Mali : États du Sahel : Défis, enjeux et
perspectives
23 octobre 2024Mali24728 Views0 Comments
Le Sahel, terre de résilience et de diversité, est depuis des décennies au
cœur des grandes mutations d’ordres sécuritaire, démographique,
climatique et politique qui touchent profondément ses populations. Les
défis auxquels les États du Sahel font face sont complexes, interconnectés
et souvent exacerbés par des dynamiques géopolitiques qui transcendent
les frontières étatiques. Pour y faire face, il importe d’analyser en
profondeur ces changements et d’évaluer leurs répercussions sur la
coopération internationale et nos États.
À cet égard, l’École de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye de
Bamako (EMP-ABB), en collaboration avec l’ambassade de la République
fédérale d’Allemagne au Mali, organise du 22 au 24 octobre dans ses
locaux, un séminaire sur le thème : « Coopération internationale au
bénéfice des États du Sahel : défis, enjeux et perspectives ».
Le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la
Décentralisation, Porte-parole du gouvernement, le général de division
Abdoulaye Maïga, en compagnie de son collègue des Affaires étrangères
et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a présidé la
cérémonie d’ouverture des travaux.
Des anciens ministres, des ambassadeurs accrédités dans notre pays, des
représentants d’organisations internationales, des chercheurs
opérationnels et stratégiques militaires, et d’autres personnalités ont pris
part à l’activité. Le ministre Abdoulaye Diop a donné une leçon inaugurale
empreinte de profondeur et de clairvoyance. Dans sa riche intervention
appuyée d’une analyse approfondie sur le sujet, le chef de la diplomatie
malienne a parlé de la reconfiguration de la coopération internationale du
Sahel et de ses ressources. Surtout ses opportunités qui sont
paradoxalement les sources de ses défis.
INFORMÉE ET COLLECTIVE – C’est avec un sens profond de responsabilité
politique et une compréhension scientifique des enjeux que le ministre
d’État a abordé ce thème crucial pour l’avenir du Sahel. La nécessité
d’élargir la coopération face aux défis de la guerre asymétrique qui
s’impose à nous. Le Sahel, a indiqué le général de division Abdoulaye
Maïga, riche de son histoire et de sa diversité culturelle, est confronté à
des défis multidimensionnels qui nécessitent une coordination et un
engagement accru de notre part. En effet, le Sahel est au carrefour de
multiples transformations.
Ces mutations ne sont pas seulement politiques ou sécuritaires, mais
englobent également des dynamiques démographiques, climatiques,
technologiques, sociales et humanitaires. Selon le Porte-parole du
gouvernement, ces transformations, qui transcendent les frontières
régionales, ont des implications globales et appellent à une approche
informée et collective.
En réponse à ces défis, le général de division Abdoulaye Maïga a estimé
qu’une reconsidération de notre approche de la coopération internationale
s’impose. Dénonçant que les réponses traditionnelles, souvent basées sur
des modèles de gouvernance dépassés, ne suffisent plus. «Il est impératif
de respecter la souveraineté des États du Sahel dans les prises de
décisions et de promouvoir une coopération qui intègre les intérêts locaux,
sans imposer des partenaires internationaux», at-il soutenu, ajoutant
qu’une coopération efficace nécessite une intégration des dimensions
économiques, sociales, environnementales et sécuritaires adaptées aux
réalités diversifiées de la région. Et le ministre d’État d’indiquer qu’il est
donc crucial d’assurer la participation active des communautés locales
dans l’élaboration et la mise en œuvre des initiatives de coopération. Leur
implication est essentielle, car elles sont les mieux placées pour définir
leurs propres besoins et leur aspiration.
ADAPTATIVE ET INNOVANTE- La transformation politique et géopolitique
actuelle du Sahel est un processus complexe influencé par de nombreux
facteurs internes et externes. Dans ce contexte, rappellera le général
Maïga, les chefs d’État de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont choisi de
mutualiser leurs forces pour relever les défis sécuritaires et de
développement. «Le traité fondateur de la Confédération des États de
l’AES engage ces pays à une action diplomatique concertée sur la scène
internationale», at-il évoqué. Et de relever que l’AES est une réponse
adaptative et innovante pour affronter la menace terroriste.
Surtout que les actions des groupes terroristes, indifférents aux frontières
et aux droits humains, doivent nécessairement une réponse collective
coordonnée. La synergie des efforts et la combinaison des ressources des
trois États sont, à cet effet, des éléments clés pour une victoire décisive
contre ces menaces. Selon le ministre d’État, l’unification du théâtre des
opérations met à nu les groupes terroristes. «Désormais, ils ne trouveront
plus de cachette au Sahel central», at-il promit.
De son côté, le directeur général de l’EMP-ABB, le colonel Souleymane
Sangaré, a invité les experts à analyser en profondeur les mutations en
cours au Sahel et évaluer leurs répercussions sur la coopération
internationale. «Nous devons également explorer les opportunités
permettant de bâtir des partenariats durables, basés sur la solidarité et
l’intérêt commun», at-il engagé.
Selon l’ambassadeur de la République fédérale d’Allemagne au Mali, Dr
Dietrich Pohl, l’objectif d’une meilleure compréhension et réflexion sur les
attentes de la coopération internationale est très important afin de pouvoir
identifier des pistes stratégiques et de possibles mesures concrètes. , tout
en analysant des divergences potentielles.
Oumar DIAKITE