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Livret Prof Terminales ESv Eleve

Le document présente un livret de cours sur l'énergie et son impact sur le climat, abordant les sources d'énergie, la consommation, la combustion et l'empreinte carbone. Il traite également de l'histoire de l'énergie électrique, des atouts de l'électricité, de l'optimisation du transport de l'électricité et de l'intelligence artificielle. La transition écologique est mise en avant comme essentielle pour répondre aux défis environnementaux du XXIe siècle.
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Vent Réseau

Pâles Alternateur
Énergie cinétique travail travail travail Énergie électrique
mécanique mécanique électrique

transfert transfert
thermique thermique
Environnement
Énergie thermique

Livret de cours

Enseignement Scientifique
Terminale

Partie Physique/Chimie et plus

LYCÉE J EAN D ’A LEMBERT - A LLIANCE FRANÇAISE DE VALPARAISO - A NNÉE SCOLAIRE 2024

E = P × ∆t ∆E = hc
λ
2
Table des matières

1 Énergie, choix de développement et futur climatique 5


1.1 Les sources d’énergie et sa consommation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Combustion et empreinte carbone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.3 La transition écologique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

2 Deux siècles d’énergie électrique 13


2.1 Histoire et énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.2 De l’énergie mécanique à l’énergie électrique : l’alternateur . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2.3 Description quantique de l’atome. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
2.4 Le capteur photovoltaïque, un convertisseur d’énergie radiative . . . . . . . . . . . . . . . . 17

3 Les atouts de l’électricité 21


3.1 La production d’énergie électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.2 Chaîne énergétique de conversion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
3.3 Impacts et stockage de l’énergie électrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

4 Optimisation du transport de l’électricité 25


4.1 Réseau électrique et pertes par effet Joule . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.2 Modèle du réseau de transport électrique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26

5 L’intelligence artificielle 31
5.1 L’ordinateur, origine et fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
5.2 L’intelligence artificielle (IA) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

3
4 TABLE DES MATIÈRES
CHAPTERCHAPITRE 1
Énergie, choix de développement et futur climatique

La consommation mondiale d’énergie fait majoritairement appel aux combustibles fossiles, principale cause
du réchauffement climatique. Il est donc essentiel d’identifier, pour toute activité, individuelle ou collective, ou
tout produit, l’impact sur la production de gaz à effet de serre. L’identification d’autres effets collatéraux, no-
tamment sur la santé, est importante. Les différents scénarios de l’évolution globale du climat dépendent des
stratégies que l’humanité mettra en œuvre.

1.1 Les sources d’énergie et sa consommation

1.1.1 Ressources d’énergie

L’énergie finale est l’énergie consommée par un utilisa-


teur, tandis que l’énergie primaire correspond à l’éner-
gie totale nécessaire pour fournir l’énergie finale à l’uti-
lisateur, incluant ainsi les pertes d’énergie entre sa pro-
duction et son utilisation.
Les énergies primaires sont disponibles sous forme de
stocks et de flux. Les stocks sont constitués d’énergies
non renouvelables comme les combustibles fossiles (pé-
trole, gaz naturel et charbon) et l’uranium. Les flux sont
des énergies renouvelables comme le flux radiatif solaire,
F IGURE
le flux 1.1 – Représentation
géothermique des flux
et la puissance d’énergie
gravitationnelle à l’origine des marées. Il existe donc de très nombreuses
ressources d’énergie parmi lesquelles les combustibles fossiles dominent.

F IGURE 1.2 – Les sources d’énergie

5
6 CHAPITRE 1. ÉNERGIE, CHOIX DE DÉVELOPPEMENT ET FUTUR CLIMATIQUE

1.1.2 Consommation d’énergie

La consommation d’énergie (tant finale que primaire) a doublé dans les 40 dernières années. Sa croissance est
directement liée à notre modèle économique industriel de production et de consommation des sociétés, qui a
fortement augmenté. En moyenne mondiale, cette énergie est utilisée à parts comparables par le secteur indus-
triel, les transports, le secteur de l’habitat et, dans une très faible mesure, par le secteur agricole.

F IGURE 1.3 – Consommation par secteur d’activité et évolution de la consommation

La consommation mondiale moyenne d’énergie primaire est de 1,9 TEP par habitant en 2017. Mais de très grandes
inégalités relatives à son accès existent entre les pays et les individus dans le monde.

F IGURE 1.4 – Répartition de la consommation de l’énergie dans le monde


1.2. COMBUSTION ET EMPREINTE CARBONE 7

1.1.3 Unités d’énergie


L’unité officielle et légale d’énergie en sciences physiques est le
Joule (symbole : J). Pour exprimer de grandes quantités d’éner-
gie, on utilise plutôt la tonne équivalent pétrole (énergie produite Unité Conversion en joules
par la combustion d’une tonne de pétrole brut ; symbole : TEP) ou kWh 1 kWh = 3,60 × 106 J
le kilowattheure (énergie mise en jeu en une heure pour une puis- TEP 1 TEP = 4,1868 × 1010 J
sance d’1 KW ; symbole : KWh).

1.1.4 Énergie et puissance


L’énergie E produite ou consommée par un système de puissance moyenne P est liée à sa durée de fonctionne-
ment ∆t par la relation :
E = P × ∆t (1.1)
avec E en Joules, P en Watts et ∆t en secondes. La puissance correspond donc à l’énergie consommée ou pro-
duite par unité de temps.

1.2 Combustion et empreinte carbone

1.2.1 Combustion et énergie massique

Une combustion est une transformation chimique dont les


réactifs sont le plus souvent un composé carboné ou hydro-
carburé (le combustible) et du dioxygène (le comburant).
Une combustion est exothermique et par conséquent génère
de l’énergie thermique. L’énergie massique d’un combus-
tible est l’énergie produite lors de la combustion d’un kilo-
gramme de ce combustible. Brûler 1 kg d’essence libère 44
millions de joules, soit 3 fois plus que la combustion d’1 kg de
bois.
F IGURE 1.5 – Le mécanisme de
combustion

Essence Gazole Biomasse Charbon Fioule domestique


44 MJ · kg−1 44 MJ · kg−1 15 MJ · kg−1 23 MJ · kg−1 42 MJ · kg−1

TABLE 1.1 – Énergie massique de différents combustibles

1.2.2 Combustion complète et incomplète


La combustion complète d’un combustible hydrocarburé produit du dioxyde de carbone (GES) et de l’eau. Si la
combustion est incomplète ou si le combustible est constitué d’éléments autres que le carbone et l’hydrogène,
de nombreux produits comme des aérosols, du monoxyde carbone (CO), des oxydes d’azote (NOx), de l’ozone
(O3), des suies, des produits soufrés ou des particules fines sont émis. Cela affecte directement la qualité de l’air
et la santé en provoquant des maladies respiratoires et cardiovasculaires.
8 CHAPITRE 1. ÉNERGIE, CHOIX DE DÉVELOPPEMENT ET FUTUR CLIMATIQUE

F IGURE 1.6 – Les combustions polluent

F IGURE 1.7 – Impacts de la pollution sur le corps humain. PM : Particules fines et Micro-
particules.

1.2.3 Empreinte carbone

L’empreinte carbone d’un produit, d’une activité ou d’une personne est la masse de dioxyde de carbone pro-
duite directement ou indirectement par sa consommation d’énergie et/ou de matières premières, tout au
long de son cycle de vie. Les transports et l’habitat sont des domaines où l’empreinte carbone est importante.
Pour la réduire, on peut covoiturer ou se déplacer à pied et isoler son logement.
1.2. COMBUSTION ET EMPREINTE CARBONE 9

F IGURE 1.8 – Empreinte carbone par secteur d’activité

F IGURE 1.9 – Empreinte carbone d’un français

L’empreinte carbone moyenne d’un Français en 2016 est de plus de 12 tonnes de CO2 produites !
10 CHAPITRE 1. ÉNERGIE, CHOIX DE DÉVELOPPEMENT ET FUTUR CLIMATIQUE

1.3 La transition écologique

La transition écologique vise à mettre en place un nou-


veau modèle économique et social pour répondre aux
enjeux écologiques du XXIème siècle. Elle doit favoriser
le passage vers un modèle de production et de consom-
mation qui intègre le changement climatique, la raré-
faction des ressources, la diminution de la biodiversité
et l’augmentation des risques sanitaires et environ-
nementaux. Le GIEC propose des scénarios qui pré-
sentent les évolutions possibles des émissions de GES.
Ces scénarios sont établis en fonction de l’empreinte
carbone des activités humaines et de l’évolution des
comportements et des technologies. Une stratégie d’at-
ténuation est associée à chaque scénario afin de réduire
les sources ou d’augmenter les puits de GES. En pré-
voyant les aléas et les risques affectant les écosystèmes
et les populations, les scénarios aident les décideurs à
prendre les mesures d’adaptation nécessaires.

F IGURE 1.10 – Impact du réchauffe-


ment climatique
1.3. LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE 11

Préparation de l’évaluation

À
Je dois savoir : OK
revoir
L’énergie utilisée dans le monde provient d’une diversité de ressources parmi lesquelles
□ □
les combustibles fossiles dominent.
La consommation en est très inégalement répartie selon la richesse des pays et des indi-
□ □
vidus.
La croissance de la consommation globale (doublement dans les 40 dernières années)
est directement liée au modèle industriel de production et de consommation des socié- □ □
tés.
En moyenne mondiale, cette énergie est utilisée à parts comparables par le secteur in-
dustriel, les transports, le secteur de l’habitat et dans une moindre mesure par le secteur □ □
agricole.
Les énergies primaires sont disponibles sous forme de stocks (combustibles fossiles,
uranium) et de flux (flux radiatif solaire, flux géothermique, puissance gravitationnelle □ □
à l’origine des marées).
La combustion de carburants fossiles et de biomasse libère du dioxyde de carbone et
également des aérosols et d’autres substances (N2O, O3, suies, produits soufrés), qui af- □ □
fectent la qualité de l’air respiré et la santé.
L’empreinte carbone d’une activité ou d’une personne est la masse de CO2 produite di-
□ □
rectement ou indirectement par sa consommation d’énergie et/ou de matière première.
Les scénarios de transition écologique font différentes hypothèses sur la quantité de GES
émise dans le futur. Ils évaluent les changements prévisibles, affectant les écosystèmes et □ □
les conditions de vie des êtres humains, principalement les plus fragiles.
Les projections fournies par les modèles permettent de définir les aléas et peuvent
orienter les prises de décision. Les mesures d’adaptation découlent d’une analyse des □ □
risques et des options pour y faire face.
12 CHAPITRE 1. ÉNERGIE, CHOIX DE DÉVELOPPEMENT ET FUTUR CLIMATIQUE

À
Je dois pouvoir : OK
revoir
Utiliser les différentes unités d’énergie employées (Tonne Équivalent Pétrole (TEP),
□ □
kWh...) et les convertir en joules - les facteurs de conversion étant fournis.
Exploiter des données de production et d’utilisation d’énergie à différentes échelles
□ □
(mondiale, nationale, individuelle...).
Comparer quelques ordres de grandeur d’énergie et de puissance : corps humain, objets
□ □
du quotidien, centrale électrique, flux radiatif solaire...
Calculer la masse de dioxyde de carbone produite par unité d’énergie dégagée pour dif-
férents combustibles (l’équation de réaction et l’énergie massique dégagée étant four- □ □
nies).
À partir de documents épidémiologiques, identifier et expliquer les conséquences sur la
santé de certains polluants atmosphériques, telles les particules fines résultant de com- □ □
bustions.
Comparer sur l’ensemble de leur cycle de vie les impacts d’objets industriels (par
□ □
exemple, voiture à moteur électrique ou à essence).
À partir de documents, analyser l’empreinte carbone de différentes activités humaines et
□ □
proposer des comportements pour la minimiser ou la compenser.
Analyser l’impact de l’augmentation du CO2 sur le développement de la végétation. □ □
Analyser des extraits de documents du GIEC ou d’accords internationaux proposant dif-
□ □
férents scénarios.
Deux siècles d’énergie électrique
CHAPTERCHAPITRE 2
2.1 Histoire et énergie

2.1.1 L’électricité dans l’histoire de l’énergie

13
14 CHAPITRE 2. DEUX SIÈCLES D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

2.1.2 Une (brève) histoire de l’électricité

Thalès : philosophe grec découvre que l’ambre attire la paille par un fluide.
Franklin : inventeur américain donne une explication sur la foudre qui est une décharge électrique et in-
vente le paratonnerre.
Galvani : physicien italien croit connaître le secret de l’électricité en supposant qu’elle provient des ani-
maux en observant le mouvement des cuisses d’une grenouille attachées à des barreaux de fer.
Volta : physicien italien démontra que Galvani s’était trompé en créant la première pile.
Ampère : physicien français, donna les premières lois de l’électromagnétisme et découvrit le solénoïde
(bobine), le télégraphe et l’électroaimant avec le concours de François Arago.
Faraday : physicien britannique, découvrit qu’on pouvait produire de l’électricité à partir d’un aimant et
d’une bobine en faisant des allers-retours.
Edison : scientifique industriel américain. Fondateur de la General Electric, l’une des premières puis-
sances industrielles mondiales, il fut un inventeur prolifique et fut également l’un des principaux inven-
teurs du cinéma.
Tesla : inventeur et ingénieur américain d’origine serbe. Il est notoirement connu pour son rôle prépon-
dérant dans le développement et l’adoption du courant alternatif pour le transport et la distribution de
l’électricité.

2.2 De l’énergie mécanique à l’énergie électrique : l’alternateur


L’énergie électrique est la forme d’énergie la plus utilisée dans les objets du quotidien. Elle est obtenue par conver-
sion d’énergie dans les centrales électriques. En 1831, Michael Faraday met en évidence le phénomène d’induc-
tion électromagnétique : lorsqu’une source de champ magnétique (un aimant par exemple) est mise en mouve-
ment à proximité d’un matériau conducteur, ou lorsqu’un matériau conducteur est mis en mouvement à proxi-
mité d’une source de champ magnétique, une tension apparaît aux bornes du conducteur et un courant élec-
trique le traverse. On dit qu’il sont induits. Le physicien et mathématicien, James Clerk Maxwell, formule plu-
sieurs années plus tard les lois mathématiques modélisant ce phénomène.
2.2. DE L’ÉNERGIE MÉCANIQUE À L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE : L’ALTERNATEUR 15

F IGURE 2.1 – Diagramme de conversion de l’énergie mécanique en énergie électrique

Définition 2.1: Alternateur


Un alternateur est un convertisseur d’énergie mécanique en énergies électriques et thermiques. L’alterna-
teur est composé :

1. d’une partie mobile, le rotor. Le plus souvent, il porte la source de champ magnétique (aimant ou
électroaimant) ;

2. d’une partie fixe le stator. Le plus souvent, il porte une bobine (enroulements de câbles de cuivre)
dans lesquels apparaissent les tensions et les courants électriques induits par le rotor ;

3. d’un système d’entraînement qui met le rotor en mouvement.


16 CHAPITRE 2. DEUX SIÈCLES D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Définition 2.2: Rendement


Le rendement de cette conversion est donnée par la relation :

E ut i l e
η= (2.1)
E mécani que

Exemple 2.1

Le rendement des alternateurs utilisés dans les centrales électriques est en moyenne de de 0,95, ce qui si-
gnifie que 95% de l’énergie mécanique est convertie en énergie électrique.

Exemple 2.2

L’énergie éolienne joue et jouera un rôle


important dans la transition énergique
de sources d’énergie fossile à des sources
d’énergie renouvelable. On peut calculer
le rendement d’une éolienne à partir de la
puissance du vent incident (fonction de la
vitesse du vent).

F IGURE 2.2 – Rendement typique d’une éo-


lienne en fonction de la vitesse du vent inci-
dent.

2.3 Description quantique de l’atome


Au début du 20ème siècle, la physique quantique a connu une révolution conceptuelle à travers la notion de
comportement probabiliste de la Nature. Cela a permis, notamment, d’expliquer la structure des raies d’émis-
sion des atomes.
Un atome ne peut exister que dans des états d’énergie quantifiés et discontinus. Chaque raie d’émission corres-
pond au passage de l’atome d’un état d’énergie à un état d’énergie inférieur. On dit que l’énergie est quantifiée.
Parmi toutes les transitions possibles, seules certaines sont autorisées par les lois de la physique quantique et
leur intensité lumineuse dépend de la probabilité de la transition.
2.4. LE CAPTEUR PHOTOVOLTAÏQUE, UN CONVERTISSEUR D’ÉNERGIE RADIATIVE 17

F IGURE 2.3 – Niveaux d’énergie d’un atome. h est la constante de Planck, c la célérité de
la lumière, et λ est la longueur d’onde. Lors de l’émission de lumière (désexcitation de
l’électron), la longueur d’onde de celle-ci dépend de la différence d’énergie d’un niveau à
l’autre ∆E .

2.4 Le capteur photovoltaïque, un convertisseur d’énergie radiative


Le modèle quantique de l’atome a été un outil indispensable au développement de l’électronique, en particu-
lier des semi-conducteurs. Les matériaux semi-conducteurs, comme le silicium, sont utilisés dans les capteurs
photovoltaïques. Ces capteurs absorbent l’énergie radiative et la convertissent en partie en énergie électrique.
18 CHAPITRE 2. DEUX SIÈCLES D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE

Définition 2.3
Le rendement de la conversion entre l’énergie radiative et l’énergie électrique est donnée par la relation :

Ee
η= (2.2)
Er

où E e est l’énergie électrique (en J) et E r est l’énergie radiative (en J).

Les capteurs photovoltaïques nécessitent des semi-conducteurs à large spectre d’absorption afin d’absorber un
maximum d’énergie radiative du Soleil et ainsi augmenter le rendement de conversion.

Sur leur diagramme d’énergie, les niveaux


d’énergie possibles sont regroupés en
bandes. Si un photon a une énergie supé-
rieure à celle de la bande intermédiaire ou
"gap", les électrons peuvent provoquer un
courant électrique.

La caractéristique courant-tension permet de déterminer la puissance maximale qu’un capteur photovoltaïques


peut délivrer et d’accéder à la résistance optimale du récepteur à utiliser avec le capteur photovoltaïques. Le
fonctionnement optimal d’un capteur photovoltaïque vérifie ce graphique expérimental.
On peut relever quelques points particu-
liers :

1. tension à vide VC 0 : tension aux bornes


de la cellule lorsqu’elle ne débite pas,
donc lorsque le courant est nul

2. intensité de court-circuit I cc : cou-


rant maximal obtenu lorsque les deux
bornes de la cellule sont reliées en-
semble donc pour U = 0 V

3. point de fonctionnement maximal


(I M P P ;VM P P ) : couple conduisant à
la puissance maximale. On en déduit
la résistance qui permet de maximiser
la puissance électrique par la relation
R = VI MMPPPP .
2.4. LE CAPTEUR PHOTOVOLTAÏQUE, UN CONVERTISSEUR D’ÉNERGIE RADIATIVE 19

Préparation de l’évaluation

À
Je dois savoir : OK
revoir
Les alternateurs électriques exploitent le phénomène d’induction électromagnétique
découvert par Faraday puis théorisé par Maxwell au XIXe siècle. Ils réalisent une conver-
□ □
sion d’énergie mécanique en énergie électrique avec un rendement potentiellement très
proche de 1.
Au début du XXe siècle, la physique a connu une révolution conceptuelle à travers la vi-
sion quantique qui introduit un comportement probabiliste de la nature. Le caractère □ □
discret des spectres de raies d’émission des atomes s’explique de cette façon.
L’exploitation technologique des matériaux semi-conducteurs, en particulier du sili-
cium, en est également une conséquence. Ces matériaux sont utilisés en électronique
□ □
et sont constitutifs des capteurs photovoltaïques. Ceux-ci absorbent l’énergie radiative et
la convertissent en énergie électrique.
À
Je dois pouvoir : OK
revoir
Reconnaître les éléments principaux d’un alternateur (source de champ magnétique et
□ □
fil conducteur mobile) dans un schéma fourni.
Analyser les propriétés d’un alternateur modèle étudié expérimentalement en classe. □ □
Définir le rendement d’un alternateur et citer un phénomène susceptible de l’influencer. □ □
Interpréter et exploiter un spectre d’émission atomique. □ □
Comparer le spectre d’absorption d’un matériau semi-conducteur et le spectre solaire
pour décider si ce matériau est susceptible d’être utilisé pour fabriquer un capteur pho- □ □
tovoltaïque.
Tracer la caractéristique I (U ) d’une cellule photovoltaïque et exploiter cette représenta-
tion pour déterminer la résistance d’utilisation maximisant la puissance électrique déli- □ □
vrée.
20 CHAPITRE 2. DEUX SIÈCLES D’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE
Les atouts de l’électricité
CHAPTERCHAPITRE 3
Introduction
L’énergie électrique présente de nombreux avantages : une distribution aisée, sûre et à faible impact écologique.
Les procédés d’obtention d’énergie électrique sans combustion justifient le rôle central que cette forme d’éner-
gie est amenée à jouer à l’avenir.

3.1 La production d’énergie électrique


L’électricité est un élément essentiel à toutes activités humaines et sa consommation ne cesse d’augmenter à
cause de la croissance démographique et du développement économique. Ainsi, la production mondiale d’élec-
tricité croît d’environ 2% par an et devrait doubler d’ici 2040. L’énergie électrique est obtenue à partir de source
d’énergie primaire, directement disponible sur Terre, telle que le charbon, le gaz naturel, l’uranium, le Soleil, le
vent ou l’eau. En France en 2017, l’électricité est majoritairement produite sans combustion et provient de cen-
trales nucléaires (72%) et hydrauliques (10%). Seuls 10% de l’électricité proviennent encore de centrales ther-
miques avec combustion.
L’énergie électrique présente de nombreux avantages : la distribution en est aisée, sûre et à faible impact écolo-
gique. De nombreux dispositifs à bon rendement permettent de produire de l’énergie électrique ou de convertir
de l’énergie électrique en d’autres formes d’énergie. Les dispositifs permettant d’obtenir de l’énergie électrique
les plus répandus sur Terre sont basés sur la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz). Ces pro-
cédés ont de forts impacts environnementaux : épuisement de ressources fossiles, émissions de gaz à effet de
serre, pollutions environnementales.
Le développement de dispositifs d’obtention d’énergie électrique sans combustion connaît un essor très signi-
ficatif à travers le monde. Plusieurs méthodes permettent d’obtenir de l’énergie électrique sans nécessiter de
combustion :
la conversion d’énergie mécanique : grâce à un alternateur, l’énergie mécanique est convertie en énergie
électrique dans les centrales éoliennes, hydroélectriques, thermiques nucléaires, solaires thermiques et
géothermiques ;
la conversion de l’énergie radiative : dans une centrale solaire, les cellules photovoltaïques convertissent
l’énergie radiative du Soleil en énergie électrique ;
la conversion électrochimique : les piles et accumulateurs sont le siège de conversions électrochimiques.
Des transformations chimiques permettant de convertir l’énergie chimique contenue dans les réactifs en
énergie électrique.

3.2 Chaîne énergétique de conversion


L’énergie est disponible sous différentes formes : thermique, chimique, radiative, nucléaire, cinétique, poten-
tielle, ... Un convertisseur permet de convertir une forme d’énergie en une autre forme d’énergie. Les conver-
sions d’énergie peuvent être représentées par des chaînes énergétiques. Ces schémas comprennent :

21
22 CHAPITRE 3. LES ATOUTS DE L’ÉLECTRICITÉ

les réservoirs d’énergie (dynamos, éoliennes, centrales, thermiques, géothermie...) ;


les convertisseurs d’énergie qui assurent le passage d’une forme à une autre ;
les formes d’énergie à l’entrée et à la sortie des convertisseurs.
Exemple 3.1

F IGURE 3.1 – chaîne énergétique d’une centrale thermique

Pour évaluer l’efficacité d’une conversion d’énergie, on définit une grandeur sans dimension appelée rende-
ment du convertisseur. Le rendement est égal au rapport de l’énergie utile délivrée par le convertisseur sur l’éner-
gie qu’il a reçue à l’entrée :
E utile
η= (3.1)
E reçue
avec
η le rendement (sans unité),
E utile l’énergie utile en Joules (J),
E reçue l’énergie reçue en Joules (J).

Le rendement peut également s’écrire comme un un rapport de puissance :

P utile
η= (3.2)
P reçue

avec
η le rendement (sans unité),
P utile la puissance utile en Joules (J),
P reçue la puissance reçue en Joules (J).

3.3 Impacts et stockage de l’énergie électrique

3.3.1 Impacts des méthodes sans combustion


Les méthodes de production d’énergie électrique sans combustion ont, par les techniques employées, une em-
preinte carbone nettement plus réduites que les dispositifs basés sur la combustion de matière carbonées. Ils
ont néanmoins des impacts sur l’environnement et la biodiversité. En effet, la conception et la construction de
ces dispositifs consomment :
3.3. IMPACTS ET STOCKAGE DE L’ÉNERGIE ÉLECTRIQUE 23

de l’énergie issue de sources non renouvelables carbonées ;


des matières premières présentes en faibles quantités sur Terre et dont l’extraction est souvent polluante.
En outre, ces méthodes de production peuvent également présenter des risques spécifiques : pollution chi-
mique, déchets radioactifs, accidents industriels, etc. La production d’électricité est responsable de 42,5% des
émissions mondiales de CO2 qui reste le principal responsable de l’effet de serre.
En plus des quantités de gaz émises lors du fonctionnement des centrales ; il est aussi nécessaire de prendre en
compte le cycle de vie complet de différentes installations : fabrication, construction, approvisionnement en
carburant, recyclage, etc.
Le tableau ci-dessous présente les masses de CO2 (en gramme) émises pour un kWh d’énergie électrique pro-
duit.

F IGURE 3.2 – Émissions de CO2 de différentes sources d’énergie électrique.

3.3.2 Stockage de l’énergie


Les dispositifs d’obtention d’énergie électrique sans combustion sont basés sur l’exploitation de sources inter-
mittentes en fonction des conditions météorologiques, des variations diurnes et saisonnières de la Terre, ... Les
besoins des consommateurs sont également variables tout au long de la journée. Avec l’essor des énergies re-
nouvelables, le besoin de stocker l’énergie électrique est de plus en plus grand, afin de continuer à répondre à
la demande qui ne coïncide pas avec la production. Toutefois, il n’est pas possible d’accumuler directement de
l’énergie électrique. Elle doit être convertie en une autre forme d’énergie :
chimique (accumulateurs au plomb, Li-ion, ...)
potentielle (pompage-turbinage sur les barrages hydrauliques)
électromagnétique (super-capacités, ...)
Ces dispositifs présentent des caractéristiques très différentes en termes de capacité de stockage, de durée, de
masses mises en jeu et d’impact écologique.
24 CHAPITRE 3. LES ATOUTS DE L’ÉLECTRICITÉ

Préparation de l’évaluation

À
Je dois savoir : OK
revoir
Trois méthodes permettent d’obtenir de l’énergie électrique sans nécessiter de combus-
tion :
- la conversion d’énergie mécanique, soit directe (dynamos, éoliennes, hydroliennes,
barrages hydroélectriques), soit indirecte à partir d’énergie thermique (centrales nu- □ □
cléaires, centrales solaires thermiques, géothermie) ;
- la conversion de l’énergie radiative reçue du Soleil (panneaux photovoltaïques) ; □ □
-la conversion électrochimique (piles ou accumulateurs conventionnels, piles à hydro-
□ □
gène).
Ces méthodes sans combustion ont néanmoins un impact sur l’environnement et la bio-
diversité ou présentent des risques spécifiques (pollution chimique, déchets radioactifs, □ □
accidents industriels...).
Pour faire face à l’intermittence liée à certains modes de production ou à la consomma-
tion, l’énergie électrique doit être convertie sous une forme stockable :
- énergie chimique (accumulateurs) ; □ □
- énergie potentielle (barrages) ; □ □
- énergie électromagnétique (super-capacités). □ □
À
Je dois pouvoir : OK
revoir
Décrire des exemples de chaînes de transformations énergétiques permettant d’obtenir
□ □
de l’énergie électrique à partir de différentes ressources primaires d’énergie.
Calculer le rendement global d’un système de conversion d’énergie. □ □
Analyser des documents présentant les conséquences de l’utilisation de ressources géo-
□ □
logiques (métaux rares, etc.).
Comparer différents dispositifs de stockage d’énergie selon différents critères (masses
□ □
mises en jeu, capacité et durée de stockage, impact écologique).
Optimisation du transport de l’électricité
CHAPTERCHAPITRE 4
Introduction
Au cours de son transport, une partie de l’énergie électrique est dissipée par effet Joule et ne parvient pas à l’uti-
lisateur. Minimiser les pertes énergétiques constitue un enjeu majeur : les mathématiques et la physique per-
mettent de répondre à cet enjeu grâce à la modélisation du réseau de distribution électrique.

4.1 Réseau électrique et pertes par effet Joule

4.1.1 De la production électrique à sa consommation


Le transport de l’électricité des sites de production aux sites de consommation passe par un réseau électrique
constitué de lignes aériennes, de câbles souterrains et de postes de transformation. La transport à travers le
réseau électrique est en revanche une activité régulée, assurée par Réseau Transport d’Électricité (RTE), filiale
d’Enedis. Deux niveaux de transport peuvent être distingués :
– Le réseau de grand transport sous très haute tension (THT) de 400 kV de grandes quantités d’énergie sur
de longues distances avec un faible niveau de perte. Il permet de relier les pays et les régions entre eux,
ainsi que d’alimenter les villes.
– Le réseau de répartition régionale et locale grâce à un ensemble de lignes à haute tension (HT) qui ache-
minent l’électricité aux industries lourdes et aux grands consommateurs électriques. Leur tension est de
225 kV, 90 kV ou 63 kV.
Le réseau de répartition régionale fait le lien avec le réseau de distribution. Le relais de distribution est assuré
par deux types de lignes : le réseau moyenne tension (MT), qui alimente les petites industries, les petites et moyennes
entreprises (PME et commerces avec une tension de réseau comprise entre 15 kV et 30 kV, et le réseau basse ten-
sion (BT) qui alimente les particuliers et les artisans avec une tension de réseau de 230 V. Enedis est chargée de
la gestion de l’aménagement de la quasi-totalité du réseau de distribution d’électricité en France dans une acti-
vité régulée.

4.1.2 Pertes par effet Joule


Le réseau de distribution transporte l’énergie électrique dans des câbles où une partie de la puissance transpor-
tée est dissipée par effet Joule. Ces pertes dépendent de la résistance R du câble et de l’intensité du courant qui
y circule selon :

P =U × I = R × I2 (4.1)

Pour calculer l’énergie électrique transportée pendant une durée ∆t , on utilise la relation :

E = P × ∆t = R × I 2 × ∆t (4.2)

25
26 CHAPITRE 4. OPTIMISATION DU TRANSPORT DE L’ÉLECTRICITÉ

Pour minimiser ces pertes, l’énergie électrique est transportée à haute tension. À puissance constante, l’éléva-
tion de la tension d’alimentation du câble entraîne une diminution de l’intensité du courant électrique, rédui-
sant ainsi la puissance dissipée par effet Joule. Les transformateurs élèvent la tension électrique pour le trans-
port puis l’abaissent pour la rendre utilisable par tout usager.

4.2 Modèle du réseau de transport électrique

4.2.1 Modéliser une ligne à haute tension

Une ligne à haute tension peut être modélisée expérimentalement par un circuit électrique avec les correspon-
dances suivantes : le transformateur élévateur permet d’obtenir une tension supérieure à celle du générateur
(modélisation de la haute tension). Comme l’intensité du courant qui parcourt les résistances est alors plus
faible, la puissance dissipée par effet Joule est moindre. Le transformateur abaisseur permet ensuite à l’utilisa-
teur de disposer d’une tension adéquate.

F IGURE 4.1 – Modélisation par un circuit électrique d’une ligne à haute tension.

4.2.2 Modéliser et optimiser un réseau

Un réseau de distribution électrique comporte de nombreuses sources et de nombreux destinataires. Un réseau


optimal doit satisfaire à plusieurs contraintes : minimiser les pertes ohmiques, réduire le coût de construction et
assurer aux destinataires la puissance dont ils ont besoin, même en cas d’anomalie sur le réseau. Le réseau élec-
trique schématisé est constitué du réseau de transport, du réseau de répartition et du réseau de distribution. Il
peut être modélisé par un graphe orienté. Un graphe orienté est un modèle mathématique, formé de sommets
reliés par des arcs. Chaque arc, associé à un couple de sommets, possède un sens de parcours.
4.2. MODÈLE DU RÉSEAU DE TRANSPORT ÉLECTRIQUE 27

Sur le graphe orienté ci-contre modéli-


sant le réseau électrique :
– les sommets représentent les
lieux de production (sources dis-
tributive S), les transformateurs
(nœuds intermédiaires N) et les
consommateurs (cibles destina-
trices C),
– les arcs représentent les lignes
électriques.

F IGURE 4.2 – Graph orienté d’un réseau électrique


(d’après Bordas).
Optimiser l’acheminement de l’énergie électrique signifie minimiser les pertes par effet Joule sur l’ensemble
du réseau, en respectant des contraintes naturelles (production des sources, besoin des cibles, conservation de
l’intensité au nœud intermédiaire). Dans ce modèle, l’objectif est de minimiser les pertes par effet Joule sur l’en-
semble du réseau sous les contraintes suivantes :
– l’intensité totale sortant d’une source est limitée par la puissance maximale distribuée :

P S = U × I S ≤ P S,max (4.3)

– l’intensité du courant totale entrant dans chaque nœud intermédiaire est égale à l’intensité totale qui en
sort :
I S 1 + I S 2 + ... = IC 1 + IC 2 + ... (4.4)
– l’intensité totale arrivant à chaque cible est imposée par la puissance qui y est utilisée :

PC
IC = (4.5)
U
L’étude du graphe orienté permet d’exprimer la fonction objectif, puis de déterminer les valeurs des intensités
distribuées par les sources pour lesquelles les pertes sont minimales.

4.2.3 Limitations des pertes et fonction à minimiser


Les pertes par effets Joule sont à minimiser le long des lignes THT et HT de transport électrique. Pour cela, il suf-
fit d’exprimer mathématiquement les contraintes à partir de la représentation en graphe orienté et de définir la
fonction à minimiser.
La fonction f (x) à minimiser a pour variable x. Cette dernière correspond en général à la puissance produite
par une des sources. Dans le cas d’un graphe orienté avec deux sources, deux cibles et une seul nœud intermé-
diaire, on peut montrer que la fonction à minimiser est de la forme f (x) = ax 2 avec x la puissance produite par
l’une des deux sources et a > 0 un coefficient dépendant de la résistance de l’arc orienté issu de cette source et
la puissance maximale qu’elle produit.
Exemple 4.1

On considère un réseau à comportant deux sources, un nœud et deux cibles :


28 CHAPITRE 4. OPTIMISATION DU TRANSPORT DE L’ÉLECTRICITÉ

Au niveau d’un nœud, d’après la loi des nœuds, la somme des


intensités électriques qui arrivent est égale à celle des intensités
électriques qui repartent :

I1 + I2 = I3 + I4 (4.6)

L’intensité du courant électrique maximale que peut fournir


une source distributive est liée à sa puissance électrique maxi-
male P max :
I 1 ≤ P 1,max /U (4.7)
I 2 ≤ P 2,max /U (4.8)
avec U la tension au niveau de la source.
Pour minimiser les pertes par effet Joule dans un réseau élec-
trique, il faut chercher à réduire la valeur de la puissance dissi-
pée par effet Joule dans les lignes électriques :

P J = R 1 I 12 + R 2 I 22 + R 3 I 32 + R 4 I 42 (4.9)

On fait l’hypothèse que la demande de chaque cible est


constante, on a donc

I 1 + I 2 = I 3 + I 4 = I t ot (= const ant e) (4.10)

Or, comme R 3 et R 4 sont constants, on en déduit que


F IGURE 4.3 – Recherche
R 3 I 32 + R 4 I 42 = const ant e = C (4.11) du minimum de la fonc-
tion P J .
On peut donc écrire que

P J = R 1 I 12 + R 2 (I t ot − I 1 )2 +C (4.12)

La fonction à minimiser est donc bien un polynôme du second


degré. En recherchant ce qui annule sa dérivée on peut en dé-
duire son minimum qui correspond à la situation de minimisa-
tion des pertes par effet Joule.
4.2. MODÈLE DU RÉSEAU DE TRANSPORT ÉLECTRIQUE 29

Préparation de l’évaluation

À
Je dois savoir : OK
revoir
Au cours du transport, une partie de l’énergie électrique, dissipée dans l’environnement
□ □
par effet Joule, ne parvient pas à l’utilisateur.
L’utilisation de la haute tension dans les lignes électriques limite les pertes par effet
□ □
Joule, à puissance transportée fixée.
Un réseau de transport électrique peut être modélisé mathématiquement par un graphe
orienté dont les arcs représentent les lignes électriques et dont les sommets représentent □ □
les sources distributrices, les nœuds intermédiaires et les cibles destinatrices.
Dans ce modèle, l’objectif est de minimiser les pertes par effet Joule sur l’ensemble du
réseau sous les contraintes suivantes :
- l’intensité totale sortant d’une source est limitée par la puissance maximale distri-
□ □
buée ;
- l’intensité totale entrant dans chaque nœud intermédiaire est égale à l’intensité to-
□ □
tale qui en sort ;
- l’intensité totale arrivant à chaque cible est imposée par la puissance qui y est utili-
□ □
sée.
À
Je dois pouvoir : OK
revoir
Faire un schéma d’un circuit électrique modélisant une ligne à haute tension. □ □
Utiliser les formules littérales reliant la puissance à la résistance, l’intensité et la tension
□ □
pour identifier l’influence de ces grandeurs sur l’effet Joule.
Modéliser un réseau de distribution électrique simple par un graphe orienté. Exprimer
□ □
mathématiquement les contraintes et la fonction à minimiser.
Sur l’exemple d’un réseau comprenant uniquement deux sources, un nœud intermé-
diaire et deux cibles, formuler le problème de minimisation des pertes par effet Joule
□ □
et le résoudre pour différentes valeurs numériques correspondant aux productions des
sources et aux besoins des cibles.
30 CHAPITRE 4. OPTIMISATION DU TRANSPORT DE L’ÉLECTRICITÉ
CHAPTERCHAPITRE 5
L’intelligence artificielle

5.1 L’ordinateur, origine et fonctionnement

5.1.1 L’histoire de l’ordinateur

En 1936, Alan Turing propose le concept théorique de machine universelle. En 1945, ses travaux permettent,
grâce à des chercheurs comme John von Neumann, de créer les premiers ordinateurs. Ceux.ci sont constitués
d’au moins une mémoire et un processeur. L’évolution des ordinateurs les rend aujourd’hui capables d’utiliser
des langages de haut niveau* (Scratch, Python ou C++ par exemple). Certains programmes pouvant atteindre
des milliers de lignes, la présence d’erreurs, appelées bogues* (ou bugs), est inévitable. Des techniques sont dé-
veloppées pour les déceler et les corriger. Quelques figures historiques de l’informatique (et croyez moi, ça vaut
le coup de chercher à en savoir plus sur ces personnages !)

Ada Lovelace (1815-1852) Grace Hopper (1906-1992) Alan Turing (1912-1954)

C’est elle qui créa le terme "bug"


En 1843, elle publie le premier pro- pour désigner une panne informa- Il a créé le "test de Turing", test per-
gramme informatique de l’histoire tique après qu’un insecte ("bug" en mettant de juger la capacité d’une
la rendant ainsi la première co- anglais) se soit infiltré dans les cir- machine à faire preuve d’intelli-
deuse de l’Histoire ! cuits de la machine sur laquelle elle gence humaine.
travaillait.

31
32 CHAPITRE 5. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

5.1.2 Les différents types de fichiers


A l’aide d’un ordinateur, on peut traiter des données de nature diverse : texte, image, son, etc. Ces données sont
rangées dans des fichiers. A leur nom, on peut ajouter une extension pour caractériser leur contenu. Les fichiers
exécutables contiennent des programmes qui peuvent être exécutés par l’ordinateur à leur ouverture.

Du vocabulaire Quelques chiffres clés


– Langage de haut niveau : language de programmation – Taille d’un fichier texte .txt : 1
orienté autour du problème à résoudre. octet par caractère
– Bogue (ou bug) : anomalie de fonctionnement d’un – Taille d’une vidéo de 5 min : 50
programme Mo à 5 Go
– Extension d’un fichier : permet d’identifier le format – Taille d’un fichier son mp3 de 3
d’un fichier informatique min : 3 Mo
– Algorithme : liste d’instructions permettant de ré-
soudre un problème

5.2 L’intelligence artificielle (IA)

5.2.1 Les mathématiques de l’IA


Le terme « intelligence artificielle » (IA) recouvre un ensemble de théories et de techniques qui traitent de pro-
blèmes dont la résolution fait appel à l’intelligence humaine.
5.2. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA) 33

Les algorithmes d’intelligences artificielle sont basés sur des notions de mathématiques telles que les probabili-
tés conditionnelles, l’algèbre linéaire, les études de fonctions, etc.
Les techniques de prédiction et d’anticipation de l’IA fonctionnent grâce à des données d’apprentissage, aussi
appelées données d’entraînement. Ces données doivent être judicieusement choisies, toute erreur se répercu-
tant dans les résultats.

5.2.2 L’éthique de l’intelligence artificielle


Le développement de l’intelligence artificielle permet des progrès dans de nombreux domaines (médecine,
construction automobile, architecture, justice, etc.) en déchargeant l’être humain de tâches laborieuses et ré-
pétitives.
Ces progrès vont de pair avec des questions éthiques telles que :
Si une machine peut prendre une décision, peut-elle être tenue pour responsable des conséquences de
cette décision ?
Une machine peut-elle avoir une influence sur la vie des humains sans avoir de morale ?
Quelles sont les implications de la collecte systématique de données sur tous les utilisateurs ?
34 CHAPITRE 5. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

Préparation de l’évaluation

À
Je dois savoir : OK
revoir
Jusqu’au début du XXe siècle, les machines traitant l’information sont limitées à une ou
quelques tâches prédéterminées (tisser grâce à un ruban ou des cartes perforées, trier un
jeu de carte perforées, séparer des cartes selon un critère, sommer des valeurs indiquées
□ □
sur ces cartes, ...). Turing a été le premier à proposer le concept de machine universelle
qui a été matérialisé dix ans plus tard avec les premiers ordinateurs. Ceux-ci sont consti-
tués a minima d’un processeur et d’une mémoire vive.
Un ordinateur peut manipuler des données de natures diverses une fois qu’elles ont
été numérisées : textes, images, sons. Les programmes sont également des données : ils
peuvent être stockés, transportés, et traités par des ordinateurs. En particulier, un pro- □ □
gramme écrit dans un langage de programmation de haut niveau (Python, Scratch...)
peut être traduit en instructions spécifiques à chaque type de processeur.
Un programme peut comporter jusqu’à plusieurs centaines de millions de lignes de
code, ce qui rend très probable la présence d’erreurs appelées bogues (ou bugs). Ces er-
□ □
reurs peuvent conduire un programme à avoir un comportement inattendu et entraîner
des conséquences graves.
Le terme « intelligence artificielle » (IA) recouvre un ensemble de théories et de tech-
□ □
niques qui traite de problèmes dont la résolution fait appel à l’intelligence humaine.
L’apprentissage machine (ou « apprentissage automatique ») utilise des programmes ca-
pables de s’entraîner à partir de données. Il exploite des méthodes mathématiques qui, à
partir du repérage de tendances (corrélations, similarités) sur de très grandes quantités □ □
de données (big data), permet de faire des prédictions ou de prendre des décisions sur
d’autres données.
La qualité et la représentativité des données d’entraînement sont essentielles pour la
qualité des résultats. Les biais dans les données peuvent se retrouver amplifiés dans les □ □
résultats.
L’inférence bayésienne est une méthode de calcul de probabilités de causes à partir des
probabilités de leurs effets. Elle est utilisée en apprentissage automatique pour modé-
liser des relations au sein de systèmes complexes, notamment en vue de prononcer un □ □
diagnostic (médical, industriel, détection de spam...). Cela permet de détecter une ano-
malie à partir d’un test imparfait.
5.2. L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (IA) 35

À
Je dois savoir : OK
revoir
À
Je dois pouvoir : OK
revoir
Analyser des documents historiques relatifs au traitement de l’information et à son auto-
□ □
matisation.
Recenser les différentes situations de la vie courante où sont utilisés les ordinateurs,
identifier lesquels sont programmables et par qui (thermostat d’ambiance, smartphone, □ □
box internet, ordinateur de bord d’une voiture...).
Savoir distinguer les fichiers exécutables des autres fichiers sous un système d’exploita-
□ □
tion donné.
Connaître l’ordre de grandeur de la taille d’un fichier image, son, vidéo. □ □
Savoir calculer la taille en octets d’une page de texte (en ASCII et non compressé). □ □
Étant donné un programme très simple, proposer des jeux de données d’entrée permet-
□ □
tant d’en tester toutes les lignes.
Corriger un algorithme ou un programme bogué simple. □ □
Analyser des documents relatifs à une application de l’intelligence artificielle. □ □
Utiliser une courbe de tendance (encore appelée courbe de régression) pour estimer une
□ □
valeur inconnue à partir de données d’entraînement.
Analyser un exemple d’utilisation de l’intelligence artificielle : identifier la source des
□ □
données utilisées et les corrélations exploitées.
Sur des exemples réels, reconnaître les possibles biais dans les données, les limites de la
□ □
représentativité.
Expliquer pourquoi certains usages de l’IA peuvent poser des problèmes éthiques. □ □
À partir de données, par exemple issues d’un diagnostic médical fondé sur un test, pro-
duire un tableau de contingence afin de calculer des fréquences de faux positifs, faux né-
□ □
gatifs, vrais positifs, vrais négatifs. En déduire le nombre de personnes malades suivant
leur résultat au test.

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