Chapitre 9 - Quelle action publique pour l’environnement ?
I. Les multiples acteurs de l’action publique pour l’environnement
A. Une mise à l’agenda par des relations de conflit et coopération entre acteurs
multiples
B. Une mise en oeuvre par des acteurs publics situés à diverses échelles
II. Les instruments économiques sont-ils efficaces pour faire face aux externalités
négatives sur l’environnement?
A. Intérêt et limites de la réglementation
B. Intérêt et limites de la taxation et des subventions à l’innovation verte
C. Intérêt et limites des marchés des quotas d’émission
III. Quelles sont les contraintes des négociations internationales pour préserver le climat
comme bien commun ?
A. Les contraintes liées aux stratégies de passager clandestin
B. Les contraintes liées aux inégalités de développement
I. Les multiples acteurs de l’action publique pour l’environnement
A. Une mise à l’agenda par des relations de conflit et coopération entre acteurs
multiples
Glyphosate : herbicide Les Acteurs Les Arguments
Favorable au glyphosate Agriculteurs conventionnels Efficacité et augmentation
qui utilisent le glyphosate du rendement et des profits
Syndicats : FNSEA / JA Moins de pénibilité et pas
(jeunes agriculteurs) d’alternatives
Entreprise Monsanto Gain de productivité, produit
racheté par Bayer efficace
(producteur)
Continuer à être
Experts scientifique (agence concurrentiel et compétitif
européenne des produits
chimiques) Pas de preuve que c’est
dangereux pour la santé
Des partis politiques
(président, ministre de Expérience qui montrent la
l’agriculture) sûreté du produit
Montre que c’est la
mauvaise utilisation du
produit qui le rend
dangereux : son utilisation
correct n’aurait aucun effet
Soutiennent les agriculteurs
: la dimension économique
Défavorable au glyphosate Les agriculteurs bio C’est dangereux pour les
cultures, l'environnement et
Les experts scientifiques la santé
(OMS)
Un coût non négligeable
Association de défense de
l’environnement Montre le lien de causalité
(GreenPeace) entre l'utilisation des
pesticides et l’augmentation
ONG (à but non lucratif) notable des cancers ou
maladies reliés : montre le
Partis politique (partis caractère nocif pour la santé
écologiste)
S’opposent au glyphosate
Toutes personnes touchées total, principe de précaution
par les effets nocifs du (rien que le doute est
glyphosate => collectivités, suffisant)
ils vont participés à des
rassemblement,... S’opposent ardemment au
pesticides dont le
glyphosate.
Mise à l’agenda : processus qui vise à transformer un problème en un problème public,
susceptible de faire l’objet d’une décision politique.
Problèmes publics : ensemble des problèmes perçus comme nécessitant l’intervention des
pouvoirs publics.
Action publique : action des pouvoirs publics (lois, réglementations, discours, campagne
de communication) en vue de traiter les problèmes publics inscrits à l’agenda politique.
exemple glyphosate : nocif pour la santé et l’environnement => acteurs : associations,
ONG dénoncent les effets dans les médias => interdiction du glyphosate : questionnement
=> pour ou contre le glyphosate => loi, réglementation
lois (interdiction du roundup, méthode d’utilisation plus stricte (tenue de sécurité), utilisation
réglementé, dimension européenne)
Glyphosate historique
- 2017 - Macron s’oppose au glyphosate
- 2022 - tensions entre agriculteurs et l’Etat : enjeu économique (on finit par s’abstenir)
- La commission européenne a tranché et a donné l’accord d’utiliser le glyphosate
pendant 10 ans supplémentaires (jusqu’en 2033).
- Des ONG accusent la commission européenne de ne pas protéger la santé :
procédure d’opposition
Les rapports des scientifiques vont aider les politiques et les associations.
Coopérations - comportement où chacun poursuit ses intérêts en prenant en compte ceux
des autres, ou agit au nom d’intérêts communs pour “co-opérer”, c'est-à-dire agir ensemble.
Conflits - affrontement entre des acteurs aux intérêts ou valeurs distincts : individus (conflits
inter individuel) ou groupes sociaux (conflits sociaux) (Lobby : groupes de pression)
Dans l’ensemble sur le glyphosate, les lobbys sont les syndicats des agriculteurs et les
associations environnementales. Ils font pression sur les pouvoirs publics.
Aujourd'hui les entreprises embauchent des lobbyistes pour défendre leur cause.
Autres exemples :
- Méga bassines
- pour les agriculteurs : peuvent irriguer leur champ, ne peuvent pas produire
sans
- pour les écologistes : l’eau est un bien commun, donc stockée par les
agriculteurs et pas utilisable par les populations. En pleine sécheresse et
qu’on demande à la population de réduire donc on ne peut justifier leur accès
à une grande quantité d’eau.
- PFAS (polluants éternel)
- contre : parlement et association - polluant toujours présent après 20 ans,
donc terre, nourriture, environnement pollué
- pour : industriel - n’ont pas de solution autre
Des groupes d’intérêt (ONG et des laboratoires d’idées (Think Tanks)) et des mouvements
citoyens (la militante suédoise Greta Thunberg se joint à une manifestation de jeunes pour
le climat devant le siège des Nations Unies à New York le 30 août 2019.)
=>
Les entrepreneurs de causes font exister les problèmes environnementaux dans le débat
public.
=>
- Les médias reprennent les images et témoignages, mènent des enquêtes et
sensibilisent l’opinion publique et les pouvoirs publics sur les enjeux liés à
l’environnement.
- Les partis politiques hiérarchisent dans leur programme la place des problèmes
environnementaux, proposent des solutions. Le personnel politique débat sur ces
enjeux.
- Les experts (chercheurs…) se saisissent des questions environnementales,
évaluent les risques qui y sont associés et produisent des recommandations.
- Les pouvoirs publics (gouvernements, collectivités régionales et locales) identifient
les problèmes environnementaux, les mettent à l’agenda politique et envisagent des
actions publiques.
- Les entreprises volontairement ou sous pression de l’opinion, des médias et des
pouvoirs publics, intègrent des préoccupations environnementales. Depuis 2012, les
entreprises de plus de 50 salariés sont tenues de publier un bilan carbone (émission
de GES, entre autres).
B. Une mise en oeuvre par des acteurs publics situés à diverses échelles
Principe de subsidiarité : choisir la meilleure échelle pour parvenir à différentes fins. Principe
européen qui dit que il faut utiliser les échelles les plus efficaces (ex : tri de déchet : locale)
En plus : La signification et la finalité générales du principe de subsidiarité résident dans
l’octroi d’un certain degré d’indépendance à une autorité subordonnée vis-à-vis d’une
autorité de niveau supérieur, notamment d’une autorité locale envers le pouvoir central. Il y
va donc du partage des compétences entre les divers échelons de pouvoir, principe qui
constitue le fondement institutionnel des États à structure fédérale.
Appliqué au cadre de l’Union, le principe de subsidiarité sert de critère régulateur de
l’exercice des compétences non exclusives de l’Union. Il exclut l’intervention de l’Union
lorsqu’une question peut être réglée efficacement par les États membres eux-mêmes au
niveau central, régional ou local. Il ne légitime l’exercice par l’Union de ses pouvoirs que
lorsque les États membres ne sont pas en mesure de réaliser les objectifs d’une action
envisagée de manière satisfaisante et que l’action au niveau de l’Union peut apporter une
valeur ajoutée.
Échelle internationale - on signe des accords avec plusieurs pays
- Les accords de Paris (COP 21)
- COP 28 : transition pour réduire les énergies fossiles
- Acteurs : associations écologistes, ONG, pays qui subissent le réchauffement
climatique
- Autre acteurs : pays qui ont leur avantage comparatif sur le pétrole, ceux qui
dépendent du pétrole, pays des Emirats, compagnies industrielles pétrolières comme
Total
Echelle locale
- ex : gratuité des transports en communs => réduit les émissions, le trafic routier
- décision politique pour réduire les pollutions dans les grandes améliorations,
transition écologiques
Echelle nationale
- Bonus écologique (en fonction du revenu)
- Lois, prime à la conversion (passer d’une voiture polluante à une moins polluante)
- Les échelles peuvent se superposer, au-delà du bonus écologique national à Angers,
on peut avoir une aide supplémentaire pour l’achat d’un vélo électrique (200 à 300
euro), chaque agglomération va pouvoir rajouter d'autres règles.
Locale Nationale Européenne Mondiale
Investissement Elaboration de Normes européennes Accords
dans des politiques normes de protection, marché internationaux sur
ou des environnementales, de quotas. Gestion les problématiques
équipements à politique d’économie des engagements globales sur
vocation d’énergie, mise en internationaux pris l’environnement et
environnementales place d’une taxation par l’UE. le climat.
Bilan IB
L'action publique pour l'environnement est mise en œuvre à différentes échelles, aussi bien
locales, nationales, européennes, que mondiales. L'enjeu est justement de trouver quel est
l'échelon le plus pertinent des politiques environnementales, ou comment articuler leurs
différents échelons, pour qu'elles soient le plus efficaces possible.
Le climat étant un bien commun mondial, l'échelon international s'avère indispensable pour
mettre en place des structures d'expertise et de négociations. L'Organisation des Nations
unies (ONU) a ainsi créé en 1988 le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du
climat (GIEC), qui a joué un rôle fondamental dans la conclusion ultérieure des accords
climatiques comme le protocole de Kyoto de 1997 ou l'accord de Paris de 2015, accords
ayant permis de fixer des objectifs globaux en matière de réduction des gaz à effets de
serre. Mais la mise en œuvre concrète des engagements peut être décidée au niveau
européen (comme avec la mise en place du marché des quotas), ou au niveau national
(avec la mise en place de taxations ou de réglementations). Les régions, départements ou
communes, peuvent même être mieux placées que l'Etat pour, par exemple, organiser un
réseau de transports en commun permettant de limiter les déplacements en véhicules
individuels.
II. Les instruments économiques sont-ils efficaces pour faire face aux externalités
négatives sur l’environnement?
Politiques climatiques : regroupe les mesures prises par les pouvoirs publics pour
améliorer le climat. Il y en a 4 : la réglementation, la taxation, les subventions, les marchés
de quotas.
A. Intérêt et limites de la réglementation
Un moyen simple de s'assurer que le niveau optimal de pollution soit atteint par les
agents consiste à leur imposer des normes, qui peuvent être de différentes natures.
La norme d'émission consiste en un plafond maximal d'émission de produits polluants qui
ne doit pas être dépassé sous peine de sanctions administratives, pénales ou financières.
(emission de 95g de CO2 par km des voitures)
Dans la mesure où les agents pollueurs ont économiquement intérêt à polluer (ils subissent
un coût de dépollution), la norme assure qu'ils choisiront toujours exactement le niveau
maximal de pollution autorisé, ni plus ni moins. Si la norme est correctement spécifiée,
l'objectif du planificateur est alors atteint.
Les normes de procédé imposent aux agents l'usage de certains équipements dépolluants
ou de certaines pratiques dépolluantes, souvent les moins polluantes du moment : ce sont
les « best available technologies » et obligent les agents à adopter certaines techniques
pour produire un bien ou un services. (isolation des bâtiments neufs)
Les normes de qualité spécifient les caractéristiques souhaitables du milieu récepteur des
émissions polluantes (taux de nitrates dans l'eau potable par exemple).
Les normes de produit imposent des niveaux donnés limites à certaines caractéristiques
des produits (taux de phosphates dans les lessives, etc), et imposent des caractéristiques
aux produits eux-mêmes. (interdiction du chlorofluorocarbone dans les réfrigérateurs et les
climatiseurs en raison de son action destructrice sur la couche d’ozone).
Réglementation Principes de fonctionnement et Avantages Limites y compris
exemples dysfonctionnement
de l’action publique
Atteindre un niveau optimal de S’attaque Augmentation des
pollution grâce à des normes : directement au coûts du produits
d’émission de qualité, de problème en
produit, de procédés interdisant ou Socialement injuste
limitant l’utilisation car s’applique à tous
Réglementation sur le et certains n’ont pas
carburant, la limitation du poids Pas de coût les ressources
embarqué, les avions ont divisé économique direct financières pour la
par les 2 leurs émissions en transition
intensité, mais l’émission absolu Efficace : cible un
a doublé (effet rebond) dû à une problème précis Dumping
plus grande accessibilité environnemental
(prendre l’avion coûte pas cher) Efficace car c’est
contraignant Des coûts indirect
Règlement thermique : fixer des car il faut qu’on
limites de consommation Exigeante et peut vérifie si la règle est
énergétiques pour les bâtiments s’étendre à respectée (le
résidentiels neufs plusieurs domaine : contrôle est
atteindre la coûteux), si trop
Loi climat et résilience neutralité carbone laxiste, il y aura de
la fraude (inefficace)
Normes (réglementations et
lois) Coût économique et
sur l’emploi car plus
Outils contraignants, on risque concurrentiel face
des sanctions (amendes aux entreprises à
prisons) l’étranger donc
croissance
économique en
baisse et chômage
en hausse
Fraude (diesel
GATE), volkswagen
essaie de ne pas
respecter les règles
(ligne de code pour
tricher)
Une réglementation
qui peut baisser les
émissions en
intensité mais les
émissions absolus
augmentent car
coûte moins cher et
donc plus
accessible
Exemple :
La loi Climat et résilience propose d'aller plus loin et d’interdire la location de toutes les
passoires thermiques à partir de 2028.
B. Intérêt et limites de la taxation et des subventions à l’innovation verte
Taxe carbone : également appelée contribution climat-énergie , s’appuie sur le principe du
pollueur / payeur, en donnant un prix au carbone, elle vise à limiter les émissions de gaz
responsables du changement climatique.
Principes de Avantages Limites y compris
fonctionnement et dysfonctionnement
exemples de l’action publique
Taxation Fiscalité, Internaliser les Certains coût pour
prélèvement imposé externalités (donne les ménages (pas
un coût) (les de neutralité fiscale)
Plus on pollue, plus producteurs doivent
on paye intégrer les coûts de Pas adaptés à tous
leur pollution) (ménages modeste
Principe de pollueur en difficultés)
payeur Moins de
combustibles Pas assez de
Prix à payer pour les fossiles soutien aux citoyens
émissions de CO2 qui sont dans la
Davantage transition
Taxe carbone : d’énergie
élasticité prix renouvelables, Baisse de la
(capacité à changer encourager la demande
d’habitudes), transition
sentiment écologique, si la Perte de bien être
d’injustice, taxe est fixée à un
rendement bon signal Ceux qui peuvent
budgétaire prix = incite absorber les coûts
changements = et se passer de
moins d’émission voiture et ceux qui
ne peuvent pas.
Augmentation Élasticité prix
progressive pour (beaucoup ne sont
permettre à chacun pas informé sur les
de s'adapter primes)
Contraignant donc Taux d’actualisation
efficace (payer beaucoup à
court terme pour la
Effet rebond transition)
Création d’emploi Il faudrait une
non délocalisable -> transition acceptable
recette fiscale ++ -> dans de bonnes
payer subvention conditions avec des
vertes solutions viables
pour tous
Paie des projets
environnementaux Si taxe = pas
-> transition internationale =
écologique compétitivité
Délocalisation ->
dumping fiscal
Si le seuil de taxes
n’est pas bien fixé
(trop faible) / prix =
change rien
Si trop fort = fraude
La taxe Pigou (en plus)
Le principal effet des externalités est que le coût privé diffère du coût pour la société. Par
exemple, quand une usine pollue, son coût (dit privé) est plus faible que le coût social,
puisqu’elle n’intègre pas la pollution qu’elle génère dans ses coûts. Raisonnant uniquement
sur le coût privé (qui est faible), elle va produire plus que si elle prenait en compte le coût
social (qui intègre le coût de traitement des déchets). L’externalité négative va donc
engendrer une surproduction.
Pigou propose de mettre en place une taxe du montant de l’externalité, afin que le coût
social soit le coût effectif pour la firme. La mise en place d’une telle taxe devrait ainsi réduire
les effets négatifs.
A titre d’exemple, un raisonnement du même type a été appliqué dans le cadre de la taxe
carbone : en taxant les pollueurs, on s’attend à ce que ces derniers réduisent leur pollution
Subvention à l’innovation verte
Subvention est une aide financière (écologique) dans le but d’une transition écologique.
Exemple : bonus écologique : aide financière pour l’achat d’un vélo écologique
Principes de Avantages Limites y compris
fonctionnement et dysfonctionnement
exemples de l’action publique
Subvention Stimule Problème de
Incite les agents consommation vers financement par
économiques à la transition => + l’Etat => distorsion
modifier leurs d’emplois économique
habitudes
+ local Délocalisation =>
(incitation)
crée tensions (ceux
Investissement R&D qui en bénéficient et
ceux qui n’en
bénéficient pas)
C. Intérêt et limites des marchés des quotas d’émission
Marchés des quotas d’émission : espace dans lequel les pays (industriels de ces pays) de l’UE
s’achètent des droits de polluer
Principes de Avantages Limites y compris
fonctionnement et dysfonctionnement
exemples de l’action publique
Le marché de quotas Espace dans lequel Normes / seuil qui Fausse concurrence
d’émission les pays (industriels incite aux envers ceux qui
de ces pays) de l’UE changements n’ont pas ce quota
s’achètent des droits
de polluer Normes Incite la
environnementales délocalisation
Raréfier quotas CO2 Moderniser les Efficace que si
infrastructures contrôle fort, danger
1 quota = 1 T de de spéculation
C02 Entreprises
vertueuses sont
Outil incitatif récompensées
Les autorités fixent
les seuils
III. Quelles sont les contraintes des négociations internationales pour préserver le climat
comme bien commun ?
A. Les contraintes liées aux stratégies de passager clandestin
Rivalité Non rivalité
Exclusivité biens privés bien de clubs
Non exclusivité (gratuit) biens communs bien publics ou collectifs
accessible à tous
Rivalité : la consommation d’un agent empêche l’autre agent d’en disposer
Le climat est un bien commun car quand on prend les ressources naturelles, les autres ne
peuvent pas les prendre et lorsqu’on pollue, ça pollue pour tous.
Rapport du GIEC : le GIEC fait des scénarios du futur selon les méthodes mis en œuvre
sous forme de probabilité. Ce sont les informations scientifiques sur lesquelles les
négociations vont s’appuyer.
Enjeux de la COP 28
- valoriser les technologies de captation / stockage de CO2
- réduction des énergies fossiles
- évaluer les progrès depuis les Accords de Paris sur l’objectif d’une augmentation de -
de 2% de la température
- le partage du risque, création d’un fond d’indemnisation (tout le monde donne de
l’argent pour aider au financement qui subissent le réchauffement climatique (dans
l'hémisphère sud notamment)
Le non intérêt du respect des accords de Paris
- Aucun intérêt car ceux qui respectent les accords vont plutôt être sanctionnés que
être récompensé car ils vont avoir une perte de compétitivité par rapport à ceux qui
ne font rien donc les pays ont tous intérêt à jouer au passager clandestin.
- Les pays ont donc intérêt à profiter des actions des autres sur le climat sans que eux
ne fassent rien. Donc ils sont passagers clandestin.
Types de passager clandestin
- 1er type : ceux qui ne vont pas ratifier les accords (totalement assumé)
- 2ème type : ceux qui vont ratifier les accords mais qui dans les faits ne vont pas
appliquer les accords (seulement 17 ont mis en oeuvre)
- 3ème type : vont être d’accord mais vont agir en free rider quand il s’agit de financer
pour les autres (partage du risque / fond d’indemnisation) (les principaux émetteurs
ne sont pas les principaux contributeurs à la limitations)
Les passagers clandestins du climat
Imaginons deux pays frontaliers qui cherchent à réduire leurs émissions de GES, afin de
lutter contre le dérèglement climatique. Les experts ont recommandé des investissements
massifs afin de renouveler le capital productif trop polluant des pays. Chaque pays doit alors
s’engager à investir 100 millions d’euros dans des technologies vertes chaque année durant
10 ans. On peut modéliser la situation sous la forme d’un dilemme du prisonnier, à travers le
tableau suivant.
-
Pays A Investir dans des technologies vertes Ne rien faire
Pays B
Investir dans des Le dérèglement climatique est limité. Le pays A poursuit dans son modèle
technologies vertes de croissance et bénéfice des efforts
du pays B (léger ralentissement des
hausses de températures)
Ne rien faire Le pays B poursuit dans son modèle de Le dérèglement climatique se
croissance et bénéfice des efforts du poursuit.
pays A (léger ralentissement des
hausses de températures)
Les pays ont peu d’intérêts à agir et toujours le dilemme du prisonnier, si tout le monde
respecte ça fonctionne mais dès que tout le monde ne le fait pas, ça provoque un
dysfonctionnement qui incite les autres pays à agir également en free rider car ils n’auront
aucun intérêt.
Dilemme du prisonnier
Le dilemme du prisonnier appliqué à l’environnement illustre pourquoi les pays, bien
qu’ayant tout intérêt à protéger la planète, hésitent à coopérer pleinement. Chaque État sait
que réduire la pollution ou investir dans des technologies vertes entraîne un coût
économique à court terme. Si un pays agit seul pendant que les autres continuent de
polluer, il supporte ce coût sans bénéficier d’un véritable impact climatique global. À
l’inverse, s’il choisit de ne rien faire, il profite à court terme tout en comptant sur les efforts
des autres. Mais si tous adoptent cette stratégie égoïste, personne ne fait d’effort, et le
résultat est catastrophique pour tous : dégradation climatique, catastrophes naturelles,
pertes économiques. Ce paradoxe met en lumière la nécessité d’accords internationaux
forts pour garantir la coopération environnementale.
Les lobbys des énergies fossiles sont très puissants. Des accords peu ambitieux car “il
faudrait”. Il y a des conflits d’intérêts.
Bilan 3.A.
Un climat de qualité est un bien commun environnemental : il s'agit d'un bien rivale mais non
excluable (puisqu'on ne peut priver un agent économique de sa consommation, même s'il
n'en paye pas le coût, en ne fournissant aucun effort de diminution des émissions de gaz à
effet de serre, dégradant ainsi la qualité du climat pour les autres agents économiques. Des
pays peuvent alors vouloir adopter des stratégies de passager clandestin, espérant espérer
obtenir les gains d'une action collective (les réductions d'émissions de GES réalisées par les
autres pays) sans en avoir supporté les coûts (c'est-à-dire sans réduire ses propres
émissions). Les Etats-Unis, en se retirant dès l'élection de Donald Trump de l'accord de
Paris, semblent adopter une telle stratégie, mais elle peut également concerner des pays
restés dans l'accord, mais qui, en l'absence de sanctions si leurs réduction des émissions de
GES sont insuffisantes, peuvent préférer ne pas mettre en place les politiques nécessaires à
la protection de l'environnement pour ne pas en subir les coûts économiques.
B. Les contraintes liées aux inégalités de développement
On remarque que les pays en développement augmentent leurs émissions car ils produisent
beaucoup. Ils ne vont donc pas accepter des accords qui vont empêcher leur croissance
donc développement. Les pays développés ont baissé leurs émissions car leur
développement est terminé.
Le réchauffement climatique s’aggrave, avec une augmentation continue des émissions de
gaz à effet de serre, ce qui entraîne des conséquences majeures comme la montée du
niveau de la mer et la multiplication des événements climatiques extrêmes. Ce phénomène
révèle de fortes inégalités entre les pays. Les pays les plus pauvres, qui ont le moins
contribué à la pollution, sont paradoxalement les plus touchés et les plus vulnérables. À
l’inverse, les pays les plus riches, historiquement responsables des émissions, sont mieux
protégés et continuent souvent à aggraver le problème. Ces inégalités se retrouvent aussi à
l’intérieur des pays, où les populations les plus démunies subissent davantage les effets du
réchauffement tout en disposant de moins de ressources pour s’y adapter. Cette situation
constitue une double peine pour les plus pauvres, et rend plus difficile la mise en œuvre
d’une action collective efficace à l’échelle mondiale. En plus des écarts entre pays, les
inégalités se manifestent aussi entre les individus : les plus riches, du fait de leur niveau de
consommation élevé et de leur mode de vie, émettent bien plus de gaz à effet de serre que
les plus modestes. Ce sont donc ceux qui contribuent le plus au réchauffement qui en
subissent le moins les effets, ce qui rend encore plus complexe la réduction des inégalités
face à la crise climatique.
Bilan III.B.
Les inégalités de développement entre pays peuvent faire obstacle à la conclusion d'accords
internationaux de préservation du climat. Les pays développés, qui ont les premiers connu la
révolution industrielle, ont en effet une responsabilité historique dans la concentration des
gaz à effet de serre. Aujourd'hui encore, et même si la Chine et l'Inde font partie des pays
les plus polluants, les émissions de GES par habitant sont bien plus élevées dans les pays
développés que dans ceux en développement.
C'est d'ailleurs pour cela que le protocole de Kyoto de 1997, qui imposait à ses signataires
une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, ne s'applique qu'aux seuls pays
industrialisés. L'accord de Paris de 2015, par lequel les signataires s'engagent (sans
dispositif contraignant) à contenir entre 2°C et 1,5 °C le réchauffement par rapport à l'ère
pré-industrielle, s'applique lui à tous les pays, mais prévoit pour les mêmes raisons des
dispositions spécifiques pour les pays en développement, qui disposent de plus de temps
pour réduire leurs émissions, et bénéficieront d'un fonds d'aide à la transition écologique de
100 milliards par an financé par les pays développé, au nom de la dette écologique de ces
derniers.