La Territorialité de l'IS Et de La TVA Le Financement de L'entreprise de L'entreprise Au Groupe
La Territorialité de l'IS Et de La TVA Le Financement de L'entreprise de L'entreprise Au Groupe
2019/2020
Tahar Mabrouk
Sophie Sabathier
Jacques Vernet
Haiying Wang-Foucher
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Les auteurs :
Tahar Mabrouk : conseiller juridique et financier à l’Adil de Paris.
Sophie Sabathier : maître de conférences en droit à l’université de Toulouse-I.
Jacques Vernet : inspecteur des impôts.
Haiying Wang-Foucher : maître de conférences en droit privé au Cnam.
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Sommaire
Objectifs du cours 3 5
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Chapitre 1. Les implications juridiques, fiscales et sociales de l’existence d’un groupe ... 117
section 1. Le droit des sociétés applicable aux prises de participations
et à la détention de participations ............................................................ 117
section 2. Les régimes fiscaux du groupe................................................................. 123
section 3. Le droit du travail appliqué aux groupes de sociétés................................... 139
section 4. Les règles juridiques, fiscales et sociales des GIE, GEIE, location-gérance
et contrats d’intérêts communs .............................................................. 146
Index 185
Devoir 3 187
4
Objectifs du cours 3
5
Partie 6
La territorialité de l’IS
et de la TVA
Parler de territorialité, c’est fixer dans quel pays les revenus ou les opérations sont impo-
sables. Il convient d’identifier en priorité la nature de l’imposition concernée et ensuite
d’appliquer les règles de territorialité qui lui sont propres :
∙ en matière d’impôt sur le revenu (IR), les revenus sont imposés, en principe, au lieu
de résidence fiscale, indépendamment de leur source de perception alors qu’en
matière d’impôt sur les sociétés (IS), les revenus sont taxés, en principe, dans l’État de
réalisation dès lors que l’entreprise y dispose d’une structure permanente. Ces règles
de territorialité peuvent être affectées par les stipulations des conventions fiscales qui
visent essentiellement à éviter des doubles impositions (chapitre 1) ;
∙ en matière de TVA, les conventions fiscales sont en principe inopérantes, et, sous couvert
de la législation communautaire, seule la réunion de plusieurs éléments (localisation du
preneur ou du prestataire, qualité d’assujetti identifié, etc.) détermine si l’opération est
taxable ou non en France (chapitre 2).
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
section 1.
La territorialité de l’IR
Le principe est l’obligation fiscale illimitée pour les personnes fiscalement domiciliées en
France. Ainsi :
∙ si l’intéressé a sa résidence fiscale en France, il est en principe imposable en France sur
l’ensemble de ses revenus, de source française ou étrangère (I) ;
∙ lorsque l’intéressé est domicilié fiscalement hors de France, il n’est en principe imposable
en France qu’à raison de ses revenus de source française, sous réserve de l’application des
conventions fiscales qui peuvent retirer à la France son droit d’imposer (II).
A. LE PRINCIPE D’IMPOSITION
AU LIEU DE RESIDENCE FISCALE
Quelle soit leur nationalité, les personnes physiques qui ont leur domicile fiscal en France
ont une obligation fiscale en principe « illimitée » : les personnes dont le domicile fiscal est
situé en France (métropole ou DOM) sont passibles de l’IR français en raison de l’intégralité
de leurs revenus de toute origine.
Les personnes ayant leur domicile fiscal dans un État membre de l’UE mais tirant l’essentiel
de leurs revenus de la France peuvent demander, sous certaines conditions, à être imposées
comme des personnes fiscalement domiciliées en France.
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« résidente » de l’autre État, elle ne peut pas être regardée comme fiscalement domiciliée en
France, même si elle répond aux critères de résidence fiscale.
Par ailleurs, les mécanismes d’élimination de la double imposition n’empêchent pas la prise
en compte en France du revenu déjà taxé à étranger. Ainsi, :
∙ le revenu déjà taxé à l’étranger peut se trouver à être imposé en France, l’impôt étranger
étant alors déduit de l’impôt français (mécanisme de l’imputation « impôt sur impôt ») ;
∙ le revenu étranger non imposable en France est additionné aux revenus français pour
déterminer un taux d’imposition global à l’IR (tranche d’imposition calculée à partir du
quotient familial), taux d’imposition qui ne sera appliqué qu’au seul revenu taxable en
France (mécanisme du « taux effectif »).
∙ soit, à raison de leurs revenus de source française lorsqu’ils ne disposent pas d’habitation
en France ;
∙ soit, si ces revenus sont inexistants ou moins élevés, et sous réserve d’importantes
exceptions, sur une base forfaitaire égale à trois fois la valeur locative de la (ou des)
habitation(s) possédée(s) en France.
section 2.
La territorialité de l’IS
Le droit français retient un principe strict de territorialité (I) sauf dérogations ou atténua-
tions (II).
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A. LE PRINCIPE DE TERRITORIALITE
∙ 1. Le principe
L’IS français frappe les bénéfices réalisés dans les entreprises exploitées en France (métro-
pole et DOM), les revenus des immeubles possédés en France ainsi que ceux dont l’im-
position est attribuée à la France par une convention internationale relative aux doubles
impositions (art. 209, CGI). Ce principe entraîne les conséquences suivantes :
∙ les sociétés étrangères sont, quelle que soit leur nationalité, imposables à l’IS français à
raison des profits tirés de leurs entreprises exploitées en France ;
∙ les bénéfices réalisés par une société française dans des entreprises exploitées à l’étranger
ne sont pas soumis à l’IS français, même si la comptabilité de ces exploitations est
centralisée en France.
Il importe de souligner que l’extraterritorialité fiscale des résultats des entreprises
exploitées hors de France ne se limite pas aux profits ; elle joue également à l’égard
des charges et des pertes. Ainsi, une société française n’est pas autorisée, en principe,
à retrancher de ses résultats imposables en France les déficits d’une exploitation à
l’étranger. De même, par symétrie fiscale, les charges (amortissements, provisions,
moins-values) engagées pour le compte d’une société étrangère ne sont pas déductibles
des résultats français.
Exemple
Ne sont pas déductibles des résultats imposables en France d’une société
française les pertes de change et une provision pour charges se rapportant au
remboursement d’un emprunt contracté dans un pays où la société possède un
établissement stable, dès lors qu’il n’est pas établi que les sommes empruntées
aient été affectées aux activités exercées en France. En revanche, une société
française peut déduire de ses résultats imposables en France les pertes subies
ou régulièrement provisionnées résultant des aides apportées à sa succursale
étrangère dans le cadre de relations commerciales favorisant le maintien ou le
développement de l’activité de la société en France.
∙ lapersonnalité
présence à l’étranger de représentants dépendants, c’est-à-dire n’ayant pas de
professionnelle distincte de celle de l’entreprise, véritables préposés
exerçant une activité commerciale pour le compte de l’entreprise ;
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Les mêmes critères sont utilisés pour déterminer dans quelles hypothèses les entreprises
étrangères doivent être imposées en France.
focus
1. Représentant dépendant
Deux catégories de représentants doivent être distinguées :
• le représentant dépendant : une entreprise française est réputée exercer person-
nellement une activité habituelle à l’étranger lorsque les opérations caractérisant cette
activité sont réalisées pour son compte par ses préposés (le critère est de pouvoir enga-
ger la société par sa signature). Le représentant est censé avoir créé un établissement
de l’entreprise à l’étranger ; les résultats ne sont pas imposables en France, mais locale-
ment, c’est-à-dire à l’étranger ;
• le représentant indépendant : lorsqu’une entreprise française exerce une activité
à l’étranger par l’intermédiaire d’un représentant indépendant (commissionnaire, cour-
tier et autre intermédiaire à statut indépendant et distinct de l’entreprise française), ce
dernier est imposé localement sur sa rémunération alors que le montant net de l’opéra-
tion, après déduction des charges, est imposable à l’IS en France.
2. Opérations formant un cycle commercial complet détachable
Deux situations doivent être examinées :
• si l’entreprise française réalise un cycle commercial complet à l’étranger (achat-
revente de marchandises par exemple) détachable d’opérations réalisées en France,
les résultats ne sont pas imposables en France (le caractère « détachable » est délicat à
apprécier en pratique) ;
• si l’entreprise française effectue à l’étranger un cycle commercial incomplet
(c’est-à-dire que l’opération n’est pas détachable par sa nature ou son mode d’exécution
de celles réalisées en France), les résultats sont imposables en France.
Par exemple, est imposable en France une entreprise étrangère qui recueille des ordres
d’annonces publicitaires émanant de clients français et destinés à être diffusés en France
par radio à des auditeurs français.
Doivent être considérés comme « non détachables » des opérations réalisées en France,
et donc imposables en France, les produits de concession de brevets, de placements financiers
à l’étranger, d’immeubles qui ne sont pas affectés à une activité commerciale habituelle. Il en
serait différemment si ces produits pouvaient être rattachés à un établissement étranger.
Dans le cas des usines clés en mains à l’étranger, les profits sur études sont imposables
en France, alors que ceux provenant des travaux sur le site ne le sont pas.
3. Autres cas d’imposition en France des entreprises étrangères
Indépendamment des trois situations indiquées ci-avant, les entreprises étrangères
peuvent être imposables en France à raison :
• des produits immobiliers réalisés en France ;
• des produits mobiliers ou financiers qu’elles réalisent en France (sauf si ces produits sont
déjà déclarés dans les résultats d’une structure française) ;
• des rémunérations des services qu’elles rendent en France y compris les produits de la
propriété intellectuelle dès lors qu’elles n’ont pas de structure stable en France ;
• des quotes-parts des sociétés de personnes françaises dont elles sont membres.
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∙ une méthode de répartition proportionnelle, utilisée le plus souvent pour répartir des
frais communs entre le siège français et les établissements étrangers (ou l’inverse) en
fonction de leurs chiffres d’affaires respectifs ;
∙ les entreprises françaises ne sont pas imposables en France sur les bénéfices provenant
d’opérations effectuées dans des établissements stables situés dans le pays étranger.
Par « établissement stable », il faut entendre une installation fixe d’affaires par l’intermé-
diaire de laquelle une entreprise exerce tout ou partie de son activité. Ainsi, constituent
notamment un établissement stable, un siège de direction, une succursale, un bureau, une
usine, un atelier, une mine, un puits de pétrole. Un chantier de construction ou de montage
ne constitue un établissement stable que si sa durée dépasse 12 mois.
En revanche, une entreprise n’est pas considérée comme ayant un établissement stable dans
un État contractant si elle y exerce son activité par l’entremise d’un courtier, d’un commis-
sionnaire ou d’un agent non dépendant.
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∙ 2.
a. Le principe
Les conséquences de l’existence d’un établissement stable
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L’utilisation des crédits d’impôts n’est pas libre, c’est-à-dire que les crédits d’impôts étran-
gers doivent être utilisés en paiement de l’impôt dans la base duquel les revenus ayant
donné lieu à crédit d’impôt sont compris, ils ne sont pas reportables. En outre, il a été jugé
que les crédits d’impôt d’origine étrangère afférents à des produits d’actions ou d’obligations
n’étaient imputables que sur l’IS au taux normal auquel sont assujettis ces revenus et non
sur l’IS au taux réduit. Ainsi, dans l’hypothèse où ils ne peuvent pas être utilisés, par exemple
lorsque la société française est déficitaire, ils sont perdus.
Les conventions fiscales peuvent par ailleurs prévoir un mécanisme alternatif d’imputation
de revenu plutôt que d’impôt.
∙ pour les quartiers généraux des sociétés multinationales installées en France, qui sont
chargés de diriger, gérer, coordonner les activités du groupe dans un secteur géographique
déterminé ;
∙ pour les centres de logistique qui exercent, au seul profit du groupe multinational
dont ils dépendent, des fonctions de stockage, de conditionnement, d’étiquetage ou de
distribution de produits.
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Quelle que soit leur forme (société, simple établissement…), les quartiers généraux et les
centres de logistique peuvent, avec l’accord préalable de l’administration, déterminer leurs
bénéfices imposables à partir d’une marge bénéficiaire calculée en appliquant un pourcen-
tage donné au montant de leurs charges d’exploitation courantes (ce pourcentage fixé pour
une période de trois à cinq ans est susceptible d’être modifié avant l’expiration de ce délai en
cas de modification des conditions d’exploitation).
attention
Une même structure peut bénéficier simultanément des deux régimes cités ci-avant.
➠ Le champ d’application
attention
L’article 123 bis du CGI est le pendant de l’article 209 B mais pour les personnes phy-
siques.
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Dans l’hypothèse où l’entreprise ou l’entité étrangère est établie dans un État tiers à l’UE,
le dispositif ne s’applique pas uniquement si l’entreprise française établit que les opérations
de la structure étrangère contrôlée ont principalement un effet et un objet autres que de
permettre la localisation de bénéfices dans un État ou territoire où elle est soumise à un
régime fiscal privilégié. Cette condition est réputée remplie notamment lorsque la structure
a principalement une activité industrielle ou commerciale effective exercée sur le territoire
de son établissement ou de son siège.
➠ Le régime fiscal
L’article 209 B du Code général des impôts a pour objet de dissuader les personnes morales
passibles de l’IS en France de localiser une partie de leurs bénéfices dans des entreprises ou
des entités (personne morale, organisme, fiducie ou institution comparable) établies dans
un État où elles sont soumises à un régime fiscal privilégié.
Cet article prévoit que la personne morale établie en France est imposable à l’IS en France à
raison :
∙ des bénéfices ou revenus positifs d’un établissement stable établi hors de France et
bénéficiant d’un régime fiscal privilégié ;
∙ des bénéfices ou revenus positifs réalisés par l’entité juridique établie hors de France,
lesquels sont réputés constituer des revenus de capitaux mobiliers imposables de la
société française.
Les résultats des filiales ou entreprises sont déterminés d’après les règles fiscales françaises,
à l’exception des dispositions concernant l’intégration fiscale.
Les doubles impositions sont éliminées par l’imputation sur l’IS dû en France au titre de
l’article 209 B des impôts de même nature acquittés dans le pays où l’entreprise ou l’entité
est établie, des retenues à la source supportées et des prélèvements effectués.
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Certaines sommes payées ou dues par une personne physique ou morale, domiciliée ou
établie en France, à des personnes physiques ou morales domiciliées ou établies à l’étran-
ger dans un État où elles bénéficient d’un régime fiscal privilégié ne sont admises comme
charges déductibles du résultat fiscal français que dans des conditions d’une sévérité parti-
culière : le débiteur doit apporter la double preuve que les dépenses correspondent à des
opérations réelles et qu’elles ne présentent pas un caractère anormal ou exagéré.
➠ Le champ d’application
Le dispositif de contrôle des prix de transfert est susceptible de s’appliquer lorsque les rela-
tions constatées entre une entreprise française et une entreprise étrangère traduisent un
lien de dépendance entre ces deux entreprises et font apparaître un transfert indirect de
bénéfices vers l’étranger.
Les entreprises sont concernées par les prix de transfert non seulement pour les ventes de
biens et de marchandises, mais également pour toutes les prestations de services intra-
groupes : partage de certains frais communs entre plusieurs entreprises du groupe (frais
d’administration générale ou de siège), mise à disposition de personnes, de biens ou d’élé-
ments incorporels, redevances de concession de brevets ou de marques, relations finan-
cières, services rendus par une entreprise du groupe aux autres entreprises, etc.
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Exemple
Une société qui effectue dans un établissement situé en France des prestations
de services (bureau d’achats ou de ventes, études techniques, etc.), dans l’intérêt
du siège ou d’un établissement situé hors de France, doit dégager en France le
bénéfice qu’elle aurait normalement réalisé en effectuant les mêmes prestations
pour une entreprise non apparentée.
Dès lors, afin d’éviter tout risque fiscal, l’entreprise doit s’assurer que ses prix de transfert ne
s’écartent pas de ce prix de « pleine concurrence ». L’entreprise doit, dans un premier temps,
analyser les fonctions qu’elle exerce et les risques qu’elle assume (analyse fonctionnelle) et
recenser les actifs et les moyens utilisés. Elle doit ensuite déterminer la méthode et le prix
des transactions intragroupes. Enfin, elle doit s’assurer de la conformité de la tarification
retenue au prix de pleine concurrence.
➠ Le rescrit fiscal
Pour se prémunir contre le risque du contrôle de prix de transfert, les entreprises peuvent
recourir à la procédure du rescrit pour obtenir un accord préalable sur la méthode de déter-
mination des prix de transfert.
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2. La territorialité de la TVA
En matière de TVA, les principes applicables en matière de localisation d’une opération dif-
fèrent selon qu’il s’agit d’une opération portant sur des biens (section 2) ou d’une presta-
tion de services (section 3).
Les entreprises étrangères n’échappent pas systématiquement à la TVA française (section 4).
Cependant, il convient au préalable de distinguer trois territoires sur lesquels la TVA s’ap-
plique différemment (section 1).
section 1.
La détermination des territoires
Trois catégories de territoires doivent être distinguées pour l’application de la TVA : la France
(I), l’Union européenne (II) et les pays tiers (III).
attention
Depuis le 1er décembre 2009, l’Union européenne s’est substituée à la Communauté
européenne. Néanmoins, le Code général des impôts continue à employer le terme « la
Communauté européenne ». Le présent cours utilise le terme d’« Union européenne » (UE).
I. Le territoire français
Le territoire français comprend la France continentale (y compris les zones franches du pays
de Gex et de Savoie ainsi que les îles du littoral), la Corse, la principauté de Monaco (sous
réserve des adaptations nécessaires par ordonnances princières), les eaux territoriales et le
plateau continental.
En matière de TVA, les cinq DROM (Guadeloupe, Martinique, Réunion, Guyane et Mayotte)
sont considérés comme des territoires d’exportation par rapport à la France métropoli-
taine et par rapport aux autres États membres de l’UE en ce qui concerne la vente de biens.
Toutefois, les départements de la Guadeloupe et de la Martinique ne sont pas considérés
comme des territoires d’exportation entre eux.
Par ailleurs, pour la TVA, ne font pas partie du territoire français les collectivités territo-
riales d’outre-mer, Polynésie française, îles Wallis-et-Futuna, îles de l’océan Indien, Terres
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section 2.
Les opérations portant sur des biens
Concernant les transactions transfrontalières, il convient de distinguer les opérations avec
les pays tiers à l’UE (I) des opérations intracommunautaires (II).
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∙ 2. Les exceptions
Sont imposables les livraisons portant sur :
∙ des biens qui ne sont pas transportés en dehors de l’UE avant la fin du 3 e mois suivant
celui au cours duquel la livraison est effectuée.
attention
Il existe une procédure de contingent d’achat en franchise de TVA qui permet
à l’exportateur, sous réserve de l’accord de l’Administration fiscale, d’acquérir un certain
volume de biens en franchise de TVA dès lors que cet exportateur peut prouver que ces
biens sont destinés à l’exportation. Ce système est également applicable en matière de
livraisons intracommunautaires.
∙ l’entrée en France d’un bien, originaire ou en provenance d’un État ou d’un territoire
n’appartenant pas à l’UE ;
∙ ou l’entrée en France d’un bien, originaire ou en provenance d’un autre État membre
exclu de l’UE en matière de TVA intracommunautaire ;
∙ la mise à la consommation (MAC) en France d’un bien placé, lors de son entrée sur le
territoire français, sous un régime douanier communautaire : transit interne, admission
temporaire en exonération totale des droits à l’importation, etc.
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attention
Le régime suspensif est un système dans lequel un assujetti à la TVA est autorisé à
recevoir, non grevés de cette taxe, certains des produits et des services nécessaires à son
exploitation ou qui a pour objet de reporter à un stade ultérieur le paiement de la taxe
normalement due. Ce régime peut notamment s’appliquer aux opérations réalisées sous
un régime douanier communautaire ou bien aux opérations réalisées sous un régime ou un
entrepôt fiscal suspensif.
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∙ 1.
a. Le principe
Les livraisons intracommunautaires
attention
N’est pas considéré comme transferts exonérés de TVA, la livraison intracom-
munautaire qui, dans l’État membre d’arrivée, est destinée :
• à être utilisé temporairement pour les besoins de prestations services effectuées par
l’assujetti ;
• à faire l’objet d’expertises ou de travaux à condition que le bien soit réexpédié ou trans-
porté en France à destination de cet assujetti ;
• à faire l’objet d’une installation ou d’un montage ;
• à faire l’objet de livraisons à bord des moyens de transport.
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➠ Le principe
L’acquisition intracommunautaire de biens meubles corporels est réputée se situer en
France – et la TVA est donc exigible en France – lorsque les biens se trouvent en France au
moment de l’arrivée, de l’expédition ou du transport à destination de l’acquéreur.
Dans le cadre de l’acquisition intracommunautaire, la TVA est collectée par l’acquéreur
(principe de l’« autoliquidation »). Ce principe permet de limiter les risques de « dumping
fiscal » puisque l’acquéreur supporte son propre taux de TVA quel que soit l’État membre
dans lequel il a réalisé l’acquisition intracommunautaire. Si l’acquéreur n’est pas établi en
France, le vendeur est solidairement tenu avec celui-ci au paiement de la taxe.
attention
À l’acquisition intracommunautaire dans l’État membre d’arrivée correspond une livraison
intracommunautaire dans l’État membre de départ. En conséquence, l’acquisition intra-
communautaire est taxable (et donc autoliquidée) si la livraison intracommunautaire est
exonérée.
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b. Le régime
Deux hypothèses sont envisagées :
∙ les ventes à distance effectuées à partir de la France sont taxées dans l’État membre
de destination lorsque le montant des livraisons effectuées par le vendeur dans cet
État, pendant l’année en cours ou l’année précédente, dépasse le seuil fixé par cet État.
Lorsque ce seuil n’est pas atteint, les livraisons intracommunautaires sont en principe
soumises à la TVA française, mais le vendeur peut opter pour que ces livraisons soient
soumises à la TVA du pays d’arrivée ;
∙ les ventes à distance effectuées vers la France à partir d’un autre État membre de l’UE
sont imposables en France lorsque leur montant a excédé, pendant l’année en cours
ou l’année précédente, le seuil de 35 000 € hors TVA. Le vendeur qui n’est pas établi en
France doit s’identifier à la TVA en France auprès de l’Administration. Si ce seuil n’est pas
atteint, le vendeur est soumis à la TVA de son pays pour ses ventes à distance en France, à
moins qu’il n’opte pour l’imposition de ses livraisons en France à la TVA française.
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Exemple
Une société allemande de vente par correspondance a expédié en N pour
150 000 € hors taxes de marchandises à des clients français non redevables de la
TVA. Elle est donc soumise à la TVA française pour les ventes à distance effectuées
en France en N. Le client français supporte la TVA au taux de 20 % comme s’il
avait réalisé une acquisition intracommunautaire auprès d’un fournisseur
français. La société allemande doit s’identifier à la TVA en France. Si le montant
des ventes réalisées en France auprès de non-redevables était de 30 000 €, ces
ventes seraient soumises à la TVA allemande au taux de TVA allemand (sauf
option pour une taxation en France).
attention
Sont concernés par ce dispositif les achats de bateaux, d’avions et de véhicules terrestres à
moteur et considérés comme neufs : les véhicules terrestres qui ont été mis en circulation
depuis moins de six mois ou ont parcouru moins de 6 000 kilomètres ; les bateaux qui ont
été mis en service depuis moins de trois mois ou ont navigué moins de 100 heures ; les
avions qui ont été mis en service depuis moins de trois mois ou ont volé moins de 40 heures.
∙ soit dans l’État membre à partir duquel il réalise la livraison intracommunautaire exonérée
(État membre 1) à destination du client final (client C) ;
∙ soit dans l’État membre dans lequel il réalise une acquisition intracommunautaire
suivie d’une livraison interne (État membre 3 puisqu’il réalise une acquisition
intracommunautaire dans l’État membre 1 depuis l’État membre 3) effectuée TTC au
client final (client C).
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Par simplification, il est prévu un régime plus souple lorsque l’opération triangulaire est réa-
lisée entre trois assujettis identifiés à la TVA dans trois États membres différents. Dans cette
hypothèse et d’après la présentation exposée précédemment, l’« acquéreur-revendeur » B est
dispensé du paiement de la TVA sur l’opération qu’il réalise dans l’État membre 3 et, par
suite, de s’y faire identifier à la TVA, le client C étant alors redevable de la TVA afférente à la
livraison réalisée par B dans l’État membre 3.
∙ par un assujetti qui ne réalise que des opérations n’ouvrant pas droit à déduction de TVA :
organisme sans but lucratif, médecin, école ou bénéficiaire de la franchise en base ;
•Cesoupersonnes
par un exploitant agricole placé sous le régime du remboursement forfaitaire de TVA.
sont appelées PBRD.
Deux hypothèses sont envisagées (art. 256 bis, I, 2° et 260 CA, CGI) :
∙ lorsque le montant des acquisitions intracommunautaires réalisées par une PBRD dépasse
10 000 €, ces acquisitions sont obligatoirement soumises à la TVA selon le régime normal
des acquisitions intracommunautaires, c’est-à-dire que cette personne doit avoir un
numéro d’identification à la TVA et procéder aux déclarations de TVA.
section 3.
Les prestations de services transfrontalières
L’article 259 du CGI pose le principe général selon lequel :
∙ le lieu des services entre assujettis (relations dites B to B ou « Business to Business »)
est situé au lieu d’établissement du preneur, quel que soit le lieu d’établissement du
prestataire ;
∙ pour les services fournis à une personne non assujettie (relation dite B to C ou « Business
to Consumer »), le lieu de ces services reste en principe le lieu d’établissement du
prestataire.
Il convient d’étudier le principe (I), d’une part, et les dérogations au principe (II), d’autre part.
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∙ lorsque le preneur est un assujetti agissant en tant que tel et qu’il a en France le siège
de son activité économique ou bien un établissement stable « preneur » ou, à défaut, son
domicile ou sa résidence habituelle ;
∙ lorsque le preneur n’est pas une personne assujettie, si le prestataire a en France le siège
de son activité économique ou bien un établissement stable « prestataire » ou, à défaut,
son domicile ou sa résidence habituelle.
Donc, les règles de TVA applicables en matière de prestations de services nécessitent de bien
appréhender les notions d’« assujetti » (A) et de « preneur » (B).
∙ le siège de son activité économique sauf lorsqu’il dispose d’un établissement stable non
situé en France auquel les services sont fournis ;
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
attention
Pour bien maîtriser la problématique des prestations transfrontalières, il est important de
bien comprendre l’articulation des articles 259 et suivants du CGI.
∙ 1. Les locations de moyens de transport de courte durée (art. 259 A, 1°, CGI)
Le lieu d’une location de courte durée d’un moyen de transport est situé en France lorsque
le moyen de transport est effectivement mis à la disposition du preneur en France (sauf si
le véhicule est utilisé hors de l’UE).
Par « moyen de transport », on entend les véhicules motorisés ou non et les autres dispo-
sitifs ou équipements conçus dans le but de transporter des personnes ou des objets d’un
endroit à un autre, pouvant être tirés, tractés ou poussés par des véhicules et normalement
conçus et utilisés pour le transport, doivent être considérés comme des moyens de trans-
port. Il en est de même des remorques, semi-remorques et des wagons de chemin de fer. En
revanche, les conteneurs ne constituent pas des moyens de transport.
Une location d’un moyen de transport est dite « de courte durée » lorsque la possession
ou l’utilisation continue de ce moyen de transport couvre une période ne dépassant pas
30 jours (90 jours dans le cas d’un moyen de transport maritime).
30
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Exemple
Une prestation de conseil pour la mise en place d’un schéma de défiscalisation
ayant pour objet l’acquisition d’un bien immobilier n’est pas imposable au lieu de
situation de l’immeuble dont l’acquisition est projetée.
31
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Exemple
Lorsqu’un touriste étranger domicilié dans un autre État membre fait réparer en
France sa voiture, la TVA afférente à la réparation est due en France.
32
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
5.
∙ Les prestations de services immatérielles (art. 259 B, CGI)
attention
Dans les relations B to B, le régime prévu par l’article 259 B du CGI se rapproche du régime
de droit commun (principe de l’imposition chez le preneur assujetti). En revanche, dans les
relations B to C, l’article 259 B s’applique selon un régime qui lui est propre.
Le lieu de certaines prestations est réputé ne pas se situer en France lorsque le preneur non
assujetti est établi ou domicilié hors de l’UE, c’est-à-dire lorsqu’elles sont fournies à une
personne non assujettie (particulier, personne morale non assujettie et non identifiée à la
TVA, assujetti qui acquiert des services pour ses besoins privés ou ceux de son personnel)
qui n’est pas établie ou n’a pas sa résidence habituelle dans un État membre de l’UE.
En revanche, elles sont imposables en France si le preneur non assujetti est établi ou domi-
cilié ou a sa résidence habituelle dans un autre État membre de l’UE et que le prestataire
est établi ou domicilié en France.
Sont visés par ces dispositions :
∙ mise à disposition de personnel (sont visées ici les mises à disposition de personnel
réalisées pour le compte d’un preneur non assujetti établi hors de l’UE) ;
∙ obligation de ne pas exercer, même à titre partiel, une activité professionnelle ou un
droit mentionné dans cette liste.
33
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ elles sont effectuées par un prestataire qui a établi le siège de son activité économique
(ou qui dispose d’un établissement stable à partir duquel les services sont fournis) en
dehors de l’UE, ou qui, à défaut d’une telle situation, a son domicile ou sa résidence
habituelle en dehors de l’UE ;
34
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Exemple
Une entreprise française confie à un transporteur français le transport de
Paris à Gênes de marchandises qu’elle exporte en Asie. Ce transport d’approche
intracommunautaire est exonéré si le transporteur peut justifier de l’exportation
des marchandises transportées.
La preuve de la destination des biens peut résulter du compte rendu de voyage visé par la
douane, d’une attestation du donneur d’ordre ou de tout autre document établissant cette
destination.
∙ les transports ferroviaires de voyageurs effectués par les trains internationaux (liaison
Paris-Londres « Eurostar », liaison Paris-Bruxelles « Thalys », etc.) ;
dix personnes.
Les autres transports de voyageurs sont soumis à la TVA sur la partie française du parcours.
35
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
section 4.
Les entreprises étrangères
I. Les entreprises étrangères
ayant en France le siège de leur activité
Ces entreprises doivent acquitter la TVA dans les mêmes conditions que les entreprises
françaises exerçant une activité identique imposable en France. Ce régime s’applique,
notamment :
• aux entreprises ou personnes étrangères dont le siège de l’activité est situé en France ;
aux succursales d’entreprises étrangères établies en France et, plus généralement, à tout
∙ établissement de vente en France appartenant à une firme étrangère ;
∙ aux personnes étrangères qui ont établi en France leur domicile ou leur résidence
habituelle et y réalisent des opérations imposables.
Ce régime s’applique également aux intermédiaires. Il s’agit des intermédiaires agissant en
France pour le compte d’entreprises étrangères et qui prennent une part active à l’exécution
de la vente de biens ou la réalisation de prestations de services imposables (art. 266, 1, b,
CGI), par exemple, des commissionnaires et autres mandataires qui concluent les contrats
de vente avec les clients des firmes étrangères pour le compte de celles-ci ou qui participent
à l’exécution de services imposables rendus par ces firmes.
∙ ces entreprises, lorsqu’elles sont établies hors de l’UE, doivent désigner un représentant
fiscal qui effectue les déclarations et acquitte la taxe en leur lieu et place ; cependant,
cette obligation ne s’applique pas aux personnes établies dans un État non-membre de
l’UE avec lequel la France dispose d’un instrument juridique relatif à l’assistance mutuelle
en matière de recouvrement de créances fiscales, à la coopération administrative et à la
lutte contre la fraude dans le domaine de la TVA ;
∙ si ces entreprises sont établies dans un autre État membre de l’UE, elles n’ont pas à
désigner un représentant fiscal : elles doivent toutefois s’identifier à la TVA en France,
déclarer les opérations imposables réalisées en France et acquitter la TVA ; elles peuvent
désigner un mandataire.
36
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Synthèse de la partie 6
L’IS et la TVA connaissent des régimes bien distincts.
37
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
38
Partie 7
Le financement de l’entreprise
Pour financer son activité et son développement, la société dispose de multiples instru-
ments, qui peuvent résulter du recours à des investisseurs identifiés (chapitre 1) ou de l’ap-
pel à des investisseurs anonymes (chapitre 2).
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
1. Le recours
à des investisseurs identif iés
La société peut augmenter son capital social (section 1) ou solliciter de son banquier un
prêt (section 3). Le financement par l’emprunt non bancaire peut également être envisagé
(section 2).
section 1.
Le financement par apport en capital social
Nous exposerons les opérations portant sur le capital social (I), avant d’analyser la portée
des différents pactes d’actionnaires (II).
41
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
➠ Le processus de l’opération
De façon générale, la procédure d’augmentation de capital impose plusieurs étapes :
42
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
de la société, il est procédé à une vérification de l’actif et du passif ainsi que, le cas échéant,
des avantages particuliers.
Les modalités de l’augmentation sont fixées par l’AGE elle-même. L’AGE détermine notam-
ment le montant de l’émission et par voie de conséquence le nombre d’actions nouvelles
qui doivent être émises. Les titres de capital nouveaux sont émis soit à un montant nominal,
soit à ce montant majoré d’une prime d’émission.
L’augmentation de capital ne devant pas être abusive, les juges recherchent si l’opération est
justifiée par la volonté de redresser ou de développer la société. En pratique, l’abus n’est que
rarement retenu.
attention
La prime d’émission correspond généralement à la différence entre la valeur nominale
et la valeur réelle des actions, et tient donc compte des plus-values latentes et des réserves
accumulées. C’est une sorte de droit d’entrée, destinée à compenser la différence de valeur
avant et après l’augmentation. La prime d’émission doit être intégralement payée dès la
souscription.
focus
Droit préférentiel de souscription (DPS) (art. L. 225-132, C. com.)
Toute augmentation de capital en numéraire ouvre aux anciens actionnaires, propor-
tionnellement au montant de leurs actions, un DPS des actions nouvelles. Ils peuvent ainsi
conserver leur niveau de participation, voire l’accroître si d’autres actionnaires n’exercent
pas leurs droits. Ce droit permet de maintenir l’équilibre entre les anciens actionnaires, du
moment que ceux-ci entendent souscrire à l’augmentation.
Dans une SARL, un DPS ne peut résulter au profit des associés que d’une stipulation statu-
taire ou d’une décision particulière de l’assemblée.
Les actions de préférence sans droit de vote sont privées de DPS pour toute aug-
mentation de capital en numéraire, sous réserve de stipulations contraires statutaires. En
revanche, les titulaires d’actions de préférence avec droit de vote bénéficient du DPS.
Le DPS est représenté par un coupon, qui sera détaché du titre au moment de la souscrip-
tion. Il a une valeur propre et il est négociable comme une valeur mobilière.
Les actionnaires doivent exercer leur DPS dans un délai d’au moins cinq jours de Bourse à
partir de l’ouverture de la souscription.
Si certains actionnaires n’exercent pas leur droit et ne souscrivent pas, l’assemblée peut
prévoir une souscription à titre réductible, où les volontaires se partagent les titres non
souscrits.
L’assemblée qui décide ou autorise une augmentation de capital peut supprimer le DPS
pour la totalité de l’augmentation de capital ou pour une ou plusieurs tranches de cette
augmentation. Elle statue sur le rapport du conseil d’administration ou du directoire et sur
celui du CAC. Tel est le cas lorsqu’un créancier important accepte de convertir sa créance en
actions. L’Assemblée peut aussi supprimer le DPS pour réserver l’émission à une personne
dénommée (des investisseurs acceptent de renflouer la société) ou des catégories de per-
sonnes répondant à des caractéristiques déterminées (une catégorie de salariés, d’inves-
tisseurs, d’actionnaires). Si les personnes nommément désignées sont déjà actionnaires, il
leur est interdit de participer au vote.
43
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
focus
Augmentation de capital réservée aux salariés
(art. L. 225-129-6, C. com.)
Lors de toute décision d’augmentation du capital par rapport en numéraire (sauf si elle
résulte d’une émission au préalable de valeur mobilière donnant accès au capital), l’AGE
doit se prononcer sur un projet de résolution tendant à la réalisation d’une augmentation
de capital réservée aux salariés.
44
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Les apporteurs signent dans un premier temps un « traité d’apport » précisant la consistance
du ou des biens apportés, son évaluation, le nombre d’actions à émettre, la prime d’apport
(c’est la prime d’émission) et des avantages particuliers éventuellement prévus. Le traité
d’apport doit être autorisé par le conseil d’administration (ou le directoire), mais la société
n’est engagée que sous réserve de l’approbation du traité d’apport par l’AGE.
Pour procéder à cette augmentation, trois délibérations de l’AGE sont nécessaires :
focus
La procédure d’évaluation n’est pas nécessaire lorsqu’il existe une évaluation
récente et fiable du bien concerné dans les six mois précédant la date de la réalisation
effective de l’apport ou que l’apport en nature est constitué de valeurs mobilières ou d’ins-
truments de marché monétaire. La décision de dispense d’évaluation est prise par le conseil
d’administration (ou le directoire).
L’initiative de réévaluation peut être prise par le conseil d’administration (ou le directoire)
lorsque des circonstances exceptionnelles ou nouvelles ont modifié ou peuvent modifier
sensiblement la valeur du bien apporté. En outre, un ou plusieurs actionnaires repré-
sentant au moins de 5 % du capital à la date de la décision d’augmenter le capital (ou
une association d’actionnaires) ont la faculté de demander une réévaluation de l’apport
en nature composé d’éléments d’actif autres que les valeurs mobilières ou instruments de
marché monétaire.
45
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Les sociétés par actions peuvent émettre ces titres. L’émission est autorisée par l’AGE des
actionnaires conformément aux procédures applicables en cas d’augmentation de capital.
Les actionnaires ont, proportionnellement au montant de leurs actions, un droit de préfé-
rence à la souscription de ces valeurs mobilières.
La décision d’émettre des valeurs mobilières donnant accès au capital emporte renoncia-
tion des actionnaires à leur DPS aux titres de capital auxquels les valeurs mobilières émises
donnent droit.
L’augmentation de capital résultant de l’exercice de droits attachés aux valeurs mobilières
donnant accès au capital n’est pas soumise aux formalités habituelles des augmentations.
Cette augmentation est définitivement réalisée du seul fait de l’exercice des droits et, le cas
échéant, des versements correspondants. À tout moment de l’exercice en cours et au plus
tard lors de la première réunion suivant la clôture de celui-ci, le conseil d’administration
(ou le directoire) constate s’il y a bien le nombre et le montant nominal des actions créées
au profit des titulaires des droits au cours de l’exercice écoulé et apporte les modifications
nécessaires aux clauses des statuts relatives au montant du capital social et au nombre des
titres qui le composent.
L’augmentation de capital par incorporation de créances
L’opération consiste pour le souscripteur à renoncer par cet acte au recouvrement de sa
créance en échange d’une attribution d’actions. Il faut que la créance soit certaine, liquide
et exigible. Les libérations d’actions par compensation de créances sont constatées par un
certificat du notaire ou du CAC.
attention
Si les statuts de la société le prévoient, l’assemblée qui statue sur les comptes peut offrir
aux actionnaires, pour tout ou partie du dividende mis en distribution ou des acomptes sur
dividendes, une option entre un paiement en numéraire ou un paiement en actions.
Afin d’inciter les actionnaires à investir leur dividende, le prix de souscription fixé par l’as-
semblée est généralement inférieur à la valeur de vénale ou boursière de l’action.
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47
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ dans un premier temps, les pertes sont imputées sur le capital ; la réduction du capital
à zéro ou à un montant déterminé entraînera une annulation des actions existantes ou
d’un certain nombre d’entre elles ;
∙ dans un second temps, le capital est augmenté par émission d’actions nouvelles en
numéraire réservées à un nouveau partenaire.
L’opération de « coup d’accordéon » doit être justifiée par la préservation de la pérennité de la
société (c’est-à-dire l’intérêt social de la société), éviter l’abus de majorité et ne pas consti-
tuer une fraude. La suppression du droit préférentiel de souscription doit être motivée.
La réduction du capital peut être obligatoire lorsque les capitaux propres deviennent infé-
rieurs à la moitié du capital social à la suite de pertes.
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
d’administration (ou le directoire) est tenu, dans le délai de trois mois, à compter de la noti-
fication du refus, de faire acquérir les titres de capital, soit par un actionnaire ou par un tiers,
soit, avec le consentement du cédant, par la société en vue d’une réduction du capital.
Le texte prévoit le rachat d’actions en vue de favoriser la liquidité des titres de la société
cotée. Ainsi, l’AG d’une société cotée peut autoriser le conseil d’administration (ou le direc-
toire) à acheter un nombre d’actions représentant jusqu’à 10 % du capital de la société. Ces
actions peuvent être annulées dans la limite de 10 % du capital de la société par périodes
de 24 mois. En cas d’annulation des actions achetées, la réduction de capital est autorisée
ou décidée par l’AGE qui peut déléguer au conseil d’administration (ou au directoire) tous
pouvoirs pour la réaliser.
49
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Pour les associés de la société qui procède à une réduction de capital non motivée par des
pertes, la somme reçue par ceux-ci est composée de deux parties :
focus
L’opération de coup d’accordéon n’emporte, en lui-même, pas de conséquence sur l’im-
position des associés. En revanche, lorsqu’ils cèdent leur participation, une plus ou moins-
value peut apparaître. Il convient alors d’opérer une ventilation entre le court terme et le
long terme pour les plus ou moins-values apparaissant en cas de cession des titres posté-
rieurement à une telle opération.
Lorsque les titres cédés ont été acquis lors d’une opération de « coup d’ac-
cordéon », quel est le prix d’acquisition à retenir pour le calcul du mon-
tant de la plus-value ? Il convient de tenir compte de la valeur totale des contreparties
que le titulaire de ces droits a dû fournir pour en devenir propriétaire. Par exemple, Mme X
constitue une société et apporte à cette occasion 2 000 € en contrepartie de 200 actions.
La situation financière de la société se dégrade et il est décidé de procéder à une opéra-
tion de « coup d’accordéon », soit une réduction de capital à zéro immédiatement suivie
d’une augmentation de capital pour 2 000 € (toujours pour 200 actions). Mme X voit ses
200 anciennes actions annulées et souscrit 200 nouvelles actions. Lorsque Mme X décide
de vendre plus tard ses 200 actions, elle doit retenir 4 000 € comme prix d’acquisition.
∙ 1. Dans la SAS
Dans la SAS, les décisions relatives à l’augmentation, la réduction et l’amortis sement de capi-
tal sont, dans les conditions prévues par les statuts, prises collectivement pa r les associés.
Les dispositions relatives aux augmentations de capital dans les SA, sont applicables aux SAS.
Il en est de même des articles concernant la réduction du capital.
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∙ 2. Dans la SARL
a. Le principe
Dans la SARL, l’augmentation ou la réduction du capital social est décidée par des associés
dans les conditions de majorité et de quorum prévues pour les modifications statutaires.
Lorsque les statuts le prévoient, les décisions des associés peuvent être prises par consulta-
tion écrite.
b. Les exceptions
Cette règle ne s’applique pas :
∙ aux incorporations de réserves ou de bénéfices au capital qui peuvent être prises par les
associés représentant au moins la moitié des parts sociales ;
∙ en cas de réduction du capital social qui porte atteinte à l’égalité des associés et qui
suppose alors l’unanimité des associés.
51
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
focus
1. Qualification juridique des pactes d’actionnaires
Les pactes d’actionnaires sont avant tout des contrats, donc en principe, ils sont soumis au
droit commun des contrats. Leur interprétation suit les règles prévues dans le Code civil :
• d’une part, étant un contrat, le pacte engage les parties contractantes. Le pacte ne peut
être modifié qu’avec l’accord unanime des contractants. Toute violation du pacte peut
engager la responsabilité contractuelle de son auteur. La victime peut alors réclamer
l’exécution forcée, la réparation du préjudice subie ou les deux ;
• d’autre part, les pactes d’actionnaires n’ont d’effet qu’entre les parties contractantes. De
sorte qu’un pacte d’actionnaires ne peut profiter à la société mère, aux sociétés sœurs ou
filiales du même groupe. Par ailleurs, une cession d’actions n’entraîne pas le transfert de
plein droit d’un pacte d’actionnaires.
En outre, le pacte est opposable aux tiers, c’est-à-dire qu’un pacte crée une situation
juridique et factuelle qui s’impose aux tiers. À titre d’exemple, lorsqu’une cession de
titres a été réalisée au mépris d’un droit de préemption, la nullité de l’opération peut
être demandée dès lors qu’est démontrée la collusion frauduleuse entre le cédant et le
tiers acheteur. Dans ce cas, les bénéficiaires de la clause de préemption peuvent être
substitués au tiers et acquérir à sa place les actions. En revanche, si le cessionnaire est de
bonne foi, il conserve les actions achetées et le bénéficiaire de la clause de préemption
n’a droit qu’à des dommages-intérêts.
2. Pacte extrastatutaire et statuts de la société
Les pactes d’actionnaires ne peuvent être contraires aux statuts et doivent respecter l’inté-
rêt social de la société. Lorsqu’une décision de la société est conforme aux statuts de la
société mais non conforme au pacte d’actionnaires, le pacte étant inférieur aux statuts, la
décision ne saurait être annulée de ce fait.
3. Pacte à durée déterminée et indéterminée
Le pacte d’actionnaires, comme tout engagement, peut être à durée déterminée ou à durée
indéterminée.
La question est de savoir si le pacte qui a une durée égale à la vie de la société est affecté
d’un terme ou à durée indéterminée. La référence à la durée de la société conduit à envi-
sager que le pacte n’est conclu que pour la durée initiale de la convention de société. Le
pacte serait alors à durée déterminée. Néanmoins, la durée de la société pouvant être pro-
rogée par ses actionnaires, on peut comprendre que le pacte lie ses cocontractants aussi
longtemps que dure dans la société la situation d’actionnaire. Dans ce cas, le pacte serait à
durée indéterminée.
La conséquence pratique est importante dans la mesure où, dans le cas d’un contrat à
durée indéterminée, chaque partie peut résilier le pacte à tout moment, sauf à respecter un
délai de préavis contractuellement prévu ou, à défaut, un délai raisonnable (alors que, dans
le cas d’un pacte à durée déterminée, une telle résiliation est impossible).
4. Publicité de pacte d’actionnaires
En principe, un pacte d’actionnaires est secret. Cependant, le texte impose une publicité
lorsque la convention prévoit des conditions préférentielles de cession ou d’acquisition
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d’actions cotées et porte sur au moins 0,5 % du capital ou des droits de vote de la société
émettrice (art. L. 233-11, C. com.). La convention doit être transmise dans un délai de
cinq jours de Bourse à compter de sa signature, à la société et à l’AMF. À défaut de trans-
mission, les effets de cette convention sont suspendus. La société et l’AMF doivent égale-
ment être informées de la date à laquelle la convention prend fin. Ces informations sont
portées à la connaissance du public. La publicité est obligatoire que les signataires soient
ou non actionnaires de la société émettrice.
5. Sanction de la violation d’un pacte d’actionnaires
L’exécution forcée en nature n’est pas systématiquement prononcée. Lorsqu’elle est pro-
noncée, elle l’est sous des conditions strictes. Cette solution nuit à l’efficacité des pactes
d’actionnaires. En pratique, il est prudent de stipuler une clause d’exécution forcée dans le
pacte.
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focus
1. Interprétation stricte des pactes d’actionnaires
Le juge interprète de façon stricte les pactes de préemption. Par exemple, les sociétés A
et B ont conclu un pacte de préemption portant sur les titres qu’elles détiennent dans
le capital de la société C et dont elles sont seules actionnaires. Ce pacte stipule que le
droit de préemption s’applique à toutes les aliénations par quelque mode que ce soit. Les
actionnaires de la société A décident de céder la totalité des actions du capital dans cette
dernière. La société B demande alors la nullité de cession en se fondant sur le pacte de pré-
emption. Mais, pour le juge du fond, la cession contestée ne porte que sur les titres émis
par la société A, et non sur ceux émis par la société C. En conséquence, la demande de mise
en œuvre du droit de préemption statutaire ne peut être accueillie.
2. Exécution forcée ou dommages-intérêts
Lorsqu’un contrat est conclu avec un tiers en violation d’un pacte d’actionnaires, le béné-
ficiaire de celui-ci peut obtenir des dommages-intérêts. En outre, il est en droit d’exiger
l’annulation du contrat passé avec un tiers en méconnaissance de ses droits et d’obtenir
sa substitution à l’acquéreur, à la condition que ce tiers ait eu connaissance, lorsqu’il a
contracté, de l’existence du pacte et de l’intention du bénéficiaire de s’en prévaloir.
3. Action interrogatoire du tiers
Le tiers peut demander par écrit au bénéficiaire du pacte d’actionnaires de confirmer, dans
un délai raisonnable qu’il fixe, l’existence d’un pacte d’actionnaires et s’il entend s’en pré-
valoir. L’écrit mentionne qu’à défaut de réponse dans ce délai, le bénéficiaire du pacte ne
pourra plus solliciter sa substitution au contrat conclu avec le tiers ou la nullité du contrat
(art. 1123, C. civ.).
4. Autres clauses
On pourrait évoquer les clauses de rachat à prix plancher, clause de rachat de droits
sociaux stipulée à un prix « déterminé à l’avance ». Ces promesses d’achat ont pour objet
d’assurer l’équilibre des engagements en garantissant aux bénéficiaires, qui sont générale-
ment des bailleurs de fonds, le remboursement de l’investissement auquel ils n’auraient
pas consenti sans lesdites promesses. La Cour de cassation a confirmé qu’il ne s’agissait pas
de clauses léonines prohibées par l’article 1844-1 du Code civil.
La clause « buy or sell » (ou d’offre alternative) : chaque signataire a le droit de
proposer à l’autre de lui racheter ses titres à un prix déterminé, le destinataire de l’offre a le
choix entre racheter les titres au prix proposé ou au contraire renvoyer l’offre à l’initiateur
pour que ce dernier lui rachète tous ses titres au prix proposé.
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Dans le cas d’une augmentation de capital social, des difficultés sont susceptibles d’appa-
raître nécessitant la rédaction d’un certain nombre de clauses :
∙ certains actionnaires peuvent ne pas souhaiter réduire leur participation dans la société,
c’est l’objet de la clause antidilution ;
∙ une partie du capital peut avoir été réservée à un tiers sans que les actionnaires actuels
puissent s’y opposer, c’est l’objet des pactes de préférence ;
∙ certains associés peuvent souhaiter bénéficier des mêmes avantages que les autres, c’est
l’objet des clauses de l’associé le plus favorisé.
a. La clause antidilution
La clause antidilution permet à un actionnaire d’obtenir l’engagement des autres action-
naires de lui céder le nombre d’actions nécessaire pour maintenir son pourcentage de capital
détenu antérieurement à l’opération. Elle a pour objectif d’éviter que le pourcentage de par-
ticipation d’un actionnaire ne soit réduit à la suite d’une augmentation de capital ou d’une
fusion. La clause s’analyse en une promesse unilatérale de vente sous condition suspensive
d’un événement déterminé (ex. : augmentation de capital, fusion).
Cette clause est souvent cumulée avec la clause de garantie de valeur, dite « clause de
ratchet » qui permet de prémunir les actionnaires contre une baisse de valorisation de la
société. Concrètement, la clause de ratchet permet d’ajuster automatiquement à la hausse
le pourcentage de détention du capital détenu, et ce, proportionnellement à la baisse de
valorisation de la société. Ainsi, en cas d’opération sur le capital intervenant à une valorisa-
tion inférieure à celle établie lors de l’entrée de l’investisseur dans la société, un système de
compensation permet de ramener la valeur d’acquisition de ses titres à la nouvelle valeur
proposée. Il s’agit de conserver l’équilibre initial, non pas en considération du pourcentage
de titres détenus, mais de leur valeur. Les clauses de ratchet risquent d’être remises en cause
au regard de la prohibition des clauses léonines.
attention
Lors de la constitution ou au cours de l’existence d’une société par actions, on peut créer
des actions de préférence, avec ou sans droit de vote, assorties de droits particuliers
de toute nature, à titre temporaire ou permanent.
Les actions de préférence sans droit de vote ne peuvent représenter plus de la moitié du
capital social, et dans les sociétés dont les actions sont admises aux négociations sur un
marché réglementé, plus du quart du capital social. Toute émission ayant pour effet de
porter la proportion au-delà de cette limite peut être annulée.
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
attention
En cas de nouvelle émission de titres réservée à un investisseur, le nouvel entrant ne
peut bénéficier d’aucun avantage supplémentaire autre que ceux qui ont bénéficié aux
signataires du pacte. Il s’agit de la clause de traitement légal. Cette clause permet
d’aligner les conditions des éventuelles nouvelles augmentations sur celles consenties au
bénéficiaire du pacte.
∙ les statuts de la société permettent de prévoir l’inaliénabilité des actions pour une durée
n’excédant pas dix ans ;
∙ toute cession effectuée en violation des clauses statutaires est nulle et ce même en
l’absence de collusion frauduleuse entre les parties et même si le tiers cessionnaire
n’avait pas connaissance de la clause ;
∙ les clauses en question ne peuvent être adoptées ou modifiées qu’à l’unanimité des
associés ;
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
∙ les statuts pourront aménager cette clause de plusieurs façons. Ils peuvent ainsi prévoir :
– une inaliénabilité totale pendant un certain temps, suivie d’une possibilité de cession
mais seulement à un autre associé, pendant une autre période,
– que la clause concernera toute opération d’inaliénabilité (cession, apport, échange,
etc.) ou certaines d’entre elles et qu’elle ne vaudra qu’à l’égard de certaines personnes
déterminées (tiers, concurrent et/ou à tout ou partie des actionnaires),
– que la clause concernera toutes les actions émises ou certaines d’entre elles (apparte-
nant à certains actionnaires) ou encore une certaine proportion des actions détenues
par chaque actionnaire (l’autre proportion étant librement cessible),
– la levée de l’interdiction d’aliéner lorsqu’un dirigeant actionnaire est révoqué ou
démissionnaire de ses fonctions.
b. Dans les SA
Malgré l’absence de texte, la clause d’inaliénabilité est valable dans les SA à condition d’être
temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime. Elle est utile, par exemple, pour
assurer à des minoritaires le maintien dans la société d’un actionnaire majoritaire. On ren-
contre notamment des stipulations d’inaliénabilité dans les opérations de capital-risque
pour garantir l’investisseur contre le risque de sortie anticipée de l’entrepreneur.
focus
Il existe d’autres clauses :
• pacte interdisant l’augmentation de sa participation : un pacte comporte
des clauses d’interdiction faite à un actionnaire majoritaire d’augmenter sa participation
dans le capital, soit directement, soit indirectement, pendant toute la durée de l’inves-
tissement, sauf accord préalable d’un actionnaire dénommé ;
• clause de maintien de la répartition du capital ;
• clause de standstill (ou de non-agression) : cette clause interdit aux action-
naires de céder ou d’acquérir des titres de la société pendant une durée déterminée ou
jusqu’à la réalisation d’un événement prédéterminé ;
• clause d’égalisation : cette clause oblige les actionnaires à maintenir la répartition
de leurs participations dans la société, tout en rétrocédant certains titres le cas échéant.
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
focus
1. Droit de vote de l’associé dont l’exclusion est proposée
En matière de droit de vote, tout associé a le droit de participer aux décisions collectives et de
voter ; les statuts ne peuvent déroger à ces dispositions que dans les cas prévus par la loi. Il a
été jugé que le texte n’autorise pas les statuts à priver l’associé dont l’exclusion est proposée
de son droit de participer à cette décision et de voter sur la proposition. La clause statutaire
privant l’associé en cause du droit de vote étant réputée non écrite, la délibération doit être
annulée, peu important que l’associé exclu ait été finalement admis à prendre part au vote.
2. Clause d’éviction
Les statuts d’une société peuvent prévoir que tout actionnaire, dès qu’il n’est plus salarié
de la société, perd sa qualité d’actionnaire. Cette éviction présente un caractère automa-
tique. L’éviction n’est pas une exclusion.
58
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
attention
En pratique, des promesses unilatérales de vente sont adoptées sous condition
suspensive. Elles permettent aux bénéficiaires de la promesse de déclencher le rachat forcé
des titres lorsque certains événements se produisent (par exemple, devenir dirigeant ou
salarié de la société). Une promesse unilatérale de vente n’est pas une clause d’exclusion.
attention
Une clause d’entraînement (clause de cession forcée ou de drag along) peut égale-
ment être prévue : elle permet à des actionnaires qui ont une participation majoritaire ou
significative de répondre à une offre portant sur l’intégralité des titres de la société car
ils peuvent forcer les autres actionnaires à céder leurs titres au candidat acquéreur, à des
conditions identiques. Cette clause s’analyse en stipulation pour autrui.
∙ 3. La clause de retrait
Elle permet à l’actionnaire de se retirer quand il le souhaite en obtenant que la société ou ses
coassociés lui remboursent la valeur de ses droits sociaux. Il n’est donc pas tenu de trouver
un acquéreur. Cette faculté de retrait ne doit cependant pas être discrétionnaire : les moda-
lités de fixation et de paiement du prix de retrait seront donc prévues.
59
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
focus
Il existe d’autres clauses :
• clause de cession forcée (voir ci-avant) ;
• clause de liquidité : par cette clause, les actionnaires sont tenus de faire inscrire les
titres de la société sur un marché réglementé pour que les investisseurs bénéficient de la
possibilité de revendre leurs titres. Il s’agit d’une obligation de moyens.
section 2.
Le financement par l’emprunt non bancaire
Un premier outil de financement peut résulter d’une avance, faite sous forme de prêt, par
un ou plusieurs associés. C’est la technique très répandue de l’apport en compte courant
d’associé (I). La technique sociétaire permet également d’avoir recours à l’emprunt obliga-
taire (II). Le financement participatif, ou crowdfunding, constitue un outil de financement
autre que l’emprunt bancaire, faisant appel à un grand nombre de personnes afin de financer
un projet (III).
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
➠ Le contrôle social
En effet :
∙ dans les sociétés de personnes, il appartient aux associés de déterminer dans les statuts
le régime des comptes courants ;
∙ dans celles où le risque est limité (SA et SARL notamment), le compte courant d’associé
est une convention conclue entre la société et l’associé et relève éventuellement de ce
fait de la procédure de contrôle des conventions réglementées.
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UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
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UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
En outre, lorsque la société est en état de cessation de paiements, le compte courant d’asso-
cié débiteur peut constituer une augmentation frauduleuse du passif et le dirigeant peut
être poursuivi pour banqueroute.
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
attention
Les avances en compte courant sont-elles constitutives d’un passif exi-
gible ? Il faut rechercher si les avances n’étaient pas bloquées ou si leur remboursement
avait été demandé.
∙ 1. Pour la société
Les intérêts constituent des charges déductibles des résultats imposables. Il s’agit d’un
avantage évident du prêt par rapport aux apports. En effet, les dividendes versés aux associés
ou actionnaires ne sont pas déductibles des résultats imposables.
Afin d’éviter les abus, le droit fiscal soumet la déductibilité des intérêts aux conditions sui-
vantes (art. 39, 1, 3°, CGI) :
∙ pour les sociétés soumises à l’IS, le texte prévoit une limitation à la déductibilité des
charges financières (qui remplace le dispositif du rabot). Ainsi, les charges financières
nettes supportées par une entreprise non membre d’un groupe sont déductibles du
résultat fiscal soumis à l’IS dans la limite du plus élevé des deux montants suivants :
trois millions d’euros ou 30 % de son résultat avant impôts, intérêts, dépréciations,
provisions et amortissements (EBITDA) (sans tenir compte de l’imputation des déficits)
(art. 212 bis, CGI) ;
∙ les intérêts afférents aux sommes laissées ou mises à disposition d’une entreprise
par une entreprise liée sont déductibles : i) dans la limite de ceux calculés d’après le
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
taux d’intérêt déductible (TMPV) (art. 39, I, 3°, CGI) ou s’ils sont supérieurs, d’après le
taux que cette entreprise emprunteuse aurait pu obtenir d’établissements financiers
indépendants dans des conditions analogues (art. 212, CGI) ; ii) et sous réserve que
l’entreprise emprunteuse démontre que l’entreprise prêteuse est assujettie à raison
de ces mêmes intérêts à un impôt sur les bénéfices déterminé dans les conditions de
droit commun et au taux normal (il s’agit du dispositif anti-hybride prévoyant la non-
déductibilité des intérêts versés aux entreprises liées lorsque l’entreprise prêteuse est
faiblement imposée ou exonérés sur les produits correspondants) (art. 212, CGI) ;
∙ aux sociétés par actions (sauf exceptions prévues par la loi, à défaut d’avoir établi deux
bilans régulièrement approuvés par ses actionnaires, l’émission doit être précédée d’une
vérification de l’actif et du passif réalisée par un CAC) ;
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
c. La décision d’émission
En principe, l’obligation n’est pas un titre représentatif d’une quote-part du capital. Dès lors,
l’intervention de l’AGE n’est pas requise par la loi. Le conseil d’administration (ou le direc-
toire) dispose de la qualité pour décider ou autoriser l’émission d’obligations, sauf si les
statuts réservent ce pouvoir à l’AG ou si celle-ci décide de l’exercer.
attention
Dans une société par actions, le conseil d’administration ou le directoire peut déléguer
à toute personne de son choix, les pouvoirs nécessaires pour réaliser, dans un délai d’un
an, l’émission d’obligations et en arrêter les modalités. Les personnes désignées rendent
compte au conseil d’administration ou au directoire de l’exécution de leur mission.
Afin d’informer les actionnaires, le rapport de gestion doit comprendre une analyse de l’évo-
lution de la situation financière de la société, et spécialement de son endettement.
∙ 2. La réalisation de l’émission
a. Les modalités de l’émission
Il peut être procédé à l’émission d’obligations de deux façons :
∙ sans offre au public : il s’agit alors d’une émission privée, auquel cas l’entité émettrice
n’est soumise à aucune formalité de publicité. Mais, tout tiers a le droit d’obtenir de
la société débitrice l’indication du nombre des obligations et des titres non encore
remboursés ;
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
∙ avec offre au public : dans ce cas, la société émettrice fait placer les titres par
l’intermédiaire des banques, des établissements financiers ou des prestataires de services
d’investissement.
Mais, avant le début des opérations de souscription et préalablement à toute mesure de
publicité, elle doit publier une « notice » qui constitue le contrat d’emprunt dont les
souscripteurs pourront se prévaloir vis-à-vis de la société.
La société émettrice doit également publier une note d’information revêtue du visa de
l’AMF (Autorité des marchés financiers) destinée à l’information du public et portant sur
son organisation, sa situation financière et les modalités de l’émission envisagée.
b. Le prix d’émission
La valeur d’émission des obligations est librement fixée par l’émetteur. Celui-ci peut émettre
les obligations au pair, c’est-à-dire à la valeur nominale qui correspond au rapport entre le
montant de l’emprunt. Il peut également, dans le but d’attirer les épargnants et faciliter la
souscription, émettre son emprunt à une valeur inférieure à la valeur nominale. La diffé-
rence constitue la prime d’émission.
La loi ne fixe aucune règle concernant le versement des fonds et les moyens de paiement.
Généralement, la libération est immédiate et se fait par tous moyens de paiement.
∙ ou en plusieurs fois par remboursements périodiques d’une partie des titres, au tirage au
sort ; c’est le remboursement par amortissement, deux modalités sont pratiquées :
– soit la société rembourse un nombre égal d’obligations chaque année,
– soit par annuités constantes : elle consacre la même somme chaque année au service
de l’emprunt (amortissement et intérêts) ;
∙ pour les obligations cotées, la société peut toujours les faire amortir en procédant à leur
rachat en Bourse, suivi de leur annulation.
III. Le crowdfunding
Le financement participatif, ou crowdfunding, regroupe tous les outils et modalités de finan-
cement faisant appel à un grand nombre de personnes afin de financer un projet associatif,
culturel ou entrepreneurial. Il s’agit d’un outil de financement complémentaire.
68
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Tout d’abord, le financement participatif sous forme de don. Il ne fait pas l’objet d’un dis-
positif spécifique dans le Code monétaire et financier et en conséquence, le droit commun
s’applique, par exemple, en ce qui concerne la capacité juridique du donateur. On distingue
les dons sans contrepartie de ceux « avec récompense ». Fiscalement, lorsque le projet est
une œuvre ou un organisme d’intérêt général, une fondation ou une association reconnue
d’utilité publique, les dons sont déductibles de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur les
sociétés sous certaines conditions.
Ensuite, le financement participatif sous forme de prêt. Les prêts sont sans intérêt et
ne peuvent excéder 5 000 euros par prêteur et par projet. Un porteur de projet ne peut
emprunter plus d’un million d’euros par projet.
La dernière forme de crowdfunding est le financement participatif sous forme de souscrip-
tion de titres financiers (d’investissement).
section 3.
Le financement bancaire
L’entreprise peut recourir pour son développement à un financement bancaire. Ce contrat
réalise une opération de crédit.
Il existe une variété de contrats de financement. Nous étudierons d’abord les règles
communes aux opérations de crédit (I), puis les règles en matière de crédit avec ou sans
mobilisation de créances (II et III), et enfin les garanties du crédit (IV).
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ 3. La responsabilité du banquier
La jurisprudence impose aux banquiers une obligation d’information, de conseil et de mise
en garde. L’objectif est d’assurer un consentement éclairé et exempt de vices de la part de
l’emprunteur. La notion d’emprunteur « averti » ou « non averti » est déterminante. En effet,
lorsqu’un emprunteur est averti, la banque n’est tenue à aucune de ces obligations sous
réserve de l’hypothèse où la banque aurait eu sur l’état financier de l’emprunteur des infor-
mations que celui-ci aurait ignorées. Dans le cas contraire, la banque est tenue de mettre en
garde l’emprunteur sur les aspects négatifs d’une l’opération.
Le banquier doit consentir à ses clients des financements compatibles avec le niveau et
l’évolution de leur chiffre d’affaires, la rentabilité de leur activité et leurs résultats. Il doit agir
avec prudence et diligence. Le principe de la responsabilité civile extracontractuelle permet
de condamner le banquier à réparer le préjudice causé à une entreprise, aux créanciers et
aux cautions de celle-ci, par l’octroi d’un crédit inopportun (inapproprié).
Lorsque l’entreprise fait l’objet d’une procédure collective, le principe est l’irresponsabilité
du banquier, sauf en cas de fraude, d’immixtion caractérisée dans la gestion du débiteur ou
si les garanties prises en contrepartie de ces concours sont disproportionnées à ceux-ci.
En principe, le droit au crédit n’est pas reconnu car le contrat de prêt repose sur la confiance.
Cependant, le refus injustifié de l’octroi d’un crédit, le refus de crédit discrétionnaire ou le
refus de l’octroi d’un crédit ne respectant pas les exigences légales sont sanctionnés.
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
B. LE COUT DU CREDIT
Le coût du crédit dépend naturellement du montant de la somme prêtée, du taux d’intérêt
et de la durée du prêt. Mais, la rémunération du concours consenti ne se limite pas à la
perception d’intérêts et prend en compte d’autres composantes. Diverses perceptions forfai-
taires, appelées « commissions » constituent le prix de services rendus par la banque.
Les taux d’intérêt débiteurs, ainsi que les commissions et dates de valeur sont libres. Il n’y
a pas de fixation autoritaire des conditions. La liberté dans la fixation de l’intérêt trouve
cependant une limite dans la nécessité de l’écrit et dans l’interdiction de l’usure.
➠ Le contenu de l’écrit
Tout contrat de crédit doit mentionner le taux conventionnel et le TEG :
∙ le taux conventionnel, dit aussi nominal, est le taux vu du côté du banquier, dont il est à
la fois l’instrument de travail et la mesure de la rémunération ; il lui permet d’élaborer le
tableau d’amortissement ou de faire fonctionner le compte ;
∙ le TEG est le taux vu du côté du client, car il intègre en principe, en plus du taux
conventionnel, l’incidence de l’ensemble des frais afférents au crédit, qui diminuent
le capital emprunté ou majorent les échéances. L’indication du TEG permet au
consommateur de connaître, au-delà du remboursement du capital emprunté, le coût
global du prêt propose, frais annexes compris, et ainsi d’apprécier l’effort financier qu’il
aura à consentir.
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a. La prohibition de l’usure
Constitue un prêt usuraire tout prêt conventionnel consenti à un TEG qui excède, au
moment où il est consenti, de plus du tiers, le taux effectif moyen pratiqué au cours du
trimestre précédent par les établissements de crédit pour des opérations de même nature
comportant des risques analogues (art. L. 314-6, C. consomm.). L’usure est sanctionnée au
niveau pénal et civil.
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
attention
Le texte n’exige pas que soit mentionné le motif de la rupture. En pratique, toutefois,
ce dernier est généralement précisé. En outre, si l’entreprise en fait la demande, l’établisse-
ment de crédit doit lui fournir les motivations de la rupture. Par ailleurs, est posée la règle
de confidentialité de cette information à l’égard des tiers.
➠ La dispense de préavis
Si le bénéficiaire du crédit adopte un comportement gravement répréhensible ou si la situa-
tion de ce dernier s’avère irrémédiablement compromise, l’établissement de crédit n’est plus
tenu de respecter le délai de préavis, que l’ouverture de crédit soit à durée indéterminée
ou déterminée. Ces deux exceptions à l’obligation de préavis ne dispensent cependant pas
d’une notification préalable et écrite de l’interruption du concours.
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∙ 1. L’escompte
Les délais de paiement pratiqués en France peuvent conduire l’entreprise à souhaiter finan-
cer ce décalage entre les ventes et leur règlement. À cette fin, elle peut utiliser l’escompte,
technique de crédit à court terme, qui consiste à transférer à une banque une ou plusieurs
des créances dont elle dispose sur ses clients moyennant le paiement d’une somme d’argent.
L’escompte fait donc intervenir trois parties : l’entreprise bénéficiaire de l’escompte (appelée
le cédant ou le remettant), le débiteur de l’effet (appelé le cédé) et le banquier qui est, lui,
le cessionnaire.
Cette opération porte sur les effets de commerce (essentiellement les lettres de change ou
traites).
a. La description de l’opération
La convention d’escompte fixe le plafond d’encours, les commissions applicables, la durée
maximale et minimale qui peut s’écouler entre la création de l’effet et l’échéance. Le ban-
quier s’engage à prendre à l’escompte les effets de commerce remis par l’entreprise jusqu’au
montant de la ligne d’escompte, qui correspond à l’encours maximum que l’entreprise peut
utiliser.
En principe, du fait de la promesse consentie, la banque ne peut plus refuser d’escompter
un titre remis par le client. Elle ne peut rejeter un effet que si l’opération est ponctuelle et
qu’elle considère qu’il est de mauvaise qualité, c’est-à-dire que la créance n’offre pas toutes
les garanties requises pour une opération d’escompte. Cependant, même dans le cadre du
crédit d’escompte, il n’est pas abusif de refuser des effets dès lors que le bénéficiaire n’a
pas fourni les renseignements sollicités par le banquier. La banque doit aussi s’assurer de la
licéité de l’effet afin notamment d’éviter les opérations d’escompte d’effets de complaisance
ne correspondant à aucune prestation.
Le crédit d’escompte est dit « revolving » : il se renouvelle à partir du moment où les effets
escomptés sont payés. Les banques exigent également l’ouverture d’un compte « retenue
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Remarque
• Avantages :
– l’escompte permet à une entreprise d’assurer la liquidité d’une partie de
ses créances à un coût, en principe, moins élevé que le découvert ;
– pour les banques, le transfert des créances garantit le crédit consenti. Les
mécanismes du droit cambiaire ou les modes de protection attachés à
la cession des créances professionnelles renforcent la situation du ban-
quier.
• Inconvénients :
– la procédure est lourde et onéreuse pour les effets de faible montant ;
– la formule n’est pas très souple, parce que les banquiers exigent que les
effets soient acceptés.
∙ 2. L’affacturage
L’affacturage (aussi appelé factoring) est la convention par laquelle un organisme spécialisé,
appelé l’affactureur (ou le factor), accepte de régler les créances à court terme dont une
entreprise, dénommée l’adhérent (ou le fournisseur), dispose sur ses clients. En contrepar-
tie, outre le versement d’une rémunération, ces créances lui sont transférées, généralement
par la voie de la subrogation conventionnelle.
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Il convient d’ajouter que le factor a pu aussi choisir de ne pas acquérir toutes les créances,
mais seulement certaines d’entre elles, parce qu’il a estimé qu’elles ne présentaient pas
toutes les qualités requises. Dans cette hypothèse, le factor peut tout de même accepter
d’assurer le recouvrement des créances non approuvées, en simple qualité de mandataire de
l’entreprise, laquelle supportera alors le risque de l’insolvabilité du débiteur.
Remarque
• Avantages : l’affacturage propose une gestion intégrale des factures
remises et le recouvrement tout en assurant la garantie du paiement à 100 %.
• Inconvénients :
– l’affacturage peut induire une image négative vis-à-vis des clients de l’en-
treprise adhérente : en effet, il y a dépersonnalisation de la relation avec le
client (les dossiers des clients de l’entreprise repris par la société d’affac-
turage sont traités de la même manière). De même, la gestion du recou-
vrement des créances ou des retards de paiement est parfois plus brutale
que celle que l’entreprise appliquerait directement, ce qui peut nuire aux
bonnes relations commerciales entre l’entreprise adhérente et ses clients ;
– le factor dispose d’un droit de contrôle sur les factures qui lui sont pro-
posées et peut exiger les justificatifs (bons de commande, bons de livrai-
son) nécessaires au recouvrement ;
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d’un acte déjà intervenu ou à intervenir mais dont le montant et l’exigibilité ne sont pas
encore déterminés. Il est donc possible de céder des créances futures si elles sont suffisam-
ment identifiables. Naturellement, la cession ne peut porter sur des créances éteintes ou
inexistantes, sous peine pour le cédant d’être poursuivi pour escroquerie.
À cet égard, le champ d’application de la loi est large, puisqu’il concerne l’ensemble des
créances professionnelles.
Sont exclues les créances détenues sur un consommateur.
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un rôle purement financier. Cette convention de crédit est soumise aux règles gouvernant
l’octroi ou la rupture du crédit.
L’opération transfère de plein droit au cessionnaire la propriété de la créance cédée. Le
moment où s’opère ce transfert est la date apposée sur le bordereau lors de la remise de
celui-ci.
Plusieurs conséquences en découlent :
∙ en premier lieu, le cédant ne peut plus modifier les droits attachés aux créances
transmises sans accord exprès et préalable du cessionnaire. Il ne peut plus accorder ou
supprimer des sûretés, ni octroyer des remises de dettes ni céder cette créance qui ne lui
appartient plus ;
∙ ensuite, ce transfert comprend les créances mais aussi les sûretés, garanties et accessoires
attachées à chaque créance ;
∙ le paiement de la créance cédée n’est pas affecté par l’ouverture d’une procédure
collective à l’encontre du cédant postérieurement à cette date (la créance est sortie du
patrimoine du cédant).
∙ en premier lieu, le débiteur cédé pourra lui opposer les exceptions issues de ses relations
avec le cédant. La loi l’autorise cependant à solliciter l’acceptation du débiteur cédé afin
qu’il ne puisse plus lui opposer ces moyens de défense ;
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Parmi les exceptions opposables, on peut citer la nullité ou l’inexécution du contrat qui a
fait naître la créance entre le cédant et le débiteur cédé ou le délai de paiement accordé,
avant la date apposée sur le bordereau Dailly par le cédant ou encore, si certaines conditions
sont réunies, la compensation née des rapports du débiteur cédé et du cédant.
Remarque
• Avantages :
– pour l’entreprise, c’est une procédure de mobilisation rapide qui facilite
l’accès au crédit. Il évite les lourdeurs de l’escompte des lettres de change
classiques ;
– la mobilisation de ces créances ne présente pas une image de marque
négative vis-à-vis des clients. Le recours ponctuel demeure possible et
l’entreprise n’a pas à justifier à l’établissement bancaire le bien-fondé de
la créance (la banque se contente de la facture) ;
– le bordereau Dailly permet de regrouper sur un même document plu-
sieurs créances, l’usage de ce seul titre permettant de céder (ou de nantir)
de nombreuses créances à la fois sans qu’il ne soit nécessaire d’endosser
chacune d’elles ;
– lorsque le cédant est ultérieurement soumis à une procédure collective,
la créance est réputée sortir du patrimoine du cédant à la date apposée
sur le bordereau.
• Inconvénients :
– la cession de créances par bordereau Dailly aggrave la difficulté de maî-
triser le suivi du poste clients ;
– contrairement à l’escompte classique, ce n’est pas un moyen de recouvre-
ment et le bénéficiaire du crédit doit continuer à suivre le recouvrement
de ses créances ;
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A. LE PRET BANCAIRE
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➠ Le lieu de paiement
Le paiement se fera généralement au lieu où le compte bancaire est tenu.
➠ Le terme de paiement
Généralement, le débiteur a la possibilité de rembourser avant le terme, mais une indem-
nité devra alors être versée à la banque, qui ne constitue pas une clause pénale.
À l’inverse, l’emprunteur peut tenter d’obtenir un report des échéances, qui sera accordé
ou non par le prêteur. Le juge peut accorder un délai de grâce. Le report ou l’échelonne-
ment des sommes dues ne peut excéder deux ans. L’octroi de ce délai suspend les procé-
dures d’exécution que le créancier aurait pu engager. Si l’entreprise débitrice est dans une
situation financière délicate, elle peut utiliser la procédure de sauvegarde ou de conciliation.
B. LE CREDIT-BAIL
Une part importante de l’investissement en biens d’équipement est aujourd’hui financée
sous forme de crédit-bail.
Les sociétés pratiquant le crédit-bail sont des établissements de crédit spécialisés bénéfi-
ciant d’un agrément.
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∙ 1. Le crédit-bail mobilier
a. La présentation de la convention
∙ soit le rachat du bien pour un montant fixé dès l’origine par le contrat (valeur résiduelle,
qui doit aux termes du Code monétaire et financier tenir compte au moins pour partie
des versements effectués à titres de loyers) ;
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➠ La conclusion du contrat
On distingue en effet dans ce contrat :
∙ un contrat de vente entre la société de crédit-bail et le fournisseur, mais c’est un contrat
particulier car c’est le locataire qui choisit le bien acheté et qui va retirer le matériel
acheté et établir avec le vendeur un procès-verbal de livraison ou de prise en charge ;
∙ la mention de l’option d’achat qui doit figurer au contrat ; à défaut, il ne s’agirait pas d’un
contrat de crédit-bail.
Le propriétaire bailleur joue un rôle purement financier dans la vente et laisse, au locataire,
par le biais d’un mandat, de nombreuses prérogatives. Le bailleur lui donne généralement
mandat de choisir le fournisseur, le matériel et de retirer le bien loué, au moment où il le
souhaite. La société de crédit-bail, au vu du certificat de réception du matériel, en versera le
prix au fournisseur.
Le contrat de vente obéit aux conditions de validité du droit commun des contrats. Le prix
a ici une grande importance, parce qu’il constitue la base locative de l’opération. L’impératif
majeur du bailleur est d’amortir le capital investi sous la forme de l’achat du matériel et de le
rentabiliser sur la durée du contrat de louage.
La convention prévoit généralement que la vente n’est parfaite que si le vendeur produit
un procès-verbal de livraison et réception. Il protège le crédit-bailleur du paiement qu’il
pourrait effectuer sans objet du fait du défaut de délivrance du bien acheté. Il est aussi le
point de départ de la location. La convention prévoit généralement que huit jours après
réception par le locataire du matériel qui fait l’objet du contrat de location sans protestation
constatée dans un procès-verbal de difficultés, le bailleur peut considérer que l’obligation de
délivrance est exécutée et qu’il peut par conséquent payer le prix.
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Des incidents peuvent survenir, soit que la livraison ait lieu avec retard, soit que des vices
cachés rendent le matériel impropre à sa destination. Or, selon le droit commun, le bailleur
doit garantie au preneur pour tous les vices ou défauts de la chose louée qui en empêche
l’usage. Le locataire devrait normalement former un recours contre la société de crédit-bail
qui se retournerait alors contre le vendeur. Parce qu’il est évidemment plus simple que le
preneur s’adresse directement au fournisseur, les parties conviennent que le locataire exer-
cera pour le compte du bailleur les actions contre le vendeur. À cet effet, la société de crédit-
bail fait signer au fournisseur une acceptation de l’exercice direct des actions en garanties
par l’utilisateur. Ce transfert des actions en garantie contre le fournisseur au locataire per-
met aux sociétés de crédit-bail de s’exonérer de leur garantie. L’existence de ce mandat reçu
du crédit-bailleur permet aussi au locataire d’exercer un recours contre le vendeur en réso-
lution de la vente pour manquement à son obligation de délivrance.
La Cour de cassation a décidé que la résolution du contrat de vente du bien loué impliquait
la résiliation du contrat de crédit-bail sous réserve des clauses ayant pour objet de régler
les conséquences de cette résiliation : le preneur est dispensé du paiement des loyers à
compter de sa demande judiciaire en résolution de la vente.
➠ En cas de difficulté
Si l’entreprise est soumise à une procédure de sauvegarde, l’administrateur peut exiger la
poursuite du contrat en s’acquittant des loyers échus postérieurement au jugement d’ou-
verture et ce quel que soit le défaut d’exécution par le locataire d’engagements antérieurs.
Il peut aussi décider de mettre fin au contrat de crédit-bail et les loyers échus entre le juge-
ment d’ouverture et l’option de l’administrateur bénéficieront du privilège des créances
postérieures.
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ 2. Le crédit-bail immobilier
Le crédit-bail peut être utilisé au sein de divers montages. On en distingue trois :
∙ la société de crédit-bail achète le bien immobilier. Le mécanisme est alors le même que
pour le crédit-bail mobilier : le crédit-bailleur consent au preneur une location assortie
d’une option d’achat ;
∙ une SCI est constituée entre la société de crédit-bail et le crédit preneur. Le bail est
consenti par la SCI alors même que c’est la société de crédit-bail qui accorde au crédit
preneur une option d’achat sur les parts qu’elle détient dans cette SCI. À l’issue de la
période de location, le crédit preneur peut lever l’option, demander le prolongement du
bail ou restituer l’immeuble à la SCI ;
∙ le crédit preneur peut être le propriétaire du terrain et souhaite le conserver. Il en conclut
avec la société de crédit-bail un bail à long terme (bail emphytéotique), ce qui permettra
à cette dernière de faire édifier l’immeuble qui sera donné en location au crédit preneur.
À l’issue de celui-ci, le crédit preneur devient de plein droit propriétaire des constructions
par voie d’accession. Dans cette hypothèse, l’option, caractéristique du contrat de crédit-
bail, a disparu.
b. Le crédit-bail mobilier
Les loyers versés sont, en principe, intégralement déductibles du résultat imposable. La
déductibilité n’est remise en cause que si le contrat est requalifié en vente ou si le prix de
levée de l’option est considéré par l’administration comme anormalement bas.
Les biens acquis à l’échéance du contrat sont inscrits pour le prix convenu pour la levée de
l’option, majoré, s’il y a lieu, du prix d’acquisition du contrat. Ils sont amortissables sur la
durée d’utilisation appréciée à la date de la levée de l’option.
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c. Le crédit-bail immobilier
Les loyers sont intégralement déductibles.
Cependant, lorsque le prix d’acquisition, par le locataire, de l’immeuble pris en location par
un contrat de crédit-bail conclu avec une société immobilière est inférieur à la différence
existant entre la valeur de l’immeuble lors de la signature du contrat et le montant total des
amortissements que le locataire aurait pu pratiquer s’il avait été propriétaire du bien depuis
cette date, le locataire acquéreur est tenu de réintégrer, dans les résultats de son entreprise
afférents à l’exercice en cours au moment de la cession, la fraction des loyers versés pendant
la période au cours de laquelle l’intéressé a été titulaire du contrat et correspondant à ladite
différence diminuée du prix de cession de l’immeuble (art. 239 sexies, CGI).
Exemples
1. La dissimulation d’informations relatives à la situation d’un débiteur au
moment de la conclusion d’un engagement de caution est susceptible de
caractériser une manœuvre dolosive entraînant la nullité du contrat de caution.
2. Un créancier professionnel ne peut se prévaloir d’un contrat de cautionnement
conclu par une personne physique dont l’engagement était, lors de sa conclusion,
manifestement disproportionné à ses biens et revenus, à moins que le patrimoine
de cette caution, au moment où celle-ci est appelée, ne lui permette de faire face à
son obligation. Le caractère « averti » de la caution est indifférent sur le point de
savoir si l’engagement de la caution n’était pas manifestement disproportionné à
ses capacités financières.
3. Toute personne physique qui s’engage par acte sous seing privé en qualité de
caution solidaire envers un créancier professionnel doit, à peine de nullité de son
engagement, faire précéder sa signature de la mention manuscrite suivante, et
uniquement de celle-ci : « En me portant caution de X., dans la limite de la somme
de… couvrant le paiement du principal, des intérêts et, le cas échéant, des pénalités
ou intérêts de retard et pour la durée de…, je m’engage à rembourser au prêteur les
sommes dues sur mes revenus et mes biens si X. n’y satisfait pas lui-même. »
focus
1. Sanction du non-respect du formalisme
La violation du formalisme prévu par le Code de la consommation, qui a pour finalité la
protection des intérêts de la caution, est sanctionnée par une nullité relative. Une nullité
relative peut être régularisée par une exécution volontaire de son engagement irrégulier par
la caution, en connaissance du vice l’affectant.
2. Cautionnement consenti par une société
Il convient de distinguer les sociétés à risque illimité de celles à risque limité.
Concernant les sociétés à risque illimité, qu’il s’agisse de sûretés réelles ou de cau-
tionnement consentis en garantie de la dette d’autrui, l’opération ne peut engager ce type
de société (par exemple, une SCI) qu’à condition d’être conforme à l’objet social (ou être
autorisée par tous les associés, ou encore répondre à un intérêt commun partagé avec
le débiteur principal) et de ne pas porter atteinte à l’intérêt social (c’est-à-dire ne pas
compromettre l’activité ou l’actif de la société garante).
Concernant les sociétés à risque limité, le texte dispose que le dirigeant d’une SA ne
peut donner la caution de la société sans y avoir été préalablement autorisé par le conseil
d’administration ou de surveillance (ce dispositif a été assoupli par la loi du 19 juillet
2019). L’acte non autorisé est inopposable à la société. La société n’est nullement tenue de
l’exécuter. Il est possible de poursuivre le dirigeant ayant consenti une garantie à un tiers
sans autorisation du conseil d’administration ou de surveillance (s’agissant d’une faute
détachable de fonction). Dans les autres sociétés commerciales à risque limité,
les statuts ou le contrat de garantie peuvent imposer le respect d’une autorisation préa-
lable. Normalement, s’agissant du cautionnement consenti par une société à risque limité,
la contrariété à l’objet social de la société caution n’entraîne pas la nullité de l’engagement.
Dans un arrêt en date du 14 février 2018, une SASU s’était portée caution des obligations
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
attention
Une obligation pèse sur les établissements de crédit vis-à-vis des cautions ou de leurs héri-
tiers. C’est le devoir d’information sur l’existence du cautionnement, son terme, sa
révocabilité et le montant de la dette garantie. Le défaut d’information emporte, dans les
rapports entre la caution et l’établissement de crédit, déchéance des intérêts échus depuis
la précédente information jusqu’à la date de communication de la nouvelle information.
Les paiements effectués par le débiteur principal sont réputés, dans les rapports entre la
caution et l’établissement, affectés prioritairement au règlement du principal de la dette.
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Exemple
Après le jugement de clôture de la liquidation judiciaire pour insuffisance d’actif,
la caution qui a payé aux lieu et place du débiteur peut poursuivre celui -ci, soit
en exerçant un recours subrogatoire sous réserve que le créancier ait déclaré sa
créance, soit en exerçant un recours personnel dès lors qu’elle a elle-même déclaré
sa créance.
➠ L’extinction du cautionnement
L’extinction accessoire
Puisque le cautionnement est un contrat accessoire, la caution peut opposer au créancier
l’exception d’extinction de la dette principale. Toutes les causes d’extinction sont à envisa-
ger, paiement, nullité, remise de dette, compensation et prescription.
Exemple
Le créancier n’a pas déclaré sa créance dans les délais requis à la procédure
collective ouverte à l’égard du débiteur principal. Cette absence de déclaration
constitue une omission fautive du créancier entraînant l’impossibilité pour la
caution de bénéficier d’un recours subrogatoire à l’égard du débiteur principal. La
caution doit être déchargée.
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➠ La lettre d’intention
La lettre d’intention (d’apaisement, de parrainage, de confort, de bonne foi) (art. 2322,
C. civ.) est un engagement de faire ou de ne pas faire ayant pour objet le soutien apporté à
un débiteur dans l’exécution de son obligation envers son créancier. Selon les termes utilisés
dans ces lettres, il est possible d’y voir des obligations de résultat ou de moyens. Ces enga-
gements sont courants dans les groupes de sociétés, lorsque la société mère s’engage pour
le compte d’une des filiales.
Exemple
Une société s’était engagée à faire en sorte que la situation financière de sa filiale
lui permette de remplir ses engagements à tout moment vis-à-vis de la banque,
à mettre à disposition de cette filiale les fonds pour faire face à son emprunt
et à veiller à ce qu’ils soient utilisés à cette fin. Il s’agissait d’une obligation de
résultat.
➠ Le cautionnement réel
Le cautionnement réel est une sûreté consentie par un tiers qui affecte un bien en garantie
de la dette d’autrui. Le régime applicable est celui des sûretés réelles.
∙ 2. Les assurances
L’assurance peut aussi constituer une arme efficace. Les particuliers utilisent généralement
l’assurance-vie, en particulier pour les crédits immobiliers. Les entreprises peuvent utiliser
l’assurance-crédit-insolvabilité, qui laisse toutefois au souscripteur la charge d’une partie du
non-paiement. Enfin, l’assurance du capital-risque assure les risques pris par les banques à
l’occasion de leur participation aux fonds propres des petites entreprises.
∙ 1. Le gage
Le gage est le contrat par lequel une personne remet un bien meuble à son créancier en
garantie de sa dette. Il se caractérise par la dépossession du propriétaire. Il existe cependant
de nombreux gages sans dépossession.
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∙ le premier se trouvant dans le Code civil (le gage sans dépossession de droit commun
s’appliquant à tous les types de biens corporels, dont les stocks et le gage portant sur les
véhicules automobiles) ;
∙ le second prévu dans le Code de commerce (ex. : le gage avec ou sans dépossession des
stocks, le gage portant sur le matériel, l’outillage, le mobilier).
Le gage sans dépossession peut porter sur des biens meubles présents et futurs.
Lorsque le gage sans dépossession porte sur des choses fongibles, le constituant peut les
aliéner si la convention le prévoit, à charge de les remplacer par la même quantité de choses
équivalentes.
Le texte reconnaît au créancier bénéficiant d’un gage sans possession le droit de détention
(fictif).
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∙ 2. Le nantissement
Le nantissement est un gage sur les meubles incorporels. Il existe plusieurs types de
nantissements.
• lele nantissement conventionnel est rendu opposable aux tiers par une inscription ;
∙ créance que menace l’insolvabilité du débiteur.
nantissement judiciaire est ordonné par jugement du tribunal afin de garantir une
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b. Le nantissement de créances
On peut nantir des effets de commerce (endossement pignoratif des effets de commerce)
et des marchés (information au maître de l’ouvrage concernant le marché privé, remise au
comptable public d’un exemplaire unique du marché concernant les marchés publics).
∙ 4. L’hypothèque
L’hypothèque est un droit réel immobilier, accessoire, assorti d’un droit de préférence et
d’un droit de suite et n’entraîne pas la dépossession du débiteur.
On distingue l’hypothèque légale de l’hypothèque judiciaire et l’hypothèque conventionnelle.
a. L’hypothèque légale
Par exemple, l’hypothèque légale des époux garantissant les droits et créances d’un époux
sur les biens de l’autre, l’hypothèque légale des mineurs ou des majeurs sous tutelle
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garantissant leurs droits et créances sur les biens immeubles du tuteur ou de l’administra-
teur légal, l’hypothèque des collectivités publiques sur les biens des receveurs, comptables
du Trésor et de la Sécurité sociale.
b. L’hypothèque judiciaire
Elle résulte des jugements. Elle doit être publiée.
c. L’hypothèque conventionnelle
Elle est la plus fréquente.
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Le créancier hypothécaire est primé par le privilège des frais de justice, des salaires et le pri-
vilège du vendeur d’immeuble.
•➠ délaisser l’immeuble.
L’extinction de l’hypothèque conventionnelle
L’hypothèque peut s’éteindre soit à titre accessoire, soit à titre principal.
• la purge ;
• la prescription ;
• la renonciation du créancier à l’hypothèque.
∙ 5. Les privilèges
Le privilège est une sûreté légale qui accorde au créancier un droit de préférence et un droit
de suite (exclusivement pour les privilèges spéciaux immobiliers) lui permettant d’être payé
avant les autres créanciers du débiteur.
On distingue les privilèges généraux et les privilèges spéciaux.
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Les privilèges portant sur les immeubles (art. 2375, C. civ.) sont principalement les frais de
justice et les salaires des six derniers mois.
➠ Les privilèges liés aux procédures collectives seront abordés dans le cours 4.
∙ lepaiement
privilège du bailleur d’immeuble sur les meubles meublant le local loué : il garantit le
des loyers échus ;
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L’offre au public de titres financiers ou l’admission sur le marché boursier offrent des oppor-
tunités de financement importantes pour la société.
Corrélativement, elles emportent basculement de la société dans une réglementation très
contraignante qui vise à assurer la transparence à l’égard des investisseurs et leur sécurité.
En outre, la réglementation, très technique, emporte des règles particulières aux augmenta-
tions de capital, des règles particulières à la convocation des assemblées, où les associations
d’actionnaires jouent un rôle spécifique, ou encore une réglementation spécifique et très
lourde en cas de manquement aux règles de confidentialité (ex. : délit d’initié).
Nous étudierons les modalités du recours aux investisseurs anonymes (section 1) et le
contrôle exercé par l’AMF (section 2).
section 1.
Les modalités du recours
à des investisseurs anonymes
Nous définirons dans un premier temps l’offre au public de titres financiers (I) et puis nous
étudierons l’admission à la cotation sur un marché (II).
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➠ Le projet de statuts
Le projet de statuts d’une SA avec offre au public est établi sur papier libre et signé par un
ou plusieurs fondateurs, qui déposent un exemplaire au greffe du tribunal de commerce du
lieu du siège social. Il est communiqué à tout requérant qui peut en prendre connaissance
ou obtenir, à ses frais, la délivrance d’une copie.
➠ La notice
Les fondateurs publient une notice au Balo, avant le début des opérations de souscription et
préalablement à toute mesure de publicité.
La notice contient les indications, telles que la dénomination sociale de la société à consti-
tuer, sa forme, le montant du capital social à souscrire, le siège social, l’objet social, la durée
de la société, etc.
La notice est signée par les fondateurs qui indiquent soit leur nom, prénom usuel, domi-
cile et nationalité, soit leur dénomination, forme, siège social et le montant de leur capital
social.
b. Le capital social
Le texte n’impose pas de capital minimum spécifiquement applicable aux sociétés cotées.
Le capital social d’une SA faisant une offre au public de titres doit être intégralement sous-
crit et représenté uniquement par des apports en numéraire et en nature ; aucun apport en
industrie ne peut être effectué.
La souscription des actions de numéraire est constituée par un bulletin de souscription
daté et signé par le souscripteur ou son mandataire. Les souscriptions et les versements
sont constatés par un certificat du dépositaire, établi sur présentation des bulletins de
souscription.
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Les actions de numéraire sont libérées, lors de la souscription, de la moitié au moins de leur
valeur nominale. La libération du surplus intervient en une ou plusieurs fois sur décision du
conseil d’administration ou du directoire selon le cas, dans un délai qui ne peut excéder cinq ans
à compter de l’immatriculation de la société au registre du commerce et des sociétés (RCS).
b. L’association d’actionnaires
En général, dans les sociétés dont les actions sont admises aux négociations sur un mar-
ché réglementé, les actionnaires justifiant d’une inscription nominative depuis au moins
deux ans et détenant ensemble au moins 5 % des droits de vote peuvent se regrouper en
associations destinées à représenter leurs intérêts au sein de la société. Pour exercer les
droits qui leur sont reconnus, ces associations doivent avoir communiqué leurs statuts à la
société et à l’AMF.
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section 2.
Le contrôle exercé par l’AMF
(Autorité des marchés financiers)
I. La présentation et l’organisation de l’AMF
L’organe de régulation, l’AMF, a pour vocation d’améliorer la transparence de l’intégralité du
marché.
B. LA COMPOSITION
L’AMF est principalement composée de deux entités, totalement distinctes, placées sur un
pied d’égalité et indépendantes l’une de l’autre :
∙ les attributions confiées à l’AMF sont exercées par un collège composé de 16 membres
dont le président est nommé par décret pour un mandat de cinq ans, non renouvelable
(le mandat de cinq ans des autres membres est renouvelable une fois) ;
∙ une commission a l’exclusivité du pouvoir de sanction. Les fonctions de membre de
la commission des sanctions sont incompatibles avec celles de membre du collège.
Cette commission comprend 12 membres. La durée de leur mandat est de cinq ans,
renouvelable une fois.
L’AMF comprend également des commissions spécialisées et des commissions consultatives.
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attention
L’examen de recours formés contre les décisions individuelles de l’AMF, y
compris les sanctions prononcées à leur rencontre, est de la compétence du juge judi-
ciaire. Ces recours n’ont pas d’effet suspensif sauf si la juridiction en décide autrement.
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Synthèse de la partie 7
I. Recours à des investisseurs identifiés
Les investisseurs identifiés sont les associés (existants ou nouveaux) de la
société, les obligataires et les établissements de crédit ou de financement.
Les associés, outre leur apport initial, financent leur société, soit en
souscrivant à des augmentations de capital, soit par des avances en compte
courant d’associé.
Les opérations ayant trait au capital social sont essentiellement :
∙ l’augmentation de capital : il convient de connaître les conditions
préalables (libération totale du capital initialement souscrit, etc.), le
processus de décision (organe social compétent, quorum et majorité requis,
etc.) et les modalités de réalisation (par apports nouveaux en numéraire ou
en nature, par conversion ou incorporation).
Dans les sociétés par actions, les actionnaires ont, proportionnellement au
montant de leurs titres, un DPS des actions en numéraire nouvellement
émises. Évidemment, ils ne sont pas obligés de souscrire aux nouvelles
actions et peuvent décider de céder leurs DPS à d’autres personnes,
renoncer à titre individuel à leur DPS ou encore décider de ne rien faire. Le
DPS peut être supprimé.
En matière de droits d’enregistrement, les apports faits à l’occasion d’une
augmentation de capital sont soumis au même régime que les apports faits
lors de la formation de la société ;
∙ la réduction de capital : elle est souvent motivée par des difficultés
financières. Elle est obligatoire lorsque les capitaux propres deviennent
inférieurs à la moitié du capital social à la suite de pertes. La réduction du
capital peut ne pas être motivée par pertes (pour abaisser le nominal de
l’action, augmenter le dividende distribué, appliquer la clause d’agrément
ou encore racheter ses propres actions afin de les annuler). Il faut connaître
le processus et les mesures de protection des actionnaires, obligataires et
créanciers lors d’une telle opération.
Concernant l’impôt sur les bénéf ices :
- l’opération de réduction de capital non motivée par des pertes est sans
incidence sur le résultat imposable de la société dont le capital a été
réduit,
- du côté des actionnaires, lorsque la réduction de capital ne se traduit
par aucune répartition au profit des associés, la réduction de capital
ne donne lieu à aucune imposition ; lorsque la réduction de capital se
traduit par une répartition au profit des associés, cette opération est
susceptible d’entraîner une taxation des actionnaires.
En matière de droits d’enregistrement, l’enregistrement est gratuit si la
réduction de capital est réalisée par annulation ou réduction du nominal ou
du nombre de titres.
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Les avances en compte courant d’associé sont des prêts consentis par les
associés à leur société. Juridiquement, c’est la liberté contractuelle qui les
régit. En l’absence de clause particulière de remboursement, les associés
peuvent demander le remboursement à tout moment (cependant, il existe des
limitations conventionnelles ou légales). Les conventions de compte courant
sont soumises à la procédure de contrôle prévue à l’égard des conventions
réglementées. Fiscalement, les intérêts rémunérant les avances constituent
des charges déductibles des résultats imposables sous réserve :
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Partie 8
De l’entreprise au groupe
Il n’existe pas de définition générale de la notion de « groupe de sociétés ». Il s’agit d’un mode
d’organisation entre plusieurs sociétés qui met en présence une société dite « dominante »
(encore appelée « société mère ») et une ou plusieurs autres sociétés (appelées « filiales »).
Ces sociétés sont unies entre elles par des liens divers, notamment économiques et
financiers.
Le groupe de sociétés n’est pas identifié en tant que tel et n’a donc pas de personnalité juri-
dique : il n’est pas immatriculé au RCS et n’a pas de dénomination sociale ni de siège social ni
de nationalité. Il n’a pas davantage de patrimoine propre et ne bénéficie donc d’aucun actif
social. Par ailleurs, cette absence de personnalité morale interdit au groupe de souscrire le
moindre engagement contractuel, que ce soit en qualité de créancier ou de débiteur. De ce
fait, le groupe de sociétés ne peut pas agir en justice ni, à l’inverse, être poursuivi ou faire
l’objet d’une procédure collective.
Chacune des sociétés composant le groupe conserve une personnalité morale propre, de
sorte que les contrats conclus par un membre d’un groupe ne produisent des effets qu’entre
ce membre et son cocontractant. Cependant, le cocontractant de la filiale peut engager la
responsabilité de la société mère relativement à un contrat signé par la filiale si l’immixtion
de la société mère est de nature à créer pour sa filiale une apparence trompeuse (théorie
de l’apparence) propre à lui permettre de croire légitimement que cette société est aussi
son cocontractant. L’immixtion consiste en toute intervention sans titre dans les affaires
d’autrui.
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Exemple
Une société détenait la majorité du capital d’une filiale. La société mère ne
s’était pas immiscée dans la conclusion et l’exécution d’un contrat engagé par
cette filiale jusqu’à la mise en demeure délivrée par les créanciers. En revanche,
la société mère était intervenue à plusieurs reprises au stade précontentieux pour
discuter le montant de la créance, proposant notamment un montant moindre
tiré de remises consenties à l’occasion de commandes précédentes et tenter
d’obtenir un arrangement amiable. Il s’agit d’une apparence trompeuse.
∙ le droit des sociétés organise le régime des participations, des conventions réglementées,
de la consolidation des comptes ;
∙ le droit fiscal offre la possibilité d’opter pour le régime de l’intégration fiscale et le groupe
TVA ;
∙ le droit pénal des affaires prend en compte l’intérêt du groupe dans la détermination de
l’ABS ;
∙ le droit bancaire autorise la société à mettre à disposition d’une autre société du même
groupe ses excédents de trésorerie. Une telle opération, qui relève a priori du monopole
bancaire, est néanmoins autorisée lorsque les prêts sont réalisés entre des sociétés
entre lesquelles existe un lien de capital et lorsque l’une d’elles dispose d’un pouvoir de
contrôle effectif sur les autres.
Il n’existe pas en droit français de dispositions décrivant et organisant les groupes de sociétés.
Dans le Code de commerce, seules des dispositions éparses ont trait au groupe de sociétés
en tant que tel. Le Code de commerce définit les notions de « contrôle » et de « filiale ».
Notion de « contrôle »
Une société peut, en effet, chercher à :
∙ effectuer un simple placement financier (l’objectif est de tirer des revenus de l’achat des
titres sans chercher à intervenir dans le fonctionnement de la société émettrice) ;
∙ prendre une participation dans la société émettrice (l’objectif peut être de créer des liens
durables avec la société dont les titres sont achetés dans son propre intérêt, sécuriser
un approvisionnement en un produit donné ou bien encore obtenir une prestation de
services particulière) ;
∙ prendre le contrôle d’une autre société (l’objectif poursuivi est alors d’exercer une
influence déterminante sur la gestion de la société émettrice des titres acquis).
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Le contrôle est une notion qui donne des informations à propos de l’objectif poursuivi par
une société qui achète ou souscrit des actions ou des parts d’une autre société. Le Code de
commerce n’a pas donné une définition unique de « contrôle ». Ainsi, pour l’application des
dispositions relatives aux notifications et informations ainsi qu’aux participations significa-
tives, la définition de contrôle est donnée à l’article L. 233-3 alors que concernant l’applica-
tion des dispositions relatives aux comptes consolidés, la définition de contrôle est donnée
à l’article L. 233-16.
En vertu des dispositions de l’article L. 233-3, I, une société est considérée comme en
contrôlant une autre :
∙ lorsqu’elle détient, directement ou indirectement, une fraction du capital qui lui confère
la majorité des droits de vote dans les AG de cette société ;
∙ lorsqu’elle bénéficie d’un accord conclu avec d’autres associés ou actionnaires et qui a
pour objet ou pour effet de lui permettre de disposer seul de la majorité des droits de
vote ;
∙ lorsqu’elle détermine en fait, par les droits de vote dont elle dispose, les décisions dans
les AG de cette société ;
∙ lorsqu’elle est associée ou actionnaire de cette société et dispose du pouvoir de nommer
ou de révoquer la majorité des membres des organes d’administration, de direction ou
de surveillance de cette société.
Un contrôle est présumé lorsque la société contrôlante dispose, directement ou indirec-
tement, d’une fraction des droits de vote supérieure à 40 % et qu’aucun autre associé ou
actionnaire ne détient directement ou indirectement une fraction supérieure à la sienne.
En vertu des dispositions de l’article L. 233-16, le contrôle résulte :
∙ soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote dans une autre
entreprise ;
attention
La situation de contrôle doit être appréciée en fonction des droits de vote, et non
pas simplement en considérant la participation au capital. Dès lors, les actions particu-
lières, telles que les actions de préférence assorties de droits de vote double, peuvent avoir
une grande importance pour déterminer une situation de contrôle (au contraire, il ne sera
pas tenu compte des actions sans droit de vote).
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Notion de « filiale »
La notion de « filiale » met davantage en avant l’importance de la participation prise par une
société dans le capital d’une autre société. Lorsqu’une société possède plus de la moitié du
capital d’une autre société, la seconde est considérée comme filiale de la première.
Notion de « participation »
Lorsque la part détenue dans le capital de la société émettrice est comprise entre 10 % et
50 %, il y a en principe simple « participation » de la part de la société qui a acquis les titres.
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
section 1.
Le droit des sociétés applicable
aux prises de participations
et à la détention de participations
La prise de participation est une opération consistant à créer des liens durables avec la
société dont les titres sont souscrits ou achetés afin d’exercer une influence sur celle -ci.
A. LA PRISE DE PARTICIPATION
La prise de participation d’une société dans une autre peut se réaliser de différentes
manières :
∙ la constitution d’une société : la société mère prend l’initiative de constituer une société
en faisant appel à des associés ;
∙ l’apport partiel d’actif : une société peut faire l’apport d’une partie de ses actifs à la société
cible et, grâce aux actions ou parts sociales qui lui ont été attribuées en rémunération de
l’apport, prendre le contrôle de la société cible ;
∙ la souscription à une augmentation de capital en numéraire : généralement, la société
qui envisage de prendre le contrôle est la bénéficiaire de l’augmentation de capital
effectuée par la société cible (les actionnaires de la société cible renoncent, en principe,
à leurs DPS) ;
∙ l’achat d’actions ou de parts sociales : l’acquisition de titres peut être réalisée de gré à gré
avec les actionnaires majoritaires de la société cible.
117
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
attention
On peut douter de l’efficacité du recours à la fiducie par rapport à l’utilisation de promesses
unilatérales. En revanche, les droits du constituant (donneur d’ordres) sur les titres mis en
fiducie ne seront plus menacés au cas de sauvegarde, redressement ou liquidation judi-
ciaires du fiduciaire. En effet, l’ouverture d’une procédure collective au profit du fiduciaire
n’affecte pas le patrimoine fiduciaire.
D. LES HOLDINGS
Un groupe peut se constituer par la mise en place d’une « structure faîtière » (appelée égale-
ment holding « par le haut ») ou par la filialisation de départements d’une entreprise (hol-
ding « par le bas »). En dehors de ces techniques usuelles de prise de participation, les prises
de participation importantes (voire les reprises d’entreprises) sont fréquemment réalisées
par l’intermédiaire d’une ou plusieurs sociétés holdings (holdings de rachat).
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➠ Les participations réciproques entre une société par actions et une autre société
(art. L. 233-30, C. com.)
Il convient de distinguer deux situations interdites :
∙ soit la société par actions A détient une fraction égale ou inférieure à 10 % du capital de
l’autre société B qui n’est pas une société par actions : dans ce cas, la société B ne peut
posséder qu’une fraction égale ou inférieure à 10 % des actions de la société A ;
∙ soit la société par actions A détient une fraction supérieure à 10 % du capital de l’autre
société B qui n’est pas une société par actions : dans ce cas, la société B ne peut posséder
aucune action de la société A.
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
La fraction excédentaire des actions doit être aliénée dans un délai d’un an à compter de
l’acquisition.
b. Les sanctions
Sur le plan pénal, une amende de 18 000 € peut être infligée aux présidents, aux adminis-
trateurs, aux membres du directoire, aux directeurs généraux ou aux gérants de sociétés qui
contreviennent aux dispositions relatives à l’interdiction des participations croisées.
Sur le plan civil, la cession conduisant à une participation croisée ou directe n’est pas nulle
et l’acquéreur ne peut invoquer cet argument pour refuser de payer le prix. Toutefois, outre
une obligation de revente de titres, les dirigeants peuvent engager leur responsabilité
civile sur le fondement du non-respect d’une obligation légale. Par ailleurs, les actions sont
privées du droit de vote.
a. Le champ d’application
La réglementation ne concerne que les sociétés par actions. Ce mécanisme s’applique donc
aux SA, aux SCA, aux SAS ou aux sociétés européennes. Il intéresse aussi bien les sociétés
dont les actions sont négociées sur un marché réglementé que les sociétés fermées.
Les sociétés par l’intermédiaire desquelles la société par actions met en place un autocon-
trôle peuvent être de toute forme ou de toute nationalité.
b. Les sanctions
La sanction pénale du non-respect de la réglementation de l’autocontrôle est une amende
de 18 000 €, prononcée à l’encontre des présidents, administrateurs, membres du directoire,
directeurs généraux, directeurs généraux délégués ou gérants.
Sur le plan civil, les droits de vote ne sont ni exercés à l’AG de cette société et ni pris en
compte pour le calcul du quorum. Mais, tous les autres droits qui sont attachés à ces actions
subsistent. Aucune obligation de les vendre n’est imposée, seuls ses effets considérés
comme nocifs sont écartés. Les actionnaires minoritaires peuvent demander en justice des
dommages-intérêts lorsqu’une décision, prise en violation de la réglementation de l’auto-
contrôle, leur cause un préjudice (en application des règles de droit commun).
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Le régime
Les règles relatives à l’information des associés sont applicables à toutes les sociétés commer-
ciales dotées de la personnalité morale dès l’instant où la participation dépasse 5 % du capital
d’une autre société. Cette information est renforcée lorsque la participation excède 50 %.
L’information des associés est assurée à travers le rapport de gestion présenté à l’AG annuelle
par le conseil d’administration, le directoire ou le gérant. Le rapport de gestion fait le point sur :
∙ les prises de participations et les prises de contrôle intervenues au cours de l’exercice
et représentant plus du vingtième, du dixième, du cinquième, du tiers, de la moitié du
capital de cette société ou de toute prise de contrôle d’une telle société ;
les activités et les résultats des sociétés contrôlées : la présentation est faite distinctement
∙ par branche d’activité mais au niveau de l’ensemble du groupe et non société par société ;
∙ la suppression des participations croisées : les associés sont informés des aliénations
effectuées en vue de mettre un terme aux participations croisées illicites ;
•Le rapport
l’identité des titulaires de participations significatives.
du CAC doit mentionner les prises de participations significatives dans d’autres
sociétés ou leur prise de contrôle et, s’il s’agit d’une société par actions, les renseignements
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∙ qu’ils n’auront pas fait mention, dans le rapport annuel présenté aux associés sur les
opérations de l’exercice, d’une prise de participation dans une société établie en France
dépassant les seuils fixés par la loi (le CAC peut être concerné par cette sanction) ;
∙ qu’ils n’auront pas, dans le même rapport, rendu compte de l’activité et des résultats de
l’ensemble de la société et des filiales qu’elle contrôle, par branche d’activité ;
∙ qu’ils n’auront pas annexé au bilan de la société le tableau faisant apparaître la situation
des filiales et des participations.
attention
Une société n’est pas tenue d’établir des comptes consolidés, ni le rapport sur la gestion du
groupe, lorsque toutes les entreprises qu’elle contrôle ou dans lesquelles elle exerce une
influence notable présentent, tant individuellement que collectivement, un intérêt négligeable.
Les comptes consolidés sont établis selon les principes comptables et les règles d’évaluation
prévus pour les comptes annuels. Ils doivent être certifiés par deux CAC et publiés au greffe
du tribunal de commerce.
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section 2.
Les régimes fiscaux du groupe
En principe, un groupe de sociétés n’ayant pas de personnalité juridique propre, chaque
société membre de ce groupe doit être imposée sur le résultat qu’elle réalise, sans qu’il soit
tenu compte de son appartenance au groupe. Cependant, afin notamment d’éliminer les
risques de double imposition, le législateur a créé des régimes particuliers qui permettent
d’imposer les résultats des sociétés membres d’un même groupe, en tenant compte des rela-
tions économiques qui existent entre lesdites sociétés. Il s’agit du régime des sociétés mères
et filiales (I) et du régime de l’intégration fiscale (II).
attention
Le régime des sociétés de personnes permet une intégration « de fait » du
résultat. En effet, les résultats des sociétés du groupe constituées sous la forme de socié-
tés de personnes (et qui n’ont pas exercé une option pour l’IS) sont imposés au nom des
associés, chacun pour la part qui lui revient dans la filiale ; les pertes subies par ces mêmes
sociétés sont déduites immédiatement du résultat des entreprises membres.
A. LE CHAMP D’APPLICATION
Pour bénéficier de ce régime, les titres détenus par une société mère doivent remplir les
conditions suivantes relatives aux participations :
∙ les participations doivent revêtir la forme nominative ou être déposées ou inscrits dans
un établissement désigné par l’administration ;
123
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focus
1. Titres concernés
Ce régime s’applique aux participations qu’une société détient directement dans une
autre société. De sorte que le régime ne s’applique pas lorsque les dividendes sont perçus à
raison des participations détenues par l’intermédiaire de sociétés de personnes (françaises
ou étrangères).
Le pourcentage de 5 % s’apprécie à la date de mise en paiement des produits de la parti-
cipation.
Ces participations doivent être détenues en pleine propriété ou en nue-propriété.
Le seuil de 5 % s’apprécie au regard du seul lien capitalistique (les droits de vote ne sont
pas pris en compte).
Ce taux de 5 % est ramené à 2,5 % du capital représentant 5 % des droits de vote de la
société émettrice si la société participante est contrôlée par un ou plusieurs organismes à
but non lucratif.
2. Délai de conservation
Le délai minimum de conservation de deux ans ne porte que sur les titres de participation
permettant à la société d’être qualifiée de société mère et non sur l’ensemble des titres
pour lesquels l’exonération des dividendes est demandée. Ainsi, le régime mère-fille est
applicable aux dividendes reçus à raison de titres détenus moins de deux ans dès lors
qu’une participation de plus de 5 % a été détenue pendant au moins deux ans.
Les titres prêtés à une entreprise tierce ne sont pas compris dans le calcul du seuil de 5 %
car le prêt de titres rompt le délai de conservation.
Il n’y a pas de rupture de l’engagement de conservation en cas de transfert des titres à une
fiducie.
En cas de non-respect du délai de conservation, la société participante est tenue de ver-
ser au Trésor, dans les trois mois qui suivent la cession, une somme égale au montant de
l’impôt dont elle a été exonérée indûment, majoré de l’intérêt de retard.
Ce délai de deux ans est ramené à cinq ans s’agissant des titres représentant 2,5 % du
capital et 5 % des droits de vote de la société émettrice lorsque la société participante est
contrôlée par un ou plusieurs organismes à but non lucratif.
3. Forme sociale des filiales distributrices
Aucune condition de forme sociale n’est prévue. Cependant, elles ne peuvent pas être des
sociétés de personnes dont les résultats relèvent de l’impôt sur le revenu.
4. Comparaison avec le régime d’intégration fiscale
Si la portée du régime mère-fille peut être considérée comme plus limitée que celle de l’in-
tégration fiscale, l’application du premier régime est plus ouverte que celle du second dès
lors que le niveau de participation exigé d’une société pour bénéficier du régime des socié-
tés mères et filiales est beaucoup moins important que celui qui est exigé pour bénéficier
du régime d’intégration fiscale (95 % au moins). On peut combiner le régime d’intégration
fiscal et le régime mère-fille.
124
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B. LE REGIME
Ce régime est un dispositif optionnel qui permet à la société mère, soumise à l’IS au taux nor-
mal, sur tout ou partie de son activité (de plein droit ou sur option), d’être exonérée d’IS pour
les revenus perçus de filiales françaises ou étrangères pour le calcul de l’IS dû au titre de cet
exercice. Les produits nets des actions ou des parts de la filiale qui sont versés à la société mère
au cours d’un exercice sont déduits extracomptablement du bénéfice net total de la société
mère. Une quote-part de frais et charges (QPFC), fixée à 5 % du produit total des participa-
tions (crédits d’impôts étrangers inclus), est réintégrée extracomptablement au bénéfice de
la société mère, quel que soit le montant réel des frais et charges exposés par la société mère.
Ce taux de 5 % est ramené à 1 % notamment concernant les dividendes dans un groupe
intégré ainsi que ceux que les membres d’un groupe d’intégration perçoivent de filiales éta-
blies dans un autre État membre de l’UE ou de l’EEE, et qui pourraient être intégrées si
elles étaient établies en France. Ce taux réduit de QPFC s’applique dès le premier exercice
d’intégration.
Ce régime ne s’applique pas notamment :
∙ aux produits des titres d’une société établie dans un ETNC sauf si la société mère apporte
la preuve que les opérations de la société établie hors de France dans laquelle est prise la
participation correspondent à des opérations réelles qui n’ont ni pour objet ni pour effet
de permettre, dans un but de fraude fiscale, la localisation des bénéfices dans un ETNC ;
∙ aux produits des parts de sociétés immobilières inscrites en stock à l’actif des sociétés
exerçant une activité de marchand de biens ;
∙ aux produits des titres d’une société, dans la proportion où les bénéfices distribués sont
déductibles du résultat imposable de la filiale distributrice ;
∙ aux produits nets de participation perçus par une société de personnes, même si un
associé de cette société est lui-même soumis à l’IS.
125
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attention
L’établissement stable français d’une société étrangère est en droit de se
constituer tête d’un groupe intégré ou de devenir membre d’un tel groupe mais, les socié-
tés étrangères ne peuvent pas bénéficier du régime d’intégration fiscale.
Toutefois, une société mère française détenue par une société étrangère a
le droit d’opter pour le régime fiscal de groupe si les filiales donnent leur consentement
préalable à l’intégration.
Dans le cas des sociétés en commandite par actions (SCA), la condition de détention du
capital à 95 % au moins par la société mère doit être appréciée au niveau des seuls com-
manditaires. Il n’y a pas lieu de tenir compte des droits des commandités.
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fiscal d’intégration, lorsque ce seuil est atteint en raison de l’interposition d’une ou plu-
sieurs autres personnes morales non soumises à l’IS (ex. : société étrangère).
En cas de dépassement temporaire du seuil de 95 %, c’est-à-dire lorsque 95 % au moins du
capital de la société mère vient à être détenu en cours de période d’application du régime
d’intégration par une personne soumise à l’IS dans les conditions de droit commun, l’appli-
cation du régime d’intégration est maintenue si le pourcentage de participation redevient
inférieur à 95 % à la clôture de l’exercice au cours duquel a été dépassé ledit seuil. Si le dépas-
sement est permanent, le groupe cesse à compter de la clôture de l’exercice de dépassement.
focus
1. Détention indirecte
On parle de « détention indirecte » lorsque des droits sont détenus par l’intermédiaire
d’une ou de plusieurs sociétés, dans une « chaîne de participations ». Le pourcentage de
détention est calculé en multipliant entre eux les taux de détention successifs dans la
chaîne des participations.
La détention à « 95 % au moins » est assimilée à une détention à 100 %. L’administration
considère, cependant, que cette règle ne s’applique pas pour le calcul du niveau de déten-
tion indirecte de la société mère.
Lorsqu’une filiale est détenue par deux ou plusieurs sociétés intermédiaires, ces participa-
tions s’additionnent.
Pour apprécier le niveau de participation au capital des filiales, la détention indirecte ne
peut être prise en compte que dans les cas où les sociétés intermédiaires sont elles-mêmes
membres du groupe.
M
95 % 95 %
F1 10 % F2
60 % 25 %
F3
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La situation est inverse pour les déficits et moins-values à long terme subis par les sociétés
du groupe au titre d’exercices antérieurs à leur entrée dans le groupe. Ces déficits et moins-
values ne sont imputables que sur leur bénéfice propre et non sur le résultat d’ensemble.
attention
Si les plus-values ou moins-values engagées par la cession entre sociétés membres d’un
même groupe d’immobilisations ou de titres, doivent être neutralisées pour le calcul du
résultat de l’ensemble du groupe, en revanche, aucune neutralisation n’est à opérer à rai-
son des plus-values à long terme afférentes aux titres de participation (et assimilés) dès
lors que ces plus-values sont exonérées. La plus-value nette à long terme d’ensemble est
imposée à des taux variés suivant la nature des biens sur lesquels les plus-values ont été
réalisées. La quote-part de 12 % représentative de frais et charges, calculée sur le mon-
tant brut des plus-values exonérées sur titres de participation, doit être déduite au résultat
d’ensemble.
La réintégration d’une quote-part des charges financières (art. 223 B bis, CGI)
Les charges financières nettes supportées par le groupe sont déductibles du résultat d’en-
semble, dans la limite du plus élevé des deux montants suivants : trois millions d’euros ou
30 % du résultat du groupe avant impôts, intérêts, dépréciations, provisions et amortisse-
ments (EBITDA). Le dispositif s’applique pour la détermination des résultats des exercices
ouverts à compter du 1er janvier 2019.
attention
Un régime similaire de limitation existe pour les sociétés non membres d’un groupe fiscale-
ment intégré (art. 212 bis, CGI).
129
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Sont concernées les acquisitions à titre onéreux de titres de sociétés auprès de personnes qui
contrôlent directement ou indirectement l’acheteur ou auprès de sociétés qui sont contrô-
lées directement ou indirectement par ces personnes. Ce dispositif a pour objet de limiter
la déduction des charges financières en cas d’acquisition par une société du groupe, auprès
des actionnaires qui la contrôlent, de titres d’une société qui devient elle-même membre du
même groupe. Ce dispositif aux conséquences très sévères vise à dissuader les opérations de
« rachat à soi-même » conduisant à une augmentation de l’endettement du groupe.
La question de l’application de l’amendement Charasse doit toujours se poser avant toute
entrée de société dans l’intégration, qu’il s’agisse d’un groupe nouveau ou existant.
L’amendement Charasse prévoit la réintégration dans le résultat d’ensemble d’une fraction
forfaitaire des charges financières dégagées par les sociétés du groupe intégré pendant une
certaine période. La fraction des charges financières à réintégrer est déterminée de manière
globale en appliquant chaque exercice une formule. Ce caractère « global » signifie que,
même en l’absence d’un emprunt dédié à l’acquisition de titres, un montant de charges
financières devra très souvent être réintégré. La réintégration s’applique pendant l’exercice
d’acquisition des titres et les huit exercices suivants.
La sous-capitalisation
Le régime de la sous-capitalisation n’est pas spécifique au régime du groupe d’intégration.
Il s’applique également aux sociétés non intégrées fiscalement.
S’agissant de la définition de la sous-capitalisation, après la loi de finances pour 2019,
il ne reste qu’un seul critère (l’ancien régime en prévoyait trois). Une situation de sous-
capitalisation est caractérisée lorsque le montant moyen des dettes vis-à-vis d’entreprises
liées dépasse une fois et demie le montant des fonds propres appréciés à l’ouverture ou à la
clôture de l’exercice (ratio d’endettement) (art. 212 bis, VII, CGI).
La déduction des charges financières nettes relatives à un endettement caractérisant une
situation de sous-capitalisation est plafonnée au montant le plus élevé entre un million
d’euros et 10 % du résultat EBITDA. Une clause de sauvegarde prévoit que ce dispositif ne
s’applique pas lorsque l’entreprise apporte la preuve que le ratio d’endettement du groupe
consolidé auquel elle appartient est supérieur ou égal à son propre ratio d’endettement.
∙ le groupe présente un résultat bénéficiaire : les déficits d’ensemble qui peuvent être
reportés s’imputent sur ce résultat ; le solde bénéficiaire est soumis à l’IS au nom de la
société mère. Le taux applicable est le taux normal, sauf si le groupe remplit les conditions
d’imposition de son résultat au taux de 15 % prévu en faveur des PME ;
130
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• de l’IS dû sur le résultat d’ensemble (et la plus-value nette à long terme d’ensemble) ;
∙ la somme
de la contribution sociale de 3,3 % sur l’IS (avant imputation des crédits d’impôt) lorsque
des chiffres d’affaires de toutes les sociétés du groupe est égale ou supérieure
à 7,63 millions d’euros.
La société impute sur le résultat d’ensemble la somme des différents crédits d’impôt et
réductions d’impôt calculés non pas au niveau du groupe mais au niveau de chaque société
membre (et donc dans les limites et conditions qui leur sont propres).
Chaque filiale est solidaire du paiement de l’IS et des contributions supplémentaires à hau-
teur du montant de l’impôt qu’elle devrait acquitter si elle n’était pas membre du groupe.
131
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Exemple
Un groupe avait décidé de répartir l’impôt global au prorata des résultats béné-
ficiaires individuels de ses filiales par rapport au résultat d’ensemble, d’un mon -
tant supérieur, dont chacune des sociétés bénéficiaires aurait été redevable si elle
avait été imposée individuellement. Cette convention aboutissait à une mutua-
lisation de l’économie d’impôt créée par les filiales déficitaires. L’administration
fiscale y avait vu une subvention indirecte. Il a été jugé que, dans le silence de la
loi, les groupes sont libres d’organiser comme ils l’entendent la répartition de la
charge de l’impôt global pourvu que soit respecté l’intérêt social des entités mises
à contribution.
A été reconnue la validité des conventions d’intégration fiscale aux termes
desquelles la société mère supporte toutes les charges d’impôt sans demander
aucune contribution aux filiales.
attention
Lors de leur sortie du groupe, les filiales sont susceptibles de subir des préjudices financiers.
Aussi, pour éviter cette situation, les conventions contiennent, en général, des clauses
d’indemnisation visant généralement à indemniser la filiale au titre des déficits
transmis pendant l’intégration et qu’elle ne pourra pas imputer sur ses propres résultats.
L’administration y voyait une subvention indirecte déductible chez la société et imposable
chez la filiale. Le Conseil d’État a estimé que n’était pas constitutif d’une subvention le
versement immédiat d’une telle indemnité en application de la convention d’intégration
fiscale.
Le périmètre du groupe
La sortie d’une filiale entraîne la sortie des filiales détenues par son intermédiaire (sauf si les
titres détenus par cette filiale sont repris par d’autres sociétés du groupe).
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Le résultat du groupe
Lorsqu’une société cesse d’appartenir au groupe, ses résultats cessent d’être pris en compte
pour le calcul du résultat d’ensemble établi au titre de l’exercice au cours duquel cette
société a quitté le groupe. La filiale sortante ne peut plus déduire les déficits et moins-
values à long terme subis pendant l’intégration de ses résultats ultérieurs. Néanmoins, les
déficits antérieurs à l’intégration et non encore imputés restent reportables dans les condi-
tions de droit commun.
Par ailleurs, certaines neutralisations opérées au titre des opérations intragroupe sont
remises en cause. Ainsi, la société mère doit réintégrer (ou déduire) dans le résultat d’en-
semble de l’exercice de sortie :
∙ les plus-values ou moins-values de cession intervenues entre sociétés membres du
groupe, et qui avaient été antérieurement neutralisées ;
∙ les subventions et abandons de créances déduits au cours des cinq exercices qui ont
précédé la sortie de la société ;
∙ les provisions pour dépréciation constituées à l’occasion de la cession d’un bien à
l’intérieur du groupe, lors de la sortie de la société cédante ou de la société cessionnaire.
∙ lorsque la société mère ne renouvelle pas son option à l’issue de la période d’option
(cinq exercices) ;
∙ ou lorsque, au cours de la période couverte par l’option, la société mère reste seule
membre du groupe.
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Le déficit d’ensemble (ou la moins-value nette à long terme d’ensemble) subi par le groupe
pendant la période d’intégration et encore reportable à l’ouverture de l’exercice de sortie
est imputable par l’ancienne société mère, sur ses résultats propres, dans les conditions de
droit commun.
Lorsque la cessation du groupe résulte de la prise de contrôle à 95 % (ou de l’absorption)
de la société mère par une autre société qui crée elle-même un groupe fiscal, le déficit d’en-
semble du groupe qui cesse peut être reporté sur les résultats du nouveau groupe.
b. Les inconvénients
∙ de la contribution sociale des sociétés de 3,3 % qui s’applique lorsque la somme des
chiffres d’affaires de toutes les sociétés du groupe est égale ou supérieure à 7,63 millions
d’euros ;
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∙ des déficits subis par la société avant son entrée dans le groupe : les déficits et moins-
values nettes à long terme subis par une société avant son entrée dans le groupe et non
encore imputés sont reportables sur les résultats et les plus-values nettes à long terme
réalisés au titre d’exercices postérieurs à sa sortie du groupe.
Par ailleurs, une société filiale qui est sortie du groupe ne peut pas imputer un déficit subi
au titre d’un exercice postérieur sur un bénéfice pris en compte pour la détermination du
résultat d’ensemble.
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Les sociétés membres du groupe (tête du groupe et membres) doivent être établies en
France et être soumises à l’IS dans les conditions de droit commun.
La société membre d’un groupe d’intégration horizontale ne doit pas être mère d’un autre
groupe d’intégration.
∙ 2. Les sorties
Les conséquences d’une sortie ou d’une cessation du groupe sont sensiblement les mêmes
que pour l’intégration verticale.
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A. L’EXERCICE DE L’OPTION
L’option pour le régime de consolidation ne s’applique qu’à compter du premier jour du
premier exercice comptable suivant. L’option couvre obligatoirement une période initiale de
deux exercices comptables.
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Les moins-values à long terme afférentes aux titres de participation constatées ne sont pas
imputables ou reportables.
∙ la date à laquelle l’entreprise cédante cesse d’être soumise à l’IS ou est absorbée par une
entreprise qui, à l’issue de l’absorption, n’est pas liée à l’entreprise détenant les titres
cédés ;
∙ la date à laquelle les titres cédés cessent d’être détenus par une entreprise liée à
l’entreprise cédante, à l’exception du cas où la société dont les titres ont été cédés a été
absorbée par une autre entreprise liée ou qui le devient à cette occasion et pour toute la
période où elle demeure liée ;
∙ la date correspondant à l’expiration d’un délai de deux ans, décompté à partir du jour où
l’entreprise cédante a acquis les titres (art. 219, CGI).
section 3.
Le droit du travail
appliqué aux groupes de sociétés
Les groupes de sociétés sont soumis à des procédures spécifiques en vue de garantir le
respect des dispositions du droit du travail. Ces procédures concernent principalement la
représentation du personnel (I) et la négociation collective au sein du groupe (II). Enfin, il
est intéressant d’aborder l’incidence de la réunion des sociétés au sein d’un groupe sur la
relation individuelle au travail (III).
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• ou dispose de la majorité des voix attachées aux parts émises par une autre entreprise ;
• ou détient la majorité du capital souscrit d’une autre entreprise.
∙ 1.
attention
Les missions du comité de groupe
Le comité de groupe a pour mission d’assurer aux représentants du personnel une informa-
tion à un niveau supérieur à celui de la société dans laquelle ils exercent leurs fonctions.
Le comité de groupe centralise les informations sur l’activité, la situation financière et les
prévisions d’emploi dans le groupe et dans chacune des entreprises qui composent ce groupe.
Le comité de groupe reçoit communication des comptes du bilan consolidés (lorsque de tels
comptes sont établis) et du rapport du CAC correspondant.
Le comité de groupe possède la personnalité civile qui lui permet d’agir en justice pour la
défense des intérêts dont il a la charge.
140
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
attention
Les groupes d’entreprises ayant mis en place un comité d’entreprise européen peuvent
décider, par accord passé au sein du groupe (ou au sein du groupe spécial de négociation),
et sous réserve d’un vote favorable du comité de groupe, d’aménager les conditions de
fonctionnement du comité de groupe ou même de supprimer ce comité en transférant ses
attributions au comité d’entreprise européen.
141
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
142
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
les accords d’entreprise se limitant aux sujets propres à chaque entité du groupe. Cependant,
l’accord de groupe peut contenir des clauses plus favorables aux salariés que les dispositions
de l’accord de branche.
Il est en revanche impossible d’insérer dans la convention ou l’accord de groupe des disposi-
tions dérogatoires à celles applicables en vertu de conventions de branche ou d’accords pro-
fessionnels dont relèvent les entreprises ou établissements appartenant à ce groupe, sauf
disposition expresse en ce sens de ces conventions de branche ou accords professionnels.
A. LA DETERMINATION DE L’EMPLOYEUR
∙ 1. Le principe
Le contrat de travail est caractérisé par le lien de subordination unissant le salarié et l’em-
ployeur. Le lien de subordination est caractérisé par l’exécution d’un travail sous l’autorité
d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres et des directives, d’en contrôler l’exé-
cution et de sanctionner les manquements de son subordonné. La société employeur est la
société vis-à-vis de laquelle le salarié est placé dans un état de subordination.
Un salarié ne peut avoir pour employeur un groupe. En effet, les sociétés membres d’un
groupe conservent chacune une personnalité juridique propre, et donc concluent des
contrats en leur seul nom. Par ailleurs, le groupe de sociétés, en tant qu’entité, n’a pas de
personnalité juridique.
Exemple
Le salarié placé dans un état de subordination vis-à-vis d’une filiale ne peut
se prétendre salarié de la société mère s’il ne démontre pas qu’il recevait des
instructions des dirigeants de cette société mère ou qu’il devait rendre des
comptes à la société mère.
143
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ 1.
a. Le principe
Le prêt de main-d’œuvre
144
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Les opérations de prêt de main-d’œuvre à but non lucratif sont autorisées. L’accord du sala-
rié doit être recueilli. Une convention de mise à disposition doit être conclue. Un avenant au
contrat de travail doit être signé par le salarié. Un salarié ne peut être sanctionné pour avoir
refusé une proposition de mise à disposition. La mise à disposition d’un salarié n’entraîne
pas en soi une modification de son contrat de travail. Pendant la période de prêt de main-
d’œuvre, le contrat de travail liant le salarié à l’entreprise prêteuse n’est ni rompu ni sus-
pendu. Le salarié continue d’appartenir au personnel de l’entreprise prêteuse.
attention
Une clause de mobilité dans un contrat de travail est valable à condition de définir de
façon claire et précise sa zone géographique d’application. En outre, elle ne peut s’exercer
que dans le cadre d’une seule société, c’est-à-dire pas dans une société distincte apparte-
nant au même groupe ou à la même unité économique et sociale.
145
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ 1. Le coemploi
Les salariés d’une société peuvent demander le versement des indemnités qui leur sont dues
pour rupture de leur contrat de travail à une ou plusieurs autres sociétés s’il résulte des cir-
constances de fait (confusion des actionnaires, dirigeants communs, versement des salaires
par l’une ou l’autre des sociétés, etc.) que les intéressés se trouvaient sous la subordination
commune desdites sociétés.
∙ 3. Le reclassement de salariés
Les possibilités de reclassement des salariés doivent être recherchées à l’intérieur du groupe
(la notion de groupe désigne le groupe tenu d’instituer un comité de groupe) auquel l’entre-
prise appartient, parmi les entreprises dont les activités, l’organisation et le lieu d’exploita-
tion leur permettent d’effectuer la permutation de tout ou partie du personnel. La recherche
du reclassement est limitée au territoire national.
section 4.
Les règles juridiques, fiscales et sociales
des GIE, GEIE, location-gérance
et contrats d’intérêts communs
I. Les régimes juridique et fiscal du GIE
146
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
∙ leprolongement
GIE peut agir dans tous les secteurs d’activité mais il ne peut avoir pour objet que le
de l’activité économique de ses membres ;
∙ tout membre du groupement peut se retirer dans les conditions prévues par le contrat ;
lorsque les statuts du GIE ne contiennent aucune disposition réglementant les conditions
du retrait de ses membres, ceux-ci peuvent s’en retirer sans délai ;
• les droits des membres ne peuvent être représentés par des titres négociables.
focus
Responsabilité des membres d’un GIE
• Concernant les nouveaux membres, le nouvel adhérent est responsable non seule-
ment des dettes du groupement qui naîtront postérieurement à son entrée mais aussi de
celles qui existent à la date de son adhésion. Toutefois, le nouveau membre peut être exo-
néré des dettes nées antérieurement à son entrée dans le GIE à condition que le contrat
de groupement le permette expressément et que la décision d’exonération soit publiée.
• Concernant les anciens membres, l’adhérent qui se retire est responsable de toutes
les dettes contractées par le groupement jusqu’à l’inscription modificative au RCS
constatant son retrait. La responsabilité de l’ancien membre peut donc être recherchée
pour des dettes exigibles après la sortie du GIE dès lors que l’obligation qui a fait naître
ces dettes est antérieure à la sortie.
• Concernant les obligations des membres les uns envers les autres, dans le
silence des textes, la contribution de chaque membre du groupement au paiement des
dettes de celui-ci incomberait dans la proportion de ses droits au partage des bénéfices
ou, à défaut de précision sur ce point, par part virile (en principe, le contrat constitutif
de groupement contient une clause précise sur ce point).
147
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
B. LE REGIME FISCAL
148
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Néanmoins, un GIE ne relève du régime des sociétés de personnes que si son activité se
rattache à l’activité économique de ses membres ; de sorte que lorsqu’il ne fonctionne pas
selon les conditions prévues par le Code de commerce pour le GIE, il est passible de l’IS.
Par ailleurs, les GIE ne peuvent en aucun cas être considérés comme exerçant une activité
nouvelle et donc bénéficier du régime d’exonération ou d’abattement applicable aux entre-
prises nouvelles.
b. En cas de transformation
∙ 2. La TVA
Les livraisons de biens effectuées au profit des membres du groupement doivent être sou-
mises à la TVA dans les conditions de droit commun, dès lors que les GIE et les GEIE ont une
personnalité morale distincte de celle de leurs membres. De même, les services rendus à des
personnes étrangères au groupement sont soumis à la TVA.
149
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Lorsque les membres d’un GIE ou d’un GEIE exercent une activité exonérée de TVA (ou n’ont
pas la qualité d’assujetti pour cette activité), les services rendus par le groupement à ses
adhérents sont exonérés de TVA. Cependant, cette exonération est applicable uniquement si :
∙ et les sommes réclamées aux membres correspondent exactement à la part qui leur
incombe dans les dépenses communes du groupement.
A. LE REGIME JURIDIQUE
Un GEIE doit compter au moins deux membres liés à des États membres différents de l’UE.
Il a pleine capacité juridique dans toute l’UE. L’adresse officielle d’un groupement doit
se situer dans l’UE. Elle peut être transférée d’un État membre à un autre sous certaines
conditions.
Il peut être constitué par des sociétés, entreprises et autres entités juridiques conformé-
ment au droit national d’un État membre. Il peut également être constitué par des per-
sonnes physiques exerçant dans l’UE des activités industrielles, commerciales, artisanales,
agricoles et des activités de services professionnels ou autres.
Il ne peut employer plus de 500 salariés.
Un GEIE ne doit pas nécessairement être formé avec un capital. Ses membres sont libres
de recourir à d’autres modes de financement (ex. : cotisations des membres ou avances de
fonds en compte courant).
B. LE REGIME FISCAL
Le GEIE est soumis au régime fiscal du GIE.
Les membres d’un GEIE dont le siège est situé en France sont imposés en France, qu’ils
soient résidents de France ou non, sur la part des résultats du groupement qui leur revient.
150
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
b. La fin du contrat
Au terme du contrat, le locataire-gérant doit restituer le fonds au propriétaire avec tous ses
éléments. Il n’a pas droit au renouvellement automatique de son contrat car il n’acquiert pas
la propriété commerciale sur le fonds.
151
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Le bailleur peut reprendre son fonds sans avoir à verser une indemnité.
Le bailleur reprend le fonds dans l’état où il se trouve : il court donc le risque de retrouver
un fonds sans valeur.
Dans tous les cas, le sort du fonds en fin de bail doit être une préoccupation des parties :
reprise du fonds par le bailleur, cession ou donation au locataire-gérant, fusion ou absorp-
tion entre société loueuse et société locataire.
Les dettes contractées par le locataire sont immédiatement exigibles. La fin de la location-
gérance doit faire l’objet d’une publicité, à compter de laquelle le loueur ne garantira plus les
dettes fiscales du locataire.
c. Les redevances
Le montant de la redevance à acquitter par le preneur est fixé librement par les parties. Il
peut être fixe ou proportionnel au chiffre d’affaires ou au bénéfice. Le contrat peut prévoir
une clause d’échelle mobile. Les redevances peuvent être versées mensuellement ou tri-
mestriellement. En vue de garantir le paiement des redevances et l’exécution des obliga-
tions du locataire-gérant, il est habituel d’exiger un dépôt de garantie qui sera restitué au
locataire à la fin du contrat.
∙ lainterposée
garantie du fait personnel qui le préserve d’un rétablissement direct ou par personne
de la part du bailleur.
➠ La responsabilité du locataire-gérant
Le locataire exerce le commerce à ses risques et périls.
Il ne peut modifier la destination du fonds de commerce (il n’existe pas de déspécialisation
en matière de location-gérance du fonds de commerce, contrairement au bail commercial).
Il lui est également interdit de sous-louer le fonds sans l’accord du propriétaire.
152
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Le locataire doit gérer l’affaire de telle sorte que le fonds ne perde pas de valeur. Il doit
exploiter le fonds de commerce « en bon père de famille », notamment en respectant la régle-
mentation de la profession pour ne pas mettre le fonds en danger (fermeture administrative
par exemple), ne pas modifier l’enseigne, se conformer au bail commercial, faire les répara-
tions locatives, ne pas détourner la clientèle vers un autre fonds, etc. Le preneur est souvent
tenu d’entretenir le fonds en état d’être exploité. Il doit donc notamment remplacer le maté-
riel hors d’usage, renouveler les brevets, entretenir les locaux.
Le contrat contient souvent une clause de non-concurrence limitant le droit de rétablisse-
ment du locataire à la fin du contrat.
153
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Les revenus de location-gérance relevant du régime des BIC non professionnels, les déficits
subis à raison de cette activité sont, en conséquence, imputables non pas sur le revenu
global, mais sur les revenus de même nature de l’année d’imposition ou des six années
suivantes.
attention
Lorsque le bailleur d’un fonds de commerce, également propriétaire des murs, donne en
location cet immeuble au gérant par un bail civil distinct de celui qui porte sur le fonds,
les loyers correspond à la location des murs sont imposables entre les mains du
bailleur dans la catégorie des RF et ne sont pas soumis à la TVA (sauf option exercée par le
bailleur pour une imposition).
∙ exonération applicable aux fonds de faible valeur (art. 238 quindecies, CGI) : lorsque la
valeur du fonds transmis n’excède pas 300 000 €, si la cession est effectuée au bénéfice
du locataire-gérant du fonds, et si l’activité qui constitue le fonds cédé a été exercée
pendant au moins cinq années avant la mise en location-gérance du fonds, la plus-value
réalisée est exonérée d’impôt.
L’exonération est partielle pour une valeur du fonds cédé supérieure à 300 000 € et
inférieure à 500 000 €. L’exonération ne s’applique plus au-delà de 500 000 €.
Ce régime est applicable sur options.
Ce dispositif exonère également des prélèvements sociaux ;
∙ exonération en cas de départ pour retraite (art. 151 septies A, I, CGI) : les plus-values
réalisées lors de la cession à titre onéreux dans le cadre d’un départ à la retraite d’une
entreprise individuelle relevant de l’IR sont exonérées si l’activité a été exercée pendant
au moins cinq ans.
Ce régime est applicable sur option.
La plus-value dégagée reste cependant soumise aux prélèvements sociaux.
b. La situation du locataire-gérant
Le locataire-gérant est imposé sur le bénéfice net qu’il réalise. Les redevances versées par le
gérant sont déductibles, dans la mesure où elles ne sont pas excessives (sinon, acte anormal
de gestion). L’administration peut s’opposer à la déduction de la redevance, si elle établit
154
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
que le bail dissimule en réalité une cession déguisée du fonds de commerce (abus de droit).
Par exemple, l’administration fiscale considère qu’il y a cession déguisée, lorsque le contrat
de location-gérance est assorti d’une promesse de vente et que le montant de la redevance
est imputé sur le prix de vente.
∙ 2. La TVA
Le montant des redevances versées par le locataire est soumis à la TVA au taux de droit com-
mun sous réserve de l’application de la franchise de base.
La taxe est calculée sur le montant total des sommes dues en application des dispositions
du contrat de location-gérance, même si elles ne sont pas versées au bailleur du fonds lui-
même (exemple de sommes versées par le gérant au propriétaire du local et qui corres-
pondent au loyer du local dans lequel est exploité le fonds, le propriétaire du fonds n’étant
pas propriétaire de ce local).
La TVA facturée au locataire sur le montant des redevances doit être déduite par ce locataire
du montant de taxe supportée à raison de l’exploitation du fonds.
155
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
L’intérêt commun est établi lorsque les deux parties contribuent, par leurs activités réci-
proques et leur collaboration suivie, à l’obtention et à l’accroissement d’un résultat qui leur
est un bien commun, tel l’essor de l’entreprise mandante par création et développement
de la clientèle, étant précisé que la participation du mandataire aux risques financiers de
l’entreprise commune n’est pas un élément constitutif du mandat d’intérêt commun.
B. LA FIN DU MANDAT
∙ 2. La renonciation du mandataire
Le mandataire peut renoncer à sa mission à condition de notifier au mandant sa décision. Le
mandataire peut être condamné à des dommages-intérêts si, en renonçant à sa mission, il
cause un préjudice au mandant (sauf à prouver que la poursuite de la mission lui causerait
un préjudice considérable).
156
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
2. La restructuration de l’entreprise
section 1.
Le régime juridique, fiscal et social
des opérations de fusion de sociétés
I. Le régime juridique des opérations de fusion
A. LES GENERALITES
La fusion est une opération par laquelle une ou plusieurs sociétés transmettent leur patri-
moine soit à une société existante, soit à une société nouvelle qu’elles constituent.
Pour qu’une opération de restructuration puisse être qualifiée de fusion, trois éléments
caractéristiques doivent être retenus :
attention
La transmission universelle du patrimoine suppose la transmission de tous les biens, y
compris ceux qui ne figureraient pas, par erreur ou par oubli, dans le traité de fusion. Si
tous les contrats sont transmis (y compris les avenants qui y seraient attachés), ne sont pas
transmis automatiquement les contrats conclus intuitu personae.
Enfin, selon le principe de la personnalité des peines, les amendes pénales et assimilées de
la société absorbée ne sont pas transmissibles à l’absorbante.
attention
L’action en justice entreprise par la société absorbée est recevable si sa dissolution n’a pas
encore été publiée au RCS au moment de l’assignation.
157
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Toutefois, par dérogation, le versement d’une soulte en espèces ne fait pas perdre à
l’opération son caractère de fusion à condition que la soulte ne dépasse pas 10 % de la
valeur nominale des droits sociaux attribués.
attention
Une société dissoute et en cours de liquidation peut, quelle que soit sa forme
juridique, participer à une fusion à condition que, depuis l’ouverture de la liquidation, il
n’ait été procédé à aucune répartition d’actif entre les associés ou actionnaires.
Une société bénéficiant d’un plan de sauvegarde ou placée en redresse-
ment judiciaire peut être absorbée, ce qui transfère à la société absorbante les obliga-
tions résultant du plan mais ne la soumet pas pour autant à une procédure collective.
Les SAS (comme les EURL) peuvent participer à des opérations de fusion. Toutefois, en rai-
son de la nature particulière des SAS, si la SAS est absorbée, la décision de fusion doit être
prise aux conditions de majorité prévues dans les statuts. Si la SAS est absorbante, la fusion
doit être décidée dans la société absorbée par tous les associés ou actionnaires statuant à
l’unanimité.
∙ 2.
a. La validité
La validité des fusions
Si la fusion a été faite pour frauder les droits des créanciers de la société absorbée, les créan-
ciers lésés pourraient demander que l’opération leur soit déclarée inopposable.
attention
Contrairement à la nullité, l’inopposabilité ne remet pas en cause la fusion qui produit
pleinement ses effets à l’égard de toutes les personnes (actionnaires ou tiers) autres que
celles au profit desquelles cette inopposabilité est prononcée.
L’opération de fusion doit être conforme au droit de la concurrence et satisfaire aux prin-
cipes des contrôles des concentrations en France et dans l’UE.
158
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
b. Les irrégularités
Les irrégularités commises en matière de fusion peuvent être sanctionnées par la nullité de
l’opération. Lorsque la nullité n’est pas applicable, les irrégularités constatées peuvent don-
ner lieu à une action en régularisation et, le cas échéant, à une action en dommages-intérêts.
∙ nullité de la délibération de l’une des assemblées ou, par assimilation, de l’une des
décisions collectives qui ont décidé l’opération ;
∙ défaut de dépôt de la déclaration de conformité requise en cas de fusion et établie par les
sociétés participant à l’opération. Cela ne concerne que les SA et les sociétés européennes
en cas de restructurations non transfrontalières et toutes les sociétés participantes,
quelle que soit leur forme sociale en cas de fusions transfrontalières.
L’action en nullité d’une fusion se prescrit par six mois à compter de la dernière inscription
au RCS rendue nécessaire par l’opération.
La nullité n’a pas d’effet rétroactif : les décisions prononçant la nullité sont sans effet sur
les obligations, à la charge ou au profit des sociétés bénéficiaires, nées entre la date de prise
d’effet de l’opération et celle de la publication de la décision prononçant la nullité.
➠ L’action de régularisation
Chaque fois qu’il est possible de porter remède à l’irrégularité constatée, le tribunal saisi de
l’action en nullité d’une fusion doit accorder aux sociétés intéressées un délai pour régu-
lariser la situation. Dès lors que le vice a été réparé, l’action en nullité n’est plus recevable.
➠ L’action en dommages-intérêts
La disparition de la cause de la nullité ne fait pas obstacle à l’exercice d’une action en dom-
mages-intérêts tendant à la réparation du préjudice causé ; l’action en dommages et intérêts
est ouverte pendant trois ans à compter du jour où la nullité a été encourue. Les sociétés
ayant participé à l’opération sont solidairement responsables de l’exécution des obligations
à la charge de la société absorbante.
a. La procédure normale
De façon schématique, une opération de fusion se déroule en trois grandes étapes, après
négociation entre les sociétés concernées.
159
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Le comité d’entreprise/CSE de chacune des entreprises intéressées doit être consulté sur
la fusion envisagée. Le comité d’entreprise européen doit, le cas échéant, être également
consulté. Ce comité émet un avis motivé sur ledit projet.
Ce projet de fusion est mis à la disposition des actionnaires au siège social en vue de la tenue
des AGE.
Le projet de fusion est rédigé par acte sous seing privé. L’acte notarié s’imposera si la fusion
entraîne l’apport d’un patrimoine immobilier.
Une fois établi et signé, le projet de fusion sera déposé au greffe du tribunal de commerce
du lieu du siège social de chacune des sociétés. Ledit projet fera l’objet d’un avis inséré au
Bodacc. Si les titres de l’une au moins des sociétés concernées par la fusion sont échangés
sur un marché réglementé, ou si toutes les actions de l’une de ces sociétés, au moins, ne
revêtent pas la forme nominative, un avis doit aussi être publié au Balo. Cet avis contient
notamment, en sus des informations relatives à la société, le rapport d’échange des droits
sociaux et le montant de la prime de fusion.
attention
La désignation d’un commissaire à la fusion n’est pas systématique : la décision de ne pas
désigner un commissaire est prise à l’unanimité par les actionnaires de toutes les sociétés
participantes.
Si les deux sociétés ont formulé une requête commune pour la désignation des commis-
saires à la fusion, un seul rapport sera établi. À défaut, chaque commissaire désigné pour
chacune des sociétés établira son rapport.
Ces commissaires établissent, sous leur responsabilité, un rapport écrit sur les modalités
de la fusion. Le commissaire à la fusion vérifie que les valeurs attribuées aux actions et aux
parts des sociétés qui participent à l’opération de fusion sont pertinentes et que le rap-
port d’échange des droits sociaux est équitable. Lorsque l’opération de fusion comporte des
apports en nature ou des avantages particuliers, le commissaire à la fusion établit le rapport
d’appréciation de la valeur des apports en nature et des avantages particuliers.
160
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
• le projet de fusion ;
• les rapports des dirigeants et des commissaires à la fusion ;
∙ derniers
les comptes annuels approuvés par les AG ainsi que les rapports de gestion des trois
exercices des sociétés participant à l’opération ;
attention
Il peut ne pas être procédé à cette information sur décision unanime des actionnaires. En
revanche, les actionnaires sont informés, avant la date de l’AGE statuant sur la fusion, de
toute modification importante de leur actif et de leur passif intervenue entre la date de
l’établissement du projet de fusion et la date de la réunion de l’AGE.
∙ établissement d’un rapport sur la fusion par le conseil d’administration, le directoire, les
gérants, ou le président ou les dirigeants désignés pour effectuer cet acte dans les statuts.
Ce dispositif s’applique lorsque la société absorbante détient de façon permanente la tota-
lité des actions des sociétés absorbées ou qu’une même société détient de façon perma-
nente la totalité des actions de la société absorbante et des sociétés absorbées (loi, 19 juil.
2019). Il s’applique aux opérations réalisées entre sociétés par actions, SARL ou entre les
deux catégories de société.
∙ établissement des rapports établis en vue d’être mis à la disposition des actionnaires et
des rapports établis par les commissaires à la fusion, lorsque les actionnaires minoritaires
de la société absorbée se sont vus proposer, préalablement à la fusion, le rachat de leurs
titres par la société absorbante à un prix correspondant à la valeur de celui-ci.
Ce dispositif s’applique lorsque la société absorbante détient au moins 90 % des droits de
vote des sociétés absorbées ou qu’une même société détient de façon permanente au moins
90 % des droits de vote de la société absorbante et des sociétés absorbées (loi du 19 juil.
2019). Il s’applique aux opérations réalisées entre sociétés par actions.
162
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Cependant, le contrat de fusion peut prévoir que l’opération prend effet à une autre date.
Cette date contractuelle ne doit être :
– ni postérieure à la date de clôture de l’exercice en cours de la ou des sociétés bénéfi-
ciaires (hypothèse d’un effet différé),
– ni antérieure à la date de clôture du dernier exercice clos de la ou des sociétés absor-
bées ou qui transmettent leur patrimoine (hypothèse d’un effet rétroactif).
La réalisation d’une fusion entraîne l’accomplissement de formalités complexes qui peuvent
s’étendre dans le temps, depuis le projet de fusion à la dernière décision collective des
assemblées approuvant l’opération. Cependant, pendant cette « période intercalaire », la
société appelée à disparaître poursuit ses activités, ce qui modifie la consistance de son actif
et de son passif. La situation de la société n’est donc plus la même qu’au jour de l’arrêté du
bilan de fusion.
Le patrimoine des sociétés absorbées est transmis aux sociétés bénéficiaires « dans l’état où
il se trouve à la date de réalisation définitive de l’opération », quelle que soit la date à laquelle
les biens apportés ont été évalués. Aussi, sauf décision contraire des associés ou des assem-
blées appelées à statuer sur l’opération, les parités d’échange des droits sociaux fixées dans
le projet de fusion demeurent inchangés même si les actifs nets des sociétés en cause ont
varié pendant la période intercalaire.
attention
Lorsque la valeur des apports à la date d’effet de l’opération risque de devenir, du fait d’une
perte intercalaire, supérieure à la valeur réelle globale de la société à la date de réalisation
de l’opération, une provision pour perte de rétroactivité doit être constatée au
passif pris en charge dans le traité d’apport, réduisant d’autant le montant des apports
pour répondre à l’obligation de libération du capital. La société absorbante l’inscrit dans un
sous-compte de la prime de fusion et non en provision pour risques et charges puisqu’elle
ne doit pas reprendre en résultat une provision qui n’a jamais été dotée comptablement.
∙ 2. Les effets
a. Les effets à l’égard des personnes intérieures de la société
163
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
attention
Lorsque la société appelée à émettre les titres de capital est absorbée par une autre société
(ou fusionne avec une ou plusieurs autres sociétés pour en former une nouvelle), les titu-
laires de valeurs mobilières donnant accès au capital exercent leurs droits dans
la ou les sociétés bénéficiaires des apports ; sauf disposition contraire du contrat d’émis-
sion, l’assemblée générale des obligataires n’a pas à délibérer.
164
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
focus
1. Ce régime s’applique également aux scissions, aux apports partiels d’actif et aux
dissolution-confusion.
2. Date d’effet fiscal des fusions
Lorsque le traité de fusion comporte expressément une clause de rétroactivité, cette obli-
gation s’impose aux parties comme à l’administration fiscale, dès lors que le fait généra-
teur de l’imposition des résultats des exercices en cours n’est pas intervenu. La date d’effet
rétroactif est limitée dans le temps. Ainsi, la rétroactivité fiscale est possible jusqu’à une
date qui correspond à la date d’ouverture de l’exercice en cours de la société absorbée ou à
la date d’ouverture de l’exercice en cours de la société absorbante si celle-ci est postérieure.
L’idée est que la rétroactivité ne peut remettre en cause les résultats définitifs. Sur le plan
fiscal, il n’y a de rétroactivité qu’en matière d’IS.
Lorsqu’une clause du contrat de fusion fixe un effet rétroactif à l’opération (par exemple,
condition concernant la société absorbée, effet rétroactif fixé au premier jour de l’exercice
en cours), les résultats réalisés par la société absorbée pendant la période concernée sont
englobés dans les résultats de la société absorbante. Cependant, il ne faut pas que l’exer-
cice de la société absorbante ait été ouvert, pour la même période, à une date postérieure à
celle de la prise d’effet de la fusion.
Une clause de rétroactivité peut produire des effets même antérieurement à la date d’im-
matriculation de la société nouvellement créée dans le cadre de l’opération.
165
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ des bénéfices des exercices antérieurs dont l’imposition a été différée (provisions,
subventions…) ;
•En des plus-values générées par le transfert de propriété (ou réalisation) des éléments d’actif.
cas d’application du régime de droit commun, la société absorbante se trouve dans la
même situation fiscale que si elle avait reçu un apport ordinaire : elle n’a pas d’engagement
particulier à prendre ou à respecter. Ainsi, les plus-values ultérieures, dégagées sur la ces-
sion des éléments non amortissables apportés, seront calculées d’après la valeur réelle de
ces éléments à la date de l’apport (et non pas par rapport à la « valeur fiscale » que ces biens
avaient chez la société absorbée).
S’agissant des déficits :
∙ concernant la société absorbée, les déficits fiscaux et les moins-values nettes à long
terme encore reportables subis avant la fusion ne peuvent être transmis à la société
absorbante ;
∙ concernant la société absorbante, ses propres déficits sont reportables, sauf changement
d’activité.
166
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
La condition de forme
L’option pour ce régime doit être mentionnée de manière explicite dans le projet de fusion.
L’acte de fusion doit mentionner l’engagement de reprendre les provisions dont l’imposition
est différée et de réintégrer dans ses bénéfices imposables les plus-values dégagées lors de
l’apport de biens amortissables.
∙ La société absorbée n’est pas soumise à l’IS à raison de l’ensemble des plus-values nettes
afférentes aux éléments apportés. L’exonération d’IS prévue pour la société absorbée
n’est applicable que si la société absorbante s’engage à respecter certaines obligations
(inscriptions au bilan, réintégration des bénéfices et plus-values, calcul des plus-values).
L’objectif est de traiter l’opération de fusion comme une opération intercalaire et de
reporter sur l’absorbante la taxation ultérieure des plus-values latentes et des provisions
trouvant leur origine dans l’activité de l’absorbée.
167
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
∙ l’opération est justifiée du point de vue économique et obéit à des motivations principales
autres que fiscales ;
∙ l’activité à l’origine des déficits, dont le transfert est demandé, n’a pas fait l’objet par la
société absorbée, pendant la période au titre de laquelle ces déficits ont été constatés,
de changement significatif, notamment en termes de clientèle, d’emploi, de moyens
d’exploitation effectivement mis en œuvre, de nature et de volume d’activité ;
∙ l’activité à l’origine des déficits est poursuivie par la ou les sociétés absorbantes pendant
un délai minimal de trois ans, sans faire l’objet, pendant cette période, de changement
significatif, notamment en termes de clientèle, d’emploi, de moyens d’exploitation
effectivement mis en œuvre, de nature et de volume d’activité ;
∙ les déficits ne proviennent ni de la gestion d’un patrimoine mobilier par des sociétés dont
l’actif est principalement composé de participations financières dans d’autres sociétés
ou groupements assimilés ni de la gestion d’un patrimoine immobilier (art. 209, II, CGI).
Lorsque l’agrément est accordé par l’administration, les déficits sont transférés de l’absorbée
à l’absorbante sans limitation de plafond. Ils seront reportés sur les bénéfices ultérieurs de la
société bénéficiaire de l’apport dans les conditions de droit commun.
168
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
➠ Le boni de fusion
La plus-value éventuellement dégagée par l’absorbante lors de l’annulation des actions ou
parts qui correspondent à ses droits dans la société absorbée est exonérée d’impôt si l’opéra-
tion est placée sous le régime de faveur.
Si l’opération n’est pas soumise au régime de faveur des fusions, la plus-value dégagée sera,
soit qualifiée de plus-value à long terme (cas où les titres annulés sont des titres de par-
ticipation détenus depuis au moins deux ans) et exonérée, soit imposée au taux de droit
commun.
➠ Le mali de fusion
Le mali de fusion peut être décomposé en deux éléments :
∙ un mali technique (ou « faux mali »), qui est généralement constaté pour les fusions
(ou les opérations de TUP) évaluées à la valeur comptable. Il est constitué lorsque la
valeur nette des titres de la société absorbée figurant à l’actif de la société absorbante
est supérieure à l’actif net comptable apporté. Il correspond, en fait, à hauteur de la
participation antérieurement détenue par la société (A), aux plus-values latentes sur
éléments d’actif comptabilisés ou non dans les comptes de (B), déduction faite des passifs
non comptabilisés en l’absence d’obligation comptable dans les comptes de la société (B)
(ex. : provisions pour retraites, impôts différés passifs) ;
∙ un « vrai mali », au-delà du mali technique, le solde du mali, qui peut représenter un
complément de dépréciation de la participation détenue dans la société absorbée. Il doit
être comptabilisé dans le résultat financier de la société absorbante de l’exercice au cours
duquel l’opération est réalisée.
169
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
latents existant chez la société absorbée, lesquels ne font pas l’objet d’une imposition lors
de l’apport.
Lorsqu’une fusion (ou une TUP) est placée sous le régime de droit commun, la société
absorbée (ou confondue) doit être imposée sur les plus-values et profits latents existant à la
date de l’opération. Dans ces conditions, et dès lors que le mali technique est représentatif
de tout ou partie de ces plus-values ou profits latents, les charges constatées sous forme de
dépréciation du mali ou lors de sa sortie du bilan sont déductibles.
170
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Les actes constatant des opérations de fusion auxquelles participent exclusivement des
personnes morales ou organismes passibles de l’IS sont enregistrés gratuitement (loi de
finances pour 2019).
C. LA TVA
Les incidences de la TVA sur les opérations de fusion sont neutres. En effet, la société absor-
bée peut simultanément :
171
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
section 2.
Le régime juridique, fiscal
et social des scissions de sociétés
I. Le régime juridique des opérations
de scission de sociétés
La scission est une opération par laquelle une personne morale apporte l’intégralité de son
actif à deux ou plusieurs personnes morales nouvelles ou préexistantes.
La loi assimile la scission à la fusion. D’une façon générale, les conditions, les modalités et
conséquences juridiques des scissions sont analogues à celles des fusions, sous réserve de
quelques adaptations.
Ainsi, la société scindée peut se dispenser de désigner un commissaire à la scission si l’opé-
ration de scission est réalisée par apport à des SA ou SARL nouvelles, sans autre apport que
ceux de la société scindée et si les actions ou parts de chacune des sociétés nouvelles sont
attribuées aux actionnaires ou associés de la société scindée proportionnellement à leurs
droits dans le capital de cette société. Par ailleurs, dans tous les cas, les projets des statuts
des sociétés sont approuvés par l’AGE de la société scindée. Il n’y a pas lieu à approbation de
l’opération par l’AG de chacune des sociétés nouvelles.
La scission d’une société détenue à 100 % par la société bénéficiaire fait l’objet d’un régime
simplifié (art. L. 236-22, C. com.) :
∙ l’intervention d’un commissaire à la scission n’est pas obligatoire sauf si des actionnaires
de la société bénéficiaire demandent la désignation d’un mandataire de justice à ces fins ;
• lail n’y
tenue des AGE des sociétés participantes n’est pas systématique ;
∙ directoire.
a pas lieu à l’établissement d’un rapport pour le conseil d’administration ou le
S’agissant des effets de la scission à l’égard des créanciers, les sociétés bénéficiaires des
apports résultant de la scission sont débitrices solidaires des obligataires et des créanciers
non obligataires de la société scindée au lieu et place de celle-ci, sans que cette substitu-
tion emporte novation à leur égard. Cette solidarité n’est cependant pas obligatoire et les
parties peuvent y renoncer.
attention
L’opération de scission partielle est particulière. D’une part, ce n’est pas une scission
car la société scindée (apporteuse) n’est pas dissoute et qu’elle conserve au moins une
branche d’activité et, d’autre part, il ne s’agit pas d’un apport partiel d’actif car les titres
rémunérant l’apport sont attribués aux actionnaires de la société scindée (apporteuse). Elle
est prévue par le droit européen. Cependant, en l’absence de disposition spécifique dans la
législation française, cette opération est réalisée en France en deux étapes : attribution des
titres rémunérant l’apport à la société apporteuse puis, attribution de ces titres aux asso-
ciés ou actionnaires de la société apporteuse. On la dénomme ainsi « apport-attribution ».
172
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
a. Les scissions placées sous le régime fiscal de faveur de fusions de plein droit
(art. 210-0 A, CGI)
➠ Le champ d’application
Le régime fiscal de faveur des fusions s’applique de plein droit :
∙ aux opérations par lesquelles la société scindée transmet l’ensemble de son patrimoine
à deux ou plusieurs sociétés, préexistantes ou nouvelles, moyennant l’attribution aux
associés de la société scindée, proportionnellement à leurs droits dans le capital, de titres
des sociétés bénéficiaires des apports et, éventuellement, d’une soulte ne dépassant pas
10 % de la valeur nominale de ces titres ;
∙ aux opérations décrites ci-dessus pour lesquelles il n’est pas procédé à l’échange de titres
de la société bénéficiaire de l’apport contre les titres des sociétés scindées, lorsque ces
titres sont détenus soit par la société bénéficiaire de l’apport, soit par la société scindée.
173
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
b. Les scissions placées sous le régime fiscal de faveur de fusions sur agrément
(art. 210 B et 210 C, CGI)
L’agrément permet d’appliquer le régime de faveur des fusions aux opérations de scission qui
ne réunissent pas les conditions d’application du régime de faveur de plein droit. L’agrément
est délivré si les trois conditions suivantes sont cumulativement réunies :
∙ l’opération est justifiée par un motif économique, ainsi que par une association entre les
parties, formalisée par un engagement de conservation pendant trois ans des titres remis
en contrepartie de l’apport ;
∙ l’article 210-0 A est respecté, notamment, l’opération n’a pas, comme objectif principal
ou comme l’un de ses objectifs principaux, la fraude ou l’évasion fiscales ;
174
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
section 3.
Le régime juridique, fiscal et social
des apports partiels d’actif
I. Le régime juridique
des opérations d’apport partiel d’actif
L’apport partiel d’actif est l’opération par laquelle une personne morale fait apport d’une
partie de son actif à une autre personne morale (préexistante ou créée à l’occasion de l’opé-
ration), laquelle rémunère cet apport par la remise de titres qu’elle émet. La rémunération
de l’apport peut également être opérée sous une autre forme, dans la limite de 10 % de la
valeur nominale des titres attribués.
Le droit français envisage l’apport partiel d’actif soit comme une opération à titre particulier
(traitée comme une augmentation de capital par apport en nature) soit comme une opéra-
tion à titre universel (nécessitant des sociétés participantes qu’elles optent expressément
pour placer leur opération sous le régime des scissions).
Dans la première hypothèse, l’apport partiel peut porter soit sur un ou plusieurs éléments
particuliers du patrimoine de la société concernée (ex. : un immeuble ou des titres), soit sur
un ensemble de biens (ex. : une branche d’activité). Il s’agit alors d’un apport en nature.
Dans la seconde hypothèse, la société qui apporte une partie de son actif à une autre société
et la société qui bénéficie de cet apport peuvent décider d’un commun accord de soumettre
l’opération aux dispositions applicables aux opérations de fusion ou en cas de scission par
apports à des sociétés à responsabilité limitée existantes. Cela permet aux sociétés partici-
pantes d’accéder à un régime ultra-simplifié de transmission de créances et de dettes affé-
rentes à une branche d’activité. Cette faculté est utilisée en pratique en cas de transmission
d’une branche complète d’activité. Lors d’un apport partiel d’actif placé sous le régime des
scissions, il s’opère une transmission universelle des droits, biens et obligations limitées à la
branche d’activité faisant l’objet de l’apport (sauf dérogation expresse prévue dans le traité) ;
la société apporteuse reste, sauf dérogation expresse, solidairement obligée avec la société
bénéficiaire au paiement des dettes transmises à cette dernière.
attention
Concernant les biens, droits ou obligations de la société apporteuse ne figurant pas dans le
traité d’apport par suite d’une erreur, d’un oubli ou de toute autre cause, dès qu’ils se rat-
tachent à la branche d’activité apportée, ceux-ci sont également transmis. Pour les exclure
de la transmission universelle, il faut rechercher si ceux-ci ont été exclus de l’apport par la
volonté expresse des parties.
Ainsi, contrairement aux opérations de fusion et de scission, la société qui réalise l’apport ne
disparaît pas du fait de l’opération. Par ailleurs, les titres rémunérant l’apport réalisé reviennent
à la société qui consent l’apport alors que dans les opérations de fusion et de scission, ce sont
les associés de la société absorbée ou scindée qui ont vocation à recevoir ces titres.
175
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Une procédure d’apport partiel d’actif simplifiée réalisée entre des sociétés par actions ou
entre des SARL est prévue.
∙ cette branche d’activité constitue une organisation distincte des autres divisions de la
société apporteuse (critère de l’autonomie interne).
Il s’agit d’une unité qui se caractérise notamment par une clientèle, du personnel, des ins-
tallations et une comptabilité propres. Cette unité d’exploitation comprend, le cas échéant,
les services administratifs qui lui sont propres. La société qui réalise un apport partiel d’actif
peut conserver des créances clients et des éléments de passif (emprunts, soldes créditeurs
bancaires) qui ne se rattachent pas directement et exclusivement à la branche apportée, sans
manquer à l’obligation de transfert d’une branche complète d’activité posée par le législateur.
176
UE
cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Par ailleurs, la société apporteuse peut, sous certaines conditions, consentir uniquement
l’usage de ces biens à la société bénéficiaire. Cependant, la circonstance que l’apport par-
tiel d’actif ne porte pas, d’après les stipulations mêmes de la convention d’apport, sur les
marques commerciales mais seulement sur un droit d’usage précaire du nom commercial,
fait obstacle à ce que cet apport soit regardé comme portant sur une branche complète
d’activité.
L’apport en pleine propriété d’immeubles n’est pas obligatoire pour caractériser le transfert
d’une branche complète d’activité dès lors que la transmission garantit au bénéficiaire le
libre usage des immeubles aux fins de l’exploitation de l’activité.
Sont assimilés à des apports de branches complètes d’activité, et donc soumis au régime de
faveur des fusions :
∙ les apports de participations portant sur plus de 50 % du capital de la société dont les
titres sont apportés, sous réserve que la société apporteuse ne reçoive pas (directement
ou indirectement, par exemple par la prise en charge d’un passif) une soulte supérieure à
10 % du capital, et que cette soulte n’excède pas la plus-value réalisée ;
∙ les apports de participations conférant à la société bénéficiaire la fraction des droits de vote
la plus élevée dans la société alors qu’elle détenait d’ores et déjà 30 % des droits de vote.
attention
En principe, l’apport d’une branche complète d’activité est subordonné au transfert
effectif du personnel nécessaire, eu égard à la nature de l’activité, à la spécificité
des emplois requis qui lui sont affectés et à la poursuite d’une exploitation autonome de
l’activité. La question se pose lorsque certains membres du personnel nécessaire à la pour-
suite de cette exploitation refusent d’être transférés. Dans ce cas, il convient d’apprécier,
dans chaque cas, si ce refus est de nature à faire obstacle à ce que le transfert des éléments
essentiels de cette activité puisse néanmoins être regardé comme complet.
∙ l’article 210-0 A est respecté, notamment, l’opération n’a pas, comme objectif principal
ou comme l’un de ses objectifs principaux, la fraude ou l’évasion fiscales ;
177
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
b. Les conséquences d’un apport partiel d’actif placé sous le régime fiscal de faveur des
fusions en matière d’IS
Les déficits
Ce sont les mêmes règles que celles en matière de fusion (principe de l’agrément). En cas
d’apport partiel d’actif, les déficits transférés concernés sont ceux afférents à la branche d’ac-
tivité transférée.
Lorsque l’apport partiel d’actif n’est pas représentatif d’une branche complète d’activité ou
lorsque la société apporteuse ne dispose plus au moins d’une branche complète d’activité
après la réalisation de l’apport, sur agrément, ne constitue toujours pas une distribution
de revenus mobiliers l’attribution de titres représentatifs d’un apport partiel d’actif aux
membres de la société apporteuse. L’agrément est délivré notamment lorsque l’apport et
l’attribution sont justifiés par un motif économique (non fiscal).
178
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
section 4.
Le régime juridique, fiscal
et social des opérations de TUP
Lorsqu’une société détient l’intégralité du capital d’une autre société, il peut être mis fin
à cette situation, soit en décidant de recourir à une opération de fusion simplifiée, soit
en utilisant la technique de la dissolution-confusion, également appelée « confusion de
patrimoine », « dissolution sans liquidation » ou « transmission universelle de patrimoine
(TUP) ».
A. LE CHAMP D’APPLICATION
DE LA TUP (ART. 1844-5, C. CIV.)
La réunion entre les mains d’un seul associé de toutes les parts d’une société a pour effet la
transmission universelle du patrimoine de ladite société à l’associé unique. Le régime de la
TUP à l’associé unique est applicable uniquement si cet associé est une personne morale.
Cette opération a pour conséquence la disparition de la société unipersonnelle dissoute,
sans liquidation. La TUP est actée par une simple décision de l’associé unique de la société
qui va disparaître (toutefois, un délai d’opposition doit être respecté).
Dans ce cadre, le maintien du contrat qui n’a pas été conclu en considération de la personne
du cocontractant dont le patrimoine est transmis n’est pas subordonné au consentement
des parties.
179
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
focus
Quelques différences avec la fusion simplifiée
Malgré la similitude de la TUP avec la procédure de fusion simplifiée, des divergences subsistent.
Sociétés concernées :
• la TUP s’applique à toutes les sociétés, peu importe la forme juridique et le régime fiscal ;
• la fusion simplifiée est applicable aux SARL et aux sociétés par actions.
Effet suspensif de l’opposition des créanciers :
• en cas de TUP, l’opération n’est réalisée et il n’y a disparition de la personne morale qu’à l’is-
sue du délai d’opposition ou, le cas échéant, lorsque l’opposition a été rejetée en première
instance, que le remboursement des créances a été effectué ou les garanties constituées ;
• la fusion est réalisée à la date convenue dans le projet de fusion car l’opposition formée
par un créancier n’a pas pour effet d’interdire la poursuite des opérations.
Date de réalisation de l’opération (date d’effet juridique) :
• en cas de TUP, la date de réalisation de l’opération est la date de la transmission du
patrimoine de la société dissoute, qui est l’expiration des 30 jours à partir de la publi-
cation de la décision de dissolution dans un JAL (si aucune opposition n’a été formée
par les créanciers pendant le délai). En cas d’opposition de créanciers, la date d’effet
juridique sera soit la date de rejet de l’opposition, soit la date de remboursement des
créanciers, soit la date de constitution de garanties. Aucun effet différé ne peut être
donné à l’opération (ni de rétroactivité comptable) ;
• concernant la fusion simplifiée, la date de sa réalisation est fixée dans le projet de fusion
(il faut tenir compte des délais de publicité du projet) à moins que les actionnaires de
la société absorbante ne demandent l’approbation de l’opération par l’AGE. En tout cas,
la date d’effet ne peut être ni postérieure à la date de clôture de l’exercice en cours de la
société absorbante (effet différé), ni antérieure à la date de clôture du dernier exercice
clos de la société absorbée (effet rétroactif) (art. L. 236-4, C. com.).
Effet fiscal rétroactif de l’opération :
• en cas de TUP, il est possible de donner un effet fiscal rétroactif à l’opération (seul un
effet rétroactif fiscal est possible). Contrairement à la fusion simplifiée, cet effet rétroac-
tif n’est pas admis par le droit comptable car la CNCC a considéré que la rétroactivité
était incompatible avec les délais d’opposition reconnus aux créanciers. Dès lors, la
transcription comptable de la TUP ne peut être réalisée que le 31e jour après la publica-
tion de la décision de l’associé unique dans un JAL.
Par exemple, A est associé unique de B. Les exercices des deux sociétés coïncident
avec l’année civile. La décision de dissolution de B est constatée par procès-verbal le
23 décembre N et publiée dans un JAL le 27 décembre N.
La transmission du patrimoine de B à A a lieu le 27 janvier N+1, à l’issue du délai d’op-
position de 30 jours.
Les résultats de la société dissoute sont :
- du 01/01 au 23/12/N : 100 000 € ;
- du 24/12 au 31/12/N : − 1 000 € ;
- du 01/01 au 26/01/N+1 : − 3 000 €.
Hypothèse 1 : si la décision ne comporte aucune option pour la rétroactivité, l’opéra-
tion produit ses effets le 27 janvier N+1.
180
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cou rs 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
Hypothèse 2 : si la décision comporte une option pour une rétroactivité au 1er jan-
vier N+1, la période de rétroactivité opposable à l’administration part le 1er janvier N+1
(premier jour de l’exercice en cours à la date du terme du délai d’opposition des créan-
ciers). A prend en compte − 3 000 € dans ses résultats au titre de l’exercice N+1.
Hypothèse 3 : si la décision comporte une option pour une rétroactivité au 01/01/N,
la période de rétroactivité opposable à l’administration part le 1 er janvier N (premier
jour de l’exercice en cours à la date de la décision de l’opération de dissolution). A prend
en compte dans ses résultats :
- 99 000 € (100 000 − 1 000) au titre de l’exercice N ;
- 3 000 € au titre de l’exercice N+1 ;
• en cas de fusion simplifiée, la date d’effet comptable et fiscale peut être rétroactive
ou différée. En tout cas, la date d’effet ne peut être ni postérieure à la date de clôture de
l’exercice en cours de la société absorbante, ni antérieure à la date de clôture du dernier
exercice clos de la société absorbée. L’idée est que la rétroactivité ne peut remettre en
cause les résultats définitifs.
B. LE DEROULEMENT DE LA TUP
La décision de TUP résulte du simple dépôt d’une déclaration de dissolution au greffe du
Tribunal de commerce. Aucun formalisme particulier n’est requis, mais un écrit est néces-
saire, notamment pour des raisons fiscales. La déclaration de dissolution sans liquidation est
soumise aux mesures de publicité.
181
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
Synthèse de la partie 8
I. Groupe de sociétés
Il n’existe pas de déf inition légale du groupe. Le groupe de sociétés résulte
de liens (d’influence et de contrôle) entre des sociétés ayant chacune
une existence juridique propre, mais unies par des intérêts communs ou
convergents.
Le groupe de sociétés n’a pas la personnalité morale, ce qui ne veut pas
dire que le droit ne prend pas en compte la notion de « groupe » : le droit
reconnaît le groupe dans certaines conditions pour en tirer des conséquences
juridiques tantôt positives, tantôt négatives (position dominante en droit de
la concurrence, ABS en droit pénal des affaires, AAG en droit fiscal, pool de
trésorerie en droit des financements, extension d’une procédure collective en
raison de la confusion des patrimoines, qualité de coemployeur en droit du
travail, etc.).
Le droit social prend en compte la notion de groupe de sociétés. En effet,
l’appartenance à un groupe de sociétés oblige chacune des sociétés membres
à procéder différemment de celles qui n’appartiennent pas à un groupe :
création d’un comité de groupe, extension de certaines garanties au personnel
de l’ensemble des sociétés « groupées », obligations de reclassement dans
une société du groupe en cas de licenciement économique, plans d’épargne
interentreprises, etc.
Fiscalement, en principe, chaque membre du groupe est imposé sur le
résultat qu’il réalise. Cependant, outre le régime mère-fille, les groupes
de sociétés bénéficient du régime de l’intégration fiscale. De même, la
réglementation des prix de transfert s’applique aux groupes. Un dispositif
de sous-capitalisation est prévu. Une centralisation au niveau de TVA est
prévue. Le régime d’imposition des plus-values résultant de la cession de titres
de participation est spécifique lorsque les titres concernés sont des titres de
participation détenus depuis au moins deux ans.
Régime mère-fille
Ce régime optionnel permet à la société mère d’être exonérée au titre des
dividendes reçus de ses filiales françaises et étrangères à certaines conditions.
Intégration fiscale
L’intégration fiscale consiste à consolider les résultats fiscaux de toutes les
sociétés d’un groupe. Un certain nombre de conditions doivent être remplies
pour pouvoir constituer un périmètre d’intégration fiscale (assujettissement à
l’IS, seuil de détention dans le capital des sociétés, etc.).
En plus de l’intégration fiscale verticale, à compter des exercices clos le
31 décembre 2014, la loi permet à des sociétés françaises détenues par une
même entité européenne de constituer entre elles un groupe d’intégration
fiscale horizontale.
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183
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211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
184
Index
185
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le cou rs 3
186
UE
Gestion juridique, fiscale et sociale 211
2019
2020
Devoir 3
À envoyer à la correction
Auteur : Haiying Wang-Foucher
Remarque
Informations importantes
Les devoirs doivent être rédigés de façon pertinente, complète et concise.
Justifiez vos réponses.
Dans un même dossier, les questions peuvent avoir des liens entre elles,
par exemple elles peuvent traiter de différents aspects d’une même pro-
blématique.
Afin d’éviter l’inflation de la taille des devoirs par copier-coller et/ou par déve-
loppements hors sujet et inutiles, un devoir ne peut comporter au maximum
que quatre pages au format A4 recto (police en corps 12, interligne simple).
Seules les quatre premières pages seront corrigées.
TRAVAIL À FAIRE
1. Les comptes courants d’associé sont-ils des conventions ? Un écrit est-il obligatoire ?
(1 point)
En vertu de l’article L. 311-1 du Code monétaire et financier, les banques bénéficient d’un
monopole bancaire.
187
UE
211 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le deVo ir 3
2. Dans notre cas, les avances en compte courant d’associé de Mme Profit constituent-
elles une violation au monopole bancaire ? Le fait qu’elle mette à plusieurs reprises des
fonds à la disposition de la société X dans le cadre d’un même compte courant d’associé
modifie-t-il l’analyse ? [Il n’est pas nécessaire d’étudier le cas où une personne physique est
titulaire de plusieurs comptes courants d’associé auprès de plusieurs sociétés.] (3 points)
3. Les comptes courants d’associé sont-ils des conventions relevant de la procédure des
conventions réglementées au sens du droit des sociétés ? (3 points)
4. Lorsque les comptes courants d’associés personnes physiques sont en position débi-
trice, quelles en sont les conséquences juridiques ? (3 points)
TRAVAIL À FAIRE
1. Quelle est la nature juridique de ce pacte de préférence ? Quelle est l’obligation prévue
dans ce pacte ? Qui sont respectivement le débiteur et le bénéficiaire du pacte ? (2 points)
2. Mme Management pourra-t-elle obtenir l’annulation de la vente réalisée entre
M. Compta et Mme Finance et la substitution dans les droits de cette dernière ? Dans
l’affirmative, quelles sont les conditions ? Dans la négative, quelles sont les sanctions
envisageables ? (4 points)
188
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deVo ir 3 Gestio n ju rid iqu e, f isca le et so c ia le 211
TRAVAIL À FAIRE
1. La coexistence d’un contrat de travail et d’un mandat social respectivement au sein de
la société mère et de la filiale est-elle possible ? (1 point)
2. En cas de licenciement par la société mère suivi d’une révocation par la filiale de cette
personne, quelle est la principale difficulté pour la société mère et la filiale ? [Ni l’influence
de la rupture du contrat de travail sur la révocation du mandat social ni le bien-fondé du
licenciement et de la révocation ne doivent être étudiés.] (1 point)
TRAVAIL À FAIRE
Cette opération constitue-t-elle la transmission d’une branche complète d’activité ?
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