MODULE 1 : MESURES ET INCERTITUDES
Famille de situations : Mesure d’une grandeur et expression du résultat de la mesure
Leçon 1: Mesure d’une grandeur
-connaitre des techniques de mesure
-identifier les types d’erreur
1. Rappels des techniques de mesure
1.1. Les instruments de mesure.
La métrologie est la science de la mesure. Les instruments de mesures sont multiples. On peut
citer :
La longueur : Le mètre ou le règle
La masse : la balance
La température : le thermomètre
Le temps : le chronomètre, horloge
L’intensité du courant électrique : l’ampèremètre ou le multimètre.
Les forces : dynamomètre
Le volume : éprouvette
Tension : voltmètre
1.2. Techniques de mesures des grandeurs
C’est une succession logique d’opérations décrites d’une manière succincte permettant
de la mise en œuvre de mesurage (l’ensemble des opérations permettant d’attribuer une valeur
à la grandeur mesuré).
Dans certaines situations expérimentales, les grandeurs sont mesurées directement
(exemple : mesure de la masse d’un corps à l’aide d’une balance, mesure de la distance à
l’aide d’une règle graduée, de température, etc.). Dans d’autres situations, la mesure se fait
indirectement, les grandeurs concernées sont déduites par le calcul, à partir de la mesure
d’autres grandeurs (exemple : mesure d’une masse volumique, d’une concentration, d’une
vitesse, d’une puissance, etc.)
Exemple de la mesure de la température : On place la sonde d’un thermomètre classique au
contact d’une zone du corps humain isolée de la chaleur environnante (rectum, cavité buccale,
aisselle), pour en mesurer la température.
Un thermomètre numérique affiche directement la valeur, tandis que sur un thermomètre à
mercure, il faut repérer et lire la graduation correspondante à la position du liquide.
2. Différents types d’erreur et les Sources possibles.
Toute mesure est entachée d’erreur. Il est impossible d’effectuer des mesures
rigoureusement exactes. Incertitude (ou erreur) : c’est le degré de doute que l’on a vis-à-vis
du résultat d’une mesure.
Les erreurs de mesure peuvent être dues à l'instrument de mesure, à l'opérateur ou à la
variabilité de la grandeur mesurée. On les classe en deux catégories : les erreurs aléatoires et
des erreurs systématiques.
2.1. Erreur aléatoire
Une erreur est aléatoire lorsque l’expérimentateur effectue N mesures exactement dans les
mêmes conditions du mesurande (grandeur que l’on veut mesurer) et ne trouve pas à chaque
fois la même valeur.
Elle est due :
- A la fluctuation de la grandeur mesurée :
Exemple : La température d’une eau peut varier en fonction de la température ambiante du
milieu.
- la méthode de mesure (habileté de l’expérimentateur)
Exemple : l’ajustement d’un objet devant la règle, la vision de l’expérimentateur…
2.2. Erreur systématique
Une erreur est systématique lorsqu'elle contribue à toujours surévaluer (ou sous-évaluer) la
valeur réelle. Il s’agit d’une déviation, par rapport à la valeur la plus précise pouvant être
mesurée.
- Exemple 1 :
Une règle dont il manque le premier centimètre. Toutes les mesures seraient sous-évaluées.
- Exemple 2 :
Si une balance indique déjà quelques grammes lorsque le plateau n'est pas chargé. Toutes les
mesures seraient surévaluées.
Les erreurs aléatoires ne peuvent pas être éliminées d’une expérience, mais la plupart des
erreurs systématiques peuvent être réduits
2.3. Les méthodes de correction des erreurs
- On diminue les E aléatoires en répétant la mesure,
- On diminue les E systématiques en appliquant des corrections.
- lors de calculs successifs, il faut garder les résultats intermédiaires dans la mémoire de la
calculatrice
3. Notion de chiffres significatifs et règles de calculs
3.1. Définition
Un chiffre significatif est un chiffre que l’instrument de mesure nous permet de le connaître
avec une fiabilité suffisante.
Règle 1 : Les zéros à gauche d’un nombre représentant le résultat d’une mesure, ne sont pas
des chiffres significatifs, ils indiquent uniquement la position de la virgule.
Exemples:
0.0025 contient deux chiffres significatifs
0.0004 contient un chiffre significatif.
Règle 2 : Les zéros au milieu et à droite d’un nombre représentant le résultat d’une mesure,
sont des chiffres significatifs.
Exemples :
12.50 contient quatre chiffres significatifs.
201.12 contient 5 chiffres significatifs.
Règle 3 : Dans un nombre représentant le résultat d’une mesure, on ne fait figurer que les
chiffres significatifs d’où la nécessité d’utiliser dans certains cas la notation scientifique.
De façon plus simple, On les compte en partant de la gauche à partir du premier chiffre
différent de 0.
Exemples :
nous devons relever doit être : m = 1.25×10−2𝑘𝑔 (03 chiffres significatifs)
Si une balance électronique calibré en Kg affiche 0.0125 kg lors d’une mesure, le résultat que
3.2. Calculs et chiffres significatifs
Après avoir effectué des calculs à partir des valeurs mesurées, l’expression du résultat doit
obéir aux règles ci-dessous :
Règle 1 : le résultat d’un produit ou d’un quotient, est arrondi de sorte qu’il ne contienne pas
plus de chiffres significatifs que le nombre utilisé dans le calcul, qui en contient le moins.
Exemple : L = 5.03mm et l = 1.1mm. Aire= l x L = 5.03mm x 1. 1mm = 5.5 mm2 ( et non
5.533mm2)
Règle 2 : Règle 2
Le résultat d’une somme ou une différence, est arrondi de sorte qu’il ait autant de décimales
(chiffres après la virgule) que le nombre utilisé dans le calcul, qui en contient le moins.
Exemple :
D = 45m – 12.3m = 33m (et non 32.7m)
U = 12.121V-10.21V = 1.91V (et non 1.911)
4. Règles de calcul des erreurs et expression des résultats d’une mesure.
Une mesure est toujours accompagnée d’erreur. En fonction du type d’erreur, on distingue
deux types d’incertitude : l’incertitude absolue et l’incertitude relative.
a. l’incertitude absolue
C’est l’erreur maximale que l’on peut commettre en mesurant une grandeur.
supposer que la meilleure estimation de x est située entre deux bornes : 𝑥𝑚𝑖𝑛 𝑒𝑡 , c’est-à-
Soit x une valeur obtenue expérimentalement. Une mesure n’étant jamais parfaite, on va
dire :
x min ≤ x ≤ x max
Considérons le schéma ci-dessous :
Sur ce schéma :
x 𝑟𝑒𝑝𝑟é𝑠𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑙𝑎 𝑚𝑒𝑖𝑙𝑙𝑒𝑢𝑟𝑒 𝑒𝑠𝑡𝑖𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑑𝑒
𝑥. 𝑥𝑚𝑖𝑛 𝑟𝑒𝑝𝑟é𝑠𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑙𝑎 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑝𝑒𝑡𝑖𝑡𝑒 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑥 𝑜𝑏𝑡𝑒𝑛𝑢𝑒 𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎
𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒.
𝑥𝑚𝑎𝑥 𝑒𝑠𝑡 𝑙𝑎 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑣𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑥 𝑜𝑏𝑡𝑒𝑛𝑢𝑒 𝑙𝑜𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎
𝑚𝑒𝑠𝑢𝑟𝑒.
Δ𝑥 𝑟𝑒𝑝𝑟é𝑠𝑒𝑛𝑡𝑒 𝑙′𝑖𝑛𝑐𝑒𝑟𝑡𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 absolue 𝑑𝑒 𝑥.
Le résultat de la mesure de x s’exprime donc sous la forme :
x=x ± Δx
Avec :
𝑒𝑡
x min + x max x max −x min
x= Δx =
2 2
Remarque : dans la plupart des cas, l’incertitude absolue est mentionné par le fabriquant sur
l’instrument de mesure. Dans le cas où elle n’est pas mentionnée, elle correspond à la moitié
de la plus petite graduation. Et dans ces deux cas, on prend une mesure et la valeur devient
x=x mesure ± Δx
Exemple : pour estimer la valeur du diamètre d’un objet sphérique, un laborantin effectue
deux mesures à l’aide d’une règle graduée dont les divisions sont en mm et il obtient
respectivement : D1= 5.7cm et D2 = 5.8cm.
- Déterminer la valeur estimée de D
- Que vaut Δ𝐷?
- Donner l’écriture finale du résultat de la mesure effectuée.
b. Incertitude relative
L'incertitude relative est le quotient de l'erreur absolue par la valeur mesurée. Elle est
généralement indiquée en %. Pour une valeur x, elle est obtenue en effectuant l’opération :
Δx
x
Exemple :
La mesure d’un diamètre a donné : 𝐷 = (5.75 ∓0.05)
Calculons l’erreur relative à cette mesure et donnons l’expression finale du résultat de la
mesure.
= 0.055.75=0.06 𝑜𝑢 6%
ΔD
- L’erreur relative est :
D
- Le résultat de la mesure sera : D = 5.75cm à 6% près.
Dans le cas où l’incertitude absolue est connue du constructeur, l’incertitude relative devient :
Δx
x mesuré
c. L’incertitude résultant d'un calcul
- Addition ou soustraction de plusieurs mesures
Lors de la multiplication ou de la soustraction, Les incertitudes absolues s'additionnent
Exemple : si m = m1 + m2 + m3 ou m = m1 - m2 - m3, Δm = Δm1 + Δm2 + Δm3
- Multiplication ou division de plusieurs mesures
Les incertitudes relatives pour ces deux opérations s'additionnent.
Soit la valeur A=BC ou A=B/C
ΔA ΔB ΔC ΔB ΔC
On a = + soit ΔA =A ( + )
A B C B C
LECON 2: EXPRESSION DU RESULTAT DE LA MESURE
1. Unités fondamentales de certaines grandeurs physiques fondamentales.
En physique, on appelle mesure la détermination des valeurs d’une grandeur par comparaison
avec une grandeur constante de même espèce prise comme terme de référence (unité).
On appelle grandeur physique, ou simplement grandeur, toute propriété de la science qui peut
être mesurée ou calculée. Une grandeur est mesurée par un nombre concret et ce nombre doit
toujours être suivi d’une unité sans quoi il n’a pas de signification.
Les unités fondamentales, ou unités de base, sont des unités de mesure indépendantes qui
forment la base d'un système d'unités. C'est à partir d'elles que sont dérivées toutes les autres
unités du système considéré.
Le système international (SI) est fondé sur un choix de sept unités de base bien définies et
considérées par convention comme indépendantes du point de vue dimensionnel. Ces 7 unités
sont :
Le mètre (m) : unité de mesure de la longueur (l).
Le kilogramme (kg) : unité de mesure de la masse (m).
La seconde (s) : unité de mesure du temps (t).
L’ampère (A) : unité de l’intensité du courant (I ou i).
Le kelvin (k) : unité de mesure de la température thermodynamique (T).
La mole (mol) : unité de mesure de la quantité de matière (n).
La candela (cd) : unité de mesure de l’intensité lumineuse (Iv).
C'est à partir d'elles que sont dérivées toutes les autres unités.
2. Unités dérivées du système international d’unités
Les unités de base du SI ne suffisent pas à exprimer toutes les grandeurs physiques. C'est
pourquoi on doit recourir à des unités dérivées. Les unités dérivées sont créées à partir des
unités de base.
Le tableau suivant montre quelques grandeurs et unités dérivées.
Grandeur Nom d’unité Symbole unité Autres unités légales
Nombre d’onde m-1
Aire mètre carré m2 are (a) =100 m2
hectare (ha) = 10
000 m2
Volume mètre cube m3 litre (l) = 1 10-3 m3
Fréquence hertz Hz
Accélération mètre par m/s2
seconde ms-2
carrée
Force newton N
Travail Energie joule J wattheure (Wh) =
3,6103 J
Moment de force newton-mètre N.m
Puissance watt W
Tension ; Différence de vol V
potentiel électrique
3. La notation scientifique et les préfixes usuels
En notation scientifique, un nombre s’écrit sous la forme ± ax10n. où a est un nombre
décimal dont la partie entière est comprise entre 0 et 9 et n est un nombre entier.
Pour écrire un nombre en notation scientifique, on ramène la virgule derrière le
premier chiffre significatif et on multiplie par la puissance de 10 adéquate (1). Par exemple :
579 = 5,79 • 100 = 5,79 • 102
Plus généralement, on compte le nombre de rangs dont on déplace la virgule pour la
ramener juste derrière le plus grand chiffre significatif.
La notation ingénieur est une variante de la notation scientifique. Dans la notation ingénieur,
on garde 1, 2 ou 3 chiffres significatifs devant la virgule afin que la puissance de 10 soit
toujours un multiple de 3. Ceci simplifie l'usage des préfixes kilo, Méga, micro, etc.
Nombre Notation scientifique Notation ingénieur
42 854,9 4,28549 • 104 42,8549 • 103
0,000 162 5 1,625 • 10-4 162,5 • 10-6
532,8 5,328 • 102 532,8
Les puissances de 10 et de 1000 sont d'un usage très fréquent. On leur a attribué un nom et un
symbole.
Voici un tableau récapitulatif des principales puissances supérieures et inférieures à l'unité :
Préfixe valeur symbole Préfixe valeur symbole
yotta 1024 Y déci 10-1 d
zetta 1021 Z centi 10-2 c
exa 1018 E milli 10-3 m
péta 1015 P micro 10-6 μ
téra 1012 T nano 10-9 n
giga 109 G pico 10-12 p
méga 106 M femto 10-15 f
kilo 103 k atto 10-18 a
hecto 102 H zepto 10-21 z
déca 101 da yocto 10-24 y
Le résultat d’une mesure ou d’un calcul s’écrit sous la forme : X = x ± 𝛥𝑥. où : x est une
4. Expression du résultat de la mesure.
mesure ou une moyenne ; et 𝛥𝑥 = ku l’incertitude élargie ; u est l’incertitude-type et k le
facteur de confiance.
- 𝛥𝑥; x + 𝛥𝑥] appelé intervalle de confiance. Pour un niveau de confiance d'environ 95 %,
La mesure est jugée satisfaisante si la valeur La valeur vraie Xvraie appartient à l’intervalle [x
k=2.
Leçon 3: DRESSAGE DU TABLEAU DE MESURE
A refaire
-Collecte des données d’une expérience
- Propagation des erreurs
Leçon 4: Détermination d’une grandeur à partir d’un graphique
1. Tracer une courbe à partir des données d’une expérience
En Physique comme en Chimie, les résultats d'une série de mesures sont présentés sous la forme d'un
tableau de deux lignes, chacune correspondant à une grandeur. Il est difficile, d'un seul coup d'oeil sur ce tableau,
de comprendre la relation qu’il y a entre ces deux grandeurs. Pour cela, on trace un graphique à partir de ces
données pour mieux visualiser la loi physique qui régit ces deux grandeurs.
• Le graphe doit être fait sur du papier millimétré.
• La courbe y = f(x) consiste à placer : x en abscisse (sens horizontal). y en ordonnée (sens
vertical).
• Le graphique doit posséder un titre. • Tracer 2 axes orientés perpendiculaires. • Ces axes
doivent être orientés.
• On précisera pour chaque axe la grandeur qu’il représente avec à coté, entre parenthèse,
l’unité de cette grandeur.
• On choisira, si possible, une échelle simple
• Les points seront matérialisés sur le graphique par des croix au crayon à papier.
Une fois les points placés, deux cas de figure peuvent se présenter :
• Les points semblent être alignés :
- On tracera à la règle une droite moyenne qui passera par le maximum de points.
- On essaiera si possible que les points qui ne passent pas par la droite soient répartis de part
et d’autre de la droite (c'est-à-dire à peu près autant de points au-dessus que de points au-
dessous de la droite).
• Les points ne semblent pas être alignés :
- On tracera à main levée la courbe qui passe au mieux par tous les points.
2. Exploiter le graphe pour estimer une grandeur
L'analyse du graphe met ensuite en évidence la forme et les caractéristiques de la courbe tracée.
• La courbe est une droite.
- On peut déterminer la pente (ou coefficient directeur) de cette droite que l’on note a. Pour cela on
considère deux points A et B de coordonnées x et y et qui passent par la droite tracée. On applique la
formule :
Y B−Y A
a=
x B−x A
On peut calculer une autre grandeur qui caractérise aussi la droite et qui s’appelle l’ordonnée à
l’origine (notée b). Pour cela on considère un point C quelconque de coordonnées xC et yC mais qui
passe par la droite tracée.
L’équation de la droite tracée pour des coordonnées x et y quelconques est la suivante : y = a × x +b .
On peut « lire » directement b sur le graphique car y(0) = b (c’est là où la droite coupe l’axe des
ordonnées).
• La courbe tracée n’est pas une droite. On peut utiliser un ordinateur et un logiciel (ou la
calculatrice) qui a en mémoire des modèles de courbes prédéfinis et qui par comparaison nous
renseignera sur la fonction mathématique représentée par notre courbe.