Rse Sante en Afrique 11 09 2025
Rse Sante en Afrique 11 09 2025
Rapport de synthèse
Atlas des statistiques
sanitaires africaines 2022
Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine
Rapport de synthèse
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 : Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine —
Rapport de synthèse
ISBN : 978-929031375-5
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Citation suggérée Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 : Analyse de la situation sanitaire de la Région
africaine — Rapport de synthèse Brazzaville : Organisation mondiale de la Santé, Bureau régional de l’Afrique,
2022. Licence : CC BY-NC-SA 3.0 IGO.
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des données qui y figurent n’impliquent de la part de l’OMS aucune prise de position quant au statut juridique des
pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites. Les traits
discontinus formés d’une succession de points ou de tirets sur les cartes représentent des frontières
approximatives dont le tracé peut ne pas avoir fait l'objet d'un accord définitif.
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majuscule initiale indique qu’il s’agit d’un nom déposé.
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SECTION I. CONTEXTE 1
IV
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
5.1 Accès 20
5.2 Demande 21
5.3 Qualité 21
5.4 Résilience 22
SECTION VI. R
ÉSULTATS SANITAIRES 23
V
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Même si l’Atlas indique que la tendance est au progrès et à l’amélioration, les systèmes de santé de la Région africaine restent chancelants
et accusent un retard important par rapport à ceux des autres régions du monde. Il ressort aussi de l’Atlas que si nous ne hâtons pas le
pas, il nous sera impossible d’atteindre la plupart des cibles des objectifs de développement durable. Cette situation est inadmissible ! Il
n’a jamais été aussi capital de disposer de données plus précises et plus récentes permettant de mesurer efficacement les progrès et la
performance de nos systèmes de santé et d’améliorer les décisions sanitaires et la responsabilisation. Et pourtant, la disponibilité et la
qualité des données restent des enjeux majeurs dans la Région africaine. J’ai assuré le Comité régional de mon attachement sans réserve
et de celui de toutes les personnes travaillant pour l’OMS dans la Région africaine en faveur des États Membres que nous servons. Je
veillerai personnellement à soutenir énergiquement la production, l’analyse et l’utilisation des données pour suivre les progrès que nous
accomplissons sur la voie de la couverture sanitaire universelle et des objectifs de développement durable liés à la santé.
Je tiens à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la préparation de l’Atlas pour le travail accompli. J’ose espérer que les États
Membres et les partenaires trouveront en cet Atlas 2022 un ouvrage de référence utile.
VI
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Avant-propos de la
Sous-directrice régionale
Les grandes lignes de l’Atlas 2022 s’inspirent du cadre pour le développement des systèmes de santé en vue d’assurer la couverture sani-
taire universelle dans la Région africaine, dans le contexte des objectifs de développement durable. Il comprend sept sections compactes
qui permettent i) de suivre les cibles des programmes internationaux, notamment les objectifs de développement durable et les cibles
du triple milliard de l’OMS ; et ii) d’évaluer la situation de la Région par rapport aux composantes du cadre d’action, depuis les apports
jusqu’aux effets.
L’Atlas des statistiques sanitaires reste l’outil le plus complet pour le suivi de la situation sanitaire dans la Région africaine. Il fournit des
informations actualisées sur l’état de santé dans les pays et sert de point de référence pour le suivi des progrès accomplis par rapport aux
cibles convenues au niveau international. Le rapport fait état de l’augmentation globale de l’espérance de vie et de l’espérance de vie en
bonne santé au cours des 20 dernières années, à la faveur des progrès accomplis dans de nombreux domaines de la santé, y compris la
santé maternelle. Quoi qu’il en soit, la Région continue d’être confrontée à la triple charge de morbidité due aux maladies transmissibles,
aux maladies non transmissibles et à la violence.
Tout d’abord, les données factuelles disponibles montrent que la pandémie de COVID-19 a ralenti les progrès vers certaines cibles des ODD,
ce qui implique que davantage d’efforts et d’interventions sont nécessaires pour redresser le cap. Cet Atlas offre la possibilité d’examiner
de plus près la situation des pays et de s’inspirer de États qui obtiennent des résultats satisfaisants dans certains domaines.
Certaines rubriques de l’Atlas s’appuient sur des données qui ne sont ni récentes ni actualisées, ce qui signifie qu’il est urgent et impératif
d’investir dans les systèmes de données si nous voulons disposer de bases factuelles de qualité pour la prise de décision. Pour ce faire,
un effort concerté doit être déployé par toutes les parties prenantes aux niveaux national, régional et mondial. Le Bureau régional de
l’OMS pour l’Afrique s’engage à collaborer avec tous les partenaires pour donner aux pays les moyens de produire des données de qualité.
VII
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Remerciements
Le présent Atlas 2022 a été préparé par une équipe centrale du groupe organique Sous-Directrice régionale du Bureau régional de l’OMS
pour l’Afrique sous la direction et l’orientation de Lindiwe Makubalo, directrice du groupe organique, et de Humphrey Cyprian Karamagi,
chef de l’équipe Analyse des données et gestion du savoir. L’équipe technique principale était composée de Berence Relisy Ouaya Bouesso,
Anaclet Geraud Nganga Koubemba, Bertha Kembabazi, Jadice Mandimba, Aminata Seydi, Sokona Sy, Monde Mambimongo Wangou et
Auge Wilson, qui ont travaillé sous la coordination de Serge Bataliack.
La première ébauche de l’Atlas a été élaborée par des consultants du groupe Renforcement et développement des systèmes de santé
(HSSD), sous la coordination de Samuel Ndame Ebongue, avec la collaboration d’Ebongue Mbondji et d’Ursull Saha.
Les informations sont tirées des produits et des prestations des groupes organiques Santé à toutes les étapes de la vie, Maladies transmis-
sibles et non transmissibles, Amélioration de la santé des populations et Préparation aux situations d’urgence et organisation des secours.
Certaines sections de l’Atlas ont été examinées par les unités et programmes techniques concernés au Bureau régional, sous la conduite
des directeurs des groupes organiques et des chefs d’équipe respectifs. Nous adressons nos plus vifs remerciements à Antonios Koli-
menakis, Ali Ahmed Yahaya, Guy Mbayo, Juliet Nabyonga, Kone Brama et Laetitia Ouedraogo qui ont procédé à un examen exhaustif du
document et dont les orientations et les contributions ont été inestimables pour l’équipe. Enfin, remercions tout particulièrement Matthias
Reichwald qui a réalisé la conception graphique de cet Atlas.
VIII
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Abréviations
AFRO Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique MWI Malawi
AGO Angola NAM Namibie
ALG Algérie NER Niger
BDI Burundi NGA Nigéria
BEN Bénin ODD Objectifs de développement durable
BFA Burkina Faso OMS Organisation mondiale de la Santé
BM Banque mondiale PFR Pays à faible revenu
BWA Botswana PRE Pays à revenu élevé
CIV Côte d’Ivoire PRFI Pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure
CMR Cameroun PRIS Pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure
COM Comores RCA République centrafricaine
CON Congo RDC République démocratique du Congo
CPV Cabo Verde RHS Ressources humaines pour la santé
CSU Couverture sanitaire universelle RSI Règlement sanitaire international (2005)
EQG Guinée équatoriale RSS Renforcement des systèmes de santé
ERI Érythrée RWA Rwanda
ETH Éthiopie SARA Évaluation de la disponibilité et de la capacité
GAB Gabon opérationnelle des services
GHA Ghana SEN Sénégal
GIN Guinée Sida Syndrome d’immunodéficience acquise
GMB Gambie SLE Sierra Leone
GNB Guinée-Bissau SSD Soudan du Sud
INFRA Infrastructure STP Sao Tomé-et-Principe
JEE Évaluation conjointe externe SWZ Eswatini
KEN Kenya SYC Seychelles
LBR Libéria TB Tuberculose
LSO Lesotho TCH Tchad
MAU Maurice TGO Togo
MDG Madagascar TIC Technologies de l’information et de la communication
MLI Mali TZA République-Unie de Tanzanie
MNT Maladies non transmissibles UGA Ouganda
MOZ Mozambique VIH Virus de l’immunodéficience humaine
MRT Mauritanie ZAF Afrique du Sud
MT Maladies transmissibles ZMB Zambie
MVE Maladie à virus Ebola ZWE Zimbabwe
IX
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Cadre conceptuel
En septembre 2015, les États Membres ont approuvé le programme global pour le développement durable lors de la 70e Assemblée
générale des Nations unies, après l'ère des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Atteindre une bonne santé et le bi-
en-être pour tous les âges - objectif 3 de l'agenda des Objectifs de Développement Durable (ODD) - est devenu le point central des actions
sanitaires à réaliser par le secteur de la santé, dans le cadre de l'objectif primordial de la couverture sanitaire universelle (cible 3.8), et en
collaboration avec d'autres secteurs.
Les États membres de la Région africaine se sont depuis concentrés sur la nécessité de développer des systèmes de santé renforcés pour
atteindre leurs objectifs en matière de santé, notamment en s'engageant à réaliser l'ODD 3 et la Couverture Sanitaire Universelle (CSU).
Un processus visant à rationaliser le mouvement vers la CSU par le biais d'une approche globale des Soins de Santé Primaires (SSP) a été
lancé. En novembre 2016, les 47 États Membres de la Région, se sont accordés sur la portée et les attentes d'un "Cadre d'actions " pour
atteindre la CSU et d'autres cibles des ODD liés à la santé lors d'une consultation à Windhoek, en Namibie (Figure A). D'autres consultations
ont conduit à l'approbation d'un cadre exhaustif lors du 67e Comité régional des États Membres à Dakar, au Sénégal, en 2018.
Ce cadre régional constitué d'un menu d'options décrit "ce sur quoi " les pays doivent se concentrer lors de la conception de leurs
systèmes de santé en mettant l'accent sur "comment" les pays doivent organiser et cibler leurs efforts pour atteindre leurs objectifs de
développement sanitaire (des intrants/investissements à l'impact). Une approche logique, dérivée des cadres de planification et de suivi
et d'évaluation (S&E) existants, est utilisée pour guider les attentes à partir du moment où les fonds sont mobilisés pour la santé jusqu'à
ce qu'ils atteignent le niveau de santé et de bien-être à tout âge souhaité qu'un État Membre donné s'est fixé.
Figure A. Cadre pour le développement des systèmes de santé en vue d’assurer la couverture sanitaire universelle dans la Région
africaine, dans le contexte des objectifs de développement durable
Réalisation de la
IMPACT
(Résultats)
Actions Actions
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Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Méthodologie
Ce rapport couvre principalement les pays de la Région africaine de l'OMS : Algérie, Burundi, Cabo Verde, Cameroun, République cen-
trafricaine, Tchad, Comores, Congo, Côte d'Ivoire, République démocratique du Congo, Guinée équatoriale, Erythrée, Eswatini, Ethiopie,
Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Bissau, Kenya, Lesotho, Liberia, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Maurice, Mozambique,
Namibie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Afrique du Sud, Soudan du Sud, Togo, Ouganda,
République-Unie de Tanzanie, Zambie, Zimbabwe. Cependant, l'analyse des indicateurs (dans la mesure où les données sont disponibles)
commence par présenter la situation globale de la Région par rapport aux autres régions de l'OMS, puis la distribution/couverture de
l'indicateur parmi les pays de la Région, et lorsque les données le permettent, le rapport propose une désagrégation par sexe (Femme/
Homme), résidence (Rural/Urban), etc.
L'Atlas 2022 s'appuie sur un éventail de sources de données étant donné qu'il y a de nombreuses sections à développer. Pour améliorer la
production d'une vue robuste et complète de l'Atlas des statistiques sanitaires africaines, ainsi que pour faciliter les comparaisons entre
pays, les sources de données doivent être cohérentes et comparables. Les tableaux et les figures s'appuieront sur les ensembles de don-
nées de l'OMS à l'échelle africaine et mondiale. Pour certains indicateurs, il existe des cas où des données nationales ou sous-nationales
plus précises sont disponibles par le biais de l'Enquête démographique sur la santé ou d'autres enquêtes normalisées et internationales
telles que SARA, HHFA, STEPS, etc. Les critères suivants sont proposés pour aider à identifier les meilleures sources de données, bien qu'il
soit peu probable que chaque source de données satisfasse à tous ces critères.
Il existe plusieurs types de sources de données : (1) les sources de données internationales, (2) les sources de données nationales/domes-
tiques et (3) la littérature scientifique.
Les sources internationales comprennent les bases de données internationales globales et spécialisées et/ou les bases de données du
système des Nations Unies, celles de l'OMS, de l'UNICEF, du UNFPA et de la Banque mondiale. Nous avons également utilisé les données
de l'Observatoire africain intégré de la santé disponible à l'adresse [Link] qui dispose d'un référentiel d'indicateurs
sanitaires clés pour les pays de la région provenant des diverses sources de données internationales et nationales (avec la contribution
directe des États membres).
La littérature scientifique comprend les publications dans des revues nationales, régionales ou internationales évaluées par des pairs.
Cela peut également inclure la littérature grise (non publiée) qui est basée sur une méthodologie robuste et qui est généralisable à la
situation du pays ou de la région.
NOTE : Certaines données provenant de sources de données internationales et standardisées (qui sont dérivées de méthodologies stan-
dard et validées) peuvent être différentes de certaines valeurs collectées au niveau national via le système de collecte de données de
routine. En effet, pour assurer une certaine comparabilité entre les pays, seules les sources pouvant produire des données pour au moins
une partie des pays de la Région africaine de l'OMS ont été considérées. Par contre, pour les profils pays (2 pages), les pays ont été autorisés
à faire des apports et pour certains indicateurs avec des données issues de sources nationales (pas toujours standardisées) mais validées
et/ou utilisées par le pays dans divers documents.
XI
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Le processus de développement de l'Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022, a nécessité les étapes suivantes :
(a.) Développement de la structure de l'Atlas 2022 en collaboration avec les autres clusters et bureaux pays de l'OMS/AFRO. La structure
s'inspire de la chaîne de résultats du cadre d'actions avec deux sections supplémentaires dédiées au programme général de travail
13 (PGT 13) et au suivi des Objectifs de développement durable
(b.) Identification des sources de données telles que définies ci-dessus ;
(c.) Extraction des données des sources susmentionnées : les données validées les plus récentes ont été utilisées ;
(d.) Examen des données / recoupement des informations supplémentaires avec les programmes et les groupes du Bureau régional de
l'OMS.
(e.) Préparation des matrices de collecte de données sur feuille de calcul Excel, pour la production de graphiques et de tableaux à l'aide
des logiciels Excel et Tableau ;
(f.) Production du premier projet de rapport pour les réactions et les contributions de tous les programmes du Bureau régional de l'OMS
(g.) Deuxième itération du rapport complet et édition de la copie par l'équipe de traduction, d'interprétation et d'impression de l'OMS/
AFRO;
(h.) Production du document final pour validation dans le système de publication électronique ;
(i.) Lancement et diffusion du rapport.
Les premières ébauches ont été élaborées par un groupe de consultants sous la supervision du Bureau régional de l'OMS pour l'Afrique,
puis un processus de révision interne (incluant les pays) a abouti à la version finale.
XII
SECTION I
CONTEXTE
L’Afrique se caractérise par une dispersion spatiale d’une population dynamique, mais dotée d’un faible pouvoir d’achat. Il n’empêche que
les projections démographiques et économiques confèrent à l’Afrique un rôle de premier plan dans la mondialisation. Avec les données
SECTION I. CONTEXTE
démographiques, les grands changements qui s’opèrent sur le continent pourront stimuler la croissance économique, sous l’effet de
nouvelles activités et d’une gouvernance rigoureuse.
Entre 2019 et 2020, la population de la Région s’est accrue de 2,5 %, soit Figure 1.1.1. Répartition de la population, tous sexes
une augmentation de plus de 28 millions de personnes en une seule an- confondus, par Région de l’OMS, 2020 (OMS)
née. Cinq pays (Afrique du Sud, Nigéria, Éthiopie, République démocratique
du Congo et République-Unie de Tanzanie) sur les 47 États que compte la
Région africaine abritent plus de 45 % de la population. Le Nigéria et la 9.4%
République démocratique du Congo accueillent à eux seuls plus de 45 % 26.1%
12%
de la population des communautés économiques régionales d’Afrique de
l’Ouest et d’Afrique centrale, tandis que l’Éthiopie abrite 20 % de la popula-
tion d’Afrique australe et orientale. 13.1%
sonnes, alors que celle de l’Europe et de l’Amérique du Nord s’accroîtra Amériques Asie du Sud-Est
de 0,4 % seulement. En effet, la croissance démographique annuelle en
Europe Pacifique occidental
Afrique est la plus élevée au monde. Elle s’établit à 2,7 % (variant entre 0,8
% au Lesotho et 3,7 % au Niger), contre 1,1 % au niveau mondial au cours
de l’année 2020. Cette croissance s’explique par un taux de fécondité plus élevé que partout ailleurs. La densité de population n’est pas
élevée dans la Région africaine (36 habitants au km2), comparativement à d’autres régions du monde. En réalité, de nombreux pays sont
inhabitables, tandis que d’autres États de plus petite taille comptent un grand nombre d’habitants ou connaissent des concentrations de
population dans certaines villes. La densité de population est un paramètre primordial pour l’application des politiques de santé et pour
les gouvernements de manière plus générale, car elle détermine l’accès aux différents services.
2
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Figure 1.1.2. Densité de la population (population au km²) par pays dans la Région africaine de l’OMS, 2020 (Banque mondiale)
SECTION I. CONTEXTE
52
3.
62
02
5.
52
46 . 27
04
3.
7
46
22 29
22 . 11
21 . 34
22 . 8
20 . 05
15 . 91
8
8.
8
6
23
4
2
13 . 21
13 96
11 . 56
2
10 52
10 . 51
7.
6
94 8
86 8
0.
82 7
1.
7
76 5
.4
.9
69 6
67 9
67 5
56 4
.9
.4
53 6
.5
.9
52 5
50 1
.4
.4
48 2
47 9
.1
39 5
38 1
35 2
.4
.5
26 1
.0
.8
.6
70
24 6
19 3
.7
.5
.4
18 1
.1
17 1
16 1
13 6
8. 5
.3
.7
.1
.4
.7
.6
.1
39
.0
64
75
51
15
09
16
7.
4.
4.
3.
Kenya
Mali
Maurice
Rwanda
Comores
Burundi
Gambie
Nigéria
Sénégal
Sao Tomé-et-Principe
Ouganda
Seychelles
Malawi
Togo
Sierra Leone
Cabo Verde
Ghana
Bénin
Éthiopie
Côte d'Ivoire
Burkina Faso
Guinée équatoriale
Afrique du Sud
Mozambique
RD Congo
Zimbabwe
Lesotho
Guinée-Bissau
Eswatini
RU Tanzanie
Cameroun
Guinée
Libéria
Érythrée
Angola
Zambie
Algérie
Soudan du Sud
Congo
Tchad
Gabon
République centrafricaine
Mauritanie
Bostwana
Namibie
Madagascar
Niger
En effet, les difficultés d’accès aux services, notamment aux services de santé, créent et renforcent des inégalités qui, combinées aux
déficits en matière d’éducation, de genre et de ruralité et au faible statut socioéconomique, font obstacle à la réduction de la pauvreté.
Par exemple, les villes fortement peuplées (Lagos, qui compte 20 millions d’habitants ou Kinshasa qui abrite 14 millions de personnes)
et à très forte densité sont confrontées à d’énormes difficultés qui peuvent être atténuées par une planification holistique des différents
secteurs, y compris la santé.
Le concept de dividende démographique soutient la théorie selon laquelle les pays africains pourraient connaître une accélération de la
croissance économique, accompagnée d’une baisse de la fécondité, ce qui se traduirait par une modification de la structure de la popu-
lation, et de la pyramide des âges. La proportion de la population active devient supérieure au pourcentage de la population non active
(constituée des plus de 65 ans et des moins de 18 ans). C’est à ce point de bascule que le capital humain activera le développement. Il
s’agit là d’un véritable défi, et les pays doivent prêter une attention particulière à la création d’emplois pour entraîner ce développement
et stimuler la croissance économique.
Les taux d’inflation sont restés élevés dans les pays de la Région en 2020, et variaient de 0,4 % (Mali) à près de 30 % (Soudan du Sud), hors
valeurs extrêmes. Le site Web Trading Economics a publié des chiffres relatifs à la Région pour l’année 2022, avec des taux d’inflation qui
vont de 14 % au Bénin à 33,5 % en Éthiopie, à l’exclusion du Soudan et du Zimbabwe, qui enregistrent des taux d’inflation de 149 % et 285
%, respectivement. Ces taux d’inflation à deux chiffres dans la plupart des pays, induits par la flambée des prix alimentaires, compromet-
tent les objectifs en matière de sécurité alimentaire. La guerre en Ukraine et les crises énergétique et environnementale n’offrent aucune
perspective d’amélioration, les économies des pays étant déjà grevées par les conflits agraires et par la crise liée à la COVID-19. Selon la
Banque mondiale, si rien n’est fait, neuf pauvres sur dix dans le monde vivront en Afrique. On estime que 29 millions de personnes sont
tombées dans l’extrême pauvreté, par le seul effet de la pandémie. L’indice de développement humain, l’indicateur composite, a révélé
d’énormes progrès dans plusieurs pays en termes d’accès à l’eau, d’hygiène, de qualité de vie, entre autres. Mais il n’est pas question de
baisser la garde, car ces améliorations pourraient être réversibles dans de nombreux pays si les gouvernements ne structurent pas leurs
systèmes sanitaires et économiques de manière solide et durable. D’ici à 2050, les changements démographiques et l’urbanisation rapide
(plus de 1,1 milliard d’Africains vivront dans les villes) se produiront dans une Afrique prise dans le cercle vicieux de la pauvreté (160 mil-
lions d’habitants vivront dans des quartiers informels et des bidonvilles, près d’un tiers de la population n’auront pas accès à l’eau potable,
à l’assainissement, à l’énergie ou à des installations de mobilité, et 200 millions de jeunes seront sur le point d’entrer sur le marché du
travail, sans grand espoir de trouver un travail décent).
3
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
SECTION I. CONTEXTE
Il existe une corrélation entre la taille des pays ou le nombre de régions qu’ils renferment et le nombre de districts sanitaires dont ils
disposent. Il reste que cette relation n’est pas directe, car un pays comme le Gabon (9 habitants/km²), qui est presque deux fois plus petit
que le Cameroun voisin (58 habitants/km²), compte le même nombre de régions que ce dernier, mais avec seulement un dixième de sa
population. Les autorités locales et régionales (régions/états et niveau infranational) sont les premières autorités publiques à faire face
aux conséquences des situations découlant de la pauvreté et des retards dans la fourniture des infrastructures et des services de base.
La création de districts sanitaires s’explique par l’organisation interne des pays et par l’extrême diversité des réalités. Elle s’appuie sur la
fourniture des services de soins de santé et leur disponibilité dans le pays, ainsi que sur le niveau de revenu de la population. Le rapport
de l’organisme Cités et gouvernements locaux unis souligne les principales actions à mener pour impliquer les autorités locales et régio-
nales dans la mise en œuvre des ODD. Il s’agit notamment d’une meilleure gestion de l’urbanisation et du raccordement des villages, des
villes moyennes et des grandes villes ; de l’allocation de ressources financières suffisantes, en combinant décentralisation des pouvoirs
et décentralisation des ressources ; et de la création d’un réseau d’autorités locales.
4
SECTION II
CIBLES DU TRIPLE
MILLIARD INSCRITES
DANS LE TREIZIÈME PGT :
COUVERTURE SANITAIRE
UNIVERSELLE,
PROTECTION CONTRE
LES SITUATIONS
D’URGENCE SANITAIRE
ET AMÉLIORATION
DE LA SANTÉ DES
POPULATIONS
Le treizième programme général de travail – dont la prolongation jusqu’en 2025 a été approuvée par une résolution de l’Assemblée
mondiale de la Santé – définit la stratégie de l’OMS pour la période quinquennale 2019-2023. Il concentre son attention sur les cibles du
PROTECTION CONTRE LES SITUATIONS D’URGENCE SANITAIRE ET AMÉLIORATION DE LA SANTÉ DES POPULATIONS
SECTION II. CIBLES DU TRIPLE MILLIARD INSCRITES DANS LE TREIZIÈME PGT : COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE,
triple milliard afin d’avoir des effets mesurables sur la santé des populations au niveau des pays. Les cibles du triple milliard à l’horizon
2023 sont les suivantes :
Les effets mesurables sont au cœur de la mission de l’OMS, qui est de transformer l’avenir de la santé publique.
Figure 2.1.1. Indice de couverture des services dans la Région africaine de l’OMS, 2000-2019 (WHS 2022)
44 46 46
39
30
24
Les besoins de planification familiale satisfaits par des méthodes contraceptives modernes chez les femmes âgées de 15 à 49 ans sont un
indicateur qui reflète les inégalités dans la couverture des services de santé reproductive et montre que 56,3 % des femmes mariées ou en
couple ont eu recours à la planification familiale en 2020, contre une moyenne de plus de 75 % dans le reste du monde. En ce qui concerne
les soins prénatals et les accouchements, les familles des zones urbaines et rurales ne sont pas toujours suivies par un personnel de santé
qualifié, ce qui compromet le bien-être et l’avenir de l’enfant. La protection de la santé des nouveau-nés et des adultes passe notamment
par la vaccination, dont la couverture est en recul dans le monde entier, ainsi qu’en Afrique. Cette baisse marquée a été accentuée par la
pandémie de COVID-19, qui a repoussé les objectifs à atteindre et contraint les États à redoubler d’efforts pour rattraper le retard en matière
de vaccination à tous les niveaux, en s’appuyant sur les maigres ressources disponibles. En revanche, depuis 2014, la courbe de couverture
du traitement de la tuberculose affiche une hausse. Cependant, même si les médicaments sont librement accessibles, de nombreux pays
restent à la traîne. À peine un patient atteint de tuberculose sur deux (57 %) reçoit un traitement. La riposte mondiale au VIH/sida a eu
des effets notables dans la Région africaine. À la fin de 2017, en tout 15,3 millions de personnes vivant avec le VIH dans la Région africaine
avaient accès à des médicaments antirétroviraux d’importance vitale. En outre, les femmes enceintes et les enfants, particulièrement en
Afrique, continuent de payer le plus lourd tribut au paludisme. Des progrès significatifs ont été accomplis en termes d’accès universel aux
services de base d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, mais des lacunes considérables subsistent en ce qui con-
cerne la qualité des services fournis. La Région africaine continue d’avoir la couverture la plus faible de toutes les Régions, et seulement
23 % (deux personnes sur 10) de la population a tout au moins accès à des services d’assainissement de base. Le tabac est la première
cause évitable de décès dans le monde et l’Afrique pourrait devenir un terrain de jeu pour les sociétés productrices de tabac.
En 2021, les rapports faisaient état d’une détérioration de la protection financière des ménages, notamment du fait de la baisse des rev-
enus et de l’aggravation de la pauvreté et des inégalités, ce qui éloigne davantage la Région de la couverture sanitaire universelle. Près
de 7,8 % de la population de la Région consacre plus de 10 % de ses revenus aux dépenses de santé. En fait, l’Afrique et l’Asie abrite 97 %
de la population mondiale qui est appauvrie par les dépenses directes de santé. Il est plus que jamais nécessaire d’accélérer la mise en
œuvre de la « Déclaration d’Abuja » pour mobiliser des ressources supplémentaires auprès du secteur public en faveur du secteur de la
santé dans les pays africains.
6
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Figure 2.1.2. Proportion de la population consacrant plus de 10 % de la consommation ou des revenus des ménages aux dépenses
directes de santé (%) en Afrique subsaharienne, 2000-2020 (Banque mondiale)
PROTECTION CONTRE LES SITUATIONS D’URGENCE SANITAIRE ET AMÉLIORATION DE LA SANTÉ DES POPULATIONS
SECTION II. CIBLES DU TRIPLE MILLIARD INSCRITES DANS LE TREIZIÈME PGT : COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE,
7.858 7.717
7.381
6.2
Figure 2.2.1. Moyenne de 13 scores aux principales capacités requises en vertu du Règlement sanitaire international dans la Région
africaine de l’OMS, 2021 (WHS 2022)
77
72
68
68
67
63
60
59
58
57
57
57
56
54
54
54
54
51
51
51
50
48
47
46
46
46
46
44
44
43
41
41
41
41
41
40
40
39
38
37
35
34
34
34
33
31
20
Algérie
Éthiopie
Afrique du Sud
Ouganda
Rwanda
Nigéria
Sénégal
Zimbabwe
Namibie
Kenya
Cabo Verde
Togo
Zambie
Burkina Faso
Libéria
RU Tanzanie
Sierra Leone
Soudan du Sud
Congo
RD Congo
Maurice
Malawi
Seychelles
Guinée
Ghana
Guinée-Bissau
Gambie
Mali
Cameroun
Comores
Érythrée
Eswatini
Mozambique
Angola
Tchad
Burundi
Bénin
Lesotho
Sao Tomé-et-Principe
Bostwana
Guinée équatoriale
Mauritanie
Gabon
République centrafricaine
Côte d'Ivoire
Madagascar
Niger
La préparation et la riposte nécessitent une collaboration entre les pays et les communautés économiques régionales, mais également des
ressources humaines financières et matérielles et efficaces, une approche multidisciplinaire et intersectorielle, sans oublier un véritable
sens des responsabilités. Avant l’apparition de la pandémie de COVID-19, les cinq principales causes d’épidémies étaient le choléra, la
rougeole, la fièvre jaune, la méningite à méningocoques et la grippe, autant de maladies que l’on peut éviter pour la plupart en renforçant
les activités de vaccination systématique. Les flambées prolongées de grande ampleur peuvent être évitées au moyen de la détection
précoce, de la notification et l’application de mesures de contrôle rapides. Le délai médian entre la détection de la flambée et la mise en
œuvre de mesures d’endiguement s’est raccourci, passant de 418 jours en 2016 à 51 jours en 2018.
7
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
PROTECTION CONTRE LES SITUATIONS D’URGENCE SANITAIRE ET AMÉLIORATION DE LA SANTÉ DES POPULATIONS
SECTION II. CIBLES DU TRIPLE MILLIARD INSCRITES DANS LE TREIZIÈME PGT : COUVERTURE SANITAIRE UNIVERSELLE,
Conformément à l’objectif d’amélioration de la santé des populations dans la Région, la prévalence du retard de croissance chez les enfants
de moins de cinq ans diminue lentement, passant de 43,6 % en 2000 à 31,7 % en 2020. Près de 80 % des pays de la Région ont une préva-
lence élevée ou très élevée du retard de croissance chez les enfants de moins de cinq ans. La dénutrition est responsable d’environ 45 %
des décès d’enfants de moins de cinq ans dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Les chiffres régionaux montrent une diminution
de la surcharge pondérale, qui passe de 6,04 % à environ 4,54 % entre 2000 et 2021. Il est manifeste que l’objectif consistant à réduire la
prévalence du surpoids de 50 % d’ici à 2025 pourrait ne pas être atteint si aucune mesure n’est prise.
Figure 2.3.1. Taux de mortalité par suicide (pour 100 000 habitants) dans la Région africaine de l’OMS, 2000-2019 (OMS)
9.21
8.98
8.85 8.74
8.59 8.49 8.48
8.42 8.38 8.42
8.18
7.91
7.77 7.65
7.46
7.32
7.18 7.09 6.98 6.9
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019
Le suicide reste l’une des principales causes de décès dans le monde. Le taux de suicide a baissé au cours des cinq dernières années (2015-
2019), passant de 7,32 % à 6,9 % dans la Région africaine. Cependant, la situation reste alarmante en Afrique australe. Même s’il existe
un lien bien établi entre le suicide et les troubles mentaux, de nombreux suicides surviennent en temps de crise et lorsque les individus
n’arrivent plus à gérer le stress quotidien. L’Afrique n’a pas atteint la cible 3.6.1 des ODD qui visait à réduire de moitié le nombre de décès
et de blessures dus aux accidents de la route à l’échelle mondiale avant 2020. Les taux de mortalité ont diminué dans d’autres régions du
monde entre 2015 et 2019, à l’exception de l’Amérique du Nord et de l’Afrique où ils ont en fait augmenté. La hausse est plus importante
en Afrique orientale et australe (3,0 %) qu’en Afrique subsaharienne (2,2 %), en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale.
L’ambition mondiale de parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici à 2050 établit une nouvelle orientation pour le secteur
de l’énergie. Les pays africains sont particulièrement bien placés pour tirer parti des avantages technologiques de ces changements et
attirer des flux croissants de financements verts. Selon l’OMS, l’Ouganda et la Namibie sont en tête du peloton en matière de consom-
mation d’alcool par habitant, avec une moyenne de 11,8 litres d’alcool par an. Les pays les plus abstinents dans la Région africaine sont
la Mauritanie et les Comores, avec 0,2 litre d’alcool pur par habitant et par an. En outre, 80 % des 1,1 milliard de fumeurs dans le monde
vivent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Cependant, le taux de tabagisme dans la Région africaine de l’OMS est le plus faible
de toutes les Régions de l’OMS. Il ressort par ailleurs d’une étude multipays de l’OMS que 13 à 61 % des femmes interrogées ont déclaré
avoir subi des violences physiques de la part d’un partenaire et que 6 à 59 % ont dit avoir subi des violences sexuelles de la part d’un
partenaire à un moment de leur vie.
8
SECTION III
CIBLES DES ODD
LIÉES À LA SANTÉ
La santé occupe une place importante dans les ODD. « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à
tout âge » est un objectif extrêmement vaste qui touche tous les secteurs. La déclaration des ODD souligne que pour atteindre l’objectif
Figure 3.1.1. Prévalence de l’émaciation chez les enfants de moins de 5 ans dans la Région africaine de l’OMS, 2000-2021 (OMS)
9.9
9.04
7.88
7.23
6.47
6.29
5.8
En 2020, la Région africaine était la plus touchée par le retard de croissance, plus d’un quart (28,2 %) des enfants de moins de cinq ans
ayant été touchés sur le continent. En revanche, seulement 4,2 % des enfants sont en surpoids, ce qui fait de l’Afrique la deuxième Région
la plus touchée par le surpoids chez les enfants de moins de cinq ans après l’Asie du Sud-Est. On estime que 350 millions d’Africains sup-
plémentaires n’ont pas eu un accès régulier à une nourriture adaptée depuis le début de la pandémie de COVID-19. Les femmes enceintes
et les femmes en âge de procréer sont également touchées par la sous-alimentation, ce qui se traduit par une forte prévalence de l’anémie
dans la Région (39,6 %), plus de la moitié des pays ayant un taux de prévalence de l’anémie supérieur à 40 %. Cependant, certains indica-
teurs montrent des progrès positifs, notamment la réduction à moins de 5 % de l’émaciation chez les enfants de moins de cinq ans d’ici
à 2025, et son maintien à ce niveau. Cette cible pourrait être atteinte si la tendance actuelle se poursuit.
10
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
de planification familiale n’est pas satisfait (44 %) ; et le fort taux de natalité >500
chez les adolescentes âgées de 10 à 14 ans qui, avec 102 naissances pour Pas de données
1000 femmes âgées de 10 à 14 ans, est le plus élevé au monde. Hors de la Région africaine
Figure 3.2.2. Prévalence du surpoids chez les enfants de moins de 5 ans dans la Région africaine de l’OMS, 2000-2021 (OMS)
6.39
6.04
4.91
4.6 4.54
4.3 4.2
3.9
Le continent reste soumis à un certain nombre de menaces telles que la tuberculose, le VIH, le paludisme, les maladies tropicales négligées
et les maladies non transmissibles, qui, malgré leur recul, restent bien au-dessus de la moyenne mondiale. Les habitudes de vie (alimen-
tation, tabagisme, consommation d’alcool et de drogues, violence, suicide, etc.), l’abus de médicaments (en particulier les antibiotiques)
et la pollution atmosphérique sont également en augmentation dans cette Région, et la mortalité qui leur est associée est en hausse. La
cible de l’ODD 3.6 visant à réduire de moitié les décès dus à des accidents de la route d’ici à 2020 n’a pas pu être atteinte ; en revanche,
l’objectif consistant à réduire de 5,6 % le nombre d’enfants de moins de cinq ans en surpoids d’ici à 2025 a été réalisé et doit être suivi. Au
lendemain de la pandémie de COVID-19, la Région africaine de l’OMS est confrontée à une réémergence de certaines maladies à prévention
vaccinale telles que la rougeole et la poliomyélite, qui s’explique par la baisse de la couverture vaccinale.
11
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
12
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Les pays doivent faire des efforts supplémentaires et adopter de nouvelles stratégies et lois pour améliorer les indicateurs permettant
de réaliser les ODD liés à la santé d’ici à 2030. La plupart des objectifs sont encore en cours, mais certains sont parvenus à échéance et
ou sont sur le point d’atteindre la date butoir. Quasiment aucun de ces indicateurs n’a atteint sa cible et nécessite une mise à jour. Les
expériences d’autres Régions qui ont enregistré des progrès ou remporté des succès peuvent également être mises à profit et adaptées à
la Région africaine afin de préserver les acquis et de garantir de nouveaux progrès substantiels.
13
SECTION IV
APPORTS ET
PROCESSUS SANITAIRES
Les dépenses de santé n’ont jamais été aussi élevées et les coûts médicaux devraient continuer à croître. Cette hausse peut être en partie
due au vieillissement de la population et à l’innovation médicale. Il est par conséquent plus important que jamais d’évaluer de manière
Moins de 5
5–9.9
10–14.9
15 or more
Pas de données
Figure 4.1.2. Proportion du budget national allouée à la santé (%) dans la Région africaine de l’OMS, 2018 (OMS)
4
.3
13
8
.5
5
11
8
.7
.6
8
.4
.1
10
10
97
10
78
10
44
42
9.
9.
88
9.
9.
55
35
8.
8.
56
8.
25
04
7.
7.
42
7.
0 7
6.
55
43
6.
23
14
07
6
79
5.
5.
46
44
5.
38
5.
26
26
5.
11
4.
4.
4.
4.
4.
4.
4.
23
02
3.
35
3.
11
2.
2.
Afrique du Sud
Namibie
RU Tanzanie
Mali
RD Congo
Nigéria
Lesotho
Sao Tomé-et-Principe
Seychelles
Maurice
Malawi
Gabon
Kenya
Zimbabwe
Sierra Leone
Rwanda
Zambie
Ghana
Mauritanie
Eswatini
Mozambique
Libéria
Ouganda
Côte d'Ivoire
Ethiopie
Gambie
Sénégal
Togo
Guinée
Guinée équatoriale
Guinée-Bissau
Érythrée
Soudan du Sud
Madagascar
Niger
Le continent africain a réalisé des progrès en améliorant certains indicateurs de santé, mais il importe de maintenir ces progrès. En fait,
l’équité en santé, l’optimisation des ressources et l’accès aux services de santé pour tous sont autant de questions qu’il reste à traiter. Il
ne s’agit pas de dépenser plus, mais de le faire plus équitablement. Une mauvaise exécution du budget et la réduction des ressources
disponibles pour la santé se traduisent par des dépenses élevées et des systèmes de santé inéquitables qui ne garantissent l’accès qu’à
ceux qui peuvent payer.
15
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Pas de données
d’alignement stratégique en matière de suivi et d’évaluation sur la stratégie
Hors de la Région africaine
sanitaire nationale. En fait, des systèmes parallèles de collecte de données
sont créés, ce qui affaiblit le système national et, dans les deux cas, ne par-
vient pas à produire des informations de qualité pour la prise de décision.
régulièrement des données de qualité sur les décès et les causes de décès, Processus de prestation
2,69
de services
ainsi que sur le handicap. Ces aspects, qui sont pourtant la « substance
Personnels de santé 2,64
vitale » de la santé publique, rencontrent encore de nombreuses difficultés.
Systèmes de gestion financière 2,64
En outre, plusieurs pays de la Région utilisent/testent diverses solutions de
Infrastructures sanitaires 2,56
collecte des données des patients et communiquent très peu de données
sur le pourcentage d’établissements qui utilisent les dossiers des patients/
les numéros d’identification uniques des patients. Il est nécessaire que les pays mettent en place une architecture consolidée pour ré-
soudre les problèmes de sécurité des données et d’interopérabilité ; seuls 2,77 % des pays disposent d’écosystèmes de santé numérique
pleinement interopérables. En fait, 76 % des pays ont élaboré leur stratégie ou leur plan pour la santé numérique et seuls 14,7 % des
projets de santé numérique ont été menés à bien.
16
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Zimbabwe
Zambie
Sénégal
Mali
Burkina Faso
Cabo Verde
Malawi
Côte d'Ivoire
Burundi
Soudan du Sud
Guinée
Togo
Maurice
Guinée-Bissau
Congo
Tchad
Bostwana
Sierra Leone
Bénin
Érythrée
Gambie
Rwanda
Namibie
Mauritanie
Libéria
Gabon
République centrafricaine
Seychelles
Eswatini
Lesotho
Madagascar
Atteindre le niveau de performance nécessaire pour parvenir à la couverture sanitaire universelle et atteindre les objectifs de dévelop-
pement durable pourrait être compromis tant que le personnel qualifié est insuffisant ou mal géré. En 2018, trois tiers des pays (79 %)
disposaient d’un organisme d’accréditation pour les institutions de formation en santé. Même si des ressources sont consacrées à la
formation du personnel de santé, la Région africaine présentait la plus faible densité de médecins (2,9 médecins pour 1 000 habitants)
par rapport aux autres régions de l’OMS en 2020. Seuls 28 % des pays étaient au-dessus de la moyenne régionale pour les médecins, à
l’exclusion des spécialistes (principalement les pays à revenu élevé). Le continent est confronté à un exode des médecins formés sur
place vers les pays développés. La même pénurie est observée pour les personnels infirmiers et obstétricaux. En effet, l’Afrique compte
12,9 personnels infirmiers pour 10 000 habitants, tandis que l’Europe et l’Amérique en comptent plus de 80. Jusqu’à présent, seuls quatre
pays (Seychelles, Namibie, Maurice et Afrique du Sud) ont atteint ou dépassé le seuil de densité de 4,45 médecins pour 1 000 habitants,
fixé par les objectifs de développement durable.
ponible, est plus difficile à estimer pour tous les pays de la Région africaine. 10–30
Il est donc difficile de déterminer l’état de préparation pour répondre à une <10
crise ou une situation critique telle que la pandémie de COVID-19. Pas de données
17
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
73
63
48 47
44 44 43 41 41 39
33 32 31 29 29
26
20 19
14
Kenya
Seychelles
Zimbabwe
Malawi
Tchad
Libéria
Zambie
Togo
Eswatini
Ouganda
Sierra Leone
Burkina Faso
Burundi
Éthiopie
RD Congo
Bénin
Mauritanie
Soudan du Sud
Niger
L’OMS estime toujours que plus de la moitié de la population de la Région africaine n’a pas pleinement accès aux médicaments essentiels.
Dans la plupart des pays, les scores de production concernant les médicaments essentiels restent faibles. En ce qui concerne les stocks
de produits essentiels, de nombreux pays d’Afrique subsaharienne sont habitués aux pénuries de médicaments dans les hôpitaux et les
pharmacies. Le score de préparation des pays concernant les produits de santé, pour ceux qui disposent de données, est très faible. Une
analyse menée par l’OMS pendant la pandémie de COVID-19 a montré que la Région africaine avait un score moyen de préparation de 33
% pour le déploiement des vaccins contre la COVID-19, ce qui est inférieur au niveau de référence fixé à 80 %. Des méthodes innovantes
sont nécessaires pour améliorer les chaînes d’approvisionnement, la demande et la commande de médicaments, la communication entre
les établissements et les districts, et la prévision des besoins futurs.
18
SECTION V
PRODUITS DU
SYSTÈME DE SANTÉ
5.1 Accès
5.2 Demande
5.3 Qualité
5.4 Résilience
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
5.1 Accès
En moyenne, les systèmes de la Région ne sont en mesure d’assurer que Figure 5.1.1. Indice d’accès aux services de santé
47,4 % de l’accès potentiellement possible aux services essentiels. dans la Région africaine de l’OMS, 2020 (OMS/AFRO)
L’accès aux services essentiels est suivi grâce à trois critères essentiels, le
score le plus bas à l’échelle régionale étant le critère essentiel de l’accès
physique (29,6), comparé à l’accès financier (55,2) et à l’accès socioculturel
(57,4). Les populations ne peuvent pas se rendre dans des établissements
fournissant des services essentiels. Pour avoir le plus grand impact sur
l’accès aux services, la Région doit investir relativement plus dans des in-
terventions qui permettront de surmonter les obstacles physiques aux ser-
20–39 (faible couverture)
vices. Il s’agit notamment d’investir non seulement dans l’accroissement du 40–59 (couverture moyenne)
nombre de personnels de santé, mais aussi dans les infrastructures et les 60–79 (couverture élevée)
fournitures médicales destinées aux communautés qui n’ont pas du tout ≥80 (couverture très élevée)
d’unités de prestation de services ou dont le nombre d’unités de prestation Pas de données
de services est insuffisant. Hors de la Région africaine
20
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
5.2 Demande
fournissent les services dont les gens ont besoin pour assurer leur santé
et leur bien-être.
5.3 Qualité
L’indice de qualité des soins indique que la qualité des soins ne représente, Figure 5.3.1. Indice de qualité des soins dans la
dans la Région, que 62,3 % de ce qui est possible. Cet indice a considérable- Région africaine de l’OMS, 2020 (OMS/AFRO)
ment varié d’un pays à l’autre, de 39,7 % à 84,7 %. La Namibie, Maurice et
les Seychelles affichent plus de 80 %. La qualité des soins est surveillée
au moyen de trois critères essentiels, le score régional le plus faible étant
le critère essentiel du suivi de l’expérience des usagers (54,9), compara-
tivement à la sécurité du patient (61,0) et à l’efficacité des interventions
fournies (70,8). La Région doit investir relativement plus dans des interven-
tions telles que les initiatives en faveur des soins centrés sur la personne
qui amélioreront l’expérience globale des utilisateurs d’un bout à l’autre du
20–39 (faible couverture)
processus de soins, afin d’avoir le plus grand impact possible sur la qualité
40–59 (couverture moyenne)
des soins.
60–79 (couverture élevée)
21
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
5.4 Résilience
capacité complémentaire à répondre à un événement à l’origine d’un choc. 20–39 (faible couverture)
22
SECTION VI
RÉSULTATS SANITAIRES
L’état de santé et de bien-être est fonction des niveaux d’évolution des dimensions se rapportant aux résultats – les services de santé et
les services connexes souhaités par la population. Pour le développement durable, ces services doivent prendre en compte toutes les
Figure 6.1.1. Pourcentage d’établissements de santé offrant des services de soins prénatals dans la Région africaine de l’OMS,
2012-2019, OMS/AFRO
97 96 93 93 91 91 90 90 90
82 85
80 78
72 71 68
57
48
Région africaine
Sierra Leone
-
Tchad
Togo
Zimbabwe
Bénin
Zambie
Libéria
Burkina Faso
RU Tanzanie
Éthiopie
RD Congo
Mauritanie
Burundi
Kenya
Eswatini
Seychelles
Niger
Une attention particulière doit être accordée aux services destinés à la petite enfance tels que la vaccination, la croissance et le dévelop-
pement, mais aussi les soins curatifs. Dans la Région, 68 % des établissements de santé des pays disposant de données sont dotés de
services complets de soins obstétricaux et néonatals d’urgence. En moyenne, moins d’une femme enceinte sur deux en Afrique accouche
avec l’assistance de personnel de santé qualifié, et seulement 12 % de celles qui ont besoin de soins d’urgence pour elles-mêmes et leurs
nouveau-nés en bénéficient. En effet, neuf établissements sur 10 offrent les trois services essentiels de soins préventifs et curatifs aux
enfants de moins de cinq ans. Les adolescents et les jeunes (âgés de 10 à 24 ans) représentent un tiers de la population de la Région.
Cependant, la disponibilité des services destinés aux adolescents n’est que de 65 %.
Chez les adultes exposés à des maladies non transmissibles, les services doivent être accessibles et adaptés. La prise en charge de l’hy-
pertension a été perturbée dans 59 % des pays et la prise en charge des complications liées au diabète dans 56 % des pays en raison de la
crise liée à la COVID-19. La fermeture ou le ralentissement des services est susceptible d’aggraver davantage les affections sous-jacentes
des patients, entraînant des cas plus graves de maladies non transmissibles. Cela aggrave aussi la susceptibilité des personnes atteintes
de maladies chroniques à la COVID-19. Les pays doivent prévoir des prestations de santé essentielles plus complètes afin d’assurer la
disponibilité des services pour tous.
24
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
76–89
Dans la Région, le nombre d’enfants de moins de cinq ans présentant des Pas de données
symptômes de pneumonie et conduits dans un établissement de santé Hors de la Région africaine
pour y être traités a augmenté entre 2016 et 2019, passant de 47 % à 57
%, et le nombre d’enfants présentant des symptômes de fièvre conduits
dans un établissement de santé pour y être traités est passé de 57,2 % à
60 % au cours de la même période. Du fait de l’accès limité à l’eau potable Cabo Verde Comores Maurice Sao Tomé- Seychelles
et-Principe
et à l’assainissement et l’hygiène adéquats, cette classe d’âge est restée la
principale victime de la diarrhée. Les stratégies de prise en charge de cette
maladie ont permis de réduire la mortalité à 437 000 décès en 2018, soit trois fois moins qu’en 2000.
Les personnes vivant avec le VIH qui connaissent leur statut représentent 67 % [de toutes les personnes vivant avec le VIH] dans la Ré-
gion, avec de grandes variations entre les pays, tandis que la couverture de la transmission mère-enfant est de 87 %. Pour mettre fin à la
transmission mère-enfant du VIH, des efforts sont encore nécessaires, en particulier pour réduire plus drastiquement le nombre de cas
de transmissions par l’allaitement. En ce qui concerne la prévention du paludisme, 38 pays africains ont adopté le traitement préventif
intermittent pendant la grossesse (TPIp) afin de réduire la charge du paludisme pendant la grossesse. La couverture par trois doses de
TPIp (TPIp3) est passée de 1 % en 2010 à 16 % en 2015 et à 32 % en 2020, mais reste bien en deçà de l’objectif d’au moins 80 %. Dans
la Région, 31 pays ont planifié des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII), et la couverture par la
pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l’intérieur des habitations représentait 5,3 % de l’ensemble de la population exposée au
paludisme dans la Région africaine en 2020.
En ce qui concerne la chimio-prévention des maladies tropicales négligées, on a enregistré une baisse globale de la couverture de 2018-
2019 à 2020 en Afrique : filariose lymphatique (de 63,4 % à 41,8 %), onchocercose (de 73,8 % à 47,1 %), géohelminthiases (de 66,4 % à
44,6 %), trachome (de 64,2 % en 2019 à 23,8 %). Cette baisse générale pourrait être due au manque d’approvisionnement prolongé en
médicaments, qui a certainement été accentué par la crise liée à la COVID-19, ce qui a entraîné une réorientation des ressources et la révi-
sion des priorités. Cette crise sanitaire a mis en lumière la santé mentale, qui a toujours été négligée dans la Région africaine. On compte
en effet un psychiatre pour 500 000 habitants, soit 100 fois moins que la recommandation de l’OMS. En fait, la couverture des services de
santé mentale grave dans la Région est de 0,072 pour 100 000 habitants.
25
Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
38.2 38.8
36.9 37.6
35.6 36.3
34.3 35
33 33.7
31.7 32.4
30.4 31.1 30.5 31.1
29.2 29.8 29.4 30
28.5 28.3 28.9
27.2 27.8
26.1 26.7
25 25.6
23.9 24.5
22.9 23.4 22.8
22.4 21.8 22.3
20.9 21.4
20 20.5
19.1 19.6
18.2 18.7
17 17.4 17.8
15.8 16.2 16.6
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Les facteurs de risque induisent des comportements et des modes de vie favorables à la santé en termes d’alimentation, d’activité phy-
sique, etc. La prévalence de l’allaitement exclusif des enfants jusqu’à six mois dans la Région est de 45,7 %. Cela signifie que moins d’un
enfant de moins de six mois sur deux a été exclusivement nourri au sein dans la Région entre 2010 et 2018. L’allaitement précoce est
essentiel pour la survie du nouveau-né et pour la mise en place de l’allaitement à long terme. En fait, trois nouveau-nés sur cinq ne sont
pas allaités dans l’heure qui suit leur naissance.
La Région africaine présente les taux d’anémie les plus élevés chez les enfants âgés de 6 à 59 mois (60,2 %) et le deuxième taux d’anémie
le plus élevé chez les femmes en âge de procréer (40,4 %) par rapport à la Région de l’Asie du Sud-Est en 2019. La prévalence de l’activité
physique insuffisante chez les adultes de plus de 18 ans d’âge montre une moyenne globale de 22,10 % de manque d’activité physique
chez les adultes. C’est l’un des principaux facteurs de risque de maladies non transmissibles. Par ailleurs, les femmes (25,63 %) sont moins
actives physiquement que les hommes (18,4 %) dans la Région. Cela peut expliquer pourquoi les femmes (38,8 %) souffrent davantage
de surpoids et d’obésité que les hommes (22,8 %). Cette affection augmente au fil du temps dans la Région et a des conséquences sur la
santé (MNT).
26
SECTION VII
IMPACT SUR LA SANTÉ
Les niveaux de performance des systèmes de santé publics varient considérablement, tant en termes d’investissement que de résultats
obtenus. De même, le classement des performances n’est pas toujours cohérent avec l’impact sur la santé. Cela laisse à penser que les
la grossesse et de l’accouchement sont les principales causes de décès chez Hors de la Région africaine
les filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde, et les pays à revenu faible ou
intermédiaire représentent 99 % des décès maternels dans le monde entier
chez les femmes âgées de 15 à 49 ans. En outre, le taux de fécondité total Cabo Verde Comores Maurice Sao Tomé- Seychelles
et-Principe
est en baisse dans toutes les régions. Dans la Région africaine, il reste élevé
avec 4,5 enfants par femme en 2017. Toutefois, ce taux a diminué au cours
des 30 dernières années, passant d’une moyenne de 6,6 à 4,5 enfants par femme dans la Région entre 1980 et 2017.
7.2 Morbidité
La Région est régulièrement confrontée à une recrudescence des flambées de maladies à prévention vaccinale. La mobilité des personnes
dans la Région, y compris les déplacements dus aux conflits et à d’autres catastrophes naturelles, couplée au changement climatique qui
bouleverse l’écologie et la propagation des vecteurs de maladies infectieuses, accroît le risque de flambées épidémiques de fièvre jaune,
de choléra et de paludisme. Entre janvier et mars 2022, près de 17 500 cas de rougeole ont été notifiés dans la Région africaine, soit une
augmentation de 400 % par rapport à la même période de l’année précédente. Les pays doivent atteindre et maintenir une couverture
vaccinale de 95 % pour éliminer la rougeole. En 2021, treize pays ont signalé des flambées épidémiques de fièvre jaune en Afrique, contre
neuf en 2020. En décembre 2018, 168 pays sur 194 avaient introduit le vaccin contre la rubéole et la couverture mondiale était estimée à
69 %. Toutefois, cela ne suffit pas en Afrique et en Asie du Sud-Est, où les taux de syndrome de rubéole congénitale sont les plus élevés.
En 2021, l’Afrique comptait deux tiers des personnes vivant avec le VIH dans le monde. L’incidence des infections à VIH dans le monde a
diminué de 39 % entre 2010 et 2020, bien en deçà de la cible de 75 % définie par l’Assemblée générale en 2016. Les mesures visant à ralentir
la propagation de la COVID-19, ainsi que les pressions supplémentaires exercées sur les systèmes de santé, ont perturbé les services de
lutte contre le VIH. Environ 70 % des cas d’hépatite B dans le monde sont concentrés en Afrique, tandis que 28 pays africains disposent
désormais d’un programme national de lutte contre l’hépatite. Des plans stratégiques contre l’hépatite ont été élaborés dans 21 pays et 17
pays disposent de directives thérapeutiques et de dépistage alignées sur les lignes directrices de l’OMS. Chaque jour, plus d’un million de
personnes dans le monde contractent une infection sexuellement transmissible (MST). La Région africaine est particulièrement touchée
par la prévalence élevée de ces infections, qui ont un impact sur la santé et la qualité de vie. La Région africaine de l’OMS continue de
payer le plus lourd tribut au paludisme. En 2020, la Région africaine a enregistré 228 millions de cas de paludisme (soit 95 % de l’ensemble
des cas) et 602 000 décès dus à cette maladie (soit 96 % de l’ensemble des décès dus à cette maladie). Quatre-vingts pour cent de tous les
décès dus au paludisme dans la Région concernent des enfants de moins de 5 ans.
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Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Le risque pour une femme d’Afrique subsaharienne de développer un cancer avant l’âge de 75 ans est de 14,1 %, le cancer du sein (4,1 %)
et le cancer du col de l’utérus (3,5 %) représentant à eux seuls la moitié de ce risque. La croissance et le vieillissement de la population,
Les anomalies congénitales figurent parmi les principales causes de mortalité infantile, de morbidité chronique et d’invalidité. Ces mala-
dies et anomalies peuvent être présentes à la naissance ou acquises ultérieurement. La prévalence du faible poids à la naissance chez les
nouveau-nés, mesurée à la naissance en Afrique subsaharienne, était de 9,76 %. Parmi les 10 pays enregistrant les taux les plus élevés de
naissances prématurées pour 100 naissances vivantes, huit étaient africains en 2016. La plupart des mortinaissances (84 %) se produisent
dans les pays à faible revenu et dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. En 2019, trois mortinaissances sur quatre sont
survenues en Afrique subsaharienne ou en Asie du Sud. La plupart des mortinaissances sont dues à des soins de mauvaise qualité pendant
la grossesse et l’accouchement. En dépit des progrès enregistrés dans les services de santé visant à prévenir ou à traiter les causes des
décès d’enfants, les progrès dans la réduction du taux de mortinatalité ont ralenti (baisse de 2,3 % par an au cours des 20 dernières années).
Figure 7.3.1. Taux de mortalité due au VIH/Sida (pour 100 000 habitants) dans la Région africaine de l’OMS, 2010-2018 (OMS)
89.66
79.74
71.96
64.73
59.07
54.32
50.03
46.69
43.91
Plus de 500 000 personnes meurent chaque année de la tuberculose en Afrique, malgré la gratuité du dépistage et du traitement de cette
maladie dans tous les pays. Environ 44 personnes sur 100 000 sont mortes du sida en 2018. Parallèlement, le taux de mortalité maternelle
reste très élevé, avec plus de 525 décès pour 100 000 naissances. En dépit de son taux de mortalité maternelle très élevé, l’Afrique subsa-
harienne a connu une réduction substantielle du taux de mortalité maternelle d’environ 38 % depuis 2000. Avec 96 % de tous les décès
dus au paludisme en 2020, l’Afrique supporte le plus lourd fardeau de la morbidité palustre.
En 2021, la COVID-19 a tué 113 102 personnes sur le continent, ce qui donne un chiffre officiel de plus de 300 décès chaque jour. Selon
les projections actuelles, 23 000 décès – soit environ 60 décès par jour – devraient être enregistrés pendant toute l’année 2022. La barre
(officielle) des 12 millions de personnes infectées (4 millions rien qu’en Afrique du Sud) a été franchi au premier trimestre 2022, tandis que
le nombre de décès dépasse désormais 254 000.
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Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Près d’un enfant sur 10 décède encore avant son cinquième anniversaire 10–24.9
25–49.9
en Afrique subsaharienne (95 décès pour 1 000 naissances vivantes). Le pa-
50–74.9
ludisme et la malnutrition touchent particulièrement les enfants de moins
75–100
de cinq ans dans certaines régions. Entre 2010 et 2016, les taux pour 100 Pas de données
000 adolescents sont passés de 235,0 à 211,8 pour les jeunes hommes et Hors de la Région africaine
de 223,4 à 196,0 pour les jeunes femmes. Il y a une différence entre les pays
en ce qui concerne les taux de mortalité des adolescents. Par ailleurs, au
sein des pays, des différences existent également en matière de taux de
mortalité entre les hommes et les femmes. Par exemple, le taux de mortalité Cabo Verde Comores Maurice Sao Tomé- Seychelles
et-Principe
des adolescents au Nigéria se classe au quatrième rang pour les femmes et
au 15e rang pour les hommes.
De 2010 à 2016, la mortalité des adultes dans la Région africaine a également diminué de 14,5 % en sept ans (passant de 324 à 277). Dans
la Région comme à l’échelle mondiale, les données indiquent la surmortalité des hommes dans presque tous les pays. Dans la plupart
des pays, il faut améliorer les données sur la mortalité, ainsi que celles relatives au taux de natalité et à d’autres aspects de l’état civil,
afin d’en tirer les meilleurs enseignements et de mettre en œuvre les mesures de prévention les plus efficaces. En l’absence de systèmes
d’enregistrement des faits d’état civil efficaces, les décès doivent souvent être estimés à partir de données imparfaites.
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Atlas des statistiques sanitaires africaines 2022 – Analyse de la situation sanitaire de la Région africaine – Rapport de synthèse
Malgré les progrès considérables réalisés en termes d’espérance de vie et d’accès aux soins de santé dans la Région africaine, de nombreux
défis subsistent. La couverture sanitaire universelle est l’un de ces objectifs qu’il faut privilégier et auquel il faut allouer des ressources
financières, infrastructurelles et humaines. Des domaines tels que les maladies non transmissibles, les systèmes de santé (y compris la
prestation de services, les systèmes d’information sanitaire, le financement, les personnels de santé et les infrastructures) doivent être
renforcés. Cela inclut également le bien-être, ainsi que la santé maternelle et infantile.
Les pays de la Région doivent donner la priorité à la révision des politiques et/ou des stratégies de santé en y intégrant des interventions
ciblées pour atteindre les objectifs fixés pour 2030, notamment le renforcement de la collaboration intersectorielle (Une seule santé),
ainsi que le plaidoyer et les partenariats axés sur les priorités des pays. L’objectif fixé dans le cadre de la Déclaration d’Abuja de 2001 doit
également être considérée comme une priorité absolue dans les programmes nationaux, en mobilisant davantage de ressources endog-
ènes pour la santé, tout en assurant l’efficacité de la résilience du système de santé à tous les niveaux de la pyramide du système de santé.
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