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Chad PRSP Fre

Le document présente la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (SNRP) du Tchad, élaborée dans un cadre participatif impliquant divers acteurs de la société. Il souligne les défis de la pauvreté en Afrique subsaharienne et l'importance d'une croissance économique soutenue pour le développement durable. La SNRP vise à améliorer le bien-être des Tchadiens d'ici 2015 en se basant sur des axes stratégiques et des actions prioritaires définis au cours de plusieurs consultations et études.

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Le document présente la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (SNRP) du Tchad, élaborée dans un cadre participatif impliquant divers acteurs de la société. Il souligne les défis de la pauvreté en Afrique subsaharienne et l'importance d'une croissance économique soutenue pour le développement durable. La SNRP vise à améliorer le bien-être des Tchadiens d'ici 2015 en se basant sur des axes stratégiques et des actions prioritaires définis au cours de plusieurs consultations et études.

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RÉPUBLIQUE DU TCHAD

Unité – Travail - Progrès

MINISTÈRE DU PLAN, DU DÉVELOPPEMENT


ET DE LA COOPÉRATION

Comité de Pilotage de la SNRP

N’Djamena – Juin 2003


PREFACE
Le défi de la pauvreté demeure entier, car l’amélioration récente de la situation
économique de l’Afrique est encore insuffisante, et son insertion dans l’économie
mondiale reste trop marginale. La plupart des rapports produits ces dernières années
soulignent la spécificité de l’Afrique Subsaharienne où le nombre des pauvres en valeur
absolue continue d’augmenter, alors que dans les autres régions du monde, des progrès
ont été réalisés. En effet, il semble désormais que des taux de croissance minima de 5 à 8
pour cent sont nécessaires pour avoir un impact effectif sur le développement économique
et social.

L’objectif primordial du Tchad est de mener une politique économique qui conduit à un
développement durable et soutenu, notamment à l’ère pétrolière. Ce développement passe
nécessairement par un taux de croissance élevé et régulier, sur une période relativement
longue. Pour atteindre cet objectif, le DSRP s’est révélé être l’instrument privilégié. Cet
exercice n’est pas nouveau, puisque déjà en 1998, le Gouvernement du Tchad a soumis à
la Table Ronde Genève IV, un document retraçant les grandes options stratégiques du
Développement basées sur la « lutte contre la pauvreté ».

Le Gouvernement a voulu que le processus d’élaboration de la Stratégie Nationale de


Réduction de la Pauvreté (SNRP) soit participatif ; et c’est pourquoi, il a été mis en place,
en avril 2000, un Comité de Pilotage composé d’une trentaine de membres provenant de
l’Administration publique, du secteur privé, des associations de la société civile (ONG,
associations féminines, associations de jeunes, presse publique et privée, etc.) et de
l’Assemblée Nationale.

Trois années durant, le Comité de Pilotage a travaillé sans relâche pour que ce document
arrive à mieux refléter les préoccupations de la population tchadienne. Plusieurs activités
de natures différentes ont été menées :

• un séminaire de lancement (25 –27 avril 2000);


• une étude sur les Perceptions du Bien-Être et de la Pauvreté (avril - juin 2000);
• dix études thématiques et sectorielles (mai - juillet 2000);
• un forum de la société civile (novembre 2000);
• des consultations participatives à l’échelle du pays (décembre 2000-janvier 2001),
• une évaluation des interventions-types de quelques projets existants (février-mars
2001) ;
• un séminaire national de définition des axes stratégiques et actions prioritaires (8
au 12 mai 2001);
• des séminaires régionaux pour la restitution des axes stratégiques et actions
prioritaires et l’adoption des indicateurs de performance et du mécanisme de
suivi/évaluation (19 au 21 mars 2002).

Tous ces éléments ont permis d’améliorer progressivement les différentes versions du
document de SNRP qui, par ailleurs, a été enrichi grâce aux contributions des
partenaires au développement du Tchad, notamment le Système des Nations Unies, la
Banque Mondiale, le FMI, l’Union Européenne, la France et la GTZ.

Le Tchad, qui a fait siens les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD),
convient avec le reste du monde que la SNRP est avant tout une stratégie nationale
reflétant les attentes de la population à la base et les moyens que le Gouvernement
devra mettre en œuvre pour permettre d’accroître le niveau du bien-être de celle-ci. Il
se pourrait donc que certaines données présentées dans ce rapport soient incomplètes
ou partielles, mais nous devons retenir que les axes stratégiques ainsi que les actions
prioritaires sont dans leur ensemble cohérents, et le Gouvernement et ses partenaires y
adhèrent. Les révisions ultérieures du document seront l’occasion d’ajuster certains
indicateurs quantitatifs à la lumière des nouvelles données qui seront fournies par des
enquêtes en cours de réalisation, notamment l’ ECOSIT, l’EDST et le Recensement.

Le document que le Gouvernement vient d’adopter sera soumis, dans les mois à venir,
à la communauté des bailleurs de fonds pour susciter leur engagement. D’ici là, Le
Comité de Pilotage et les Ministères sectoriels (avec les appuis des partenaires présents
dans le pays) entreprendront un travail d’évaluation complète des projets et
programmes par secteur d’activités.

La mise en œuvre et le suivi de la SNRP exigeront, une fois de plus, un cadre de


concertation participatif plus décentralisé. Pour des raisons de transparence et de bonne
gouvernance, les structures à créer, travailleront de concert avec celles de
l’Administration au niveau régional et local pour s’assurer que les dépenses exécutées
dans le cadre de la SNRP arrivent bel et bien aux destinataires. Le Gouvernement, pour
sa part, ne ménagera aucun effort pour que cette stratégie contribue réellement à
réduire la pauvreté d’ici l’an 2015.

N’Djaména, le 5 Juin 2003


TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

TABLE DES MATIERES

Introduction………………………………………………………………………. 1

Chapitre 1 Contextes et processus d’élaboration de la SNRP ...........................2


1.1 Contextes international, régional et national......................................................... 2
1.1.1 Le contexte international et régional .................................................................. 2
1.1.2 Le contexte national ........................................................................................... 3
1.2 Présentation du processus participatif ................................................................... 7
1.2.1 La structure de pilotage du processus d’élaboration de la stratégie ................... 7
1.2.2 Le processus d’élaboration de la stratégie.......................................................... 7

Chapitre 2 Diagnostic de la pauvreté au Tchad ...................................................9


2.1 Profil de la pauvreté au Tchad.............................................................................. 10
2.1.1 Analyse quantitative de la pauvreté.................................................................. 10
2.1.2 Analyse qualitative de la pauvreté.................................................................... 14
[Link] La pauvreté et le bien-être tels que perçus par les populations.............................. 14
[Link] Les enseignements tirés des consultations participatives ....................................... 15
2.1.3 Caractérisation des ménages pauvres ............................................................. 19
[Link] Niveau d’éducation du chef de ménage ................................................................. 19
[Link] Niveau d’accès à l’eau potable ............................................................................... 20
[Link] Pauvreté et genre .................................................................................................... 21
[Link] Carences nutritionnelles\ ........................................................................................ 21
[Link] Accès aux services de santé .................................................................................... 23
[Link] Habitat et urbanisme............................................................................................... 23
2.2 Groupes sociaux à haut risque .............................................................................. 23
2.2.1 Les femmes en circonstances particulièrement difficiles (FCPD) ................... 23
2.2.2 Les enfants nécessitant une protection spéciale (ENPS).................................. 24
2.2.3 Les personnes handicapées............................................................................... 24
2.2.4 Les retraités ...................................................................................................... 25
2.2.5 Les militaires démobilisés ................................................................................ 25
2.2.6 Les personnes vivant avec le VIH/SIDA. ........................................................ 25

Chapitre 3 Déterminants de la pauvreté et atouts du Tchad.............................27


3.1 Déterminants de la pauvreté ................................................................................. 27
3.1.1 Gouvernance..................................................................................................... 27
3.1.2 Faible croissance économique.......................................................................... 29
[Link] Faible productivité dans le secteur primaire .......................................................... 30
[Link] Un secteur de transformation quasi inexistant ....................................................... 31
[Link] Un secteur tertiaire peu productif........................................................................... 32
3.1.3 Des ressources humaines et des conditions de vie très insuffisantes ............... 32
[Link] Education, formation et alphabétisation................................................................. 32
[Link] Une couverture sanitaire insuffisante et une nutrition hypothétique...................... 34
[Link] VIH/SIDA ................................................................................................................ 35
[Link] Situation de la femme tchadienne ........................................................................... 35
[Link] Une absence de protection sociale.......................................................................... 36
3.1.4 Des infrastructures économiques de base inadéquates et dégradées ................ 36
[Link] Le réseau routier..................................................................................................... 36
[Link] L’énergie ................................................................................................................. 36
[Link] Les télécommunications .......................................................................................... 37

ii
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

[Link] Le système bancaire et la micro-finance................................................................. 37


3.1.5 Autres obstacles à la réduction de la pauvreté ................................................. 38
[Link] La dette.................................................................................................................... 38
[Link] Les facteurs démographiques.................................................................................. 38
[Link] Les mines et engins non explosés, facteurs aggravants de la pauvreté .................. 39
3.2 Les atouts du Tchad ............................................................................................... 41
3.2.1 Les opportunités ............................................................................................... 41
3.2.2 Perspectives de croissance et de développement à long terme ........................ 43
[Link] L’ère pétrolière ....................................................................................................... 43
[Link] Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE)................................................ 43

Chapitre 4 Vision Globale du développement à l’horizon 2015 ........................44


4.1 Une vision intégrée de la réduction de la pauvreté et de la préparation de l’ère
post-pétrolière..................................................................................................................... 44
4.2 Les objectifs de réduction de la pauvreté de 2003 à 2015................................... 46
4.2.1 Promouvoir la bonne gouvernance................................................................... 47
[Link] Consolidation de l’Etat de droit.............................................................................. 47
[Link] Rôle de l’Etat, du secteur privé et de la société civile ............................................ 48
[Link] Gestion efficiente et transparente des affaires publiques ....................................... 53
4.2.2 Assurer une croissance économique forte et soutenue ..................................... 53
[Link] La mise en valeur des sources de la croissance...................................................... 53
[Link] La promotion du secteur privé ................................................................................ 54
[Link] Le développement des infrastructures de base et le soutien à la croissance .......... 55
[Link] Accroître durablement la production rurale........................................................... 56
4.2.3 Améliorer le capital humain ............................................................................. 59
[Link] Education, formation et alphabétisation................................................................. 59
[Link] Santé........................................................................................................................ 61
[Link] VIH/SIDA ................................................................................................................ 61
4.2.4 Améliorer les conditions de vie des groupes vulnérables ................................ 61
[Link] Développement urbain intégré................................................................................ 62
[Link] Soutien aux micro-entreprises, aux PME et à l’emploi .......................................... 62
[Link] Protection sociale ................................................................................................... 63
4.2.5 Restaurer et sauvegarder les écosystèmes ........................................................ 64
[Link] Renforcer le cadre réglementaire et les capacités de gestion des ressources
naturelles 64
[Link] Amélioration de la gestion de l’énergie domestique............................................... 64

Chapitre 5 Cadrage macroéconomique ..............................................................65


5.1 Les sources de la croissance économique ............................................................. 65
5.2 Conditions nécessaires à la croissance et à la réduction de la pauvreté............ 67
5.2.1 Stabilité macroéconomique .............................................................................. 68
5.2.2 Les politiques économiques ............................................................................. 70
[Link] Politique budgétaire................................................................................................ 70
[Link] Politiques des secteurs monétaire et financier........................................................ 76

Chapitre 6 La mise en oeuvre de la SNRP ..........................................................79


6.1 Les étapes de la mise en œuvre.............................................................................. 79
6.2 Le suivi..................................................................................................................... 80
6.3 L’évaluation ............................................................................................................ 81
6.3.1 La préparation du Programme (2006-2010)..................................................... 81
6.3.2 La mise à jour ................................................................................................... 82

iii
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

6.4 Cadre institutionnel................................................................................................ 82


6.4.1 Le Haut Comité Interministériel de supervision de la SNRP........................... 82
6.4.2 Le Comité Etat/donateurs................................................................................. 82
6.4.3 Le Comité de pilotage ...................................................................................... 83
6.4.4 Cellules sectorielles de suivi/évaluation.......................................................... 83
6.4.5 Cellules régionales, départementales et sous-préfectorales ............................. 83

iv
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

LISTE DES TABLEAUX

Encadré 1 :Une société civile soucieuse de participer pleinement à la vie de la Nation, mais
sans capacités requises. ................................................................................................... 29
Encadré 2 : Le secteur privé tchadien est embryonnaire et Un secteur privé confronté à un
cadre réglementaire peu incitatif et sans soutien financier.............................................. 29
Encadré 3 : Recettes pétrolières, projections 2004-15 ............................................................ 71
Encadré 4 : Principales actions en cours pour le renforcement du suivi des dépenses dans les
secteurs prioritaires........................................................................................................... 74

Tableau 1 :Seuils de pauvreté alimentaire et globale en 1995-96 par tête et par jour en francs
CFA .................................................................................................................................. 11
Tableau 2 :Incidence et profondeur de la pauvreté au Tchad en 1995-96 (ECOSIT I) .......... 11
Tableau 3 :Résultats des estimations de l’IDH selon les régions............................................ 13
Tableau 4 : Résumé des problèmes soulevés par la population par zone selon les priorités .. 14
Tableau 5 : Répartition des personnes handicapées selon la nature du handicap ................... 25
Tableau 6 : Dépenses publiques par secteur 2003-2006 ......................................................... 75

Annexe 1 : Matrice des actions prioritaires de la première phase de la SNRP ....................... 86


Annexe 2 : Liste partielle des nouveaux projets identifiés par secteur pour lesquels le
financement est à rechercher dans le cadre de la SNRP................................................... 99
Annexe 3 : Objectifs quantitatifs de réduction de la pauvreté .............................................. 107
Annexe 4 :Détail du cadrage macroéconomique.................................................................. 112

Annexe 4 - Tableau 1 : Quelques Indicateurs Économiques et Financiers, 2003-15............ 112


Annexe 4 - Tableau 2 : Produit Intérieur Brut par Secteur, 2003-15 .................................... 116
Annexe 4 - Tableau 3 : Tableau des Opérations Financières de l'État, 2003-15 1 ................ 117
Annexe 4 - Tableau 4 :. Balance des paiements, 2003-15 .................................................... 120
Annexe 4 - Tableau 5 : Situation monétaire, 2003-15 .......................................................... 123

v
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Liste des Abréviations

AFD Agence Française de Développement


APD Aide Publique au Développement
APE Association des Parents d’Élèves
AV Associations villageoises
BAD Banque Africaine de Développement
BdL Brasseries du Logone
BEAC Banque des États de l’Afrique Centrale
BELACD Bureau d’Études et de Liaison pour les Actions Catholiques de Développement
BID Banque Islamique de Développement
BGT Boissons Glacières du Tchad
BTP Bâtiments et Travaux Publics
CAMES Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur
CCIAMA Chambre de Commerce, de l’Industrie, de l’Agriculture, des Mines et de
l’Artisanat
CCSRP Collège de Contrôle et de Surveillance des Ressources Pétrolières
CEC Caisse d’Épargne et de Crédit
CELIAF Cellule de Liaison et d’Information des Associations Féminines
CEMAC Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale
CESRAP Cellule de Suivi de la Réforme de l’Administration Publique
CILSS Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel
CONAMAC Conseil National d’Appui aux Mouvements Associatifs et Coopératifs
COOPEC Coopérative d’Épargne et de Crédit
CP/SNRP Comité de Pilotage de la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté
CREC Caisses Rurales d’Épargnes et de Crédits
CST Compagnie Sucrière du Tchad
CSTI Comité de Suivi Technique Interministériel
CTNSC Comité Technique National de Suivi et de Contrôle
DPIFD Déclaration de Politique d’Intégration des Femmes dans le Développement
DPP Déclaration de Politique de Population
DPS Délégation Préfectorale Sanitaire
DSEED Direction de la Statistique, des Études Économiques et Démographiques
DSIS Division du Système d’Information Sanitaire
DSRP Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté
ECPD Enfance en Circonstances Particulièrement Difficiles
ECOSIT Enquête sur la Consommation des Secteurs Informels au Tchad
EFE Education - Formation en liaison avec l’Emploi
ENPS Enfants Nécessitant Protection Spéciale
EDST Enquête Démographique et de Santé au Tchad
EIMT Enquête à Indicateurs Multiples du Tchad
EMF Établissements de Micro-Finance
EMT Enquête Migration au Tchad
ENE Engins Non Explosés
ENTP École Nationale des Travaux Publics
EPBEP Étude sur les Perceptions du Bien-Être et de la Pauvreté
ETFPFE Enseignement Technique et Formation Professionnelle à Finalité d’Emploi
FAC Fonds d’Aide et de Coopération
FACIL Fonds d’Actions Concertées des Initiatives Locales

vi
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

FASR Facilité d’Ajustement Structurel Renforcé


FCPD Femmes en Circonstance Particulièrement Difficile
FED Fonds Européen de Développement
FGF Fonds des Générations Futures
FIDA Fonds International de Développement Agricole
FIR Fonds d’Intervention Rural
FMI Fonds Monétaire International
FOSAP Fonds de Soutien aux Activités de Population
FRPC Facilité de la Réduction de la Pauvreté et de la Croissance
HCND Haut Commissariat National de Déminage
HIMO Haute Intensité de Main d’Œuvre
GEEP Gestion de l’Économie à l’Ère Pétrolière
IDH Indice de Développement Humain
IEC Information, Éducation et Communication
IPIE Inventaire pour la Programmation des Infrastructures et Équipements
IPPTE Initiatives en faveur des Pays Pauvres Très Endettés
ISDH Indice Sexospécifique de Développement
IST Infections Sexuellement Transmissibles
MCT Manufacture des Cigarettes du Tchad
MEG Médicaments Essentiels Génériques
MPDC Ministère du Plan, du Développement et de la Coopération
MSP Ministère de la Santé Publique
MIT Moyens Intermédiaires de Transport
MST Maladies Sexuellement Transmissibles
ODM Objectifs de Développement du Millénaire
OMC Organisation Mondiale du Commerce
OMVSD Office de Mise en Valeur de Satégui-Déréssia
ONAPE Office National pour la Promotion de l’Emploi
ONC Office National de Céréales
ONDR Office National de Développement Rural
ONG Organisation Non Gouvernementale
PACE Programme Panafricain de Contrôle des Épizooties
PAS Programme d’Ajustement Structurel
PASET Programme d’Ajustement Sectoriel des Transports
PASS Programme d’Appui au Secteur Santé
PCA Paquet Complémentaire d’Activités
PDAOK Projet de Développement Agricole et Ouaddis du Kanem
PDLCD Plan Directeur de Lutte contre la Désertification
PDIS Programme de Développement Intégré du Salamat
PEV Programme Élargi de Vaccination
PFIE Programme de Formation et d’Information pour l’Environnement
PIB Produit Intérieur Brut
PIDR Programme Intégré de Développement Rural
PLN Projet Laitier de N’Djaména
PMA Paquet Minimum d’Activités
PME Petites et Moyennes Entreprises
PMR Programme de Micro-Réalisation
PNAE Plan National d’Action pour l’Environnement
PNB Produit National Brut
PNT Programme National de Transports

vii
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

PNLS Programme National de Lutte contre le SIDA


PNUD Programme des Nations Unies pour le Développement
PNSR Programme National de Santé de Reproduction
PPLS Projet Population et Lutte contre le SIDA
PPTE Pays Pauvres Très Endettés
PRODEL Programme de Développement Local
PRONAFET Programme National en Faveur de l’Enfant Tchadien
PRS Programme Régional Solaire
PSANG Projet Sectoriel Agricole et Nord Guéra
PSSP Projet de Sécurisation des Systèmes Pastoraux
PST2 Programme Sectoriel des Transports
PTMR Programme de Transport en Milieu Rural
RDP Revue des Dépenses Publiques
RENCAR Renforcement des Capacités Rurales au Tchad
REPAFEM Réduction de la Pauvreté et Actions en Faveur de la Femme
SECADEV Secours Catholique de Développement
SIDA Syndrome Immunodéficitaire Acquis
SMI Santé Maternelle Infantile
SNBG Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance
SNRP Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté
SRO Sel de Réhydratation par voie Orale
STPE Société Tchadienne des Postes et Épargnes
TRO Traitement de Réhydratation par voie Orale
UDEAC Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale
UE Union Européenne
UNICEF Fonds des Nations Unies pour l’Enfance
VA Valeur Ajoutée
VIH Virus de l’Immunodéficience Humaine
VITA/PEP Volunteers in Technical Assistance/Promotion des Entreprises Privées

viii
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Introduction
La Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté (S.N.R.P.) est la concrétisation de
l’engagement pris par le Gouvernement dans le cadre de l’éligibilité du Tchad à l’Initiative
renforcée pour l’allègement du poids de la dette des Pays Pauvres très Endettés (IPPTE) mise
en place par les Institutions de Bretton-Woods. Pour la mise en œuvre de cette stratégie, les
ressources nées de l’allègement du fardeau de la dette (estimées à environ 260 millions de
dollars US à l’horizon de 2015) viendront en complément aux ressources nationales, parmi
lesquelles celles qui proviendront de l’exploitation du pétrole de Doba à partir de 2004.

Au-delà de cet engagement, la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté fédèrera et


réactualisera périodiquement, de manière plus cohérente et plus globale, l’ensemble des
stratégies sectorielles, centrées sur la lutte contre la pauvreté, qui seront mises en œuvre dans
le pays durant les quinze prochaines années.

Les premières années de mise en œuvre de la stratégie couvrent la période 2004-2006 et


devraient continuer à bénéficier du contexte national, régional et international relativement
favorable à une prise en charge globale et durable des enjeux de la réduction de la pauvreté.
En particulier, la dynamique participative qui a marqué son élaboration devrait tirer avantage
d’un approfondissement des bases démocratiques à travers l’achèvement de la mise en place
des institutions prévues par la Constitution de 1996, la poursuite de la mise en œuvre de la
politique de décentralisation et de déconcentration, le renforcement des pouvoirs législatif et
judiciaire, le renforcement des capacités nationales au niveau des institutions publiques et de
la société civile ainsi que le développement des moyens d’information et de concertation aux
niveaux national et local.

En transition entre une période de stagnation, voire de déclin économique et social lié à l’état
de guerre, et la période caractérisée par l’entrée dans l’ère pétrolière, l’économie tchadienne
connaît de forts taux de croissance depuis quelques années dus aux investissements de mise
en place du projet d’exploitation des ressources pétrolières. Les perspectives nouvelles qui
s’ouvrent placent ainsi le pays à la fois devant une opportunité réelle et un défi d’éradication
de la pauvreté. Il s’agit du défi de créer les conditions d’une croissance soutenue à la fin de
l’ère pétrolière et d’une répartition équitable, dans l’espace et entre les générations actuelles et
futures, des fruits de cette croissance soutenue que permettra une utilisation appropriée et
efficiente des ressources de l’IPPTE et du projet pétrolier.

Pour saisir cette opportunité et relever ce défi, ont été réalisées à partir de l’an 2000 une
somme d’activités impliquant tous les segments de la population et dont les résultats sont
articulés dans le présent document de SNRP.

Ce document s’articule autour des points suivants :

• Le contexte et processus d’élaboration de la SNRP


• Le diagnostic de la pauvreté au Tchad
• Les déterminants de la pauvreté et les atouts du Tchad
• La vision globale du développement à l’horizon 2015
• Le cadre macro économique
• La mise en œuvre de la SNRP

1
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Chapitre 1 Contextes et processus d’élaboration de la SNRP

1.1 Contextes international, régional et national

1.1.1 Le contexte international et régional

Les résultats mitigés des programmes d’ajustement mis en œuvre à travers le monde depuis la
fin des années 70, qui au mieux ont conduit à une croissance sans réduction des inégalités, ont
nourri une prise de conscience de plus en plus forte à l’échelle mondiale de la nécessité d’un
nouveau paradigme de développement au cours des années 90, à la faveur des grands
sommets sociaux de cette période organisés sous l’égide des Nations-Unies. Tout en
reconnaissant l’importance de la croissance dans la lutte contre la pauvreté, le nouveau
paradigme met également l’accent, pour éradiquer la pauvreté, sur la nécessité d’une stratégie
globale qui s’appuie sur un partage efficient des rôles entre l’État, le secteur privé et la société
civile afin d’assurer une gouvernance efficiente et responsable ainsi qu’une répartition plus
équitable des fruits de la croissance économique pour le progrès social.

Un autre problème auquel les programmes d’ajustement en Afrique subsaharienne n’ont pu


venir à bout est celui du poids de la dette. Par ailleurs, à la suite des différents allègements
de dette dont les pays pauvres ont bénéficié de la part des pays membres du Club de Paris, les
prêts des institutions financières multilatérales ont fini par prendre une place prépondérante
dans la structure de la dette.

Cette situation a conduit le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale à


proposer à leurs membres en 1996 une nouvelle initiative en vue d’un allégement des dettes
insoutenables des pays pauvres.

L’échec imputé aux programmes d’ajustement réputés inspirés de l’extérieur justifie ainsi les
stratégies de réduction de la pauvreté que proposent de soutenir désormais le FMI et la
Banque mondiale. Ces stratégies qui, à travers leur processus participatif d’élaboration et de
mise en œuvre, sont appelées à établir un lien étroit entre la croissance économique, d’une
part, la réduction de la pauvreté et l’allègement de la dette consentie par les partenaires au
développement d’autre part. A cet effet, la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la
Croissance (FRPC) du FMI articulée à l’IPPTE renforcée et le Crédit d’Ajustement Structurel
(CAS) de la Banque Mondiale consacrent les stratégies de réduction de la pauvreté comme
cadre de base pour la mobilisation de l’appui des partenaires au développement aux efforts
propres des pays concernés afin de sortir leurs populations de la pauvreté.

Une autre caractéristique du contexte international actuel réside dans la tendance à la baisse
continue de l’aide publique au développement et au dépérissement des systèmes de préférence
dans les échanges internationaux. Avec la raréfaction conséquente des ressources à meilleur
marché et des avantages commerciaux, les stratégies de réduction de la pauvreté sont aussi
placées devant une obligation d’efficience et de durabilité des effets des solutions proposées.

Préparée dans un tel contexte, la SNRP vise à consolider les acquis des programmes
d’ajustement en les intégrant à la nouvelle donne de la mondialisation et en prenant en
considération les objectifs mondiaux de développement du troisième millénaire.

2
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Impulsée par les progrès continus des technologies de l’information et de la communication,


la mondialisation libéralise les échanges et intègre les marchés des capitaux, puis des biens et
services. Aussi, dans tous les pays, la compétitivité se pose-t-elle au secteur privé, devenu le
principal créateur de richesses, et à l’Etat stratège comme un impératif incontournable.
Cependant, la libéralisation des marchés et de l’initiative privée a également suscité et
entretenu l’expansion du secteur dit informel dans les pays comme le Tchad où celui-ci
fournit 70% du PIB.

Le renforcement de la coopération et de l’intégration interafricaines agrandit les marchés pour


les entreprises, et permet de conjuguer les efforts des différents Etats africains en vue d’une
intervention plus efficace pour le bien-être des populations. On peut, notamment, citer la
création de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale (CEMAC) en 1994,
de la Communauté des Etats Saharo-sahéliens (CEN-SAD) en 1998 et de l’Union africaine en
juillet 2002.

Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) est l’initiative la plus


récente dont l’objectif central est de permettre aux économies africaines de combler leur
retard dans le domaine des infrastructures et de renforcer leurs capacités à participer avec plus
de chance de réussite dans la libéralisation des échanges internationaux de biens et services;
elle est placée depuis 1995 sous l’égide de l’Organisation Mondiale du Commerce. Défini
sous l’impulsion directe des Chefs d’État africains, le NEPAD est soutenu par les partenaires
au développement de l’Afrique, et porte la marque d’un ferme engagement en faveur de la
bonne gouvernance et du renforcement des bases démocratiques en vue du développement
humain durable du Continent. Auparavant, l’adhésion des pays africains aux Objectifs de
Développement du Millénaire (ODM), avait ouvert la voie à la conduite de politiques
susceptibles d’élargir, dans tous les secteurs, les choix offerts à toutes les personnes qui
constituent la société, hommes ou femmes, pauvres ou membres de groupes vulnérables,
placées désormais au centre du processus de développement.

Pour être opérationnelle, chacune des initiatives prises à l’échelle nationale, sous-régionale ou
continentale a besoin, particulièrement dans les administrations publiques, de s’appuyer sur
un environnement général, des institutions et des individus qui développent les connaissances
théoriques, les capacités pratiques, la motivation et le sens des responsabilités nécessaires. A
cet égard, le renforcement des capacités a été identifié au cours des années 90 comme le
chaînon manquant du développement, dont l’importance pour tous les pays africains a justifié
une prise en charge à l’échelle du Continent par la Fondation pour le Renforcement des
Capacités en Afrique créée en 1991. Le Tchad a reconnu l’urgence du renforcement des
capacités en confiant cette mission à un Secrétariat National pour le Renforcement des
Capacités (SENAREC).

Dans son contenu comme dans ses mécanismes de mise en œuvre, la SNRP intègre les
implications des initiatives majeures rappelées ci-avant qui ont marqué le contexte
international et régional ainsi que celles des mutations qu’a connues le contexte national.

1.1.2 Le contexte national

Depuis son accession à l’indépendance en 1960, le Tchad a élaboré et mis en œuvre plusieurs
plans nationaux de développement économique et social, et des programmes d’ajustement
structurel depuis 1987. L’objectif global déclaré de ces plans et programmes a toujours été

3
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

«l’amélioration des conditions de vie de la population». Celle-ci devait passer par le


développement du secteur agro-sylvo-pastoral qui occupe près de 80 % de la population
tchadienne, la création des infrastructures socio-économiques permettant le désenclavement
intérieur et extérieur du pays, le développement des ressources humaines afin d’en accroître
l’efficacité, etc. La réalisation de ces programmes devait se traduire concrètement par un
meilleur accès aux services d’éducation, de santé, d’hygiène, à l’eau potable, à la sécurité
alimentaire, etc.

Cependant, en dépit de la mise en œuvre de ces programmes, on observe une paupérisation


croissante de la population depuis trois décennies. Les indicateurs socio-économiques au
Tchad sont parmi les plus bas des pays d’Afrique Subsaharienne. Au moment du lancement
du processus d’élaboration de la SNRP, 54% de la population se trouvent en dessous du seuil
de pauvreté ; on note une persistance des maladies épidémiques et endémiques (parmi
lesquelles la pandémie du VIH/SIDA qui, en 2000, frapperait 1704 personnes et aurait fait
55000 orphelins) pendant que le taux de couverture vaccinale des enfants varie entre 16% et
20% ; une grande partie de la population vit une insécurité alimentaire chronique; l’habitat
reste encore, à près de 90% sensible aux intempéries ; 1% de la population a accès à l’énergie
électrique ; 30% de la population a accès à l’eau potable ; moins de 10% d’entre eux
bénéficient de services d’assainissement de base ; il existe 1 ligne de téléphone pour 1000
habitants.

En revanche, des progrès nets sont constatés dans le secteur de l’éducation où le taux de
scolarisation atteint 67,4% en 1998/99. Toutefois, les effectifs féminins demeurent faibles à
tous les niveaux de l’enseignement, privant ainsi l’économie et la société des avantages
associés à une meilleure éducation des femmes. Comme il est apparu lors des consultations
participatives, la sensibilisation des parents à l’éducation des filles, jeunes et futures mères,
reste insuffisante.

De plus, ces programmes n’ont pas abouti à une transformation de l’économie nationale qui
reste caractérisée par :

- une très faible productivité,


- une vulnérabilité extrême face aux chocs aussi bien internes qu’externes,
- une absence d’un secteur privé dynamique,
- une insuffisance des infrastructures existantes, en particulier les routes;
- une hypertrophie du secteur informel.

En effet, l’appareil de production reste dominé par les secteurs primaire et tertiaire où,
traditionnellement, le progrès technique est lent et les activités souvent informelles et peu
productives. Il en résulte un taux d’investissement faible (encore inférieur à 10%), au
demeurant à l’actif principalement de l’État. En effet, l’insuffisance de l’épargne et du crédit
intérieur demeure un lourd handicap pour l’accroissement de l’investissement privé.

Au total, l’évolution économique au cours des années 80 et 90 se caractérise par une quasi-
stagnation du niveau de vie des populations ; le PIB par tête d’habitant, un des plus faibles du
monde, n’ayant progressé en moyenne annuelle que de 1,4% pendant plus de vingt ans. Ainsi,
la base fiscale s’avère réduite (la pression fiscale est en moyenne de 6% entre 1988 et 1998) et
les échanges avec l’extérieur sont structurellement déficitaires, en raison de la faiblesse de la
production exportable. Cette situation entretient une grande dépendance vis-à-vis de l’aide

4
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

extérieure pendant qu’un niveau d’endettement même faible rapporté au PIB se révèle
insupportable, faute de ressources internes suffisantes pour en assurer le service.

Il ressort, de cette situation d’ensemble défavorable, un niveau de développement humain


estimé à 0,403 en 1999, année pendant laquelle 6 tchadiens sur 10 accusaient un retard
sensible en matière de longévité, de santé, d’éducation et de bien-être.

Les raisons de cet échec des programmes de développement sont, entre autres :

• l’instabilité politique qui n’a pas toujours permis de mener à leur terme ces différents
plans et programmes ;
• la mauvaise programmation de certaines actions qui n’ont pris en compte, ni le contexte
local, ni les besoins réels de la population ;
• l’insuffisance du suivi de certaines actions en cours de réalisation;
• la non implication de la base dans l’élaboration des programmes et politiques de
développement;
• le manque de durabilité des actions entreprises dans le domaine des infrastructures et de la
formation.

Pour pallier l’impact négatif de ces déficiences sur le développement des ressources
humaines, la mise en œuvre de la SNRP devrait donc tirer parti des succès et échecs
antérieurs. A cet effet, son élaboration, conduite par les cadres nationaux, s’est déroulée dans
une approche participative qui a permis d’associer les composantes de la société civile et du
secteur privé à l’ensemble du processus. La population, au niveau des villes et des villages, a
été étroitement associée à l’établissement du diagnostic, à travers les consultations
participatives et l’étude sur les perceptions du bien-être et de la pauvreté.

Le contexte national s’avère également propice du fait des avancées remarquables sur le plan
démocratique. Le processus engagé depuis 1990, qui a permis l’émergence d’une société
civile et d’une presse privée dynamique et participant de manière active au débat
démocratique, s’est poursuivi avec l’organisation des deuxièmes élections présidentielles en
2001 et législatives en 2002.

La poursuite du processus de décentralisation devrait aussi permettre une plus grande prise en
charge par la population elle-même de ses propres affaires, notamment dans les phases
d’élaboration, de mise en œuvre et de suivi/évaluation des actions de développement. Pour ce
faire, la SNRP intègre parmi ses priorités ou conditions préalables, l’accélération du processus
de restauration d’un climat de paix, notamment à travers le renforcement de la sécurité des
personnes et des biens, et plus généralement de l’État de droit. Le fonctionnement effectif de
la justice et de l’appareil judiciaire afin que soit dit le droit et les décisions de justice mises en
application dans les délais, ainsi que la reconversion et l’insertion complète des militaires
démobilisés auront des impacts décisifs dans la mise en place des conditions favorables à la
réussite de la SNRP.

Sur le plan économique et social, les réformes structurelles engagées dans le cadre des
programmes d’ajustement et l’approfondissement de l’intégration sous-régionale, notamment
à la faveur de la dévaluation du Franc CFA en janvier 1994, ont permis d’ouvrir certains
secteurs clés de production à la libre concurrence, en vue d’augmenter leur compétitivité tout
en désengageant l’État. Ces réformes ont, par ailleurs, abouti à l’amélioration de la gestion
des finances publiques, la libéralisation du commerce, le renforcement des capacités

5
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

nationales en matière de gestion du développement, etc. Toutefois, les résultats obtenus


demeurent encore insuffisants pour insuffler une croissance apte à améliorer, de manière
durable, les conditions de vie de la population. En particulier, la prise en compte actuelle de la
jeunesse qui, en plus de son poids démographique (plus de 48% de la population a moins de
15 ans), est à préparer pour ses responsabilités futures, de la femme, facteur de stabilité dans
la famille et la société, et de l’environnement dans un pays à plus de 50% sahélien et
désertique, se trouve présentement en deçà des objectifs de la SNRP.

Aussi, à la suite de la Table Ronde de Genève IV, des consultations sectorielles ont-elles
permis d’élaborer des programmes centrés sur la pauvreté dans les secteurs prioritaires
(éducation, santé et affaires sociales, développement rural, infrastructures) constituant ainsi
une base solide pour le processus d’élaboration de la stratégie nationale de réduction de la
pauvreté. Cependant, la mise en œuvre réussie de la stratégie reste intimement liée à la
capacité du pays à mobiliser des ressources intérieures et extérieures et à les gérer de manière
efficace. La transparence dans la gestion des ressources publiques sera ainsi de la plus haute
importance pour assurer leur utilisation efficiente et préserver la confiance et l’implication des
différents acteurs dans la SNRP.

Le mécanisme mis en place pour assurer la traçabilité des ressources de l’IPPTE s’appliquera
également aux ressources pétrolières. Il s’agira d’abord, pour la structure nationale chargée du
suivi stratégique des programmes de réduction de la pauvreté, en collaboration avec les
cellules de suivi opérationnel des différents ministères, notamment les ministères en charge
des secteurs prioritaires, de préparer tous les six mois, un rapport sur la mise en œuvre de la
SNRP, de le soumettre au Ministre chargé du Plan pour le présenter à un Conseil
interministériel présidé par le Premier Ministre. Le premier Conseil interministériel de l’année
sur la SNRP devrait être mis à profit pour faire le bilan de l’exécution de la SNRP au cours de
l’année écoulée, et de s’assurer que les ressources nécessaires sont en place pour la réalisation
des actions qui arrivent à échéance en cours d’année. Le deuxième Conseil interministériel de
l’année sur la SNRP devrait permettre d’arrêter la liste des mesures d’urgence propres à la
réalisation des actions prévues pour l’année, et de mettre à jour le document de SNRP y
compris les annexes, en particulier pour les besoins de la préparation du projet de Loi de
Finances.

Au Conseil interministériel sur la SNRP seront également invités (à titre consultatif) les
représentants du secteur privé et de la société civile pour leur information, et surtout parce que
ces deux partenaires seront impliqués dans la mise en œuvre de certaines activités du plan
d’action de la SNRP. Il serait aussi de bonne pratique qu’ après chaque Conseil
interministériel sur la SNRP, le Ministre chargé du Plan organise une réunion avec les
représentants des partenaires au développement à N’Djaména pour les tenir informés de
l’évolution d’ensemble de la mise en œuvre de la SNRP et recueillir leurs commentaires et
suggestions.

Entre deux réunions du Conseil interministériel sur la SNRP, la structure nationale chargée du
suivi stratégique de la SNRP assiste le Ministre du Plan et de la Coopération pour tenir
informés les Autorités, les populations et les partenaires au développement sur l’évolution de
la mise en œuvre de la SNRP. Pour ce faire, elle dispose de la collaboration spontanée des
structures de suivi opérationnel instituées par les différents départements ministériels
impliqués dans la réalisation d’activités du plan d’action de la SNRP.

6
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

1.2 Présentation du processus participatif

1.2.1 La structure de pilotage du processus d’élaboration de la stratégie

L’élaboration de la SNRP a été conduite par un Comité de Pilotage mis en place par le
Gouvernement en avril 2000. Ce Comité de Pilotage est une structure paritaire composée de
33 membres dont 15 représentants du secteur public, 16 représentants des associations de la
société civile et du secteur privé, et 2 parlementaires.

Les représentants des institutions internationales et des pays partenaires participent aux
travaux dudit Comité en qualité d’observateurs. Le Comité est doté d’un Secrétariat
Permanent, organe technique chargé de conduire l’élaboration de la SNRP. Les travaux du
Comité de Pilotage sont validés par le Comité Technique et le Haut Comité Interministériel
(HCI) du PAS.

1.2.2 Le processus d’élaboration de la stratégie

Le processus d’élaboration du DSRP a commencé par un séminaire de lancement tenu à


N’Djaména du 25 au 27 avril 2000, auquel ont pris part 200 personnes provenant de toutes les
régions du Tchad et représentant les différentes couches sociales : administration publique,
secteur privé, collectivités locales, communautés religieuses, associations de la société civile
(ONG, associations féminines, associations de jeunes, presse publique et privée, etc.). Ce
séminaire a défini les activités à réaliser pour parvenir à l’élaboration complète de la
Stratégie, et en a établi le calendrier.

Les activités ci-après ont été réalisées :

a) Une Étude sur les Perceptions du Bien-Être et de la Pauvreté (EPBEP) réalisée entre avril
et juin 2000 a fourni des informations sur l’ampleur de la pauvreté, sa dynamique, et sur les
perceptions du bien-être des personnes démunies. Ces informations ont pour but d’améliorer
la pertinence des actions prioritaires à proposer dans le cadre de la SNRP.

b) Dix études thématiques et sectorielles de mai à juillet 2000 sur les thèmes suivants:

1) Pauvreté et développement rural ;


2) Pauvreté et emploi ;
3) Pauvreté, micro-finance et entrepreneuriat ;
4) Pauvreté, santé, nutrition et population ;
5) Pauvreté et éducation ;
6) Pauvreté, eau potable et assainissement ;
7) Pauvreté, habitat, urbanisme et transport ;
8) Pauvreté et groupes vulnérables ;
9) Pauvreté et environnement macro-économique ;
10) Pauvreté et gouvernance.

L’objectif visé est de recueillir des informations en vue d’expliquer les relations qui existent
entre la pauvreté et les activités, situations et paramètres représentatifs d’un niveau d’accès
aux opportunités, aux actifs, aux capacités et aux services sociaux.

7
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

c) Un Forum de la Société Civile tenu en novembre 2000 a permis aux associations et autres
ONG de proposer aux gouvernants des orientations et pistes les mieux adaptées pour la lutte
contre la pauvreté.

d) Des Consultations participatives appelées « Macro-participation » de décembre 2000 à


janvier 2001 : elles ont concerné 7796 personnes, toutes catégories sociales confondues,
réparties sur toute l’étendue du territoire. L’objectif de ces consultations participatives est de
fournir au gouvernement des informations qualitatives sur la perception qu’ont les
associations, les groupements, les autorités traditionnelles et religieuses, etc. de la pauvreté et
les voies et moyens qu’ils préconisent en vue de l’amélioration de leurs conditions de vie.

e) Une évaluation des interventions-types de février réalisée en mars 2001 a permis de


s’informer auprès des structures de micro-projets de développement sur leurs expériences et
tirer des enseignements utiles à la mise en œuvre de la SNRP. Pour ce faire, six projets
sélectionnés dans différents domaines ont fait l’objet d’une évaluation approfondie pour
apprécier leur approche des populations ciblées et leur impact en matière de réduction de la
pauvreté; il s’agit de :

1) Club d’épargne et de crédits à Bissi Mafou (Léré) ;


2) marchés autogérés à Koumra (renforcement des capacités de population locale) ;
3) santé communautaire à Bébalem ;
4) formation professionnelle à N’Djaména ;
5) projet de développement agricole des ouaddis du Kanem pour la nutrition ;
6) projet de protection de l’environnement à Abéché.

Le résultat de l’évaluation a mis en exergue l’impact positif de ce genre d’actions sur les
conditions de vie de la population concernée ainsi que leurs limites.

f) Un séminaire national à N’Djaména du 8 au 12 mai 2001 pour la définition des axes


stratégiques et actions prioritaires. 150 participants venus de N’Djaména et des différentes
régions du Tchad et représentant les différentes couches sociales, ont, sur la base des éléments
du diagnostic, apporté des amendements aux propositions faites par le Comité de Pilotage ;
c’est ainsi qu’ont été fixés les axes stratégiques, les objectifs nationaux, les objectifs
spécifiques et actions prioritaires pour la réduction de la pauvreté au Tchad.

Ces axes stratégiques et actions prioritaires ont été encore rediscutés au cours des séminaires
régionaux organisés simultanément à Abéché, Bongor, Mao et Moundou du 19 au 21 mars
2002. Pour chaque action prioritaire, des indicateurs de performance ont été retenus pour les
besoins de la phase de suivi/évaluation. Un mécanisme de suivi/évaluation a également été
élaboré et adopté.

Tous ces éléments ont permis d’améliorer progressivement les différentes versions du
document de SNRP qui, par ailleurs, a été enrichi grâce aux contributions des partenaires au
développement du Tchad au cours des réunions organisées à Washington en décembre 2001
par la Banque Mondiale et le FMI, et à Bruxelles en mai 2002 par l’Union européenne.

8
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Chapitre 2 Diagnostic de la pauvreté au Tchad

En dépit de leur caractère parcellaire, les données disponibles sur la pauvreté au Tchad
donnent une image relativement nette de la situation en 1995-96, 1997 et 1998, période
pendant laquelle l’économie a crû au taux moyen de 4,7% l’an. L’on peut s’attendre à ce que
la récession qu’a connue l’économie en 1999 et 2000, marque les opinions exprimées par les
individus approchés dans le cadre de l’Etude sur les Perceptions du Bien-Etre et de la
Pauvreté (EPBEP) réalisée dans le premier semestre de l’an 2000.

Les données d’appui se rapportant à 1999 laissent suggérer qu’à cette période près de 6
tchadiens sur 10 faisaient l’expérience d’une ou de plusieurs formes de privations, causes ou
effets d’un déficit prononcé de longévité, de santé, d’éducation et de bien-être,
particulièrement en zone rurale. Une telle proportion, synonyme de pauvreté, commande la
mise en place d’un vaste programme permettant aux personnes concernées à travers le pays de
faire face aux rigueurs de leurs conditions de vie et de développer suffisamment leurs
capacités de se prendre en charge.

La stabilité des habitudes de consommation, la faible productivité des secteurs primaire et


tertiaire qui distribuent des revenus à environ 80% de la population, le recul de la production
en 1999-2000 et le caractère exogène de la forte croissance des années 2001 et 2002, font que
l’incidence de la pauvreté n’a certainement pas diminué. En outre, malgré la nouvelle donne
de l’exploitation pétrolière, l’on n’est pas fondé à considérer qu’en l’absence de nouvelles
initiatives cette situation va disparaître d’elle-même à un horizon prévisible.

S’agissant du niveau des inégalités dans la répartition des revenus, dont la prise en compte
permet de qualifier avec plus de pertinence la relation entre l’évolution du PIB par tête
d’habitant et celle du niveau de vie du plus grand nombre d’individus de la population totale,
les travaux statistiques conduits jusqu’à présent au Tchad n’en font pas une quantification
directe. En lieu et place, l’on peut rapporter la forte proportion de la population rurale (80%),
d’une part, à la contribution de l’économie rurale à la formation du PIB d’autre part, à la
contribution du secteur dit informel (qui comprend l’économie rurale et la partie la plus
pauvre de l’économie urbaine) à la formation du PIB (70%) pour conclure que la pauvreté est
un phénomène très partagé au Tchad.

Vivre au-dessus de la ligne de pauvreté est d’autant plus le privilège d’une minorité que la
quantification de cette ligne de pauvreté par les données disponibles est inférieure au revenu
du ménage correspondant à un dollar par jour et par personne qui permet une comparaison
internationale. Si l’on considère les activités génératrices de revenus, la pauvreté est à la fois
rurale et urbaine. Mais la forte proportion d’individus vivant dans la campagne confère au
développement rural un caractère prioritaire. Cette constatation met en relief l’importance des
activités primaires, notamment, l’agriculture et l’élevage, et donc celle de la maîtrise de l’eau
dans la SNRP. Toutefois, l’apport essentiel qui, historiquement, a été celui de
l’industrialisation à la modernisation de l’économie et de la société, justifie, entre autres, que
l’on s’emploie dès à présent à créer les conditions d’une implantation significative d’activités
manufacturières au plus tard dans une dizaine d’années.

Il ressort des résultats des différentes activités conduites dans le cadre du processus
participatif, que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel, que l’on approche en
termes de revenus, de niveau de vie, de capacités ou de risques encourus. Le déficit de

9
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

productivité est un attribut de l’essentiel des activités économiques marchandes au Tchad


traduisant un déficit, voire un défaut de capacités lié aux déficiences des systèmes sanitaire et
éducatif.

L’accès de la population à l’éducation, au service de santé, à l’eau potable, à un


environnement salubre et au logement figurent parmi les principales dimensions
d’amélioration du bien-être. Il en est de même de l’emploi et des activités génératrices de
revenu, identifiés comme moyens appropriés pour assurer une amélioration des conditions de
vie des ménages, notamment en zone urbaine. En milieu rural, la population a fortement
insisté sur l’importance des équipements agricoles pour accroître la productivité et la
production ainsi que sur le développement des réseaux routiers pour assurer le
désenclavement des zones de production et du pays et permettre aux ménages de profiter des
opportunités économiques qui s’offrent sur un périmètre plus large.

Par ailleurs, l’on ne saurait ignorer l’effet inhibitif du climat d’insécurité et d’impunité,
entretenu trop longtemps par la trop forte fréquence des conflits armés dans le temps comme
dans l’espace. Certainement qu’un environnement conflictuel encourage autant, sinon plus, le
placement des revenus dans des valeurs refuges que ne le fait une culture de paix qui inciterait
plutôt à l’investissement dans des activités de production. Aussi, la SNRP couvre-t-elle non
seulement les conditions de production et de vie, mais également l’environnement
institutionnel en général.

2.1 Profil de la pauvreté au Tchad

2.1.1 Analyse quantitative de la pauvreté

L’analyse quantitative de la pauvreté est menée sous trois aspects : i) profil de pauvreté, ii)
caractérisation des ménages pauvres et iii) caractérisation des groupes sociaux à haut risque.
Elle est basée sur les données de trois principales enquêtes : l’Enquête sur la Consommation
et le Secteur Informel au Tchad (ECOSIT) de 1995-96, dont la couverture se limite à quatre
préfectures sur les quatorze que comptait le pays, l’Enquête Démographique et de Santé au
Tchad (EDST) de 1997 et l’Enquête Migration au Tchad (EMT) de 1998, dont la couverture
est nationale. Ces données sont complétées par les informations disponibles sur l’Indice de
Développement Humain (IDH) des différentes régions.

Seuil de pauvreté alimentaire et global

Pour les besoins de l’analyse quantitative, deux seuils (lignes) de pauvreté ont été
déterminés : le seuil de pauvreté alimentaire qui indique la dépense alimentaire minimum
nécessaire pour couvrir les besoins caloriques1 d’un adulte, et le seuil de pauvreté globale qui
couvre, en plus des besoins alimentaires, les besoins minima de consommation non
alimentaire. Selon le Tableau 1, les seuils de pauvreté sont généralement plus faibles en
milieu rural qu’en milieu urbain. Il en est de même pour les autres villes par rapport à la ville
de N’Djaména. Cela s’explique par les différentiels de prix et les changements dans la
composition du panier de consommation.

1
Pour le Tchad, la norme calorique journalière retenue (FAO, 1985) est de 2095 kcal en milieu urbain et 2175 en
milieu rural.

10
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Tableau 1 :Seuils de pauvreté alimentaire et globale en 1995-96 par tête


et par jour en francs CFA2
Milieu rural N’Djaména Autres villes Zone ECOSIT3
Seuil de pauvreté alimentaire 151 (0,303) 311 (0,623) 213 (0,43) 194 (0,39)
Seuil de pauvreté globale 195 (0,39) 414 (0,83) 276 (0,55) 253 (0,51)
Source : DSEED, 1997.

Pour toute la zone couverte par l’enquête ECOSIT, le seuil de pauvreté alimentaire est estimé
à 194 francs CFA par tête et par jour, et le seuil de pauvreté globale à 253 francs CFA, soit
respectivement 0,39 $US et 0,51 $US. Au niveau national, les seuils de pauvreté alimentaire
et globale sont estimés respectivement à 173 francs CFA et 218 francs CFA par tête et par
jour. Il est à noter que tous ces seuils sont nettement inférieurs au standard international qui
est de 1 dollar par tête et par jour (environ 700 FCFA).

En termes absolus, l’écart entre les deux seuils est faible en milieu rural et plus élevé à
N’Djaména. Rapporté au seuil de pauvreté alimentaire, cet écart est de 22,6% en milieu rural
et de 33% à N’Djaména, mais atteint dans les autres villes une proportion plus importante
(39%), à vérifier et à expliquer, le cas échéant, à l’aide des résultats de l’enquête de
couverture nationale en cours de réalisation, qui permettra également de procéder à une
analyse dynamique comparée de la pauvreté en milieu rural et en zone urbaine. Cette enquête
qui a commencé en janvier 2003 fournira les enseignements qui seront pris en compte lors de
la révision annuelle du document de la SNRP en décembre 2004.

Incidence et profondeur de la pauvreté

L’incidence de la pauvreté est la proportion des ménages qui dépensent chacun moins que le
seuil de pauvreté ; elle mesure le pourcentage de ménages pauvres. La profondeur de la
pauvreté est égale à la différence entre le seuil de pauvreté et le revenu moyen des ménages
pauvres, rapportée au seuil de pauvreté ; elle mesure la portion du seuil de pauvreté qui
manque au ménage pauvre moyen pour atteindre ce seuil.

Le estimations de l’incidence et de la profondeur de pauvreté sur la base des seuils précédents


et des dépenses de consommation des ménages en 1995-96.

Tableau 2 :Incidence et profondeur de la pauvreté au Tchad en 1995-96 (ECOSIT I)

Indicateur de pauvreté selon la zone


Milieu rural N’Djaména Autres villes Ensemble
Incidence de pauvreté alimentaire 46,2 33,8 38,0 41,6
Incidence de pauvreté globale 48,6 35,0 39,3 43,4
Profondeur de pauvreté globale 26,3 30,0 28,3 27,5
Source : DSEED, 1997

Les tableaux 2 et 3 permettent de conclure que, dans la zone couverte par l’ECOSIT, le milieu
rural a le seuil de pauvreté le plus faible et, en dépit de cela, l’on y trouve le pourcentage de
2
Les données en parenthèses sont en dollars US au taux de 499 francs CFA en 1995
3
L’ensemble de la zone couverte par l’ECOSIT.

11
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

pauvres le plus élevé ainsi qu’une pauvreté moins profonde. Inversement, dans la Capitale, le
seuil de pauvreté est le plus élevé, mais également, le pourcentage de pauvres est le plus
faible et la pauvreté la plus profonde. Ce constat est valable pour la pauvreté alimentaire
comme pour la pauvreté globale. D’ailleurs, du point de vue de leur incidence, ces deux types
de pauvreté ne semblent pas éloignés l’un de l’autre ; de surcroît, la différence apparente est
d’autant plus faible que le caractère urbain de la zone étudiée est marqué.

Les tableaux 1 et 2 définissent une échelle sur laquelle un bout est associé au caractère rural
de la zone à l’étude et l’autre au caractère urbain de cette zone. Le long de cette échelle, le
milieu rural type se caractérise par un seuil et une profondeur de pauvreté, plus faibles et la
zone urbaine par un seuil et une profondeur de la pauvreté, plus élevés. Ainsi, l’incidence de
la pauvreté est plus forte dans le milieu rural qu’en zone urbaine, sur l’ensemble de la zone
couverte par l’ECOSIT ; mais la différence des conditions de vie entre les pauvres et leurs
voisins est plus visible en zone urbaine qu’en milieu rural. Les inégalités sont plus fortes en
ville qu’en campagne. La pauvreté est donc plus répandue en milieu rural, mais menace
davantage d’exclusion l’individu qui en est frappé en milieu urbain. Il faudrait donc œuvrer à
réduire la pauvreté en milieu rural et aussi à réduire l’effet des inégalités en milieu urbain.

En termes absolus, l’incidence et la profondeur de la pauvreté à l’échelle nationale pourraient


être plus élevées que leurs niveaux mesurés ci-avant pour deux raisons principales :

a) L’enquête ECOSIT n’a couvert que 4 préfectures4 du pays à savoir Chari-Baguirmi,


Logone occidental, Moyen-Chari et Ouaddaï. Or, ces mêmes préfectures viennent en
tête en termes de développement humain durable (tableau 3). Ainsi, la pauvreté serait
plus répandue dans les autres préfectures et l’incidence de la pauvreté au niveau
national serait plus élevée que celle estimée par l’ECOSIT I;

b) Le seuil de pauvreté a été estimé sur la base des besoins caloriques de 2.163
kilocalories par jour et par personne au lieu de 2.400 kcal/j/personne, norme
actuellement admise pour les pays de la sous-région. L’adoption de cette nouvelle
norme calorique aurait pour conséquence d’accroître les seuils et l’incidence de la
pauvreté.

Ainsi, la prise en compte de la situation qui prévaut dans toutes les préfectures et l’adoption
de la norme de 2.400 kilocalories par personne et par jour, auraient pour conséquence une
estimation plus forte de l’incidence de pauvreté. Cette éventualité pourrait être vérifiée à
travers l’enquête de couverture nationale susvisée; en attendant, elle semble corroborée par
l’indice de pauvreté humaine.

Indicateurs de développement humain

La pauvreté est un phénomène vécu sur l’ensemble du territoire. Cependant, il existe des
différences importantes entre les régions. L’analyse qualitative qui suit illustre cette diversité
des perceptions de la pauvreté selon les régions, confirmant ainsi l’analyse quantitative.

4
Quand on parle de Préfecture dans le document, il s’agit de l’ancien découpage administratif

12
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Selon le rapport national du PNUD sur le développement humain au Tchad (2000)5, l’indice
de développement humain, en 1999, était estimé à 0,403. L’indice de pauvreté humaine
(IPH)6 du Tchad était estimé à 57%, c’est-à-dire qu’en 1999, environ 6 Tchadiens sur 10
accusaient des déficits en matière de longévité, de santé, d’éducation et de bien-être. En effet,
environ 36 % de Tchadiens risquaient de mourir avant l’âge de quarante ans, seul le tiers des
individus avait accès aux services de santé de base alors que près de 8 individus sur dix
n’avaient pas d’accès à l’eau potable.

La désagrégation de l’indice de développement humain au niveau régional (Erreur ! Source


du renvoi introuvable.) indique des disparités relativement importantes entres les différentes
préfectures du pays. Les préfectures qui abritent les trois principales villes du pays : Chari-
Baguirmi (N’Djaména), Logone occidental (Moundou), Moyen Chari (Sarh) se caractérisent
par des IDH supérieurs à la moyenne nationale. Cela indique que la présence de grandes villes
comme pôle de développement semble rehausser l’IDH préfectoral moyen, mais, comme déjà
observé, au prix d’inégalités plus élevées.

Les préfectures du Salamat et du Lac accusent des IDH les plus faibles. Le Salamat est
marqué par la plus faible espérance de vie à la naissance (environ 40 ans), soit 10 ans de
moins que la moyenne nationale et un des plus faibles taux bruts de scolarisation, soit 21 %
alors que la moyenne nationale est de 65 %. La préfecture de Lac possède le plus faible taux
de scolarisation 17 %.

Tableau 3 :Résultats des estimations de l’IDH selon les régions

Préfecture IDH Préfecture IDH


Chari-Baguirmi 0,430 Logone oriental 0,379
Logone occidental 0,422 Biltine 0,378
Moyen Chari 0,413 Batha 0,368
Tandjilé 0,396 Kanem 0,356
Ouaddaï 0,395 Guéra 0,350
B.E.T. 0,388 Lac 0,319
Mayo Kebbi 0,383 Salamat 0,259
National : 0,406
Source : Rapport national sur le développement humain au Tchad, 2000

Les données statistiques disponibles ne permettent pas de procéder à une analyse approfondie
de la pauvreté suivant les catégories socioprofessionnelles. Toutefois, l’on peut retenir que les
travailleurs du secteur primaire (paysans, pasteurs, pêcheurs) dirigent les ménages les plus
pauvres, puisque représentant 78% de la population et contribuent seulement pour 38% à la
formation du PIB. Ensuite viennent les ménages dirigés par des opérateurs du secteur
informel urbain qui, bien que ne représentant pas plus de 20% de la population, contribue
avec le secteur primaire pour 70% au PIB, comptant donc 32% à son actif.

5
En plus de la dimension monétaire, cet indice intègre d’autres dimensions de la pauvreté, notamment
l’espérance de vie et le niveau d’éducation.
6
Les méthodes de calcul sont détaillées dans le rapport sur le développement humain durable au Tchad pour
l’année 2000.

13
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Un autre point de vue sur la façon dont les différentes catégories socio-professionnelles vivent
la pauvreté ressort des consultations participatives qui ont concerné toutes les régions. Les
participants à ces consultations ont exprimé des préoccupations qui, en sus de l’accès étroit au
crédit et aux services sociaux de base, de l’insécurité et de l’enclavement de certaines régions,
sont relatives à la maîtrise de l’eau, à des besoins d’équipements agricoles, d’encadrement et
d’appui aux initiatives locales ainsi qu’à l’inexistence d’activités de transformation des
produits locaux et au manque de moyens de production. La SNRP articule une politique de
développement rural intégré à une politique de développement urbain pour répondre à ces
préoccupations qui sont, entre autres, celles des opérateurs du secteur primaire en milieu rural
et de ceux du secteur informel en zone urbaine.

2.1.2 Analyse qualitative de la pauvreté

La méthodologie utilisée pour l’analyse qualitative vise principalement à recueillir les


opinions des individus, sans nécessairement rechercher le consensus. Elle repose sur la
communication verbale et les entretient se déroulé dans les langues locales. Ce sont donc des
entrevues de groupe, qui ont été enregistrées dans des magnétophones, puis retranscrites.

La démarche a consisté à réunir dix à quinze personnes choisies en fonction de certains


critères socio-professionnels de façon à former un groupe relativement homogène. Sous la
supervision d'un animateur, les participants sont invités à discuter d'un thème spécifique.
L'animateur oriente les discussions à l'aide d'une grille d'entrevue semi-structurée.

Les enquêtes qualitatives ne donnent pas nécessairement des résultats exhaustifs et la taille de
l’échantillon tiré dans ces enquêtes n’a pas la même importance que dans les enquêtes
quantitatives. L’on cherche à appréhender la perception de la population par rapport au
phénomène à l’étude, qui est dans le cas présent la pauvreté qu’elle vit et les stratégies qu’elle
entend déployer pour lutter contre celle-ci. Les facteurs et les problèmes concernant la
pauvreté soulevés dans cette analyse sont déterminants, mais pas exhaustifs.

[Link] La pauvreté et le bien-être tels que perçus par les populations

L’étude des perceptions du bien-être et de la pauvreté, menée sur la base des entretiens avec
les populations selon les critères socio-démographiques (pauvre, non pauvre, jeunes et vieux
selon le sexe), a permis de dégager les préoccupations économiques et sociales les plus
importantes des populations.

Tableau 4 : Résumé des problèmes soulevés par la population par zone selon les
priorités
Zone urbaine Zones rurales
N'Djaména Saharienne Sahélienne Sahélo-Soudanienne Soudanienne
Santé Transport Equipement agricole Equipement agricole Transport
Education Equipement agricole Crédit Transport Equipement agricole
Environnement Santé Eau potable Infrastructure routière Santé
Crédit Education Santé Santé Education
Logement Nourriture Elevage Eau potable Nourriture
Eau potable Eau potable Education Crédit Eau potable
Source : Enquête sur les perceptions du bien-être de la pauvreté

14
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Les ménages défavorisés possèdent peu de biens matériels pouvant leur permettre d’alléger la
pénibilité des tâches domestiques et de leurs activités de production, notamment, agricoles.
Dans ce sens, les ménages ont identifié l’épargne individuelle ou l’accès aux services
financiers (micro-crédit) comme le moyen d’acquérir les biens matériels qui contribueraient à
améliorer leurs conditions de vie. La plupart d’entre eux ont établi une relation entre leur
capacité financière, le coût de la vie et les activités génératrices de revenus qui pourraient leur
permettre de sortir de la pauvreté. Pour ces ménages, la détention d’un actif est analysée
comme source directe de capacité de financement ou comme garantie à apporter en
contrepartie d’un prêt pour l’exercice d’activités génératrices de revenus.

[Link] Les enseignements tirés des consultations participatives

Les entretiens menés dans le cadre des consultations participatives ont concerné séparément
les groupes socio-professionnels suivants : les jeunes par sexe, les associations des éleveurs,
les associations des cultivateurs, les groupements féminins, les veuves, les orphelins, les
handicapés, les retraités, les fonctionnaires de l’Etat, les responsables des ONGs, les
parlementaires et les religieux.

Les consultations participatives avaient comme objectifs d’élargir et de raffiner la vision issue
de l’étude des perceptions du bien-être et de la pauvreté, et d’approfondir la connaissance des
particularités régionales quant à la nature et aux causes de la pauvreté. En effet, ces
consultations ont révélé une grande diversité des perceptions qui sont présentées en détail ci-
dessous. Par ailleurs, c’est à travers ces consultations que les préoccupations relatives à la
gouvernance ont été évoquées. La conception des stratégies doit nécessairement prendre en
compte ces spécificités régionales.

Guéra-Salamat
Pour la population de ces deux préfectures, la pauvreté de leur région est reflétée par le
manque d’eau potable, de structures de santé, d’éducation et du réseau routier. Elles y
ajoutent :
• le manque de structures de micro-finance ;
• l’absence de la paix et de la sécurité ;
• le manque de locaux adéquats pour l’administration publique, de même que l’habitat
est très précaire ;
• le manque de structures d’appui aux initiatives locales en matière de développement ;
• l’inexistence de moyens de communication ;
• le manque d’unités de production et de transformation de produits locaux ;
• la mauvaise gouvernance ;
• le manque d’équipement agricole ;
• les problèmes d’assainissement dans la localité ;
• le mauvais état des routes et les pistes rurales reliant les différents villages ;
• l’environnement en perpétuelle dégradation ;
• la non exploitation du sol et du sous-sol de la région ;
• le manque d’enseignants formés ;
• l’insuffisance numérique des agents de santé ;
• les famines périodiques ;
• un nombre important d’orphelins et de veuves dans la localité. L’absence d’une
protection sociale aggrave sérieusement la situation déjà précaire de ces groupes
vulnérables ;

15
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• le manque de vêtements tient aussi une place importante dans la perception de la


pauvreté ;
• l’irrégularité dans le paiement des salaires des fonctionnaires.

Mayo-Kebbi/Tandjilé
Dans cette zone, la pauvreté est définie comme l’état d’un individu ne possédant pas de
moyens matériels et financiers. Elle est aussi perçue comme un état :
• de celui qui n’a rien ; qui est incapable d’inscrire les enfants à l’école ; qui manque
des moyens de déplacement. C’est aussi le manque de bien-être, le manque de tout ce
qui est utile à la vie à savoir : la santé, l’éducation, le logement, la nourriture,
l’habillement ;
• d’un pays incapable de fournir des enseignants bien formés dans les établissements
scolaires.

Les causes de la pauvreté sont multiples, notamment la sécheresse, le manque de moyens de


production, l’ignorance (l’analphabétisme), la pauvreté du sol, l’enclavement des localités, les
bas prix des produits agricoles, le non-paiement des pensions des retraités, l’alcoolisme, le
parasitisme, le manque d’emploi pour les jeunes, le manque d’initiative et d’organisation des
populations, l’insuffisance des centres de santé, le manque d’eau potable, le retard des pluies,
le manque d’encadrement technique des paysans et la mauvaise gestion des ressources
nationales.

Un point particulier - le statut de la femme – partage les avis : beaucoup pensent que la
femme doit jouir de sa liberté pour être responsable de la gestion de ses affaires ; d’autres
préfèrent le statu quo selon lequel la femme doit être soumise à son mari .

Le deuxième point particulier est la gouvernance, en relation notamment avec le conflit


agriculteurs/éleveurs : les populations veulent avoir leur mot à dire dans des décisions
politiques ; elles se considèrent comme victimes permanentes des conflits (agriculteurs-
éleveurs) ou de discrimination faite par les autorités politiques, administratives et militaires.
Aussi, définissent-elles la pauvreté en termes de manque de liberté d’action, de sécurité et
d’équité.

Pour lutter contre la pauvreté dans cette région, les populations suggèrent aussi la
réhabilitation de l’OMVSD (Office de Mise en Valeur de la Plaine de Sategui-Déressia) et la
création d’autres aménagements hydro-agricoles, la réouverture des usines de la Cotontchad
(Bongor, Guidari) et la sensibilisation des parents pour l’éducation des filles.

Borkou Ennedi Tibesti


Pour la population du BET, la pauvreté est l’état de la personne qui ne mange pas à sa faim,
qui n’arrive pas à se soigner si elle est malade, qui n’arrive pas à éduquer ses enfants, ni les
habiller, qui n'accède pas à un logement décent. Enfin, est aussi pauvre la personne qui n’est
pas en sécurité chez elle. A cela, il faut ajouter :
• le problème de l’eau potable et celle pour le bétail ;
• l’analphabétisme comme fléau et handicap majeur à toute prise d’initiative de
développement ;
• le manque d’encadrement technique des adultes qui ont déjà perçu l’intérêt de
s’organiser pour lutter contre la pauvreté dans leur région ;
• l’insuffisance des services de santé et de personnel qualifié aggrave la situation
sanitaire déjà précaire ;

16
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• l’incapacité des exploitants des oasis d’assurer la production du fait de manque


d’encadrement et d’équipements appropriés ;
• le manque d’entretien des infrastructures routières existantes ;
• l’inexistence d’une route reliant le Tchad à la Libye ;
• l’inexistence d’institution bancaire et de crédits agricoles ;
• le non approvisionnement des magasins de l’ONC (Office National Céréalier) en
produits céréaliers ;
• l’insuffisance de forages à proximité des pâturages ;
• l’inexistence de barrage de retenue d’eau des torrents ;
• l’inexistence de structure de service de soins de santé animale à Fada ;
• l'insécurité causée par l'existence des mines semées partout.

Kanem-Lac
Selon la population de cette région, la pauvreté se perçoit en termes de manque ou
d’insuffisance de satisfaction de besoins vitaux : se nourrir, se loger, se vêtir, se soigner et
surtout avoir la garantie pour la sécurité de ses biens et de sa personne.

Les facteurs suivants ont été évoqués comme causes de la pauvreté dans la région:
• l’enclavement de la région ;
• le manque d’un système de crédit permettant aux agriculteurs de s’équiper en moyens
de production (motopompes, tracteurs, charrettes, etc.) et aux commerçants
d’augmenter leur capital et aux éleveurs de reconstituer leur cheptel ;
• l’analphabétisme, le manque d’infrastructure scolaire, l’insuffisance en personnel
enseignant, le manque d’équipement (tables-bancs, tableaux , etc. ), le manque de
cantine scolaire pour inciter les filles à fréquenter l’école ;
• le manque de sensibilisation des chefs traditionnels et religieux pour envoyer les
enfants à l’école et surtout laisser les filles poursuivre leurs études ;
• le manque de maternité et de laboratoire d’analyses médicales ; le manque
d’ambulance pour l’évacuation d’urgence des malades, le manque de personnel
médical compétent et en nombre suffisant, et le manque de sensibilisation pour des
mesures d’hygiène corporelle et du milieu.

Chari-Baguirmi et Batha
La pauvreté est définie par la population de Massakory comme étant l’absence de moyen
nécessaire à la satisfaction des besoins élémentaires comme les soins sanitaires, la nutrition,
l’accès à l’eau potable, etc.

La pauvreté se manifeste aussi par la famine périodique, les maladies liées à l’eau, et les
multiples problèmes sociaux que la population n’arrive pas à résoudre. A cela s’ajoute la
sécheresse, les multiples guerres civiles, l’isolement des localités dû au manque
d’infrastructure de transport et la mauvaise gouvernance du pays.

Le déterminant principal de la pauvreté à Bousso est le manque d’infrastructures scolaires


adéquates ayant pour conséquence la plus grande ignorance de la population. A ce facteur,
s’ajoutent l’insuffisance des infrastructures sanitaires et routières, l’absence du système de
protection sociale de la population, le manque d’eau potable (la population boit l’eau du
fleuve).

Ouaddai-Biltine

17
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Dans cette région, la pauvreté est définie comme l’incapacité à accéder aux moyens matériels
et financiers. Les causes identifiées sont entre autres : la mauvaise gestion de la chose
publique, l’insécurité, le déficit pluviométrique, le bas salaire, le manque de moyens de
production, l’ignorance, l’insuffisance des puits pastoraux et villageois, le non paiement des
pensions des retraités civils et militaires, l’absence des structures d’appui telles que les ONG
et les services publics. La population relève particulièrement :

« l’insécurité civile entretenue par des chameliers brigands, provoquant l’installation de la


peur dans l’espace rural du Ouaddaï-Biltine. Les populations, assiégées dans leurs
agglomérations par des coupeurs de route cruels, vivent comme des prisonniers, incapables de
se hasarder en brousse, ne serait-ce que pour ramasser de la gomme arabique ».

Elles ont aussi désigné comme générateurs de la pauvreté:


• la guerre et les conflits agriculteurs/éleveurs;
• la dégradation de l’environnement ;
• l’analphabétisme et la paresse ;
• la mauvaise gouvernance, la corruption, les détournements…;
• le manque de matériel et d’outillage de travail, des voies de communication ;
• l’impunité et la dépravation des mœurs ;
• le manque d’eau ;
• le manque d’encadrement ;
• le manque de structures sanitaires, notamment pour la mère et l’enfant. Par contre, les
femmes refusent d’être auscultées ou même consultées par un médecin de sexe
masculin ;
• le manque de structures éducatives et les rares écoles sont dépourvues d’enseignants et
de manuels ;
• le manque de matériel agricole moderne et l’archaïsme des techniques culturales.

Moyen-Chari et les deux Logones


La pauvreté est perçue, dans cette zone, comme une incapacité à subvenir aux besoins
élémentaires des populations à savoir : se nourrir, se soigner et éduquer ses enfants. Les
principaux déterminants de la pauvreté identifiées par les populations sont :
• l’état défectueux des routes ;
• l’absence de crédits agricoles et financiers ;
• l’insécurité croissante créée par les coupeurs de route et les éleveurs ;
• l’injustice due à la mauvaise gestion des multiples conflits agriculteurs/éleveurs ;
• le vol des bœufs d’attelage et les amendes arbitraires infligées par les autorités
militaires et administratives ;
• la raréfaction et l’appauvrissement des sols cultivables ;
• la mauvaise gestion des biens publics ;
• l’enclavement des régions productrices ;
• l’alcoolisme qui constitue actuellement un fléau dans la région ;
• le manque d’infrastructures scolaires et de formation ;
• l’insuffisance du personnel enseignant ;
• l’inflation généralisée en particulier des produits de première nécessité ;
• la faiblesse du pouvoir d’achat.

Pour juguler cette pauvreté, les actions prioritaires à engager doivent être axées sur:
• l’éducation et la formation professionnelle ;

18
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• la bonne gouvernance en vue de créer un environnement propice au développement ;


• la paix et la sécurité comme condition d’un développement, d’une production
suffisante ;
• l’argent/le crédit comme base d’une autonomie ;
• les infrastructures routières pour l’échange et l’accroissement de la production
agricole.

N’Djaména
Dans la ville de N’Djaména, le Comité de pilotage a organisé plusieurs rencontres avec les
grands groupes qui composent l’administration, la société civile et le secteur privé de la
capitale. La pauvreté au Tchad est, selon les populations de N’Djaména, le résultat de la
mauvaise gouvernance, et son éradication passe nécessairement par un changement de
mentalité et de comportement dans la gestion de la chose publique et une croissance soutenue,
ancrée sur les secteurs des pauvres.

Conclusion
On peut affirmer que la pauvreté est omniprésente dans la majorité des ménages tchadiens,
autant en milieu rural qu’en milieu urbain. Toutefois, les données disponibles semblent sous-
estimer l’ampleur du problème. La proportion des ménages pauvres avoisinerait les 60% ou
plus. La situation est plus grave en milieu rural en termes de proportion et de valeurs
absolues, du fait que la population tchadienne est essentiellement rurale (environ 80%).
Certains groupes socio-économiques sont à haut risque. Il s’agit notamment des femmes et
des enfants nécessitant une protection spéciale, des handicapés, des militaires démobilisés,
des retraités, des personnes vivant avec le VIH.

2.1.3 Caractérisation des ménages pauvres

L’analyse faite dans la présente section est basée sur une méthode indirecte permettant
d’associer, en l’absence des données sur les revenus et la consommation, le niveau de bien-
être du ménage à ses biens d’équipement, et à d’autres éléments comme la qualité de l’eau de
boisson. En effet, la technique de l’analyse en composante principale permet de classer les
ménages par ordre croissant, du premier qui ne possède aucun de ces biens ou moins que les
autres au dernier qui les possèdent tous ou plus que les autres. Pour les besoins de l’analyse,
les ménages sont répartis des plus pauvres aux plus riches en cinq groupes (quintiles)
correspondant chacun à 20% du nombre total de ménages de l’échantillon. Entre les Très
pauvres et les Très riches selon l’échelle nationale, il y a les Pauvres, les Moyens et les Non
pauvres.

[Link] Niveau d’éducation du chef de ménage

Le graphique 1 indique une corrélation positive entre le niveau d’éducation du chef de


ménage et le niveau de vie du ménage. Environ 85 % des ménages très pauvres (premier
quintile) ont à leur tête un chef analphabète contre 56,4% chez les riches (dernier quintile).
Cela laisse suggérer que l’éducation qui développe les aptitudes des individus à saisir les
opportunités socio-économiques qui leur sont offertes, limite les risques pour un individu et
ses dépendants de subir les privations associées à la pauvreté. Dans ce sens, l’impact de
l’éducation de la mère est un facteur décisif de qualité d’hygiène de vie et de santé des
membres du ménage, en particulier des enfants.

19
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Graphique 1
Répartition (%) des ménages par niveau de vie
et selon le niveau d'éducation du chef

Ensemble

Riches

Très pauvres

0% 20% 40% 60% 80% 100%

Analphabète Scolarisation primaire Scolarisaton secondaire

Source : Enquête Migration au Tchad, 1998.

[Link] Niveau d’accès à l’eau potable

Le graphique 2 indique que les ménages pauvres n’ont pratiquement pas accès à l’eau potable
(seulement 0,12 %). Ils utilisent presque exclusivement l’eau de puits traditionnels mal
protégée contre les souillures diverses, et celle des marigots et des mares qu’ils partagent
souvent avec les animaux. En revanche, plus de 62% des ménages non pauvres ont accès à
l’eau potable. Cependant, si l’on tient compte du fait que cette eau pourrait être souillée au
cours de différentes manipulations effectuées lors du transport et de la conservation, la
proportion des ménages non pauvres consommant de l’eau potable serait plutôt faible.

Graphique 2 : Répartition des ménages ayant accès à l'eau de boisson potable (robinet,
fontaine publique, forage) selon le niveau de vie des ménages
70

60

50

40

30

20

10

0
Très pauvre Pauvre Moyen Moyen riche Riche Total

Un pourcentage très élevé de la population se trouve ainsi exposé aux maladies épidémiques
telles que la fièvre typhoïde ou le choléra, qui trouvent leur origine dans l’eau de boisson de
mauvaise qualité.

Au Tchad, en l’an 2000, la proportion des populations disposant en permanence d’eau saine
en milieu rural est de 17% et la proportion de ceux qui appliquent les mesures d’hygiène du
milieu est de 7%. Dans les villes équipées d’un réseau d’adduction d’eau potable, 9,7% de la
population dispose d’un branchement, 27,5% se ravitaillent à la fontaine publique, le reste de

20
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

la population ( 62,8%) s’approvisionne à des puits traditionnels. Au total, l’accès permanent à


l’eau potable est limité à 30% de la population.

S’agissant du secteur de l’assainissement, aucune ville ne dispose d’un système fonctionnel


d’évacuation des eaux usées : les réseaux de collecte sont vétustes. Moins de 2% des citadins
disposent d’installations sanitaires avec eau courante, tandis que les latrines en milieu rural
sont quasi-inexistantes. Ainsi, les populations pauvres se trouvent exposées à des maladies
chroniques liées à de mauvaises conditions de vie et d’accès à l’eau et l’assainissement. En
sus, la corvée d’eau qui dure 4 à 5 heures par jour dans certaines zones, contribue, entre
autres, à réduire le temps consacré aux activités plus productives et plus valorisantes.

[Link] Pauvreté et genre

Selon le graphique 3, les ménages dirigés par une femme sont plus exposés à la pauvreté que
ceux dont le chef est de sexe masculin : 54 % contre 34 % respectivement. Cette situation
tient en partie au fait que la plupart des femmes chef de ménage sont des veuves ou divorcées,
avec des enfants à charge, alors qu’elles disposent de très peu de ressources. En outre, leurs
principales activités relèvent du secteur informel dont le revenu est à la fois faible et
irrégulier. Les femmes chef de ménage sont, le plus souvent, sans qualification
professionnelle particulière pour accéder à un emploi plus rémunérateur. En milieu rural, la
plupart d’entre elles n'ont pas toujours accès aux terres fertiles7 et ne vivent que de petites
activités de transformation alimentaire, de la vente de bois de chauffe ou de transferts
communautaires.

Graphique 3 : Répartition nationale des ménages


selon de niveau de vie et par sexe du chef de ménage

100%
90% 20,6 16,26 20
80%
16,06 Riche
70% 20,71 20
60% 13,72 Moyen riche
50% 20,62 \ 20 Moyen
40% 28,82
30% 20 Pauvre
18,57
20% Très puavre
10% 19,5 25,14 20
0%
Homme Femme Ensemble
S E êt Mi ti

[Link] Carences nutritionnelles\

Les données de 1997 (EDST, 1997) montrent que 40% des enfants de moins de 5 ans
souffrent d’une malnutrition chronique (insuffisance pondérale) dont la majorité sous une
forme sévère. Selon le graphique 4, ce taux est plus élevé chez les ménages très pauvres
(46%) que chez les ménages non pauvres (34%). En revanche, le taux de mortalité infantile

7
Généralement, l’héritage privilégie les garçons et donc ce sont eux qui se partagent les terres des parents
décédés. Par ailleurs, la hiérarchie de classe sociale est telle que dans certaines régions, le chef de canton et le
chef de terre se servent en premier lieu et ensuite les autres. Pour les zones aménagées, il faut payer une
redevance généralement inaccessible aux pauvres.

21
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

(graphique 5) est sensiblement le même pour les ménages pauvres et non pauvres. Il en est de
même pour le taux de mortalité juvénile.

Graphique 4: Proportion (%) des enfants de moins de cinq ans souffrant de la


malnutrition (Insuffisance pondérale)

50
45
40
35
30
25
20
15
10
5
0
Très pauvres Pauvres Moyen Non pauvres Riche Ensemble

Modérée Sévère

Source : EDST, 1997

Cela semble indiquer que le niveau de revenu ne soit pas le seul facteur déterminant de la
mortalité infantile et juvénile. En effet, le niveau d’éducation des parents, l’accessibilité aux
soins de santé de qualité, le mode d’allaitement, etc. sont aussi importants que les ressources
monétaires pour assurer des meilleures conditions de vie des enfants en bas âge.

Graphique 5:
Quotients de mortalité infantile et juvénile
selon le niveau de vie des ménages (pour mille)
250

200

150

100

50

0
Très pauvre Pauvre Moyen Non pauvre Riche
Mortalité infantile Mortalité juvenile

Source : EDST, 1997

Les déficiences nutritionnelles sont surtout dues aux habitudes alimentaires. La plupart des
ménages tchadiens, même parmi ceux qui ont des moyens, se satisfont d’une alimentation
généralement peu nutritive. L’apport moyen par habitant est estimé à 1 720 calories par jour
alors que cette moyenne est de 2 160 calories à l’échelle de l’Afrique subsaharienne et de
2480 pour l’ensemble des pays en développement. Le pourcentage de nouveau-nés de faible
poids à la naissance est de l’ordre de 15%. Ceux des enfants âgés de 24 à 35 mois accusant un
retard de croissance représentent 55%. Il est plus élevé en milieu rural (42%) qu’en milieu
urbain (32%). On estime à 21% le pourcentage de mères avec un faible Indice de Masse
Corporelle. Celui des ménages disposant de sel iodé est de 55% ; cela explique naguère une
prévalence du goitre parmi les plus élevées au monde.

22
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

[Link] Accès aux services de santé

Graphique 6
100%
Répartition (%) des accouchements selon le lieu
90% et le niveau de vie des ménages
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%

Très pauvres Pauvres Moyens Non pauvres Riches

Source EDST, 1997


Service de santé A domicile

Le graphique 6 indique qu’une très faible proportion (moins de 5 %) de femmes issues des
ménages pauvres accouchent au centre de santé contre environ 20 % chez les ménages non
pauvres. Avec un accouchement à domicile, les femmes courent plus de risques de décès
autant pour elles-mêmes que pour leurs enfants en cas de complication. La faible
fréquentation des services de santé par les femmes issues des ménages pauvres serait due, soit
au manque de ces services dans les environs et/ou aux problèmes de coût, soit à la tradition.
Comme le pourcentage de femmes issues des ménages riches (dernier quintile) qui
accouchent à domicile est relativement élevé (63,7%), l’insuffisance de ces services semblent
être le facteur le plus plausible de non-fréquentation des services de santé, sans pour autant
sous-estimer le problème de coût qui peut être prohibitif pour les ménages pauvres.

[Link] Habitat et urbanisme

En ce qui concerne l’habitat, plus de 90% des Tchadiens vivent dans des logements en
matériaux précaires, sans moyens d’évacuation des ordures ménagères. En milieu rural, ce
taux dépasse 98%. Dans les grandes villes, la promiscuité, les mauvaises conditions d’hygiène
exposent régulièrement les habitants aux maladies épidémiques et endémiques (choléra, fièvre
typhoïde, méningite, etc.). Cette situation se perpétue à cause des difficultés d’accès légal à la
propriété foncière et de la cherté des matériaux de construction durables. L’incapacité des
services techniques de l’Etat à répondre aux demandes citadines de terrains à bâtir a amené la
majorité des habitants des villes à occuper anarchiquement les périmètres urbains, parfois
inadaptés pour la construction (dépression, marécage, etc.).

2.2 Groupes sociaux à haut risque

Au Tchad, certains groupes sociaux présentent une probabilité plus élevée d’être pauvres par
rapport au reste de la population : ce sont les groupes à hauts risques

2.2.1 Les femmes en circonstances particulièrement difficiles (FCPD)

Il s’agit notamment de la plupart des veuves, des divorcées et des filles-mères, dont la
précarité de la situation socio-économique constitue un véritable frein à leur épanouissement
humain. En plus de cela, les femmes dans leur ensemble vivent d’autres formes de

23
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

discrimination qui affectent négativement leur bien-être, à savoir le mariage précoce ou forcé,
le refus d’accès à l’héritage et l’excision.

Pour ce qui est du mariage précoce, le droit positif fixe à 13 ans, l’âge minimum obligatoire
pour la validité d’un mariage, rejoignant ainsi le droit coutumier (les résultats du recensement
de la population de 1993 estiment l’âge moyen du premier mariage à 15,8 ans). Quant au
mariage forcé, 30% des femmes enquêtées (1999) déclarent être mariées ou victimes d’une
tentative de mariage contre leur gré pendant leur jeunesse.

En ce qui concerne l’héritage, une proportion de 33,9% des femmes urbaines déclarent ne pas
pouvoir hériter de leurs parents, à cause de leurs oncles (enquête de 1999). Si le Code civil a
prévu des dispositions favorables concernant l’héritage au profit de la femme, le droit
coutumier animiste a plutôt institué une injustice à l’encontre de la femme en la matière. La
coutume musulmane est plus favorable à l’égard des femmes auxquelles elle accorde une
portion de l’héritage légué par leurs parents ou leurs proches, même si elle est discriminatoire
en faveur des garçons.

Quant à l’héritage d’un mari, seulement 5,8% des femmes mariées interrogées pensent
pouvoir l’obtenir ou l’ont obtenu pour elles-mêmes, contre 29,7% grâce à leurs enfants. Une
proportion de 4,3% des femmes pensent ne pas pouvoir hériter parce qu’elles sont stériles, et
14,1% à cause des obstructions des parents du mari. Le code de la famille et des personnes
qui est en chantier devrait prendre en charge le rétablissement de l’égalité des sexes dans ce
domaine.

L’excision, passage obligé pour la fille dans plusieurs ethnies, constitue également une
violence contre la femme et affecte sa santé. Les justifications de cette pratique sont d’ordre
culturel, notamment la recherche de la pureté, et social en ce sens que c’est l’occasion d’une
éducation et d’un apprentissage accélérés dans les domaines de la vie conjugale et de la
féminité.

2.2.2 Les enfants nécessitant une protection spéciale (ENPS).

Ce sont des enfants en proie aux difficultés d’adaptation ou de réinsertion familiale et sociale.
Ils ne bénéficient ni d’accès aux services de base, ni de protection physique, morale ou
juridique. L’UNICEF estime à 10.802 le nombre « d’enfants nécessitant une protection
spéciale ». Parmi eux, environ 10 % bénéficient d’un encadrement. Les « ENPS » sont
répartis en plusieurs sous-groupes dont, entre autres :
le sous-groupe « enfants de la rue et dans la rue » est le plus nombreux,
approximativement 10 000 individus ;
le sous-groupe « enfants mineurs combattants » qui comprend environ 600 enfants ;
le sous-groupe « enfants orphelins et abandonnés » comptant environ 590 enfants ;
le sous-groupe « enfants victimes de crimes et de répression politique » dont l’effectif
est évalué à 110 enfants, avec une concentration plus importante dans la capitale.

2.2.3 Les personnes handicapées

Le nombre de personnes handicapées, tous handicaps confondus, aurait atteint, en 2000, au


moins 487 000 individus8 La plupart des handicapés sont analphabètes ou sans qualification
8
Ibrahima N’Daye, Rapport de Mission au Tchad du 18 juin au 17 juillet 1995, OIT.

24
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

professionnelle, et donc chômeurs et portés à la mendicité. Toutefois, les handicapés sont


organisés en plusieurs associations, ce qui facilite leur réinsertion dans la vie économique,
notamment dans l’environnement plus solidaire en milieu rural.

Tableau 5 : Répartition des personnes handicapées selon la nature du handicap


Nature du handicap Nombre de personnes
Physique (poliomyélite) 163 000
Visuel (onchocercose, trachome) 130 000
Auditif (méningite, otite) 70 000
Mental 16 000
Vieillesse 108 000
Total 487 000
Source : OIT, Rapport de Mission au Tchad du 17/07/1995

2.2.4 Les retraités

Au Tchad, le nombre de retraités est passé de 4 500 à 13 438 entre 1993 et 2000. Le problème
des retraités se pose en termes de non-paiement régulier des pensions. Les difficultés que
connaissent à l’heure actuelle les finances publiques n’ont pas permis de résoudre ce
problème qui, néanmoins, doit être aplani dans les meilleurs délais.

2.2.5 Les militaires démobilisés

Le nombre de militaires démobilisés est actuellement estimé à environ 27 046 personnes.


Avec l’aide des partenaires extérieurs9, le gouvernement a mis en place un programme de
réinsertion sociale, dont la phase pilote, commencée en janvier 1999 dans cinq anciennes
préfectures (Chari-Baguirmi, BET, Ouaddaï, Mayo-Kebbi et Moyen-Chari), vient de
s’achever sur des résultats nettement appréciables : 399 projets financés pour 2777
démobilisés réinsérés sur 3500 prévus. Mais le faible niveau d’instruction des démobilisés
(environ 80 % d’entre eux n’ont aucun niveau d’instruction) rend plus difficile la perspective
de leur réinsertion socio-économique rapide. Le risque que ce groupe fait planer sur la paix et
la sécurité nationale commande un engagement plus ferme pour la mise en place en leur
faveur d’un programme de reconversion et de qualification pouvant faciliter leur insertion.

2.2.6 Les personnes vivant avec le VIH/SIDA.

Au défi sanitaire déjà difficile à relever à court terme, vient se greffer celui de la pandémie du
VIH/SIDA dont la vitesse d’expansion est très inquiétante. En effet, le nombre de cas de
SIDA avéré qui n’était que de 10 en 1989 s’est établi à 1010 en 1993 pour atteindre 1 343 en
1996 ; il dépasse les 12.000 cas en 2000. La séro-prévalence du VIH/SIDA en milieu rural et
urbain varie entre 4 % et 10 %. La vitesse de propagation et les dégâts socio-économiques que
cette pandémie provoque font d’elle non pas un problème de santé, mais un problème de
développement. Selon le rapport n°16567-CD de la Banque Mondiale (1997), ce serait
environ 8000 femmes enceintes qui sont annuellement séropositives, et 30 à 40% d’entre elles
transmettent le virus à leur enfant.

Cette pandémie a une influence négative directe sur la croissance économique car elle touche
surtout la population active : 56% des cas sont enregistrés dans la population âgée de 15-49
9
Banque Mondiale et Coopération allemande

25
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

ans dont les femmes en âge de procréer représentent 31% et les hommes de cette même
tranche d’âge 32%.

D’après le Programme Population et Lutte contre le SIDA, le taux de prévalence du


VIH/SIDA serait d’environ 4 %. Dans certaines régions, ce taux de prévalence atteint 6 %,
voire 10 %. Le nombre d’enfants orphelins du SIDA se situerait autour de 55 000 (38 000 en
1997). Toutefois, ces chiffres sont à prendre avec réserve dans la mesure où la surveillance de
la maladie est inadéquate à cause de l’insuffisance des équipements, du nombre de réactifs
disponibles et du manque de personnel qualifié.

Le SIDA constitue un facteur de marginalisation des personnes affectées. Les malades de


SIDA deviennent une charge pour leur famille et ceux qui en sont décédés laissent une
progéniture à la charge de la société. Jusqu’à présent, les actions entreprises par le
gouvernement, avec l’aide des partenaires extérieurs, visent à endiguer l’expansion du
VIH/SIDA ; la prise en charge communautaire et publique des malades et des orphelins du
SIDA est peu développée. La vitesse de propagation et l’impact négatif que provoque cette
pandémie au plan socio-économique font d’elle non pas un problème de santé, mais un
problème de développement.

26
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Chapitre 3 Déterminants de la pauvreté et atouts du Tchad


L’état de la pauvreté décrit dans le chapitre précédent résulte de la très faible croissance
économique qu’a connue le Tchad au cours des quatre dernières décennies, de sa mauvaise
répartition et d’une mauvaise gouvernance. L’analyse de ces deux facteurs largement
interdépendants permet de mettre en exergue les causes profondes qui sont autant de
contraintes à la réduction de la pauvreté.

3.1 Déterminants de la pauvreté

3.1.1 Gouvernance

La faible croissance économique résulte des distorsions dans le fonctionnement des


Institutions de l’Etat d’une part, de la Société Civile et du secteur Privé d’autre part. Ce
mauvais fonctionnement est la conséquence de la mauvaise gouvernance. Celle-ci se
manifeste par les difficultés que rencontre l’Etat pour assurer de manière durable la sécurité
des personnes et des biens à travers une justice fiable et des forces de défense et de sécurité
responsables, pour garantir un environnement incitatif au monde des affaires, favorisant le
développement du secteur privé ; et par ses faiblesses en matière de planification et de gestion
macro-économique qui sont à la base du manque d’infrastructures collectives qui sera évoqué
dans les paragraphes ci-dessus. Par ailleurs, l’accumulation momentanée des arriérés
consécutifs aux difficultés de paiement handicape le monde des affaires.

Parmi les perceptions des populations, on note :


Un appareil qui reste à parfaire, souffrant d’une insuffisance quantitative et qualitative
en ressources humaines et d’une insuffisance en infrastructures et moyens de
fonctionnement ;
Une administration mal gérée, mal outillée et peu efficace, en raison du système de
gestion des fonctionnaires qui ne tient pas compte du profil des agents avec pour
conséquence leur démotivation. Il faut ajouter l’insuffisance quantitative et qualitative
de l’administration tchadienne en ressources humaines, comparativement à certains
pays africains. L’administration tchadienne travaille dans des conditions matérielles
inadéquates : elle est mal abritée et insuffisamment équipée. L’Etat manque de
capacité de conception des politiques sociales et économiques.

Malgré les réformes engagées, la SNBG relate la persistance de beaucoup de pesanteurs liées
aux conditions de travail et aux comportements des agents de l’Etat, notamment la corruption,
les trafics d’influence et la pratique déloyale de la concurrence. Les violations quotidiennes
des droits de l’homme trouvent leur justification dans la non-application des textes par les
agents de l’Etat chargés de le faire et l’absence d’une culture démocratique. La gestion
partisane du conflit agriculteur-éleveur par les autorités administratives et politiques locales
en est un exemple. Selon les populations à la base, la faiblesse des moyens de fonctionnement
offerts au médiateur national met plutôt un doute sur la volonté réelle du pouvoir en matière
de règlement de conflits.

Par ailleurs, les populations ont, de manière très nette, fait ressortir le fait que l’Etat n’a pas su
garantir leur sécurité et celle de leurs biens, pour leur permettre de se consacrer à l’objectif
d’augmenter leurs richesses sans crainte d’une quelconque spoliation. C’est pourquoi, elles

27
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

ont inscrit la réforme des forces de sécurité et de défense au titre des actions prioritaires à
mettre en œuvre pour le rétablissement des conditions propices à une vie normale. Cette
réforme devra se doubler de celle de la justice pour crédibiliser cette institution auprès des
justiciables, ce qui par ailleurs, aura des effets positifs sur le développement du secteur privé.

Comme conséquence de plusieurs décennies de conflits armés, les forces de défense et de


sécurité sont désorganisées et constituent plutôt une menace pour la sécurité des personnes et
des biens. Le traitement discriminatoire de ces forces a entraîné l’indiscipline au sein des
différents corps composés aussi bien d’éléments formés que non formés. Les difficultés de
réinsertion des militaires démobilisés et l’irrégularité de versement des pensions de retraite
constituent une source d’insécurité dans le pays.

La mauvaise répartition des services sociaux de base entre la capitale et les autres villes, les
zones rurales et urbaines traduit également les faiblesses institutionnelles et humaines, ainsi
que les mauvais choix politiques. L’Administration a besoin de rétablir la confiance entre elle
et les administrés, seul moyen pouvant permettre que les signaux transmis par l’Etat aussi
bien sur le plan politique qu’économique soient perçus à leur juste valeur par les différents
acteurs de la vie nationale.

Dans le domaine de la santé, la plupart des médecins exercent en milieu urbain et plus
particulièrement dans la capitale. Il en est de même pour les infrastructures socio-sanitaires.
Le pourcentage de la population théoriquement couverte par les centres de santé de premier
échelon est de 71 %, mais il faut noter que seulement 43 % des ménages vivaient à moins de 5
km d'un centre de santé en 1996/1997 alors que 31 % en étaient à plus de 15 km. En milieu
urbain, 97 % des ménages étaient à moins de 5 km, contre 40 % en milieu rural. Plus de la
moitié des femmes rurales mettent 2 heures ou plus pour atteindre l'établissement de santé le
plus proche et 70 % d’entre elles doivent parcourir au moins 70 km pour atteindre l'hôpital le
plus proche. On imagine facilement la difficulté qu’affronte le paysan qui doit parcourir cette
distance pour se faire soigner ou faire soigner un membre de sa famille.

Par ailleurs, malgré l’insuffisance des ressources matérielles et financières pour faire
fonctionner les infrastructures, 40% des ressources budgétaires et 20% de l’aide extérieure
sont concentrées au niveau central (N’Djaména et ses environs) qui abrite seulement environ
20% de la population totale.

Le téléphone, l’électricité et les infrastructures de canalisations, les tribunaux, les maisons


d’arrêt etc. ne sont disponibles qu’en milieu urbain. Dans le domaine de l’éducation et de la
formation, mis à part l’implantation des centres de formation supérieure (université, instituts
techniques et collèges), des bâtiments sont construits dans certaines régions sans élèves, alors
que dans d’autres régions à forte demande d’éducation, les élèves sont à même le sol dans des
salles de fortunes construites par des parents d’élèves. La question des maîtres
communautaires évoquée ci-dessus ne concerne qu’une partie du pays, de sorte que certaines
communautés sont plus sollicitées en termes de participation que d’autres.

Les difficultés pour les femmes d’accéder aux crédits et aux autres ressources, le faible taux
de scolarisation des filles, la faible proportion des femmes dans l’administration et les
instances de décisions relèvent également de cette mauvaise redistribution.

28
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Encadré 1 :Une société civile soucieuse de participer pleinement à la vie de la Nation,


mais sans capacités requises.
L’émergence d’une société civile active est l’un des résultats les plus satisfaisants de
l’avancée démocratique au Tchad. Dans les domaines aussi essentiels que les activités de
production, notamment dans le monde rural, la défense des droits sociaux, la presse, la société
civile tchadienne a fait la preuve de son engagement aux côtés des populations

Malheureusement, elle fait face à des difficultés financières et matérielles et à un manque de


ressources humaines qui handicapent ses actions. Elle rencontre d’énormes difficultés dans la
collaboration avec les autorités administratives et politiques. Son rôle dans la mobilisation
sociale étant déterminant, le renforcement de ses capacités constitue un élément important de
toute stratégie de réduction de la pauvreté. Ce renforcement permettra, entre autres, de
développer l’esprit d’entreprise.

Encadré 2 : Le secteur privé tchadien est embryonnaire et Un secteur privé confronté à


un cadre réglementaire peu incitatif et sans soutien financier.
Le secteur privé tchadien est embryonnaire et concentré dans le petit commerce. Le manque
d’esprit d’initiative qui a été évoqué plus haut est doublé d’un environnement défavorable
pour le développement des affaires et d’un système bancaire et financier incapable
d’accompagner le secteur privé

En effet, le système bancaire se réduit à cinq banques commerciales et une banque agricole
dont les guichets ne sont implantés que dans cinq villes. Par ailleurs, il accorde très peu de
crédits à l’économie, essentiellement à court terme (72,5%) contre seulement 2,2% de crédit à
long terme.

En définitive, la contrainte majeure en matière de développement du secteur privé qu’il


convient de lever porte sur : i) le cadre réglementaire et fiscal inadéquat qu’il faut améliorer;
ii) l’esprit d’initiative qui fait encore défaut ; iii) le système bancaire et financier qu’il faut
développer afin de le rendre capable d’accompagner l’investissement ; et , iv) la stabilité
politique à long terme qu’il faut maintenir afin de sécuriser les investissements qui seront
réalisés et d’attirer les capitaux privés, notamment extérieurs.

3.1.2 Faible croissance économique

La croissance économique a toujours été faible depuis l’indépendance, et les données


disponibles indiquent que le PIB réel n’a crû que de 1,4 % depuis le début des années 80. A
partir de 1995, le taux de croissance du PIB réel a été de 3,2% en moyenne par an, soit une
croissance par tête de 0,7 % par an. La faiblesse de la croissance économique résulte de la
faible productivité de l’économie, de l’inadéquation du cadre institutionnel, de la faiblesse des
ressources humaines, et de l’insuffisance d’infrastructures économiques de base.

La faiblesse de la productivité de l’économie est liée à celle du secteur primaire dans lequel
opèrent prés de 80 % de la population active, à l’inexistence d’un secteur de transformation
digne de ce nom, à l’atomisation des activités de services et la non implication des opérateurs
économiques dans l’agriculture.

29
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

[Link] Faible productivité dans le secteur primaire

Dans le secteur primaire, la faible productivité est liée à l’utilisation de techniques culturales
et d’élevage extensives, à l’insuffisance du matériel agricole, aux caprices des aléas
climatiques, à la mauvaise organisation du monde rural, ainsi qu’à la dégradation de
l’environnement.

Un faible taux d’équipement en matériels et d’approvisionnement en intrants dû au


manque de ressources financières

Les systèmes de production et les modes d’exploitation n’ont guère évolué dans le pays, que
ce soit dans l’agriculture ou dans l’élevage, depuis l’introduction de la charrue à la fin des
années 50 et celles des intrants agricoles modernes (fertilisants et produits phytosanitaires)
dans les années 60. La plupart des agriculteurs en sont toujours à l’utilisation de la houe. Cette
situation résulte d’une part de la sensibilisation inefficace à l’utilisation des techniques plus
modernes, en raison du faible niveau d’éducation et de formation des paysans, et d’autre part
du coût élevé lié à l’utilisation de ces techniques. En effet, les paysans n’ont pas de ressources
financières suffisantes pour acquérir de matériels agricoles, en l’absence d’un système de
crédit approprié. Actuellement, la forme de crédit la plus répandue est la fourniture du
matériel agricole par l’ONDR et quelques ONGs et projets de développement, et la fourniture
des intrants à crédit par la Cotontchad, dont les conditions de remboursement sont parfois
difficiles. Il faut par ailleurs noter la non implication des opérateurs économiques nationaux
dans les activités agricoles.

La non maîtrise des techniques modernes et le manque de matériels jouent en défaveur de la


productivité, limitant ainsi l’accès aux ressources financières suffisantes. C’est un cercle
vicieux car, cela réduit la capacité du monde rural à acquérir du matériel moderne. Il convient
de noter par ailleurs que le manque de matériels et l’utilisation des techniques de production
rudimentaires accaparent l’essentiel du temps de travail du monde rural, et empêchent toute
diversification d’activités qui pourrait être sources de ressources supplémentaires.

En ce qui concerne les éleveurs, le mode d’exploitation demeure l’élevage extensif et


transhumant, très largement tributaire des conditions climatiques. De l’avis de certains
spécialistes, les mentalités n’ont pas évolué pour permettre un élevage plus productif, tourné
non seulement vers la satisfaction des besoins mais aussi pour élever le niveau des revenus. Il
convient encore de relever la faible capacité du système de formation rurale (centres de
formation et de promotion rurale, et services de vulgarisation) pour toucher la majorité des
producteurs dans la diffusion des nouvelles techniques.

Une autre contrainte commune à l’agriculture, à l’élevage ainsi qu’à la mobilité est la
présence des mines et munitions non explosées dans certaines régions du pays comme
l’indique les paragraphes ci-dessous.

Une trop forte dépendance des productions et donc des revenus par rapport aux aléas
climatiques et à la dégradation continue de l’environnement.

La productivité du secteur primaire est également tributaire des aléas climatiques. Cette
dépendance est accentué par la non maîtrise de l’eau, l’impuissance face à l’action des
ennemis des cultures et à la dégradation continue de l’environnement. Les techniques
d’irrigation et de gestion rationnelle de l’eau (collecte et rétention de l’eau pour une utilisation

30
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

ultérieure en période de déficit) sont pratiquement inconnues, bien que ces techniques soient
largement utilisées dans certains pays de même niveau de développement que le Tchad. Cela
conduit à une production agricole extrêmement sensible au niveau et à la répartition de la
pluviométrie.

La production du secteur primaire souffre aussi de l’action des ennemis des cultures que sont
les rongeurs, les acridiens, les oiseaux granivores ainsi que des maladies des végétaux et des
animaux. Les ruraux sont souvent impuissants face à ces actions par manque de produits ou
de techniques appropriés pour les combattre.

Enfin, la dégradation continuelle de l’environnement qui se traduit par le constat de


l’appauvrissement des sols, de la désertification, de l’érosion éolienne et hydrique, participe à
la faible productivité du secteur primaire.

Il faut dire que de manière générale, la population n’a pas pris véritablement conscience de la
nécessité d’une gestion rationnelle de l’environnement. L’existence des espaces encore non
exploités leur donne l’illusion d’une marge de manœuvre importante si bien qu’elles ne se
préoccupent pas pour le moment des conséquences à long terme de leurs activités sur les
ressources naturelles et du sort des générations futures.

L’ampleur des problèmes environnementaux dépasse les capacités réelles d’intervention des
services concernés. L’immensité du territoire, la complexité du phénomène et la modicité des
moyens dont dispose le ministère de l’environnement constituent des défis à relever pour
assurer une protection efficiente des ressources naturelles. Les textes législatifs et
réglementaires relatifs à l’environnement sont anciens, inadaptés ou non appliqués, même
quand ils sont révisés. L’interdiction, l’exclusion et la répression sont privilégiées par les
services en charge de l’environnement au détriment de l’approche de gestion participative,
raisonnée et acceptée par tous les acteurs. Les actions entreprises jusque-là pour la lutte contre
la désertification ont plutôt un caractère d’amélioration de l’environnement (ceintures vertes)
ou de promotion des productions agricoles et forestières (gomme arabique et karité) et sont
limitées dans le temps et dans l’espace pour avoir un impact significatif sur le processus de
désertification.

Tant que les problèmes environnementaux ne seront pas pris en compte dans leur intégralité,
non seulement en termes de gestion de ressources naturelles, mais aussi comme déterminant
de la croissance économique et donc de l’amélioration des conditions de vie des populations,
il ne sera pas possible de lever cette contrainte.

[Link] Un secteur de transformation quasi inexistant

La faible productivité du secteur primaire se double d’un manque d’unités de transformation.


Le secteur industriel est très restreint et constitué entre autres de la Société Cotonnière du
Tchad (Cotontchad), la Compagnie Sucrière du Tchad (CST), les Brasseries du Logone
(BdL), la Manufacture des Cigarettes du Tchad (MCT), la Société Tchadienne d’Eau et
d’Electricité (STEE) et les Boissons et Glacières du Tchad (BGT). Le reste est constitué pour
la plupart des petites unités informelles mal maîtrisées et à très faible valeur ajoutée.

Les filières agroalimentaires sont peu développées : il n’existe pas d’unité industrielle qui
traite la filière bétail viande, lait, cuirs et peaux et œufs, au point que l’exportation du bétail
sur pied reste l’activité dominante dans cette filière. Sur la vaste gamme des produits

31
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

agricoles, seules les filières sucrière et cotonnière sont assez développées, encore que l’usine
textile a fermé ses portes. Beaucoup d’autres filières restent ainsi à développer pour élargir la
base productive du pays et profiter du marché sous régional pour les exportations de produits
manufacturés, domaine dans lequel le pays est totalement absent à l’heure actuelle. Le
développement d’un secteur de transformation permettra d’accroître les emplois, et donc les
revenus. Par ailleurs, ce secteur moins sensible aux aléas climatiques, sera plus apte à assurer
une croissance régulière, à condition que les autres obstacles soient levés, notamment les
problèmes de la réglementation, des infrastructures économiques de base, etc.

La faiblesse du secteur de transformation est liée à celle d’un secteur privé plus tourné vers le
commerce que vers les activités productrices. Le secteur privé tchadien souffre d’un
environnement réglementaire et juridique encore peu attrayant en dépit des efforts déjà
consentis. Par ailleurs, l’esprit d’entreprise reste à développer pour tirer amplement profit des
opportunités existantes.

La Chambre de Commerce, de l’Industrie, de l’Agriculture, des Mines et de l’Artisanat


(CCIAMA) qui devrait jouer le rôle d’interface manque de ressources humaines, matérielles
et financières nécessaires pour assurer efficacement sa mission. Elle ne participe pas souvent
à la prise de grandes décisions économiques.

[Link] Un secteur tertiaire peu productif

Les activités du tertiaire ont également une faible productivité du fait qu’il s’agit de très
petites unités opérant dans le secteur informel et essentiellement tournées vers le commerce et
le transport. La productivité du secteur est fortement handicapée par l’étroitesse du marché
national due à la faiblesse du pouvoir d’achat des populations, aux difficultés de mise à
disposition des biens et services sur l’ensemble du territoire du fait de ses dimensions et de
l’inexistence des voies de communications qui renchérit les coûts. Le développement des
activités de services est aussi handicapé par la fraude à l’importation qui défavorise les
opérateurs du secteur formel lourdement taxés par rapport à ceux opérant dans l’informel.

3.1.3 Des ressources humaines et des conditions de vie très insuffisantes

[Link] Education, formation et alphabétisation

La faible croissance économique résulte également de la faiblesse des ressources humaines


dont la productivité est très limitée, en raison d’un très haut degré d’analphabétisme (plus de
80% de la population) et d’un faible niveau d’instruction de la population de plus de 15 ans.
Ceci est un handicap pour l’assimilation des nouvelles technologies pouvant améliorer les
conditions de travail, et ainsi améliorer les conditions de vie des populations. C’est aussi l’une
des causes de la persistance des méthodes ancestrales utilisées dans le secteur primaire. Le
développement d’une vaste campagne d’alphabétisation pour élever le niveau général des
populations, favorisant un changement de comportement et de mentalité, constitue donc un
impératif pour lever la contrainte que représente le très fort taux d’analphabétisme de ces
populations.

La faiblesse des ressources humaines se manifeste aussi par la quasi inexistence des corps de
métiers qui constituent la base du développement économique. Il s’agit des qualifications
dans les secteurs des bâtiments et travaux publics, de l’artisanat, de la confection, de la
menuiserie, du personnel d’appui dans les entreprises, etc. Ceci est dû au fait que

32
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

l’enseignement technique et la formation professionnelle ne sont pas assez développés. Il faut


ajouter à cela l’insuffisance numérique et qualitative des formateurs (filières techniques et
tertiaires), le délabrement progressif des infrastructures et des équipements et la faible
dotation en matériels scientifiques. Le collège d'enseignement technique industriel de Sarh,
rénové récemment ainsi que le lycée technique industriel et les centres d'apprentissage de
N'Djaména, de Moundou et d'Abéché, sont les seules structures qui permettent aux élèves et
aux formateurs de travailler dans des conditions acceptables.

L’insuffisance de ces corps de métiers prive le pays d’une main d’œuvre qualifiée
extrêmement importante pour le développement du secteur privé et de la libre entreprise.
L’amélioration du capital humain passera donc nécessairement par la réorientation du système
éducatif pour l’adapter aux besoins du marché du travail.

Cependant, le développement anarchique des centres de formation professionnelle constitue


plutôt un danger dans la mesure où les enseignements qui s’y dispensent ne sont pas contrôlés
par les différents organismes de tutelle. Il faudra que ces structures de tutelle mettent en place
un mécanisme de coordination et de concertation qui leur permet de définir les objectifs, les
contenus et les méthodologies de formation ainsi que les normes de qualification
professionnelle requises pour chaque catégorie de personnel.

Le principal handicap au développement de l’instruction dans le pays est l’insuffisance des


structures d’offre de l’éducation : il y a en moyenne 70 élèves par classe et au moins autant
par enseignant. L'état de délabrement et de précarité des infrastructures et équipements
scolaires est très avancé : 65 % sont des abris provisoires (en secco ou en poto-poto) dont la
durée de vie correspond à une année scolaire.

Ces classes de fortune, souvent construites par les communautés, ne disposent pas de
mobiliers opérationnels, car les élèves sont assis à même le sol, et les maîtres n’ont pas de
chaise, ni de bureau. Les maîtres communautaires, à la charge des Associations des Parents
d’Elèves (APE) et des communautés, représentent 56,31 % des effectifs globaux des maîtres
(année scolaire 1999/2000). D’une manière générale, ces maîtres ont un niveau de formation
faible comparé aux enseignants formés et le risque qu’ils perpétuent cette carence auprès des
futurs acteurs du développement est énorme, si rien n’est fait pour rehausser leurs capacités.

Les programmes d'enseignement sont inadaptés et méritent d'être réactualisés. Les dotations
en manuels et matériels didactiques sont insuffisantes ; il n’y a par exemple qu'un seul
exemplaire de livre de lecture pour 3 élèves, un livre de calcul pour 5 élèves et un livre de
science pour 12 élèves.

Au niveau de l’enseignement supérieur, les principales contraintes sont les suivantes :


une carence d’infrastructures, d’équipements et de fonds documentaires ;
une insuffisance d’enseignants permanents qualifiés;
une prédominance des filières de formation à caractère général, insuffisamment
tournées vers les emplois offerts par les opérateurs économiques privés avec des
programmes d’enseignement dont la conformité aux normes internationales reste à
vérifier ;
une absence des moyens consacrés à la vie des étudiants (campus, restaurant,
logement, équipements sportifs, salles de travail, etc.).

33
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

[Link] Une couverture sanitaire insuffisante et une nutrition hypothétique

Une autre dimension explicative de la faiblesse de la croissance économique au Tchad est


l’état de santé de la population : une main d’œuvre en bonne santé est plus productive. A
défaut du taux de morbidité, on peut se référer au taux de mortalité comme indicateur de l’état
de santé de la population. Au Tchad, ce taux est de 16,3‰ en 1993 (18,6‰ pour les hommes
et 14,2‰ pour les femmes). La mortalité infantile, estimée à 160‰ en 1964 (175‰ pour les
garçons et 144‰ pour les filles), est descendue à 103‰ en 1997 (119,7‰ pour les garçons et
99,8‰ pour les filles). En ce qui concerne la mortalité maternelle, elle est estimée à 827 décès
pour 100 000 naissances.

Cet état de santé résulte de plusieurs facteurs : une alimentation peu nutritive, une hygiène
corporelle et environnementale inappropriée et une insuffisance quantitative et qualitative des
services de santé.

Au plan nutritionnel, les déficiences sont surtout dues aux habitudes alimentaires qui, par
manque d’instruction, ne tiennent pas compte de l’aspect nutritif d’une alimentation. La
plupart des ménages tchadiens, même parmi ceux qui ont des moyens, se satisfont d’une
alimentation généralement peu nutritive, composée essentiellement de bourratifs. L’apport
moyen par habitant est estimé à 1720 calories par jour alors que cette moyenne est de 2160
calories à l’échelle de l’Afrique subsaharienne et de 2 480 calories pour l’ensemble des pays
en développement. Selon les données de l’EDST (1997), 40% des enfants de moins de 5 ans
souffrent de malnutrition chronique dont la moitié sous une forme sévère.

Selon les données du ministère de la santé publique (DSIS 1998), les principales maladies
régulièrement enregistrées dans les centres de santé sont : le paludisme (18,6% de nouveaux
cas), la diarrhée (7,7%), les infections aiguës des voies respiratoires inférieures (7,2%) et la
conjonctivite (3,9%). En fait, ce sont presque toutes des maladies dont la contraction se fait
par une mauvaise hygiène alimentaire ou du milieu. En effet, dans le domaine de l’eau et de
l’assainissement par exemple, on note que seulement 27% des ménages au Tchad ont accès à
l’eau potable. Par ailleurs, 7% seulement des ménages disposent de toilettes adéquates ou
latrines améliorées alors que 73% n’en disposent pas du tout. Environ 21% de ménages ont
accès aux moyens sanitaires d’évacuation des excréta.

A ces maladies, il faut ajouter certaines endémies locales (carences en iode, lèpre,
tuberculose, onchocercose, trypanosomiase, dracunculose, choléra) qui persistent malgré la
mise en œuvre de plusieurs programmes.

Enfin, l’état déplorable de la santé provient surtout d’un système national de santé montrant
plusieurs faiblesses, parmi lesquelles on peut citer:
l’insuffisance quantitative et qualitative des services de santé : la couverture théorique
est de 71,2 % en termes de populations, 64,2% en termes de structures de premier
échelon (zones de responsabilité) , et de 78,8% pour les hôpitaux de district (deuxième
échelon); il y a une structure d’hospitalisation pour 165 000 habitants et 51 lits/places
pour 100 000 habitants avec de fortes disparités entre les régions ;
le faible effectif et la mauvaise répartition du personnel qualifié à travers le pays , soit
1 médecin pour 36 000 habitants (moyenne Afrique subsaharienne : 9000 habitants,
norme OMS : 5000 à 10 000 habitants) alors que 17% de ces médecins sont affectés à
des tâches administratives ; un infirmier diplômé d’État pour 28 502 habitants
(moyenne Afrique subsaharienne : 2000 habitants et norme OMS : 3000 habitants) et

34
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

une Sage Femme Diplômée pour 13 692 femmes de 15 à 49 ans (norme OMS : 3000
femmes). Seulement 1/3 des postes de médecin et 1/4 des postes de personnel
infirmier sont occupées. Malgré le personnel médical (médecins et agents techniques)
formé chaque année, le déficit se réduit très lentement ;
l’insuffisance de la dépense publique de santé par habitant : la part des dépenses
publiques de santé dans les dépenses publiques totales est passée de 3% en 1986 à
11,2% en 2000 ;
la mauvaise répartition géographique des ressources matérielles et financières : les
dépenses annuelles de fonctionnement hors personnel par exemple vont de 145 Fcfa
pour le Salamat à 1890 Fcfa par habitant pour le Chari Baguirmi;
la faible coordination dans la gestion du département; elle est très centralisée et peu
planifiée ;
l’état embryonnaire du partenariat avec le secteur privé ;
la faible efficacité des instances de lutte contre les épidémies ;
les problèmes de rupture des médicaments dans certaines formations sanitaires, liés au
non recouvrement des coûts à la mauvaise gestion des celles-ci.

[Link] VIH/SIDA

La vraie contrainte en matière de VIH/SIDA est l’insuffisance de la sensibilisation/prévention


et donc de protection. L’opinion selon laquelle l’on ne court aucun risque de contracter la
maladie reste encore répandue chez plus de 72% de la population de sorte que l’utilisation du
préservatif reste très faible : seulement 3% de femmes et 13% d’hommes déclarent l’avoir
utilisé. L’analphabétisme, la pauvreté et certaines croyances sont parmi les principaux
éléments favorisant la progression de cette maladie.

[Link] Situation de la femme tchadienne

Du fait des pesanteurs essentiellement socioculturelles, la femme reste encore largement


perçue seulement comme mère, épouse et ménagère, et donc ne participe presque pas à la
prise de décision aussi bien au niveau du ménage qu’au niveau national. Selon l’enquête sur
les violences contre les femmes (octobre 1999), 30,5% des femmes ménagères expliquent leur
situation par le fait que leur mari les préfère comme femme au foyer ; 21,1% d’entre elles ne
peuvent travailler à cause du refus du mari.

Cette vision de la société fait que les parents opèrent une discrimination en faveur des garçons
lorsqu’il faut inscrire les enfants à l’école. La plupart des femmes sont donc sans formation
moderne et ont par conséquent une faible productivité, et étant donnée qu’elles constituent
une grande partie de la main d’œuvre, cela affecte à la baisse le revenu national. La
discrimination sexuelle se transpose au niveau de l’accès à l’emploi, aux ressources et aux
opportunités économiques, politiques et sociales, entravant l’incorporation de la femme dans
la vie socio-économique. Les pratiques culturelles discriminatoires empêchent les femmes
d’accéder à la terre pour leur propre compte, de sorte que le partage des terres entre les
membres d’une même famille, pratique de plus en plus courante due à la raréfaction de la
terre, se fait souvent au détriment des femmes. Une chose est cependant évidente : compte
tenu de l’importance socio-économique des femmes, le pays ne pourra jamais se développer
sans rehausser le niveau moyen d’éducation de la femme tchadienne.

35
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

[Link] Une absence de protection sociale

Les groupes vulnérables identifiés dans le chapitre 2 sont constitués d’individus plus exposés
ou moins armés pour faire face aux risques. Ils sont défavorisés dans l’accès aux sources de
revenus et/ou dans la formation de capital humain. Leur vulnérabilité est comprise comme un
degré de sensibilité ou une capacité insuffisante de résistance aux aléas de la vie, aux chocs
sur les revenus ou les conditions de vie.

3.1.4 Des infrastructures économiques de base inadéquates et dégradées

[Link] Le réseau routier

Le réseau routier tchadien compte 40 000 km de routes et pistes carrossables, dont 6200 km
de routes et pistes classées prioritaires et environ 33.000 km de pistes rurales. Sur toute
l’étendue du territoire, seulement 583 km de routes inter-urbaines sont revêtus. Les routes non
prioritaires sont, pour la plupart, praticables 6 à 8 mois dans l’année, et insuffisamment ou
jamais entretenues. La région du Nord, désertique, est mal reliée au reste du pays. Les régions
de l’Est et du Sud-Est sont isolées pendant la saison des pluies, faute de routes permanentes.
A l’intérieur même des régions, la desserte des centres urbains avec leur hinterland rural est
souvent mal assurée, encore que ces routes et pistes n’incluent pas les pistes rurales qui relient
les villages entre eux.

Le mauvais état des routes oblige les véhicules à n’emprunter que les axes reliant N’Djaména
à certains grands centres du pays, ou ne circulent qu’en ville. Il se pose ainsi pour les
populations rurales de véritable problème d’accessibilité aux biens et aux services socio-
économiques, et de mobilité. L’absence de stratégies en matière de transport en milieu rural
constitue un handicap le développement des Moyens Intermédiaires de Transport (M.I.T),
notamment la charrette, la bicyclette et l’animal, et des infrastructures de transport favorables
à l’amélioration des déplacements des populations.

Une des conséquences d’une telle situation sur la pauvreté est que des poches de famine
existent toujours, même quand l’année agricole est globalement bonne pour l’ensemble du
pays. Le transport des produits des régions excédentaires vers les régions déficitaires est
relativement coûteux, de sorte que le prix du produit transporté devient prohibitif, avec en
plus des risques de perte, de détérioration et de destruction des marchandises et des matières
premières. Pour pallier tout problème de pénurie pouvant être occasionné par cette situation,
les entreprises sont obligées de faire d’importants stocks de matières premières, ce qui
renchérit les coûts, donc les prix sur le marché.

A cela, il faut ajouter l’enclavement extérieur (le port maritime le plus proche se trouve à
1700 km) qui entrave fortement l’évolution économique, étant donné les coûts
supplémentaires induits à l’importation et à l’exportation. La compétitivité de la production
nationale sur les marchés extérieurs s’en trouve affectée.

[Link] L’énergie

Les ressources énergétiques sont vitales pour le progrès économique d’un pays, puisqu’elles
sont un important facteur de production. Au Tchad, contrairement à la plupart des pays du
Sahel, la seule source d’énergie utilisée est l’électricité, si on met de côté les sources
traditionnelles que sont le bois de chauffe et le pétrole lampant. L’électricité est inaccessible

36
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

pour la quasi totalité de la population (1 % de la population tchadienne et seulement 9 % des


ménages à N’Djaména y ont accès) à cause de son coût exorbitant, de la mauvaise gestion de
la société de production et de distribution, la STEE, et de l’absence d’une politique
volontariste dans le secteur, notamment en matière d’électrification rurale qui constitue un
puissant moyen d’amélioration des conditions de vie des ruraux. La mauvaise gestion de la
fourniture d’électricité ci-dessus évoquée pénalise fortement le peu d’entreprises implantées
sur le territoire national.

Et pourtant, des sources alternatives d’énergie existent et pourraient permettre de s’affranchir


de l’énergie électrique, notamment l’énergie solaire et éolienne. Par ailleurs, la promotion de
ces sources d’énergie permettrait de stopper la coupe de bois de chauffe, d’augmenter l’accès
à l’énergie à des fins productives, notamment dans l’agriculture, tout en limitant la
dépendance des produits pétroliers dont les prix sont très volatiles sur le marché international.

[Link] Les télécommunications

Il ne peut y avoir de développement, donc de possibilité de réduire la pauvreté, sans


infrastructures de télécommunications performantes. Le patrimoine national dans ce domaine
est quasi insignifiant et très mal réparti. En effet, en 1998, le Tchad comptait moins de 9000
lignes téléphoniques principales, dont 83 % étaient à N’Djaména et le reste réparti entre 9
villes secondaires. Le développement récent de la téléphonie mobile, bien que louable, ne
peut changer la situation et les besoins - eu égard à la dimension du pays - restent entièrement
à satisfaire. La création d’un environnement favorable pour le secteur privé, la circulation des
informations et des techniques, passeront nécessairement par la mise en place
d’infrastructures de télécommunications. A cet égard, il serait erroné de croire que le
développement de l’Internet est un luxe pour le Tchad. Au contraire, ce puissant moyen de
transfert de connaissances est une opportunité extraordinaire dont l’utilisation de manière
adéquate permettrait de lever nombre de contraintes, parmi lesquelles l’utilisation des
techniques agricoles ancestrales.

[Link] Le système bancaire et la micro-finance

Comme signalé ci-dessus, le système bancaire se réduit à cinq banques commerciales et une
banque agricole dont les guichets ne sont implantés que dans cinq villes. C’est l'une des
causes de la sous-mobilisation de l'épargne intérieure, même si celle-ci est également faible.
Du point de vue de la croissance économique, l’intérêt premier d’un système bancaire est la
possibilité de financement des investissements qu’il offre. Or, au Tchad, les conditions
d’accès au crédit limitent les demandes de crédit à une clientèle d’un certain niveau.
L’essentiel de ce crédit est à court terme (72,5%), et ne permet pas de financer les
investissements de long terme.

Pour pallier cette insuffisance, la micro-finance se développe sur la base des expériences
diverses, notamment celles basées sur la philosophie des coopératives d’épargne et de crédit,
celles qui mettent l’accent sur la distribution des crédits, et celles qui promeuvent la
distribution du crédit comme activité accessoire ou comme mesure d’accompagnement.

Cependant, de nombreuses difficultés entravent la promotion de ces expériences notamment :


le niveau insatisfaisant de leur professionnalisme ;
l’absence des règles et pratiques harmonisées ;
la difficile progression vers l’autonomie financière et technique ;

37
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

l’inexistence des passerelles entre elles et le système bancaire classique ;


l’absence de cadre de concertation entre ces institutions.

L’Etat n’a pas encore entièrement rempli son rôle de garant de l’intérêt collectif

Les faiblesses relevées en matière d’infrastructures proviennent de l’insuffisance des


politiques économiques mises en œuvre. Pendant longtemps, celles-ci n’ont pas permis
d’assurer une augmentation des revenus pour financer ces infrastructures. Par ailleurs, la
nécessité même de doter le pays d’infrastructures collectives ne s’est jamais fait sentir de
manière très claire en termes d’allocation de ressources.

La stratégie de réduction de la pauvreté devra permettre d’aboutir à un rééquilibrage des


niveaux de développement régionaux par des actions de fixation des jeunes dans le terroir, par
la réduction des écarts de développement entre les régions et les catégories sociales.

3.1.5 Autres obstacles à la réduction de la pauvreté

[Link] La dette

L’encours de la dette extérieure du Tchad est de 592 milliards en 1998 correspondant à 65%
du PIB. La dette extérieure multilatérale y comptait pour 75%. Le service de la dette
extérieure représente 10% des exportations et 31,4% des recettes fiscales en 1998. C’est donc
le poids de la dette extérieure qui fait sa non soutenabilité.

S’agissant de la dette intérieure, il subsiste un volant important d’arriérés de paiement dont il


faut programmer le remboursement, notamment pour rendre financièrement viable le système
de pensions de retraites. Une partie des arriérés de paiements intérieurs pénalise le secteur
privé tchadien qui souhaiterait au minimum pouvoir compter sur un calendrier réaliste
d’apurement de ces arriérés.

[Link] Les facteurs démographiques

Le recensement général de la population et de l’habitat de 1993 estime la population


tchadienne à 6,28 millions avec un taux d’accroissement naturel de 2,5% correspondant à un
indice synthétique de fécondité de 5,6 enfants par femme en âge de procréer.

Un tel profil démographique a pour conséquence un doublement de la population en 2020 par


rapport à son niveau de 1997, avec une forte proportion de jeunes (les moins de 15 ans
représentent 48% de la population en 1993 et 50,3% en 1997). Il faut donc une forte
croissance économique pour permettre à l’appareil de production d’absorber le nombre de
nouveaux demandeurs d’emplois chaque année. Auparavant, il faut leur assurer une éducation
ou une formation et l’accès aux infrastructures de sports. Pour lutter contre la pauvreté, une
stratégie de croissance forte doit être complétée par une politique valorisante de redistribution
des fruits de la croissance en faveur des populations les plus démunies.

Le deuxième nouveau recensement général de la population et de l’habitat prévu pour 2005


permettra de mesurer avec plus de précision l’évolution du taux de croissance naturelle de la
population et de la mobilité résidentielle en vue d’un meilleur calibrage des programmes
associés à la mise en œuvre de la SNRP.

38
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

[Link] Les mines et engins non explosés, facteurs aggravants de la pauvreté

Les résultats de l’enquête socio-économique sur l’impact de la présence de mines et d’engins


non explosés sur les communautés tchadiennes réalisée par l’ONG Handicap International
entre 2000 et 2001 montrent que la pollution du territoire national touche 23 des 28
départements:
• S’étend sur 1081 Km2,
• concerne au total 24910 localités reparties dans 51 sous-préfectures (dont 91 dans
le Borkou Ennedi11) avec 417 zones polluées distinctes,
• touche 284 435 habitants qui vivent en permanence sous la menace des mines et
des Engins Non Explosés (ENE),
• avait fait, au moment de l’enquête d’impact et hors Tibesti, au moins 1688
victimes identifiées (dont 339 au cours des 24 derniers mois12),
• dans les régions concernées bloque les accès aux pâturages (51%), aux terres
agricoles (46%), aux routes et aux pistes (39%), aux points d’eau (37%) et aux
habitations (14%).
• comprend en plus 135 zones dangereuses13 et 25 dépôts de munitions abandonnés,
• contribue au maintien du climat d’insécurité qui prévaut dans les régions touchées,
les mines pouvant être récupérées par des personnes mal intentionnées et être
reposées dans d’autres zones connues pour être non affectées.

L’étude d’impact montre aussi qu’il existe de grandes disparités entre les régions étudiées
quant au nombre de localités affectées. Le cas le plus frappant est celui de la région Nord où
les seuls départements de Borkou et de Ennedi renferment plus d’un tiers de l'ensemble des
localités touchées, et un quart de toute la population affectée du pays. A l'autre bout de
l'échelle, dans la région Sud, il n’y a que 20 localités touchées, alors qu’une majorité de la
population tchadienne y réside.

On ne compte que 51 sous-préfectures non affectées. D'après l'estimation démographique


officielle de la population nationale pour l’année 2000, on dénombre 3 363 996 personnes
dans les sous-préfectures touchées et 4 216 733 personnes dans les sous-préfectures
épargnées. On peut donc estimer que près d’un tchadien sur deux vit dans une sous-préfecture
polluée par les mines et/ou les ENE

Par ailleurs dans les zones touchées, en particulier dans le BET, de nombreux axes minés ont
été abandonnés. Certaines zones sont devenues difficilement accessibles, pour d’autres, de
nouveaux axes ont été ouverts et sont désormais empruntés, ils suivent de nouveaux tracés qui
ne figurent sur aucune carte ce qui impose de faire appel à des guides pour les déplacements
dans les zones minées. Tout déplacement qui se ferait dans ces zones en se référant

10
Dont 49 (20%) sont classées à fort impact, 52 (21%) à impact moyen et 148 (59%) à impact moyen.
11
Le Tibesti n’a pas été traité au cours de l’enquête réalisée par HI pour des raisons de sécurité.
12
110 d’entre elles sont des enfants ou des adolescents qui manipulaient ou jouaient avec des ENE.
13
C’est-à-dire des zones qui sont minées ou polluées mais qui n’avaient pas d’incidence directe sur la vie des
communautés au moment de l’enquête ou qui se situaient dans des zones inhabitées.

39
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

uniquement à la carte conduirait les véhicules directement sur les tronçons minés. Cette
situation va nécessiter deux actions complémentaires :

• La réouverture des axes minés au minimum dans les zones où cette pollution
interdit l’accès à certains villages ou oblige les utilisateurs à de grands et coûteux
contournements qui accentuent l’enclavement des régions concernées, augmente le
prix des denrées achetées et pénalise la vente des denrées produites.

• Le relevé et le tracé sur la carte des nouveaux axes utilisés complétés sur le terrain
par un travail de marquage et de balisage de ces nouveaux axes.

Ce sont en fait les personnes les plus déshéritées et les communautés les plus pauvres qui sont
les plus exposées au danger représenté par les mines et les engins non explosés et aux
conséquences de la pollution qui en découle. Ce facteur aggravant de la pauvreté devra être
pris en compte et tout devra être fait pour mettre les plus vulnérables à l’abri de ce fléau. Il
s’agit en fait :

• D’éviter à ceux qui n’ont rien, de perdre la vie, d’être handicapés et de perdre leur
autonomie, de perdre des membres de leur famille ou de les voir devenir des
handicapés et représenter une nouvelle charge pour leur famille et leur
communauté, de perdre un animal domestique ou de ne pouvoir voyager, accéder
aux soins, aux zones de pâturage, à l’eau, à l’éducation ou à l’aide internationale
en raison de l’impossibilité de se déplacer à travers des zones rendues dangereuses
ou infranchissables en raison de la présence de mines.

• De permettre la mise en œuvre des projets de réhabilitation, de reconstruction et de


développement dans les zones où ils sont bloqués par la présence de mines et/ou
d’engins non explosés.

• De permettre aux habitants des zones touchées par la pollution de pouvoir :


o se déplacer librement sur des pistes rouvertes et sûres, (désenclavement, accès
aux soins, accès à l’éducation, accès aux marchés pour vendre leur
production)
o accéder à leurs champs, leur zone d’élevage ou à l’eau sans risques,
o mettre un terme à l’hécatombe des enfants, des adultes et à celle des animaux
domestiques qui constituent souvent la seule richesse de ces populations,
o revenir dans leur région d’origine
o mener une vie normale et éviter leur exode vers des zones plus hospitalières.

• De mettre fin aux dépenses de santé dues aux accidents provoqués par les mines et
les engins non explosés. Ces accidents ont un coût qui grève et ruine le maigre
budget santé des régions concernées.

• Enfin, de collecter et de détruire les mines et les ENE, posés ou abandonnés, sur le
terrain ou dans des dépôts, dans des zones sans surveillance, d’où ils peuvent être
récupérés par des individus mal intentionnés. Ces mines et ENE, de par leur
disposition, contribuent à aggraver le climat d’insécurité qui prévaut dans les
régions polluées, leur destruction va concourir à réduire l’insécurité et à consolider
la Paix.

40
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Le Plan Stratégique National de Lutte Contre les Mines et les ENE, qui vise à libérer le Tchad
de l’impact négatif de cette pollution, s’intègre pleinement dans la stratégie nationale de
réduction de la pauvreté. Les effets négatifs de ces engins constituent un facteur aggravant de
la pauvreté, les actions de lutte contre la présence des mines et des ENE qui devront dans la
majorité des cas être un préalable à la mise en œuvre des nouveaux projets dans les zones
minées, constituent un des axes transversaux de la stratégie de réduction de la pauvreté.

3.2 Les atouts du Tchad

3.2.1 Les opportunités

Le Tchad dispose d’importantes potentialités, notamment en matière de ressources naturelles


(eau, terre cultivable, élevage, ressources minières, etc.), et l’exploitation prochaine du pétrole
constitue une opportunité majeure pour la réduction de la pauvreté. A cela, il faut ajouter les
ressources issues de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE).

Des ressources en terre et en eau abondantes mais sous exploitées

La superficie des terres cultivables est estimée à 39 millions d’hectares, soit 30 % du territoire
national dont seulement 2,2 millions d’hectares (soit 5,6%) sont annuellement cultivés. Les
zones irrigables totalisent environ 5,6 millions d’hectares, mais seulement 7000 hectares sont
effectivement irrigués. C’est dire que les ressources en terres sont largement sous exploitées.

Quant aux ressources en eau, elles sont constituées des cours d’eau permanents ou semi
permanents, des nappes souterraines et des eaux de surface. Près des trois quarts du pays sont
constitués de terrains sédimentaires contenant plusieurs nappes. Le volume des eaux
souterraines varie de 263 à 455 milliards de m3 par an, avec un renouvellement de 20,6
milliards de m3. Le pays est donc suffisamment doté de ressources en eau, contrairement aux
autres pays du Sahel, mais sa maîtrise reste encore problématique. L’utilisation judicieuse de
ces ressources en eau permettrait d’assurer la sécurisation des productions agricoles.

Des ressources minières abondantes

Le sous-sol tchadien regorge de minerais que sont le sel, le natron, l’uranium, l’or, le diamant
le kaolin, etc. pour la plupart non exploités mais le plus important est le pétrole. En effet,
l’exploitation du pétrole générera des revenus substantiels au profit du Trésor Public : sur la
durée de vie du projet, le Tchad touchera en moyenne 50 milliards de FCFA par an. Ces
ressources seront allouées aux différents secteurs de l’économie, en particulier dans les
secteurs prioritaires pour l’amélioration des conditions de vie de la population. L’ère
pétrolière offre de nombreuses opportunités au secteur privé à travers la sous-traitance et le
développement des services. On note déjà les effets d’entraînement des investissements
pétroliers sur les secteurs des transports et de la restauration. Il faudra s’attendre à une
diversification de l’économie et à une augmentation substantielle du revenu des ménages.

A propos des ressources pétrolières, il faut noter le dispositif unique en termes de


gouvernance mis en place pour leur gestion et qui constitue également un atout majeur. Pour
garantir que les futures recettes soient judicieusement utilisées, l’Assemblée Nationale a
adopté le 30 novembre 1998, une loi portant gestion des ressources pétrolières (Loi
n°001/PR/99). Cette loi prévoit l’affectation de 10 % des recettes au titre des redevances et
des dividendes à un fonds pour les générations futures ; l’affectation de 80% du solde aux

41
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

secteurs prioritaires que sont la santé et les affaires sociales, l’enseignement, le


développement rural (agriculture et élevage), les infrastructures, l’environnement et les
ressources en eau ; et l’affectation des 5% des redevances au développement de la région
productrice (en sus de la part des dépenses nationales revenant à cette dernière).

La loi sur la gestion des ressources pétrolières prévoit également la création d’un comité de
surveillance de celles-ci appelé Collège de Contrôle et de Surveillance des Ressources
Pétrolières (CCSRP), et comprenant des représentants du gouvernement, du parlement, de
l’appareil judiciaire et de la société civile.

Une communauté internationale disposée à appuyer le pays

La communauté internationale est arrivée à la conviction que seul un effort concerté au niveau
des Bailleurs de Fonds pourra permettre de lutter efficacement contre la pauvreté à travers
l’aide publique au développement et la promotion des investissements privés. Il faudra
désormais rechercher une plus grande synergie dans les interventions des différents
partenaires à la Stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté. L’un des instruments de
financement de cette stratégie est l’IPPTE.

D’autres programmes en cours dans des secteurs particuliers et impliquant plusieurs bailleurs
sont autant d’opportunités de financement pour ces secteurs, en particulier pour le
développement rural et pour les transports, mais à condition qu’ils soient coordonnés et
complémentaires.

Des populations de plus en plus organisées et disposées à participer au développement

La responsabilisation des populations dans le choix et la réalisation des actions de


développement apparaît de plus en plus indispensable. Au Tchad, cela devient une réalité
palpable à travers l’émergence et l’expansion des mouvements associatifs, plus
particulièrement dans le milieu rural. Ces mouvements associatifs ont contribué à
l’enracinement du concept de participation, de sorte que dans tous les domaines, on note la
volonté des populations à participer aux actions de développement.

Ainsi, en matière de formation, on peut relever le développement spectaculaire des écoles


communautaires, le dynamisme des Associations des Parents d'Elèves, etc. Les maîtres
communautaires, à la charge des Associations des Parents d’Elèves (APE) et des
communautés, représentent 54 % des effectifs globaux des maîtres. Dans le domaine de la
santé, on peut relever la propension de ces populations à s’approprier les structures de santé
par le système de recouvrement des coûts mis en place et dont les expériences ont été plutôt
concluantes. C’est une grande opportunité qui, étendue à l’ensemble du territoire, permettrait
de faciliter l’approvisionnement en médicaments des centres de santé et de les rendre viables.
Par ailleurs, le processus de déconcentration/décentralisation (planification budgétaire
décentralisée, délégation budgétaire au niveau préfectoral, centre de formation des agents
sanitaires, autonomie attendue des hôpitaux), en cours au ministère de la santé publique, est
une opportunité pour permettre la diligence des décisions et améliorer l’efficacité du système
de santé en place.

42
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

3.2.2 Perspectives de croissance et de développement à long terme

La stratégie Nationale de Réduction de la Pauvreté pour les douze prochaines années


intervient au moment où le Gouvernement décide de poursuivre l’effort de rétablissement des
grands équilibres macroéconomiques entamé principalement par le biais du Programme
d’Ajustement Structurel (PAS) à moyen terme (1995-1998) assorti d’une Facilité
d’Ajustement Structurel Renforcée (FASR). Bien que cette approche ait donné des résultats
importants, l’impact sur les conditions de vie de la population en général, et des pauvres en
particulier a été modeste. Néanmoins, il convient de souligner que les nouvelles perspectives,
notamment l’exploitation du pétrole et la volonté de la communauté internationale d’aider le
pays à atteindre les objectifs de développement du millénaire (ODM), ainsi que l’accessibilité
à l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE) offrent des réels espoirs pour la
réduction de la pauvreté.

[Link] L’ère pétrolière

L’ère pétrolière offre des possibilités énormes de croissance du PIB par habitant. Les
projections faites dans le cadrage macro-économique déclinent le profil des recettes
pétrolières jusqu’à 2015, en faisant une hypothèse conservatrice qu’il n’y aura pas d’autres
découvertes d’ici là.

L’objectif primordial attendu de l’exploitation pétrolière consiste à développer les politiques


et les actions susceptibles de maximiser l’impact de la croissance sur la réduction de la
pauvreté. En effet, l’exploitation du pétrole donnera au gouvernement les ressources
nécessaires pour la réalisation des actions contenues dans le DSRP, qui en retour amélioreront
sensiblement l’environnement de la production, en particulier dans le secteur rural. De même,
la création d’un environnement favorable au développement du secteur privé favorisera la
diversification de l’économie.

[Link] Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE)

Le Tchad est éligible à l’IPPTE depuis juin 2001 et bénéficie déjà d’une assistance intérimaire
d’un montant de 8,7 milliards de FCFA la même année. L’allègement à proprement dit
n’interviendra qu’après l’évaluation d’une année de mise en œuvre de la SNRP. Le montant
actualisé cumulé sur la période au titre de l’assistance PPTE s’élève à 260 millions de dollars
US et servira à financer les actions retenues dans la SNRP.

43
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Chapitre 4 Vision Globale du développement à l’horizon 2015


Pays continental enclavé, le Tchad se compose de trois grandes zones géoclimatiques :
• une zone saharienne de 780 000 km2 occupant toute la partie nord du pays, avec une
pluviométrie pratiquement nulle, la quasi-permanence des vents desséchants et de
hautes températures diurnes. On y pratique l’agriculture autour des points d’eau et
l’élevage de camelins ; c’est la zone du palmier dattier ;
• une zone sahélienne de 374 000 km2 au centre avec des précipitations annuelles entre
300 mm et 650 mm. On y exerce la culture des céréales (mil) et des oléagineux
(arachide) ainsi qu’un élevage extensif. Cette partie du pays produit aussi la gomme
arabique et possède une tradition affirmée de commerce. Du fait de son climat, la zone
sahélienne demeure confrontée à deux contraintes agricoles : la gamme de culture
pluviale est limitée et toute intensification significative de la production requiert le
recours à l’irrigation ;
• une zone soudanienne de 130 000 km2 au Sud avec des précipitations annuelles entre
650 mm et 1000 mm. Le climat y est de type tropical. On s’y adonne à une activité
agricole sous pluie intense et diversifiée: le coton sur 200 000 ha, les cultures
oléagineuses et légumières (arachide, niébé, sésame, voandzou et plus récemment
soja) sur 200000 à 300000 ha, les céréales (mil) sur 450000 à 800000 ha, les
tubercules (manioc, patate douce, igname, taro) et les cultures maraîchères. Les
cultures de décrue se pratiquent sur 100000 ha. Les populations de cette zone
s’adonnent également au petit élevage. Cette zone sert aussi d’espace de transhumance
pour le bétail venant du centre.

Le site principal d’exploitation du pétrole du Tchad se trouve à Doba, dans la zone


soudanienne. La mise en exploitation du pétrole de Doba est prévue pour démarrer en 2004 et
pour une durée d’au moins 25 ans pour extraire du sous-sol un milliard de barils de brut. Le
pétrole de Doba constitue une opportunité réelle mais aussi un défi de développement pour la
zone soudanienne et pour le pays en général.

Pour relever ce défi, la vision du Tchad à l’horizon 2015 s’inscrit dans la perspective d’une
réduction de moitié de l’incidence de l’extrême pauvreté et d’une économie post-pétrolière
diversifiée et compétitive.

4.1 Une vision intégrée de la réduction de la pauvreté et de la préparation de


l’ère post-pétrolière
Face à une situation telle que décrite dans les paragraphes précédents où tout est urgent dans
chaque secteur, définir une vision revient à structurer une réponse commune à trois défis :
• D’abord, un défi écologique ou le préalable de la protection de l’environnement sans
laquelle l’atout de l’abondance de ressources en terres, en eaux, animales ou pastorales
encore insuffisamment exploitées ne saurait en être un.
• Vient ensuite un défi politique identifié à travers l’enracinement de la démocratie et la
consolidation de la paix et de la sécurité. Devant la volonté d’engagement de la société
civile dans la gestion des affaires du pays, la décentralisation effective du pouvoir
contribuera à trouver un nouvel équilibre entre la démocratie représentative
qu’organisent les institutions républicaines et la participation directe des populations à
la gestion des affaires les concernant.

44
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• Il reste, enfin, à considérer le défi économique à travers l’impératif de la croissance


durable sans laquelle le progrès social ne peut qu’être éphémère. La croissance sera
durable parce qu’elle sera en harmonie avec la protection de l’environnement, elle le
sera également parce que son profil sera accepté par les populations qui réclament la
sécurité des biens et des personnes, une meilleure gouvernance et un appui multiforme
aux initiatives locales.

L’opportunité de l’ère pétrolière vient compléter ce tableau par un défi de développement : à


l’horizon 2015, le secteur public, le secteur privé, la société civile et les populations ont à
réduire la pauvreté de moitié par rapport à son niveau de 1997 et à consolider les bases d’une
économie suffisamment diversifiée pour absorber le choc de la fin de l’ère pétrolière ainsi que
celles d’une société réconciliée avec elle-même et au sein de laquelle chaque individu peut
avoir sa chance et la saisir. Pour concrétiser cette vision, la SNRP s’appuie sur une approche
intégrée des politiques sectorielles visant à réduire la pauvreté. Il est attendu de cette approche
un impact rapide et durable sur l’incidence et la profondeur de la pauvreté.

En ce début des années 2000, l’agriculture, l’élevage et la pêche contribuent pour 40% au
PIB, occupent 80% de la population active, et fournissent plus de 59% des revenus des
ménages en milieu rural et 80% des recettes d’exportation. Les retombées de l’économie
pétrolière permettront d’exploiter plus à fond les marges d’expansion encore très importantes
de ces trois secteurs qui auront à s’adapter à une demande solvable plus forte en concurrence
avec les importations. Ils seront donc interpellés pour améliorer sensiblement leur faible
niveau de productivité actuel.

Par ailleurs, pour être compétitive dans un environnement de concurrence nationale, sous-
régionale et internationale plus ouverte, l’économie post-pétrolière devra pouvoir compter sur
une main d’œuvre qualifiée, plus productive au vu du contenu en salaires des produits locaux
mis sur les différents marchés. Des centres d’enseignement technique et de formation
professionnelle de la main d’œuvre spécialisée des secteurs de diversification retenus
devraient permettre de renforcer les connaissances et les compétences développées par
l’enseignement général de base. Conséquemment, un accent important est mis sur l’adaptation
des curricula au titre du développement du capital humain.

L’exploitation accrue du potentiel de production des filières existantes et l’introduction de


nouvelles filières requerront sans aucun doute une mobilité plus grande des agents
économiques sur des distances moyennes encore plus longues. En outre, le réseau des
infrastructures routières devra s’adapter à ces tendances dans un contexte de demande plus
exigeante de confort et de qualité des services.

Dans le domaine social, il s’agira de mettre l’accent sur :


• l’accélération et la mise en œuvre des politiques sociales (santé, éducation, protection
sociale) avec pour objectifs une extension rapide du taux de couverture de la
population par les services de base, une meilleure qualité de service et une réduction
des disparités actuelles ;
• l’intensité des programmes transversaux (formation, activités à haute intensité de main
d’œuvre, appui aux coopératives, etc.) et des initiatives sectorielles (agriculture,
élevage, transport) qui relèveront d’une approche globale de lutte contre la pauvreté et
qui auront pour point commun d’accroître la productivité et l’emploi ;

45
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• la mise en œuvre d’actions spécifiques, en particulier dans les domaines de la nutrition


et de la sécurité alimentaire, de l’hygiène et de la protection sociale, destinées à
appuyer les catégories de la population tchadienne les plus vulnérables.

Au niveau politique et institutionnel, il s’agira de :


• l’approfondissement des bases démocratiques par l’achèvement de la mise en place
des institutions prévues par la constitution, la mise en œuvre de la décentralisation, le
renforcement des pouvoirs judiciaire et législatif, et le développement des moyens
d’information et de concertation sociale.
• la consolidation de l’unité nationale et la recherche simultanée d’une meilleure
valorisation des potentiels de chacun des espaces socio-économiques du pays ;
• le renforcement des capacités nationales au niveau des institutions publiques et des
relais de la société civile.

Dans le domaine économique et financier, il s’agira de porter les efforts sur:


• la durabilité de la production nationale et sa moindre dépendance des aléas naturels;
• la mobilisation croissante des ressources nationales pour le financement du
développement et sa gestion rationnelle ;
• le renforcement des capacités nationales, tant au niveau du secteur privé que des
administrations publiques ayant des interactions directes avec les opérateurs
économiques ;
• l’intégration et l’organisation interne du système de production, incluant le
désenclavement du pays et la promotion des échanges intérieurs ;
• la réduction des dépenses militaires et la réinsertion des démobilisés de l’armée (et de
leurs dépendants) dans la vie civile.

La démarche participative et globale suivie dans le cadre de l’élaboration de la SNRP et des


stratégies de développement des secteurs prioritaires permet de prendre en considération
simultanément et pour leur contribution essentielle, les ressources à gérer ou les besoins à
satisfaire, les ressources humaines et institutionnelles, ainsi que les aspects économiques,
technologiques et écologiques comme les facteurs sociaux et culturels.

4.2 Les objectifs de réduction de la pauvreté de 2003 à 2015


La SNRP est articulée autour de cinq axes principaux, à savoir :
i) Promouvoir la bonne gouvernance
ii) Assurer une croissance forte et soutenue
iii) Améliorer le capital humain
iv) Améliorer les conditions de vie des groupes vulnérables
v) Restaurer et sauvegarder les écosystèmes

Il s’agit, à travers ces axes, de développer une dynamique d’ensemble propice à la réduction
de la pauvreté dans tous les compartiments de l’administration publique et de la société civile,
tout en dégageant un noyau de secteurs prioritaires inspiré par le profil de la pauvreté et ses

46
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

déterminants, à savoir : le secteur de la santé, le développement rural ( y compris l’eau et


l’environnement), les infrastructures et le secteur de l’éducation et de la formation.

4.2.1 Promouvoir la bonne gouvernance

Cet axe sert de support à toutes les actions destinées à relever le défi politique dans ses
différents aspects. Celles-ci visent à cet effet un certain nombre d’objectifs nationaux : la
consolidation de l’Etat de droit, la promotion d’une administration publique efficiente,
motivée et aux capacités renforcées, la décentralisation des pouvoirs et la déconcentration, la
promotion d’une gestion efficiente et transparente des affaires publiques, le renforcement des
capacités du secteur privé et de la société civile, la sécurité des biens et des personnes, la lutte
contre la corruption et l’impunité, et la réforme du système judiciaire.

La Stratégie Nationale de Bonne Gouvernance (SNBG), adoptée en août 2002, définit la


bonne gouvernance comme étant par « une gestion transparente et participative du processus
de développement économique et social, fondé sur la primauté du droit et assortie de
l’obligation de rendre compte ». Cette définition intègre la responsabilité, la recherche de
l’efficience, de l’efficacité et la justice pour tous. Elle fait place à l’administration publique,
centrale comme décentralisée, mais aussi au secteur privé et à la société civile.

Telle que définie ci-dessus, la Bonne Gouvernance est favorable à la lutte contre la pauvreté
en ce sens qu’elle associe les populations à la prise des décisions concernant leurs problèmes
et leur milieu, ainsi qu’elle rend les citoyens plus conscients et plus confiants des dispositions
légales qui assurent la protection de leurs droits et l’équité des obligations auxquelles ils sont
soumis. Ainsi, la bonne gouvernance permet une meilleure prise en compte des intérêts de la
population et la met dans des conditions telle qu’elle pourra mieux participer à l’effort de
développement.

Depuis la conférence nationale souveraine tenue en 1993, un cadre institutionnel est


progressivement mis en place à travers un dispositif juridique portant sur le contrôle et la
surveillance, la libéralisation économique, la sécurité publique, la décentralisation ainsi que la
promotion des libertés fondamentales et des droits de l’Homme. Néanmoins, un long chemin
reste à faire pour consolider l’Etat de droit, renforcer les capacités de la Fonction publique,
déconcentrer et décentraliser certains services de l’Etat, renforcer l’efficacité et la
transparence de la gestion des affaires publiques, renforcer les capacités du secteur privé et de
la société civile dans leur rôle de relais des populations pour l’amélioration de la
gouvernance.

[Link] Consolidation de l’Etat de droit

Dans le cadre de l’Etat de droit, en lieu et place de la dictature, l’Etat s’astreint à définir les
lois qui régissent son comportement et celui des individus, et à les respecter pour donner
l’exemple. A cet égard, l’accent est mis sur le renforcement de l’institution parlementaire, la
réforme du système judiciaire et la promotion des droits de l’Homme.

Pour le relèvement du degré de participation des acteurs de la vie publique, des actions
tendant à renforcer leur partenariat, telles que le projet intérimaire de renforcement des droits
de l’Homme et de la gouvernance, ainsi que le projet de renforcement des capacités d’analyse
économique et financière de l’Assemblée nationale ont été engagées. En outre, le programme
d’action adopté par le Ministère de la Justice est articulé autour de la promotion de l’Etat de
droit, l’accessibilité de la justice et la justice comme facteur de développement.

47
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Au chapitre des droits de l’Homme, il y a lieu d’évoquer les initiatives nouvelles à prendre et
concernant le statut de la femme, la protection de l’enfance, la médiation nationale et la
résolution des conflits, la sécurité des personnes et des biens et les médias publics ou privés.

[Link] Rôle de l’Etat, du secteur privé et de la société civile

Dans le contexte actuel de libéralisation politique et économique, la gouvernance d’un pays


repose sur un partage des rôles entre l’Etat, le secteur privé et la société civile. L’Etat est
délégataire du pouvoir politique des peuples dans les conditions fixées par la loi
fondamentale, le secteur privé est l’acteur de la création de richesse, donc détenteur du
pouvoir économique, tandis que la société civile joue le rôle de relais de la population.
Chacune de ces entités aspire au mieux-être économique, à la pleine jouissance des libertés et
des droits garantis par la Constitution et à l’équité dans les obligations auxquelles elles sont
astreintes.

Rôle de l’Etat

Dans le partage des rôles susvisés, en contrepartie du pouvoir politique, l’Etat a pour mission
de défendre l’intérêt général ; ceci le met dans l’obligation de protéger les libertés
constitutionnelles et d’assurer les conditions d’une consolidation continue du pouvoir
économique de la collectivité nationale, tout en veillant à l’équilibre des intérêts entre les
membres de la collectivité nationale. Pour ce faire, l’Etat stratège se substitue
progressivement à l’Etat-Providence depuis la fin des années 70, et les aspirations des
populations pour un Etat de droit s’expriment de plus en plus clairement depuis la fin des
années 80. Enfin, depuis la fin des années 90, le consensus qui a fini de se dégager à l’échelle
mondiale en faveur de la lutte contre la pauvreté, a donné une finalité à la conjonction de
l’Etat stratège et de l’Etat-Providence, à savoir, le développement humain durable.

En conséquence, le besoin de renforcement des capacités de l’Etat, lui permettant de définir,


par périodes stratégiques, une approche globale, des secteurs prioritaires ainsi que des
politiques appropriées, et d’intervenir effectivement et de façon efficiente, a gagné en
importance. En particulier, pour réduire la pauvreté, il faut une allocation efficiente des
ressources publiques, mais aussi une utilisation de ces ressources vérifiable par les
populations elles-mêmes ou leurs représentants dûment mandatés.

Les paragraphes ci-dessus ont décrit une situation qui porte la marque d’un déficit général de
capacités dans la conduite des missions de l’administration publique, notamment dans
l’allocation et la planification de l’utilisation des ressources humaines, mais aussi d’autres
domaines.

Pour créer les meilleures conditions de réussite de la SNRP, la question du renforcement des
capacités influence déjà les programmes de développement du capital humain (éducation,
formation, alphabétisation, notamment). Mais ces derniers seront complétés par un
programme global de renforcement des capacités, spécialement dans les ministères en charge
des secteurs prioritaires. Il s’agit de développer les capacités, tant institutionnelles
qu’individuelles, dans les départements ministériels ainsi que dans les directions et services
techniques rattachés à chaque ministère.

48
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Le programme de réforme de la fonction publique vise à promouvoir une administration


publique, centrale comme décentralisée, professionnelle, plus motivée, et dotée des
connaissances théoriques et des capacités techniques requises.

La vision intégrée à l’horizon 2015 qui sous-tend la SNRP indique que le Tchad a devant lui
l’occasion de rattraper en dix ans le retard de 30 années de son développement. A cet effet,
l’Etat et l’administration publique doivent, toutefois, faire preuve d’engagement en faveur de
l’approfondissement de la démocratie mais aussi du renforcement des capacités dans tous les
secteurs de la vie économique et sociale. En particulier, une attention accrue sera portée sur
les secteurs prioritaires déjà consacrés par la loi de gestion des ressources pétrolières auxquels
il faudrait ajouter la bonne gouvernance et le secteur pétrolier.

L’ère pétrolière est un défi de développement qu’il faut relever à l’aide de capacités
confirmées de gestion d’une économie dont l’expansion est tirée par un secteur. Pour le cas
d’espèce, il importe d’assurer une absorption effective et adéquate des ressources au plan
social et environnemental, au niveau de la région pétrolière et au niveau national. Les
ministères en charge des secteurs prioritaires devront renforcer leurs propres capacités
techniques et de coordination, ainsi que leurs capacités à coordonner leurs interventions pour:
• la prise en compte des effets de l’exploitation minière sur les zones et les populations
environnantes, notamment dans les domaines de la santé, de l’assainissement et de
l’hydraulique ;
• la mise en place d’un programme spécifique de soutien aux activités de
développement dans la région pétrolière, afin d’impliquer directement les populations
à travers les communautés de base et les ONG, dans la matérialisation des retombées
qu’elles attendent légitimement de l’exploitation pétrolière. Dans le cadre de la lutte
contre la pauvreté, un fonds de développement local constitué des ressources
provenant des revenus pétroliers et géré avec la participation des populations sera
expérimenté dans la région pétrolière ;
• l’insertion du programme de développement spécifique à la région pétrolière dans un
programme national de développement, qui permette de limiter les mouvements
migratoires en destination des zones pétrolières, et d’organiser l’aménagement des
terroirs dans ces zones, ainsi que d’exécuter des plans d’urbanisation dans les villes
limitrophes de ces zones ;
• le renforcement des capacités des différents services compétents du gouvernement à
faire face aux implications juridiques, techniques et financières de l’exploitation
pétrolière en sus des capacités des ministères chargés des Finances et du Plan à assurer
une gestion macroéconomique appropriée pour l’absorption correcte des ressources
pétrolières et de l’IPPTE, sans effets dommageables sur la viabilité des finances
publiques, la maîtrise de l’inflation et la préservation de la compétitivité de
l’économie non pétrolière ;
• la mise en place d’un système d’information et de communication intégrant les effets
du projet pétrolier pour servir d’exemple à tout autre projet minier

S’agissant spécialement du projet pétrolier, il faudra développer les capacités juridiques,


institutionnelles et individuelles de gestion de l’impact environnemental des activités
d’exploration et d’exploitation. Les responsabilités de l’Etat liées à la mise en valeur des
ressources du sous-sol sont de plusieurs ordres :

49
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• le suivi et la maîtrise de l’impact pervers de l’exploration et de l’exploitation


minières sur l’environnement et les populations;
• le suivi et le contrôle de la santé et de la sécurité des personnes exposées aux effets
directs et indirects des projets miniers ;
• la mise en place des programmes de réinstallation des populations déplacées pour
cause d’exploration ou d’exploitation minières ;
• la préservation, autant que possible, de l’accès aux aires de chasse, de culture et
d’exploitation forestière ;
• la sauvegarde de l’environnement.

Pour la prise en charge de ces responsabilités, il s’agira de :


Assurer le renforcement des capacités des agents des services compétents aux niveaux
central et décentralisé ;
Préparer et tester périodiquement des plans de secours d’urgence en cas de fuite de
produits pétroliers ou autres incidents liés à l’exploitation pétrolière ;
Rendre opérationnelles les dispositions du Code de l’environnement ;
Doter le Comité technique national de Suivi et de Contrôle (CTNSC) de toutes les
capacités juridiques, techniques, matérielles, logistiques et financières à la dimension
de ses missions de suivi et de contrôle des impacts sociaux et environnementaux du
Projet de Doba et de tout autre projet pétrolier du Tchad. A cet effet, une étude sera
réalisée pour étendre éventuellement l’expérience du CTNSC au sein d’une structure
permanente ;
Assurer le suivi des flux migratoires nés de l’attrait des revenus distribués par le Projet
de Doba et mettre en place un plan d’intervention rapide en fonction des besoins
d’extension des infrastructures socio-économiques (établissements scolaires et
sanitaires ou, de lutte contre le VIH/SIDA, infrastructures d’assainissement et
d’adduction d’eau, marchés publics, production d’énergie) et de protection de
l’environnement de la zone déjà sous forte pression démographique ;
Utiliser la région de Doba et les ressources pétrolières qui lui sont destinées pour
expérimenter une approche coordonnée et intégrée de développement régional à
travers, notamment la définition participative de priorités pour le Fonds d’actions
concertées d’Initiatives locales (FACIL) ainsi que de mécanismes financiers et
techniques de soutien aux micro-activités de développement.

L’approche coordonnée et intégrée de développement régional devra permettre à l’Etat


central, aux structures déconcentrées ou décentralisées, aux communautés de base, aux ONG
et aux populations locales d’unir leurs efforts dans la réalisation d’un projet de région à
travers l’élaboration et la mise en œuvre participative d’un plan de développement régional
intégrant des programmes d’investissements de communes ou de communautés rurales.

L’élaboration et la mise en œuvre de ce projet de région sera l’occasion de reproduire au plan


régional toutes les étapes de la SNRP ; l’objectif sera d’abord d’organiser l’appropriation de
la SNRP par les populations dans sa version actuelle, ensuite d’engager sa mise à jour
prochaine sur la base des expériences régionales. Les priorités nationales seront ainsi
déclinées au niveau régional, notamment dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des
transports et des travaux publics, de l’eau potable et de l’assainissement. L’élaboration et la

50
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

mise en œuvre du projet de région sera aussi l’occasion de relancer la mise en œuvre de la
politique de décentralisation.

Avec la mise en place complète des institutions régionales et la responsabilisation effective


des représentants des populations, la gestion participative du Fonds de développement local
offrira l’occasion de promouvoir un cadre de constitution de bases consensuelles à travers la
participation active des groupes d’intérêts locaux en vue :
• d’un accès élargi aux infrastructures et aux services de base ;
• de la promotion de l’emploi et des activités génératrices de revenus ;
• du renforcement des capacités des micro-entreprises et des petites entreprises ;
• de la coordination des interventions de l’Etat et des partenaires au développement au
niveau des régions.

Rôle de la déconcentration et de la décentralisation

Dans le cadre de la SNRP, la décentralisation joue un rôle de catalyseur des initiatives locales
et la déconcentration vise à renforcer l’efficacité de l’action de l’Etat auprès des populations.

Consacrée par la constitution de 1996, la décentralisation permet à la démocratie de s’exercer


jusqu’au niveau des plus petites collectivités. Au-delà de son institution par la loi
fondamentale du pays, la décentralisation participera à la promotion de la bonne gouvernance
à travers: i) la responsabilisation des collectivités locales, avec budget autonome ; et ii)
l’élection des responsables locaux par les populations concernées. Il est attendu de la politique
de décentralisation une contribution substantielle au maintien de la paix civile, et une
implication directe des populations dans la lutte contre la pauvreté sur la base d’initiatives
locales.

Pour les populations concernées, les collectivités locales offrent un cadre approprié de
participation aux actions de développement, d’abord parce qu’elles sont de taille réduite, et
ensuite leur proximité les astreint plus facilement au respect de l’obligation de rendre compte
au niveau local de leur gestion des ressources publiques. Leur indépendance statutaire est une
source de célérité dans la mobilisation de ressources pour la fourniture de services aux
populations, en sus du fait qu’elles sont plus informées que les administrations centrales sur
les difficultés auxquelles les populations sont confrontées.

En dépit du découpage effectué en 1999 et en 2002, le pays demeure sous-administré du fait


de l’étendue de certaines circonscriptions administratives, des structures inadaptées, d’un
manque de cadres compétents et de moyens de travail. Dans l’administration territoriale,
l’instabilité aux postes de responsabilité et l’absence d’un schéma directeur entrave la
matérialisation de la forme décentralisée de l’Etat.

Pour remédier à cette situation, il est prévu de :


• renforcer les capacités humaines et institutionnelles des services chargés du pilotage
de la décentralisation, services centraux comme déconcentrés ;
• élaborer un schéma directeur de la décentralisation ;
• préparer et adopter les textes d’application du projet de loi déjà validé ;
• élaborer et finaliser les différents textes législatifs et réglementaires permettant aux
collectivités locales d’acquérir leur autonomie financière ;

51
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• assurer la formation et le perfectionnement des élus et des personnels chargés de la


décentralisation ;
• rechercher une solution appropriée à la question foncière dans le cadre de la
décentralisation ;
• renforcer les moyens des services extérieurs déconcentrés afin de les rendre
opérationnels dans leurs appuis aux futures collectivités décentralisées ;
• renforcer les capacités techniques et logistiques de l’observatoire foncier du Tchad en
vue d’une prise en charge correcte de sa mission de constitution et d’analyse d’une
base de données foncières.

Rôle du secteur privé

Le secteur privé est le relais des populations quand il s’agit d’examiner avec l’Etat les
conditions favorables à l’expansion des opportunités et du pouvoir économiques. Ainsi, il
interpelle l’Etat particulièrement sur la politique commerciale, la politique industrielle et la
politique des privatisations. Il doit en particulier pouvoir donner son point de vue et ses
conseils à l’Etat dans les négociations internationales, dans le cadre de l’intégration
économique africaine, comme dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale, à
chaque fois que l’évolution du pouvoir économique de la collectivité nationale est en jeu.

A son tour, pour la stimulation de l’investissement et de la création d’emplois au titre de la


promotion de l’intérêt général, et en particulier pour la réalisation de l’objectif de
diversification des activités primaires dans les dix prochaines années au Tchad, l’Etat doit
pouvoir interpeller le secteur privé.

Il y a donc nécessité de mettre en place un cadre de concertation qui, au plan institutionnel,


peut se limiter à celui offert par la CCIAMA qui dispose des moyens juridiques mais manque
de tous les autres types de moyens.

Rôle de la société civile

Comme indiqué dans les paragraphes précédents, l’émergence de la société civile a apporté un
plus pour la mobilisation sociale en faveur du développement économique et social. Mais la
société civile joue également un rôle important dans la mobilisation sociale en faveur de la
bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et l’impunité, de l’approfondissement de
l’Etat de droit et des bases démocratiques ainsi que de la transparence et de l’obligation de
rendre compte. Ce qui fait d’elle une source saine de contre-pouvoir pour les secteurs publics
comme privés en vue d’une répartition plus équitable des fruits de la croissance dont la SNRP
est porteuse. Aussi, l’administration publique devrait-elle être préparée à accepter le rôle de la
société civile qui, à son tour, devrait renforcer ses capacités à tenir son rôle avec
professionnalisme, objectivité et un sens élevé de responsabilité.

Le renforcement des capacités de la société civile nécessite de:


• préparer un document de référence sur l’approche participative devant servir de guide
au niveau des communautés locales ;
• préparer une stratégie de communication dans le cadre de la SNRP ;
• renforcer les capacités techniques des agents de l’Etat à conduire une approche
participative et développer une culture de participation ;

52
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• renforcer les capacités techniques et organisationnelles des organisations de la société


civile.

[Link] Gestion efficiente et transparente des affaires publiques

Depuis une dizaine d'années, le Gouvernement déploie des efforts dans plusieurs directions.
C’est ainsi qu’il a identifié quatre secteurs prioritaires que sont la santé et les affaires sociales,
l’éducation, le développement rural et les infrastructures, vers lesquels les ressources sont
orientées à travers une augmentation annuelle de 20% de leur budget de fonctionnement.
Néanmoins, ces efforts restent insuffisants au regard des besoins, et cela en partie à cause du
service de la dette qui est passé de 17 milliards de FCFA en 1995 à 28,3 milliards en 2001,
soit un accroissement annuel moyen d’environ 9%. Des efforts substantiels devront être faits
dans les secteurs prioritaires dont la liste sera élargie de manière à permettre de réduire
effectivement la pauvreté dans les ménages.

La levée de la contrainte de ressources que vont permettre l’entrée du Tchad dans l’ère
pétrolière, son éligibilité à l’IPPTE, et d’une façon générale les concours de la communauté
internationale, doit être soutenue par l’amélioration de la gouvernance, la mise en place d’un
programme de renforcement des capacités mais également la lutte contre la corruption.

4.2.2 Assurer une croissance économique forte et soutenue

Cet axe est associé au défi économique dont la mise en valeur des sources de croissance, la
promotion du secteur privé, le développement du secteur prioritaire des infrastructures, et la
création des conditions d’une dynamique d’auto-développement sont les quatre objectifs
nationaux.

En matière de politique et de gestion budgétaires, la stratégie pour les prochaines années


visera à :
• suivre étroitement l’exécution du budget, en particulier celui de 2003 pour passer en
bon ordre cette année transitoire et éviter tout dérapage qui obérerait l’avenir ;
• gérer prudemment les ressources pétrolières afin de limiter l’effet négatif des
fluctuations de ces ressources sur les finances publiques et l’économie ;
• utiliser les recettes pétrolières conformément à la SNRP et aux dispositions de la loi
001/PR/99 portant gestion des ressources pétrolières qui affecte la plus grande partie
des recettes pétrolières aux secteurs prioritaires ;
• poursuivre le renforcement du système budgétaire et des outils de programmation et
suivi des dépenses afin de garantir que les ressources pétrolières consacrées aux
secteurs prioritaires, le soient efficacement ;
• accroître les recettes non pétrolières afin de préserver l’économie d’une dépendance
excessive à l’égard du pétrole qui est une ressource aux prix fluctuants et de pouvoir
consacrer des ressources suffisantes au fonctionnement des services administratifs de
l’Etat.

[Link] La mise en valeur des sources de la croissance

Comme indiqué dans les paragraphes précédents, l’exploitation des champs pétrolifères
constitue une opportunité majeur pour le Tchad. Le démarrage des exportations du pétrole en
2004 va bouleverser de manière sensible la structure de l’économie tchadienne. Néanmoins,

53
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

les secteurs de l’agriculture et de l’élevage resteront les principaux générateurs de croissance


sur le moyen et long terme. Le défi du Tchad est d’utiliser au mieux les ressources pétrolières
pour diversifier l’économie nationale. Il est attendu que le secteur secondaire profite
également de cette opportunité notamment les sous-secteurs du coton, des bâtiments et
travaux publics et des mines. Il en sera de même pour le secteur tertiaire, notamment les
transports, le commerce et les services.

[Link] La promotion du secteur privé

L’environnement réglementaire et juridique encore peu attrayant en dépit des efforts déjà
consentis sera revu au regard de la demande de réforme qui sera exprimée par les
investisseurs nationaux et étrangers, en particulier pour susciter et accompagner le
développement de l’esprit d’entreprise appelé à porter la diversification de l’appareil de
production au-delà des frontières des activités de services. La coopération Sud-Sud sera
privilégiée pour la promotion de l’initiative entrepreneuriale pendant qu’une étude sur le
parcours de l’investisseur permettra d’identifier et de lever les entraves majeures aux
investissements privés.

Un appui sera recherché pour le renforcement des capacités de la Chambre de Commerce, de


l’Industrie, de l’Agriculture, des Mines et de l’Artisanat (CCIAMA) afin de lui permettre de
jouer le rôle d’interface entre l’administration publique et le secteur privé. Elle ne participe
pas encore à la prise des grandes décisions économiques à un niveau correspondant aux
attentes.

Dans le cadre de l’objectif global d’accroissement du revenu en parallèle aux politiques


sectorielles, le Gouvernement s’engage à promouvoir une politique d’appui à la promotion du
secteur privé et associatif, renforcée par la consolidation et la diversification des activités
génératrices d’emplois productifs. A cet effet, les axes stratégiques et objectifs spécifiques du
Gouvernement pour la promotion du secteur privé, d’après le Plan d’Orientation Révisé 1998-
2005, sont définis en trois volets.

Le premier volet concerne l’amélioration de l’environnement juridique et administratif des


entreprises. Les priorités relatives à ce volet sont: la simplification des procédures
administratives pour la création d’entreprise privées; la mise en œuvre de l’ensemble de la
réglementation au niveau régional dans le cadre du traité portant création de l’Organisation
pour l’harmonisation en Afrique du Droit des Affaires (OHADA) et dans l’harmonisation des
régimes en vigueur au sein de la CEMAC ; l’accélération de la réforme du système judiciaire ;
la réduction des rigidités du marché du travail, etc.

Le second volet a trait au soutien direct au développement des entreprises locales. Il concerne
notamment la problématique du financement des entreprises grâce à la mise en place d’un
fonds de garantie, l’ouverture de lignes de crédit pour l’apport de ressources longues, la
promotion de la micro finance, les incitations économiques et fiscales en liaison avec la
formation et l’embauche des jeunes, etc. Relèvent aussi de ce volet le renforcement des
structures techniques de formation spécialisée (publiques ou privées) au profit des opérateurs
économiques et des agents de la fonction publique impliqués dans la promotion du secteur
privé ainsi que l’appui aux organismes consulaires pour le développement des capacités
d’assistance technique aux PME.

54
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Le troisième volet regroupe des actions destinées à développer l’information auprès des
opérateurs et la concertation entre ceux-ci et les pouvoirs publics. Il comprend entre autres : le
développement de mécanismes adaptés aux différentes catégories d’opérateurs pour la
connaissance et la maîtrise des opportunités de marchés, des coûts et des technologies, de la
conjoncture économique et financière, de la réglementation des affaires, de la valorisation des
potentialités dans différentes branches de l’économie, etc.

Dans le cadre de la SNRP, la promotion du secteur privé repose sur les principes suivants :
• faire jouer un rôle majeur aux structures d’encadrement et de représentation du secteur
privé ;
• privilégier la formation et le savoir-faire autant que de besoin ;
• promouvoir le dialogue et la concertation entre le secteur privé et le secteur public ;
• fédérer les initiatives et coordonner l’assistance au secteur privé pour renforcer la
synergie et la cohérence des interventions ;
• renforcer la capacité du secteur privé à se prendre en charge ;
• inscrire la promotion du secteur dans le processus d’intégration régionale et sous-
régionale et promouvoir sa compétitivité dans un environnement de plus en plus
concurrentiel et, par là, celle de l’économie nationale ;
• renforcer les acquis et développer des initiatives nouvelles ;
• mettre en place un système léger de coordination des actions et des activités en
relation avec les représentants du secteur privé.

[Link] Le développement des infrastructures de base et le soutien à la


croissance

Le transport

Le Gouvernement a élaboré un Programme National de Transport (PNT) pour la période


2000-2009 dont l’objectif principal est de contribuer à la croissance économique et à la
réduction de la pauvreté. La stratégie adoptée repose sur:
• Le désenclavement intérieur et extérieur;
• La réduction des coûts du transport, tant à l’extérieur du pays que sur les échanges
internationaux;
• La conservation d’une accessibilité minimal à l’ensemble des régions du pays, en
particulier en saison des pluies;
• L’obtention d’un linéaire suffisant de routes circulables toute l’année et permettant de
relier les principales villes du pays;
• La poursuite du processus de libéralisation du secteur et de la modernisation de
l’administration;
• Le soutien aux populations pour le développement des infrastructures rurales de
transport et des modes de transport locaux.

Eau potable et énergie

Le Schéma directeur de l’Eau et de l’Assainissement élaboré pour la période 2003-2020 fait


suite aux recommandations de la Conférence des Nations-Unies relative à la gestion intégrée

55
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

des ressources en eau (Harare, 1998), confirmée par le Sommet mondial du Développement
durable (Johannesburg, 2002). Par son approche participative, globale et intégrée, ainsi que
son orientation vers l’action locale, elle s’inscrit dans la démarche de la SNRP en s’appuyant
sur :
• un consensus national sur une politique, volontariste mais réaliste, d’accès élargi,
efficient, équitable et abordable à l’eau potable et à l’assainissement de base ;
• l’information, l’éducation et la sensibilisation des groupes d’acteurs publics ou privés,
associatifs, nationaux régionaux ou locaux, hommes ou femmes ainsi que jeunes ou
adultes, pour une gestion durable des ressources en eau ;
• des stratégies, des activités et des investissements de base qui ont des effets durables
sur d’autres préoccupations des populations et des autorités telles que la protection de
la santé des populations et des écosystèmes dont dépendent la conservation de la
biodiversité et les performances économiques d’une partie importante du secteur
productif.

La stratégie en matière d’eau potable est axée sur l’extension de l’accès à l’eau aussi bien en
milieu urbain qu’en milieu rural, et sur la responsabilisation des populations dans sa gestion.

En ce qui concerne l’énergie, la stratégie retenue consiste à promouvoir les sources


alternatives d’énergie comme l’énergie solaire et éolienne de manière à limiter l’impact de la
coupe de bois de chauffe sur la régénération des ressources forestières, et à élargir l’accès à
l’énergie aux activités de production, notamment agricoles et industrielles.

L’objectif de la politique du Gouvernement est de satisfaire au maximum les besoins en


énergie de toute la population tchadienne, en particulier de l’énergie électrique à moindre
coût. C’est ainsi qu’une lettre de politique et stratégie pour le sous-secteur électricité au Tchad
(2002-2006) est mise en application.

Actuellement, un programme d’urgence pour réhabiliter les services essentiels d’eau et


d’électricité de la STEE est en cours d’exécution. Il existe d’autres programmes, notamment :
• Le programme national d’électrification rurale et péri-urbaine en voie de réalisation;
• Le programme de réalisation d’interconnexion électrique avec le Cameroun en vue
d’électrifier les villes de Bongor, Pala, Léré, Fianga, Gounougaya et Binder dont le
financement est à rechercher;
• Le programme d’électrification de 20 centres secondaires dont les études en cours sont
avancées;
• La promotion et la mise en valeur des énergies solaire et éolienne dont le
Gouvernement est à la recherche du financement etc.

Les postes et télécommunications

Dans le domaine des postes et télécommunications, il s’agit d’assurer la couverture des zones
urbaines et rurales, en particulier par le développement de la téléphonie mobile.

[Link] Accroître durablement la production rurale

Le Gouvernement a élaboré une stratégie nationale de développement rural qui a été présentée
aux partenaires au développement lors des consultations sectorielles de juin 1999. L’objectif

56
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

central de cette stratégie est d’accroître la production de l’économie rurale de façon viable
tout en sauvegardant l’environnement et en renforçant les capacités humaines et
institutionnelles. Pour la réalisation de cet objectif, les choix opérés par le Gouvernement sont
les suivants :
• susciter et entretenir une croissance durable de la production agricole ;
• soutenir les organisations rurales ;
• développer les filières émergentes ;
• améliorer la gestion des ressources naturelles ;
• décentraliser les prestations de services agricoles ;
• améliorer l’efficacité du secteur public ;
• améliorer l’accès aux services de base pour les populations et l’économie rurale.

Ainsi, se trouve à la base de cette stratégie, l’accroissement de la productivité des activités


primaires et des revenus ruraux et la préservation du capital de ressources naturelles. Une
croissance durable de la production agricole repose sur la diversification des cultures et
l'augmentation de la productivité en agriculture, la diversification des systèmes de production
et leur sécurisation en élevage, la diversification de la production agro-forestière et
l'augmentation de la production halieutique et faunique en environnement. Cette
augmentation de la production reste conditionnée par la facilité d'accès des producteurs aux
facteurs de production (équipements agricoles, semences, engrais et produits phytosanitaires
pour l'agriculture; les intrants zootechniques, les produits vétérinaires et les aliments pour
l'élevage; les intrants piscicoles et les équipements pour l'environnement) et la maîtrise de
l'eau.

Au titre de la stratégie de diversification des sources de revenus, l’introduction de nouvelles


espèces végétales ou animales fera l’objet d’études et de recherches, de même que la
transformation et la commercialisation des produits agricoles ou d’élevage dans le but de
relever le taux d’exploitation des terres arables, des terres irrigables ainsi que des ressources
animales et pastorales.

Des travaux d’études et de recherches seront réalisés sur l’amélioration des intrants ou de leur
utilisation, sur les besoins de nouvelles techniques culturales dans des zones ciblées, ou la
création de centres de services agricoles viables et l’introduction de produits financiers pour le
monde rural, notamment suivant une approche intégrée des besoins de financement du
ménage rural.

En direction des organisations de producteurs, un programme global de renforcement des


capacités devrait permettre de les informer davantage sur l’approche participative, les
techniques de gestion moderne, et les enjeux de l’obligation de rendre compte. D’autres
activités en faveur des organisations de producteurs pourront porter sur les échanges
d’expériences notamment avec leurs homologues d’autres pays ainsi que sur la formation à la
prise en charge des fonctions de représentation dans les comités de pilotage mis en place par
l’Etat et dans les organisations de la société civile.

L’animation et la vulgarisation de thèmes agricoles pourront nécessiter la mise en place de


programmes de formation et le développement d’un système de communication rurale telle la
radio rurale ou la lettre paysanne.

57
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Tout comme les organisations de producteurs, les services publics impliqués dans le
développement rural devraient bénéficier de programmes de renforcement des capacités
appropriés aux niveaux central et décentralisé. En particulier, sont à renforcer les capacités
des services techniques des départements ministériels compétents afin de présenter des
rapports d’études facilitant la prise de décision sur des thèmes de recherches identifiés dans le
cadre de la concertation avec les organisations de producteurs ou les travaux spécialisés des
organisations du secteur privé. Spécialement, les ministères en charge du monde rural
devraient développer leurs capacités à coordonner leurs efforts pour la mise en place d’un
système d’information fiable pour les besoins du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre
de la SNRP. La collecte de l’information requise, son analyse et sa diffusion suivant une
périodicité régulière sont des critères de bonne gestion des enjeux de développement rural.

L’accroissement de la production passe également par le développement des filières. Cela se


fera à travers la valorisation des produits par la transformation, le renforcement des capacités
de négociation d’organisation et de gestion, l’accroissement de l’offre de crédit et enfin la
facilitation des échanges sur le plan national et international.

L'émergence des filières compétitives dont l'enjeu est de développer la commercialisation et la


compétitivité des produits agro-sylvo-pastoraux par le renforcement des infrastructures et des
institutions d'appui et par l'assainissement du cadre juridique. Elle sera atteinte, en facilitant
les échanges, à la fois sur le plan de la logistique et sur celui du fonctionnement des marchés,
en valorisant les produits grâce à leur transformation et à leur conditionnement, et en menant
une promotion dynamique des activités économiques en amont et en aval des filières. Cette
émergence des filières est étroitement liée à la promotion du secteur privé et au renforcement
du rôle de la femme en tant qu'agent actif au sein des filières.

Une attention particulière est actuellement portée sur la filière coton qui constitue l’un des
secteurs vitaux de développement socio-économique du Tchad. Dans le cadre de la réforme
de cette filière, le Gouvernement est décidé à se désengager des activités de la filière huile et
savon, et s’attellera à l’instauration d’une gestion efficace de la Cotontchad et au
développement des capacités institutionnelles et organisationnelles des producteurs.

Pour ce faire, en décembre 1999, le Gouvernement a adopté une stratégie de réforme dudit
secteur, ayant pour principal objectif l’amélioration des revenus des agriculteurs. Cette
stratégie consiste en un changement institutionnel pour augmenter le pouvoir de négociation
des producteurs et ce en (i) renforçant le rôle des associations des cotonculteurs, et (ii)
désengageant l’Etat de la production du coton et revoyant la structure industrielle du secteur
coton.

Dans le cadre du renforcement du rôle des organisations des paysans, la stratégie est axée sur
les actions suivantes :
• Le renforcement des capacités institutionnelles et d’organisation des producteurs du
coton ;
• L’amélioration de l’accès des producteurs à l’information et à la connaissance de
l’environnement économique, notamment sur le coton ;
• Une plus grande facilité d’accès des cotonculteurs aux intrants et aux services de
gestion ;
• La pleine participation des cotonculteurs à l’élaboration et au suivi du processus de
désengagement de l’Etat de l’industrie du coton et de sa réforme institutionnelle.

58
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

S’agissant du désengagement de l’Etat, la stratégie de réforme préconise :


• Une séparation légale entre Cotontchad et sa Division Huilerie Savonnerie (DHS)
suivie de la privatisation de l’HS autonome ;
• la réalisation d’une étude pour identifier et analyser les scénarii pour la privatisation
des activités de Cotontchad ;
• la réalisation de l’analyse ex-ante d’impact social et sur la pauvreté pour les scénarii
de privatisation ;
• l’organisation d’un forum des cotonculteurs et d’un forum des investisseurs pour
s’assurer que leurs points de vue sont bien pris en considération ;
• la sélection et la mise en œuvre d’un scénario final de privatisation ;
• le lancement d’un suivi ex-post de l’impact du programme de réforme.

4.2.3 Améliorer le capital humain

Cet axe est associé directement aux deux secteurs prioritaires de la santé et de l’éducation /
formation comme objectifs nationaux. On lui associe aussi les objectifs nationaux de lutte
contre le VIH/SIDA.

[Link] Education, formation et alphabétisation

Conformément aux orientations stratégiques définies lors des consultations sectorielles de


janvier 2000 pour la période 2000 – 2004, le gouvernement vise à assurer un accès plus large,
plus d’équité et plus de performance au système éducatif. Pour ce faire, il compte adapter les
infrastructures scolaires, les programmes, moyens et matériels pédagogiques ainsi que
l’encadrement pédagogique avec des préoccupations de faisabilité, de durabilité et
d’efficacité. La stratégie de l’éducation nationale s’inscrit dans le cadre de l’école pour tous
à 2015. Actuellement, il existe 3653 écoles primaires dont 3100 en zone rurale et 209 collèges
et 36 lycées. Le taux net de scolarisation est de 57 % pour les enfants entre 6 et 11 ans, 56 %
des enseignants sont des maîtres communautaires, et il existe 2700 centres d’alphabétisation.

L’accroissement de l’accès à l’éducation avec la maîtrise des coûts implique la rationalisation


de l’offre d’éducation, la promotion de la scolarisation des filles, le développement des
écoles communautaires, la promotion du bilinguisme et la création de filières courtes.

Pour l’amélioration de la qualité des enseignements et des apprentissages, il sera entrepris la


rénovation des programmes d’enseignement et de formation, l’édition de nouveaux manuels,
le renforcement des compétences des enseignants et le renforcement du système d’évaluation
des apprentissages.

Enfin, le renforcement des capacités institutionnelles d’administration, de planification, de


gestion et de pilotage passera par :
le renforcement de la déconcentration et de la décentralisation du système éducatif ;
le renforcement du système d’information, de la gestion des ressources humaines et de
la communication ;
le renforcement des capacités d’encadrement, de contrôle et de suivi-évaluation.

59
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Il est prévu d’atteindre un taux d’admission en première année de 90% en 2005-06 (75% pour
les filles contre 82 % en 2000) et de 96 % à 2009-10, (85 % pour les filles). L’amélioration de
la qualité et de l’efficacité de l’enseignement permettra d’atteindre un taux de survie en 6e
année de 63 % vers 2006 et 82 % vers 2010.

Parallèlement, le taux d’encadrement devrait passer à un enseignant pour 50 élèves en 2010


pour l’élémentaire contre 74 actuellement, et à un enseignant pour 40 élèves en 2005 et 35
élèves en 2010 pour le secondaire contre 85 en moyenne actuellement. Un ensemble d’actions
sera également réalisé en vue d’améliorer les qualifications et les motivations des enseignants.

Cependant, l’amélioration de l’accès et de l’encadrement requiert le recrutement d’un nombre


important d’enseignants. Aussi, les dépenses publiques d’éducation seront maîtrisées au
niveau du primaire à travers la valorisation de l’emploi des maîtres communautaires dont la
proportion dans le corps enseignant passera de 56% en 2000 à 70% en 2006 et à 80% en
2010.
L’amélioration de l’équité dans l’accès à l’éducation sera recherchée à travers un appui aux
initiatives communautaires, et leur participation à la gestion et au financement de l’éducation
ainsi qu’à travers des interventions ciblées sur les zones géographiques et les groupes sociaux
défavorisés (filles, enfants nomades)

Afin de réaliser une éducation universelle de qualité à l’horizon 2015, à la suite de la Table
ronde de Genève IV, un programme décennal d’appui à la réforme du système éducatif a été
adopté par le Gouvernement et ses partenaires en mars 2002 en vue :

d’une amélioration significative du taux de rétention dans le primaire ;


du développement de curricula nationaux, de la formation de la majorité des
enseignants communautaires et de la conception de manuels tchadiens ;
du développement de programmes novateurs de lutte contre l’analphabétisme ;
de l’amélioration de la qualité des apprentissages ;
de l’expérimentation d’innovations comme la santé et la nutrition scolaires,
l’éducation préscolaire et l’éducation à distance ;
d’une nette promotion de la scolarisation des filles.

A cet effet, le Gouvernement s’est engagé à entreprendre les mesures clés de politiques ci-
après :
a) Un accroissement substantiel de la part du PIB consacrée à l’éducation avec un
objectif d’au moins 4 % d’ici 2015.
b) L’affectation d’au moins 50 % du budget de l’éducation au développement de
l’éducation de base.
c) L’augmentation d’au moins 20% du Budget de fonctionnement de l’Education chaque
année, sur toute la durée du programme.
d) L’affectation d’au moins 50% du Budget de l’Education chaque année au sous-secteur
de l’enseignement de base .
e) L’inscription chaque année au budget de l’Etat et sur les ressources IPPTE, des fonds
à transférer au compte du Fonds d’Appui aux Initiatives Communautaires (FAIC)

60
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

pour la prise en charge des maîtres communautaires la mise en place de l’Agence pour
l’Appui aux Initiatives Communautaires en Education (APICED) ;
f) La création du Centre Nationale de Curricula pour développer des programmes
nationaux bilingues devant déboucher sur la production de manuels tchadiens
distribués gratuitement à tous les enfants d’ici 2011.

[Link] Santé

L’objectif général de la politique nationale de santé est « d’assurer à la population l’accès à


des services de base de qualité », s’inscrivant ainsi dans la philosophie de l’Organisation
Mondiale de la Santé à savoir : Santé Pour Tous sur un horizon aussi rapproché que possible.
Les principaux axes de la Politique Nationale de Santé sont :

i) le développement des services de santé de base de qualité pour la population,


ii) l’urgence de disposer des ressources humaines de qualité,
iii) l’amélioration de la gestion du système de santé,
iv) la poursuite de la lutte contre les maladies endémiques et épidémiques.

Les objectifs intermédiaires retenus sont :


• Assurer la couverture sanitaire ;
• Développer la politique pharmaceutique ;
• Poursuivre et développer les efforts pour augmenter le taux de fréquentation des
centres de santé;
• Développer les ressources humaines ;
• Assurer la gestion du système de santé ;
• Mettre en place des mécanismes contractuels régissant la fourniture des services de
santé par des opérateurs privés ;
• Fournir les efforts pour réduire l’impact des maladies endémiques et épidémiques
• Renforcer le système de suivi et d’alerte avancée contre les maladies potentiellement
épidémiques ( choléra, méningite, tuberculose).

[Link] VIH/SIDA

Dans le domaine du VIH/SIDA, les actions à mener porteront particulièrement sur la


sensibilisation des groupes à risque, mais également auprès des enfants à partir de l’école
primaire. Les dispositions seront prises pour que les femmes enceintes puissent subir
systématiquement des tests de dépistage, et pour la prise en charge des personnes vivant avec
le VIH. En effet, en plus de la sensibilisation, le gouvernement s’engage à mener des actions
de prise en charge des malades et victimes du VIH/SIDA, y compris l’accès aux anti-
retroviraux.

4.2.4 Améliorer les conditions de vie des groupes vulnérables

Cet axe vise les populations les plus démunies et ainsi reconnaît que les politiques générales
de promotion de la croissance économique ne suffisent pas pour améliorer les conditions de
vie des pauvres. A cet égard, la SNRP repose sur des politiques intégrées visant à créer les
conditions de base d’une expansion continue des opportunités économiques et de l’équité
dans l’accès à ces opportunités à travers l’ouverture des marchés et le renforcement des
capacités. Ainsi, tenant compte du profil de la pauvreté au Tchad, les objectifs nationaux

61
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

identifiés au titre de cet axe sont le développement urbain intégré, le soutien aux micro-
entreprises, aux PME et à l’emploi et la mise en place d’un système de protection sociale.

[Link] Développement urbain intégré

Approfondir la démocratie, réduire la pauvreté et diversifier l’économie hors secteur pétrolier


sont les bases de la SNRP qui privilégie dans sa mise en œuvre les politiques intégrant la
promotion des secteurs d’activités des pauvres et le ciblage des zones de pauvreté. L’analyse
des dimensions spatiales de la pauvreté au Tchad autorise un ciblage géographique de toutes
les zones du pays à travers le développement des infrastructures et la promotion de
l’explication directe des populations rurales à la mise en œuvre de la SNRP.

En zone urbaine, la SNRP :


• soutiendra l’approche favorisant la constitution des villes moyennes interconnectées
par un réseau des routes praticables toute l’année et chacune d’elles accessible à partir
des agglomérations satellisées ;
• appuiera les plans d’aménagement du territoire aux niveaux national et régional qui
seront complétés à cet effet par les plans de développement des villes ;
• aidera à l’élaboration d’un cadre réglementaire approprié ;
• s’attellera au développement des infrastructures et des services urbains.

[Link] Soutien aux micro-entreprises, aux PME et à l’emploi

Le soutien aux micro-entreprises, aux PME et à l’emploi consistera à :


• apporter un appui à la gestion et à l’émergence de prestataires de services
professionnels. L’appui à la gestion des petites entreprises est la clé d’un
développement durable des entités rares et dynamiques. Pour continuer à réduire la
prédominance des activités informelles, sera progressivement mis en place un
dispositif d’appui au développement de l’offre aux entreprises formelles de prestation
de services professionnels pour l’accompagnement de l’entreprise dans les différentes
étapes de son existence ;
• reprendre les actions de l’ATETIP14 (Agence Tchadienne d’Exécution des Travaux
d’Intérêt Public), conciliant la distribution de revenus et la mise en place de l’entretien
d’infrastructures de base et/ou sociales ;
• réhabiliter les centres de formation technique et d’apprentissage à travers
l’anticipation des besoins de formation et à cet effet, la collecte régulière
d’information auprès des entreprises sera menée.
• créer un centre de documentation et d’information économique et technologique.
• dynamiser le système financier à travers la création et le développement d’instruments
financiers pour : (i) la mobilisation de l’épargne locale à partir de formules
d’investissement et de placement, (ii) les regroupements mutualistes et le micro-
crédit, (iii) les projets innovateurs : capital risque, (iv) l’équipement des petites
entreprises : crédit – bail, et (v) le financement du cycle d’exploitation ;
• vulgariser des programmes éducatifs de promotion de la culture d’entreprises en vue
de sensibiliser les jeunes participant à des programmes proposés par les centres de
formation technique et d’apprentissage ainsi que les jeunes engagés dans la réalisation

14
Entreprise chargée de faire réaliser des travaux HIMO pour le compte de l’État et des collectivités publiques

62
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

de micro-projets, micro-activités ou micro-entreprises. Il s’agit d’encourager l’esprit


de créativité et de faciliter l’insertion dans le circuit de production.
• améliorer la concertation et la coordination des interventions d’appui aux EMF sur le
terrain.

[Link] Protection sociale

Les mesures de protection sociale peuvent être d’ordre institutionnel (lois, réglementations…)
et/ou des programmes et projets. Elles ont pour rôle d’atténuer la vulnérabilité et d’alléger la
pauvreté des groupes vulnérables. En ce sens, elles limitent les écarts d’inégalité excessive
entre les différentes couches sociales ainsi que les incidences négatives possibles résultant de
décision et de choix de politique socio-économique ou des agitations sociales.

En fait, un système de protection sociale efficient doit reposer sur un système d’informations
exhaustives sur les risques, les groupes vulnérables, les interventions et les acteurs. Ainsi, une
stratégie de protection sociale complète doit reposer sur les trois types d’intervention :
prévention, prévoyance et voies de recours en cas de concrétisation de risques.

Au chapitre de la prévention des risques, la stratégie de protection sociale se superpose avec


la SNRP dans ses dimensions de promotion d’une croissance forte, soutenue et génératrice
d’emplois, politiques monétaire et budgétaire saines, offre adéquate de services sociaux de
base.

Les actions prioritaires de prévention des risques pourraient s’articuler autour de trois points:
• mener des campagnes IEC sur les mesures clefs de prévention des risques,
principalement en ce qui concerne la santé ; l’éducation à l’hygiène et à la nutrition et
à l’environnement ;
• réviser le droit de la famille et le droit foncier dans le cadre de l’amélioration du statut
de la femme ;
• raffermir la collaboration entre l’Etat et les communautés de base pour accroître
l’accès aux services sociaux.

Au chapitre de la prévoyance face aux risques où les dispositifs informels sont plus nombreux
et plus efficaces, le rôle du secteur public devrait consister à :
a) appuyer les dispositifs informels performants existants tels que la mutualisation des
risques et les mécanismes donateurs de réponse développés par les communautés face
aux catastrophes ou aux dangers chroniques ;
b) adapter la sécurité sociale et le système de pensions de retraite.

Au chapitre des voies de recours, il s’agira:


a) d’atténuer les effets pervers imprévus des dispositifs informels de réponse aux crises,
notamment en décourageant les pires formes de travail des enfants ;
b) de garantir l’aide de l’Etat en cas de grand sinistre ; et ce, en repensant : (i)
l’assignation des tâches entre les différents services de l’Etat, (ii) les procédures
budgétaires d’allocation des fonds destinés à l’aide en cas de sinistre, (iii) les critères
d’éligibilité à l’aide de l’Etat et leur application effective, et (iv) les modalités de
prestations de l’assistance sociale.

63
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

4.2.5 Restaurer et sauvegarder les écosystèmes

Afin de favoriser le traitement intégré du secteur prioritaire du développement rural qui


comprend l’eau et l’environnement, le cinquième axe est pris en charge à travers l’objectif
national de développement rural intégré.

Il s’agit de prendre en compte, dans leur intégralité, les problèmes environnementaux sous
forme de programme intégré, non seulement en termes de gestion de ressources naturelles,
mais aussi comme déterminant de la croissance économique et donc de l’amélioration des
conditions de vie des populations.

[Link] Renforcer le cadre réglementaire et les capacités de gestion des


ressources naturelles

Étant donné la vétusté des textes et le manque de ressources humaines, matérielles et


financières qui caractérise les services en charge de l’environnement, le renforcement du
cadre réglementaire et des capacités est un préalable aux actions à mettre en place pour la
gestion de l’environnement.

Le Programme de Formation Information pour l’Environnement (PFIE), qui vise à inculquer


aux enfants des écoles primaires, des habitudes de protection et de préservation de
l’environnement sur financement de l’Union Européenne arrivé à terme a été repris par le
gouvernement.

Pour les quinze prochaines années, les actions à prendre en matière de renforcement des
capacités sont :
• promulguer les textes transférant certaines prérogatives de gestion des ressources
naturelles aux utilisateurs ;
• mettre en place des comités locaux de gestion des ressources naturelles ;
• renforcer les capacités des institutions en charge de la gestion des ressources
naturelles ;
• mettre en place un système d’informations environnementales ;
• élaborer un programme national de mobilisation des populations pour
l’environnement.

[Link] Amélioration de la gestion de l’énergie domestique

Dans le cadre de la SNRP, il est prévu de faire le bilan du plan d’action détaillé adopté en
1993 après un séminaire participatif sur le thème de l’énergie domestique et visant les
objectifs globaux de la protection de l’environnement.

Il importe de mettre à jour et de consolider les initiatives existantes pour : (i) promouvoir une
production viable de bois de chauffe dans les zones rurales autour des principales villes,
notamment autour de N’Djaména ; (ii) faire de l’exploitation forestière une source de
revenus pour les populations rurales ; (iii) impliquer davantage les populations rurales dans
la gestion des ressources naturelles ; (iv) donner un rôle de régulation à la fiscalité sur le bois
et les produits dérivés ; (v) améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’énergie domestique à
travers la promotion de fourneaux et autres instruments de génération d’énergie domestique
plus performants.

64
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Chapitre 5 Cadrage macroéconomique


Ce chapitre examine les facteurs qui sous-tendent les projections de croissance présentées
dans le cadre macroéconomique à moyen et à long terme de la stratégie de réduction de la
pauvreté. Il examine aussi les diverses conditions de réalisation et de maintien des taux de
croissance envisagés, en particulier concernant la stabilité macroéconomique et les politiques
économiques permettant de la garantir.

5.1 Les sources de la croissance économique


Secteur pétrolier. Le développement des champs pétrolifères de Doba, qui a démarré en 2001,
par la construction du pipeline Tchad-Cameroun, est en train de modifier la structure de
l'économie tchadienne qui, jusqu'en 2000, était dominée par l’activité agropastorale et le
secteur des services. La préparation du projet a donné lieu à une hausse spectaculaire des
investissements directs étrangers. Ceux-ci ont eu un impact positif sur les secteurs secondaire
et tertiaire, surtout en raison de leurs retombées sur les secteurs des bâtiments et travaux
publics et du commerce, où l’on prévoit une croissance annuelle en termes réels de 29 % et
13 %, respectivement, sur la période 2001-2003. En conséquence, le taux de croissance du
PIB réel devrait atteindre 11 % environ par an en 2001-2003, après une moyenne annuelle de
2,7 % entre 1995 et 2000. Le commencement de la production effective de pétrole vers l’été
2003 porterait la croissance du PIB à 11,2 % cette année-là. L’essentiel de cette production est
destinée au remplissage du pipeline jusqu’à la côte camerounaise et des facilités de stockage
et d’exportation de Kribi. Pour cette raison, les projections font apparaître une forte – mais
temporaire - hausse du taux de croissance du revenu national, que reflète une hausse du taux
d’épargne nationale.

Le démarrage des exportations pétrolières prévu pour début 2004 fera temporairement bondir
la croissance du PIB. En 2004, la production initiale représentera 36 points de pourcentage du
taux de croissance du PIB total, amenant ce dernier à croître de 42,4%. Cependant, sous
l’hypothèse prudente de l’absence de découverte d’autres gisements, près de 80 % des
réserves actuelles de Doba - estimées à 917 millions de barils - seront exploitées d'ici 2015
(voir figure 1). Dans le scénario actuel, à partir du sommet initial de 2004, la production
pétrolière devrait fléchir de 0,7 % par an entre 2005 et 2009, avant de chuter sensiblement de
14 % chaque année par la suite. Ainsi la part du pétrole dans le PIB diminuerait rapidement,
de 31 % en 2004-2009 à 11 % en 2010-2015.

En plus du projet de Doba, qui est exploité par des opérateurs privés, le gouvernement
aménage actuellement dans la région de Sédigui un petit champ pétrolifère dont les réserves,
estimées à 20 millions de barils, devraient durer 13 ans environ à compter de 2004. Le pétrole
brut de Sédigui sera raffiné par une société privée non encore identifiée ; celle-ci construira
une raffinerie dont la production devrait couvrir près de 50 % des besoins du pays en produits
pétroliers. Le gouvernement envisage également diverses possibilités d'exploitation de gaz
naturel à Sédigui en vue d'accroître l’offre intérieure de produits énergétiques.

La contribution directe de l'exploitation pétrolière à la réduction de la pauvreté devrait être


limitée, cette activité hautement capitalistique créant peu d'emplois. En outre, une grande
partie du revenu du secteur pétrolier sera destinée au consortium privé international qui en
rapatriera l'essentiel. Cela explique le fait que, malgré le bond du PIB réel à 42,4 % en 2004

65
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

après le démarrage de la production pétrolière, le PNB réel (qui prend en compte les flux nets
du revenu des facteurs) n’augmentera que de 8,9 %. Néanmoins, l'impact indirect de l’activité
pétrolière sur la croissance et la réduction de la pauvreté sera significatif, d’abord en raison de
la hausse des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires permise par les recettes
pétrolières, et aussi du fait de la demande accrue de produits des autres secteurs de la part de
l'industrie pétrolière et de ses employés. Les recettes pétrolières du gouvernement permettront
d'accroître les services aux pauvres, notamment en matière d’éducation et de santé,
contribuant ainsi au développement du capital humain. Par ailleurs, le recours aux recettes
pétrolières pour développer les infrastructures propres à accroître la productivité stimuleront
l’investissement privé et, partant, la croissance et l'emploi dans les secteurs non pétroliers,
dont bénéficieront les pauvres. Ces facteurs devraient contribuer à améliorer durablement les
conditions de vie de la majorité de la population.

Secteurs non-pétroliers. Le principal défi économique de l'ère pétrolière sera de diversifier et


dynamiser tous les secteurs d’activité en prenant des mesures macroéconomiques et
structurelles appropriées, pour éviter la dualisation - trop fréquente - de l'économie, où le
secteur pétrolier apparaît comme une enclave riche et technologiquement avancée au milieu
d'un secteur non pétrolier en retard et stagnant, dans un contexte de pauvreté généralisée.

L’une des premières causes de cette dualisation est la perte de compétitivité qui résulte d'une
appréciation indésirée du taux de change réel provoquée par un afflux non stérilisé de devises
au titre des recettes pétrolières. Les mesures, qui permettront d’éviter cette situation et que les
autorités ont l'intention de mettre en place, sont examinées ci-dessous. Parallèlement, le
gouvernement compte : i) appliquer les stratégies envisagées dans chaque secteur, en
privilégiant l’amélioration des infrastructures (routes, communications, énergie et gestion des
ressources hydrauliques) et du capital humain ; et ii) accélérer les réformes structurelles pour
créer les incitations au développement du secteur privé et promouvoir la diversification de
l'économie. Sous ces hypothèses, le PIB non pétrolier (c'est-à-dire la valeur ajoutée produite
par tous les secteurs, hormis l’industrie pétrolière) afficherait une croissance annuelle
moyenne de 8,9 % pendant la période 2003-2015.

La croissance du PIB du secteur primaire est projetée à 4,2 % par an entre 2003 et 2015.
Dans le même temps, la valeur ajoutée dans le sous-secteur des cultures vivrières devrait
progresser de 5,6 % grâce à l'amélioration des infrastructures et des services et un meilleur
accès aux intrants et à des techniques de production modernes. Ces facteurs devraient
rehausser la productivité et la diversification de la production vivrière (fruits et légumes
notamment), ainsi que l'utilisation des terres arables sous-utilisées, mais ayant un bon
potentiel. La production des cultures de rente devrait augmenter de 4,6 % en moyenne par an
entre 2003 et 2015, surtout en raison de l'impact positif de la réforme en cours de la filière
coton. En outre, ces facteurs favorables à l’agriculture vivrière, de même que le maintien de la
compétitivité extérieure, devraient stimuler l’expansion des autres cultures de rente,
notamment la gomme arabique et le karité. L’élevage devrait croître à un rythme plus faible -
2,9 % en moyenne par an entre 2003 et 2015 - et demeurer principalement extensif.
Néanmoins, des gains de productivité sont prévus dans ce domaine, surtout en raison de
l'amélioration des infrastructures, l'expansion des services vétérinaires et le développement
graduel d'élevage à cycle court.

Le PIB du secteur secondaire devrait afficher un taux de croissance moyen de 11 % par an


entre 2003 et 2015, la production pétrolière faisant partie de ce secteur. Hormis la production
pétrolière, ce secteur devrait progresser de 8 % par an en termes réels sur la même période.

66
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Ces bons résultats découleront de : i) la hausse de la production des usines d'égrenage de


coton et des huileries et savonneries utilisant les sous-produits du coton, grâce à la hausse
escomptée de la production de coton graine ; ii) la productivité accrue de toutes les unités
industrielles due à la baisse des coûts de production résultant de l’amélioration des
infrastructures et du développement des ressources humaines ; iii) la croissance soutenue du
sous-secteur des BTP du fait des investissements publics et privés envisagés dans les
infrastructures ; iv) le développement de nouvelles industries notamment de la transformation
des produits agricoles et d’autres activités manufacturières, grâce à un environnement plus
propice au développement du secteur privé et au raffermissement de la demande suite à
l'augmentation des revenus des ménages ; et v) le développement escompté du sous-secteur
minier, notamment de l’or, le diamant et le kaolin.

Le PIB du secteur tertiaire devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 6,5 % en
2003-2015 sous l'effet combiné des facteurs suivants : i) croissance soutenue des secteurs
primaire et secondaire ; ii) importants gains de productivité dans les domaines des transports
et du commerce grâce à l’amélioration prévue des infrastructures ; iii) «rattrapage» du secteur
financier, qui est relativement sous-développé à l’heure actuelle ; et iv) accroissement de la
valeur ajoutée de l’administration publique du fait de l’expansion des services publics, surtout
dans les secteurs prioritaires.

Équilibre épargne-investissement. Les projections de croissance présentées dans le cadre


macroéconomique tablent sur une hausse des investissements en pourcentage du PIB. Dans ce
scénario, l'investissement brut total (hors investissements du projet pétrolier) devrait croître de
17,4 % du PIB en 2003 à 18,5 % du PIB en 2015, et serait réparti à parts quasi-égales entre
les secteurs privé et public. L’épargne nationale devrait progresser plus rapidement que
l’investissement, dans un contexte marqué par la progression des revenus et une amélioration
des perspectives de croissance et de stabilité macroéconomique durables. De façon cohérente,
le solde des transactions courantes s’améliorerait progressivement grâce à la dynamique des
exportations et des importations (voir ci-dessous en annexe). Ainsi, l’épargne nationale
devrait passer de 6,5 % du PIB en 2003 à 13,6 % du PIB en 2015. Sur ce pourcentage, 6,5
points seraient attribuables à l'amélioration des résultats budgétaires pendant cette période.

5.2 Conditions nécessaires à la croissance et à la réduction de la pauvreté


Plusieurs mesures seront essentielles pour réaliser une croissance économique forte : i)
préserver la stabilité macroéconomique et la compétitivité extérieure ; ii) renforcer la bonne
gouvernance ; iii) mener à bien les réformes structurelles nécessaires ; iv) améliorer les
infrastructures du pays ; et v) rehausser la qualité de l’offre de main-d’œuvre par le
développement des ressources humaines.

En ce qui concerne le renforcement de la bonne gouvernance, le gouvernement a adopté en


août 2002 une stratégie de bonne gouvernance annexée au DSRP. Pour ce qui est de
l'amélioration des infrastructures, les initiatives envisagées figurent au chapitre 4 du DSRP et
sont conformes à la politique budgétaire énoncée ci-dessous, dans le présent chapitre. Le
chapitre 4 contient également les intentions du gouvernement en matière d'éducation, de santé
et autres services sociaux à la base de la stratégie de développement des ressources humaines,
ainsi que les autres réformes structurelles. Le reste du présent chapitre portera principalement
sur la dernière condition qui reste à remplir pour promouvoir une croissance économique
durable, à savoir la stabilité macroéconomique et les mesures nécessaires pour y parvenir.

67
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

5.2.1 Stabilité macroéconomique

La stabilité macroéconomique est caractérisée par i) une inflation faible ; ii) un taux de
change effectif réel approprié ; iii) un endettement soutenable ; et iv) des réserves de change
suffisantes.

Une inflation faible et stable créera un environnement favorable à la croissance économique ;


elle réduira l’incertitude concernant l’évolution des prix, facilitant la planification à long
terme et, partant, l'investissement ; elle créera de surcroit un environnement propice à la
croissance de l'épargne du secteur privé, en rendant moins incertain le rendement réel des
actifs financiers. Le cadre macroéconomique vise un taux d'inflation d’environ 3 % par an sur
la période 2003-2015. Un faible taux d'inflation est également essentiel pour maintenir la
compétitivité extérieure, surtout dans le cas du Tchad qui a un taux de change fixe du fait de
son appartenance à la zone franc.

Un taux d'inflation supérieur à celui des partenaires commerciaux et des concurrents,


entraînerait une appréciation du taux de change réel, et réduirait progressivement la
compétitivité des secteurs existants, tout en empêchant l’émergence de nouveaux secteurs. Au
contraire, un taux de change réel favorable encouragera une allocation rationnelle des
ressources en faveur de la production de biens échangeables et permettra le développement
d’activités existantes et nouvelles dans le secteur non pétrolier. En outre, un taux d'inflation
faible aura pour effet de protéger directement les pauvres, la plupart d'entre eux ayant des
revenus définis en termes nominaux et détenant en espèces leurs avoirs financiers, lorsqu’ils
en ont.

Un taux d'inflation faible permettra donc d’éviter une redistribution du pouvoir d'achat ou de
la richesse au détriment des pauvres. De plus, un taux d'inflation faible et prévisible permet
d'éviter l’effritement, en termes réels, des crédits budgétaires en faveur des pauvres. Enfin,
étant donné que bien des pauvres tirent déjà leur subsistance de la production de produits
agricoles échangeables - coton et bétail surtout -, une évolution défavorable du taux de change
réel réduirait leurs revenus et aggraverait la pauvreté.

Une dette extérieure élevée par rapport à la capacité de remboursement du pays découragerait
les éventuels investisseurs nationaux et étrangers, car ils pourraient craindre une augmentation
des impôts pour financer le service de la dette ou bien une crise financière pouvant nuire à
l'économie. Les pauvres pâtiraient d'un endettement excessif, non seulement en raison des
conséquences de l’insuffisance des investissements privés sur les revenus, mais aussi à cause
de la compression des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires de lutte contre la
pauvreté. Il faudrait en effet consacrer davantage au service de la dette, dont le montant serait
tributaire du niveau d’endettement élevé et des taux d'intérêt excessifs que les créanciers
imposeraient au pays pour couvrir le risque de défaillance.

Dans le cadre macroéconomique de la stratégie de réduction de la pauvreté, les indicateurs de


soutenabilité de la dette devraient s'améliorer considérablement à moyen terme grâce à la
production et à l'exportation de pétrole et à l'allégement de la dette au titre de l'IPPTE.
L'emprunt extérieur total net (décaissements moins amortissements) devrait reculer
progressivement de 172 millions de dollars en 2003 à 90 millions de dollars en 2015, du fait
de l'amélioration susmentionnée du solde épargne-investissement. Sur la même période, le
ratio de valeur actualisée nette de la dette aux exportations devrait chuter de 266 % à environ
50 % en 2005-2009, période d’expansion des exportations pétrolières, avant de remonter
graduellement à 120 % en 2015. Le ratio de services de la dette aux exportations épouserait le

68
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

même profil, chutant de 15,3 % en 2003 à environ 2,6 % en 2004-2009, puis remontant à
7,2 % en 2015.

Un niveau suffisant de réserves de change officielles rehaussera la crédibilité du pays et sa


capacité de parer à d'éventuels chocs extérieurs, car actuellement, et pour un certain nombre
d'années encore, l’essentiel des exportations du Tchad sera limité à quelques produits
échangés sur des marchés internationaux instables, et sa production vivrière restera vulnérable
aux conditions climatiques adverses. La constitution de réserves de précaution aura un effet
salutaire sur l'investissement privé extérieur et intérieur car les investisseurs seront plus
confiants dans la capacité du pays à protéger l'activité et la stabilité macroéconomique contre
les chocs externes adverses. Autrement dit, le Tchad devra accroître résolument ses réserves
de change au cours des prochaines années, dans une perspective de gestion macro-
économiques à plus long terme. Étant donné que les ressources pétrolières du pays
commenceront à diminuer au milieu de la deuxième décennie, et comme les secteurs
d’exportation et de substitution aux importations mettront un certain temps à s’établir, le
Tchad devra recourir pendant quelques années à ces réserves de change accumulées, afin de
maintenir une progression adéquate des importations, essentielle à la poursuite des efforts de
croissance et de réduction de la pauvreté. Pour permettre ces futurs débours tout en conservant
à tout moment un niveau de réserves confortable pour parer aux chocs éventuels, il lui faudra
accumuler des réserves substantielles pendant les premières années de l'ère pétrolière. Ainsi,
le niveau des réserves passerait de 5,2 mois d'importations de biens et services hors revenus
des facteurs en 2003 à 11,9 mois en 2010. Par la suite, il chuterait graduellement à 7,4 mois
vers 2015.

En cohérence avec les objectifs de dette extérieure et de réserves mentionnés précédemment,


le déficit du solde des transactions courantes (hors transferts officiels courants) devrait passer
du niveau élevé de 46,7 % du PIB par an en 2002–2003 - principalement à cause du niveau
élevé des importations pour le projet pétrolier - à 8,6 % en 2004, avec le démarrage de la
production pétrolière. En 2005-2009, le déficit courant s'établirait à 3,4 % du PIB en moyenne
et serait plus que compensé par les entrées de capitaux privés et officiels, favorisant ainsi
l’accumulation des réserves extérieures officielles brutes évoquée plus haut. Le déficit
extérieur courant devrait ensuite augmenter avec le tassement des exportations de pétrole pour
atteindre 5,2 % en 2015. Comme on ne prévoit pas un accroissement comparable des flux de
capitaux, les réserves devraient diminuer progressivement comme indiqué plus haut.

Tout au long de la période 2004–2015, le volume des exportations non pétrolières devrait
progresser de 4,3 % par an, conformément aux projections sectorielles susmentionnées. En
particulier, les exportations traditionnelles (coton et élevage) progresseraient de 3 % par an en
moyenne sur cette période. La stratégie de réduction de la pauvreté table aussi sur une
expansion des exportations dans d'autres domaines, tel que mentionné plus haut, dans
l’hypothèse du maintien escompté d'un taux de change réel adéquat, de l’amélioration des
infrastructures et du capital humain et de la poursuite de la bonne gouvernance et d’autres
réformes structurelles. Selon le cadre macroéconomique, les exportations hors pétrole, coton
et élevage devraient progresser de 52 millions de dollars EU en 2003 à 100 millions de dollars
EU en 2010 et 202,8 millions de dollars EU en 2015 (soit environ 39 % des exportations
totales à cette date). Après une baisse de 30 % par an en moyenne en 2004-2005 expliquée par
la fin des investissements relatifs au projet Doba, le volume des importations devrait
augmenter de 4,6 % par an en 2006-2015. Ceci correspondrait à une diminution progressive
de la part des importations dans le PIB non pétrolier, à mesure que les secteurs de substitution
des produits nationaux aux importations se développeront dans les secteurs primaire et

69
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

secondaire, ce qui est prévisible vu le très faible niveau de développement de ces domaines à
l’heure actuelle et la forte dépendance envers les importations.

5.2.2 Les politiques économiques

[Link] Politique budgétaire

Le Tchad appartenant à la CEMAC, dont le taux de change nominal est fixe, la politique
budgétaire devra jouer le rôle principal pour atteindre la stabilité macroéconomique et une
croissance équitablement répartie. La politique budgétaire devra ainsi relever les défis
inhérents non seulement à une économie ouverte, de petite taille, à faible revenu, et membre
d’une zone monétaire, mais aussi ceux découlant d’une manne pétrolière considérable mais
relativement limitée dans le temps.
L’analyse des contraintes spécifiques de la politique budgétaire induites par l’existence de
recettes pétrolières aboutit au constat suivant :

• Il est nécessaire de veiller à la stabilité des dépenses, en particulier dans les secteurs
prioritaires, eu égard à l’hypervolatilité des recettes pétrolières. Des variations de
grande amplitude et fréquentes auraient des retombées néfastes sur les conditions de la
demande en général ainsi que sur certains postes de dépenses de fonctionnement et
d’équipement potentiellement essentiels à la croissance des secteurs autres que le
pétrole. En outre, les prestations de services aux pauvres et l’investissement dans le
capital humain en seraient pénalisés. Tout ceci aurait des conséquences néfastes sur
l’effort de réduction de la pauvreté.

• Il faut éviter tout déséquilibre budgétaire prononcé auquel pourraient donner lieu des
projections excessivement optimistes des prix pétroliers et la volatilité intrinsèque de
ces prix. Des déséquilibres de cette nature pourraient entraîner un surendettement aux
effets néfastes décrits plus haut.

• Compte tenu de la forte augmentation des recettes budgétaires qui accompagnera la


période de production pétrolière, il s’agira de veiller à l’utilisation optimale de ces
ressources temporaires, pour faire en sorte qu’elles servent au maximum possible à
promouvoir une croissance durable et la réduction de la pauvreté, en veillant à éviter
tout gaspillage. Des dispositions spéciales doivent également être prises pour que les
ressources pétrolières servent uniquement à porter les dépenses allouées aux secteurs
prioritaires à un niveau supérieur à ce qu’il était avant l’arrivée des recettes
pétrolières.

• Une planification attentive s’impose pour garantir un niveau de dépenses budgétaires


adéquat après l’ère pétrolière, les recettes tirées du pétrole étant par définition
épuisables. Ceci est nécessaire pour maximiser l’effet des ressources pétrolières sur la
croissance et la lutte contre la pauvreté, ainsi que pour préserver l’équité entre
générations.

Les problèmes susmentionnés ont été observés dans d’autres pays producteurs de pétrole,
notamment en Afrique. Le Tchad fera face aux même défis, eu égard en particulier au
calendrier prévisionnel des recettes pétrolières (encadré 1, graphique 1), qui se caractérise par
d’importantes recettes à compter de 2004, puis une forte diminution à partir de 2010, avec une

70
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

remontée de deux années environ au milieu des années 2010, avant une période d’épuisement
rapide par la suite.

Encadré 3 : Recettes pétrolières, projections 2004-15


Sur la base des activités d’extraction projetées et d’un cours mondial de l’ordre de 17 dollars
EU par baril pour le brut tchadien, les recettes que l’État tirerait de l’exploitation pétrolière
seraient en moyenne de 118 milliards de francs CFA (environ 180 millions de dollars EU) par
an sur la période 2004–15, dont 4 milliards de francs CFA environ du gisement de Sédigui.
Les recettes tirées de celui de Doba comprennent les redevances sur la production, l’impôt
acquitté par les sociétés d’exploitation, l’impôt versé par la société d’exploitation de l’oléoduc
sur le tronçon tchadien (TOTCO), et les dividendes versés par cette société et la société
camerounaise, (COTCO), dont le Tchad est actionnaire. Toutefois, les lourdes charges
d’amortissement que devront opérer les sociétés d’exploitation et TOTCO devraient plus que
dépasser leur revenu imposable pendant les premières années d’exploitation. Ce facteur,
ajouté au profil de production signifie que les recettes que l’État tirera du pétrole varieront
sensiblement d’une année sur l’autre, même si les prix du pétrole sont stables.

Pour remédier aux difficultés potentielles liées à la production pétrolière évoquées ci-dessus,
le Tchad devra appliquer la stratégie budgétaire suivante :

a. Premièrement, les recettes pétrolières publiques, qui seront intégralement reportées au


budget annuel, feront l’objet d’estimations prudentes basées sur des hypothèses de
prix et de taux de change conservatrices. Des projections prudentes des ressources
disponibles permettront d’éviter, en période de fléchissement du cours du pétrole, de
lourds déficits budgétaires et les perturbations macroéconomiques qui s’ensuivent,
ainsi que des ajustements dommageables et difficiles de dépenses publiques
importantes.

b. Deuxièmement, la programmation des dépenses publiques s’inscrira dans le cadre de


dépenses à moyen terme qui tiendra compte de la capacité d’absorption de l’économie.
Tout excédent de recettes par rapport aux dépenses sera épargné. L’alignement du
niveau des dépenses programmées sur la capacité de l’administration publique à
mettre en oeuvre des projets, ainsi que sur la capacité de l'économie à utiliser
efficacement les prestations de biens et de services15 contribuera à réduire le risque de
baisse de la qualité et de l’efficacité de la dépense publique, et donc de gaspillage des
ressources.

c. Troisièmement, pour que les revenus pétroliers aient un impact maximum sur la
croissance et la réduction de la pauvreté, et pour contenir le risque de lourdes dépenses
d’équipement ou de consommation non productives, le Tchad appliquera la loi portant
gestion des revenus pétroliers (LGRP) votée en 1999, qui constitue un dispositif
législatif sans précédent dans un pays producteur de pétrole. Ce texte prévoit
l’inscription de tous les revenus pétroliers au budget général et l’affectation des
recettes directes (redevances et dividendes) aux dépenses suivantes : i) 10 % versés au
Fonds pour les générations futures (FGF); ii) les 90 % restants répartis comme suit :
72 % aux dépenses de fonctionnement et d’équipement des secteurs prioritaires (santé,
éducation, infrastructure et développement rural), 13,5 % aux dépenses générales de

15
Il s’agit, par exemple, d’éviter de construire des écoles sans tenir compte du temps nécessaire à la formation
des maîtres, ou de construire des routes sans prévoir au préalable de mécanisme d’entretien ou sans avoir pris les
mesures nécessaires pour éviter l’écoulement des eaux qui peut les endommager en saison des pluies.

71
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

fonctionnement et d’équipement et 4,5 % aux dépenses relatives au projet pétrolier du


bassin de Doba. Le Collège de Contrôle et de Surveillance des Revenus Pétrolier
jouera un rôle actif dans le contrôle de la bonne utilisation des revenus pétroliers.

d. Quatrièmement, pour assurer l’équité entre générations, les ressources du FGF : i)


serviront exclusivement aux objectifs que visent la création de ce Fonds, à savoir, la
constitution d’actifs financiers pour les générations futures; ii) seront investis en actifs
à faible risque et de liquidité adéquate ; iii) ne seront pas hypothéquées contre des
crédits servant à financer des dépenses budgétaires; iv) seront gérées efficacement en
recourant, selon les besoins, à une expertise internationale ; v) ne seront utilisés
qu’après épuisement des réserves pétrolières du pays.

Les modalités précises d’utilisation des revenus pétroliers conformes à ces principes
stratégiques [devront être arrêtées à très brève échéance]. Dans cette optique, un cadre des
dépenses de fonctionnement et d’équipement à moyen terme est en préparation pour
l’ensemble des ministères relevant des secteurs prioritaires. L’élaboration et la mise en œuvre
de la stratégie budgétaire susmentionnée exigera l’intensification de l’important effort de
renforcement des capacités engagé16, notamment en matière de prévision des recettes
pétrolières ainsi que de préparation et de planification budgétaire.

Durant la période d’exploitation des ressources pétrolières, le gouvernement devra aussi


veiller au maintien de l’effort d’assainissement de la situation budgétaire sous-jacente et,
partant, assurer la stabilité macroéconomique ainsi que des niveaux adéquats de financement
des dépenses prioritaires au-delà de l’ère pétrolière. Dans ce contexte, on prévoit une forte
réduction du déficit budgétaire global (hors dons) qui tomberait de 14,1 % du PIB en 2002–03
à 3,5 % du PIB environ en moyenne sur la période 2004–15. Le solde budgétaire primaire de
base17 devrait aussi s’améliorer, passant d’un déficit de 2,7 % du PIB en 2002–03 à un
excédent de 1,6 % du PIB sur la période 2004–2015. Ceci concorde avec l’augmentation
progressive de la part des dépenses d’équipement financées sur ressources budgétaires
propres, conformément aux prévisions de réduction graduelle de la dépendance du pays à
l’égard de l’aide extérieure.

L’afflux de revenus pétroliers massifs risque de masquer l’orientation budgétaire sous-


jacente. A ce titre, il sera utile, pendant la durée des rentrées pétrolières, d’utiliser comme
instrument guidant la formulation de la politique budgétaire le solde primaire hors recettes
pétrolières, défini comme le solde global des opérations budgétaires, moins les revenus
pétroliers et les intérêts nets perçus. Le solde budgétaire primaire hors revenus pétroliers
pourrait ainsi être apprécié en fonction du PIB non pétrolier et donc relié à l’assiette fiscale.
Le cadre macroéconomique de la stratégie de réduction de la pauvreté prévoit une
amélioration progressive du solde primaire non pétrolier en pourcentage du PIB non pétrolier
qui passerait d’un déficit de 1,7 % en 2004 à un excédent de 0,6 % en 2015. L’excédent serait
maintenu sur les années suivantes.

Cette orientation budgétaire contribuera, à bien des égards, à affermir la stabilité


macroéconomique et, partant, la croissance économique et les efforts de lutte contre la

16
Cet effort a été engagé avec l’appui de la Banque mondiale, sous la forme d’un vaste programme de
renforcement des capacités lancé en 1999, mais un complément d’assistance technique pourrait être nécessaire
dans ces domaines.
17
Total des recettes publiques (dons non compris) moins total des dépenses publiques (hors paiements au titre du
service de la dette et dépenses d’équipement financées sur ressources extérieures).

72
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

pauvreté. Premièrement, par son effet de modération de la demande globale, elle aidera à
maintenir, tel que souhaité, le taux d’inflation annuel à un bas niveau, de l’ordre de 3 % à
moyen et long terme. Deuxièmement, une amélioration de la situation budgétaire facilitera le
redressement des comptes extérieurs et permettra l’accumulation désirée de réserves de
change. Troisièmement, la réduction des déficits budgétaires limitera les emprunts intérieurs
et extérieurs et permettra donc de perpétuer l’amélioration de la soutenabilité de la dette
découlant du démarrage des exportations de pétrole, même après l’épuisement des ressources
pétrolières. Quatrièmement, la diminution de la dépendance à l’égard de l’aide renforcera la
confiance des investisseurs qui en apprécieront les fruits en termes de stabilité
macroéconomique (eu égard en particulier à la volatilité et aux aléas des flux d’aide). Enfin,
cette stratégie budgétaire contribuera à protéger les dépenses prioritaires et à les maintenir à
des niveaux stables, étant donné qu’il sera plus aisé d’absorber les chocs économiques à court
terme en permettant un gonflement passager du déficit dans un contexte de déficit budgétaire
sous-jacent de faible ampleur.

Les améliorations prévues de la situation budgétaire sous-jacente résulteront de la


pérennisation de l’augmentation des revenus non pétroliers, notamment par le renforcement
de l’administration fiscale et l’élargissement de la base d’imposition. Les recettes des impôts
et taxes intérieurs augmenteraient ainsi de 3,1 % du PIB non pétrolier en 2002 à 7,9 % du PIB
non pétrolier en 2015. Parallèlement, les recettes des taxes sur le commerce extérieur devrait
s’accroître à moyen terme grâce à la mise en place du plan de réforme de l’administration
douanière récemment adopté par le gouvernement, qui pourrait porter les recettes dans ce
domaine de 2,6 % du PIB non pétrolier en 2002 à 5,1 % en 2015. La révision du système en
vigueur d’exonération et de dérogation ad hoc, de même que de celles accordées dans le cadre
du code d’investissement constituera un volet important de ces efforts. À cet égard, le Tchad
pourra s’appuyer sur l’assistance technique du FMI et d’autres partenaires au développement.
De par ces efforts à moyen terme et leur poursuite à long terme, le total des recettes
budgétaires augmenterait progressivement de 8 % du PIB non pétrolier en 2002 à 15,2 % du
PIB non pétrolier d’ici à 2015. Aussi ambitieux qu’il soit, cet objectif peut être atteint ; il est
d’ailleurs inférieur au ratio moyen de recettes au PIB qu’enregistrent les pays d’Afrique
subsaharienne à l’heure actuelle (18 %).

En cohérence avec l’orientation budgétaire et l’évolution des recettes décrites ci-dessus, les
dépenses totales devraient augmenter de 6,8 % en termes réels en moyenne annuelle sur la
période 2004–15. Le scénario macroéconomique prévoit une augmentation annuelle de l’ordre
de 8,3 % de la masse salariale civile de l’État en termes réels. Ceci devrait non seulement
permettre aux agents de l’État de percevoir une rémunération à la mesure de leurs besoins et,
par là, réduire les malversations, mais aussi constituer un facteur déterminant d’amélioration
de la prestation des services publics, notamment par l’accroissement de l’emploi public dans
les secteurs prioritaires. Les crédits alloués à l’acquisition de biens et de services à des fins
civiles et aux dépenses de transferts devraient augmenter, en termes réels, de 12,9 % en
moyenne par an sur la période 2004-15. L’investissement public financé sur ressources
propres augmenterait de 18,2 % en termes réels sur cette même période, compensant la quasi-
stagnation, en termes réels, de l’investissement financé sur ressources extérieures, et
permettant à l’investissement public total de progresser de 5,2 % par an en termes réels.

La quasi-stagnation de l’investissement financé sur ressources extérieures est dictée par la


nécessité de préserver la soutenabilité de la dette à long terme, dans un environnement où il
est peu probable que le degré de concessionnalité de l’aide octroyée augmente, compte tenu
de l’amélioration prévue de la situation budgétaire. Sur cette même période 2004-2015, les
dépenses dans les secteurs prioritaires augmenteraient de 15 % par an en moyenne en termes

73
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

réels. De ce fait, la part des dépenses prioritaires dans l’ensemble des dépenses publiques
devrait être porté de 44 % en 2003 à 68 % en 2015. Cette répartition des dépenses budgétaires
constituera un important gage de réalisation d’une croissance durable et d’un emploi équitable
des revenus pétroliers profitant aux couches défavorisées. Afin de garantir au mieux cette
réalisation, il conviendra de poursuivre l’effort entrepris de renforcement de la préparation du
budget et du suivi de son exécution, notamment en ce qui concerne les dépenses visant à
réduire la pauvreté (voir encadré 2).

Encadré 4 : Principales actions en cours pour le renforcement


du suivi des dépenses dans les secteurs prioritaires
Renforcement de la préparation budgétaire
• Introduction dès 2003 de cadre des dépenses à moyen terme et de budgets programmes dans
les secteurs de la santé, de l’éducation, des travaux publics, du développement rural et de la
justice
• Préparation du budget par nature, par fonction et, progressivement, par répartition
géographique
Renforcement l’exécution budgétaire
• Mise en application du circuit de la dépense rationalisé et, informatisation provisoire, mais
complète dès 2003, de ce circuit
• Développement du circuit intégré de la dépense, via une chaîne informatique unique (système
Burkinabé), pour mise en application en 2004.
• Bancarisation progressive des fonctionnaires
Amélioration du suivi de l’exécution budgétaire
• Préparation semestrielle et publication de rapports sur les dépenses dans les secteurs
prioritaires pour la réduction de la pauvreté.
• Production mensuelle de tableaux détaillés retraçant l’exécution budgétaire dans les quatre
phases de la dépense
• Revue annuelle des dépenses publiques dans les secteurs prioritaires, dont les conclusions
contribueront notamment à la mise à jour des cadres des dépenses à moyen terme.
• Mise en œuvre d’un plan d’action à court terme pour le suivi des dépenses jusqu’à leur
destination dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
• Audit semestriel par la Chambre des Comptes de la Cour Suprême des dépenses financées par
les ressources dégagées par l’initiative PPTE.
• Soumission au Parlement du projet de loi de règlement pour l’année n-1 avant la soumission
du projet de loi de finances et de budget pour l’année n+1

A court et moyen terme, les recettes pétrolières excéderont largement les capacités
d’absorption des secteurs prioritaires. Les dépenses dans ces secteurs croîtraient de près de
29 % par an entre 2004 et 2006.18 Conformément à la LGRP, les recettes pétrolières ne
financeront que la part de ces dépenses excédant le niveau prévu dans le cadre du budget
2002. En application des principes énoncés plus haut, les ressources pétrolières excédentaires
seront mises en réserves, notamment à fins de stabilisation. Sur trois ans (2004-2006), ces
réserves atteindraient environ 100 milliards de francs CFA.
18
Ces taux sont indicatifs à ce stade. Leur finalisation est en cours dans le cadre de la préparation des cadres des
dépenses à moyen terme, dont l’un des objectifs est une estimation affinée des capacités d’absorption de chaque
secteur.

74
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Tableau 6 : Dépenses publiques par secteur 2003-2006


(en milliards de Fcfa)
2003 2004 2005 2006
Dépenses Hors Dette 307.9 338.3 375.4 414.9
dont: sur ressources intérieures 176.4 190.1 223.3 261.2
Secteurs prioritaires 87.9 102.2 120.9 148.3
Autres secteurs 88.5 87.9 102.4 112.9

Total dépenses financées sur ressources propres 176.4 190.1 223.3 261.2

Dépenses prioritaires pour la réduction de la pauvreté 87.9 102.2 120.9 148.3


Santé et Affaires sociales 22.9 26.6 31.4 38.6
Éducation 32.9 38.3 45.3 55.6
Développement rural 16.9 19.7 23.3 28.5
Infrastructure 10.2 11.9 14.0 17.2
Bonne gouvernance 5.0 5.8 6.8 8.4

Dépenses non-prioritaires 88.5 87.9 102.4 112.9


Dépenses civiles non-prioritaires 65.8 64.1 76.4 83.5
Dépenses militaires 22.7 23.8 26.0 29.5

Dépenses courantes 133.8 146.4 168.6 197.0

Dép. prioritaires pour réduct. pauvreté 60.1 70.7 83.1 103.0


Santé et Affaires sociales 17.0 20.0 23.5 29.2
Éducation 30.0 35.2 41.4 51.3
Développement rural 7.2 8.4 9.9 12.3
Infrastructure 2.9 3.4 4.0 5.0
Bonne gouvernance 3.1 3.6 4.2 5.2

Dépenses non-prioritaires 73.7 75.7 85.5 94.0


Dépenses civiles non-prioritaires 51.9 52.7 60.6 65.7
Dépenses militaires 21.7 23.0 24.9 28.3

Dépenses d'investissement sur ressources propres 42.6 43.7 54.7 64.3

Dép. prioritaires pour réduct. pauvreté 27.8 31.5 37.8 45.4


Santé et Affaires sociales 5.8 6.6 7.9 9.5
Éducation 3.0 3.4 4.0 4.9
Développement rural 9.7 11.1 13.3 15.9
Infrastructure 7.3 8.3 10.0 12.0
Bonne gouvernance 1.9 2.2 2.6 3.1

Dépenses non-prioritaires 14.9 12.2 16.9 18.9


Dépenses civiles non-prioritaires 13.9 11.4 15.8 17.7
Dépenses militaires 0.9 0.8 1.1 1.2

Dépenses d'investissement sur ressources extérieures 131.5 148.2 152.1 153.6


Secteurs Prioritaires 130.5 147.0 150.9 152.4
Autres secteurs 1.0 1.2 1.2 1.2
NB : Dans ce tableau, le niveau d'investissement financé sur ressources extérieures correspond pour 2003
aux prévisions de décaissement, et pour 2004-2006, au niveau souhaité de financement extérieur. Un
tableau détaillé permettant d'éclater ce montant total entre le montant des décaissements prévus pour
2004-06 par programme et par secteur et le montant des financements à rechercher pour financer les
projets/programmes non encore pris en compte est en cours d'élaboration. Une liste partielle de ces
nouveaux est présentée à l’Annexe 2 (page 99 ).

75
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

En 2004, les dépenses dans les secteurs non prioritaires seront, comme en 2003, contraintes
par le financement disponible (recettes non pétrolières, appui budgétaire extérieur et
financement intérieur bancaire et non bancaire), lequel financera aussi les dépenses dans les
secteurs prioritaires à concurrence du niveau prévu dans le budget 2002. Malgré une
augmentation d’environ 17 % en termes nominaux des recettes non pétrolières, la baisse
prévisible des appuis budgétaires extérieurs limitera à 5,9 % en termes nominaux la
croissance des dépenses dans les secteurs non prioritaires.

En 2005 et au-delà, le desserrement progressif des contraintes pesant sur les dépenses non
prioritaires leur permettrait de croître d’environ 10 % par an en moyenne en termes nominaux
en 2005 et 2006. Le déficit budgétaire total hors dons serait stable de 2004 à 2006 à environ
3,5 % du PIB, en très forte amélioration par rapport aux trois années précédentes, pendant
lesquelles il s’est élevé à 12,8 % du PIB en moyenne. Ce déficit serait financé par des dons et
prêts extérieurs dans le cadre de projets d’investissement en hausse de 4% en 2004, et de 1%
en 2005 et 2006, par une poursuite de l’appui budgétaire, notamment l’appui en provenance
de l’Union européenne qui pourrait s’élever à 24 millions d’Euros.

Comme indiqué ci-dessus, l’orientation budgétaire envisagée à moyen et long terme est
conforme à l’objectif de maintien de l’inflation à un bas niveau et de préservation de la
compétitivité extérieure dans un contexte de parité fixe. On ne peut toutefois exclure que
l’accélération de la demande globale excède parfois les projections de ce cadre
macroéconomique pour des raisons indépendantes de la politique budgétaire. À titre
d’exemple, on peut imaginer un afflux massif de capitaux privés lié à des anticipations
positives concernant l’économie tchadienne. Cela pourrait conduire à une inflation supérieure
à ce que prévoit ce scénario et donc une appréciation du taux de change réel. Le même
résultat pourrait découler d’une moindre élasticité de l’offre de certains produits non
échangeables, en réponse à l’augmentation des dépenses publiques ou des dépenses des
ménages actuellement envisagée. Dans ces cas, la politique budgétaire devra être resserrée de
manière à modérer le taux d’expansion de la demande globale et à contribuer à contenir les
pertes de compétitivité et éviter l’amorce du « syndrome hollandais ». S’il est difficile de
déterminer a priori le degré de resserrement qui s’imposerait, il n’en demeure pas moins qu’il
y a un engagement politique à le faire. Ne pas agir de la sorte pourrait se révéler nuisible pour
les perspectives de croissance économique et de réduction de la pauvreté à long terme.

[Link] Politiques des secteurs monétaire et financier

Le recours à des instruments de politique monétaire peut aider la politique budgétaire à


maintenir l’inflation à un bas niveau et à préserver la compétitivité extérieure. Premièrement,
le maintien de conditions monétaires prudentes à l’échelle de la CEMAC, dont le Tchad fait
partie, permettra de contenir la demande dans l’ensemble de la zone et contribuera
sensiblement à maîtriser la demande au Tchad proprement dit. Deuxièmement, on peut
envisager des opérations de politique monétaire dans chaque pays s’il y a une segmentation
nationale, ne serait-ce que partielle, du marché de la monnaie et du crédit ainsi que de celui
des biens et services. En l’absence d’une telle segmentation, il y aurait en effet peu de risque
que le taux d’inflation au Tchad s’écarte durablement de celui des autres pays de la zone.

Dans les conditions actuelles, l’inflation au Tchad pourrait s’écarter de la moyenne de la


CEMAC, parce qu’une part importante de la production du pays est non marchande et que la

76
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

loi du prix unique ne s’applique pas à ces produits. En outre, le marché du crédit au Tchad
n’est pas totalement intégré à celui des autres pays de la CEMAC; ainsi, l’offre de crédit
bancaire au Tchad ne peut être aisément utilisée pour répondre aux besoins de financement
d’entités bancaires ou non bancaires d’autres pays de la CEMAC. Ceci permet donc
d’éventuels afflux massifs de capitaux au Tchad, provoquant une offre excédentaire de crédit
et une situation de sur-liquidité dans le pays, qui ne se propagerait pas dans la région,
entraînant un excès de demande et de l’inflation dans le pays. Si l’effet est limité au pays en
raison du manque d’intégration des marchés, la politique monétaire peut alors avoir une
incidence à l’échelon du pays.

Dans ces conditions, les opérations monétaires limitées au pays seront activement mises à
profit pour maîtriser l’inflation à un bas niveau et préserver la compétitivité extérieure
pendant la période à venir. Cela pourrait s’imposer, eu égard en particulier aux importants
revenus pétroliers attendus qui pourraient entraîner, s’ils n’étaient pas stérilisés, un crédit
excédentaire et la sur-liquidité dans le pays. S’il est vrai que les flux de devises destinées à
approvisionner le Fonds pour les générations futures permettront de le faire partiellement,
cette stérilisation ne suffira pas à elle seule, compte tenu de l’ampleur des rentrées attendues.
La difficulté tient au fait que, pour le moment, il est prévu de conserver le reliquat des
revenus pétroliers sous forme de dépôts auprès de banques commerciales, ce qui entraînerait
une forte sur-liquidité des banques tchadiennes.

C’est pourquoi le gouvernement étudie actuellement avec la BEAC les différentes mesures
qui permettraient de contrer les effets négatifs de l’afflux de devises. La plus simple et la
moins coûteuse d’entre elles consisterait à ce que le gouvernement conserve les revenus
pétroliers non utilisés sur des comptes en monnaie locales ouverts à la BEAC, et non auprès
de banques commerciales. Ceci aurait pour effet automatique de les stériliser et d’éviter
l’impact négatif de la sur-liquidité . Cela nécessiterait néanmoins un amendement à la LGRP
qui prévoit que l’État dépose les revenus pétroliers sur des comptes ouverts dans des banques
commerciales tchadiennes. Dans le fil de la réflexion engagée au niveau de la zone, d’autres
mesures pourraient comprendre : i) le relèvement des coefficients de réserves obligatoires fixé
aux banques tchadiennes; et ii) l’émission de titres par la BEAC directement au Tchad pour
absorber les liquidités des banques du pays. La première formule serait toutefois coûteuse
pour les banques si les réserves ne sont pas rémunérées, alors que la seconde serait de toute
évidence onéreuse pour la BEAC. Une alternative serait que le gouvernement émette ses
propres titres pour résorber l’excédent de liquidité et prenne ainsi directement en charge les
coûts de stérilisation.19,20

Le cadre macroéconomique aligné sur la stratégie de réduction de la pauvreté prévoit une


expansion de la masse monétaire de 11,7 % en moyenne par an sur la période 2004-2015. Ce
taux d’expansion est compatible avec le taux de croissance du revenu national brut disponible
(RNBD), meilleure mesure du revenu national que le PIB étant donné les importants transferts
de revenu vers l’étranger qui seront effectuées par les sociétés étrangères. Le taux
d’expansion de la masse monétaire au sens large devrait néanmoins être légèrement supérieur
au taux de croissance du RNBD, en raison du processus de monétisation progressive de

19
Ceci est possible dans le cadre du processus d’élimination progressive du financement des dépenses publiques
par la BEAC et son remplacement par des émissions obligataires ou de bons du Trésor, en cours dans la zone.
20
En théorie, le Tchad pourrait aussi envisager la possibilité d’accélérer le remboursement de sa dette extérieure,
selon le degré de concessionnalité de la dette en question. Cependant, une telle solution réduirait de façon
permanente la taille des réserves accumulées à fin de stabilisation et risquerait de plus de ne pas être conforme
aux règles de pré affectations des recettes pétrolières.

77
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

l’économie tchadienne qui est prévu. Le programme monétaire vise, comme indiqué
auparavant, la constitution de réserves de change durant les années de pointe de la production
de pétrole, c’est-à-dire 2004-2010, puis une diminution progressive de cette couverture. Cela
permettrait de parvenir à un taux de croissance adéquat du crédit intérieur et des importations,
tout en contribuant à maintenir le taux de croissance à un niveau élevé à mesure que les
exportations de pétrole fléchiront. Sur la période 2004-2015, le crédit au secteur privé devrait
donc s’accroître à un rythme moyen de 10,5 % par an, qui devrait être suffisant pour porter
l’activité économique et l’investissement intérieur aux niveaux prévus.

Le système bancaire Tchadien est encore sous-développé. Il ne compte actuellement que cinq
banques commerciales et une banque agricole qui n’ont des succursales que dans cinq villes.
Cette situation constitue une des causes de la faible mobilisation de l’épargne intérieure et du
financement des investissements. Il est escompté que les opportunités d’affaires présentées
dans le scénario macroéconomique à long terme décrit ci-dessus permettront au secteur
financier de croître et d’étendre progressivement ses activités sur l’ensemble du territoire,
permettant ainsi de promouvoir l’épargne et le financement des investissements.
L’accroissement du nombre de succursales bancaires à travers le pays facilitera une plus
grande monétisation de l’économie, en cohérence avec la baisse progressive de la vitesse de
circulation de la monnaie qui est projetée dans le scénario macroéconomique.

Comme déjà souligné, le niveau de développement du secteur financier dépendra de la


rapidité avec laquelle le gouvernement, en consultation avec la BEAC, prendra des mesures
concrètes visant l’introduction des actifs financiers (bons du trésor, obligations du
gouvernement et actions des entreprises) et le développement du marché interbancaire de ces
titres. En effet, tout en permettant de stériliser les entrées importantes de devises étrangères,
ces nouveaux instruments financiers permettront de mobiliser l’épargne intérieure ; celle-ci
sera en outre renforcée par la réforme envisagée du système de retraite pour améliorer sa santé
financière et le développement du secteur des assurances. Le développement du secteur
financier bénéficiera également de la mise en place du cadre juridique favorisant le
développement du secteur privé, en particulier dans le domaine de la réalisation des garanties.
La combinaison de toutes ces actions et d'un cadre macroéconomique stable caractérisé par
des taux d'inflation faibles devraient permettre aux banques de pouvoir accorder des prêts à
long terme pour le financement des investissements. La santé financière du secteur bancaire
tchadien est actuellement assez bonne ; toutefois, face à l'augmentation prévue de la liquidité
dans l'économie, la supervision des banques devra être renforcée pour prévenir un octroi de
prêts à risque qui fragiliseraient l'ensemble du système financier. Enfin, après l’adoption
récente par le gouvernement du cadre juridique devant régir les activités de la micro-finance,
le développement de sous-secteur sera accéléré afin d’assurer l’accès des populations des
zones rurales aux infrastructures d’épargne et de crédit.

78
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Chapitre 6 La mise en oeuvre de la SNRP


2003 sera la première année de la mise en œuvre de la SNRP. Cependant, certaines actions en
cours d’exécution dans le cadre des programmes sectoriels issus de la Table Ronde de Genève
IV seront prises en compte, ainsi que les réformes proposées par la Banque Mondiale dans
son Rapport sur les Dépenses publiques en faveur de la Lutte contre la Pauvreté. Il en sera de
même pour les actions de la « bonne gouvernance » dans le domaine politique et financier.

L’exécution de la SNRP incombera à chaque Ministère concerné, chacun dans son domaine,
mais d’autres partenaires tels que les ONG et le Secteur privé seront associés à la mise en
œuvre des actions dans leurs domaines et secteurs d’intervention et veilleront à attirer
l’attention des autorités et de la population sur les exigences comme les difficultés,
notamment en matière de respect des droits de l’homme. La réalisation de la SNRP exigera
donc une étroite coopération entre l’Etat et la Société civile, tant au niveau national que local.

La SNRP exigera également un renforcement des capacités institutionnelles de l’Etat et de ses


partenaires non étatiques. En effet, l’une des causes de l’échec des programmes antérieurs a
été l’insuffisante capacité des services techniques et financiers à réaliser les actions prévues
dans le délai imparti et dans les secteurs et lieux préalablement choisis. Se trouve ainsi posé le
problème de renforcement des capacités des structures tant publiques que privées devant
s’impliquer dans la mise en œuvre de la SNRP. Les actions programmées dans la Stratégie
Nationale de Bonne Gouvernance devront contribuer progressivement à résoudre ces
problèmes, à condition que celle-ci soit mise en œuvre résolument.

6.1 Les étapes de la mise en œuvre


La Stratégie de Réduction de la Pauvreté ne pourra se réaliser que progressivement et par
étapes. La première période, celle du lancement effectif de la Stratégie, couvrira les années
2003-2005. Elle verra le début d’exploitation des ressources pétrolières assortie de la mise à
disposition des fonds de l’Initiative PPTE.
Elle devra alors permettre :
• de lancer des actions préliminaires prioritaires en mobilisant les moyens disponibles
(quitte à répartir ceux-ci de façon à répondre effectivement aux objectifs de réduction
de la pauvreté) ;
• d’entamer ou d’approfondir les réformes institutionnelles et organisationnelles
indispensables ;
• de mobiliser et de renforcer les capacités nécessaires à la mise en œuvre du
programme, et en assurant une meilleure coordination et cohérence entre responsables
et acteurs des actions ;
• d’assurer le pilotage du programme, d’en mesurer l’adéquation et l’opérationnalité et
de mesurer et corriger les difficultés rencontrées ;
• de préparer, au cours de l’année 2005, et en prenant en compte les enseignements des
actions déjà menées, le programme de la Deuxième Période (2006-2010).

La deuxième période (2006-2010) coïncidera avec la montée des ressources pétrolières, ainsi
qu’avec la poursuite de la mise à disponibilité des fonds IPPTE. En outre, cette période tirera
profit des réformes lancées depuis 2002, en matière de budgétisation triennale
(fonctionnement/investissement), de passation des marchés et de renforcement de la
coopération Etat/Secteur privé/Société civile, ainsi que de la décentralisation.

79
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

La troisième période (2011-2015) sera programmée sur la base des expériences acquises au
cours de la deuxième période et d’une évaluation en profondeur, ainsi qu’en prenant en
compte les évolutions et les changements tant au plan national que régional et mondial.

Une matrice des actions prioritaires correspondant à chacune de ces sous-périodes se trouve
en annexe et est élaborée sur la base :
• des éléments du diagnostic ;
• des programmes établis par les ministères sectoriels clés ;
• des engagements (ou annonces) d’appui des partenaires .

6.2 Le suivi
La mise en œuvre de la SNRP implique que soit instauré un suivi systématique et régulier
pour chacun des axes (et des actions) retenus dès la première année. Ceci implique notamment
que :
• les moyens nécessaires sont disponibles pour la réalisation des actions prioritaires
retenues ;
• les actions prévues se réalisent de façon satisfaisante ;
• les actions non réalisées ou en difficulté soient revues et corrigées.

Le suivi vise particulièrement à surveiller les tendances des résultats dans le temps et pour
certains groupes et certaines zones, à collecter des informations qui permettent d’étudier les
facteurs qui déterminent ou empêchent les résultats, et à fournir aux décideurs les
informations sur l’efficacité ou l’inadéquation des mesures prises et sur les corrections à
opérer pour atteindre certains objectifs. Ce suivi se fera par action et axe stratégique, à l’aide
des indicateurs de suivi préalablement établis et admis par tous les intervenants.

Les sources des données quantitatives sont :


• Données administratives et des autres institutions
• Recensement de la population
• Enquêtes auprès des ménages qui sont :
o enquêtes sur les conditions de vie
o enquêtes sur les dépenses et revenus
o enquêtes sur l’emploi
o enquêtes démographiques et de santé
o enquêtes d’observation et de satisfaction ponctuelle
o enquêtes ciblées et enquêtes thématiques.

Les concepts clés dans la comparaison de la pauvreté, comme le seuil de la pauvreté relative
et absolue, l’incidence de la pauvreté, l’ampleur de la pauvreté, la sévérité de la pauvreté,
peuvent être définis seulement à partir des données quantitatives.

Les données qualitatives recouvrent les sujets suivants :


• les priorités des pauvres à améliorer leur situation - désagréger par genre et autres
caractéristiques importants de la communauté ;
• la perception des pauvres sur les causes et les conséquences de la pauvreté ;
• les opportunités des pauvres d’améliorer leur destin ;
• les contraintes et obstacles à surmonter pour améliorer la situation des pauvres ;
• les différences entre localités - différences entre districts et entre centres urbains et
régions rurales ;

80
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• les perceptions des pauvres sur l’accès et la qualité des services, des infrastructures et
de la gouvernance au niveau local.

Le suivi de la stratégie de réduction de pauvreté nécessite une combinaison des méthodes


quantitative et qualitative. Au stade actuel de la programmation, les enquêtes suivantes sont
prévues pour être réalisées :
• Deuxième enquête sur la Consommation et le Secteur Informel au Tchad (2003)
• Enquête sur l’énergie villageoise (2003) ;
• Enquête auprès des usagers des services de douane (2003) ;
• Enquête démographique et de santé au Tchad (2004) ;
• Suivi des dépenses publiques jusqu’à destination secteur santé (2003) ;
• Suivi du secteur coton (2003) ;
• Deuxième recensement général de la population (2005).

Le système national de la statistique

Le système national de la statistique, coordonné par l’Institut National de la Statistique, des


Etudes économiques et démographiques (INSEED), sera mis à profit pour la collecte des
données21. Néanmoins, certaines enquêtes qualitatives seront commanditées par le Comité de
Pilotage pour recueillir les opinions des populations sur leur perception de la pauvreté. Des
instruments de collecte du type de la macro participation permettront au Comité de pilotage
de recueillir les perceptions des populations et des groupes organisés (associations de
producteurs, groupements féminins, ONG, chefferies traditionnelles, etc.). Un accent
particulier doit être mis sur les informations concernant les inégalités régionales et les
problèmes transversaux (Sida, guerre, environnement, etc.)

6.3 L’évaluation
L’évaluation de la SNRP consistera à comparer les résultats obtenus avec les objectifs fixés
initialement, à expliquer les écarts constatés et à proposer des mesures correctives. Elle
contribuera à améliorer, l’efficacité des programmes et des politiques en fournissant des
informations et propositions d’ajustement et d’amélioration.

La première évaluation de la SNRP est prévue pour la fin de l’année 2004. Cette évaluation
encore sommaire permettra déjà de mesurer les grandes tendances qui se dessinent à travers
les indicateurs et d’attester la justesse ou l’inadéquation des actions programmées et lancées.
Cette évaluation aura comme points de repère les objectifs chiffrés et les données des
enquêtes légères réalisées au cours des années 2002 et 2003. Comme pour toute évaluation, il
serait souhaitable que celle-ci soit menée par une équipe indépendante pour en garantir
l’objectivité.

6.3.1 La préparation du Programme (2006-2010)

Suite à l’évaluation, il sera nécessaire de préparer le Programme pour la Deuxième Période


2006-2010 dès 2004, en se basant sur :

21
Ne faut-il pas faire référence au « Programme Pluriannuel d’Activités pour 2002-2007 » de l’INSEED (28-11-
2001), qui contient notamment un programme sur « les données socio-démographiques et statistiques, suivi des
conditions de vie des ménages et de la pauvreté » ?

81
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• les leçons de l’évaluation ;


• les évolutions et changements éventuels tant au plan national que régional et mondial ;
• l’augmentation des ressources nationales grâce aux revenus pétroliers (et à
l’application de la loi sur son utilisation à 80% pour les secteurs essentiels à la
diminution de la pauvreté) ainsi qu’aux retombées de l’IPPTE et à l’amélioration du
système de gestion des dépenses publiques recommandées par la Banque Mondiale ;
• les progrès et besoins en matière de renforcement des capacités et de la Bonne
Gouvernance ;
• le renforcement effectif du partenariat entre Gouvernement, représentation
Parlementaire, Société Civile, ainsi qu’une coordination des aides extérieures.

6.3.2 La mise à jour

La SNRP a été élaborée sur la base des données chiffrées parcellaires et relativement
anciennes. Sa mise à jour sera faite annuellement pour tenir compte de la disponibilité des
données qui seront issues des différentes enquêtes programmées par le système national de la
statistique. Cette mise à jour concernera également le recadrage des objectifs selon les
résultats obtenus.

6.4 Cadre institutionnel


Le cadre institutionnel de suivi/évaluation à mettre en place s’appuiera autant que faire se
peut sur les structures existantes. C’est ainsi que le cadre institutionnel de la SNRP prévoit :
• un Haut Comité Interministériel de supervision de la SNRP,
• un Comité Etat/donateurs,
• un Comité de Pilotage,
• des Cellules sectorielles,
• des Comités départementaux et sous-préfectoraux.

6.4.1 Le Haut Comité Interministériel de supervision de la SNRP

Le Haut Comité Interministériel est chargé d’assurer la supervision de la SNRP. Il est


composé des membres du Gouvernement et présidé par le Premier Ministre. Il a pour mission
de faire respecter les orientations politiques du programme et d’en donner de nouvelles
orientations, compte tenu des résultats obtenus pendant la période.
Il se réunit une fois par semestre pour suivre l’évolution de la SNRP présentée par le Comité
de Pilotage.

6.4.2 Le Comité Etat/donateurs

C’est une structure composée de membres du gouvernement et des bailleurs de fonds


bilatéraux ou multilatéraux. Il est présidé par le Ministre du Plan, du Développement et de la
Coopération. Il se réunit une fois par trimestre pour évaluer le déroulement des actions mises
en œuvre pour la réduction de la pauvreté sur la base du rapport d’activité du Comité de
Pilotage de la SNRP, et résoudre éventuellement les problèmes liés au financement de ces
activités.

82
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

6.4.3 Le Comité de pilotage

Le Comité de pilotage de la SNRP a pour mission de produire le DSRP et d’en assurer le


suivi/évaluation de la mise en œuvre. Il est composé de représentants des différents
ministères, de l’Assemblée nationale et des acteurs non étatiques.

Le Comité de Pilotage est placé sous la tutelle du Ministre du Plan, du Développement et de


la Coopération (décret N° 331 du 26 juillet 2002). Il dispose d’un Secrétariat Permanent doté
d’un Coordonnateur et de six experts. Le Secrétariat Permanent est la structure technique du
Comité de Pilotage.

Etant donné que la mise en oeuvre se fera de manière sectorielle, le Comité de pilotage
travaillera en étroite collaboration avec les Cellules sectorielles de suivi afin de s’assurer
d’une meilleure coordination.

Par ailleurs, à partir des rapports trimestriels des cellules sectorielles, des résultats d’enquêtes
qualitatives menées sur le terrain par des groupes ad hoc et des données générales produites
par le système national de statistique, le Comité de Pilotage propose au HCI des mesures
correctives pour redresser les déviations et faiblesses constatées. Il n’y a pas de hiérarchie
directe entre le Comité de pilotage et les Cellules sectorielles de suivi. Néanmoins, il existe
des passerelles entre ces structures.

Le Comité de pilotage élaborera une stratégie de communication lui permettant d’élargir la


diffusion des informations sur la mise en œuvre et le suivi de la SNRP en utilisant les
supports comme les communiqués radio y compris les radios rurales, les journaux, l’Internet
etc. Des fora annuels d’évaluation auxquels prendront part les différents acteurs y compris les
Associations des pauvres et les partenaires au développement sont également prévus.

6.4.4 Cellules sectorielles de suivi/évaluation

Avec les réunions sectorielles issues de la Table ronde de Genève IV, des cellules de suivi ont
été créées dans les secteurs prioritaires. De telles structures pourront être créées dans les
ministères et leur mission sera renforcée en y ajoutant le volet «réduction de la pauvreté ». A
cet effet, leur mission sera de s’assurer de la pertinence des actions de la SNRP par rapport à
leur secteur, du bon déroulement de ces actions sur le terrain, de la disponibilité du budget
alloué au secteur et de sa conformité aux objectifs de lutte contre la pauvreté. Chaque cellule
de suivi donnera des orientations sur l’utilisation de ce budget.

Les cellules feront parvenir au Ministre concerné et au Comité de Pilotage des rapports
trimestriels qui indiqueront clairement les obstacles rencontrés et les proposition de solutions
adéquates.

6.4.5 Cellules régionales, départementales et sous-préfectorales

Composées à l’image du comité de pilotage, ces structures locales ont pour mission de suivre
la mise en œuvre de la SNRP au niveau de chaque région. Elles produisent des rapports
trimestriels sur l’état d’avancement des différentes actions prévues dans la stratégie. Ces
rapports sont transmis au Comité de pilotage.

83
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Dans l’avenir, ce dispositif de suivi sera étendu aux niveaux des cantons et des villages pour
assurer une meilleure implication des bénéficiaires au suivi/évaluation de la stratégie. Cela
demandera un renforcement des capacités des populations de ces localités décentralisées.

84
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexes

85
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 1 : Matrice des actions prioritaires de la première phase de la SNRP

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires

I. Promouvoir la bonne gouvernance

[Link] efficace et efficient l’administration publique


Poursuite de la réforme Réaliser les audits organisationnels et des effectifs des 2003 CESRAP Nombre de ministères prioritaires IDA
de la Fonction Publique ministères prioritaires audités
Auditer les autres ministères 2004 CESRAP Nombre d’autres ministères audités
Appliquer les résultats des audits 2003-2004 CESRAP Nombre de mesures prises et
appliquées
Mettre en place un régime de l’emploi compatible avec 2003-2005 CESRAP Loi instituant le cadre entré en vigueur
la SNRP
Appliquer le principe de l’avancement au mérite 2003 CESRAP Loi instituant l’avancement au mérite
entrée en vigueur
Appliquer le système de motivation des agents de l’Etat, 2003-2005 CESRAP Réforme de la grille des salaires des
notamment dans les secteurs prioritaires secteurs de l’éducation, santé et autres
Renforcement des Renforcement des capacités institutionnelles des 2003-2005 SENAREC et Nombre de ministères dont les IDA
capacités des acteurs du ministères intervenant dans la mise en œuvre des Ministères nouveaux organigrammes sont adoptés
secteur public, du secteur réformes et des autres ministères et exécutés
privé et de la société
civile
Relèvement du niveau professionnel des agents de la 2003-2005 SENAREC et Programmes de formation initiale et
fonction publique, du secteur privé et de la société civile ministères continue des agents de l’ Etat définis et
mis en œuvre
Mettre en place un manuel des procédures d’exécution 2003 MEF Manuel élaboré et vulgarisé dans les
des dépenses publiques ministères
Renforcer les capacités de l’Inspection générale des 2003-2005 Primature, MEF Nombre d’agents formés et dotés de
finances et de la Cour des Comptes SENAREC moyens adéquats de travail
Lutte contre la Créer et rendre fonctionnelle une structure d’instruction 2003-2005 Primature, Nombre de dossier de corruption
corruption des dossiers de corruption MJ instruits
Mettre en place un manuel des procédures d’exécution 2003 MEF Manuel élaboré et vulgarisé dans les
des dépenses publiques ministères
Renforcer les capacités de l’Inspection générale des 2003-2005 Primature, MEF, Publication annuelle d’un rapport de
finances et de la cour des comptes SENAREC l’IGF et d’un rapport de la Cour des
comptes
Créer et rendre fonctionnelle une structure d’instruction 2003-2005 Primature Structure anti-corruption fonctionnelle
des dossiers de corruption
Faire élaborer des codes d’étique par profession ou 2003-2005 Primature Codes élaborés et vulgarisés pour les
secteur secteurs sensibles

86
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires

B. Améliorer l’environnement juridique


Crédibilité de l’appareil Procéder à une revue des dépenses du secteur de la 2003 Ministère de la justice Rapport portant revue des dépenses du IDA
judiciaire justice secteur de la justice disponible
Elaborer de façon participative un programme sectoriel 2003-2004 Ministère de la justice Programme sectoriel adopté
justice (après les Etats Généraux)
Initier la mise en oeuvre du programme sectoriel justice 2003-2005 Ministère de la justice Séminaire de lancement
Garantir la sécurité des Sensibiliser les populations et les forces de l’ordre sur 2003 Ministères de défense Fréquences et supports des campagnes
personnes et des biens les principes fondamentaux des droits de l’homme et de sécurité, HCND de sensibilisation
ADH
Exécuter le programme de désarmement des populations 2003 Ministères de défense Nombre de campagnes de désarmement PNUD
civiles et de sécurité, organisés, et des villes désarmées
Mettre en œuvre le Plan Stratégique National de lutte 2003-2005 MPDC, HCND Superficies (km2) déminées et Allemagne,
Contre les Mines et les Engins Non Explosés. dépolluées Canada, Italie,
Japon, PNUD,
Suisse, UK ,
USA

Appliquer de façon stricte la réglementation du port 2003-2005 Ministère de Proportion d’armes à port illégal
d’arme l’administration du récupérées
Territoire
Mettre en place un code de conduite pour la médiation 2003-2005 Ministère de Code élaboré et vulgarisé en relation
des conflits entre agriculteurs et éleveurs l’administration du avec les chefs traditionnels
Territoire,
Médiature, ADH
Rendre l’armée nationale Poursuivre la mise en œuvre de la politique de 2003-2005 Ministère de la défense Nombre de militaires démobilisés et
plus professionnelle et la démobilisation et de reconversion MPDC nombre de militaires reconvertis
transformer en armée de
développement
Parachever la Renforcer les capacités humaines et institutionnelles des 2004-2006 Primature
décentralisation et la services chargés de la décentralisation et de la Ministère de la
déconcentration déconcentration Décentralisation (MD)
Elaborer un schéma directeur de la décentralisation 2004-2006 Primature/MD
Préparer et adopter les textes d’application du projet de 2004-2006 Primature
loi déjà validé MD
Elaborer et finaliser les différents textes législatifs et 2004-2006 Primature
réglementaires donnant aux collectivités locales leur MD
autonomie financière

87
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


Assurer la formation du personnel et le 2004-2006 Primature
perfectionnement des élus MD
II. Assurer une croissance forte et soutenue

[Link] le cadre macroéconomique


Relever durablement le Mettre en œuvre les réformes institutionnelles et 2003-2005 Gouvernement Respect des calendriers de mise en
taux de croissance du structurelles convenues (FRPC, CAS…) œuvre
PIB réel
Accroître l’investissement public dans les infrastructures 2003-2005 MEF, MPDC Niveau de ressources internes
et la formation de capital humain allouées à l’investissement et aux
secteurs sociaux
Politiques budgétaires Accroître le niveau des recettes à travers l’amélioration 2003-2005 MEF Ratio recettes fiscales sur PIB de …
favorables aux pauvres de l’efficacité des services d’assiette, de liquidation et de
recouvrement
Réaliser la revue des dépenses publiques dans les autres 2003 MEF,
secteurs prioritaires Ministères sectoriels,
CP/SNRP
Généraliser la revue des dépenses publiques dans les 2004-2005 MEF,
autres secteurs Ministères sectoriels,
CP/SNRP
Consolider l’expérience des budget-programmes dans les 20032004 : MEF, Intégration des budgets-programmes
secteurs prioritaires Education, Ministères sectoriels, dans la loi des finances
Santé CP/SNRP
Infrastructures
Développeme
nt rural
Généraliser les budgets-programmes à travers le cadre de 2005-2008 MEF, Projet de loi de finances élaboré
dépenses à moyen terme (CDMT) Ministères sectoriels, conformément aux recommandations
CP/SNRP du CDMT (en particulier, allocation
des ressources en fonction des
priorités sectorielles)
Appliquer effectivement la loi de gestion des revenus 2004-2015 MEF, Allocation budgétaires accrues pour
pétroliers (LGRP) CCSRP, CP/SNRP les secteurs prioritaires au sens de la
Parlement, LGRP :
Chambre des Comptes Enseignement, 20%
Santé et Affaires Sociales, 20%
Développe rural (agriculture et
élevage), 12%
Infrastructures, 12%

88
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


Environnement et eau, 10%
Mettre en place un dispositif de suivi informatisé et 2003 MEF, Dispositif discuté avec les ministères
d’évaluation de l’utilisation des ressources du pétrole CCSRP dépensiers et fonctionnel
Mettre en place un dispositif de suivi informatisé 2003 MEF, Dispositif discuté avec les ministères
d’évaluation des ressources PPTE CCSRP, CP/SNRP dépensiers et fonctionnel
Apurer les arriérés de la dette intérieure 2003-2005 MEF, Pensions régulièrement payées aux
CNRT retraités,
Dette fournisseurs intégralement
réglée
Intégration économique Participer à l’approfondissement de l’intégration 2003-2005 Primature, MEF Application au niveau national des
africaine et insertion économique africaine, notamment dans le cadre de la Ministère des Affaires directives négociées au sein des
dans l’économie CEMAC et du NEPAD Etrangères et de structures d’intégration économique
mondiale l’Intégration Africaine
Conduire une politique de balance des paiements 2003-2005 MEF, MPDC, Accroissement des exportations hors
compatible avec la préservation de la compétitivité de Ministères sectoriels pétrole,
l’économie Amélioration de la balance des
paiement
B. Promouvoir le secteur privé

Promotion et soutien à la Créer un guichet unique et le loger à la CCIAMA 2003-2005 CCIAM, MEF,
création d’entreprise MICA
Créer un fonds de garantie 2003-2005 CCIAMA,
Banques
Amélioration des Créer les tribunaux de commerce 2003-2005 Min Justice Nombre de Tribunaux de commerce
relations entre les créés et opérationnels
entreprises et l’
Administration Publique
Développement du Etendre le réseau bancaire et des assurances à tout le 2003-2005 MEF, BEAC Nombre d’agences bancaires et
secteur financier et de la territoire national Banques et d’assurance créées
micro- finance Etablissements financiers,
Association des
Professionnels de Banque
Améliorer l’accès à la Multiplier les structures de la micro- finance 2003-2005 MEF, MICA, CELIAF Nombre de structures de micro-
micro-finance REPAFEM finance créées
Diversifier les produits et les services bancaires et 2003-2005 MEF, BEAC Nombre de nouveaux produits créés
d’assurance Banques et
Etablissements financiers,
Association des
Professionnels de Banque
Promotion des Elaborer et mettre en œuvre le document cadre de 2003-2005 MICA, MEF, CCIAMA, Document cadre adopté et mis en
exportations commerce intégré Promoteurs économiques œuvre

89
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


C. Développer les infrastructures de base
Renforcement des capacités Recycler et former en nombre suffisant les cadres, 2003-2005 Ministères sectoriels Nombre de cadres, ingénieurs et
institutionnelles, techniques ingénieurs et autres techniciens impliqués dans la concernés autres techniciens recyclés ou formés
et humaines planification et la gestion des infrastructures de base
Mise en place d’une Achever la réhabilitation et la construction en cours 2002-2004 MTPT Linéaire de renforcement de routes
armature de base de routes des routes de désenclavement intérieur et extérieur ( revêtues
de désenclavement intérieur routes kélo-Moundou, Moundou-Bolarobou (frontière Linéaires de routes de
et extérieur praticables en Tchad – Cameroun), Massaguet –Ngoura désenclavement bitumées
toutes saisons

Finaliser les études et engager au plus tard en 2005 les 2003-2005 MTPT Démarrage effectif de la construction
travaux pour le bitumage des routes Ngoura-Bokoro, des routes citées
Bokoro-Mongo, Mongo-Abéché, Abéché-Adré-
Frontière Soudan, Moundou-Doba, Doba-Sarh,
Massaguet-Massakory.
Poursuivre la réhabilitation des routes en terre du 2003-2005 MTPT
réseau national permanent FER
Mettre en place un programme de réhabilitation et de 2003-2005 MTPT, Collectivités Stratégie nationale des transports en
développement du réseau des pistes rurales territoriales décentralisées milieu rural adoptée
Programme de réalisation de pistes
rurales adopté
Maintenance des Consolider les moyens financiers du Fonds 2003-2005 MTP, MEF, FER Linéaire de routes nationales en bon
infrastructures de transport d’Entretien Routier (FER) et ses capacités de état,
programmation des travaux de maintenance Ressources consacrées à l’entretien
routier
Créer une d’Agence d’Entretien Routier 2005 MTPT Agence créée et opérationnelle

Amélioration de la sécurité Elaborer et mettre en oeuvre un code de transport des MTPT


routière personnes et des biens
Sensibiliser les populations (IEC en prévention) en MTPT, Ministère de
matière sécurité routière l’intérieur
Soutien au développement Mettre en œuvre la stratégie de transport en milieu 2004-2005 MTPT, Ministère de Mise en effective de la stratégie de
des modes de transport rural l’agriculture transport en milieu rural
locaux
Extension de l’accès à Construire ou réhabiliter 800 forages et 50 puits à 2003-2005 Ministère de Nombre de forages et puits construits
l’eau dans le milieu rural grand diamètre par an l’Environnement et de ou réhabilités
l’Eau (MEE)
Responsabiliser les populations dans la gestion des 2003-2015 MEE % de villages disposant de comité de
points d’eau gestion de point d’eau
Assainir les principaux Doter les centres urbains (N’Djaména, Sarh, Abéché, 2003-2005 Ministère de

90
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


centres urbains Moundou, Kélo, Koumra, Pala, Mao) de système l’Aménagement du
intégré de production d’eau potable et Territoire, de
d’assainissement l’Urbanisme et de
l’Habitat, MEE,
Mairies, Comité
d’assainissement,
ONG
Créer les VRD 2003-2005 MATUH , VRD créés dans les principaux
Evacuer les ordures ménagères, les déchets industriels MEE, centres urbains
et commerciaux et les excréta MD Ordures ménagères
MAT Déchets industriels et commerciaux
Eaux usées et excréta évacués et
recyclés

Energie Faire le bilan du programme régional d’énergie solaire 2003-2005 Ministère de Mines et de Bilan du programme de l’énergie
en vue d’optimiser sa contribution à un programme l’Energie (MME), solaire disponible,
national d’énergies nouvelles et renouvelables STEE Programme nation d’énergies
nouvelles et renouvelables adopté
Mettre en oeuvre le programme d’urgence de la STEE
Postes et Poursuivre la libéralisation du sous-secteur des 2003-2005 MPT Accès aux services à valeur ajoutée
télécommunication services à valeur –ajoutée (téléphone mobile, libéralisé
transmission de données, accès à Internet, )
Elaborer et mettre en œuvre un projet pilote de SOTEL Tchad, Sociétés Projet élaboré et mis en oeuvre
téléphonie rurale de téléphonie mobile
Rendre autonome les services postaux et financiers 2003-2005 MPT Services postaux et financiers
autonomes
Amélioration de la gestion Sélectionner un partenaire stratégique pour le 2003-2004 Ministères compétents, Partenaires stratégiques sélectionnés
administrative et financière développement de chaque sous-secteur des services chargés des pour chaque sous-secteur
des infrastructures de base infrastructures de base privatisations
(gestion des aéroports du Tchad, énergie, postes,
télécommunications)
Placer le développement de chaque sous-secteur des 2003-2004 Primature, ministères Institution de régulation en place
infrastructures de base sous la supervision d’une compétents
institution autonome de régulation
Négocier avec le partenaire stratégique et sous la 2005 Primature, ministères Pour chaque sous-secteur : service
supervision de l’institution de régulation un cahier compétents, institutions universel défini, cahier de charges
de charges intégrant la définition d’un service de régulation, partenaires adopté
universel stratégiques
D. Accroître durablement la production rurale

91
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


Accroissement des Exécuter les composantes hydraulique agricole et 2004-2006 MEE, MA Aménagements hydro-agricoles
investissements dans les hydraulique pastorale du schéma directeur de l’eau Collectivités disponibles
aménagements hydro- territoriales
agricoles et pastoraux décentralisées
Procéder à d’autres aménagements hydrau-agricoles et 2004-2006 MA Superficies aménagées
pastoraux
Extension de l’accès Vulgariser les techniques de compostages 2003 -2005 MA Programmes définis et vulgarisés, PNUD, FAO
aux matériels et intrants MFE Compost disponible AFD, UE,
agricoles de qualité UNICEF
BAD, Arabie
Saoudite
Produire localement les matériels et intrants agricoles 2003-2005 MA, MICA Quantité de matériel et intrants
produits
Accroître le taux d’équipement agricole et le niveau
d’utilisation des intrants agricoles
Extension de l’accès à Déconcentrer les structures d’appui vers les zones 2004-2005 Primature Nombre de structures déconcentrées
des services d’appui de agricoles et pastorales MA, ME dans les zones agricoles et pastorales
qualité pour les MEF, ADH
agriculteurs et les
éleveurs
Créer les structures de stockage 2003-2005 MA Silos, magasins, greniers
communautaires
Mettre en place un système de communication rurale 2003-2005 MC Radio rurale, lettre paysanne
Extension de l’accès à Créer et installer des structures de crédit et services 2003-2015 MFE Nombre de structures créées et
un crédit et des services financiers BEAC installées dans les zones urbaines et
financiers adaptés Autres banques rurales
EMF, CELIAF
Diversifier la production Introduire des nouvelles espèces végétales et animales 2003-2005 MA Nombre de nouvelles filières
agricole
Amélioration du Renforcer les capacités des producteurs ruraux 2003-2005 MA, ME AFD, FAO
fonctionnement des MEE, ONDR BAD, Autres à
circuits de distribution COTONTCHAD rechercher
et des marchés de
grands produits
Renforcer les services d’appui au secteur agricole 2003-2005 MA
Développer les filières Parachever la réforme de la filière coton 2003 MCIA Réforme parachevée
émergentes COTONTCHAD
Réhabiliter et poursuivre l’appui à la filière riz 2004-2006 MA
Initier des études en vue d’identifier les filières porteuses 2003-2005 MA, MEE, MICA, Nombre d’études réalisées
Poursuivre l’appui à la filière gomme arabique 2003-2005 MEE AFD
Développer l’élevage à cycle court 2003-2005 Ministère de l’Elevage

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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


Protéger les cultures Lutter contre les fléaux grands migrants 2004-2006 MA
Lutter contre les fléaux endémiques (rongeurs et 2004-2006 MA
sauterelles)

III. Développer le capital humain


A. Mettre en place un système sanitaire adéquat
Accès à des services de Construire ou réhabiliter et équiper 50 centres de santé, 2003-2005 MSP Services de santé de bonne qualité
santé de qualité sur tout 5 hôpitaux de district ou de préfecture et 15 bureaux de disponibles
le territoire district,
Former les agents de santé et 600 COSAN/COGES de 2003-2005 MSP Nombre de centres de santé ayant
600 centres de santé à la participation communautaire et bénéficié de la formation à la
à la gestion des services de santé participation communautaire
Rendre autonome 10 hôpitaux de district ou de 2003-2005 MSP Nombre d’hôpitaux autonomes avec
préfecture l’appui technique et les ressources
qui
Améliorer les indicateurs Encourager la création des mutuelles de santé auprès 2002-2005 MSP Nombre de mutuelles créées
du secteur de la santé des populations moins nanties
Renforcer la protection des enfants et des femmes 2003-2005 MSP Taux de couverture vaccinale contre
enceintes contre les maladies évitables par la vaccination les antigènes :+20 points de
et contre la malnutrition pourcentage
Renforcer le système de suivi et d’alerte précoces contre 2002-2005 MSP Nombre de campagnes de
les maladies endémiques ( polio, tétanos néonatal, sensibilisation effectuées dans les
rougeole) ou potentiellement épidémiques (choléra, zones à haut risque
méningite, tuberculose)
Equiper 600 centres de santé en matériel de suivi des 2003-2005 MSP Nombre de centres de santé équipés,
grossesses et des accouchements de grossesses suivies et
d’accouchements assistés
Assurer la consultation post-natale dans tous les centres 2003-2005 MSP Nombre de consultation post-natale
de santé et toutes les maternités par structures sanitaire
Equiper 25 hôpitaux de district ou de préfecture pour les 2003-2005 MSP Nombre d’hôpitaux de district ou de
urgences obstétricales préfecture équipés
Affecter un chirurgien, 1 anesthésiste et 1 sage-femme 2003-2005 MSP Nombre d’hôpitaux de district ou de
par hôpital de district ou de préfecture préfecture convenablement dotés en
personnel qualifié
Mettre en place des programmes d’espacement des 2003-2005 MSP Taux de prévalence contraceptive
naissances dans 600 centres de santé et 25 hôpitaux
Amélioration de Renforcer les capacités des organes de gestion de 43 2003-2005 MSP, MFE, Nombre d’organes de gestion formés
l’utilisation des districts CCSRP

93
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


ressources affectées au
secteur de la santé
Elaborer un plan d’action triennal pour le 2003-2005 MSP Plan d’action disponible
développement des districts sanitaires
Assurer la supervision et le suivi de 43 districts 2003-2005 MSP Nombre de districts suivis
sanitaires régulièrement
Lutte contre le Poursuivre et étendre les programmes de dépistage 2003-2005 Ministère santé publique, Taux d’implantation des services de
VIH/SIDA précoce, de prévention ( notamment chez les 15-49 ans, Ministère de l’Action SIDA dans les établissements
les femmes enceintes ou séropositives) et de traitement Sociale et de la Famille, sanitaires,
PNLS, PPLS, CELIAF Nombre annuel de préservatifs
ADH distribués
et de campagnes de sensibilisation
Lutte contre le paludisme Poursuivre et étendre les programmes de prévention et 2005-2005 MSP Taux d’utilisation de moustiquaires
de traitement imprégnés
Nombre de structures sanitaires
disposant de services de paludisme
Lutte contre la Poursuivre et étendre les programmes de supplantation 2003-2005 MSP Taux d’utilisation de sel iodé
malnutrition en micro- nutriments, de promotion de l’allaitement Nombre de campagnes de
maternel et de salubrité des aliments vulgarisation de l ‘allaitement
maternel

B. Assurer un développement approprié du secteur de l’éducation

Promotion de l’équité de Construire 3772 classes, en réhabiliter 3000 et les 2002/3- MEN Nombre d’élèves par classe,
l’accès à l’éducation et équiper toutes dans les zones ciblées, notamment les 2005/6 APE Proportion d’enseignants qualifiés
de fréquentation de zones rurales défavorisées Proportion de maîtres communautaires
l’école élémentaire
Former au moins 7000 maîtres communautaires dans le 2002/3- MEN Nombre de maîtres communautaires
corps enseignants 2005/6 APE formés
Réduire de 15 points de pourcentage l’écart dans l’accès 2002/3- MEN Ecarts dans l’accès à l’école entre filles
à l’école entre les filles et garçons 2005/6 APE et garçons dans chaque région
Amélioration de Créer un Centre national des curricula chargé de 2002/3- MEN Le Centre National des Curricula
l’efficacité et de la développer des programmes d’enseignement 2005/6 APE fonctionnel en 2002/2003,
qualité du système spécifiquement tchadiens et bilingues, ainsi que des Expérimentation des nouveaux
éducatif curricula spécifiques pour des programmes programmes à partir de 2005/6
expérimentaux.
Mettre à disposition de nouveaux manuels de lecture, de 2002/3- MEN 1 livre de lecture, 1 de calcul et 1 de
calcul et de science dans les écoles primaires, 2005/6 APE science par élève dans le primaire
secondaires. 1 livre de chaque matière pour trois
élèves dans le secondaire moyen
Assurer la formation initiale de 2000 maîtres 2002/3- MEN Nombre d’instituteurs, de formateurs,

94
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


communautaires dans les ENI, 6400 instituteurs, 480 2005/6 APE de maîtres communautaires et de
formateurs d’instituteurs, et du personnel d’encadrement membres du personnel d’encadrement
formés
Renforcement des Elaborer et mettre en application des manuels de 2002/3- MEN Manuel de procédures en application
capacités de procédures de planification, de gestion, d’évaluation et 2005/6 APE
planification, de gestion de suivi des résultats du système éducatif
et de pilotage du
développement du
système éducatif
Former au moins 2000 gestionnaires du MEN et 30 2002/3- MEN Nombre de gestionnaires formés
cadres de haut niveau bénéficieront d’une formation de 2005/6 APE Nombre de haut cadres formés.
longue durée.
Rendre 29 délégations départementales de l’éducation 2003 MEN Nombre de DDEN opérationnelles en
nationale opérationnelles en gestion, administration et APE gestion, administration et planification
planification.
Mettre en place un dispositif pérenne de revue annuelle 2003 MEN Dispositif opérationnel
des dépenses et d’élaboration d’un budget programme à APE
moyen terme
C. Marché du
travail
Adoption par des Accroître les capacités d’accueil de l’ETFP dont les 2005-2006 MEN, Nombre d’élève que peut accueillir
actions spécifiques du filières seront plus pertinentes et les enseignants formés APE l’ETFP
profil des diplômés et outillés
avec les besoins du
marché du travail
Accroître le savoir de base de 15000 jeunes de 8 à 14 2005-2006 MEN, Nombre de jeunes de 8 à 14 ans inscrits
ans à travers l’EBNF APE à l’EBNF
Alphabétiser au moins 50 000 personnes de 15 à 50 ans 2002/3- MEN ? Nombre personnes alphabétisées
dont 60% de femmes 2005/6 APE Nombre de femmes alphabétisées
Expérimenter les curricula bilingues en classes de CP 2005/6 MEN, APE Curricula bilingue expérimenté
Etudier l’offre et la demande de métiers et de main 2003-2005 Ministère de la Rapport d’étude
d’œuvre fonction publique
Elaborer et mettre en oeuvre une stratégie de formation 2003-2005 Ministère de la Stratégie adoptée
professionnelle fonction publique,
MEN, Secteur privé
IV. Améliorer les conditions de vie des groupes vulnérables
Développement
urbain intégré

Développer les infrastructures et les services urbains 2003-2005 MAT, MTPT

95
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


Elaboration et mise en œuvre des plans d’aménagement 2003-2005 MAT Plans élaborés et mis en œuvre
du territoire et des plans de développement des villes
Soutien aux micro Appui à la gestion et à l’émergence de prestataires 2003-2005 MEF, MCIA Nombre de professionnels
entreprises, aux PME professionnels de services
et à l’emploi
Reprendre les actions de l’ATETIP 2003-2005 MPDC
Réhabiliter les centres de formation technique et 2003-2005 MEN, MFPTME Nombre de centres réhabilités
d’apprentissage
Créer un centre de documentation et d’information 2004-2005 MEF, MCIA Centre fonctionnel
économique et technologique
Vulgariser les programmes éducatifs de promotion de la 2003-2005 MCIA, CCIAMA
culture d’entreprise
Améliorer la concertation et la coordination des 2003 MEF, MCIA
interventions d’appui aux EMF
Protection sociale Mener des campagnes IEC sur les mesures clefs de 2003-2005 MC, MASF Nombre de campagnes menées
prévention des risques
Réviser le droit de la famille et le droit foncier 2003-2005 MASF,MJ Droits révisés
Adapter la sécurité sociale et le système de pensions de 2003-2005 MFPTME,MEF Sécurité sociale et système de pension
retraite de retraite adaptés
Appuyer les dispositifs informels existants de réponse 2003-2005
aux crises
Garantir l’aide de l’Etat en cas de grands sinistres 2003-2005 MEF

V. Restaurer et sauvegarder les écosystèmes


Renforcer le cadre réglementaire et les capacités de gestion des ressources naturelles
Promulguer les textes transférant certaines prérogatives 2003-05 MEE Textes législatifs et réglementaires
de gestion des ressources naturelles aux utilisateurs adoptés et mis en vigueur
Mettre en place des comités locaux de gestion des 2003-05 MEE Nombre de Comités, groupements et
ressources naturelles associations créés
Renforcer les capacités des institutions en charge de la 2003-05 MEE Nombre de cadres et agents formés,
gestion des ressources naturelles moyens acquis, nombre de
groupements et associations formés
Mettre en place un système d’informations 2003-05 MEE Base de données sur l’environnement
environnementales disponible

Elaborer un programme national de mobilisation des 2003-05 MEE


populations pour l’environnement
Amélioration de la Promouvoir une production viable de bois de chauffe 2003-05 MEE, Superficie de bois de chauffe produite
gestion de l’énergie dans les zones rurales autour des principales villes Ministère de
domestique l’Agriculture

96
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


Faire de l’exploitation forestière une source de revenus 2003-2005 MEE,
pour les populations rurales Ministère de
l’Agriculture
Impliquer davantage les populations rurales dans la 2003-2005 MEE, Textes de suivi du domaine forestier
gestion des ressources naturelles Ministère de élaborés pour les terroirs
l’Agriculture
Donner un rôle de régulation à la fiscalité sur le bois et 2003-2005 MEE
les produits dérivés
Promouvoir les fourneaux et autres instruments de 2003-2005 MEE Fourneaux et autres instruments
génération d’énergie domestique plus performants vulgarisés

VI. Assurer le suivi et l’évaluation périodique de la mise en œuvre de la SNRP


A. Rôle du suivi-évaluation
Apprécier le degré de Réaliser des enquêtes quantitatives et qualitatives 2003-2005 INSEED, Système Rapports d’enquêtes et d’évaluation
réalisation des objectifs national de statistique,
de la SNRP Comité de pilotage
Mettre à jour la SNRP 2005 Comité de Pilotage SNRP mise à jour
B. Cadre institutionnel de suivi-évaluation
Rôle des organisations Participer aux mécanismes de suivi-évaluation de la 2003-2005 Société civile Nombre d’actions de réduction de la
non étatiques mise en œuvre de la SNRP pauvreté approuvé par la société civile
Rôle de la Responsabiliser les collectivités locales décentralisées 2003-2004 MAT et Primature Nombre de collectivités territoriales
décentralisation en leur accordant une autonomie financière et l’élection décentralisées dotées de budgets
démocratique de leurs responsables autonomes et des responsables élus
démocratiquement
Renforcer le rôle des assemblées locales pour l’auto- Primature Assemblées locales dotées de pouvoir
promotion des collectivités territoriales décentralisés et MAT de décision
les populations
Ré-instaurer les cahiers de charges des activités des 2003-2005 Primature Cahier de charges des communes
communes (réalisation d’infrastructures et MAT disponible
d’équipements collectifs )
Permettre la coopération décentralisée entre les 200 3-2005 Primature Nombre de Conventions de coopération
communes locales et les communes étrangères MAT entre communes locales et communes
(jumelage entre villes ) étrangères signées
Protection des ressources Réviser la loi 001/PR portant sur la gestion des revenus 2003-2005 MFE, CCSRP, Cour Loi révisée
PPTE et Revenus pétroliers en y intégrant les ressources de PPTE des comptes, Cour

97
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Axes/ Objectifs Actions Calendrier Responsables Indicateurs de suivi Partenaires


pétroliers contre le Contrôler et surveiller l’emploi des ressources PPTE et Suprême, Parlement Missions et sessions de contrôle
phénomène de la des ressources pétrolières effectuées
corruption
Mécanismes d’allocation Elaborer annuellement le plafond d’allocation des 2003-2005 Primature, MFE Plafond des ressources disponibles
des ressources ressources annuellement
C. Diffusion des résultats du suivi-évaluation
Diffuser les rapports de Utiliser les médias 2003-2005 CP/SNRP, Fréquences d’émissions radiodiffusées
suivi et d’évaluation MC et télévisées
Presses privées Nombre d’articles parus dans les
journaux
Créer un site web 2003-2005 CP/SNRP Site WEB créé et opérationnel

98
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 2 : Liste partielle des nouveaux projets identifiés par secteur pour lesquels le
financement est à rechercher dans le cadre de la SNRP22

Dans l’ensemble, la SNRP sera financée par (i) les appuis extérieurs actuellement acquis et
(ii) l’affectation des ressources pétrolières conformément à la loi de gestion des ressources
pétrolières tel que projeté dans le Tableau des Opérations Financières de l’État (Tableau 6,
page 75). En plus, des financements nouveaux sont recherchés pour les projets
d’investissement dont une liste partielle est présentée ci-dessous par axe stratégique. Il faut
souligner que ces projets ne commenceront pas tous immédiatement, mais en fonction de leur
niveau de préparation, et la plupart s’étaleront sur plusieurs années. Le Comité de Pilotage et
les ministères sectoriels ont entrepris un travail d’évaluation complète des projets et
programmes par secteur pour une présentation aux partenaires notamment à la table ronde sur
la [Link]évue dans les mois à venir. Ce travail se fera en cohérence avec les revues des
dépenses, les budgets de programmes en cours d'élaboration dans les ministères prioritaires, et
le cadrage macroéconomique du DSRP.

Axe 1 : Promouvoir la bonne gouvernance

Projet 1 : Lutte contre les mines et objets non explosés


Description :
• Eviter à ceux qui n’ont rien, de perdre la vie, d’être handicapés et de perdre leur
autonomie, de perdre des membres de leur famille ou de les voir devenir des
handicapés et représenter une nouvelle charge pour leur famille et leur communauté,
de perdre un animal domestique ou de ne pouvoir voyager, accéder aux soins, aux
zones de pâturage, à l’eau, à l’éducation ou à l’aide internationale en raison de
l’impossibilité de se déplacer à travers des zones rendues dangereuses ou
infranchissables en raison de la présence de mines ;
• Permettre la mise en œuvre des projets de réhabilitation, de reconstruction et de
développement dans les zones où ils sont bloqués par la présence de mines et/ou
d’engins non explosés ;
• Permettre aux habitants des zones touchées par la pollution de pouvoir (i) se déplacer
librement sur des pistes rouvertes et sûres, (désenclavement, accès aux soins, accès à
l’éducation, accès aux marchés pour vendre leur production, (ii) accéder à leurs
champs, leur zone d’élevage ou à l’eau sans risques, (iii) mettre un terme à
l’hécatombe des enfants, des adultes et à celle des animaux domestiques qui
constituent souvent la seule richesse de ces populations, (iv) revenir dans leur région
d’origine, et (v) mener une vie normale et éviter leur exode vers des zones plus
hospitalières ;
• Mettre fin aux dépenses de santé dues aux accidents provoqués par les mines et les
engins non explosés. Ces accidents ont un coût qui grève et ruine le maigre budget
santé des régions concernées ;
• Collecter et détruire les mines et les ENE, posés ou abandonnés, sur le terrain ou dans
des dépôts, dans des zones sans surveillance, d’où ils peuvent être récupérés par des
individus mal intentionnés. Ces mines et ENE, de par leur disposition, contribuent à
aggraver le climat d’insécurité qui prévaut dans les régions polluées, leur destruction
va concourir à réduire l’insécurité et à consolider la Paix.
22
Un travail d’évaluation complète des projets et programmes par secteur est en cours de finalisation pour une
présentation aux partenaires notamment à la table ronde sur la [Link]évue dans les mois à venir.

99
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Durée : 14 ans
Coût du projet : 57 724 000 000 Fcfa

Projet 2 : Démobilisation et réinsertion des militaires


Description :
• Réinsertion de 4000 démobilisés par an.
Durée : 5 ans
Coût du projet : 15 000 000 000 Fcfa
Projet 3 : Collecte d’armes légères et renforcement de la sécurité humaine au Tchad
Description :
• Promouvoir une culture de paix et de la non violence ;
• Renforcer les capacités du Gouvernement à faire face au défi de la prolifération des
armes légères.
Durée :2ans
Coût du projet : 162 400 000 Fcfa

Axe 2 : Assurer une croissance forte et soutenue

Développer les infrastructures de base

Programme global d’action 4 : Bitumage, entretien de routes e- études de faisabilité


Description :
• Bitumer 314 km de routes nationales ;
• Entretenir périodiquement 940 km de routes en terre ;
• Construire cinq ouvrages d’art (ponts) ;
• Faire des études techniques et de faisabilité pour 791 km de routes ;
• Transport aérien (construction parking et bretelle nord, étude du parking sud, études
du parking avions légers et étude de mise aux normes OACI pour Faya, Moundou,
Sarh et Abéché).
Durée : trois ans
Coût du programme : 101 320 000 000 Fcfa

Accroître durablement la production rurale

Projet 5 : Surveillance et lutte préventive contre les ravageurs des cultures


Description :
• Contribution à l’accroissement de la productivité agricole grâce à la réduction des
pertes occasionnées par les ravageurs ;
• Diminution de l’incidence économique et environnementale des dégâts dus aux
invasions des criquets pèlerins et migrateurs ;
• Diminution du risque de recrudescence ;
• Meilleure organisation de la lutte basée sur l’alerte précoce et la connaissance bi-
écologique des grands fléaux migrants ;
• Création d’une unité nationale de lutte anti-aviaire basée à N’Djaména et travaillant en
étroite collaboration avec les bases phytosanitaires touchées par ces fléaux, les
paysans, les projets, les organismes, les sociétés de développement et les ONG.
Durée : 5 ans
Coût du projet : 3 101 000 000 Fcfa

100
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Projet 6 : Appui en équipements agricoles et intrants aux paysans


Description :
• Création d’un centre de production massive de matériels légers déjà expérimentés ;
• Fourniture à crédit le matériel agricole aux paysans ;
• Assurance l’autosuffisance alimentaire ;
• Augmentation du rendement et du revenu par unité de surface ;
• Formation des paysans à l’entretien, la réparation et la maintenance de leurs matériels
agricoles.
Durée : Six ans
Coût du projet : 35 827 317 600 Fcfa

Projet 7 : Semence
Description
• Mise en place de structures, infrastructures et équipements nécessaires pour assurer un
développement progressif et durable des productions semencières des principales
cultures ;
• Renforcement en moyens humains, matériels et techniques des centres de production
semencière ;
• Mise en place d’une structure centrale d’animation, de coordination, de
programmation et de contrôle de qualité des semences ;
• Formation et recyclage des agents aussi bien dans le domaine de la production
semencière que dans celui de la promotion de l’utilisation des semences améliorées.
Durée : cinq ans
Coût du projet : 4 000 000 000 Fcfa

Projet 8 : Réhabilitation et appui à l’organisation du casier C de Nya


Description
• Réhabilitation des infrastructures hydrauliques ;
• Organisation des producteurs à mieux gérer le casier ;
• Appui aux riziculteurs dans la structuration de la filière.
Durée : cinq ans
Coût du projet : 1 290 000 000 Fcfa

Projet 9 : Développement rural du Kanem


Description
• Appui à la promotion du monde rural ;
• Mise en place du Fonds de développement du Kanem ;
• Services financiers de proximité ;
• Coordination et gestion de projet.
Durée : neuf ans
Coût du projet : 10 800 000 000 Fcfa

Projet 10 : Création de petits périmètres irrigués dans les régions du Chari Baguirmi,
Moyen Chari, Salamat, Logone Oriental, Tangilet, Mayo Kebbi
Description :
• Etude de faisabilité (études topographiques, socio-économiques et d’aménagements
nécessaires à la réalisation de périmètres gérables par les paysans) ;

101
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• Exécution d’ouvrages hydrauliques, des pistes de circulation et de magasins de


stockage.
• Appui à la structuration des filières
Durée : Trois ans
Coût du projet : 12 775 000 000 Fcfa

Projet 11 : Construire et équiper des ouvrages de collecte et de conservation d’eau


adaptés dans la zone sahélienne du pays.
Description :
• Augmenter la disponibilité en eau en milieu rural
• Assurer une exploitation durable des ouvrages hydrauliques.
Durée : Cinq ans
Coût du projet : 3 250 000 000 Fcfa.
Projet 12 : Aménagement de 14 mares dans les département du Batha Ouest et de
Dababa
Description :
• Fourniture aux populations concernées de l’eau en quantité pour le bétail et les
personnes
• Amélioration de la situation du cheptel
• Permettre aux populations riveraines de pratiquer de petites activités agricoles autour
des mares
Durée : Trois ans
Coût du projet : 1 215 306 300 Fcfa

Projet 13 : Vulgarisation et conseil en milieu rural


Description :
• Amélioration des services de vulgarisation
• Professionnalisation de l’agriculture
• Appui à la recherche-développement
• Appui aux organisations professionnelles agricoles
• Redéploiement et renforcement des structures
Durée : Cinq ans
Coût durée : 9 950 000 000 Fcfa

Projet 14 : Renforcement des capacités des services centraux et décentralisés de


l’agriculture
Description :
• Appui au renforcement des capacités de conception, de contrôle et de suivi des
services centraux
• Renforcement des capacités de collecte, d’analyse et de diffusion des données de la
Direction de la Production Agricole
• Renforcement des capacités de conception et de suivi de la politique de maîtrise de
l’eau
• Appui à la Direction de l’Enseignement Agricole, des Formations et de la Promotion
Rurale en matière de conception, d’exécution et de suivi des politiques et programmes
de formation
• Appui à la Direction de Protection des Végétaux et de Conditionnement
• Appui à la structuration de la recherche
• Renforcement des capacités des Délégations Régionales de l’Agriculture

102
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Durée : Trois ans


Coût du projet : 8 773 632 510 Fcfa

Projet 14 : Amélioration de la production cotonnière


Description :
• Renforcement du niveau technique des cotonculteurs ;
• Disponibilité et accessibilité des intrants agricoles et les autres facteurs de production
aux cotonculteurs ;
• Professionnalisation des organisations de cotonculteurs.
Durée : Cinq ans
Coût du projet : 7 500 000 000 Fcfa

Projet 15 : Mise en œuvre du volet hydraulique villageoise du schéma directeur de l’eau


et de l’assainissement
Description :
• Amélioration de la desserte du secteur ;
• Renforcement des cadres institutionnel, législatif et réglementaire et des capacités
nationales ;
• Réhabilitation d’ouvrages hydrauliques .
Durée : vingt ans
Coût du projet : 103 043 000 000 Fcfa

Projet 16 : Mise en œuvre du volet assainissement rural du schéma directeur de l’eau et


de l’assainissement
Description :
• Aménagement d’infrastructures de base en assainissement rural ;
• Elaboration et diffusion de campagnes sur les techniques d’assainissement en milieu
villageois et sur la relation eau, hygiène, santé ;
• Elaboration de guides sur les techniques d’assainissement en milieu rural ;
• Renforcement des capacités nationales notamment au niveau des artisans.
Durée : vingt ans
Coût du projet : 15 050 000 000 Fcfa

Projet 17 : Mise en œuvre du volet hydraulique agricole du schéma directeur de l’eau et


de l’assainissement
Description :
• Aménagement hydrau-agricoles, appui aux organisations paysannes ;
• Amélioration des connaissances du secteur ;
• Renforcement des cadres institutionnel, législatif et réglementaire ;
• Renforcement des capacités nationales.
Durée : vingt ans
Coût du projet : 410 975 000 000 Fcfa

Projet 18 : Mise en œuvre du volet ressources en eau du schéma directeur de l’eau et de


l’assainissement
Description :
• Amélioration des connaissances et du suivi des eaux de surface et des relations avec
les eaux souterraines
• Amélioration des connaissances et du suivi des eaux souterraines

103
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• Renforcement des cadres institutionnel, législatif et réglementaire et des capacités


nationales
• Etude et mise en œuvre d’un système d’alerte aux pollutions pétrolières accidentelles
• Renforcement des capacités pour le suivi de l’exploitation pétrolière
Durée : vingt ans
Coût du projet : 14 575 000 000 Fcfa

Projet 19 : Gestion durable de la trypanosomiase, des parasitoses gastro-intestinales et


des maladies transmises par les tiques au Tchad
Description :
• Déterminer les effets des différents modes d’élevage sur la santé et la productivité des
bovines et dromadaires ;
• Identifier les principaux vecteurs de la trypanosomiase et les tiques ;
• Identifier les principaux facteur responsables de la transmission des maladies dans des
zones agro-écologiques différentes ;
• Développer des systèmes de contrôle des maladies et de leurs vecteurs moins cher et
adaptables aux communautés rurales ;
• Développer les capacités nationales pour mieux les adapter ces technologies.
Durée : trois ans
Coût du projet : 1 891 750 000 Fcfa.

Projet 20 : Renforcement des capacités du Laboratoire de Recherches Vétérinaires et


Zootechniques (LRVZ)
Description :
• Réhabilitation des bâtiments techniques ;
• Réhabilitation et réfection de l’animalerie ;
• Mise en norme et réfection de la salle d’autopsie ;
• Construction d’antennes (4) ;
• Equipement du laboratoire et des antennes ;
• Construction d’une salle de conférence ;
• Mise à niveau des cadres, formation et spécialisation.
Durée : trois ans
Coût du projet : 1 780 000 000 Fcfa.

Projet 21 : Mise sur pied d’un service chargé d’améliorer la qualité sanitaire et
hygiénique des denrées agroalimentaires
Description :
• Modernisation du cadre législatif et réglementation en matière de santé animale et de
santé publique vétérinaire ;
• Modernisation de la structure de contrôle analytique en santé animale et en hygiène
des denrées ;
• Mise à niveau des compétences et capacités des agents du Ministère de l’Elevage
chargé des inspections de contrôle des denrées d’origine animale ;
• Modernisation des structures de production et commercialisation de denrées animales ;
• Améliorer le revenu des professionnels nationaux exerçant dans les secteurs de
transformation et de commercialisation des produits d’origine animale ;
• Marketing des produits tchadiens, en mettant sur le marché des produits répondant aux
exigences internationales en matière de commerce et d’échange.
Durée : trois ans

104
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Coût du projet : 729 100 000 Fcfa.

Projet 22 : Renforcement de la couverture sanitaire du cheptel


Description :
• Recensement, évaluation des auxiliaires d’élevage déjà formés dans le cadre des
projets antérieurs ;
• Identification des nouveaux éleveurs à former ;
• Formation initiale et recyclage auxiliaires d’élevage ;
• Formation des formateurs ;
• Suivi des auxiliaires d’élevage ;
• Suivi technique des auxiliaires d’élevage ;
• Suivi technique de la distribution des médicaments vétérinaires et vaccins aviaires ;
• Approvisionnement des auxiliaires à travers les réseaux de distribution des
médicaments vétérinaires et vaccins aviaires.
Durée : trois ans
Coût du projet : 4 045 000 000 Fcfa.

Projet 23 : Mise en œuvre du volet hydraulique pastorale du schéma directeur de l’eau


et de l’assainissement
Description :
• Amélioration des connaissances et des données de base
• Construction de PEPast. Et sécurisation de la transhumance
• Renforcement des cadres institutionnel, législatif et réglementaire
• Renforcement des capacités nationales
Durée : vingt ans
Coût du projet : 84 115 000 000 Fcfa

Axe 4 : Améliorer les conditions de vie des ménages

Développement urbain intégré

Projet 24 : composante hydraulique urbaine du schéma directeur de l’eau et de


l’assainissement
Description :
• Amélioration de la desserte du secteur non concédé ;
• Amélioration des connaissances du secteur non concédé ;
• Renforcement des cadres institutionnel, législatif et réglementaire et des capacités
nationales.
Durée : Vingt ans
Coût du projet : 113 030 000 000 Fcfa

Axe 5 : Restaurer et sauvegarder les écosystèmes

Renforcer le cadre réglementaire et les capacités de gestion des ressources naturelles

Projet 25 : Appui au renforcement des capacités de gestion de l’environnement pour le


développement durable
Description :

105
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

• Finaliser le Plan National d’Action pour l’environnement en vue de son adoption et


approbation ;
• Etablir un mécanisme de concertation, de coordination, et de suivi des actions de
gestion de l’environnement ;
• Renforcer les capacités nationales en matière de coordination, de planification ;
• d’animation et de suivi des actions entreprises dans le domaine de la protection, de la
restauration et de la gestion de l’environnement ;
• Finaliser et assurer la mise en œuvre des programmes et projets spécifiques relatifs à la
protection, la restauration et la gestion de l’environnement ;
• Intensifier des actions de mobilisation sociale et de plaidoyer en faveur de la
protection, de la sauvegarde et de la gestion rationnelle de l’environnement.
Durée : Cinq ans
Coût du projet : 3 346 103 750 Fcfa.

106
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 3 : Objectifs quantitatifs de réduction de la pauvreté

Indicateurs Fréquence Service source Désagrégation Mode de Niveaux atteints Objectif


production Années Chiffres à 2006
1- Pauvreté et inégalités sociales
IDH Annuelle PNUD Nationale Etude 2000 0,365 0,600
Seuil de pauvreté alimentaire Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1995 194 1$EU
(Fcfa/tête/jour)
Seuil de pauvreté globale (Fcfa/tête/jour) Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1997 253 1000
Incidence de la pauvreté alimentaire Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1997 41,6% 38%
Incidence de la pauvreté globale Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1997 43,4% 40
%
Profondeur de la pauvreté globale Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1997 27,5 25
Consommation par équivalent adulte Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1995 1720 2160
Proportion de la population n’atteignant pas le Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1995 44,2% 30%
minimum calorique
2-Gouvernance économique et politique
Dépenses d’investissement/Dépenses totales Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 50% 53%
administrative
Taux d’investissement Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 0,09% 0,07%
administrative
Taux d’accroissement des dépenses Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 0,07% 0,10%
d’investissement administrative
Variation des arriérés extérieurs Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 -1,5 0,0
administrative
Part des dépenses d’éducation dans le budget de Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 20% 20%
fonctionnement administrative
Part des dépenses de la santé dans le budget de Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 9,3% 20%
fonctionnement administrative
Part du Budget de l’armée dans le budget total Annuelle MEF National Collecte 2001 23% 10%
de l’Etat administrative
Nombre de partis politiques représentés au Quadriennale Assemblé Nationale Nationale Collecte 2002 15 15

107
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Indicateurs Fréquence Service source Désagrégation Mode de Niveaux atteints Objectif


production Années Chiffres à 2006
parlement administrative
Superficie polluée par les mines et Annuelle HCND Nationale Collecte 2002 1081 100023
munitions non explosées en Km2 administrative
3-Croissance économique
PIB au prix constant de 1995(en milliards de Annuelle INSEED Nationale Collecte 2001 907,4 1870
FCFA) désagrégé par secteur administrative
Taux d’accroissement Annuelle INSEED Nationale Collecte 2001 8,5% 5,6%
administrative
PIB courant par tête en FCFA Annuelle MEF, INSEED Nationale Collecte 2001 155290 338954
administrative
Taux de croissance par tête Annuelle INSEED Nationale Collecte 2001 0,12% 0,05%
administrative
Production céréalière Annuelle MA Nationale Enquête 2002 1123000 T 1600000 T
Effectif du cheptel Annuelle ME Nationale Enquête
Production halieutique Annuelle MEE Nationale Enquête 2002 144000 T
Production gomme arabique Annuelle MEE Nationale Collecte 2002 2200 T
administrative
Taux d’équipement des exploitations agricoles Annuelle MA Nationale Enquête/collecte 2000 24% 26%
adm.
4-Education, formation et alphabétisation
Taux brut de scolarisation dans le primaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1998/1999 80% 90%
(garçons) administrative
Taux brut de scolarisation dans le primaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1998/1999 50% 60%
(filles) administrative
Taux net de scolarisation dans le primaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1999/2000 56,6% 65%
(garçons) administrative.

Taux net de scolarisation dans le primaire (filles) Annuelle MEN Nationale Collecte 1999/2000 42% 50%
administrative.
Taux net de scolarisation dans le secondaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1998 29% 35%
(garçons) administrative
Taux net de scolarisation dans le secondaire Annuelle MEN Nationale Collecte 1998 3% 5%

23
La réalisation d’une enquête socio-économique prévue en 2003 devrait augmenter le total des surfaces polluées du Tchad de manière significative. Par contre, ce chiffre
devrait être sérieusement réduit grâce à la réalisation d’une enquête technique sur l’ensemble du territoire.

108
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Indicateurs Fréquence Service source Désagrégation Mode de Niveaux atteints Objectif


production Années Chiffres à 2006
(filles) administrative
Taux d’alphabétisation des femmes de 15 à 24 Annuelle EIMT National Collecte 2001 31% 40%
ans administrative.
Taux d’alphabétisation des hommes de 15 à 24 Annuelle EIMT Nationale Collecte 2000 59,4% 70%
ans administrative.
Taux d’alphabétisation des adultes Annuelle EIMT Nationale Collecte 1999/2000 25,5% 35%
administrative
Ratio/élèves maître dans le primaire Annuelle MEN Nationale Collecte 2001 74 65
administrative
Ratio élèves/ maître dans le secondaire Annuelle MEN Nationale Collecte 2001 85 40
administrative
5-Secteur santé, lutte contre le VIH/sida et
nutrition
Taux de mortalité maternelle pour 100 000 Annuelle MSP Nationale Collecte 2000 827 700
naissances vivantes administrative
Taux de mortalité infanto-juvénile pour 1000 Quinquennale MSP/INSEED Nationale Enquête 2000 222 150
Taux de couverture vaccinale des enfants de Quinquennale EIMT Nationale Enquête 2000 15,2% 23%
moins d’un an
Taux de prévalence du VIH/SIDA Annuelle PNLS Nationale Collecte 2001 5% à 12% 3% à 10%
administrative
Nombre d’enfants orphelins du SIDA Annuelle INSEED Nationale Collecte 2002 55000 44000
MSP administrative
Taux de prévalence du paludisme Annuelle MSP/DSIS Nationale Collecte 2001 20,7% 15%
administrative
Taux de prévalence de la tuberculose Annuelle MSP/DSIS Nationale Collecte 2000 0,02% 0,01%
administrative
Ratio médecin/habitants Annuelle MSP/DSIS Nationale Collecte 2000 36000 34186
administrative
Ratio IDE/habitants Annuelle MSP/DSIS Nationale Collecte 2000 28502 15517
administrative
Ratio SFDE/femmes en âge de procréer Annuelle MSP/DSIS Nationale Collecte 2000 13692 13000
administrative
Taux d’accouchements assistés par du personnel Annuelle MSP/ INSEED National Enquête /collecte 1997 11,2% 20%
médical administrative
Pourcentage d’enfants de moins de cinq ans Quinquennale INSEED/MSP Nationale Enquête 1999 40% 30%
souffrant de malnutrition

109
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Indicateurs Fréquence Service source Désagrégation Mode de Niveaux atteints Objectif


production Années Chiffres à 2006
Proportion d’enfants de moins de 5 ans Quinquennale INSEED (EDST, Nationale Enquête 2000 27,6% 20%
présentant une insuffisance pondérale EIMT)

6- Secteur affaires sociales et protection des


groupes vulnérables
Proportion des femmes dans le Gouvernement Remaniement Primature Nationale Collecte 2002 7,7% 20%
gouvernement administrative
Proportion de sièges occupés par des femmes au Quadriennale Assemblée Nationale Nationale Collecte 2002 5,8% 5,8%
Parlement National administrative
Nombre d’ handicapés formés aux métiers Quinquennale INSEED Nationale Enquête 2002 36 100
Nombre de centres d’appareillage et de Quinquennale INSEED Nationale Enquête 2002 7 15
réadaptation créés
Nombre de centres d’éducation des enfants de la Quinquennale UNICEF Nationale Enquête 1999 7 15
rue
Proportion des personnes handicapées Quinquennale OIT Nationale Etude, Enquête 1995 7,3%
7- Habitat et urbanisme
Proportion des ménages logeant dans un habitat Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1993 3,9% 10%
moderne
Proportion des ménages disposant des latrines Annuelle DSIS Nationale Collecte 1998 7% 20%
administrative
Proportion des ménages ayant accès à l’eau Quinquennale DSIS Nationale Enquête 1998 27% 30%
potable
Proportion de la population ayant accès à un Quinquennale INSSED Nationale Enquête 2000 1,4% 3%
meilleur système d’assainissement Linéaire de
routes en terre d’intérêt régional et local (pistes
rurales) réhabilitées
8-Infrastructures économiques de base
Linéaire de routes nationales bitumées (Km) Annuelle MTPT Nationale Collecte 2002 557 km 900 km
administrative
Linéaire de routes nationales en terre réhabilitées Annuelle MTPT Nationale Collecte 2002 2990 km 3000 km
(Km) administrative
Ponts importants reconstruits Annuelle MTPT Nationale Collecte - - 10
administrative
Linéaire de routes en terre d’intérêt régional et Annuelle MTPT Nationale Collecte 2002 2750 km 3460 km
local (pistes rurales) réhabilitées administrative
Linéaire de routes nationales susceptibles d’être Annuelle MTPT Nationale Collecte 2002 3550 km 3900 km

110
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Indicateurs Fréquence Service source Désagrégation Mode de Niveaux atteints Objectif


production Années Chiffres à 2006
entretenues sur le budget du FER administrative
Linéaire de routes en terre d’intérêt régional et Annuelle MTPT Nationale Cotontchad 2002 170 km 900 km
local (pistes rurales) entretenues
Proportion des ménages ayant accès à Quinquennale INSEED Nationale Enquête 1993 1,1% 20%
l’électricité
Proportion des ménages possédant un téléphone Quinquennale INSEED (EDST) Nationale Enquête 97 3% 30%
Proportion des ménages disposant d’un poste Quinquennale INSEED (ECOSIT) Nationale Enquête 96 29% 50%
radio
Proportion des ménages possédant une voiture Quinquennale INSEED (ECOSIT) Nationale Enquête 96 1% 20%
Part de la micro-finance dans le crédit à Annuelle MEF/MCIA Nationale Collecte 2001 1,5% 6%
l’économie administrative
Proportion de crédits à long terme Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 2,2% 25%
administrative
Proportion de crédits à court terme Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 72,5% 50%
administrative
9-Dette extérieure
Encours de la dette extérieure/PIB Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 53,9% 40%
administrative
Service de la dette/Exportations
Service de la dette/PIB
Variation des arriérés intérieurs (109 Fcfa) Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 10,9 -4,5
administrative
Variation des arriérés extérieurs (109 Fcfa) Annuelle MEF Nationale Collecte 2001 -0,9 0,0
administrative
10- Démographie
Taux de croissance démographique Quinquennale INSEED Nationale Enquête 97 3,1% 2,5%
Indice synthétique de fécondité Quinquennale INSEED Nationale Enquête 97 6,6% 5,6%
Proportion des jeunes de moins de 15 ans Quinquennale INSEED Nationale Enquête 97 50,3% 48%

111
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 4 :Détail du cadrage macroéconomique

Annexe 4 - Tableau 1 : Quelques Indicateurs Économiques et Financiers, 2003-15


2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(variations annuelles en %, sauf mention contraire)
Revenu National
PIB à prix courants 16.5 58.1 12.9 7.0 6.4 6.3 3.5 0.9 4.2 3.9 6.8 7.0 7.7
PIB à prix constants 11.2 42.4 15.3 4.4 4.3 4.1 1.1 -2.1 1.1 0.5 3.7 3.8 4.5
Hors production pétrolière 3.7 6.5 6.8 6.7 6.6 6.1 6.2 6.2 6.3 5.9 5.7 5.8 5.9
Production pétrolière … 539.0 34.7 0.0 0.0 0.0 -10.4 -24.0 -18.1 -25.3 -9.9 -12.6 -9.2
RNBD à prix courants 11.3 16.7 13.4 10.4 9.4 10.1 12.3 6.0 7.6 8.3 8.0 8.5 8.4
Indice des prix à la consommation (moyenne) 4.3 4.0 4.0 3.0 3.0 3.0 3.0 3.0 3.0 3.0 3.0 3.0 3.0

Monnaie et Crédit
Avoirs extérieurs nets 1/ 20.3 36.4 36.1 30.3 21.6 24.7 41.9 17.1 8.5 5.4 2.5 0.3 -1.6
Avoirs intérieurs nets 1/ -8.9 -25.2 -20.4 -14.2 -7.8 -11.2 -27.2 -7.9 3.0 3.5 4.3 6.7 9.2
dont: crédit intérieur -7.8 -24.6 -19.9 -13.7 -7.0 -11.1 -26.8 -7.6 3.5 3.6 4.5 6.9 9.6
Créances nettes sur l'administration centrale -12.5 -29.1 -24.4 -18.1 -10.9 -14.7 -31.3 -10.7 0.4 0.0 1.0 2.3 3.0
Crédit au secteur privé 4.7 4.5 4.5 4.4 3.9 3.6 4.4 3.1 3.1 3.6 3.6 4.6 6.6
Masse monétaire 10.3 11.3 15.7 16.1 13.8 13.4 14.8 9.2 11.5 8.9 6.8 7.0 7.6
RNBD/masse monétaire (M2) 2/ 7.4 7.8 7.6 7.3 7.0 6.8 6.6 6.4 6.2 6.2 6.2 6.3 6.4

Secteur extérieur (en F CFA)


Exportations, f.a.b 67.8 388.6 13.8 0.8 0.9 1.0 -7.8 -18.3 -12.2 -16.0 -3.4 -4.1 -1.0
Importations, f.a.b -21.7 -25.4 -18.6 8.6 5.1 8.0 9.3 10.0 8.5 7.2 6.6 6.2 6.0
Volume des exportations 37.0 244.8 26.0 1.0 1.1 1.0 -7.3 -17.1 -11.3 -14.8 -3.3 -4.0 -1.3
Volume des importations -29.9 -30.6 -17.8 6.9 3.3 6.3 7.5 8.3 6.7 5.3 4.8 4.3 4.1

112
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(en points de PIB)
Ratios de base
Investissement brut 42.1 18.2 13.1 13.6 13.3 13.7 14.6 16.1 17.1 18.0 18.4 18.8 19.1
Administration centrale 10.9 7.6 7.2 7.1 7.2 7.3 7.8 8.4 9.0 9.5 9.7 9.9 10.0
Secteur privé 31.2 10.6 5.9 6.5 6.1 6.4 6.8 7.7 8.1 8.4 8.7 8.9 9.1
dont: secteur pétrolier 22.8 5.8 0.7 0.8 0.2 0.2 0.2 0.2 0.1 0.1 0.1 0.1 0.1
Épargne intérieure brute 10.5 37.0 38.1 36.2 34.2 32.7 29.1 23.6 20.4 16.8 15.8 14.6 14.1
Administration centrale -0.8 2.9 3.5 3.2 3.5 4.4 7.1 5.6 4.9 5.5 5.8 6.0 6.3
Secteur privé 11.3 34.1 34.6 32.9 30.8 28.2 22.0 18.0 15.5 11.3 9.9 8.6 7.8
Épargne nationale brute 6.7 8.1 9.4 9.7 9.9 11.0 14.1 13.0 12.7 13.1 13.1 13.3 13.5
Administration centrale -0.2 3.3 3.8 3.5 3.7 4.7 7.3 5.9 5.2 5.8 6.0 6.1 6.3
Secteur privé -0.2 3.3 3.8 3.5 3.7 4.7 7.3 5.9 5.2 5.8 6.0 6.1 6.3
Secteur privé 6.9 4.8 5.6 6.2 6.2 6.3 6.8 7.1 7.6 7.3 7.1 7.2 7.2

113
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Finances publiques
Recettes 8.3 9.2 9.9 10.1 10.7 11.8 15.2 14.5 14.3 15.3 15.6 16.2 16.7
dont: recettes pétrolières 0.5 3.2 3.5 3.2 3.2 3.7 6.3 4.4 3.2 3.1 2.6 2.5 2.3
Dépenses totales 20.0 13.9 13.6 14.0 14.4 14.8 15.9 17.3 18.4 19.3 19.5 20.1 20.4
3/
Solde primaire courant (-=déficit) -0.1 3.4 3.9 3.7 3.9 4.8 7.5 6.0 5.3 5.9 6.2 6.3 6.6
3/ 4/ 5/
Solde primaire de base, hors revenus pétroliers -3.4 -2.3 -2.2 -2.5 -2.4 -2.4 -2.8 -2.8 -2.9 -2.6 -2.1 -2.1 -1.9
3/ 4/
Solde primaire de base -2.8 1.7 2.0 1.6 1.5 2.0 4.1 2.1 0.7 0.8 0.7 0.6 0.5
Déficit budgétaire global (base engagement) 3/ -11.7 -4.7 -3.8 -3.9 -3.7 -2.9 -0.7 -2.8 -4.1 -4.0 -3.9 -3.9 -3.8
3/
Déficit budgétaire global (base caisse) -12.5 -4.9 -3.9 -3.9 -3.8 -2.9 -0.7 -2.8 -4.1 -4.0 -3.9 -3.9 -3.8
Financement intérieur -0.3 -1.5 -1.0 -0.7 -0.4 -1.0 -3.1 -1.1 0.3 0.2 0.3 0.5 0.6
Financement extérieur (déjà acquis) 12.8 6.1 4.9 4.6 4.2 3.9 3.8 3.9 3.9 3.9 3.6 3.5 3.2
Besoin de financement (-) 0.0 -0.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Déficit budgétaire global (base engagement, y.c. dons) -7.0 -1.6 -1.0 -1.3 -1.3 -0.6 1.6 -0.5 -1.9 -1.8 -1.8 -1.9 -1.9

Secteur extérieur
Compte courant (- = déficit)
y compris transferts publics -35.4 -10.2 -3.7 -3.8 -3.4 -2.7 -0.5 -3.2 -4.4 -4.9 -5.3 -5.5 -5.6
hors transferts publics et importations liées au projet Doba -13.3 -4.7 -3.3 -3.3 -3.5 -2.8 -0.6 -3.2 -4.5 -5.0 -5.3 -5.5 -5.5
Ratio VAN de la dette sur exports 6/ 221.9 86.6 52.9 40.3 40.9 43.1 46.7 53.8 65.1 80.8 94.8 107.7 115.0
7/
Avoirs extérieurs bruts en mois d'imports (hors projet Doba) 6.3 7.5 9.2 10.6 11.3 12.4 15.0 15.3 15.2 14.8 14.2 13.3 12.4

114
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(en millions de dollars US, sauf mention contraire)
PIB nominal 2,654.6 4,200.5 4,751.2 5,096.6 5,431.2 5,779.2 5,983.5 6,034.9 6,285.7 6,528.7 6,976.0 7,463.4 8,035.5
PIB nominal ( en milliards de FCFA) 1,600.1 2,529.1 2,856.0 3,056.6 3,251.2 3,456.6 3,578.8 3,609.5 3,759.5 3,904.9 4,172.4 4,464.0 4,806.1
dont: PIB pétrolier (en milliards de FCFA) 104.5 862.9 1,007.5 1,005.2 1,003.3 1,002.5 898.5 682.4 559.0 417.5 376.0 328.6 298.4
FCFA par USD (moyenne de la période) 602.8 602.1 601.1 599.7 598.6 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1 598.1
FCFA par USD (fin de la période) 668.0 665.5 663.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Population (milieu de l'année, en millions) 8.1 8.3 8.5 8.7 8.9 9.1 9.3 9.6 9.8 10.1 10.3 10.6 10.8
PIB nominal par habitant 329.6 508.9 561.6 587.7 611.0 634.3 640.7 630.4 640.6 649.2 676.7 706.3 741.9
PNB nominal par habitant 315.9 360.7 399.6 430.9 460.7 495.3 542.2 560.4 587.2 620.7 654.8 693.4 734.2
PNB nominal 2,544.3 2,977.2 3,380.8 3,737.0 4,095.4 4,512.8 5,063.6 5,364.3 5,761.7 6,242.7 6,750.3 7,326.8 7,951.9

1/ Variation en pourcentage de la masse monétaire au début de la période.2/ Ratio.


3/ Hors dons.
4/ Le déficit primaire de base est le déficit budgétaire total, moins le service de la dette et l'investissement financé sur ressources extérieures.
5/ En points du PIB non-pétrolier.
6/ Calculé à partir de la moyenne des exportations de biens et services non-facteurs au cours des trois années précédentes.
7/ En mois d'importations de biens et services non facteurs.

115
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 4 - Tableau 2 : Produit Intérieur Brut par Secteur, 2003-15


2001-03 2004-10 2011-15 2003-15
(variations annuelles, en %)
Secteur primaire 2.9 4.2 4.1 4.2
Agriculture 3.2 5.5 5.2 5.4
Cultures vivrières 2.0 5.6 5.5 5.6
Cultures industrielles 8.7 4.9 4.0 4.6
Élevage 2.8 2.9 3.0 2.9
Sylviculture, pêche, mines 2.0 1.1 1.1 1.1

Secteur secondaire 26.2 16.4 -2.4 10.1


Secteur secondaire, hors production pétrolière 12.6 7.8 8.7 7.2
Industries manufacturières 6.5 7.7 8.3 8.0
dont: coton fibre -1.1 5.2 4.0 4.9
Artisanat 8.3 6.0 6.0 5.9
Électricité et Eau 13.0 7.8 5.0 6.9
BTP 31.2 8.8 10.6 6.7
Production pétrolière ... 28.7 -15.2 ...

Secteur tertiaire 8.2 7.1 5.9 6.5


Commerce, transport 8.1 5.6 6.0 5.6
Commerce 8.1 5.6 6.0 5.6
Transport 8.1 5.6 6.0 5.6
Administrations publiques 8.6 10.3 5.8 8.2
Autres 8.2 6.6 6.0 6.6

PIB total aux coûts des facteurs 9.8 9.1 2.7 6.8
PIB aux coûts des facteurs, hors production pétrolière 7.3 6.5 5.9 6.1
(En points du PIB total)
Secteur primaire 34.7 21.9 25.6 24.0
Agriculture 21.8 14.4 17.7 16.1
Cultures vivrières 19.1 12.6 15.6 14.2
Cultures industrielles 2.7 1.8 2.1 2.0
Élevage 10.3 6.1 6.5 6.4
Sylviculture, pêche, mines 2.6 1.4 1.4 1.4

Secteur secondaire 17.0 40.1 25.7 32.7


Secteur secondaire, hors production pétrolière 14.5 11.2 16.4 13.7
Industries manufacturières 7.6 6.2 8.9 7.5
dont: coton fibre 1.1 0.8 0.9 0.9
Artisanat 2.5 1.8 2.4 2.1
Électricité et Eau 0.6 0.5 0.6 0.6
BTP 3.7 2.6 4.5 3.5
Production pétrolière 2.5 28.9 9.4 19.0

Secteur tertiaire 45.1 34.8 45.6 40.2


Commerce, transport 25.0 17.9 22.9 20.5
Commerce 21.8 15.6 19.9 17.8
Transport 3.2 2.3 3.0 2.7
Administrations publiques 11.0 9.8 13.5 11.5
Autres 9.1 7.2 9.2 8.2

Droits et taxes sur les importations 3.1 3.1 3.1 3.1

PIB total aux coûts des facteurs 100.0 100.0 100.0 100.0
PIB aux coûts des facteurs, hors production pétrolière 97.5 71.1 90.6 81.0

116
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 4 - Tableau 3 : Tableau des Opérations Financières de l'État, 2003-15 1


(En milliards de FCFA)

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Recettes totales et dons 207.9 310.1 359.0 387.8 425.0 488.9 625.5 607.0 621.8 682.3 735.7 812.8 888.8
Recettes totales 132.2 233.6 281.4 309.6 346.3 409.2 544.8 524.6 537.6 595.7 649.8 723.8 801.6
Recettes fiscales 110.5 133.9 158.7 186.1 215.5 247.9 284.6 326.0 372.9 424.4 481.6 545.9 618.4
Impôt sur le revenu et la propriété 40.2 47.6 56.7 66.4 77.0 88.5 101.7 116.4 133.2 151.6 172.0 195.0 220.8
Taxes sur les biens et services 29.2 34.1 36.6 42.9 49.7 57.2 65.6 75.1 86.0 97.8 111.0 125.8 142.5
Impôts sur le commerce international 39.5 49.9 62.8 73.7 85.3 98.2 112.7 129.0 147.6 168.0 190.6 216.1 244.8
Autres 1.6 2.3 2.6 3.1 3.6 4.1 4.7 5.4 6.1 7.0 7.9 9.0 10.2
Recettes pétrolières 7.2 81.5 99.5 98.9 102.6 129.2 223.8 157.6 118.5 119.6 110.4 113.4 111.3
Recettes non fiscales 14.5 18.2 23.1 24.7 28.2 32.1 36.4 41.0 46.2 51.8 57.8 64.5 72.0
Total Dons 75.6 76.5 77.7 78.2 78.6 79.7 80.7 82.4 84.2 86.6 85.9 89.0 87.2
Dons courants 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Dons PPTE 10.5 8.8 9.3 9.1 8.9 9.2 9.5 9.8 9.4 9.5 6.1 6.3 1.4
Dons projet 65.1 67.7 68.4 69.1 69.8 70.5 71.2 72.6 74.8 77.2 79.8 82.7 85.8

Dépenses totales 319.5 351.5 388.5 428.2 467.5 510.0 569.6 625.8 692.4 752.6 811.6 898.8 982.5
Dépenses courantes 145.4 159.6 181.8 210.4 234.1 257.0 292.1 321.1 353.0 380.4 406.7 456.9 501.2
Dépenses primaires courantes 133.8 146.4 168.6 197.0 220.4 243.1 277.9 306.6 338.2 365.4 391.3 441.2 485.2
Traitements et salaires 57.6 65.4 74.3 84.4 96.0 106.8 118.3 128.6 142.6 155.4 167.6 185.9 206.1
Matériels 29.8 39.7 47.6 58.0 65.3 72.2 85.5 95.8 105.5 113.5 120.4 140.9 156.7
Transferts 17.9 18.3 21.8 26.3 29.2 32.4 38.3 42.5 47.2 51.0 55.1 62.2 67.2
Défense 21.7 23.0 24.9 28.3 30.0 31.8 35.9 39.8 43.0 45.6 48.3 52.1 55.2
Salaires 14.0 15.0 16.2 18.8 19.9 21.1 23.8 26.4 28.5 30.2 32.1 34.6 36.7
Matières et fournitures 7.8 8.1 8.8 9.5 10.1 10.7 12.0 13.4 14.4 15.3 16.2 17.5 18.6
Élections 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Accord de paix 3.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Dépenses courants contingentées 3.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Intérêts 11.6 13.2 13.1 13.4 13.6 13.9 14.2 14.4 14.7 15.0 15.4 15.7 15.9
intérieurs 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9 1.9
extérieurs 9.7 11.3 11.2 11.5 11.7 12.0 12.2 12.5 12.8 13.1 13.4 13.8 14.0
Solde courant -13.1 74.0 99.6 99.3 112.3 152.2 252.7 203.5 184.7 215.3 243.1 266.9 300.4

117
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015

Dépenses d'investissement 174.1 191.9 206.8 217.9 233.4 253.0 277.6 304.7 339.5 372.2 404.9 441.9 481.3
Financées sur ressources intérieures 42.6 43.7 54.7 64.3 78.2 96.3 119.3 143.3 173.2 200.6 227.5 258.1 290.5
Financées sur ressources extérieures 131.5 148.2 152.1 153.6 155.2 156.7 158.3 161.4 166.3 171.6 177.4 183.8 190.8

Solde primaire de base (base engagement, [Link]) 2/ -44.2 43.5 58.1 48.4 47.7 69.9 147.6 74.6 26.2 29.7 30.9 24.6 25.9

Solde global (base engagements, n.c. dons) -187.3 -117.9 -107.1 -118.6 -121.1 -100.8 -24.8 -101.2 -154.8 -156.9 -161.9 -175.0 -180.9
Solde global (base engagements, y.c. dons) -111.6 -41.4 -29.5 -40.5 -42.5 -21.1 55.9 -18.8 -70.6 -70.3 -75.9 -86.0 -93.6

Variation des arriérés de paiement -10.5 -5.0 -4.0 -2.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0
Extérieurs (intérêts) -0.4 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Variation des arriérés de paiement intérieurs -10.0 -5.0 -4.0 -2.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0 -1.0
Float, erreurs et omissions -2.7 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Solde global (base caisse, n.c. dons) -200.4 -122.9 -111.1 -120.6 -122.1 -101.8 -25.8 -102.2 -155.8 -157.9 -162.9 -176.0 -181.9
Solde global (base caisse, y.c. dons) -124.8 -46.4 -33.5 -42.5 -43.5 -22.1 54.9 -19.8 -71.6 -71.3 -76.9 -87.0 -94.6

Financement total 124.8 40.0 33.5 42.5 43.5 22.1 -54.9 19.8 71.6 71.3 76.9 87.0 94.6
Extérieur (net), n.c. financement exceptionnel 46.1 54.7 55.8 56.5 55.7 54.5 53.8 56.0 59.7 62.4 62.1 63.1 65.1
Emprunts 63.4 80.5 83.7 84.5 85.4 86.2 87.1 88.8 91.5 94.4 97.6 101.2 105.0
Fonds pour les Générations Futures -0.7 -8.2 -9.9 -10.2 -10.5 -10.9 -10.3 -8.8 -7.9 -7.1 -6.9 -6.5 -6.4
Amortissement -17.0 -17.6 -18.0 -17.9 -19.1 -20.8 -23.0 -24.0 -23.9 -25.0 -28.6 -31.6 -33.5
Variation des arriérés extérieurs (principal) -1.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Rééchelonnement/annulation obtenue 2.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Intérieur (net) -4.5 -37.2 -29.3 -20.6 -13.9 -34.1 -110.4 -38.0 10.0 6.9 12.8 21.7 27.3
Système bancaire 3/ -19.2 -37.2 -29.3 -20.6 -13.9 -34.1 -110.4 -38.0 10.0 6.9 12.8 21.7 27.3
Banque centrale -25.1 -37.2 -29.3 -20.6 -13.9 -34.1 -110.4 -38.0 10.0 6.9 12.8 21.7 27.3
dont: compte de stabilisation -4.2 -37.3 -18.7 -9.9 -7.1 -28.6 -106.2 -34.8 12.0 8.9 14.8 21.7 27.3
Banques commerciales 5.9 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Secteur non bancaire -6.5 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Ventes d'actifs 21.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

118
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Financement exceptionnel 74.5 17.3 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Banque Mondiale 39.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Union européenne 23.9 11.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
BAD 6.7 3.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Donateurs bilatéraux 2.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Initiative PPTE 4/ 2.3 2.2 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Autres 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Déboursements du Fonds 8.6 5.2 5.2 5.1 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Besoin de financement supplémentaire (-) 0.0 6.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

1/ A l'exclusion de la fiscalisation des marchés publics.


2/ Le déficit primaire de base est le déficit budgétaire total, moins le service de la dette et l'investissement financé sur ressources extérieures.
3/ Inclut l'utilisation nette par le gouvernement de ses dépôts bancaires et les remboursements au FMI. A compter de 2003, inclut également l'épargne accumulée aux fins de stabilisation.
4/ Assistance PPTE bilatérale.

119
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 4 - Tableau 4 :. Balance des paiements, 2003-15


(en milliards de FCFA)

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Compte courant, inclus transferts publics -566.4 -257.1 -106.0 -117.5 -111.2 -94.0 -17.3 -114.1 -165.2 -189.9 -220.4 -246.4 -269.4
Compte courant, exclus transferts publics -576.9 -265.9 -115.3 -126.6 -120.1 -103.2 -26.8 -123.9 -174.7 -199.4 -226.5 -252.7 -270.8
Compte courant, exclus importations projet Doba -201.6 -109.2 -85.9 -93.2 -104.7 -87.7 -10.9 -107.5 -159.8 -184.7 -214.2 -240.9 -264.8
Balance commerciale, inclus secteur pétrolier -268.7 653.1 858.4 842.6 837.0 822.2 697.8 459.6 314.9 156.7 101.4 42.8 3.1
Balance commerciale, exclus secteur pétrolier -102.1 -112.0 -119.7 -130.3 -145.9 -160.0 -180.3 -202.3 -224.5 -241.3 -254.4 -266.1 -276.1
Exportations, f.a.b. 206.1 1,007.1 1,146.5 1,155.6 1,166.0 1,177.6 1,086.2 887.0 778.7 653.8 631.6 605.7 599.6
dont: exportations de pétrole 74.7 862.9 991.3 989.0 987.2 986.4 882.3 666.3 542.9 401.4 359.9 312.5 282.3
Importations f.a.b 474.8 354.0 288.2 313.0 329.0 355.4 388.4 427.4 463.8 497.1 530.2 562.9 596.5
Importations formelles 412.1 288.3 217.3 236.5 246.7 267.0 293.5 325.4 354.1 379.3 403.6 427.0 450.4
dont: importations du projet Doba 241.3 97.8 13.3 16.1 4.3 4.2 4.2 4.4 3.6 3.5 4.1 3.6 3.0
Importations informelles 62.7 65.7 70.8 76.5 82.3 88.4 95.0 102.1 109.8 117.9 126.5 135.9 146.1
Services, inclus secteur pétrolier (net) -237.1 -177.9 -146.2 -152.5 -157.6 -168.3 -179.0 -190.0 -191.9 -201.5 -210.9 -232.3 -243.6
Services, exclus secteur pétrolier (net) -113.6 -127.9 -139.4 -144.3 -155.4 -166.1 -176.8 -187.8 -190.1 -199.7 -208.8 -230.5 -242.1
Crédit 41.1 51.1 55.4 59.4 63.6 67.8 72.0 76.1 81.1 86.4 92.3 98.8 107.1
Débit 278.2 229.0 201.5 211.9 221.2 236.1 250.9 266.1 273.0 287.9 303.2 331.1 350.7
dont:relatif au projet Doba 123.5 50.0 6.8 8.2 2.2 2.1 2.1 2.2 1.8 1.8 2.1 1.8 1.5
Revenus des facteurs (net) -66.5 -736.5 -823.8 -815.4 -799.6 -757.5 -550.3 -401.1 -313.4 -171.1 -135.0 -81.7 -50.0
dont: Crédit relatif au projet Doba -54.9 -722.2 -817.1 -817.6 -812.1 -780.3 -583.1 -442.2 -363.4 -226.8 -196.0 -147.7 -120.7
Transferts courants (net) 5.9 4.2 5.6 7.8 9.0 9.5 14.1 17.4 25.1 26.0 24.1 24.9 21.1
Officiel (net) 10.5 8.8 9.3 9.1 8.9 9.2 9.5 9.8 9.4 9.5 6.1 6.3 1.4
dont: dons Initiative PPTE 1/ 10.5 8.8 9.3 9.1 8.9 9.2 9.5 9.8 9.4 9.5 6.1 6.3 1.4
Privé (net) -4.6 -4.5 -3.7 -1.3 0.2 0.3 4.6 7.6 15.7 16.6 17.9 18.6 19.7
Compte de capital et des opérations financières 524.2 289.6 173.0 179.7 167.4 168.9 172.6 183.9 200.8 212.7 226.8 239.6 249.8
Capitaux à moyen et long terme 528.7 301.8 179.4 187.3 170.9 173.0 175.4 181.8 190.9 201.8 211.7 222.3 234.8
Public 113.8 122.5 124.2 125.6 125.5 124.9 125.0 128.6 134.5 139.6 141.9 145.8 150.9
Transferts en capital 65.1 67.7 68.4 69.1 69.8 70.5 71.2 72.6 74.8 77.2 79.8 82.7 85.8
Dons projets 65.1 67.7 68.4 69.1 69.8 70.5 71.2 72.6 74.8 77.2 79.8 82.7 85.8
Dons Initiative PPTE 1/ ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ...
Prêts projets 49.4 62.9 65.7 66.7 66.3 65.4 64.1 64.8 67.6 69.4 69.1 69.6 71.5
Tirages programmés 66.4 80.5 83.7 84.5 85.4 86.2 87.1 88.8 91.5 94.4 97.6 101.2 105.0

120
TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Remboursements -17.0 -17.6 -18.0 -17.9 -19.1 -20.8 -23.0 -24.0 -23.9 -25.0 -28.6 -31.6 -33.5

Privé 414.9 179.3 55.2 61.7 45.4 48.0 50.5 53.2 56.4 62.2 69.8 76.5 83.9
Investissements directs 412.5 176.2 51.6 57.2 40.4 41.5 43.0 45.4 48.1 53.0 59.7 65.3 71.6
dont: Projet Doba 389.4 150.5 20.4 24.7 6.6 6.4 6.5 6.7 5.5 5.3 6.3 5.6 4.7
Autres investissements 2.4 3.1 3.6 4.5 5.0 6.5 7.5 7.8 8.4 9.2 10.1 11.2 12.3
Capitaux à court terme -4.6 -12.1 -6.4 -7.5 -3.5 -4.0 -2.8 2.1 9.8 10.9 15.1 17.3 14.9
Secteur privé 2.4 2.6 3.0 3.4 3.8 4.2 5.6 7.1 12.3 11.9 15.6 17.3 14.9
Secteur bancaire -7.0 -14.7 -9.5 -10.9 -7.3 -8.2 -8.4 -5.0 -2.5 -1.0 -0.5 0.0 0.0

Erreurs et omissions (net) 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Solde global -41.5 40.7 76.9 72.4 66.7 85.8 165.7 78.6 43.4 29.8 13.3 -0.3 -13.2

Financement -33.0 -64.4 -78.7 -73.9 -68.3 -87.5 -167.4 -80.4 -45.3 -31.8 -15.4 -1.8 11.0
Variations des réserves officielles nettes -31.2 -60.9 -73.9 -70.0 -59.8 -78.8 -159.4 -73.7 -40.1 -29.2 -14.5 -1.8 11.0
dont : Fonds pour les Générations futures -0.7 -8.2 -9.9 -10.2 -10.5 -10.9 -10.3 -8.8 -7.9 -7.1 -6.9 -6.5 -6.4
Variation des arriérés -2.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Rééchelonnement dette publique et arriérés 2/ 2.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Utilisation des ressources du FMI (net) -1.9 -3.5 -4.8 -3.9 -8.5 -8.7 -8.0 -6.7 -5.2 -2.6 -0.9 0.0 0.0
Besoin de financement 74.5 23.7 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Financement identifié 74.5 17.3 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Union européenne 23.9 11.8 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Banque mondiale 39.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Banque africaine de développement 6.7 3.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
Assistance initiative PPTE 2.3 2.2 1.8 1.5 1.6 1.7 1.7 1.8 1.9 2.0 2.1 2.1 2.2
Autres donateurs 2.6 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0
0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Écart de financement 0.0 6.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

PIB nominal (en milliards de FCFA) 1,600 2,529 2,856 3,057 3,251 3,457 3,579 3,610 3,760 3,905 4,172 4,464 4,806
Solde du compte courant (incl. transferts off.)/PIB 3/ -33.7 -9.7 -3.7 -3.8 -3.4 -2.7 -0.5 -3.2 -4.4 -4.9 -5.3 -5.5 -5.6

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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Solde du compte courant (excl. transferts off.)/PIB -36.1 -10.5 -4.0 -4.1 -3.7 -3.0 -0.7 -3.4 -4.6 -5.1 -5.4 -5.7 -5.6
Solde du compte courant ([Link]. off. et secteur
pétrolier)/PIB -13.3 -4.7 -3.3 -3.3 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0 0.0

Avoirs extérieurs bruts (en milliards de FCFA) 170 231 305 375 435 513 673 747 787 816 830 832 821
Avoirs ext.s bruts en mois d'import. (incl. projet Doba) 4/ 3.0 5.4 8.7 10.0 11.1 12.2 14.8 15.1 15.1 14.7 14.1 13.2 12.3
Avoirs ext. bruts en mois d'import. (excl. projet. Doba) 4/ 6.3 7.5 9.2 10.6 11.3 12.4 15.0 15.3 15.2 14.8 14.2 13.3 12.4

Encours de la dette extérieure (en milliards de FCFA) 5/ 1,027 1,102 1,173 1,244 1,311 1,376 1,440 1,505 1,573 1,642 1,711 1,780.7 1,852.2
Encours de la dette extérieure/PIB 5/ 57.2 38.6 36.1 35.5 35.0 34.5 34.8 36.1 36.3 36.6 35.8 35.0 33.9
Service de la dette/exportations de biens et services 6/ 10.8 2.7 2.4 2.4 2.5 2.6 3.0 3.8 4.3 5.1 5.8 6.4 6.7
Ratio VAN de la dette sur exports 7/ 221.9 86.7 53.0 40.3 40.9 43.1 46.7 53.8 65.2 80.9 94.9 107.7 115.1

1/ L'assistance intérimaire multilatérale au titre de l'Initiative PPTE est enregistrée dans la présentation actuelle.
2/ Inclut l'assistance intérimaire multilatérale au titre de l'Initiative PPTE en 2001 et 2002.
3/ Basé sur les hypothèses actuelles de décaissement de l'Union Européenne et des donateurs bilatéraux au-delà de 2003.
4/ En mois d'importations de biens et services non-facteurs.
5/ Avant opération sur le stock de la dette.
6/ Service de la dette dû avant assistance intérimaire au titre de l'Initiative PPTE.
7/ Calculé à partir de la moyenne des exportations de biens et services non-facteurs au cours des trois années précédentes.

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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

Annexe 4 - Tableau 5 : Situation monétaire, 2003-15

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
(En milliards de francs CFA)
Avoirs extérieurs (nets) 119.5 195.1 278.5 359.4 426.5 513.6 681.4 760.1 802.7 832.9 847.9 849.8 838.8
Banque Centrale 102.8 163.7 237.6 307.6 367.4 446.2 605.7 679.4 719.5 748.7 763.2 765.0 754.0
Banques commerciales 16.7 31.4 40.9 51.8 59.1 67.3 75.8 80.8 83.3 84.3 84.8 84.8 84.8

Engagements ext. à moyen et long-terme -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4 -2.4

Avoirs intérieurs nets 90.4 38.2 -8.9 -46.9 -71.0 -110.6 -219.4 -255.7 -240.5 -220.7 -194.5 -150.9 -87.1
Crédit intérieur 134.6 83.5 37.6 0.9 -21.0 -60.2 -167.6 -202.6 -184.9 -164.7 -136.9 -91.7 -25.2
Créances sur l'État central (nettes) 46.6 -13.8 -70.2 -118.6 -152.4 -204.4 -329.6 -378.8 -376.7 -376.8 -371.0 -355.7 -334.9
Créances sur le Trésor (nettes) 56.7 -3.8 -60.2 -108.6 -142.4 -194.3 -319.6 -368.8 -366.7 -366.8 -360.9 -345.7 -324.8
Banques commerciales -12.7 -65.6 -113.4 -153.0 -182.1 -230.6 -353.6 -401.6 -399.5 -399.6 -393.8 -378.6 -357.7
Position vis-à-vis du FMI 69.4 61.8 53.2 44.4 39.7 36.2 34.0 32.8 32.8 32.8 32.8 32.8 32.8
Autres créances sur l'État -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0 -10.0
Crédit à l'économie 88.0 97.4 107.8 119.5 131.5 144.2 162.0 176.2 191.8 212.2 234.1 264.1 309.7
Autres postes (nets)
Dont: réévaluation
Autres postes (nets) -44.2 -45.4 -46.6 -47.8 -50.1 -50.4 -51.7 -53.1 -55.6 -56.1 -57.6 -59.2 -61.9

Monnaie et quasi-monnaie 207.5 230.9 267.2 310.2 353.1 400.6 459.7 502.0 559.9 609.8 651.0 696.5 749.3
Circulation fiduciaire hors des banques 120.3 117.5 131.6 149.0 169.8 187.9 215.4 234.9 268.7 288.2 304.6 318.2 326.1
Dépôts à vue 71.7 93.3 111.5 132.5 150.8 174.9 200.9 219.6 239.4 264.5 284.8 311.1 348.0
Dépôts à terme 15.5 20.1 24.1 28.6 32.6 37.8 43.4 47.4 51.7 57.1 61.5 67.2 75.2

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TCHAD STRATEGIE NATIONALE DE REDUCTION DE LA PAUVRETE

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015

(Variation en pourcentage de la masse monétaire au début de la période)


Avoirs extérieurs (nets) 20.3 36.4 36.1 30.3 21.6 24.7 41.9 17.1 8.5 5.4 2.5 0.3 -1.6
Avoirs intérieurs nets -8.9 -25.2 -20.4 -14.2 -7.8 -11.2 -27.2 -7.9 3.0 3.5 4.3 6.7 9.2
Crédit intérieur -7.8 -24.6 -19.9 -13.7 -7.0 -11.1 -26.8 -7.6 3.5 3.6 4.5 6.9 9.6
Créances sur l'État central (nettes) 1/ -12.5 -29.1 -24.4 -18.1 -10.9 -14.7 -31.3 -10.7 0.4 0.0 1.0 2.3 3.0
Créances sur le Trésor (nettes) -12.6 -29.1 -24.4 -18.1 -10.9 -14.7 -31.3 -10.7 0.4 0.0 1.0 2.3 3.0
Crédit à l'économie 4.7 4.5 4.5 4.4 3.9 3.6 4.4 3.1 3.1 3.6 3.6 4.6 6.6
Crédit à l'économie (variation annuelle) 11.2 10.7 10.8 10.8 10.0 9.6 12.4 8.8 8.9 10.6 10.3 12.8 17.3
Monnaie et quasi-monnaie 10.3 11.3 15.7 16.1 13.8 13.4 14.8 9.2 11.5 8.9 6.8 7.0 7.6
Circulation fiduciaire hors des banques 1.8 -1.4 6.1 6.5 6.7 5.1 6.9 4.3 6.7 3.5 2.7 2.1 1.1
Dépôts à vue 6.3 10.4 7.9 7.9 5.9 6.8 6.5 4.1 3.9 4.5 3.3 4.0 5.3
Dépôts à terme 2.1 2.2 1.7 1.7 1.3 1.5 1.4 0.9 0.9 1.0 0.7 0.9 1.1

Pour mémoire:
PIB nominal (en milliards de FCFA) 1,600 2,529 2,856 3,057 3,251 3,457 3,579 3,610 3,760 3,905 4,172 4,464 4,806
Multiplicateur monétaire 1.4 1.6 1.6 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.7 1.8
Vélocité (PIB sur M2) 7.7 11.0 10.7 9.9 9.2 8.6 7.8 7.2 6.7 6.4 6.4 6.4 6.4
Avoirs extérieurs bruts (en % en M2) 82.0 100.1 114.1 120.9 123.1 128.2 146.4 148.7 140.5 133.8 127.6 119.5 109.6

1/ Inclut l'utilisation nette des ressources du FMI.

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June 5, 2003 12:28 PM

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