Diagnostic initial (à faire tout de suite)
1. Vérifier l’état des poteaux 15×15 cm : fissures, corrosion des armatures apparentes,
éclats de béton, humidité.
2. Scanner les armatures ou sondage pour connaître : diamètre et nombre d’armatures
longitudinales, qualité du béton (résistance approximative), recouvrement et ancrage.
3. Vérifier les fondations existantes : profondeur, type (semelle isolée, radier, etc.),
largeur, fissures, tassements visibles. Si inconnu → sondage géotechnique.
(ces contrôles sont indispensables avant de décider d’augmenter la charge).
Première remarque technique importante
Un poteau de 150×150 mm est généralement trop faible pour reprendre une charge d’un
bâtiment R+3 (4 niveaux au total avec RDC) — les règles usuelles recommandent des
sections minimales plus larges (typiquement ≥200–225 mm, fréquemment 230×230 mm ou
plus selon la charges). Donc il y a une forte probabilité qu’il faille renforcer les poteaux
et/ou les fondations.
Options de renforcement (si les
poteaux/fondations sont insuffisants)
Je liste les solutions courantes — le choix dépendra du diagnostic et du sol.
1) Chemisage des poteaux (solution courante)
● Principe : augmenter la section des poteaux.
● Méthode classique :
○ Nettoyage et élimination du béton délabré ; scannage des barres existantes ;
ancrage par barres d’extension (ou scellement chimique) ; coffrage autour du
poteau pour obtenir la nouvelle section (ex. passer 150×150 → 250×250 ou
300×300 selon calcul).
○ Incorporer nouvelles armatures longitudinales (ex. 4 à 8 barres Ø16–Ø20
selon calcul) et étriers rapprochés (ex. tous les 100 mm pour confinement si
nécessaire) ; bétonnage et cure.
● Alternatives techniques : chemisage en acier pour renforcer sans gros surépaisseur
(utile si espace limité).
● Le détail (épaisseur du manteau, nombre/diamètre des barres, longueur d’ancrage)
doit être calculé par l’ingénieur.
2) Renforcement des fondations (si fondations
insuffisantes)
● Si les semelles existantes ne supportent pas la charge, options courantes :
○ Semelles élargies (sous-façonnement / agrandissement) si sol porteur
proche et accessible ;
○ mini-pieux (très utilisé pour soutenir fondations existantes sans grandes
vibrations et en faible recul) : forer petits pieux armés et les relier par un
massif de béton (poutre de répartition). Très adapté si sol porteur profond ou
sol faible.
○ Dalle radier : couler un radier généralisé pour répartir charges si le niveau
des sols et la config. le permettent.
● Là encore : choix dépend du rapport de sondage et du calcul de capacité portante.
Procédure recommandée (pas à pas)
1. Ne pas charger le bâtiment (pas d’élévation de plancher ni d’entreposage lourd)
avant expert.
2. Commander un sondage géotechnique (1 à 3 points selon surface) + un
diagnostic structurel (ferroscan + carottage si besoin).
3. Faire établir par un ingénieur structure : note de calcul complète (poteaux, poutres,
planchers, fondations) pour R+3 et notes de renforcement si nécessaires.
4. Exécuter travaux de renforcement selon plans (chemisage, micropieux, semelles
élargies) sous contrôle d’un BET ou ingénieur.
5. Essais et contrôles (béton, charges d’essai des micropieux si réalisés, etc.).
Quelques repères pratiques (pour te faire
une idée)
● Section minimale souvent recommandée pour habitations G+2/G+3 : ≥230×230 mm
(dépend fortement du schéma porteur et charges). Un 150×150 est généralement en
dessous de cette pratique.
● Chemisage : épaisseur efficace du manteau souvent entre 50 mm et 150 mm selon
renforcement demandé ; confinement avec étriers rapprochés (ex. 100 mm) si on
veut améliorer l'utilité. Ne l’applique pas « à l’œil » — dimensionnement nécessaire.