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Module Geotechnique - Honorat

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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE

ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
UNION – DISCIPLINE - TRAVAIL
DIRECTION DE L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE
ANNEE ACADEMIQUE : 2020-2021
SUPERIEUR PRIVE

Ecole Supérieure polytechnique Adama SANOGO

Nom et Prénom(s) de l’étudiant Chargée du cours : BAÏ Ruth


AVANT PROPOS
(Géosciences et Environnement/UNA)
Contact : Support de cours Géotechnique 1 Génie Civil Bâtiment
AVANT -PROPOS

Peut-on construire avec cette terre ?

On ne peut raisonnablement répondre aussitôt à cette question. Il est préférable d’adopter une
approche jalonnée par des questions successives :
Que va-t-on construire ? Un barrage, une digue ? Une route, une piste ? Un mur de clôture ?
Une maison de plein pied ou un bâtiment à étage ?
Où va-t-on construire ? En région sèche ou pluvieuse ?
Comment va-t-on construire ? Quelle technique ou savoir-faire disponible ?
Répondre à ces questions qui sont essentielles pour la bonne marche des travaux de
construction, revient à faire de la géotechnique qui est l'ensemble des activités liées aux
applications de la mécanique des sols, l’hydraulique et de la géologie de l'ingénieur.
De nos jours, on assiste, de plus en plus à des désagréments bien souvent causés par des
défauts liés au sol sur lequel est posé le bâtiment. En effet, la majeure partie des dégâts et
accidents géotechniques sont dus à l’inadaptation de l’ouvrage au site ou à une
méconnaissance de la géologie du site et non à des erreurs de calculs géomécaniques sur les
parties d’ouvrages en relation avec le sol et le sous-sol.
Pour éviter cela, la réalisation une étude de sol demeure indispensable avant tout démarrage
de travaux. Une démarche bénéfique qui sécurisera tant le professionnel que son client. C’est
dans cette approche que s’impose la géotechnique aux techniciens en génie civil
Le cours de géotechnique en deuxième année de génie civil est essentiellement composé de
mécanique des sols. Il s’agit de connaitre les principales propriétés mécaniques mises en jeu
lors des sollicitations extérieures (forces développées sur le contour du massif de sol) ou
intérieures (liées notamment à l’écoulement de l’eau) tout en précisant leur incidence sur le
comportement d’ensemble d’un sol. Ainsi pourront être abordées les chapitres suivants :

 Chapitre 0 : Généralités sur la géotechnique


 Chapitre 1 : Généralités sur les sols
 Chapitre 2 : Propriétés caractéristiques physiques des sols
 Chapitre 3 : Méthodes de reconnaissance et étude des sols
 Chapitre 4 : Identification des sols
 Chapitre 5 : Classification géotechnique des sols
 Chapitre 6 : Compactage des sols
 Chapitre 7 : Contraintes dans le sol
 Chapitre 8: Propriétés hydraulique des sols
 Chapitre 9 : Actions mécaniques de l’eau sur le sol
 Chapitre 10 : Calcul des contraintes de cisaillement d’un sol
 Chapitre 11 : Calcul des forces de poussée et de butée

BAÏ Ruth

Support de cours Géotechnique 2 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE 0 : GENERALITES SUR LA GEOTEVHNIQUE
Durée : 2h
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de:
 Définir la Géotechnique
 Connaitre l’Objectif de la Géotechnique
 Connaitre les différents domaines d’intervention de la Géotechnique
I. DEFINITIONS
La géotechnique est l'étude des sols (au sens mécanique du terme, par opposition à roche) en
relation directe avec la construction d'ouvrages. En d’autre terme, la Géotechnique est l’étude
des propriétés mécaniques, physiques et hydraulique des sols en vue de leur application à la
construction.
II OBJECTIF
Dans le groupe des géosciences, la géotechnique est la technoscience qui a pour but, l’étude
pratique et l’exécution d’ouvrage de construction. Ainsi, il s’agit d’informer les projecteurs et
les constructeurs de la nature et du comportement des sites pour qu’il puissent définir et justifier
les solutions techniques qu’ils devront concevoir, adopter et mettre en œuvre pour réaliser les
ouvrages.
[Link] DE LA GEOTECHNIQUE
Les études géotechniques ont pour principal objet les études de sol pour la construction
d'ouvrages (pavillons, immeubles, voiries, ouvrages d’art.…), et notamment la définition
des fondations, mais aussi dans le cadre de diagnostics pour des ouvrages sinistrés. Elles traitent
également des phénomènes de mouvement de sol (glissement, affaissement et autres), de
déformation (tassements sous charges) et résistance mécanique.
III. INTERET DE LA GEOTECHNIQUE
A partir d 'essais de laboratoires et in situ de plus en plus perfectionné la Mécanique des Sols
fournit aux constructeurs des données nécessaires pour étudier les ouvrages de génie civil et de
bâtiment et assurer leur stabilité en fonction des sols sur lesquels ils doivent être fondés, ou
avec lesquels ils seront construits (barrages en remblais) ; ceci tant durant la progressions des
travaux (grands terrassements) qu'après la mise en service des ouvrages.
III.1 Au niveau de l’étude du projet
L’intérêt d’une étude géotechnique doit bien entendu être défini par rapport au projet. L’étude
doit contribuer à permettre de juger techniquement le projet, de l’estimer économiquement, de
préparer son exécution et de le suivre.
III.1.1 Au niveau du maitre d’œuvre
L’étude géotechnique est d’abord utile au maitre d’œuvre, en particulier quand il importe de
connaitre les caractères généraux du site pour définir les possibilités pratique de réalisation du
projet. Dans le cas où plusieurs variantes sont techniquement possibles, l’étude géotechnique
peut contribuer à faire choisi celle qui est préférable ou tout au moins à orienter le choix vers
elle. Dès ce niveau, l’étude peut étayer l’évaluation de l’incident du facteur site dans le budget
du projet, incidence qu’il faudra ensuite préciser.

Support de cours Géotechnique 3 Génie Civil Bâtiment


III.1.2 Au niveau de l’entrepreneur
L’étude géotechnique est utile à l’entrepreneur pour étudier sa proposition sur des bases solides
et notamment, choisir les méthodes et le matériel qu’il devra mettre en œuvre pour réaliser
chaque opération prévue dans l’appel d’offre, proposer éventuellement des variantes de détail
et apprécier au plus jutes les délais d’exécution qu’il devra respecter.
III.1.3 Au niveau de la réalisation
L’exploitation des résultats géotechnique permettra une analyse rapide de petits faits imprévus
qui pourront se manifester malgré le soin pris à essayer de les éviter. On pourra ainsi adapter
de façon rationnelle, les méthodes mise en œuvre et les moyens matériels dont on dispose déjà
et rectifier en conséquence le programme d’exécution.
III.1.4 Au moment de la réception de l’ouvrage
Si le chantier a été constamment suivi du point de vu géotechnique, les renseignements
recueillis serviront de base objective aux discussions entre maitre d’œuvre et entrepreneur pour
régler un contentieux éventuel.
III.1.4 Au niveau de la durabilité de l’ouvrage
La bonne conception, l’exécution correcte et l’entretien soigneux d’un ouvrage sont donc des
obligations qui retardent sa ruine mais ne l’empêche pas. La géotechnique doit permettre
d’assurer à un ouvrage une durée de vie analogue à la durée que l’on pense pouvoir ou devoir
être celle de son utilisation.

N.B : Tous les ouvrages tels que châteaux d'eau, stations d'épuration, silos, barrages en terre ou
en béton, murs de soutènement... doivent faire impérativement l'objet d'une étude de fondation
qui permettra de déterminer la profondeur de la fondation et les dimensions de la base de
l'ouvrage. Ceci est trop souvent négligé et de nombreux désordres graves en ont résulté.
[Link] LIES A GEOTECHNIQUE
La géotechnique s'appuie principalement sur deux sciences : la géologie et la mécanique des
sols.
III.1. Mécanique des sols
La mécanique des sols est une science jeune. Les premiers fondements peuvent être attribués à
COULOMB (1773), mais TERZAGHI a véritablement initié la mécanique des sols moderne
(1936). La Mécanique des Sols étudie plus particulièrement le comportement des sols sous leurs
aspects résistance et déformabilité. En effet, la mécanique des sols est l'application des lois
mécaniques et hydrauliques au matériau sol.
Elle permet la modélisation du comportement des sols en tant que déformabilité et résistance
des matériaux.
III.2 Géologie
Le rôle de la géologie est essentiel en géotechnique ; elle retrace l'histoire de la terre, précise et
décrire de manière cohérente et convenable la nature et la structure des matériaux et leur
évolution dans le temps.
III.3 Hydrogéologie

Support de cours Géotechnique 4 Génie Civil Bâtiment


L’hydrogéologie, qui étudie les nappes aquifères souterraines en vue de leur exploitation, est
généralement considérée comme une discipline indépendante, n’entrant pas dans le cadre de la
géotechnique. Cependant on doit tenir compte des effets de la présence et de la circulation de
l’eau dans les sols qui sont pratiquement à l’origine de tous les accidents dus à des ruptures de
sols ou de roches. »
IV ETUDE GEOTECHNIQUE
L’étude géotechnique d’un sol, préalablement à l’étude des fondations d’un ouvrage de génie
civil, passe par les phases suivantes :
 Reconnaissance du terrain
 Prospection géophysique
 Prélèvement des échantillons
 Essais in situ
 Essais en laboratoires

V. DOMAINES D’APPLICATION DE LA GEOTECHNIQUE


La Géotechnique ou la Mécanique des sols joue un rôle essentiel dans l'acte de construire pour
tous les travaux de bâtiment et de génie civil en relation avec les sols ou les mettant en œuvre.
On peut citer per exemple :
• les fondations des bâtiments (bâtiments, ponts, usines, silos), des ouvrages d'art, des
ensembles industriels …
• les ouvrages de soutènement,
• les tunnels et travaux souterrains dans les sols,
• les barrages et digues en terre,
• la stabilité des pentes naturelles et des talus et les travaux de stabilisation,
• les ouvrages portuaires et maritimes (fondations de quais, comportement des brise-lames, …),
• les terrassements des routes, autoroutes, voies ferrées,
 les V.R.D. et chaussées,
 les ouvrages fluviaux, portuaires et maritimes,
• l'amélioration et le renforcement des sols,
• l'hydrogéologie et la protection de l'environnement.

VI. PRINCIPAUX PROBLEMES DES SOLS OU ACCIDENTS GEOTECHNIQUES


Les accidents géotechniques peuvent être classées en deux grands groupes : les accidents naturels
et les accidents induits.
VI.1 Accidents naturels
Les accidents sont dits naturels quand leurs causes sont extérieures à l’ouvrage. Parmi ces
causes, on peut citer entre autre :
 le séisme ;
 la crue ;
 la tempête ;
 les écroulements de falaise, …

Support de cours Géotechnique 5 Génie Civil Bâtiment


VI.2 Accidents induits
Quand c’est l’ouvrage lui-même qui induit le phénomène cause de l’accident et/ou qui subit le
dommage, on parle d’accident induit par l’ouvrage ou d’accident par vice du sol. Il en existe
plusieurs causes, cependant quelques-unes sont énumérées dans ce cours.
VI.2.1 Cas où le sol est utilisé comme support d’ouvrage
Lorsque le sol est utilisé comme support, il doit être capable de résister aux charges et surcharges
apportées par les ouvrages. Afin d’éviter les fissures, les inclinaisons et écroulements d’ouvrages,
certaines difficultés liées aux caractéristiques mécaniques doivent être résolues :
 La nature du sol et du sous-sol : il faut connaitre la nature des différents terrains constitutifs
du sous-sol jusqu’au niveau (profond) concerné par les travaux.
 La portance du sol : il faut que le sol en place puisse supporter les efforts engendrés par
l’ouvrage à construire. Il ne doit jamais y avoir de rupture du sol par poinçonnement.
 Le tassement du sol : les tassements importants sont préjudiciables aux ouvrages ; les
tassements différentiels le sont davantage.
La conséquence de la non maitrise de ces paramètres peut causer des dommages graves aux
fondations selon le type d’ouvrage.
 Pour les fondations superficielles : décompression du sous- sol autour du fond de fouille,
altération des caractéristiques mécaniques du sous-sol par modification de la teneur en eau
(retrait ou gonflement), structure inadaptée à supporter les effets de tassements différentiels
inévitables, etc…
 Pour les fondations profondes : altération du béton et parfois des aciers dans un sous-sol
contenant de l’eau agressive ; pieux trop courts n’atteignant pas le niveau de sol résistant (ou
le contraire), défaut de bétonnage des pieux coulés en place, etc…
V.2.2 Cas où le sol est utilisé comme matériau de construction
Dans ce cas, le matériau doit être apte à la construction envisagée notamment à la réalisation d’un
bon remblai, ainsi donc le matériau sol doit présenter certaines propriétés essentielles (compacité,
densité, propreté, granulométrie, plasticité etc.…).
Les accidents des remblais dus à un mauvais choix du matériau, une mise en œuvre vicieuse, la
faible résistance ou forte compressibilité du sous- sol, …, la surcharge peuvent être :
- La rupture par cisaillement ou poinçonnement de pieux,
- Les glissements de talus de remblais,
- Les tassements excessifs,
- La déformation ou la rupture d’ouvrage de soutènement
- Le soulèvement ou l’inclinaison d’ouvrage mitoyen.

Support de cours Géotechnique 6 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE 1 : GENERALITES SUR LES SOLS
Durée : 3h
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Définir le sol
 Connaitre les différents éléments constitutifs du sol
 Connaitre les différents caractères principaux des sols

I. DEFINITIONS
Au point de vue géotechnique, les matériaux constituant la croûte terrestre et se divisent en deux
grandes catégories : les roches et les sols.
I.1 Roche
En géotechnique, une roche est un agrégat naturel massif de matière minérale. C’est à dire que
c’est un assemblage de grains minéraux liés par des forces de cohésion fortes et permanentes. En
géologie, on appelle roche tout élément constitutif de l'écorce terrestre. Cela recouvre donc les
roches au sens géotechnique, mais aussi le sol, le pétrole, l’eau des nappes, etc.
I.2 Sol
Les sols, au contraire, sont des agrégats minéraux qui peuvent se désagréger en éléments de
dimensions plus ou moins grandes sans nécessiter un effort considérable. Ils résultent de
l’altération chimique (oxydation, …), physique (variation de température, gel, …) ou mécanique
(érosion, vagues, …) des roches. Suivant le but recherché, on considère : la géologie, la pédologie
et la mécanique des sols ou géotechnique.
II. ORIGINES DES SOLS
Les sols ont deux origines principales :
 la désagrégation des roches par altération mécanique et physicochimique sous l'effet des
agents naturels:
- fissuration consécutive à la décompression, aux effets des chocs thermiques ou du gel,
- attaque mécanique (chocs et frottements) dans un processus naturel de transport gravitaire
glaciaire, fluvial, marin, éolien,
- attaque chimique sous l'effet des circulations d'eaux agressives (acides ou basiques) ;
 la décomposition d'organismes vivants : végétaux (tourbes) ou animaux (craies).
On distingue également :
- les sols résiduels résultant de l'altération sur place des roches;
- les sols transportés provenant du dépôt des produits d'altération préalablement repris par un
agent physique de transport. Ce sont les sols transportés qui posent au concepteur d'ouvrages
les problèmes les plus délicats.
III. CARACTERISTIQUES DIMENSIONNELLES DES SOLS
III. 1 Forme
On peut distinguer trois catégorie de formes:
- particules sphériques/cubiques (arrondie/s anguleuses) : cas des sols grenus (sables),
- les particules en plaquettes: cas des sols fins(argiles),
- les particules en aiguilles. La figure 1 ci-dessous présente quelques exemples de forme de sol.

Support de cours Géotechnique 7 Génie Civil Bâtiment


Figure 1 : Quelques formes de sol
III.2 Dimensions
Les grains d’un sol ne sont ne sont pas liés par un ciment comme c’est le cas du béton, mais ils
peuvent être soumis à des forces d’attraction intergranulaires diverses : des forces électriques,
des forces de Van der Waals, ... Ces forces sont en général faibles et diminuent rapidement
lorsque la distance entre les grains augmente. Elles n’influencent que le comportement des sols
à dimensions très faibles. Dans ce cas le sol est doté d’une cohésion.
Cette constatation va amener le géotechnicien à définir deux grandes familles de sol (Figure 2):
les sols grenus qui sont de dimension supérieure à 20 m (0,02 mm),
les sols fins de dimensions inférieures à 20 m.

Figure 2 : Classification des sols


III.2.1 Sols grenus
Les sols pulvérulents : sable, gravier, cailloux, blocs sont constitués essentiellement de la silice
(quartz), du calcaire et d’autres roches inertes. Les effets capillaires dus à l’eau sont négligeables;
Les grains se comportent comme les granulats inertes du béton.
III.2.1.1 Principaux sols grenus
Les sols grenus sont ceux pour lesquels les caractéristiques géotechniques sont déterminées par
des forces de volume ou de pesanteur. Ils sont surtout définis granulométriquement.
On distingue principalement deux sous-familles :
- Sables : 50% des grains au moins sont compris entre 0,02 et 2 mm (Figure 4)
- Graviers : 50% des grains au moins sont compris entre 2 et 20 mm:
A noter : Les dimensions extrêmes varient légèrement suivant le système de classement
On peut ajouter pour préciser ces sols, d’autres caractères :
Nature minéralogique (composition chimique même de la roche mère),

Support de cours Géotechnique 8 Génie Civil Bâtiment


Forme des grains (liée à la genèse de l’altération mécanique), on distingue :
o Les sables éoliens : transportés par le vent, se rencontrent généralement sous forme de
dunes marines ou continentales.
o Les sables fluviatiles : se rencontrent dans les alluvions fluviatiles quelques fois sous
forme de terrasses.
o Les sables marins : Comprennent aussi bien les sables littoraux que les sables marins
anciens.
o Les sables résiduels ou arènes : Produits de la fragmentation sur place d’une roche mère
propice.
Gisement et tri (dépôt avec ségrégation ou non).
III.2.1.2 Comportement des sols grenus
Le comportement d’un sol pulvérulent (sol grenu) dépend presque uniquement de la dimension
des grains et de l’état de compacité dans lequel se trouve le squelette solide. Pour donner une idée
de l’état de compacité dans lequel se trouve un sol grenu à l’état naturel, on définit l’indice de
densité à partir de certaines propriétés physiques qui ont déterminés par des essais de laboratoire.
III.2.2 Sols fins
On appelle sol fin un sol comportant au moins 50 % (en poids) de grains de dimension inférieure
à 80 mm.
III.2.2.1 Principaux sols fins
Les principaux sous familles des sols fins sont les argiles et les limons. La structure d’un sol fin
est liée à la matière dont les particules sont formées, déposées et orientées les unes par rapport aux
autres.
III.2.2.2 Comportement des sols fins
Bien que de dimension des grains du squelette ait une influence, le comportement d’un sol fin est
avant tout fonction de:
sa composition minéralogique,
sa teneur en eau,
sa structure, c’est-à-dire de la manière dont les particules sont disposées et orientées les unes
par rapport aux autres.
III.2.2.3 Limons (ou Silts)
Les limons sont des matériaux de transition entre les sols grenus et les argiles, leur structure et leur
comportement sont également à l’intersection de ceux-ci. La définition la plus admise est celle
d’un sol dont la majeure partie des grains est comprise entre 2 et 20 μ
(définition purement descriptive ). Ils sont en grande partie formés de quartz. On distingue suivant
leurs origines :
Les limons éluviaux formés par altération sur place d’un substratum favorables (à l’altération),
Les limons de ruissellement et d’inondation qui se présentent en strates du fait de cycle de dépôt.
III.2.2.4 Argiles
On peut définir les argiles granulométriquement comme une roche dont les grains sont compris
entre 2 et 0,2μ. s’agit donc d’un sous-groupe des sols fin. C’est une roche sédimentaire terreuse
faisant pâte avec l’eau. Les argiles proviennent de l’altération chimique des roches et plus

Support de cours Géotechnique 9 Génie Civil Bâtiment


exactement des minéraux silicates (Feldpaths, mica…). On la dit plastique. On distingue suivant
leur origine :
Les argiles d’altération : formées principalement par l’altération des calcaires en climat tempérés
ou l’altération des latérites en climat chaud et humide,
Les argiles fluviatiles : Elles se déposent surtout dans le lit majeur des fleuves, lors des décrues,
Les argiles lacustres : déposées dans les lacs et étangs,
Les argiles marines : Ce sont des argiles d’origine continentale déposées en milieu marin, et
généralement modifiées par la diagénèse.
- Structure des argiles
Les particules d’argile sont formées par un empilement de feuillets. Elles ont une forme de
plaquettes. La surface des plaquettes étant chargée négativement, les particules sont soumises à
des forces d'attraction inter granulaires diverses.: forces électriques, forces de Van der Waals. ll se
crée autour des particules de sol une pellicule d'eau adsorbée ou eau liée d'épaisseur à peu près
constante(= 0,01p m) (fig.3 -b). Elle est maintenue à la surface des grains par des forces d'attraction
moléculaires. L’orientation des particules joue un rôle important sur les propriétés physiques et
mécaniques (Figure 3).

a) Orientation floculée b) Orientation dispersée

Figure 3 : Particules de sol argileux

- Types d’argiles
Les types d’argiles les plus fréquents sont : la kaolinite, la montmorillonite et l’illite. Ces différents
types d’argiles se comportent différemment vis à vis de l’eau.
La kaolinite est stable au contact de l’eau.
La montmorillonite n’est pas du tout stable au contact de l’eau. Les sols à forte teneur en
montmorillonite sont susceptibles de gonflement et de retrait important.
L’illite a un comportement intermédiaire (les latérites font partie de cette famille d’argile).
D’autres argiles peuvent être encore thixotropique. C’est le cas notamment des argiles situées sous
la ville de Mexico. Ces argiles sous l’effet par exemple d’un tremblement de terre ou localement
d’une machine tournante (mise en mouvement/vibration) deviennent alors liquide.
A noter : le constructeur de manière générale devra toujours se méfier des terrains argileux car ce
sont des terrains à même de causer de graves désordres sur les ouvrages (ar organique gile
gonflante ou encore active). Les argiles rencontrées en pratique sont formées de mélanges de
minéraux argileux se rattachant à ces trois familles.
III.2.3 Sols organiques
Lorsque les grains sont constitués de matière organique le sol est dit organique. La présence dans

Support de cours Géotechnique 10 Génie Civil Bâtiment


les sols de matières organiques, qui sont à l'origine de textures lâches et d'une importante rétention
d'eau, confèrent à ceux-ci une grande plasticité et une grande compressibilité. Pour des études
d'ouvrages importants où le critère de compressibilité est prépondérant (remblai sur sol
compressible par exemple), le dosage de matières organiques des sols appelés à supporter de tels
ouvrages est indispensable. La tourbe, résultat de la décomposition des végétaux est un exemple
de sol organique.
N.B : les sols organiques ont des mauvaises propriétés géotechniques. Au-delà de 2 à 3% de
matière organique, l’utilisation des sols en remblais peut engendrer des problèmes de tassements
à long terme. Les sols contenant plus de 5%de matière organique sont à proscrire.
IV. DIFFERENTS ELEMENTS CONSTITUTIFS DU SOL
Un sol est un mélange d’éléments solides, liquide (d’eau) et de gaz ou de phase solide, liquide et
gazeuse (Figure 4).

Figure 4 : Différents éléments constitutifs du sol

IV.1 Eléments solides


Les éléments solides proviennent de la désagrégation mécanique et/ou chimique d’une roche mère.
On distingue les minéraux non argileux (Æ>2mm et ayant le même comportement que la roche mère
: Sols pulvérulents), les minéraux argileux (kaolinite, illite et montmorillonite) et le sols organiques
(vases et tourbes).
IV.2 Eléments liquide : eau
La présence de l’eau dans le sol joue un rôle très important. En effet, une fois reconnue la présence
d’eau dans un terrain, il faudra s’attacher aux problèmes qu’elle pose et qui se ramènent
pratiquement tous, soit à son élimination (épuisement de fouille), soit à une réduction de sa charge
(drainage) (Cambfort, 1980). Au sein d’un échantillon de sol fin (dimensions <2m), on distingue
plusieurs catégories d’eau (eau de constitution, interfeuillets, liée et libre, etc…) (Figure 5).
IV.2.1 Eau de constitution
L’eau de constitution et le volume d’eau qui fait partie de la constitution chimique des masses
minérales présentes dans la phase solide du sol. En d’autres termes, c’est l’eau qui rentre dans la
composition chimique des feuillets.
IV.2.2 Eau liée ou eau adsorbée (hygroscopique)
C’est de l’eau adhérant fortement par adsorption à la surface des particules du sol, elle est
maintenue à la surface des particules par des forces d’attraction moléculaire. Elle provient de
l’humidité de l’atmosphère en contact avec les particules et forme autour d’elles une pellicule
adhésive dont l’épaisseur varie suivant la nature et la surface spécifique du minéral d’une part, la
tension de vapeur d’autre part. Elle n’est pas mobile et ne s’évacue qu’à des températures très

Support de cours Géotechnique 11 Génie Civil Bâtiment


élevées (<300°C).
IV.2.3 Eau capillaire
Elle est retenue dans les pores du sol par les forces de capillarité dues à la tension superficielle qui
se développe à l’interface eau-air. Elle est soumise à l’action de la pesanteur et elle transmet les
pressions.
IV.2.4 Eau libre ou gravifique
C’est celle qui obéit uniquement à la pesanteur, s’écoule dans le sol et peut être extraite par des
techniques simples. Elle transmet la pression hydrostatique, et sous l’action de différences de
pression, elle peut circuler librement.
IV.2.5 Eau interstitielle
L’eau interstitielle peut être soit l’eau libre soit l’eau capillaire. L’eau interstitielle s’évapore
complètement si l’échantillon de sol est porté à une température supérieure à 100°C.
IV.2.6 Eau pelliculaire
Entoure les particules de sol et leur eau hygroscopique. Elle est soumise à des forces d’attraction
moléculaires de la part de la couche d’eau hygroscopique qui diminuent rapidement quand on
s’éloigne de la particule. Le jeu des forces moléculaires entre particules voisines peut permettre à
cette eau de se déplacer sous forme liquide.
Les eaux hygroscopique et pelliculaire sont en quelque sorte une eau liée dont les propriétés
physiques sont bien différentes de celles de l’eau libre à la même température.

Figure 5 : Différents états de l’eau dans les sols

N.B : Lorsque le sol est humide et non saturé, l’eau libre est en général concentrée aux points de
contact entre les grains. Elle est retenue à ces endroits par des forces de capillarité qui créent entre
les grains des forces d’attraction. Lorsque l'eau remplit tous les vides, le sol est dit saturé.
IV.3 Eléments gazeux
En Génie Civil, le gaz contenu dans le sol est généralement de l’air pour les sols secs ou un mélange
d’air et de vapeur d’eau pour les sols humides. Lorsque tous les vides sont remplis d’eau le sol est
dit saturé.

Support de cours Géotechnique 12 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE 2 : PROPRIETES CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES DES SOLS

Durée : 3h
On a vu que le sol était un ensemble de trois phases : solide, liquide, gaz. Aussi est-il important de
définir un certain nombre de caractéristiques physiques qui permettront de préciser l’importance
de ces différentes phases par rapport à l’ensemble. Ces caractéristiques seront très utiles pour la
description des échantillons remaniés et non remaniés ainsi que pour l’évaluation des contraintes
au sein des massifs.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de:
 Connaitre les caractéristiques physiques des sols
 Savoir utiliser les différentes caractéristiques physiques des sols dans la résolution des
problèmes liés aux sols

I. CARACTERISTIQUES PHYSIQUES DU SOL


I.1 Description
Avant d 'analyser le comportement mécanique des sols, il est nécessaire de définir certains
paramètres qui se rapportent aux diverses proportions dans lesquelles se trouvent le squelette
solide, l’eau et l'air constituant le sol. Pour cela, considérons la représentation suivante d 'un sol
dans laquelle les trois phases sont séparée (Figure 6).

Figure 6 : Schéma d’un volume élémentaire de sol : Poids et volumes des différentes phases

Support de cours Géotechnique 13 Génie Civil Bâtiment


I.2 Paramètres physiques
Dans le milieu professionnel du B.T.P, on observe deux types de paramètres physiques : les
paramètres adimensionnels (sans dimension) et les paramètres dimensionnels.
I.2.1 Paramètres adimensionnels
Les paramètres adimensionnels indiquent dans quelles proportions sont les différentes phases
d'un sol. Ils sont également appelés les paramètres d’état, car ils sont fonction de l’état du sol
et caractérisent le comportement du sol sous l’effet d’un chargement donné. Très importants et
essentiellement variables, ils sont au nombre de quatre (4) dans ce chapitre et concernent la
porosité, l’indice des vides, la teneur en eau, le degré de saturation…
I.2.1.1 Porosité
C’est le volume des vides contenus dans un échantillon donné ramené au volume total de
l’échantillon. La porosité noté n, permet de connaître l'importance des vides, c 'est à dire de
savoir si le sol est dans un état lâche ou serré. Elle est définie par la formule suivante :

𝑉 𝑉𝑎 +𝑉𝑤 𝑉−𝑉𝑆 𝑉
n= 𝑉𝑉 = = =1- 𝑉𝑆
𝑉 𝑉
NB : n ε [0 ; 1]. La porosité est toujours inférieure à 1. Elle peut aussi être exprimée en pour
𝑉𝑆
cents. On définit également la compacité = = 1−𝑛
𝑉
Avec :
V : Volume total de l’échantillon de sol
Va : Volume d’air contenu dans l’échantillon de sol
Vw: Volume d’eau contenu dans l’échantillon de sol.
Vs : Volume des grains solides contenus dans l’échantillon de sol
I.2.1.2 Indice des vides
Les sollicitations auxquelles sont soumis les sols produisent des variations du volume des vides
Vv qui entraînent des variations du volume apparent V; aussi préfère-t-on souvent rapporter le
volume des vides non pas au volume apparent de l'échantillon mais au volume des particules
solides, lequel peut être considéré comme invariant. On définir alors l'indice des vides, notée e,
comme le volume des vides contenus dans un échantillon donné ramené au volume des grains
solides de l’échantillon. L’indice des vides est analogue à celle de la porosité.

𝑉 𝑉𝑎 +𝑉𝑤 𝑉−𝑉𝑆
e = 𝑉𝑉 = =
𝑆 𝑉𝑆 𝑉𝑆

NB : e ε [0 ; 10, 5]. L'indice des vides peut être supérieur à 1 et même atteindre la valeur de 13
(cas extrême des argiles de Mexico)
I.2.1.3 Teneur en eau
La teneur en eau, notée ω (water en anglais), est définie par le rapport du poids de l'eau au poids
des particules solides d 'un volume donné de sol. Elle est facilement mesurable en laboratoire. Elle
s 'exprime par la formule suivante en pour-cent :
𝑊
𝜔=𝑊𝑤×100
𝑆

NB: ω ε [0; ωsat]. La Teneur en eau peut dépasser 100% et même atteindre plusieurs centaines
de pour-cents.

Support de cours Géotechnique 14 Génie Civil Bâtiment


Avec :
𝜔: Teneur en eau
Ww : Poids de l'eau (w=water),
Ws: Poids des particules solides,
ω sat : Teneur en eau de saturation
I.2.1.4 Degré de saturation
Le degré de saturation noté Sr, indique dans quelle proportion les vides sont remplis par l'eau.
Il est défini comme le rapport du volume de l'eau au volume des vides. Il s'exprime par la
formule suivante en pour-cent :
𝑉 𝑉𝑤
Sr =𝑉𝑤 × 100=𝑉 × 100
𝑉 𝑊 +𝑉𝑎

Sol sec Sr= 0 ; saturé Sr= 1 ; un sol est dit saturé lorsque le vide est entièrement occupé par
l’eau.
NB : Sr ε [0 ; 1]. Le degré de saturation peut varier de 0 % (sols sec) à 100% (sol saturé).
 Teneur en eau de saturation : C’est la teneur en eau de tel sorte que : ω= ω sat
I.2.2 Paramètres dimensionnels
Les paramètres dimensionnels ou paramètres de nature indiquent les caractéristiques intrinsèques
du sol. IIs ne varient pas au cours du temps. Dans ce chapitre, on définit en outre les poids
volumiques qui, avec les poids et les volumes constituent les paramètres dimensionnels.
I.2.2.1 Poids volumique apparent d’un sol 𝛾 (équivaut au poids total du sol ou poids volumique
humide)
C’est le poids de l’unité de volume de ce sol. Autrement dit, C'est la somme des poids des particules
solides et de l'eau d 'un volume unité de sol. Il s’exprime en SI en N/m3.
𝑊 𝑊𝑠+𝑊𝑎+𝑊𝑤 𝑊𝑤+𝑊𝑠
𝛾 =𝑉= =𝑉 car Wa =0
𝑉𝑊 +𝑉𝑎+𝑉𝑠 𝑊 +𝑉𝑠

NB : Au laboratoire et par convention, Ws sera le poids du sol après un séjour de 24h dans une
étuve à 105°.
I.2.2.2 Poids volumique d’un sol sec γd (d pour dry)
𝑊𝑠+𝑊𝑎 𝑊𝑠
𝛾𝑑 =𝑉 = (Il s’exprime en SI en N/m3).
𝑊 +𝑉𝑎+𝑉𝑠 𝑉

I.2.2.3 Poids volumique de l’eau γw (w pour water)


𝑊𝑤
𝛾𝑤 = 𝑉 (Il s’exprime en SI en N/m3). En pratique 𝛾𝑤 = 10 KN/m3
𝑊
Si le sol est sec : 𝛾 = 𝛾d
I.2.2.4 Poids volumique de sols saturés γsat : lorsque tous les vides sont remplis d 'eau
𝑊𝑠 𝑊𝑠+𝛾𝑤+𝑉𝑣
γsat= 𝑉 = 𝑉

I.2.2.5 Poids volumique déjaugé : γ’

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ll est pris en compte lorsque le sol est entièrement immergé. Il tient compte de la présence de l'eau
qui remplit tous les vides et de la poussée d’Archimède :
γ’= γsat – 𝛾𝑤
γ’= (γs – 𝛾𝑤). (1 − 𝑛)
𝛾𝑤
γ’= γd (1- 𝛾𝑆 )
A noter : On ne parlera de poids volumique déjaugé que dans un milieu saturé.

I.2.2.6 Densité humide


𝛾
D=𝛾𝑤

I.2.2.7 Densité sèche


𝛾𝑑
D=𝛾𝑤

I.2.2.8 Densité des grains (notation G ou gravité spécifique)


𝛾𝑆
D=𝛾𝑤

NB : Parmi tous les paramètres définis précédemment, les paramètres sans dimensions sont les
plus importants. lls caractérisent l'état dans lequel se trouve le sol c'est à dire l'état de compacité
du squelette ainsi que les quantités d'eau et d'air contenue dans le sol.
II. RELATIONS ENTRE LES PARAMÈTRES
Tous les paramètres précédemment définis ne sont pas indépendants. Les relations les plus
importantes existant entre ces différents paramètres sont données dans le tableau 1 (ci-dessous).
Pour caractériser complètement un sol la connaissance de trois paramètres indépendants est
nécessaire ; le poids volumique de l'eau étant connu. Par exemple:
- un paramètre quantifiant le poids volumique : γ ou γd ou γ
- un paramètre quantifiant l’importance des vides : e ou n,
- un paramètre quantifiant la présence d’eau : w ou Sr

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Tableau 1 : Relations entre les grandeurs physiques du sol

Paramètres Définitions n e 𝜸 𝜸𝒅
Teneur en eau 𝑾
𝝎 = 𝑾𝒘
𝝎 (%) 𝑺

Porosité n
𝑉𝑎 +𝑉𝑤
n= -
𝑉

Indice des vides e=


𝑉𝑎 +𝑉𝑤
𝑉𝑆
-
e

Poids volumique 𝑊
𝛾 =𝑉 -
apparent 𝜸
Poids volumique
𝑊𝑠
apparent sec 𝛾𝑑 = -
𝑉
𝜸𝒅
Poids volumique
de grain 𝜸𝒔

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Travaux Dirigés 1 : PROPRIETES CARACTÉRISTIQUES PHYSIQUES DES SOLS (2h)

Exercice 1 : Questions à débattre


- Quelle est la différence entre la masse volumique et le poids volumique d’un sol ?
- Citer la relation qui unit ces deux caractéristiques ?
Exercice 2 :
Un échantillon de sol a un poids volumique de 1,76 tonne/m3. Sa teneur en eau vaut 25%, le volume
et le poids volumique des grains solides valent 1m3 et 2,70 tonnes/m3. On vous demande de faire
le diagramme ou phase de ce sol lorsqu’il est saturé à 85%
Exercice 3 :
Un échantillon de sol de volume Vt = 1000 cm3 pèse 1875 g, après séchage à l'étuve son poids
devient 1677 g.
Sachant que la densité des grains solide est de 2.66, calculer la teneur en eau (w), la masse
volumique sèche (ρd), la porosité (n), le degré de saturation (Sr) et la masse volumique du sol
saturé (ρsat).
Exercice 4 :
Un échantillon de sol a un indice des vides égal à 0,6 et une teneur en eau de 15%. Sachant que la
gravité spécifique vaut 2,7 ; déterminer :
1) Le poids volumique sec
2) Le poids volumique total
3) La teneur en eau et son poids volumique à l’état saturé.

Exercice 5 :
Un échantillon d’argile saturée pesait 35.4g à l’état naturel et 24.2g après séchage à l ‘étuve. Si le
poids volumique des grains solides vaut 26,2 kN/m3 ; déterminer :
1) la teneur en eau,
2) l’indice des vides,
3) la porosité,
4) le poids volumique total,
5) le poids volumique sec
6) le poids volumique déjaugé.
Exercice 6:
Un échantillon de sable de porosité 50 %, on demande de calculer e, ρsat, ρd et ρh si Sr = 30 %.
Exercice 7 :
On connait pour un sol saturé l’indice des vide e=0,7 et le poids spécifique des grains 𝛾𝑠 =
27𝐾𝑁/𝑚3. Calculer le poids volumique déjaugé.

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CHAPITRE 3 : METHODES DE RECONNAISSANCE ET ETUDE DES SOLS
Durée : 4h
La reconnaissance des sols permet d'appréhender les problèmes qui peuvent se poser lors de
l'étude d'un projet de construction ou lors de l'expertise de sinistres. Cette reconnaissance du
sol doit être réalisée en amont du projet pour concevoir et réaliser à un coût minimum, le projet
qui rencontrera les exigences de performance établies par la pratique. Ce chapitre indique les
différentes méthodes de reconnaissance et d’étude des sols géotechnique.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Connaitre les différentes étapes et méthodes de reconnaissance des sols
 Connaitre l’utilité des investigations géotechniques

A. METHODOLOGIE DE RECONNAISSANCE DES SOLS


I. DEINITION
La méthodologie de reconnaissance des sols est l’ensemble des procédés, de moyens
rigoureusement mise en œuvre pour arriver à un résultat, c’est-à-dire, la définition des caractères
généraux du sol (site) ou la détermination de certaines caractéristiques spécifiques du site concerné
par un projet donné.
II. DECRIPTION GENERALE ET OBJECTIF DE RECONNAISSANCE DES SOLS
Les études de reconnaissance des sols doivent être engagées assez tôt pour pouvoir orienter dès le
début le projet en fonction des données naturelles. Il faudrait tirer le maximum de données
géologiques de surface moins couteux que les reconnaissances en profondeur.
La reconnaissance des sols a un triple objectif :
 Définir la nature, position, épaisseur des différentes couches dans la zone d’influence
présumé des fondations ;
 Préciser les caractéristiques de la nappe aquifère : niveau (fluctuation), mobilité et
agressivité éventuelle, …
 Etudier les caractéristiques physiques et mécaniques, en particulier les relations
contraintes/déformations dans le temps, des couches intéressées afin de prévoir les
tassements de la construction : donc de choisir la structure portante la mieux adaptée.

III. ETAPES D’UNE ETUDE DE RECONNAISSANCE DES SOLS


III.1 Enquête et examen du site
C’est la première étape d’une étude de reconnaissance des sols. Il s’agit d’une étude de surface.
Elle consistera à se rendre sur le site, d’observer, de noter la géomorphologie du terrain, les
ouvrages existants, en un mot « sentir le site ». Cet examen fournit des renseignements importants
mais qui ne sont pas suffisants pour tirer des conclusions.
III.2 Examen de documents
Cette étape comprend deux (2) phases qui sont :la recherche et l’exploitation des documents.

III.2.1 Recherche des documents


Il est très important de trouver les informations déjà existantes pour gagner du temps. Il existe

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aujourd’hui des banques de données sur le sous-sol auxquelles on peut se référer. En Côte d’Ivoire,
des structures spécialisées tels que le LBTP, le BNETD, la SODEMI, la Direction de la Géologie,
la Direction de l’eau..., peuvent fournir des informations.
III.2.2 Exploitation des documents
Les documents de base restent les cartes (géologiques, géophysiques, aériennes, topographie…)
qui donnent une vue globale du relief et de la nature du sous-sol. Aujourd’hui il existe de carte
géotechnique.
III.3 Prospection générale
La prospection générale est définir se fait généralement à partir des méthodes de la géophysique.
III.3.1 Géophysique (méthodes indirectes)
La géophysique a pour objet de déterminer les propriétés physiques de la terre et sa composition
interne à partir de divers phénomènes physiques.
En géotechnique, le rôle essentiel de la géophysique est de préciser les données géologiques et de
les valider et simplifier les modèles de géo mécanique. En effet, la géophysique trouve son
application surtout à l’étude du projet de terrassement, de construction d’ouvrage et de recherche
de matériaux naturels exploitable en carrière. Elle doit être réalisée in situ et même seulement à
partir de la surface de la terre, puisque ce qui est en profondeur est à peu près inaccessible.
Quelques méthodes géophysiques sont décrites dans le tableau 2 ci-dessous.
III.4 Sondage (Méthode directe)
Le sondage est l’ensemble des opérations d’exploitation du sol en surface ou en profondeur par
prélèvement d’échantillons, qui sont décrits et transportés au laboratoire.
III.4.1 Prélèvements d’échantillons de sol
Les échantillons de sol prélevés pour analyse en laboratoire, doivent être rigoureusement
conditionnés, nommés et cotés afin d’identifier au mieux les variations de caractéristiques
physiques intrinsèques au niveau de l’assise.
Le plu souvent des essais complémentaires sur le site s’avèrent indispensable pour contrôler ou
pour établir une corrélation entre les résultats du laboratoire et le comportement du sol en place.
La puissance des appareils, le mode de perforation, le diamètre employé et les profondeurs atteintes
sont très variables. En génie civil, les profondeurs les plus fréquentes varient entre 0 et 100m. Les
principales méthodes de sondage des sols sont décrites dans le tableau 2.

Support de cours Géotechnique 20 Génie Civil Bâtiment


Tableau 2 : Quelques méthodes géophysiques et de sondages
Méthodes Définition Caractéristiques mesurées
Permet de déduire la vitesse
Provoquer un ébranlement dans le
de propagation des ondes et
sol par un choc provenant soit de la
chute d’une masse pesante, soit del’épaisseur d’une ou plusieurs
couches de terrains et la
Prospection l’explosion d’une charge enterrée
et l’onde (vibration) émise par nature,
sismique
une série de capteurs Utile pour l’implantation des
(géophones) situés à des distancesbarrages, le creusement de
croissantes de la source decanaux ou l’établissement de
l’ébranlement.
fondations
Permet de préciser les
épaisseurs des différents
Prospection
terrains traversés et la nature.
globale Etude de la circulation d’un
Utile pour l’implantation
(géophysique) courant électrique naturel ou
Prospection des barrages, le creusement de
artificiel dans le sol. En génie
électrique canaux ou l’établissement de
civil, la méthode employée est la
fondations et très
mesure des résistivités électriques
employée pour la recherche
et la délimitation des
nappes phréatiques.
Etude des anomalies de la pesanteur
Méthodes
liées à la distribution inégale desPermet la détection des
Gravi-
roches de densités variables ou à lacavités souterraines naturelles
métriques
présence de ou artificielles
cavités
Puits, Prélèvement à faible profondeurDétermination de la nature
Tranchées, d’échantillons pour analyse auet caractéristiques
Fouilles Laboratoire mécaniques des sols
Sondages Prélèvement en profondeur Détermination de la nature
d’échantillons pour analyse au des sols et caractéristiques
Forages
Laboratoire : Forages des mécaniques
destructifs et forages carottés

III.5 Exploitation des résultats


La reconnaissance des sols doit permettre :
 Le choix de la couche d’assise dont l’accessibilité directe ou non, à partir du dernier excavé
(sous-sol), détermine le type de fondation, superficielle ou profonde ;
 Le recours éventuel à un système spécial de fondation, selon les caractéristiques de la nappe ;
 La détermination de la contrainte admissible de la couche assise, ce qui, connaissant les
charges descendues par le bâtiment permettra le dimensionnement de la fondation ;
 La prévision des tassements du sol en service qui joue sur le choix de la structure et le recours
éventuel au fractionnement de la construction par des joints de rupture.

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B. PRINCIPAUX ESSAIS D’ETUDE DES SOLS
Il existe deux (2) principaux types d’essai des sols : les essais in situ et les essais en laboratoires.
I. ESSAIS IN SITU
Les essais in situ sont des groupes de mesures généralement rapides et souvent spécifiques que
l’on exécute en cours de sondage ou qui éclairés par quelques sondages afin d’éviter des erreurs
d’interprétation et de permettre leur étalonnage. Ces essais peuvent être réalisés directement en
fond de fouille ou depuis la surface. Ils ont l’avantage d’être effectués dans les conditions mêmes
où se trouvera le sol lorsqu’il sera sollicité par l’ouvrage considéré. Le tableau 3 ci-dessous donne
des informations sur quelques essais in situ.

Tableau 3 : Quelques essais in situ


Nature de l’essai Nom de l’essai Définition/Principe Caractéristiques mesurées
Consiste à charger le sol en Mesure du module
place au moyen d’une sonde pressiométrique et de la
cylindrique dilatable pression limite
Pressiométrique disposée dans un forage
Calcul des tassements et de
préalable
stabilité des fondations-
nature des terrains
Mesure de la résistance de
Consiste à enfoncer le sol à pointe, de l’effort total et du
vitesse lente et régulière, parfrottement latéral
Pénétromètre application d’une pressionJuger de l’hétérogénéité
statique continue à l’aide d’un vérin,
des sols en plan et en
Caractéristiques une pointe conique fixée à
l’extrémité d’un train de tige deprofondeurs ;
mécaniques et Classer les sols en fonction de
même section
d’identification leur dureté.
Consiste à enfoncer dans le
sol, par battage à l’aide d’une Mesure de la résistance de
masse (mouton), un train de pointe et de l’épaisseur des de
tige métallique de section différentes couches de
Pénétromètre constante muni à son sols traversées.
extrémité d’une pointe
dynamique Contrôle de l’homogénéité du
conique de diamètre supérieur
à celui de tige. L’on compte ite ; Localisation de cavité ou
le nombre N de coups de autre discontinuité,
mouton produisant un Reconnaissance du niveau du
enfoncement de 10,25mm. toit du rocher

II. ESSAIS DE LABORATOIRE


Les principales opérations pratiquées en laboratoire spécialisés portent sur l’identification de la
nature des couches et surtout sur la détermination des caractéristiques physiques et mécaniques
des sols rencontrés lors des opérations de sondages.
II.1 Essai d’identification

Support de cours Géotechnique 22 Génie Civil Bâtiment


Les essais d’identification permettent de qualifier le sol par un nom plus précis (argile, sable,
limon, argileux...). Une telle appellation est très utile quand elle est un peu rigoureuse car le
mécanicien des sols sait, pour chaque type de sol, quelles sont les propriétés à étudier, quels sont
les risques possibles, quelles sont les aptitudes principales. Le tableau 4 ci-dessous indique
quelques essais d’identification des sols.
Tableau 4 : Quelques essais d’identification (caractéristiques physiques)
Nature de l’essai Nom de l’essai Définition/Principe Caractéristiques mesurées
Poids spécifique Détermination du poids par Permet de définir la
unité de volume des grains densité d’un matériau ou sol
de grain
solide du sol
Détermination de pourcentage- Pourcentage de fine
en poids pour les différentes - Module de finesse
familles (diamè écoulementtre) - Coefficient d’uniformité (ou de
de grains
HAZEN)
constitutifs d’un granulat de
granularité d/D - Classification des sols
-par tamissage pour la fraction grenus,
de sol dont les éléments ont - Choix des matériaux de de
Analyse granulo-
leur D>80μm terrassement et de drainage
métrique -par sédimentométrie pour la
fraction de sol dont les
éléments ont leur D<80μm
Trace de la
Essais courbe granulométrique f
(D, % tamisât) sur un
d’identification
Diagramme
(caractéristiques semi-logarithmique
physiques) Détermination du potentiel
-Coefficient de perméabilité k
Coefficient de d’écoulement d’un
matériau caractérisé par -Déduire qu’un sol est grenu
perméabilité
sa perméabilité définie par (sable) ou fin (argileux),
la Loi de Darcy pour matériau de drain
un écoulement laminaire
Valeur de bleu deMesure de la quantité de Caractérisé l’argilosité d’un
méthylène méthylène sur les grains de sol sol, Qualification du sol
Mesure de la teneur en eau de
Changement d’état liquide,
plastique et solide puis
Consistance du Détermination des états de de
consistance d’un sol : Etat déduction de l’indice de
sol ou Limite
solide, Etat plastique, Plasticité
d’Atterberg Et Etat liquide
Classer des sols fins
Travaux de terrassement,
Etanchéité des bassins

II.2 Essai de mesure de caractéristiques mécanique


Les essais mécaniques sont ceux qui permettent de préciser le comportement mécanique du
matériau, en observant les déformations qu’il subit ou l’effet de contrainte.

Support de cours Géotechnique 23 Génie Civil Bâtiment


Ces essais sont censés représenter le comportement du sol en place sollicite par les charges
appliquées par l’ouvrage étudié (Tableau 5).
Tableau 5 : Quelques essais d’identification (caractéristiques mécaniques)
Nature de l’essai Nom de l’essai Définition/Principe Caractéristiques mesurées

Etude de la compressibilité et Mesure :


de la consolidation Contrainte de consolidation
d’échantillon intact ou Coefficient de compression
remanié soumis à une Coefficient de compressibilité
contrainte verticale en Module Œdométrique
Œdométrique fonction du temps. L’eau est Coefficient de consolidation
expulsée de l’échantillon sans
Degré de consolidation à
déformation latérale.
Le principe est de mesurer la l’instant ‘‘t’’
variation de hauteur de
l’échantillon de sol pendant
l’application de la charge
Trace de cercle de Mohr et
déduction de la
Consiste à disposer droite intrinsèque de
un échantillon cylindrique de
Coulomb tangente aux
sol dans une graine
Essais élastique étanche et cercles
d’identification Mesure de l’angle de
Cisaillement déformable, puis de le placer
(caractéristiques dans une enceinte remplie frottement interne et de la
Triaxial
d’eau mise sous pression cohésion du sol.
mécaniques)
constante. Un piston permetStabilité des pentes,
d’exercer sur l’échantillon Tassement des sols
une contrainte axiale
(Cas des remblais par
croissante jusqu’à la rupture.
exemple) et influence de
l’eau.
Consiste à appliquer une Trace de la courbe
contrainte normale constante (droite) intrinsèque de
à un échantillon de sol, Coulomb
maintenu en condition Mesure de l’angle de
drainée, dans une Frottement interne et de la
Cisaillement éprouvette constituée de deux
rectiligne demi-boîte, puis à le cohésion du sol.
soumettre à un Stabilité des pentes,
cisaillement horizontal Tassement des sols
jusqu’à rupture sous
(Cas des remblais par
contrainte tangentielle
variable. exemple).

C. ANALYSE QUALITATIVE DES ESSAIS DE PROPRIETES MECANIQUES DES


SOLS
I. ESSAIS DE LABORATOIRE

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I.1 Caractéristiques
- Prélèvement d’échantillon intact
- Reconstitution du modèle en place (simulation), car les essais sont censés représenter le
comportement du sol en place
- Condition environnementale d’opération bien maitrisée
I.2 Difficultés
- Extraction d’échantillon intacts (un échantillon est intact si le prélèvement n’a pas modifié ses
propriétés) ;
- Il peut être difficile de juger si l’échantillon est ou non intact par suite d’en tenir compte dans
l’interprétation de résultats d’essai ;
- Les sollicitations du sol en place étant parfois différentes de celle auxquelles sont soumis les
échantillons, on ne suit pas toujours bien utiliser les caractéristiques données par les essais ;
- Le transport et le conditionnement peuvent affecter la qualité des échantillons et influencer
les résultats d’essai, ….
II. ESSAIS EN PLACE
II.1 Caractéristiques
- Essais effectués directement dans la masse du sol à étudier ;
- Essais effectués dans les conditions même où se trouvera le sol lorsqu’il sera sollicité par
l’ouvrage considéré ;
- Essais faisables même quand l’extraction est plus impossible (grave propre, sable noyés...) ;
- Mode de sollicitation apporté au sol est plus proche de celui auquel sera soumis le sol de la
part de l’ouvrage ;
- Lorsqu’ils sont réalisés depuis la surface, ils sont économiques et aisément multipliable sur le
terrain.
II.2 Difficultés
- L’interprétation des essais en place est beaucoup plus empirique que celle des essais de
laboratoire ;
- Les essais en place sont globaux t ne permettent pas toujours d’isoler les propriétés
mécaniques élémentaires du sol (résistance au cisaillement et compressibilité, par exemples) ;
- Lorsqu’ils doivent être réalisés en profondeur par l’ouverture de tranchées, puits ou galeries,
ils deviennent onéreux et parfois impraticables en présence d’eau ou de terrain instables ...

Support de cours Géotechnique 25 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE 4 : IDENTIFICATION DES SOLS
Durée : 4h
Quelque soit l’utilisation envisagée d’un sol, il est important de connaître sa nature, sa
composition et la répartition des grains de différentes tailles qui le compose. Il est aussi
nécessaire de prendre en compte des propositions des différentes phases et les relations qui le
lient. Les paramètres d’identification qui sont déterminées à partir des d’essais d’identification
permettre de caractériser l’état dans lequel se trouvent ces sols et donc leur nature. Dans ce
chapitre nous verrons pour chaque type de sols les essais les plus couramment utilisés pour
l’identification et la classification géotechniques des sols.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Connaitre les différents essais propres aux sols grenus et aux sols fins
 Connaitre les rôles les différents essais propres aux sols grenus et aux sols fins

I. ESSAIS PROPRE AUX SOLS GRENUS


I.1 Essais granulométriques (NF P 94 056)
Les essais granulométriques permettent d’obtenir la répartition en pourcentage des grains solides
selon leurs dimensions. Deux types d’essais sont envisageables selon le sol à tester :
Par tamisage (par voie humide ou sèche) pour les éléments de diamètre∅ ≥ 80mm.
Par sédimentométrie pour les éléments de diamètre ∅ < 80mm ou sols fins (cohérents).
I.1.1 Granulométrique par tamisage
L’essai consiste à faire passer un échantillon représentatif de sol à travers des tamis superposés
dont les ouvertures vont en décroissant du haut vers le bas. Les particules les plus grosses restent
donc emprisonnées sur les tamis les plus hauts, tandis que les particules plus fines se dirigent vers
les tamis inferieurs. La quantité de matériau retenue sur le tamise est appelée refus, celle qui passe
au travers du tamis est appelée tamisât (Figure 7).
Lorsque les masses retenues sur chaque tamis deviennent constantes, le tamisage est terminé et
tous les refus sont pesés. La masse de chaque refus est ensuite comparée à la masse totale de
l’échantillon, ce qui permet de calculer les pourcentages de refus cumulatif et de passant.

Figure 7 : Analyse granulométrique

I.1.2 Granulométrique par s par sédimentation


Lorsque la dimension des particules est inférieure à 80 μm, le tamisage n'est plus possible. On
a alors recours à la sédimentométrie. L’essai consiste à laisser une suspension de sol se déposer

Support de cours Géotechnique 26 Génie Civil Bâtiment


au fond d’une éprouvette pleine d’eau. Plus les grains sont fins, plus la vitesse de décantation
est lente conformément à la loi de Navier Stokes sur la vitesse de chute de billes sphériques
dans l’eau. La mesure de la densité de suspension à des intervalles de temps variables permet
de calculer la proportion des grains de chaque diamètre. À partir de la loi de Stokes, on
détermine la taille des grains :
V= (9,8 D^(2 ) (Drs-Drl))/3μ ↦ D=√3Vμ/(9,8 (Drs-Drl))
Où :
D= diamètre de la sphère (mm) ;
v = vitesse de chute de la sphère (cm/min) ;
Drs = densité relative de la sphère ;
Drl = densité relative du liquide ;
μ= viscosité dynamique du liquide (Pa.s).
I.1.2 -Courbe granulométrique
Un mode de représentation commode des résultats de l’analyse granulométrique est la
COURBE GRANULOMETRIQUE. Elle représente pour chaque dimension « % » de particule,
le poids (ou masse) « % » des particules de cette taille ou de tailles inférieures. Ce poids est
exprimé en pourcentage par rapport au poids total de la matière sèche de l’échantillon étudié.
Cette courbe est tracée en coordonnées semi-logarithmique (Figure 8).

Figure 8 : Exemple de détermination des di

N.B : di : diamètre correspondant à i% de pourcentage de tamisat cumulé.


- d10 =0.17
- d30 = 0.58
- d60= 1.80
I.2 Coefficient d’uniformité et coefficient de courbure d’une courbe granulométrique
La forme de la courbe granulométrique permet de préciser le degré d’étalement de la granulométrie
ou encore son uniformité : plus la granulométrie est uniforme ou serrée, plus la pente de la partie
médiane de la courbe est prononcée. Cette uniformité est exprimée par le Coefficient d’uniformité

Support de cours Géotechnique 27 Génie Civil Bâtiment


𝑫
(Cu) ou COEFFICIENT DE HAZEN défini par le rapport : Cu=𝑫𝟔𝟎
𝟏𝟎
(Dy: ouverture du tamis laissant passer y % du poids des grains).
Où:
D60 = diamètre effectif des particules qui correspond à 60% du passant.
D10 = diamètre effectif des particules qui correspond à 10% du passant.
Selon la valeur du coefficient d'uniformité, on reconnait cinq classes de granulométrie (Tableau
6).
Tableau 6 : Différentes classe de granulométrie
coefficient d'uniformité classes de granulométrie
Cu ≤ 2 granulométrie très serrée.
2 < Cu ≤ 5 granulométrie serrée.
5 < Cu ≤ 20 granulométrie semi-étalée
20 < Cu ≤ 200 granulométrie étalée
200 < Cu granulométrie très étalée.

On définit également le coefficient de courbure. Ce coefficient de courbure (Cc) renseigne sur la


densité du matériau. Il permet aussi de décrire la forme de la courbe granulométrique et s‘exprime
par le rapport :
(𝑫𝟑𝟎)𝟐
Cc=𝑫
𝟏𝟎 ×𝑫𝟔𝟎

Où : D30 = diamètre effectif des particules qui correspond à 30% du passant.


Lorsque certaines conditions sur Cu et Cc sont satisfaites (1 ≤ Cc ≤ 3), le sol est dit bien gradué
c'est à dire que sa granulométrie est bien étalée, sans prédominance d'une fraction particulière.
Quand sa granulométrie est discontinue (1> Cc > 3), avec prédominance d'une fraction
particulière, il est dit mal gradué. Les sols bien gradués constituent des dépôts naturellement
denses avec une capacité portante élevée. Ils peuvent être aisément compactés en remblais et
forment des pentes stables (Figure 9).

Figure 9 : Exemples des courbes de granulométriques

Support de cours Géotechnique 28 Génie Civil Bâtiment


I.3 Equivalent de Sable (normeN F p 18-598)
Désigné par le symbole ES, l’Equivalent de Sable a pour but d’évaluer la proportion relative
d’éléments fins contenu dans le sol fin et de sol grenu. Cet essai est important, car la présence
d’éléments fins peut modifier le comportement de ces sols. En particulier la présence de particules
argileuses dans le sable d’un mortier ou béton, en abaissant l’adhérence « pâte de ciment/granulats
», est défavorable à la mise en œuvre et aux performances finales du béton ou mortier (micro-
fissuration).
L’essai consiste à opérer sur une fraction de sol dont les éléments sont inférieurs à 5mm, par un
lavage énergétique de manière à séparer les grains plus ou moins gros des particules fines.
L’éprouvette contenant la fraction de sol et la solution lavante est soumise à 90 cycles de 20 cm
d’amplitude chacun en 30s. On laisse ensuite se décanter. Le sable vrai se dépose dans le fond de
la burette jusqu’à un niveau h2 (h2= hauteur du vrai sable) qui peut être mesuré.
Au-dessus du sable, se dépose le floculat gonfle par la solution.
On peut donc distinguer un second niveau h1(h1= hauteur du vrai sable +hauteur de floculat)
mesuré depuis le fond de la burette et qui est surmonté d’un liquide transparent de la solution
lavante décanté (voir figure 4). On détermine le rapport entre la hauteur du dépôt solide h2 et la
hauteur du niveau supérieur du floculat h1 (Figure 10).

Figure 10: Essai de l’équivalent de sable

L’équivalent de sable est défini par le rapport :


ℎ2
E : ℎ1 × 100 .

Le tableau ci-dessous donne la nature de sol en fonction de l’ES.

Tableau 7 : Nature de sol en fonction de l’ES


ES Type de sol
0 Argile pure
20 Sol plastique
40 Sol non plastique
100 Sable pur et propre
N.B : Le paramètre équivalent de sable retenu dans la classification des sols de 1976 pour
distinguer les sols peu à très peu argileux, perd beaucoup de son intérêt depuis l’introduction de la
VBS (Valeur du Bleu de méthylène du sol). En d’autres termes, en géotechnique ct essai n’est
pratiquement plus utilisé. L’intérêt de l’équivalent de sable est de nos jours plus pour la
formulation des bétons et mortier (qualité du sable).
I.4 Densité relative (ou indice de densité) (norme NF P 94-059)
La Densité relative permet de caractériser la compacité d’un sol grenu et son aptitude à

Support de cours Géotechnique 29 Génie Civil Bâtiment


supporter des charges.
𝒆𝒎𝒂𝒙−𝒆
ID =𝒆𝒎𝒂𝒙−𝒆𝒎𝒊𝒏
Avec :
- e : indice des vides du sol en place.
- emax : indice des vides du sol à l’état le plus lâche (ou moins compact).
- emin : indice des vides du sol à l’état le plus dense (ou plus compact).
Les tableaux ci-dessous donnent la compacité d’un sol en fonction de l’indice.
Tableau 8 : Compacité d’un sol en fonction de l’indice de Densité
ID Compacité du sol
0 Très lâche
<0,5 lâche
0,5 moyennement dense
>0,5 très compact
1 très bien compact
N. B : La détermination de la Densité relative est limitée aux couche superficielles du sol.
Pour les profondeurs importantes, on utilise l’essai normalisé de pénétration SPT (Standard
Penetration Test).
Tableau 9 : Etat de compacité d’un sol en fonction de son Indice de Densité
Relation entre N et Dr ID en % Etat de compacité du sol grenu
N=4↔ Dr<20 0-15 Très peu compact et très lâche
4<N≤10 ↔ 20≤Dr<40 15-35 Peu compact et lâche
10<N≤30 ↔40≤Dr<60 35-65 Moyennement compact
30<N≤50 ↔60≤Dr<80 65-85 Compact à dense
N>50 ↔Dr>80 85-100 Très compact

II. ESSAIS PROPRE AUX SOLS FINS


II.1 Valeur du Bleu de méthylène du sol (NF P 94 068)
Cet essai est une mesure indirecte de la surface spécifique des grains solides par adsorption d’une
solution de bleu de méthylène jusqu’à saturation. En d’autres termes, il exprime la quantité de bleu
de méthylène pouvant être absorbée par les surfaces des particules de sols. Le résultat VBS
s’exprime donc en grammes de bleu pour 100g de sol. On considère que cet essai exprime
globalement la quantité et la qualité de l’argile contenue dans un sol (généralement la fraction
inferieure à 2mm). Le tableau ci-dessous donne la nature du sol en fonction de la valeur du bleu
de méthylène du sol.

Tableau 10 : nature du sol en fonction de la valeur du bleu de méthylène du sol


Valeur du Bleu de méthylène du sol (VBS) Nature du sol
0-0,2 Sol sableux– insensible à l’eau
0,2-2,5 Sol limoneux-peu plastique et sensible à l’eau
2,5-6 Sol limoneux-argileux–plasticité moyenne
6-8 Sol argileux – plastiques
>8 Sol très argileux –très plastique

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II.2 Surface spécifique
On appelle surface spécifique, la surface des grains par unité de masse. Elle dépend principalement
la taille des grains (dans une moindre mesure de la forme des grains) Elle peut varier de 0,3 m2/g
pour les sables fins à plusieurs centaines de m2/g pour les argiles de type Montmorillonite.
II.3 Consistance des sols fins (limites d’ATTERBERG)
II.3.1 Définition
La consistance caractérise le degré de cohésion d'un corps liquide ou solide par sa viscosité ou
sa rigidité, la résistance qu'offre sa matière. Elle est liée aux forces de cohésion entre les
particules et ne concerne donc que les sols cohérents. Elle a une influence sur la résistance aux
déformations. La consistance dépend principalement de la distance qui sépare les particules
d’un sol (plus l’indice des vides est élevé, plus la distance est grande) : w↗ ⇒ e↗ ⇒ particules
éloignées ⇒ consistance mole ⇒ sol déformera facilement »
II.3.2 Etats de consistance
On distingue quatre états de consistance (Figure 11).
- État solide :
Lorsque le sol est à l’état solide, ses particules sont en contact les unes avec les autres, et les
films d’eau adsorbée sont très minces et se touchent : il n’y a pas d’eau libre entre les particules.
Le sol manifeste une très grande résistance au cisaillement et, sous l’effet d’une charge, les
déformations sont faibles avant qu’il ait rupture. En génie civil, on parle de sol ayant un
comportement fragile, similaire à celui de la brique.
-Etat semi-solide :
Un sol à l’état semi-solide, a une faible teneur en eau, et les liens de cohésion entre ses particules
sont très forts. Les films d’eau adsorbée, quoiqu’encore minces, séparent légèrement les
particules, de telle sorte qu’un assèchement du sol causerait un retrait. Il s’ensuit que les
déformations du sol provoquées par des charges sont toujours accompagnées de fissures.
- État plastique
Lorsque le sol est à l’état plastique, sa teneur en eau est plus grande et ses particules sont plus
éloignées les unes des autres. Les films d’eau adsorbée sont beaucoup plus épais, mais ils se
touchent encore ; la cohésion du sol est plus faible qu’à l’état semi-solide. Sous de petites
charges, le sol se déforme sans fissures.: c’est un sol qu’on peut façonner à la main.
- État liquide :
Lorsque le sol est à l’état plastique, sa teneur en eau est si élevée qu’il n’existe pratiquement
plus aucune cohésion entre les particules, qui sont entourées de leur film d’eau adsorbée et
isolées les unes des autres par l’eau libre. Le sol peut alors se comporter comme un liquide
visqueux.

Support de cours Géotechnique 31 Génie Civil Bâtiment


Figure 11 : Etats de consistance

II.3.3 Limites d’ATTERBERG (NF P 94-051)


Les teneurs en eau qui délimitent les quatre états de consistance sont appelées limites de
consistance ou limites d’ATTERBERG. Ces limites, qui s’expriment en pourcentages, sont les
suivantes : limite de retrait (ws), limite de plasticité (wp), limite de liquidité (wl). Les limites
d’ATTERBERG sont déterminées uniquement pour les éléments fins d’un sol (fraction passant au
tamis de 0,4 mm), car ce sont les seuls éléments sur lesquels l’eau agit en modifiant la consistance
du sol.
- Limite de liquidite WL
C’est la limite au-delà de laquelle le sol se comporte comme un fluide visqueux. C’est la teneur
en eau qui sépare l’état liquide de l’état plastique. En géotechnique, cette limite est la teneur en
eau qui correspond à une fermeture sur 1cm de la rainure du mortier préalablement placé dans
la coupelle de Casagrande et soumis à une série de 25 chocs ou coups imprimés à la coupelle.
𝑁
Elle s’exprime par : WL=w (25)0,121 et aussi graphiquement par une représentation en
coordonnées logarithmiques de différentes teneurs en eau et le nombre de coup correspondant
à la fermeture de la rainure sur 1 cm. Cette limite et généralement inférieure à 100 et elle excède
rarement 40 en pratique. (Figure 12)

Figure 12: Limite de liquidité

- Détermination de la limite de liquidité : Méthode de CASAGRANDE (Norme NFP 94-


051).

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Pour détermine la limite de liquidité, on étend sur une coupelle une couche du matériau
dans laquelle on trace une rainure au moyen d 'un instrument en forme de V (Figure 13).
On imprime à la coupelle des chocs semblables en comptant le nombre de chocs
nécessaires pour fermer la rainure sur 1 cm, on mesure alors la teneur en eau de la pâte.

Figure 13 : Appareillage pour la détermination de la limite de liquidité

- Limite de plasticité Wp
C’est la limite au-dessus de laquelle le sol a un comportement plastique. C’est la teneur en eau
qui sépare l’état plastique de l’état liquide avec retrait ou semi-solide. On la définit également
comme la teneur en eau d’un sol qui a perdu sa plasticité et se fissure en se déformant lorsqu’il
est soumis à de faibles charges.
Pour déterminer la limite de Plasticité on roule l'échantillon en forme de cylindre qu’on aminci
progressivement (Figure 14). La limite de plasticité est la teneur en eau du cylindre de 10 à 15
cm de longueur et de 3 cm de diamètre qui, lorsque soulevé sur une hauteur de 15 à 20 mm, se
brise en petit tronçon de 1 à 2 cm de long au moment où son diamètre atteint 3mm. ll faut donc
réaliser des rouleaux de 3 mm de diamètre sans pouvoir faire de rouleaux plus fins. On exécute
en général deux essais pour déterminer cette limite.

Figure 14 : Détermination de la limite de plasticité

- Limite de retrait WR ou Ws
C’est la teneur limite en eau qui sépare l’état solide avec retrait de l’état solide sans retrait. Elle
correspond à la quantité d’eau juste nécessaire pour combler le vide d’un sol lorsque celui-ci
est à son volume minimum. C’est la limite au-dessous de laquelle le sol cesse de diminuer de
volume quand sa teneur en eau décroit. Sa détermination se fait au laboratoire selon une
procédure standard d’acquisition de couple (W, V) après passage successif à l’étuve. Cette
limite sert à l’étude de certains sols dont le volume varie fortement à cause des changements de
la teneur en eau. La figure 15 montre les différentes limites d’ATTERBERG et les consistances.

Support de cours Géotechnique 33 Génie Civil Bâtiment


Figure 15 : Détermination de la limite d’ATTERBERg et des consistances

II.3.4 Indices de plasticité, liquidité et de Consistance


- Indice de plasticité (Ip)
L'indice de plasticité noté lp, est le paramètre le plus couramment utilisé pour caractériser
l’argilosité des sols. Il s'exprime par la relation: Ip (%)= wL - w p
Un sol, dont l’indice IP est grand, est très sensible aux conditions atmosphériques, car plus IP
est grand plus le gonflement par humidification de la terre et son retrait par dessiccation seront
importants. Il précise ainsi le risque de déformation du matériau. Le tableau ci- dessous défini
une classification des indices de plasticité en fonction du type et de l’état de sol.

Tableau 11: Classification des indices de plasticité en fonction du type (ou de l’état de sol)
Indice de plasticité (%) Type de sol Indice de plasticité (%) Etat du sol
<1% Pulvérulent 0-5 Sol non plastique
1%<Ip<7% Sable argileux 5-15 Sol peu plastique
7%<Ip<17% Argile sableuse 15-40 Sol plastique
Ip> 17% Argile Ip> 40 Argile
Casagrande a montré expérimentalement qu’il
existerait une relation linéaire de forme Ip=α×WL-𝛽 avec 0,7<α<0,8 et 13<𝛽 < 17
𝛼 𝑒𝑡𝛽 𝑑𝑒𝑝𝑒𝑛𝑑𝑒𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑛𝑎𝑡𝑢𝑟𝑒 𝑚𝑖𝑛𝑒𝑟𝑎𝑙𝑜𝑔𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑒 𝑙 ′ 𝑎𝑟𝑔𝑖𝑙𝑒 𝑒𝑡 𝑑𝑒 𝑠𝑒𝑠 𝑐𝑜𝑛𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛𝑠 𝑑𝑒 𝑓𝑜𝑟𝑚𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛.
Pour les sols courants on admet la relation Ip= 0,73 (WL-20) appelée ‘ligne A’ ’sur l’abaque
de plasticité de Casagrande.
- Indice de liquidité (IL)
L’indice de liquidité (IL) permet de savoir rapidement si un sol est à l’état liquide, plastique,
semi-solide ou solide. Pour établir cet indice, on compare la teneur en eau naturelle (in situ)
(w) d’un sol à ses limites de plasticité et de liquidité :
𝑊−𝑊𝑃 𝑊−𝑊𝑝
IL= = 𝑊𝑙−𝑊𝑝
𝐼𝑃

L’indice de liquidité IL croit inversement à la consistance du sol. Lorsque IL<0 alors le sol peut
être utilisé par le travaux de génie civil.

- Indice de Consistance
La comparaison de la teneur en eau d’un sol et de la limite d’ATTERBERG permet de se faire

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une idée de l’état d’une argile qu’on peut caractériser par son indice de consistance ‘‘Ic’’.
L’indice de consistance Ic, croit en même temps que la consistance du sol (Figure 16). A partir
de 1, le sol peut-être éventuellement réutilisé pour les ouvrages du génie civil. Cet indice permet
𝑊𝐿−𝑤
donc de situer l’état naturel d’un sol et s'exprime par la relation: Ic (%)= 𝐼𝑝

Figure 16 : Limites d’Atterberg indice de liquidité

Le tableau ci-dessous défini une classification des indices de consistance en fonction de l’état
de sol et la figure 17 donne la classification des sols fins.
Tableau 12: Classification des indices de consistance en fonction de l’état de sol
Indice de Consistance (Ic%) Etat du sol
Ic<0 Sol liquide ou fluide
0-1 Sol plastique (ou dur à très plastique)
Ic>1 Sol solide ou consistant ou très dure

Figure 17 : Classification des sols fins : Diagramme de plasticité

III. AUTRES ESSAIS


III.1 Activité des argiles
L’activité du sol décrit le comportement des argiles en présence de l’eau. Elle est définie par le
rapport de l’indice de Plasticité à la teneur en argile du sol. Elle est définie par le rapport de
l’indice de Plasticité à la teneur en argile du sol.
IP IP IP
Ac=Teneur en argile ou Ac=% D<0,002mm=P(2μm)

Les tableaux 13, ci-dessous défini une classification des indices de consistance en fonction de

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l’état de sol.
Tableau 13 : Classification des indices de consistance en fonction de l’état de sol
Activité des argiles Comportement Type de sol
0,38 Inactif Kaolinite
0,9 Normal Illite
7,2 Actif Montmorillonite
III.2 Teneur en matières organiques : « MO »
Les teneurs en matières organiques peuvent être déterminé par plusieurs méthodes, cependant
quelques méthodes sont présentées :
- Méthode in situ
On identifie la teneur en matières organiques in situ à leur couleur grise à noire, à la présence
de débris végétaux et à leur odeur. La teneur en matières organiques (MO) est définie comme
le quotient de la masse de matières organiques contenues dans un échantillon de sol par la masse
totale des particules solides minérales et organiques. Le tableau 14 indique le Type de sol en
fonction du % en MO.
𝑀
MO=𝑀𝑆2 ×100
𝑆1

Avec Ms1 : Masse de l’échantillon initial après passage à l’étuve


Ms2 : Masse de l’échantillon après réaction à l’eau oxygénée et passage à l’étuve.
Tableau 14 : Type de sol en fonction du % en MO
Matières organiques(MO%) Type de sol
MO < 3 Non organique Sol minéral (nO)
3 < MO < 10 Faiblement organique Vase (fO)
3 < MO < 30 Moyennement organique Sol tourbeux (mO)
MO > o Très organique Tourbe (tO)

- Méthode Test d'humidification de Von Post


Ce test permet d'estimer le degré de décomposition des matières organiques des sols par
référence à une échelle d'humidification empirique comportant dix classes H1 à H10 (la classe
H1 correspond à une masse végétale non humidifiée, la classe H10 à un sol organique
totalement humidifié à l'état de pâte). L'essai consiste à comprimer une certaine quantité de
matériau et à observer la nature et la couleur du liquide qui en sort, que l’on compare à une
échelle préétablie. Il peut être réalisé à la main ou à l'aide d'un système mécanique.
- Méthode au laboratoire
Au laboratoire, la teneur globale en matière organique se mesure sur le résidu passant à 0,4 mm,
préalablement séché à 65°, que l’on fait réagir à l’eau oxygénée ou par calcination. Les matières
organiques peuvent aussi être oxydées par un mélange de bichromate de potassium et d'acide
sulfurique concentré.
III.3 Teneur en carbonate : % de CaCo3
La détermination de la teneur en CaCO3 est réalisée au calcimètre Dietrich-Fruhling. L’essai
consiste à mesurer à l'aide d'une burette à gaz le volume de CO2 dégagé par la réaction du HCI sur
le carbonate de calcium contenu dans l’échantillon. L'acide chlorhydrique dilué décompose le
carbonate de calcium selon la réaction :

Support de cours Géotechnique 36 Génie Civil Bâtiment


CaCo3+ 2Hcl CaCl2+H2O+CO2
Quant à la teneur pondérale en carbonates d’un sol, elle est le rapport entre la masse de carbonate
contenue dans le sol à sa masse sèche totale (Ms) :
𝑀𝐶𝑎𝐶𝑜3
CaCo3= ×100
𝑀𝑆

La teneur en CaCO3 d’un sol fin est un bon indice de sa résistance mécanique et de sa sensibilité
à l’eau. Suivant la valeur de cette teneur le comportement du sol évolue depuis celui d'une argile
jusqu'à celui d'une roche, la valeur de transition étant aux alentours de 60 - 70 % (Figure 15).
Tableau 15 : Type de sol en fonction du % en CaCo3
Teneur en Carbonate (%) Type de sol
0 - 10 Non marneux Argile
10 - 30 Faiblement marneux Argile marneuse Sol
30 - 70 Marneux Marne
70 - 90 Calco - marneux Calcaire marneux Roche
90 - 100 Calcaireux – crayeux Calcaire

Travaux Dirigés 2 : IDENTIFICATION DES SOLS (2h)

Exercice 1 : Questions à débattre


- Etant donné qu’il n’y a pas d’essai qui mesure le degré de saturation d’un sol, de quelle façon
peut-on le quantifier ?
- Sur quels types de sols les essais de limites d’ATTERBERG sont effectués ?
- En plus de l’appareil de Casagrande, on parle aussi du pénétromètre à cône : à quoi ça sert ?
- Peut-on réaliser l’essai de bleu sur un sable ?
- Exercice 2:
Le creusement d'une tranchée de drainage a permis de mettre à jour deux couches d'argile dont les
caractéristiques sont les suivantes :
(1) wL = 72, Ip = 35, teneur en eau w = 65%
(2) wL = 72 wp = 37, teneur en eau w = 30%
1) Montrer que les deux argiles ont les mêmes limites d'ATTERBERG ;
2) calculer leurs indices de consistance respectifs.
c) Qu'en concluez-vous quant à leurs propriétés ?
Exercice 3:
Des essais réalisés sur un échantillon de sol remanié ayant une teneur en eau à l’état naturel de
21.5%, ont donné les résultats suivants :
- Analyse granulométrique (par voie humide et sédimentométrie)

Limites d’Atterberg : Limite de liquidité = 31.00 % et Limité de plasticité = 24.80 %.


1) Tracer la courbe granulométrique de ce sol
Calculer les coefficients d’uniformité et de courbure. Commenter.
2) Déterminer les indices de plasticité, de liquidité et consistance. Commenter
3) Classer ce sol d’après la classification LPC.

Support de cours Géotechnique 37 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE 5: CLASSIFICATION GEOTECHNIQUE DES SOLS

Durée : 3h
Pour résoudre les problèmes de mécanique des sols, il est important de caractériser un sol mais
aussi de les classer, c’est à dire de les mettre dans un groupe ayant des comportements
similaires. Cependant, un système de classification ne peut remplacer ni la reconnaissance
géotechnique sur le site ni les essais de mesure des propriétés mécaniques du sol, sur place ou
en laboratoire. Les différents types de classifications des sols utilisées par la géotechnique dans
le monde et en côte d’ivoire particulier fera l’objet de ce cours.

Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :


 Maitriser les différentes classifications des sols utilisées par géotechnique

I. DEFINITION ET BUT
Classer un sol consiste à l'identifier grâce à des mesures quantitatives est à lui donner un nom afin
de le rattacher à un groupe de sols de caractéristiques semblables. Elle consiste à regrouper les sols
qui ont une nature, un état et un comportement similaires par rapport à une application
géotechnique particulière (route, fondation, barrage, etc…)
II. SYSTEMES DE CLASSIFICATION GEOTECHNIQUE DES SOLS
Il existe de par le monde de nombreux systèmes de classification des sols. Il existe plusieurs
systèmes de classification des sols. Parmi ces nombreux systèmes de classification géotechnique
des sols, nous avons :
 Classification U.S.C.S (Unified Soil Classification System) établie par Casagrande ;
 Classification L.C.P.C (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées) identique à la
classification U.S.C.S ;
 Classification A.A.S.H.O (American Association State Highways Officials);
 Classification G.T.R (Guide des terrassements routier).
Cependant, les classifications GTR et la classification américaine USCS (Unified Soil
Classification System) sur laquelle a été calquée celle mise au point en France par le Laboratoire
Centrale de Pont et Chaussée dite Classification LPC seront l’objet de ce cours.
II.1 Classification LPC
Cette classification est celle utilisée dans les pays Afrique francophone. Elle a été mise au point
en France en 1965 par le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées. Cette classification est une
adaptation de la classification U.S.C.S (The Unified Soil Classification System) mis au point par
le « Bureau of reclamation » et le « Corps of Engineers » aux Etats Unis. C’est une classification
normalisée et c’est elle qui est utilisée en Côte d’Ivoire.
III.2 Classification GTR
Cette classification est la seule présentant un réel intérêt pratique et utilisée dans les travaux de
terrassement. Son utilisation est détaillée dans le Guide technique pour la réalisation des remblais
et couches de forme ; C’est pour cette raison qu’elle est désignée par classification
GTR.

Support de cours Géotechnique 38 Génie Civil Bâtiment


III. PRINCIPE DE LA CLASSIFICATION DES SOLS
III.1 CLASSIFICATION GTR
Cette classification, définit des classes de sols corrélées avec l’aptitude au compactage des
matériaux en fonction des conditions de chantiers et leur comportement mécanique ultérieur. Elle
tient compte des mêmes caractéristiques de base que la classification LPC/USCS, mais elle est
beaucoup plus précise pour les particules argileuses, qui ont une grande influence sur la conduite
des terrassements, et tient compte de l’altérabilité des matériaux au cours du temps. On distingue
3 familles :
- Les sols de classe : A, B, C et D
- Les matériaux rocheux de classe : R
- Les sols organiques et sous-produits industriels de classe : F
Les grandes familles de matériaux de cette classification sont présentées dans le tableau 16.

Tableau 16 : Classification GTR (SETRA)


CLASSE Définition Caractéristique Sous-classe
Dmax ≤ 50 𝑚𝑚 A1 à A4 selon VBS
A Sols fins
et passant à 80μm>35% ou Ip
Dmax ≤ 50 𝑚𝑚 B1 à B6 selon VBS
B Sols sableux et graveleux avec fines
et passant à 80μm>35% ou Ip et tamisât
Dmax ≤ 50 𝑚𝑚
Sols comportant des fines et 30 sous-classes
C des gros et passant à 80μm>12% selon VBS, Ip et
éléments ou passant à 80μm≤ 12% + tamisat à 50 mm
VBS> 0,1
VBS ≤ 0 ,1
Sols insensibles à l’eau avec
D D1 à D3
fines et passant à 80μm ≤ 12%
R Matériaux rocheux Voir la norme NF P 11-300
Sols organiques et
F Voir la norme NF P 11-300
sous-produits industriels
Dmax = diamètre pour lequel 95% des grains du sol ont une dimension inférieure
(soit <D95 si la courbe granulométrique est disponible, sinon appréciation visuelle de la
dimension des plus gros éléments)

III.2 CLASSIFICATION LPC


La classification LPC des sols utilisés en Côte d’ Ivoire fera l’objet d’une étude plus détaillée dans
ce cours. Cette classification est basée sur 2 critères : la granulométrie (passant à 80 µm) et la
présence visible de matières organiques (Figure). Elle utilise également les résultats de
l’Equivalent de sable et des limites d’ATTERBERG. Suivant la classification LPC, on distingue
trois grands familles de sols (Figure 18).
 les sols grenus dont 50% d’éléments en poids sont supérieurs à 80m ;
 les sols fins dont 50% d’éléments en poids sont inférieurs à 80m ;
 les sols organiques dont la teneur en matière organique est élevée.

Support de cours Géotechnique 39 Génie Civil Bâtiment


Figure 5 : Grande famille de la classification LPC modifiée

Figure 18 : Classification LPC

Le système de classification LPC débouche sur 15 sols types, affectés chacun d’un symbole à deux
lettres, prises dans les trois ensembles suivants (Tableau 17) :

Tableau 17 : Les groupes de sols.

Les symboles des sols grenus et des sols fins sont les mêmes que dans la classification LPC/USCS.

III.2.1 Sols fins


La classification des sols fins prend en compte les valeurs des limites d’ATTERBERG en
positionnant le point dans le diagramme de plasticité de Casagrande ([Link]) avec 2 critères :
la coupure à wL = 50
la position par rapport à la ligne A du diagramme dont l’équation est : Ip = 0,73 (wL – 20) (Figure
19).

Support de cours Géotechnique 40 Génie Civil Bâtiment


Figure 19: Classification des sols fins : Diagramme de plasticité (selon L.C.P.C).

Selon la position dans le diagramme du point représentatif ayant pour abscisse la limite de liquidité
et pour ordonnée l’indice de plasticité, on définit quatre grandes catégories principales
- les limons très plastiques (At) ;
- les limons peu plastiques (Ap) ;
- les argiles très plastiques (Lt) ;
- les argiles peu plastiques (Lp).
La Figure 20 indique le diagramme de classification pour les sols fins.

Figure 20 : Diagramme de classification pour les sols fins

III.2.2 Sols grenus


Pour les sols grossiers la classification fait intervenir tout d’abord la quantité q1 d’éléments
supérieurs à 80 µm et supérieurs à 2 mm, ce qui différencie les sables et les graviers (fig. 4.6).
Cette classification des sols grenus se fait généralement par la granulométrie et les limites
d'ATTERBERG. On définit huit grandes catégories principales :
Gb (Grave bien gradué), Gm (Grave mal gradué), GA (Grave argileuse), GL (Grave limoneuse),
Sb (Sable bien gradué), Sm (Sable mal gradué), SA (Sable argileux), SL (Sable limoneux).
La figure 21et le tableau 18 indique la classification des sols grenus selon L.C.P.C.

Support de cours Géotechnique 41 Génie Civil Bâtiment


Figure 5 : Diagramme de classification pour les sols grenus

Figure 21 : Classification des sols grenus selon les limites d’Atterberg


Tableau 18 : Classification des sols grenus selon L.C.P.C.

Support de cours Géotechnique 42 Génie Civil Bâtiment


Lorsque la teneur en particules fines (< 0,08 mm) est comprise entre 5% et12% on utilise un double
symbole. Par exemple : Sb-SL. Par exemple : Sb-SL
III.2.3 Sols organiques
Pour les sols organiques, la classification peut également s’effectuer à partir de l’observation
visuelle du sol et de tests simples de chantier. Mais il faut une grande expérience pour appliquer
correctement cette méthode de classification de chantier. Pour les teneurs en matières organiques
plus fortes, l’accent est mis sur le degré de décomposition (d’humification) des fibres organiques,
évalué au moyen du test de Von Post. Suivant la classification LPC, on distingue trois grandes
familles de sols organiques :
 sols faiblement organiques : fO-At, fO-Ap, fO-Lt, fO-Lp;
 sols moyennement organiques : mO-a, mO-sf, mO-f ;
 sols très organiques : tO-a, tO-sf, tO-f.
Les symboles : a, sf et f signifient « à matière organique amorphe », « à matière organique semi
fibreuse » et « à matière organique fibreuse »
Le tableau 19 présente un résume de la Classification des sols LPC modifiée
Tableau 19 : Classification des sols LPC modifiée (974/1980)

IV. CLASSIFICATION GEOTECHNIQUE DES SOLS IVOIRIENS PAR LE LBTP

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III.3 CLASSIFICATION LPC DES SOLS IVOIRIENS (Exercice de maison)

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Travaux Dirigés 3 : CLASSIFICATION GEOTECHNIQUE DES SOLS (2h)

Exercice 1 :
On pratique une analyse granulométrique sur un échantillon de sol sec. A la fin de l'opération de
tamisage, on effectue les opérations de pesées des refus dans chaque passoire. Les résultats sont
résumés sur le tableau 1 ci-contre.
1. Compléter le tableau.
2. Tracer la courbe granulométrique du sol en question.
3. Calculer le coefficient d'uniformité et le coefficient de courbure.
4. Classer le sol sous étude
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-

- Exercice 2:
Dans le cadre du projet de construction de 3000 logements sociaux dans toutes les grandes
villes de la Côte d’ Ivoire, l’un des sites à l’intérieur du pays, Yamoussoukro retenus pour
abriter une partie du projet nécessite la réalisation d’une plateforme stabilisée pour recevoir de
maison basse.
Pour mener à bien la mise en place de la plateforme, certains essais ont été conduits par un
Laboratoire de Matériaux et Etude Géotechniques sur les échantillons de sol prélevés sur le site
du projet.
1. Des essais d’identification effectués ont donné les résultats suivants :
- Limite d’Atterberg : WL= 30% ; Wp= 13% ; ωn=8% (teneur en eau naturelle)
- L’analyse granulométrique :
Tamis 100 70 50 30 20 10 8 5 2 1 0,8 0,4 0,1 0,08 0,05 0,01
(mm)
% Passant 100 83 75 67 60 52 48 43 30 22 19 15 9 8 5 1

a) Tracer la courbe granulométrique.


b) Quel est l’état de la granulométrie ?
c) Quel est son état de plasticité et de consistance ?
d) Selon la classification LPC, comment pourrait-on appeler ce sol ?
e) Que peut-on en déduire quant à son utilisation dans la réalisation de la plate-forme ?

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CHAPITRE 6 : COMPACTAGE DES SOLS
Durée : 4h

Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :


 Connaitre l’influence de certains paramètres sur le compactage au laboratoire et sur le
chantier ;
 Comprendre le compactage au laboratoire et le compactage in situ ;
 Connaitre l’effet du compactage sur les propriétés hydrauliques et mécaniques du matériau
traité.

[Link], BUT ET CONSEQUENCES


I.1 Définition
Le compactage est la réduction instantanée du volume d’un sol (par diminution de l’indice des
vides) sans modification de sa teneur en eau. C’est aussi l’ensemble des mesures prises pour
𝛾𝑑
augmenter la densité apparente sèche (D =𝛾𝑤 ) ou le poids volumique sec.
I.2 But
L’essai de compactage (Proctor) permet d’évaluer l'aptitude du matériau (sol) à supporter la
circulation des engins. Il permet également, lors de la préparation d’un projet de remblai, de savoir
si le sol se trouve naturellement à une teneur en eau proche de celle de l’optimum. Pour les sols
sensibles à l'eau, l’essai permet de définir les états hydriques du sol (h et th).
I.3 Conséquences
L’essai de compactage est recherché parce qu’elle entraîne d’autres conséquences :
 La première, liée à la notion de compacité, est la suppression ou du moins la limitation des
tassements. Cet objectif, qu’il soit spécialement recherché ou non, est toujours atteint ou au
moins partiellement par le compactage,
 La deuxième conséquence est la diminution de la perméabilité de la couche traitée afin de
s’opposer à l’écoulement de d’eau,
 Une troisième conséquence possible du compactage est l’amélioration des caractéristiques
mécaniques qui en résultent généralement : la portance (capacité d’un sol à supporter les
charges qui lui sont appliquées) et le module de déformation (la loi de Hooke : ε=Δh/h), la
résistance à la compression et au poinçonnement, résistance au cisaillement.
Pour les sols fins, une réserve s’impose, une augmentation de compacité pouvant à des teneurs en
eau élevées, entraîner une diminution brusque de la portance et du module de déformation.

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II. FACTEURS D’INFLUENCE
II.1 Influence de la teneur en eau : courbes de compactage
C’est en 1933 que l’Ingénieur américain PROCTOR mit en évidence l’influence de la teneur en
eau et de l’énergie de compactage sur le poids spécifique sec d’un sol grâce à l’essai qui porte son
nom : Essai Proctor
En effet pour une énergie de compactage donnée, si l’on fait varier la teneur en eau 𝜔 d’un
échantillon de sol et l’on représente graphiquement (voir la courbe pour une énergie de compactage
donnée ci-dessous) la variation du poids spécifique sec 𝛾𝑑 en fonction de cette teneur en eau, on
obtient une courbe en cloche qui représente un optimum appelé OPTIMUM PROCTOR.

Figure 22: Courbe de compactage pour une énergie de compactage donnée

II.2 Influence de la nature du sol


De façon générale, la courbe Proctor est très aplatie pour les sables et par contre présente un
maximum très marqué pour les argiles plastiques.
Pour les matériaux à courbe Proctor aplatie, le compactage est peu influencé par la teneur en eau.
Ces matériaux (courbe Proctor aplatie) constituent donc à priori les meilleurs remblais d’un point
de vue tolérance à l’exécution, car peu sensibles à la teneur en eau réellement ou non apportée par
des camions citernes ou les pluies. Mais, par contre, il est plus difficile d’améliorer les
caractéristiques de ces sols (énergie de compactage à fournir plus importante) (Figure 23).

Figure 23 : Influence de la nature du sol sur l’optimum Proctor

Support de cours Géotechnique 47 Génie Civil Bâtiment


II.3 Influence de l’énergie de compactage : courbes de compactage
La figure ci-dessous montre l’influence de l’énergie de compactage sur les courbes de l’essai
Proctor. Pour un sol donné, si l’énergie augmente, le poids volumique maximum augmente et les
courbes deviennent plus pointues.

Figure 24 : Influence de l’énergie de compactage

III. ESSAIS DE COMPACTAGE DES SOLS AU LABORATOIRE ET COMPACTAGE IN


SITU
III.1 Essais de laboratoire
III.1.1 Essai PROCTOR
III.1.1.1 But
L’essai Proctor a pour but de déterminer la teneur en eau optimale pour un sol de remblai donné
et des conditions de compactage fixées, qui conduit au meilleur compactage possible ou encore
capacité portante maximale.
III.1.1.2 Principe
L’essai consiste à compacter dans un moule normalisé, à l’aide d’une dame normalisée, selon un
processus bien défini, l’échantillon de sol à étudier et à mesurer sa teneur en eau et son poids
spécifique sec après compactage. Le sol est placé dans le moule puis compacté à l’aide d’une dame
tombante d’une hauteur donnée. Il faut faire remarquer qu’il s’agit d’un procédé dynamique alors
que sur le chantier les engins effectuent un comptage statique. La correspondance est tout de même
bonne (Figure25). L’essai est répété plusieurs fois de suite sur des échantillons portés à différentes
𝛾𝑑
teneurs en eau. On définit ainsi plusieurs points d’une courbe (𝛾𝑤 ; 𝜔 ). L’on déterminera donc la
densité sèche (poids volumique sec) du matériau compacte dans le moule à une teneur en eau
donnée. On trace cette courbe appelée courbe Proctor qui représente un maximum dont l’abscisse
est la teneur en eau optimale appelé OPTIMUM PROCTOR et l’ordonnée la densité sèche
optimale (Figure 25).

Figure 25: Essai Proctor

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L’essai de compactage peut varier, cependant deux essais sont normalisés. Il s’agit de :
 L’essai Proctor normal : réalisé pour rendre compte de faibles énergies de compactage ;
 L’essai Proctor modifié : réalisé pour rendre compte des énergies de compactage poussées.
On utilise pour ces essais deux types de moules de dimensions différentes :
 Le moule Proctor (∅moule = 101,6 mm /Hde sol = 117 mm) lorsque le matériau est
suffisamment fin( pas d’éléments supérieurs à 5mm),
 Le moule CBR (California Bearing Ratio) pour des matériaux de dimensions supérieures à
5mm et inférieures à 20mm (∅moule = 152 mm /Hde sol = 152 mm).
III.1.1.3 Expression des résultats
L’énergie de compactage se définit comme suit :
ℎ𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑𝑒 𝑐ℎ𝑢𝑡𝑒 ×𝑝𝑜𝑖𝑑𝑠 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑑𝑎𝑚𝑒 ×𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑝𝑠×𝑛𝑜𝑚𝑏𝑟𝑒 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑢𝑐ℎ𝑒𝑠
E= 𝑉𝑜𝑙𝑢𝑚𝑒 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙 𝑑𝑢 𝑚𝑜𝑢𝑙𝑒
3 3
Avec E en N.m/m ou J/ m )

N.B : Les paramètres influençant le compactage ont la teneur en eau, l’énergie de compactage, la
granulométrie du sol testé, …Les courbes obtenues au laboratoire diffèrent de celles obtenues sur
le chantier. La courbe de saturation du sol est toujours asymptote à la courbe Proctor.
III.1.2 Essai CBR
III.1.2.1 But
Dans les travaux routiers où l’on ne peut admettre que de faibles déformations du sol, on détermine
la portance du sol, c’est à dire sa résistance à la rupture, par un essai particulier appelé l’essai CBR
ou Essai de Portance Californien. C’est un essai de poinçonnement.
III.1.2.2 Principe
Le matériau à étudier est placé dans un moule dans un état donné de densité et de teneur eau.
L’échantillon est donc compacté dans un moule à des énergies différentes (12, 25 ou 55 coups de
dame) en une teneur en eau généralement égale à la teneur en eau de l’optimum Proctor.
L’échantillon est ensuite poinçonné par un piston de 19,3 cm3 de section, et enfoncé à la vitesse
constante de 1,27 mm/min. L’essai est poursuivi jusqu’à 10 cm d’enfoncement. On détermine, à
l’aide de la courbe Pressions-Enfoncements les pressions nécessaires pour réaliser des
enfoncements de 2,5 mm et de 5 mm.
III.1.2.3 Expression des résultats
L’indice de portance ou CBR (exprimé en %) est l’estimation de la portance d’un sol, c’est à dire
la faculté qu’il possède de résister aux efforts qui lui sont appliqués. C’est donc le rapport entre
les pressions produisant dans le même temps un enfoncement donné dans le sol étudié d’une part
et dans un matériau type d’autre part. Par définition cet indice est égal à la plus grande des deux
valeurs suivantes :
𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 à 2,5 𝑚𝑚 𝑑′ 𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡(𝑒𝑛𝑀𝑃𝑎) 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑜𝑛 à 5 𝑚𝑚 𝑑′ 𝑒𝑛𝑓𝑜𝑛𝑐𝑒𝑚𝑒𝑛𝑡(𝑒𝑛𝑀𝑃𝑎)
𝑜𝑢 )
0,7 1,05
Le pouvoir portant d’un sol est d’autant meilleur que le CBR est grand. Il existe des relations entre
le CBR et le Module de Young (E) selon les auteurs. Ce sont entre autre :
 E= 65× CBR0,65 (Juffroy-Bachel) ;
 E=100×CBR (Heukelon) ;
 E=50×CBR (Méthode Russe

Support de cours Géotechnique 49 Génie Civil Bâtiment


III.2 Compactage in situ
III.2.1 Objectifs
Trois objectifs principaux sont poursuivis lors de la réalisation des travaux de compactage :
1. Supprimer les déformations ultérieures :
 Tassements du remblai
 Tassements différentiels
 Déformations de chaussées
 Orniérage de couche de la surface
2. Augmenter les caractéristiques mécaniques :
 Augmenter la portance et la traficabilité des couches de la forme ou de remblais
 Augmenter le module des essais non traitées
 Augmentation de la résistance des assises traitées et des couches de roulement
 Permettre aux matériaux de résister au trafic routier.
3. Assurer l’imperméabilité :
Le compactage est le premier des protections contre l’agression de l’eau. Cet objectif est
important pour la couche de roulement car évitant le désordre sur les couches inférieures.
III.2.2 Paramètres
Le compactage dépend essentiellement de la nature du sol et de types d’engins. Le compactage
sera efficace si les caractéristiques suivantes sont prises en compte :
 Caractéristiques du sol en place (𝜔𝑛 ; 𝛾𝑑)
 Caractéristiques du compactage définies au laboratoire (𝜔𝑜𝑝𝑡 ; 𝛾𝑑𝑜𝑝𝑡)
 Caractéristiques liées aux engins de compactage (type d’engin, leur puissance, leur
efficacité, le nombre de passe, la vitesse de l’engin).
III.2.2.1 Caractéristiques du sol
Chaque sol est caractérisé par ses𝛾𝑑 𝑚𝑎𝑥𝑖, qui correspondent chacun a une teneur en eau unique
et précise, et a en type d’essai (PN ou PM). Les cahiers de charge exigeront le cas échéant, que les
sols soient compactés jusqu’à un 𝛾𝑑 𝑑𝑜𝑛𝑛é. Sur le chantier, le sol a une teneur en eau donnée
naturelle, éventuellement non uniforme :
 Si celle-ci est supérieure à 𝜔𝑜𝑝𝑡, on peut imaginer d’assécher le terrain ; ce qui est
pratiquement impraticable.
 Si 𝜔𝑛 < 𝜔𝑜𝑝𝑡, on peut sans modifier la teneur en eau du sol, augmenter l’énergie de
compactage, cette solution est plus aisée à mettre en pratique.
Une fois connue la teneur en eau naturelle du sol, et donc la solution pour atteindre le 𝛾𝑑 imposé,
il reste à étalonner le matériel de compactage.
III.2.2.2 Caractéristiques des engins
-Notion de planche d’essai
La planche d’essai permet avant l’ouverture d’un chantier de terrassement, de fixer les paramètres
de compactage lié à l’engin utilisé, au sol considéré au moment des travaux (teneur en eau, vitesse
des engins, nombre de passe, …), et ce, en vue d’obtenir la compacité à atteindre (compacité
prescrite).
- Influence de la vitesse de l’engin

Support de cours Géotechnique 50 Génie Civil Bâtiment


Pour un engin donné et des exigences de qualité fixées, il existe une vitesse optimale, fonction de
l’épaisseur de la couche et de la nature du matériau permettant d’obtenir une compacité maximale.
Plus les exigences de qualité sont sévères, plus la vitesse de translation optimale a une valeur
réduite. Il est recommandé de limiter la vitesse de la plupart des compacteurs à 8km/h. Dans le cas
des compacteurs vibrants, la vitesse optimale se situe autour de 5km/h pour que les vibrations
puissent agir efficacement sur toute l’épaisseur de la couche.
-Influence du nombre de passes
 Par rapport à l’énergie de compactage : pour un engin donné et des paramètres de qualité
fixés, il existe un nombre de passes optimales fonction de la vitesse de l’engin, de l’épaisseur
de la couche et de la nature du matériau permettant d’obtenir une compacité maximale. Plus les
exigences de qualité sont sévères, plus le nombre de passe optimale est élevé.
De façon générale il faut 3 à 8 passes pour compacter une couche de sol de 30 cm d’épaisseur,
mais ce nombre peut facilement atteindre 12 en fonction du type de sol, de la teneur en eau et de
la masse du compacteur. Si la compacité voulue n’est pas atteinte après 12 passes dans les
conditions optimales d’humidité, on conclut que les opérations de compactage n’ont pas atteint
leur but et que le compacteur utilisé n’est probablement pas adéquat.
 Par rapport à la teneur en eau optimale : en pratique la teneur en eau fixée à la valeur
optimale de l’essai Proctor est obtenue par étalonnage de la citerne à eau. Pour chaque vitesse
de l’engin considéré on détermine le nombre de passes permettant d’obtenir les spécifications
prescrites. On peut ainsi représenter la courbe (Vitesse de l’engin, Nombre de passes) et
déterminer son optimum qui donne les paramètres liés à l’engin.
III.2.2.3 Contrôle du compactage
- Degré de compacité
Le degré de compacité définit l’efficacité d’un comptage par rapport à ce qui est prescrit par le
cahier de charge. En comparant le poids volumique du sol sec sur le chantier (𝛾𝑑chantier) avec le
poids volumique sec maximal (γdopt proctor), on établit le degré de compacité Dc ou pourcentage
de compactage par l’équation :
𝛾𝑑𝑐ℎ𝑎𝑛𝑡𝑖𝑒𝑟
Dc=𝛾𝑑𝑜𝑝𝑡 𝑝𝑟𝑜𝑐𝑡𝑜𝑟 (%)

- Détermination de poids volumique du sol sec sur chantier (𝜸𝒅chantier)


Les essais de contrôle du compactage réalisés sur le chantier permettent de déterminer le poids
volumique sec et la teneur en eau d’une couche de sol qui a été compactée.
L'essai in situ consiste à creuser une cavité, à recueillir et peser la totalité du matériau extrait, puis
à mesurer le volume de la cavité à l'aide d'un densitomètre à membrane. L'appareil est doté d'un
piston qui, sous l'action de l'opérateur, refoule un volume d'eau dans une membrane souple étanche
qui épouse la forme de la cavité. Une tige graduée permet de lire directement le volume.
Cinq (5) essais permettent de vérifier la qualité du compactage sur le chantier :
- L’essai au nucléo-densimètre (détecteur de rayonnements radioactif)
- L’essai au cône de sable (l’équivalent en sable)
- L’essai à l’appareil de type Washington (l’équivalent en liquide) …
- L’essai à la membrane élastique
- L’essai à la membrane flexible

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III.2.3 Essai de plaque
C’est un essai qui permet de connaitre les caractéristiques mécaniques du sol. Il consiste à
appliquer au sol des sollicitations du même ordre de grandeur que celles du trafic. On applique au
sol en place la force P par l’intermédiaire d’une plaque rigide. On mesure l’enfoncement de la
plaque et on détermine un module de déformation.
L’essai à la plaque permet de mesurer quantitativement la portance de plate-forme. Réalisé selon
la norme NF P94-117-1, cet essai détermine le module sous chargement statique à la plaque (EV2)
dit module de Westergaard. Pour réaliser cet essai nos techniciens disposent du matériel suivant :
- Une plaque de chargement
- Un ensemble de mise en charge avec un vérin hydraulique de 14 tonnes
- Un comparateur digital
- Un jeu de cales fixes et réglables
Pour réaliser cet essai un massif de réaction permettant l’application d’une force d’au moins 8
tonnes et nécessaire. Ce massif est généralement un camion chargé au minimum à 8 tonnes.
Sur le chantier, il est donc important de prendre en compte l’accessibilité d’un camion aux points
d’auscultation de la plate-forme (largeur, longueur et hauteur). On réalise également des essais de
chargement à la plaque en mode opératoire LPCPC. Le matériel reste identique à celui de la norme
mais dans ce cas, il faut prévoir un camion chargé à 13 tonnes au minimum.
IV. CHOIX DU MATERIEL DE COMPACTAGE
Le matériel de compactage sera choisi, suivant les disponibilités, en fonction du type de sol à traiter
et en fonction du but recherché. L’intensité du compactage doit bien sûr être adapté aux
sollicitations que le sol compacté devra subir en service. Le tableau ci-après met en relation les
techniques les plus courantes et les sols auxquels elles sont le plus t le moins adaptées, ainsi que
leurs applications.
Tableau 20 : Engin de compactage en fonction des sols et leurs applications
Equipements Sols les indiques Applications Sols les moins
indiqués
Rouleau lisse, Sables ou graves bien gradués, Pistes, sous-coffres Sables à
Vibrant ou non concassés, asphates granulométrie
uniforme
Rouleau à pneu Sols grenus contenant un peu de Sous-coffres de Sols grossiers à
fins pavement granulométries
uniforme,
cailloux
Rouleau à grille Roches altérées, sols grossiers Sous-coffres Argiles, argiles
bien gradués limoneuses,
sols granulométries
Rouleau à pieds de Sols fin à plus de 20% de fins Barrages, remblais, sous-Sols grossiers et
mouton non vibrant coffres caillouteux
Rouleau à pieds de Sols fins à plus de 20% de fins Couches de fondation
mouton vibrante plus mélange sables graviers
Plaques vibrantes Sols grossiers à 4 à 8% de fins Petites surfaces Argiles et
limons
Dames, pilons Tous types de sols Endroits peu
accessible
Rouleaux à impacts Sols humides à saturés Sables et
(modèles légers graviers secs

Support de cours Géotechnique 52 Génie Civil Bâtiment


Travaux Dirigés 4 : COMPACTAGE DES SOLS (2h)
Exercice 1:
L'essai Proctor modifié a donné pour un grave argileux les résultats suivants :
𝜔 (%) 3,00 4,45 5,85 6,95 8,05 9,46
γd /γw 1,94 2,01 2,06 2,09 2,08 2,06
a. Construire la courbe de compactage Proctor et déterminer les caractéristiques de l'optimum.
Calculer le degré de saturation correspondant à l'optimum Proctor. On prendra γs/γ ω =2,65.
b. Calculer le pourcentage d'air que contient un sol de porosité n et de degré de saturation
Sr. Dans le plan de Proctor, trouver l'équation des courbes lieux des points représentatifs des
états du sol ayant le même pourcentage d'air. En déduire l'équation de la courbe de saturation.
Caractériser cette courbe.

Exercice 2 :
Observant l’importance des travaux de terrassement à exécuter, on a décidé également de réaliser
un essai de compactage, notamment l’essai Proctor modifié. Les résultats obtenus sont les
suivants :
Teneur en eau naturelle 𝜔 = 8%
ω en % 7 8 9 10 11,5 12 13 14 15 16
γ (kN/m ) 16,68 17,47 17,98 18,42 18,95 18,98 19,04 18,92 18,69 18,33
3

Γd (kN/m3) 15,59 16,18 16,5 16,75 17,0 16,95 16,85 16,6 16,25 15,8
1. Tracer la courbe Proctor de ce sol
2. En déduire les caractéristiques de l’optimum Proctor
3. Quelle est la valeur du poids volumique sec de ce sol in situ ?

Exercice 3 :
Deux échantillons 1 et 2 du même sol (sable limoneux) ont été compactés au même poids
volumique sec 𝛾d =19,6 kN/m3 mais à des teneurs en eau respectives 𝜔1, = 4 % et 𝜔2 = 12 %.
Le poids volumique des particules solides est 𝛾s= 27 kN/m3
a) Porter sur un graphique (𝜔 ; γd,) la courbe de saturation du sol et les points correspondant
aux échantillons compactés 1 et 2 (courbe Proctor).
b) Déterminer pour chacun d'eux le degré de saturation Sr, et le poids volumique γ.
c) L'échantillon 1 (𝜔 1 = 4 %) est amené à saturation sans changement de son volume, qui est
de 243 cm3. Déterminer le volume d'eau nécessaire.
Exercice 4 :
On considère un échantillon cylindrique de hauteur h0, de diamètre Ѳ et d’indice de vide e0 à
l’état naturel. On admet que les grains du matériau sont incompressibles et qu’il n’y a aucune
déformation latérale. Lorsqu’on charge cet échantillon a hauteur diminue de Δh.
1. Que devient l’indice des vides ?
2. Déterminer sa variation Δe en fonction de Δh, e0 et h0.

Support de cours Géotechnique 53 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE 7 : CONTRAINTES DANS LE SOL
Durée : 2h
La notion de contrainte est fondamentale lorsqu'il faut étudier l'aspect mécanique d'un sol. La
contrainte se définit comme la force exercée rapportée à la surface normale sur laquelle cette
force agit. Ce chapitre étudie les contraintes que peut subir un sol face à certaines sollicitations.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Maitriser les notions de base des contraintes dans le sol

I. NOTION DE CONTRAINTE
Soit ds une petite portion de surface entourant M et d𝐹⃗ la force excercée sur ds. On appelle
contrainte le vecteur 𝑓⃗ appliqué sur la surface ds au point M tels que :
𝑑𝐹⃗
𝑓⃗ = 𝑑𝑠 [f] = Pa =N/m2

Le vecteur contraint peut se décomposer en une composante normale et une composante


tangentielle au plan (P) :
𝑑𝐹⃗
𝑓⃗ = 𝑑𝑠 = 𝜎𝑛⃗⃗ + 𝜏𝑡⃗
Avec :
𝑛⃗⃗: vecteur unitaire normal sortant
𝑡⃗: vecteur unitaire tangent
𝜎 : contrainte normale
t : contrainte de cisaillement
Le vecteur contrainte est une fonction du point considéré et de l’orientation de la facette passant
par ce point (changement de repère) :

Pour un point M donnée, 𝑓⃗ a donc une expression différente selon la


facette considérée (changement de repère).
Cette remarque est fondamentale car cela signifie qu’en un point M
donnée et pour une contraint f donnée selon le plan considéré, un sol aura ou n’aura pas par
exemple une composante tangentielle (cisaillement). C’est d’autant plus important si les
matériaux n’a pas les mêmes limites de résistance qui en traction, compression ou cisaillement
! (ce qui est souvent le cas).

II. NOTION DE BASE


Demander la contrainte en un point dans un sol, sans préciser par rapport à quel plan ne veut
rien dire au sens de la RDM, car un matériau donné peut avoir des résistances qui en traction,
compression ou cisaillement sont différentes ‘exemple : béton, l’eau, ..). La théorie montre que

Support de cours Géotechnique 54 Génie Civil Bâtiment


pour déterminer les contraintes qui s’exercent sur toutes les différentes facettes autour d’un
point M, il suffit de connaître en ce point les valeurs des six quantités : 𝜎𝑥 ,𝜎𝑦 , 𝜎𝑧 , 𝜏𝑥𝑦 , 𝜏𝑧𝑥 , 𝜏𝑦𝑧 ,
c’est-à-dire les composantes des contraintes s’exerçant sur les faces d’un cube centré au point
M et dont les arrêtes sont parallèles aux axes Ox, Oy, Oz.

Avec : 𝜏𝑥𝑦 = 𝜏𝑦𝑥


𝜏𝑦𝑧 = 𝜏𝑧𝑦
𝜏𝑧𝑦 =𝜏𝑥𝑧
Il existe en tout point M trois plans privilégiés pour lesquels la contrainte est uniquement
normale (𝜏 = 0). Ils sont appelés plans principaux, leurs directions normales, directions
principales, et les contraintes correspondantes, contraintes principales : On les notes 𝜎1, 𝜎2 ,
𝜎3, telles que (𝜎1< 𝜎2 < 𝜎3 ), et elles sont respectivement appelées contraintes principales
mineures, intermédiaires et majeures.
L’état de contraintes au point M est défini par une matrice symétrique appelée tenseur de
contraintes. En prenant ces trois directions dites principales, comme repère, le tenseur des
contraintes devient diagonal, et le vecteur contrainte 𝑓⃗ dans ce système d’axes formé par les
vecteurs principaux, s’écrit :

Mr MOHR eu l’idée de représenter de façon avantageuse (simple) pour un point M donnée d’un
solide, soumis à une contrainte 𝑓⃗ donnée la ventilation des contraintes normales ou tangentielles
selon la facette considérée en utilisant un cercle appelé cercle de MOHR (voir figure 26)
Chaque point décrit par le cercle représente la lecture de (𝜎 , 𝜏) pour la facette d’angle Ѳ
considérée (Ѳ angle entre la facette considérée et la facette siège de la contrainte majeure).

Figure 26 : Cercle de Mohr

Support de cours Géotechnique 55 Génie Civil Bâtiment


III. LOI DE COMPORTEMENT
La déformation d’un solide résulte des contraintes qui lui sont appliquées et inversement les
contraintes apparaissent dans un solide sous l’action des déformations. Ceci exprime une réalité
à savoir qu’il existe une relation entre contraintes et déformations dépendant essentiellement
de la nature du matériau considéré.
L’expérimentation est indispensable, et révèle que ce lien entre contrainte et déformation,
parfois complexes, peut généralement s'exprimer à partir d’un nombre de paramètres
mécaniques mesurables. C’est la loi de comportement appelée la loi de Hooke. Cette loi
exprime en élasticité linéaire et isotrope la réversibilité des déformations.
Considérons par exemple la déformation d’un volume élémentaire de sol en M provoquant les
contraintes 𝜎𝑣 𝑒𝑡 𝜎ℎ . Les déplacements seront suffisamment faibles pour pouvoir appliquer la
loi de Hooke (Figure 27).

Figure 27 : Déformation volumétrique d’un échantillon de sol


∆ℎ 𝜎
La loi de Hooke s’écrit : 𝜀v= 𝐻 = 𝐸𝑣

Il existe par ailleurs une grandeur v appelée Coefficient de Poisson, tel que : 𝜀h=-v 𝜀v
A noter :
1. E est appelé le module d’Young ; E a la dimension d’une contrainte,
2. Le coefficient de Poisson est un coefficient sans dimension toujours compris entre [0 ; 0,5]
Le sol a comme loi de comportement : la loi de Hooke et pour paramètres mécaniques
mesurables : les coefficients 𝜀 et v qui sont de l’ordre de contrainte.
IV. EQUATION D’EQUILIBRE
L’état des contraintes dans un solide peut être variable en tout point. L’équilibre intérieur du
solide s’exprime par les relations :
En 2 dimensions En 3 dimensions

En général, en mécanique des sols les forces de volume se réduisent aux forces de pesanteur et

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l’axe Oz est pris vertical ascendant, donc : X=0 Y=0 Z=-𝛾

V. CONTRAINTES TOTALES-CONTRAINTES EFFECTIVES

On considère un sol saturé dans lequel les contraintes se répartissent entre le squelette solide et
l’eau et l’eau. Nous savons que dans un liquide à l’équilibre, donc dans l’eau sans mouvement,
les contraintes sont uniquement normales quelque soit le plan considéré. Un liquide ne peut pas
tenir de contrainte tangentielle, don 𝜏 = 0. Les contraintes dans l’eau se réduisent à la pression
interstitielle et noté 𝑢.
Dans un solide (sol sans eau) sur toute facette s’exerce une contrainte normale note 𝜎 ′ et une
contrainte tangentielle note 𝜏 ′ et elles sont appelées contraintes effectives. Ainsi les contraintes
qui s’exercent dans les phases du sol (squelette+eau) sur toute face sont 𝜎 𝑒𝑡 𝜏 appelé
contraintes totales. On a alors la relation de la loi de Terzaghi :
𝜎 = 𝜎′ + 𝑢 et 𝜏 = 𝜏′
u: pression interstitielle ; u=𝛾𝜔 × ℎ𝜔
𝝈’ et 𝝉′ : contrainte effective transmise au squelette solide (σ’ne peut être mesurée mais
seulement calculée).
𝝈 et 𝝉 : contraintes totales
Les sols ne développant que très peu de contraintes normales de traction, on adopte en
mécanique des sols, à l’inverse de la mécanique des milieux continus (cours de RDM), la
convention de signe suivante :
𝜎 <0 : traction et
𝜎 >0 : compression
N.B :
Le poids volumique intervenant dans le calcul de la contrainte totale est 𝛾sat.
V.1 Contraintes dues au poids propre du sol
Le poids du sol augmente avec la profondeur ; réparti sur une unité de surface horizontale à une
profondeur donnée, il correspond à la pression ou contrainte due au poids propre. Pour un sol
de poids volumique (en kN/m3), et à une profondeur z (en m), la contrainte verticale est :
V =.z
V.1.1 Cas d’un sol sec
Le poids volumique intervenant dans le calcul de la contrainte est 𝛾𝑑 . Dans le cas d’un sol
stratifié en plusieurs couches de différents poids volumiques et différentes hauteurs :
V =∑ 𝜸𝒅𝒊 .hi

QUESTIONS A DEBATTRE

1. Pourquoi les contraintes verticales et horizontales sont-elles la plupart du temps


associées aux contraintes principales ?
2. Que représente le cercle de Mohr ?

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CHAPITRE 8 : PROPRIETES HYDRAULIQUE DES SOLS
Durée : 4h
Ce chapitre traite de l'étude de l'écoulement de l'eau au sein du sol, en focalisant sur la loi de
Darcy, les essais permettant la mesure de la perméabilité des sols, les forces d'écoulement
agissant sur le squelette granulaire et enfin sur les méthodes pratiques de dimensionnement de
performance établies par la pratique.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Maitriser les notions de base de l’écoulement de l’eau souterraine libre au sein du sol
 Connaitre les essais permettant de mesurer la perméabilité du sol

I. GENERALITES - DEFINITIONS
I.1 Vocabulaires
I.1.1 Nappes souterraines
Lorsque les sols sont saturés, que l’eau est libre de circuler et qu’un gradient hydraulique
apparaît, on parle alors de nappe souterraine. En particulier, on distingue :
- Les terrains aquifères dans lesquels l’eau circule avec des débits importants. Ils sont
constitués de sols ou de roches perméables ;
- Surface de la nappe, surface de l’eau limitant la partie supérieure de la nappe ;
- Nappe libre, nappe où la pression interstitielle de l’eau au niveau de la surface est nulle ;
- Nappe phréatique, première nappe libre rencontrée depuis la surface. La surface de cette
nappe s’appelle le niveau phréatique ;
- Nappe artésienne, nappe pour laquelle la pression de l’eau à la surface de la nappe est
positive. Une telle nappe est généralement prisonnière entre deux couches de terrains
aquifuges ;
I.1.2. Hydraulique des sols
L’eau dans le sol peut se présenter sous trois formes différentes :
- Eau de constitution : c’est l’eau de cristallisation, elle est chimiquement liée aux grains.
Exemple : gypse (SO4Ca,2H2O, ou encore appelé plâtre -Voir cours Matériaux)
- Eau adsorbée : c’est l’eau de mouillage des grains solides. Elle est fixée à la surface de
ceux-ci en formant un film mince,
- Eau libre : contrairement aux cas précédents, pour lesquels l’eau est solidaire des grains
solides, l’eau libre remplit les interstices formés par les grains solides et peut y circuler.
L’hydraulique des sols de ce chapitre concerne exclusivement :
1. L’eau libre des sols,
2. Son écoulement en régime permanent, et laminaire
3. Et en supposant que le sol est complètement saturé.
Par ailleurs, pour étudier l’écoulement de l’eau dans les sols, nous admettrons les hypothèses
suivantes :
a) L’eau interstitielle est incompressible ; il en est de même pour les grains solides,
b) La masse d’eau interstitielle se conserve.
En effet si l’on considère un volume V de sol saturé, la quantité d’eau V1 qui rentre dans ce
volume en un instant donné est égale au volume V2 qui en sort, si bien qu’à tout instant le

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volume d’eau contenu dans le sol est le même. C’est-à-dire : V1=V2

- Si V (vx, vy, vz) est la vitesse d’écoulement de l’eau dans le sol, la condition de conservation
de la masse d’eau interstitielle s’écrit :

- Les contraintes totales 𝜎 et effectives σ' ainsi que la pression de l’eau (u) restent liées par
la relation de TERZAGHI : σ= σ'+u et 𝜏 = 𝜏′

II. PROPRIETES HYDRAULIQUE DES SOLS


Considérons un cylindre de sol de section S (Figure 28) et supposons qu’il se produise un
écoulement de M vers N.

Figure 28 : Ecoulement dans un tube


II.1 Vitesse de l’eau dans le sol
Soit Q le débit à travers S. la vitesse apparente v de l’eau est par définition :
𝑄
V= 𝑆 (m/s)
Cette définition bien que la plus utilisée, donne une vitesse fictive car en réalité l’eau ne circule
que dans les pores de surface n.S (n étant la porosité du sol) d’une part et d’autre part, les
trajectoires sont vraisemblablement tortueuses.
𝑄
On définit la vitesse moyenne v’ par le rapport : V=𝑛𝑆 (m/s)

II.2 Charge hydraulique


Par sa position, la pression qu’elle subit et la vitesse à laquelle elle s’écoule, l’eau en un point
donné du sol porte une quantité d’énergie « h » en mètres d’eau appelée charge hydraulique,
donnée par l’équation de Bernoulli :

Avec :
v : Vitesse de l’eau.

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g : Accélération de la pesanteur.
u : Pression de l’eau
z : Cote du point considéré par rapport à une surface de référence, peut être négatif ou positif
A noter :
1. La charge h s’exprime en m.
2. Dans les sols les vitesses d’écoulement sont si faibles (10 cm/s grand maxi) que l’on peut
𝑉2
négliger la quantité (énergie cinétique). La charge hydraulique s’écrit alors :
2𝑔

N.B : La charge hydraulique est mesurée en un point donné par l’altitude du niveau atteint par
l’eau dans un tube piézométrique placé au point considéré par rapport au plan de référence.
II.3 Perte de Charge
Entre deux points A et B, Δh représente la variation de la charge hydraulique subie par l’eau lors
de son mouvement de A vers B. C’est une perte d’énergie (perte de charge).
Δh=hA-hB
II.4 Gradient hydraulique
C’est la perte de charge par unité de longueur en un point donné.
𝛥ℎ
i=
𝑑𝑙
Si :
⃗⃗ : la charge hydraulique est la même en tout point du milieu ; l’eau interstitielle est dite en
1. 𝑖⃗ =0
équilibre hydrostatique,
2. i est une quantité sans dimension,
3. En tout point M du sol, le vecteur 𝑖⃗ et la ligne de courant sont tangents et sont orientés dans le
même sens
5. En tout point M du sol, le vecteur vitesse est tangent à la ligne de courant et orienté dans le
même sens.
Cette perte de charge « i » traduit le frottement exercé par l’eau sur le squelette solide. La poussée
d’écoulement qui en résulte est à l’origine de nombreux sinistres (glissement de terrain, formation
de renard, rupture de digue, érosion, …).
II.5 Loi de DARCY
L'écoulement d'eau dans le sol est décrit par une loi fondamentale établie expérimentalement par
Henri Darcy en 1854 [3], postulant que la vitesse d'écoulement de l'eau interstitielle est
proportionnelle à la perte de charge par unité de longueur de la conduite d'écoulement. Ce qui peut
se formuler comme suit :
∆ℎ
V= k×i = k× (m/s)
∆𝑙

La perte de charge par unité de longueur est appelée gradient hydraulique et noté i. Le coefficient
de proportionnalité K, ayant la dimension d’une vitesse, est appelé coefficient de perméabilité.
La vitesse v intervenant dans la loi de Darcy, appelée aussi vitesse de décharge, n'est pas la vitesse
réelle de l'écoulement de l'eau interstitielle. En réalité, la section de la conduite comprend
seulement les pores à travers lesquels l'eau s'écoule (Figure 29).

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Figure 29 : Chemins réel et théorique du courant d'eau
A noter :
1. La loi de DARCY se vérifie en générale très bien à condition de rester en régime laminaire,
c’est-à dire quand les vitesses restent faibles
2. L’équation du débit à travers une section S de sol, s’écrit alors en fonction de i et K :
Q=K×i×S
III. PERMEABILITE DU SOL
III.1 Coefficient de perméabilité
La perméabilité d’un sol est l’aptitude du sol à faciliter l’écoulement de l’eau. Elle dépend du
pouvoir de communication des pores entre eux. Tous les sols sont perméables mais il y a certains
qui le sont très peu de sorte qu’on parle de sols imperméables. La perméabilité d’un sol est
exprimée par son coefficient de perméabilité k qui qui peut être déterminé soit à partir des essais
de laboratoire ou à partir d’essais en in situ. Le tableau ci-dessous présente la relation entre la
perméabilité et la granulométrie.

Tableau 21 : Relation entre la perméabilité et la granulométrie

III.2 Mesure du coefficient de perméabilité au laboratoire


Pour déterminer k on utilise un perméamètre. La valeur de k dépend d’un certain nombre de
paramètre tel que la granulométrie, la forme des grains, l’enchevêtrement des grains, la compacité
du milieu. Par conséquent on détermine le coefficient de perméabilité de sol fin (sol à faible
perméabilité) et des sols grenu (sol à forte perméabilité).
III.2.1 Mesure du coefficient de perméabilité pour les sols grenus
L’essai de perméabilité à charge constante montré sur la figure 30, convient aux sols très
perméables comme les sables. L’échantillon E est placé entre deux pierres poreuses P.
Le récipient R est maintenu toujours plein. La mesure du volume d’eau Q qui traverse l’échantillon

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d’épaisseur pendant un temps T permet d’avoir la valeur de K. En effet, on tire de l’équation (1) :
𝑉 ∆ℎ 𝐿 𝑉
Q= = k× 𝑆. d’où K= 𝑆.∆ℎ ×
𝑇 𝐿 𝑇

Figure 30 : Perméamètre à charge constante

III.2.1 Mesure du coefficient de perméabilité pour les sols fins


Pour la mesure du coefficient de perméabilité pour les sols fins, on utilise le perméamètre à charge
variable (Figure 31).

Figure 31 : Perméamètre à charge variable

Le tube d’entre est rempli d’eau.


A l’instant t = t1 la hauteur de l’eau dans le récipient est h1 ;
A l’instant t = t2 la hauteur devient h2
On démontre dans ce cas que la perméabilité de l’échantillon est donnée par la relation :
𝑑 𝐿 ℎ1
k =2,3. 𝐷 . (𝑡2−𝑡1) × log( ℎ2 )
d : diamètre de la section d’entrée
D : diamètre de l’échantillon de sol
III.2.3 Mesure du coefficient de perméabilité pour les sables à granulométrie uniforme
𝑑60
La perméabilité des sables à granulométrie uniforme ( 𝑑10 ≤ 2) peut être évaluée en utilisant la
formule approchée de HAZEN : k =125.𝑑10 2
K en m/s et d en mm
𝑑10 : diamètre efficace c’est à dire le diamètre correspondant à 10% de passant
𝑑60
En pratique K est valable si l’on trouve k 𝜖[10−5 ; 1] ou encore ( 𝑑10 ≤ 2)

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III.3 Mesure du coefficient de perméabilité in situ
Les mesures de perméabilité au laboratoire ont l’inconvénient d’opérer sur des échantillons trop
petits pour fournir une représentation valable de la perméabilité d’un sol, par suite des
hétérogénéités locales. Les perméabilités mesurées en laboratoire sont toujours plus faibles que
celles mesurée in situ. Il existe plusieurs méthodes de mesure de perméabilité in situ, parmi
lesquels les essais Dupuit et Lefranc qui seront examinés plus loin.
III.4 Mesure du coefficient de perméabilité des sols stratifiés
Le sol est en général stratifié sous forme de couches supposées horizontales. Le souci de simplicité
de l'étude pousse l'ingénieur à définir un terrain homogène équivalent. En outre, les sols sont en
général anisotropes, c'est à dire que leur comportement dépend de la direction de la sollicitation.
Ceci est dû à la géométrie du squelette solide. Ainsi, la perméabilité du sol stratifié diffère selon
que l'écoulement se fait parallèlement ou perpendiculairement aux couches du sol.
III.4.1 Mesure du coefficient de perméabilité des sols stratifiés : écoulement horizontal
Lorsque l'écoulement est horizontal, avec un gradient hydraulique i dans toutes les couches, le
débit total est la somme des débits dans chaque couche, et en supposant que chaque couche a une
largeur unité, alors :
Q=∑ 𝑄𝑖 = ∑ 𝑉𝑖ℎ𝑖 = 𝑖 ∑ 𝐾𝑖ℎ𝑖
En considérant un coefficient de perméabilité équivalente KH vis-à-vis de l'écoulement horizontal
de tout le terrain, on aura :
Q=𝑖𝐾ℎ ∑ ℎ𝑖

III.4.2 Mesure du coefficient de perméabilité des sols stratifiés : écoulement vertical


Si l'écoulement est perpendiculaire aux couches, la continuité de l'écoulement de l'eau exige que
la variation infinitésimale du volume d'eau soit identique dans chaque couche, soit :

On obtient ainsi :

En considérant une section d'écoulement identique dans chaque couche, on doit avoir
nécessairement la même vitesse de décharge, soit : V1=V2=…=Vn. On obtient donc :
K1dh1/h1=K2dh2/h2=K3dh3/h3=…=Kndhn/hn=Kv∑ 𝑑ℎ𝑖/ℎ𝑖
Kv est la perméabilité équivalente vis-à-vis de l'écoulement vertical. dh1, dh2,…., dhn sont les
pertes de charges respectives dans les couches 1, 2,..., n. Enfin, on aura :

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Travaux Dirigés 5 : PROPRIETES HYDRAULIQUE DES SOLS (2h)

Exercice 1 :
Un échantillon de sol de 10cm de diamètre est placé dans un tube de 1m de longueur. L’écoulement
de l’eau dans le sol de A vers B, l’eau en B est recueilli par un réservoir. La quantité moyenne
d’eau recueillie et de 1cm 3 toute le 19econde. Le tube est incliné comme indique sur la Figure ci-
contre. Déterminer :
1. Le gradient hydraulique ;
2. Le débit ;
3. La vitesse moyenne si e=0.6 ;
4. Le coefficient de perméabilité hydraulique

Exercice 2:
A travers la couche d’argile, calculer :
1. la perte de charge à travers l’argile dans l’écoulement permanent ascendant.
2. le gradient hydraulique

Exercice 3:
Un échantillon de sable grossier a 15 cm de hauteur et 5,5 cm de diamètre. Il est placé dans un
perméamètre à charge constante. L'eau percole à travers l'échantillon sous une charge de 40 cm.
En 6 secondes, on recueille 40 g d'eau, quelle est la valeur du coefficient de perméabilité k ?
Exercice 4:
Un échantillon d'argile a 2,5 cm de hauteur et 6,5 cm de diamètre. Il est placé dans un perméamètre
à charge variable. On observe l'écoulement de l'eau dans un tube de 1,7 mm de diamètre ; ce tube
porte une graduation en centimètres du haut vers le bas, le zéro de la graduation est à 35 cm au-
dessus de la base du perméamètre. Au début de l'expérience, le niveau de l'eau dans le tube gradué
est à la division 0, six minutes et trente-cinq secondes plus tard, le niveau de l'eau est descendu à
la division 2. On demande le coefficient de perméabilité k de l'argile.

Exercice 5
Un sol est constitué de trois couches, homogènes et isotropes, d'épaisseur h1, h2, h3, ayant
respectivement une perméabilité k1, k2, k3. Déterminez la perméabilité équivalente dans le cas
d'un écoulement horizontal et dans le cas d'un écoulement vertical.
A.N. : On considèrera trois couches d'égale épaisseur l, la valeur de k, pour les couches inférieures
et supérieures est de 10-4 cm/s et pour la couche médiane de 10-2 cm/s.
Déterminez la valeur du rapport kh/kv.

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CHAPITRE 9 : ACTIONS MECANIQUES DE L’EAU SUR LE SOL
Durée : 4h
Ce chapitre traite de l'étude de l'écoulement de l'eau au sein du sol, en focalisant sur la loi de
Darcy, les essais permettant la mesure de la perméabilité des sols, les forces d'écoulement
agissant sur le squelette granulaire et enfin sur les méthodes pratiques de dimensionnement de
performance établies par la pratique.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Maitriser actions mécaniques de l’eau sur le sol
 Connaitre les méthodes pratiques d’étude de l’écoulement de l’eau dans le sol.
I. CALCUL DES CONTRAINTES EFFECTIVES
I.1 Cas d’une nappe statique

Il s’agit de calculer la contrainte au point M situé à la profondeur Z dans une couche de sol
saturé immergé d’une nappe statique.
𝜏 = 𝜏′ + 𝑢 ≫ 𝜏′ = 𝜏 − 𝑢
𝜏 = 𝛾𝑠𝑎𝑡 z+𝛾𝑤 D
u=𝛾𝑤 D+𝛾𝑤 z
𝜏 ′ = (𝛾𝑠𝑎𝑡 z+𝛾𝑤 D)−(𝛾𝑤 D+𝛾𝑤 z)
𝜏′𝑀 = (𝛾𝑠𝑎𝑡 z-𝛾𝑤 z)
𝜏′𝑀 = (𝛾𝑠𝑎𝑡 -𝛾𝑤 )z
𝝉′𝑴 = 𝜸′z
Dans une nappe en équilibre hydrostatique (sans écoulement), l’action de l’eau sur le squelette
solide se réduit à la poussée d’Archimède s’exerçant sur les grains vers le haut.
I.2 Cas d’un écoulement vertical descendant

𝜏 = 𝜏′ + 𝑢
𝜏′ = 𝜏 − 𝑢
𝜏 ′ = (𝛾𝑠𝑎𝑡 z+𝛾𝑤 D)−𝑢
u= ?
Lorsqu’il y a écoulement, il apparaît une perte de charge ∆ℎ (𝐴𝐵) = ℎ𝐵 − ℎ𝐴 qui traduit une
dissipation d’énergie par frottement visqueux du fluide sur les grains du sol. On voit ainsi
apparaître sur les grains du sol, une force créée par l’eau dirigée dans le sens de l’écoulement,
𝑑ℎ
d’où le gradient hydraulique : i=- 𝐻 .

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𝑢 𝑑ℎ
Le charge hydraulique au point M vaut : ℎ𝑀 =- 𝛾𝑀 − 𝑍𝑀 𝑒𝑡 le gradient hydraulique : i=- 𝑑𝑧 .
𝜔
𝑢𝑀 =𝛾𝑤 D-(i-1)𝛾𝑤 z
𝜏′𝑀 = (𝛾𝑠𝑎𝑡 z+𝛾𝑤 D)- (𝛾𝑤 D-(-i-1)𝛾𝑤 z)
𝜏′𝑀 = 𝜸′𝒁 + 𝒊𝛾𝑤 z
Remarque : Il y a augmentation de 𝜏′𝑀 par rapport 𝜏′𝑀 lorsque la nappe et au repos.
L’augmentation et de 𝒊𝛾𝑤 z
I.3 Cas d’un écoulement vertical ascendant
Il s’agit du calcul de la contrainte effective au point M en présence d’un écoulement vertical
ascendant. En conservant le même schéma que ci-dessus, l’écoulement se fait en sens inverse
d’où :
𝑢 𝑑ℎ
Charge hydraulique au point M vaut : ℎ𝑀 =- 𝛾𝑀 − 𝑍𝑀 𝑒𝑡 le gradient hydraulique : i=𝑑𝑧 . La
𝜔
contrainte effective au point M : 𝜏′𝑀 = 𝜸′𝒁 − 𝒊𝛾𝑤 z
Remarque : Il y a diminution de 𝜏′𝑀 par rapport 𝜏′𝑀 lorsque la nappe et au repos.
L’augmentation et de 𝒊𝛾𝑤 z
II. ACTION MECANIQUE DE L’EAU SUR LE SOL
II.1 Phénomène de Renard
Lorsqu’il y a écoulement vertical ascendant, les forces agissantes sur un volume unité de sol,
sont verticales et se composent de :
- La force de pesanteur dirigé 𝛾vers le bas
- La force ou pousse d’écoulement 𝒊𝛾𝑤 dirigé vers le haut
- La poussée d’Archimède 𝛾𝑤 dirigé vers le haut
A l’équilibre la somme des forces agissant est nul si 𝛾 − 𝛾𝜔 − 𝒊𝛾𝑤 < 0
Le sol est entrainé vers le haut : c’est le phénomène du Renard.
On pose que : 𝛾 − 𝛾𝜔 − 𝒊𝛾𝑤 < 0
𝜸′ < 𝒊𝛾𝑤
𝛾′ 𝛾′
<𝑖 Pour i = 𝛾𝑤, i et appelé gradient hydraulique critique noté ic.
𝛾𝑤
N.B
Lorsque nous sommes en présence d’un écoulement vertical ascendant, il faut s’assurer que le
gradient hydraulique ne dépasse pas le gradient hydraulique critique.
II.2 Phénomène de Boulance
Un sol est en état de boulance lorsque la somme des contraintes effectives est nulle en tout point
du sol. En d’autre terme, on dit que le sol est dans un état de boulance effet, lorsque les grains
du sol sont en suspension dans l’eau et ne peuvent supporter aucune charge.

∑ 𝜏′ = 0
𝜏′𝑀 = 𝜸′𝒁 − 𝒊𝛾𝑤 z =0
𝜸′𝒁 − 𝒊𝛾𝑤 z =0
𝜸′ − 𝒊𝛾𝑤 =0
𝑑ℎ
Avec : i = 𝐿
′ 𝑑ℎ
𝜸 − 𝐿
𝛾𝑤 =0

Support de cours Géotechnique 66 Génie Civil Bâtiment


𝑑ℎ
𝜸′ = 𝛾
𝐿 𝑤
𝜸′ 𝑑ℎ
= = 𝑖𝑐. Pour ne pas qu’il y a boulance la contrainte effective doit être supérieur à 0.
𝛾𝑤 𝐿

𝜸 𝑑ℎ
> = 𝑖𝑐
𝛾𝑤 𝐿
𝑑ℎ
𝑖𝑐> 𝐿
N.B : Le phénomène de boulance peut provoquer des accidents graves si des constructions sont
fondées sur le sol où il se produit, ou si le terrain lui-même fait partie de l’ouvrage : digue ou
barrage en terre, fond de fouille, ... Dans tous les problèmes d’hydraulique des sols, il importe
de vérifier que les gradients hydrauliques ascendants réels sont suffisamment inférieurs au
gradient critique ic.

Travaux Dirigés 6 : ACTIONS MECANIQUES DE L’EAU SUR LE SOL (2h)

Exercice 1: Quêtions à débattre


1- Pourquoi néglige-t-on la charge de vitesse en géotechnique ?
2- A quoi sert le gradient hydraulique critique ? Quels sont les facteurs qui l’influencent ?
3- Dans un écoulement plan, où la vitesse de l’eau est-elle la plus rapide ?
Où le phénomène peut-t-il se produire ?
4- Comment peut-on diminuer le risque d’apparition du phénomène de renard ?
Exercice 2:
Calculer le gradient hydraulique critique ‘un sable dont la porosité est de 40% et dont la gravité
spécifique est de 2.12.
Exercice 3 (Exercice de Maison):
Un barrage doit être fondé sur une couche d’alluvions peméables limité à 20 m de profondeur
par un substratum horizontal imperméable. La largeur de ce barrage est de 25m. La différence
du niveau d’eau entre l’amont et l’aval est de 7.50m. Le réseau d’écoulement à mailles carrées
est tracé sur la figure suivante :
1) Calculer la pression interstitielle au point C du contact barrage alluvions situé à mi-distance
du parement amont et du pied aval du barrage.
2) Evaluer le gradient hydraulique de sortie au contact du pied aval du barrage entre les points
D et E (DE=2m). En déduire le coéfficient de sécurité vis-à-vis du phénomène de renard.
Fs=(icr/i) ( icr : gradient hydraulique critique)
3) Calculer le débit traversant le sol.

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CHAPITRE10 : CALCUL DES CONTRAINTES DE CISAILLEMENT D’UN SOL
Durée : 5h
Il est usuellement admis que la rupture du sol sous l’effet des surcharges se manifeste par des
contraintes de cisaillement au niveau des facettes en rupture. La contrainte appliquée qui peut
causer la rupture doit être déterminé et être située sur un plan critique donné. Ce chapitre étudie
la résistance au cisaillement du sol en exposant le critère de rupture de Mohr-Coulomb, souvent
utilisé dans les projets géotechniques
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant de :
 Faire la distinction entre contraintes effectives et contraintes totales.
 Connaitre les différents essais utilisés pour déterminer les contraintes de cisaillement.
 Connaitre la résistance au cisaillement des sols grenus et sols fins
I. DEFINITION
La résistance au cisaillement d’un sol est la résistance interne par unité de surface qu’un sol peut
offrir pour résister à une rupture ou un cisaillement le long d’un plan et dépend des caractéristiques
mécaniques du sol. Il faut distinguer entre la contrainte de cisaillement maximale appliquée qui
peut produire la rupture et la résistance au cisaillement. La contrainte appliquée qui peut causer la
rupture doit être déterminé et être située sur un plan critique donné : c’est le cercle de Mohr ou
par une nouvelle loi appelée : Critère d’écoulement plastique qui représente la frontière du domaine
d’élasticité. La loi de Hooke n’est plus valable.
II. IMPORTANCE DE L’ETUDE DE LA RESISTANCE AU CISAILLEMENT
La connaissance de la résistance au cisaillement d’un sol (ou de sa courbe intrinsèque modélisée
généralement par le critère de rupture de Coulomb) sert pour la résolution d’un grand nombre de
problèmes de Génie Civil :
- Capacité portante des fondations superficielles et profondes.
- Stabilité des ouvrages de soutènement.
- Stabilité des talus, pentes et barrages, etc
III. COMPORTEMENT A COURT TERME ET A LONG TERME DES SOLS (CAS DES
SOLS SATURES)
Dans les sols grenus, le coefficient de perméabilité a une valeur élevée, si bien qu’ils se drainent
presque instantanément lorsqu’ils sont soumis à des charges extérieures ; Le comportement du sol
ainsi que sa résistance au cisaillement ne sont régis que par le comportement du squelette solide.
Dans les sols fins, le coefficient de perméabilité est faible et sous l’effet des charges extérieures,
l’eau met un temps très long à s’écouler. On distingue ainsi deux comportements extrêmes de ces
sols :
un comportement à court terme, lorsque l’eau n’a pas encore eu le temps de s’évacuer. Le sol se
déforme à volume constant et l’eau joue un rôle important dans le comportement mécanique.
un comportement à long terme, où au bout d’un temps assez long, l’eau s’est évacuée et les
surpressions interstitielles provoquées par l’application des charges se sont dissipées. Le
comportement du sol est alors celui du squelette solide. L’eau libre ne joue plus aucun rôle.
A ces deux types de comportement correspondent des caractéristiques de résistances au
cisaillement différentes pour un même sol fin.

Support de cours Géotechnique 68 Génie Civil Bâtiment


III. CARACTERISTIQUE DU CERCLE DE MOHR
La méthode du cercle de Mohr est une technique de représentation graphique d’usage pratique
de la contrainte cisaillante 𝜏 en fonction de la contrainte normale 𝜎𝑛 . Cette représentation
s’effectue dans le plan de Mohr, aussi appelé plan image. Il s’agit d’un repère abstrait dans lequel
l’axe horizontal représente la composante normale d’un vecteur contrainte, et l’axe vertical
représente sa composante tangentielle. Il y a rupture du sol lorsque le cercle de Mohr est tangent
à la courbe intrinsèque (droite de Coulomb) d’équation : 𝜏 = 𝑐 + 𝜎𝑛𝑡𝑎𝑛𝜑 (Figure 32).

Figure 32 : Cercle de Mohr

III.1 Expression de la tangente du cercle de Mohr


En généralité, on ne connait pas les lois effort-déformations dans le sol. Ceci fait que dans le cas
général, on ne sait pas calculer les contraintes et par suite les déformations. Toutefois dans le cas
où il y a rupture il y a rupture les équations générales d’équilibre jointes à l’équation de la courbe
intrinsèque permettent de calculer les contraintes au moment de la rupture
III.1.2 Méthode graphique
Il s’agit de déterminer l’état de contraintes sur le plan incliné d’un angle Ѳ et dont les valeurs des
contraintes principales 𝛿1 et 𝛿3 sont connues.

La démarche utilisée pour résoudre ce problème est la suivante :


- De 𝜎1, on trace une parallèle au plan de 𝜎1
- De 𝜎3, on trace une parallèle au plan de 𝜎3
- L’intersection des deux plans donne le pôle « P »
- Du pôle « P », on trace la parallèle à la facette sur laquelle on veut trouver l’état de
contraintes (𝜎𝜃 et 𝜏𝜃)
- L’intersection de cette droite avec le cercle donne 𝜎𝜃 et 𝜏𝜃.
III.1.3 Méthode analytique
Connaissant les contraintes sur les facettes de normales ox et oz, on peut déterminer les contraintes

Support de cours Géotechnique 69 Génie Civil Bâtiment


sur n’importe qu’elle autre facette inclinée d’un angle « Ѳ »

Si l’on écrit la première condition d’équilibre (somme des forces est nulle), on aura l’état de
contrainte sur le plan incliné de « Ѳ »

Le lieu de contraintes dans le plan (𝜎, 𝜏) est défini par la relation :

C’est l’équation d’un cercle (cercle de Mohr):


- de centre de coordonnées ((𝜎𝑥 + 𝜎𝑧 )/2,0)
𝜎𝑧−𝜎𝑥 2
- de rayon R=√( ) + 𝜏𝑥𝑧 2
2
L’orientation des plans principaux est obtenue pour 𝜏𝜃=0, soit :

Il existe donc deux plans principaux dont l’orientation est donnée par q1 et q2. Les contraintes
principales majeure et mineure sont déterminées à partir de l’équation du cercle

A noter que, si les directions x et z sont principales (𝜎x = 𝜎3 ; 𝜎z = 𝜎1 et 𝜏xz=0), on trouve :

Support de cours Géotechnique 70 Génie Civil Bâtiment


III.2 Critères de rupture
La rupture d’un matériau se produit à cause d’une combinaison critique entre la contrainte normale
et la contrainte de cisaillement. La résistance mobilisée est la contrainte de cisaillement qui prévaut
𝜑 𝜋
à un angle ∝= 2 = 4
La résistance disponible est la contrainte de cisaillement critique déterminée à partir du critère de
rupture :

A la rupture :
𝜑 𝜋 𝜑 𝜋
𝜎1 = 𝜎3 𝑡𝑎𝑛2 ( 2 = 4 ) + 2𝑐𝑡𝑎𝑛( 2 + 4 )
𝜎1 +𝜎3 𝜎1−𝜎3 𝜑 𝜋
𝜎𝑛 = + cos( + )
2 2 2 4
𝜎1−𝜎 𝜑 𝜋
𝜏= 2
3
sin( + )
2 4

IV. DETERMINATION DES CARACTERISTIQUES DE PLASTICITE "C ET 𝝋


Plusieurs types d’essais sont utilisés pour déterminer les caractéristiques de plasticité ; on
distingue :
les essais de mesure in situ (scissomètre, rhéotest, pénétromètre...)
les essais de laboratoire (compression simple, essai de cisaillement rectiligne ou boîte de
Casagrande, essai de compression triaxial)
On ne s’intéressera dans ce chapitre qu’aux essais de laboratoire
IV.1 Essai de compression simple
L’essai consiste à appliquer une charge axiale sur l’échantillon du sol et l’augmenter
progressivement jusqu’à la rupture. L’essai étant rapide, les résultats sont représentés en
contraintes totales (fig 5.10)

Orientation du plan de rupture : 𝛼=π/4


La cohésion non drainée est : cu = 𝜎1 / 2

IV.2 Essai de cisaillement direct (ou essai de cisaillement rectiligne)


L’échantillon de sol, placé dans deux demi-boites qui peuvent glisser l’une par rapport à l’autre,
est soumis sur l’élément supérieur à une contrainte normale (𝜎 =N/S, S : section horizontale de

Support de cours Géotechnique 71 Génie Civil Bâtiment


la boite de cisaillement), puis à un effort de cisaillement T jusqu’à la rupture tout en mesurant
le déplacement horizontal de la demi boite (Figure 33).

Figure 33 : Boite de cisaillement


Trois échantillons identiques doivent être testés, pour trois contraintes normales différentes Les
valeurs des contraintes de cisaillement à la rupture sont représentées en fonction des contraintes
normales t = f (s). Cette représentation n’est autre que la traduction graphique de l’équation de
Coulomb : τrup=C+𝜎rup. Tanφ
a) Essai Consolidé Drainé (C.D)

c’, φ’ : Les paramètres résistance au cisaillement


c’: Cohésion non drainée.
φ’: Angle de frottement interne effectif.
b) Essai non consolidé non drainé (U.U)
Essai réalisable pour les sols fins

Cu : Résistance au cisaillement non drainé.


IV.3 Essai de cisaillement triaxial
Pour trois éprouvettes identiques (Ѳ=36 mm, h=2Ѳ) d’un sol donné, on applique pour chacune
les états de contraintes représentés comme suit (Figure 34) :

Support de cours Géotechnique 72 Génie Civil Bâtiment


Figure 34 : Champs de contraintes à l’appareil triaxial

A la rupture, on note les valeurs des contraintes principales : 𝜎 1 = 𝜎 3 + Δ 𝜎 1 et 𝜎 3


Δ𝜎 1 = 𝜎1 - σ 3 étant le déviateur de contraintes.
a) Essai non consolidé non drainé (UU).
L’essai étant rapide, la représentation ne peut se faire qu’en contraintes totales (fig 5.6)

Essai 1 : 𝜎3’ et 𝜎1’ ; Essai 1 : 𝜎3’’ et 𝜎1’’ ; Essai 1 : 𝜎3’’’ et σ1’’’


L’orientation du plan de rupture : 𝛼 =π/4, Cu= (𝜎1 - 𝜎 3)/2
NB : Cet essai ne permet pas la détermination des paramètres effectifs même en mesurant
la pression interstitielle.
Le critère de rupture est :
- En terme de contraintes appliquées sur le plan de rupture : τ= Cu 𝜎 =(𝜎1+𝜎3)/2
- En terme de contraintes principales : Cu= (𝜎1 - 𝜎 3)/2
b) Essai Consolidé Drainé (C.D) (Essai très lent : Contraintes effectives)

Figure 35 : Résultats de l’essai cd a l’appareil triaxial


Orientation du plan de rupture : 𝛼 =π/4+𝜑 ′ /2
Le critère de rupture est :

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- En terme de contraintes sur le plan de rupture : τ=c’+𝜎′.Tanφ’
- En terme de contraintes principales : ’1 = ’3 Kp +2 c’Kp. Kp = tg² (/4 +’/2)
c) Essai Consolidé non Drainé (C.U)
Il a pour but :
- la détermination des paramètres de résistance effectifs (c’, ’) en mesurant la pression
interstitielle à la rupture.
- La détermination des paramètres de résistance consolidés non drainés (Ccu, cu)
- L’étude de la variation de la cohésion non drainée en fonction de la pression de consolidation.
La représentation des résultats peut se faire en contraintes totales et en contraintes effectives.

L’orientation du plan de rupture : =/4 + ’/2


Le critère de rupture est :
- En terme des contraintes effectives :
’1 = ’3Kp + c’Kp. Kp = tg² (/4 +’/2)
= c’+’tg ’
- En terme des contraintes totales :
1 = 3Kp +2 CcuKp. Kp = tg² (/4 +cu/2)
= Ccu + tg cu
L’accroissement de la cohésion non drainée est : Cu = ’c
’c : l’accroissement de la pression de consolidation
V. RESISTANCE AU CISAILLEMENT DES SOLS GRENUS SANS COHESION
Les sols grenus sans cohésion sont aussi appelés sols pulvérulents (Sable propre, graviers...).
Ces sols étant perméables, il est habituellement considéré qu’il ne s’y développe pas de pression
interstitielle.
V.1 Courbe intrinsèque d’un sol pulvérulent.
Il est constaté par l’expérience que la courbe intrinsèque dans le plan de Mohr peut être
correctement assimilée à une droite passant par l’origine. L’angle φ qu’elle forme avec l’axe
des σ est baptisé angle de frottement interne du sol (Figure). Il y a début de glissement, et le
domaine de la plasticité est atteint lorsque : τ=𝜎tanφ (Figure 35).

Support de cours Géotechnique 74 Génie Civil Bâtiment


Figure 35 : Droite de Coulomb pour un sol pulvérulent
τ = contrainte tangentielle
σ = contrainte normale
φ= angle de frottement interne
Par ailleurs, quel que soit l’état hydrique du sable, l’angle de frottement interne φ a la même
valeur.
V.2 Paramètres influençant l’angle de frottement interne d’un sol pulvérulent
La résistance au cisaillement d’un sol pulvérulent est déterminée par la valeur de son angle de
frottement interne φ, qui dépend principalement de deux paramètres :
Le coefficient de frottement entre les graines et de la compacité.
L’angle de frottement interne φ dépend beaucoup du coefficient de frottement entre les grains
τ=𝜎tan𝜔 . Cependant φ est toujours plus grand que 𝜔 (angle de frottement grain par grain). φ
= 30° à 45° 𝜔 ≈ 23 °; Ceci est dû à la compacité.
Suivant qu’un sol pulvérulent est lâche ou serré, la valeur de l’angle de frottement interne est
différente. Cette valeur varie dans le même sens que l’indice de densité.
Pour un sable donné, il a été constaté expérimentalement que tan φ =K/e, où le coefficient K ≈
0,45 à 0,55 dépend de la forme des grains et de leur répartition granulométrique.

V.3 Détermination de l’angle ϕ


Pour déterminer l’angle φ, on peut utiliser en laboratoire l’essai de cisaillement, ou essai à la
boîte de Casagrande. Il consiste à appliquer une contrainte normale à un échantillon de sol
maintenu en conditions drainées, puis à le soumettre à un cisaillement horizontal jusqu’à la
rupture (Figure 36). La courbe intrinsèque s’obtient directement en reportant les couples (σ, τ)
où σ est la contrainte normale appliquée pendant une rupture et τ la contrainte de cisaillement
mesurée pour la rupture. Cet essai s’interprète en considérant que la courbe intrinsèque est une
droite (droite de Coulomb), l’angle qu’elle fait avec l’axe des σ étant l’angle de frottement
interne. Cet essai simple est de moins en moins utilisé pour les sols fins, car peu précis, au
bénéfice de l’essai triaxial.

Figure 36 : Schéma de la boîte de cisaillement

Support de cours Géotechnique 75 Génie Civil Bâtiment


VI. RESISTANCE AU CISAILLEMENT DES SOLS FINS SATURES
VI.1 La remise sous contrainte
La remise sous contrainte consiste à remettre l’échantillon de sol taillé dans une carotte et à
l’étudier lors d’un essai dans le même état de contrainte que celui régnant in situ (Figure 37).
Cette remise sous contrainte se fait généralement avant tout essai de résistance au cisaillement
et particulièrement dans le cas des essais lents ; c’est à dire drainés.

Figure 37 : Remise sous contrainte


Un sol fin normalement consolidé se trouve généralement dans un état de densité inférieure à
la densité critique. D’où une tendance pendant le cisaillement à la diminution de volume, ce
qui entraîne l’augmentation des pressions interstitielles.

VI.2 Détermination des paramètres de la courbe intrinsèque d’un sol fin,


Pour déterminer les paramètres de la courbe intrinsèque d’un sol fin, l’essai de laboratoire le
plus courant est l’essai triaxial. Un échantillon cylindrique de sol est placé dans une cellule
contenant de l’eau, dont une membrane étanche le sépare. Par l’intermédiaire de l’eau, une
contrainte radiale uniforme et constante σ2 = σ3 est appliquée. Un piston applique une
contrainte axiale σ1 croissante (Figure 38). Une rupture permet de tracer un cercle de Mohr,
généralement celui pour lequel l’extrémité de diamètre σ1 correspond au pic de contrainte.
C’est la contrainte principale majeure, σ3 étant la contrainte principale mineure.

Figure 38 : Schéma de l’appareil triaxial


Trois ruptures sont en général réalisées, sous différentes valeurs de σ3, avec trois échantillons
réputés identiques. Elles permettent de tracer la droite tangente aux trois cercles de Mohr. Son
ordonnée à l’origine (c) est par définition la cohésion du sol. L’angle ϕ formé avec l’axe des
contraintes normales est l’angle de frottement interne du sol.

Support de cours Géotechnique 76 Génie Civil Bâtiment


Les sols pulvérulents sont donc dépourvus de cohésion. Dans le plan de Mohr, la courbe
intrinsèque est donc une droite, appelée droite de Coulomb. Coulomb avait le premier considéré
que les contributions des deux phénomènes mécaniques, la cohésion et le frottement interne
pouvaient s’ajouter indépendamment l’une de l’autre.

Trois types d’essais triaxiaux sont couramment pratiqués.


 Dans l’essai consolidé, drainé (CD), les pressions interstitielles se dissipent au fur et à
mesure (essai lent qui correspond au comportement à long terme du sol). Donc à tout
instant u = 0.
Cet essai s’interprète classiquement en considérant le critère de Coulomb : la courbe intrinsèque
est une droite d’équation τ = c’+σ’. Tan φ’ où φ’, angle de frottement effectif, et c’, cohésion
drainée, sont les caractéristiques intergranulaires du sol.
 Dans l’essai consolidé, non drainé avec mesure de u (CU), l’échantillon est tout d’abord
consolidé sous une contrainte isotrope jusqu’à dissipation des pressions interstitielles ; puis
le drainage est fermé et la contrainte verticale est augmentée jusqu’à la rupture tout en
mesurant les variations de la pression interstitielle.
Cet essai, plus rapide que l’essai consolidé drainé, permet malgré tout d’accéder aux
caractéristiques intergranulaires du sol c’et φ’, à condition de l’interpréter en contraintes
effectives.
 Dans l’essai non consolidé non drainé (UU), les pressions interstitielles ne se dissipent
pas. Cet essai rapide correspond au comportement à court terme. Les Ruptures sont en général
réalisées, sous différentes valeurs de σ3, avec trois échantillons réputés identiques. Elles
permettent de tracer la droite tangente aux trois cercles de Mohr. Son ordonnée à l’origine (c)
est par définition la cohésion du sol. L’angle φ formé avec l’axe des contraintes normales est
l’angle de frottement interne du sol. Les sols pulvérulents sont donc dépourvus de cohésion.
Dans le plan de Mohr, la courbe intrinsèque est donc une droite, appelée droite de Coulomb.
Coulomb avait le premier considéré que les contributions des deux phénomènes mécaniques,
la cohésion et le frottement interne pouvaient s’ajouter indépendamment l’une de l’autre.
Trois types d’essais triaxiaux sont couramment pratiqués.
 Dans l’essai consolidé, drainé (CD), les pressions interstitielles se dissipent au fur et à
mesure (essai lent qui correspond au comportement à long terme du sol). Donc à tout
instant u = 0.
Cet essai s’interprète classiquement en considérant le critère de Coulomb : la courbe intrinsèque
est une droite d’équation τ = c’+ σ’. Tan φ’ où φ’, angle de frottement effectif, et c’, cohésion
drainée, sont les caractéristiques intergranulaires du sol.
 Dans l’essai consolidé, non drainé avec mesure de u (CU), l’échantillon est tout d’abord
consolidé sous une contrainte isotrope jusqu’à dissipation des pressions interstitielles ;
puis le drainage est fermé et la contrainte verticale est augmentée jusqu’à la rupture tout
en mesurant les variations de la pression interstitielle.
Cet essai, plus rapide que l’essai consolidé drainé, permet malgré tout d’accéder aux
caractéristiques intergranulaires du sol c’et φ’, à condition de l’interpréter en contraintes
effectives.

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 Dans l’essai non consolidé non drainé (UU), les pressions interstitielles ne se dissipent
pas. Cet essai rapide correspond au comportement à court terme.

Travaux Dirigés 6 : CALCUL DES CONTRAINTES DE CISAILLEMENT D’UN SOL


Exercice 1: QUESTIONS A DEBATTRE
1. Pourquoi les contraintes verticales et horizontales sont-elles la plupart du temps associées aux
contraintes principales ?
2. Que représente le cercle de Mohr ?
3. Selon le critère de Coulomb, de quoi dépend la résistance au cisaillement d’un sol à la rupture ?
4. Quelles sont les circonstances qui provoquent généralement une rupture du sol ?
5. Dans un sol cohérent, qu’arrive-t-il à la valeur des paramètres de la résistance au cisaillement
lorsqu’il n’y a aucun drainage.
6. Pourquoi utilise-t-on l’angle de frottement interne effectif pour les sols pulvérulents ?
7. Pourquoi utilise-t-on l’angle de frottement interne effectif pour les sols pulvérulents ?
8. Dans un sol cohérent, qu’arrive-t-il à la valeur des paramètres de la résistance au cisaillement
lorsqu’il n’y a aucun drainage.
Exercice 2:
Déterminer analytiquement et graphiquement les contraintes qui se développent sur le plan
incliné de 60°:

Exercice 3:
On a effectué des essais de cisaillement direct sur un sable moyen. A l’aide des résultats qui
suivent, déterminer les paramètres de la résistance au cisaillement de ce sable.
Essai 1 𝜎′𝑟𝑢𝑝 𝜏𝑟𝑢𝑝
1 67,3 57,1
2 118,6 99,2
3 170,2 150,4
4 231,8 194,8

Support de cours Géotechnique 78 Génie Civil Bâtiment


CHAPITRE11 : CALCUL DES FORCES DE POUSSEE ET DE BUTEE ET
OUVRAGES DE SOUTENEMENT
Durée : 4h
Les sols exercent des pressions verticales sur les couches sous-jacentes, ce qui engendre des
pressions horizontales dites « poussée des terres ». Un ouvrage de soutènement doit être alors
conçu de manière à résister à cette poussée. Ce chapitre se propose donc de déterminer les
forces de poussée et de butée en fonction de la géométrie du mur et du massif de sol retenu, des
caractéristiques mécaniques et du frottement entre le mur et le sol.
Objectif du cours : Permettre à l’apprenant d’être en :
 Mesure d’estimer les forces de poussée et de butée
 Connaitre quelques ouvrages de soutènement

I. GENERALITES
Pour un ouvrage de soutènement simple, de type mur en béton retenant un massif de sol (Figure
39), les types de sollicitations qui s’exercent sur ce mur sont :
 la force de pesanteur W, poids du mur, qui s'exerce sur la face du mur en contact avec le
sol ;
 les trois forces de mécanique des sols :

o la force de poussée (ou encore poussée) et on la note P a, l’indice a précisant qu’il s’agit
d’une force active. C'est la force du massif de sol s'exerçant sur la face amont du mur
(généralement verticale) et qui a tendance soit à renverser le mur, soit à le déplacer
horizontalement,
o la force de butée (ou encore butée) et on la note P p, l’indice p précisant qu’il s’agit
d’une force passive (qui ne s’exerce qu’en réaction à un déplacement effectif). C'est la
force qu'exerce le sol sur la face aval du mur (dont la partie enterrée est souvent faible),
et qui a tendance à retenir le mur,
o la force portante N ou R b, verticale, et la force de résistance au glissement, T ou R h,
qui s'oppose au glissement du mur sur sa base sous l'action de la poussée.

Figure 39 : Représentation schématique des actions extérieures exerces sur un mur poids

On définir donc les contraintes de poussée et de butée.


o la contrainte de poussée est la limite inférieure des pressions du sol sur le mur,
lorsqu’on déplace légèrement celui-ci.

Support de cours Géotechnique 79 Génie Civil Bâtiment


o la contrainte de butée est la limite supérieure des pressions du sol sur le mur qui
comprime le remblai jusqu’à rupture.
La stabilité du mur de soutènement est assurée si les équations d’équilibre ci-dessous sont
vérifiée : ∑ 𝐹⃗𝐸𝑥𝑡 𝑣𝑒𝑟𝑡𝑖𝑐𝑎𝑙𝑒 = ∑ 𝐹⃗𝐸𝑥𝑡 ℎ𝑜𝑟𝑖𝑧𝑜𝑛𝑡𝑎𝑙𝑒 = ∑ 𝑀
⃗⃗⃗𝐸𝑥𝑡 = 0

Dans la pratique, on vérifie de manière équivalente :


- la stabilité au glissement du mur (bilan sur les ∑ 𝐹⃗𝐸𝑥𝑡 ℎ𝑜𝑟𝑖𝑧𝑜𝑛𝑡𝑎𝑙𝑒𝑠),
- la stabilité au poinçonnement du mur (bilan sur les ∑ 𝐹⃗𝐸𝑥𝑡 𝑣𝑒𝑟𝑡𝑖𝑐𝑎𝑙𝑒𝑠),
- la stabilité au renversement du mur (bilan sur les ∑ 𝑀 ⃗⃗⃗𝐸𝑥𝑡 = 0).

Afin d’effectuer ces bilans sur les efforts extérieurs il est indispensable d’estimer les forces de
poussée et de butée.
II. ETAT D’EQUILIBRE
Pour un massif de sol, on distingue trois états d’équilibre :
- état au repos : le rapport entre la contrainte horizontale effective et la contrainte verticale
effective s’exprime au moyen du coefficient de pression des terres au repos K0.
𝜎′
K0=𝜎′ℎ ≫ 𝜎’ℎ = 𝜎’𝑣. 𝐾0
𝑣
- état actif ou de poussée.
- état passif ou de butéé
L’équilibre des contraintes dans un sol est exprimé par l’enveloppe de rupture (courbe intrinsèque)
issue de l’équation de Coulomb : t = c + 𝜎’ tg𝜑.
II.1 Théorie de Rankine
L’état de contrainte agissant sur un élément de sol (𝜎’h, 𝜎’v ) est représenté par le cercle de Mohr.
Rappelons que pour garder l’équilibre de l’élément de sol, le cercle doit être toujours à l’intérieur
de l’enveloppe de rupture (Figure 40).

Figure 40 : Trois états d’équilibre d’un sol

Les cercles représentent trois états différents des contraintes d’un élément de sol.
Cercle1 : exprime l’état d’équilibre au repos. La contrainte de cisaillement agissant sur l’élément
est inférieure à la résistance au cisaillement du sol : pas de risque de rupture.
Cercle2 et cercle 3 : Si la contrainte horizontale diminues 𝜎3i ou la contrainte verticale 𝜎1i

Support de cours Géotechnique 80 Génie Civil Bâtiment


augmente, le cercle1 ira en augmentant jusqu’à ce qu’il touche l’enveloppe de rupture. A ce
moment les contraintes seront plus fortes que la résistance au cisaillement du sol, ce qui entraînera
une rupture le long d’un plan de cisaillement. Pour qu’un relâchement de la contrainte horizontale
contre un ouvrage de soutènement entraîne la rupture du sol, le mur doit nécessairement être
flexible : c’est ce sur quoi s’appuie la théorie de Rankine.
III. CALCUL DES FORCES DE POUSSÉE ET DE BUTÉE
Dans un liquide la pression est la même dans toutes les directions de l’espace (pression
hydrostatique ou isotrope). Dans un sol la pression horizontale est différente de la pression
verticale.
III. 1 Coefficient de pression des terres
II.1.1 Coefficient de pression des terres au repos K0
Un sols soumis à une contrainte verticale tend à se déformer dans la direction horizontale.
Cependant, comme un élément de sol est confiné par les éléments de sol voisins, sa déformation
horizontale est limitée par le développement d’une contrainte horizontale. La valeur de la
contrainte horizontale dépend de la capacité du sol à se déformer, donc du type de sol.
Dans un massif de sol homogène à surface horizontale 𝜎′ℎ le rapport entre la contrainte effective
horizontale 𝜎′𝑣 s’exprime au moyen du coefficient de pression des terres au repos K0 :
𝜎′
K0=𝜎′ℎ
𝑣
Le coefficient K0 peut être mesuré à l’aide d’un appareil triaxial ou d’une cellule œdométrique
spécifique. Pour les sables, K0 peut être évalué à partir de la formule empirique de Jacky :
K0 = 1- sin 𝜑'
II.1.2 Coefficient de poussée des terres (ou poussée active) Ka
Considérons un massif de sol soutenu par un mur vertical. Initialement, la contrainte
horizontale 𝜎′ℎ dans le sol est inférieure à la contrainte verticale 𝜎′𝑣 . 𝜎′ℎ correspond donc à la
contrainte principale mineure (𝜎′3), et 𝜎′𝑣 à la contrainte principale majeure (𝜎′1) (Figure 41).

Figure 41 : Evolution de l’état de contrainte lors du développement de la poussée


Supposons que le mur subisse un léger déplacement vers l’extérieur du massif (Fig. 4.12).
- Au cours du déplacement du mur, la contrainte horizontale 𝜎′ℎ diminue.
- 𝜎′ℎ peut diminuer jusqu’à ce que le cercle de Mohr représentant l’état de contrainte soit
tangent au critère de Mohr-Coulomb (Figure 42), il y a alors rupture du sol.
- La poussée (ou poussée active) correspond à cet état de contrainte à la rupture.

Support de cours Géotechnique 81 Génie Civil Bâtiment


Figure 42 : Contraintes horizontales s’exerçant dans le cas de la poussée
Le coefficient de butée des terres Ka, est défini comme le rapport entre :Ka=𝜎′ℎ et ’A =KA.’v
𝜎′
𝑣
III.1.3 Coefficient de butée des terres Kp
Supposons maintenant que le mur subisse un léger déplacement vers l’intérieur du massif
(Figure 43).
- Au cours du déplacement du mur, la contrainte horizontale 𝜎′ℎ augmente au point d’être
supérieure 𝜎′𝑣 et de devenir la contrainte principale majeure (𝜎′1 ).
- 𝜎′ℎ peut augmenter jusqu’à ce que le cercle de Mohr soit tangent au critère de Mohr-
Coulomb (Figure 44), il y a alors rupture du sol.
- La butée (ou poussée passive) correspond à l’état de contrainte à la rupture.

Figure 43 : Contraintes horizontales s’exerçant dans le cas de la butée.

Figure 44 : Evolution de l’état de contrainte lors du développement de la butée.


Le coefficient de butée des terres Kp, est défini comme le rapport entre :Kp=𝜎′ℎ et’P =KP.’v
𝜎′
𝑣

III.2 Massif à surface horizontale


III.2.1 Cas d’un sol pulvérulent
Pour déterminer le coefficient de poussée, il suffit d’établir une relation entre 𝜎’A, 𝜎’v et l’angle
de frottement interne , on aura :
- en poussée : 𝜎’A = KA 𝜎’v
- en butéé : 𝜎’P = KP 𝜎’v
- état de rupture par poussée

Support de cours Géotechnique 82 Génie Civil Bâtiment


1−𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜋 𝜑 1
Ka=1+𝑠𝑖𝑛𝜑 = 𝑡𝑔2 ( 4 - 4 ) et Kp=𝐾𝐴

La force de poussée va s’appliquer à 1/3 de la hauteur à partir de la base. La contrainte de poussée


sur le mur a une répartition triangulaire car elle est proportionnelle à la profondeur.
1
P= 2 𝜎𝐻 2Ka
- état de rupture par butée
1+𝑠𝑖𝑛𝜑 𝜋 𝜑 1
Kp=1−𝑠𝑖𝑛𝜑 = 𝑡𝑔2 ( 4 + 4 ) et Ka=𝐾𝑝
1
B= 2 𝜎𝐻 2Kp

III.2.2 Cas d’un sol pulvérulent en présence d’une nappe statique


Si le sol est saturé, l’action de l’eau est équivalente dans toutes les directions. La poussée de
l’ouvrage de soutènement est indépendante des coefficients de poussée et de butée. Elle a une
répartition triangulaire comme d’habitude :
1
-état de poussée : Pw= 2 𝜎𝑤 (𝐻-H0)2 Kw avec Kw=0

IV. STABILITE DE QUELQUES OUVRAGES DE SOUTENEMENT


IV.1 Définition
Les ouvrages de soutènement sont des constructions destinées à prévenir l’éboulement ou le
glissement d’un talus raide. Ils sont essentiellement employés :
- soit en site montagneux pour protéger les chaussées routières contre le risque d’éboulement ou
d’avalanches ;
- soit, en site urbain pour réduire l’emprise d’un talus naturel, en vue de la construction d’une
route, d'un bâtiment ou d’un ouvrage d’art.
IV.2 Types d’ouvrages de soutènement
II existe deux grandes classes d’ouvrages de soutènement :
a) Les murs : qui sont composés d’une paroi résistante et d’une semelle de fondation. C’est le
cas des murs en T renversé ou des murs-poids en béton armé ou encore en maçonnerie (briques,
pierres,…) ou formés d’éléments spéciaux (murs végétalisés, gabions métalliques, …).
b) Les écrans qui sont composés seulement d’une paroi résistante (rideau de palplanches formé
de profilés métalliques emboîtés les uns dans les autres et fichés dans le sol ; paroi moulée en béton
armé ; mur en terre armée avec parement composé d’écailles en béton).
c) Les ouvrages en remblai ou sol renforcé : ce sont des ouvrages qui comportent des rangées
sensiblement horizontales de renforcements, interposées entre des couches successives du remblai
au fur et à mesure de la construction de l'ouvrage.
IV.3 Différents types de murs de soutènement
La notion « d’écran de soutènement » couvre l’ensemble des structures servant à retenir un massif
de sol autour d’une excavation à l’aide d’éléments de matériaux résistants à la poussée des terres.
Dans la définition de l’Eurocode 7, un « ouvrage de soutènement » retient des terrains (sols, roches
ou remblais) et/ou de l’eau. L’effort de poussée exercé par le massif de terre retenu peut être repris
de diverses manières.
Trois modes principaux peuvent être distingués :

Support de cours Géotechnique 83 Génie Civil Bâtiment


- Cas ou la poussée est reprise par le poids de l’ouvrage de soutènement ;
- Cas ou la poussée est reprise par encastrement de l’ouvrage de soutènement ;
- Cas ou la poussée est reprise par des ancrages.
IV.3.1 Cas ou la poussée est reprise par le poids de l'ouvrage de soutènement :
Dans ce type d'ouvrage on trouve :
IV.3.1.1 Murs en béton ou en maçonnerie
Ces ouvrages rigides ne supportent pas des tassements différentiels supérieurs à 2-3°/°°. Les
gabions ("sacs" de grillage remplis de gros cailloux) peuvent être assimilés à des murs, mais
supportent eux des déformations importantes (Figure 45).

Figure 45 : Murs en Pierres et en maçonnerie

IV.3.1.2 Mur en terre armée :


Il s'agit d'une méthode de soutènement assez récente (1963) développée par Henri Vidal, qui
consiste à utiliser le sol, et non un mur en béton pour assurer la stabilité d'un versant. Le concept
est de renforcer le sol par l'ajout d'armatures qui solliciteront un frottement entre elles et les
cailloux du remblai (Figure 46).

Figure 46 : Renforcement par bandes métalliques


IV.3.2 Cas ou la poussée est reprise par le poids de l'ouvrage de soutènement :
La poussée peut être reprise par l'encastrement de l'ouvrage dans le sol de fondation. On trouve
dans ce type d'ouvrages : Rideaux de palplanches
IV 3.2.1 Rideaux de palplanches
Les rideaux de palplanches sont constitués de palplanches métalliques en général, emboîtées les
unes dans les autres et battues dans le sol de fondation, pour former un écran vertical, le plus
souvent rectiligne, servant de soutènement à un massif de sol (Figure 47).
Les rideaux de palplanches peuvent constituer des ouvrages provisoires ou définitifs. Leur
caractéristique essentielle est que le soutènement ainsi formé est souple, ce qui nécessite une

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méthode spécifique de dimensionnement. Les rideaux de palplanches ce sont des ouvrages de
soutènement flexibles, où l’interaction structure-remblai a une influence prépondérante sur le
comportement de l’ouvrage.

Figure 47 : Rideaux de palplanches

IV.3.3 Cas ou la poussée est reprise par des ancrages :


Dans le cas cité précédemment (poussée par l'encastrement), il est possible d'utiliser des tirants
pour reprendre une partie de la poussée des terres. Les tirants sont très fréquents dans le cas des
parois, pour limiter la profondeur à encastrer et reprendre provisoirement la poussée des terres.
Après excavation les efforts seront repris par les planchers disposés entre les parois et souvent les
tirants seront désactivés. Plusieurs ouvrages ancrés sont rencontrés : les murs ancrés, les parois
moulées ancrées, les palplanches ancrées, etc…
IV.3.3.1 Palplanches ancrées
Dans le cas où les pressions exercées par le massif de terre à retenir ne peuvent être équilibrées
par les forces de butée mobilisées dans la partie en fiche, si la hauteur hors fiche est importante.
On a souvent recours à un système d’ancrage en tête au moyen de tirants.
IV.3.3.2 Parois moulées ancrées :
Dans le cas où les pressions exercées par le massif de terre à retenir ne peuvent être équilibrées
par les forces de butée mobilisées dans la partie en fiche, si la hauteur hors fiche est importante.
On a souvent recours à un système d’ancrage en tête au moyen de tirants.
IV.3.3.3 Murs ancrés
Le principe consiste à réduire les forces actives du glissement et à accroître les contraintes
normales effectives sur la surface de rupture
IV.4 Calcul des efforts de poussée ou de butée dans les ouvrages de soutènement
Le calcul des efforts de poussée ou de butée dans les ouvrages de soutènement doit tenir compte
des paramètres et des facteurs suivants :
- poids volumique du sol ;
- la résistance au cisaillement du sol ;
- le frottement entre le sol et l'ouvrage ;
- l'inclinaison de la surface du sol à l'amont et à l'aval de l'ouvrage λ,η ;
- les déformations et déplacements relatifs de l'ouvrage par rapport au sol ;

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- la présence d'une nappe d'eau ;
- les surcharges à la surface du sol.
Même si l'étude de la stabilité externe des ouvrages de soutènement repose sur des méthodes de
calcul à la rupture, la poussée ou la butée calculée tient compte des déformations de service de
l'ouvrage. Ainsi, lorsqu'il n'y a pas possibilité de déplacement d'un mur de soutènement, comme
cela est le cas pour les murs latéraux d'un pont cadre, la force de poussée doit être calculée avec le
coefficient de pression des terres au repos et non avec le coefficient de poussée.
IV.5 Mode de rupture des murs de soutènement et calcul de la stabilité
Cinq modes de rupture peuvent être rencontrés dans les ouvrages de soutènement (Figure 48) :
- le glissement de l'ouvrage sur sa base (figure 48.a) ;
- le renversement de l'ouvrage (figure 48b) ;
- le poinçonnement du sol de fondation (figure 48.c) ;
- le grand glissement englobant l'ouvrage (figure 48.d) ;
- la rupture des éléments structuraux de l'ouvrage (figure 48.e).
Les quatre premiers types de rupture sont relatifs à l'instabilité externe de l'ouvrage, la rupture des
éléments structuraux constituant l'instabilité interne.
Les parois de soutènement (rideaux de palplanches, parois moulées) ont une instabilité externe
limitée aux ruptures par renversement et par glissement. Par contre, on rencontre dans ce type
d'ouvrage une rupture par renard hydraulique lorsqu'existe une dénivellation de nappe de part et
d'autre de la paroi.
L'étude de la stabilité externe d'un ouvrage de soutènement fait appel à des concepts et à des
méthodes de calcul qui sont communs à l'ensemble des ouvrages. Par contre, l'étude de la stabilité
interne est assez spécifique à chaque type d'ouvrage.

Figure 48 : Mode de rupture des murs de soutènement et calcul de la stabilité

V. TASSEMENTS DES SOLS-CONSOLIDATION


V.1 Définition
Sous l’effet d’un chargement donné (fondation, remblai, etc..), le sol se déforme. On sait que dans

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la plupart des cas, la surface du sol est horizontale et les charges sont verticales; les déformations
et par conséquent les déplacements, seront dans la même direction. Ils sont appelés tassements.
Pour un sol, les tassements résultent essentiellement de sa compressibilité (diminution de volume)
qui est dû :
- à la compression du squelette solide,
- à l’évacuation de l’eau continue dans les vides,
- et à la compression de l’eau et de l’air contenus dans les vides.
A noter que pour les contraintes courantes l’eau et le squelette solide peuvent être considérés
incompressibles.
Dans le cas des sols grenus (sable et gravier ayant un coefficient de perméabilité élevé), saturés ou
non, le tassement est immédiat Dhi.
Pour les sols fins saturés (faible coefficient de perméabilité), sous l’action d’une charge, l’eau
libre ne peut s’évacuer immédiatement et supporte toutes les contraintes appliquées
(suppressions interstitielles u=) pendant la phase de construction de l’ouvrage ; on aura
le tassement immédiat hi. La transmission des contraintes au squelette solide se fait
progressivement au cours du drainage de l’eau et les surpressions interstitielles diminuent. Cet
écoulement s’arrête lorsque u s’annule; on obtient donc le tassement à long terme ou le
tassement final de consolidation primaire hc (Figure 49).

Figure 49 : Phénomène de tassement

QUESTIONS A DEBATTRE

1- A l’aide des cercles de Mohr, expliquer le principe de base des poussées et des butées selon la
théorie de Rankine.
2- Quelle est l’utilité d’un mur de soutènement ?
3- La stagnation d’eaux à l’amont d’un mur de soutènement est favorable ou défavorable à sa
stabilité ?
4- Quels est le rôle des barbacanes dans les murs de soutènement ?
5- Expliquer le rôle des bêches dans les murs de soutènement.

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6-Pourquoi les tassements surviennent-ils plus rapidement dans les sols à gros grains que dans les
sols à grains fins ?
7-Comment appelle-t-on un tassement qui évolue avec le temps ?

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Luc Sibille. Géotechnique pour le technicien IUT Génie Civil et Construction Durable Module
MXG5. Licence. France. 2018. cel-01784592
Robert D. Holtz, William D. Kovacs (1991), Introduction à la géotechnique, Ed. l'Ecole
polytechnique de Montréal, Montréal,.
• M. Callaud (2004). Cours de mécanique des sols, Tome 1, Propriétés des sols, Institut
International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2IE)
• François Schlosser, Éléments de mécanique des solsPresses de l'École nationale des
Ponts et Chaussées, Paris, 1992.
• Gérard Philipponnat, Bertrand Hubert, Eyrolles, PFondations et ouvrages en terre (3e
éd.), Paris, 1997.
*Eléments de mécanique des sols : François schlosser
*Aide-mémoire de mécanique des sols : Publication de l’ENGREF
*Notes de Cours de géptechnique (IUT Paul Sabatier) : Claude Legrand
*Mécanique des sols Tome1 et Tome2 : [Link] et [Link]
*Problèmes pratiques de mécanique de mécanique des sols : [Link] [Link] et B. Cambou.
*Mécanique des sols : [Link] et [Link]

N.B : Pour toute contribution ou amélioration au document : ruthdeschamps@[Link]

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