Chad PRSP Fre
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L’objectif primordial du Tchad est de mener une politique économique qui conduit à un
développement durable et soutenu, notamment à l’ère pétrolière. Ce développement passe
nécessairement par un taux de croissance élevé et régulier, sur une période relativement
longue. Pour atteindre cet objectif, le DSRP s’est révélé être l’instrument privilégié. Cet
exercice n’est pas nouveau, puisque déjà en 1998, le Gouvernement du Tchad a soumis à
la Table Ronde Genève IV, un document retraçant les grandes options stratégiques du
Développement basées sur la « lutte contre la pauvreté ».
Trois années durant, le Comité de Pilotage a travaillé sans relâche pour que ce document
arrive à mieux refléter les préoccupations de la population tchadienne. Plusieurs activités
de natures différentes ont été menées :
Tous ces éléments ont permis d’améliorer progressivement les différentes versions du
document de SNRP qui, par ailleurs, a été enrichi grâce aux contributions des
partenaires au développement du Tchad, notamment le Système des Nations Unies, la
Banque Mondiale, le FMI, l’Union Européenne, la France et la GTZ.
Le Tchad, qui a fait siens les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD),
convient avec le reste du monde que la SNRP est avant tout une stratégie nationale
reflétant les attentes de la population à la base et les moyens que le Gouvernement
devra mettre en œuvre pour permettre d’accroître le niveau du bien-être de celle-ci. Il
se pourrait donc que certaines données présentées dans ce rapport soient incomplètes
ou partielles, mais nous devons retenir que les axes stratégiques ainsi que les actions
prioritaires sont dans leur ensemble cohérents, et le Gouvernement et ses partenaires y
adhèrent. Les révisions ultérieures du document seront l’occasion d’ajuster certains
indicateurs quantitatifs à la lumière des nouvelles données qui seront fournies par des
enquêtes en cours de réalisation, notamment l’ ECOSIT, l’EDST et le Recensement.
Le document que le Gouvernement vient d’adopter sera soumis, dans les mois à venir,
à la communauté des bailleurs de fonds pour susciter leur engagement. D’ici là, Le
Comité de Pilotage et les Ministères sectoriels (avec les appuis des partenaires présents
dans le pays) entreprendront un travail d’évaluation complète des projets et
programmes par secteur d’activités.
Introduction………………………………………………………………………. 1
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
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Encadré 1 :Une société civile soucieuse de participer pleinement à la vie de la Nation, mais
sans capacités requises. ................................................................................................... 29
Encadré 2 : Le secteur privé tchadien est embryonnaire et Un secteur privé confronté à un
cadre réglementaire peu incitatif et sans soutien financier.............................................. 29
Encadré 3 : Recettes pétrolières, projections 2004-15 ............................................................ 71
Encadré 4 : Principales actions en cours pour le renforcement du suivi des dépenses dans les
secteurs prioritaires........................................................................................................... 74
Tableau 1 :Seuils de pauvreté alimentaire et globale en 1995-96 par tête et par jour en francs
CFA .................................................................................................................................. 11
Tableau 2 :Incidence et profondeur de la pauvreté au Tchad en 1995-96 (ECOSIT I) .......... 11
Tableau 3 :Résultats des estimations de l’IDH selon les régions............................................ 13
Tableau 4 : Résumé des problèmes soulevés par la population par zone selon les priorités .. 14
Tableau 5 : Répartition des personnes handicapées selon la nature du handicap ................... 25
Tableau 6 : Dépenses publiques par secteur 2003-2006 ......................................................... 75
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Introduction
La Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (S.N.R.P.) est la concrétisation de
l’engagement pris par le Gouvernement dans le cadre de l’éligibilité du Tchad à l’Initiative
renforcée pour l’allègement du poids de la dette des Pays Pauvres très Endettés (IPPTE) mise
en place par les Institutions de Bretton-Woods. Pour la mise en œuvre de cette stratégie, les
ressources nées de l’allègement du fardeau de la dette (estimées à environ 260 millions de
dollars US à l’horizon de 2015) viendront en complément aux ressources nationales, parmi
lesquelles celles qui proviendront de l’exploitation du pétrole de Doba à partir de 2004.
En transition entre une période de stagnation, voire de déclin économique et social lié à l’état
de guerre, et la période caractérisée par l’entrée dans l’ère pétrolière, l’économie tchadienne
connaît de forts taux de croissance depuis quelques années dus aux investissements de mise
en place du projet d’exploitation des ressources pétrolières. Les perspectives nouvelles qui
s’ouvrent placent ainsi le pays à la fois devant une opportunité réelle et un défi d’éradication
de la pauvreté. Il s’agit du défi de créer les conditions d’une croissance soutenue à la fin de
l’ère pétrolière et d’une répartition équitable, dans l’espace et entre les générations actuelles et
futures, des fruits de cette croissance soutenue que permettra une utilisation appropriée et
efficiente des ressources de l’IPPTE et du projet pétrolier.
Pour saisir cette opportunité et relever ce défi, ont été réalisées à partir de l’an 2000 une
somme d’activités impliquant tous les segments de la population et dont les résultats sont
articulés dans le présent document de SNRP.
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Les résultats mitigés des programmes d’ajustement mis en œuvre à travers le monde depuis la
fin des années 70, qui au mieux ont conduit à une croissance sans réduction des inégalités, ont
nourri une prise de conscience de plus en plus forte à l’échelle mondiale de la nécessité d’un
nouveau paradigme de développement au cours des années 90, à la faveur des grands
sommets sociaux de cette période organisés sous l’égide des Nations-Unies. Tout en
reconnaissant l’importance de la croissance dans la lutte contre la pauvreté, le nouveau
paradigme met également l’accent, pour éradiquer la pauvreté, sur la nécessité d’une stratégie
globale qui s’appuie sur un partage efficient des rôles entre l’État, le secteur privé et la société
civile afin d’assurer une gouvernance efficiente et responsable ainsi qu’une répartition plus
équitable des fruits de la croissance économique pour le progrès social.
L’échec imputé aux programmes d’ajustement réputés inspirés de l’extérieur justifie ainsi les
stratégies de réduction de la pauvreté que proposent de soutenir désormais le FMI et la
Banque mondiale. Ces stratégies qui, à travers leur processus participatif d’élaboration et de
mise en œuvre, sont appelées à établir un lien étroit entre la croissance économique, d’une
part, la réduction de la pauvreté et l’allègement de la dette consentie par les partenaires au
développement d’autre part. A cet effet, la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la
Croissance (FRPC) du FMI articulée à l’IPPTE renforcée et le Crédit d’Ajustement Structurel
(CAS) de la Banque Mondiale consacrent les stratégies de réduction de la pauvreté comme
cadre de base pour la mobilisation de l’appui des partenaires au développement aux efforts
propres des pays concernés afin de sortir leurs populations de la pauvreté.
Une autre caractéristique du contexte international actuel réside dans la tendance à la baisse
continue de l’aide publique au développement et au dépérissement des systèmes de préférence
dans les échanges internationaux. Avec la raréfaction conséquente des ressources à meilleur
marché et des avantages commerciaux, les stratégies de réduction de la pauvreté sont aussi
placées devant une obligation d’efficience et de durabilité des effets des solutions proposées.
Préparée dans un tel contexte, la SNRP vise à consolider les acquis des programmes
d’ajustement en les intégrant à la nouvelle donne de la mondialisation et en prenant en
considération les objectifs mondiaux de développement du troisième millénaire.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Pour être opérationnelle, chacune des initiatives prises à l’échelle nationale, sous-régionale ou
continentale a besoin, particulièrement dans les administrations publiques, de s’appuyer sur
un environnement général, des institutions et des individus qui développent les connaissances
théoriques, les capacités pratiques, la motivation et le sens des responsabilités nécessaires. A
cet égard, le renforcement des capacités a été identifié au cours des années 90 comme le
chaînon manquant du développement, dont l’importance pour tous les pays africains a justifié
une prise en charge à l’échelle du Continent par la Fondation pour le Renforcement des
Capacités en Afrique créée en 1991. Le Tchad a reconnu l’urgence du renforcement des
capacités en confiant cette mission à un Secrétariat National pour le Renforcement des
Capacités (SENAREC).
Dans son contenu comme dans ses mécanismes de mise en œuvre, la SNRP intègre les
implications des initiatives majeures rappelées ci-avant qui ont marqué le contexte
international et régional ainsi que celles des mutations qu’a connues le contexte national.
Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Tchad a élaboré et mis en œuvre plusieurs
plans nationaux de développement économique et social, et des programmes d’ajustement
structurel depuis 1987. L’objectif global déclaré de ces plans et programmes a toujours été
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
En revanche, des progrès nets sont constatés dans le secteur de l’éducation où le taux de
scolarisation atteint 67,4% en 1998/99. Toutefois, les effectifs féminins demeurent faibles à
tous les niveaux de l’enseignement, privant ainsi l’économie et la société des avantages
associés à une meilleure éducation des femmes. Comme il est apparu lors des consultations
participatives, la sensibilisation des parents à l’éducation des filles, jeunes et futures mères,
reste insuffisante.
De plus, ces programmes n’ont pas abouti à une transformation de l’économie nationale qui
reste caractérisée par :
En effet, l’appareil de production reste dominé par les secteurs primaire et tertiaire où,
traditionnellement, le progrès technique est lent et les activités souvent informelles et peu
productives. Il en résulte un taux d’investissement faible (encore inférieur à 10%), au
demeurant à l’actif principalement de l’État. En effet, l’insuffisance de l’épargne et du crédit
intérieur demeure un lourd handicap pour l’accroissement de l’investissement privé.
Au total, l’évolution économique au cours des années 80 et 90 se caractérise par une quasi-
stagnation du niveau de vie des populations ; le PIB par tête d’habitant, un des plus faibles du
monde, n’ayant progressé en moyenne annuelle que de 1,4% pendant plus de vingt ans. Ainsi,
la base fiscale s’avère réduite (la pression fiscale est en moyenne de 6% entre 1988 et 1998) et
les échanges avec l’extérieur sont structurellement déficitaires, en raison de la faiblesse de la
production exportable. Cette situation entretient une grande dépendance vis-à-vis de l’aide
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
extérieure pendant qu’un niveau d’endettement même faible rapporté au PIB se révèle
insupportable, faute de ressources internes suffisantes pour en assurer le service.
Les raisons de cet échec des programmes de développement sont, entre autres :
• l’instabilité politique qui n’a pas toujours permis de mener à leur terme ces différents
plans et programmes ;
• la mauvaise programmation de certaines actions qui n’ont pris en compte, ni le contexte
local, ni les besoins réels de la population ;
• l’insuffisance du suivi de certaines actions en cours de réalisation;
• la non implication de la base dans l’élaboration des programmes et politiques de
développement;
• le manque de durabilité des actions entreprises dans le domaine des infrastructures et de la
formation.
Pour pallier l’impact négatif de ces déficiences sur le développement des ressources
humaines, la mise en œuvre de la SNRP devrait donc tirer parti des succès et échecs
antérieurs. A cet effet, son élaboration, conduite par les cadres nationaux, s’est déroulée dans
une approche participative qui a permis d’associer les composantes de la société civile et du
secteur privé à l’ensemble du processus. La population, au niveau des villes et des villages, a
été étroitement associée à l’établissement du diagnostic, à travers les consultations
participatives et l’étude sur les perceptions du bien-être et de la pauvreté.
Le contexte national s’avère également propice du fait des avancées remarquables sur le plan
démocratique. Le processus engagé depuis 1990, qui a permis l’émergence d’une société
civile et d’une presse privée dynamique et participant de manière active au débat
démocratique, s’est poursuivi avec l’organisation des deuxièmes élections présidentielles en
2001 et législatives en 2002.
La poursuite du processus de décentralisation devrait aussi permettre une plus grande prise en
charge par la population elle-même de ses propres affaires, notamment dans les phases
d’élaboration, de mise en œuvre et de suivi/évaluation des actions de développement. Pour ce
faire, la SNRP intègre parmi ses priorités ou conditions préalables, l’accélération du processus
de restauration d’un climat de paix, notamment à travers le renforcement de la sécurité des
personnes et des biens, et plus généralement de l’État de droit. Le fonctionnement effectif de
la justice et de l’appareil judiciaire afin que soit dit le droit et les décisions de justice mises en
application dans les délais, ainsi que la reconversion et l’insertion complète des militaires
démobilisés auront des impacts décisifs dans la mise en place des conditions favorables à la
réussite de la SNRP.
Sur le plan économique et social, les réformes structurelles engagées dans le cadre des
programmes d’ajustement et l’approfondissement de l’intégration sous-régionale, notamment
à la faveur de la dévaluation du Franc CFA en janvier 1994, ont permis d’ouvrir certains
secteurs clés de production à la libre concurrence, en vue d’augmenter leur compétitivité tout
en désengageant l’État. Ces réformes ont, par ailleurs, abouti à l’amélioration de la gestion
des finances publiques, la libéralisation du commerce, le renforcement des capacités
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Aussi, à la suite de la Table Ronde de Genève IV, des consultations sectorielles ont-elles
permis d’élaborer des programmes centrés sur la pauvreté dans les secteurs prioritaires
(éducation, santé et affaires sociales, développement rural, infrastructures) constituant ainsi
une base solide pour le processus d’élaboration de la stratégie nationale de réduction de la
pauvreté. Cependant, la mise en œuvre réussie de la stratégie reste intimement liée à la
capacité du pays à mobiliser des ressources intérieures et extérieures et à les gérer de manière
efficace. La transparence dans la gestion des ressources publiques sera ainsi de la plus haute
importance pour assurer leur utilisation efficiente et préserver la confiance et l’implication des
différents acteurs dans la SNRP.
Le mécanisme mis en place pour assurer la traçabilité des ressources de l’IPPTE s’appliquera
également aux ressources pétrolières. Il s’agira d’abord, pour la structure nationale chargée du
suivi stratégique des programmes de réduction de la pauvreté, en collaboration avec les
cellules de suivi opérationnel des différents ministères, notamment les ministères en charge
des secteurs prioritaires, de préparer tous les six mois, un rapport sur la mise en œuvre de la
SNRP, de le soumettre au Ministre chargé du Plan pour le présenter à un Conseil
interministériel présidé par le Premier Ministre. Le premier Conseil interministériel de l’année
sur la SNRP devrait être mis à profit pour faire le bilan de l’exécution de la SNRP au cours de
l’année écoulée, et de s’assurer que les ressources nécessaires sont en place pour la réalisation
des actions qui arrivent à échéance en cours d’année. Le deuxième Conseil interministériel de
l’année sur la SNRP devrait permettre d’arrêter la liste des mesures d’urgence propres à la
réalisation des actions prévues pour l’année, et de mettre à jour le document de SNRP y
compris les annexes, en particulier pour les besoins de la préparation du projet de Loi de
Finances.
Au Conseil interministériel sur la SNRP seront également invités (à titre consultatif) les
représentants du secteur privé et de la société civile pour leur information, et surtout parce que
ces deux partenaires seront impliqués dans la mise en œuvre de certaines activités du plan
d’action de la SNRP. Il serait aussi de bonne pratique qu’ après chaque Conseil
interministériel sur la SNRP, le Ministre chargé du Plan organise une réunion avec les
représentants des partenaires au développement à N’Djaména pour les tenir informés de
l’évolution d’ensemble de la mise en œuvre de la SNRP et recueillir leurs commentaires et
suggestions.
Entre deux réunions du Conseil interministériel sur la SNRP, la structure nationale chargée du
suivi stratégique de la SNRP assiste le Ministre du Plan et de la Coopération pour tenir
informés les Autorités, les populations et les partenaires au développement sur l’évolution de
la mise en œuvre de la SNRP. Pour ce faire, elle dispose de la collaboration spontanée des
structures de suivi opérationnel instituées par les différents départements ministériels
impliqués dans la réalisation d’activités du plan d’action de la SNRP.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’élaboration de la SNRP a été conduite par un Comité de Pilotage mis en place par le
Gouvernement en avril 2000. Ce Comité de Pilotage est une structure paritaire composée de
33 membres dont 15 représentants du secteur public, 16 représentants des associations de la
société civile et du secteur privé, et 2 parlementaires.
Les représentants des institutions internationales et des pays partenaires participent aux
travaux dudit Comité en qualité d’observateurs. Le Comité est doté d’un Secrétariat
Permanent, organe technique chargé de conduire l’élaboration de la SNRP. Les travaux du
Comité de Pilotage sont validés par le Comité Technique et le Haut Comité Interministériel
(HCI) du PAS.
a) Une Étude sur les Perceptions du Bien-Être et de la Pauvreté (EPBEP) réalisée entre avril
et juin 2000 a fourni des informations sur l’ampleur de la pauvreté, sa dynamique, et sur les
perceptions du bien-être des personnes démunies. Ces informations ont pour but d’améliorer
la pertinence des actions prioritaires à proposer dans le cadre de la SNRP.
b) Dix études thématiques et sectorielles de mai à juillet 2000 sur les thèmes suivants:
L’objectif visé est de recueillir des informations en vue d’expliquer les relations qui existent
entre la pauvreté et les activités, situations et paramètres représentatifs d’un niveau d’accès
aux opportunités, aux actifs, aux capacités et aux services sociaux.
7
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
c) Un Forum de la Société Civile tenu en novembre 2000 a permis aux associations et autres
ONG de proposer aux gouvernants des orientations et pistes les mieux adaptées pour la lutte
contre la pauvreté.
Le résultat de l’évaluation a mis en exergue l’impact positif de ce genre d’actions sur les
conditions de vie de la population concernée ainsi que leurs limites.
Ces axes stratégiques et actions prioritaires ont été encore rediscutés au cours des séminaires
régionaux organisés simultanément à Abéché, Bongor, Mao et Moundou du 19 au 21 mars
2002. Pour chaque action prioritaire, des indicateurs de performance ont été retenus pour les
besoins de la phase de suivi/évaluation. Un mécanisme de suivi/évaluation a également été
élaboré et adopté.
Tous ces éléments ont permis d’améliorer progressivement les différentes versions du
document de SNRP qui, par ailleurs, a été enrichi grâce aux contributions des partenaires au
développement du Tchad au cours des réunions organisées à Washington en décembre 2001
par la Banque Mondiale et le FMI, et à Bruxelles en mai 2002 par l’Union européenne.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
En dépit de leur caractère parcellaire, les données disponibles sur la pauvreté au Tchad
donnent une image relativement nette de la situation en 1995-96, 1997 et 1998, période
pendant laquelle l’économie a crû au taux moyen de 4,7% l’an. L’on peut s’attendre à ce que
la récession qu’a connue l’économie en 1999 et 2000, marque les opinions exprimées par les
individus approchés dans le cadre de l’Etude sur les Perceptions du Bien-Etre et de la
Pauvreté (EPBEP) réalisée dans le premier semestre de l’an 2000.
Les données d’appui se rapportant à 1999 laissent suggérer qu’à cette période près de 6
tchadiens sur 10 faisaient l’expérience d’une ou de plusieurs formes de privations, causes ou
effets d’un déficit prononcé de longévité, de santé, d’éducation et de bien-être,
particulièrement en zone rurale. Une telle proportion, synonyme de pauvreté, commande la
mise en place d’un vaste programme permettant aux personnes concernées à travers le pays de
faire face aux rigueurs de leurs conditions de vie et de développer suffisamment leurs
capacités de se prendre en charge.
S’agissant du niveau des inégalités dans la répartition des revenus, dont la prise en compte
permet de qualifier avec plus de pertinence la relation entre l’évolution du PIB par tête
d’habitant et celle du niveau de vie du plus grand nombre d’individus de la population totale,
les travaux statistiques conduits jusqu’à présent au Tchad n’en font pas une quantification
directe. En lieu et place, l’on peut rapporter la forte proportion de la population rurale (80%),
d’une part, à la contribution de l’économie rurale à la formation du PIB d’autre part, à la
contribution du secteur dit informel (qui comprend l’économie rurale et la partie la plus
pauvre de l’économie urbaine) à la formation du PIB (70%) pour conclure que la pauvreté est
un phénomène très partagé au Tchad.
Vivre au-dessus de la ligne de pauvreté est d’autant plus le privilège d’une minorité que la
quantification de cette ligne de pauvreté par les données disponibles est inférieure au revenu
du ménage correspondant à un dollar par jour et par personne qui permet une comparaison
internationale. Si l’on considère les activités génératrices de revenus, la pauvreté est à la fois
rurale et urbaine. Mais la forte proportion d’individus vivant dans la campagne confère au
développement rural un caractère prioritaire. Cette constatation met en relief l’importance des
activités primaires, notamment, l’agriculture et l’élevage, et donc celle de la maîtrise de l’eau
dans la SNRP. Toutefois, l’apport essentiel qui, historiquement, a été celui de
l’industrialisation à la modernisation de l’économie et de la société, justifie, entre autres, que
l’on s’emploie dès à présent à créer les conditions d’une implantation significative d’activités
manufacturières au plus tard dans une dizaine d’années.
Il ressort des résultats des différentes activités conduites dans le cadre du processus
participatif, que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel, que l’on approche en
termes de revenus, de niveau de vie, de capacités ou de risques encourus. Le déficit de
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Par ailleurs, l’on ne saurait ignorer l’effet inhibitif du climat d’insécurité et d’impunité,
entretenu trop longtemps par la trop forte fréquence des conflits armés dans le temps comme
dans l’espace. Certainement qu’un environnement conflictuel encourage autant, sinon plus, le
placement des revenus dans des valeurs refuges que ne le fait une culture de paix qui inciterait
plutôt à l’investissement dans des activités de production. Aussi, la SNRP couvre-t-elle non
seulement les conditions de production et de vie, mais également l’environnement
institutionnel en général.
L’analyse quantitative de la pauvreté est menée sous trois aspects : i) profil de pauvreté, ii)
caractérisation des ménages pauvres et iii) caractérisation des groupes sociaux à haut risque.
Elle est basée sur les données de trois principales enquêtes : l’Enquête sur la Consommation
et le Secteur Informel au Tchad (ECOSIT) de 1995-96, dont la couverture se limite à quatre
préfectures sur les quatorze que comptait le pays, l’Enquête Démographique et de Santé au
Tchad (EDST) de 1997 et l’Enquête Migration au Tchad (EMT) de 1998, dont la couverture
est nationale. Ces données sont complétées par les informations disponibles sur l’Indice de
Développement Humain (IDH) des différentes régions.
Pour les besoins de l’analyse quantitative, deux seuils (lignes) de pauvreté ont été
déterminés : le seuil de pauvreté alimentaire qui indique la dépense alimentaire minimum
nécessaire pour couvrir les besoins caloriques1 d’un adulte, et le seuil de pauvreté globale qui
couvre, en plus des besoins alimentaires, les besoins minima de consommation non
alimentaire. Selon le Tableau 1, les seuils de pauvreté sont généralement plus faibles en
milieu rural qu’en milieu urbain. Il en est de même pour les autres villes par rapport à la ville
de N’Djaména. Cela s’explique par les différentiels de prix et les changements dans la
composition du panier de consommation.
1
Pour le Tchad, la norme calorique journalière retenue (FAO, 1985) est de 2095 kcal en milieu urbain et 2175 en
milieu rural.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Pour toute la zone couverte par l’enquête ECOSIT, le seuil de pauvreté alimentaire est estimé
à 194 francs CFA par tête et par jour, et le seuil de pauvreté globale à 253 francs CFA, soit
respectivement 0,39 $US et 0,51 $US. Au niveau national, les seuils de pauvreté alimentaire
et globale sont estimés respectivement à 173 francs CFA et 218 francs CFA par tête et par
jour. Il est à noter que tous ces seuils sont nettement inférieurs au standard international qui
est de 1 dollar par tête et par jour (environ 700 FCFA).
En termes absolus, l’écart entre les deux seuils est faible en milieu rural et plus élevé à
N’Djaména. Rapporté au seuil de pauvreté alimentaire, cet écart est de 22,6% en milieu rural
et de 33% à N’Djaména, mais atteint dans les autres villes une proportion plus importante
(39%), à vérifier et à expliquer, le cas échéant, à l’aide des résultats de l’enquête de
couverture nationale en cours de réalisation, qui permettra également de procéder à une
analyse dynamique comparée de la pauvreté en milieu rural et en zone urbaine. Cette enquête
qui a commencé en janvier 2003 fournira les enseignements qui seront pris en compte lors de
la révision annuelle du document de la SNRP en décembre 2004.
L’incidence de la pauvreté est la proportion des ménages qui dépensent chacun moins que le
seuil de pauvreté ; elle mesure le pourcentage de ménages pauvres. La profondeur de la
pauvreté est égale à la différence entre le seuil de pauvreté et le revenu moyen des ménages
pauvres, rapportée au seuil de pauvreté ; elle mesure la portion du seuil de pauvreté qui
manque au ménage pauvre moyen pour atteindre ce seuil.
Les tableaux 2 et 3 permettent de conclure que, dans la zone couverte par l’ECOSIT, le milieu
rural a le seuil de pauvreté le plus faible et, en dépit de cela, l’on y trouve le pourcentage de
2
Les données en parenthèses sont en dollars US au taux de 499 francs CFA en 1995
3
L’ensemble de la zone couverte par l’ECOSIT.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
pauvres le plus élevé ainsi qu’une pauvreté moins profonde. Inversement, dans la Capitale, le
seuil de pauvreté est le plus élevé, mais également, le pourcentage de pauvres est le plus
faible et la pauvreté la plus profonde. Ce constat est valable pour la pauvreté alimentaire
comme pour la pauvreté globale. D’ailleurs, du point de vue de leur incidence, ces deux types
de pauvreté ne semblent pas éloignés l’un de l’autre ; de surcroît, la différence apparente est
d’autant plus faible que le caractère urbain de la zone étudiée est marqué.
Les tableaux 1 et 2 définissent une échelle sur laquelle un bout est associé au caractère rural
de la zone à l’étude et l’autre au caractère urbain de cette zone. Le long de cette échelle, le
milieu rural type se caractérise par un seuil et une profondeur de pauvreté, plus faibles et la
zone urbaine par un seuil et une profondeur de la pauvreté, plus élevés. Ainsi, l’incidence de
la pauvreté est plus forte dans le milieu rural qu’en zone urbaine, sur l’ensemble de la zone
couverte par l’ECOSIT ; mais la différence des conditions de vie entre les pauvres et leurs
voisins est plus visible en zone urbaine qu’en milieu rural. Les inégalités sont plus fortes en
ville qu’en campagne. La pauvreté est donc plus répandue en milieu rural, mais menace
davantage d’exclusion l’individu qui en est frappé en milieu urbain. Il faudrait donc œuvrer à
réduire la pauvreté en milieu rural et aussi à réduire l’effet des inégalités en milieu urbain.
b) Le seuil de pauvreté a été estimé sur la base des besoins caloriques de 2.163
kilocalories par jour et par personne au lieu de 2.400 kcal/j/personne, norme
actuellement admise pour les pays de la sous-région. L’adoption de cette nouvelle
norme calorique aurait pour conséquence d’accroître les seuils et l’incidence de la
pauvreté.
Ainsi, la prise en compte de la situation qui prévaut dans toutes les préfectures et l’adoption
de la norme de 2.400 kilocalories par personne et par jour, auraient pour conséquence une
estimation plus forte de l’incidence de pauvreté. Cette éventualité pourrait être vérifiée à
travers l’enquête de couverture nationale susvisée; en attendant, elle semble corroborée par
l’indice de pauvreté humaine.
La pauvreté est un phénomène vécu sur l’ensemble du territoire. Cependant, il existe des
différences importantes entre les régions. L’analyse qualitative qui suit illustre cette diversité
des perceptions de la pauvreté selon les régions, confirmant ainsi l’analyse quantitative.
4
Quand on parle de Préfecture dans le document, il s’agit de l’ancien découpage administratif
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Selon le rapport national du PNUD sur le développement humain au Tchad (2000)5, l’indice
de développement humain, en 1999, était estimé à 0,403. L’indice de pauvreté humaine
(IPH)6 du Tchad était estimé à 57%, c’est-à-dire qu’en 1999, environ 6 Tchadiens sur 10
accusaient des déficits en matière de longévité, de santé, d’éducation et de bien-être. En effet,
environ 36 % de Tchadiens risquaient de mourir avant l’âge de quarante ans, seul le tiers des
individus avait accès aux services de santé de base alors que près de 8 individus sur dix
n’avaient pas d’accès à l’eau potable.
Les préfectures du Salamat et du Lac accusent des IDH les plus faibles. Le Salamat est
marqué par la plus faible espérance de vie à la naissance (environ 40 ans), soit 10 ans de
moins que la moyenne nationale et un des plus faibles taux bruts de scolarisation, soit 21 %
alors que la moyenne nationale est de 65 %. La préfecture de Lac possède le plus faible taux
de scolarisation 17 %.
Les données statistiques disponibles ne permettent pas de procéder à une analyse approfondie
de la pauvreté suivant les catégories socioprofessionnelles. Toutefois, l’on peut retenir que les
travailleurs du secteur primaire (paysans, pasteurs, pêcheurs) dirigent les ménages les plus
pauvres, puisque représentant 78% de la population et contribuent seulement pour 38% à la
formation du PIB. Ensuite viennent les ménages dirigés par des opérateurs du secteur
informel urbain qui, bien que ne représentant pas plus de 20% de la population, contribue
avec le secteur primaire pour 70% au PIB, comptant donc 32% à son actif.
5
En plus de la dimension monétaire, cet indice intègre d’autres dimensions de la pauvreté, notamment
l’espérance de vie et le niveau d’éducation.
6
Les méthodes de calcul sont détaillées dans le rapport sur le développement humain durable au Tchad pour
l’année 2000.
13
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Un autre point de vue sur la façon dont les différentes catégories socio-professionnelles vivent
la pauvreté ressort des consultations participatives qui ont concerné toutes les régions. Les
participants à ces consultations ont exprimé des préoccupations qui, en sus de l’accès étroit au
crédit et aux services sociaux de base, de l’insécurité et de l’enclavement de certaines régions,
sont relatives à la maîtrise de l’eau, à des besoins d’équipements agricoles, d’encadrement et
d’appui aux initiatives locales ainsi qu’à l’inexistence d’activités de transformation des
produits locaux et au manque de moyens de production. La SNRP articule une politique de
développement rural intégré à une politique de développement urbain pour répondre à ces
préoccupations qui sont, entre autres, celles des opérateurs du secteur primaire en milieu rural
et de ceux du secteur informel en zone urbaine.
Les enquêtes qualitatives ne donnent pas nécessairement des résultats exhaustifs et la taille de
l’échantillon tiré dans ces enquêtes n’a pas la même importance que dans les enquêtes
quantitatives. L’on cherche à appréhender la perception de la population par rapport au
phénomène à l’étude, qui est dans le cas présent la pauvreté qu’elle vit et les stratégies qu’elle
entend déployer pour lutter contre celle-ci. Les facteurs et les problèmes concernant la
pauvreté soulevés dans cette analyse sont déterminants, mais pas exhaustifs.
L’étude des perceptions du bien-être et de la pauvreté, menée sur la base des entretiens avec
les populations selon les critères socio-démographiques (pauvre, non pauvre, jeunes et vieux
selon le sexe), a permis de dégager les préoccupations économiques et sociales les plus
importantes des populations.
Tableau 4 : Résumé des problèmes soulevés par la population par zone selon les
priorités
Zone urbaine Zones rurales
N'Djaména Saharienne Sahélienne Sahélo-Soudanienne Soudanienne
Santé Transport Equipement agricole Equipement agricole Transport
Education Equipement agricole Crédit Transport Equipement agricole
Environnement Santé Eau potable Infrastructure routière Santé
Crédit Education Santé Santé Education
Logement Nourriture Elevage Eau potable Nourriture
Eau potable Eau potable Education Crédit Eau potable
Source : Enquête sur les perceptions du bien-être de la pauvreté
14
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Les ménages défavorisés possèdent peu de biens matériels pouvant leur permettre d’alléger la
pénibilité des tâches domestiques et de leurs activités de production, notamment, agricoles.
Dans ce sens, les ménages ont identifié l’épargne individuelle ou l’accès aux services
financiers (micro-crédit) comme le moyen d’acquérir les biens matériels qui contribueraient à
améliorer leurs conditions de vie. La plupart d’entre eux ont établi une relation entre leur
capacité financière, le coût de la vie et les activités génératrices de revenus qui pourraient leur
permettre de sortir de la pauvreté. Pour ces ménages, la détention d’un actif est analysée
comme source directe de capacité de financement ou comme garantie à apporter en
contrepartie d’un prêt pour l’exercice d’activités génératrices de revenus.
Les entretiens menés dans le cadre des consultations participatives ont concerné séparément
les groupes socio-professionnels suivants : les jeunes par sexe, les associations des éleveurs,
les associations des cultivateurs, les groupements féminins, les veuves, les orphelins, les
handicapés, les retraités, les fonctionnaires de l’Etat, les responsables des ONGs, les
parlementaires et les religieux.
Les consultations participatives avaient comme objectifs d’élargir et de raffiner la vision issue
de l’étude des perceptions du bien-être et de la pauvreté, et d’approfondir la connaissance des
particularités régionales quant à la nature et aux causes de la pauvreté. En effet, ces
consultations ont révélé une grande diversité des perceptions qui sont présentées en détail ci-
dessous. Par ailleurs, c’est à travers ces consultations que les préoccupations relatives à la
gouvernance ont été évoquées. La conception des stratégies doit nécessairement prendre en
compte ces spécificités régionales.
Guéra-Salamat
Pour la population de ces deux préfectures, la pauvreté de leur région est reflétée par le
manque d’eau potable, de structures de santé, d’éducation et du réseau routier. Elles y
ajoutent :
• le manque de structures de micro-finance ;
• l’absence de la paix et de la sécurité ;
• le manque de locaux adéquats pour l’administration publique, de même que l’habitat
est très précaire ;
• le manque de structures d’appui aux initiatives locales en matière de développement ;
• l’inexistence de moyens de communication ;
• le manque d’unités de production et de transformation de produits locaux ;
• la mauvaise gouvernance ;
• le manque d’équipement agricole ;
• les problèmes d’assainissement dans la localité ;
• le mauvais état des routes et les pistes rurales reliant les différents villages ;
• l’environnement en perpétuelle dégradation ;
• la non exploitation du sol et du sous-sol de la région ;
• le manque d’enseignants formés ;
• l’insuffisance numérique des agents de santé ;
• les famines périodiques ;
• un nombre important d’orphelins et de veuves dans la localité. L’absence d’une
protection sociale aggrave sérieusement la situation déjà précaire de ces groupes
vulnérables ;
15
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Mayo-Kebbi/Tandjilé
Dans cette zone, la pauvreté est définie comme l’état d’un individu ne possédant pas de
moyens matériels et financiers. Elle est aussi perçue comme un état :
• de celui qui n’a rien ; qui est incapable d’inscrire les enfants à l’école ; qui manque
des moyens de déplacement. C’est aussi le manque de bien-être, le manque de tout ce
qui est utile à la vie à savoir : la santé, l’éducation, le logement, la nourriture,
l’habillement ;
• d’un pays incapable de fournir des enseignants bien formés dans les établissements
scolaires.
Un point particulier - le statut de la femme – partage les avis : beaucoup pensent que la
femme doit jouir de sa liberté pour être responsable de la gestion de ses affaires ; d’autres
préfèrent le statu quo selon lequel la femme doit être soumise à son mari .
Pour lutter contre la pauvreté dans cette région, les populations suggèrent aussi la
réhabilitation de l’OMVSD (Office de Mise en Valeur de la Plaine de Sategui-Déressia) et la
création d’autres aménagements hydro-agricoles, la réouverture des usines de la Cotontchad
(Bongor, Guidari) et la sensibilisation des parents pour l’éducation des filles.
16
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Kanem-Lac
Selon la population de cette région, la pauvreté se perçoit en termes de manque ou
d’insuffisance de satisfaction de besoins vitaux : se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner et
surtout avoir la garantie pour la sécurité de ses biens et de sa personne.
Les facteurs suivants ont été évoqués comme causes de la pauvreté dans la région:
• l’enclavement de la région ;
• le manque d’un système de crédit permettant aux agriculteurs de s’équiper en moyens
de production (motopompes, tracteurs, charrettes, etc.) et aux commerçants
d’augmenter leur capital et aux éleveurs de reconstituer leur cheptel ;
• l’analphabétisme, le manque d’infrastructure scolaire, l’insuffisance en personnel
enseignant, le manque d’équipement (tables-bancs, tableaux , etc. ), le manque de
cantine scolaire pour inciter les filles à fréquenter l’école ;
• le manque de sensibilisation des chefs traditionnels et religieux pour envoyer les
enfants à l’école et surtout laisser les filles poursuivre leurs études ;
• le manque de maternité et de laboratoire d’analyses médicales ; le manque
d’ambulance pour l’évacuation d’urgence des malades, le manque de personnel
médical compétent et en nombre suffisant, et le manque de sensibilisation pour des
mesures d’hygiène corporelle et du milieu.
Chari-Baguirmi et Batha
La pauvreté est définie par la population de Massakory comme étant l’absence de moyen
nécessaire à la satisfaction des besoins élémentaires comme les soins sanitaires, la nutrition,
l’accès à l’eau potable, etc.
La pauvreté se manifeste aussi par la famine périodique, les maladies liées à l’eau, et les
multiples problèmes sociaux que la population n’arrive pas à résoudre. A cela s’ajoute la
sécheresse, les multiples guerres civiles, l’isolement des localités dû au manque
d’infrastructure de transport et la mauvaise gouvernance du pays.
Ouaddai-Biltine
17
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Dans cette région, la pauvreté est définie comme l’incapacité à accéder aux moyens matériels
et financiers. Les causes identifiées sont entre autres : la mauvaise gestion de la chose
publique, l’insécurité, le déficit pluviométrique, le bas salaire, le manque de moyens de
production, l’ignorance, l’insuffisance des puits pastoraux et villageois, le non paiement des
pensions des retraités civils et militaires, l’absence des structures d’appui telles que les ONG
et les services publics. La population relève particulièrement :
Pour juguler cette pauvreté, les actions prioritaires à engager doivent être axées sur:
• l’éducation et la formation professionnelle ;
18
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
N’Djaména
Dans la ville de N’Djaména, le Comité de pilotage a organisé plusieurs rencontres avec les
grands groupes qui composent l’administration, la société civile et le secteur privé de la
capitale. La pauvreté au Tchad est, selon les populations de N’Djaména, le résultat de la
mauvaise gouvernance, et son éradication passe nécessairement par un changement de
mentalité et de comportement dans la gestion de la chose publique et une croissance soutenue,
ancrée sur les secteurs des pauvres.
Conclusion
On peut affirmer que la pauvreté est omniprésente dans la majorité des ménages tchadiens,
autant en milieu rural qu’en milieu urbain. Toutefois, les données disponibles semblent sous-
estimer l’ampleur du problème. La proportion des ménages pauvres avoisinerait les 60% ou
plus. La situation est plus grave en milieu rural en termes de proportion et de valeurs
absolues, du fait que la population tchadienne est essentiellement rurale (environ 80%).
Certains groupes socio-économiques sont à haut risque. Il s’agit notamment des femmes et
des enfants nécessitant une protection spéciale, des handicapés, des militaires démobilisés,
des retraités, des personnes vivant avec le VIH.
L’analyse faite dans la présente section est basée sur une méthode indirecte permettant
d’associer, en l’absence des données sur les revenus et la consommation, le niveau de bien-
être du ménage à ses biens d’équipement, et à d’autres éléments comme la qualité de l’eau de
boisson. En effet, la technique de l’analyse en composante principale permet de classer les
ménages par ordre croissant, du premier qui ne possède aucun de ces biens ou moins que les
autres au dernier qui les possèdent tous ou plus que les autres. Pour les besoins de l’analyse,
les ménages sont répartis des plus pauvres aux plus riches en cinq groupes (quintiles)
correspondant chacun à 20% du nombre total de ménages de l’échantillon. Entre les Très
pauvres et les Très riches selon l’échelle nationale, il y a les Pauvres, les Moyens et les Non
pauvres.
19
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Graphique 1
Répartition (%) des ménages par niveau de vie
et selon le niveau d'éducation du chef
Ensemble
Riches
Très pauvres
Le graphique 2 indique que les ménages pauvres n’ont pratiquement pas accès à l’eau potable
(seulement 0,12 %). Ils utilisent presque exclusivement l’eau de puits traditionnels mal
protégée contre les souillures diverses, et celle des marigots et des mares qu’ils partagent
souvent avec les animaux. En revanche, plus de 62% des ménages non pauvres ont accès à
l’eau potable. Cependant, si l’on tient compte du fait que cette eau pourrait être souillée au
cours de différentes manipulations effectuées lors du transport et de la conservation, la
proportion des ménages non pauvres consommant de l’eau potable serait plutôt faible.
Graphique 2 : Répartition des ménages ayant accès à l'eau de boisson potable (robinet,
fontaine publique, forage) selon le niveau de vie des ménages
70
60
50
40
30
20
10
0
Très pauvre Pauvre Moyen Moyen riche Riche Total
Un pourcentage très élevé de la population se trouve ainsi exposé aux maladies épidémiques
telles que la fièvre typhoïde ou le choléra, qui trouvent leur origine dans l’eau de boisson de
mauvaise qualité.
Au Tchad, en l’an 2000, la proportion des populations disposant en permanence d’eau saine
en milieu rural est de 17% et la proportion de ceux qui appliquent les mesures d’hygiène du
milieu est de 7%. Dans les villes équipées d’un réseau d’adduction d’eau potable, 9,7% de la
population dispose d’un branchement, 27,5% se ravitaillent à la fontaine publique, le reste de
20
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Selon le graphique 3, les ménages dirigés par une femme sont plus exposés à la pauvreté que
ceux dont le chef est de sexe masculin : 54 % contre 34 % respectivement. Cette situation
tient en partie au fait que la plupart des femmes chef de ménage sont des veuves ou divorcées,
avec des enfants à charge, alors qu’elles disposent de très peu de ressources. En outre, leurs
principales activités relèvent du secteur informel dont le revenu est à la fois faible et
irrégulier. Les femmes chef de ménage sont, le plus souvent, sans qualification
professionnelle particulière pour accéder à un emploi plus rémunérateur. En milieu rural, la
plupart d’entre elles n'ont pas toujours accès aux terres fertiles7 et ne vivent que de petites
activités de transformation alimentaire, de la vente de bois de chauffe ou de transferts
communautaires.
100%
90% 20,6 16,26 20
80%
16,06 Riche
70% 20,71 20
60% 13,72 Moyen riche
50% 20,62 \ 20 Moyen
40% 28,82
30% 20 Pauvre
18,57
20% Très puavre
10% 19,5 25,14 20
0%
Homme Femme Ensemble
S E êt Mi ti
Les données de 1997 (EDST, 1997) montrent que 40% des enfants de moins de 5 ans
souffrent d’une malnutrition chronique (insuffisance pondérale) dont la majorité sous une
forme sévère. Selon le graphique 4, ce taux est plus élevé chez les ménages très pauvres
(46%) que chez les ménages non pauvres (34%). En revanche, le taux de mortalité infantile
7
Généralement, l’héritage privilégie les garçons et donc ce sont eux qui se partagent les terres des parents
décédés. Par ailleurs, la hiérarchie de classe sociale est telle que dans certaines régions, le chef de canton et le
chef de terre se servent en premier lieu et ensuite les autres. Pour les zones aménagées, il faut payer une
redevance généralement inaccessible aux pauvres.
21
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
(graphique 5) est sensiblement le même pour les ménages pauvres et non pauvres. Il en est de
même pour le taux de mortalité juvénile.
50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Très pauvres Pauvres Moyen Non pauvres Riche Ensemble
Modérée Sévère
Cela semble indiquer que le niveau de revenu ne soit pas le seul facteur déterminant de la
mortalité infantile et juvénile. En effet, le niveau d’éducation des parents, l’accessibilité aux
soins de santé de qualité, le mode d’allaitement, etc. sont aussi importants que les ressources
monétaires pour assurer des meilleures conditions de vie des enfants en bas âge.
Graphique 5:
Quotients de mortalité infantile et juvénile
selon le niveau de vie des ménages (pour mille)
250
200
150
100
50
0
Très pauvre Pauvre Moyen Non pauvre Riche
Mortalité infantile Mortalité juvenile
Les déficiences nutritionnelles sont surtout dues aux habitudes alimentaires. La plupart des
ménages tchadiens, même parmi ceux qui ont des moyens, se satisfont d’une alimentation
généralement peu nutritive. L’apport moyen par habitant est estimé à 1 720 calories par jour
alors que cette moyenne est de 2 160 calories à l’échelle de l’Afrique subsaharienne et de
2480 pour l’ensemble des pays en développement. Le pourcentage de nouveau-nés de faible
poids à la naissance est de l’ordre de 15%. Ceux des enfants âgés de 24 à 35 mois accusant un
retard de croissance représentent 55%. Il est plus élevé en milieu rural (42%) qu’en milieu
urbain (32%). On estime à 21% le pourcentage de mères avec un faible Indice de Masse
Corporelle. Celui des ménages disposant de sel iodé est de 55% ; cela explique naguère une
prévalence du goitre parmi les plus élevées au monde.
22
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Graphique 6
100%
Répartition (%) des accouchements selon le lieu
90% et le niveau de vie des ménages
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
Le graphique 6 indique qu’une très faible proportion (moins de 5 %) de femmes issues des
ménages pauvres accouchent au centre de santé contre environ 20 % chez les ménages non
pauvres. Avec un accouchement à domicile, les femmes courent plus de risques de décès
autant pour elles-mêmes que pour leurs enfants en cas de complication. La faible
fréquentation des services de santé par les femmes issues des ménages pauvres serait due, soit
au manque de ces services dans les environs et/ou aux problèmes de coût, soit à la tradition.
Comme le pourcentage de femmes issues des ménages riches (dernier quintile) qui
accouchent à domicile est relativement élevé (63,7%), l’insuffisance de ces services semblent
être le facteur le plus plausible de non-fréquentation des services de santé, sans pour autant
sous-estimer le problème de coût qui peut être prohibitif pour les ménages pauvres.
En ce qui concerne l’habitat, plus de 90% des Tchadiens vivent dans des logements en
matériaux précaires, sans moyens d’évacuation des ordures ménagères. En milieu rural, ce
taux dépasse 98%. Dans les grandes villes, la promiscuité, les mauvaises conditions d’hygiène
exposent régulièrement les habitants aux maladies épidémiques et endémiques (choléra, fièvre
typhoïde, méningite, etc.). Cette situation se perpétue à cause des difficultés d’accès légal à la
propriété foncière et de la cherté des matériaux de construction durables. L’incapacité des
services techniques de l’Etat à répondre aux demandes citadines de terrains à bâtir a amené la
majorité des habitants des villes à occuper anarchiquement les périmètres urbains, parfois
inadaptés pour la construction (dépression, marécage, etc.).
Au Tchad, certains groupes sociaux présentent une probabilité plus élevée d’être pauvres par
rapport au reste de la population : ce sont les groupes à hauts risques
Il s’agit notamment de la plupart des veuves, des divorcées et des filles-mères, dont la
précarité de la situation socio-économique constitue un véritable frein à leur épanouissement
humain. En plus de cela, les femmes dans leur ensemble vivent d’autres formes de
23
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
discrimination qui affectent négativement leur bien-être, à savoir le mariage précoce ou forcé,
le refus d’accès à l’héritage et l’excision.
Pour ce qui est du mariage précoce, le droit positif fixe à 13 ans, l’âge minimum obligatoire
pour la validité d’un mariage, rejoignant ainsi le droit coutumier (les résultats du recensement
de la population de 1993 estiment l’âge moyen du premier mariage à 15,8 ans). Quant au
mariage forcé, 30% des femmes enquêtées (1999) déclarent être mariées ou victimes d’une
tentative de mariage contre leur gré pendant leur jeunesse.
En ce qui concerne l’héritage, une proportion de 33,9% des femmes urbaines déclarent ne pas
pouvoir hériter de leurs parents, à cause de leurs oncles (enquête de 1999). Si le Code civil a
prévu des dispositions favorables concernant l’héritage au profit de la femme, le droit
coutumier animiste a plutôt institué une injustice à l’encontre de la femme en la matière. La
coutume musulmane est plus favorable à l’égard des femmes auxquelles elle accorde une
portion de l’héritage légué par leurs parents ou leurs proches, même si elle est discriminatoire
en faveur des garçons.
Quant à l’héritage d’un mari, seulement 5,8% des femmes mariées interrogées pensent
pouvoir l’obtenir ou l’ont obtenu pour elles-mêmes, contre 29,7% grâce à leurs enfants. Une
proportion de 4,3% des femmes pensent ne pas pouvoir hériter parce qu’elles sont stériles, et
14,1% à cause des obstructions des parents du mari. Le code de la famille et des personnes
qui est en chantier devrait prendre en charge le rétablissement de l’égalité des sexes dans ce
domaine.
L’excision, passage obligé pour la fille dans plusieurs ethnies, constitue également une
violence contre la femme et affecte sa santé. Les justifications de cette pratique sont d’ordre
culturel, notamment la recherche de la pureté, et social en ce sens que c’est l’occasion d’une
éducation et d’un apprentissage accélérés dans les domaines de la vie conjugale et de la
féminité.
Ce sont des enfants en proie aux difficultés d’adaptation ou de réinsertion familiale et sociale.
Ils ne bénéficient ni d’accès aux services de base, ni de protection physique, morale ou
juridique. L’UNICEF estime à 10.802 le nombre « d’enfants nécessitant une protection
spéciale ». Parmi eux, environ 10 % bénéficient d’un encadrement. Les « ENPS » sont
répartis en plusieurs sous-groupes dont, entre autres :
le sous-groupe « enfants de la rue et dans la rue » est le plus nombreux,
approximativement 10 000 individus ;
le sous-groupe « enfants mineurs combattants » qui comprend environ 600 enfants ;
le sous-groupe « enfants orphelins et abandonnés » comptant environ 590 enfants ;
le sous-groupe « enfants victimes de crimes et de répression politique » dont l’effectif
est évalué à 110 enfants, avec une concentration plus importante dans la capitale.
24
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Au Tchad, le nombre de retraités est passé de 4 500 à 13 438 entre 1993 et 2000. Le problème
des retraités se pose en termes de non-paiement régulier des pensions. Les difficultés que
connaissent à l’heure actuelle les finances publiques n’ont pas permis de résoudre ce
problème qui, néanmoins, doit être aplani dans les meilleurs délais.
Au défi sanitaire déjà difficile à relever à court terme, vient se greffer celui de la pandémie du
VIH/SIDA dont la vitesse d’expansion est très inquiétante. En effet, le nombre de cas de
SIDA avéré qui n’était que de 10 en 1989 s’est établi à 1010 en 1993 pour atteindre 1 343 en
1996 ; il dépasse les 12.000 cas en 2000. La séro-prévalence du VIH/SIDA en milieu rural et
urbain varie entre 4 % et 10 %. La vitesse de propagation et les dégâts socio-économiques que
cette pandémie provoque font d’elle non pas un problème de santé, mais un problème de
développement. Selon le rapport n°16567-CD de la Banque Mondiale (1997), ce serait
environ 8000 femmes enceintes qui sont annuellement séropositives, et 30 à 40% d’entre elles
transmettent le virus à leur enfant.
Cette pandémie a une influence négative directe sur la croissance économique car elle touche
surtout la population active : 56% des cas sont enregistrés dans la population âgée de 15-49
9
Banque Mondiale et Coopération allemande
25
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
ans dont les femmes en âge de procréer représentent 31% et les hommes de cette même
tranche d’âge 32%.
26
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
3.1.1 Gouvernance
Malgré les réformes engagées, la SNBG relate la persistance de beaucoup de pesanteurs liées
aux conditions de travail et aux comportements des agents de l’Etat, notamment la corruption,
les trafics d’influence et la pratique déloyale de la concurrence. Les violations quotidiennes
des droits de l’homme trouvent leur justification dans la non-application des textes par les
agents de l’Etat chargés de le faire et l’absence d’une culture démocratique. La gestion
partisane du conflit agriculteur-éleveur par les autorités administratives et politiques locales
en est un exemple. Selon les populations à la base, la faiblesse des moyens de fonctionnement
offerts au médiateur national met plutôt un doute sur la volonté réelle du pouvoir en matière
de règlement de conflits.
Par ailleurs, les populations ont, de manière très nette, fait ressortir le fait que l’Etat n’a pas su
garantir leur sécurité et celle de leurs biens, pour leur permettre de se consacrer à l’objectif
d’augmenter leurs richesses sans crainte d’une quelconque spoliation. C’est pourquoi, elles
27
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
ont inscrit la réforme des forces de sécurité et de défense au titre des actions prioritaires à
mettre en œuvre pour le rétablissement des conditions propices à une vie normale. Cette
réforme devra se doubler de celle de la justice pour crédibiliser cette institution auprès des
justiciables, ce qui par ailleurs, aura des effets positifs sur le développement du secteur privé.
La mauvaise répartition des services sociaux de base entre la capitale et les autres villes, les
zones rurales et urbaines traduit également les faiblesses institutionnelles et humaines, ainsi
que les mauvais choix politiques. L’Administration a besoin de rétablir la confiance entre elle
et les administrés, seul moyen pouvant permettre que les signaux transmis par l’Etat aussi
bien sur le plan politique qu’économique soient perçus à leur juste valeur par les différents
acteurs de la vie nationale.
Dans le domaine de la santé, la plupart des médecins exercent en milieu urbain et plus
particulièrement dans la capitale. Il en est de même pour les infrastructures socio-sanitaires.
Le pourcentage de la population théoriquement couverte par les centres de santé de premier
échelon est de 71 %, mais il faut noter que seulement 43 % des ménages vivaient à moins de 5
km d'un centre de santé en 1996/1997 alors que 31 % en étaient à plus de 15 km. En milieu
urbain, 97 % des ménages étaient à moins de 5 km, contre 40 % en milieu rural. Plus de la
moitié des femmes rurales mettent 2 heures ou plus pour atteindre l'établissement de santé le
plus proche et 70 % d’entre elles doivent parcourir au moins 70 km pour atteindre l'hôpital le
plus proche. On imagine facilement la difficulté qu’affronte le paysan qui doit parcourir cette
distance pour se faire soigner ou faire soigner un membre de sa famille.
Par ailleurs, malgré l’insuffisance des ressources matérielles et financières pour faire
fonctionner les infrastructures, 40% des ressources budgétaires et 20% de l’aide extérieure
sont concentrées au niveau central (N’Djaména et ses environs) qui abrite seulement environ
20% de la population totale.
Les difficultés pour les femmes d’accéder aux crédits et aux autres ressources, le faible taux
de scolarisation des filles, la faible proportion des femmes dans l’administration et les
instances de décisions relèvent également de cette mauvaise redistribution.
28
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
En effet, le système bancaire se réduit à cinq banques commerciales et une banque agricole
dont les guichets ne sont implantés que dans cinq villes. Par ailleurs, il accorde très peu de
crédits à l’économie, essentiellement à court terme (72,5%) contre seulement 2,2% de crédit à
long terme.
La faiblesse de la productivité de l’économie est liée à celle du secteur primaire dans lequel
opèrent prés de 80 % de la population active, à l’inexistence d’un secteur de transformation
digne de ce nom, à l’atomisation des activités de services et la non implication des opérateurs
économiques dans l’agriculture.
29
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Dans le secteur primaire, la faible productivité est liée à l’utilisation de techniques culturales
et d’élevage extensives, à l’insuffisance du matériel agricole, aux caprices des aléas
climatiques, à la mauvaise organisation du monde rural, ainsi qu’à la dégradation de
l’environnement.
Les systèmes de production et les modes d’exploitation n’ont guère évolué dans le pays, que
ce soit dans l’agriculture ou dans l’élevage, depuis l’introduction de la charrue à la fin des
années 50 et celles des intrants agricoles modernes (fertilisants et produits phytosanitaires)
dans les années 60. La plupart des agriculteurs en sont toujours à l’utilisation de la houe. Cette
situation résulte d’une part de la sensibilisation inefficace à l’utilisation des techniques plus
modernes, en raison du faible niveau d’éducation et de formation des paysans, et d’autre part
du coût élevé lié à l’utilisation de ces techniques. En effet, les paysans n’ont pas de ressources
financières suffisantes pour acquérir de matériels agricoles, en l’absence d’un système de
crédit approprié. Actuellement, la forme de crédit la plus répandue est la fourniture du
matériel agricole par l’ONDR et quelques ONGs et projets de développement, et la fourniture
des intrants à crédit par la Cotontchad, dont les conditions de remboursement sont parfois
difficiles. Il faut par ailleurs noter la non implication des opérateurs économiques nationaux
dans les activités agricoles.
Une autre contrainte commune à l’agriculture, à l’élevage ainsi qu’à la mobilité est la
présence des mines et munitions non explosées dans certaines régions du pays comme
l’indique les paragraphes ci-dessous.
Une trop forte dépendance des productions et donc des revenus par rapport aux aléas
climatiques et à la dégradation continue de l’environnement.
La productivité du secteur primaire est également tributaire des aléas climatiques. Cette
dépendance est accentué par la non maîtrise de l’eau, l’impuissance face à l’action des
ennemis des cultures et à la dégradation continue de l’environnement. Les techniques
d’irrigation et de gestion rationnelle de l’eau (collecte et rétention de l’eau pour une utilisation
30
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
ultérieure en période de déficit) sont pratiquement inconnues, bien que ces techniques soient
largement utilisées dans certains pays de même niveau de développement que le Tchad. Cela
conduit à une production agricole extrêmement sensible au niveau et à la répartition de la
pluviométrie.
La production du secteur primaire souffre aussi de l’action des ennemis des cultures que sont
les rongeurs, les acridiens, les oiseaux granivores ainsi que des maladies des végétaux et des
animaux. Les ruraux sont souvent impuissants face à ces actions par manque de produits ou
de techniques appropriés pour les combattre.
Il faut dire que de manière générale, la population n’a pas pris véritablement conscience de la
nécessité d’une gestion rationnelle de l’environnement. L’existence des espaces encore non
exploités leur donne l’illusion d’une marge de manœuvre importante si bien qu’elles ne se
préoccupent pas pour le moment des conséquences à long terme de leurs activités sur les
ressources naturelles et du sort des générations futures.
L’ampleur des problèmes environnementaux dépasse les capacités réelles d’intervention des
services concernés. L’immensité du territoire, la complexité du phénomène et la modicité des
moyens dont dispose le ministère de l’environnement constituent des défis à relever pour
assurer une protection efficiente des ressources naturelles. Les textes législatifs et
réglementaires relatifs à l’environnement sont anciens, inadaptés ou non appliqués, même
quand ils sont révisés. L’interdiction, l’exclusion et la répression sont privilégiées par les
services en charge de l’environnement au détriment de l’approche de gestion participative,
raisonnée et acceptée par tous les acteurs. Les actions entreprises jusque-là pour la lutte contre
la désertification ont plutôt un caractère d’amélioration de l’environnement (ceintures vertes)
ou de promotion des productions agricoles et forestières (gomme arabique et karité) et sont
limitées dans le temps et dans l’espace pour avoir un impact significatif sur le processus de
désertification.
Tant que les problèmes environnementaux ne seront pas pris en compte dans leur intégralité,
non seulement en termes de gestion de ressources naturelles, mais aussi comme déterminant
de la croissance économique et donc de l’amélioration des conditions de vie des populations,
il ne sera pas possible de lever cette contrainte.
Les filières agroalimentaires sont peu développées : il n’existe pas d’unité industrielle qui
traite la filière bétail viande, lait, cuirs et peaux et œufs, au point que l’exportation du bétail
sur pied reste l’activité dominante dans cette filière. Sur la vaste gamme des produits
31
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
agricoles, seules les filières sucrière et cotonnière sont assez développées, encore que l’usine
textile a fermé ses portes. Beaucoup d’autres filières restent ainsi à développer pour élargir la
base productive du pays et profiter du marché sous régional pour les exportations de produits
manufacturés, domaine dans lequel le pays est totalement absent à l’heure actuelle. Le
développement d’un secteur de transformation permettra d’accroître les emplois, et donc les
revenus. Par ailleurs, ce secteur moins sensible aux aléas climatiques, sera plus apte à assurer
une croissance régulière, à condition que les autres obstacles soient levés, notamment les
problèmes de la réglementation, des infrastructures économiques de base, etc.
La faiblesse du secteur de transformation est liée à celle d’un secteur privé plus tourné vers le
commerce que vers les activités productrices. Le secteur privé tchadien souffre d’un
environnement réglementaire et juridique encore peu attrayant en dépit des efforts déjà
consentis. Par ailleurs, l’esprit d’entreprise reste à développer pour tirer amplement profit des
opportunités existantes.
Les activités du tertiaire ont également une faible productivité du fait qu’il s’agit de très
petites unités opérant dans le secteur informel et essentiellement tournées vers le commerce et
le transport. La productivité du secteur est fortement handicapée par l’étroitesse du marché
national due à la faiblesse du pouvoir d’achat des populations, aux difficultés de mise à
disposition des biens et services sur l’ensemble du territoire du fait de ses dimensions et de
l’inexistence des voies de communications qui renchérit les coûts. Le développement des
activités de services est aussi handicapé par la fraude à l’importation qui défavorise les
opérateurs du secteur formel lourdement taxés par rapport à ceux opérant dans l’informel.
La faiblesse des ressources humaines se manifeste aussi par la quasi inexistence des corps de
métiers qui constituent la base du développement économique. Il s’agit des qualifications
dans les secteurs des bâtiments et travaux publics, de l’artisanat, de la confection, de la
menuiserie, du personnel d’appui dans les entreprises, etc. Ceci est dû au fait que
32
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’insuffisance de ces corps de métiers prive le pays d’une main d’œuvre qualifiée
extrêmement importante pour le développement du secteur privé et de la libre entreprise.
L’amélioration du capital humain passera donc nécessairement par la réorientation du système
éducatif pour l’adapter aux besoins du marché du travail.
Ces classes de fortune, souvent construites par les communautés, ne disposent pas de
mobiliers opérationnels, car les élèves sont assis à même le sol, et les maîtres n’ont pas de
chaise, ni de bureau. Les maîtres communautaires, à la charge des Associations des Parents
d’Elèves (APE) et des communautés, représentent 56,31 % des effectifs globaux des maîtres
(année scolaire 1999/2000). D’une manière générale, ces maîtres ont un niveau de formation
faible comparé aux enseignants formés et le risque qu’ils perpétuent cette carence auprès des
futurs acteurs du développement est énorme, si rien n’est fait pour rehausser leurs capacités.
Les programmes d'enseignement sont inadaptés et méritent d'être réactualisés. Les dotations
en manuels et matériels didactiques sont insuffisantes ; il n’y a par exemple qu'un seul
exemplaire de livre de lecture pour 3 élèves, un livre de calcul pour 5 élèves et un livre de
science pour 12 élèves.
33
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Cet état de santé résulte de plusieurs facteurs : une alimentation peu nutritive, une hygiène
corporelle et environnementale inappropriée et une insuffisance quantitative et qualitative des
services de santé.
Au plan nutritionnel, les déficiences sont surtout dues aux habitudes alimentaires qui, par
manque d’instruction, ne tiennent pas compte de l’aspect nutritif d’une alimentation. La
plupart des ménages tchadiens, même parmi ceux qui ont des moyens, se satisfont d’une
alimentation généralement peu nutritive, composée essentiellement de bourratifs. L’apport
moyen par habitant est estimé à 1720 calories par jour alors que cette moyenne est de 2160
calories à l’échelle de l’Afrique subsaharienne et de 2 480 calories pour l’ensemble des pays
en développement. Selon les données de l’EDST (1997), 40% des enfants de moins de 5 ans
souffrent de malnutrition chronique dont la moitié sous une forme sévère.
Selon les données du ministère de la santé publique (DSIS 1998), les principales maladies
régulièrement enregistrées dans les centres de santé sont : le paludisme (18,6% de nouveaux
cas), la diarrhée (7,7%), les infections aiguës des voies respiratoires inférieures (7,2%) et la
conjonctivite (3,9%). En fait, ce sont presque toutes des maladies dont la contraction se fait
par une mauvaise hygiène alimentaire ou du milieu. En effet, dans le domaine de l’eau et de
l’assainissement par exemple, on note que seulement 27% des ménages au Tchad ont accès à
l’eau potable. Par ailleurs, 7% seulement des ménages disposent de toilettes adéquates ou
latrines améliorées alors que 73% n’en disposent pas du tout. Environ 21% de ménages ont
accès aux moyens sanitaires d’évacuation des excréta.
A ces maladies, il faut ajouter certaines endémies locales (carences en iode, lèpre,
tuberculose, onchocercose, trypanosomiase, dracunculose, choléra) qui persistent malgré la
mise en œuvre de plusieurs programmes.
Enfin, l’état déplorable de la santé provient surtout d’un système national de santé montrant
plusieurs faiblesses, parmi lesquelles on peut citer:
l’insuffisance quantitative et qualitative des services de santé : la couverture théorique
est de 71,2 % en termes de populations, 64,2% en termes de structures de premier
échelon (zones de responsabilité) , et de 78,8% pour les hôpitaux de district (deuxième
échelon); il y a une structure d’hospitalisation pour 165 000 habitants et 51 lits/places
pour 100 000 habitants avec de fortes disparités entre les régions ;
le faible effectif et la mauvaise répartition du personnel qualifié à travers le pays , soit
1 médecin pour 36 000 habitants (moyenne Afrique subsaharienne : 9000 habitants,
norme OMS : 5000 à 10 000 habitants) alors que 17% de ces médecins sont affectés à
des tâches administratives ; un infirmier diplômé d’État pour 28 502 habitants
(moyenne Afrique subsaharienne : 2000 habitants et norme OMS : 3000 habitants) et
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
une Sage Femme Diplômée pour 13 692 femmes de 15 à 49 ans (norme OMS : 3000
femmes). Seulement 1/3 des postes de médecin et 1/4 des postes de personnel
infirmier sont occupées. Malgré le personnel médical (médecins et agents techniques)
formé chaque année, le déficit se réduit très lentement ;
l’insuffisance de la dépense publique de santé par habitant : la part des dépenses
publiques de santé dans les dépenses publiques totales est passée de 3% en 1986 à
11,2% en 2000 ;
la mauvaise répartition géographique des ressources matérielles et financières : les
dépenses annuelles de fonctionnement hors personnel par exemple vont de 145 Fcfa
pour le Salamat à 1890 Fcfa par habitant pour le Chari Baguirmi;
la faible coordination dans la gestion du département; elle est très centralisée et peu
planifiée ;
l’état embryonnaire du partenariat avec le secteur privé ;
la faible efficacité des instances de lutte contre les épidémies ;
les problèmes de rupture des médicaments dans certaines formations sanitaires, liés au
non recouvrement des coûts à la mauvaise gestion des celles-ci.
[Link] VIH/SIDA
Cette vision de la société fait que les parents opèrent une discrimination en faveur des garçons
lorsqu’il faut inscrire les enfants à l’école. La plupart des femmes sont donc sans formation
moderne et ont par conséquent une faible productivité, et étant donnée qu’elles constituent
une grande partie de la main d’œuvre, cela affecte à la baisse le revenu national. La
discrimination sexuelle se transpose au niveau de l’accès à l’emploi, aux ressources et aux
opportunités économiques, politiques et sociales, entravant l’incorporation de la femme dans
la vie socio-économique. Les pratiques culturelles discriminatoires empêchent les femmes
d’accéder à la terre pour leur propre compte, de sorte que le partage des terres entre les
membres d’une même famille, pratique de plus en plus courante due à la raréfaction de la
terre, se fait souvent au détriment des femmes. Une chose est cependant évidente : compte
tenu de l’importance socio-économique des femmes, le pays ne pourra jamais se développer
sans rehausser le niveau moyen d’éducation de la femme tchadienne.
35
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Les groupes vulnérables identifiés dans le chapitre 2 sont constitués d’individus plus exposés
ou moins armés pour faire face aux risques. Ils sont défavorisés dans l’accès aux sources de
revenus et/ou dans la formation de capital humain. Leur vulnérabilité est comprise comme un
degré de sensibilité ou une capacité insuffisante de résistance aux aléas de la vie, aux chocs
sur les revenus ou les conditions de vie.
Le réseau routier tchadien compte 40 000 km de routes et pistes carrossables, dont 6200 km
de routes et pistes classées prioritaires et environ 33.000 km de pistes rurales. Sur toute
l’étendue du territoire, seulement 583 km de routes inter-urbaines sont revêtus. Les routes non
prioritaires sont, pour la plupart, praticables 6 à 8 mois dans l’année, et insuffisamment ou
jamais entretenues. La région du Nord, désertique, est mal reliée au reste du pays. Les régions
de l’Est et du Sud-Est sont isolées pendant la saison des pluies, faute de routes permanentes.
A l’intérieur même des régions, la desserte des centres urbains avec leur hinterland rural est
souvent mal assurée, encore que ces routes et pistes n’incluent pas les pistes rurales qui relient
les villages entre eux.
Le mauvais état des routes oblige les véhicules à n’emprunter que les axes reliant N’Djaména
à certains grands centres du pays, ou ne circulent qu’en ville. Il se pose ainsi pour les
populations rurales de véritable problème d’accessibilité aux biens et aux services socio-
économiques, et de mobilité. L’absence de stratégies en matière de transport en milieu rural
constitue un handicap le développement des Moyens Intermédiaires de Transport (M.I.T),
notamment la charrette, la bicyclette et l’animal, et des infrastructures de transport favorables
à l’amélioration des déplacements des populations.
Une des conséquences d’une telle situation sur la pauvreté est que des poches de famine
existent toujours, même quand l’année agricole est globalement bonne pour l’ensemble du
pays. Le transport des produits des régions excédentaires vers les régions déficitaires est
relativement coûteux, de sorte que le prix du produit transporté devient prohibitif, avec en
plus des risques de perte, de détérioration et de destruction des marchandises et des matières
premières. Pour pallier tout problème de pénurie pouvant être occasionné par cette situation,
les entreprises sont obligées de faire d’importants stocks de matières premières, ce qui
renchérit les coûts, donc les prix sur le marché.
A cela, il faut ajouter l’enclavement extérieur (le port maritime le plus proche se trouve à
1700 km) qui entrave fortement l’évolution économique, étant donné les coûts
supplémentaires induits à l’importation et à l’exportation. La compétitivité de la production
nationale sur les marchés extérieurs s’en trouve affectée.
[Link] L’énergie
Les ressources énergétiques sont vitales pour le progrès économique d’un pays, puisqu’elles
sont un important facteur de production. Au Tchad, contrairement à la plupart des pays du
Sahel, la seule source d’énergie utilisée est l’électricité, si on met de côté les sources
traditionnelles que sont le bois de chauffe et le pétrole lampant. L’électricité est inaccessible
36
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Comme signalé ci-dessus, le système bancaire se réduit à cinq banques commerciales et une
banque agricole dont les guichets ne sont implantés que dans cinq villes. C’est l'une des
causes de la sous-mobilisation de l'épargne intérieure, même si celle-ci est également faible.
Du point de vue de la croissance économique, l’intérêt premier d’un système bancaire est la
possibilité de financement des investissements qu’il offre. Or, au Tchad, les conditions
d’accès au crédit limitent les demandes de crédit à une clientèle d’un certain niveau.
L’essentiel de ce crédit est à court terme (72,5%), et ne permet pas de financer les
investissements de long terme.
Pour pallier cette insuffisance, la micro-finance se développe sur la base des expériences
diverses, notamment celles basées sur la philosophie des coopératives d’épargne et de crédit,
celles qui mettent l’accent sur la distribution des crédits, et celles qui promeuvent la
distribution du crédit comme activité accessoire ou comme mesure d’accompagnement.
37
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’Etat n’a pas encore entièrement rempli son rôle de garant de l’intérêt collectif
[Link] La dette
L’encours de la dette extérieure du Tchad est de 592 milliards en 1998 correspondant à 65%
du PIB. La dette extérieure multilatérale y comptait pour 75%. Le service de la dette
extérieure représente 10% des exportations et 31,4% des recettes fiscales en 1998. C’est donc
le poids de la dette extérieure qui fait sa non soutenabilité.
38
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’étude d’impact montre aussi qu’il existe de grandes disparités entre les régions étudiées
quant au nombre de localités affectées. Le cas le plus frappant est celui de la région Nord où
les seuls départements de Borkou et de Ennedi renferment plus d’un tiers de l'ensemble des
localités touchées, et un quart de toute la population affectée du pays. A l'autre bout de
l'échelle, dans la région Sud, il n’y a que 20 localités touchées, alors qu’une majorité de la
population tchadienne y réside.
Par ailleurs dans les zones touchées, en particulier dans le BET, de nombreux axes minés ont
été abandonnés. Certaines zones sont devenues difficilement accessibles, pour d’autres, de
nouveaux axes ont été ouverts et sont désormais empruntés, ils suivent de nouveaux tracés qui
ne figurent sur aucune carte ce qui impose de faire appel à des guides pour les déplacements
dans les zones minées. Tout déplacement qui se ferait dans ces zones en se référant
10
Dont 49 (20%) sont classées à fort impact, 52 (21%) à impact moyen et 148 (59%) à impact moyen.
11
Le Tibesti n’a pas été traité au cours de l’enquête réalisée par HI pour des raisons de sécurité.
12
110 d’entre elles sont des enfants ou des adolescents qui manipulaient ou jouaient avec des ENE.
13
C’est-à-dire des zones qui sont minées ou polluées mais qui n’avaient pas d’incidence directe sur la vie des
communautés au moment de l’enquête ou qui se situaient dans des zones inhabitées.
39
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
uniquement à la carte conduirait les véhicules directement sur les tronçons minés. Cette
situation va nécessiter deux actions complémentaires :
• La réouverture des axes minés au minimum dans les zones où cette pollution
interdit l’accès à certains villages ou oblige les utilisateurs à de grands et coûteux
contournements qui accentuent l’enclavement des régions concernées, augmente le
prix des denrées achetées et pénalise la vente des denrées produites.
• Le relevé et le tracé sur la carte des nouveaux axes utilisés complétés sur le terrain
par un travail de marquage et de balisage de ces nouveaux axes.
Ce sont en fait les personnes les plus déshéritées et les communautés les plus pauvres qui sont
les plus exposées au danger représenté par les mines et les engins non explosés et aux
conséquences de la pollution qui en découle. Ce facteur aggravant de la pauvreté devra être
pris en compte et tout devra être fait pour mettre les plus vulnérables à l’abri de ce fléau. Il
s’agit en fait :
• D’éviter à ceux qui n’ont rien, de perdre la vie, d’être handicapés et de perdre leur
autonomie, de perdre des membres de leur famille ou de les voir devenir des
handicapés et représenter une nouvelle charge pour leur famille et leur
communauté, de perdre un animal domestique ou de ne pouvoir voyager, accéder
aux soins, aux zones de pâturage, à l’eau, à l’éducation ou à l’aide internationale
en raison de l’impossibilité de se déplacer à travers des zones rendues dangereuses
ou infranchissables en raison de la présence de mines.
• De mettre fin aux dépenses de santé dues aux accidents provoqués par les mines et
les engins non explosés. Ces accidents ont un coût qui grève et ruine le maigre
budget santé des régions concernées.
• Enfin, de collecter et de détruire les mines et les ENE, posés ou abandonnés, sur le
terrain ou dans des dépôts, dans des zones sans surveillance, d’où ils peuvent être
récupérés par des individus mal intentionnés. Ces mines et ENE, de par leur
disposition, contribuent à aggraver le climat d’insécurité qui prévaut dans les
régions polluées, leur destruction va concourir à réduire l’insécurité et à consolider
la Paix.
40
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Le Plan Stratégique National de Lutte Contre les Mines et les ENE, qui vise à libérer le Tchad
de l’impact négatif de cette pollution, s’intègre pleinement dans la stratégie nationale de
réduction de la pauvreté. Les effets négatifs de ces engins constituent un facteur aggravant de
la pauvreté, les actions de lutte contre la présence des mines et des ENE qui devront dans la
majorité des cas être un préalable à la mise en œuvre des nouveaux projets dans les zones
minées, constituent un des axes transversaux de la stratégie de réduction de la pauvreté.
La superficie des terres cultivables est estimée à 39 millions d’hectares, soit 30 % du territoire
national dont seulement 2,2 millions d’hectares (soit 5,6%) sont annuellement cultivés. Les
zones irrigables totalisent environ 5,6 millions d’hectares, mais seulement 7000 hectares sont
effectivement irrigués. C’est dire que les ressources en terres sont largement sous exploitées.
Quant aux ressources en eau, elles sont constituées des cours d’eau permanents ou semi
permanents, des nappes souterraines et des eaux de surface. Près des trois quarts du pays sont
constitués de terrains sédimentaires contenant plusieurs nappes. Le volume des eaux
souterraines varie de 263 à 455 milliards de m3 par an, avec un renouvellement de 20,6
milliards de m3. Le pays est donc suffisamment doté de ressources en eau, contrairement aux
autres pays du Sahel, mais sa maîtrise reste encore problématique. L’utilisation judicieuse de
ces ressources en eau permettrait d’assurer la sécurisation des productions agricoles.
Le sous-sol tchadien regorge de minerais que sont le sel, le natron, l’uranium, l’or, le diamant
le kaolin, etc. pour la plupart non exploités mais le plus important est le pétrole. En effet,
l’exploitation du pétrole générera des revenus substantiels au profit du Trésor Public : sur la
durée de vie du projet, le Tchad touchera en moyenne 50 milliards de FCFA par an. Ces
ressources seront allouées aux différents secteurs de l’économie, en particulier dans les
secteurs prioritaires pour l’amélioration des conditions de vie de la population. L’ère
pétrolière offre de nombreuses opportunités au secteur privé à travers la sous-traitance et le
développement des services. On note déjà les effets d’entraînement des investissements
pétroliers sur les secteurs des transports et de la restauration. Il faudra s’attendre à une
diversification de l’économie et à une augmentation substantielle du revenu des ménages.
41
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
La loi sur la gestion des ressources pétrolières prévoit également la création d’un comité de
surveillance de celles-ci appelé Collège de Contrôle et de Surveillance des Ressources
Pétrolières (CCSRP), et comprenant des représentants du gouvernement, du parlement, de
l’appareil judiciaire et de la société civile.
La communauté internationale est arrivée à la conviction que seul un effort concerté au niveau
des Bailleurs de Fonds pourra permettre de lutter efficacement contre la pauvreté à travers
l’aide publique au développement et la promotion des investissements privés. Il faudra
désormais rechercher une plus grande synergie dans les interventions des différents
partenaires à la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté. L’un des instruments de
financement de cette stratégie est l’IPPTE.
D’autres programmes en cours dans des secteurs particuliers et impliquant plusieurs bailleurs
sont autant d’opportunités de financement pour ces secteurs, en particulier pour le
développement rural et pour les transports, mais à condition qu’ils soient coordonnés et
complémentaires.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’ère pétrolière offre des possibilités énormes de croissance du PIB par habitant. Les
projections faites dans le cadrage macro-économique déclinent le profil des recettes
pétrolières jusqu’à 2015, en faisant une hypothèse conservatrice qu’il n’y aura pas d’autres
découvertes d’ici là.
Le Tchad est éligible à l’IPPTE depuis juin 2001 et bénéficie déjà d’une assistance intérimaire
d’un montant de 8,7 milliards de FCFA la même année. L’allègement à proprement dit
n’interviendra qu’après l’évaluation d’une année de mise en œuvre de la SNRP. Le montant
actualisé cumulé sur la période au titre de l’assistance PPTE s’élève à 260 millions de dollars
US et servira à financer les actions retenues dans la SNRP.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Pour relever ce défi, la vision du Tchad à l’horizon 2015 s’inscrit dans la perspective d’une
réduction de moitié de l’incidence de l’extrême pauvreté et d’une économie post-pétrolière
diversifiée et compétitive.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
En ce début des années 2000, l’agriculture, l’élevage et la pêche contribuent pour 40% au
PIB, occupent 80% de la population active, et fournissent plus de 59% des revenus des
ménages en milieu rural et 80% des recettes d’exportation. Les retombées de l’économie
pétrolière permettront d’exploiter plus à fond les marges d’expansion encore très importantes
de ces trois secteurs qui auront à s’adapter à une demande solvable plus forte en concurrence
avec les importations. Ils seront donc interpellés pour améliorer sensiblement leur faible
niveau de productivité actuel.
Par ailleurs, pour être compétitive dans un environnement de concurrence nationale, sous-
régionale et internationale plus ouverte, l’économie post-pétrolière devra pouvoir compter sur
une main d’œuvre qualifiée, plus productive au vu du contenu en salaires des produits locaux
mis sur les différents marchés. Des centres d’enseignement technique et de formation
professionnelle de la main d’œuvre spécialisée des secteurs de diversification retenus
devraient permettre de renforcer les connaissances et les compétences développées par
l’enseignement général de base. Conséquemment, un accent important est mis sur l’adaptation
des curricula au titre du développement du capital humain.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Il s’agit, à travers ces axes, de développer une dynamique d’ensemble propice à la réduction
de la pauvreté dans tous les compartiments de l’administration publique et de la société civile,
tout en dégageant un noyau de secteurs prioritaires inspiré par le profil de la pauvreté et ses
46
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Cet axe sert de support à toutes les actions destinées à relever le défi politique dans ses
différents aspects. Celles-ci visent à cet effet un certain nombre d’objectifs nationaux : la
consolidation de l’Etat de droit, la promotion d’une administration publique efficiente,
motivée et aux capacités renforcées, la décentralisation des pouvoirs et la déconcentration, la
promotion d’une gestion efficiente et transparente des affaires publiques, le renforcement des
capacités du secteur privé et de la société civile, la sécurité des biens et des personnes, la lutte
contre la corruption et l’impunité, et la réforme du système judiciaire.
Telle que définie ci-dessus, la Bonne Gouvernance est favorable à la lutte contre la pauvreté
en ce sens qu’elle associe les populations à la prise des décisions concernant leurs problèmes
et leur milieu, ainsi qu’elle rend les citoyens plus conscients et plus confiants des dispositions
légales qui assurent la protection de leurs droits et l’équité des obligations auxquelles ils sont
soumis. Ainsi, la bonne gouvernance permet une meilleure prise en compte des intérêts de la
population et la met dans des conditions telle qu’elle pourra mieux participer à l’effort de
développement.
Dans le cadre de l’Etat de droit, en lieu et place de la dictature, l’Etat s’astreint à définir les
lois qui régissent son comportement et celui des individus, et à les respecter pour donner
l’exemple. A cet égard, l’accent est mis sur le renforcement de l’institution parlementaire, la
réforme du système judiciaire et la promotion des droits de l’Homme.
Pour le relèvement du degré de participation des acteurs de la vie publique, des actions
tendant à renforcer leur partenariat, telles que le projet intérimaire de renforcement des droits
de l’Homme et de la gouvernance, ainsi que le projet de renforcement des capacités d’analyse
économique et financière de l’Assemblée nationale ont été engagées. En outre, le programme
d’action adopté par le Ministère de la Justice est articulé autour de la promotion de l’Etat de
droit, l’accessibilité de la justice et la justice comme facteur de développement.
47
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Au chapitre des droits de l’Homme, il y a lieu d’évoquer les initiatives nouvelles à prendre et
concernant le statut de la femme, la protection de l’enfance, la médiation nationale et la
résolution des conflits, la sécurité des personnes et des biens et les médias publics ou privés.
Rôle de l’Etat
Dans le partage des rôles susvisés, en contrepartie du pouvoir politique, l’Etat a pour mission
de défendre l’intérêt général ; ceci le met dans l’obligation de protéger les libertés
constitutionnelles et d’assurer les conditions d’une consolidation continue du pouvoir
économique de la collectivité nationale, tout en veillant à l’équilibre des intérêts entre les
membres de la collectivité nationale. Pour ce faire, l’Etat stratège se substitue
progressivement à l’Etat-Providence depuis la fin des années 70, et les aspirations des
populations pour un Etat de droit s’expriment de plus en plus clairement depuis la fin des
années 80. Enfin, depuis la fin des années 90, le consensus qui a fini de se dégager à l’échelle
mondiale en faveur de la lutte contre la pauvreté, a donné une finalité à la conjonction de
l’Etat stratège et de l’Etat-Providence, à savoir, le développement humain durable.
Les paragraphes ci-dessus ont décrit une situation qui porte la marque d’un déficit général de
capacités dans la conduite des missions de l’administration publique, notamment dans
l’allocation et la planification de l’utilisation des ressources humaines, mais aussi d’autres
domaines.
Pour créer les meilleures conditions de réussite de la SNRP, la question du renforcement des
capacités influence déjà les programmes de développement du capital humain (éducation,
formation, alphabétisation, notamment). Mais ces derniers seront complétés par un
programme global de renforcement des capacités, spécialement dans les ministères en charge
des secteurs prioritaires. Il s’agit de développer les capacités, tant institutionnelles
qu’individuelles, dans les départements ministériels ainsi que dans les directions et services
techniques rattachés à chaque ministère.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
La vision intégrée à l’horizon 2015 qui sous-tend la SNRP indique que le Tchad a devant lui
l’occasion de rattraper en dix ans le retard de 30 années de son développement. A cet effet,
l’Etat et l’administration publique doivent, toutefois, faire preuve d’engagement en faveur de
l’approfondissement de la démocratie mais aussi du renforcement des capacités dans tous les
secteurs de la vie économique et sociale. En particulier, une attention accrue sera portée sur
les secteurs prioritaires déjà consacrés par la loi de gestion des ressources pétrolières auxquels
il faudrait ajouter la bonne gouvernance et le secteur pétrolier.
L’ère pétrolière est un défi de développement qu’il faut relever à l’aide de capacités
confirmées de gestion d’une économie dont l’expansion est tirée par un secteur. Pour le cas
d’espèce, il importe d’assurer une absorption effective et adéquate des ressources au plan
social et environnemental, au niveau de la région pétrolière et au niveau national. Les
ministères en charge des secteurs prioritaires devront renforcer leurs propres capacités
techniques et de coordination, ainsi que leurs capacités à coordonner leurs interventions pour:
• la prise en compte des effets de l’exploitation minière sur les zones et les populations
environnantes, notamment dans les domaines de la santé, de l’assainissement et de
l’hydraulique ;
• la mise en place d’un programme spécifique de soutien aux activités de
développement dans la région pétrolière, afin d’impliquer directement les populations
à travers les communautés de base et les ONG, dans la matérialisation des retombées
qu’elles attendent légitimement de l’exploitation pétrolière. Dans le cadre de la lutte
contre la pauvreté, un fonds de développement local constitué des ressources
provenant des revenus pétroliers et géré avec la participation des populations sera
expérimenté dans la région pétrolière ;
• l’insertion du programme de développement spécifique à la région pétrolière dans un
programme national de développement, qui permette de limiter les mouvements
migratoires en destination des zones pétrolières, et d’organiser l’aménagement des
terroirs dans ces zones, ainsi que d’exécuter des plans d’urbanisation dans les villes
limitrophes de ces zones ;
• le renforcement des capacités des différents services compétents du gouvernement à
faire face aux implications juridiques, techniques et financières de l’exploitation
pétrolière en sus des capacités des ministères chargés des Finances et du Plan à assurer
une gestion macroéconomique appropriée pour l’absorption correcte des ressources
pétrolières et de l’IPPTE, sans effets dommageables sur la viabilité des finances
publiques, la maîtrise de l’inflation et la préservation de la compétitivité de
l’économie non pétrolière ;
• la mise en place d’un système d’information et de communication intégrant les effets
du projet pétrolier pour servir d’exemple à tout autre projet minier
49
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
50
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
mise en œuvre du projet de région sera aussi l’occasion de relancer la mise en œuvre de la
politique de décentralisation.
Dans le cadre de la SNRP, la décentralisation joue un rôle de catalyseur des initiatives locales
et la déconcentration vise à renforcer l’efficacité de l’action de l’Etat auprès des populations.
Pour les populations concernées, les collectivités locales offrent un cadre approprié de
participation aux actions de développement, d’abord parce qu’elles sont de taille réduite, et
ensuite leur proximité les astreint plus facilement au respect de l’obligation de rendre compte
au niveau local de leur gestion des ressources publiques. Leur indépendance statutaire est une
source de célérité dans la mobilisation de ressources pour la fourniture de services aux
populations, en sus du fait qu’elles sont plus informées que les administrations centrales sur
les difficultés auxquelles les populations sont confrontées.
51
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Le secteur privé est le relais des populations quand il s’agit d’examiner avec l’Etat les
conditions favorables à l’expansion des opportunités et du pouvoir économiques. Ainsi, il
interpelle l’Etat particulièrement sur la politique commerciale, la politique industrielle et la
politique des privatisations. Il doit en particulier pouvoir donner son point de vue et ses
conseils à l’Etat dans les négociations internationales, dans le cadre de l’intégration
économique africaine, comme dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale, à
chaque fois que l’évolution du pouvoir économique de la collectivité nationale est en jeu.
Comme indiqué dans les paragraphes précédents, l’émergence de la société civile a apporté un
plus pour la mobilisation sociale en faveur du développement économique et social. Mais la
société civile joue également un rôle important dans la mobilisation sociale en faveur de la
bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et l’impunité, de l’approfondissement de
l’Etat de droit et des bases démocratiques ainsi que de la transparence et de l’obligation de
rendre compte. Ce qui fait d’elle une source saine de contre-pouvoir pour les secteurs publics
comme privés en vue d’une répartition plus équitable des fruits de la croissance dont la SNRP
est porteuse. Aussi, l’administration publique devrait-elle être préparée à accepter le rôle de la
société civile qui, à son tour, devrait renforcer ses capacités à tenir son rôle avec
professionnalisme, objectivité et un sens élevé de responsabilité.
52
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Depuis une dizaine d'années, le Gouvernement déploie des efforts dans plusieurs directions.
C’est ainsi qu’il a identifié quatre secteurs prioritaires que sont la santé et les affaires sociales,
l’éducation, le développement rural et les infrastructures, vers lesquels les ressources sont
orientées à travers une augmentation annuelle de 20% de leur budget de fonctionnement.
Néanmoins, ces efforts restent insuffisants au regard des besoins, et cela en partie à cause du
service de la dette qui est passé de 17 milliards de FCFA en 1995 à 28,3 milliards en 2001,
soit un accroissement annuel moyen d’environ 9%. Des efforts substantiels devront être faits
dans les secteurs prioritaires dont la liste sera élargie de manière à permettre de réduire
effectivement la pauvreté dans les ménages.
La levée de la contrainte de ressources que vont permettre l’entrée du Tchad dans l’ère
pétrolière, son éligibilité à l’IPPTE, et d’une façon générale les concours de la communauté
internationale, doit être soutenue par l’amélioration de la gouvernance, la mise en place d’un
programme de renforcement des capacités mais également la lutte contre la corruption.
Cet axe est associé au défi économique dont la mise en valeur des sources de croissance, la
promotion du secteur privé, le développement du secteur prioritaire des infrastructures, et la
création des conditions d’une dynamique d’auto-développement sont les quatre objectifs
nationaux.
Comme indiqué dans les paragraphes précédents, l’exploitation des champs pétrolifères
constitue une opportunité majeur pour le Tchad. Le démarrage des exportations du pétrole en
2004 va bouleverser de manière sensible la structure de l’économie tchadienne. Néanmoins,
53
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’environnement réglementaire et juridique encore peu attrayant en dépit des efforts déjà
consentis sera revu au regard de la demande de réforme qui sera exprimée par les
investisseurs nationaux et étrangers, en particulier pour susciter et accompagner le
développement de l’esprit d’entreprise appelé à porter la diversification de l’appareil de
production au-delà des frontières des activités de services. La coopération Sud-Sud sera
privilégiée pour la promotion de l’initiative entrepreneuriale pendant qu’une étude sur le
parcours de l’investisseur permettra d’identifier et de lever les entraves majeures aux
investissements privés.
Le second volet a trait au soutien direct au développement des entreprises locales. Il concerne
notamment la problématique du financement des entreprises grâce à la mise en place d’un
fonds de garantie, l’ouverture de lignes de crédit pour l’apport de ressources longues, la
promotion de la micro finance, les incitations économiques et fiscales en liaison avec la
formation et l’embauche des jeunes, etc. Relèvent aussi de ce volet le renforcement des
structures techniques de formation spécialisée (publiques ou privées) au profit des opérateurs
économiques et des agents de la fonction publique impliqués dans la promotion du secteur
privé ainsi que l’appui aux organismes consulaires pour le développement des capacités
d’assistance technique aux PME.
54
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Le troisième volet regroupe des actions destinées à développer l’information auprès des
opérateurs et la concertation entre ceux-ci et les pouvoirs publics. Il comprend entre autres : le
développement de mécanismes adaptés aux différentes catégories d’opérateurs pour la
connaissance et la maîtrise des opportunités de marchés, des coûts et des technologies, de la
conjoncture économique et financière, de la réglementation des affaires, de la valorisation des
potentialités dans différentes branches de l’économie, etc.
Dans le cadre de la SNRP, la promotion du secteur privé repose sur les principes suivants :
• faire jouer un rôle majeur aux structures d’encadrement et de représentation du secteur
privé ;
• privilégier la formation et le savoir-faire autant que de besoin ;
• promouvoir le dialogue et la concertation entre le secteur privé et le secteur public ;
• fédérer les initiatives et coordonner l’assistance au secteur privé pour renforcer la
synergie et la cohérence des interventions ;
• renforcer la capacité du secteur privé à se prendre en charge ;
• inscrire la promotion du secteur dans le processus d’intégration régionale et sous-
régionale et promouvoir sa compétitivité dans un environnement de plus en plus
concurrentiel et, par là, celle de l’économie nationale ;
• renforcer les acquis et développer des initiatives nouvelles ;
• mettre en place un système léger de coordination des actions et des activités en
relation avec les représentants du secteur privé.
Le transport
55
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
des ressources en eau (Harare, 1998), confirmée par le Sommet mondial du Développement
durable (Johannesburg, 2002). Par son approche participative, globale et intégrée, ainsi que
son orientation vers l’action locale, elle s’inscrit dans la démarche de la SNRP en s’appuyant
sur :
• un consensus national sur une politique, volontariste mais réaliste, d’accès élargi,
efficient, équitable et abordable à l’eau potable et à l’assainissement de base ;
• l’information, l’éducation et la sensibilisation des groupes d’acteurs publics ou privés,
associatifs, nationaux régionaux ou locaux, hommes ou femmes ainsi que jeunes ou
adultes, pour une gestion durable des ressources en eau ;
• des stratégies, des activités et des investissements de base qui ont des effets durables
sur d’autres préoccupations des populations et des autorités telles que la protection de
la santé des populations et des écosystèmes dont dépendent la conservation de la
biodiversité et les performances économiques d’une partie importante du secteur
productif.
La stratégie en matière d’eau potable est axée sur l’extension de l’accès à l’eau aussi bien en
milieu urbain qu’en milieu rural, et sur la responsabilisation des populations dans sa gestion.
Dans le domaine des postes et télécommunications, il s’agit d’assurer la couverture des zones
urbaines et rurales, en particulier par le développement de la téléphonie mobile.
Le Gouvernement a élaboré une stratégie nationale de développement rural qui a été présentée
aux partenaires au développement lors des consultations sectorielles de juin 1999. L’objectif
56
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
central de cette stratégie est d’accroître la production de l’économie rurale de façon viable
tout en sauvegardant l’environnement et en renforçant les capacités humaines et
institutionnelles. Pour la réalisation de cet objectif, les choix opérés par le Gouvernement sont
les suivants :
• susciter et entretenir une croissance durable de la production agricole ;
• soutenir les organisations rurales ;
• développer les filières émergentes ;
• améliorer la gestion des ressources naturelles ;
• décentraliser les prestations de services agricoles ;
• améliorer l’efficacité du secteur public ;
• améliorer l’accès aux services de base pour les populations et l’économie rurale.
Des travaux d’études et de recherches seront réalisés sur l’amélioration des intrants ou de leur
utilisation, sur les besoins de nouvelles techniques culturales dans des zones ciblées, ou la
création de centres de services agricoles viables et l’introduction de produits financiers pour le
monde rural, notamment suivant une approche intégrée des besoins de financement du
ménage rural.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Tout comme les organisations de producteurs, les services publics impliqués dans le
développement rural devraient bénéficier de programmes de renforcement des capacités
appropriés aux niveaux central et décentralisé. En particulier, sont à renforcer les capacités
des services techniques des départements ministériels compétents afin de présenter des
rapports d’études facilitant la prise de décision sur des thèmes de recherches identifiés dans le
cadre de la concertation avec les organisations de producteurs ou les travaux spécialisés des
organisations du secteur privé. Spécialement, les ministères en charge du monde rural
devraient développer leurs capacités à coordonner leurs efforts pour la mise en place d’un
système d’information fiable pour les besoins du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre
de la SNRP. La collecte de l’information requise, son analyse et sa diffusion suivant une
périodicité régulière sont des critères de bonne gestion des enjeux de développement rural.
Une attention particulière est actuellement portée sur la filière coton qui constitue l’un des
secteurs vitaux de développement socio-économique du Tchad. Dans le cadre de la réforme
de cette filière, le Gouvernement est décidé à se désengager des activités de la filière huile et
savon, et s’attellera à l’instauration d’une gestion efficace de la Cotontchad et au
développement des capacités institutionnelles et organisationnelles des producteurs.
Pour ce faire, en décembre 1999, le Gouvernement a adopté une stratégie de réforme dudit
secteur, ayant pour principal objectif l’amélioration des revenus des agriculteurs. Cette
stratégie consiste en un changement institutionnel pour augmenter le pouvoir de négociation
des producteurs et ce en (i) renforçant le rôle des associations des cotonculteurs, et (ii)
désengageant l’Etat de la production du coton et revoyant la structure industrielle du secteur
coton.
Dans le cadre du renforcement du rôle des organisations des paysans, la stratégie est axée sur
les actions suivantes :
• Le renforcement des capacités institutionnelles et d’organisation des producteurs du
coton ;
• L’amélioration de l’accès des producteurs à l’information et à la connaissance de
l’environnement économique, notamment sur le coton ;
• Une plus grande facilité d’accès des cotonculteurs aux intrants et aux services de
gestion ;
• La pleine participation des cotonculteurs à l’élaboration et au suivi du processus de
désengagement de l’Etat de l’industrie du coton et de sa réforme institutionnelle.
58
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Cet axe est associé directement aux deux secteurs prioritaires de la santé et de l’éducation /
formation comme objectifs nationaux. On lui associe aussi les objectifs nationaux de lutte
contre le VIH/SIDA.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Il est prévu d’atteindre un taux d’admission en première année de 90% en 2005-06 (75% pour
les filles contre 82 % en 2000) et de 96 % à 2009-10, (85 % pour les filles). L’amélioration de
la qualité et de l’efficacité de l’enseignement permettra d’atteindre un taux de survie en 6e
année de 63 % vers 2006 et 82 % vers 2010.
Afin de réaliser une éducation universelle de qualité à l’horizon 2015, à la suite de la Table
ronde de Genève IV, un programme décennal d’appui à la réforme du système éducatif a été
adopté par le Gouvernement et ses partenaires en mars 2002 en vue :
A cet effet, le Gouvernement s’est engagé à entreprendre les mesures clés de politiques ci-
après :
a) Un accroissement substantiel de la part du PIB consacrée à l’éducation avec un
objectif d’au moins 4 % d’ici 2015.
b) L’affectation d’au moins 50 % du budget de l’éducation au développement de
l’éducation de base.
c) L’augmentation d’au moins 20% du Budget de fonctionnement de l’Education chaque
année, sur toute la durée du programme.
d) L’affectation d’au moins 50% du Budget de l’Education chaque année au sous-secteur
de l’enseignement de base .
e) L’inscription chaque année au budget de l’Etat et sur les ressources IPPTE, des fonds
à transférer au compte du Fonds d’Appui aux Initiatives Communautaires (FAIC)
60
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
pour la prise en charge des maîtres communautaires la mise en place de l’Agence pour
l’Appui aux Initiatives Communautaires en Education (APICED) ;
f) La création du Centre Nationale de Curricula pour développer des programmes
nationaux bilingues devant déboucher sur la production de manuels tchadiens
distribués gratuitement à tous les enfants d’ici 2011.
[Link] Santé
[Link] VIH/SIDA
Cet axe vise les populations les plus démunies et ainsi reconnaît que les politiques générales
de promotion de la croissance économique ne suffisent pas pour améliorer les conditions de
vie des pauvres. A cet égard, la SNRP repose sur des politiques intégrées visant à créer les
conditions de base d’une expansion continue des opportunités économiques et de l’équité
dans l’accès à ces opportunités à travers l’ouverture des marchés et le renforcement des
capacités. Ainsi, tenant compte du profil de la pauvreté au Tchad, les objectifs nationaux
61
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
identifiés au titre de cet axe sont le développement urbain intégré, le soutien aux micro-
entreprises, aux PME et à l’emploi et la mise en place d’un système de protection sociale.
14
Entreprise chargée de faire réaliser des travaux HIMO pour le compte de l’État et des collectivités publiques
62
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Les mesures de protection sociale peuvent être d’ordre institutionnel (lois, réglementations…)
et/ou des programmes et projets. Elles ont pour rôle d’atténuer la vulnérabilité et d’alléger la
pauvreté des groupes vulnérables. En ce sens, elles limitent les écarts d’inégalité excessive
entre les différentes couches sociales ainsi que les incidences négatives possibles résultant de
décision et de choix de politique socio-économique ou des agitations sociales.
En fait, un système de protection sociale efficient doit reposer sur un système d’informations
exhaustives sur les risques, les groupes vulnérables, les interventions et les acteurs. Ainsi, une
stratégie de protection sociale complète doit reposer sur les trois types d’intervention :
prévention, prévoyance et voies de recours en cas de concrétisation de risques.
Les actions prioritaires de prévention des risques pourraient s’articuler autour de trois points:
• mener des campagnes IEC sur les mesures clefs de prévention des risques,
principalement en ce qui concerne la santé ; l’éducation à l’hygiène et à la nutrition et
à l’environnement ;
• réviser le droit de la famille et le droit foncier dans le cadre de l’amélioration du statut
de la femme ;
• raffermir la collaboration entre l’Etat et les communautés de base pour accroître
l’accès aux services sociaux.
Au chapitre de la prévoyance face aux risques où les dispositifs informels sont plus nombreux
et plus efficaces, le rôle du secteur public devrait consister à :
a) appuyer les dispositifs informels performants existants tels que la mutualisation des
risques et les mécanismes donateurs de réponse développés par les communautés face
aux catastrophes ou aux dangers chroniques ;
b) adapter la sécurité sociale et le système de pensions de retraite.
63
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Il s’agit de prendre en compte, dans leur intégralité, les problèmes environnementaux sous
forme de programme intégré, non seulement en termes de gestion de ressources naturelles,
mais aussi comme déterminant de la croissance économique et donc de l’amélioration des
conditions de vie des populations.
Pour les quinze prochaines années, les actions à prendre en matière de renforcement des
capacités sont :
• promulguer les textes transférant certaines prérogatives de gestion des ressources
naturelles aux utilisateurs ;
• mettre en place des comités locaux de gestion des ressources naturelles ;
• renforcer les capacités des institutions en charge de la gestion des ressources
naturelles ;
• mettre en place un système d’informations environnementales ;
• élaborer un programme national de mobilisation des populations pour
l’environnement.
Dans le cadre de la SNRP, il est prévu de faire le bilan du plan d’action détaillé adopté en
1993 après un séminaire participatif sur le thème de l’énergie domestique et visant les
objectifs globaux de la protection de l’environnement.
Il importe de mettre à jour et de consolider les initiatives existantes pour : (i) promouvoir une
production viable de bois de chauffe dans les zones rurales autour des principales villes,
notamment autour de N’Djaména ; (ii) faire de l’exploitation forestière une source de
revenus pour les populations rurales ; (iii) impliquer davantage les populations rurales dans
la gestion des ressources naturelles ; (iv) donner un rôle de régulation à la fiscalité sur le bois
et les produits dérivés ; (v) améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’énergie domestique à
travers la promotion de fourneaux et autres instruments de génération d’énergie domestique
plus performants.
64
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Le démarrage des exportations pétrolières prévu pour début 2004 fera temporairement bondir
la croissance du PIB. En 2004, la production initiale représentera 36 points de pourcentage du
taux de croissance du PIB total, amenant ce dernier à croître de 42,4%. Cependant, sous
l’hypothèse prudente de l’absence de découverte d’autres gisements, près de 80 % des
réserves actuelles de Doba - estimées à 917 millions de barils - seront exploitées d'ici 2015
(voir figure 1). Dans le scénario actuel, à partir du sommet initial de 2004, la production
pétrolière devrait fléchir de 0,7 % par an entre 2005 et 2009, avant de chuter sensiblement de
14 % chaque année par la suite. Ainsi la part du pétrole dans le PIB diminuerait rapidement,
de 31 % en 2004-2009 à 11 % en 2010-2015.
En plus du projet de Doba, qui est exploité par des opérateurs privés, le gouvernement
aménage actuellement dans la région de Sédigui un petit champ pétrolifère dont les réserves,
estimées à 20 millions de barils, devraient durer 13 ans environ à compter de 2004. Le pétrole
brut de Sédigui sera raffiné par une société privée non encore identifiée ; celle-ci construira
une raffinerie dont la production devrait couvrir près de 50 % des besoins du pays en produits
pétroliers. Le gouvernement envisage également diverses possibilités d'exploitation de gaz
naturel à Sédigui en vue d'accroître l’offre intérieure de produits énergétiques.
65
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
après le démarrage de la production pétrolière, le PNB réel (qui prend en compte les flux nets
du revenu des facteurs) n’augmentera que de 8,9 %. Néanmoins, l'impact indirect de l’activité
pétrolière sur la croissance et la réduction de la pauvreté sera significatif, d’abord en raison de
la hausse des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires permise par les recettes
pétrolières, et aussi du fait de la demande accrue de produits des autres secteurs de la part de
l'industrie pétrolière et de ses employés. Les recettes pétrolières du gouvernement permettront
d'accroître les services aux pauvres, notamment en matière d’éducation et de santé,
contribuant ainsi au développement du capital humain. Par ailleurs, le recours aux recettes
pétrolières pour développer les infrastructures propres à accroître la productivité stimuleront
l’investissement privé et, partant, la croissance et l'emploi dans les secteurs non pétroliers,
dont bénéficieront les pauvres. Ces facteurs devraient contribuer à améliorer durablement les
conditions de vie de la majorité de la population.
L’une des premières causes de cette dualisation est la perte de compétitivité qui résulte d'une
appréciation indésirée du taux de change réel provoquée par un afflux non stérilisé de devises
au titre des recettes pétrolières. Les mesures, qui permettront d’éviter cette situation et que les
autorités ont l'intention de mettre en place, sont examinées ci-dessous. Parallèlement, le
gouvernement compte : i) appliquer les stratégies envisagées dans chaque secteur, en
privilégiant l’amélioration des infrastructures (routes, communications, énergie et gestion des
ressources hydrauliques) et du capital humain ; et ii) accélérer les réformes structurelles pour
créer les incitations au développement du secteur privé et promouvoir la diversification de
l'économie. Sous ces hypothèses, le PIB non pétrolier (c'est-à-dire la valeur ajoutée produite
par tous les secteurs, hormis l’industrie pétrolière) afficherait une croissance annuelle
moyenne de 8,9 % pendant la période 2003-2015.
La croissance du PIB du secteur primaire est projetée à 4,2 % par an entre 2003 et 2015.
Dans le même temps, la valeur ajoutée dans le sous-secteur des cultures vivrières devrait
progresser de 5,6 % grâce à l'amélioration des infrastructures et des services et un meilleur
accès aux intrants et à des techniques de production modernes. Ces facteurs devraient
rehausser la productivité et la diversification de la production vivrière (fruits et légumes
notamment), ainsi que l'utilisation des terres arables sous-utilisées, mais ayant un bon
potentiel. La production des cultures de rente devrait augmenter de 4,6 % en moyenne par an
entre 2003 et 2015, surtout en raison de l'impact positif de la réforme en cours de la filière
coton. En outre, ces facteurs favorables à l’agriculture vivrière, de même que le maintien de la
compétitivité extérieure, devraient stimuler l’expansion des autres cultures de rente,
notamment la gomme arabique et le karité. L’élevage devrait croître à un rythme plus faible -
2,9 % en moyenne par an entre 2003 et 2015 - et demeurer principalement extensif.
Néanmoins, des gains de productivité sont prévus dans ce domaine, surtout en raison de
l'amélioration des infrastructures, l'expansion des services vétérinaires et le développement
graduel d'élevage à cycle court.
66
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Le PIB du secteur tertiaire devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 6,5 % en
2003-2015 sous l'effet combiné des facteurs suivants : i) croissance soutenue des secteurs
primaire et secondaire ; ii) importants gains de productivité dans les domaines des transports
et du commerce grâce à l’amélioration prévue des infrastructures ; iii) «rattrapage» du secteur
financier, qui est relativement sous-développé à l’heure actuelle ; et iv) accroissement de la
valeur ajoutée de l’administration publique du fait de l’expansion des services publics, surtout
dans les secteurs prioritaires.
67
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
La stabilité macroéconomique est caractérisée par i) une inflation faible ; ii) un taux de
change effectif réel approprié ; iii) un endettement soutenable ; et iv) des réserves de change
suffisantes.
Un taux d'inflation faible permettra donc d’éviter une redistribution du pouvoir d'achat ou de
la richesse au détriment des pauvres. De plus, un taux d'inflation faible et prévisible permet
d'éviter l’effritement, en termes réels, des crédits budgétaires en faveur des pauvres. Enfin,
étant donné que bien des pauvres tirent déjà leur subsistance de la production de produits
agricoles échangeables - coton et bétail surtout -, une évolution défavorable du taux de change
réel réduirait leurs revenus et aggraverait la pauvreté.
Une dette extérieure élevée par rapport à la capacité de remboursement du pays découragerait
les éventuels investisseurs nationaux et étrangers, car ils pourraient craindre une augmentation
des impôts pour financer le service de la dette ou bien une crise financière pouvant nuire à
l'économie. Les pauvres pâtiraient d'un endettement excessif, non seulement en raison des
conséquences de l’insuffisance des investissements privés sur les revenus, mais aussi à cause
de la compression des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires de lutte contre la
pauvreté. Il faudrait en effet consacrer davantage au service de la dette, dont le montant serait
tributaire du niveau d’endettement élevé et des taux d'intérêt excessifs que les créanciers
imposeraient au pays pour couvrir le risque de défaillance.
68
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
même profil, chutant de 15,3 % en 2003 à environ 2,6 % en 2004-2009, puis remontant à
7,2 % en 2015.
Tout au long de la période 2004–2015, le volume des exportations non pétrolières devrait
progresser de 4,3 % par an, conformément aux projections sectorielles susmentionnées. En
particulier, les exportations traditionnelles (coton et élevage) progresseraient de 3 % par an en
moyenne sur cette période. La stratégie de réduction de la pauvreté table aussi sur une
expansion des exportations dans d'autres domaines, tel que mentionné plus haut, dans
l’hypothèse du maintien escompté d'un taux de change réel adéquat, de l’amélioration des
infrastructures et du capital humain et de la poursuite de la bonne gouvernance et d’autres
réformes structurelles. Selon le cadre macroéconomique, les exportations hors pétrole, coton
et élevage devraient progresser de 52 millions de dollars EU en 2003 à 100 millions de dollars
EU en 2010 et 202,8 millions de dollars EU en 2015 (soit environ 39 % des exportations
totales à cette date). Après une baisse de 30 % par an en moyenne en 2004-2005 expliquée par
la fin des investissements relatifs au projet Doba, le volume des importations devrait
augmenter de 4,6 % par an en 2006-2015. Ceci correspondrait à une diminution progressive
de la part des importations dans le PIB non pétrolier, à mesure que les secteurs de substitution
des produits nationaux aux importations se développeront dans les secteurs primaire et
69
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
secondaire, ce qui est prévisible vu le très faible niveau de développement de ces domaines à
l’heure actuelle et la forte dépendance envers les importations.
Le Tchad appartenant à la CEMAC, dont le taux de change nominal est fixe, la politique
budgétaire devra jouer le rôle principal pour atteindre la stabilité macroéconomique et une
croissance équitablement répartie. La politique budgétaire devra ainsi relever les défis
inhérents non seulement à une économie ouverte, de petite taille, à faible revenu, et membre
d’une zone monétaire, mais aussi ceux découlant d’une manne pétrolière considérable mais
relativement limitée dans le temps.
L’analyse des contraintes spécifiques de la politique budgétaire induites par l’existence de
recettes pétrolières aboutit au constat suivant :
• Il est nécessaire de veiller à la stabilité des dépenses, en particulier dans les secteurs
prioritaires, eu égard à l’hypervolatilité des recettes pétrolières. Des variations de
grande amplitude et fréquentes auraient des retombées néfastes sur les conditions de la
demande en général ainsi que sur certains postes de dépenses de fonctionnement et
d’équipement potentiellement essentiels à la croissance des secteurs autres que le
pétrole. En outre, les prestations de services aux pauvres et l’investissement dans le
capital humain en seraient pénalisés. Tout ceci aurait des conséquences néfastes sur
l’effort de réduction de la pauvreté.
• Il faut éviter tout déséquilibre budgétaire prononcé auquel pourraient donner lieu des
projections excessivement optimistes des prix pétroliers et la volatilité intrinsèque de
ces prix. Des déséquilibres de cette nature pourraient entraîner un surendettement aux
effets néfastes décrits plus haut.
Les problèmes susmentionnés ont été observés dans d’autres pays producteurs de pétrole,
notamment en Afrique. Le Tchad fera face aux même défis, eu égard en particulier au
calendrier prévisionnel des recettes pétrolières (encadré 1, graphique 1), qui se caractérise par
d’importantes recettes à compter de 2004, puis une forte diminution à partir de 2010, avec une
70
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
remontée de deux années environ au milieu des années 2010, avant une période d’épuisement
rapide par la suite.
Pour remédier aux difficultés potentielles liées à la production pétrolière évoquées ci-dessus,
le Tchad devra appliquer la stratégie budgétaire suivante :
c. Troisièmement, pour que les revenus pétroliers aient un impact maximum sur la
croissance et la réduction de la pauvreté, et pour contenir le risque de lourdes dépenses
d’équipement ou de consommation non productives, le Tchad appliquera la loi portant
gestion des revenus pétroliers (LGRP) votée en 1999, qui constitue un dispositif
législatif sans précédent dans un pays producteur de pétrole. Ce texte prévoit
l’inscription de tous les revenus pétroliers au budget général et l’affectation des
recettes directes (redevances et dividendes) aux dépenses suivantes : i) 10 % versés au
Fonds pour les générations futures (FGF); ii) les 90 % restants répartis comme suit :
72 % aux dépenses de fonctionnement et d’équipement des secteurs prioritaires (santé,
éducation, infrastructure et développement rural), 13,5 % aux dépenses générales de
15
Il s’agit, par exemple, d’éviter de construire des écoles sans tenir compte du temps nécessaire à la formation
des maîtres, ou de construire des routes sans prévoir au préalable de mécanisme d’entretien ou sans avoir pris les
mesures nécessaires pour éviter l’écoulement des eaux qui peut les endommager en saison des pluies.
71
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Les modalités précises d’utilisation des revenus pétroliers conformes à ces principes
stratégiques [devront être arrêtées à très brève échéance]. Dans cette optique, un cadre des
dépenses de fonctionnement et d’équipement à moyen terme est en préparation pour
l’ensemble des ministères relevant des secteurs prioritaires. L’élaboration et la mise en œuvre
de la stratégie budgétaire susmentionnée exigera l’intensification de l’important effort de
renforcement des capacités engagé16, notamment en matière de prévision des recettes
pétrolières ainsi que de préparation et de planification budgétaire.
16
Cet effort a été engagé avec l’appui de la Banque mondiale, sous la forme d’un vaste programme de
renforcement des capacités lancé en 1999, mais un complément d’assistance technique pourrait être nécessaire
dans ces domaines.
17
Total des recettes publiques (dons non compris) moins total des dépenses publiques (hors paiements au titre du
service de la dette et dépenses d’équipement financées sur ressources extérieures).
72
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
pauvreté. Premièrement, par son effet de modération de la demande globale, elle aidera à
maintenir, tel que souhaité, le taux d’inflation annuel à un bas niveau, de l’ordre de 3 % à
moyen et long terme. Deuxièmement, une amélioration de la situation budgétaire facilitera le
redressement des comptes extérieurs et permettra l’accumulation désirée de réserves de
change. Troisièmement, la réduction des déficits budgétaires limitera les emprunts intérieurs
et extérieurs et permettra donc de perpétuer l’amélioration de la soutenabilité de la dette
découlant du démarrage des exportations de pétrole, même après l’épuisement des ressources
pétrolières. Quatrièmement, la diminution de la dépendance à l’égard de l’aide renforcera la
confiance des investisseurs qui en apprécieront les fruits en termes de stabilité
macroéconomique (eu égard en particulier à la volatilité et aux aléas des flux d’aide). Enfin,
cette stratégie budgétaire contribuera à protéger les dépenses prioritaires et à les maintenir à
des niveaux stables, étant donné qu’il sera plus aisé d’absorber les chocs économiques à court
terme en permettant un gonflement passager du déficit dans un contexte de déficit budgétaire
sous-jacent de faible ampleur.
En cohérence avec l’orientation budgétaire et l’évolution des recettes décrites ci-dessus, les
dépenses totales devraient augmenter de 6,8 % en termes réels en moyenne annuelle sur la
période 2004–15. Le scénario macroéconomique prévoit une augmentation annuelle de l’ordre
de 8,3 % de la masse salariale civile de l’État en termes réels. Ceci devrait non seulement
permettre aux agents de l’État de percevoir une rémunération à la mesure de leurs besoins et,
par là, réduire les malversations, mais aussi constituer un facteur déterminant d’amélioration
de la prestation des services publics, notamment par l’accroissement de l’emploi public dans
les secteurs prioritaires. Les crédits alloués à l’acquisition de biens et de services à des fins
civiles et aux dépenses de transferts devraient augmenter, en termes réels, de 12,9 % en
moyenne par an sur la période 2004-15. L’investissement public financé sur ressources
propres augmenterait de 18,2 % en termes réels sur cette même période, compensant la quasi-
stagnation, en termes réels, de l’investissement financé sur ressources extérieures, et
permettant à l’investissement public total de progresser de 5,2 % par an en termes réels.
73
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
réels. De ce fait, la part des dépenses prioritaires dans l’ensemble des dépenses publiques
devrait être porté de 44 % en 2003 à 68 % en 2015. Cette répartition des dépenses budgétaires
constituera un important gage de réalisation d’une croissance durable et d’un emploi équitable
des revenus pétroliers profitant aux couches défavorisées. Afin de garantir au mieux cette
réalisation, il conviendra de poursuivre l’effort entrepris de renforcement de la préparation du
budget et du suivi de son exécution, notamment en ce qui concerne les dépenses visant à
réduire la pauvreté (voir encadré 2).
A court et moyen terme, les recettes pétrolières excéderont largement les capacités
d’absorption des secteurs prioritaires. Les dépenses dans ces secteurs croîtraient de près de
29 % par an entre 2004 et 2006.18 Conformément à la LGRP, les recettes pétrolières ne
financeront que la part de ces dépenses excédant le niveau prévu dans le cadre du budget
2002. En application des principes énoncés plus haut, les ressources pétrolières excédentaires
seront mises en réserves, notamment à fins de stabilisation. Sur trois ans (2004-2006), ces
réserves atteindraient environ 100 milliards de francs CFA.
18
Ces taux sont indicatifs à ce stade. Leur finalisation est en cours dans le cadre de la préparation des cadres des
dépenses à moyen terme, dont l’un des objectifs est une estimation affinée des capacités d’absorption de chaque
secteur.
74
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Total dépenses financées sur ressources propres 176.4 190.1 223.3 261.2
75
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
En 2004, les dépenses dans les secteurs non prioritaires seront, comme en 2003, contraintes
par le financement disponible (recettes non pétrolières, appui budgétaire extérieur et
financement intérieur bancaire et non bancaire), lequel financera aussi les dépenses dans les
secteurs prioritaires à concurrence du niveau prévu dans le budget 2002. Malgré une
augmentation d’environ 17 % en termes nominaux des recettes non pétrolières, la baisse
prévisible des appuis budgétaires extérieurs limitera à 5,9 % en termes nominaux la
croissance des dépenses dans les secteurs non prioritaires.
En 2005 et au-delà, le desserrement progressif des contraintes pesant sur les dépenses non
prioritaires leur permettrait de croître d’environ 10 % par an en moyenne en termes nominaux
en 2005 et 2006. Le déficit budgétaire total hors dons serait stable de 2004 à 2006 à environ
3,5 % du PIB, en très forte amélioration par rapport aux trois années précédentes, pendant
lesquelles il s’est élevé à 12,8 % du PIB en moyenne. Ce déficit serait financé par des dons et
prêts extérieurs dans le cadre de projets d’investissement en hausse de 4% en 2004, et de 1%
en 2005 et 2006, par une poursuite de l’appui budgétaire, notamment l’appui en provenance
de l’Union européenne qui pourrait s’élever à 24 millions d’Euros.
Comme indiqué ci-dessus, l’orientation budgétaire envisagée à moyen et long terme est
conforme à l’objectif de maintien de l’inflation à un bas niveau et de préservation de la
compétitivité extérieure dans un contexte de parité fixe. On ne peut toutefois exclure que
l’accélération de la demande globale excède parfois les projections de ce cadre
macroéconomique pour des raisons indépendantes de la politique budgétaire. À titre
d’exemple, on peut imaginer un afflux massif de capitaux privés lié à des anticipations
positives concernant l’économie tchadienne. Cela pourrait conduire à une inflation supérieure
à ce que prévoit ce scénario et donc une appréciation du taux de change réel. Le même
résultat pourrait découler d’une moindre élasticité de l’offre de certains produits non
échangeables, en réponse à l’augmentation des dépenses publiques ou des dépenses des
ménages actuellement envisagée. Dans ces cas, la politique budgétaire devra être resserrée de
manière à modérer le taux d’expansion de la demande globale et à contribuer à contenir les
pertes de compétitivité et éviter l’amorce du « syndrome hollandais ». S’il est difficile de
déterminer a priori le degré de resserrement qui s’imposerait, il n’en demeure pas moins qu’il
y a un engagement politique à le faire. Ne pas agir de la sorte pourrait se révéler nuisible pour
les perspectives de croissance économique et de réduction de la pauvreté à long terme.
76
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
loi du prix unique ne s’applique pas à ces produits. En outre, le marché du crédit au Tchad
n’est pas totalement intégré à celui des autres pays de la CEMAC; ainsi, l’offre de crédit
bancaire au Tchad ne peut être aisément utilisée pour répondre aux besoins de financement
d’entités bancaires ou non bancaires d’autres pays de la CEMAC. Ceci permet donc
d’éventuels afflux massifs de capitaux au Tchad, provoquant une offre excédentaire de crédit
et une situation de sur-liquidité dans le pays, qui ne se propagerait pas dans la région,
entraînant un excès de demande et de l’inflation dans le pays. Si l’effet est limité au pays en
raison du manque d’intégration des marchés, la politique monétaire peut alors avoir une
incidence à l’échelon du pays.
Dans ces conditions, les opérations monétaires limitées au pays seront activement mises à
profit pour maîtriser l’inflation à un bas niveau et préserver la compétitivité extérieure
pendant la période à venir. Cela pourrait s’imposer, eu égard en particulier aux importants
revenus pétroliers attendus qui pourraient entraîner, s’ils n’étaient pas stérilisés, un crédit
excédentaire et la sur-liquidité dans le pays. S’il est vrai que les flux de devises destinées à
approvisionner le Fonds pour les générations futures permettront de le faire partiellement,
cette stérilisation ne suffira pas à elle seule, compte tenu de l’ampleur des rentrées attendues.
La difficulté tient au fait que, pour le moment, il est prévu de conserver le reliquat des
revenus pétroliers sous forme de dépôts auprès de banques commerciales, ce qui entraînerait
une forte sur-liquidité des banques tchadiennes.
C’est pourquoi le gouvernement étudie actuellement avec la BEAC les différentes mesures
qui permettraient de contrer les effets négatifs de l’afflux de devises. La plus simple et la
moins coûteuse d’entre elles consisterait à ce que le gouvernement conserve les revenus
pétroliers non utilisés sur des comptes en monnaie locales ouverts à la BEAC, et non auprès
de banques commerciales. Ceci aurait pour effet automatique de les stériliser et d’éviter
l’impact négatif de la sur-liquidité . Cela nécessiterait néanmoins un amendement à la LGRP
qui prévoit que l’État dépose les revenus pétroliers sur des comptes ouverts dans des banques
commerciales tchadiennes. Dans le fil de la réflexion engagée au niveau de la zone, d’autres
mesures pourraient comprendre : i) le relèvement des coefficients de réserves obligatoires fixé
aux banques tchadiennes; et ii) l’émission de titres par la BEAC directement au Tchad pour
absorber les liquidités des banques du pays. La première formule serait toutefois coûteuse
pour les banques si les réserves ne sont pas rémunérées, alors que la seconde serait de toute
évidence onéreuse pour la BEAC. Une alternative serait que le gouvernement émette ses
propres titres pour résorber l’excédent de liquidité et prenne ainsi directement en charge les
coûts de stérilisation.19,20
19
Ceci est possible dans le cadre du processus d’élimination progressive du financement des dépenses publiques
par la BEAC et son remplacement par des émissions obligataires ou de bons du Trésor, en cours dans la zone.
20
En théorie, le Tchad pourrait aussi envisager la possibilité d’accélérer le remboursement de sa dette extérieure,
selon le degré de concessionnalité de la dette en question. Cependant, une telle solution réduirait de façon
permanente la taille des réserves accumulées à fin de stabilisation et risquerait de plus de ne pas être conforme
aux règles de pré affectations des recettes pétrolières.
77
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
l’économie tchadienne qui est prévu. Le programme monétaire vise, comme indiqué
auparavant, la constitution de réserves de change durant les années de pointe de la production
de pétrole, c’est-à-dire 2004-2010, puis une diminution progressive de cette couverture. Cela
permettrait de parvenir à un taux de croissance adéquat du crédit intérieur et des importations,
tout en contribuant à maintenir le taux de croissance à un niveau élevé à mesure que les
exportations de pétrole fléchiront. Sur la période 2004-2015, le crédit au secteur privé devrait
donc s’accroître à un rythme moyen de 10,5 % par an, qui devrait être suffisant pour porter
l’activité économique et l’investissement intérieur aux niveaux prévus.
Le système bancaire Tchadien est encore sous-développé. Il ne compte actuellement que cinq
banques commerciales et une banque agricole qui n’ont des succursales que dans cinq villes.
Cette situation constitue une des causes de la faible mobilisation de l’épargne intérieure et du
financement des investissements. Il est escompté que les opportunités d’affaires présentées
dans le scénario macroéconomique à long terme décrit ci-dessus permettront au secteur
financier de croître et d’étendre progressivement ses activités sur l’ensemble du territoire,
permettant ainsi de promouvoir l’épargne et le financement des investissements.
L’accroissement du nombre de succursales bancaires à travers le pays facilitera une plus
grande monétisation de l’économie, en cohérence avec la baisse progressive de la vitesse de
circulation de la monnaie qui est projetée dans le scénario macroéconomique.
78
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
L’exécution de la SNRP incombera à chaque Ministère concerné, chacun dans son domaine,
mais d’autres partenaires tels que les ONG et le Secteur privé seront associés à la mise en
œuvre des actions dans leurs domaines et secteurs d’intervention et veilleront à attirer
l’attention des autorités et de la population sur les exigences comme les difficultés,
notamment en matière de respect des droits de l’homme. La réalisation de la SNRP exigera
donc une étroite coopération entre l’Etat et la Société civile, tant au niveau national que local.
La deuxième période (2006-2010) coïncidera avec la montée des ressources pétrolières, ainsi
qu’avec la poursuite de la mise à disponibilité des fonds IPPTE. En outre, cette période tirera
profit des réformes lancées depuis 2002, en matière de budgétisation triennale
(fonctionnement/investissement), de passation des marchés et de renforcement de la
coopération Etat/Secteur privé/Société civile, ainsi que de la décentralisation.
79
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
La troisième période (2011-2015) sera programmée sur la base des expériences acquises au
cours de la deuxième période et d’une évaluation en profondeur, ainsi qu’en prenant en
compte les évolutions et les changements tant au plan national que régional et mondial.
Une matrice des actions prioritaires correspondant à chacune de ces sous-périodes se trouve
en annexe et est élaborée sur la base :
• des éléments du diagnostic ;
• des programmes établis par les ministères sectoriels clés ;
• des engagements (ou annonces) d’appui des partenaires .
6.2 Le suivi
La mise en œuvre de la SNRP implique que soit instauré un suivi systématique et régulier
pour chacun des axes (et des actions) retenus dès la première année. Ceci implique notamment
que :
• les moyens nécessaires sont disponibles pour la réalisation des actions prioritaires
retenues ;
• les actions prévues se réalisent de façon satisfaisante ;
• les actions non réalisées ou en difficulté soient revues et corrigées.
Le suivi vise particulièrement à surveiller les tendances des résultats dans le temps et pour
certains groupes et certaines zones, à collecter des informations qui permettent d’étudier les
facteurs qui déterminent ou empêchent les résultats, et à fournir aux décideurs les
informations sur l’efficacité ou l’inadéquation des mesures prises et sur les corrections à
opérer pour atteindre certains objectifs. Ce suivi se fera par action et axe stratégique, à l’aide
des indicateurs de suivi préalablement établis et admis par tous les intervenants.
Les concepts clés dans la comparaison de la pauvreté, comme le seuil de la pauvreté relative
et absolue, l’incidence de la pauvreté, l’ampleur de la pauvreté, la sévérité de la pauvreté,
peuvent être définis seulement à partir des données quantitatives.
80
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
• les perceptions des pauvres sur l’accès et la qualité des services, des infrastructures et
de la gouvernance au niveau local.
6.3 L’évaluation
L’évaluation de la SNRP consistera à comparer les résultats obtenus avec les objectifs fixés
initialement, à expliquer les écarts constatés et à proposer des mesures correctives. Elle
contribuera à améliorer, l’efficacité des programmes et des politiques en fournissant des
informations et propositions d’ajustement et d’amélioration.
La première évaluation de la SNRP est prévue pour la fin de l’année 2004. Cette évaluation
encore sommaire permettra déjà de mesurer les grandes tendances qui se dessinent à travers
les indicateurs et d’attester la justesse ou l’inadéquation des actions programmées et lancées.
Cette évaluation aura comme points de repère les objectifs chiffrés et les données des
enquêtes légères réalisées au cours des années 2002 et 2003. Comme pour toute évaluation, il
serait souhaitable que celle-ci soit menée par une équipe indépendante pour en garantir
l’objectivité.
21
Ne faut-il pas faire référence au « Programme Pluriannuel d’Activités pour 2002-2007 » de l’INSEED (28-11-
2001), qui contient notamment un programme sur « les données socio-démographiques et statistiques, suivi des
conditions de vie des ménages et de la pauvreté » ?
81
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
La SNRP a été élaborée sur la base des données chiffrées parcellaires et relativement
anciennes. Sa mise à jour sera faite annuellement pour tenir compte de la disponibilité des
données qui seront issues des différentes enquêtes programmées par le système national de la
statistique. Cette mise à jour concernera également le recadrage des objectifs selon les
résultats obtenus.
82
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Etant donné que la mise en oeuvre se fera de manière sectorielle, le Comité de pilotage
travaillera en étroite collaboration avec les Cellules sectorielles de suivi afin de s’assurer
d’une meilleure coordination.
Par ailleurs, à partir des rapports trimestriels des cellules sectorielles, des résultats d’enquêtes
qualitatives menées sur le terrain par des groupes ad hoc et des données générales produites
par le système national de statistique, le Comité de Pilotage propose au HCI des mesures
correctives pour redresser les déviations et faiblesses constatées. Il n’y a pas de hiérarchie
directe entre le Comité de pilotage et les Cellules sectorielles de suivi. Néanmoins, il existe
des passerelles entre ces structures.
Avec les réunions sectorielles issues de la Table ronde de Genève IV, des cellules de suivi ont
été créées dans les secteurs prioritaires. De telles structures pourront être créées dans les
ministères et leur mission sera renforcée en y ajoutant le volet «réduction de la pauvreté ». A
cet effet, leur mission sera de s’assurer de la pertinence des actions de la SNRP par rapport à
leur secteur, du bon déroulement de ces actions sur le terrain, de la disponibilité du budget
alloué au secteur et de sa conformité aux objectifs de lutte contre la pauvreté. Chaque cellule
de suivi donnera des orientations sur l’utilisation de ce budget.
Les cellules feront parvenir au Ministre concerné et au Comité de Pilotage des rapports
trimestriels qui indiqueront clairement les obstacles rencontrés et les proposition de solutions
adéquates.
Composées à l’image du comité de pilotage, ces structures locales ont pour mission de suivre
la mise en œuvre de la SNRP au niveau de chaque région. Elles produisent des rapports
trimestriels sur l’état d’avancement des différentes actions prévues dans la stratégie. Ces
rapports sont transmis au Comité de pilotage.
83
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Dans l’avenir, ce dispositif de suivi sera étendu aux niveaux des cantons et des villages pour
assurer une meilleure implication des bénéficiaires au suivi/évaluation de la stratégie. Cela
demandera un renforcement des capacités des populations de ces localités décentralisées.
84
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Annexes
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Appliquer de façon stricte la réglementation du port 2003-2005 Ministère de Proportion d’armes à port illégal
d’arme l’administration du récupérées
Territoire
Mettre en place un code de conduite pour la médiation 2003-2005 Ministère de Code élaboré et vulgarisé en relation
des conflits entre agriculteurs et éleveurs l’administration du avec les chefs traditionnels
Territoire,
Médiature, ADH
Rendre l’armée nationale Poursuivre la mise en œuvre de la politique de 2003-2005 Ministère de la défense Nombre de militaires démobilisés et
plus professionnelle et la démobilisation et de reconversion MPDC nombre de militaires reconvertis
transformer en armée de
développement
Parachever la Renforcer les capacités humaines et institutionnelles des 2004-2006 Primature
décentralisation et la services chargés de la décentralisation et de la Ministère de la
déconcentration déconcentration Décentralisation (MD)
Elaborer un schéma directeur de la décentralisation 2004-2006 Primature/MD
Préparer et adopter les textes d’application du projet de 2004-2006 Primature
loi déjà validé MD
Elaborer et finaliser les différents textes législatifs et 2004-2006 Primature
réglementaires donnant aux collectivités locales leur MD
autonomie financière
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
88
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Promotion et soutien à la Créer un guichet unique et le loger à la CCIAMA 2003-2005 CCIAM, MEF,
création d’entreprise MICA
Créer un fonds de garantie 2003-2005 CCIAMA,
Banques
Amélioration des Créer les tribunaux de commerce 2003-2005 Min Justice Nombre de Tribunaux de commerce
relations entre les créés et opérationnels
entreprises et l’
Administration Publique
Développement du Etendre le réseau bancaire et des assurances à tout le 2003-2005 MEF, BEAC Nombre d’agences bancaires et
secteur financier et de la territoire national Banques et d’assurance créées
micro- finance Etablissements financiers,
Association des
Professionnels de Banque
Améliorer l’accès à la Multiplier les structures de la micro- finance 2003-2005 MEF, MICA, CELIAF Nombre de structures de micro-
micro-finance REPAFEM finance créées
Diversifier les produits et les services bancaires et 2003-2005 MEF, BEAC Nombre de nouveaux produits créés
d’assurance Banques et
Etablissements financiers,
Association des
Professionnels de Banque
Promotion des Elaborer et mettre en œuvre le document cadre de 2003-2005 MICA, MEF, CCIAMA, Document cadre adopté et mis en
exportations commerce intégré Promoteurs économiques œuvre
89
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Finaliser les études et engager au plus tard en 2005 les 2003-2005 MTPT Démarrage effectif de la construction
travaux pour le bitumage des routes Ngoura-Bokoro, des routes citées
Bokoro-Mongo, Mongo-Abéché, Abéché-Adré-
Frontière Soudan, Moundou-Doba, Doba-Sarh,
Massaguet-Massakory.
Poursuivre la réhabilitation des routes en terre du 2003-2005 MTPT
réseau national permanent FER
Mettre en place un programme de réhabilitation et de 2003-2005 MTPT, Collectivités Stratégie nationale des transports en
développement du réseau des pistes rurales territoriales décentralisées milieu rural adoptée
Programme de réalisation de pistes
rurales adopté
Maintenance des Consolider les moyens financiers du Fonds 2003-2005 MTP, MEF, FER Linéaire de routes nationales en bon
infrastructures de transport d’Entretien Routier (FER) et ses capacités de état,
programmation des travaux de maintenance Ressources consacrées à l’entretien
routier
Créer une d’Agence d’Entretien Routier 2005 MTPT Agence créée et opérationnelle
90
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Energie Faire le bilan du programme régional d’énergie solaire 2003-2005 Ministère de Mines et de Bilan du programme de l’énergie
en vue d’optimiser sa contribution à un programme l’Energie (MME), solaire disponible,
national d’énergies nouvelles et renouvelables STEE Programme nation d’énergies
nouvelles et renouvelables adopté
Mettre en oeuvre le programme d’urgence de la STEE
Postes et Poursuivre la libéralisation du sous-secteur des 2003-2005 MPT Accès aux services à valeur ajoutée
télécommunication services à valeur –ajoutée (téléphone mobile, libéralisé
transmission de données, accès à Internet, )
Elaborer et mettre en œuvre un projet pilote de SOTEL Tchad, Sociétés Projet élaboré et mis en oeuvre
téléphonie rurale de téléphonie mobile
Rendre autonome les services postaux et financiers 2003-2005 MPT Services postaux et financiers
autonomes
Amélioration de la gestion Sélectionner un partenaire stratégique pour le 2003-2004 Ministères compétents, Partenaires stratégiques sélectionnés
administrative et financière développement de chaque sous-secteur des services chargés des pour chaque sous-secteur
des infrastructures de base infrastructures de base privatisations
(gestion des aéroports du Tchad, énergie, postes,
télécommunications)
Placer le développement de chaque sous-secteur des 2003-2004 Primature, ministères Institution de régulation en place
infrastructures de base sous la supervision d’une compétents
institution autonome de régulation
Négocier avec le partenaire stratégique et sous la 2005 Primature, ministères Pour chaque sous-secteur : service
supervision de l’institution de régulation un cahier compétents, institutions universel défini, cahier de charges
de charges intégrant la définition d’un service de régulation, partenaires adopté
universel stratégiques
D. Accroître durablement la production rurale
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
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Promotion de l’équité de Construire 3772 classes, en réhabiliter 3000 et les 2002/3- MEN Nombre d’élèves par classe,
l’accès à l’éducation et équiper toutes dans les zones ciblées, notamment les 2005/6 APE Proportion d’enseignants qualifiés
de fréquentation de zones rurales défavorisées Proportion de maîtres communautaires
l’école élémentaire
Former au moins 7000 maîtres communautaires dans le 2002/3- MEN Nombre de maîtres communautaires
corps enseignants 2005/6 APE formés
Réduire de 15 points de pourcentage l’écart dans l’accès 2002/3- MEN Ecarts dans l’accès à l’école entre filles
à l’école entre les filles et garçons 2005/6 APE et garçons dans chaque région
Amélioration de Créer un Centre national des curricula chargé de 2002/3- MEN Le Centre National des Curricula
l’efficacité et de la développer des programmes d’enseignement 2005/6 APE fonctionnel en 2002/2003,
qualité du système spécifiquement tchadiens et bilingues, ainsi que des Expérimentation des nouveaux
éducatif curricula spécifiques pour des programmes programmes à partir de 2005/6
expérimentaux.
Mettre à disposition de nouveaux manuels de lecture, de 2002/3- MEN 1 livre de lecture, 1 de calcul et 1 de
calcul et de science dans les écoles primaires, 2005/6 APE science par élève dans le primaire
secondaires. 1 livre de chaque matière pour trois
élèves dans le secondaire moyen
Assurer la formation initiale de 2000 maîtres 2002/3- MEN Nombre d’instituteurs, de formateurs,
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Annexe 2 : Liste partielle des nouveaux projets identifiés par secteur pour lesquels le
financement est à rechercher dans le cadre de la SNRP22
Dans l’ensemble, la SNRP sera financée par (i) les appuis extérieurs actuellement acquis et
(ii) l’affectation des ressources pétrolières conformément à la loi de gestion des ressources
pétrolières tel que projeté dans le Tableau des Opérations Financières de l’État (Tableau 6,
page 75). En plus, des financements nouveaux sont recherchés pour les projets
d’investissement dont une liste partielle est présentée ci-dessous par axe stratégique. Il faut
souligner que ces projets ne commenceront pas tous immédiatement, mais en fonction de leur
niveau de préparation, et la plupart s’étaleront sur plusieurs années. Le Comité de Pilotage et
les ministères sectoriels ont entrepris un travail d’évaluation complète des projets et
programmes par secteur pour une présentation aux partenaires notamment à la table ronde sur
la [Link]évue dans les mois à venir. Ce travail se fera en cohérence avec les revues des
dépenses, les budgets de programmes en cours d'élaboration dans les ministères prioritaires, et
le cadrage macroéconomique du DSRP.
99
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Durée : 14 ans
Coût du projet : 57 724 000 000 Fcfa
100
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Projet 7 : Semence
Description
• Mise en place de structures, infrastructures et équipements nécessaires pour assurer un
développement progressif et durable des productions semencières des principales
cultures ;
• Renforcement en moyens humains, matériels et techniques des centres de production
semencière ;
• Mise en place d’une structure centrale d’animation, de coordination, de
programmation et de contrôle de qualité des semences ;
• Formation et recyclage des agents aussi bien dans le domaine de la production
semencière que dans celui de la promotion de l’utilisation des semences améliorées.
Durée : cinq ans
Coût du projet : 4 000 000 000 Fcfa
Projet 10 : Création de petits périmètres irrigués dans les régions du Chari Baguirmi,
Moyen Chari, Salamat, Logone Oriental, Tangilet, Mayo Kebbi
Description :
• Etude de faisabilité (études topographiques, socio-économiques et d’aménagements
nécessaires à la réalisation de périmètres gérables par les paysans) ;
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102
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103
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
Projet 21 : Mise sur pied d’un service chargé d’améliorer la qualité sanitaire et
hygiénique des denrées agroalimentaires
Description :
• Modernisation du cadre législatif et réglementation en matière de santé animale et de
santé publique vétérinaire ;
• Modernisation de la structure de contrôle analytique en santé animale et en hygiène
des denrées ;
• Mise à niveau des compétences et capacités des agents du Ministère de l’Elevage
chargé des inspections de contrôle des denrées d’origine animale ;
• Modernisation des structures de production et commercialisation de denrées animales ;
• Améliorer le revenu des professionnels nationaux exerçant dans les secteurs de
transformation et de commercialisation des produits d’origine animale ;
• Marketing des produits tchadiens, en mettant sur le marché des produits répondant aux
exigences internationales en matière de commerce et d’échange.
Durée : trois ans
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Taux net de scolarisation dans le primaire (filles) Annuelle MEN Nationale Collecte 1999/2000 42% 50%
administrative.
Taux net de scolarisation dans le secondaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1998 29% 35%
(garçons) administrative
Taux net de scolarisation dans le secondaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1998 3% 5%
23
La réalisation d’une enquête socio-économique prévue en 2003 devrait augmenter le total des surfaces polluées du Tchad de manière significative. Par contre, ce chiffre
devrait être sérieusement réduit grâce à la réalisation d’une enquête technique sur l’ensemble du territoire.
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Monnaie et Crédit
Avoirs extérieurs nets 1/ 20.3 36.4 36.1 30.3 21.6 24.7 41.9 17.1 8.5 5.4 2.5 0.3 -1.6
Avoirs intérieurs nets 1/ -8.9 -25.2 -20.4 -14.2 -7.8 -11.2 -27.2 -7.9 3.0 3.5 4.3 6.7 9.2
dont: crédit intérieur -7.8 -24.6 -19.9 -13.7 -7.0 -11.1 -26.8 -7.6 3.5 3.6 4.5 6.9 9.6
Créances nettes sur l'administration centrale -12.5 -29.1 -24.4 -18.1 -10.9 -14.7 -31.3 -10.7 0.4 0.0 1.0 2.3 3.0
Crédit au secteur privé 4.7 4.5 4.5 4.4 3.9 3.6 4.4 3.1 3.1 3.6 3.6 4.6 6.6
Masse monétaire 10.3 11.3 15.7 16.1 13.8 13.4 14.8 9.2 11.5 8.9 6.8 7.0 7.6
RNBD/masse monétaire (M2) 2/ 7.4 7.8 7.6 7.3 7.0 6.8 6.6 6.4 6.2 6.2 6.2 6.3 6.4
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2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(en points de PIB)
Ratios de base
Investissement brut 42.1 18.2 13.1 13.6 13.3 13.7 14.6 16.1 17.1 18.0 18.4 18.8 19.1
Administration centrale 10.9 7.6 7.2 7.1 7.2 7.3 7.8 8.4 9.0 9.5 9.7 9.9 10.0
Secteur privé 31.2 10.6 5.9 6.5 6.1 6.4 6.8 7.7 8.1 8.4 8.7 8.9 9.1
dont: secteur pétrolier 22.8 5.8 0.7 0.8 0.2 0.2 0.2 0.2 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
Épargne intérieure brute 10.5 37.0 38.1 36.2 34.2 32.7 29.1 23.6 20.4 16.8 15.8 14.6 14.1
Administration centrale -0.8 2.9 3.5 3.2 3.5 4.4 7.1 5.6 4.9 5.5 5.8 6.0 6.3
Secteur privé 11.3 34.1 34.6 32.9 30.8 28.2 22.0 18.0 15.5 11.3 9.9 8.6 7.8
Épargne nationale brute 6.7 8.1 9.4 9.7 9.9 11.0 14.1 13.0 12.7 13.1 13.1 13.3 13.5
Administration centrale -0.2 3.3 3.8 3.5 3.7 4.7 7.3 5.9 5.2 5.8 6.0 6.1 6.3
Secteur privé -0.2 3.3 3.8 3.5 3.7 4.7 7.3 5.9 5.2 5.8 6.0 6.1 6.3
Secteur privé 6.9 4.8 5.6 6.2 6.2 6.3 6.8 7.1 7.6 7.3 7.1 7.2 7.2
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2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Finances publiques
Recettes 8.3 9.2 9.9 10.1 10.7 11.8 15.2 14.5 14.3 15.3 15.6 16.2 16.7
dont: recettes pétrolières 0.5 3.2 3.5 3.2 3.2 3.7 6.3 4.4 3.2 3.1 2.6 2.5 2.3
Dépenses totales 20.0 13.9 13.6 14.0 14.4 14.8 15.9 17.3 18.4 19.3 19.5 20.1 20.4
3/
Solde primaire courant (-=déficit) -0.1 3.4 3.9 3.7 3.9 4.8 7.5 6.0 5.3 5.9 6.2 6.3 6.6
3/ 4/ 5/
Solde primaire de base, hors revenus pétroliers -3.4 -2.3 -2.2 -2.5 -2.4 -2.4 -2.8 -2.8 -2.9 -2.6 -2.1 -2.1 -1.9
3/ 4/
Solde primaire de base -2.8 1.7 2.0 1.6 1.5 2.0 4.1 2.1 0.7 0.8 0.7 0.6 0.5
Déficit budgétaire global (base engagement) 3/ -11.7 -4.7 -3.8 -3.9 -3.7 -2.9 -0.7 -2.8 -4.1 -4.0 -3.9 -3.9 -3.8
3/
Déficit budgétaire global (base caisse) -12.5 -4.9 -3.9 -3.9 -3.8 -2.9 -0.7 -2.8 -4.1 -4.0 -3.9 -3.9 -3.8
Financement intérieur -0.3 -1.5 -1.0 -0.7 -0.4 -1.0 -3.1 -1.1 0.3 0.2 0.3 0.5 0.6
Financement extérieur (déjà acquis) 12.8 6.1 4.9 4.6 4.2 3.9 3.8 3.9 3.9 3.9 3.6 3.5 3.2
Besoin de financement (-) 0.0 -0.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Déficit budgétaire global (base engagement, y.c. dons) -7.0 -1.6 -1.0 -1.3 -1.3 -0.6 1.6 -0.5 -1.9 -1.8 -1.8 -1.9 -1.9
Secteur extérieur
Compte courant (- = déficit)
y compris transferts publics -35.4 -10.2 -3.7 -3.8 -3.4 -2.7 -0.5 -3.2 -4.4 -4.9 -5.3 -5.5 -5.6
hors transferts publics et importations liées au projet Doba -13.3 -4.7 -3.3 -3.3 -3.5 -2.8 -0.6 -3.2 -4.5 -5.0 -5.3 -5.5 -5.5
Ratio VAN de la dette sur exports 6/ 221.9 86.6 52.9 40.3 40.9 43.1 46.7 53.8 65.1 80.8 94.8 107.7 115.0
7/
Avoirs extérieurs bruts en mois d'imports (hors projet Doba) 6.3 7.5 9.2 10.6 11.3 12.4 15.0 15.3 15.2 14.8 14.2 13.3 12.4
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(en millions de dollars US, sauf mention contraire)
PIB nominal 2,654.6 4,200.5 4,751.2 5,096.6 5,431.2 5,779.2 5,983.5 6,034.9 6,285.7 6,528.7 6,976.0 7,463.4 8,035.5
PIB nominal ( en milliards de FCFA) 1,600.1 2,529.1 2,856.0 3,056.6 3,251.2 3,456.6 3,578.8 3,609.5 3,759.5 3,904.9 4,172.4 4,464.0 4,806.1
dont: PIB pétrolier (en milliards de FCFA) 104.5 862.9 1,007.5 1,005.2 1,003.3 1,002.5 898.5 682.4 559.0 417.5 376.0 328.6 298.4
FCFA par USD (moyenne de la période) 602.8 602.1 601.1 599.7 598.6 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1
FCFA par USD (fin de la période) 668.0 665.5 663.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Population (milieu de l'année, en millions) 8.1 8.3 8.5 8.7 8.9 9.1 9.3 9.6 9.8 10.1 10.3 10.6 10.8
PIB nominal par habitant 329.6 508.9 561.6 587.7 611.0 634.3 640.7 630.4 640.6 649.2 676.7 706.3 741.9
PNB nominal par habitant 315.9 360.7 399.6 430.9 460.7 495.3 542.2 560.4 587.2 620.7 654.8 693.4 734.2
PNB nominal 2,544.3 2,977.2 3,380.8 3,737.0 4,095.4 4,512.8 5,063.6 5,364.3 5,761.7 6,242.7 6,750.3 7,326.8 7,951.9
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
PIB total aux coûts des facteurs 9.8 9.1 2.7 6.8
PIB aux coûts des facteurs, hors production pétrolière 7.3 6.5 5.9 6.1
(En points du PIB total)
Secteur primaire 34.7 21.9 25.6 24.0
Agriculture 21.8 14.4 17.7 16.1
Cultures vivrières 19.1 12.6 15.6 14.2
Cultures industrielles 2.7 1.8 2.1 2.0
Élevage 10.3 6.1 6.5 6.4
Sylviculture, pêche, mines 2.6 1.4 1.4 1.4
PIB total aux coûts des facteurs 100.0 100.0 100.0 100.0
PIB aux coûts des facteurs, hors production pétrolière 97.5 71.1 90.6 81.0
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Recettes totales et dons 207.9 310.1 359.0 387.8 425.0 488.9 625.5 607.0 621.8 682.3 735.7 812.8 888.8
Recettes totales 132.2 233.6 281.4 309.6 346.3 409.2 544.8 524.6 537.6 595.7 649.8 723.8 801.6
Recettes fiscales 110.5 133.9 158.7 186.1 215.5 247.9 284.6 326.0 372.9 424.4 481.6 545.9 618.4
Impôt sur le revenu et la propriété 40.2 47.6 56.7 66.4 77.0 88.5 101.7 116.4 133.2 151.6 172.0 195.0 220.8
Taxes sur les biens et services 29.2 34.1 36.6 42.9 49.7 57.2 65.6 75.1 86.0 97.8 111.0 125.8 142.5
Impôts sur le commerce international 39.5 49.9 62.8 73.7 85.3 98.2 112.7 129.0 147.6 168.0 190.6 216.1 244.8
Autres 1.6 2.3 2.6 3.1 3.6 4.1 4.7 5.4 6.1 7.0 7.9 9.0 10.2
Recettes pétrolières 7.2 81.5 99.5 98.9 102.6 129.2 223.8 157.6 118.5 119.6 110.4 113.4 111.3
Recettes non fiscales 14.5 18.2 23.1 24.7 28.2 32.1 36.4 41.0 46.2 51.8 57.8 64.5 72.0
Total Dons 75.6 76.5 77.7 78.2 78.6 79.7 80.7 82.4 84.2 86.6 85.9 89.0 87.2
Dons courants 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Dons PPTE 10.5 8.8 9.3 9.1 8.9 9.2 9.5 9.8 9.4 9.5 6.1 6.3 1.4
Dons projet 65.1 67.7 68.4 69.1 69.8 70.5 71.2 72.6 74.8 77.2 79.8 82.7 85.8
Dépenses totales 319.5 351.5 388.5 428.2 467.5 510.0 569.6 625.8 692.4 752.6 811.6 898.8 982.5
Dépenses courantes 145.4 159.6 181.8 210.4 234.1 257.0 292.1 321.1 353.0 380.4 406.7 456.9 501.2
Dépenses primaires courantes 133.8 146.4 168.6 197.0 220.4 243.1 277.9 306.6 338.2 365.4 391.3 441.2 485.2
Traitements et salaires 57.6 65.4 74.3 84.4 96.0 106.8 118.3 128.6 142.6 155.4 167.6 185.9 206.1
Matériels 29.8 39.7 47.6 58.0 65.3 72.2 85.5 95.8 105.5 113.5 120.4 140.9 156.7
Transferts 17.9 18.3 21.8 26.3 29.2 32.4 38.3 42.5 47.2 51.0 55.1 62.2 67.2
Défense 21.7 23.0 24.9 28.3 30.0 31.8 35.9 39.8 43.0 45.6 48.3 52.1 55.2
Salaires 14.0 15.0 16.2 18.8 19.9 21.1 23.8 26.4 28.5 30.2 32.1 34.6 36.7
Matières et fournitures 7.8 8.1 8.8 9.5 10.1 10.7 12.0 13.4 14.4 15.3 16.2 17.5 18.6
Élections 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Accord de paix 3.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Dépenses courants contingentées 3.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Intérêts 11.6 13.2 13.1 13.4 13.6 13.9 14.2 14.4 14.7 15.0 15.4 15.7 15.9
intérieurs 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9
extérieurs 9.7 11.3 11.2 11.5 11.7 12.0 12.2 12.5 12.8 13.1 13.4 13.8 14.0
Solde courant -13.1 74.0 99.6 99.3 112.3 152.2 252.7 203.5 184.7 215.3 243.1 266.9 300.4
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Dépenses d'investissement 174.1 191.9 206.8 217.9 233.4 253.0 277.6 304.7 339.5 372.2 404.9 441.9 481.3
Financées sur ressources intérieures 42.6 43.7 54.7 64.3 78.2 96.3 119.3 143.3 173.2 200.6 227.5 258.1 290.5
Financées sur ressources extérieures 131.5 148.2 152.1 153.6 155.2 156.7 158.3 161.4 166.3 171.6 177.4 183.8 190.8
Solde primaire de base (base engagement, [Link]) 2/ -44.2 43.5 58.1 48.4 47.7 69.9 147.6 74.6 26.2 29.7 30.9 24.6 25.9
Solde global (base engagements, n.c. dons) -187.3 -117.9 -107.1 -118.6 -121.1 -100.8 -24.8 -101.2 -154.8 -156.9 -161.9 -175.0 -180.9
Solde global (base engagements, y.c. dons) -111.6 -41.4 -29.5 -40.5 -42.5 -21.1 55.9 -18.8 -70.6 -70.3 -75.9 -86.0 -93.6
Variation des arriérés de paiement -10.5 -5.0 -4.0 -2.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0
Extérieurs (intérêts) -0.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Variation des arriérés de paiement intérieurs -10.0 -5.0 -4.0 -2.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0
Float, erreurs et omissions -2.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Solde global (base caisse, n.c. dons) -200.4 -122.9 -111.1 -120.6 -122.1 -101.8 -25.8 -102.2 -155.8 -157.9 -162.9 -176.0 -181.9
Solde global (base caisse, y.c. dons) -124.8 -46.4 -33.5 -42.5 -43.5 -22.1 54.9 -19.8 -71.6 -71.3 -76.9 -87.0 -94.6
Financement total 124.8 40.0 33.5 42.5 43.5 22.1 -54.9 19.8 71.6 71.3 76.9 87.0 94.6
Extérieur (net), n.c. financement exceptionnel 46.1 54.7 55.8 56.5 55.7 54.5 53.8 56.0 59.7 62.4 62.1 63.1 65.1
Emprunts 63.4 80.5 83.7 84.5 85.4 86.2 87.1 88.8 91.5 94.4 97.6 101.2 105.0
Fonds pour les Générations Futures -0.7 -8.2 -9.9 -10.2 -10.5 -10.9 -10.3 -8.8 -7.9 -7.1 -6.9 -6.5 -6.4
Amortissement -17.0 -17.6 -18.0 -17.9 -19.1 -20.8 -23.0 -24.0 -23.9 -25.0 -28.6 -31.6 -33.5
Variation des arriérés extérieurs (principal) -1.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Rééchelonnement/annulation obtenue 2.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Intérieur (net) -4.5 -37.2 -29.3 -20.6 -13.9 -34.1 -110.4 -38.0 10.0 6.9 12.8 21.7 27.3
Système bancaire 3/ -19.2 -37.2 -29.3 -20.6 -13.9 -34.1 -110.4 -38.0 10.0 6.9 12.8 21.7 27.3
Banque centrale -25.1 -37.2 -29.3 -20.6 -13.9 -34.1 -110.4 -38.0 10.0 6.9 12.8 21.7 27.3
dont: compte de stabilisation -4.2 -37.3 -18.7 -9.9 -7.1 -28.6 -106.2 -34.8 12.0 8.9 14.8 21.7 27.3
Banques commerciales 5.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Secteur non bancaire -6.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Ventes d'actifs 21.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
118
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Financement exceptionnel 74.5 17.3 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Banque Mondiale 39.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Union européenne 23.9 11.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
BAD 6.7 3.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Donateurs bilatéraux 2.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Initiative PPTE 4/ 2.3 2.2 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Autres 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Déboursements du Fonds 8.6 5.2 5.2 5.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Besoin de financement supplémentaire (-) 0.0 6.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Compte courant, inclus transferts publics -566.4 -257.1 -106.0 -117.5 -111.2 -94.0 -17.3 -114.1 -165.2 -189.9 -220.4 -246.4 -269.4
Compte courant, exclus transferts publics -576.9 -265.9 -115.3 -126.6 -120.1 -103.2 -26.8 -123.9 -174.7 -199.4 -226.5 -252.7 -270.8
Compte courant, exclus importations projet Doba -201.6 -109.2 -85.9 -93.2 -104.7 -87.7 -10.9 -107.5 -159.8 -184.7 -214.2 -240.9 -264.8
Balance commerciale, inclus secteur pétrolier -268.7 653.1 858.4 842.6 837.0 822.2 697.8 459.6 314.9 156.7 101.4 42.8 3.1
Balance commerciale, exclus secteur pétrolier -102.1 -112.0 -119.7 -130.3 -145.9 -160.0 -180.3 -202.3 -224.5 -241.3 -254.4 -266.1 -276.1
Exportations, f.a.b. 206.1 1,007.1 1,146.5 1,155.6 1,166.0 1,177.6 1,086.2 887.0 778.7 653.8 631.6 605.7 599.6
dont: exportations de pétrole 74.7 862.9 991.3 989.0 987.2 986.4 882.3 666.3 542.9 401.4 359.9 312.5 282.3
Importations f.a.b 474.8 354.0 288.2 313.0 329.0 355.4 388.4 427.4 463.8 497.1 530.2 562.9 596.5
Importations formelles 412.1 288.3 217.3 236.5 246.7 267.0 293.5 325.4 354.1 379.3 403.6 427.0 450.4
dont: importations du projet Doba 241.3 97.8 13.3 16.1 4.3 4.2 4.2 4.4 3.6 3.5 4.1 3.6 3.0
Importations informelles 62.7 65.7 70.8 76.5 82.3 88.4 95.0 102.1 109.8 117.9 126.5 135.9 146.1
Services, inclus secteur pétrolier (net) -237.1 -177.9 -146.2 -152.5 -157.6 -168.3 -179.0 -190.0 -191.9 -201.5 -210.9 -232.3 -243.6
Services, exclus secteur pétrolier (net) -113.6 -127.9 -139.4 -144.3 -155.4 -166.1 -176.8 -187.8 -190.1 -199.7 -208.8 -230.5 -242.1
Crédit 41.1 51.1 55.4 59.4 63.6 67.8 72.0 76.1 81.1 86.4 92.3 98.8 107.1
Débit 278.2 229.0 201.5 211.9 221.2 236.1 250.9 266.1 273.0 287.9 303.2 331.1 350.7
dont:relatif au projet Doba 123.5 50.0 6.8 8.2 2.2 2.1 2.1 2.2 1.8 1.8 2.1 1.8 1.5
Revenus des facteurs (net) -66.5 -736.5 -823.8 -815.4 -799.6 -757.5 -550.3 -401.1 -313.4 -171.1 -135.0 -81.7 -50.0
dont: Crédit relatif au projet Doba -54.9 -722.2 -817.1 -817.6 -812.1 -780.3 -583.1 -442.2 -363.4 -226.8 -196.0 -147.7 -120.7
Transferts courants (net) 5.9 4.2 5.6 7.8 9.0 9.5 14.1 17.4 25.1 26.0 24.1 24.9 21.1
Officiel (net) 10.5 8.8 9.3 9.1 8.9 9.2 9.5 9.8 9.4 9.5 6.1 6.3 1.4
dont: dons Initiative PPTE 1/ 10.5 8.8 9.3 9.1 8.9 9.2 9.5 9.8 9.4 9.5 6.1 6.3 1.4
Privé (net) -4.6 -4.5 -3.7 -1.3 0.2 0.3 4.6 7.6 15.7 16.6 17.9 18.6 19.7
Compte de capital et des opérations financières 524.2 289.6 173.0 179.7 167.4 168.9 172.6 183.9 200.8 212.7 226.8 239.6 249.8
Capitaux à moyen et long terme 528.7 301.8 179.4 187.3 170.9 173.0 175.4 181.8 190.9 201.8 211.7 222.3 234.8
Public 113.8 122.5 124.2 125.6 125.5 124.9 125.0 128.6 134.5 139.6 141.9 145.8 150.9
Transferts en capital 65.1 67.7 68.4 69.1 69.8 70.5 71.2 72.6 74.8 77.2 79.8 82.7 85.8
Dons projets 65.1 67.7 68.4 69.1 69.8 70.5 71.2 72.6 74.8 77.2 79.8 82.7 85.8
Dons Initiative PPTE 1/ ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Prêts projets 49.4 62.9 65.7 66.7 66.3 65.4 64.1 64.8 67.6 69.4 69.1 69.6 71.5
Tirages programmés 66.4 80.5 83.7 84.5 85.4 86.2 87.1 88.8 91.5 94.4 97.6 101.2 105.0
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Remboursements -17.0 -17.6 -18.0 -17.9 -19.1 -20.8 -23.0 -24.0 -23.9 -25.0 -28.6 -31.6 -33.5
Privé 414.9 179.3 55.2 61.7 45.4 48.0 50.5 53.2 56.4 62.2 69.8 76.5 83.9
Investissements directs 412.5 176.2 51.6 57.2 40.4 41.5 43.0 45.4 48.1 53.0 59.7 65.3 71.6
dont: Projet Doba 389.4 150.5 20.4 24.7 6.6 6.4 6.5 6.7 5.5 5.3 6.3 5.6 4.7
Autres investissements 2.4 3.1 3.6 4.5 5.0 6.5 7.5 7.8 8.4 9.2 10.1 11.2 12.3
Capitaux à court terme -4.6 -12.1 -6.4 -7.5 -3.5 -4.0 -2.8 2.1 9.8 10.9 15.1 17.3 14.9
Secteur privé 2.4 2.6 3.0 3.4 3.8 4.2 5.6 7.1 12.3 11.9 15.6 17.3 14.9
Secteur bancaire -7.0 -14.7 -9.5 -10.9 -7.3 -8.2 -8.4 -5.0 -2.5 -1.0 -0.5 0.0 0.0
Erreurs et omissions (net) 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Solde global -41.5 40.7 76.9 72.4 66.7 85.8 165.7 78.6 43.4 29.8 13.3 -0.3 -13.2
Financement -33.0 -64.4 -78.7 -73.9 -68.3 -87.5 -167.4 -80.4 -45.3 -31.8 -15.4 -1.8 11.0
Variations des réserves officielles nettes -31.2 -60.9 -73.9 -70.0 -59.8 -78.8 -159.4 -73.7 -40.1 -29.2 -14.5 -1.8 11.0
dont : Fonds pour les Générations futures -0.7 -8.2 -9.9 -10.2 -10.5 -10.9 -10.3 -8.8 -7.9 -7.1 -6.9 -6.5 -6.4
Variation des arriérés -2.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Rééchelonnement dette publique et arriérés 2/ 2.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Utilisation des ressources du FMI (net) -1.9 -3.5 -4.8 -3.9 -8.5 -8.7 -8.0 -6.7 -5.2 -2.6 -0.9 0.0 0.0
Besoin de financement 74.5 23.7 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Financement identifié 74.5 17.3 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Union européenne 23.9 11.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Banque mondiale 39.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Banque africaine de développement 6.7 3.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Assistance initiative PPTE 2.3 2.2 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Autres donateurs 2.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Écart de financement 0.0 6.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
PIB nominal (en milliards de FCFA) 1,600 2,529 2,856 3,057 3,251 3,457 3,579 3,610 3,760 3,905 4,172 4,464 4,806
Solde du compte courant (incl. transferts off.)/PIB 3/ -33.7 -9.7 -3.7 -3.8 -3.4 -2.7 -0.5 -3.2 -4.4 -4.9 -5.3 -5.5 -5.6
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Solde du compte courant (excl. transferts off.)/PIB -36.1 -10.5 -4.0 -4.1 -3.7 -3.0 -0.7 -3.4 -4.6 -5.1 -5.4 -5.7 -5.6
Solde du compte courant ([Link]. off. et secteur
pétrolier)/PIB -13.3 -4.7 -3.3 -3.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Avoirs extérieurs bruts (en milliards de FCFA) 170 231 305 375 435 513 673 747 787 816 830 832 821
Avoirs ext.s bruts en mois d'import. (incl. projet Doba) 4/ 3.0 5.4 8.7 10.0 11.1 12.2 14.8 15.1 15.1 14.7 14.1 13.2 12.3
Avoirs ext. bruts en mois d'import. (excl. projet. Doba) 4/ 6.3 7.5 9.2 10.6 11.3 12.4 15.0 15.3 15.2 14.8 14.2 13.3 12.4
Encours de la dette extérieure (en milliards de FCFA) 5/ 1,027 1,102 1,173 1,244 1,311 1,376 1,440 1,505 1,573 1,642 1,711 1,780.7 1,852.2
Encours de la dette extérieure/PIB 5/ 57.2 38.6 36.1 35.5 35.0 34.5 34.8 36.1 36.3 36.6 35.8 35.0 33.9
Service de la dette/exportations de biens et services 6/ 10.8 2.7 2.4 2.4 2.5 2.6 3.0 3.8 4.3 5.1 5.8 6.4 6.7
Ratio VAN de la dette sur exports 7/ 221.9 86.7 53.0 40.3 40.9 43.1 46.7 53.8 65.2 80.9 94.9 107.7 115.1
1/ L'assistance intérimaire multilatérale au titre de l'Initiative PPTE est enregistrée dans la présentation actuelle.
2/ Inclut l'assistance intérimaire multilatérale au titre de l'Initiative PPTE en 2001 et 2002.
3/ Basé sur les hypothèses actuelles de décaissement de l'Union Européenne et des donateurs bilatéraux au-delà de 2003.
4/ En mois d'importations de biens et services non-facteurs.
5/ Avant opération sur le stock de la dette.
6/ Service de la dette dû avant assistance intérimaire au titre de l'Initiative PPTE.
7/ Calculé à partir de la moyenne des exportations de biens et services non-facteurs au cours des trois années précédentes.
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(En milliards de francs CFA)
Avoirs extérieurs (nets) 119.5 195.1 278.5 359.4 426.5 513.6 681.4 760.1 802.7 832.9 847.9 849.8 838.8
Banque Centrale 102.8 163.7 237.6 307.6 367.4 446.2 605.7 679.4 719.5 748.7 763.2 765.0 754.0
Banques commerciales 16.7 31.4 40.9 51.8 59.1 67.3 75.8 80.8 83.3 84.3 84.8 84.8 84.8
Engagements ext. à moyen et long-terme -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4
Avoirs intérieurs nets 90.4 38.2 -8.9 -46.9 -71.0 -110.6 -219.4 -255.7 -240.5 -220.7 -194.5 -150.9 -87.1
Crédit intérieur 134.6 83.5 37.6 0.9 -21.0 -60.2 -167.6 -202.6 -184.9 -164.7 -136.9 -91.7 -25.2
Créances sur l'État central (nettes) 46.6 -13.8 -70.2 -118.6 -152.4 -204.4 -329.6 -378.8 -376.7 -376.8 -371.0 -355.7 -334.9
Créances sur le Trésor (nettes) 56.7 -3.8 -60.2 -108.6 -142.4 -194.3 -319.6 -368.8 -366.7 -366.8 -360.9 -345.7 -324.8
Banques commerciales -12.7 -65.6 -113.4 -153.0 -182.1 -230.6 -353.6 -401.6 -399.5 -399.6 -393.8 -378.6 -357.7
Position vis-à-vis du FMI 69.4 61.8 53.2 44.4 39.7 36.2 34.0 32.8 32.8 32.8 32.8 32.8 32.8
Autres créances sur l'État -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0
Crédit à l'économie 88.0 97.4 107.8 119.5 131.5 144.2 162.0 176.2 191.8 212.2 234.1 264.1 309.7
Autres postes (nets)
Dont: réévaluation
Autres postes (nets) -44.2 -45.4 -46.6 -47.8 -50.1 -50.4 -51.7 -53.1 -55.6 -56.1 -57.6 -59.2 -61.9
Monnaie et quasi-monnaie 207.5 230.9 267.2 310.2 353.1 400.6 459.7 502.0 559.9 609.8 651.0 696.5 749.3
Circulation fiduciaire hors des banques 120.3 117.5 131.6 149.0 169.8 187.9 215.4 234.9 268.7 288.2 304.6 318.2 326.1
Dépôts à vue 71.7 93.3 111.5 132.5 150.8 174.9 200.9 219.6 239.4 264.5 284.8 311.1 348.0
Dépôts à terme 15.5 20.1 24.1 28.6 32.6 37.8 43.4 47.4 51.7 57.1 61.5 67.2 75.2
123
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Pour mémoire:
PIB nominal (en milliards de FCFA) 1,600 2,529 2,856 3,057 3,251 3,457 3,579 3,610 3,760 3,905 4,172 4,464 4,806
Multiplicateur monétaire 1.4 1.6 1.6 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.8
Vélocité (PIB sur M2) 7.7 11.0 10.7 9.9 9.2 8.6 7.8 7.2 6.7 6.4 6.4 6.4 6.4
Avoirs extérieurs bruts (en % en M2) 82.0 100.1 114.1 120.9 123.1 128.2 146.4 148.7 140.5 133.8 127.6 119.5 109.6
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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE
wb166044
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June 5, 2003 12:28 PM
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