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Conservation

Ce document examine les bénéfices de la conservation des sols sur la productivité agricole dans les Hauts Plateaux de Madagascar, soulignant que les techniques de conservation, telles que le paillage et la plantation de haies vives, augmentent la production tout en réduisant le besoin en intrants et en main-d'œuvre. L'étude identifie des facteurs influençant l'adoption de ces techniques, notamment le niveau d'éducation des chefs de ménage et la sécurité foncière. Les résultats suggèrent que la généralisation de ces pratiques pourrait significativement améliorer les revenus des ménages agricoles.

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Conservation

Ce document examine les bénéfices de la conservation des sols sur la productivité agricole dans les Hauts Plateaux de Madagascar, soulignant que les techniques de conservation, telles que le paillage et la plantation de haies vives, augmentent la production tout en réduisant le besoin en intrants et en main-d'œuvre. L'étude identifie des facteurs influençant l'adoption de ces techniques, notamment le niveau d'éducation des chefs de ménage et la sécurité foncière. Les résultats suggèrent que la généralisation de ces pratiques pourrait significativement améliorer les revenus des ménages agricoles.

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LES BENEFICES SUR SITE DE LA CONSERVATION

DES SOLS D’APRES UNE APPROCHE


DE CHANGEMENT DE PRODUCTIVITE.
Cas des Hauts Plateaux de Madagascar.

Lalaina Randrianarison

Avril 2001

PROGRAMME
ILO
FAC DEGS
Université d’Antananarivo
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

RÉSUMÉ

Les impacts de l’érosion constituent un des freins au développement de Madagascar. Les


activités de conservation des sols réalisées, et précisément celles entreprises sur l’initiative
de l’Association Nationale d’Actions Environnementales, atténuent les impacts négatifs de
l’érosion sur le bien-être des populations et sur l’état de l’environnement.

Le thème de ce document est relatif aux bénéfices que la conservation des sols apporte au
niveau de la productivité agricole et des ménages dans une localité des Hauts Plateaux
malgaches. L’estimation des bénéfices sur site de la conservation des sols est abordée avec
la méthode de changement de productivité/revenu. De plus, un modèle d’adoption des
deux techniques étudiées (paillage des parcelles ou zéro labour et système de plantation de
haies vives fixatrices sur le contour des parcelles) est dressé pour faire sortir les facteurs
influençant l’adoption.

Il en ressort que l’adoption des techniques de conservation des sols est favorisée entre
autres par un niveau d’étude élevé des chefs de ménages, la sécurité foncière et certaines
caractéristiques physiques des parcelles de culture telle une pente faible. La réalisation des
activités de conservation des sols sur les terres agricoles a le mérite d’augmenter
directement la production. En outre, elle diminue la quantité de travail et l’utilisation
d’intrants fertilisants dans l’agriculture. En définitive, elle augmente le revenu de l’ordre
de 50 à 100%.

La généralisation de l’adoption des activités de conservation des sols au territoire


malgache pourrait tenir compte de ces différents facteurs incitatifs. Par ailleurs, cette étude
présente une méthodologie d’approche des bénéfices de la conservation des sols qui
pourrait être répliquée à un niveau régional ou national dans l’estimation des profits tirés
des actions environnementales en ce sens.

ii
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

SOMMAIRE

RÉSUMÉ ....................................................................................................................... ii
Liste des tableaux................................................................................................................. iv

Liste des figures ................................................................................................................... iv

INTRODUCTION ......................................................................................................... 1

Section 1.- Cadre de référence théorique .............................................................................. 4

Section 2. - Approche empirique .......................................................................................... 6

2.1. La collecte des données.............................................................................................. 6


2.2. Analyse descriptive .................................................................................................... 7

Section 3. - Résultats d’analyse et bénéfices sur site de la conservation des sols .............. 12

3.1. Approche économétrique ......................................................................................... 12


3.2. Déterminants de l’adoption des mesures de conservation des sols.......................... 15
3.3. Changement de productivité et bénéfices de la conservation des sols..................... 19
3.4. Limites de l’étude..................................................................................................... 23

RÉSUMÉ DES CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS ......................... 24

BIBLIOGRAPHIE ..................................................................................................... 26

ANNEXE A : CARTE DE LOCALISATION & SÉLECTION DE


TEXTE ............................................................................................................................ 29

ANNEXE B : TABLEAUX SUPPLÉMENTAIRES. .................................... 32

B.1. Principales caractéristiques des unités de production agricoles ................................. 33

B.2. Les revenus des ménages ........................................................................................... 34

B.3. Prix appliqués pour les principaux produits ............................................................... 34

iii
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Liste des tableaux

TABLEAU 1. Les parcelles de l’échantillon final......................................................................................6


TABLEAU 2. Contraintes ressenties par les ménages ..............................................................................9
TABLEAU 3. Durée de la mise en place du système de paillage et de plantation de haies vives de
contour sur une parcelle (en nombre d’années d’adoption) ................................................................10
TABLEAU 4. Productivité des terres et du travail ..................................................................................11
TABLEAU 5. Principales statistiques descriptives relatives au site de Tsimahabeomby et ses
environs ..........................................................................................................................................................14
TABLEAU 6. Résultats des régressions logistiques sur l'adoption des mesures de conservation
des sols............................................................................................................................................................15
TABLEAU 7. Résultats des régressions relatives aux impacts du système du paillage sur la
productivité ....................................................................................................................................................20
TABLEAU 8. Estimation du changement de revenu obtenu avec le système de paillage sur un
hectare de culture .........................................................................................................................................21
TABLEAU 9. Résultats des régressions relatives aux impacts du système des haies vives sur la
productivité ....................................................................................................................................................22
TABLEAU 10. Estimation du changement de revenu obtenu avec le système des haies vives sur
un hectare de culture ...................................................................................................................................22

Liste des figures

FIGURE 1. Répartition des différentes sources de revenu des ménages (% du revenu ....................8
FIGURE 2. Ratio surface des rizières sur surface des tanety ................................................................8
FIGURE 3. Evolution de l’adoption de techniques de conservation des sols sur les parcelles de
culture ............................................................................................................................................................10
FIGURE 4. Impacts sur site direct et indirect de la conservation des sols ..................................................13
FIGURE 5. Probabilité d’adoption des techniques de conservation des sols ..............................................19

iv
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

INTRODUCTION

L’érosion des sols constitue un des problèmes majeurs auxquels Madagascar doit faire face.
Emportés par les eaux de ruissellement, 200 à 400 tonnes par hectare par an de la couche
arable du sol sont perdus alors que la moyenne mondiale est de 11 tonnes par hectare par an
(ONE, 1997). Les chiffres avancés dans la Charte de l’Environnement font état de «200
millions de dollars de perte économique due à l’érosion des sols » si on cumule les
conséquences multiples de ce phénomène : dégâts dans les secteurs de production agricole et
marine, surdimensionnement des infrastructures (routes, barrages, ponts...).

Dans le domaine agricole, l’érosion des sols constitue une menace pour la performance de
l’agriculture. La perte de qualité des sols affecte en effet la production car la terre est un des
principaux intrants dans l’agriculture. Chaque année, 10.000 hectares de rizières sont
ensablés, représentant 20.000 tonnes de paddy. Les conséquences de l’érosion sur la
productivité des terres s’expriment en termes de baisse des revenus agricoles. Une attention
particulière est aussi à accorder à ce phénomène quand 85% de la population active malgache
travaille dans l’agriculture (Charte de l’environnement).

Dans le cadre du Programme Environnemental II, des méthodes de conservation des sols
redressant cette tendance à la baisse des rendements et des revenus sont entreprises au niveau
des exploitants agricoles sous la tutelle de l’Association Nationale d’Actions
Environnementales (ANAE). Les actions préconisées par l’ANAE ont validité dans le
domaine de la protection de l’environnement, et du développement rural et agricole.

Le concept suivi dans la réalisation des activités de conservation des sols conseillées par
l’ANAE est « le respect et l’utilisation de l’ensemble des lois qui assurent la reproduction de
l’écosystème et de ses fonctionnalités -en particulier la reproduction de la fertilité- afin d’en
tirer le meilleur parti possible » (Griffon et Mallet, 1999). Deux modes de culture favorisant
la conservation des sols sont véhiculés par l’ANAE : (1) le paillage des parcelles de culture
avec une couverture végétale morte et appliquant le système de travail minimum du sol (zéro
labour) et (2) la plantation de haies vives fixatrices sur le contour des parcelles.

Le paillage (mulching) consiste à recouvrir les interlignes culturaux d’une couche de 10 à 20


cm de matières végétales mortes. Ce paillage protège les sols contre l’impact des gouttes de
pluie, freine l’érosion hydrique et élimine l’érosion éolienne (Gény et al.) , 1992. Le paillage
restitue au sol de la matière organique. Il fait obstacle au développement de mauvaises herbes
et maintient l’humidité. Ce mode de culture1 est associé à la méthode de travail minimum du
sol (Rasoanandrasana, 1999) pour préserver la stabilité structurelle des agrégats : le labour
n’est fait qu’à la première année d’installation du système.

La mise en place des haies vives de type Tephrosia et Crotalaria réduit l’intensité de
l’érosion hydrique sur les pentes. Outre cette capacité fixatrice du sol, les haies peuvent aussi
réduire l’érosion éolienne. Les variétés utilisées ont aussi la particularité d’accumuler des

1
Le plus souvent, la mise en place de résidus végétaux pour réduire l’érosion sur les parcelles est associée à la
culture en bandes. Différentes cultures poussent en bandes alternées qui suivent les courbes de niveau.

Lalaina RANDRIANARISON 1
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

éléments nutritifs. Elles peuvent servir alors d’intrants lors de la fabrication de compost, de
couverture végétale pour le paillage et même de nourriture pour le bétail.

Le thème général de l’évaluation économique des impacts sur site de la conservation des sols
sur la productivité agricole entre dans le thème général d’évaluation des bénéfices sur site des
initiatives visant à réduire la dégradation des sols. Cette étude s’est déroulée dans le cadre
d’une coopération axée sur le développement de l’Economie de l’Environnement à
Madagascar entre l'Office National pour l'Environnement (ONE), l’Université d’Antananarivo
et le CFSIGE avec l’appui du Projet d’Appui à la Gestion de l’Environnement (PAGE) et du
Programme Ilo.

Jusqu’à maintenant, ce thème n’a pas fait l’objet d’étude (incluant une modélisation de
l’adoption des techniques de conservation des sols par les agriculteurs) à Madagascar. La
littérature internationale traite dans plusieurs publications de l’influence des caractéristiques
socio-économiques des exploitants agricoles face à la décision de conservation des sol. Ainsi,
parmi les exemples de facteurs qui influent sur la décision d’adopter ou non des techniques de
conservation des sols auprès des agriculteurs figurent la sécurité foncière (Shively, 1998 ;
Soule et al., 2000), le niveau d’éducation (Pender et Kerr, 1998 ; Traoré et al, 1998), la
disponibilité en main-d’œuvre de l’exploitation agricole (Shively, 1998), la taille de
l’exploitation (Anim, 1999).

A Madagascar, l’évaluation économique du PE 1 par la Banque Mondiale montre le


changement de productivité agricole généré par la présence de haies vives. Les rendements de
la patate douce et du manioc sur parcelle aménagée forment le double des rendements en
mode de culture traditionnelle2. Par ailleurs, le temps de travail est réduit de 40% pour le
manioc et de 70% pour la patate douce d’après une analyse descriptive sur quatre sites. Des
limites sont clairement définies quant à la non-transposabilité de ces résultats à tous les sites
de l’ANAE3. L’analyse économique ne tient ainsi compte ni de cette économie de main-
d’œuvre en termes d’impacts sur les profits, ni des caractéristiques des parcelles qui peuvent
influer sur l’adoption des techniques de conservation des sols.

La présente étude utilise l’approche de changement de productivité pour estimer les bénéfices
sur site de l’adoption de techniques de conservation des sols, pour les ménages. Les données
ont été collectées sur le site de Tsimahabeomby – Ambohimiadana et ses environs, sur les
Hauts-Plateaux de Madagascar.

Le présent rapport s’organise comme suit. La section 1 présente une brève description de la
méthodologie de changement de productivité dans l’évaluation des bénéfices sur site de la
conservation des sols. La section 2 décrit le site d’étude et la procédure de collecte de
données. Le support théorique en section 1 et les données collectées sur terrain servent par la
suite dans l’estimation de deux modèles économétriques, développés en section 3 : un modèle
d’adoption des techniques de conservation des sols et une fonction de production. Ces deux

2
Les impacts de la conservation des sols des exploitants sur la productivité des facteurs qui entrent en compte
dans la fonction de production ont fait l’objet d’une étude de Shively (1998). Il conclut que la présence de haies
vives sur le contour des parcelles permet d’accroître de 125 kg/ha le rendement des cultures de maïs des petites
exploitations aux Philippines.
3
Les sites concernés sont Tsimahabeomby, Miandrarivo, Amboasary Nord et Amparafarabe.

Lalaina RANDRIANARISON 2
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

modèles servent respectivement à mettre en valeur les facteurs qui influent le plus sur
l’adoption des techniques de conservation des sols auprès des agriculteurs et à mettre en
évidence le changement de revenu y afférent. Ce rapport conclut avec un résumé des
principaux résultats de cette étude et de ces implications pour apprécier les bénéfices de la
conservation des sols au niveau des ménages à Madagascar.

Les deux mesures de conservation des sols citées précédemment ont été choisies pour faire
l’objet de cette étude : le paillage de la parcelle (mulching) et la plantation de haies vives sur
le contour de la parcelle. Elles ont été retenues d’après le critère de génération d’impacts
positifs sur site à travers la protection de la production agricole contre l’érosion.

La mise en place de ces techniques de conservation des sols sur les parcelles de culture
augmente la production agricole, toute chose égale par ailleurs, car les terres ne subissent plus
ou du moins dans une moindre mesure, l’action de l’érosion qui diminue sa fertilité. En outre,
la présence de paillage ou de haies vives modifie le niveau d’intrants utilisés. Ainsi ces
nouveaux modes de culture augmentent la productivité, étant donné que l’utilisation de
fertilisants et la quantité de travail requise pour la mise en valeur d’une parcelle diminuent
parallèlement à une hausse de la production.

Mais l’adoption de ces techniques n’est pas générale. Tout au plus, la moitié des terres
cultivées fait-elle l’objet de plantation de haies vives. Parmi les facteurs qui influent sur la
décision des ménages d’adopter ou non ces techniques figurent le niveau d’éducation et l’âge
du chef de ménage, le niveau de richesse du ménage estimé par la taille de son cheptel bovin,
certaines caractéristiques physiques des parcelles telles la pente, le nombre d’années de mise
en valeur de la parcelle, son mode de faire-valoir et sa situation juridique.

Lalaina RANDRIANARISON 3
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Section 1.- Cadre de référence théorique

L’érosion a des impacts sur la production agricole. La conservation des sols est censée y
remédier. La problématique centrale tourne donc autour des bénéfices qu’apporte la
conservation des sols. Deux questions principales se posent alors : (1) Quelles sont les
facteurs qui déterminent l’adoption ou non de la conservation des sols ? Quel type
d’exploitant agricole est plus sensible au phénomène de l’érosion en réagissant à travers des
activités de lutte anti-érosive sur ses parcelles de culture ? ; (2) Quels sont les impacts sur site
d’une adoption de mesures de conservation des sols ?

Le comportement d’un agent producteur représentatif, qui lui permet d’obtenir une production
y sur une parcelle donnée, peut être établi à partir d’une fonction de production de la forme :

y = f (L ; Q)

L est le vecteur des intrants nécessaires à la production, ici le travail par exemple; et Q la
ressource sol dont la qualité se décline en Q1 (de meilleure qualité) avec l’adoption d’une
technique de protection sur une parcelle de culture mais qui reste en Q0 sans l’adoption d’une
telle technique. Ainsi

y1 = f(L, Q1) est différent de y0 = f(L, Q0)

L’activité de production suppose que les individus maximisent leur profit π, quelle que soit la
qualité du sol :

Max π = Max [ p.f(L, Q) – w. L ]

sous les contraintes :


p( ∂f / ∂L) = w
∂f(L* ; Q) / ∂L = w / p (productivité marginale du travail)

p représente le prix de la production et w est le salaire.

Si les exploitants perçoivent un profit π(p, w, Q1) = π1 = py1 – wL1 en cas d’adoption d’une
technique de conservation des sols sur la parcelle de culture et π(p, w, Q0) = π0 = py0 – wL0
sinon, l’adoption d’une mesure de conservation des sols se réalise généralement quand

π(p,w,Q1) - π(p,w,Q0) > 0.

En posant A la variable dichotomique représentant l’adoption ou non d’une technique de


conservation des sols précise, on peut écrire :

Lalaina RANDRIANARISON 4
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

l’exploitant adopte la technique, π(p, w, Q ) - π(p, w, Q ) > 0


A= { 10 sisinon 1 0

Cette variable A nous permettra de réaliser une tentative de détermination des facteurs
influant l’adoption de la conservation des sols. Etant donné que A varie de 0 à 1, nous
pouvons modéliser le choix d’un agent face à l’adoption à l’aide d’une fonction probabiliste
c’est-à-dire par estimation de la probabilité qu’un agent adopte une mesure de conservation
des sols.

Par ailleurs, la conservation des sols, en l’occurrence l’amélioration de la qualité des sols,
influe sur la productivité agricole directement mais aussi indirectement. En effet en présence
de conservation des sols, la quantité d’intrants nécessaires à la production peut être diminuée
sans pour autant que ce phénomène ne se répercute négativement sur la production totale.

Supposons que le changement du niveau d’intrant utilisé L soit le même que le changement
généré dans la production y. Le changement de profit généré par le changement de
productivité est :

∂π = py0(∂y/y0) – wL0(∂y/y0)

qui peut s’écrire

∂π = (py0 - wL0. %∂y


ou ∂π = π0 . %∂y

La méthode de changement de productivité que nous venons de tracer ici servira par la suite
de cadre pour l’analyse empirique lors de l’estimation des bénéfices sur site de la
conservation des sols.

Lalaina RANDRIANARISON 5
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Section 2. - Approche empirique

2.1. La collecte des données

Les données ont été collectées sur le site de Tsimahabeomby et ses environs, dans le
Fokontany de Miadampahonina-Ambohimiadana. Ce site, choisi par l’ANAE, fait partie de
ses premiers mini-projets. L'échantillonnage aléatoire a été appliqué dans le choix des 78
ménages enquêtés parmi les quelques 150 ménages du Fokontany. L’échantillonnage
précédent nous a permis d’obtenir les données relatives à 358 parcelles de culture sur tanety
correspondant aux principales cultures vivrières de la zone : manioc, maïs, taro, patate douce,
soja et haricots. Le choix des parcelles des tanety s’est opéré du fait que les techniques de
conservation des sols considérées sont établies principalement sur les tanety.

TABLEAU 1. Les parcelles de l’échantillon final


Culture Nombres de parcelles
Manioc: 131
Patate: 75
Maïs: 49
Haricot: 49
Taro: 32
Soja : 22

Le questionnaire d’enquête4 utilisé est joint en annexe du présent rapport (annexe C). Outre
les parties relatives aux caractéristiques des ménages, celles concernant leurs différentes
activités ont permis de cerner leurs différentes sources de revenu. Pour mettre en évidence les
changements qu’apportent les techniques de conservation des sols, le questionnaire comprend
des parties relatives à chaque parcelle de culture :

- caractéristiques physiques de chaque parcelle de culture ( rizières et tanety) et surface


- mode de tenure foncière et situation foncière
- production obtenue de la culture qui y fût réalisée entre octobre 1999 et octobre 2000
- niveaux d'intrants utilisés (main-d'œuvre, semences, fertilisants, produits de traitement
phytosanitaire)
- problèmes rencontrés durant l'année culturale précédente
- pratique de conservation des sols appliquée durant l'année culturale précédente
(principalement paillage et haies vives) pour les parcelles de tanety.

La collecte de données s’est déroulée au mois d’octobre 2000. Cette période même a facilité
la réalisation des enquêtes car elle est intermédiaire à la réalisation des grands travaux
agricoles. On a donc constaté une plus grande disponibilité des agriculteurs pour répondre aux
enquêteurs. Plusieurs chefs de ménage de sexe masculin ont cependant été absents : la
réalisation de travaux non-agricoles tels que le bûcheronage ou le salariat dans les entreprises

4
La version malgache du questionnaire est disponible auprès du Projet PAGE – Antananarivo.

Lalaina RANDRIANARISON 6
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

de construction urbaines coïncide avec cette période pour eux. Leurs conjoints ont toutefois
été à même de fournir les informations nécessaires, ce qui dénote d’une certaine
complémentarité entre hommes et femmes dans la réalisation des travaux agricoles.

2.2. Analyse descriptive

Le site de Tsimahabeomby est le centre d’un mini-projet initié par l’ANAE. Actuellement
sous la gestion autonome de l'ONG Tantsaha Andry Fitaratra5, le projet s’occupe entre autres
de la promotion d’activités d’agroforesterie depuis sa création en 1994. Le site de
Tsimahabeomby se trouve dans une région à vocation agricole, la population se compose à
90% d’agriculteurs. Les unités de production par ménage ont cependant une taille assez
réduite : leur superficie varie de 0,1 à 4 hectares. Les ménages cultivent en moyenne 0,4
hectares de rizières et 0,5 hectares de tanety.

La densité de la population est de 1 habitant à l’hectare pour le Fokontany. Le plus proche


marché et centre de développement se trouve à Ambohimiadana, à cinq kilomètres du site. La
zone a subi les conséquences d’une pluviométrie faible et mal répartie depuis quelques
années. D’après les relevés pluviométriques de l’ONG TAF, seulement 595 mm de pluie
annuelle sont tombés en 1999 contre une moyenne habituelle de 1600 mm.

Le revenu annuel par ménage se monte en moyenne à 4.630.000 FMG. Les ménages les
moins dotés en terres agricoles (premier quintile de surface de l’exploitation) gagnent
2.620.000 FMG par an, les plus grands propriétaires terriens (dernier quintile) vivent avec
trois fois plus. L’artisanat et le salariat non-agricole commencent à se développer : les revenus
extra-agricoles forment 39% de la composition des revenus des ménages (figure 1). Ce chiffre
varie en fonction de la dotation foncière de chaque ménage : les plus grandes unités de
production ne dépendent qu’à hauteur de 16% des revenus extra-agricoles alors que les plus
petites comptent sur ces rentrées d’argent à hauteur de 62% de leur revenu total (annexe B.2).

Les cultures vivrières et maraîchères occupent une place considérable par rapport au riz. La
disponibilité en tanety pour les unités de production est négativement corrélée avec le
pourcentage du revenu issu de la riziculture, c’est-à-dire que plus le ménage dispose de terres
sur les tanety pour réaliser des cultures vivrières, moins il s’adonne à la riziculture. Ce qui ne
sous-entend nullement qu’il dispose d’une superficie rizicole moindre par rapport aux petites
exploitations (Annexe B.1).

5
L’ANAE met en œuvre des mini-projets de protection des sols et de l’environnement au niveau de régions bien
définies. Ces projets sont réalisés selon les demandes d’associations paysannes, et requièrent leur participation.
Une visite préalable des techniciens de l’ANAE en compagnie de membres de l’association sur les sites à
protéger précède l’élaboration d’un mini projet. Les objectifs de ces mini projets concernent la conservation des
sols, l’amélioration des rendements agricoles, la qualité de l’environnement et du développement rural. L'ONG
TAF est actuellement autonome.

Lalaina RANDRIANARISON 7
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

FIGURE 1. Répartition des différentes sources de revenu des ménages (% du revenu


annuel total)

8,82

27,59
24,45

39,14
Revenu issu des tanety et des cultures maraîchères de contre-saison
Revenu non-agricole
Revenu correspondant à la production de riz
Revenu des activités d'élevage

Les petites exploitations s’adonnent aussi beaucoup plus à la culture de riz. Elles disposent en
effet de beaucoup plus de rizières en terme de ratio rizière-tanety. La diversification agricole
n’est pas encore très poussée à leur niveau, apparemment pour manque de moyens et question
de stratégie de production. Chaque ménage dispose en moyenne de trois adultes pour la
réalisation des travaux agricoles. Le recours à la main-d’œuvre salariée augmente avec une
augmentation de la taille des exploitations pour la mise en valeur des tanety (annexe B.1).

FIGURE 2. Ratio surface des rizières sur surface des tanety


Quintile de la taille de

5
l'exploitation

0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4

Ratio

Remarque - La répartition en quintile des superficies des exploitations se présente comme suit : 0,14
hectares Q1< 0,45 hectares ; 0,45 Q2< 0,62 hectares ; 0,62 Q3< 0,81 hectares ; 0,81 hectares
Q4 < 1,24 hectares et 1,24 hectares Q5 < 4,28 hectares.

Les ménages ne considèrent plus l’érosion et ses conséquences tel l’ensablement des bas-
fonds comme des contraintes à la production, seuls 2% des ménages les ont mentionnées
comme étant des freins au développement de l’agriculture (Tableau 2). Par contre, les chocs
naturels tels les cyclones et la sécheresse handicapent les ménages du fait de leur
imprévisibilité et des dégâts qu’ils occasionnent au niveau des récoltes. La question des
produits phytosanitaires nécessaires à la protection des cultures émerge clairement dans cette
région. Les cultures de contre-saison (pommes de terre et autres légumes), qui nécessitent un
traitement phytosanitaire, occupent en effet les rizières après la fenaison. Le manque de terres

Lalaina RANDRIANARISON 8
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

se fait ressentir au niveau du Fokontany. L’insuffisance de matériels de production se détecte


auprès des ménages au même titre que l’insuffisance de bœufs de trait.

TABLEAU 2. Contraintes ressenties par les ménages


Pourcentage des ménages
qui les ressentent fortement (%)
Chocs naturels 92
Produits phytosanitaires (approvisionnement, prix) 53
Maladies des cultures 40
Manque de terres 39
Insuffisance de bœufs de trait 28
Insuffisance de matériels agricoles 27
Manque de main-d’œuvre 20
Semences (disponibilité, qualité) 19
Accès aux ressources monétaires 18
Erosion, ensablement 2

La région reflète la situation foncière des Hauts-Plateaux de Madagascar, à savoir une


parcellisation croissante des terres. Les exploitations initiales ont été morcelées entre
plusieurs générations d’ayant droits. Du fait de cette pression démographique aussi, les terres
agricoles se déplacent de plus en plus vers les versants pentus des tanety et les terres
marginales. Le relief tourmenté de la zone limite toutefois les perspectives d’aménagement de
nouvelles terres. Les bas-fonds sont presque tous déjà mis en valeur.

Sur un autre registre, seuls 12% des parcelles sont munies d’un titre tandis que plus de 80%
sont en mode de faire-valoir direct. Par ailleurs, la mise/prise en location ou la mise/prise en
métayage des parcelles de tanety n’est pas courante (2% des terres de l’échantillon). Le
système le plus courant est la prise en prêt gratuit des terres (18% des parcelles de tanety) :
ces dernières restent dans la famille mais le propriétaire légal ou légitime, étant absent du
village, les donne à exploiter à un de ses parents.

La moitié du total des parcelles de l’échantillon est entourée de haies vives et 25% sont
couvertes en permanence de paillage (figure 3). Vingt pour cent des parcelles font l’objet de
ces deux techniques de conservation des sols en même temps. En moyenne, l’adoption de ces
mesures date de quatre ans en moyenne.

Lalaina RANDRIANARISON 9
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

FIGURE 3. Evolution de l’adoption de techniques de conservation des sols sur les parcelles de
culture
Pourcentage des parcelles concernées (%)

100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999

paillage haies vives

Le paillage a précédé la plantation de haies vives de contour en termes d’années d’adoption


(tableau 3.). De plus, il semble que les propriétaires des plus grandes exploitations aient été
les premiers à investir dans le système de paillage des parcelles avec une couverture morte. Le
pourcentage des parcelles concernées par la conservation des sols est plus élevé pour le
groupe des plus grandes exploitations.

TABLEAU 3. Durée de la mise en place du système de paillage et de plantation de haies vives de


contour sur une parcelle (en nombre d’années d’adoption)
Paillage des parcelles Plantation de haies vives de contour
Nombre d’années Pourcentage des Nombre d’années Pourcentage des
d’adoption parcelles d’adoption parcelles
Quintile Moyenne Ecart-type Moyenne Moyenne Ecart-type Moyenne
Les plus petites exploitations 2,33 1,15 4,6 3,11 1,65 26,1
2è 3,45 1,50 25,9 4,54 3,06 42,8
3è 3,70 1,10 23,6 3,41 1,38 50,0
4è 2,44 0,78 25,7 3,59 1,55 70,0
Les plus grandes exploitations 4,19 2,25 41,9 5,04 1,67 60,8

La mise en place de dispositifs anti-érosifs sur les parcelles apporte une augmentation des
rendements agricoles6 au niveau des parcelles ainsi qu’une meilleure productivité du travail.
Le paillage peut apporter une augmentation de la production de 10 à 100%, d’après
l’échantillon de 358 parcelles collecté sur le site de Tsimahabeomby et ses environs
(tableau 4). On voit aussi un large effet sur la productivité du travail : jusqu’à 400% de hausse
de la productivité.

6
Des données collectées sur d’autres sites de l’ANAE donnent par exemple à Amparafarabe des rendements du
manioc de 10 tonnes par hectare avant-projet et 60 tonnes par hectares après projet, de la patate douce de 5
tonnes à l’hectare avant projet et de 20 tonnes à l’hectare après projet (World Bank, 1995). Cette évaluation
économique du PE 1 par la Banque Mondiale montre aussi le changement de productivité agricole généré par
l’aménagement des pentes par plantation de haies. Le temps de travail pour le manioc passe de 350 jours à 212
jours, pour le taro de 1600 à 625 jours.

Lalaina RANDRIANARISON 10
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

TABLEAU 4. Productivité des terres et du travail


Culture Productivité du travail (kg/hj) Rendement (kg/ha)
Avec couverture Sans couverture Avec couverture Sans couverture
permanente permanente permanente permanente
Maïs 9,76 6,27 1600 1500
Haricot sec 5,37 4,00 1230 990
Soja 3,14 3,65 870 785
Patate douce 42,70 21,73 11380 5830
Taro 35,66 34,83 25630 15950
Manioc 104,18 19,32 18500 5080

Ce type d’analyse donne certes une indication de l’impact de l’adoption des techniques de
conservation des sols. Cependant un biais peut apparaître lors de l’estimation car les données
ne tiennent pas compte des caractéristiques communes des parcelles de culture, qui influent
sur l’adoption des parcelles de culture. La prise en compte de certaines caractéristiques
spécifiques des parcelles a été effectuée dans cette étude de cas pour estimer le changement de
revenu généré par la conservation des sols.

Lalaina RANDRIANARISON 11
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Section 3. - Résultats d’analyse et bénéfices sur site de la conservation des sols

3.1. Approche économétrique

Les objectifs de cette partie se résument en deux points tirés de l’approche méthodologique
développée en section 1 : détermination, à partir d’un modèle d’adoption, des facteurs qui
influent sur la décision même d’un agent face au choix de l’application de la conservation des
sols, et détermination, à partir d’une fonction de production, du changement de revenu généré
par la conservation des sols sur une parcelle.

Dans un premier temps, il s’agit de définir un modèle qui permet de déterminer quelles
caractéristiques socio-économiques de l’environnement, pris au sens large du terme, et de
l’agent économique lui-même, influent le plus sur sa décision d’appliquer ou non une mesure
de conservation des sols.

Soit c = 1 si une parcelle fait l’objet d’une technique de conservation des sols en particulier
(paillage ou haies vives) et c = 0 sinon. Un modèle Logit est utilisé pour estimer la probabilité
que c = 1 c’est-à-dire la probabilité qu’aura une pratique d’être installée sur une parcelle. La
régression logistique, à cette fin, suit Anim (1999) qui modélise la prise de décision des
exploitants compte tenu de deux modalités : adoption – non-adoption de mesure de
conservation des sols. Cette fonction prend la forme :

Prob(c=1) = exp (a+bx) / [1+exp(a+bx)]

Les variables indépendantes du modèle représentées par x sont le nombre d’années d’études
du chef de ménage (EDUCATION), l’âge du chef de ménage (AGE), l’activité principale du chef
de ménage (AGRICULTEUR), le nombre d’adultes disponibles pour les travaux agricoles dans le
ménage (ADULTES), la taille du cheptel bovin du ménage (BETAIL), le nombre d’années de
présence de l’exploitant actuel sur la parcelle (PRESENCE), la surface d’une parcelle (SURFACE
7
PARCELLE), la couleur du sol de la parcelle (COULEUR SOL), la pente de la parcelle (PENTE
PARCELLE), le mode de faire y appliqué (FAIRE VALOIR DIRECT), la possession de titre y
relative (DOCUMENT FONCIER), sa distance par rapport à l’habitation (DISTANCE PARCELLE).

Dans un deuxième temps, l’analyse du changement de productivité/revenu sera menée à partir


de la formulation de fonction de production de forme générale :

Y = f ( SURFACE PARCELLE, TRAVAIL, FUMURE, C ) (éq.1)

tels que Y soit la valeur de la production sur une parcelle ;


C = PAILLAGE ou HAIES.

7
La couleur du sol est considérée comme un des indicateurs de fertilité (Razafintsalama, 1996)

Lalaina RANDRIANARISON 12
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Comme il a été développé dans la section 1, la quantité d’intrants utilisés dans la production
change compte tenu de l’adoption de techniques de conservation des sols sur les parcelles. Le
changement du niveau d’utilisation de main-d’œuvre et de fumure, effets indirects de
l’adoption de techniques de conservation des sols, sera apprécié à partir de deux équations :
TRAVAIL = g ( C ) (éq.2)
et FUMURE = h ( C ) (éq.3)

Les équations 1 et 2 seront de forme linéaire. L’équation 3 prendra la forme d’une régression
Tobit. En effet, 246 parcelles sur les 358 de l’échantillon ne font l’objet d’aucune fertilisation
c’est-à-dire que FUMURE = 0. Le modèle Tobit est un modèle de régression avec variables
censurées : ici, la variable FUMURE est limitée à zéro (on ne tient pas compte des valeurs
inférieures ou égales à 0 dans la régression.

L’impact de la conservation des sols sur la production d’une parcelle comprend donc un effet
direct et des effets indirects à partir du changement du niveau d’intrants utilisés.
Les variables et les données utilisées dans les différents types de régression réalisés sont
décrites dans le tableau suivant.

FIGURE 4. Impacts sur site direct et indirect de la conservation des sols

Conservation
Travail éq.2 des sols éq.3 Fumier
(-) (-)

(+) éq.1
(+) éq.1
éq.1 (+)

Production/profit

Lalaina RANDRIANARISON 13
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

TABLEAU 5. Principales statistiques descriptives relatives au site de Tsimahabeomby et ses


environs
Moyenne Ecart-type Min. Max.
AGE 42,79 12,65 25 81
EDUCATION 4,90 3,08 0 13
TAILLE_MENAGE 5,91 1,97 2 12
ADULTES 2,92 1,60 2 8
OCCUPATION (1/0) 0,92 0,26 0 1
BETAIL 1,16 1,36 0 4
DISTANCE_PARCELLE 9,39 10,41
PRESENCE 12,67 12,25 1 63
COULEUR_SOL (1/0) 0,25 0,43 0 1
PENTE_PARCELLE (1/0) 0,80 0,40 0 1
FAIRE-VALOIR DIRECT (1/0) 0,84 0,37 0 1
DOCUMENT_FONCIER (1/0) 0,12 0,32 0 1
SURFACE PARCELLE 4,29 4,44 0,15 35
VALEUR PRODUCTION 202.170 300.200
TRAVAIL 10 8,50
FUMIER 0,24 0,62 0 6
PAILLAGE (1/0) 0,25 0,43 0 1
HAIES (1/0) 0,50 0,50 0 1
Nombre d’observations : 358

où :
& AGE : âge du chef de ménage en nombre d’années ;
& EDUCATION : nombre d'années d'études avec succès du chef de ménage ;
& TAILLE MENAGE: Taille du ménage en nombre de membres ;
& ADULTES : disponibilité en main-d'œuvre en nombre de membres de plus de 15 ans par
ménage ;
& AGRICULTEUR (1/0) : 1 si le chef de ménage est agriculteur, 0 sinon
& BETAIL : nombre de bovidés par ménage
& DISTANCE PARCELLE : distance moyenne d'une parcelle à l'habitation en minutes de marche
à pieds ;
& PRESENCE : nombre d'années d'exploitation d'une parcelle par l’exploitant actuel ;
& COULEUR SOL (1/0) : 1 si le sol de la parcelle est de couleur noire, 0 sinon ;
& PENTE PARCELLE (1/0) : 1 si la pente de la parcelle est faible c’est-à-dire inférieure à 12%,
0 sinon ;
& FAIRE-VALOIR DIRECT(1/0): 1 si la parcelle est en mode de faire-valoir direct, 0 sinon ;
& DOCUMENT FONCIER (1/0) : 1 si la parcelle dotée de documents fonciers, 0 sinon ;
& SURFACE PARCELLE : surface moyenne des parcelles de tanety en ares ;
& VALEUR PRODUCTION : valeur moyenne de la production par parcelle en FMG ;
& TRAVAIL : quantité de travail pour la mise en valeur d'une parcelle de tanety pendant une
année culturale (homme-jour) ;
& FUMIER : quantité de fumier de ferme utilisée en charrette ;
& PAILLAGE (1/0) : 1 si la parcelle a fait l’objet de paillage durant l’année culturale 2000, 0
sinon ;
& HAIES (1/0) : 1 si la parcelle a fait l’objet de haies vives durant l’année culturale 2000, 0
sinon.

Lalaina RANDRIANARISON 14
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

3.2. Déterminants de l’adoption des mesures de conservation des sols

Développé à partir de la forme fonctionnelle logit énoncée plus haut, le modèle d’adoption du
paillage sur les parcelles (tableau 6) montre que les variables explicatives les plus
significatives sont l’âge du chef de ménage et son niveau d’éducation, la taille de son cheptel
bovin ainsi que la couleur, la pente et le mode de faire-valoir de la parcelle. La durée de la
présence du chef de ménage sur la parcelle de même que la surface de celle-ci est en outre
négativement corrélées avec la probabilité d’adoption du système du paillage.

Les résultats du modèle d’adoption des haies vives sur le contour d’une parcelle font sortir
comme variables les plus explicatives : toujours le niveau d’études et l’âge du chef de
ménage, le nombre d’années de mise en valeur de la parcelle (corrélation négative), sa pente,
le mode de faire-valoir appliqué ainsi que la possession de documents de propriété y relatifs.

TABLEAU 6. Résultats des régressions logistiques sur l'adoption des mesures de conservation
des sols
Variables explicatives Adoption du paillage Adoption des haies vives
Coeff. Err. type Coeff. Err.type
EDUCATION 0.474 *** 0.073 0.263 *** 0.049
AGE 0.042 * 0.023 0.069 *** 0.017
AGRICULTEUR (0/1) 1.699 1.102 -0.261 0.457
ADULTES -0.022 0.113 0.056 0.094
BETAIL 0.307 *** 0.133 -0.054 0.096
PRESENCE -0.055 *** 0.023 -0.034 *** 0.015
SURFACE PARCELLE -0.102 *** 0.046 -0.017 0.029
COULEUR SOL (0/1) 0.696 * 0.417 -0.315 0.290
PENTE PARCELLE (0/1) 1.585 *** 0.571 0.794 *** 0.325
FAIRE VALOIR DIRECT (0/1) 2.199 *** 1.062 -0.776 *** 0.336
DOCUMENTS FONCIERS (0/1) 0.669 0.517 1.413 *** 0.433
DISTANCE PARCELLE -0.014 0.023 -0.013 0.012
Constante -9.993 *** 1.795 -3.506 *** 0.831
Nombre d'observations 358 358
Pourcentage de cas correctement prédits 88,27% 69,27%
Significatif à 1% (***), à 10% (*)

Au regard des coefficients relatifs à la variable EDUCATION, il apparaît que l’éducation scolaire
influe positivement sur la probabilité de mettre en place des infrastructures anti-érosives sur
les parcelles de culture. Les chefs de ménage plus éduqués sont plus enclins à adopter le

Lalaina RANDRIANARISON 15
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

système de paillage8. A la moyenne, une augmentation d’une année d’étude du chef de


ménage augmente de 0.06 et 0.05 points la probabilité d’adopter respectivement le système de
paillage et de haies vives. La technicité requise pour la réalisation de la conservation des sols
peut être à l’origine du fait que ce sont surtout les plus éduqués qui les adoptent.

L’âge du chef de ménage est en corrélation positive avec la probabilité d’adopter soit le
paillage des parcelles (quoique corrélation faible), soit la plantation de haies vives. Il est plus
probable donc qu’entre deux chefs de ménage d’âges différents, ce soit le plus âgé qui adopte
une technique de conservation des sols par rapport à l’autre. Si on relie l’âge du chef de
ménage avec son expérience dans l’agriculture (Anim, 1999), on peut supposer que les plus
âgés, et donc plus expérimentés, ont été plus rapidement conscients des problèmes d’érosion
et de leurs conséquences. Ils adoptent la conservation des sols au vu de ces avantages.

La grande taille du cheptel bovin s’associe aussi à une plus grande probabilité d’adopter le
paillage. Si on suppose que cette caractéristique du ménage représente son niveau de
capitalisation ou de richesse, nous pouvons dire que l’adoption du paillage des parcelles est
l’apanage des ménages les plus nantis. A Madagascar en effet, la possession de bœufs de trait,
et de bovidés en général, est signe de richesse. Un bœuf coûte en moyenne 1.000.000 FMG,
soit environ 40% du revenu moyen annuel des ménages les plus pauvres.

Toujours dans cette optique de mesure du niveau de capitalisation du ménage, et en partant de


l’hypothèse que la taille de l’exploitation et le niveau des revenus des ménages sont
positivement corrélés, la minimisation des risques face à l’adoption d’une nouvelle
technologie au sein des ménages plus riches apparaît plus effective (tableau 3). Les petites
exploitations sont moins enclines à adopter les nouvelles méthodes car les aléas climatiques et
autres chocs pouvant affecter la production se répercutent plus durement sur elles (Instat,
2000). Leur objectif ne réside plus dans l’augmentation de l’espérance mathématique de la
production agricole mais dans le maintien et l’assurance de l’existence d’une production
annuelle.

Les parcelles nouvellement mises en valeur font aussi l’objet de conservation des sols, plus
que les anciennes (variable PRESENCE avec un coefficient de –0,054 pour l’adoption du paillage
et de coefficient –0,034 pour l’adoption des haies vives).

Le paillage des parcelles prend aussi place plus fréquemment sur les petites surfaces
(coefficient relatif à SURFACE de –0,102). Les travaux d’entretien du paillage nécessitent la
mobilisation d’une main-d’œuvre conséquente pour l’approvisionnement en paille. Ceci peut
inciter à la réalisation de conservation des sols sur des surfaces plus petites afin de mieux les
8
Ce type de résultat apparaît sous une autre forme pour Pender et Kerr (1998) : L’éducation (une année d’études
en plus) a un impact positif sur le niveau des investissements (hausse de 30% du niveau d’investissement
moyen) en conservation des sols dans le village d’Aurepalle en Inde. Les études concluant d’un impact positif de
l’éducation sur la probabilité d’adoption de techniques de conservation des sols sont rares : Traoré (1998) estime
que le niveau d’éducation de l’exploitant agricole est un facteur qui influence positivement l’adoption de
pratiques anti-érosion , Swinton (2000) trouve qu’un niveau d’éducation secondaire des adultes d’un ménage
péruvien augmente les chances que ce ménage adopte des modes de culture qui réduisent l’érosion ; Shively
(1997) trouve un coefficient positif mais ne détecte pas de corrélation entre le niveau éducationnel des chefs de
ménage et l’adoption de la conservation des sols aux Philippines.

Lalaina RANDRIANARISON 16
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

gérer. Shively (1997) avance aussi une probabilité plus grande d’adoption de la conservation
des sols sur les petites parcelles. Si les parcelles sont de grande taille à cause de la mauvaise
qualité du sol (stratégie d’extensification), la rentabilité des investissements en conservation
des sols peuvent être faibles ; ainsi les exploitants sont plus disposés à investir sur les petites
parcelles. La taille de la parcelle n’a pas d’influence particulière sur l’adoption ou non des
haies vives, quoique la plantation de haies réduise de 15% la surface des parcelles (World
Bank, 1995).

La variable PENTE PARCELLE a été incorporée dans la régression sous l’hypothèse que la
protection des terrains sur les pentes contre l’érosion ne peut être correctement assurée lors de
leurs mises en valeur par l’agriculture. Les coûts de l’adoption des techniques de lutte anti-
érosive sur les versants escarpés sont plus élevés (Shively, 1997). On constate par ailleurs que
les petites exploitations ne sont pas nombreuses à adopter les techniques de conservation des
sols sur les parcelles de culture. Parallèlement, la plupart de ces dernières (30% des parcelles)
se situent sur des versants pentus par rapport aux terres des grandes exploitations. Il ressort
des résultats des fonctions d’adoption du paillage et des haies vives que les parcelles ayant
une pente inférieure à 12% ont plus de chances de bénéficier de la conservation des sols par
rapport à celles plus pentues. L’adoption du paillage sur une parcelle de pente faible dépasse
de 0,11 la probabilité d’adoption sur une parcelle plus escarpée. La probabilité d’adoption des
haies vives sur le contour d’une parcelle de pente faible est de 0,54 contre 0,35 pour une
parcelle de pente forte (figure 5).

La variable FAIRE VALOIR DIRECT apparaît comme un facteur important qui influe sur la réalisation
d’activités de lutte anti-érosive. Des auteurs qui abordent le thème de l’adoption de techniques
de conservation des sols incorporent le système de gestion de l’exploitation des terres dans
leur analyse (Soule et al., 2000). Il apparaît qu’une situation de métayage ou de fermage
n’incite pas les exploitants à entreprendre des investissements portant sur le long terme
(Anim, 1999 ; Lutz, Pagiola et Reiche, 1994) et réduit leur horizon de planification au court
terme. Dans notre étude, le mode de faire-valoir est un des déterminants de l’adoption des
techniques de conservation des sols. On constate cependant une différence entre le système de
paillage et celui de la plantation de haies vives sur le contour des parcelles.

La probabilité d’adoption des haies vives en mode de faire-valoir indirect se chiffre à 0,47
contre 0,66 en mode de faire-valoir direct (hausse de 36%). Comme il a été annoncé dans
l’analyse descriptive (section 2.2), la majorité des parcelles en mode de faire-valoir indirect
sont des parcelles mises en prêt gratuitement par leurs propriétaires. Généralement, les
propriétaires « légaux » n’habitent pas dans le village même9 et réclament rarement des
compensations pour les parcelles de tanety, contrairement au cas des rizières, sur les Hautes
Terres malgaches. Les haies vives peuvent donc apparaître comme un moyen de consolider la
situation d’exploitant régulier sur la parcelle pour les emprunteurs10. De plus, l’entretien des
haies vives n’est pas aussi « contraignant » que pour le paillage : l'intensité de la main-

9
Dorosh et al. (1998) précisent qu’environ 30% des terres sont utilisés sans aucun frais à Madagascar. En milieu
rural, la moyenne est de 14 ares par tête exploités sans aucun frais.
10
Ce système s’assimile d’une certaine manière aux arbres qui confortent dans certains cas les droits de
propriété.

Lalaina RANDRIANARISON 17
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

d'œuvre utilisée peut s'avérer plus faible. Ceci constitue d'autant plus une incitation pour les
ménages non-propriétaires des terres de réaliser ce système de conservation des sols.

Quand c’est le propriétaire qui exploite lui-même sa parcelle, la probabilité d’adoption du


paillage est supérieure de 15% à la situation où la parcelle est en mode de faire-valoir indirect
(figure 5). La différence entre système de zéro labour et haies vives, entraînant cette inversion
de situation, semble résider dans le fait que le paillage correspond à une nouvelle méthode de
culture11 qui se démarque du mode « traditionnel. La terre n’est plus travaillée, du moins à
partir de la deuxième année d’installation, et l’arrosage ne s’impose qu’en situation de
sécheresse intense. Les tenants et les aboutissants du système de paillage ne sont pas
facilement acquis par les paysans. Contrairement à cela pour les haies vives, le mode de
culture à l’intérieur de la parcelle peut ne pas changer : les haies constituent une défense
contre les impacts possibles de l’érosion sur la parcelle. Il s’ensuit donc que les paysans les
moins dotés en terres, et les plus pauvres aussi, se risquent moins à tester le nouveau système
du paillage (annexe B.1). Ces ménages les plus pauvres n’investiront dans le paillage que s’ils
sont sûrs des bénéfices futurs. Comme nous observons une corrélation positive, quoique
faible, entre le revenu et le mode de faire-valoir direct des terres (coefficient de corrélation de
0,16), nous pouvons donc dire que les propriétaires de grandes exploitations qui exploitent
eux-mêmes leurs parcelles se risqueront davantage à investir dans le système de couverture
permanente des parcelles par rapport aux autres.

La question de la sécurisation foncière à travers des systèmes légaux (titres de propriété et


autres documents fonciers) peut aussi sembler importante dans certains cas pour développer
l’adoption de la conservation des sols. Cela n’exclut cependant pas la réussite d’une gestion
coutumière des droits de propriété dans les sociétés paysannes. L’important consiste en ce que
ces droits soient clairement définis et ne soient pas perpétuellement remis en cause. Une
situation de conflit porte en effet préjudice au déroulement des activités de production. Le
flou occasionné par des droits mal définis constitue une contrainte aux investissements dans la
conservation des sols : les exploitants ne sont pas assurés du fait qu’ils pourront bénéficier des
impacts futurs de la conservation des sols (Wachter, 1994).

Dans notre étude, les régressions présentent des signes positifs pour les coefficients de la
variable DOCUMENTS FONCIERS, mais seulement significatifs dans le cas des haies vives. Cela
signifie que la possession de titres fonciers semble conforter les exploitants dans leur statut de
propriétaires, plus que ne le fait le système du droit coutumier, et les incite à investir dans la
plantation de haies vives. Toutes choses égales par ailleurs, l’acquisition de documents
fonciers augmente de 70% les chances d’établir des haies fixatrices sur le contour des
parcelles (figure 5).

11
Son lancement à Madagascar date d’une quinzaine d’années.

Lalaina RANDRIANARISON 18
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

FIGURE 5. Probabilité d’adoption des techniques de conservation des sols

Probabilité d'adoption
des techniques de conservation des sols
1

0,78
0,8
0,66

0,6 0,54
0,47 0,46

0,4 0,35

0,21
0,17 0,15
0,2 0,12
0,02 0,04

0
P aillage H aie

Technique de conservation

P arcelle en m ode de faire-valoirdirect


P arcelle en m ode de faire valoirindirect
P arcelle m unie d'un titre
P arcelle non m unie d'un titre etnon-cadastrée"
P arcelle de pente faible
P arcelle de pente forte

Il faut cependant préciser que si la sécurisation foncière légale incarne un facteur déterminant
pour l’adoption de la conservation des sols, elle n’est pas une condition suffisante pour son
amplification. D’autre part sur les 89 parcelles de l’échantillon qui sont couvertes en
permanence par le paillage, le quart est doté d’un titre ou d’un document foncier légal12.

3.3. Changement de productivité et bénéfices de la conservation des sols

Nous allons estimer pour chaque technique de conservation des sols le changement de
productivité / revenu en découlant. Pour cela, trois modèles seront spécifiés :
- un modèle de fonction de production (éq.1) linéaire
- un modèle linéaire estimant le niveau d’utilisation de travail en fonction de l’adoption de
conservation des sols ou non (éq.2.
- une régression Tobit modélisant le changement au niveau de l’utilisation de fumier (éq.3.

Les différentes productions au niveau des parcelles étudiées ont été valorisées aux prix du
marché (documentés en annexe B.3). Ainsi le même prix a été appliqué pour un même produit
sur chaque parcelle. Pour tout l'échantillon, la valeur moyenne de la production sur une
parcelle de 4,29 ares atteint ainsi 200.000 FMG soit 47.000 FMG (7USD) par are.

12
Une situation analogue se présente au Panama d’après Moquete (in Wachter, 1994). L’estimation des coûts
occasionnés par l’obtention d’un titre foncier légal inclut les coûts de faisabilité, les dépenses en matériels de
bornage, des frais pour publication, les droits d’immatriculation et d’enregistrement, une taxe calculée à partir de
la valeur de la parcelle, les coûts de transport afférents aux divers déplacements vers les Services Administratifs
et les coûts d’opportunité du titrage en équivalent de revenus du travail perdus lors des déplacements du
propriétaire. Ainsi, l’immatriculation revient plus cher pour les petites exploitations : 33 USD (230.000 FMG)
par hectare pour des exploitations de 10 hectares contre 22 USD (150.000FMG) par hectare pour des
exploitations de 50 hectares. Ainsi le quart des fermes seulement ont des titres légaux pour leurs terres.

Lalaina RANDRIANARISON 19
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

3.3.1. Changement de productivité et système de paillage

Rappelons que le paillage concerne le quart des parcelles de l’échantillon. Les coefficients
estimés à partir de la fonction de production présentent des signes positifs pour tous les
facteurs de production (Tableau 7). Ce qui amène à dire que toutes choses égales par ailleurs,
un accroissement du niveau d’un intrant de cette fonction aurait un impact positif sur la
production finale. Ainsi le facteur qui contribue à l’augmentation de cette production agricole
est la pratique du paillage, ici représentée par la variable PAILLAGE. Les parcelles qui disposent
d'une couverture permanente pour prévenir l'érosion permettent de gagner 114.290 FMG de
plus que celles dont le sol reste nu, soit un gain d'environ 2.500.000 FMG à l’hectare (368
USD). L'adoption du paillage équivaut donc à une augmentation directe de 56% de la
production.

TABLEAU 7. Résultats des régressions relatives aux impacts du système du paillage sur la
productivité

Fonction de production Utilisation de travail Utilisation de fumier


(éq.1) (éq.2) (Tobit) (éq.3)
Coef. t-Student Coef. t-Student Coef. t-Student
Surface parcelle 24460 5,61
Travail 9131 3,97
Fumier 67152 3,21
Paillage (0/1) 114287 3,75 -4,39 -4,30 -0,77 -3,12
Constante -37744 -1,64 10,97 21,60 -0,59 -4,73
R² 0,3573 0,05 0,02
Nombre d’observations 358 358 358

D’après l'estimation du coefficient relatif à la variable TRAVAIL (éq.1), une journée


additionnelle de travail permet de gagner 9100 FMG en plus de la moyenne sur une parcelle
de 4,29 ares (revenu additionnel de 200.000 FMG par hectare, presque 30 USD), soit une
augmentation de 4,5% de la production.

D'un autre côté, la quantité de travail requise diminue d’après l’équation 2 d’utilisation de
travail compte tenu de l’influence de la conservation des sols. La présence d'un paillis qui
recouvre toute la parcelle de culture réduit la quantité de travail nécessaire de 4 hommes-jour
(éq.2) pour la mise en valeur d'une parcelle. Cette baisse correspond en moyenne à 40% de la
main-d'œuvre totale requise dans une année : de 237 hommes-jour à l’hectare pour une
parcelle sans couverture permanente, la quantité de travail nécessaire passe à 142 hommes-
jour pour une culture avec paillage de la parcelle. Après la première année de culture avec
couverture permanente de la parcelle, les travaux tels que le labour, la fertilisation ou le
sarclage n'ont plus en effet lieu d'être. Evaluée au salaire journalier de la main-d’œuvre
agricole dans la zone, cette libération de travail correspond à une économie de 570.000 FMG
pour un hectare (84 USD).

D’autre part, l'utilisation d'une charrette de fumier supplémentaire permet d’augmenter le


revenu moyen d’une parcelle de 67.000 FMG ; ce qui équivaut à une augmentation de 33% de

Lalaina RANDRIANARISON 20
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

la production (éq.1), toutes choses égales par ailleurs, soit un bénéfice de 1.560.000 FMG par
hectare équivalent à 180 USD.

Corrélativement, la mise en place du paillage diminue de 0,77 points le nombre de charrettes


de fumier utilisé sur une parcelle qui fait déjà l’objet d’une fertilisation initiale (régression
Tobit, éq.3). Etant donné que 68,71% des parcelles ne font l’objet d’aucune fertilisation, la
réduction de la quantité de fumier correspondant à l’application de cette technique sur une
parcelle représentative de l’échantillon total13 est de 0,24 points. A la moyenne, la présence
d'une couverture permanente de la parcelle réduit donc la quantité de fumier utile à zéro
(diminution de 100% de la quantité). La conservation des sols rend inutile l'utilisation de
fertilisant. Ce caractère substituable de la fertilisation à la pratique de couverture permanente
de la parcelle présente l'avantage de diminuer le coût des intrants engagés dans la production.
L’économie de fumure peut se monter à 98.000 FMG à l’hectare.

L'exploitation d'un are de plus par rapport à la surface moyenne de 4,29 ares entraînerait une
augmentation de 25.000 FMG de la production de la parcelle. Cette hausse de 12% de la
production à travers une augmentation des terres exploitées se conçoit difficilement. En effet,
la pression sur le foncier se reflète déjà à travers la parcellisation croissante des terres
agricoles. La pression démographique aggrave l'ampleur du phénomène.

En somme, l'utilisation de couverture permanente sur une parcelle permet d’accroître de


113% le profit généré sur une parcelle14. Le bénéfice apporté par la conservation des sols se
chiffre à 3.000.000 FMG par hectare. Le recours à la fertilisation s'avère inutile. La quantité
de main-d'œuvre utilisée est moindre (tableau 8). Ce système de culture permet de produire
plus compte tenu des gains de productivité au niveau des facteurs.

TABLEAU 8. Estimation du changement de revenu obtenu avec le système de paillage sur un


hectare de culture
1 hectare de culture sans Economie vs. Profit réalisé 1 hectare de culture avec
En FMG paillage de la parcelle paillage de la parcelle
Production 4.200.000 + 2.352.000 6.552.000
Coût du travail 1.430.000 - 572.000 858.000
Coût de fertilisation 100.000 - 100.000 0
Revenu net de la
2.670.000 5.694.000
production

3.3.2. Changement de productivité et système de plantation de haies vives sur le contour


des parcelles

Cinquante pour cent des parcelles composant l’échantillon sur Tsimahabeomby et ses
environs sont entourés de haies vives fixatrices, pour lutter contre l’érosion. Les mêmes types

13
Les calculs se font d’après les propriétés d’une régression tobit à variable censurée telle que
E[Fumier] = [1 - Pr(Fumier = 0)]* E[Fumier | Fumier>0]
14
Ce profit rencontre une variation selon les modes de calcul. En effet, à partir des données de l'échantillon, la
situation où une parcelle ne fait pas l'objet de paillage (base de l'estimation) peut se diviser en :(1) parcelle sans
paillage mais avec haies vives et (2) sans paillage ni haies vives. Les niveaux d'intrants initiaux sont aussi
différents. Cette distinction amène dans les calculs une variation des résultats de ±2%.

Lalaina RANDRIANARISON 21
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

de résultats apparaissent que pour le cas des impacts du paillage sur la productivité. La
variable HAIES à travers le coefficient estimé y relatif nous permet de dire que la présence de
haies vives permet de gagner 47.000 FMG de plus que celles dont le sol reste nu. L'adoption
du paillage équivaut ainsi à une augmentation directe de 23% de la production moyenne.

TABLEAU 9. Résultats des régressions relatives aux impacts du système des haies vives sur la
productivité
Fonction de production Utilisation de travail Utilisation de fumier
(éq.1) (éq.2) (tobit) (éq.3)
Coef. t-Student Coef. t-Student Coef. t-Student
Surface parcelle 24890 5,63
Travail 7999 3,05
Fumier 6474 3,05
Haies (0/1) 47435 1,81 -1,94 -2,16 -0,33 -1,79
Constante -23253 -0,92 10,86 17,07 -0,59 -4,04
R² 0,36 0,01 0,07
Nombre d’obs. 358 358 358

Par effet indirect de la conservation des sols sur la productivité, le même scénario de
réduction de la quantité de travail requis se produit avec l’adoption du système des haies
vives. Les haies réduisent la quantité de travail nécessaire de 1,94 hommes-jour (éq.2) pour la
mise en valeur d'une parcelle de 4,29 ares. Cette baisse correspond en moyenne à 18% de la
main-d'œuvre totale requise dans une année.

La présence de haies vives fixatrice diminue de 0,33 points le nombre de charrettes de fumier
appliqué sur une parcelle (régression Tobit, éq.3). D’après la même méthode que
précédemment, la réduction de la quantité de fumier correspondant à l’application de cette
technique sur une parcelle représentative de l’échantillon total est de 0,10 points. A la
moyenne, l'existence de haies vives sur le contour d’une parcelle réduit donc la quantité de
fumier utile à 0,17 charrettes (diminution d'environ 40% de la quantité).

La protection des parcelles contre l'érosion avec le concours des haies vives réduit en effet le
ruissellement sur celles-ci. Les apports en éléments nutritifs tels la fumure organique ne sont
pas tous lessivés par l'action de l'érosion. Une partie reste sur la parcelle de culture, à l'inverse
du cas où la parcelle est entièrement soumise aux effets de l'érosion. Si on compare cette
diminution de 40% de l'usage de fumure organique par rapport au cas précédent concernant la
réduction de 100% du fumier avec le système de paillage, la différence vient du fait qu'une
couverture permanente protège plus ou moins entièrement et continuellement la surface d'une
parcelle contre l'érosion. Les haies vives ne freinent par exemple pas l'impact des gouttes de
pluie sur la surface des parcelles.

TABLEAU 10. Estimation du changement de revenu obtenu avec le système des haies vives sur
un hectare de culture
1 hectare de culture sans Economie vs. Profit réalisé 1 hectare de culture avec
En FMG paillage de la parcelle paillage de la parcelle
Production 4.200.000 +966.000 5.166.000
Coût du travail 1.430.000 - 257.400 1.172.600
Coût de fertilisation 100.000 - 40.000 60.000
Revenu net de la
2.670.000 3.933.400
production

Lalaina RANDRIANARISON 22
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Sur 1 hectare de culture, la plantation de haies vives, par effet direct d’augmentation de la
production donne une production de 1.000.000 FMG de plus (147 USD). D’un autre côté, par
effet indirect, le système permet de réaliser une économie de 260.000 FMG (38 USD). De 240
hommes-jour à l’hectare pour la mise en valeur d’une parcelle qui n’est pas entourée de haies,
la quantité de travail nécessaire passe à 197 hommes-jour pour une culture avec technique de
conservation des sols. On pourrait supposer que la baisse de la quantité de main-d’œuvre utile
est due au fait qu’il n’y a plus de travaux de réaménagement et de lutte contre l’érosion sur les
parcelles. Le coût de la fertilisation diminue de 40.000 FMG (6 USD). En somme, le profit
total, par le jeu du changement de productivité augmente de 47±3%. Ce bénéfice apporté par
la conservation des sols se chiffre à 1.300.000 FMG par hectare.

3.4. Limites de l’étude

La transposition des résultats de l’étude à d’autres sites devra se faire avec précaution étant
donné les conditions et caractéristiques du milieu différentes. Ainsi, par exemple, le
changement du niveau des intrants utilisés fait partie de ces conditions car il peut varier selon
les sites. Par ailleurs, les résultats de cette étude correspondent à une zone où l’adoption des
techniques de conservation des sols date en moyenne d’il y a quatre ans.

La présente analyse distingue seulement deux types de parcelles de culture : parcelle avec
paillage permanent et parcelle avec haies vives de contour. Il n’est pas considéré le cas de la
présence simultanée des deux systèmes sur une parcelle. Cette situation peut donc conduire à
une surestimation des bénéfices pour chacune des techniques de conservation des sols, due à
une interférence des impacts.

Par ailleurs, des parcelles bénéficiant de la conservation des sols en amont peuvent faire
profiter celles en aval d’une partie de ces bénéfices. Les sédiments ne sont plus transportés,
du moins l’effet de l’érosion s’atténue. Cet effet positif (externalité) n’a pas été capturé dans
les estimations pour les parcelles ne faisant pas l’objet de conservation des sols. Dans
l’estimation des bénéfices de la conservation des sols, cette étude de cas se limite ainsi aux
impacts sur site des techniques utilisées. Les rizières en bas-fonds et les infrastructures
d’irrigation ne sont, en outre, pas protégées contre l’ensablement. Ces impacts hors site de la
conservation des sols n’ont donc pas été pris en compte dans cette analyse.

Lalaina RANDRIANARISON 23
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

RÉSUMÉ DES CONCLUSIONS ET IMPLICATIONS

Résumé

Les bénéfices sur site des mini-projets de conservation des sols initiés par l’ANAE sur le site
de Tsimahabeomby et ses environs se déclinent sous diverses formes : réduction de l’érosion
sur les parcelles de culture, augmentation des rendements, augmentation de la productivité des
facteurs de production. La présence de couverture permanente sur une parcelle diminue de
moitié le temps de travail et ne nécessite plus l'utilisation de fumier de ferme. Les haies vives
réduisent les coûts d'entretien des parcelles: soit une baisse de 18% du temps de travail et une
réduction de presque la moitié de la quantité de fertilisant utilisée par rapport à une parcelle
non protégée. Ces changements cumulés entraînent une hausse des revenus agricoles, par
augmentation du revenu net de 110% avec le paillage des parcelles et de 50% par plantation
de haies vives sur le contour des parcelles. L’apparition de ses impacts positifs varie en
fonction des contraintes que subissent les agents économiques et des différentes combinaisons
de facteurs qu’ils utilisent.

Pour un hectare, le profit obtenu par adoption du système de paillage de la parcelle se chiffre
à 3.000.000 FMG par hectare, soit 1.500.000 FMG (220 USD) par ménage disposant de 0,5
hectares de tanety. Concernant le système de plantation de haies vives sur le contour des
parcelles, le profit se monte à 1.300.000 FMG, soit 650.000 FMG (104 USD) par ménage. Au
niveau d’un Fokontany de la Commune d’Ambohimiadana avec 150 ménages donc,
l’adoption des haies vives, de plus facile abord, par tous les ménages occasionnerait un
surplus de revenu de 97.500.000 FMG (14.350 USD)à la quatrième année d’adoption.

Les stratégies avec lesquelles les ménages abordent la conservation des sols diffèrent en
fonction de leur dotation en facteurs et des profits réalisables à leur niveau. Ainsi parmi les
facteurs qui influent sur la décision d’adoption des mesures de conservation des sols par les
ménages figurent le niveau d’instruction scolaire du chef de ménage et son âge, la taille du
cheptel bovin du ménage comme indicateur de richesse. En outre, différentes caractéristiques
des parcelles de culture favorisent l’adoption des mesures de conservation des sols : une pente
faible, un mode de faire-valoir direct et la possession de documents fonciers en tant
qu’indicateurs de sécurité foncière. Les petites parcelles sont aussi préférées aux grandes
étendues pour réaliser la conservation des sols.

Implications des résultats

Une méthodologie répliquable. La méthode de changement de productivité fait partie des


approches conventionnelles pour estimer en détail et en termes monétaires– en tenant compte
des caractéristiques des parcelles et des effets directs et indirects- les bénéfices
(respectivement les coûts) des activités de conservation des sols (respectivement de l’érosion).
D’autres études abordent en effet le thème à travers une approche des coûts de remplacement.
L’approche avancée ici peut servir de base à une étude au niveau régional, voire national,
pour avoir une mesure correcte de l’impact des activités de conservation des sols à
Madagascar.

Lalaina RANDRIANARISON 24
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

Implications politiques. La levée des contraintes au développement agricole ainsi que la prise
en compte des facteurs qui influencent le plus leur adoption et des ménages concernés
constituent les conditions à l’adoption croissante des techniques de conservation des sols. Les
résultats semblent avancer la justification d'une large diffusion des techniques de conservation
des sols. Par ailleurs l’approche en matière de conservation des sols devrait tenir compte des
groupes les plus défavorisés, de faible niveau d’éducation, disposant de peu de ressources et
en situation de précarité foncière.

La libération de main-d’œuvre relative à l’adoption des techniques de conservation des sols


sur les parcelles de culture peut présenter une occasion d'améliorer le bien-être des ménages.
Cependant cette main-d’œuvre doit être réorientée vers d’autres activités génératrices de
revenus ou vers d’autres régions nécessitant un apport extérieur de travail. Le développement
actuel de l’artisanat dans la zone, tissage et confection de panneaux de rabanes, constitue une
ouverture possible.

Le renforcement de la sécurisation foncière s’avère être un point important dans l’incitation à


réaliser des activités de conservation des sols. Dans la réalisation des actions de sécurisation
foncière légales cependant, il devrait être tenu compte des conditions du milieu. Les coûts des
diverses opérations de titrage des parcelles peuvent en effet léser certains groupes défavorisés,
pour lesquels les frais sont moins abordables. Des variantes au système de sécurisation légal
mais dérivées des systèmes légitimes peuvent tout aussi bien favoriser le sentiment de sécurité
foncière, et entraîner par la suite une préservation plus poussée des ressources naturelles.

Lalaina RANDRIANARISON 25
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

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Lalaina RANDRIANARISON 28
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

ANNEXE A

CARTE DE LOCALISATION & SÉLECTION DE TEXTE

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Les bénéfices sur site de la conservation des sols

A.1. Localisation du Fokontany de Miadampahonina – site de Tsimahabeomby

Lalaina RANDRIANARISON 30
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

A.2. Texte sélectionné

LA PROBLEMATIQUE DE LA REVOLUTION DOUBLEMENT VERTE


par
Michel Griffon (CIRAD-ECOPOL) et Bernard Mallet (CIRAD-Forêt)
in Bois et Forêts des Tropiques, 1999, N°260(2)

Le concept de Révolution Doublement Verte et les premières expériences qui en ont découlé sont issus des
limites et dangers que recèle la Révolution Verte. Cette dernière est née dans les années 70, en Inde, afin
d’accroître massivement et rapidement la production alimentaire. L’inspiration principale du modèle technique
qui la caractérise provient de la grande mutation agricole des Etats-Unis et de l’Europe de l’après guerre. On
peut en résumer le contenu de la manière suivante (GRIFFON, 1997) :
- Il y a spécialisation des cultures, établissement d’une monoculture (riz, blé, maïs), souvent même mono
variétale, en utilisant des variétés à bon rendement.
- On artificialise le milieu et on assure la maîtrise la plus complète possible de l’environnement écologique des
cultures et des animaux, souvent par la mécanisation et l’utilisation d’intrants de contrôle des ravageurs,
adventices et maladies.
- On utilise intensivement des intrants nutritifs efficaces (nutriments des plantes, aliments composés des
animaux.
- On met en place un cadre économique et institutionnel, favorable à la production, grâce à des politiques
publiques assurant la sécurité des débouchés, la stabilité des prix relatifs et souvent en subventionnant les prix
agricoles.
Avec le temps, que ce soit dans les régions de Révolution Verte ou ailleurs, la production intensive rencontre des
problèmes graves en raison des effets externes que les techniques utilisées génèrent :
- Dans l’agriculture irriguée, il peut y avoir épuisement des nappes phréatiques, salinification des sols par un
usage excessif d’eaux fossiles, et pollution des eaux par les produits phytosanitaires et les engrais.
- Dans les régions d’agriculture pluviale, les systèmes intensifs peuvent subir les attaques renouvelées du
parasitisme tellurique, la concurrence des mauvaises herbes difficiles à contrôler, les pertes en engrais par
lessivage ou évaporation, ce qui limite leur efficacité, accroît les coûts et contribue aux pollutions ; le travail du
sol peut aussi entraîner l’érosion en particulier dans les pentes.
A toutes ces difficultés s’ajoutent les effets causés par l’abandon des politiques de soutien à l’agriculture ;
l’ajustement structurel, la libéralisation et l’ouverture économique renchérissent les prix des intrants, accroissent
l’instabilité des prix et augmentent les risques liés au marché. L’ensemble débouche sur la réduction des marges,
le reflux des dépenses et intrants et in fine le plafonnement -quelquefois la baisse- des rendements dans les
régions entières comme, par exemple, dans la vallée du Gange.

La Révolution Doublement Verte propose de résoudre à la fois les problèmes environnementaux (réduire les
effets externes négatifs), mieux gérer le renouvellement des ressources naturelles utiles à la production, tout en
maintenant et même en augmentant si possible les rendements. Cette démarche suppose de nouveaux systèmes
de production basés sur des raisonnements nouveaux.

Dans la Révolution Verte, on cherchait à transformer fondamentalement le milieu -conception éradicatrice de


l’écosystème- pour y substituer un système de production maîtrisable par l’utilisation de techniques de contrôle
et de forçage afin d’obtenir une haute productivité. Avec la Révolution Doublement Verte, on cherche, au
contraire, à respecter et utiliser l’ensemble des lois qui assurent la reproduction de l’écosystème et de ses
fonctionnalités -en particulier la reproduction de la fertilité- afin d’en tirer le meilleur parti possible. On respecte
ainsi le cadre de viabilité du système au plan écologique et économique tout en optimisant la production du
système ; on lui assure une meilleure résilience. Les techniques utilisées tendent donc à s’intégrer dans le
fonctionnement systémique de l’écosystème ou à l’accompagner.

Lalaina RANDRIANARISON 31
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

ANNEXE B.

TABLEAUX SUPPLÉMENTAIRES

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Les bénéfices sur site de la conservation des sols

B.1. Principales caractéristiques des unités de production agricoles

Moyenne Ecart-type Min Max


Surface d’une parcelle (ares)
Les plus petites exploitations 2,93 1,98 0,20 10
2è quintile 3,07 2,05 0,50 10
3è quintile 4,04 3,42 0,20 20
4è quintile 4,03 4,01 0,15 20
Les plus grandes exploitations 7,24 7,06 0,20 35
Distance d’une parcelle à l’habitation (mn
de marche)
Les plus petites exploitations 9,03 13,69 1 90
2è quintile 9,97 11,06 1 60
3è quintile 9,65 10,31 1 45
4è quintile 9,76 8,63 1 40
Les plus grandes exploitations 8,53 7,97 1 45
Age du chef de ménage (années)
Les plus petites exploitations 40 10,29 25 64
2è quintile 39 13,57 25 79
3è quintile 44 15,21 28 75
4è quintile 49 13,64 35 81
Les plus grandes exploitations 42 5,83 25 47
Nombre d’années d’étude du chef de
ménage (années)
Les plus petites exploitations 3 1,69 0 11
2è quintile 6 4,08 0 13
3è quintile 4 2,39 0 11
4è quintile 6 3,31 1 11
Les plus grandes exploitations 7 2,49 2 11
Surface totale des rizières (ares)
Les plus petites exploitations 18,31 7,17 6 34
2è quintile 34,77 6,18 24 47
3è quintile 38,49 8,05 24 69
4è quintile 54,40 14,44 30 72
Les plus grandes exploitations 65,07 47,48 18 258
Surface totale des tanety (ares)
Les plus petites exploitations 11,25 4,56 0,2 20,5
2è quintile 19,37 5,98 6,2 25,5
3è quintile 32,38 8,53 10,0 56,0
4è quintile 38,34 12,71 12,0 54,6
Les plus grandes exploitations 137,18 76,67 24,0 263,0
Surface per capita (ares/capita)
Les plus petites exploitations 6,71 3,87 2,00 19,00
2è quintile 11,83 3,71 6,86 25,60
3è quintile 11,65 2,93 8,00 19,75
4è quintile 15,15 4,70 8,33 23,50
Les plus grandes exploitations 35,27 11,89 12,40 53,50
Pourcentage de la main-d'œuvre salariale
sur la main-d'œuvre totale (%)
Les plus petites exploitations 7,69 26,85 0 1
2è quintile 8,44 27,38 0 1
3è quintile 18,75 38,85 0 1
4è quintile 12,21 31,64 0 1
Les plus grandes exploitations 5,40 22,77 0 1
Nombre de tête de bovidés par ménage
Les plus petites exploitations 0,66 1,35 0 4
2è quintile 1,36 1,58 0 4
3è quintile 0,59 0,68 0 2
4è quintile 1,65 1,60 0 4
Les plus grandes exploitations 1,47 1,04 0 4

Lalaina RANDRIANARISON 33
Les bénéfices sur site de la conservation des sols

B.2. Les revenus des ménages

Moyenne Ecart-type Min Max

Revenu annuel total (en FMG)


Les plus petites exploitations 2620000 1150000 1129000 4711000
2è quintile 3500000 1490000 1665000 9850000
3è quintile 4140000 1670000 1500000 6920000
4è quintile 4650000 2380000 2239000 10100000
Les plus grandes exploitations 8010000 2310000 2909000 10900000
Pourcentage du revenu annuel non
agricole sur le revenu total (%)
Les plus petites exploitations 61,78 16,78 17,40 87,03
2è quintile 41,98 16,29 3,42 79,74
3è quintile 43,88 18,31 0 67,25
4è quintile 34,48 19,76 0 67,39
Les plus grandes exploitations 16,05 10,96 0 39,06
Pourcentage du revenu annuel
rizicole sur le revenu total (%)
Les plus petites exploitations 16,28 9,26 5,09 35,89
2è quintile 29,80 10,71 8,22 61,53
3è quintile 19,71 13,85 7,44 63,54
4è quintile 33,23 20,91 8,95 80,41
Les plus grandes exploitations 22,38 15,80 11,13 65,37
Pourcentage du revenu annuel des
cultures vivrières sur le revenu total
Les plus petites exploitations 19,48 10,39 1,67 52,69
2è quintile 19,33 8,61 3,84 37,03
3è quintile 29,12 9,71 17,14 48,10
4è quintile 27,33 8,68 15,33 44,51
Les plus grandes exploitations 42,05 19,07 9,93 64,97
Pourcentage du revenu de l’élevage
dans le revenu total (%)
Les plus petites exploitations 2,45 7,55 0 39,45
2è quintile 8,87 17,64 0 82,13
3è quintile 7,27 8,34 0 33,85
4è quintile 4,95 4,31 0 19,41
Les plus grandes exploitations 19,50 17,48 0 58,33

B.3. Prix appliqués pour les principaux produits

Produit Prix
Manioc 1.000 Fmg/kg
Maïs 2.500 Fmg/kg
Haricot 3.500 Fmg/kg
Patate douce 650 Fmg/kg
Taro 1.000 Fmg/kg
Soja 4.000 Fmg/kg
Arachide 3.500 Fmg/kg
Pomme de terre 500 Fmg/kg

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