Mers et océans : vecteurs
essentiels de la
mondialisation
Comment les espaces maritimes contribuent-ils à
la mondialisation ?
I- Mer et océan des espaces majeurs
Les espaces maritimes constituent un
océan planétaire global. Les mers et les
océans de la planète couvrent une superficie
d’environ 361 millions de km², soit 71 % de la
surface du globe. Ils favorisent la circulation des
biens et des sociétés humaines. Le fond des
mers et des océans accueille aujourd’hui les
câbles sous-marins qui permettent 99 % des
télécommunications internationales et des
échanges internet.
Les routes maritimes ont un rôle majeur
dans l’histoire économique mondiale. De
nombreuses civilisations se sont développées en
contrôlant les mers et les océans, devenant ainsi
des puissances maritimes (cités grecques de
l’Antiquité, Venise au Moyen Âge, Royaume-Uni
au XIXe siècle…). La mer Méditerranée, les mers
de Chine, la mer des Caraïbes sont
des interfaces économiques et culturelles depuis
des siècles. Aujourd’hui, la fonte des glaces de
l’océan Arctique fait apparaître de nouvelles
voies maritimes qui devraient permettre de
relier plus rapidement les grands ports
mondiaux.
Etude de cas route maritime : nouvelle route maritime
de l’arcitque :
Definition de Martimisation :
Processus de dépendance croissante des sociétés des
économies des territoires envers les mers et océans
la maritimisation s'exprime par l'intensification des
échanges internationaux de marchandises par voie
maritime(abaissement du coût des temps de
transport maritime augmentation de la taille des
navires…) par l'exploitation des ressources(pêche,
hydrocarbures, sable) et par la concentration des
populations et des activités sur les littoraux.
La maritimisation constitue également un enjeu
géopolitique une source de rivalité entre les États et
un enjeu environnemental(diminution de la
biodiversité surpêche pollution)
Definition de puissance maritime : une puissance
maritime exerce son influence sur les mers. La notion
de puissance maritime dominante a été théorisée en
1890 par l'amiral américain Alfred en se fondant sur
l'exemple de la Grande-Bretagne
Definition interface : zone de contact entre 2 espaces
géographiques distincts elles génèrent le plus
souvent des flux et parfois aussi des tensions
Certains points de passage stratégiques
concentrent le trafic maritime. Un petit
nombre de routes maritimes regroupe l’essentiel
des flux de marchandises (hydrocarbures,
matières premières agricoles, produits
manufacturés…) entre les continents. Les
détroits (Ormuz, Malacca, Bab el-Mandeb,
Bosphore…), et les canaux (Suez, Panama) ont
ainsi un rôle géostratégique majeur dans la
mondialisation.
Etude de cas passage strategique : détroit de malacca :
Definition flux : circulation de biens de personnes de
capitaux ou d'information
II- La maritimisation de l’économie
Les flux maritimes sont au cœur de la
mondialisation des échanges. Près de
11 milliards de tonnes de marchandises ont été
échangés par la mer en 2017, soit 90 % des flux
intercontinentaux. Le gigantisme et la
modernisation des navires (supertankers, porte-
conteneurs…) ont diminué les coûts de transport.
Le transport d’hydrocarbures (pétrole, gaz) et de
matières premières (métaux, grains…) domine
nettement en volume (82,9 %) celui de produits
manufacturés par conteneurs (17,1 %) en 2017.
Les acteurs de la mondialisation du
transport maritime sont
multiples. La maritimisation de l’économie
mondiale s’est intensifiée avec le développement
de la construction navale. Le Japon, la Chine et la
Corée du Sud construisent 90 % des nouveaux
navires dans le monde. Les grandes compagnies
maritimes (CMA-CGM, Cosco…), les pavillons de
complaisance (Panama, Libéria), les compagnies
de croisière (Royal Caribbean) ont un rôle majeur
dans l’accroissement du transport maritime. Les
flux illicites (migrants clandestins, trafics de
drogues, transferts financiers vers les
centres offshore) contribuent également à faire
des mers et des océans des espaces mondialisés.
Définition offshore : Qui s'effectue en pleine mer,
sur des plates-formes de forage pétrolier.
Les territoires sont inégalement intégrés
dans la maritimisation de l’économie. 75 %
des échanges maritimes s’effectuent entre
les façades maritimes européennes (Northern
Range), asiatiques et nord-américaines, où se
concentrent les principaux ports (Ningbo,
Singapour, Rotterdam, Los Angeles), les grands
centres économiques et les métropoles
mondiales. La maritimisation de l’économie
mondiale fait des États enclavés des régions
périphériques dans la mondialisation
Definition facade maritime : l'espace littoral concernant
plusieurs ports permettant de permettre de mettre en
relation l'espace continental de l'arrière-pays avec le
reste du monde
III- Des espaces-ressources
Les ressources maritimes sont
d’abord halieutiques. Environ 80 millions de
tonnes de poissons sont pêchés en mer chaque
année. Ce chiffre stagne depuis plusieurs années
en raison de la surexploitation et de l’épuisement
des ressources. La Chine, l’Indonésie et les États-
Unis sont les trois principaux pays pour les
captures. Le Pacifique regroupe la moitié des
captures marines dans le monde devant
l’Atlantique (environ 20 %). Dans le même
temps, l’aquaculture marine ne cesse de se
développer (30 millions de tonnes par an),
particulièrement en Asie.
Definition aquaculture : élevage industrielle de poissons
de coquillages de crustacés d'algues dans les eaux
maritimes ou fluviales.
Definition ressources halieutique : On désigne sous le
terme de ressources halieutiques toutes les
ressources de la pêche, notamment le poisson.
Les océans constituent un gisement majeur
de ressources énergétiques. Les
hydrocarbures offshore représentent 1/3 de la
production mondiale de pétrole et de gaz et 1/4
des réserves connues. Les progrès techniques
récents permettent des forages de plus en plus
profonds dans de nombreuses zones
d’exploitation (Arctique, golfe du Mexique,
Alaska, golfe de Guinée…). Les espaces
maritimes offrent également des perspectives de
production d’énergies marines renouvelables
(EMR) grâce aux vents, aux marées, aux
courants ou à la houle.
D’autres ressources sont convoitées. C’est
le cas du sable, très recherché dans le secteur de
la construction dans les pays émergents (Chine,
Singapour, Dubaï), ou des métaux précieux. La
bioressource marine, d’origine animale ou
végétale, est exploitée dans de nombreuses
industries (agroalimentaires, chimiques,
cosmétiques…). Les biotechnologies marines,
liées à la biodiversité des mers et à leur
préservation, devraient se développer dans les
prochaines années.
Sable marins : ressources convoité
Exemple pour les ressources halieutique dans le
monde :
Mer et ocean : appropriation ,
rivalité et protection :
Quels sont les enjeux de l’appropriation des
espaces maritimes ?
I- L’appropriation des mers et des oceans
Le partage des espaces maritimes repose sur le
droit international. Le droit de la mer a été défini par
la Convention des Nations unies sur le droit de la mer
(CNUDM) signée à Montego Bay (Jamaïque) en 1982.
Plus on est proche des côtes d’un État, plus les droits
souverains sont importants, plus on s’en éloigne, plus la
liberté est grande : pleine souveraineté d’un État côtier
sur ses eaux territoriales (limite des 12 milles), puis
souveraineté sur la zone économique exclusive (ZEE,
limite des 200 milles). Au-delà, les eaux internationales,
ou haute mer, sont des espaces de libre circulation, où
l’exploitation des fonds est réglementée par les Nations
unies.
Definition droit de la mer : composante du droit
international qui règle la relation entre état concernant
l'utilisation de la mer et l’exercices de leur pouvoir sur
l'espace maritime
Definition ZEE : la ZEE est l'espace maritime d'un état
côtier qui s'étend sur 200000 marins 370 km à partir du
littoral et sur lequel l'état et souverain en matière
d'exploitation et d'exploration des ressources de la mer
les autres États y jouissent du droit de passage
inoffensif navires avions et de la pose des conduites
hydrocarbures et des câbles sous-marins dans certains
cas les États peuvent étendre leurs droits sur les fonds
marins jusqu'à 350 milles marins
Definition haute mer (ou eaux international) : et
l'espace maritime si tu es au-delà des ZEE, non soumis
à la souveraineté des états côtiers elle couvre 64% des
maires et des océans la navigation y est libre ainsi que
l'exploitation des ressources vivantes ou la pose de
câbles sous-marins ou de conduite hydrocarbures les
sols marins et les richesses minérales y sont
considérées comme un bien commun de l'humanité
après réserver
Certains États disposent d’immenses ZEE. Les
États-Unis sont au premier rang (12,2 millions de
km²), devant la France (10,1 millions de km²) qui
bénéficie de ses territoires ultramarins. Ils peuvent
y réglementer l’accès et l’exploitation des
ressources naturelles. Ces espaces maritimes
appropriés par les États représentaient en 2018
36 % des mers du globe, la haute mer 64 %.
Le droit de la mer protège la haute mer tout
en permettant son appropriation. Définies
comme « Biens communs mondiaux », les eaux
internationales ne peuvent être appropriées ou
revendiquées. L’Autorité internationale des fonds
marins (AIFM), créée en 1994 sous l’égide des
Nations unies, gère les autorisations d’exploitation
des ressources minérales du fond des océans. Elle
peut accorder aux États qui le demandent une
extension de leur ZEE jusqu’à 350 milles afin d’y
exploiter les ressources des sols et des sous-sols.
II- Rivalité et enjeux géostrategiques
Les richesses maritimes et leur partage
attisent les tensions entre États. Les mers en
voie d’exploration, les zones de pêche, les réserves
d’hydrocarbures, les contentieux sur le tracé des
ZEE sont sources de rivalités entre les États côtiers.
C’est le cas dans l’océan glacial Arctique où la
fonte de la banquise suscite les convoitises des
pays riverains pour l’exploitation des ressources et
la maîtrise des nouvelles routes maritimes
marchandes (route du Nord-Est). Ces tensions entre
États peuvent être de haute intensité comme en
mer de Chine méridionale, dans l’océan Indien ou
dans le golfe Arabo-Persique.
La liberté de naviguer sur les océans est de
plus en plus menacée. La liberté de navigation
ainsi que la sécurité des navires sont souvent
remises en cause dans de nombreux détroits, ou
dans certaines mers où les tensions sont fortes
entre États côtiers voisins. La Chine cherche à
imposer sa souveraineté sur des espaces maritimes
qu’elle considère comme historiquement rattachés
à son territoire. La piraterie est également
importante (golfe d’Aden, golfe de Guinée, détroit
de Malacca) et mobilise de nombreux États dans le
monde (opération européenne Atalante dans
l’océan Indien).
La maîtrise des mers et des océans est un
facteur de l’affirmation des puissances
navales. Un petit nombre d’États dispose
d’importantes flottes militaires leur permettant de
protéger leurs intérêts. C’est le cas de la France et
du Royaume-Uni. Les États-Unis disposent des
forces navales les plus importantes, présentes sur
tous les océans du globe. « Gendarme » naval
mondial, les États-Unis (11 porte-avions) doivent
composer avec la montée en puissance de la
marine chinoise qui possède aujourd’hui deux
porte-avions et de nombreux sous-marins. L’Inde
est également une puissance navale émergente.
Etude de cas le golfe arabo persique :
Etude de cas : la mer de chine meridionale :
III- Des espaces maritimes entre menaces et
protection
Les mers et les océans sont gravement
menacés par les activités humaines. Le
transport d’hydrocarbures et l’exploitation par les
plateformes offshore occasionnent d’importantes
pollutions (marées noires…). La concentration des
déchets a provoqué l’apparition de véritables «
continents » de plastique (zones d’accumulation
massive appelées gyres) dans tous les océans.
Chaque année, près de 10 millions de tonnes de
plastique sont rejetés dans les mers. Ces déchets
dégradent les eaux océaniques et mettent en péril
une grande partie de la faune marine.
L’appropriation permet souvent de protéger
les mers et les océans. Le droit de la mer permet
aux États côtiers de mettre en place des mesures
de protection et de favoriser
la patrimonialisation de leurs domaines insulaires
et maritimes : préservation des mangroves, des
barrières de corail, des espèces halieutiques.
5 000 aires marines protégées représentent en
2018 environ 7,3 % de la surface des océans du
globe (26 millions de km²). Depuis 2017, la
superficie des aires marines protégées dépasse
celle de leurs équivalents terrestres. Elle pourrait
doubler d’ici 2030.
Definition patrimonialisation : politique qui consiste à
protéger un espace et à en faire un élément de
patrimoine
définition air Marine protégée (AMP) : espace maritime
relevant de mesures de protection environnementale et
de gestion des ressources
Les États maritimes sont partagés entre les
logiques de valorisation et de protection. Les
mers et les océans représentent un capital dont le
produit marin brut (PMB), c’est-à-dire la richesse
produite, serait estimé à 2 500 milliards de dollars,
soit l’équivalent de la 7e puissance économique
planétaire. Toutefois, leur exploitation est
incompatible avec les logiques de préservation des
milieux marins et de la biodiversité marine,
nécessaires aux équilibres environnementaux de la
planète.