Magnétostatique
Magnétostatique
Partie 2: Magnétostatique
Khadija El Anouz
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[email protected]
1 Le champ magnétique
Introduction & Historique
Expression du champ magnétique
Propriétés de symétrie du champ magnétique
Calcul du champ magnétique dans quelques cas simples
4 Induction électromagnétisme
Les lois de l’induction
Induction mutuelle et auto-induction
~
~B(M) = µ0 q~v ∧ PM ,
4π |PM|~ 3
tel que µ0 = 1/(0 c2 ). L’unité du champ magnétique dans le système
international est Tesla(T). Une autre unité appartenant est le Gauss, tel que
1Gauss = 10−4 Teslaest également utilisée. Le facteur µ0 est la perméabilité du
vide: il décrit la capacité du vide à "laisser passer“ le champ magnétique. Sa
valeur dans le système d’unité international est µ0 = 4π10−7 H.m−1 (H est
appelé Henry).
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2-Champ magnétique créé par un ensemble de charges en mouvement
Considérons N particules de charges qi situés en des points Pi et de vitesse ~vi .
En vertu du principe de superposition, le camp magnétique créé en un point M
est la somme vectorielle des champs créés par chaque particule et vaut
N
~B(M) = µ0
X qi~vi ∧ P~i M
.
4π |P~i M|3
i=1
Z ~
dq~v ∧ PM
~B(M) = µ0 ,
4π V ~
|PM| 3
tel que l’intégrale porte sur le volume V total embrassé par ces charges.
L’expression du champ magnétique créé par une distribution volumique de
charges quelconque est donc:
Z Z Z ~ ~
~B(M) = µ0 j(P) ∧ PM
dV,
4π ~
|PM| 3
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3-Champ créé par un circuit électrique (formule de Biot et Savart)
Dans le cas particulier d’un circuit filiforme fermé, parcouru par un courant
permanent I, la formule précédente va nous fournir la loi de Biot et Savart. Dans
ce cas, le volume élémentaire s’écrit dV = dSdl, tel que dS est un élément de
surface transverse situé en P et dl un élément de longueur du fil.
• Dans l’utilisation de la formule de Biot et Savart, il faut faire attention au fait que le
champ magnétique créé par un circuit est la somme vectorielle de tous les dB, ~
engendrées par un élément de circuit, tel que:
~ ∧ PM
µ0 I d` ~
d~B(M) = ,
4π |PM|3~
or chaque d~B est défini par un produit vectoriel. Donc il faut faire extrêmement
attention à l’orientation des circuits. Voici quelques règles à suivre:
~ est orienté dans le sens de I.
• Le vecteur d`
• Le champ total produit en un point M est ~B(M) = C d~B(M).
R
~ PM).
• Direction: Le champ produit est orthogonal au plan défini par (d`, ~
~ PM,
• Sens: d`, ~
~ dB(M) forment un trièdre direct.
0 0
• Plan d’antisymétrie Π : si S admet un plan d’antisymétrie Π , alors en tout
0
point de ce plan, alors ~B ∈ Π .
µ0 I
Z P2 ~
PM
d~B(M) = d~
`∧ . (1)
4π P1 ~
|PM|3
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Compte tenu de la symétrie, on utilise des coordonnées cylindriques avec
~ = z~uz et on a:
OP
~ = dz~uz , PM
d` ~ = −z~uz + ρ~uρ ,
Avec ces coordonnées on trouve:
~ ∧ PM
d` ~ = dz~uz ∧ (−z~uz ρ~uρ ) = dzρ~uφ . (2)
~ = z = ρ tan α, ~ = ρ
|OP| PM ≡ |PM| .
cos α
On trouve dz en prenant la différentielle de z = ρ tan α:
sin2 α ρ
dz = ρd(tan α) = ρ(1 + )dα = dα. (3)
cos2 α cos2 α
Mettant les relations dans les équations (2) et (3) dans (1), on obtient:
µ0 I z2 d`
Z ~ ∧ PM~ µ0 I z2 dzρ
Z
d~B = =
4π z1 PM3 4π z1 PM3
Z α2
µ0 I
= cos αdα~eφ
4πρ α1
µ0 I
= (sin α2 − sin α1 )~eφ . (4)
4πρ
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On peut également exprimer le résultat en fonction de z en utilisant
sin α = z/(z2 + ρ2 )1/2 comme suit:
~B = µ0 I ( z2
− 2
z1
)~eφ . (5)
4πρ (z22 + ρ2 )1/2 (z1 + ρ2 )1/2
~B = µ0 I ~eφ
4πρ
La densité de courant est considérer invariant par rotation autour de l’axe z c-à-d
~j(ρ, φ, z) = j(ρ, z)~eφ . Par conséquent, le champ magnétique est exprimé comme
suit:
~B(ρ, φ, z) = Bρ (ρ, z)~eρ + Bz (ρ, z)~ez .
Sur l’axe z, la composante radiale du champ doit s’annuler à cause de la
symétrie du système et nous n’avons qu’à calculer la composante selon ~ez . En
projetant la loi de Biot et Savart sur l’axe Oz on obtient la composate dBz produit
par un élément d` ~ = dOP~eφ du circuit:
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3 3
~ ~ez = |d~B| sin α = µ0 I dOP sin α = µ0 I dOP sin α = µ0 I dOP sin αdφ ,
dBz = dB.
4π PM2 4π R2 4π R
tel que nous avons utilisé: d` = dOP = Rdφ, PM = R/ sin α. En intégrant les
composantes dBz sur toute le circuit, on obtient:
~ ∧ PM
~ µ0 I sin3 α 2π µ0 I sin3 α
I Z
µ0 I d`
Bz = .~ez = dφ = .
4π spire ~ 3
|PM| 4π R 0 2 R
0 0 0
Autour d’un point P situé en z sur une épaisseur dOP = dz , il y a ndz spires.
Ces spires créent donc un champ en un point M (OM=z) quelconque de l’axe,
0
µ0 nIdz
dBz (z) = sin3 α.
2R
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0 0
L’angle α est reliée à z et z par cotα = z−z
R
. Si on prend la différentielle de cette
expression, on obtient:
0 cos α cos2 α R
dz = −Rd( ) = −R(−1 − )dα = dα.
sin α sin2 α sin2 α
Le champ magnétique total s’écrit donc,
µ0 nI α2
Z
µ0 nI
Bz = sin αdα = (cos α1 − cos α2 ).
2 α1 2
~B = µ0 nI~ez ,
tel que on se rappelle que n = N/` correspond au nombre de spires par unité de
longueur.
Z Z Z Z
φS (~B) = ~ =
~B.dS ~B.~ndS,
La densité de courant ~J est uniforme (~J est indépendant de ~r (c-à-d x, y,z) et de t ). Alors:
Z Z Z ~ ~J ∧ ~r
J ∧ ~r
Z Z Z
µ0 µ0
div~B(M) = div( 3
dV) = div( 3 dV).
4π V r 4π V r
L’opérateur "div" s’applique à ~r et non pas à ~J. Or d’après: div(~u ∧ u~0 ) = −~u.rot
~ u~0 + u~0 .rot
~ ~u.
Donc:
~ ~
~ r ) + r rot(
Z Z Z
µ0
div~B(M) = [−~Jrot( 3
~ ~J)]dV.
4π V r r3
~ 1 ) = − ~r =⇒ rot(
On a: grad( ~ ~r3 ) = −rot( ~ 1 ) = 0. Donc
~ grad(
r 3 r r r
div~B = 0.
C’est la forme locale (différentielle) de la conservation du flux de ~B .
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Forme intégrale de la conservation du flux magnétique
Nous avons vu que la loi de Biot et Savart prédit que le champ ~B créé par un fil
infini en un point M(r, φ, z) s’écrit en coordonnées cylindriques:
~B = µ0 I ~eφ .
2πρ
Considérons maintenant une courbe fermée quelconque C. Un déplacement
~ = dρ~eρ + ρdφ~eφ + dz~ez , La
élémentaire le long de cette courbe s’écrit: d`
~
circulation de B sur la courbe fermée C vaut alors:
I I
~ = µ0 I
~B.dl dφ
2π
Théorème
La circulation de ~B le long d’une courbe C quelconque, orientée et fermée, appelée contour
d’ampère, est égale à µ0 fois la somme algébrique des courants enlacées par le contour
(c-à-d le flux du courant traversent une surface ouverte délimitée par C)
I
~ =µ I
~B.d` 0 enl
il n’y a pas de champ dans la direction ~er à cause du fait que z = cste est un plan
de symétrie pour un solénoïde infini. On choisit trois contours d’Ampère, chacun
en forme de rectangle de longueur arbitraire l et aux arrêts (A,B,C,D):
avec n est le nombre de spires par unité de longueur et I est le courant dans
chaque spire.
Potentiel vecteur
En guise de résumé voici des conseils sur les méthodes à employer pour
calculer le champ magnétique:
• La formule de Biot et Savart: elle n’est pratique que lorsqu’on sait calculer
~ crées par tous les éléments du circuit
l’addition vectorielle des champs dB
(souvent des circuits filiformes).
• Le théorème d’Ampère: il faut etre capable de calculer la circulation du
champ sur un contour choisi. Cela nécessite donc un symétrie relativement
simple des courants.
• Le potentiel vecteur: on calcule le potentiel vecteur ~A par une méthode qui
rassemble à celle du calcul du potentiel scalaire en électrostatique.
Néanmoins, il faut calculer ses trois composantes dans une région donnée
~ ~A afin d’obtenir ~B.
et ensuite pouvoir calculer rot
Dans tous les cas, il faut prendre en compte les propriétés de symétrie de la
densité de courant.
Définition
Soit une spire plane de forme quelconque, de centre d’inertie O, parcourue par un courant
permanent I.
0 0
~
avec: ~r = OM, ~
~r = PM, ~ = ~r − ~r , r̂ = ~r
~ = OP
ρ r
Le champ magnétique créé par une spire de courant (dipôle magnétique m
~ = ISn̂) est
définit par:
~ m ~ .r̂
~B(~r) = − µ0 grad( )
4π r2
On a vu que le champ magnétique peut être créé par un circuit électrique, or le courant
circulant dans un circuit est du au déplacement de particules chargées. Nous prendrons
donc le parti ici de poser l’expression de la force magnétique s’exerçant sur une particule
puis de de montrer comment s’exprime cette force sur un circuit. Historiquement, c’est la
force de Laplace qui a été mise en évidence la première, la force de Lorentz n’est venue
que bien plus tard.
La force de Lorentz: La force totale, électrique et magnétique (on dit électromagnétique)
subie par une particule de charge q et de vitesse ~v est l’équation de Lorentz suivant:
~F = q(~E + ~v ∧ ~B).
On appelle cette force la force de Lorentz que l’on peut la mettre sous la forme:
~F = ~Fe + ~Fm ,
tel que: ~Fe = q~E, ~Fm = q~v ∧ ~B sont la composante électrique et la composante
magnétique, respectivement. La composante magnétique de la force de Lorentz et parfois
appelée force magnétique.
La force de Laplace
Nous avons vu que la force subie par une particule chargée en mouvement dans un
champ magnétique est la force de Lorentz qui s’écrit ~F = q(~E + ~v ∧ ~B). Considérons un
milieu comportant α espèces différentes de particule chargées, chaque espèce ayant une
densité volumique nα et une vitesse ~vα . Ces divers porteurs de charges sont donc
responsables d’une densité locale de courant
X
~j = nα qα~vα .
α
Par ailleurs, chaque particule étant soumise à la forcePde Lorentz, qui définit la force
s’exerçant sur un élément de volume dV comportant α nα~vα particules s’écrit:
d~3 F =
X
nα qα (~E + ~vα ∧ ~B)dV.
α
On voit donc apparaître une force due au champ électrique. Ce pendant, si le volume
élémentaire que l’on considère est suffisamment grand pour que s’y trouve un grand
nombre de particules et si le conducteur est électriquement neutre, on doit avoir
α nα qα = 0, ce qui annule la force électrique. On obtient alors
P
Le théorème de Maxwell
Un circuit électrique parcouru par un courant produit un champ magnétique engendrant
une force de Laplace sur un deuxième circuit, si celui-ci est lui même parcouru par un
courant. Chaque circuit agit sur l’autre, ce qui signifie qu’il y a une énergie d’origine
magnétique mise en jeu lors de cette interaction. D’une façon générale, un circuit parcouru
par un courant permanent placé dans un champ magnétique ambiant possède une
énergie potentielle d’interaction magnétique.
Considérons un élément d` ~ d’un circuit filiforme, orienté dans la direction du courant I. Cet
élément subit une force de Laplace dF ~ . Pour déplacer le circuit d’une quantité dr,~ cette
L
force doit fournir un travail
d2 WL = dF~ .dr
L
~ = I(d`
~ ∧ ~B).dr
~ = I(dr ~ ~B = IdSc n̂.~B ≡ Id2 φc ,
~ ∧ d`).
Théorème de Maxwell:
Le déplacement d’un circuit électrique fermé dans un champ magnétique extérieur
engendre un travail des forces magnétiques égal au produit du courant traversant le
circuit par le flux coupé par celui-ci lors de son déplacement.
Remarque:
Le nom de flux coupé provient de notre représentation du champ magnétique
sous forme de lignes de champ. Lors du déplacement du circuit, celui-ci va en
effet passer à travers ces lignes donc les "couper". La notion de flux coupé est
très importante car elle permet parfois de simplifier considérablement les
calculs.
L’existence d’une énergie potentielle se traduit par une action possible. Ainsi la
H ~
résultante ~FL = dF L des forces magnétiques exercées sur le circuit est donnée
par
3 3
X ∂Um ~ =−
X
dUm = dxi = −dWL = −~FL .dr Fi dxi ,
∂xi
i=1 i=1
tel que les dxi mesurent les déplacements (translations) dans les trois directions
de l’espace par rapport au centre d’inertie du circuit (là où s’applique la force
magnétique). On obtient ainsi l’expression générale de la force de Laplace
agissant sur un circuit parcouru par un courant permanent, c-à-d,
∂Um
Fi = ,
∂xi
ou bien sous forme vectorielle,
~ m = Igradφ.
~FL = −gradU ~
Loi de Faraday
La variation temporelle du flux magnétique à travers un circuit fermé y engendre une force
électromotrice induite
dφ
e=− .
dt
~ =−1 ~ ~Bs = − 1
I I I
e= (~Es + ~vfil ∧ ~Bs ).dl (~vfil dt ∧ dl). dSc n̂.~Bs ,
circuit dt circuit dt circuit
tel que dSc n̂ est la surface orientée élémentaire décrite lors du déplacement du
circuit. On reconnait alors l’expression di flux coupé à travers cette surface
élémentaire. On a donc
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1
I
dφc dφ
e=− d 2 φc = − =− .
dt circuit dt dt
L’expression ci dessus de la force électromotrice induite reste valable pour un
circuit déformé et/ou déplacé dans un champ magnétique statique. Le premier
terme décrit la circulation non nulle d’un champ électromoteur, associé à la
variation temporelle du champ magnétique, tandis que le deuxième terme décrit
la présence d’un flux coupé au déplacement du circuit et /ou sa déformation.
La loi de Lenz
Enoncé: l’induction produit des effets qui s’opposent aux causes qui lui ont donné
naissance
Cette loi est, comme la règle du flux maximum, déjà contenue dans les
équations et donc n’apporte rien de plus, hormis une intuition des phénomènes
physiques, En l’occurrence, la "loi de Lenz" n’est que l’expression du signe "-"
contenu dans la loi de Faraday.
Le premier créé un champ magnétique ~B1 dont on peut calculer le flux φ12 à
travers le deuxième circuits,
Z Z Z Z I ~ ~
~ 2 = ( µ0
~B1 .dS dl1 ∧ PM ~ 2 )I1 ,
φ12 = .dS
4π ~ 3
S2 C1 |PM|
φ12 = M12 I1 ,
φ21 = M21 I2 .
Cette constante d’intégration doit etre nulle puisque, si on éloigne les circuits l’un
de l’autre à l’infini, l’interaction tend vers zéro et donc les inductances s’annulent.