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Projet de fin d'étude

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Introduction

Un système de santé englobe l'ensemble des services et des


structures dédiées à la gestion de la santé de la population, en
incluant la prévention, les soins curatifs, les traitements et la
réadaptation. (Organisation mondiale de la santé, 2021)

D’abord un système de santé efficace repose sur une


collaboration fluide entre différents professionnels de santé, dont
les infirmiers et les aides-soignants, pour garantir des soins de
qualité. Il repose sur une équipe interprofessionnelle où les
infirmiers et les aides-soignants jouent des rôles
complémentaires mais distincts. Ensemble, ils veillent à ce que
la qualité des soins prodigués aux patients soit optimale, en
respectant les normes médicales, en maintenant une
communication constante, et en offrant un soutien humain et
technique. Leur collaboration efficace est un élément clé pour
garantir des soins de qualité, améliorer l'expérience des patients
et contribuer à la performance globale du système de santé.
(Ministère des Solidarités et de la Santé, France ,2023)
En outre, la profession infirmière, fondée sur des soins
humains et médicaux, a évolué au fil du temps pour devenir un
pilier central des systèmes de santé. Cependant, des défis
persistent, tels que la pénurie d’infirmiers, la surcharge de
travail, et la nécessité de continuer à se former face à des
technologies de plus en plus complexes. Malgré ces défis, les
infirmiers demeurent des acteurs-clés dans le système de santé,
assurant des soins de qualité et contribuant activement à la santé
publique à l’échelle mondiale. (Organisation mondiale de la santé,
2021)

Pour ce qui précède, le sujet choisi pour élaborer notre


projet de fin d’étude : les facteurs derrière l’application des soins
infirmiers par les aides-soignants au niveau de CHR Er-Rachidia
dans le but de déterminer les facteurs qui influencent la pratique
des soins infirmier par les aides-soignants et préciser ses
conséquences en premier lieu sur les patients qui constituent la
base du système de santé ; Finalement, les auteurs de la présente
étude décriront en quelque sorte l’influence de ce glissement des
taches sur la qualité des soins prodigués et le profile infirmier .
La première partie présente le cadre conceptuel de la
recherche qui regroupe les éléments de la problématique ; les
objectifs et les questions de recherche, dans la même phase, une
recension des écrits afin de mieux expliquer et éclaircir la
problématique, d’abord nous définirons les concepts clé de la
présence étude et ses composants ensuite nous détaillerons les
différents facteurs derrière l’application illégale des soins
infirmiers par les aides-soignants.

Dans une seconde partie, i y’aura une phase méthodologique


constituée essentiellement par : la description de la population
cible et des milieux concernés, le type de l’étude, les instruments
de collecte des données, ainsi que le déroulement de cette
procédure pour terminer cette phase par les considérations
éthiques.

Dans la dernière partie : la phase empirique qui présente les


données et l’analyse de questionnaire d’échelle et des entretiens,
puis la discutions des résultats. (Organisation mondiale de la santé,
2021)
I. Phase conceptuelle
1) La problématique
Chaque pays dispose d’un certain mode d’organisation afin
de répondre, au mieux, à la demande de santé. Cet agencement
complexe est le système de santé, qui se définit selon l’OMS
comme « Tout système inclut toutes les activités dont le but
essentiel est de promouvoir, restaurer ou entretenir la santé. »

D’ailleurs le système de santé constitue l’ensemble des


structures, organisations et ressources mises en place pour
assurer la prestation des soins de santé à la population. Il peut
varier en fonction de son organisation, de son financement et de
ses ressources, mais tous partagent des objectifs communs :
garantir l'accès aux soins, améliorer la qualité de vie des
citoyens, et réduire les inégalités en matière de santé
(OMS,2022)

Effectivement le système de santé marocain est un système


interprofessionnel où plusieurs acteurs jouent un rôle
complémentaire dans l'application des soins. Ces professionnels
incluent :
- Les médecins : prise en charge du diagnostic et du traitement
des maladies.

- Les infirmiers et infirmières : responsables de la gestion des


soins au quotidien, de l'administration des traitements, et du
suivi des patients.

- Les aides-soignants : qui assistent les infirmiers et autres


soignants dans la prise en charge des patients, en fournissant des
soins de confort, d'hygiène et d'assistance.

- Les autres professionnels de santé : tels que les pharmaciens,


les physiothérapeutes, les techniciens de laboratoire, qui
apportent une expertise complémentaire.

Tous ces professionnels travaillent de manière coordonnée


pour offrir des soins de qualité et répondre aux besoins des
patients dans un environnement de plus en plus exigeant. La
collaboration interprofessionnelle est essentielle pour garantir
une prise en charge complète, cohérente et efficace des patients.
(Cahiers de la santé publique – La collaboration
interprofessionnelle dans les soins ,2020)
Dans ce cadre, le rôle des aides-soignants est crucial. Bien
qu’ils n’aient pas la responsabilité des actes médicaux
complexes, ils interviennent directement dans les soins de base,
assurant un suivi quotidien et un soutien moral et physique aux
patients. Leur collaboration avec les infirmiers est donc
indispensable pour assurer un soin continu et de qualité.
(Nursing Times, "The role of the nursing assistant",2021)

D’ailleurs dans le système de santé marocain, les infirmiers


et les aides-soignants occupent des rôles distincts mais
complémentaires. Bien qu'ils aient des niveaux de formation
différents, leur collaboration est essentielle pour offrir des soins
de qualité et assurer un suivi adapté des patients.

 Le rôle des infirmiers

L'infirmier au Maroc est un professionnel de santé qualifié,


dont les responsabilités sont définies par la loi marocaine n° 31-
13 relative à l'exercice de la profession infirmière et par les
textes réglementaires qui lui sont applicables. Il a pour missions
principales :

 Assurer les soins infirmiers : L'infirmier est chargé de


prodiguer des soins de manière autonome ou sous
prescription médicale, tels que les soins d'hygiène, de
confort, la prise en charge des blessures, l'administration de
traitements, la gestion des perfusions, etc.
 Évaluer l'état de santé des patients : L'infirmier effectue
des bilans cliniques en observant les signes et symptômes
pour adapter les soins.
 Assurer le suivi médical : Il doit suivre l'évolution des
traitements et rendre compte à l’équipe médicale des
résultats obtenus.
 Assurer la prévention : L'infirmier intervient également
dans des missions de prévention, d'éducation à la santé et de
sensibilisation aux comportements sains.
 Prendre en charge l'urgence : En cas d'urgence médicale,
l'infirmier peut être amené à administrer les premiers
secours et à stabiliser le patient en attendant l’arrivée d’un
médecin.

 Le rôle des aides-soignants

L'aide-soignant selon la loi n° 31-13, est un professionnel qui


travaille sous la supervision des infirmiers et des médecins. Bien
qu’il ne soit pas habilité à poser des actes médicaux, son rôle est
essentiel dans le soutien des soins aux patients. Ses principales
fonctions incluent :

 Assistance dans les soins de base : L’aide-soignant aide le


patient dans ses activités quotidiennes telles que la toilette,
l’habillage, l’alimentation et la mobilité.
 Préparation du matériel de soins : L'aide-soignant
participe à la préparation du matériel nécessaire pour les
soins infirmiers, en veillant à l'hygiène et à la sécurité.
 Observations et suivi : L’aide-soignant observe l'état
général du patient et transmet les informations pertinentes à
l'infirmier ou au médecin.
 Soutien émotionnel : Il joue un rôle important dans
l'accompagnement des patients en apportant une aide
psychologique et en favorisant la communication.

 La collaboration essentielle

La qualité des soins ne dépend pas uniquement des


compétences techniques des infirmiers ou des aides-soignants
pris individuellement, mais avant tout de la collaboration
efficace entre ces deux groupes. Les infirmiers supervisent les
soins et s'assurent que les aides-soignants disposent des
informations nécessaires pour fournir des soins adaptés aux
besoins spécifiques des patients. Les aides-soignants, grâce à
leur relation directe et quotidienne avec les patients, sont une
source précieuse d’informations pour les infirmiers concernant
l’état de santé général, les comportements ou les préoccupations
des patients.

En somme, la complémentarité de leurs rôles et la fluidité de


leur collaboration permettent non seulement de garantir une prise
en charge complète du patient, mais aussi de réduire les risques
d'erreurs médicales, d'améliorer la qualité de vie des patients et
d’assurer une gestion plus efficace des soins. C'est cette synergie
qui contribue de manière significative à la réussite des
interventions de soins, en répondant aux besoins globaux du
patient à la fois sur le plan médical, psychologique et social.

Ainsi la collaboration entre les infirmiers et les aides-


soignants est essentielle pour offrir des soins de qualité aux
patients. Plusieurs facteurs influencent cette collaboration,
notamment :

1. Communication : Une communication claire et efficace est


primordiale. Les infirmiers et les aides-soignants doivent
pouvoir échanger des informations pertinentes sur l’état des
patients et les soins à prodiguer. (Cox, A., et al. 2013)
2. Respect mutuel et reconnaissance : La reconnaissance des
compétences de chaque professionnel est cruciale pour une
bonne collaboration. Les aides-soignants et les infirmiers
doivent se respecter et comprendre les rôles spécifiques de
chacun. (Bakker, A., & Demerouti, E. 2007)
3. Formation et compétences : La formation continue des
infirmiers et des aides-soignants contribue à renforcer la
collaboration. Plus ils sont compétents, plus ils peuvent
travailler ensemble efficacement. (Stewart, L., & Thomas,
S. (2016).
4. Leadership et gestion de l’équipe : Un leadership efficace
est un facteur clé pour une collaboration réussie. Les
infirmiers et aides-soignants doivent être soutenus par des
managers qui favorisent la coopération. (Hall, P. 2005)
5. Culture organisationnelle : La culture de l’établissement
de santé influe sur la manière dont les équipes collaborent.
Une culture de collaboration et de soutien mutuel favorise
un environnement de travail positif. (Gilbert, J. H., et al.
2010)
Ces facteurs, lorsqu'ils sont bien gérés, permettent
d'améliorer la qualité des soins et le bien-être des professionnels
de santé, sinon on aura comme conséquence l’apparition de
multiples problèmes qui affectant la relation infirmier et aide-
soignant et comme exemple le glissement des taches entre
l’infirmier et l’aide-soignant qui sera le problème à étudier dans
notre projet de fin d’étude là.

D’une part lors de notre passage au milieu clinique CHR


pendant nos stages, nous avons eu l'opportunité de passer par
différents services. Cette expérience a mis en évidence les
nombreuses lacunes des hôpitaux publics (Exemple : CHR Er-
Rachidia), notamment le manque important de personnel
paramédical. Cette pénurie entraîne une surcharge de travail pour
les infirmiers, ce qui affecte la qualité de la prise en charge des
patients.

D’autre part et en raison de ce déficit de personnel, les


infirmiers ne peuvent pas assurer une prise en charge complète
des malades, ce qui les amène à faire appel aux aides-soignants
pour accomplir certaines tâches qui relèvent normalement de la
profession infirmière, telles que les soins, la prise des constantes,
ou encore l’administration des traitements...

D’ailleurs les aides-soignants, dont le rôle essentiel est de


s'occuper de l'hygiène et de la propreté des patients, ainsi que de
la literie, se retrouvent parfois à réaliser des actes qui ne relèvent
pas de leur rôle propre. Donc, c’est la pratique illégale qui
expose les patients à des risques, car les aides-soignants
interviennent dans des domaines pour lesquels leur formation
n'est pas adéquate.

En outre, l'absence de référentiel clair des tâches des


infirmiers au Maroc contribue au problème de glissement des
tâches vers les aides-soignants. En l'absence de directives
précises, certaines responsabilités médicales sont souvent
transférées de manière informelle aux aides-soignants, dont les
qualifications ne correspondent pas toujours aux exigences de
ces tâches, cela peut créer des ambiguïtés dans les rôles et les
responsabilités, ce qui peut entraîner des erreurs et des
omissions. Ce manque de structure réglementaire constitue un
obstacle majeur à l’amélioration des pratiques professionnelles
et à la sécurité des patients. (Centre d’Excellence en Soins
de Santé, 2021)

Tout cela conduit à une baisse de la qualité des soins, une


augmentation des infections nosocomiales, ainsi qu'à un non-
respect des règles d'asepsie, ce qui au final augmente le taux de
mortalité des patients.

De tout ce qui précède, il s’avère nécessaire de mener une


étude descriptive quantitative qui vise à décrire les facteurs
influençant la pratique des soins infirmiers par les aides-
soignants au niveau des déférents services de l’hôpital CHR ER-
RACHIDIA, afin de découvrir les conséquences dans toutes ses
dimensions. Les différentes lectures que nous avons effectuées
ont contribué à notre réflexion sur le sujet de notre mémoire et
nous ont aidés à formuler notre question de recherche centrale.

QUESTION DE RECHERCHE :

Quels sont les facteurs clés qui influencent l’application des


soins infirmiers par les aides-soignants au niveau de CHR Er-
Rachidia, et dans quelle mesure ces facteurs affectant -ils la
qualité des soins dispensés ?
OBJECTIF DE RECHERCHE :

 Décrire les facteurs derrière l’application des soins


infirmiers par les aides-soignants au niveau de CHR Er-
Rachidia. De plus, comprendre les raisons pour lesquelles
on trouve les glissements de taches infirmiers vers les
aides-soignants.

2) La recension des écrites :

Selon Fortin (2010), une recension des écrits consiste en une


synthèse critique des connaissances publiées sur un sujet donné.
Elle vise à réunir et à analyser de manière systématique et
rigoureuse les études, les articles scientifiques, les livres, les
rapports gouvernementaux et autres documents pertinents pour
répondre à une question de recherche précise. La recension
d'écrits permet ainsi de faire le point sur l'état des connaissances
actuelles sur un sujet donné, d'identifier les lacunes et les
incohérences dans la littérature, et de proposer des pistes de
recherche futures. Elle est une étape importante dans la
réalisation d'un travail de recherche, car elle permet d'établir une
base solide pour la suite de l'étude.

D’abord le glissement des tâches des infirmiers vers les


aides-soignants est un phénomène préoccupant au Maroc,
résultant de multiples facteurs. Ce transfert de responsabilités,
souvent informel, peut entraîner une confusion des rôles et des
risques pour la qualité des soins. (Ministère de la Santé du
Maroc, "Rapport sur la gestion des ressources humaines dans le
secteur de la santé", 2020).

Dans cette recension d'écrits, nous allons explorer les différents


facteurs qui peuvent mener à ce glissement des taches infirmiers
vers les aides-soignantes. Nous nous appuierons sur des
références scientifiques pour analyser les résultats de différentes
études et identifier les déférents conséquences.

a. Les définitions des concepts :

 Les soins infirmiers : L’exercice de la profession infirmière


au Maroc est régi par les dispositions du dahir n° 1-57-008 du
21 chaabane 1379 (19 février 1960), Publié au bulletin officiel
n° 2470 du 26/02/1960 (26 février 1960). Ce dahir stipule
dans son premier article : « Est considérée comme exerçant la
profession d'infirmier toute personne qui donne
habituellement soit à domicile, soit dans des organismes
privés d'hospitalisation, de prévention ou de consultation, des
soins prescrits ou conseillés par un médecin »

Selon l’OMS << La mission des soins infirmiers dans la société́


est d'aider les individus, les familles et les groupes à déterminer
et réaliser leur plein potentiel physique, mental et social... Les
infirmières permettent la participation active de l'individu, de sa
famille et de ses amis, du groupe social et de la communauté́, de
façon appropriée dans tous les aspects des soins de santé́, et
encouragent ainsi l'indépendance et l'autodétermination. Les
infirmières travaillent aussi comme partenaire des membres des
autres professions impliquées dans la prestation des services de
santé.

 L'infirmier : l’infirmier est une personne qui, ayant suivi une


formation de base aux soins infirmiers et autorisé dans son
pays à prodiguer des soins infirmiers dans tous les contextes
pour la promotion de la santé, la prévention de la maladie, les
soins et le rétablissement des personnes physiquement et
mentalement atteintes(OMS,1978)
L'aide-soignant : Un aide-soignant est un professionnel de la
santé qui travaille sous la responsabilité́ de l'infirmier. Son
rôle principal est d'apporter une aide dans les soins de base
des patients, notamment pour l’hygiène, l’alimentation, la
mobilité́ et le confort des malades. Il joue un rôle essentiel
dans le soutien quotidien des patients, notamment ceux qui
sont dépendants. L’aide-soignant participe également à la
surveillance de l’état de santé des patients, sous la direction de
l’infirmier. (Décret n° 88-1080 du 30 décembre 1988, relatif à
l’exercice de la profession d’aide-soignant en France).

 Une tâche : est une action ou une série d'actions assignées à


un individu ou un groupe, dans le but d'atteindre un objectif
spécifique ou de réaliser une fonction particulière au sein d'un
travail ou d'un projet. Cela implique des efforts, des
compétences et des ressources pour mener à bien l'activité.
(Robinson, S. P., & Judge, T. A. (2017). Organizational
Behavior (17e éd.). Pearson Education.)

 Collaboration : Selon le Dictionnaire de la langue française


Le Robert, La collaboration désigne l’action de travailler
ensemble de manière coopérative, dans le but d’atteindre un
objectif commun. Elle implique un échange de compétences,
de ressources et d’idées entre les individus ou les groupes,
chacun contribuant activement à la réussite du projet collectif.
Ce processus nécessite une communication claire, une
répartition des rôles, et une synergie entre les participants.

 Glissement des taches : Le glissement des taches dans le


secteur de la santé désigne un phénomène où des
professionnels, tels que les infirmiers, aides-soignants ou
autres membres du personnel, effectuent des actes ou des
missions habituellement attribues à d'autres professions. Ce
phénomène survient souvent en réponse à une demande accrue
ou à un manque de personnel qualifié. Il peut résulter d'une
redistribution des responsabilités ou d'une extension des
taches pour mieux répondre aux besoins de soins, mais
soulève aussi des inquiétudes concernant la sécurité́ des soins,
leur qualité́ et la question de la responsabilité́ professionnelle
(Girot, E.A., et al. (2017)).

Pratique illégale : La pratique illégale désigne toute action


ou activité qui enfreint les lois, les règlements ou les normes
en vigueur dans un pays ou une région donnée. Cela peut
inclure des actes accomplis sans autorisation, en violation des
règles établies ou qui sont expressément interdits par la
législation. (Code pénal français (2020), Article 121-3)

Référentiel des taches : Un référentiel des tâches est un


document ou un outil qui définit et décrit de manière précise
l'ensemble des activités, des responsabilités et des actions que
doit accomplir un individu ou un groupe dans un cadre
professionnel ou organisationnel. Ce référentiel permet de
clarifier les attentes, d'assurer une gestion efficace des tâches
et d’identifier les compétences nécessaires pour accomplir ces
activités. (INRS (Institut National de Recherche et de
Sécurité), (2019))

 Qualité des soins : selon l’OMS: la qualité est une


démarche qui doit permettre de garantir à chaque patient
l’assortiment d’actes diagnostiques et thérapeutiques qui lui
assurera la meilleur résultat terme de sante, conformément à
l’état actuel de la science médicale, au meilleur coût pour un
même résultat, au moindre risque iatrogène et pour sa plus
grande satisfaction en terme de procédures, résultats et de
contacts humaines à l’intérieur du système de soins.
1. Facteurs organisationnels :

 La pénurie des infirmiers :

La pénurie d'infirmiers à l'échelle mondiale est un


problème majeur qui touche de nombreux pays. Avant la
pandémie de COVID-19, l'Organisation mondiale de la santé
(OMS) estimait un déficit mondial de 5,9 millions
d'infirmiers. Ce manque de personnel est exacerbé par des
facteurs comme les mauvaises conditions de travail, les bas
salaires et le vieillissement de la population. Selon des
projections, il pourrait manquer jusqu'à 9 millions d'infirmiers
d'ici 2030, et 30 millions si l'on inclut les sages-femmes.
(PMCID, 2023, Emploi Soignant, 2023, Actu Soins, 2023).

Au Maroc, la situation est particulièrement


préoccupante. Le pays compte environ 9 infirmiers pour 10
000 habitants, bien en deçà des 60 recommandés par l'OMS.
Le Maroc fait face à un besoin urgent d'ajouter 64 774
infirmiers et techniciens de santé pour combler les lacunes du
secteur de la santé. En outre, des statistiques
gouvernementales révèlent un manque de 65 000 infirmiers et
32 000 médecins, ce qui a un impact direct sur la qualité des
soins et entraîne des fermetures de centres de santé dans
certaines régions. (Le Matin, 2023, SNRT News, 2023,
L'Opinion, 2023).

Pour lutter contre cette pénurie, le gouvernement marocain a


entrepris des actions telles que la création de nouveaux postes
d'infirmiers et l'augmentation du nombre d'étudiants dans les
écoles de formation en soins infirmiers. Cependant, la fuite
des infirmiers vers l'étranger reste un problème majeur qui
aggrave la situation. Cette émigration est particulièrement
visible dans des pays comme le Canada, qui recrute
massivement du personnel médical, y compris des infirmiers
marocains. (H24Info, 2023, Le Matin, 2022).

 La surcharge de travail :
La surcharge de travail se réfère à une situation où les
employés sont confrontés à une quantité élevée de demandes
de travail qui dépassent leur capacité à y faire face, entraînant
des niveaux élevés de tension et de fatigue. Siltaloppi et
Kinnunen (2009).

Ainsi la charge de travail excessive au milieu


hospitalier constitue un problème majeur qui peut avoir des
répercussions néfastes sur la qualité des soins dispensés aux
patients, ainsi que sur la santé et le bien-être des infirmiers.
Les soins intensifs tel que les urgences et la réanimation
exigent une surveillance constante des patients, ce qui
implique des tâches complexes telles que la surveillance des
signes vitaux, la gestion des médicaments, l'alimentation des
patients dépendants et la coordination des soins avec l'équipe
médicale. En raison de la complexité de ces tâches, les
soignants se retrouvent souvent avec plusieurs patients à
prendre en charge simultanément, entraînant ainsi une
surcharge de travail.

En outre des études telles que celle menée par Xie et


al. (2019), ont également révélé que les soignants étaient
confrontés à une charge de travail élevée. Jonglant souvent
avec de multiples tâches et des exigences temporelles strictes,
les soignants peuvent ressentir une surcharge de travail et du
stress dans leur pratique professionnelle.

Aussi l'étude de Dall'Oglio et al. (2012) a révélé une


association entre une surcharge de travaux élevés et une
diminution de la qualité des soins aux nouveau-nés. Les
soignants travaillant dans des unités où la surcharge de travail
était plus importante étaient plus susceptibles de signaler des
erreurs médicales et des lacunes dans la communication avec
les parents. La surcharge de travail infirmier peut avoir des
effets négatifs sur la qualité des soins, tels qu'une
augmentation du risque d'erreurs médicales, une réduction de
la qualité des soins prodigués et une augmentation des
infections nosocomiales.

2. Facteurs économiques :

 Ressources financières limitées :

Dans un contexte économique de plus en plus tendu, de


nombreux établissements de santé cherchent à réduire les coûts
tout en maintenant un niveau de soins acceptable. Cela peut
conduire à une réorganisation des tâches, transférant certaines
responsabilités des infirmiers vers les aides-soignants. Selon
une étude de Briggs et Smith (2018), les hôpitaux sont poussés
à rationaliser les coûts, ce qui inclut souvent la délégation de
certaines tâches aux aides-soignants, dont la formation est
moins coûteuse. Cette pression économique est souvent citée
comme l’un des principaux moteurs de ce glissement de tâches
(Briggs, C., & Smith, R., 2018, "Task-shifting and the role of
healthcare assistants in Europe").

Les établissements de santé, confrontés à des restrictions


budgétaires de plus en plus strictes, cherchent à optimiser leurs
dépenses tout en maintenant des services de soins de qualité.
Le recours aux aides-soignants, qui nécessitent généralement
moins de coûts salariaux que les infirmiers, devient une
stratégie pour limiter les dépenses. Par exemple, les hôpitaux
publics en Europe, confrontés à des réductions budgétaires,
tendent à déléguer davantage de tâches aux aides-soignants
pour compenser la pénurie d'infirmiers et réduire les coûts de
personnel, souvent à travers des réorganisations structurelles
(Briggs, C., & Smith, R., 2018).
En outre, certains hôpitaux ont mis en place des programmes
de délégation de tâches afin de maximiser l'efficacité de leur
personnel en intégrant les aides-soignants dans des fonctions
traditionnellement réservées aux infirmiers, ce qui permet de
rationaliser les coûts tout en maintenant un niveau de soin,
souvent perçu comme adéquat par la direction.

 La pression économique et la réduction des coûts :

La pression économique dans les systèmes de santé pousse


les gestionnaires à réévaluer la manière dont les ressources
humaines sont utilisées. La réduction des coûts entraîne
fréquemment la réaffectation de certaines tâches aux aides-
soignants, afin de diminuer les coûts salariaux associés aux
infirmiers, qui bénéficient généralement d’une rémunération
plus élevée. Cette rationalisation des coûts a souvent un impact
sur la qualité des soins si elle n’est pas accompagnée d’une
formation adéquate pour les aides-soignants. Dans un article
de Williams et Anderson (2017), la réduction des coûts est
soulignée comme un des facteurs qui conduisent à la
délégation de tâches vers des personnels moins coûteux,
malgré les risques que cela présente pour la qualité des soins
(Williams, K., & Anderson, P., 2017, "Organizational
pressures and the delegation of tasks in nursing care").

 Le chômage des aides-soignants :

Le chômage ou sous-emploi des aides-soignants, en


particulier dans les périodes de crise économique, peut
conduire les établissements de santé à embaucher plus
largement ce personnel, souvent pour des tâches de soins de
plus en plus complexes. Le manque d'opportunités d'emploi
dans d'autres secteurs pousse les aides-soignants à accepter des
responsabilités accrues dans le cadre des soins, ce qui peut
entraîner un glissement des tâches sans garantie d'une
formation adéquate ou d'une supervision suffisante.

Par exemple, durant la crise économique de 2008, de


nombreux pays européens ont observé une augmentation des
embauches d’aides-soignants pour compenser la diminution
des budgets alloués au secteur de la santé. Cependant, cette
politique de réduction des coûts a également montré ses limites
en termes de sécurité des soins et de respect des normes
professionnelles (Jones, H., & Clark, D., 2015).
3. Facteurs législatifs et réglementaires :

 Manque de clarté dans la réglementation sur les


tâches dévolues à chaque professionnel de santé :

L'absence de clarté réglementaire concernant la répartition


des tâches entre infirmiers et aides-soignants constitue un
facteur clé du glissement des tâches. Lorsque les lois et
règlements ne précisent pas suffisamment les rôles respectifs
des différents professionnels de santé, il devient plus facile de
transférer des tâches d’un rôle à l’autre. Une étude menée par
Parker et Hughes (2019) souligne que les ambiguïtés dans les
normes légales permettent parfois aux institutions de déléguer
des tâches sans se soucier pleinement des implications sur la
sécurité des patients ou la qualité des soins (Parker, A., &
Hughes, T., 2019, "The impact of enhanced education for
healthcare assistants on task delegation")

L’absence de normes légales claires concernant les rôles


spécifiques des infirmiers et aides-soignants dans certains pays
a contribué à un flou dans la répartition des responsabilités.
L'absence de directives précises dans les réglementations
nationales a facilité une délégation excessive de tâches. Une
étude de Parker et Hughes (2019) montre que le flou
réglementaire a conduit certains établissements à attribuer des
responsabilités aux aides-soignants sans respecter les limites
de leur compétence. Cela crée un terrain propice à un
glissement des tâches qui risque d'affecter la sécurité des
patients (Parker, A., & Hughes, T., 2019).

 Absence de cadre strict sur les compétences des


infirmiers et des aides-soignants :

Le manque de cadre strict sur les compétences spécifiques


des infirmiers et des aides-soignants est un autre facteur qui
influence la délégation des tâches. Sans directives claires sur
les compétences nécessaires pour réaliser certaines tâches, les
aides-soignants peuvent se retrouver à accomplir des
responsabilités pour lesquelles ils ne sont pas entièrement
formés. Cela crée un terrain propice au glissement des tâches,
souvent au détriment de la qualité et de la sécurité des soins.
Des recherches de Jones et Clark (2015) ont révélé que les
infirmiers et les aides-soignants étaient souvent dans
l’incertitude quant aux tâches pouvant être déléguées, ce qui
peut mener à des erreurs ou à des malentendus (Jones, H., &
Clark, D., 2015, "Nursing care delegation: A comparison of
nursing assistants’ and registered nurses’ perceptions").

4. Facteurs éducatifs et de formation :

 Insuffisance de formation et de qualification pour les


aides-soignants :

L’insuffisance de formation et de qualification des


aides-soignants constitue un obstacle majeur dans le
glissement des tâches. Si les aides-soignants ne sont pas
suffisamment formés pour assumer certaines tâches
infirmières, cela peut compromettre la sécurité des soins et
l’efficacité des équipes. Des études montrent qu’un manque de
formation continue et de mise à jour des compétences peut
entraîner une surcharge de travail pour les infirmiers, qui
doivent superviser de plus en plus d’activités réalisées par des
aides-soignants. Selon Parker et Hughes (2019), l’insuffisance
de formation continue pour les aides-soignants empêche une
délégation adéquate des tâches, ce qui pourrait nuire à la
qualité des soins (Parker, A., & Hughes, T., 2019, "The impact
of enhanced education for healthcare assistants on task
delegation").
Le manque de formation et de qualification des aides-
soignants est un facteur majeur qui limite la sécurité du
glissement des tâches. En l'absence de programmes de
formation continue ou d'accréditation formelle, les aides-
soignants sont souvent amenés à remplir des rôles pour
lesquels ils n'ont pas été spécifiquement formés, ce qui peut
conduire à des erreurs de jugement, de communication et de
gestion des soins. Des recherches menées par Lynch et Hall
(2020) soulignent que l'absence de formation continue pour les
aides-soignants empêche une délégation appropriée des tâches
et nuit à la qualité des soins (Lynch, K., & Hall, S., 2020).

 Absence de programmes de formation continue pour


les infirmiers et aides-soignants :

L'absence de programmes de formation continue pour les


infirmiers et aides-soignants aggrave le problème du
glissement des tâches. Lorsque les professionnels de santé ne
bénéficient pas de formation continue, cela peut conduire à une
mauvaise gestion des responsabilités et à un manque de
compréhension des limites de chaque rôle. La formation
continue est essentielle pour garantir que les soins sont
prodigués de manière sûre et professionnelle, en respectant les
compétences spécifiques des infirmiers et des aides-soignants.
Une étude de Lynch et Hall (2020) évoque l'importance de la
formation continue pour éviter la confusion et assurer que les
tâches sont déléguées en fonction des compétences réelles des
travailleurs (Lynch, K., & Hall, S., 2020, "Task shifting and
health workforce dynamics: A case study in the healthcare
sector").

L'absence de programmes de formation continue pour les deux


professions contribue à une confusion sur les tâches pouvant
être déléguées. L'inadaptation des formations initiales aux
réalités du terrain de soins, notamment en ce qui concerne
l'évolution rapide des pratiques médicales, accentue ce
problème. La formation continue est essentielle pour garantir
que chaque professionnel de santé puisse intervenir dans son
champ de compétence sans interférer avec d’autres rôles.

5. Facteurs sociaux et culturels :

 Sous-évaluation du rôle des aides-soignants dans le


système de santé :
Le rôle des aides-soignants est souvent sous-évalué, tant
par les patients que par les autres professionnels de santé, ce
qui peut contribuer à un glissement des tâches. Lorsque leur
rôle n'est pas pleinement reconnu, il est plus facile de leur
attribuer des responsabilités supplémentaires, ce qui peut
entraîner une surcharge de travail ou une répartition inégale
des tâches. Des études, telles que celle menée par Jones et
Clark (2015), ont montré que la perception des aides-soignants
comme étant un maillon faible dans le système de soins
contribue au transfert de tâches, parfois de manière
inappropriée, sans évaluation adéquate des compétences
nécessaires pour les accomplir (Jones, H., & Clark, D., 2015,
"Nursing care delegation: A comparison of nursing assistants’
and registered nurses’ perceptions").

Les aides-soignants, étant souvent dans des rôles


subalternes, peuvent se retrouver à assumer des tâches
supplémentaires sans que leurs compétences et leur formation
soient réellement prises en compte. Cette sous-évaluation est
socialement ancrée, et reflète un manque de reconnaissance de
l'importance de leur travail dans la chaîne de soins.
 Stigmatisation de certains rôles au sein de l’équipe
soignante :

La stigmatisation de certains rôles au sein des équipes


soignantes peut également jouer un rôle dans le glissement des
tâches. Les aides-soignants, souvent perçus comme occupant
des rôles subalternes, peuvent se voir attribuer des tâches
supplémentaires sans que leur capacité à les réaliser soit
systématiquement évaluée. Cette stigmatisation peut également
créer des tensions dans les équipes de soins, et amener à une
redistribution des tâches qui n’est pas nécessairement fondée
sur les compétences et qualifications des membres du
personnel. Une étude de Williams et Anderson (2017) met en
lumière l'impact négatif de cette stigmatisation sur la qualité
du travail et la dynamique d’équipe (Williams, K., &
Anderson, P., 2017, "Organizational pressures and the
delegation of tasks in nursing care").

La stigmatisation et la hiérarchisation des rôles au sein des


équipes soignantes peuvent également influencer la répartition
des tâches. Par exemple, la perception des aides-soignants
comme étant inférieurs à leurs collègues infirmiers contribue à
une redistribution injustifiée des responsabilités. Cette
dynamique peut conduire à une surcharge de travail pour les
aides-soignants et à une diminution de la qualité de soins.

[Link]èse de la recension des écrits :

En guise de synthèse, le glissement des tâches infirmières


vers les aides-soignants résulte de plusieurs facteurs
interdépendants, notamment les contraintes économiques,
organisationnels. Face à des budgets limités, les établissements
de santé cherchent à déléguer certaines responsabilités des
infirmiers, plus coûteux, aux aides-soignants, ce qui peut
compromettre la qualité des soins si ces derniers ne sont pas
suffisamment formés. De plus, l'absence de formation continue,
le chômage des aides-soignants en période de crise, et la sous-
évaluation de leur rôle dans l'équipe soignante renforcent cette
dynamique. Bien que cette stratégie permette de réduire les coûts
à court terme, elle comporte des risques pour la sécurité des
patients et la cohérence des soins, soulignant la nécessité de
mettre en place des régulations claires et des programmes de
formation adaptés pour chaque professionnel.
c. Le cadre de référence :

L’analyse des écrits recensés a permis de constater qu’il n’y a


pas de cadre théorique pré établi permettant de regrouper et
décrire les quatre catégories de facteurs influençant le glissement
des taches des infirmiers vers les aides-soignants au niveau de
Chr Er-Rachidia.

De ce fait cette recherche se réfère à un cadre conceptuel élaboré


par les auteurs de la présente étude à partir de la recension des
écrits retenue et des études des auteurs décrivant les différents
facteurs influençant le don du sang (figure n°1)

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