Structure
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Structures algébriques
Chapitre 11.
Structures algébriques
Soit E un ensemble non vide. Une loi de composition interne (LCI en abrégé) est une application :
J : E ˆ E ÝÑ E
On adopte une notation infixe : pour px, yq P E ˆ E, on notera xJy au lieu de J px, yq. On peut utiliser
divers symboles tels que J, ˆ, `, ¨, ˝, b, ` ...
Exemples
– Opérations usuelles ” ` ” et ” ˆ ” sur les ensembles de nombres (N, Z, Q, R, C)
– Soit n P N˚ . Sur Kn (K “ R ou C), on définit pour x “ px1 , ¨ ¨ ¨ , xn q, y “ py1 , ¨ ¨ ¨ , yn q P Kn :
"
x ` y “ px1 ` y1 , ¨ ¨ ¨ , xn ` yn q
x ˆ y “ px1 .y1 , ¨ ¨ ¨ , xn .yn q
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1.2 Vocabulaire
Associativité
Exemple Les exemples de lois de composition interne précédentes sont toutes associatives sauf le
produit vectoriel.
Élément neutre
@x P E, xJe “ eJx “ x
Il ne peut exister qu’un seul neutre : en effet si e1 et e2 sont deux éléments neutres pour la loi J,
e1 “ e1 Je2 “ e2 .
Commutativité
Ainsi, si J admet un neutre e, alors e commute avec tout élément de E. J est dite commutative si et
seulement si @a, b P E, aJb “ bJa.
Exemples
– ” ` ” et ” ˆ ” sur les ensembles usuels (N, Z, Q, R, C) sont commutatives.
– ” ` ” et ” ˆ ” sur Kn sont commutatives.
– Sur E “ F pX, Xq, ˝ n’est pas commutative dès que X a au moins deux éléments. En effet
supposons que X possède deux éléments a, b avec a ‰ b. Considérons f : X ÝÑ X et g :
t ÞÑ a
X ÝÑ X : on a f ˝ g paq “ a et g ˝ f paq “ b ‰ a. Donc g ˝ f ‰ f ˝ g.
t ÞÑ b
– L’addition des vecteurs est commutative.
– ” ` ” est commutative sur KN .
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1.3 Monoïdes
Un monoïde est un couple pE, Jq où E est un ensemble (non vide) et J une loi de composition interne
associative admettant un neutre sur E.
Exemples
– pN, `q , pN, ˆq , pZ, `q , pR, `q , pR, ˆq.
– pKn , `q de neutre p0, ¨ ¨ ¨ , 0q.
– pKn , ˆq de neutre p1, ¨ ¨ ¨ , 1q.
– pF pX, Xq , ˝q de neutre IdX .
– pF pX, Rq , ˆq de neutre la fonction constante égale à 1.
– pF pX, Rq , `q de neutre la fonction nulle.
– pKN , `q de neutre la suite nulle.
Un monoïde est dit commutatif lorsque J est commutative. Dans ce cas il est fréquent d’utiliser une
notation additive ` pour remplacer J . On note généralement 0E le neutre de ` sur E .
y “ yJe
“ yJ pxJzq
“ pyJxq Jz
“ eJz
“ z
Donc y “ z. Ceci prouve que si x est inversible ses inverses à gauche et à droite sont égaux. L’unique
élément de E tel que yJx “ xJy “ e s’appelle l’inverse de x pour J et se note x´1 .
Remarque Pour une loi additive on parle plutôt d’opposé et on note ´x au lieu de x´1 .
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Propriétés
` ˘´1
– Si x est inversible, x´1 aussi et x´1 “x
– Si x et x sont inversibles alors xJx aussi et pxJx1 q´1 “ x1´1 Jx´1 . En effet
1 1
` ˘´1 ` 1´1 ´1 ˘
x ` x1 J x Jx “ xJeJx´1
“ xJx´1
“ e
xJy “ xJz ñ y “ z
yJx “ zJx ñ y “ z
Remarque Si x est inversible à gauche (respectivement à droite) alors x est régulier à gauche (res-
pectivement à droite).
En effet, soit x1 un inverse de x à gauche, et y, z P E. Alors :
xJy “ xJz ñ x1 J pxJyq “ x1 J pxJzq
` ˘ ` ˘
ñ x1 Jx Jy “ x1 Jx Jz
ñ eJy “ eJz
ñ y“z
De même, si x est inversible, alors x est régulier.
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Si J est commutative et notée de manière additive, on note nx au lieu de xn , qui se définit alors par
0x “ 0E et @k P N, pk ` 1q x “ kx ` x.
1.6.2 Propriétés
Démonstrations
(1) Soit Hn : « @m P N, xn`m “ xn Jxm »
xpn`1q`m “ xn`pm`1q
“ xn Jxm`1
Montrons alors que @m P N, xm`1 “ xJxm a . C’est vrai pour m “ 0 car x0`1 “ xJx0 . Si
c’est vrai pour m P N, alors
xpm`1q`1 “ xm`1 Jx
“ pxJxm q Jx
“ xJ pxm Jxq
“ xJxm`1
xpn`1q`m “ xn J pxJxm q
“ pxn Jxq Jxm
“ xn`1 Jxm
a. Le résultat n’est pas trivial : en en effet on ne suppose pas que J est commutative, et dans la définition les termes sont
inversés.
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2. Groupes
2.1 Définitions et exemples
2.1.1 Groupe
Un groupe est un monoïde pG, ¨q tel que tout élément de G admet un inverse pour ” ¨ ”.
En d’autres termes, un groupe est un couple pG, ¨q où G est un ensemble non vide, ” ¨ ” une loi de
composition interne sur G associative, admettant un neutre et telle que tout élément de G admet un
inverse pour ” ¨ ”.
Le Groupe pG, ¨q sera dit commutatif (ou abélien) si et seulement si ” ¨ ” l’est.
Proposition
śn
Si pE1 , J1 q, ¨ ¨ ¨ , pEn , Jn q sont des groupes alors E “ k“1 Ek muni de la loi :
est groupe. De plus, si les groupes pE1 , J1 q, ¨ ¨ ¨ , pEn , Jn q sont commutatifs alors pE, Jq l’est aussi.
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Exemples
– pZ, `q, pQ, `q, pR, `q, pC, `q sont des groupes commutatifs.
– pKn , `q et ppK˚ qn , ˆq sont groupes commutatifs.
– Pour n P N˚ , pZ{nZ, `q est un groupe (commutatif).
– Soit pE, ¨q un monoïde, on note U pEq l’ensemble des éléments inversibles de E par ” ¨ ”. On a vu
que x, y P U pEq ñ x ¨ y P U pEq. Ainsi, ” ¨ ” devient une loi de composition interne sur U pEq
et pU pEq , ¨q est un groupe :
˝ ” ¨ ” est associative, admet un neutre. En effet e P U pEq car e ¨ e “ e ñ e´1 “ e.
˝ Si x P U pEq, x´1 est aussi dans U pEq donc x est inversible dans U pEq.
– Pour pZ, ˆq, U pZq “ t˘1u donc pt˘1u , ˆq est un groupe.
– Pour pK, ˆq avec K “ R ou C, U pKq “ Kz t0u “ K˚ donc pK˚ , ˆq est un groupe.
– Soit X ‰ ∅, E “ F pX, Xq muni de ˝. U pEq est l’ensemble des bijections de X dans X noté
S pXq et pS pXq , ˝q est un groupe.
– Si X est fini, on sait que S pXq est fini et Card S pXq “ pCard Xq!. pS pXq , ˝q n’est pas com-
mutatif dès que X possède trois éléments distincts a, b et c. Pour x, y P X, soit : a
Txy : X ÝÑ X
x ÞÑ y
y ÞÑ x
t R tx, yu ÞÑ t
On a donc Txy P S pXq car Txy ˝ Txy “ IdX . Or Tab ˝ Tbc paq “ b, Tbc ˝ Tab paq “ c et b ‰ c donc
Tab ˝ Tbc ‰ Tbc ˝ Tab donc pS pXq , ˝q n’est pas commutatif.
– En particulier, pour n P N˚ , on note Sn au lieu de S pv1, nwq. pSn , ˝q est appelé le groupe symétrique,
non commutatif dès que n ě 3 et de plus fini.
` ˘ ` ˘
– Soit n P N˚ , E “ Z{nZ, 9̂ . On a vu
␣ que, pour k P Z,
( ` k est inversible
˘ dans Z{nZ, 9̂ si et seulement
si k ^ n “ 1. Ainsi, U pZ{␣nZq “ k|k( ^ n “ 1 et U pZ{nZq , 9̂ est un groupe commutatif fini.
Par exemple, U pZ{12Zq “ 1, 5, 7, 11 .
` N ˘
– K , ` est un groupe commutatif
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2.1.2 Sous-groupes
(1) e P H
(2) @x, y P H, x´1 ¨ y P H
ñ « Easy ! »
ð ˝ H ‰ ∅ car e P H.
˝ Soit x P H, alors x´1 “ x´1 ¨ e P H car e, x P H.
` ˘´1
˝ Soient x, y P H, x ¨ y “ x´1 ¨ y P H car x´1 , y P H.
– En notation additive, H est un sous groupe de pG, `q si et seulement si :
(1) H ‰ ∅
(2) @x, y P H, x ` y P H
(3) @x P H, ´x P H
Exemples
(1) Soit pG, ¨q un groupe de neutre e. Alors G et teu sont des sous-groupes de G.
(2) – Z est un sous-groupe de pQ, `q.
– Q est un sous-groupe de pR, `q.
– R est un sous-groupe de pC, `q.
– U est un sous-groupe de pC˚ , ˆq
– @n P N˚ , Un est un sous groupe de pC˚ , ˆq.
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Exercice
(1) Soit H Ă C˚ . Montrer que :
(a) pH, ˆq sous groupe fini de pC˚ , ˆq ùñ Dn P N˚ { H “ Un
(b) H finie et stable par ˆ ùñ Dn P N˚ { H “ Un
(2) Soit H P R.
$
& Dα P R{ H “ αZ
(a) Montrer que si H est un sous groupe de pR, `q alors ou
H est dense dans R
%
?
(b) Application : montrer que toute fonction continue sur R et admettant 1 et 2 comme pé-
riodes est constante.
Proposition
č
Démonstration @i P I, e P Hi car Hi est un sous-groupe. Soient x, y P Hi , alors pour tout i P I,
iPI
x P Hi et y P Hi donc x´1 ¨ y P Hi .
˝ 0 “ n ˆ 0 P nZ
˝ @p, q P Z, nq ´ np “ n pq ´ pq P nZ
Soit H un sous-groupe de pZ, `q. Si H “ t0u, alors H “ 0Z. Si H ‰ t0u, soit x P H ˚ , alors ´x P H.
H contient donc un entier naturel non nul, c’est-à-dire H X N˚ ‰ ∅. Soit donc n “ min pH X N˚ q,
nombre qui existe car toute partie non vide de N admet un plus petit élément. Montrons que H “ nZ.
– n P H donc n ` n “ 2n P H puis, par récurrence, @k P N, kn P H. De même, ´n P H donc
@k P Z, kn P H. Ainsi nZ Ă H.
– Soit m P H, D pq, rq P Z2 tels que m “ nq ` r et 0 ď r ď n ´ 1. nq P nZ et r “ m ´ nq P H
car H est un sous-groupe de pZ, `q. Supposons que r ą 0, r P H X N˚ et r ă n, ce qui contredit
alors la définition de n. Donc r “ 0 donc m “ nq P nZ donc H Ă nZ
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Exercice Soit pa, bq P Z2 ∖ p0, 0q. En utilisant la propriété montrée ci-dessus, montrer que :
"
aZ ` bZ “ pa ^ bqZ
aZ X bZ “ pa _ bqZ
On rappelle que :
– a ^ b : le PGCD de a et b
– a _ b : le PPCM de a et b
Petite histoire C’est l’histoire d’un sous-groupe engendré par une partie
Soit S Ă G, considérons F l’ensemble des sous-groupes H tels que S Ă H. On note que F ‰ ∅ car
G P F . Posons gr pSq Ă H l’intersection de tous les sous-groupes de G qui contiennent S. C’est donc
un sous-groupe d’après la proposition 2.1.3.
Si H est un sous groupe de G qui contient S, alors gr pSq Ă H donc gr pSq est le plus petit sous-groupe
qui contient S. On le nomme sous-groupe de G engendré par S. On dira donc que S engendre G ou
que G est engendré par S si et seulement si gr pSq “ G.
On remarque immédiatement que gr p∅q “ teu où e est le neutre de pG, ¨q. Soit x P G, on note gr pxq
le sous-groupe engendré par txu. x P gr pxq donc x2 “ x ¨ x P gr pxq puis, par récurrence,
␣ k
n
( P N, x P
@n
´1 k
gr pxq. De la même façon , x P gr pxq donc @k P Z, x P gr pxq. Ainsi, L pxq “ x |k P Z Ă gr pxq.
Mais :
(1) x P L pxq car x “ x1
` ˘n
(2) Pour n, m P Z, xn ¨ xm “ xmn puis x´1 “ x´n donc @x, y P L pxq, x´1 ¨ y P L pxq.
␣ (
L pxq est un sous-groupe de G qui contient x donc gr pxq Ă L pxq donc gr pxq “ L pxq “ xk |k P Z .
Définition
On dit que G est monogène si et seulement si il existe x P G tel que G “ gr pxq. On dit que x est
cyclique si et seulement si il est monogène et fini.
Exemples
– pZ, `q est monogène car Z “ gr p1q “ gr p´1q.
– nZ “ gr pnq dans pZ, `q où n P Z.
– pUn , ˆq est cyclique car Un est un sous-groupe muni d’une loi donc un groupe, Un est fini de
2iπ
cardinal n et Un “ gr pωq où ω “ e n .
` ˘
– pZ{nZ, `q est cyclique car Z{nZ “ gr 1 et Card Z{nZ “ n.
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Soient pG, ¨q et pH, ‹q deux groupes et f : G ÝÑ H. On dit que f est un morphisme de groupes si et
seulement si @x, y P G, f px ¨ yq “ f pxq ‹ f pyq.
Exemples
` ˘
– ln est un morphisme de groupes de R˚` , ˆ dans pR, `q.
` ˘
– exp est un morphisme de groupes de pR, `q dans R˚` , ˆ .
` ˘ ` ˘
– Pour α P R, x P R˚` ÞÝÑ xα est un morphisme de groupes de R˚` ˆ dans R˚` , ˆ .
` ˘
– φ : C˚ ÝÑ R˚` est un morphisme de groupes de pC˚ , ˆq dans R˚` , ˆ .
z ÞÑ |z|
– ψ : C˚ ÝÑ C˚ est un morphisme de groupes de pC˚ , ˆq dans pC˚ , ˆq.
z ÞÑ z
– t ÞÝÑ eit est un morphisme de groupes de pR, `q dans pU, ˆq.
Remarque Soit pG, ¨q un groupe, H un sous-groupe de G. Alors ¨ devient par restriction une loi de
composition interne sur H et pH, ¨q est un groupe.
Vocabulaire
– Soit pG, ¨q et pH, ‹q deux groupes. Un morphisme de groupes bijectif de G dans H est appelé
isomorphisme de groupes.
– Deux groupes sont isomorphes s’il existe un isomorphisme de l’un dans l’autre.
– Un morphisme de groupes de G dans G est un endomorphisme de G.
– Un endomorphisme bijectif est un automorphisme de G.
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(3) Soit G1 un sous-groupe de pG, ¨q. Alors f pG1 q est un sous-groupe de pH, ‹q .
(4) Soit H1 un sous-groupe de pH, ‹q. Alors :
Démonstrations
(1) On a f peG q “ f peG ¨ eG q “ f peG q ‹ f peG q. Soit z l’inverse de f peG q dans H. Alors eH “
z ‹ f peG q ‹ f peG q “ f peG q.
z ‹ f peG q “ looooomooooon
eH
(2) (a) Soit Hn : « f pxn q “ pf pxqqn »
` ˘ ` ` ˘˘0
– C’est vrai pour n “ 0 car f x0 “ f peG q “ eH “ f x0 .
– Si c’est vrai pour n P N, alors
f xn`1 “ f pxn ¨ xq
` ˘
“ f pxn q ‹ f pxq
“ pf pxqqn ‹ f pxq
“ pf pxqqn`1
` ˘ ` ˘ ` ˘
(b) On a eH “ f peG q “ f x ¨ x´1 “ f pxq ‹ f x´1 donc f x´1 “ pf pxqq´1 .
`` ˘n ˘ ` ` ´1 ˘˘n
(c) Pour n P N, f px´n q “ f x´1 “ f x “ pf pxqq´n .
(3) – eG P G1 donc eH “ f peG q P G1 .
– Soient z, t P f pG1 q, montrons que z ´1 ‹ t P f pG1 q. On sait que Dx, y P G1 tels que
f pxq “ z et f pyq “ t. Alors
z ´1 ‹ t “ pf pxqq´1 ‹ f pyq
` ˘
“ f x´1 ‹ f pyq
` ˘
“ f x´1 ¨ y
Or x´1 ¨ y P G1 car G1 est un sous-groupe donc z ´1 ‹ t P f pG1 q.
(4) (a) Montrons que f ´1 pH1 q est un sous-groupe :
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Proposition
(1) Soient pG, ¨q, pH, ‹q et pL, Jq trois groupes et f : G ÝÑ H et g : H ÝÑ L des morphismes de
groupes. Alors g ˝ f est un morphisme de pG, ¨q dans pL, Jq.
(2) Soient pG, ¨q et pH, ‹q deux groupes et f : G ÝÑ H un isomorphisme de groupes. Alors f ´1 est
un isomorphisme de pH, ‹q dans pG, ¨q.
Démonstrations
(1) Soient x, y P G, alors :
g ˝ f px ¨ yq “ g pf px ¨ yqq
“ g pf pxq ‹ f pyqq
“ g pf pxqq Jg pf pyqq
“ g ˝ f pxq Jg ˝ f pyq
f ´1 pz ‹ tq “ f
(2) Soient z, t P H, montrons que looooomooooon ´1
pzq ¨ f ´1 ptq. On a
looooooooomooooooooon
u v
` ´1
˘ ` ´1
˘ ` ˘ ` ˘
f puq “ f f pz ‹ tq “ z ‹ t et f pvq “ f f pzq ¨ f ´1 ptq “ f f ´1 pzq ‹ f f ´1 ptq “ z ‹ t
f puq “ f pvq et f est injective donc u “ v.
Application Soit pG, ¨q un groupe. On note Aut pGq l’ensemble des automorphismes de G. On a
Aut pGq Ă S pGq, et de plus :
– IdG P Aut pGq
– @f, g P Aut pGq, f ˝ g P Aut pGq
– f ´1 P Aut pGq
Ainsi, Aut pGq est un sous-groupe de pS pGq , ˝q.
3. Anneaux et corps
3.1 Définitions, règles de calcul, exemples
3.1.1 Définitions
Un anneau est un triplet pA, `, ˆq où A est un ensemble non vide, ` et ˆ des lois de composition
internes telles que :
(1) pA, `q est un groupe commutatif de neutre OA (on parle de zéro de A).
(2) pA, ˆq est un monoïde de neutre 1A .
(3) ˆ est distributive à gauche et à droite par rapport à ` : @a, b, c P A, pa ` bq ˆ c “ a ˆ c ` b ˆ c
et c ˆ pa ` bq “ c ˆ a ` c ˆ b.
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Exemples
– pZ, `, ˆq, pR, `, ˆq, pC, `, ˆq.
– pKn , `, ˆq est un anneau commutatif.
– Si X est un ensemble, K “ R ou C, alors pF pX, Kq , `, ˆq est un anneau.
` ˘
– Pour n P N˚ , Z{nZ, `, 9̂ est un anneau.
Tous les exemples d’anneaux ci-dessus sont des anneaux commutatifs.
ˆ ˙
a c
Exercice On définit M2 pRq par l’ensemble des matrices avec a, b, c, d P R, et les lois ` et ˆ
b d
par : @a, b, c, d, a1 , b1 , c1 , d1 P R,
ˆ ˙ ˆ 1 ˙ ˆ ˙ ˆ ˙ ˆ 1 ˙ ˆ 1 ˙
a c a c1 a ` a1 c ` c1 a c a c1 aa ` cb1 ac1 ` cd1
` “ et ˆ “
b d b1 d 1 b ` b1 d ` d 1 b d b1 d1 ba1 ` db1 bc1 ` dd1
Élément absorbant @x P A,
0A ˆ x “ x ˆ 0A “ 0A
Si 1A ‰ 0A , ceci montre que 0A n’est jamais inversible donc U pAq Ă Az t0A u. Si 1A “ 0A , alors
@x P A, x “ x ˆ 1A “ 0A donc A “ t0A u. Ce cas trivial sera systématiquement écarté par la suite.
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Distributivité étendue
– Pour a P A, n P N˚ , b1 , b2 , . . . , bn P A :
˜ ¸
n
ÿ n
ÿ n
ÿ n
ÿ
aˆ bk “ a ˆ bk et bk ˆa“ bk ˆ a
k“1 k“1 k“1 k“1
– Pour n, m P N˚ , a1 , a2 , . . . , an , b1 , b2 , . . . , bm P A, alors :
˜ ¸ ˜ ¸
ÿm m
ÿ ÿn
ai ˆ bj “ a1 ˆ bj
i“1
loooomoooon j“1 j“1
a1
˜ ¸
m
ÿ n
ÿ
“ ai ˆ bj
j“1 i“1
ÿm ÿ
n
“ ai ˆ bj
j“1i“1
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Mais on a aussi :
˜ ¸ ˜ ¸
n
ÿ n
ÿ n
ÿ
ai ˆ bj “ ai ˆ b1
i“1 j“1
loooomoooon i“1
b1
˜ ¸
n
ÿ m
ÿ
“ ai ˆ bj
i“1 j“1
ÿn ÿm
“ ai ˆ bj
i“1j“1
Formule du binôme
En effet, la formule est vraie de manière évidente pour n “ 0 et n ě 1. On pose en effet par convention
ÿ
¨ ¨ ¨ “ 0A . Pour n ě 1, on a :
xP∅
n´1
ÿ n´1
ÿ n´1
ÿ
pb ´ aq bk an´1´k “ b bk an´1´k ´ a bk an´1´k
k“0 k“0 k“0
n´1
ÿ n´1
ÿ
“ bk`1 an´pk`1q ´ bk an´k car a ˆ b “ b ˆ a
k“0 k“0
n´1
ÿ ´ ¯ ´ ¯
“ bk`1 an´pk`1q ´ bk an´k
k“0
“ bn an´n ´ b0 an´0 (somme télescopique)
n n
“ b ´a
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` ˘
Si ab “`ba a , a2 ´ b2 ˘“ pa ´ bq pa ` bq, mais aussi a3 ´ b3 “ pa ´ bq a2 ` ab ` b2 d’où a3 ` b3 “
pa ` bq a2 ´ ab ` b2 .
Exemples
– pZ, `, ˆq est un anneau intègre, ainsi que beaucoup des anneaux usuels. Mais il existe des contre-
exemples.
` ˘
– Z{6Z, `, 9̂ n’est pas intègre : 2 9̂ 3 “ 0 mais 2 ‰ 0 et 3 “ 0.
` ˘
– Soit n P N˚ , alors Z{nZ, `, 9̂ est intègre si et seulement si n est premier.
ñ Par contraposée : supposons que n n’est pas premier et montrons que Z{nZ ne peut être un
anneau intègre. Si n n’est pas premier, alors n “ pq avec p, q P v2, n ´ 1w d’où :
0 “ n “ pq “ p 9̂ q
Remarque Soit pA, `, ˆq intègre, alors tout élément non nul de A est régulier pour ˆ : si a P
Az t0A u, alors @b, c P A, a ˆ b “ a ˆ c ñ b “ c.
En effet, a ˆ b “ a ˆ c ñ a ˆ pb ´ cq “ 0 donc a “ 0A ou b ´ c “ 0A ô b “ c or a ‰ 0A donc b “ c.
3.1.4 Corps
Un anneau commutatif pK, `, ˆq est un corps si et seulement si tout élément non nul est inversible
par ˆ.
a. J’oublie ici volontairement de noter a ˆ b : la multiplication sera désormais implicite lors des calculs.
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Exemples
– pQ, `, ˆq, pR, `, ˆq, pC, `, ˆq sont des corps.
– Tout corps est un anneau intègre : soit pK, `, ˆq un corps, x, y P K avec x ˆ y “ 0K . Si x ‰ 0K ,
alors x est un inversible donc x´1 ˆ x ˆ y “ 0K ñ y “ 0K .
` ˘
– Soit n P N˚ , Z{nZ, `, 9̂ est un corps si et seulement si n est premier.
` ˘
ñ Si Z{nZ, `, 9̂ est un corps, c’est un anneau intègre donc n est premier a .
` ˘ ␣ (
ð Si n est premier, Z{nZ, `, 9̂ est un anneau intègre. Montrons que tout élément de Z{nZz 0
est inversible. Soit l P rr1, n ´ 1ss, montrons que l est inversible. n ∤ l donc n ^ l “ 1 car n
est premier donc l P U pZ{nZq.
Exemples
– Z est un sous-anneau de C.
– Z ris “ ta ` ib|a, b P Zu est un sous-anneau de C :
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Théorème
Remarques
– Si B est un sous-anneau de pA, `, ˆq, alors pB, `, ˆq devient un anneau. Si A est intègre, alors
B aussi.
– Soit pL, `, ˆq un corps et K Ă L. On dit que K est un sous-corps de L si c’est un sous-anneau de
L qui est en fait un corps :
“? ‰ ␣ ? ( “? ‰
Application On pose Q 5 “ a ` b 5|a, b P Q . Montrons que Q 5 est un sous-corps de R.
“? ‰ ? “? ‰
– Q Ă Q 5 car @a P Q, a “ a ` 0 5 P Q 5 .
? ` ? ˘ ? “? ‰
– @a, b, c, d P Q, a ` b 5 ` c ` 5d “ a ` b ` pc ` dq 5 P Q 5 .
` ? ˘` ? ˘ ? “? ‰
– a ` 5b c ` 5d “ ac ` 5bd ` pad ` bcq 5 P Q 5 .
“? ‰
Q 5 est un donc un sous-anneau de pR, `, ˆq.
“? ‰ ? ? ?
Soit x P Q 5 z t0u, x “ a ` b 5 avec pa, bq ‰ p0, 0q. Supposons que a ´ b 5 “ 0, alors b 5 “ a
?
donc 5 P Q ou b “ 0. Le premier
? cas est évidemment faux, et le deuxième entraîne a “ 0, ce qui est
également faux. Donc a ´ b 5 ‰ 0. Ainsi :
1 1
“ ?
x a`b 5
?
a´b 5
“
a2 ` 5b2
a b ? ”? ı
“ ´ 5PQ 5
a2 ` 5b2
loooomoooon a2 ` 5b2
loooomoooon
PQ PQ
1 ”? ı
x est donc inversible et PQ 5 .
x
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donc f pxq ‰ 0K et x R Ker f . Ainsi, Ker f Ă t0K u et l’inclusion inverse est évidente, d’où le résultat.
Soit pG, ¨q un groupe de neutre e et x P G. On dit que x est un élément de torsion s’il existe n P N˚ tel
que xn “ e.
Exemples
– e est un élément de torsion car e1 “ e.
2iπ
– Pour G “ pC˚ , ˆq et n P N˚ , ω “ e n est un élément de torsion car ω n “ 1.
– Pour G “ pZ{nZ, `q, tout élément est de torsion car pour k P Z, nk “ 0.
a. Morphismes d’anneaux bijectif.
b. Les démonstrations sont laissées au courageux lecteur ! Elles reprennent néanmoins les principes de celles pour les
propriétés des morphismes de groupes.
c. Voir la propriété p4q pcq de la section (4)c on page 13.
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Petite histoire Soit pG, ¨q un groupe et x P G, alors gr pxq “ txn |n P Zu. Si x est élément de torsion
on peut définir δ “ min tn P N˚ |xn “ eu, alors δ P N˚ et xδ “ e. Pour n P Z, n “ qδ ` r avec
r P rr0, δrr d’où
xn “ ´
xqδ`r¯q
δ
“ x xr
“ eq xr
“ xr
␣ ( ␣ (
Ainsi, gr pxq Ă e, x, x1 , . . . , xδ´1 et l’inclusion inverse est évidente, d’où gr pxq “ e, x, x2 , . . . , xδ´1 .
Montrons que tous les éléments de gr pxq sont distincts.
Soient 0 ď k ă l ă δ, supposons k l , alors e “ xl´k or 1 ď l ´ k ă δ, ce qui contredit la
␣ que1x “ xδ´1 (
définition de δ. Ainsi gr pxq “ e, x, x , . . . , x et Card gr pxq “ δ donc gr pxq est fini. On appelle
δ l’ordre de x.
Si x n’est pas de torsion, pour l, k P Z, k ‰ l ñ xk ‰ xl puisque si k ă l et xk “ xl , alors xl´k “ e
donc x serait de torsion, ce qui est faux. Ainsi, l’application φ : Z ÝÑ gr pxq est une bijection, gr pxq
n ÞÑ xn
est infini. Finalement :
(1) x P G est de torsion si et seulement si gr pxq est fini.
␣ (
(2) Forx est de torsion, son ordre est δ “ min tn P N˚ |xn “ eu. De plus gr pxq “ e, x, x2 , . . . , xδ´1
et Card gr pxq “ δ.
(3) Sous les même conditions, pour n P Z, on a xn “ e ô δ | n.
e “ xn
“ xqδ`r
“ xr
Remarque Soit pG, ¨q un groupe fini. Alors tout élément est de torsion.
En effet, si x P G, gr pxq Ă G donc il est fini et Card gr pxq ď Card G. L’ordre δ vérifie alors δ ď
Card G a .
5. Groupe symétrique
Dans la suite, n P N avec n ě 2, on rappelle que Sn “ S pv1, nwq et que pSn , ˝q est le groupe symé-
trique.
a. En fait, on a même δ | Card G.
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5.1 Définitions
– Un élément σ P Sn est noté :
ˆ ˙
1 2 ¨¨¨ n
σ“
σp1q σp2q ¨ ¨ ¨ σpnq
ˆ ˙
1 2 3 4 5
Par exemple σ “ est la permutation de J1, 5K telle que :
1 3 2 5 4
– On définit le support de σ par : Supppσq “ tk P v1, nw { σpkq ‰ ku. Par exemple, SupppIdJ1,nK q “
H.
– Une permutation qui permute seulement deux éléments i et j (1 ⩽ i ‰ j ⩽ n) s’appelle
transposition et se note Tij .
– Une permutation σ vérifiant :
Remarque
– Sn est fini de cardinal n!.
– S1 “ tIdJ1,1K u ; S2 “ tIdJ1,2K , p1, 2qu ; S3 “ tIdJ1,3K , p1, 2q, p1, 3q, p2, 3q, p1, 2, 3q, p1, 3, 2qu.
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˝ Si σpn`1q “ n`1, alors la restriction σ 1 “ σ{J1,nK est bien définie et σ 1 P Sn . Donc, d’après
l’HR, σ 1 se décompose : σ “ Tr1 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ T11 avec Tk1 sont des transpositions
" 1 de Sn . Maintenant,
Tk plq, si l P J1, nK
si on considère les transpositions définies par Tk plq “ de Sn`1
n ` 1, si l “ n ` 1
alors : σ “ Tr ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ T1 .
˝ Sinon, on pose p “ σpn ` 1q et on considère la permutation σ 1 “ Tppn`1q ˝ σ qui laisse fixe
n ` 1, donc d’après le premier cas elle se décompose comme produit de transpositions. Par
suite, σ se décompose aussi comme produit de transpositions.
D’où le résultat.
Proposition
Théorème
Toute permutation distincte de l’identité se décompose de manière unique, à l’ordre près des facteurs,
en produit de cycles à supports deux à deux disjoints.
Démonstration « A suivre »
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Exemples
– Soit pi, jq P C, alors ε pTij q “ ´1. En effet, on écrit :
ˆ ˙
1 2 ¨¨¨ i i ` 1 ¨¨¨ j ´ 1 j ¨¨¨ n
Tij “
1 2 ¨¨¨ j i ` 1 ¨¨¨ j ´ 1 i ¨¨¨ n
Tij présente des inversions en pi, i ` 1q, pi, i ` 2q,..., pi, jq et en pi ` 1, jq, pi ` 2, jq,..., pj ´ 1, jq.
Soit au total
N pTij q “ j ´ pi ` 1q ` 1 ` pj ´ 1 ´ pi ` 1q ` 1q
“ j´i`j´i´1
“ 2 pj ´ iq ´ 1
ainsiN pTij q est impair d’où le résultat.
` ˘
– Soit p P v2, nw, γ le p-cycle γ “ 1 2 ¨ ¨ ¨ p . On écrit :
ˆ ˙
1 2 3 ¨¨¨ p ´ 1 p p ` 1 ¨¨¨ n
γ“
2 3 4 ¨¨¨ p 1 p ` 1 ¨¨¨ n
Il y a donc p ´ 1 inversions : p1, pq, p2, pq,..., pp ´ 1, pq donc N pσq “ p ´ 1 donc ε pσq “ p´1qp´1 .
Théorème
Lemme : étude d’une loi Soit X “ F pRn , Rq, pour f, g P X, on sait définir αf et f ` g pour α P R.
Pour σ P Sn et f P X, on définit σ ‹ f par @ px1 , x2 , . . . , xn q P Rn ,
`` ˘˘
pσ ‹ f q ppx1 , x2 , . . . , xn qq “ f xσp1q , xσp2q , . . . , xσpnq
Par exemple, pour n “ 3 , f px1 , x2 , x3 q “ x1 ` x2 x3 et σ “ T12 , alors :
pT12 ‹ f q ppx1 , x2 , x3 qq “ f px2 , x1 , x3 q
“ x2 ` x1 x3
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! )
Démonstration On rappelle que C “ pi, jq P v1, nw2 |i ă j . Soit l’application :
ψ : Rn ÝÑ R
ź
px1 , x2 , . . . , xn q ÞÑ pxj ´ xi q
pi,jqPC
Par exemple, pour n “ 3, ψ px1 , x2 , x3 q “ px2 ´ x1 q px3 ´ x1 q px3 ´ x2 q. Montrons maintenant que
σ ‹ ψ “ ε pσq ψ. On a pour px1 , x2 , . . . , xn q P Rn :
ź
ψ px1 , x2 , . . . , xn q “ px max A ´ xmin A q
looooooooooomooooooooooon
APP2 pnq
fA px1 ,x2 ,...,xn q
On a ainsi :
ź
σ‹ψ “ σ ‹ fA
APP2 pnq
ź
“ p´1qN pσq fσpAq
APP2 pnq
p´1qN pσq ψ “ σ ‹ ψ
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Remarque
ź σ pjq ´ σ piq
ε pσq “
iăj
j´i
ź
En effet, pσ ‹ ψq p1, 2, . . . , nq “ε pσq ψ p1, 2, . . . , nq, or pσ ‹ ψq p1, 2, . . . , nq “ pσ pjq ´ σ piqq et
iăj
ź
ψ p1, 2, . . . , nq “ pi ´ jq d’où le résultat.
iăj
Conséquences
(1) Soit σ P Sn , on sait que σ s’écrit comme un produit de transposition donc σ “ T1 ˝ T2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ Tr
avec r P N et @i P v1, nw, Ti est une transposition. Alors ε pσq “ ε pT1 q ε pT2 q ¨ ¨ ¨ ε pTr q “ p´1qr .
– Si ε pσq “ 1, on dit que c’est une permutation paire, et σ ne peut s’écrire que comme produit
d’un nombre pair de transpositions.
– Si ε pσq “ ´1, on dit que c’est une permutation impaire, et σ ne peut s’écrire que comme
produit d’un nombre impair de transpositions.
` ˘
(2) Soit p P v1, nw, γ un p-cycle. On note γ1 le p-cycle γ1 “ 1 2 ¨ ¨ ¨ p , on a vu que ε pγ1 q “
p´1qp´1 . Notons γ “ x1 x2 ¨ ¨ ¨ xp , @i P v1, p ´ 1w, γ pxi q “ xi`1 , γ ppq “ x1 et pour
` ˘
D’où :
` ˘
σ pγq “ ε σ ´1 ˝ γ1 ˝ σ
1
“ ε pγ1 q ε pσq
ε pσq
“ ε pγ1 q
La signature d’un p-cycle quelconque est donc p´1qp´1 .
(3) Si σ P Sn , l’écriture de σ comme produit de cycles donne la signature de σ. par exemple, pour
n“9:
ˆ ˙
1 2 3 4 5 6 7 8 9
σ “
8 4 9 3 7 5 6 1 2
` ˘ ` ˘ ` ˘
“ 1 8 ˝ 2 4 3 9 ˝ 5 7 6
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(4) On rappelle que ε : pSn , ˝q ÝÑ pt˘1u , ˆq. On note An l’ensemble des permutations paires,
et Bn “ Sn zAn l’ensemble des permutations impaires. Alors σ P An ô ε pσq “ 1, donc
σ P Ker ε a . On a donc An “ Ker ε, et An est un sous-groupe de pSn , ˝q. pAn , ˝q s’appelle le
groupe alterné.
Supposons n ě 2, et T une transposition, alors ε pT q “ ´1. Si σ P An , alors ε pT ˝ σq “
ε pT q ε pσq “ ´1 donc pT ˝ σq P Bn .Si σ P Bn , alors T ˝ σ P An . On a donc les applications
suivantes :
f : An ÝÑ Bn et g : Bn ÝÑ An
σ ÞÑ T ˝ σ σ ÞÑ T ˝ σ
Pour σ P An , g ˝ f pσq “ σ et pour σ P Bn , f ˝ g pσq “ σ donc f et g sont des bijections
réciproques l’une de l’autre donc Card An “ Card Bn . D’autre part, An X Bn “ ∅ et Sn “
An Y Bn donc n! “ Card Sn “ Card An ` Card Bn “ 2 Card An d’où
n!
Card An “
2
Démonstration Pour i, j P rr1, rss, γi et γj sont des cycles à supports disjoints donc γi ˝ γj “ γj ˝ γi .
Soit m “ PPCM pp1 , p2 , . . . , pr q et δ l’ordre de σ dans Sn .
On a
σ m “ pγ1 ˝ γ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γr qm
“ γ1m ˝ γ2m ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γrm
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Ceci est vrai car les γi commutent. Or @i P v1, rw, pi | m et p est l’ordre de γi donc γim “ Id donc
σ m “ Id. On en déduit que δ | m a .
D’autre part, Id “ σ δ “ γ1δ ˝ γ2δ ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γrδ . Montrons que γrδ “ Id.
– Si x P Ar , alors γr pxq P Ar donc γrδ pxq P Ar . Or, x “ γ1δ ˝γ2δ ˝¨ ¨ ¨˝γrδ pxq et pour i ‰ j, Ai XAj “
∅ donc si y P Ar , @i P v1, r ´ 1w, γi pyq “ y donc γiδ pyq “ y. Ainsi, γ1δ ˝ γ2δ ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γr´1
δ pyq “ y
δ δ δ
` δ
˘ δ
donc x “ γ1 ˝ γ2 ˝ ¨ ¨ ¨ ˝ γr´1 γr pxq “ γr pxq
– Si x R Ar , alors γr pxq “ x donc γrδ pxq “ x.
En réitérant le processus pour k P v1, r ´ 1w, on montre que γrδ “ γr´1
δ “ ¨ ¨ ¨ “ γ1δ “ Id.
Ainsi, @i P v1, rw, pi | δ donc m | δ, d’où m “ δ.
Toutes les possibilités ont été envisagées. En effet, les cycles étant à support disjoints, un cycle
de support de cardinal 2 ne laissera qu’un seul cycle de support de cardinal 2 lui aussi (c’est le
cas des deux transpositions), par exemple. On ne considère pas les cycles triviaux de support de
cardinal 1 qui correspondent en fait à l’identité.
Ainsi, les ordres possibles de S4 sont 1, 2, 3 et 4.
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a
D’autre part, A Ă Λ. En effet, si a P A, a “ et 1 P Az t0u donc a P Λ. On a aussi 0, 1 P Λ. Soient
1
a c
x, y P Λ, D pa, bq , pc, dq P A ˆ Az t0u tels que x “ et y “ , donc :
b d
a c
x`y “ `
b d
ad bc
“ `
bd bd
ad ` bc
“
bd
On a bien bd P Az t0u car A est intègre et ad ` bc P A donc x ` y P Λ. De plus,
ab
xy “
cd
Donc xy P Λ car ab P A et cd P Az t0u car A est intègre.
a b b
Si x “ P Λz t0u, alors a P Az t0u et x ˆ “ 1 donc P Λ. Ainsi, Λ est bien un sous-corps de L qui
b a a
contient A donc Λ Ą K.
Ainsi, Λ “ K.
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a a1 c c1
Addition Soient pa, bq , pa1 , b1 q , pc, dq , pc1 , d1 q P X avec “ et “ . Ainsi, pa, bq R pa1 , b1 q ô
b b1 d d1
ab1 “ a1 b, montrons que :
ad ` bc a1 d1 ` b1 c1 ` ˘
“ ô pad ` bcq b1 d1 “ a1 d1 ` b1 c1 bd
bd b1 d 1
On sait que ab1 “ a1 b et cd1 “ c1 d donc :
ad ` bc
x`y “
bd
où pa, bq est n’importe quel représentant de x et pc, dq n’importe quel représentant de y.
0A
` est associative, commutative, admet comme neutre 0K “ et tout élément de x P K admet un
1A
a ´a
opposé (´ “ ).
b b
ac a1 c1
Multiplication Pour pa, bq , pa1 , b1 q , pc, dq , pc1 , d1 q P X, on a “ et on pose alors, pour x, y P
bd b1 d1
K,
ac
xy “
bd
avec pa, bq n’importe quel représentant de x unepx, dq n’importe quel représentant de y.
1A
Le produit est associatif, commutatif, admet comme neutre 1K “ , est distributif par rapport à `.
1A
a a b
De plus, si x P Kz t0K u, x “ avec pa, bq P pAz t0A uq2 car si a “ 0A , “ 0K . Posons y “ , alors
b b a
xy “ yx “ 1K donc x est inversible. Ainsi, K est un corps.
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φ est de plus injective. En effet, soit a P Ker φ , montrons que a “ 0A . φ paq “ 0K donc
a 0A
φ paq “ 0K ñ “
1A 1A
ñ 0A 1A “ a1A
ñ a “ 0A
a
On identifie donc a P A à P K, A apparaît comme un sous-anneau de K.
1A
Le corps K ainsi construit s’appelle le corps des fractions de A et se note Frac pAq. Par exemple, Q “
Frac pZq.
Fin
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