Sémantique 2- l2/2025
Cort vient du latin cohortem qui signifie dans le langage domestique enclos, basse cour, cour
de ferme et par extension, dans le langage militaire, troupe, partie d’une légion, armée.
En ancien français, il désigne, par extension de sens la ferme, le domaine rural mais
principalement le domaine seigneurial et royal puis par extension l’entourage du roi. Le dérivé
cortois désigne ceux qui vivent à la cour royale et l’expression tenir cort signifie tenir conseil
(parlant du seigneur en assemblée avec ses barons).
En français moderne le mot cour est polysémique. Dans les institutions, il peut désigner la cour
de justice ainsi que ses membres. Dans le sens social, il renvoie à tout espace découvert entouré
de bâtiments.
Chevalier vient de la forme caballarius, dérivé du bas latin caballum (issu du gaulois caballos)
qui signifie cheval. Le mot avait un sens social : palefrenier c.-à-d. qui s'occupe des chevaux,
et un sens militaire : aide militaire. Au XIIème siècle, la société est fortement hiérarchisée et le
métier de combattant acquiert une grande valeur sociale. Aussi, le sens du mot chevalier
s’ennoblit et dénote une valeur guerrière. Dans cette hiérarchie sociale, le chevalier est un
seigneur noble et un combattant d'élite avec une armure spéciale, il combat à cheval par
opposition au sergent qui combat à pied. Le chevalier se caractérise par des valeurs telles que
la prouesse, la bravoure, la vaillance et la courtoisie. Le dérivé chevalerie signifie ensemble de
chevaliers mais symbolise aussi, à cette période, toutes les qualités dignes de la noblesse. En
français moderne, le mot est peu employé excepté dans la littérature historique parce que la
réalité et le contexte auxquels il renvoyait n’existent plus. On le rencontre cependant dans
quelques expressions figées comme chevalier servant, qui a le sens d’homme possédant des
valeurs de courtoisie et ayant en particulier une attitude très respectueuse à l'égard des femmes.
D'ailleurs être le chevalier de quelqu'une signifie être son protecteur. Malgré le changement de
contexte le mot désigne encore un titre honorifique décerné aux personnes qui se sont
distinguées dans leurs domaines. Ex : chevalier de la légion d’honneur, chevalier des Arts et
des Lettres.
Duel est un substantif issu de *dolum dérivé du verbe dolere qui signifie plaindre, souffrir,
éprouver de la douleur.
En ancien français, le mot dolor (douleur physique ou morale) s’emploie en même temps que
duel qui a le sens de souffrance psychologique, douleur sentimentale, affliction le plus souvent
liée à un chagrin dû à la séparation ou à la perte d’un être cher. Le dérivé dolant a autant le sens
de blessé, que celui d’ affligé, désolé.
En français moderne, outre la réfection graphique du mot qui est passé à deuil, on note une
généralisation du sens d’affliction causée par la mort d’une personne. Par extension, deuil
désigne les manifestations extérieures de cette douleur : état de souffrance lié à la mort d’un
proche, cérémonie du deuil, habits de deuil. Le mot deuil est employé pour désigner aussi bien
la douleur que la période consécutive à la perte qui a mené à l’affliction. Ex : être en deuil.
Escu vient du latin classique scutum qui signifie bouclier de protection. En ancien français, le
mot garde le sens étymologique de bouclier. L’escu est une arme défensive, un outil de
protection, de formes variées, qui constitue une pièce principale de l’armure du chevalier. Les
expressions porter escu et rendre son escu signifie respectivement combattre et se rendre. Par
métonymie, escu peut avoir les sens d’homme d'armes ou protecteur. Les dérivés escuier, de
scutarius (écuyer), désigne celui qui porte l'écu du chevalier, escucel signifie petit écu.
Par extension, en moyen français, le terme escu désigne une monnaie d'or ornée à l'écu de
France.
En français moderne le sens d’escu devenu écu, comme monnaie est vieilli. Le mot reste
cependant un terme historique désignant un bouclier, souvent orné de peinture, et représentant
des distinctions personnelles.
Chief : ce substantif vient de la forme du latin vulgaire *capum issu du latin classique caput,
qui signifie en latin tête, extrémité ou partie supérieure».
En ancien français, on retrouve ces différents sens. Le mot chief est utilisé pour désigner
indifféremment la tête d’un homme ou d’un animal. Dans cet emploi, il est parfois concurrencé
par teste issu du latin testa qui signifie parmi d’autres sens crâne.
L’idée d’extrémité a engendré des sens dérivés, en particulier celui de bout, d’où l’emploi de
quelques locutions : de chief en chief, qui signifie d’un bout à l’autre, venir (venir à bout). Le
mot chief a aussi, par métaphore, glissé dans les sens de début ou fin.
Dans sa notion de supériorité, le mot chief désigne, si l’on se réfère à une personne, celui qui
est en tête, celui qui dirige et se référant à une chose ce qui est capital. Ce sens a laissé dans
l’usage quelques figées comme chief d’uevre (ouvrage capital) ou chief lieu (endroit principal,
central).
En français moderne, chief exprime essentiellement l’idée de supériorité ou d’autorité. Il sert à
désigner une autorité humaine (chef d’État, chef d’orchestre, chef de bande etc.). On retrouve
cette notion dans l’expression de son propre chef (de sa propre initiative ou autorité). Il a été
remplacé dans son premier sens par tête au XVIe siècle. Il existe cependant une survivance de
cet emploi dans le mot composé couvre-chef « ce qui couvre la tête, un chapeau.
Dans ses valeurs temporelles ou spatiales, chief a été remplacé par ses synonymes (pour le
temps, début ou fin ; pour l’espace, bout, extrémité).