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Etude Sel

Le fleuve Sénégal, essentiel pour l'approvisionnement en eau, l'agriculture et la pêche, fait face à une problématique d'intrusion saline exacerbée par le changement climatique et les activités humaines. Cette salinité impacte gravement l'agriculture, la biodiversité, l'accès à l'eau potable et engendre des tensions socio-économiques. Des solutions telles que des aménagements hydrauliques, une gestion intégrée des ressources en eau et des pratiques agricoles adaptées sont nécessaires pour atténuer ces effets et assurer la durabilité de la région.

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Le fleuve Sénégal, essentiel pour l'approvisionnement en eau, l'agriculture et la pêche, fait face à une problématique d'intrusion saline exacerbée par le changement climatique et les activités humaines. Cette salinité impacte gravement l'agriculture, la biodiversité, l'accès à l'eau potable et engendre des tensions socio-économiques. Des solutions telles que des aménagements hydrauliques, une gestion intégrée des ressources en eau et des pratiques agricoles adaptées sont nécessaires pour atténuer ces effets et assurer la durabilité de la région.

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La salinité du fleuve Sénégal

Introduction

Le fleuve Sénégal, long d’environ 1 700 kilomètres, prend sa source dans


les hautes terres du Fouta-Djalon en Guinée, traverse le Mali, forme une
frontière naturelle entre le Sénégal et la Mauritanie, avant de se jeter dans
l’océan Atlantique près de Saint-Louis. Ce cours d’eau constitue une
ressource vitale pour des millions de personnes. Il assure
l’approvisionnement en eau potable, irrigue les terres agricoles, alimente
les activités de pêche et joue un rôle essentiel dans la production
d’énergie hydroélectrique.

Cependant, le fleuve Sénégal est confronté à un problème


environnemental majeur : l’intrusion saline. La salinité, c’est-à-dire la
présence excessive de sels dissous dans l’eau, affecte particulièrement
l’embouchure du fleuve et remonte parfois sur plusieurs dizaines de
kilomètres à l’intérieur des terres. Cette problématique, aggravée par les
changements climatiques et les activités humaines, menace l’équilibre
écologique, les activités économiques et la sécurité alimentaire des
populations riveraines.

Les causes de la salinité

La salinité du fleuve Sénégal s’explique par plusieurs facteurs naturels et


anthropiques.

1. L’intrusion marine
À l’embouchure du fleuve, la marée de l’océan Atlantique pousse
l’eau salée vers l’intérieur. En saison sèche, lorsque le débit du
fleuve est faible, cette intrusion progresse plus facilement,
atteignant parfois plus de 200 kilomètres en amont. L’absence d’un
débit suffisant pour repousser la langue saline constitue donc une
cause majeure du phénomène.

2. La variabilité climatique
Les précipitations irrégulières dans le bassin du fleuve réduisent les
apports en eau douce. Les sécheresses prolongées, fréquentes
depuis les années 1970 dans la région sahélienne, diminuent
considérablement le volume d’eau disponible. Moins d’eau douce
signifie une pénétration accrue de l’eau salée.

3. Les aménagements hydrauliques


La construction de barrages, notamment celui de Diama (1986) près
de l’embouchure et celui de Manantali (1988) au Mali, a
profondément modifié la dynamique du fleuve. Le barrage de Diama
a été conçu pour bloquer l’intrusion saline et permettre l’irrigation
des terres agricoles. Mais en retenant l’eau douce, il modifie aussi
les flux naturels, parfois avec des effets inattendus sur les
écosystèmes.

4. La pression humaine et agricole


L’utilisation massive de l’eau pour l’irrigation, particulièrement pour
la riziculture dans la vallée du fleuve, accentue la baisse du débit. À
cela s’ajoute la déforestation et l’érosion des sols, qui contribuent à
la dégradation des terres et accentuent les déséquilibres hydriques.

Les impacts de la salinité

La salinité du fleuve Sénégal a des conséquences multiples et profondes.

1. Impacts sur l’agriculture


L’agriculture irriguée est l’une des principales activités des
populations riveraines. Or, l’eau salée nuit fortement à la fertilité des
sols. Les cultures comme le riz, le mil ou les légumes sont sensibles
à la salinité : les rendements diminuent, les terres s’appauvrissent et
certaines deviennent stériles. Ce phénomène menace directement la
sécurité alimentaire de la région.

2. Impacts sur la pêche et la biodiversité


L’augmentation de la salinité perturbe les écosystèmes aquatiques.
Certaines espèces de poissons d’eau douce disparaissent ou
migrent, remplacées par des espèces marines qui modifient
l’équilibre écologique. La baisse de la biodiversité affecte la pêche
artisanale, source importante de revenus pour les communautés
locales.

3. Impacts sur l’eau potable


Dans plusieurs localités, le fleuve est la principale source d’eau
potable. L’intrusion saline rend l’eau impropre à la consommation
humaine et animale. Les habitants doivent alors recourir à des
forages ou à des solutions coûteuses de traitement de l’eau.

4. Impacts socio-économiques
La salinisation du fleuve entraîne une perte de revenus agricoles et
halieutiques, provoque des migrations saisonnières et accentue la
pauvreté. Elle peut aussi être source de tensions entre
communautés pour l’accès aux ressources en eau douce.

Les mesures de gestion et solutions envisagées


Face à ce problème, plusieurs solutions ont été mises en place ou sont
envisagées pour réduire les effets de la salinité.

1. Les aménagements hydrauliques


Le barrage de Diama a été conçu pour stopper l’intrusion saline et
permettre le développement de l’agriculture irriguée. De même, le
barrage de Manantali régule le débit du fleuve en période sèche,
garantissant un minimum de flux pour repousser l’eau salée.

2. La gestion intégrée des ressources en eau


Les pays du bassin (Sénégal, Mauritanie, Mali, Guinée) se
coordonnent au sein de l’Organisation pour la Mise en Valeur du
fleuve Sénégal (OMVS). Cette institution a pour mission d’assurer
une gestion équitable et durable des ressources, afin de concilier les
besoins agricoles, énergétiques, écologiques et sociaux.

3. Les techniques agricoles adaptées


Des pratiques comme l’utilisation de variétés de riz tolérantes au
sel, la mise en place de systèmes de drainage pour évacuer l’excès
de sels, ou encore la diversification des cultures permettent de
réduire la vulnérabilité des agriculteurs.

4. La protection de l’environnement
La reforestation, la lutte contre l’érosion et la préservation des zones
humides contribuent à maintenir l’équilibre écologique du fleuve et
de sa vallée.

Conclusion

La salinité du fleuve Sénégal constitue un défi environnemental,


économique et social majeur. Si les aménagements hydrauliques ont
permis de limiter en partie l’intrusion saline et de développer l’agriculture
irriguée, le problème persiste, notamment en raison des changements
climatiques et de la pression croissante sur les ressources en eau. Une
gestion durable, concertée et intégrée des eaux du fleuve apparaît comme
une condition essentielle pour préserver la sécurité alimentaire et le bien-
être des populations riveraines.

L’avenir du fleuve Sénégal dépendra de la capacité des pays concernés à


coopérer, à innover dans les pratiques agricoles et à protéger les
écosystèmes. Ainsi, la lutte contre la salinité ne se limite pas à une
question technique : elle engage aussi la solidarité et la responsabilité
collective face aux enjeux du développement durable.

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