EVALUATION DES
RESSOURCES ET CALCUL DES
RESERVES
Ass. FATAKI F. Cynthia
PLAN DU COURS
1. Introduction
2. Classification des ressources et réserves
3. Paramètres fondamentaux pour l’évaluation d’un gisement
4. Estimation des réserves
I. INTRODUCTION
1. Objectifs du cours
Ce cours est adressé aux étudiants pour leur permettre d’avoir des connaissances sur la
classification des ressources minières, les facteurs fondamentaux qui guident
l’évaluation des ressources et les différentes méthodes utilisées pour l’estimation des
réserves.
Ainsi, ils pourront:
• Comprendre le fonctionnement des méthodes conventionnelles d'estimation encore
en usage en mines : polygone, triangle, inverse de la distance;
• Être capable d’utiliser les méthodes conventionnelles d’estimation sur des cas simples;
• Expliquer les forces et les faiblesses de chaque méthode d'estimation;
• Comprendre l’importance et l’utilisation des méthodes géostatistiques sur des cas plus
complexes.
[Link]
Un gisement est défini comme étant une concentration minérale valorisable
contenant un volume quantifiable de substances utiles dans les limites définies
Les ressources minérales sont des matériaux ou des produits présents naturellement
dans la croute terrestre, sous une forme, une quantité et une concentration telles
qu'il existe des perspectives raisonnables d'extraction économique éventuelle.
L'emplacement, la quantité, la teneur, la continuité et les autres caractéristiques
géologiques d'une ressource minérale sont connus, estimés ou interprétés à partir de
preuves et de connaissances géologiques spécifiques, y compris l'échantillonnage.
L’élément de valeur est souvent dispersé, son exploitation n’est possible que lorsque
sa teneur, grâce à un processus d’enrichissement permet d’atteindre une
concentration économiquement rentable
[Link]
Dans le cas des substances solides, la valorisation et/ou
évaluation fait appel aux mesures de volumes et de poids
intégrant souvent les densités des minéraux de stérile et des
minéraux utiles contenus. Elle fixe un seuil pondéral
d’exploitabilité appelé « teneur de coupure ou cut-off grade ».
La substance utile est donc valorisée en termes de
pourcentage du poids ou du volume total des produits à
exploiter, appelés dès lors minerais.
[Link]
Ainsi, Quel que soit le gisement considéré et la phase de son
développement, des questions ci-après reviennent :
• Quel est le potentiel de ce gisement ?
• Quelle quantité de métal peut-on récupérer ( économiquement et
techniquement)?
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
• L’estimation d’un gisement revient à calculer le minerai et le métal
qu’il contient. Elle se fait à partir de d’un modèle de blocs, elle est
basée sur une interprétation géologique et nécessite un traitement
statistique des données.
• Ces valeurs correspondent au potentiel maximal du gisement : ce
sont les ressources.
• L’ensemble des ressources n’est pas exploitable à 100 % du fait de
leur répartition et des caractéristiques de l’exploitation minière
envisagée (pente de mine à ciel ouvert, piliers en mine souterraine,
coût du traitement, etc.)
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
• L’intégration des critères économiques, techniques (pentes de fosse,
largeur de galerie, etc.), ainsi que juridiques, environnementaux,
sociaux et gouvernementaux dans les calculs permet de calculer la
partie exploitable des ressources : ce sont les réserves.
• Ces dernières correspondent aux parties des ressources mesurées
et/ou Indiquées, techniquement et économiquement exploitables, où
la vente du métal récupéré excède les frais d’exploitation.
• Elles doivent être démontrées par une étude de préfaisabilité et/ou
une étude de faisabilité.
• Les études démontrent que, au moment de la déclaration, l'extraction
peut être raisonnablement justifiée.
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
• Les ressources et réserves sont avant tout des estimations,
portant une part d’interprétation et d’incertitude statistique.
Ces estimations ne sont pas déterminées avec le même
degré de confiance suivant la quantité et qualité de
l’information acquise sur le gisement:
➢ La maille de sondage
➢ La teneur (répartition spatiale)
➢ La forme,…
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
• Ressource minérale Présumée: partie d'une ressource minérale dont la quantité et la
teneur sont estimées sur la base de preuves géologiques et d'échantillonnages limités. Les
preuves géologiques sont suffisantes pour impliquer, mais non pour vérifier la continuité
géologique et la teneur.
• Ressource minérale Indiquée partie d'une ressource minérale pour laquelle la quantité, la
teneur, les densités, la forme et les caractéristiques physiques sont estimées avec
suffisamment de confiance pour permettre l'application de facteurs de modification de
façon suffisamment détaillée pour soutenir la planification de la mine et l'évaluation de la
viabilité économique du gisement.
• Ressource minérale Mesurée : partie d'une ressource minérale pour laquelle la quantité, la
teneur, les densités, la forme et les caractéristiques physiques sont estimées avec
suffisamment de confiance pour permettre l'application de facteurs modificateurs afin de
soutenir la planification détaillée de la mine et l'évaluation finale de la viabilité
économique du gisement.
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
• Réserves probables : Ressources dont la continuité géologique , la
géométrie, la densité, la teneur et les facteurs économiques et
techniques sont assez bien connus.
• Réserves prouvées : Ressource dont la teneur, la géométrie, les
facteurs économiques et techniques sont bien établis à un haut
niveau de confiance.
[Link] DES RESSOURCES ET
RESERVES
Les divergences et déconvenues dans l’estimation des ressources et réserves
minérales se sont considérablement amoindries grâce aux normes internationales
dont les plus utilisées sont :
• JORC CODE-Joint Ore Reserve Committee (Australia) ;
• SAMREC CODE-South African Mineral Committee (South Africa);
• REPORTING CODE-UK (Western Europe);
• CIM GUIDELINES (NI 43-101)- Canadian Institute of Mining, Metallurgy and
Petroleum (Canada);
• SME GUIDE-Society for Mining, Mettallurgy and Exploration (USA);
• CERTIFICATION CODE-(Chilie)
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
L’évaluation d’un gisement dépend de plusieurs paramètres qui
dépendent de la nature du gisement (facteurs intrinsèques) et
des paramètres extérieurs au gisement ( Facteurs extrinsèques)
1. Facteurs intrinsèques
1.1. Tonnage et teneur
Ils permettent de:
- Déterminer la quantité de métal disponible dans le gisement,
- Evaluer les recettes de l’entreprise minière et la durée de vie de
la mine.
1.1. Tonnage et teneur
➢ Fixation de la teneur de coupure
• La teneur de coupure est, dans un large sens, la teneur
minimale au-dessus de laquelle le gisement est
économiquement exploitable, en fonction des coûts d'extraction
spécifiques et des prix actuels ou estimés du minerai extrait.
• Par ailleurs, c’est une teneur quelconque choisie afin de
démarquer deux lignes de conduites: soit exploiter un
gisement ou le laisser en place, soit traiter le minerai ou le
rejeter.
De ce fait, il existe plusieurs types de teneurs de coupure.
➢ Fixation de la teneur de coupure
a) Teneur de coupure de planification
C’est la teneur de coupure utilisée pour définir
géographiquement et quantitativement les limites du minerai
potentiel.
Elle vise à prédire de façon satisfaisante la valeur du minerai qui
pourra éventuellement être exploité ou traité.
➢ Fixation de la teneur de coupure
b) Teneur de coupure d’opération
La teneur de coupure d'opération est nécessaire au début de
l'exploitation pour déterminer à court terme quelle portion du
minerai peut être gardée en réserve et quelle portion peut être
acheminée.
✓Teneur de coupure à la mine
✓Teneur de coupure à l’usine
✓Teneur de coupure à la fonderie (plus rare).
➢ Fixation de la teneur de coupure
c) Teneur de coupure optimale
C’est une teneur qui, par son choix, permet de maximiser le
bénéfice. Ce maximum peut être évalué par un des critères
d'évaluation économique.
d) Teneur limite ou Breakeven grade
C’est la teneur à laquelle le revenu récupérable du minerai est
égal aux coûts d'exploitation
➢ Fixation de la teneur de coupure
Facteurs affectant le choix de la teneur de coupure
• Les Prix des métaux
• Les coûts opératoires
• La méthode d’exploitation
• Le développement technologique
• Politique interne et stockpilling
• Besoins du concentrateur
➢ Calcul de la teneur de coupure
une teneur de coupure doit permettre de sélectionner du minerai générant
assez de revenus pour couvrir tous les coûts jugés pertinents.
➢Approche de Taylor: Les coûts pertinents sont uniquement les coûts
d’exploitation.
➢Approche de Lane: Les coûts pertinents incluent un coût d’opportunité
en plus des coûts d’exploitation.
Le coût d’opportunité est défini par Lane comme l’intérêt sur le capital que
représente la partie encore non-exploitée de la mine; L’importance de ce coût
est fortement tributaire de la valeur estimée de la réserve et du taux d’intérêt
choisi. La conséquence directe de l’inclusion de ce coût est de hausser la
teneur de coupure, surtout en début d’exploitation.
➢ Calcul de la teneur de coupure
Ces deux approches considèrent trois facteurs limitatifs qui permettent
chacun de calculer la teneur de coupure limite:
A. La mine (développement et minage)
Soient :
• C: la teneur de coupure
• h: frais variables de traitement d’une tonne de minerai (forage, sautage,
concassage, remontée, et concentration du minerai)
• y: taux de récupération du concentrateur
• p: prix d’une tonne de métal
• k: coût de mise en marché d’une tonne de métal (fonderie, raffinage, transport,
assurance, etc...)
𝐡
c1 =
𝐲 (𝐩−𝐤)
➢ Calcul de la teneur de coupure
B. Le concentrateur (traitement de minerai)
Soient, en plus des paramètres h, y, p, et k :
• f: frais fixes (administration, ingénierie,…)
• F: coûts d’opportunité. Lane (1988) définit ce terme comme étant le revenu que rapporterait un
montant égal à la valeur présente du gisement placé à un taux d’intérêt spécifié.
• H: capacité de traitement (minerai sélectionné)
𝐡+(𝐟+𝐅)/𝐇
c2 =
𝐲 (𝐩−𝐤)
➢ Calcul de la teneur de coupure
C. Le marché (fonderie, contrats de vente)
Soient, en plus des paramètres h, y, p, k, f, F et H:
• K: capacité du marché (métal)
𝒉
c3 =
[ 𝒑−𝒌 −(𝒇+𝑭)/𝑲]𝒚
• Si on baisse la teneur de coupure, un surplus de métal sera produit qui
ne pourra être vendu ou qui ne pourra être raffiné et on aura encouru
des frais d’exploitation supplémentaires . Si on hausse la teneur de
coupure, alors on aura un manque de métal encourant une perte.
• Il est à noter que: C1 <(C2 , C3)
➢ Calcul de la teneur de coupure
EXERCICE
• Soit les données suivantes tirées de Lane (1988) représentant le cas d’un gisement d’uranium :
• 0.87 y: taux de récupération du concentrateur
• 60$/kg p-k: prix net d’un kilo de métal
• 3.41$/t h: frais variables de traitement d’une tonne de minerai (concassage, remontée,
concentration)
• 1.32$/t m: frais variables de minage d’une tonne de matériau minéralisé (développement, forage,
sautage, incluant stérile)
• 11.9M$/an f: frais fixes (administration, ingénierie, frais de capital)
• 15.2M$ F: coûts d’opportunité
• 12Mt M capacité de minage (matériau minéralisé)
• 3.9Mt H: capacité de traitement (minerai sélectionné)
• 0.9Kt K: capacité du marché (métal)
• Calculez les teneurs de coupure limite pour ce gisement
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
1.2. La nature du minerai
✓ La composition minéralogique
Elle détermine le traitement métallurgique; Autrement dit, deux
minerais de même teneur, mais de natures minéralogiques distinctes,
pourront avoir des valeurs très différentes.
La nature de la gangue est donc importante. Certaines gangues agissent
comme fondant et facilitent les opérations métallurgiques. Par contre,
une gangue formée de minéraux très durs déterminera une usure
rapide des broyeurs lors des opérations de concentration du minerai et
sera désavantageuse.
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
1.2. La nature du minerai
✓La granularité et la structure du minerai
- Elles rendront la concentration plus ou moins facile. Si le minerai et la
gangue sont en grains relativement gros avec des surfaces de contact
simples, on pourra se contenter d'un broyage grossier
- Si, au contraire, les grains sont très petits, intimement interpénétrés
les uns dans les autres, il faudra recourir à un broyage très fin,
opération onéreuse se soldant par une grande dépense d'énergie et
une usure plus rapide des broyeurs
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
1.2. La nature du minerai
✓La profondeur du gisement
Plus un gîte est profond, plus son exploitation est onéreuse; au-delà
d'une certaine profondeur, l'exploitation n'est plus possible.
✓La géométrie et le contexte tectonique d’un gisement
Un filon puissant aura plus de valeur qu'un faisceau de filons minces,
même si la somme de leur épaisseur individuelle est égale à celle du
filon unique. Il en est de même pour les plissements, chevauchements,
fractures accompagnant des phases tectoniques qui ont eu à
fragmenter certaines masses minéralisées.
Exemple:Bushvelt ( south Africa) et Great dyke( Zimbabwe)
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
1.2. La nature du minerai
✓La nature de l’encaissant
La nature de l’encaissant et des couches sus-jacentes peuvent aussi
influencer les coûts de l'exploitation:
- Des terrains mal consolidés, friables, rendront nécessaires des travaux
de soutènement importants pour des raisons de sécurité.
- La présence de couches aquifères pourra grandement compliquer le
problème de l'exhaure et dans certains cas marginaux, déterminer
l'abandon de la mine.
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
2. Facteurs extrinsèques
2.1. Facteurs géographiques
✓Climat: Très important lorsqu'il s'agit d'exploitation à ciel ouvert; la
plupart des moyens de concentration (table à secousse, flottation)
demandent de grandes quantités d'eau. En climat aride la
concentration des minerais pose donc un problème ardu.
✓La localisation: La valeur et la viabilité d’un gisement sont réduites
lorsqu’il est éloigné des régions industrielles et peuplées
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
2.2. Facteurs politiques
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
2.3. Facteurs sociaux
Il s’agit des facteurs qui influencent et favorisent la production et les
investissements entre autres, l’approvisionnement en électricité, le
développement des infrastructures sociaux de base existantes (voies de
communication), la culture industrielle du pays ou de la région, la
formation des dirigeants, des cadres et des ouvriers ainsi que des
syndicalistes.
III. PARAMETRES FONDAMENTAUX POUR
L’EVALUATION D’UN GISEMENT
[Link] technologiques
Plus la technologie est avancée, plus on exploite des gisements de
teneur de moins à moins faibles, voir même les rejets des exploitations
précédentes.
[Link] économiques liés au marché
- Minerais vendus sur le marché boursier(Au,Cu,…) dont les prix sont
fixes et standards; et minerais des marchés libres ( Platinoides,
Niobum, Tungstènes) dont les prix sont fixés par les associatio des
producteurs et consommateurs et dépendent de la demande et de
l’offre.
❖Calcul du taux de dilution
La dilution caractérise les produits stériles polluant les minerais lors de
l’abattage en carrière ou en souterrain. Elle peut être fatale ou
accidentelle. La dilution est fatale lorsqu’elle ne peut être évitée malgré
les dispositifs de sélectivité et de sécurité mis en place.
La dilution accidentelle est évitable ou facile à réduire par la sélectivité.
Elle se calcule par la formule suivante:
𝑻−𝒕
𝒅= %
𝑻
Avec T la teneur du minerai en place et t la teneur du minerai extrait
❖ Calcul du taux de dilution
La dilution doit être réduite au maximum car elle augmente les coûts
par :
• Augmentation du volume et du temps d’extraction;
• Augmente le volume à traiter et l'Energie de traitement
• Déclassement des minerais en stériles par diminution des teneurs.
➢ Calcul du taux de dilution
Exercice
Après extraction de ce gisement, le mélange de 1300 t des réserves à 5% Cu
et 200 t de stériles à 0.8% Cu ont donné 1500t de minerai à 3.71% Cu. Calculez
le taux de dilution après extraction.
IV. ESTIMATION DES RESERVES
C’est une des étapes cruciales dans le développement d’un projet
minier, elle permet de quantifier et qualifier sans biais la réserve en
termes de volume, de teneur, de tonnage et de quantité de métal sur
base d’un modèle de blocs.
Pour ce faire, on doit passer par quelques étapes:
• Planifier le forage
• Analyser les échantillons dans les laboratoires certifiés ;
• Elaborer la base des données venant des résultats d’analyse au
Labo ;
• Ressortir le Modèle Géologique ;
• Créer une enveloppe de l’orebody.
IV. ESTIMATION DES RESERVES
[Link] de la base des données
Une fois que les résultats des laboratoires sont prêts, il est utile de les
organiser.
Souvent, les données sont organisées en 4 fichiers:
- Le fichier contenant la localisation des trous de forage (l’identité, les
coordonnées géographiques, la profondeur et le type de machine de
forage utilisé si nécessaire pour chaque trou dans certains cas).
- Le fichier contenant les facies lithologiques traversés par chaque
forage sur des intervalles de profondeurs (depth from, depth to). Il
permet de calculer l’épaisseur des couches et placer les limites
lithologiques.
III. ESTIMATION DES RESERVES
[Link] de la base des données
- Le fichier contenant les résultats des analyses chimique provenant du
laboratoire sous forme de teneur, il peut aussi contenir les
paragénèses minérales des échantillons.
- Le fichier contenant l’orientation des trous de forage (l’azimut et
l’inclinaison du forage sur le long du trou).
Ces fichiers constituent la base des données numériques et
relationnelles
➢ METHODES D’ESTIMATION DES RESERVES
❖ Propriétés des variables
Pour pouvoir faire de l’estimation, il est important que la variable
échantillonnée soit additive c'est-à-dire que sa valeur dans la somme
de plusieurs domaines soit égale à la moyenne de ses valeurs sur
chacun d’eux. Cette propriété permet de donner un sens physique à la
variable en fixant la valeur moyenne à un support beaucoup plus grand
que celui des points d’échantillonnage.
Une variable reste additive si elle est considérée sur un même support,
sinon il faut en premier lieu, régulariser la taille du support avant tout
autre chose.
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
Il existe plusieurs méthodes d’estimation des ressources minérales
permettant l’interpolation des variables, mais quatre d’entre elles vont
plus nous intéresser:
- L’estimation par plus proche voisin
- L’estimation par méthode des triangles
- L’estimation par inverse de la distance
- L’estimation par méthode géostatistique
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
a) Estimation par plus proche voisin
Comment obtenir les polygones ?
1. Obtenir la triangulation de Delaunay (Triangles équilatéraux possibles)
2. Tracer les perpendiculaires au milieu des côtés destriangles
(médiatrices);
3. Identifier l’intersection des 3 médiatrices se rencontrant au centre du
cercle circonscrit au triangle;
4. Relier les points d’intersection des médiatrices des triangles pour avoir
des polygones.
Le principe est alors simple : la teneur estimée au point sommet est
égale à la teneur du point connu le plus proche faisant partie du même
polygone d’influence.
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
a)Estimation par plus proche voisin
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
a) Estimation par plus proche voisin
Pour une zone donnée, la teneur moyenne est calculée par la formule
suivante :
σ𝑖 𝑡𝑖 𝑆𝑖
𝑡𝑚𝑜𝑦 =
σ𝑗 𝑆𝑗
Avec 𝑡𝑖 la teneur du point sommet (point d’échantillonnage) et S le
facteur de pondération qui peut être :
− La surface
− La surface x l’épaisseur
− La surface x l’épaisseur x la densité.
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
a) Estimation par plus proche voisin
• Le bloc à estimer se voit alors attribué la teneur de l’échantillon le
plus proche dans l’espace, l'influence d'un échantillon devient
subitement nulle à mi-distance d'un échantillon adjacent et elle ne
dépend que la maille d'échantillonnage.
• Cette méthode néglige un facteur important qui est l’effet de support
car la distribution des valeurs estimées sera identique à celle des
valeurs observées, ce qui fait qu’elle est peu précise et présente un
fort biais conditionnel.
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
b) Estimation par la méthode des triangles
Il consiste à relier les points d’échantillonnage 3 par 3 en traçant les triangles
équilatéraux possible. La teneur estimée pour le triangle est la teneur moyenne
des trois sommets.
Pour calculer la teneur en un point 𝒕∗𝟎 ∶
▪ Pour trouver les valeurs de 𝑎, 𝑏,
𝑐 𝑒𝑡 𝑑, il faut déterminer la
droite (t1 t 3 ) et la droite (t 2 t ∗0 ).
▪ L’intersection des deux droites
fournit les coordonnées du
point 𝐭 ∗𝟏𝟑 .
▪ Pythagore permet de
déterminer toutes les distances
nécessaires.
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
Comparaison visuelle ( Plus proche voisin vs Triangle)
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
c) Estimation par inverse de la distance
C’est une méthode qui considère l’hypothèse selon laquelle les
choses qui sont proches les unes des autres sont plus semblables
que celles qui sont plus éloignées. Pour prédire une valeur pour tout
emplacement non mesuré, cette méthode utilise les valeurs
mesurées autour de l'emplacement de prédiction.
Elle suppose que chaque point mesuré a une influence locale qui
diminue avec la distance et consiste à attribuer un poids
inversement proportionnel à la distance entre les sites et le point à
estimer : un poids plus important est affecté aux sites les plus
proches, un poids moindre aux sites les plus éloignées
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
c) Estimation par inverse de la distance
où 𝒅𝒊 est la distance entre le point à estimer et le
𝑖 è𝑚𝑒 point observé.
Pour diminuer le nombre de données dans l’estimation,
on a recours à un voisinage.
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
c) Estimation par inverse de la distance
➢ METHODES ESTIMATION DES RESERVES
c) Estimation par la méthode géostatistique
La géostatistique est une méthode spatiale spécialement conçue pour
étudier des variables possédant le double caractère aléatoire et
régionalisé. Une variable aléatoire est une variable qui permet un
certain nombre de valeurs numériques selon une certaine loi de
probabilité.
La notion de variable régionalisée sert à définir les fonctions dans
l’espace dont la valeur vraie varie d’un lieu à un autre avec une certaine
apparence de continuité, sans qu’il soit possible d’en représenter la
variation par une loi mathématiques exportable. Les variables
régionalisées dépendent de la localisation.
d) Estimation par la méthode géostatistique
❖Krigeage
Le krigeage est un interpolateur spatial qui estime une variable
régionalisée dans les endroits où elle n’a pas été échantillonnée à partir
d'une certaine quantité de données qui sont connues.
C’est un outil d’interpolation spatiale exact et très puissant puisqu’il
redonne pour chaque point connu une valeur estimée égale à la valeur
observée et fournit un estimateur sans biais, de variance minimale.
Le krigeage permet donc d’estimer la valeur numérique la plus proche
possible de la valeur réelle locale.
d) Estimation par la méthode géostatistique
❖Krigeage
La variable estimée est donnée par la formule suivante :
𝒏
𝒁𝒐𝒌 𝒔𝟎 = 𝝀𝒊𝒁(𝒔𝒊 )
𝒊=𝟏
Où 𝒁𝒐𝒌 𝒔𝟎 est la valeur de la variable à estimer à une position
connue 𝒔𝟎 , 𝒁(𝒔𝒊 ) sont les valeurs des échantillons à la position 𝒔𝒊
situés dans le "voisinage" de la valeur à estimer et λi sont les poids qui
se multiplient aux données.
d) Estimation par la méthode géostatistique
❖Krigeage
Le krigeage est basé sur le variogramme qui est une fonction fondée
sur les différences entre valeurs et valeurs décalées, et qui ne dépend
que de la distance de décalage h suivant une direction donnée.
𝟏
𝜸 𝒉 = 𝑬[𝒁 𝒔 + 𝒉 − 𝒁 𝒔 ]²
𝟐
Le variogramme permet une description synthétique de la structure
spatiale de la variable régionalisée et renvoie aux conditions les moins
restrictives du comportement local de la moyenne.
d) Estimation par la méthode géostatistique
Un variogramme expérimental peut donc être estimé à partir des
couples de points, une fois établi, il faut lui ajuster un modèle qui lui
convient le mieux car l'interprétation rigoureuse du variogramme
repose sur l'ajustement de celui-ci aux modèles théoriques existants .
➢Palier, portée et effet pépite
- La portée est la distance h à laquelle le variogramme se stabilise càd
la distance à laquelle les variables cessent d’être en relation les unes
des autres
- Le palier est la valeur de la variance 𝜸 𝒉 à laquelle le variogramme
se stabilise
- On parle de l’effet pépite lorsqu’il y a une discontinuité à l’origine du
variogramme.
d) Estimation par la méthode géostatistique
▪ Modèles de variogramme
Il existe donc plusieurs types de modèles de variogramme
▪ Modèles de variogramme
▪ Modèles de variogramme
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
• [Link]
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Fin