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Réflexion Philosophique

Première leçon de philosophie en terminale

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Chapitre I LES ORIGINES ET LA SPECIFICITE DE LA REFLEXION PHILOSOPHIQUE Antroduction Définir la philosophie est une affaire complexe. La tache est difficile lorsqu’il s‘agit de répondre a la question : Qu’est-ce que la philosophie ? Elle est @autant plus difficile qu’il n’existe pas encore de consensus sur le plan définitionne!. Chaque philosophe dit ce qu’il entend par philosophic en donnant sa propre définition. Leurs points de vue se confrontent les uns contre les autres, si bien qu’il ne peut pas y avoir de définition unanime. Chez Socrate, par exemple, la philosophie « ne consiste pas tant 4 connaitre beaucoup de choses qu’a étre tempérant (vertueux ou juste dans sa conduite) » (Apologie de Socrate) tandis qu’Aristote y voit « la connaissance dans la totalité des choses dans la mesure du possible » (Métaphysique). Méme s*il est impossible de trouver une définition partagée par tous, on peut dire approximativement ce qu’est la philosophie, ce qui nous ameénera 4 poser le probléme de ses origines. Aprés avoir dégagé les conditions d’émergence de la philosophic, nous réfléchirons sur la spécificité du discours philosophique. I! s’agira de comparer la philosophie avec les autres modes de connaissance que sont le mythe, la religion et la science. Pour terminer, nous ferons I"histoire de la philosophic en évoquant quelques figures emblématiques et des courants philosophiques qui ont marqué I"histoire de cette discipline. [Link]’est-ce que la philosophic ? Tenter de définir la philosophie, c'est déja philosopher. Tout homme est un philosophe potentiel : nul besoin de s'appeler Socrate, Platon ou Aristote pour philosopher, seul compte l'amour de la réflexion et du questionnement. A la différence des sciences humaines, des sciences naturelles et des sciences formelles qui ont chacune un objet d’étude et une démarche propre, la philosophie, elle, n’a pas d’objet d’étude propre. Elle s’intéresse 4 tout, mais elle a toutefois une préférence pour certains domaines tels que la métaphysique, l’anthropologie et I'axiologic. A la question « Qu’est-ce que la philosophic ? », on ne saurait répondre avec exactitude. La définition de la philosophic demeure un sujet controversé, car il y a autant de philosophes que de définitions, ce qui rend impossible une définition unanime, acceptée par tous. C'est ce qui pousse le philosophe allemand Emmanuel Kant a dire que chaque philosophie est batie sur les ruines de la précédente et elle sera 4 son tour critiquée. Méme si en philosophie nul n‘a le monopole de la vérité et méme s'il est difficile de dire ce qu’est la philosophic, on peut néanmoins donner quelques considérations générales pour avoir une idée sur ce qu'elle est. *Selon une certaine tradition, c'est Pythagore qui a utilisé le mot philosophie pour la premiére fois. De passage a Phliente, Pythagore a eu de nombreux échanges avec le souverain de cette ville, Léon. Ce dernier, impressionné par Pythagore, lui demandait sur quel art il s’appuyait, Pythagore répond qu’il ne connait pas un seul art mais qu’il est philosophe. Le souverain lui demanda de lui indiquer les traits a partir desquels il est possible d’identifier un philosophe, Pythagore de répondre que ce sont ceux qui « observent avec soin la nature, ce sont ceux-la qu’on appelle amis de la sagesse c’est a dire philosophes », En fait, Pythagore se présentait en « philosophos » (amoureux du savoir) et non en « sophos » (savant). Pour mieux se faire comprendre, il compare la vie 4 une foire et dit : « La vie des hommes est semblable a ces grandes assemblées qui se réunissent 4 l'occasion des grands jeux publics de la Gréce ot les uns se rendent pour vendre et acheter, d'autres pour gagner des couronnes, d'autres enfin pour étre simples spectateurs. De la méme maniére, les hommes venus dans ce monde recherchent les uns de la gloire, d’autres les biens matériels et d'autres, un petit nombre, se livrent 4 la contemplation, a l’étude de la nature des choses : ce sont les philosophes ». *Yyriot, le mot « Philosophie » vient du grec philo-Sophia que l'on traduit généralement par « amour de la sagesse ». Philo signifiant amour et Sophia, sagesse. Dans I’expression « amour de la sagesse », l'amour désigne une recherche, une conquéte, une quéte ou un dé: Le mot sagesse signifie ici la connaissance. Par sagesse, Descartes entendra « une parfaite connaissance de toutes les choses que l'homme peut savoir, tant pour la conduite de sa vie que pour la conservation de sa santé et l’invention de tous les arts » (Lettre préface des Principes). Le philosophe apparait ainsi dans une posture de recherche de sagesse sans prétendre I'atteindre. A ce propos, Karl Jaspers disait : « L’essence de la philosophie c’est la recherche de la vérité, non sa possession. Faire de la philosophie, c’est étre en route ». Selon les stoiciens, lobjectif du philosophe, c'est plutét la recherche du bonheur ou de l’ataraxie c'est--dire absence de trouble ou la paix de |’féme. Pour Leibniz, la philosophie serait inutile si elle ne permettait pas aux hommes d’étre heureux. « A quoi sert-il de philosopher, si la philosophie ne me permet pas détre heureux ? », dit-il. C’est pourquoi toutes les philosophies, le stoicisme et lépicurisme y compris, ont pour fonction de rechercher le bonheur. *[1- Les origines de la philosoph a. Origine historique Pour beaucoup d’historiens, la philosophic serait apparue au 6° siécle avant Jésus Christ dans la Gréce antique a Milet. Il y avait dans la cité grecque certaines conditions politiques, économiques et sociales qui favorisaient la réflexion philosophique et qui expliquent justement la naissance de cette discipline en Gréce. Mais certains attribuent 4 la philosophie une origine africaine en soutenant qu'elle est née en Egypte, et c’est la conviction de Cheikh Anta Diop. Dans son livre Civilisation et barbarie, il soutient que les Grecs n‘ont fait que recopier les ceuvres égyptiennes. II écrit 4 ce sujet : « Les Grees initiés en Egypte s’approprient tout ce qu’ils apprennent une fois rentrés chez eux ». Mais la thése la plus répandue est celle qui situe lorigine de la philosophie en Gréce au 6™ siécle avant Jésus Christ. Certes, les Grecs n'ont jamais nié avoir appris auprés des Egyptiens, mais ils ont utilisé leurs connaissances dans le but d'une perspective radicalement nouvelle, d'od la phase de rupture entre les anciennes maniéres d'expliquer I"univers et la toute nouvelle maniére de lexpliquer. C’est pourquoi au 6 siécle, il s'est produit ce que les historiens appellent le « miracle grec », c’est a dire le déploiement de l’esprit en terre grecque. Et c'est ce qui fait dire 4 Pierre Hadot que « c’est en eux que réside véritablement lorigine de la philosophic, car ils ont proposé une explication rationnelle du monde ». Martin Heidegger de confirmer ces propos en soutenant que la « la philosophie parle grec ». b- Origine causale Selon Platon, c’est I’étonnement qui est a l'origine ou la cause de la philosophic. Dans le Théététe, il fait dire 4 son maitre Socrate que la philosophie est fille de I’étonnement. L’étonnement est une réaction de surprise, de stupeur ou d’émerveillement devant ce qui est nouveau, inhabituel, inconnu. Aprés s’étre étonné, I"homme s’interroge. I! lui faut alors trouver des réponses aux questions angoissantes. Dans la Métaphysique, au livre A, chapitre 2, Aristote écrit : « C'est, en effet, I"étonnement qui poussa, comme aujourd"hui, les premiers penseurs aux spéculations philosophiques ». L’étonnement philosophique signifie arrét admiratif devant une chose inhabituelle, mais aussi devant une chose habituelle. Mais les hommes ne s’étonnent que devant un phénoméne qu’ils ne comprennent pas. Or, les phénoménes qui sont les plus communs nous échappent souvent, et le sentiment de connaitre ce que I’on voit n’est souvent qu’une illusion. Selon le philosophe allemand Arthur Schopenhauer, « avoir l'esprit philosophique, c'est étre capable de s’étonner des événements habituels et des choses de tous les jours, de se poser comme sujet d’étude ce qu'il y a de plus général et de plus ordinaire ». On peut donc dire que |’étonnement se produit devant ce qui est habituel et dont la nature nous offre chaque jour le spectacle. On retrouve la méme idée chez Bertrand Russel qui dit : « Dés que nous commengons & penser conformément a la philosophie, au contraire, nous voyons que méme les choses les plus ordinaires de la vie quotidienne posent des problémes auxquels on ne trouve que des réponses incompletes ». Pour les Milésiens, chez qui la philosophie est née, c'est |’étonnement qui engendre la philosophic. L’étrangeté d’un phénoméne, au lieu de susciter le sentiment du divin, éveille plutét l’esprit en forme de questions. ¢-Philosophie et sens commun Le sens commun est un ensemble d’opinions, de croyances et de certitudes tenues pour vraies et supposées indiscutables. C’est ce que Martin Heidegger appelle le « on » qu'on retrouve dans la formule « on a dit ». Ce n'est pas parce qu’on a dit une chose que c’est vrai. Les certitudes du sens commun sont partagées par la majorité de la société, mais elles peuvent se révéler fausses comme les superstitions, les préjugeés, les illusions et les dogmes. L’homme du sens commun ne se pose pas de question, il pense que le monde est évident. Il prend les choses telles qu’elles sont et n’a pas besoin de se poser des questions. Comme le dit Bertrand Russel, "homme du sens commun c’est celui qui « n'a regu aucune teinture de philosophe » et il est « prisonnier de préjugés dérivés du sens commun, des croyances habituelles a son temps ou a son pays ». Russel dégage ici I’identité de "homme du sens commun. Ce demier ne critique pas et ne s’interroge pas sur ce que tout le monde a dit. Contrairement a lui, le philosophe encourage l'esprit critique. [1 s'arme du doute pour examiner et analyser tout ce qu’on lui dit. Il se méfie des traditions, des coutumes et remet tout en cause comme I’a ensei é Vladimir Jankélévitch qui dit : « Philosopher revient ceci : se comporter a l’égard du monde comme si rien n’allait de soi » (La Mauvaise Conscience). En d'autres termes, pour le philosophe, rien mest évident. Le but de la philosophie est de corriger les fausses certitudes, les illusions et erreurs du sens commun ou de la philosophie elle-méme. Elle est une critique de tous les savoirs, opinions, croyances, réflexions philosophiques etc. L’esprit critique se manifeste par une remise en question ou, du moins, une « mise a questions » de toute affirmation, de tout jugement. La critique est une exigence fondamentale de la philosophie. Elle constitue, selon Marcien Towa (philosophe camerounais contemporain), le début véritable de I’exercice philosophique. Il dit 4 ce sujet ; « La philosophie ne commence qu’avec la décision de soumettre V’héritage philosophique et culturel 4 une critique sans complaisance. Pour le philosophe, aucune donnée, aucune idée si vénérable soit-elle, n'est recevable avant d’étre passée au crible de la pensée critique ». d-Conflit entre la philosophie, la société et la religion Le philosophe est mal vu dans la société a cause de son esprit subversif, critique et contestataire. C’est ce qui explique le conflit qui oppose la philosophie a la religion, mais aussi 4 la société. La religion est fondée sur des vérités absolues que le croyant admet sans en douter, alors que c’est le doute qui constitue le fondement de la philosophie. Car la philosophie est une entreprise qui va en guerre contre tous les savoirs constitués en dogmes, elle s’inscrit dans la dynamique perpétuelle de remise en question. La question des rapports entre la philosophic et la société se pose parce que la philosophie est victime de préjugés souvent négatifs. Ces rapports sont parfois caractérisés par une violente attitude de rejet, car le philosophe est souvent pergu comme un homme marginal qui a des comportements atypiques. La philosophie n'a pas manqué de connaitre des heurts plus ou moins durs avec la société, C’est le cas d’Anaxagore qui a été forcé 4 l’exil pour athéisme et qui, par la suite, a payé une lourde amende. Protagoras aurait tombé du haut d'une falaise en fuyant Athénes oi il était accusé d'athéisme. Socrate a été condamné a mort sous les chefs d'accusation de corruption des mceurs de la jeunesse et d'impiété, mais aussi de rejet des lois de la cité. Giordano Bruno a été brilé vif pour sa théorie de I’univers infini (contre Aristote pour qui l’univers est fini), son rejet de la transsubstantiation de la trinité, son blasphéme contre le Christ et sa négation de la virginité de Marie. Spinoza a été excommunié et exclu de la synagogue pour sa théorie de l’immanence de Dieu. Galilée a failli étre condamné 4 mort pour avoir soutenu que la terre est ronde et qu'elle tournait autour du soleil. [la finalement été contraint 4 changer d’avis pour avoir la vie sauve. C’est dire que bien des philosophes ont souffert pour avoir défendu des Positions que I’Eglise ne partageait pas. Pour rappel, la philosophie a été la servante de la théologie pendant plusieurs siécles, et il était inadmissible qu'un Ppenseur soutienne des théories contraires 4 celles de l'Eglise. Les hommes de V’Eglise utilisaient la philosophie, surtout les textes d’Aristote, pour confirmer les écritures saintes. Tous ceux qui défendaient des pensées qui remettaient en cause les écritures saintes en faisaient les frais. C’est au 18¢me siécle, dit siécle des Lumiéres, que la philosophie est enfin sortie de la tutelle de la religion grace a de libres penseurs comme Voltaire, Diderot etc. Le siécle des Lumiéres a ainsi ouvert une ére od les philosophes pouvaient s’en prendre 4 la religion sans craindre des représailles. Les adversaires les plus redoutables de la religion sont incontestablement Nietzsche, Marx et Auguste Comte qui considérent que la religion et Dieu sont une invention de |’homme. Marx dira que « la religion est l’opium du peuple » tandis que Nietzsche, dans une formule osée, annoncera que « Dieu est mort ». Faire l'histoire de la philosophie revient 4 étudier les différentes doctrines philosophiques. L’histoire de la philosophie consiste a reconstruire, comprendre, interpréter et critiquer les positions et théses des penseurs comme Platon, Aristote, Descartes, Kant, Hegel etc. Nombre de penseurs en appellent aux philosophies antéricures pour les appuyer, pour s‘en inspirer ou encore pour les critiquer. L’histoire de la philosophie peut étre divisée en trois époques : la philosophie antique, la philosophie médiévale et la philosophie moderne. -La philosophie antique La question fondamentale qui occupait les philosophes de I’antiquité était celle du principe de toute chose, Cette époque a rendu célébres des philosophes dits présocratiques comme Thalés qui tenait l'eau pour le principe de toute chose et Anaximandre qui soutenait que le principe premier dont dérive toute chose est une substance infinie qu'il appelait apeiron. Anaximéne, désignait 'air comme élément dont est composée toute chose. Héraclite affirma que le feu constitue Télément fondamental de |'Univers. Empédocle estime que toute chose est composée de quatre éléments irréductibles : I'air, l'eau, la terre et le feu. Pythagore enseignait que I'ame est prisonniére du corps, qu'elle sera délivrée de celui-ci aprés la mort et réincarnée dans une nouvelle forme de vie. C'est cette méme théorie que Platon, maitre d’Aristote, a développée. Mais le philosophe le plus célébre est incontestablement Socrate pour qui philosopher ce n'est pas savoir beaucoup de choses mais se conduire d'une maniére vertueuse. Lantiquité grecque est également marquée par des écoles philosophiques comme l’épicurisme fondé par Epicure, le stoicisme fondé par Zénon et le scepticisme fondé par Pyrrhon. Ces écoles s’intéressaicnt 4 la question « comment bien vivre ? », Pour elles, la philosophie doit étre comprise comme un mode de vie, non pas uniquement comme une réflexion théorique. - La philosophie médiévale La philosophie médiévale est constituée de penseurs musulmans et chrétiens qui, en cherchant des arguments convaincants, ont fait appel a la philosophic antique. Les ouvrages de Platon, d'Aristote et d'autres penseurs grecs furent traduits ou commentés par des érudits arabes comme Ibn Sina (Averroés), Ibn Rushd (Averroés) et Ghazali. En plus de ces penseurs arabes, il y a eu des penseurs occidentaux qui étaient a la fois philosophes et théologiens a I’instar de Saint Augustin, Saint Thomas d’Aquin et Saint Anselme. Ces philosophes musulmans et chrétiens ont tenté concilier la philosophie et la religion dans le but de fournir des fondements rationnels 4 leurs convictions religieuses. - La philosophie moderne et contemporaine Cette ére est marquée par les 18éme 1 9éme et 20éme siécles. Au 18éme siécle, la philosophie s'est libérée de la théologie et les philosophes n’avaient plus 4 craindre des représailles. La théologic n’avait plus de pouvoir sur la philosophic aprés plusieurs siécles de domination. Les philosophes les plus connus de cette époque sont Descartes, Spinoza, Kant, Hegel, Nietzsche, Rousseau, Jean Paul Sartre etc. 1V-Les écoles philosophiques de l'antiqui La philosophic doit étre comprise comme une maniére de vivre, non pas seulement comme une réflexion théorique. Autrement dit, étre philosophe c’est vivre et agir d’une certaine fagon. L’idée que la philosophic est un art de vivre a ainsi amené certains philosophes 4 imaginer qu’ils devaient guider les hommes et les aider a vivre correctement. Ceci explique la naissance, dans |’antiquité, d’écoles philosophiques comme le stoicisme, |’épicurisme et le scepticisme. - L’épicurisme fondé par Epicure soutient que le but de la vie est d'atteindre le maximum de plaisirs et d’éviter le maximum de douleur, c'est-d-dire chercher le plaisir et fuir la douleur. Pour Epicure, le plaisir résulte de la satisfaction des besoins qui sont de trois types : les besoins naturels et nécessaires (manger, boire et dormir), les plaisirs naturels et non nécessaires (les plaisirs sexuels par exemple) et les besoins ni naturels ni nécessaires (fumer, se droguer etc.). Les épicuriens disent que "homme doit chercher la satisfaction des besoins naturels et nécessaires et éviter les excés. Ils estiment que « vivre heureux, c'est vivre caché », c'est-d-dire fuir la gloire, la richesse, le pouvoir etc. qui peuvent étre source de souffrance. En sommes, pour les épicuriens, tout ce dont la possession engendre plus de douleur que de plaisir (pas au sens d’érotisme mais d’ataraxie) est a éviter. Ils recommandent de vivre loin des excés, de la luxure et d’adopter une conduite sobre. « Un peu d’eau, un de pain, un peu de paille pour dormir, une peu d’amitié suffisent pour étre heureux », disent-ils. - Le stoici enseignaient qu’on ne peut atteindre Ia liberté et la tranquillité quien étant sme fondé par Zénon rejette les biens matériels. Les stoiciens insensible au confort matériel et a la fortune. Ils enseignent que chaque étre humain est une partie de Dieu et que tous les hommes constituent une famille universelle. Les stoiciens font également la différence entre ce qui dépend de nous (nos pensées) et ce qui ne dépend pas de nous (les décrets de Dieu). Ils recommandent a l’homme d’accepter courageusement ce qui lui arrive et qui ne dépend pas de lui. Parmi leurs slogans, on peut retenir celui-ci : « Suporte et abstiens-toi » et ce n’est qu’a cette condition que I"homme vivra heureux. L’homme doit savoir souffrir en silence et accepter tout ce qui ne dépend pas de lui. C’est ce que les stoiciens résument en ces mots : « Le destin méne celui qui veut et traine ce qui ne veut pas ». - Le scepticisme fondé par Pyrrhon considére que |’homme ne peut atteindre ni la vérité ni la connaissance ni la sagesse. Pour les sceptiques, le chemin du bonheur passe par une suspension compléte du jugement. Leur philosophie, c’est que rien n'est vrai. Contrairement au doute méthodique de Descartes qui est provisoire, le doute des sceptiques est permanent, ils doutent pour le plaisir de douter. - vec ., éflexion philosophi La réflexion philosophique est caractérisée par la critique. L’esprit critique est un esprit d’analyse et d’examen ; il s'oppose au sens commun. Philosopher, c'est se poser des questions en permanence et Karl Jaspers I'a résumé en ces termes : « Les questions en philosophic sont plus essentielles que les réponses et chaque réponse devient une nouvelle question ». En philosophie, les questions ne sont pas posées, elles se posent ; mieux, elles s'imposent. Parler des caractéristiques de la réflexion philosophie revient 4 dire ce qu’est la Philosophie et 4 l"opposer au mythe, a la religion et a la science. 1-Philosophie et mythe Le mythe est un récit imaginaire of interviennent des étres surnaturels dont Vaction serait a lorigine du monde. Le récit mythique est cru de fagon dogmatique par les membres du groupe social, on ne le critique pas : on y croit sans chercher avoir des preuves. Exemple de mythe, on peut citer histoire d’Adam et d’Eve. En effet, d’aprés les religions révélées, Adam et Eve ont été chassés du paradis pour avoir désobéi a Dieu. Ensuite, ils ont é& envoyés sur terre oi ils seront obligés de travailler pour vivre. Ce récit a pour fonction de justifier Morigine du travail. Mais, il ne faut pas croire que le mythe est irrationnel. Au contraire, elle témoigne d’une « rationalité » certes différente de la pensée philosophique. En fait, 4 l'instar de la philosophic, le mythe aussi cherche 4 fournir une explication du monde, des phénoménes divers pour apaiser la curiosité humaine. Fondamentalement, la différence réside dans le fait que 1a oa la philosophie se pose des questions, le mythe apporte des réponses. Au demeurant, la philosophie et le mythe sont deux domaines de la raison, mais différents par la démarche. Ils s‘efforcent d’apaiser la curiosité insatiable de l'homme. Le mythe a pour fonction de justifier ce qui existe, de dire comment les choses sont ce qu’elles sont et pourquoi les hommes doivent adopter tels comportements, Il est irrationne! alors que la philosophic est rationnelle. La oft la philosophie se pose des questions sans prétendre les solutionner, le mythe lui, apporte des réponses 4 toutes les questions de l'homme pour apaiser sa curiosité. Dés l'avénement de la philosophie, le mythe devait étre dépassé. Pourquoi est-il toujours présent dans I’ceuvre de Platon ? Quelle place occupe-t- il dans sa philosophie ? Dans I’czuvre de Platon, le mythe a une fonction pédagogique. Pour expliquer quelque chose, Platon part de ce que les Athéniens connaissent. Autrement dit, il les retrouve dans leurs croyances pour leur expliquer des vérités a priori inaccessibles par la raison. En bref, la philosophic se sert du mythe comme moyen d' illustration d’un argument. 2-Philosophie et religion Les rapports entre la philosophie et la religion ont souvent été difficiles. Un conflit existe entre elles : le philosophe est pergu comme un athée tandis que le religieux est vu comme un borné ou comme quelqu’un qui ne réfléchit pas. Tiré du latin religare, la religion signifie lien que l'homme entretient avec une force extérieure nommée Dieu et qui exige une soumission a lui. La religion est censée dire une vérité absolue, incontestable, indiscutable pour le croyant. Ce dernier considére comme vrai tout ce que disent les textes sacrés et il interpréte toutes choses en fonction de la religion. La religion est fondée sur la foi et repose sur des dogmes, c’est & dire des vérités absolues. A l’opposé, le discours philosophique est humain, libre et critique. Ce n’est plus Dieu qui parle aux hommes, mais c’est un homme qui s’adresse a ses semblables, Pour toutes ces raisons, la religion s’oppose a la philosophie qui, elle, est fondée sur I'esprit critique alors pour le croyant, le doute n'est pas permis. Le philosophe doit avoir un esprit de doute et de remise en question. Avec son esprit libre et critique, il s’attaque 4 tout, méme 4 la religion. Cette derniére va ainsi subir des critiques de la part de philosophes comme Karl Marx qui la considére comme « opium du peuple ». Pour lui, c’est homme qui a inventé Dieu. Nietzsche, pour sa part, proclame la mort de Dieu, tandis que Sartre fera de l’existence de Dieu une présence sans incidence sur le monde. A travers ces philosophes athées, il est aisé de constater que philosophie et religion ont eu des rapports complexes depuis leur origine, mai: il serait exagéré d’y voir une opposition radicale. Loin de s’exclure, elles entretiennent une relation réciproque. Certes, elles n’ont pas le méme fondement, car la philosophie repose sur la raison et la religion sur la foi. Mais a bien des égards, elles traitent des mémes questions. En effet, toutes les questions que soulévent la métaphysique comme celles qui sont liées a Dieu, a l’ame, au destin etc. trouvent leur réponse dans la religion, de sorte qu’on a pu dire que la philosophic pose des questions et la religion y apporte des réponses. C'est ce que montre Blaise Pascal selon qui la religion et la philosophic sont deux genres distincts. A son avis, I’homme est raison et cceur et il peut atteindre la vérité soit par le coeur soit par la raison. Mais Pascal précise qu'il y a des choses que la raison ne peut pas savoir 4 Vexemple de Dicu, et c’est au coeur de le sentir. C’est pourquoi il dit que « Dieu ne se prouve pas, il s’éprouve ». Poursuivant cette méme idée, il affirme dans sa Pensée 277 : « Le coeur a ses raisons que la raison ne connait pas ». Saint Augustin parle d’une ressemblance entre religion et philosophie. Pour lui, il y a une similitude entre les textes bibliques et ceux de Platon. II sera amené a conclure que la philosophie ne peut nous permettre d’atteindre la vérité et qu'elle doit se subordonner (soumettre) a la religion. Saint Thomas d’Aquin pense lui aussi que foi et raison peuvent atteindre la vérité, mais il accorde la supériorité 4 la foi. Spinoza soutient que entre la philosophie et la religion, il n’y a pas de parenté. Il dit : « Ni la théologie ne doit étre servante de la raison, ni la raison celle de la théologie, mais l'une et l’autre ont leur royaume propre ».

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