaire ou porteur. Ce chèque s’utilise généralement pour des transactions
importantes.
- Le chèque de retrait : il permet uniquement au tireur le retrait de fonds par le tireur auprès du tiré.
Il convient de distinguer les mentions obligatoires, les mentions facultatives et les mentions interdites. (Art 48 et
s.)
- La dénomination de chèque insérée dans le texte même du titre et exprimée dans la langue employée pour la
rédaction de ce titre. La doctrine considère que l’objectif est d’éviter toute ambiguïté sur la nature du titre.
- Le mandat pur et simple de payer une somme déterminée. C’est un ordre de payer que le tireur donne au tiré.
Autrement dit, le paiement n’est soumis à aucune condition résolutoire ou suspensive et à aucune stipulation
d’intérêts sur le chèque. La somme doit figurer sur le chèque de manière claire et précise. C’est pourquoi cette
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somme est écrite à la fois en chiffres et en lettres. Ainsi, en cas de différence entre la somme écrite en lettres et en
chiffres, le chèque ne sera payé que pour la somme écrite en lettres.
- Le nom de celui qui doit payer (le tiré).
- L’indication du lieu de paiement où le chèque est créé. L’indication de la date joue un rôle important en cas de
difficultés pour apprécier la capacité ou les pouvoirs du tireur. Elle permet aussi de déterminer le point de départ
du délai de présentation du chèque au paiement. Quant au lieu de création du chèque, l’objectif est de déterminer
la loi applicable en cas de conflits de loi. (Exception à l’article 48)
- La signature manuscrite de celui qui émet le chèque (le tireur). Outre l’identité et l’adresse du titulaire du compte
(le tireur) qui figure déjà sur le chèque sous forme imprimée, la signature du tireur doit être obligatoirement
manuscrite. Il en résulte que tout autre procédé est interdit. La signature apposée sur le chèque confirme l’ordre
de payer. Ensuite, par la signature, le tireur s’oblige au paiement du chèque même si celui-ci n’a pas été payé par
le banquier (article 59).
(Article 57) Une mention obligatoire est inexacte lorsqu’elle figure sur le chèque sans correspondre à la réalité. Ici, le titre
vaut comme chèque puisque le formalisme est respecté. Cependant, en pratique, il arrive que la date de création du chèque
et la signature du chèque soient inexacts. Dans ces 2 hypothèses, que doit faire le banquier ?
Dans l’hypothèse qui concerne l’inexactitude de la date de création du chèque (chèque postdaté ou antidaté), l’article 80
prévoit que le chèque est payable à vue et que le chèque présenté au paiement avant le jour indiqué comme date
d’émission est payable le jour de la présentation.
Dans l’hypothèse relative à la fausse signature ou à la signature non conforme, normalement, le banquier ne doit payer le
chèque s’il s’aperçoit de l’inexactitude. Sinon, il peut engager sa responsabilité pour négligence.
Une mention obligatoire est considérée comme altérée lorsqu’elle fait l’objet d’une modification matérielle après
la création du chèque (article 108).
- Le chèque payable au porteur est le chèque qui ne mentionne pas le nom du destinataire.
- La clause à ordre est une clause qui permet la transmission du chèque par la technique de l’endossement. A
l’opposé, la clause non à ordre interdit la transmission du chèque par l’endossement et permet plutôt la
transmission du chèque pour la technique de la cession de créance. Il peut arriver que les parties stipulent une
clause qui interdit tout endossement.
Le tireur est l’émetteur du chèque qui appose sa signature sur le chèque. Le tireur doit respecter les principes
suivants :
- Le consentement du tireur ne doit pas être vicié puisque lorsqu’il signe le chèque, il donne son consentement. Si
son consentement est vicié, il ne saura l’opposer au porteur de bonne foi.
- Le tireur doit avoir la capacité d’émettre un chèque : il en résulte qu’en principe un mineur ou un majeur incapable
ne peut valablement émettre un chèque. Un tel chèque sera considéré comme nul et la nullité sera opposable aux
tiers même de bonne foi.
- Le tireur doit disposer du droit ou du pouvoir de retirer les sommes déposées sur son compte bancaire. En effet,
ce droit appartient au titulaire du compte. En revanche, s’il s’agit d’un compte collectif, ce droit est fonction des
dispositions particulières figurant dans la convention de compte. Toutefois, le tireur peut perdre le droit d’émettre
des chèques si le banquier constate divers incidents pendant le fonctionnement du compte.
- La 4e règle est relative au mandat sur le chèque c’est-à-dire le chèque est émis par une personne qui n’est pas
titulaire du compte. Dans ce cas, il faut distinguer deux hypothèses :
Le mandat est conventionnel c’est-à-dire le tiers qui émet le chèque sur la base d’une procuration qui lui a été
donnée par le titulaire du compte. Dans cette hypothèse, lorsque le mandataire émet me chèque, il engage le
mandant (titulaire du compte). Le banquier devra payer le chèque si la procuration est valable et si la signature
du mandataire est conforme à la signature qui a été déposée à la banque. Toutefois, si le mandataire outrepasse
ses pouvoirs ou si ses pouvoirs ont pris fin, en principe le banquier ne doit pas payer. S’il paye le chèque malgré
ces incidents, sa responsabilité peut être également mise en jeu.
Le mandat légal : c’est le cas de la signature d’un chèque par un représentant légal d’une personne incapable
ou d’une personne morale). Le représentant légal doit signer le chèque, le représentant légal se voit appliquer
les règles qui concernent la personne représentée.
La loi bancaire ne s’applique pas en principe aux organismes de micro finance art 11.
Le tiré doit être un établissement de crédit tel que défini par la loi portant règlementation bancaire (art 2 de la loi
portant règlementation bancaire) tout titre ou tout chèque tiré par des organismes non habilités par la loi, n’est pas valable.
En principe il est interdit au tiré d’émettre ou de tirer des chèques sur lui-même, toutefois le tiré peut émettre un
chèque sur lui-même s’il s’agit de cheque tiré entre différentes agences de compte bancaire et si ce chèque n’est pas un
chèque au porteur.
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3- Les conditions tenant au bénéficiaire
Le bénéficiaire d’un chèque doit avoir la qualité requise pour recevoir le chèque c'est-à-dire qu’il doit avoir la
capacité civile. Il en résulte que le mineur non émancipé et le majeur lpable ne peuvent recevoir un chèque. Toutefois, le
mineur émancipé peut bénéficier d’un chèque, de même le mineur non émancipé peut en bénéficier si le chèque représente
un don manuel.
Même si une personne a la capacité requise pour recevoir un chèque, cette personne peut se voir interdire le bénéfice du
chèque si elle fait l’objet d’une liquidation de bien.
Le bénéficiaire du chèque devient propriétaire de la provision du chèque (le montant du chèque), il est créancier du chèque.
La provision de créance se présente comme une créance de somme d’argent du tireur du chèque sur le tiré, cette notion
renvoie aux fonds ou au solde du compte. La provision conditionne donc la création du chèque. (Art 50)
1- La constitution de la provision
En principe en cas d’absence de provision le banquier ne doit pas payer, mais il convient de prouver l’absence de
provision et la charge de la preuve revient au tireur (preuve par tout moyen).
La provision doit être suffisante pour permettre le paiement du chèque, il faut que les fonds disponibles sur le compte
permettent de payer le chèque.
2- La disposition de la provision
Le tireur doit avoir le droit de disposer de la provision par voie de chèque, ce droit repose sur la convention de
compte qui lie le banquier au client.
Toutefois, ce droit de disposer de la provision par voie de chèque, peut être retiré au tireur, lorsque par exemple,
il est frappé d’une interdiction bancaire ou judiciaire d’émettre des chèques.
- Le chèque peut être transféré par simple remise ou tradition lorsqu’il est libelle au porteur
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- par voie de cession de créance lorsqu’il est stipulé payable a une personne déterminée avec une clause non à ordre
- par voie d’endossement s’il est stipulé payable à une personne dénommée avec ou sans clause expresse à ordre
L’on va s’intéresser particulièrement à l’endossement puisqu’il est le mode de droit commun de transmission du chèque.
A- L’endossement translatif
Cet endossement existe lorsque l’endosseur (celui qui transmet le titre) le transfert en pleine propriété à l’endossataire
(la personne qui reçoit le chèque transféré).
L’endossement est généralement effectué par le tireur ou/et par le porteur du chèque (bénéficiaire du chèque). Ces 2
personnes peuvent donc être endosseurs. En revanche le tiré ne peut pas être endosseur (art 64). S’il l’est l’endossement
est nul, sauf dans le cas où le tiré a plusieurs établissements et/ ou l’endossement est fait au bénéfice d’un établissement
autre que celui sur lequel le chèque a été tiré.
L’endossement ne doit pas être partiel, autrement dit il doit porter sur le montant total du chèque et l’endossement ne
doit pas être soumis à condition.
(art 65)
Il y’a 3 effets.
Au terme de l’article 66 al 1 « l’endossement transmet tous les droits résultant du chèque et notamment la propriété
de la provision » cela signifie que l’endossataire ou le dernier porteur du chèque devient le propriétaire de la provision
équivalente au montant du chèque, les conditions de ce transfert résultent de la doctrine et de la jurisprudence, le
règlement étant silencieux à ce sujet.
Le tireur doit détenir sur le tiré une créance de somme d’argent qui correspond au de son compte bancaire, en
effet, le tireur transfert une partie ou la totalité de la créance détenu sur le banquier au premier bénéficiaire. Le premier
bénéficiaire qui est titulaire de la provision du chèque, va à son tour le transmettre à un tiers s’il endosse le chèque.
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L’endossement du chèque suppose que la provision du chèque est sortie du patrimoine du tireur ou du patrimoine de
l’endosseur pour aller dans le patrimoine du nouveau bénéficiaire ou endossataire, il y’a donc un transfert successif de la
provision du tireur au bénéficiaire puis du bénéficiaire (endosseur) à l’endossataire, les conséquences de ce transfert sont
les suivantes :
- Le décès ou l’incapacité du tireur ainsi que le décès ou l’incapacité de l’endosseur survenu après l’émission ou
l’endossement du chèque n’ont aucun effet sur le droit du porteur de la provision puisse que ce droit est né et
acquis avant ce décès ou cette incapacité. Cette règle est valable en cas d’ouverture d’une procédure collective de
l’apurement du passif contre le tireur ou l’endosseur.
- Dans l’hypothèse ou plusieurs chèques sont présentés en même temps au tiré et que les fonds disponibles dans le
compte bancaire sont insuffisants pour les régler, le banquier doit payer d’abord le chèque le plus anciennement
émis ou endossé.
b- La garantie de l’endosseur
Selon l’art 67 du règlement de l’uemoa, l’endosseur est sauf clause contraire le garant du paiement, cela signifie que si
l’endossataire ne peut pas se faire payer par le tiré, il a la possibilité de se retourner contre l’endosseur puisse que par sa
signature l’endosseur a pris l’engagement de payer et ce même si le banquier est défaillant.
Toujours selon l’art 67, l’endosseur peut interdire un nouvel endossement et dans ce cas, il n’est pas tenu a la garantie
envers les personnes auxquelles le chèque est ultérieurement endossé.
(Art 67 et 68)
Ce bénéfice revient à l’endossataire et découle de l’art 71 du règlement. En pratique cet article s’applique rarement car
souvent les chèques sont non endossables (art 68).
Le porteur legitime doit être de bonne foi s’il veut se prévaloir de l’article 71 (dans le cas où le chèque est endossable)
article 68
En effet « le détenteur d’un chèque endossable est considéré comme porteur légitime s’il justifie de son droit par une suite
interrompue d’endossement, même si le dernier endossement est en blanc. Les endossements biffés sont à cet égard
réputés non écrits ». De même le porteur est de bonne foi s’il acquiert le chèque sans porter volontairement préjudice au
débiteur poursuivit.
Les exceptions inopposables ne concernent que les rapports personnels entre tireur, tiré, porteur antérieur. A contrario,
l’inopposabilité des exceptions ne concernent pas les irrégularités de forme tel que la fausse signature, les rapports
personnels ne concernent pas non plus les incapacités.
Article 72
Cet endossement donne à l’endossataire un mandat de recouvrer le chèque, en d’autres termes, cet endossement ne
confère pas la propriété du chèque à l’endossataire.
L’endossement par procuration est un acte d’administration donc tout le monde peut en bénéficier. Les mentions
de cet endossement sont les suivantes : valeur en recouvrement ou pour encaisser ou encore par procuration, ou encore
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toute autre mention qui implique un mandat. A défaut de mention particulière, l’endossement est réputé translatif sauf
preuve contraire.
Article 72 al 2 et 3 à copier.
Le décès du mandant ou la survenue de son incapacité n’a aucune influence sur le mandat renfermé dans
l’endossement de procuration.
- La solidarité : C’est une garantie qui permet au porteur non satisfait par le tiré de se faire payer par l’un des
signataires du chèque.
- La provision : c’est le fondement du droit du porteur au paiement puisque sans provisions, le porteur ne peut être
payé.
L’aval est le cautionnement du chèque fourni par un tiers ou par les signataires du chèque à l’exception du tiré. Cette
garantie est une sureté personnelle car elle permet de garantir tout ou partie du montant du chèque (art74, 75 et 76).
L’aval suppose un formalisme strict. (Article 75) Les conditions de fond de l’aval :
b- Les effets
- Le donneur d’aval est tenu de la même manière que celui qu’il garantit. L’obligation du donneur d’aval est donc
accessoire.
- L’engagement du donneur d’aval est valable même si l’obligation garantie est nulle pour toute cause autre qu’un
vice de forme.
- Après avoir payé le chèque, le donneur d’aval (avaliste) acquiert les droits qui résultent du chèque contre celui qui
a été garanti et contre ceux qui sont tenus envers ce dernier en vertu du chèque.
2- Le visa
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Le visa « est une garantie de l’existence de la provision au moment où il est apposé sur le chèque ». Ce visa est apposé
lorsque la provision existe effectivement.
L’apposition du visa n’implique pas pour le banquier l’obligation de bloquer la provision. Cette disposition signifie que
l’apposition du visa n’est effectuée qu’à des fins d’informations.
3- La certification
C’est une technique par laquelle le banquier bloque la provision au profit du porteur jusqu’à l’expiration du délai de
présentation au paiement. La certification se fait sur demande du tireur ou du porteur du chèque. Les conditions de la
certification sont les suivantes :
Ce sont des cartes qui garantissent le paiement d’un chèque. Sur ces cartes, il convient de mentionner les seuils des
montants individuels de chèques garantis. Par ces cartes, le tiré devient caution solidaire du paiement.
A- La présentation au paiement
(Article 111 renvoie à l’article 24.2 du code du travail). Article 112 renvoie aux pays membres de l’UEMOA à chercher.
Article 81, 111 et 112 à copier
B- Le paiement du chèque
1- L’obligation de vérification du tiré
Art84, 88 alinéa 2, 115 Avant de payer le chèque, le banquier vérifie l’identité de celui qui présente le chèque. Ensuite, il
vérifie la régularité formelle du chèque.
(Art84) Lorsque la provision existe, le tiré doit payer même après l’expiration du délai de présentation. La conséquence est
que le tiré peut engager sa responsabilité vis-à-vis du porteur si celui-ci parvient à prouver que le banquier a mis du retard
pour effectuer le paiement et que ce retard lui a causé un préjudice. En outre, si la provision est insuffisante, le banquier
n’est pas tenu de payer. Il revient cependant au bénéficiaire d’exiger le paiement partiel du chèque (article 87). Le banquier
devra dans cette hypothèse, effectuer ce paiement partiel et délivrer au porteur une attestation qui prouve ce paiement
partiel.
A titre exceptionnel le banquier n’est pas obligé de payer le chèque en cas d’opposition pour les situations suivantes :
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- Perte ou vol du chèque
- Utilisation frauduleuse du chèque
- L’ouverture d’une procédure collective contre le bénéficiaire ou le porteur.
L’opposition se fait par écrit et impose au banquier de ne pas payer sauf prise de position de main levée, l’opposition
implique le blocage de la provision par le banquier.
Une fois que le tiré paie, il est valablement libéré sous réserves du respect de certaines mentions telles la conformité
de la signature du tireur, la régularité de la chaine des endossements, le paiement du chèque pose problème en cas de
saisie du compte ou de falsification de chèque.
L’objectif du protêt est de constater le non-paiement du chèque. C’est un acte établi par un notaire ou un huissier ou
toute autre personne habilitée.
b- L’exercice du recours
Le recours s’exerce soit par voie amiable soit par voie judiciaire. Le porteur a la possibilité d’agir individuellement ou
collectivement contre toutes les personnes obligées en vertu du chèque sans avoir à respecter l’ordre des signataires (art
97 al2). En outre, l’action intentée par le porteur contre l’un des obligés n’empêche par le porteur d’agir contre les autres
obligés même s’ils sont des obligés postérieurs à celui qui a été poursuivi (art 97 al3).
(Art 99-100) La personne qui effectue le remboursement du chèque dispose des prérogatives suivantes :
- Réclamer à ses garants la somme intégrale qu’il a payé ainsi que tout intérêt ou frais affectant cette somme.
- Agir individuellement ou collectivement contre ses garants sans ordre de priorité.
- Exiger la remise du chèque avec le protêt et un compte acquitté par un reçu qui justifie le paiement.
- Biffer son endossement et les endossements subséquents (postérieurs).
Le certificat de non-paiement que le tiré délivre pour attester le non-paiement du chèque. Il est délivré au porteur ou
au tiré lui-même.
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a- Le recours du porteur
- Etape 1 : l’obtention d’un certificat de non-paiement par le porteur. Pour obtenir ce certificat, il faut que le chèque
n’ait pas été payé dans un délai de 30 jours à compter de la première présentation ou si la provision n’a pas été
constitué dans le même délai.
- Etape 2 : la notification effective du certificat au tireur par un huissier. Cette notification ou signification a la valeur
d’un commandement de payer le chèque dans un délai de 15 jours à compter de la réception de cette notification.
- Etape 3 : si le paiement n’est pas effectué dans les 15 jours, l’huissier constate le non-paiement et adresse au
greffier l’acte qui constate le non-paiement du chèque. Suite à cela, le greffier délivre un titre exécutoire. C’est ce
titre qui permettra au porteur d’effectuer une saisie sur les biens du débiteur afin de se faire payer.
b- Le recours du banquier
Ce recours est subrogatoire et s’applique lorsque le banquier a payé le porteur alors que la provision est insuffisante
ou indisponible. Le tiré est alors subrogé dans les droits du porteur à l’égard du tireur.
La lettre de change se présente comme un titre par lequel une personne donne l’ordre à un tiers de payer à une
date déterminée, une somme d’argent à une autre personne qui est généralement son créancier. Trois personnes sont donc
concernées par la lettre de change :
La lettre de change est généralement utilisée dans le cadre d’une opération de crédit bancaire. En effet, pour rembourser
le crédit, le banquier fait signer des lettres de change à l’emprunteur (le tireur), titulaire du compte.
Pour que la lettre de change existe, le tireur émet un titre en tant que créancier du tiré et débiteur du bénéficiaire.
A l’apposé du chèque, la lettre de change peut être rédigée sur une simple feuille de papier dès lors que le
formalisme de l’article 149 est respecté même si en pratique, ce titre résulte de formules pré-imprimées.
2e condition de l’article : il est interdit de faire une condition sur la lettre de change. Cependant la condition est admise lorsqu’elle
n’affecte pas la nature du titre.
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4e condition L’échéance : l’indication de l’échéance se justifie par la fonction de crédit qui est assignée à la lettre de change. En
effet, il s’agit de préciser la date à laquelle le porteur va réclamer le paiement au tiré. C’est l’échéance du paiement qui va
permettre au tiré de se retourner contre le tireur. Cependant, si l’échéance n’est pas indiquée, la lettre de change est
considéré comme payable à vue (présentation de la lettre de change).
- La lettre de change peut être stipulée payable à vue donc payable dès l’instant de sa présentation au tiré par le
porteur.
- La lettre de change peut être stipulée payable à un certain délai de vue c’est-à-dire qu’elle sera payée dans un
certain délai qui court à compter de la présentation au paiement et non dès la présentation au paiement.
- La lettre de change peut être stipulée payable à un certain délai de date c’est-à-dire que le délai de paiement va
courir à compter du jour de l’émission du titre.
- La lettre de change peut être stipulée payable à une date fixe.
Il est toutefois possible de de procéder à la régularisation d’une lettre de change incomplète par les techniques suivantes :
- La technique du formalisme par équivalent qui s’appuie sur les règles de suppléance en matière de mentions
obligatoires.
- La technique du droit commercial ou du droit des affaires qui permet de sauver les actes juridiques de la nullité.
- Concernant l’auteur de la régularisation : La lettre de change régularisée a la même valeur que si elle avait été
créée régulièrement à l’origine.
- Concernant les personnes qui détiennent la lettre de change après sa régularisation : En vertu de la théorie de
l’apparence, ces personnes peuvent se prévaloir de la régularité formelle du titre sans besoin de distinguer si elles
sont de bonne ou de mauvaise foi et donc sans chercher à savoir si initialement, elles avaient eu connaissance ou
non du caractère incomplet du titre.
En cas d’inexactitude du nom, de la qualité du signataire, de la date ou du lieu de paiement, en principe, le titre
vaut lettre de change. Mais qu’en est-il du rapport entre les parties contractantes ?
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- Si les parties se sont entendues pour réaliser une telle simulation, c’est la situation réelle qui s’impose et cette
situation pourra être opposée à tout tiers porteur qui a eu connaissance de l’inexactitude.
- Si le tiers ignore la simulation et qu’il s’y trouve confronté en ayant signé la lettre de change ou en la détenant, il a
2 possibilités : soit il se prévaut des mentions portées sur le titre en tenant compte de l’apparence soit il se prévaut
de la situation réelle pour écarter l’effet normal de la mention qui existe sur le titre. (article 153)
En cas d’altération, le problème qui se pose est celui d’une modification de la lettre de change sans l’accord des parties.
Plusieurs hypothèses se présentent dans ce cas :
- S’il s’agit d’une altération du texte de la lettre de change, les signataires postérieurs à cette altération sont tenus
dans les termes du texte altéré mais les signataires antérieurs sont tenus dans les termes du texte d’origine.
- Si le signataire antérieur est complice de l’altération, les deux sont tenus dans les termes du texte altéré (article
222).
- S’il est prouvé que le porteur de la lettre de change est le complice de l’auteur de l’altération, il ne pourra réclamer
paiement à un signataire postérieur à l’altération.
Toute mention ou clause facultative est acceptée dès lors qu’elle ne porte pas atteinte à la nature de la lettre de change
à la valeur des obligations résultant du titre. Ces clauses peuvent figurer sur le titre aussi bien lors de sa création qu’au
moment de sa circulation.
- La clause de domiciliation : qui permet le paiement de la lettre de change non pas au domicile du tiré mais au
domicile d’un tiers.
- La clause contre-acceptation
- La clause contre-document
2- Les clauses qui établissent un lien apparent entre les obligations cambiaires du souscripteur
3- Les clauses qui ont pour objectif l’élargissement du cercle des débiteurs
4- Les clauses qui aménagent les conditions de circulation de la lettre de change
La signature de la lettre de change suppose que le signataire soit capable de signer et qu’il en ait le pouvoir.
Signer une lettre de change est un acte de commerce par la forme la capacité commerciale est donc requise pour signer
une lettre de change.
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1- Le cas de la signature d’une lettre de change par un mineur
Un mineur, puisqu’il n’a pas la capacité commerciale, ne peut signer une lettre de change ou l’avaliser peu importe qu’il
soit émancipé ou non-émancipé. La sanction d’une telle signature est la nullité relative puisqu’elle peut être opposée
uniquement par le mineur lui-même ou par son représentant légal au bénéficiaire même s’il est de bonne foi.
Cependant, il convient de faire des nuances à propos des solutions présentées (article 53 alinéa 1).
- Si une lettre de change est souscrite par un mineur négociant, elle est valable.
- La nullité de la signature du mineur n’entraine pas la nullité de la lettre de change ainsi que la nullité des autres
signatures qui figurent sur le titre.
- La nullité de la signature du mineur peut avoir des conséquences en matière de droit commun.
Le majeur incapable n’ayant pas la capacité commerciale ne peut émettre une lettre de change.
B- Le pouvoir du signataire
La question du pouvoir du signataire se pose lorsqu’un tiers agit pour le compte d’autrui. En effet, il convient de
distinguer le tirage par mandataire du tirage pour compte.
(Articles 153 et 154) Dans cette première hypothèse, s’appliquent les règles du mandat telles que prévues par les
articles 1998 et suivants du code civil. En effet, une personne désignée (le mandataire) va apposer sa signature sur la lettre
de change en faisant précéder cette signature d’une mention précisant qu’elle agit par procuration donnée par le mandant.
Les implications de ce type de tirage sont les suivantes :
- Le signataire effectif de la lettre de change (le mandataire) n’est pas tenu d’une obligation cambiaire. Sa signature
engage le mandant. Le mandant étant le seul débiteur de l’obligation cambiaire. Cependant, l’article 153 alinéa 3
pose une exception en vertu de laquelle s’il n’y a pas de mandat ou en cas de dépassement des pouvoirs du
mandataire, celui-ci est tenu de l’obligation cambiaire.
- Le prétendu mandataire ou le mandataire ayant excédé ses pouvoirs peut être insolvable. Dans ce cas, le porteur
dispose des options suivantes : soit l’utilisation de la théorie du mandat apparent afin que le porteur agisse
directement contre le mandant soit l’application de solutions jurisprudentielles en vertu desquelles même s’il y’a
dépassement de pouvoirs, le mandant reste tenu sur le plan cambiaire dans les limites du mandat qu’il a donné. Le
mandataire ne sera tenu que pour le surplus.
Dans ce type de tirage, la personne qui signe le titre en tant que tireur (le tireur pour compte) se présente comme le
véritable créateur de la lettre de change. Il signe en son nom sans se référer à la personne qui lui a donnée l’ordre de signer
ou de créer le titre (le donneur d’ordres). Dans cette hypothèse s’appliquent les règles du mandat sans représentation au
regard du droit commercial. Les différents rapports qui naissent du tirage au compte sont les suivants :
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- Rapport tireur pour compte et bénéficiaire : (où le cas échéant autre l’endosseur si la lettre de change a circulé).
Ici, le tireur pour compte sera personnellement tenu à l’égard du porteur et des autres endosseurs s’il y’en a. En
outre, le bénéficiaire et les endosseurs successifs ne peuvent exercer aucune action cambiaire contre le donneur
d’ordres.
- Rapport donneur d’ordres et tiré : ici, si le tiré paie la lettre de change alors qu’il n’a pas reçu la provision, il peut
se retourner contre le donneur d’ordres.
- Rapport donneur d’ordres et tireur pour compte : Dans ce rapport, le tireur pour compte est engagé dans le cadre
de la mission qui lui a été confiée et des fautes qu’il a pu commettre. Ainsi, la jurisprudence considère que le tireur
pour compte a la possibilité de se servir de la convention de tirage pour refuser de payer le donneur d’ordres.
- Rapport tireur pour compte et tiré : étant donné que l’obligation du tireur pour compte n’existe qu’envers le
bénéficiaire et les endosseurs successifs, le tireur pour compte n’a aucune obligation cambiaire envers le tiré. De
ce fait, si le tiré a payé une lettre de change sans en être le débiteur, il ne pourra en aucun cas se retourner contre
le tireur pour compte. Le seul recours dont il dispose est celui contre le donneur d’ordres.
Il est possible de transmettre la lettre de change d’un bénéficiaire à un autre sans l’accord des débiteurs. La transmission
se fait pas la technique de l’endossement qui peut être translatif ou non translatif.
Il se présente comme un endossement à titre de propriété (article 156 et s.) par lequel l’endosseur qui est le dernier
porteur de la traite en transfert la propriété à un endossataire qui va disposer de tous les droits attachés au titre.
Article 156
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Article 158 « L'endosseur est, sauf clause contraire, garant de l'acceptation et du paiement. Il peut interdire un nouvel
endossement ; dans ce cas, il n'est pas tenu à la garantie envers les personnes auxquelles la lettre est ultérieurement
endossée».
Toutefois, l’endosseur doit garantir à la fois l’existence et la solvabilité du débiteur (le tireur) en tant que garant du
paiement de la lettre de change. Mais en apposant sa signature sur le titre, l’endosseur devient un débiteur et donc un
obligé cambiaire vis-à-vis de l’endossataire et le cas échéant vis-à-vis des porteurs successifs de la traite. L’endosseur est
également tenu d’une obligation solidaire avec tous les signataires se trouvant dans la chaine des endossements.
Suite au transfert de propriété, l’endossataire devient le propriétaire de la lettre de change et donc le nouveau
bénéficiaire ou porteur. Par conséquent, il bénéficie de tous les droits qui résultent de la lettre de change et il bénéficie
de la règle de l’inopposabilité des exceptions.
Il s’agit des droits qui appartiennent à l’endosseur. Dès lors que l’endossement est valable, l’ensemble de ces droits
est transféré de l’endosseur à l’endossataire (article 157 alinéa 1er). Ces droits sont transférés au nouveau bénéficiaire après
que l’endosseur ait apposé sa signature et remis la lettre au nouveau porteur.
- L’endossataire acquiert la propriété de la provision puisque selon l’article 155 alinéa 3, « La propriété de la provision
est transmise de droit aux porteurs successifs de la lettre de change ».
Toutefois, si la lettre de change n’est pas acceptée par le tiré et n’est pas signée par celui-ci, ce tiré est fondé à
refuser le paiement. Il pourra opposer au porteur, l’absence totale ou partielle de la provision.
- L’endossataire acquiert tous les droits cambiaires qui résultent de la lettre de change et qui reposent sur toutes les
signatures apposées sur la traite. De ce fait, l’endossataire dispose d’un droit direct contre tous ceux qui ont signé
la lettre de change. Il acquiert aussi tous les accessoires qui garantissent le paiement de la traite telles les garanties
réelles ou personnelles.
« Les personnes actionnées en vertu de la lettre de change ne peuvent pas opposer au porteur les exceptions
fondées sur les rapports personnels avec le tireur ou avec les porteurs antérieurs, à moins que le porteur, en acquérant la
lettre n'ait agi sciemment au détriment du débiteur ».
- Les personnes concernées par le bénéfice : le bénéficiaire de la règle de l’inopposabilité des exceptions est
l’endossataire ou le porteur à condition qu’il soit de bonne foi. Ce porteur doit donc être légitime c’est-à-dire qu’il
doit justifier de son droit à agir en vertu d’une suite ininterrompue d’endossements et ce, même si le dernier
endossement est en blanc (article 159). La légitimité du porteur va résulter du fait que les endossements successifs
aient été effectués par des personnes habilitées.
A contrario, que faut-il entendre par porteurs de mauvaise foi ? Deux conceptions existent pour apprécier la
mauvaise foi du porteur. D’une part la conception restrictive qui s’applique lorsque la personne poursuivi n’est pas
un banquier ou un professionnel. Dans cette conception, le porteur doit être conscient du préjudice que
l’endossement cause au débiteur cambiaire en plaçant celui-ci dans l’impossibilité de se prévaloir d’un moyen de
défense ou d’une exception tirée de ses rapports avec le tireur ou un précédent endosseur. Autrement dit, le
porteur doit avoir une connaissance précise de l’exception en cause et il doit avoir su que cette exception
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subsisterait jusqu’à l’échéance de la lettre de change et serait opposée par le débiteur poursuivi. D’autre part, la
conception extensive s’applique lorsqu’un banquier en sa qualité de porteur poursuit un signataire de la lettre de
change qui est un banquier ou un professionnel. Selon cette conception, il y’a mauvaise foi en cas de simple
connaissance de l’exception au moment de l’acquisition de la traite par le banquier.
- Contre qui la règle de l’inopposabilité joue : Cette règle joue contre tout signataire de la lettre de change.
Toutefois, si cette règle joue contre le tiré accepteur, elle ne joue pas contre le tiré non accepteur. Quelques fois,
le porteur peut agir contre un signataire de la lettre de change sans pouvoir se prévaloir de la règle de
l’inopposabilité des exceptions. Cette hypothèse se présente si le porteur est en même temps tireur de la lettre de
change et veut agir contre le tiré accepteur. Il en est de même lorsque le porteur poursuit son propre endosseur.
Dans ce cas, le signataire poursuivi ne pourra opposer au porteur que les exceptions tirées de leur rapport
personnel.
- Quelles sont les exceptions concernées par l’article 160 : l’article 160 énonce les exceptions fondées sur les
rapports personnels avec le tireur. Il convient de distinguer 2 types d’exceptions :
Les exceptions relatives aux rapports entre le signataire poursuivi et le porteur qui demande le paiement :
en vertu de l’article 160, le signataire poursuivi ne peut opposer au porteur les exceptions fondées sur leurs
rapports personnels. Ceci s’applique également aux porteurs antérieurs.
Il faut distinguer les exceptions reposant sur les rapports cambiaires et les exceptions reposant sur les rapports
personnels (extra-cambiaires par la doctrine). Les exceptions reposant sur les rapports personnels ont leur
source en dehors de la lettre de change. Au contraire, les exceptions qui résultent des rapports cambiaires ont
plusieurs particularités.
1ère hypothèse : Si l’exception est liée aux mentions obligatoires, le signataire peut l’opposer au porteur
puisqu’à défaut d’une mention obligatoire, le titre ne vaut pas lettre de change.
2e hypothèse : Si l’exception est liée aux conditions de fond c’est-à-dire la capacité et les pouvoirs du signataire,
en principe, cette exception est inopposable au porteur car le vice qui affecte l’obligation cambiaire est un vice
caché qui ne peut être immédiatement découvert ou décelé par le porteur. L’inopposabilité joue également
pour le vice de consentement. Il convient de rappeler que l’obligation cambiaire ne saurait être nulle pour
incapacité du signataire.
A- L’endossement de procuration
1- Les conditions
Cet endossement doit respecter au titre des conditions de fond les mêmes que celles de la lettre de change. Au niveau
des conditions de forme, il fut la signature de l’endosseur accompagnée de l’une des mentions prévues en l’article 161
alinéa 1er. En l’absence de l’une de ses mentions, l’endossement est présumé être translatif.
2- Les effets
L’endossement de procuration suppose un mandat d’endossé. L’endossataire de procuration doit donc exécuter son
mandat selon les instructions qui lui sont données par l’endosseur en tant que mandant. Ainsi, il doit procéder au
recouvrement du montant de la traite ou faire dresser un protêt en cas de non-paiement de la lettre de change. Une fois
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les fonds reçus, il doit les reverser à l’endosseur. En vertu des règles du mandat, l’endossataire qui n’exécute pas ses
obligations ou qui les exécute mal engage sa responsabilité vis-à-vis de l’endosseur sous réserves de l’existence de clauses
limitatives de responsabilité.
(Article 161) L’endossataire de procuration pourra exercer tous les droits qui résultent de la lettre de change. Cependant,
il ne peut endosser la traite qu’à titre de procuration. L’endossataire de procuration exerce les droits de l’endosseur et non
ses propres droits. Il ne peut donc faire d’endossements translatifs. Dans ce type d’endossements, les obligés
(endossataires) « ne peuvent invoquer contre le porteur les exceptions fondées sur les rapports personnels avec
l'endosseur, à moins que le porteur, en recevant la lettre, n'ait agi sciemment au détriment du débiteur ».
B- L’endossement pignoratif
Cet endossement permet de mettre en gage une lettre de change par un porteur qui veut se procurer des fonds sans
perdre la qualité de propriétaire du titre.
A- La provision
Article 155 alinéa 2 « Il y a provision si, à l'échéance de la lettre de change, celui sur qui elle est fournie est redevable
au tireur ou à celui pour le compte de qui elle est tirée, d'une somme au moins égale au montant de la lettre de change ».
La provision de la lettre de change se présente comme la créance éventuelle du tireur contre le tiré, créance pouvant exister
à l’échéance de la traite. La provision a donc 2 aspects : c’est une créance de somme d’argent à la fois cambiaire et extra
cambiaire.
1- L’existence de la provision
Il convient de distinguer selon que la lettre de change est acceptée ou non. Si la lettre de change est acceptée, la
preuve de la provision résulte de la solution envisagée par les articles 155, 163 et 165. En effet, le tiré qui signe la lettre de
change devient débiteur d’une somme d’argent envers le bénéficiaire et le tireur.
Il arrive que bien qu’ayant signé la lettre de change, le tiré prouve qu’il n’a pas reçu de provisions puisque la
présomption de provision qui résultent des articles précités, est une présomption simple lorsqu’il s’agit des rapports tireur-
tiré. Dans cette hypothèse, le porteur donc le bénéficiaire qui veut agir contre le tiré accepteur a 2 options : soit il agit d’un
point de vue cambiaire contre le tiré en tant que signataire du titre et donc obligé cambiaire soit il agit sur le plan extra-
cambiaire contre le tiré accepteur sur la base de la créance de somme d’argent du tireur sur le tiré et non sur la base de la
signature apposée sur la traite. La créance de somme d’argent concernée est celle transmise lors de la remise de la lettre
de change. Si la lettre de change n’est pas acceptée, il revient à celui qui invoque l’existence de la provision, de la prouver
et celui qui considère la provision n’existe pas doit aussi prouver cette inexistence.
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c- Les effets de complaisance
L’effet de complaisance se présente généralement comme un titre qui vise à tromper les tiers sur la réalité des
rapports entre les différents signataires de la lettre de change. En effet, un tiré complaisant accepte qu’une lettre de change
soit tirée sur lui afin que le tireur puisse obtenir du crédit en faisant escompter la traite et le tiré accepte la proposition du
tireur car celui-ci a promis que la lettre de change ne lui sera jamais présentée à l’échéance pour paiement. C’est donc un
moyen pour le tireur d’obtenir un crédit frauduleux.
Deux conceptions des effets de complaisance existent : selon la conception large, l'effet de complaisance est un
effet qui n’est pas destiné à régler le prix d’une vente ou s’une prestation de service mais plutôt un effet par lequel, une
personne appose sa signature sur le titre pour procurer du crédit à une autre personne. En revanche dans la conception
stricte, l’effet de complaisance est un titre dont le but est de tromper les tiers sur la réalité des rapports entre les différents
signataires de la lettre de change et qui dans l’esprit de ces différents signataires ne doit pas obliger le complaisant à payer
effectivement la somme indiquée sur le titre.
L’on s’interroge de savoir si un tel effet est valable. Etant donné la rigueur du formalisme cambiaire, l’effet de
complaisance est une lettre de change valable dès lors que toutes les mentions obligatoires figurent sur le titre. Il en résulte
que le porteur de bonne foi c’est-à-dire celui qui a ignoré l’accord de complaisance ainsi que le caractère complaisant de
l’effet, a la possibilité de considérer que tous les signataires du titre sont obligés à son égard. Il en va autrement du porteur
de mauvaise foi qui ne peut se prévaloir d’un tel droit.
Si malgré le caractère complaisant, le tiré accepteur paie la lettre de change, il pourra agir en remboursement
contre le tireur complaisant.
2- La propriété de la provision
Article 155 « La propriété de la provision est transmise de droit aux porteurs successifs de la lettre de change ». De
ce principe, l’on peut retenir que le porteur de la lettre de change acquiert un droit exclusif sur la créance qui appartiendra
au tireur contre le tiré à l’échéance de la traite.
Dans cette hypothèse, le porteur a un droit exclusif et irrévocable sur la provision, que la provision soit effective ou
éventuelle. Cette solution s’explique par l’acceptation de la lettre de change par le tiré qui implique que la provision est
définitivement sortie du patrimoine du tireur.
Dans cette hypothèse, plusieurs incertitudes existent quant au droit du porteur sur la provision. Il convient de
distinguer selon que le porteur se trouve à l’échéance ou avant l’échéance de la lettre de change.
- Hypothèse 1 : Lorsque le porteur se trouve à l’échéance de la lettre de change, il dispose d’un droit exclusif et
irrévocable si la provision existe effectivement à l’échéance fixée sur la traite. De ce fait, si le tiré paie à une
personne autre que le porteur, ce paiement ne sera pas libératoire. Le tiré devra payer une seconde fois.
- Hypothèse 2 : Lorsque le porteur se trouve avant l’échéance de la lettre de change, il a en principe un droit sur la
provision mais ce droit peut être paralysé par l’inexistence de la provision qui peut-être éventuelle. Le droit du
porteur peut devenir illusoire. Face à cela, plusieurs solutions ont été proposées.
Solution n°1 : Si le porteur est le tireur, il a jusqu’à l’échéance le droit de réclamer au tiré la restitution de sa
créance.
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Solution n°2 : Le tiré peut opposer au porteur, la compensation entre la créance de provision et une créance
que ce tiré possède contre le tireur.
Solution n°3 : Les créanciers du tireur ne peuvent pas pratiquer de saisie sur la provision entre les mains du
tiré.
Solution n°4 : le porteur a la possibilité de renforcer son droit sur la provision soit en pratiquant une saisie entre
les mains du tiré, soit en adressant au tiré une défense de payer tout autre personne.
Afin que le porteur puisse garantir son droit sur la provision lorsque la lettre de change n’est pas acceptée, celui-ci
devra faire preuve de diligences et aussi devra adresser de manière systématique au tiré, une défense formelle de payer
tout autre personne.
Articles 155, 163 et 165. La lettre de change est considérée comme acceptée lorsque le tiré appose sa signature sur la
traite. Le règlement de l’UEMOA consacre l’acceptation selon l’engagement cambiaire c’est-à-dire selon l’engagement
selon la signature apposée.
1- La présentation à l’acceptation
Article 163 « La lettre de change peut être, jusqu'à l'échéance, présentée à l'acceptation du tiré au lieu de son domicile,
par le porteur ou même par un simple détenteur ». Il en résulte que la présentation de la lettre de change à l’acceptation
est facultative et non obligatoire. Il existe cependant des dérogations.
- Par une clause contre acceptation, le tireur a la possibilité d’imposer l’acceptation en fixant ou non un délai. Cette
dérogation s’applique également à tout endosseur si la lettre de change n’a pas été stipulée non acceptable par le
tireur.
- Le tireur peut interdire toute présentation de la lettre de change à l’acceptation dans plusieurs cas prévus en
l’article 163 sauf s’il s'agit d'une lettre de change payable chez un tiers ou d'une lettre de change payable dans une
localité autre que celle du domicile du tiré ou d'une lettre tirée à un certain délai de vue. Il peut aussi stipuler que
la présentation à l'acceptation ne pourra avoir lieu avant un terme indiqué.
2- Le caractère de l’acceptation
Accepter ou signer la lettre de change est facultatif pour le tiré. En effet, celui-ci lorsque la lettre de change lui est
présentée, a la possibilité d’accepter ou de refuser de signer la lettre de change. Il existe toutefois des exceptions à ce
principe.
- Si le tiré a promis « de faire bon accueil » aux traites émises par le tireur, il doit les accepter. Dans le domaine
bancaire, la pratique du bon accueil signifie que le tiré s’oblige par un contrat à accepter toutes les lettres de change
qui lui seront présentées.
- L’avant dernier alinéa de l’article 163 rend obligatoire l’acceptation de la lettre de change lorsque celle-ci « est
créée en exécution d'une convention relative à des fournitures de marchandises et passée entre commerçants, et
que le tireur a satisfait aux obligations résultant pour lui du contrat (…) dès l'expiration d'un délai conforme aux
usages normaux du commerce en matière de reconnaissance de marchandises ».
Article 165 les conditions de forme de l’acceptation résultent de l’inscription du mot « accepter » ou tout autre mot
équivalent ainsi que la signature du tiré. Il arrive que le tiré donne une acceptation par acte séparé c’est-à-dire qu’il accepte
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la lettre de change dans un document extérieur au titre. D’un point de vue cambiaire, cette acceptation n’est pas valable.
Cependant, elle engage le tiré sur le terrain du droit commun car elle a la valeur d’une promesse de paiement.
Il est également possible que la lettre de change soit acceptée par intervention (articles 210, 211 et 212). En vertu de
cette acceptation, les signataires de la lettre de change peuvent désigner une personne autre que le tiré pour accepter la
lettre de change.
Au titre des conditions de fond, celui qui signe pour accepter la lettre de change, doit avoir la capacité et le pouvoir de
faire un acte de commerce.
Dans cette hypothèse, le tiré refuse de signer la lettre de change. Il en résulte de sérieuses difficultés de paiement de
la traite à l’échéance. En cas de refus, le porteur dispose d’une possibilité pour se protéger. Il peut exercer des recours
anticipés contre tous les autres signataires de la lettre de change après avoir dressé un protêt faute d’acceptation sauf si
une stipulation expresse de la lettre de change le dispense de cette formalité. Le recours anticipé ne peut s’exercer qu’avant
l’échéance du titre.
Article 169. Selon la doctrine, l’aval est un cautionnement cambiaire par lequel une personne garantit que la lettre de
change sera payée par elle en cas de défaillance de la personne cautionnée. La personne qui donne la garantie est appelée
donneur d’aval ou avaliste et cette personne s’engage également sur le plan cambiaire puisqu’elle signe la lettre de change.
En signant la lettre de change, le donneur d’aval accomplit un acte de commerce. A ce titre, le donneur d’aval doit avoir
la capacité et le pouvoir de réaliser des actes de commerce peu importe qu’il soit un signataire (initial) de la lettre de change
ou un tiers qui n’est pas encore engagé en vertu du titre.
L’aval peut être donné pour garantir le tireur, le tiré accepteur, un endosseur ou même un autre donneur d’aval. En
revanche, l’aval ne saurait être donné pour une personne qui n’a pas signé la lettre de change, telle le tiré non accepteur
ou le porteur.
Le règlement prévoit que « l’aval doit indiquer pour le compte de qui il est donné. A défaut de cette indication, il est
réputé être donné pour le tireur ». Cette règle fait l’objet de 2 exceptions après plusieurs hésitations jurisprudentielles :
- Si l’aval est donné par acte séparé et non sur le titre, la détermination de la personne garantie peut être prouvée
par tout moyen.
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- Si l’aval est donnée sur la lettre de change sans indiquer le débiteur garanti alors que celui-ci est indiqué sur un acte
séparé, l’acte séparé prend la valeur d’un cautionnement de droit commun.
Article 169 alinéas 2 et 3 : « L'aval est donné soit sur la lettre de change ou sur une allonge, soit par acte séparé
indiquant le lieu où il est intervenu. Il est exprimé par les mots "bon pour aval" ou par toute autre formule équivalente ; il
est signé par le donneur d'aval ».
Il n’y a aucune obligation quant à l’indication de la date de l’aval ou du montant garanti par l’aval.
- La première est que l’aval par acte séparé doit mentionner le montant des sommes garanties. Ce montant doit être
déterminé et non déterminable.
- L’aval doit indiquer la durée pour laquelle l’engagement de l’avaliste est pris.
L’aval donné par acte séparé qui remplit toutes les conditions exigées a la même valeur que l’aval donné sur les lettres
de change.
En tant que caution d’un débiteur cambiaire, l’avaliste a une obligation accessoire. Ainsi, il est tenu de la même
manière que celui dont il s’est porté garant. Il résulte du cautionnement, l’application des règles de la solidarité. De ce fait,
d’une part, le porteur qui n’a pas été payé et qui poursuit l’avaliste ne peut se voir opposé par celui-ci le bénéfice de
discussion. D’autre part, puisque l’avaliste est tenu de la même manière que le débiteur garanti, il bénéficie de tous les
moyens de défense que le débiteur garanti pourrait opposer au porteur.
L’avaliste est également un obligé cambiaire en tant que signataire de la lettre de change. Dans ce cas, son
engagement est valable même si l’obligation qui la garantit est nulle pour des causes autres qu’un vice de forme (article
169).
Ici, le débiteur garanti ne peut agir contre le donneur d’aval. Cependant, une fois que l’avaliste a payé la lettre de change
à la place du débiteur garanti, il dispose d’un recours cambiaire qui lui permet d’acquérir « tous les droits résultant du titre
contre le débiteur garanti et contre ceux qui sont tenus envers ce dernier en vertu de la lettre de change ». (Article 169
dernier alinéa)
c- Les effets dans les rapports donneur d’aval et tout autre signataire de la lettre de change
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L’avaliste qui paie à la place du débiteur garanti dispose d’un recours subrogatoire contre les autres signataires su titre.
Sont uniquement concernés les signataires tenus envers le débiteur garanti en vertu de la lettre de change.
A- La présentation au paiement
Cette présentation n’est possible qu’à l’arrivée de l’échéance mentionnée sur la lettre de change. (Articles 170, 171 et
172) Le porteur est donc obligé de présenter la lettre de change pour paiement. Il existe cependant quelques exceptions à
la présentation au paiement à l’échéance.
- Une lettre de change peut être présentée au paiement avant son échéance si elle contient une clause expresse en
vertu de laquelle le tiré peut payer avant l’échéance sous déduction des intérêts.
- Il est possible de présenter la lettre de change au paiement après l’échéance lorsque l’échéance ne se situe pas à
un jour ouvrable ou encore lorsque la lettre de change est payable à jour fixe (puisque selon le règlement, la lettre
de change payable à jour fixe peut être présentée soit le jour de l’échéance soit à l’un des 2 jours ouvrables qui
suivent le jour de l’échéance.
Les conséquences de la présentation au paiement diffèrent selon qu’il s’agit du porteur et du tiré. Concernant le
porteur, il doit présenter la lettre de change au paiement. Il a la possibilité de le faire personnellement ou par un tiers. Au
moment de la présentation du titre, il doit justifier de ses droits. Autrement dit, il doit prouver qu’il est le porteur légitime.
Selon le règlement de l’UEMOA, le porteur légitime est celui qui détient le titre en vertu d’une suite ininterrompue
d’endossements. La doctrine considère cependant, que le porteur légitime est celui dont le nom figure sur le titre à la
dernière place lorsqu’il y’a des endossements ou à la place initiale du départ de la chaine lorsqu’il n’y a pas d’endossements.
Certaines difficultés peuvent de poser dans les relations du porteur légitime avec le véritable propriétaire du titre
notamment en cas d’endossements en blanc. Dans cette hypothèse, le porteur légitime devra se dessaisir de la lettre de
change au profit du vrai propriétaire s’il a acquis la traite de mauvaise foi ou s’il a commis une faute lourde en l’acquérant.
La mauvaise foi consiste en la connaissance par le porteur lors de l’acquisition du titre de la dépossession irrégulière du vrai
propriétaire. La faute lourde signifie que le porteur aurait dû savoir lors de l’acquisition de la lettre de change l’origine
suspecte de la possession de la personne qui lui a transmis le titre. Concernant le tiré, il doit payer la traite qui lui est
présentée à l’échéance.
Avant le paiement, le tiré est tenu de vérifier la régularité des différents endossements et non la signature des
endosseurs. En d’autres termes, il vérifie juste la régularité des endossements. Il procède juste à une vérification matérielle.
Il ne contrôle pas l’authenticité des signatures. Dès lors qu’il paie, il est présumé être de bonne foi et il est valablement
libéré. Si un tiers veut écarter cette présomption de bonne foi afin de se faire payer par le tiré, il devra prouver que ce tiré
a commis une fraude ou une faute lourde.
B- L’exécution du paiement
- Quel est l’objet du paiement ? La lettre de change peut être payée en espèces, par chèque ou par virement.
L’essentiel étant que le compte du porteur soit effectivement crédité.
- Quel est le montant du paiement ? Le montant est celui inscrit sur la traite. Cependant, ce paiement peut être
partiel selon l’article 175 alinéa 2 « Le porteur peut accepter un paiement partiel. En cas de paiement partiel, le tiré
peut exiger que mention de ce paiement soit faite sur la lettre et que quittance lui en soit donnée ». Le paiement
partiel va décharger de manière partielle le tiré ainsi que tout autre signataire de la lettre de change.
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2- Les effets de l’exécution du paiement
- L’exécution totale du paiement entraine la libération du tiré. Pour prouver cette libération, le tiré peut exiger que
la traite payée lui soit remise avec la mention de l’acquit porté sur le titre. Toutefois, certaines difficultés peuvent
se poser relativement à cette mention.
La lettre de change acquittée reste toutefois entre les mains du porteur. Dans cette hypothèse, la seule mention
de l’acquit porté sur le titre ne suffit pas pour prouver la libération du tiré. Il devra fournir des moyens de
preuve supplémentaires.
La lettre de change est effectivement remise au tiré mais sans la mention de l’acquit. En la matière, la solution
qui prévaut relève du droit civil. De ce fait, même en l’absence de l’acquit sur le titre, le tiré est considéré
comme libéré dès lors qu’il a entre ses mains la lettre de change. Cette présomption est simple et non
irréfragable, c’est-à-dire que le porteur peut prouver qu’il n’a reçu aucun paiement du tiré même si le titre est
aux mains du tiré sans la mention de l’acquit.
- L’exécution totale du paiement implique la fin de la vie de la lettre de change. Il en résulte qu’en principe, les
rapports cambiaires et les rapports fondamentaux s’éteignent avec le paiement. Cependant, il existe quelques
exceptions à ce principe. En effet, l’on considère que la fin de la vie du titre ne veut pas dire que la lettre de change
n’a plus de valeur juridique. Il importe que les personnes qui ont payé le titre alors qu’elles n’étaient pas les
véritables débitrices puissent exercer des recours.
De même, si le tiré paie le porteur sans avoir reçu de provisions, il peut exercer un recours contre les autres
signataires de la lettre de change puisqu’il est subrogé dans les droits du porteur.
A- L’opposition au paiement
Selon l’article 180, « Il n'est admis d'opposition au paiement qu'en cas de perte de la lettre de change ou de
procédure collective ouverte contre le porteur ».
Il est possible de faire une opposition au paiement si une procédure de règlement préventif, de redressement
judiciaire ou de liquidation des biens est ouverte contre le porteur.
La doctrine associe le régime de la perte à celui du vol de la lettre de change. Le règlement de l’UEMOA protège le
porteur qui a perdu ou s’est fait voler la lettre de change. En effet, celui-ci garde la possibilité de se faire payer. Il convient
de distinguer 2 hypothèses :
- Un exemplaire de la lettre subsiste. Même si l’exemplaire n’est pas revêtu de l’acceptation du tiré, après que le
porteur ait fait opposition, il pourra se faire payer en présentant l’exemplaire qui subsiste. Dans le cas contraire, si
l’exemplaire perdu ou volé est celui revêtu de l’acceptation, le tiré accepteur peut opposer au porteur la règle selon
laquelle il n’est véritablement libéré que s’il a reçu l’exemplaire revêtu de l’acceptation. Cependant, le porteur
pourrait quand même obtenir paiement en se servant de l’exemplaire subsistant s’il accomplit les formalités
suivantes :
Requérir du président du tribunal de commerce, une ordonnance l’autorisant à obtenir le paiement.
Fournir une caution solvable qui prend l’engagement de rembourser le tiré s’il est prouvé par la suite que le
porteur dépossédé ou volé n’est pas un porteur légitime.
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- Aucun exemplaire de la lettre de change ne subsiste. Le porteur dépossédé ou volé devra donc s’adresser à son
endosseur immédiat qui devra lui prêter son nom et ses soins pour agir envers son propre endosseur jusqu’à ce
qu’il aboutisse au tireur qui a émis la lettre de change initialement. Si le porteur n’arrive pas à reconstituer le titre,
il ne pourra obtenir paiement qu’en remplissant les formalités suivantes :
Obtenir une ordonnance du président du tribunal de commerce l’autorisant à recevoir le paiement.
Justifier par tous moyens utiles qu’il est le propriétaire de la lettre de change perdue ou volée.
Fournir une caution solvable qui va garantir le remboursement si le paiement effectué par le tiré s’avère
injustifié.
Article 185 « Le porteur peut exercer ses recours contre les endosseurs, le tireur et les autres obligés :
- dans les cas de redressement judiciaire, liquidation des biens ou faillite du tiré, accepteur ou non, de cessation de ses
paiements même non constatée par un jugement ou de saisie de ses biens demeurée infructueuse ;
- dans les cas de redressement judiciaire, liquidation des biens ou faillite du tireur d'une lettre non acceptable ».
Le protêt faute de paiement est un acte authentique qui constate le refus de paiement de la lettre de change. Ainsi, le
porteur impayé doit faire dresser un protêt faute de paiement si à l’échéance le tiré refuse de payer. Le protêt est
obligatoire sauf dans les cas suivants :
- La survenance d’un évènement de force majeur qui persiste plus de 30 jours après l’échéance et qui empêche
l’établissement du protêt.
- L’ouverture d’une procédure collective contre le tiré accepteur ou non.
- L’ouverture d’une procédure collective contre le tireur d’une lettre de change non acceptée.
SECTION 1 : Le virement
C’est une opération par laquelle un transfert de fonds ou de valeur est effectué sans déplacement matériel par la
seule inscription d’une écriture au débit d’un compte et de l’écrite corrélative au crédit d’un autre compte. Il renferme 2
aspects : d’une part, c’est jeu de mandats puisqu’il combine un mandat de payer et un mandat d’encaisser. D’autre part,
c’est un jeu d’écritures qui se compose d’une écriture de débit et d’une écriture de crédit.
Le virement suppose un transfert de fonds entre 2 comptes bancaires. Il peut être interne lorsque les 2 comptes
sont domiciliés dans la même banque. Il devient externe lorsque les 2 comptes ne sont pas domiciliés dans la même banque.
De façon générale, le virement interne est gratuit et le virement externe est payant.
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SECTION 2 : Le prélèvement (automatique)
C’est une opération de paiement qui est ordonnée par le débiteur titulaire du compte au banquier. Ce mode de
paiement est généralement utilisé pour s’acquitter de factures mensuelles.
Lorsqu’un client accepte le prélèvement automatique, il signe au préalable une autorisation qui permet au créancier
de prélever une certaine somme à une date fixée et selon une périodicité définie. L’autorisation de paiement s’accompagne
d’un relevé d’identité bancaire (RIB). Le prélèvement peut être révoqué à tout moment par le client titulaire du compte. Le
client peut aussi faire opposition au prélèvement. Dans tous les cas, si la provision est insuffisante, le prélèvement est rejeté
automatiquement.
Le TIP est également utilisé pour régler des factures. C’est un ordre de virement à échéance, c’est-à-dire que le
transfert des fonds ne se réalise qu’à la date d’échéance. La procédure du TIP est la suivante :
- Le débiteur (titulaire du compte) reçoit le TIP à lui adressée par son créancier accompagné de la facture
correspondante.
- Le titulaire du compte signe le TIP. Il l’adresse ensuite à un centre désigné par le créancier, centre ayant reçu un
agrément.
- Le centre de traitement procède à la lecture optique des lignes d’identification. Il fait l’enregistrement qui sera
présenté à un ordinateur de compensation.
- La banque du créancier reçoit un virement par l’intermédiaire de l’ordinateur de compensation et donc le compte
bancaire du débiteur est débité.
La carte bancaire se présente sous la forme d’un rectangle de plastique rigide qui comporte :
- Au recto : le nom de la carte, le numéro de la carte, la période de validité, le nom de la banque qui a délivré la carte,
le nom du titulaire de la carte et enfin la puce électronique.
- Au verso : une bande magnétique, un spécimen de la signature du titulaire de la carte et enfin, un nombre à 3
chiffres qui se trouve au sein du cryptogramme visuel et dont le but est d’assurer une sécurité supplémentaire pour
les achats à distance.
Le titulaire de la carte reçoit un code secret qu’il sera le seul à connaitre. Il devra composer ce code pour effectuer des
retraits d’espèce dans un distributeur de la banque ou pour faire des achats chez un commerçant.
NB : La carte demeure la propriété de la banque puisque la banque a le droit de la retirer en cas de difficultés.
A- La carte de retrait
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C’est une carte qui permet exclusivement à son titulaire de retirer des fonds. Elle ne sert qu’à retirer de l’argent au
distributeur de la banque.
B- La carte de paiement
C’est une carte qui permet à son titulaire de retirer ou de virer des fonds.
- Les cartes de paiement à débit immédiat : ce type de cartes permet de retirer de l’argent et d’effectuer des
paiements. Les sommes qui correspondent au retrait et au paiement sont débitées immédiatement du compte
après chaque opération.
- Les cartes de paiement à débit différé : pour ce type de cartes, les sommes qui correspondent au retrait et au
paiement sont débités une fois par mois.
C- La carte de crédit
L’utilisation de cette carte permet d’octroyer un crédit lorsqu’il y’a un décalage dans le temps entre le moment où
l’ordre est donné par le titulaire de la carte et le moment où son compte sera débité. Le délai est convenu entre le titulaire
de la carte et la banque.
Selon l’article 1er, la monnaie électronique est « une valeur monétaire représentant une créance sur l’émetteur qui
est stockée sur un support électronique ou sur un support de même nature, émise contre la remise de fonds d’un montant
dont la valeur n’est pas inférieure à la valeur monétaire émise et acceptée comme moyen de paiement par des entreprises
autres que l’émetteur ». La monnaie électronique se compose de 2 types de moyens de paiement :
- Le télépaiement ou paiement électronique : article 131 et s. qui désigne les paiements dont les ordres sont
transmis par des moyens informatiques.
- Le porte-monnaie électronique : c’est un moyen de paiement original qui repose sur le principe d’un élargissement
de l’utilisation de la carte prépayée. En effet, moyennant paiement d’une somme d’argent, l’émetteur charge sur
le porte-monnaie électronique du titulaire des unités électroniques. Ensuite, le titulaire initie le paiement en
transférant les unités de son porte-monnaie électronique au système informatique du bénéficiaire qui peut être le
commerçant ou un fournisseur de biens ou de services et ce dernier réclame à l’émetteur une somme
correspondant au nombre d’unités qui lui ont été transmises.
Ces moyens de paiement reposent sur le virement électronique (articles 131 et 132). Le virement électronique est
défini par le règlement comme « une série d’opérations commençant par l’ordre de paiement du donneur d’ordres effectué
par des moyens ou procédés électroniques de paiement dans le but de mettre des fonds à la disposition d’un bénéficiaire. Il
peut notamment être effectué au moyen d’une carte bancaire, d’un porte-monnaie électronique ou par le procédé du
télépaiement ou de tout autre mode électronique de paiement ».
- L’organisme financier expéditeur aussi appelé l’émetteur : le terme expéditeur peut désigner la banque
expéditrice qui reçoit l’ordre de paiement.
- L’organisme financier récepteur (l’acceptant) : c’est la personne qui est censée recevoir le message de données
ainsi que le paiement qui doit y faire suite.
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Deux autres personnes sont concernées par le virement électronique :
- Le titulaire du compte (l’expéditeur ou l’émetteur) : c’est la personne qui émet l’ordre de paiement et au nom de
qui le virement est opéré.
- Le bénéficiaire de l’ordre de virement ou le destinataire : c’est la personne désignée dans un ordre de paiement
pour recevoir des fonds.
La mise en circulation d’une carte bancaire suppose une convention entre l’organisme émetteur (l’organisme
financier ou un prestataire de services de paiement) et le titulaire de la carte qui la reçoit pour en faire l’utilisation prévue
au contrat. Le titulaire ne peut se voir délivrer une carte qu’à sa demande expresse. La carte peut être délivrée au titulaire
du compte ou à son mandataire. Le contrat de carte bancaire se présente sous la forme d’un écrit pré-rédigé c’est-à-dire
un formulaire standard que le titulaire doit signer sans possibilité de changer une seule clause.
Si en principe le contrat peut être résilié à tout moment par l’organisme financier, en pratique la résiliation se
justifie par les faits suivants :
L’émission et l’utilisation de la monnaie électronique supposent un contrat entre l’émetteur (l’organisme financier et
la société prestataire de services de paiement) et le détenteur de monnaie (le client).
S’il s’agit de la carte, l’émetteur doit assurer au titulaire, les différents services prévus au contrat notamment le
paiement et la remise de billets. L’émetteur est tenu au secret concernant les opérations effectuées.
S’il s’agit de la monnaie électronique, les organismes émetteurs sont tenus d’une obligation d’information générale
qui consiste à porter à la connaissance de la clientèle et du public, les conditions générales qu’ils pratiquent pour les
opérations qu’ils effectuent. Cette information se donne avant la conclusion du contrat et porte notamment sur le
remboursement des unités de monnaie électronique.
Le titulaire doit utiliser personnellement sa carte d’où l’exigence de sa signature car à défaut de signature, le tiers
qui détient cette carte peut se faire octroyer des chèques de dépannage. Il est interdit de céder la carte puisqu’elle reste la
propriété de l’établissement émetteur. Le titulaire paie une cotisation annuelle par prélèvements automatiques sur son
compte bancaire afin de bénéficier de la carte. Le code personnel étant confidentiel, le titulaire doit prendre toutes les
mesures nécessaires pour assurer la sécurité du code et ne pas le communiquer à qui que ce soit.
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Les paiements par carte bancaire ou par monnaie électronique se fondent sur un contrat fournisseur qui lie les
commerçants et les organismes émetteurs. Après avoir passé un contrat avec l’organisme émetteur, le fournisseur (le
commerçant) doit adhérer au système de paiement et donc doit l’accepter afin de recevoir les paiements par virements
électroniques.
(Article 137 et 138) Les organismes émetteurs doivent informer les utilisateurs de cartes bancaires et de monnaie
électronique des conditions d’utilisation de ces moyens de paiement ainsi que des sanctions encourues en cas d’utilisation
abusive.
Les organismes émetteurs doivent avant de délivrer une carte bancaire, s’assurer que le demandeur n’a pas fait
l’objet d’une décision de retrait de carte, d’une mesure d’interdiction bancaire ou judiciaire d’émettre des chèques ou d’une
condamnation au titre des infractions de l’article 143 du règlement. Cette vérification ne s’applique pas au porte-monnaie
électronique.
Celui qui fait l’objet d’une interdiction bancaire ou judiciaire d’émettre des chèques, ne peut se voir délivrer qu’une
carte de retrait utilisable uniquement dans les guichets de l’établissement émetteur aussi longtemps que la mesure
d’interdiction n’aura pas été levée.
Un fichier qui recense les décisions de retrait de cartes de paiement et les oppositions pour cartes et portemonnaies
électroniques perdues ou volées existent auprès de la banque centrale.
Une obligation est imposée au commerçant personne physique ou morale afin de permettre aux clients de
composer leurs codes confidentiels dans une installation qui se trouve à l’abri des regards indiscrets.
(Articles 133 et 142) Au niveau de l’ordre de paiement, il est en principe irrévocable et il lie son expéditeur ou
l’émetteur. Cependant, l’expéditeur ou l’émetteur n’est pas lié s’il prouve qu’il n’est pas à l’origine de l’ordre de paiement
donné par transmission de messages de données. Mais il est lié si par sa faute, l’émetteur a eu accès aux informations
permettant l’émission de l’ordre de paiement. Malgré le caractère irrévocable de l’ordre de paiement, il peut être fait
opposition au paiement en cas de perte, de vol ou d’utilisation frauduleuse de la carte bancaire ou du porte-monnaie
électronique. Il en est de même en cas d’ouverture d’une procédure collective contre le bénéficiaire.
(Article 143, 145) Les infractions en matière de carte bancaire sont les suivants :
- L’appropriation frauduleuse d’une carte bancaire ou de tout autre instrument électronique de paiement
- La contrefaçon ou la falsification d’une carte bancaire ou de tout autre instrument électronique de paiement
- Le fait d’user sciemment ou de tenter d’user sciemment d’une carte bancaire ou de tout autre instrument électronique
de paiement ayant fait l’objet de contrefaçon, de falsification ou ayant été obtenu frauduleusement
- Le fait d’utiliser sciemment une carte bancaire après son expiration ou après une opposition pour perte ou pour vol
- Le fait d’utiliser sciemment une carte bancaire malgré une injonction de restitution
- L’utilisation sans autorisation et en connaissance de cause des données d’identification pour le lancement ou le
traitement d’une opération de paiement électronique
- Le fait d’utiliser sciemment des données d’identification fictives pour le lancement ou le traitement d’une opération
de paiement électronique
- La manipulation des données ou des informations relatives au compte
- La transmission sans autorisation de données d’identification
- La détention sans autorisation d’un instrument de paiement électronique
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- La fabrication, la manipulation, la détention ou l’utilisation sans autorisation d’un équipement spécifique pour
altérer un paiement électronique ou pour modifier ce paiement
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